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 L'amitié ne s'acquiert pas : elle se mérite

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Personnage RP
Faction : Ravageurs
Rang : Homme fidèle à Shoran, s'occupe des jobs les moins ragoûtants
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MessageSujet: L'amitié ne s'acquiert pas : elle se mérite   Dim 28 Sep 2014, 20:50
Intervention MJ : NonDate :  2195 RP Tout public
Abel Sajko
L'amitié ne s'acquiert pas : elle se mérite





L'Amitié Ne S'Acquiert Pas : Elle Se Mérite

"...Trip sur Kahjé..."


- Putain. Abel écarquilla les yeux, observant les eaux couleur ciel qui entouraient la petite île aux plages interminables à la sortie du port. C'est beau.
- Ca change d'Oméga, hein ?

Les Drells étaient réputés pour mieux vivre dans un milieu aride, comme sur leur planètre d'origine avant la désolation, la destruction par l'industrie et la guerre, Rakhana. Et pourtant, malgré le taux d'humidité évident présent dans l'air, Alik inspira une longue bouffée et un mince sourire, presque béat se dessina sur ses lèvres. Malgré son apathie chronique, cela réchauffa le coeur de son frère Ravageur. Ils ne partageaient pas le sang, et même dans leur groupe, ils partageaient un lien privilégié. Quand Shoran voulait s'assurer de la réussite d'une mission, elle savait qu'elle avait certaines combinaisons qui lui donnaient un avantage certain. Combiner Abel et Alik était une de ces combinaisons. Sans être une quinte flush, ils avaient la puissance pour se classer au niveau du carré d'as. Quand ils devenaient sérieux, ils valaient mieux les avoir dans son coup, ou bien être sacrément préparés à affronter l'un des duos les plus dangereux de la Galaxie. Alik avait une gâchette sûre quand Abel s'assurait que le travail était bien fait comme demandé, s'occupant des parties les moins ragoûtantes, celles qui donnaient envie de gerber à la plupart des êtres normalement constitués. Et avec un minimum de compassion.

- T'es sérieux là ?

Le Terrien venait d'ouvrir son zippo pour s'en griller une. Après tout, l'ambiance s'y prêtait non ? Le décor était sublime, ils étaient venus ici en profitant d'un "congé" -si on pouvait appeler cela ainsi- donné grâcieusement par Shoran pour que ses bons éléments prennent un peu de repos et reviennent encore plus performants, l'air était imbibée de l'odeur salée typique des mers et des océans et la température, dosée parfaitement par la naine blanche qui illuminait le ciel. Il soupira en rangeant le tube de nicotine et le briquet métallique.

- Ca va te cramer les poumons, un jour, cette saloperie.
- Bla, bla, bla. Faut bien crever à un moment de toute manière.

Le Drell secoua la tête. Ce genre de réflexions, sérieusement...

- T'es sûr que t'es venu ici pour te détendre ?
- Attends. Il fit un tour sur lui-même, lentement, en savourant le paysage qui s'offrait à sa vue. Ouais. J'te confirme. J'suis venu ici pour me détendre.

Un mince sourire, plus vigoureux que ceux qu'il pouvait afficher même en se forçant, peut-être grâce au Soleil, étira ses lèvres.

- Aliiiiiiik ! Sa fille lui sauta dessus, comme sortie de nulle part, l'étranglant tant elle le serra fort au niveau du coup. Tu m'avais manquééééééééé !

Abel pouffa en se grattant le front du bout du pouce.

- Difficile de croire que vous êtes père et fille, par moments...

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L'Elcor qui sautillait dans les champs. Il était beau, l'Elcor. Sorte de gazelle à la masse éléphantesque. Avec la grâce de l'oiseau qui prend son envol et l'agilité d'un varren entrainé aux pirouettes de cirque. Oui, il était beau. Magnifique même. Heureux, dans cette plairie. Etait-ce un sourire qui étirait ce qui lui servait de bouche ? Ca avait quelque de lumineux. L'Elcor tomba, se roula dans l'herbe et disparut à l'horizon. Un horizon sombre. Mais ce n'était pas important. Ici, tout était lumière. Ca, c'était important.

Le son d'une horde hurlante. Une cohue de voix toutes plus rauques les unes que les autres. Un cri de ralliement. Les Ravageurs. Des Ravageurs qui jouaient au rubgy, dans le champ. Le champ était boueux, marron, bleu. La boue était bleue. Et rouge. Et jaune. Toutes ces couleurs pastel se peignaient sur les visages, les armures, des frères se rentrant les uns dans les autres dans une joie et une bonne humeur à réchauffer le plus froid des pôles de la plus froide planète du plus froid système solaire. Un point. Hurlements. Galvanisateurs. La joie de la victoire. L'exultation. Les mains qui se serrent, les coups de boule qui s'échangent, les baffes, les claques, les beignes, les patates, les coups de feu.

