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 Libération et traumatisme

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MessageSujet: Libération et traumatisme   Mar 04 Nov 2014, 22:48
Intervention MJ : NonDate :  2188 RP Tout public à RP Violent
PSIG-09 ♦ Alessa N'Mara ♦ Kori'Penyo Nar Tarek
Libération et traumatisme



4 Février 2188

La rosée du matin perlait encore sur les rares végétaux peuplant la surface désertique et rocailleuse que le Geth contemplait jusqu'alors, accroché tel un Gecko le long du tronc d’un arbre sec dépourvu de la moindre verdure. Surplombant d’une bonne trentaine de mètres toute une vallée parcourue de plusieurs nervures d’eau ruisselantes en de multiples endroits entre la rocaille, l’arbre haut perché donnait au synthétique toute l’omniprésence qu’il recherchait. Opérant un changement de son angle de vision il reporta son attention sur un autre secteur. En bas, à 160 mètres de là, plusieurs maisons rustiques construites à l’aide de divers matériaux prélevés sur et dans la flotte Quarienne, témoignaient de l’intérêt des créateurs à venir coloniser leur ancien monde d’origine, Rannoch.

Ici, au nombre de 12, elles avaient été installées de façon anarchiques, sans toutefois interrompre les différents ruissellements parcourant la vallée, et dont probablement les Quariens faisaient bon usage pour assurer une partie de leur survie la plus élémentaire. La grande majorité des habitants semblaient dehors, affairés à déplacer des caisses, à transporter des matériaux, à bricoler, ou encore à discuter vivement de choses apparemment très importantes, à voir la passion qui les animait. En somme, cette petite colonie menait son train-train quotidien comme elle devait le faire depuis bien des semaines.

Le Geth remarqua une longue antenne flexible ancrée sur le sommet ovale d’une installation qui différait des autres. En effet, 11 bâtisses sur les 12 n’étaient guère qu’un agglomérat de divers matériaux donnant un visuel quasiment identique, celui d'une petite baraque rectangulaire bosselée. Après une première estimation, le Geth jugea le chiffre de 6 plausible pour désigner le nombre de créateurs vivant à l’intérieur de chacun de ces bâtiments. Quant au douzième édifice, beaucoup plus petit, il servait sans aucun doute de moyen de communication avec l’extérieur. Deux Quariens devaient y opérer. Néanmoins ceci ne constituait pas une zone de vie à proprement parler. Aussi le synthétique supposa-t-il à 66 la population de cette minuscule colonie. Des sortes de précurseurs envoyés là pour établir les bases solides d’une future expansion bien plus ambitieuse. Ou tout simplement des aventuriers ayant décidé de mener leur vie à l’intérieur d’une petite communauté indépendante sous l’impulsion d’un ou plusieurs meneurs ayant des contacts avec le reste du peuple Quarien pour subvenir à leurs besoins vitaux.

Personne ne prenait soin de lever la tête, et tous regardaient soit devant eux, soit leurs pieds. Seul technologie avancée apparente, un Drone menait une ronde sans fin parmi le dédale créé par les habitations. Chacun semblait très occupé, débordé même. PSIG-09 quitta son point d’observation pour commencer sa descente vers les Quariens. Il avançait rapidement, profitant des interstices du paysage rocailleux pour progresser vers son objectif tout en se dérobant à la vue des créateurs. Une fois arrivé à une distance qu’il jugea raisonnable, collé dos à une paroi rocheuse, il bondit d’un trait sur l’emplacement choisit pour sa réception. Son apparition soudaine sembla ralentir le temps tout autour de lui. Les Quariens à proximité suspendirent toutes actions et restèrent figés, la tête tournée vers le Geth. Les autres, plus éloignés, vinrent s’enquérir de ce nouvel état avant d’adopter le même comportement que leurs congénères. On aurait pu entendre un pet de papillon de façon claire et précise. Les insectes alentours, jusqu’alors accoutumés à l’activité de la colonie, sentirent d’instinct que quelque chose ne tournait pas rond et se tapissèrent dans le sol.

Plusieurs dizaines de secondes s’écoulèrent, sans qu’un souffle ne se fasse entendre. La scène semblait s’être figée pour l’éternité, Œuvre éternelle d’une rencontre du troisième type. Le drone qui faisait sa ronde finit par passer à côté du Geth. Il s’y arrêta, le jaugea, bondissant frénétiquement d’un emplacement à un autre tout autour de sa cible, émit un bip strident qui se répercuta sur l'Ominitech d'un Quarien, puis continua sa ronde. Une caisse glissa alors des mains d’un des colons et vint s’écraser à ses pieds en y déversant son contenu, des rations de nourritures dextro-aminées individuelles portant un logo quelconque. Le fautif commença à faire une danse d’unijambiste sur lui-même en se massant les deux pieds à tour de rôle. Deux Quariens se portèrent vers lui et l’évacuèrent vers l’un des 11 bâtiments similaires. Ce petit incident débloqua la situation, et un créateur, le chef de cette petite communauté, sans aucun doute, s’adressa au nouveau venu :

« -Geth, il n’est guère habile ni sage de faire une entrée pareille dans notre installation. Je veux avoir les explications qui s’imposent quant à ta venue, ainsi que ton nom. »

PSIG-09 n’avait pas bougé d’un poil depuis qu’il avait pris contact avec le sol de la colonie suite à son bond. Immobile sur ses quatre membres à la manière d’un lézard, sa tête jusqu’alors fixe sur un point, les pieds d’un Quarien, il la bougea ensuite de manière à avoir une vue directe sur son interlocuteur. PSIG-09 s’était trompé. Il n’y avait pas 66 personnes. Mais seulement 28. A rajouter sûrement quelques-uns non présents actuellement car occupés à d’autres tâches hors de la colonie. Pour le moment, 14 mâles adultes, 4 mâles enfants, et 8 femelles adultes, 2 femelles enfants.

« -Créateur, je m’appelle Bodou, et en accord avec la collaboration Geth-Quarienne validée à l’issue de l’année 2187, j’espère avoir le privilège d’intégrer votre groupe dans le but de pouvoir vous apporter mon aide. Nous devrions coopérer, afin de rattraper au plus vite le temps perdu de ces trois derniers siècles inutiles. J’ai l’intime conviction que les Geths comme les Quariens ne forment qu’un seul et même peuple. De plus, permettez moi de m'excuser à propos de mon intrusion soudaine sur votre territoire. Je ne suis pas encore très à l'aise avec vos us et coutumes. Aussi je pense que mon intégration en votre sein m'aidera grandement à vous comprendre et par voie de conséquence d'adapter mon comportement au votre pour une meilleure compréhension. »

L’annonce de PSIG-09, bien qu’ayant le mérite de rassurer chacun des organiques présents, suscita une grande surprise. Non pas qu’il soit le tout premier Geth à collaborer avec les Quariens pour le bien commun, bien loin de là. Mais plutôt parce que son apparition soudaine presque inquiétante comme toute chose surprenante, puis sa déclaration d'amitié apparemment sincère, marquaient un réel contraste difficile à prendre en compte dans l'instant. Certains des Quariens se sentirent presque honteux de leur comportement, tandis que d'autres restaient sur le qui-vive. Le Chef de la colonie reprit la parole alors que déjà ses subordonnés lançaient le débat.

