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 Trafic d'influence

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Personnage RP
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MessageSujet: Trafic d'influence   Jeu 23 Oct 2014, 23:03
Intervention MJ : NonDate :  Octobre 2199 RP Tout public
Thomas Dole ♦ Liam Walker
Trafic d'influence



Dole se tenait dans son bureau, debout, devant un miroir accroché au mur, en train de remettre correctement son col de chemise. Il affichait son sourire en coin, hautain, agressif, le reflet de son propre égoïsme qu'il cachait, qu'il réprimait quand il apparaissait en public. C'est à dire, pas souvent, depuis sa nouvelle nomination...

La plupart de mes... 'Collègues' sont franchement ridicules quand ils portent des costumes. Ils arrivent trop grands aux épaules, ils ne descendent pas assez, ils n'accompagnent pas les mouvements des muscles... Il n'y a rien de pire pour trahir l'incompétence et la désinvolture de quelqu'un qu'observer son costume. Et personne n'apprécie ceux qui ne sont même pas capable de soigner leur apparence...

Il fit un pas en arrière, satisfait de son petit aparté. Il aimait faire ça. Donner des leçons à une audience invisible était devenu une habitude prise il y a bien longtemps. Il prenait une position de professeur, d'un homme qui exposait la situation, comme s'il était le personnage centrale d'une comédie, d'une pièce de théâtre qu'il se faisait lui-même.
Il arrêta de se fixer dans le miroir. Il n'était pas vain. Il ne portait pas ces costumes pour être beau. Il le faisait pour une raison quasi-professionnelle. Celle du paraître. D'ailleurs, on pouvait même voir ça par la manière dont il rangeait son bureau, vers lequel il approchait, maintenant : Tout était ordonné. Rien n'était laissé au hasard. Tout était calculé, du dossier légèrement en biais à la photo de lui aux côtés de Hackett. Même la petite maquette d'un vaisseau de l'Alliance, réalisée par ses soins, avait été méticuleusement mise ici. Il avait passé 4 semaines à la peindre et à la construire, et 2 jours juste pour la fixer à sa place définitive. Son esprit malade était obsédé par ce perfectionnisme, craignant des remarques ou des arrières-pensées des gens qui voyaient ça...

Regardez moi ça...

Dole leva la tête, jusqu'à l'autre côté de son bureau. Un homme, chauve, les manches relevées, regardait la télévision qui était placée sur le mur. Il avait son poing gauche sur les hanches et sa main droite sur la télécommande. Dole s'amusa à faire un commentaire, toujours à lui-même :

Il pose son poing et pas sa main. Il veux se montrer comme un homme fort, imposant... Mais je sais qu'il cherche à compenser.

Il s'approcha de son collègue, qui augmenta le son de la télévision. Les deux hommes firent fasse à l'écran, où un reportage passait. On voyait des humains, avec des pancartes, en train de lever le poing et scander des slogans quelconques contre l'Alliance. Une femme parlait en voix-off :

''Les ouvriers de la colonie ont une nouvelle fois occupé le chantier pour refuser l'arrivée de fonctionnaires venus depuis la Terre pour participer aux travaux. Le représentant local de Terra Firma dénonce un moyen du gouvernement pour aider les compagnies qu'ils favorisent.''

Un homme, noir, grand, musclé, hurlait alors qu'il avait un micro devant le visage :

''Les ministres corrompus de l'Alliance nous envoient des employés uniquement pour permettre aux grands banquiers volus de se faire du blé sur notre misère et ce que les moissonneurs nous ont pris ! Nous voulons que ces ouvriers, partent. La colonie a assez de mains pour faire les chantiers ! Pourquoi est-ce que ce serait à l'Alliance de faire des appels d'offres pour des entreprises et pas les gens de la colonie eux-même ? Je demande au premier ministre : Pourquoi on nous amène des terriens qui appartiennent à une entreprise privée au lieu de nous laisser choisir qui nous voulons embaucher ?''

La caméra changea pour montrer quelques voitures en flamme.

''Les hostilités se sont poursuivies dans la nuit, quand les manifestants ont incendié plusieurs voitures des fonctionnaires de l'administration de la colonie.''

Puis des policiers chargeant, des matraques électriques en main.

''L'ordre est revenu plus tard dans la nuit. Les forces de l'ordre ne déplorent pas de victimes ou de dégât matériel conséquent, mais visent à la prudence. Le dispositif policier a été renforcé. Le rapporteur parlementaire de Terra Firma a déclaré ce matin que ce n'était qu'une tactique de l'Alliance pour forcer la colonie à se soumettre. La société de transport censée acheminer les ouvriers vers les chantiers était toujours occupée.''

Dole se tourna vers l'homme chauve, qui pouffa de rire avant de faire quelques pas vers le bar. Dole, lui, croisa les bras et se pencha un peu sur un meuble.

Je sais que tu vas me faire une réflexion. Sort-la.
-Rah, excuse moi, mais les mecs de Terra Firma sont sérieusement pathétique ! Faut vraiment avoir deux ans d'âge mental pour croire à toutes ces conneries ! Sérieux... Ils vivent sur le désespoir des gens. Personne s'est jamais fait élire en se basant sur ça !
-Terra Firma ne fait pas que se tourner vers les désespérés. Il transforme leurs problèmes en hargne et en peur. C'est attirant.
-Ouais, bah, en attendant, ils font grave chier. Ce mec, là, à la télé, c'est le jeune coq du parti. Le genre de gars qui croit ce qu'il dit. Et les colons l'aiment bien... Aux dernières élections, Terra Firma avait dépassé les 50%.
-Je sais. Terra Firma sait qu'il ne passera jamais sur Terre, alors il va dans nos lointaines colonies. Celles qui ont peur.
-Passera jamais sur Terre ? Dole, dans quel siècle tu vis ?!

Le temps de la discussion, il avait déjà pris un verre de vin et se l'était rempli. Maintenant, il se tournait, et faisait une pause pour prendre une rasade d'alcool. Pendant ce temps, Dole s'amusa a faire son aparté :

Anton Zanovich... Je le déteste. Le jour où la station Arcturus a été anéantie, il était dans une chambre d'hôtel, tellement bourré qu'il était tombé dans les pommes. C'est un homme agressif, ancien militaire. Il est têtu, violent, mais il est honnête. Il me trahirait à la première occasion, si seulement il ne m'avait pas juré qu'il serait loyal quelque soit les circonstances... Et puis, j'ai quelques dossiers sur lui. Actuellement, il est le représentant parlementaire de notre parti. Il a donc une position plus qu'utile pour moi. Ne serais-ce que pour pouvoir entrer au Parlement et prendre la parole...
Dans tous les cas, ça fait du bien de voir quelqu'un qui, à cheval donné, ne regarde pas les dents. Mais jette une selle sur son dos...


Zanovich avait bu une grande partie de son verre.

La Citadelle est juste a côté de la Terre. On a plein d'aliens qui viennent sur Terre. On a même des non-humains qui veulent travailler sur Terre. Et les gens ont peur de ça... N'oublie pas la discussion qu'on a eu : Si tu veux te démarquer du gouvernement, il faut que tu frappe là où Terra Firma va frapper.
-Anton, tu n'es pas mon conseiller. Je sais ce que je dois faire. Contente toi de faire ce que je te dis.
-Ouais, ouais...

Dole avait subitement changé de ton. Il était plus concis, plus dur, plus froid... Mais, c'était ça que Zanovich adorait. Dole retourna vers son bureau. Il consulta son agenda, avec quelque chose de prévu dans un moment : La rencontre avec un journaliste.

Vous savez ce que j'aime avec les gens ordinaires ? La façon dont ils s'empilent. Ils ne sont pas compliqués : Les médias dirigent tout. Ne croyez pas les conspirationnistes de toute sorte qui disent que les politiciens manipulent les médias. La vérité, c'est que les hommes politiques valsent avec les médias... Ils savent qu'il faut les utiliser, les influencer. Ils savent comment paraître, quelles actions engendrer... Ils ont peur de se faire ridiculiser ou d'être humiliés. C'est pour ça qu'on paye des conseillers. Et si j'ai envie de sortir de l'ombre et d'un jour entrer au gouvernement, j'ai tout intérêt à me faire valoir devant les médias. Surtout un journal aussi énorme que l'ANN.

Il haussa sa voix.

Anton. Le journaliste qu'ils m'envoient, c'est un bon ?
-Ça dépend de ce que t'appelle ''bon''...
-Décrit le moi, j'aime bien quand tu fais tes descriptions bien narratives, fit Dole avec un ton sarcastique.
-Liam Walker. Un chevronné du journalisme. Vétéran de la guerre. Il est intelligent, perspicace, et a un solide style d'écriture.
-Hun-hun.
-Il a déjà été interné dans un hôpital psychiatrique.
-Ah ! Il sera parfait, alors.

Dole regarda rapidement l'heure, avant de s'approcher au milieu de la pièce.