Noir.

Un champ. Désolé. Rien que de la terre aride et un souffle sec emportant avec lui un drap de poussière étouffant. La terre, craquelée, rouille. Vieille. Usée. Inexploitable. Condamnée à subir les assauts incessants du vent sans pouvoir compter sur un arbre, une roche, une colline, une montagne, pour le briser. Seule. Effroyablement seule. Un Geth. Un Geth avec un nuage pluvieux sur la tête. Un Geth avec un varren en laisse. Un varren herbivore cherchant sa pitance sans jamais la trouver. Sans espoir même de la trouver. Un couple dépressif et sans aucun sens.
La douleur au crâne.
La douleur au crâne.
LA DOULEUR AU CRÂNE.

Abel prit une longue inspiration en se redressant, yeux grands ouverts aux pupilles si dilatées que les iris en venaient à se faire absents. Tremblant de tout son corps, une sueur froide imbibant ses vêtements et coulant sur ses tempes, il s'appuya contre la table basse, tentant de maitriser une respiration complètement détraquée. Bien difficilement, il releva la tête. La pénombre ambiante l'aidait à ne pas se faire vriller la cervelle par une lumière trop forte pour ses yeux. Son regard se planta dans celui d'Alik, qui essuyait encore des larmes. Pourquoi pleurait-il ? Il était pourtant tout sourire. A moins que...

- Qu'est-ce... T'as... T'as fou... Tu... Tisane ?

Le Drell se gaussa de plus belle, se tenant les côtes. Même sa fille, à sa droite, pouffait.

- Alors, bien, le trip ?
- Qu..Oi ?
- C'est une tisane qu'un organisme Humain supporte assez mal. Ca a des effets hallucinogènes sur vous. Il eut de nouveau un éclat de rire. T'en fais pas : ça a aucun effet sur le long terme. J'avais juste envie de voir comment tu y réagirais. Et j'dois dire que ça faisait longtemps que je t'avais pas vu sourire comme ça !
- Pourquoi tu... Rigoles ?
- Oh, trois fois rien. Le Drell lança un clin d'oeil à sa progéniture. T'as juste prononcé le nom de tous tes coups de manière très claire. J'en ai même appris de nouveaux !
- Nouveaux ? Coups ?

Les tremblements commençaient à s'apaiser et il se sentait moins fébrile. Il aurait bien besoin d'une douche. Enfin, il avait l'océan juste à côté. Un bain de minuit semblait s'être invité au programme, suite à la... Surprise de son ami.

- Alors Rasa, Katarina, Leïla,...
- Oh la ferme ! maugréa-t-il d'une voix qui semblait avoir repris une certaine énergie.

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Le Ravageur, clope au bec, laissait l'eau s'approcher doucement de ses pieds, effleurant parfois la pointe de ses orteils dans des tentatives de marées éphémères. Le contact était rafraichissant.  Tout sur cette île isolée des grandes cités Drello-Hanari lui faisait du bien. Le calme. La lumière solaire. La chaleur de ses rayons. La tranquilité apaisante de la nature. L'odeur iodée de l'air marin. L'absence du métal, des cartouches thermiques, des drogués, des putes et de l'odeur insupportable. L'absence de la foule, même. Sans être parasité, il pouvait se laisser aller, réfléchir à ce qu'il devenait. Bien sûr, ce n'était que de la réflexion, de l'extrapolation, et jamais il ne prenait au sérieux ses pensées ici -surtout avec ce que devait lui faire consommer Alik-. Mais il en venait à se questionner sur ce qu'il avait fait ces dernières années. Ce qui l'attendait. Comment parvenir à trouver les assassins de Lena et...

- Je peux m'asseoir ?

Abel releva le menton pour observer Lysia, la fille d'Alik, lui souriant, avant de hocher vaguement la tête et de nouveau fixer l'horizon. Un silence s'installa entre les deux, qui se prolongea une bonne minute.

- Qu'est-ce qu'il fait, ton père ?
- Une transmission urgente sur son omnitech.
- Shoran ?
- Non.
- Qui, alors ?
- J'suis sa fille, pas sa mère, grommela-t-elle en haussant les épaules.

L'Humain pouffa en secouant la tête.

- Ca, pour être sa fille... Il l'observa, alors qu'elle regardait droit devant elle. Dis, j'ai une question qui me turlupine.
- Tente ta chance : ça ne coûte rien.
- Pourquoi être venue sur Oméga, quelques mois avant la Grande Guerre ?

La Drell soupira.

- En quoi ça t'intéresse ?
- Simple truc d'Humain. La curiosité malsaine.

Elle explosa de rire.