« -Nous devons en parler ensemble, avec mes compagnons, Bodou, je ne peux pas prendre une décision pareille seul. De plus, je ne te cache pas que le type de plateforme sur laquelle tu évolues n’a plus été vu depuis cinq années. Nous n’avons plus du tout l’habitude de voir ce type. »


C'est alors qu'une petite fille évoluant à l’intérieur d’une bulle transparente flexible et se tenant sagement aux côtés de son père rigola gentiment en entendant à nouveau le nom que s’était donné le Geth.

« -Hi hi, Bodou. Bodou. »

Elle agitait sa main doucement comme pour dire coucou, agitée de petits rires amusés. Elle ne devait pas avoir plus de cinq ans. PSIG-09 interpréta très rapidement la situation. Il lui rendit son salut en bougeant doucement l'une de ses deux mains tout en émettant de doux clignotements lumineux bleus pour ne pas incommoder la vision de l'enfant. La petite rigola davantage puis alla se cacher derrière les jambes de son père. Sa mignonne petite tête dépassa alors et elle jeta un regard espiègle vers le synthétique, puis se dissimula à nouveau. PSIG-09 reposa sa main avant de reporter son attention vers le chef de la colonie.

« -Cette plateforme convient parfaitement aux déplacements que je souhaite pouvoir effectuer. Mon peuple a gardé toutes les informations nécessaires pour recréer chacune de nos structures. J’attendrai ici que vous preniez votre décision. Je ne veux pas m’imposer, seulement édifier un nouveau futur de paix et d’épanouissement mutuellement profitables. »

Il aperçut à nouveau la petite tête dépasser. Un jeu venait de s’établir entre eux deux. Mais ce n’était pas un jeu que menait la petite, non. Ce n’était pas un jeu innocent. Elle venait de lui offrir un cadeau involontaire. PSIG-09 tirait déjà les ficelles, et la petite fille allait être son premier pantin. Et sa première victime.


Vous n'êtes pas responsable de la tête que vous avez mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites.
-Fiche personnage-RP.I-


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Jeu 06 Nov 2014, 15:44
Quelque part dans la Travée de l’Attique / Au même moment.

Alessa arpentait les ruines de la petite colonie sans vraiment savoir où elle allait. La guerre était finie, mais les cicatrices qu’elle avait laissées derrière elle mettraient des années à s’estomper, des décennies même. C’était même un miracle que la victoire eut finalement été leur. Les Moissonneurs avaient été pourtant de loin les plus avancés technologiquement et les plus puissants des deux camps. Et même en s’alliant toutes ensemble, les espèces conciliennes auraient été bien peine de faire front sans cette arme qui avait finalement provoqué la ruine de ces êtres synthétiques venus pour tous les exterminer. Alessa n’avait pas vu cette arme prodigieuse de ses propres yeux. Elle avait fait tout son possible pour se tenir éloignée des principaux fronts d’affrontement. Cependant, au cours des semaines qui avaient suivi la victoire des forces alliées, elle avait été témoin de nombreux récits et témoignages d’individus ayant assisté à la grande bataille finale qui s’était déroulée dans le système Hélios.

Alessa peinait à croire qu’elle était encore en vie. Elle avait survécu à toutes ces horreurs qui s’étaient répandues à travers la galaxie. Les zombies. Les maraudeurs. Les cannibales. Les brutes. Les furies ; ses sœurs asari endoctrinées de force et transformées en créatures méconnaissables ne laissant dans leur sillage que mort et désolation. Ayant le fol espoir de pouvoir survivre à cette guerre, Alessa avait eu à affronter quantité d’ennemis sur sa route. Seule, elle ne s’en serait jamais tirée. Sa route avait croisé celle d’autres exilés tentant de fuir la fin du monde qui approchait à grand pas, et ensemble, ils firent ce qu’ils purent pour rester en vie encore un peu. Qui sait, peut-être les Moissonneurs pouvaient-ils être vaincus. Peut-être existait-il une arme capable de leur faire courber l’échine et reconnaître qu’ils avaient perdu cette guerre. C’est ce qu’Alessa et ses nouveaux alliés n’avaient cessé de se répéter en boucle afin de se convaincre qu’il existait une autre échappatoire que la mort.

Et c’est ce qui s’était passé. Les Moissonneurs avaient été vaincus et les races conciliennes avaient de justesse échappé à l’extermination totale. Mais quand bien même la guerre était à présent terminée, tout n’était pas encore rentré dans l’ordre et les survivants auraient à présent à faire face à la période de trouble qui ne manquerait pas de laisser durant quelques années encore la galaxie dans les ombres de la nuit. Pirates. Esclavagistes. Mercenaires. Tous profiteraient un temps du désordre causé par les Moissonneurs et la galaxie connaitrait encore un temps des périodes de trouble avant de retrouver sa splendeur passée. Alessa le savait ; elle le redoutait même. Et elle avait vu juste. Ses alliés et elle, une Turienne, deux Galariens et un Humain, s’étaient retrouvés sur une petite colonie peinant à relever la tête après le passage des Moissonneurs quand une équipe de pirates avait pris les lieux d’assaut. Les mercenaires avaient cependant sous-estimé les défenses de la colonie et s’en étaient tous mordus les doigts. Mais la cruauté des pirates n’était en rien comparable à celle de la vie. Ses alliés et elle avaient survécu à la guerre et à des dizaines d’affrontements contre les forces terrestres des Moissonneurs ; et c’est une fois les horreurs de la guerre laissées derrière eux que leur petit groupe avait pratiquement été décimé lors du raid pirate. Alessa aurait été incapable de se souvenir du nom de la petite colonie. Toujours est-il qu’elle était dans le bâtiment avec ses alliés quand celui-ci fut bombardé depuis le ciel et que ses fondations cédèrent en faisant s’écrouler la construction qui avait pourtant déjà essuyé de nombreux assauts sans jamais courber l’échine. Alors que la paix et la victoire étaient célébrées un peu partout dans la galaxie, c’est en enfer qu’Alessa s’était retrouvée quand survint l’explosion.

Ses oreilles sifflaient et sa tête lui faisait un mal de chien. Elle saignait. Sa main était couverte de cette teinte mauve si caractéristique du sang asari. Et ses yeux la picotèrent quand elle tenta de les ouvrir, pour observer son environnement. Il y avait de la fumée partout et un début d’incendie illuminait les décombres d’une lumière vacillante et brûlante. Et les cris ! Alessa entendait les survivants de l’attaque crier un peu partout sous les décombres. Des cris de peur et de douleur – mêlés à ceux des suppliciés qui se savaient d’ores et déjà condamnés à mort mais qui refusaient d’affronter cette vérité. Et dans cette cacophonie, Alessa parvint également à percevoir les cris de ceux qui avaient perdu un proche, ou qui cherchaient désespérément à savoir ce qui leur était arrivé. Se remettant sur pied en titubant, la fugitive asari tenta d’évaluer la situation en balayant de nouveau les environs du regard. Il y avait des débris partout : des morceaux de bétons arrachés à la construction qui s’était effondrée sur eux, des poutres en métal et des fils électriques qui grésillaient en tentant d’électrocuter quiconque tentait de s’en approcher pour venir en aide à une personne se trouvant de l’autre côté. Et toujours cette fumée qui formait un écran opaque qui aurait tôt fait de tous les asphyxier s’ils ne trouvaient pas une issue de secours très rapidement. Mais avant, Alessa estimait de son devoir de réunir autant de survivants que possible.