J'espère qu'il sera à l'heure. J'aime les gens ponctuels.
-Il va te poser les questions habituelles, hein... Sur l'utilité de l'armée de l'Alliance, sur les tonnages des transporteurs d'avions, sur la place qu'on les turiens...
-S'il est si bon que ça, il va sûrement essayer de me piéger. Il va essayer de me faire dire que les humains sont plus importants que les turiens...
-C'est pas ce que tu veux ?
-Les turiens sont une race fière. Ils n'aiment pas les commentaires désobligeants dans leur dos.
-Et les humains sont fiers aussi. Ils n'aiment pas qu'on les rabaissent.
-Il faut jouer sur les deux tableaux. Ne prétend pas t’inquiéter pour moi. Je sais comment faire... En fait, j'espère même qu'il trouvera d'autres questions que Farixen. J'aimerais ne pas me limiter à cela.

Zanovich ouvrit la porte du bureau, commençant à sortir.

Bien, dès qu'il arrive, je te le fais entrer.
-Parfait.

Dès que la porte fut close, Dole soupira longuement.

Les journalistes, oui... C'est une joute permanente avec eux. Il va falloir que j'entre dans les bonnes grâces de cet homme. Croyez-moi sur parole : Toutes les choses, même les individus, ont un prix. La seule question est de savoir : Lequel.
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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Lun 27 Oct 2014, 14:58
Trafic d'influence


Vancouver, Appartement.
Le matin...


C'est par les rayons doux et chauds du Soleil terrestre que Liam fut sortit de son agréable torpeur. Écarquillant tant bien que mal les yeux, il s'étonna de constater un temps si radieux dans une région si peu propice à ce type de réveil compte tenu de la saison. Agréable. Encore timide, l'astre solaire n'éclairait que très faiblement la pièce, de simples rais de lumières filaient entre les interstices des stores de l'appartement ; l'esprit encore embué, Liam s'assit dans le lit et tournait la tête sur le côté, admirant la silhouette parfaitement dessinée de la créature qui était encore plongée dans un sommeil profond. Souriant, le journaliste repensa à la soirée d'hier, une soirée de retrouvailles réussie avec une de ses « amies » journalistes canadiennes... L'australien n'avait pas de remords, ni de culpabilité vis à vis de sa défunte femme : cela ne représentait à vrai dire rien pour lui (la nuit dernière),  juste un moyen d'assouvir des besoins naturels primaires.
Au fond, il n'a aimé et n'aimera qu'une seule femme dans sa vie : Lena Sajko.

Maintenant, il lui fallait sa dose, son fix, sa drogue : Café. Sortant nonchalamment et dans le plus simple appareil de surcroît, Liam se dirigeait dans la cuisine en prenant dans la foulée un caleçon qu'il enfila aussitôt. Cet appartement, il le connaissait déjà bien assez pour savoir où se trouvait l'objet de toutes ses convoitises : appuyant sur un simple bouton, la cafetière faisait son unique travail tout en silence, déversant son liquide noir dans la tasse posée juste en-dessous.

- Toujours aussi matinale hein ?  L'hôtesse des lieux, qui ne portait qu'une chemise de nuit légère, était accoudée au bar reliant la cuisine et le salon et fit signe qu'elle en voulait un également.

- Désolé, je t'ai réveillé ?  Dit-il en lui servant la tasse qu'il avait déjà préparé avant de s'en refaire une.

- T'inquiètes pas, t'as le chic pour me tenir éveillée...  la taquina t-elle, de sa voix suave et terriblement sexy.

Liam lui répondit par un grand sourire charmeur avant d'amener la tasse à ses lèvres, il adorait sentir le liquide couler dans sa gorge, réchauffant tout son être. Soudain, son Omnitech s'alarma, un de ses collègues l'intimant d'allumer la télé.

- Kim', tu peux allumer la télé, s'il te plaît ?  La jeune femme s'exécuta : il s'agissait d'un reportage sur des mouvements anti-gouvernementaux auprès des colonies frontalières des Systèmes Terminus (celles à risques) :

« Les ouvriers de la colonie ont une nouvelle fois occupé le chantier pour refuser l'arrivée de fonctionnaires venus depuis la Terre pour participer aux travaux. Le représentant local de Terra Firma dénonce un moyen du gouvernement pour aider les compagnies qu'ils favorisent. »

Terra Firma causait bien des problèmes, semant les graines de la discorde là où il le pouvait, c'est à dire auprès des colonies délaissées, sujettes à la crainte d'une menace obscure et permanente venant des Systèmes … La situation sur ces colonies était relativement critique et Liam avait pu le constater en direct, ayant fait certains reportages et articles sur le sujet : l'Alliance avait fait un choix – difficile et pragmatique – sur le court terme, en délaissant les fameuses colonies au profit du noyau névralgique de l'Humanité. Mais les vents de révolte qui se faisaient de plus en plus menaçants sonnaient peut-être le moment de s'occuper des dites colonies en danger... Mais ça, c'était l'affaire des politiques et en parlant de politiques, le journaliste allait en rencontrer un particulièrement éminent dans quelques heures : le chef de cabinet Dole.

Thomas Dole était un homme aux dents longues et acérées : bourré d'ambitions et de soif de reconnaissance, son obsession du pouvoir suintait de tous les pores de sa peau. Impitoyable, intelligent et diablement éloquent, il eut du mal à se faire une place et son parcours fut particulièrement atypique, surfant entre les désillusions et les coups de bluffs parfaitement réussis. Liam n'avait jamais eu l'occasion de lui parler en personne, notamment parce que les deux hommes étaient très occupés et que d'habitude, le journaliste laissait les affaires politiques à d'autres : il s'agissait toujours, et depuis la nuit de temps, d'un milieu malsain, pervers et hypocrite. Alors que certains journalistes adoraient « valser » avec les politiciens pour avoir des papiers croustillants, l'australien n'en tirait aucune satisfaction particulière pour la simple et bonne raison qu'avec les politiciens, la vérité était en permanence contrôlée, habillée pour convenir au « peuple » qui, suite à la guerre Moissonneurs, ne voulait pas s'encombrer de problèmes « inutiles » comme la politique.

Cet état d'esprit majoritaire faisait sortir de ses gonds le journaliste qui ne comprenait pas pourquoi les gens s'intéressaient si peu aux personnes qui les gouvernaient : il s'agissait là même du fondement de la liberté. Si une poignée de personnes élues pouvait définir l'enclos dans lequel les moutons séjournaient comme ils le voulaient, sans craindre les représailles (en cas d'abus), il s'agissait tout simplement de la fin de l'idée de Liberté et de ce à quoi les Humains se sont battus pendant des milliers d'années...

Liam bouillonnait intérieurement, ressassant l'éternel débat intérieur qui l'animait : les humains préféraient se bouffer le cerveau via des émissions abrutissantes et inintéressantes au détriment de réels documentaires sur ce qui se passe dans la Galaxie et même si l'A.N.N avait une visibilité plus que conséquente, la majorité des humains ne se limitaient qu'à zieuter les articles.
Le journaliste fut sortit de sa réflexion par deux bras s'enroulant autour de ses hanches.

- Tu n'avais pas un rendez-vous important aujourd'hui ? Il faut que tu sois prêt, aujourd'hui c'est à un gros poisson que tu t'attaques...  lâcha t-elle entre deux baisers dans le cou.

- Certes, mais j'aimerais bien plus rester ici en ta compagnie qu'avec un politicard aussi... dangereux que lui. Même s'il semble impeccable auprès des médias, il sait se rendre très discret, évitant toute question sur son passé. S'il a réussi aussi bien aujourd'hui alors qu'il avait lamentablement échoué auparavant, c'est qu'il a compris que la politique était un jeu : un jeu d'influence et de magouilles...  Il posa un ton, lâchant un soupir de fatalité. Mais bon, je ne peux le blâmer, la majorité de son « espèce » est pareille, tout comme la nôtre. Du moment qu'il arrive à maintenir cette illusion auprès des journalistes et du peuple, ça me va : mais au moindre faux pas...  Il laissa sa phrase en suspens, regardant malicieusement sa collège qui avait évidemment compris le fond de sa pensée.

- Tu m'aideras à mettre ma cravate ? T'as toujours été douée pour ça , finit-il tout en lui intimant de le rejoindre sous la douche, pour un dernier moment de douceur avant l'orage...

Bureaux du Parti.
Plus tard …


Vêtu d'un  impeccable costume lui allant comme un gant, Liam Walker se trouvait désormais dans les bureaux du parti, où il devait retrouver le fameux chef de cabinet Dole. D'habitude, il retrouvait ses « invités » autour d'une table, dans un restaurant chic ou un hôtel mais le chef de cabinet avait préféré qu'il vienne directement sur le lieu de son travail. La démarche était judicieuse : toujours dans l'optique de paraître transparent, sans rien à cacher, Thomas Dole poussait même le vice jusqu'à l'inviter dans ses propres bureaux. Après, il est vrai que Liam était de nature sceptique (pour un journaliste, c'était mieux que la crédulité!) et peut-être se faisait-il trop de préjugés, chose qui était tout aussi dangereuse que de ne pas s'en faire. Au final, rencontrer le fameux Thomas n'était pas une si mauvaise chose que ça, il pouvait en profiter pour se faire une vraie idée de l'homme qui se cachait derrière le Premier Ministre.