- Comme si c'était typique de vous. Prenant une longue inspiration, elle laissa son index dessiner des formes abstraites dans le sable humide. Ma mère est morte à ce moment-là. Je me suis retrouvée seule, j'ai donc voulu voir mon père.
- Hmmm... Tu l'avais déjà rencontré avant ?
- Pas vraiment. Abel lui lança un regard interrogateur. On avait déjà discuté par holoconférences, quelques fois.
- Z'avez des relations bizarres, les Drells.
- Je dois aller demander à Alik si toutes tes relations sont équilibrées ?

Le Ravageur la fixa, avant de souffler un petit nuage de fumée.

- Touché. De nouveau, le silence s'installa. Bien rapidement brisé par l'Humain. Et pourquoi tu restes sur cette île ?
- Tout n'est pas aussi agréable qu'ici, sur Kahjé, tu sais.
- Pas envie d'un roadtrip parmi les étoiles ?
- Je suis pas aussi cramée de la tête que vous deux.

Elle eut un mince sourire avant de lancer un clin d'oeil au mercenaire qui leva les yeux au ciel.

- Jamais eu envie de te barrer de cette planète pleine d'eau ?
- Les Hanari prennent soin de nous. Pourquoi je voudrais aller ailleurs ?
- Pas pour y habiter, maaais... Haussement d'épaules. Je sais pas, l'envie d'aventure, l'envie de faire de nouvelles découvertes. Bwaarf, laisse tomber.

Lysia eut un sourire plein de mélancolie alors que son regard s'adoucissait.

- Est-ce que tu es heureux, toi, d'avoir eu plein d'aventures ?

Abel tressaillit. Ses sourcils s'arquèrent alors qu'il détaillait la Drell. C'était quoi, cette question ? Alik avait-il parlé de ce qu'il faisait à présent ? Est-ce qu'il aurait évoqué devant sa progéniture les séances de torture de son meilleur ami ? Les boulots qu'il devait accomplir ? Sa réputation sur Oméga ? Mais pour quelle raison ? Cela lui pesait-il sur la conscience ? Et...

- Ton visage et ton corps disent non. Il resta silencieux, se contentant de l'observer, sourcils froncés. Ici, je suis en sécurité. J'ai accès à tout ce dont j'ai besoin, les grands centres de Kahjé ne sont pas si loin que ça. Je ne manque de rien et le climat est agréable. Parfois, ça m'arrive de vouloir voler, de vouloir visiter cette grande étendue. La Voie Lactée. Mais j'ai... Elle pouffa en regardant sa main qui tremblait légèrement. J'ai un peu peur. C'est ridicule, mais c'est trop grand. Je me sens bien en sentant le sable sous mes pieds et avec la certitude d'avoir toujours un endroit où me réfugier.

Ce fut au tour du Terrien de pouffer.

- J'ai pas connu ta mère, mais sur ça, tu lui ressembles bien plus à coup sûr. Car ce n'est pas Alik qui penserait comme ça.

Le sourire de la Drell s'élargit.

- Tu as peut-être raison... Alik m'a dit qu'il m'emmènerait, un jour, quand tout se calmerait autour de lui. Que les Ravageurs le laisseraient en paix pour se retirer sur Kahjé.

Abel se raidit. Il avait vraiment dit ça ? Pouvait-il être aussi naïf ? Dans ce métier, ce groupe, la chance d'arriver à la vieillesse était mince mince. Et les chances d'être laissé bien tranquillement pour prendre sa retraite l'étaient encore bien plus. Alik en était parfaitement conscient : c'était la raison pour laquelle il vivait souvent l'instant présent et qu'il pouvait rester aussi détendu, même quand la mort semblait sonner à la porte. Qu'il ait pu sortir ça à sa gamine... C'était de l'hypocrisie, bien inhabituelle chez lui. Ou bien... Etait-ce de la lâcheté ? Mentir pour préserver sa petite ?

- Tu penses beaucoup, dis-moi, remarqua Lysia d'un ton taquin.

Le mercenaire écrasa sa clope dans un cendrier à côté de lui avant d'inspirer un bon coup.

- T'as ptete bien raison. Cette planète me retourne le cerveau.

Et comme si cette dernière l'avait entendue, une vague bien plus haute que les précédents arriva, s'effondrant sur lui et l'emportant dans l'océan. Il ressortit de l'eau, trempé de la tête aux pieds, cheveux raplatis sur le visage, la mine agacée, observant une Lysia explosée de rire qui avait eu la présence d'esprit d'éviter l'eau salée et, au loin, un Alik qui applaudissait avec un large sourire railleur.
Et bien malgré lui, Abel eut un large sourire.
Comme quoi, il n'avait pas forcément besoin d'être sous acides pour sourire à nouveau franchement.



Feat. Alik Laios et Abel Sajko






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