Avant de finir en tas de ruines fumantes, cet endroit avait été un centre d’accueil pour les rescapés qui avaient réussi à survivre aux horreurs de la guerre. Ceux qui avaient tout perdu durant la guerre, que ce soit leur foyer ou leur famille, étaient les bienvenus ici. Ils pouvaient y trouver un refuge et quantité de nourriture en abondance. Cela n’avait pas souvent été le cas durant les terribles affrontements qui avaient précédé la victoire des races conciliennes sur les machines synthétiques qui s’étaient mises en tête de tous les exterminer. Arrivés depuis peu sur cette colonie après des mois d’errance sans fin au hasard des rencontres explosives faites ici ou là dans la galaxie, Alessa et ses alliés s’étaient enfin crus en sécurité ; ou suffisamment du moins pour enfin pouvoir dormir sur leurs deux oreilles. Et voilà que tout avait basculé du jour au lendemain. Le chaos et la ruine avaient brusquement refait surface.

— Naereen ? appela Alessa en cherchant son amie turienne du regard. Naereen ? Sisko ?

Ni la Turienne ni l’Humain ne répondirent. Alessa ne s’embêta pas à appeler les deux Galariens, ceux-là avaient pris congé des trois autres juste après la guerre. Ils avaient tenu à retourner au plus vite sur Sur’Kesh pour savoir si leurs familles avaient ou non survécu. Ni Alessa ni les autres n’avaient pu leur en tenir rigueur. Les deux Galariens étaient les seuls à avoir encore de la famille. Sisko avait assisté au massacre de la sienne avant de parvenir à prendre la fuite de justesse ; quant à Naereen, elle était une mercenaire depuis déjà de nombreuses années et n’avait jamais vraiment eu d’affinité avec les siens qu’elle n’avait pas revus depuis la fin de son adolescence. Et bien entendu, Alessa n’avait plus personne elle non plus. Elle les avait déjà tous perdus bien avant la découverte des Moissonneurs et la guerre qui avait manqué changer radicalement le visage de leur galaxie. Alessa et Sisko pouvaient donc aisément comprendre le désir des Galariens de rentrer chez eux ; Naereen pour sa part leur en avait longtemps tenu grief. Mais plus maintenant en tout cas…

Alessa sentit sa poitrine se serrer quand elle reconnut le corps sans vie de son amie turienne. Étendue au sol et fixant un regard vide vers le plafond éboulé du centre communautaire, il n’y avait plus rien à faire pour la sauver. Elle était morte depuis longtemps ; peut-être même à l’instant précis où s’était effondré le bâtiment. La partie inférieure de son corps étaient écrasée sous une montagne de gravats et une barre en métal avait jailli de sa poitrine en lui transperçant littéralement le cœur. Ses yeux gris étaient à présent voilés et une expression d’horreur marquerait à jamais les traits si sévères de son si beau visage. Les larmes montèrent aux joues d’Alessa ; mais elle refusa de céder à la tristesse. Pas ici et pas maintenant. Elle devait d’abord retrouver Sisko et aider d’autres survivants à quitter ce champ de ruines avant que la situation ne s’aggrave. Si les pirates n’en avaient pas encore fini avec eux, une autre rafale pouvait faire s’écrouler les restes du bâtiment qui tenaient encore débout.

Toussant à cause de la fumée, Alessa se détourna du corps sans vie de la Turienne en se remettant de nouveau à la recherche de son ami humain. Mais elle ne trouva aucune trace de Sisko nulle part.

— Sisko ? appela-t-elle en tâchant de couvrir de son mieux les autres cris. Sisko ? Où es-tu ?

Aucune réponse. Alessa insista et crut entendre une réponse en provenance de sous les gravats, non loin de là. Elle se précipita sur place et recommença à appeler son ami.

— Sisko ? Est-ce que tu es là-dessous ? Sisko ?

Une réponse étouffée s’éleva de sous les gravats, mais Alessa fut incapable de comprendre de quoi il retournait exactement. S’écartant des pierres et autres débris qui retenaient son ami, elle dit :

— Ne bouge pas, je vais te sortir de là.

Alessa ferma alors les yeux et prit une lente inspiration. Ce faisant, elle inspira de la fumée mais se fit violence pour rester concentrée le temps d’amasser suffisamment d’énergie noire dans ses mains. En quelques secondes, elle avait accumulé suffisamment d’énergie pour envoyer une vague biotique en direction de la montagne de gravats qu’elle enferma dans une bulle invisible sur laquelle elle concentra toute sa volonté pour la soulever lentement du sol. Centimètre par centimètre, les blocs de pierre se mirent à léviter au-dessus d’un minuscule fossé dans lequel se trouvaient deux silhouettes qui n’étaient pas humaines mais quariennes. L’une d’elle portait une armure dans les tons bleus ; l’autre était grise et noire et au premier coup d’œil, paraissait gravement blessée à la jambe. Refermant les yeux, Alessa fit de son mieux pour rester concentrée malgré la fumée qui la faisait tousser et leur cria :

— Sortez vite de là, je ne vais pas pouvoir tenir très longtemps.

Avec difficulté, les deux Quariens s’extirpèrent du fossé qui avait manqué devenir leur tombe et une fois qu’ils furent en sécurité hors du trou, Alessa laissa retomber avec un bruit sourd la pile de gravats qui avait fini par peser trop lourd pour son esprit. Le souffle court et le visage couvert de sueur et de suie, elle se plia en deux et demanda aux Quariens comment ils allaient.

— Bien. Nous vous remercions d’être venue à notre aide, dit celui en armure bleue. (L’autre ne parvint pas à parler. Sa jambe le lançait beaucoup trop.)
— Et votre ami ? demanda Alessa. Nous devons sortir de là. Vous pensez qu’il peut marcher ?
— Oui, il devrait pouvoir dans quelques secondes, répondit le Quarien bleu en déposant une couche de médigel sur la plaie ouverte de son ami.

La pâte épaisse aux propriétés curatives indéniables durcit presque aussitôt en endormant la douleur et en assurant au Quarien une étanchéité qui le protégerait de tout risque d’infection. Nul doute qu’il aurait également besoin d’une forte dose d’antibiotiques ; mais cela pourrait sûrement attendre qu’ils soient au moins sortis de cet enfer. Alessa proposa alors son aide aux deux hommes et une fois que le blessé se fut remis debout, elle balaya une dernière fois la zone du regard. Elle ne vit nulle part son ami Sisko. Était-il toujours pris au piège sous les décombres ou avait-il déjà quitté cette zone pour trouver refuge à l’extérieur ? Elle n’aurait su le dire. Si elle partait maintenant, risquait-elle de le condamner à une mort certaine ou se condamnerait-elle elle-même en restant pour tâcher de le retrouver ? Perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas le Quarien bleu l’appeler. Ce n’est que lorsque le plafond se mit à gémir en se fendant de toutes parts qu’elle remit les pieds sur terre et avisa la gravité de la situation. Réagissant au quart de tour, Alessa lâcha le Quarien blessé et invoqua une projection biotique qu’elle lâcha sur les deux miraculés qui furent repoussés loin du point de chute des morceaux de pierre. Elle-même tenta de se dégager avant de se faire écraser par les gravats mais il était déjà trop tard. Alessa eut juste le temps de voir le Quarien bleu lever la main vers elle en criant avant que les ténèbres ne se referment sur elle et qu’elle sombre dans le néant.

Rannoch. Voile de Persée / Trois semaines plus tard.