- Liam Walker, journaliste pour l'A.N.N : j'ai un rendez-vous avec Monsieur Dole , précisa t-il tout en montrant son badge presse ainsi que son accréditation. L'australien passa devant deux colosses et un détecteur de métaux : la sécurité ne plaisantait pas ici et pour cause, il était évident que de nombreuses personnes voulaient voir les têtes des hommes et des femmes, travaillant dans ces bureaux au bout d'une pique. Terra Firma en tête de liste.

Un jeune homme, sûrement un des assistants de Dole, intima le journaliste de le suivre à travers le labyrinthe de couloirs et de salles du lieu. Après avoir négocié un premier virage, le journaliste croisa un certain Zanovich (il avait bien travaillé son sujet avant de venir), représentant parlementaire du parti de Dole et il put sentir une attention particulière, un regard intéressé de l'homme chauve qui venait très certainement du bureau du chef de cabinet. Liam ne put laisser échapper un rictus après le passage de Zanovich, laissant son imagination aller où bon lui semblait …  

Une fois posté devant une double porte, le jeune assistant fit comprendre à Liam qu'il était arrivé à destination, il lui ouvrit la porte le laissant entrer seul dans le bureau du fameux Thomas Dole qui se tenait droit dans son costume impeccablement ajusté. La théorie des apparences était fondée et la première intention était souvent la plus importante. Toutefois, Liam n'avait jamais aimé les impressions trop lisses, trop parfaites dégagées par les politiciens : la sincérité et l'honnêteté étaient souvent des mots bien trop obscures pour ce genre de personnes. Cependant, certains politiciens se détachaient du lot par leur intégrité sans faille et le maintien de leur engagement politique : peut-être que Thomas en faisait partie.

Après une poignée de main franche et l'échange de banalités, Dole convia le journaliste à s'asseoir avant de faire de même. Les deux hommes se jaugeaient, s'évaluaient du regard mais les deux restaient impassibles, Liam se montrait chaleureux mais avec retenue, il connaissait son métier et restait un professionnel.

L'australien allait entamer le bal, une valse lyrique où chaque faux pas pouvait engranger pas mal de conséquences mais le journaliste ne se faisait pas de soucis pour Dole, il était très certainement un « danseur » accompli, survolant l'exercice avec brio.

- Alors Monsieur Dole, votre chemin est des plus atypiques : vous avez commencé par être juriste en 2171 afin de gérer les relations nouvelles avec les races aliens, passant ensuite par l'ambassade puis ensuite intégrer l'équipe de Donnel Udina, là est votre premier pas vers la politique. Désormais, vous êtes le chef de cabinet du Premier Ministre Shastri.  Il posa un ton, constatant que son interlocuteur l'écoutait attentivement. Quelle a été votre leitmotiv durant toutes ces années, alors que vous aviez rencontrer certains revers, votre détermination a semblé ne jamais faillir : qu'est ce qui vous a poussé à persévérer dans cette voie aussi difficile que la politique ?

- De fait, malgré l'image controversée de l'ambassadeur Udina, qu'avez-vous appris de cet homme qui, malgré des choix contestés, a consacré sa vie à l'Alliance. Quel est votre avis sur la question, vu que vous l'avez côtoyé durant sa période d'Ambassadeur et que pensez-vous de ces agissements en tant que Conseiller ?

La question était certes casse-gueule mais Liam voulait en connaître un peu plus sur Thomas avant de partir sur le vif du sujet, notamment le traité de Farixen ou bien Terra Firma. L'épreuve allait être longue et rude, mais le journaliste ne voulait pas louper quelque chose d'essentiel...








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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Lun 27 Oct 2014, 16:18

Le journaliste était arrivé jusqu'à la tanière du loup, dans un superbe costume, son sourire étant quasiment sa marque de fabrique. Comme lorsqu'on recevait un journaliste, on faisait les même conneries. Poignée de main, échange de regards, questions stupides, avant de finalement s’asseoir.

Dole avait choisi de faire s'installer Walker dans son bureau, les fesses sur un bon fauteuil, alors que lui-même se mettait sur un canapé, une seule table basse les séparant. Une bonne atmosphère bien calculée, comme si Dole voulait faire croire à la presse qu'il travaillait constamment, s'arrêtant uniquement pour renseigner le peuple, même si ce décor n'était qu'une farce, une comédie. Toute la pièce avait un intérêt médiatique.

- Alors Monsieur Dole, votre chemin est des plus atypiques : vous avez commencé par être juriste en 2171 afin de gérer les relations nouvelles avec les races aliens, passant ensuite par l'ambassade puis ensuite intégrer l'équipe de Donnel Udina, là est votre premier pas vers la politique. Désormais, vous êtes le chef de cabinet du Premier Ministre Shastri.  

Dole plaça une jambe par-dessus l'autre, avant de lier ses mains et les approcher de son visage, se donnant un air grave et attentif. Pour l'instant, Walker était un journaliste comme un autre. Est-ce qu'il allait être jugé « digne » de Dole pour ce qu'il attend ?
Toute cette interview était une farce. Pas seulement pour l'interview elle-même. Dole voulait UN journaliste. Mais ça, c'est un sujet pour plus tard...

- Quelle a été votre leitmotiv durant toutes ces années, alors que vous aviez rencontrer certains revers, votre détermination a semblé ne jamais faillir : qu'est ce qui vous a poussé à persévérer dans cette voie aussi difficile que la politique ? 

Dole sourit un peu. Il posa son bras droit sur le dossier du fauteuil, et l'autre sur ses jambes, un beau sourire en coin. Un sourire forcé, mais tellement entraîné, de manière manichéenne, qu'il semblait parfaitement naturel.

- Et bien, monsieur Walker, c'est vrai que j'ai eu un parcours très spécial. D'ailleurs, au départ, je n'avais rien de pré-destiné pour la politique. Mon père... Était un grand officier de l'Alliance. C'était un homme discipliné, plein d'entrain, intelligent, vif... Il est mort en héros pendant la bataille de Shanxi.
En réalité j'ai à peine connu mon père. Il était lâche, paresseux, sans aucune volonté. Il ne faisait rien, à part occuper de la place. Dans un sens, c'est même bien qu'il n'a pas eu à vivre plus longtemps. Mais bon... Cela ferait tâche de dire ça à voix haute, non ?
J'ai passé mon adolescence dans un lycée militaire. À cette époque, j'étais dirigé par une sorte de... Haine, une envie de vendetta envers le nouveau monde qui avait été découvert. Je pense que c'est un peu pour ça que je me suis dirigé vers le droit. Pour rester sur Terre, pour n'avoir rien à faire avec les étoiles au-dessus de nous. Et pourtant...
J'ai travaillé, en tant que juriste, avec des volus, des galariens, des asaris... Et même des turiens. J'ai vu l'Alliance, ce régime critiqué et moqué, devenir grand, puissant, se transformer au contact des autres civilisations. J'ai vu notre régime se doter d'une armée autonome et adaptable, j'ai vu des programmes de construction, d'innovation. Lorsque je n'étais qu'un enfant, nous ne savions même pas qu'il existait autre chose que nous.
Je pense que c'est quelque chose qui m'a toujours motivé : Faire l'Histoire. Je voulais à tout prix aider, conseiller, voter, participer à l'essor de l'Humanité, à l'amélioration de nos conditions de vies, de notre manière de vivre. Au fond, nous autres les politiciens, nous ne sommes que des représentants. C'est ça, je pense, qui m'a toujours donné envie d'avancer. Même mes défaites, même mes erreurs, n'ont été que source d'enseignement pour moi, pour mieux servir mes compatriotes. Je n'en veux à aucun de mes rivaux. Et j'ai énormément appris des gens avec lesquels j'ai travaillé.


Dole laissa un petit rictus, les yeux droits dans ceux du journaliste, avant d'attendre la prochaine salve de questions.

- De fait, malgré l'image controversée de l'ambassadeur Udina, qu'avez-vous appris de cet homme qui, malgré des choix contestés, a consacré sa vie à l'Alliance. Quel est votre avis sur la question, vu que vous l'avez côtoyé durant sa période d'Ambassadeur et que pensez-vous de ces agissements en tant que Conseiller ? 

Udina. C'était bien LE sujet sensible. Le mec avait été un héros, un politicien extrêmement populaire avant de tomber en disgrâce. C'était un homme tabou, un sujet évité. Dire que c'était un saint et on avait des manifestations de victimes suite à l'attaque de la Citadelle dès demain. Dire que c'était un traître, et on avait Terra Firma qui demande sa démission. Mais bon, il ne serait pas à ce poste s'il n'était pas un pro pour éviter les questions... Dole supprima son sourire avant de parler avec une voix plus grave :

- Je ne pense pas être capable de m'exprimer sur ce qu'il a fait lorsqu'il a été nommé conseiller... C'était une période étrange, un contexte difficile. J'ai connu Donnel lorsque l'Humanité n'était qu'une race marginale, crainte, voire-même haïe. J'ai participé à un travail conséquent, qui a su, avec les agissements de Shepard notamment, se fructifier pour nous obtenir une place au Conseil alors que les vétérans de Shanxi étaient là. J'ai vu Donnel serrer la main avec des aliens, je l'ai vu agir pour créer une amitié, un climat de paix avec les autres gouvernements du Conseil.
Le pacte qu'il a fait avec Cerberus m'a choqué. Il a entraîné la mort de centaines, si ce n'est de milliers de personnes, dans un attentat terrifiant qui aurait pu plonger la galaxie dans le chaos le plus complet. J'aurais adoré qu'il puisse vivre, de manière à ce qu'il soit jugé pour ses crimes, plutôt que de mourir et laisser certaines personnes parler en son nom de manière posthume.


Après quoi, il fit une petite pause, avant de reprendre son petit sourire narquois, comme pour signaler à Walker de continuer.

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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 08 Nov 2014, 11:02
Trafic d'influence


Les doutes qu'avaient Liam avant le début de la rencontre commençaient – à son grand regret – à se confirmer progressivement : Dole ne faisait pas exception à la règle et se confondait dans cette masse nauséabonde qu'étaient les politiciens. Au final, les idées de Dole ne lui importaient guère du moment qu'elles n'étaient pas extrémistes mais tout ce qu'il voulait, c'était qu'on lui dise la vérité, sans langue de bois. Donc deux cas de figures commençaient à se détacher :

- Soit Thomas Dole n'était qu'un simple politicien, trop peureux de pouvoir affirmer ses convictions et se cachait donc derrière des formulations vaseuses.
- Soit ces dites convictions étaient bien trop graves et sujettes à polémiques pour pouvoir les confier dans une interview.

Le journaliste penchait plutôt pour la première solution, Dole n'avait été qu'un opportuniste, grappillant des places là où il le pouvait et au final, son accession fulgurante fut jouée sur un coup de poker, un coup du Destin et non un coup de génie...
L'intérêt que portait l'australien au français commençait donc à s'estomper peu à peu, ne sentant que rien de vrai allait sortir de cette interview ; il soupira intérieurement, comme pour se dire qu'il avait perdu son temps pour rien. Après, l'entretien était loin d'être fini et il espérait que Dole se montre un peu plus sous sa vraie nature et dévoile quelque chose de plus... croustillant. Et pour ce faire, Liam n'avait pas peur de bousculer le Chef de cabinet. Après tout dans sa profession, il s'était fait beaucoup d'ennemis plus ou moins influents et il aurait préféré avoir Thomas sur le dos que le Courtier de l'Ombre !
Songeur, pensif, le journaliste avait quand même écouté avec beaucoup d'attentions les propos de son interlocuteur, par respect et par professionnalisme : il ne voyait que la partie émergée de l'iceberg, il ne pouvait donc pas apporter de jugement trop hâtif.

D'ailleurs, le politicard s'était trahi dans ses propos, créant un paradoxe que l'on ne pouvait ignorer : une de ses rares phrases qui avait écho de vérité était celle ci : « Je pense que c'est quelque chose qui m'a toujours motivé : Faire l'Histoire ». Lorsqu'il prononça ces mots, ces derniers transpiraient la sincérité : Dole était bel et bien un homme d'ambition, sûrement en manque de reconnaissance suite au décès prématuré de son père (« note à lui-même : il faudra qu'il se renseigne sur ce fameux paternel … »), aux échecs qui avaient sillonné sa vie d'animal politique et s'inscrire dans l'Histoire concordait avec tout le reste. Dans le même temps, il ressortit le vieux discours démago' de la représentation qui était loin d'être vrai désormais notamment avec la masse démographique et l'absence d'intérêt de la population pour la politique (du moins sa grande majorité). Liam se reposait toujours la même question : pourquoi l'Alliance était autant baigné dans le mensonge et l'hypocrisie que ça ? Etait-ce là en réalité sa vraie force ? Celle qui lui a permis d'arriver jusque là aujourd'hui ?
Non. Impossible : si l'Alliance est aussi puissante aujourd'hui, c'est avant tout grâce au rayonnement d'une poignée d'hommes, notamment l'équipage du Normandy et de Sheppard : sans lui, l'Alliance serait tombée en disgrâce depuis bien longtemps et les politicards se seraient fait bouffés en un rien de temps !

Pour revenir à l'interview, Liam pouvait en retirer un gage de satisfaction : il était pratiquement sûr désormais que Dole ait dit au moins une fois la vérité et il pourrait s'y référer pour déceler le vrai du faux (ou du moins il va tenter de le faire!) ; telle une partie de poker, Liam tentait de ressentir la respiration de l'autre, les tics humains de la personne qui se tenait devant lui. Là était sa plus grande qualité, celle qui lui a permis d'aller aussi loin dans son métier.

- Cela fait déjà deux fois que vous mentionnez Shanxi : une fois en parlant de votre père décédé durant la bataille, une autre fois quand vous m'avez parlé de notre ex-conseiller. Cet événement semble vous avoir marqué, influence t-il votre jugement à propos de la Hiérarchie Turienne ? Pensez-vous que la prochaine discussion sur le Traité de Farixen va être une opportunité en or pour modifier la situation humaine en terme d'armée et ainsi, se calquer sur celle Turienne ? Et le cas échéant, pensez-vous qu'il serait réellement utile de devoir verser le budget de l'Humanité dans une armée, alors même que des villes entières, des colonies éloignées ont besoin d'être reconstruites ?

Les rumeurs concernant la haine viscérale de Thomas à propos des Turiens étaient courantes dans les couloirs de l'A.N.N. mais rien de tout ça n'avait été confirmé et même si le journaliste n'attendait pas des aveux de la part de Dole, cela faisait une bonne transition sur un point important de l'interview : le Traité de Farixen. Ses questions étaient acérées comme des lames de rasoir et les réponses fournies par Dole allaient être capitales pour la suite.








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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 08 Nov 2014, 12:06

Le journaliste n'avait pas creusé le sujet d'Udina. Sauf que ce n'était pas une bonne nouvelle pour Dole, avec Walker qui parvient à dévier le sujet sur les turiens, et de Farixen. Qu'est-ce qu'il n'aimait pas les turiens... C'était même pas par dédain ou parce qu'il les voyait comme des ennemis. Oh non, la crise humano-turienne, c'est du passé. Ils ont tellement combattu ensemble ces dernières années qu'on avait plus de raison d'avoir des frictions. La haine qu'éprouvait Dole à leur encontre était plus... Psychologique que ça.

- Cela fait déjà deux fois que vous mentionnez Shanxi : une fois en parlant de votre père décédé durant la bataille, une autre fois quand vous m'avez parlé de notre ex-conseiller. Cet événement semble vous avoir marqué, influence t-il votre jugement à propos de la Hiérarchie Turienne ? Pensez-vous que la prochaine discussion sur le Traité de Farixen va être une opportunité en or pour modifier la situation humaine en terme d'armée et ainsi, se calquer sur celle Turienne ? Et le cas échéant, pensez-vous qu'il serait réellement utile de devoir verser le budget de l'Humanité dans une armée, alors même que des villes entières, des colonies éloignées ont besoin d'être reconstruites ?

Le sourire faux-cul de Dole avait complètement disparu. Ce n'était pas de la consternation, de la haine, ou quoi que ce soit d'autre qui s'affichait sur le visage du politicien. À la place, il restait neutre, les sourcils légèrement froncés. Il posa ses deux jambes sur le sol, et se remit droit dans son canapé. Ce genre de mouvement corporel était une astuce toute bête pour se gagner du temps pour réfléchir tout en faisant croire qu'on se concentrait sur autre chose, comme foutre son cul dans la bonne direction... En même temps, il parla aparté à l'audience qui l'écoutait.

Il semblerait que monsieur Walker cherche à me piéger. J'aime ce genre de personnes honnêtes et détestant l'hypocrisie... À condition qu'ils ne restent pas dans ma route. Et il n'y a rien de mieux pour contrecarrer un flot de doute qu'un déluge de sincérité.

Sa voix aussi avait changée. À la place d'un ton légèrement hautain et mielleux, il avait une voix plus coupante, plus sèche. Pas par dédain, oh que non... C'était presque une tactique, changer son timbre de voix pour relativiser avec ses propos plus hypocrites de tout à l'heure.

- Monsieur Walker, malgré tout le respect que j'ai pour vous, un grand correspondant de guerre et un journaliste intelligent, j'ai bien peur que vous ne confondiez tout. J'ai parlé de Shanxi et de mon père car vous m'interrogiez sur mon passé. Et c'est vrai que c'est quelque chose qui m'a forgé. Mais j'ai 53 ans. Si vous pensez que j'éprouve une quelconque haine envers les turiens parce que mon père, qui était un militaire et qui était conscient des risques qu'il prenait, alors que la Hiérarchie nous a toujours soutenu par la suite, vous avez tort.

Il s'enfonça à nouveau dans son canapé. Mais sans pour autant perdre sa voix et son expression plus sérieuse.