Alessa était perdue dans un brouillard qui limitait ses mouvements et l’empêchait tout simplement de former la moindre pensée cohérente. Des images défilaient dans son esprit sans avoir de lien les unes avec les autres. Un coup elle se trouvait sur Thessia, à table avec ses parents, et juste après, sur cette station pirate dans les bras d’un Humain dont le nom lui échappait. Elle sentait la douceur de ses lèvres sur sa peau et la seconde suivante, la morsure d’une balle dans son épaule droite. Puis le visage d’une Asari se matérialisa en face d’elle. Elle connaissait cette Asari. C’était Tarana, son épouse. Elle tendait les bras vers Alessa. Mais quand celle-ci referma ses bras sur les épaules de sa tendre moitié, l’horreur lui arracha un cri quand elle découvrit qu’elle enlaçait une furie ; l’une de ces monstrueuses créatures engendrées par les Moissonneurs. Elle tenta de s’en éloigner mais la créature la tenait entre ses griffes et elle poussa un cri déchirant qui mit au supplice la fugitive. La douleur fut telle qu’Alessa ne put que prendre sa tête entre ses mains en suppliant pour que cela cesse. Elle voulut crier à son tour mais pas un son ne parvint à franchir la barrière de ses lèvres. Sa bouche était grande ouverte, mais son cri ne provoqua aucun son. Le hurlement de la furie couvrait tout le reste.

Alessa se redressa en sursaut dans son lit, le front couvert de sueur et la bouche ouverte sur un cri qui ne parvint pas lui non plus à franchir la barrière de ses lèvres. Son cœur battant la chamade, la jeune femme s’attendit à découvrir devant elle le visage défiguré d’une Asari endoctrinée. Elle fut toutefois soulagée de découvrir qu’elle était seule. Aucun ennemi à l’horizon ni aucun monstre assoiffé de sang qui en avait après sa vie. Alessa s’autorisa un soupir de soulagement. C’est alors qu’elle prit conscience qu’elle ne reconnaissait pas son environnement. L’endroit ne correspondait pas aux souvenirs qu’elle avait du centre communautaire dans lequel ses amis et elle avaient trouvé refuge. Comment avait-elle atterri ici ? Que s’était-il passé et où était-elle ? Elle ne put le déterminer simplement en observant le pauvre mobilier qui occupait la pièce. On aurait pourtant dit qu’elle se trouvait dans un genre de camp de fortune. Peut-être un camp de rescapés se trouvant non loin du centre communautaire.

Désirant quitter le lit pour trouver des réponses à ses questions, Alessa le regretta presque immédiate¬ment quand une douleur fulgurante lui ouvrit le crâne en deux, avant de se répandre dans le reste de son corps. Elle lâcha un petit cri en se prenant la tête dans les mains et sentit les bandes de tissu que l’on avait pris soin de nouer autour de sa tête pour couvrir sa blessure. D’autres bandes couvraient la cuisse gauche de l’Asari et ses deux bras. Cependant, elle n’avait pas souvenir d’avoir été blessée, pas récemment du moins. Pourtant, son corps endolori lui prouvait le contraire. De nouveau ces questions sans réponse lui traversèrent l’esprit : que lui était-il arrivé ? Quel était cet endroit ? Comment s’était-elle retrouvée ici ? Qui s’était occupé de panser ses blessures ? Et pourquoi ?

C’est à ce moment-là que la porte d’entrée s’ouvrit. Alessa avait fini par comprendre qu’elle venait de reprendre connaissance dans une maison. Des tapis de couchage étaient enroulés et alignés contre le mur du fond et un réchaud trônait dans un autre coin de la maisonnée qui devait tenir lieu de cuisine. Et ici ou là, différents effets personnels étaient disposés selon ce qui semblait être une démarcation de l’espace vital restreint divisé en quatre sections. Quand la porte s’ouvrit à la volée, Alessa tourna la tête vers l’aveuglante lumière qui l’empêcha de voir précisément ce qui se trouvait de l’autre côté du battant. Cependant, quand ses yeux se furent suffisamment habitués à la brusque luminosité, Alessa découvrit une petite silhouette se tenant dans l’encadrement de la porte. Une enfant, âgée de moins d’une dizaine d’années et portant une combinaison qui ne pouvait pas laisser planer le doute quant à ses origines : une enfant quarienne. Quand la gamine se rendit compte qu’Alessa était assise dans son lit et lui rendait son regard interrogateur, elle poussa un cri d’alerte :

— Papa ! La dame est réveillée !

Tout de suite après, l’enfant se détourna et se volatilisa à l’extérieur en laissant la porte ouverte. Les secondes s’écoulèrent en silence et peu de temps après, l’enfant reparut accompagnée d’un adulte, un mâle de toute évidence, qui entra dans la maisonnée et prit soin de refermer la porte derrière lui, pour ne pas aveugler la jeune femme qui venait tout juste de reprendre ses esprits. Lui aussi était un Quarien ; et le père de la petite, à n’en pas douter. Il s’avança lentement vers Alessa en levant les bras en signe de paix. L’Asari se rendit alors compte qu’elle serrait les poings, tendue et prête à se battre si cela s’avérait nécessaire pour sa survie.

— Ne vous inquiétez pas, dit la voix du Quarien portant une armure bleue. (Alessa avait le sentiment de reconnaître cette armure. Mais d’où ? Elle aurait été incapable de le dire.) Vous êtes en sécurité ici. Personne ne cherchera à vous faire du mal. Calmez-vous. Vous n’avez rien à craindre. Je m'appelle Kanor’Penyo vas Tarek et voici ma fille, Naki'Penyo nar Tarek. Nous sommes des amis.
— Où suis-je ? se contenta de répondre Alessa sans desserrer pour autant son poing autour duquel se laissait entrevoir un subtil éclat miroitant. (La fugitive était prête à déchaîner ses pouvoirs biotiques au moindre mouvement suspect.) Comment suis-je arrivée là ? Que s’est-il passé ?
— Je promets de tout vous raconter si d’abord vous vous calmez, dit le Quarien en tirant sa fille dans son dos pour se tenir entre elle et la fugitive au cas où la situation devait mal tourner. Vous n’avez rien à craindre de nous. Vous êtes en sécurité ici. Je vous en prie, calmez-vous. (Alessa finit par se détendre et elle desserra enfin le poing. Le miroitement de l’air disparut et l’énergie accumulée dans sa main se délita dans l’air et ne fut bientôt plus qu’un mauvais souvenir.) Bien. Voici ce qui s’est passé…


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Ven 07 Nov 2014, 19:55
Assis sur le bord d’un rocher, quelques escarpements minuscules sur la surface de son siège improvisé rendait l’installation inconfortable. Mais peu importe. Kori balançait ses petites jambes au dessus du vide, ou du moins, des quelques mètres le séparant du sol et qui apparaissait comme un vide gigantesque à ses yeux. Face à lui, s’étendait un longue plaine de terre, une étendue marron teintée de vert s’évadant jusqu’au confins de son champ de vision. À sa gauche, une montagne dont le petit rocher qui lui servait de siège avait û un jour faire parti, Kori se demanda un moment si ce caillou allait pousser pour faire un montagne un jour ? Un peu comme les plantes quoi, les montagnes devaient bien venir de quelque part de toute façon, et elles ne venaient sûrement pas du ciel ! Il demanderait à son père quand il viendrait les rejoindre après sa mission. Voila déjà trois jours que le vaisseau Tarek avait atterri sur la planète mère. La grande Rannoch dont tout le monde parlait au vaisseau, celle prise par les méchants Geths et qui ont fait qu’il se soit retrouvé enfermé dans ce minuscule habitacle qu’était le Tarek, vaisseau mineur de la flotte civil.