- Le traité de Farixen avait, et a toujours une utilité simple. Celle de dissuasion et de contrôle. Pendant des décennies, les turiens étaient spécialisés dans la défense de l'espace concilient. C'était leur tâche. Il est logique qu'ils disposent d'un tonnage important. Néanmoins, vous devez comprendre qu'énormément de choses ont changé depuis l’apparition de l'Humanité dans l'équation. Nous étions des outsiders, une toute jeune race, et notre armée a prouvé qu'elle était totalement capable. Aujourd'hui, la Citadelle est dans l'orbite de la Terre, en plein centre de notre système solaire. En 2191, des vorchas l'ont presque envoyée en plein sur notre planète, ce qui aurait eu un effet dévastateur alors qu'on se remettait tout juste d'une guerre terrible.
Je pense qu'il est normal que l'Alliance dispose du même tonnage que les turiens. Pas par rivalité. Par alliance. Des tas d'acteurs sont apparus. Les Quariens, les Geths, les Krogans... Nous multiplions le nombre de grands pouvoirs en hausse. De nouvelles races semblent apparaître sur le devant de la scène. Des Yaghs, des Ralois... Voyez-vous, j'ai théorisé un concept simple qui est celui de la ''diplomatie par écoulement''.


Dole retira le dos de son canapé, et faisait quelques légers signes de main, comme un professeur qui apprenait quelque chose à un enfant... En fait, ce concept ridicule et ce jargon sans intérêt de ''diplomatie par écoulement'' était une autre de ces formulations politiques qui ne voulaient rien dire. Mais Dole ne l'utilisait pas pour amadouer bêtement les gens qui écouteront l'interview. Oh que non... Elle était adressée directement à Walker. Il voulait voir comment le journaliste réagirait face à temps de merde versée.

- L'idée est qu'une grande influence diplomatique en amont est capable d'avoir des effets retentissant sur le bas. Vous me parlez de nos colonies. Il est vrai que nos colonies ont énormément besoin d'aide. Et d'ailleurs, elle est en train d'arriver. Nous allons, et moi-même, d'ailleurs, je vous le dis directement, monsieur Walker, s'assurer que le budget qui sera voté l'année prochaine comprenne de nombreuses aides vers nos colonies étranglées financièrement. Mais ce que vous ne comprenez pas, c'est qu'une modification de Farixen pourra profiter à tout le monde. Elle profitera à la sécurité de la Citadelle. Elle profitera à la sécurité de nos colonies et des territoires du Conseil, car nous n'allons pas rester jalousement autour de la Terre. Elle profitera à notre économie, car il faut des ressources et de la main d’œuvre pour construire des cuirassiers. Elle profitera à nos relations inter-espèces, car voyez-vous le paradoxe, qui est de la ''diplomatie par écoulement''. Avec l'atomicité des acteurs intergalactiques, nous nous devons d'assurer un régime fort et multiple en amont. Les turiens et les humains sont parfaitement capables, en relation, de défendre la totalité de l'espace concilient. À condition, bien sûr, que nous faisons des choses conjointes.

Dole retrouva son vieux sourire. Il tapota le cuir de son canapé.

- Monsieur Walker, je comprends que vous ne faites pas confiance aux politiciens comme moi. Il est vrai que l'Alliance a de nombreux travers. Mais vous devez comprendre : Nous sommes dans une période de trouble, avec beaucoup de personnes prônant l'autarcie ou l'indépendance. L'Humanité doit être unie et impliquée dans le nouveau monde qui est en train de naître. Nous le devons à toutes les personnes qui sont mortes pendant la guerre. Et quand bien même vous me détestez, moi, et les autres politiciens de ma trempe, je peux vous garantir une chose : Je porte l'intérêt de l'Alliance Interstellaire dans le cœur.


Après cette phrase bien démagogue, il supprima une dernière fois son sourire. Ces dernières phrases, adressées directement au journaliste, étaient un bon test. Quand on les confronte directement, les journalistes réagissent différemment. Les amateurs se confondent en excuse. Ceux trop fiers se mettent sur la défensive et tentent de se battre... Mais les vrais, les bons journalistes, c'est ceux qui restent professionnels, et qui recentrent les questions sur le sujet.

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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Mer 24 Déc 2014, 20:59
Trafic d'influence


Sacré personnage, ce Thomas Dole !

Liam Walker avait rencontré de nombreuses personnalités influentes, que ce soit dans la politique, dans l'industrie, dans l'Armée... Des tonnes de personnes qui pouvaient le faire disparaître en un claquement de doigt. C'était donc à se demander pourquoi le journaliste australien n'avait pas disparu des radars depuis tout ce temps ?! Ce dernier aimait l'idée qu'il s'agissait d'un respect mutuel, respect qui tirait ses racines d'un travail assidu, professionnel et osé journalistiquement parlant. C'était donc par cette réputation dont il était fier que Liam Walker pouvait se targuer de connaître ces dites personnes et en tirait des bénéfices aussi bien personnels que professionnels.

D'ailleurs, à chaque nouvelle rencontre avec une de ces personnes, une unique question revenait inexorablement, inlassablement : allaient-ils être amis ou bien ennemis ? Oh oui, ne pensez pas que Liam est aimé de tous, bien au contraire : il sait juste bien s'entourer pour pallier à tout... désagrément. Etrangement, alors que de coutume, la catégorisation était rapidement faite, elle l'était beaucoup plus complexe concernant Thomas Dole. Cet homme était un puzzle, une énigme difficilement décelable et à chacune de ses répliques, la balance penchait d'un côté comme de l'autre.

Liam commençait peu à peu à perdre le fil de sa concentration, suite au monologue pompeux et théorique de Dole : sa théorie, il ne fallait pas sortir d'une école prestigieuse pour la comprendre et pourtant, il arrivait à en sortir des tonnes et des tonnes et cette prouesse fut félicitée discrètement, cérébralement par Liam.
Son regard commençait à se perdre pour balayer la salle d'un regard, regard qui s'arrêta sur l'une des grandes vitres du bureau : des larmes de pluies coulaient délicatement, comme happées par le sol. C'était un temps de merde, qui ne présageait rien de bon.

Revenant à son interview, Liam voulut calmer le jeu et apaiser les tensions. Il n'était pas là pour se battre (verbalement parlant) mais bien pour avoir des informations, un témoignage « sincère ».

- Désolé de paraître un peu hostile aux premiers abords et ne vous méprenez pas : cela n'a rien de personnel. En réalité, je ne fais confiance qu'à très peu de personnes. Dit-il en souriant, dévoilant ses blanches canines. Pour être honnête, je vous crois lorsque vous dites que vous portez l'intérêt de l'Alliance à cœur (« même si son propre intérêt occupe une place importante » pensa t-il) mais l'Invasion nous a t-elle pas appris qu'il fallait agir de concert ? Penser à la communauté concilienne au détriment de l'Alliance ? Cette révision du traité ne devrait elle pas plutôt permettre un réajustement complet des forces armées respectives et éviter une suprématie Humano-Turienne ? D'autant plus que verser le budget de l'Alliance dans la formation de flottes ne va t-elle pas plus engranger de problèmes que de solutions ? Réarmer l'Humanité, augmenter sa puissance de frappe ne va pas arranger l'alliance encore fragile qui nous lie depuis le traumatisme Moissonneur.

Incisif (voire peut-être trop), Liam ne voulait pas s'empêtrer dans des histoires « d'écoulement » mais bien dans le vif du sujet, celui de la direction politique de l'Alliance quant aux colonies, aux forces armées et tout ce qui englobe la politique étrangère. Liam reprit son calme, avant de continuer.

- Je ne suis pas votre ennemi, Monsieur Dole, et je ne vous connais pas assez pour vous détester. J'ai, moi aussi, à cœur l'intérêt de l'Humanité, ce n'est pas pour autant que je dois délaisser celui des autres espèces. Si les Moissonneurs nous ont enseigné quelque chose, c'est bien que l'Union fait la force, que vous ayez des écailles, une peau rose ou bleutée : nous sommes tous dans la même Galaxie, autant agir de concert... lâcha t-il tout en fixant le politicien.

Idéaliste ? Peut-être.
Fou ? Sûrement pas.

Le blondinet savait exactement que cet idéal était encore bien lointain mais qu'il pouvait apporter sa pierre à l'édifice, en faisant changer la mentalité des politiciens. Eux aussi avaient – de près ou de loin – vécu un Enfer, pourquoi ces personnes ne pouvaient t-elles pas changer ?

La réponse est évidente, elles peuvent changer : éviter l'abus de pouvoir et s'en servir pour améliorer la vie de tous, et non pour rajouter un cuirassé ou deux à une flotte déjà bien remplie. Et Thomas Dole, pouvait-il changer ?








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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Jeu 25 Déc 2014, 12:20

Pendant une fraction de seconde, les sourcils de Thomas s'abaissèrent pour froncer fermement. Il ne s'attendait pas à de tels propos. Il n'était pas du tout choqué. Il n'était pas non plus hautain, ou moqueur, persuadé que Walker n'était qu'un idéaliste idiot. Il était juste circonspect.

Le journalisme et la politique sont étrangement liés. Ce n'est pas un hasard si autant de politiciens se mettent en couple avec des reporters ou des responsables de médias. Walker ne devait pas utiliser ses mots au hasard, sûrement pas un homme expérimenté comme lui. Aussi, Dole se gardait le luxe de faire une courte pause dans l'interview. Il restait silencieux, pendant une bonne quinzaine de secondes.