Pendant le jour où sa mère, sa soeur et lui-même avaient posé les pieds sur la planète, leur vie avait considérablement changée, sa mère participait activement à la création de zones d’agriculture et elle était fatiguée, terriblement fatiguée, même lui, du haut de ses neuf minuscules années, s’en rendait compte. Et puis, leur père leur manquait, c’était évident, non pas que ses absences ne soient pas habituelles, tout le monde aurait aimé qu’il partage avec eux la découverte de ce nouveau monde. Kori pencha la tête sur le coté, au loin une créature étrange aux ailes gigantesques, les plumes teintées d’un rouge sombre effrayant, survolait la plaine, sûrement à la recherche de nourriture. Le ventre du petit Quarien gargouilla bruyamment, il déposa machinalement la main dessus, le tapotant en lui intimant silencieusement qu’il serait bientôt nourri, comme si son estomac était un être à part entière ! Ils mangeraient sûrement des pousses et autres baies bizarre qui poussaient sur Rannoch, avec un peu de chance, il y aurait un peu de viande ! Mais Kori s’en fichait, il aimait bien les pousses lui...Peu importait ce qu’il mangeait, du moment qu’il puisse regarder la plaine et se sentir minuscule face à la montagne. Peu importait qu’ils vivent dans un maison en mauvais état, avec juste un rideau fermé en guise de chambre, du moment qu’il pouvait sentir la pierres froides sous ses fesses et les cailloux durs lui donner des bleus lorsqu’il restait trop longtemps assis.

Il soupira bruyamment. Devant lui, l’oiseau naviguait toujours en long et en large. Le Quarien espérait que l’animal ne finisse pas par le prendre pour de la nourriture. Un vrombissement insistant se fit entendre, Kori leva les yeux au ciel. Ah ! Le ciel ! Pour ça aussi ça valait le coup de se gaver de pousses bizarroïdes ! Un vaisseau traversa la couche bleutée, laissant un long trait blanc dans son sillage. Il soupira à nouveau, se remémorant ses derniers mois au vaisseau Tarek. Les déplacement réguliers, les adultes inquiets sans qu’on sache pourquoi. Oh bien sûr, la plupart d’entre eux tentaient de cacher les faits aux enfants, mais aucun n’étaient dupe et ils parlaient souvent entre eu d’informations qu’ils parvenaient à glaner en espionnant telle ou telle conversation. Les enfants Quariens avaient bien conscience de ce qu’il s’était passé. La guerre, la mort...Sans vraiment la comprendre, ils avaient sentis, comme toutes les espèces organique l’avaient ressentis, la catastrophe qui se travaillait dans l’espace, et beaucoup de ces enfants discutaient encore en tremblant de ce jour où tous les vaisseau se retrouvèrent en joue. À deux doigts de l’extinction...

Mais aujourd’hui, tout cela était fini, les méchants Geths étaient redevenu gentils et tout le monde courait sur Rannoch ! Alors pourquoi les adultes continuaient d’avoir peur ? Pourquoi beaucoup d’entre eux continuait à se sentir menacé quand un Geth apparaissait au coin d’une maison ? Kori les trouvait sympa ces Geths en fin de compte, il y en avait même un qui les avait aidé à s’installer dans la colonie, même qu’il l’avait laissé le regarder pendant que le synthétique travaillait sur les bâtiments.

Perdu dans les méandres de ses réflexions, une brusque attaque le propulsa sur le coté, l’étalant de tout son long sur le sol alors qu’il criait sous la surprise, d’une voix si aiguë, balançant stupidement ses petits bras dans l’espoir de s’agripper à quelque chose. Une petite voix fluette cria son nom.

- Kori ! J’arrête pas de t’appeler ! Maman a dis que tu devais rentrer pour manger !

Le Quarien en question redressa son buste, se frottant la tête à l’endroit où elle avait heurtée le sol.

- T’étais pas obligée de me pousser ! Rétorqua le garçon sur le même ton. Espèce de Grogan va !

Debout face à lui, sa soeur jumelle, Naki, haute comme trois pommes, sa combinaison blanche reflétant le soleil qui se couchait peu à peu, croisa les bras sur sa poitrine et toisa son frère, pleine de dédain.

- Tu sais même pas ce que c’est, et on dit Krogan triple andouille !

Kori se releva difficilement, époussetant sa combinaison verte pour en enlever la terre. Quelle plaie celle là ! Toujours à se la jouer grande fille "On dit pas Gro-gan on dit Kro-Gan" et gna gna gna...Mais déjà, elle tournait le talons, ignorant superbement les enfantillages de son stupide frère. Kori releva la tête et se mit à courir derrière la Quarienne.

- Hey Naki, attends-moi !


***


Sélina’Penyo, dans sa combinaison jaune pâle, déplia d’un coup sec le drap bleu qu’elle entreprit de poser délicatement sur le meuble de fortune qui leur servait de table. Sur lui, elle déposa rapidement quelques couvert, de quoi boire puis amena des coussins qu’elle place au sol. Elle agissait par des gestes rapides, nerveux. Brusquement, elle tenta d’attrapper son datapad sur la commode quand elle renversa le broc disposé sur la table. Les enfants firent leur apparition lorsqu’elle nettoyait à grand coup de tissu, bougonnant devant sa maladresse.

Kori et Naki savait très bien ce qui perturbait leur mère, Kanor, leur père, devait être rentré depuis hier déjà et malgré tout, le datapad demeurait vide de nouvelles. Les enfants s’approchèrent de leur mère lorsqu’elle eut fini de réparer les dégâts, et la gratifièrent d’un câlin collectif, auquel elle répondit avec plaisir.

- Papa va bientôt rentrer ? Demanda malgré tout son fils.

Elle l’embrasa sur la tête.

- Bien sûr qu’il va rentrer, pourquoi cette question ?

Kori haussa les épaules, ne sachant que répondre, comme le reste de sa famille, il attendrait patiemment qu’il revienne, comme à chaque fois qu’ils durent attendre le retour d’une mission, n’étant jamais réellement sûrs qu’il repasserait le pas de la porte. Mais ce soir là, il le passa. Violemment, la porte de leur petit refuge s’ouvrit, claquant un aller retour contre le mur qui peinait à la retenir. A table, tous se levèrent d’un bond. Sous leurs yeux abasourdi, Naki se cachant timidement derrière les jambes de sa mère tandis que Kori restait planté face au spectacle,  trois Quariens firent leur apparition, parmi eux, ils reconnurent Taal dans sa combinaison grise, vieil ami de la famille et coéquipier de leur père. Chacun de leur coté, ils soutenaient ce qui ressemblait à un brancard, sorte de lit de camp sur lequel un être étrange, la peu violette, presque rose, semblait dormir, Kori se demanda même pourquoi ils transportaient un cadavre et, sur un accès de panique, crut que la guerre avait recommencée, que les Geths étaient de nouveaux méchant et qu’ils seraient obligés de retourner vide dans l’enfer confiné du vaisseau.

En dernier, un Quarien à l'armure aux teintes bleues fit son apparition. D’un même geste, les deux enfants sautèrent dans les bras de leur père qui les serra brievement. Il boitait de manière inquiétante.