Le problème des humains, c'est qu'ils ont tous des tas d'opinions sur pleins de choses... C'est coton d'affirmer un propos bien tranché, et Farixen est un sujet sensible... Je ne sais pas si Walker cherche à me piéger, mais il va falloir que je fasse gaffe.

Il retrouva son sourire léger, avant de finalement ouvrir la bouche.

- Vous avec une vision de la galaxie extrêmement honorable, monsieur Walker. Et d'ailleurs, votre opinion est loin d'être unique. Il est vrai que les armes font peur, et je comprends parfaitement lorsque vous me dites que nous pourrions utiliser le budget de la défense pour d'autres projets qui bénéficient de manière plus... Sociale à la communauté.
Néanmoins, nous pourrions débattre sur le fait que l'augmentation de notre tonnage soit, selon certains, aussi peu utile à la communauté Concilienne. Voyez-vous, les cuirassés lourds ne doivent pas être vus simplement comme de grosses armes, mais plus comme un dispositif, un outil de projection de force. Les cuirassés fournissent autant de dissuasion que de puissance de feu. Pendant des années, si les turiens disposaient du tonnage le plus dense, c'est pour une raison très simple : Ils étaient les plus aptes à assurer la défense du Conseil. Ils étaient ceux qui contribuaient le plus au maintien de l'ordre.
Les braves soldats de l'Alliance ont prouvé leur valeur militaire, et c'est de là que découle notre demande d'obtenir plus de cuirassés. Pas pour être plus forts, pas pour être plus redoutables... Mais pour participer davantage. La Citadelle est dans l'orbite de notre planète-mère, monsieur Walker. Chaque soldat posté dans la bulle locale participe directement à la sécurité et l'ordre de la galaxie. De plus, il y a nos colonies, qui commencent à craindre les pressions extérieures autant que les pirates ou les criminels... Les armées de l'Alliance, et d'ailleurs j'aimerais remercier Joshua Gordon, notre ministre de la défense, ont fait énormément de progrès ces dernières années, au niveau de la protection de nos ressortissants humains. Nous avons fait beaucoup d'erreur dans le passé. Et nous comptons les réparer.
Le problème du budget, quant à lui, ne doit pas particulièrement vu comme mauvais. La construction de cuirassés, si le Conseil accepte nos demandes, sera confiée à des entreprises humaines, et permettront de créer de l'emploi ainsi que de prouver la valeur de nos compagnies à la galaxie. J'ose espérer que cela leur permettra de décrocher des contrats dans le futur.
Alors, arrêtons de voir nos cuirassés comme de simples gros vaisseaux militaires. Ils seront très positifs. Et d'ailleurs, l'armée de l'Alliance est loin, très loin d'être autarcique. Nous travaillons en collaboration avec les races conciliennes, et je suis sûr et certains que nous pourrons même trouver des accords militaires avec les races nouvellement entrées, comme les Krogans ou le GIP, de manière à produire un plan de défense galactique contre les pirates et les groupes subversifs.


Les opinions humaines... Si Dole se montrait trop dur et martial, ça révulserait la plupart des humains qui aspirent à la reconstruction. S'il était pacifique, Terra Firma lui tomberait sur la gueule, sans oublier l'armée qui serait pas contente et les gens qui aiment cette armée qui a combattu les Moissonneurs. Il cherchait à contenter tout le monde. Y compris les gens qui ont peur que les cuirassés soient un gouffre économique, ce qui était, malheureusement, un peu le cas. Dole n'était pas un monstre (Du moins, pas plus qu'un autre politicien, comme il se répétait à lui-même), mais il était vrai qu'à moins qu'on ravive des tensions avec des incidents diplomatiques, les cuirassés allaient vite servir à rien.

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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Jeu 25 Déc 2014, 21:00
Trafic d'influence


Confiance.

La confiance était une notion singulière, unique et si difficile à obtenir. Par des actes, par des paroles, elle pouvait s'éloigner comme se rapprocher liant ainsi deux individus d'une connexion puissante. Les humains – et d'autant plus en politique – ne faisaient souvent guère confiance à personne. Cette méfiance, cette réticence omniprésente avait d'ailleurs été la cause de tant de tensions avec les autres races conciliennes de sorte que le Conseil lui-même n'ait pas pu faire confiance à Shepard le jour où il a annoncé la venue des Moissonneurs. En y pensant, si la confiance était plus palpable dans nos vies, peut-être que l'Histoire aurait été diamétralement différente...

Liam Walker réalisa que l'interview allait tourner en rond et commençait à se résigner intérieurement à l'idée que Dole n'était pas une personne digne de confiance : trop obnubilé par l'opinion public que par ses propres convictions ? Ou bien pire encore, convaincu qu'augmenter la puissance de dissuasion de l'armée était la bonne solution à tous nos problèmes... Ce dernier point, l'australien était convaincu qu'il s'agissait uniquement de poudre aux yeux, un artifice qui pourrait réconforter certaines populations mais sur le long terme et à moins d'une utilisation des cuirassés (ce qui serait synonyme de guerre), le projet ne pouvait pas être viable économiquement : à quoi ça sert de construire des cuirassés si ce n'est juste pour « dissuader » ? L'Histoire ne nous t-elle a pas montré que lorsque des ressources militaires (munitions, armes ...) n'étaient pas utilisées par un pays, elles étaient reversées dans d'autres conflits dans le but d'en tirer un certain profit ?

Dans tous les cas, le problème était que Thomas Dole et très certainement son parti prônaient les mêmes idées de de développement militaire. Liam espérait juste que les négociations allaient se dérouler autrement que selon les plans de l'Alliance...

Le journaliste avait récolté assez d'informations pour pouvoir faire un papier intéressant, dépeignant comme il le pouvait cet homme qu'était Thomas Dole. Il n'allait pas crier au scandale, faire du buzz en attaquant directement le chef de cabinet : cela n'avait aucun intérêt pour lui, pour Thomas ou pour l''Humanité. Cependant, l'australien allait surveiller attentivement la progression de Dole pour la simple et bonne raison que la lueur qui animait ses yeux était aussi dangereuse que prometteuse. Le quinquagénaire était une personne intelligente et avec les bonnes idées, les bonnes opinions il pourrait faire la différence et rendre notre Galaxie meilleure. Et le contraire était tout à fait valable : s'il trempe dans de sales affaires avec les mauvaises fréquentations et influences, l'homme aux dents longues pourrait se transformer en un Donnel Udina v2.

Eteignant son Omnitech et posant ses outils de journaliste, Liam fit comprendre à son interlocuteur que ce qui allait se passer dès maintenant resterait du domaine du privé, de la confidence. L'australien avait rapidement fait un tour des lieux et n'y voyait pas de signes de caméra ou autres. Il avait également penser que l'acceptation si cordiale et directe du Chef de cabinet pouvait s'accompagner d'une demande officieuse : dans tous les cas, Liam prit le risque de parler franchement.

- Je pense que vous êtes conscient, Monsieur Dole, que vous avez la capacité, les moyens de changer quelque chose : de faire la différence et marquer l'Histoire. Vos erreurs passées vous ont transformé, forgé pour que vous deveniez l'Homme qui se tient devant moi. Vous êtes un homme intelligent et je suis sûr que vous connaissez l'enjeu d'une construction plus poussée de cuirassés : à moins de les utiliser, le projet ne peut être viable économiquement. Je ne sais pas ce à quoi vous pensez, mais si une augmentation d'un tonnage peut être dissuasif, il peut aussi raviver les flammes de conflits encore trop présents dans notre Galaxie.

Liam posa un ton, et reprit sérieusement.

- Comme je l'ai dit, l'intérêt de l'Humanité m'est cher, ce n'est pas pour autant qu'il doit primer sur toutes les autres espèces. À vous entendre, vous n'avez que l'Alliance à la bouche et les modifications que vous comptez faire sur le traité n'aura pas pour conséquence le renforcement des liens avec les autres espèces, bien au contraire... Il serait bien plus raisonnable de réduire celui de la Hiérarchie et rééquilibrer avec les forces qui ont permis de repousser les Moissonneurs, plutôt que d'augmenter le nôtre. Ainsi, vous pourrez reverser le budget prévu pour des défenses aux frontières des Systèmes et dans la reconstruction tout en assurant un équilibre des forces armées au sein du Conseil... Dans tous les cas, l'Alliance sera gagnante sur tous les plans.

Véritable coup de poker, Liam tenta une approche brutale voire déstabilisante pour montrer à Thomas Dole à qui il avait affaire. L'australien continua de fixer Dole, laissant entrevoir un sourire de défi.








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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Ven 26 Déc 2014, 12:27

L'omnitech du journaliste s'éteignit visiblement. Ils étaient en « off ». D'un point de vue strictement théorique, rien de ce que pourrait dire Dole servirait dans l'interview.
La question qui venait soudainement frapper le politicien, c'était « pourquoi ? ».

Dole levait un sourcil et supprimait son sourire forcé. Il posa son coude sur le canapé, et sa main sur son menton, écoutant attentivement ce que l'australien pouvait bien avoir à raconter. Qu'est-ce qu'il allait lui dire ?

Ce ne fut pas long. Walker commença par dire ce qui, aux yeux de Dole tout du moins, semblait être de la flatterie d'ego. Puis, il commença à parler des cuirassés. Thomas ne comprenait pas trop... Est-ce que c'était des reproches ? Une demande ? Ou bien, juste un conseil ?

Il avait du mal à comprendre, le politicien. Il semblerait que son interviewer croyait vraiment ce qu'il disait. Qu'un journaliste cherche à influencer un politicien, ça n'a rien d'étonnant... Mais qu'est-ce qu'il gagnait là-dedans ? Peut-être était-ce un problème psychologique, ou bien une vérité brutale, mais Dole était incapable de faire confiance à l'altruisme des autres. Tout le monde ne pense qu'à son intérêt. Et si la société progresse, c'est bien parce que les hommes trouvent qu'ils ont des intérêts communs à s'unir et travailler ensemble. Mais au fond, tout le monde reste naturellement individualiste et intéressé. Alors, que diable Walker cherchait à faire ?

Dole tentait de le lire. Toujours avec la main sur le menton, il observait ses yeux brillants et son sourire sympathique. Il ne parvenait pas à comprendre. Et il commençait à hésiter sur sa demande qu'il voulait formuler. À moins, à moins qu'il trouve un moyen de la formuler correctement... Mais pour l'instant, il répondit au journaliste, avec une voix légèrement étranglée.

- Monsieur Walker. Comme je le disais, vous avez une opinion honorable. Malheureusement, votre rêve, bien qu'il soit si noble, n'a aucune chance de se réaliser. Je vous le dis comme ça, de vous à moi, et aussi simplement qu'il soit. Jamais le Conseil n'abaissera le tonnage des turiens. Jamais les Geths ou les Krogans ne parviendront à être sur un pied d'égalité avec les autres races. Et il y a une raison simple à cela : Le monde est atroce.
Beaucoup de gens croient que depuis la fin de la guerre des moissonneurs, là où l'union a fait la force, nous arriverons à collaborer et à nous développer. En réalité, je pense que c'est tout l'inverse.


Thomas soupire lentement, avant de faire tomber sa main sur le canapé. Est-ce que c'était un acte ? Ou bien il était réellement peiné ? Ce qui était drôle, c'est que Dole était tellement habitué à faire cela que lui-même n'était plus capable de savoir quand il était honnête et quand il faisait du théâtre.

- En 1919, alors que les empires allemands, ottomans et austro-hongrois étaient tombés, alors que plus de 10 millions de personnes avaient été tués, on tentait, dans un sursaut de tristesse, tout le monde choqué de cette guerre atroce sans aucun pareil dans l'Histoire, de fabriquer un monde dans lequel il n'y aurait plus jamais de guerres. Quand le traité de Versailles fut signé, Ferdinand Foch eut cette réflexion : « Ce n'est pas la paix. C'est un armistice de vingt ans ».
Toutes les nations plongées dans le conflit étaient en pleine reconstruction, endettées, toutes les familles ayant subies la perte d'un proche. Eh bien... Nous sommes dans la même situation aujourd'hui.
Le commandant Shepard devait détruire un ennemi invincible. Pour cela, il a décidé de briser le fragile status quo qui permettait de garantir la paix. Il nous a sauvés, mais pas de nous-mêmes.
Deux races vont signer Farixen : Les Krogans, et les Geths. L'une d'elle est une race de gigantesques bêtes, des armes sur pattes, capables de se reproduire à une telle vitesse qu'ils pourraient reprendre la galaxie par attrition. L'autre, ce sont les Geths, qui sont des synthétiques non limités par la fatigue, l'économie, la faim ou quoi que ce soit. Les Geths sont capable de construire un cuirassé lourd en 2 semaines. Nous pourrions faire un blocus sur Rannoch, et ils pourraient tout de même réunir les ressources et la coordination pour nous anéantir.
Les gens parlent trop en nombre, monsieur Walker. Je ne crois pas en cette théorie. Si l'Alliance et la Hiérarchie doivent avoir un tonnage très fort, ce n'est pas seulement parce que nous sommes les plus aptes à défendre la galaxie. C'est aussi pour maintenir l'équilibre. L'équilibre des forces et de la terreur.


Dole grinçait des dents. Il détestait dire ça. Mais étrangement, il pensait qu'être parfaitement clair et honnête avec le jeune australien était la seule chose qui pourrait le toucher... Aussi horrible que cela puisse paraître pour le politicien, les gens honnêtes existaient...

- C'est la peur qui dirige la politique, monsieur Walker. Il n'y a pas si longtemps, j'ai fait une revue de troupes inopinée et j'ai discuté avec l'amiral Kaneway, de l'Alliance. Notre marine, si elle se voyait dotée de plus de cuirassés, et pas ceux en face... Pourrait parfaitement maintenir la paix. Nous pourrions frapper avant même que les Geths ou les Krogans soient capables de devenir un danger pour la galaxie.
Ce que je dis est horrible. Et moi-même, je n'aime pas ça. Mais c'est ainsi que la galaxie est. Toutes les races vont venir sur la Citadelle dans l'optique de renforcer leur armée. Pas pour se préparer à une guerre... Mais par peur.
Alors non, je n'ai aucun pouvoir dans ces choses. Jamais je ne pourrais convaincre les turiens d'abaisser leur tonnage. Et d'ailleurs, je n'ai aucune raison de faire ça. Car, étrangement, mon intérêt, et celui de l'Alliance, et celui de la Galaxie... Sont tous unis.


Dole marqua une pause, le temps pour lui de détourner son regard de Liam, vers la fenêtre maintenant humide.

- L'Alliance ne s'est pas complètement remise de ces 12 dernières années. Nous sommes encore infectés par la corruption. Y compris dans notre propre gouvernement.

Dole sourit, très légèrement. Mais ce n'était plus l'un de ses sourires faux. Il était visiblement nerveux.

- Après que Farixen soit réglé, madame le premier ministre hésite encore sur quel dossier nous devons nous attaquer. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut se concentrer sur les colonies... Mais quoi ? L’Éducation ? La reconstruction ? Et encore, là, on ne sait pas par quoi passer... On négocie avec des entreprises ? On donne plus de libertés aux colonies, ou bien on augmente leurs dotations ?
Même moi je ne sais pas par où commencer. Nous avons tellement de choses à faire... Et aussi peu de temps... L'Alliance est endettée, nous risquons de nous ramasser aux législatives, et Terra Firma n'arrête pas de grimper dans les sondages. L'Alliance a peur. Augmenter notre tonnage en cuirassés lourds ne pourrait que renforcer notre position aux yeux de nos citoyens.


Dole s'avança dans son canapé. Il posa les 2 pieds à terre, et un coude sur les cuisses.

- J'avais... Une proposition à vous faire. Une qui pourrait peut-être vous aider, et m'aider, et indirectement, aider l'Alliance. J'ai accès aux projets de lois, aux ébauches, aux brouillons de ce qu'on va faire passer au parlement. Bien sûr, rien n'est prêt. Strictement rien. Comme je vous l'ai dit, madame le premier ministre hésite sur quel dossier attaquer. Mais l'hésitation est dangereuse.
Je pourrais vous passer un de ces dossiers, d'ici à quelques mois. Vous le filtrerez dans l'ANN. Quelque chose qui ferait de gros remous médiatiques... Et forcerait la main de notre majorité à se concentrer là-dessus.
Bien sûr, il faut rester discrets. C'est pour cela que vous ne devez pas vous attendre à avoir des projets de lois complets, et pas avant l'année prochaine. Et bien sûr, je m'attends à votre discrétion la plus complète. Mais pensez-y. On ne peut pas rester sur nos culs à attendre.


Et bien sûr, si Dole faisait cette proposition, ce n'était pas au hasard. Il allait trouver l'un de ces dossiers. Peut-être la sécurité, la lutte anti-corruption, la réforme de l’Éducation... Il allait travailler sur le dossier, pendant que tout le reste de la majorité se délite à se battre sur quoi choisir. Et quand, secrètement, il sera filtré... Il pourra se glisser et montrer qu'il connaît déjà tout par cœur.
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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 27 Déc 2014, 00:45
Trafic d'influence


Liam lâcha un rire nerveux, le genre de rire qui ne se contrôle pas, résultante d'un effort éprouvant. Oui, faire cette rencontre, discuter pendant maintenant de nombreuses minutes de sujets aussi sérieux devant une personne influente, cela pouvait vite siphonné les forces d'un Homme. Mais ce rire signifiait quelque chose de plus profond, de plus triste ; c'est à ce moment-là, bien précis, que Liam se rendit compte d'une fatalité malheureuse : la Galaxie n'avait pas changé, les mentalités encore moins, toutes les épreuves durement traversées non au final servies à rien. Et si une invasion de machines surpuissantes, causant la mort de nombreux millions de personnes ne suffisait pas, qu'est ce qu'il fallait pour que cela change ?