- Je m’occuperai de vous plus tard les enfant, annonça-t-il gentiment puis, plus sérieusement, Sélina, il faut qu’on aide cette Asari, on a pu lui prodiguer quelques soins sommaires sur le vaisseau, mais le plus gros sera à faire ici.

Et comme à leur habitude, les adultes coururent. Se mélangeant les un les autre, parlant rapidement et d’une manière incompréhensible aux oreilles des enfants, utilisant des mot comme “raid“, “éboulement“, “héroïsme“. Kori tentait tant bien que mal de discerner l’inconnue à travers la multitude de jambes qui s’affalaient au chevet de l’étrangère. C’était donc ça une Asari ?

- Elle est toute rose, chuchota Kori à sa soeur. Et elle a des tentacules regarde.

- Pourquoi l’avoir amenée ici ? Demanda leur mère.

Ce fut Taal qui lui répondit le premier.

- Les centres de soin sont déjà surchargé, la colonie où elle se trouvait a subi de nombreux dégâts, si on la laissait sur place il y aurait de grandes chances qu’elle y soit resté.

Sélina leva les yeux vers son ami tout en s’accroupissant auprès de l’Asari en proie à de nombreux soubresauts.

- Vous n’aviez pas spécialement d’autorisation pour la ramener j’imagine...

La pauvre créature gémissait dans son sommeil tandis que Sélina lui enlevait quelques vêtements, dévoilant des blessures qu’un médecin entreprit immédiatement de soigner.

- Que s’est-il passé Kanor ? Demanda la Quarienne à son mari alors qu’elle maintenait l’Asari par une pression sur le torse.

- Une attaque de pirate, le bâtiment c’est effondré alors qu’on était encore dedans.

- Elle nous a sauvé la vie, ajouta Taal.

Kanor, leur père, attrapa plusieurs doses personnelles de médicale qu'il tendit à son ami dans l’espoir de soigner un maximum de contusions.

- Mais ? S’horrifia Sélina à l’attention de Taal. Tu es blessé ??

- On s’en occupera plus tard Sélina ? Répliqua son ami. Moi je tiens encore debout, quant à elle, elle se retrouve dans le coma pour nous avoir sauvé.

Il appliqua alors le medigel, la détermination brûlant son regard bien que sa jambe ne le fasse souffrir.

Kori tenta de s’approcher mais sa mère l’en empêcha, l’empoignant par les épaules pour l’intimer de rester tranquille et, sur un regard entendu avec leur ami Taal, les enfants furent envoyés dans la cabane voisine, celle de l’oncle Taal, où ils passèrent la nuit à se questionner sur cette femme étrange qui apparaissait soudainement dans leur maison. Un cri déchirant traversa les murs. La nouvelle venue semblait souffrir atrocement de ses blessures, ses petits cris de douleur les harcelant pendant une bonne partie de la nuit. Kori demeura dans ses pensées un long moment après que les bruits de douleur ne se soient estompés, le yeux naviguant dans l’obscurité épaisse aux sons d’animaux étrange qui régnait sur leur nouvelle terre. Un attaque...Un Asari blessée dans leur maison...Finalement, les méchants n’était peut être pas encore parti...Peut être que la guerre faisait juste une pause, un peu comme quand Kori lance un “Pouce !“ alors que sa soeur lui court après. Enfin, en admettant que la guerre est un pouce, ce dont Kori n’était pas sûr...Alors qu’il débattait seul sur l’anatomie de la guerre, le sommeil l’emporta loin, dans une plaine de terre ponctuée de vert, où son père et une Asari faisaient une course tandis que la guerre tentaient de leur faire une pichenette, les rayant définitivement de ce monde...


***


Le lendemain matin, Kori et sa soeur approchèrent de la maison, leur mère était parti travailler mais leur père, alors en permission restait aider dans les parages au cas où leur invité reprendrait connaissance. Ils ouvrirent lentement la porte, se poussant dans l’entrebâillement chacun souhaitant voir la créature à la peau violette.

- Pousse-toi Kori !

- Toi pousse-toi avec tes grosses fesses tu prend toute la place !

D’un coup sec, la jeune Quarienne envoya une nouvelle fois valser son frère au sol et ouvrit grand la porte. Kori s’assit, boudeur, la tête appuyée sur ses mains creusant des sillons dans la terre à coup de pied énervés. à l’intérieur du refuge, la voix de Naki résonna soudain.

- Papa ! La dame est réveillée !

Kori glissa un oeil dans l’interstice, l’Asari se tenait droite sur le lit, les poings serrés, de fines étincelle en jaillissaient. Kanor entra en trombe à l’appel de sa fille.

- Où suis-je, demanda froidement l’Asari. Que ‘est-il passé ?

Le jeune Quarien ne détachait ses yeux de l’être assise sur la couchette, un étrangère pleine de mystère, pleine d’aventure, pleine d’histoires dangereuses à raconter...Des étoiles brillaient dans les yeux du Quarien, et c’est distrait par cette femme qu’il écouta son père raconter leur histoire commune.



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Dernière édition par Kori'Penyo Nar Tarek le Dim 09 Nov 2014, 13:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Dim 09 Nov 2014, 18:36
25 février 2188, aux environs de 11 heures

Le canyon dans lequel ils évoluaient depuis peu jetait sur eux une ombre des plus rafraîchissantes en cette fin de matinée particulièrement aride. Les rayons du soleil diffusant auparavant une chaleur étouffante qui transperçaient une à une leurs diverses protections thermiques, les Quariens reçurent comme une bénédiction la découverte de cette gorge salvatrice. Leur combinaison, malmenée par des heures de marche sous l’écrasante chaleur, présentait de nombreux signes de faiblesse quant à sa capacité à assurer la fonction d’inviolabilité du porteur. D’ailleurs, plusieurs Quariens avaient échangé sur le propos, et à n’en pas douter un débat naissant à propos des conditions extrêmes de leur planète et du microclimat qui sévissait dans certaines régions s’apprêtait à nourrir une analyse poussée dès leur retour.

Le Geth présent dans cette expédition fit le tour de chacun d’eux afin de vérifier, d’une part, l’état des combinaisons, et d’autre part l’état de leur organisme. Le synthétique constituait de fait la sonnette d’alarme susceptible d’éviter des malheurs évitables s’ils avaient été détectés plus tôt. Preuve de son utilité, lors d’une précédente expédition, il avait détecté une fuite du liquide de refroidissement dans la combinaison d’un Quarien, lui permettant de se faire rapidement prendre en charge par ses collègues qui le prirent en charge médicalement parlant tandis que PSI-09, d’une flexibilité et d’une précision hors-norme, réparait les connections rompus invisibles à l’œil nu. Puis il évacua rapidement le Quarien en question afin d’être pris en charge par le bâtiment médical de la colonie qui contenait des moyens de lutte contre les agressions bactériologiques et virologiques un peu plus avancée que ce que l’expédition pouvait emporter.

Levés depuis l’aube, le groupe avait rapidement entreprit sa progression vers le secteur dont il avait la charge depuis plusieurs jours ; porteurs d’une mission d’exploration nécessaire au recensement géologique, seul à même de proposer un aperçu détaillé des contrées alentours. Il est vrai qu’une géographie de ce type de facilitait en rien leur progression, et c’est bien pour cela que la participation de PSIG-09 avait été demandée. Ce dernier, ayant déjà deux expéditions derrière lui, couronnées de succès et révélatrice de son utilité primordiale, avait répondu à la requête en prenant soin d’exprimer sa profonde gratitude et son enthousiasme, de sorte que la réticence des quelques rares Quariens de la colonie encore réticents à l’idée de sa présence parmi eux s’effrite davantage. A l’heure d’aujourd’hui, personne ne pouvait émettre le moindre jugement négatif à l’encontre du synthétique sans se prendre une bordée d’exclamations indignées. En somme, son intégration ne portait plus sujet à la moindre petite polémique.