Liam serra le poing et ne pouvait se contrôler : en réalité, il s'agissait du premier signe physique d'énervement qu'il laissait transparaître depuis le début de cet entrevue.

- Vous vivez dans la peur Monsieur Dole, dans la peur de l'autre. Vous parliez du désastre d'antan, de la 1ere Guerre Mondiale et de la Seconde et il semble que vous n'avez pas pris compte des enseignements de ces deux conflits. Si le second a pu éclater, c'est à cause du climat ambiant, de méfiance, d'insécurité, de chômage, de désespoir, instrumentalisé par un homme éloquent et charismatique. Climat qui est né du Diktat de Versailles, reversant toutes les responsabilités, les réparations et les dommages de la 1ere Guerre aux perdants. Cette seconde guerre, c'est grâce au réarmement massif des forces allemandes qu'il a pu être perpétré, entraînant un massacre de masse, une boucherie sanguinaire atroce. Est-ce cela que vous désirez tant ? Retourner dans cette période sombre et honteuse de notre Histoire ?

Le poing était toujours fermé, tremblant, sans jamais se montrer pour autant menaçant. Les mâchoires de Liam restaient contractées, alors que les mots suivants furent prononcés.

- Dissuader est un bien joli mot pour ne pas mentionner celui de Peur. La peur a causé de nombreux malheurs, Monsieur Dole, la peur a entraîné les conflits mondiaux, la peur a empêché le Conseil de se préparer à l'évidence, la peur est notre pire ennemie et à l'inverse, vous voulez l'utiliser pour redorer l'image de l'Alliance ? Il y a tant à faire, tant à reconstruire et votre seule préoccupation est de tenir tête aux Turiens. Les tensions sont grandes au sein même de l'Alliance : corruption, manipulations, magouilles. Comment le peuple peut-il avoir confiance en un Gouvernement qui ne montre pas l'exemple ? Je trempe dans le milieu depuis de nombreuses années, et tout ce que je vois en vous regardant, ce sont les politiciens d'avant guerre : grattant du pouvoir, recherchant la moindre faille jusqu'à causer la zizanie au sein même de son parti pour arriver en preux chevalier !

Le poing se leva en direction de Dole, inquisiteur, avant qu'un doigt vienne pointer en direction du chef de cabinet.

- Quel intérêt pourrais-je retirer de ce marché ? Une promotion ? Une réputation au sein de l'A.N.N. pour avoir dévoiler un sujet croustillant ? Il y a 20 ans, vous auriez pu me faire marcher avec cette combine, mais ma conscience professionnelle m'est bien trop chère pour que je puisse tremper dans ce genre de magouilles. Et puis, soyez franc, au moins une fois depuis notre rencontre : de ce deal, seul vous en sortez vainqueur.

L'expression sur le faciès de l'australien s'était adouci, la température était tombée.

- Cependant, je ne m'abaisserais pas à vous dénoncer, à chercher à vous faire tomber. Un autre tout aussi ambitieux que vous, vous remplacera... Eh oui, vous êtes dispensable car au fond, vous êtes comme tous les autres. J'espérais voir en vous l'espoir de l'Humanité, mais au final, vous ne représentez qu'une triste vérité, la politique humaine est triste, impitoyable, égoïste. Nous ne sommes pas seuls dans la Galaxie, et l'intérêt de l'Alliance passe aussi dans celui des autres espèces conciliennes.

Doucement, Liam se leva de son fauteuil qu'il avait occupé tout le long de l'interview, Thomas restait quant à lui impassible sur son canapé, il semblait quelque peu déstabilisé mais cela relevait de l'infime.

- J'espère que vous savez ce que vous faites, car vous jouez à un jeu dangereux Monsieur Dole, l'union qui lie les espèces depuis le traumatisme Moissonneur est encore trop fragile pour pouvoir supporter une quelconque tension. Vous le constaterez pendant les négociations de Farixen, sentez l'hostilité envers les Humains, elle est tout aussi nauséabonde que celle que vous éprouvez pour les Geths ou les Krogans. Pourtant, ne méritent t-ils pas une seconde chance ? Car certes, nous avons Shepard pour nous sauver la face, mais qu'en est il de Monsieur Udina ? De l'Homme Trouble ? Vous êtes juste en train de rallumer les flammes de la discorde, rien de plus.

Réajustant son costume, Liam Walker tendit une main à son interlocuteur et bien qu'il ait dit ce qu'il avait sur le cœur, son professionnalisme et ses principes lui dictaient de se montrer un minimum respectueux.

- Mais je ne suis qu'un journaliste au fond, et au moins, je n'aurais pas eu de regrets d'avoir essayer. Bonne chance pour trouver votre future marionnette, mais attention, car désormais, je saurais d'où provient la « fuite ».

Liam lança un dernier regard de défi, tendant toujours la main vers le loup aux dents longues...








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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 27 Déc 2014, 14:25

Dole croisa les bras devant la main tendue du journaliste. Il ne savait plus vraiment quoi penser de monsieur Walker. Est-ce que c'était une révulsion envers cet imbécile naïf ? Un profond respect envers l'un des très rares idéalistes dans ce milieu ? Dole devait peut-être être comme Walker, à une époque. On ne se réveille pas un matin en voulant faire de la politique pour faire de la politique. Marquer l'Histoire, quel beau rêve. Mais le monde n'est pas bâti ainsi. L'Homme, naturellement individualiste, cherche toujours le moyen de satisfaire son propre intérêt. Les politiciens n'échappent pas à la règle. Ils sont corrompus, ils cherchent à manipuler et à magouiller. Ce n'était pas bien. Mais c'était le moins mauvais système qui existe. Comme Adam Smith le pensais, on ne fait pas tourner le monde en se basant sur la bonne volonté des autres.

- Monsieur Walker, nous voyons la même chose, mais nous n'en tirons pas les mêmes conclusions. Quand en regardant l'Histoire, vous pensez que la solution est la paix, la confiance... Je pense que c'est tout l'inverse.
La 2e guerre mondiale aurait été bien moins sanglante si seulement Versailles avait été respecté à la lettre, si seulement mon pays, la France, avait décidé de toujours rénover son armée de manière à pouvoir écraser Hitler dès qu'il commençait à devenir trop puissant. De même que Hitler lui-même n'aurait jamais pu arriver au pouvoir si seulement les politiciens, les vrais, se seraient unis et auraient magouillé pour ne pas laisser le populisme gagner. « L'Enfer est pavé de bonnes intentions »...
Il n'y a rien de plus dangereux qu'une bonne intention, monsieur Walker. J'ai vu le monde, et je peux vous garantir ceci : l'Homme est naturellement mauvais. Ce n'est même pas moi qui décide ici. Comme vous le dites, bien d'autres seraient prêts à prendre ma place. Depuis que je fais de la politique, je vois ça. Dommage pour eux, d'ailleurs... Car je suis le meilleur dans ce milieu.
Pour autant, j'aimerai corriger quelque chose. Contrairement à ce que vous semblez penser, je ne suis pas en train de risquer une guerre. Je ne suis pas un monstre en devenir. Je ne compte pas provoquer des morts et gagner de ça. Je suis véreux ? Peut-être. Mon intérêt vient avant celui des autres ? C'est sûr. Mais quand bien même je suis loin d'être la meilleure option pour tous les politiciens humains, je peux vous assurer que je suis le moins pire d'entre eux. Posez-vous sérieusement la question. Terra Firma n'a jamais eu autant d'influence qu'aujourd'hui. Ils sont populaires car ils ont un programme fort et radical, rompant avec le système de l'Alliance, celui-là même qui est corrompu et gangrené par des politiciens comme moi. Est-ce que vous préférez eux, ou nous ?


Dole se leva de son fauteuil, le visage dur, regardant le journaliste en chien de faïence.

- Je vous dis tout cela, parce qu'au fond de moi, je vous respecte. Certes, je vous trouve naïf. Mais lorsque je vous regarde, je ne vois pas quelqu'un qui cherche à passer pour ce qu'il n'est pas. Vous êtes honnête, et intègre. Deux « qualités » bien rares. Je regrette de vous avoir proposé un quelconque marché. Pas parce que j'ai comme l'impression que vous me menacez, franchement, je ne vois pas en quoi ce que j'ai dit pourrait me faire du mal... Mais parce qu'il aurait été immonde ma part de corrompre le dernier journaliste propre de son espèce.

Le politicien sourit un peu, alors que ses mains se lièrent dans son dos.

- Néanmoins, je vous rassure. Je vais aller sur la Citadelle, et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que le traité, même si certes, il ne parviendra pas à unir toutes les races... Qu'il puisse au moins apporter plus de stabilité dans la galaxie.
Quant à vous, monsieur Walker. Eh bien... Quand bien même nous avons des opinions totalement différentes, je continuerais de lire vos papiers. J'ai hâte de voir ce que vous écrierez sur le résultat des négociations.


Il retira finalement sa main de son dos pour serrer celle du journaliste. Dehors, la pluie était battante. Les quelques personnes dans les rues courraient pour se couvrir sous des porches ou dans des magasins.

- Je vais m'assurer à ce qu'on vous raccompagne.
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