De nombreux volatiles et rongeurs bénéficiaient de l’ombre et du courant d’air frais ascendant, provoquant ce doux bruit apaisant du vent qui s’engouffrait sans peine dans les nombreuses fissures de ce havre de repos. Un véritable corridor d’air frais qui contrastait de façon inespérée avec l’air sec et mordant dispensé par la chaleur aux environs de la gorge. De fines lames d’eau cristalline s’égouttaient des parois rocheuses, conséquence des courants aériens froids qui faisaient circuler l’air chargé de vapeur d’eau dans tout le défilé. Non loin, on percevait l’écoulement de différents flots alimentant les nappes phréatiques souterraines encore pures de toutes pollutions artificielles, et poursuivant leur travail d’érosion dans la roche stérile de toute végétation, à l’exception de quelques espaces de verdure constitués principalement de mousse, d’herbe et de buissons ramassés sur eux-mêmes. En vérité, pénétrer dans ce canyon, s’était comme entrer dans une Oasis après des kilomètres de marche dans un environnement morne et déprimant, composé de rocailles, d’arbres secs, de plantes grisâtres pas plus hautes que trois pommes et très éparpillées, et d’un passage furtif d’insectes, d’un oiseau ou d’un animal rampant. A vous vider le cerveau et à annihiler tout sentiments positifs ou passion qui vous animaient jusque-là.

Ne restait plus qu’à s’allonger par terre, étendre ses bras et ses jambes, fermer les yeux, puis profiter pleinement du bien-être sensoriel ambiant. Quels doux moments à passer. Ils s’étaient tous arrêtés là pour casser la croûte, assis en tailleur, adossé à une paroi ou encore l’arrière-train vissé sur une excroissance rocheuse un minimum aplatit, s’élevant à quelques dizaines de centimètres du sol. Seul l’un d’eux avait décidé de ne point s’octroyer pareil moment de détente. Et pour cause. En effet, au contraire des huit autres membres du groupe, il n’était pas organique. PSIG-09 avait donc proposé, entre autre, comme il le faisait à chaque expédition auxquelles il participait, de prendre en charge la distribution de nourriture à toute l’équipe puis de faire en sorte de recueillir les déchets. Moins terre à terre, le Geth était également le confident, celui avec lequel on racontait ses petits malheurs de la vie quotidienne pour soulager sa conscience, trouver une solution ou tout simplement partager des pensées que l’on craindrait de faire connaître à ses propres congénères.

Justement, après être passé vers chacun de ses coéquipiers, un sac à dos fait de cuir et de grosse ficelle étroitement sanglé sur son dos, le synthétique se dirigea vers l’un des Quariens avec qui il échangeait et compatissait depuis peu. Les deux personnages s’éloignèrent tranquillement du reste du groupe, les membres de ce dernier commençant à avaler leur repas semi-liquide, contenu dans une conserve ou une pochette stérilisée, à l’aide d’une paille intégrée dans leur masque. Le Geth, comme à son habitude lorsqu’il y avait une hauteur à proximité sur laquelle s’agripper, sauta d’un bond élégant sans aucun effort, d’une façon tout-à-fait « naturelle », sur l’un des versants bordant le canyon afin d’être à distance d’écoute de son nouvel ami. Situé à sa hauteur, le Quarien s’était auparavant hissé et lové confortablement dans un renfoncement de ce même versant. Il entama la discussion dès que le Geth fut en place et qu’il tourna son photorécepteur dans sa direction.

« -Tu sais Bodou, je n’arrive vraiment pas à me décider. Chaque fois que je fais un pas en avant pour lui adresser la parole, la seconde suivante je détale comme un lapin, le front perlant de grosses gouttes de sueur et l’adrénaline me parcourant tout le corps, à m’en faire trembler. »

Par cette confidence, le Geth pouvait apprécier tout le travail de mise en confiance, et son efficacité, qu’il avait produit. Trois semaines plus tôt, il s’était immiscé dans le quotidien de la petite colonie, se soumettant sans broncher aux tâches peu importantes et passionnantes qu’on lui confiait. Lorsque PSIG-09 avait débarqué, il avait réussi tout de suite à établir un lien fort avec une petite Quarienne de cinq ans, surnommée Nini, la benjamine du groupe. Le Chef des pionnniers avait convoqué les membres présents et avaient disserté à voix basse, à quelques pas du Geth. Mais dans leur grande naïveté ils avaient oublié que le Geth n’était pas organique comme eux, et qu’il disposait d’un très grand nombre d’améliorations technologiques.

Aussi, c’est sans une once d’effort qu’il put suivre la conversation, tandis qu’il restait bien sagement là où il avait atterri précédemment afin de ne pas nourrir plus avant la surprise et le doute qu’il avait soulevés par son apparition soudaine. Les Quariens n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde. Certains argumentaient qu’admettre un Geth dans leurs rangs serait faire preuve d’une grande irresponsabilité et jetterait l’ombre de l’incertitude sur la petite colonie. Ils appuyaient leur propos par le fait que le Geth sortait de nulle part et avait peut-être ourdi quelques plans diaboliques à leur sujet durant sa phase d’observation. Tandis que d’autres se scandalisaient des propos de leurs opposants dans ce débat, s’offusquant qu’on puisse juger si durement de facto un inconnu sans l’avoir eu à ses côtés au moins le minimum de temps nécessaire pour arrêter un jugement.

A grands coups de renforts gestuels, ils argumentaient que leur création ne symbolisait plus la grande monstruosité d’antan, et que même en considérant l’état de guerre précédent, les Geths n’avaient en fait constitués que les victimes de l’orgueil et de la bêtise Quarienne. A y regarder de plus près, lançaient-ils, les synthétiques étaient des grands incompris, au départ pacifistes mais contraint à prendre les armes pour se défendre contre la stupidité et l’aveuglement maladifs des races organiques. Après moult tergiversations, le débat déclencha une véritable passion entre les deux camps, si bien qu’ils en oublièrent de chuchoter et parlèrent à haute voix, voir par exclamations. Le Chef tenta sans succès de les calmer, perdant totalement le contrôle du débat, et c’est finalement PSIG-09 qui mit fin à cette mascarade, abattant du même coup son joker.

« -Je suis particulièrement navré d’avoir provoqué un sujet de débat aussi houleux parmi vous honorables créateurs. Il n’est pas dans mes souhaits de semer la discorde au milieu de ce renouveau que vous essayez d’édifier. Mon seul désir consiste à apporter mon aide sincère afin de renouer avec vous, car je croie intimement que Geths et Quariens ne devraient former qu’un seul et même peuple, intimement lié par l’Histoire, notre apparence originelle, et la Culture qui nous ont tous indubitablement liés. Ce serait un véritable regret que j’aurai d’être rejeté ainsi, mais j’ose espérer trouver Colonie plus avenante au risque de sombrer dans un profond désespoir résultant de la perte de mes illusions. J’aimerai tant qu’elles ne demeurent pas utopiques, moi qui avais trouvé un but à ma vie en me portant à votre rencontre. »


Par ce monologue, PSIG-09 sut qu’il avait remporté la première manche. Quelques-uns des réticents baissèrent la tête, légèrement penauds, tandis que ceux qui l’avaient défendu renchérissaient davantage, en arguant dans une cacophonie à la limite du compréhensible. Le Chef semblait débordé, quelque peu déstabilisé par un événement dont il n’avait même pas imaginé la possibilité. Il sentait soudain tout le poids de l’immense responsabilité qui pesait sur ses épaules. Soit il refusait l’offre du Geth, et donc prenait le risque d’offenser, voire de ruiner les efforts des deux races, autrefois ennemies, à s’entendre de manière amicale ; soit il acceptait le synthétique en leur sein et prenait le risque de mettre sa colonie en danger. Car les attentes et les ambitions des Geths, il fallait bien l’avouer, restaient encore assez floues, même si nombre d’entre eux avaient déjà scellés des partenariats très profitables et intimistes avec leurs créateurs. Et puis soudain une révélation se fit à lui. Pourquoi le Geth prendrait-il la peine de venir à eux, palabrer de façon tout à fait polie et respectueuse, de leur proposer une aide visiblement sincère, s’il leur voulait un mal quelconque ? Non, ce n’était en rien logique. Il aurait rameuté des collègues pour venir raser la colonie, et puis c’est tout. De plus, cette plateforme n’était en rien taillée pour le combat. Elle semblait si frêle, si fragile. Le Chef prit donc sa décision.

« -Bien, tout le monde n’est pas là Bodou, je ne peux donc lancer de vote. »

« -Au diable le vote, nous n’avons plus le temps à ça, comment pourrions-nous refuser l’aide d’un Geth ?! Après tout ce que nous leur avons fait subir, ce serait le comble d’oser encore douter d’eux ! , s’exclama un individu, outré par le comportement de son Chef. »

« -Barxo, je te prie de garder ton sang-froid. Inutile de se donner en spectacle. Bien, avant que mon collègue ne m’interrompe, je tenais à préciser plusieurs points Bodou. Si je t’accepte dans notre colonie pour nous aider dans cette phase sensible de développement, tu seras cantonné à des tâches tout d’abord peu honorables. Transport de matériel, entretien hygiénique des différents bâtiments, et garde active couplée avec notre planton de nuit. Si, au fil du temps, mes camarades s’acclimatent à ta présence et t’acceptent de bon cœur en leur sein, alors je te ferai membre à part entière de notre petit groupe, et tu pourras faire plus, notamment partir en expédition avec les volontaires, et participer de manière active aux différents relevés. »

Barxo poussa un soupir sonore avant de jeter un « Et met lui un collier de chien pendant que tu y es. Non mais franchement… » Le Chef ne releva pas, mais on sentait bien qu’à l’intérieur il bouillait d’impatience d’écraser son poing dans la face de ce petit merdeux bouffi d’idéalisme et à peine sorti de son adolescence, sans aucun respect pour ses aînés.

« -Créateur Barxo, nous vous remercions de votre confiance, mais au risque de paraître impoli, s’il-vous-plaît, évitons de nourrir une colère qui n’a pas lieu d’être. Je me plierai aux exigences demandées présentement. »

PSIG-09 venait ainsi d’être admis dans la colonie. Et comme prévu il commença par des tâches très secondaires. Néanmoins, fort de l’interaction sociale qu’il sut mettre en place, il se fit très rapidement adopter par toute la colonie. La petite Nini en particulier, en avait fait son meilleur ami, et il jouait souvent avec elle. Ses parents étaient comblés. Non seulement ils pouvaient davantage s’occuper des tâches qui leur avaient été dédiées, mais en plus constataient-ils, c’était flagrant, que leur petite fille était au comble du bonheur et ne s’ennuyait plus que très rarement. Jamais elle n’avait autant ri, jamais elle n’avait été aussi heureuse. La petite, toute fière, se promenait avec son ami Geth en le montrant aux autres enfants, comme s’il s’agissait d’une précieuse possession personnelle qui la rendait extrêmement fière. PSIG-09 ne délaissait pas les autres enfants non plus, cela aurait été une faute grave dans son ambition d’assimilation. Il savait bien à quel point se faire adorer par les petits influencerait grandement le jugement des plus grands. Mais il prenait gare à ne pas rendre jalouse la petite Nini, et faisait ainsi en sorte de lui donner le sentiment de la privilégier.

PSIG-09 était un véritable hyperactif. La zone d’installation de la colonie n’avait jamais était aussi propre, les enfants n’avait jamais autant gambadé en sécurité avec autant de gaieté, les parents n’avaient jamais pu goûter à la joie de se reposer un minimum, et le Geth proposait constamment son aide pour soulager quiconque en avait besoin. Il échangeait également énormément sur des questions philosophiques que les créateurs lui posaient, sur sa race, sur les trois derniers siècles ainsi qu’à propos de la dernière bataille que PSIG-09, habilement, énonçait comme fratricide. Il améliora même le système de communication dans le bâtiment à demi-ovale, permettant aux Quariens de recevoir de façon claire, nette et précise, débarrassés des parasites, les communications de leurs congénères, évoluant sur la majorité de la planète, directement sur leur Omnitech.

C’est donc ainsi qu’il évolua dans la petite communauté. Dès le début de la seconde semaine on lui proposait de participer avec eux à sa première expédition, ce qu’il accepta bien entendu. Ce fait constituait une nouvelle étape dans l’intégration de PSIG-09, puisqu’un petit groupe réduit acceptait avec plaisir d’être accompagné par lui lors de la phase de découverte du terrain environnant. C’est lors de ces expéditions que le Geth, à la faveur du nombre réduit des membres du groupe, put se rapprocher énormément de certains Quariens qu’il jugeait psychologiquement fragiles et compatir à leurs petits problèmes. Peine de cœur, orphelin, veuf ou veuve, fatigué à l’extrême, etc, etc. De fil en aiguille le Geth était en mesure de sortir un dossier résumant, en gros, la vie de chacun et son caractère. Informations essentielles lorsque l’on veut manipuler quelqu’un. Et à présent, baignant dans la communauté comme un véritable pilier de celle-ci, il pouvait se targuer de pouvoir manœuvrer les plus idéalistes et naïfs sans aucune difficulté ni danger. Or, le Quarien avec lequel il parlait actuellement était de ceux-là.

« -Créateur Narty, votre passion aveugle votre sagesse. Et votre timidité anesthésie vos cordes vocales. J’ai eu l’occasion, comme vous me l’aviez demandé, de parler avec votre dulcinée, et il semblerait qu’elle-même soit particulièrement gênée sur le sujet. »

« -A-t-elle au moins le moindre sentiment à mon égard, Bodou ? Sois franc avec moi s’il te plaît, j’ai besoin de le savoir, s’inquiéta le jeune homme. »

« -Soyez rassuré dans la seconde créateur Narty, elle m’a avoué à mots couverts être amoureuse de vous depuis que vous vous êtes rencontrés, étant plus petits, à bord du vaisseau sur lequel vous viviez. Egalement, elle m’a demandé de vous donner ceci. »

PSIG-09 sortit d’une des poches latérales de son sac à dos une petite figurine grossière fait de bouts de métaux collés entre eux, dont certains manquaient visiblement, représentant vaguement une forme humanoïde, pas plus grande qu’un index et pas plus large qu’un petit caillou. Le Quarien, comme brutalement électrifié, sauta de la cavité dans laquelle il s’était réfugié et s’empara de la figurine de ses mains tremblantes sous le coup de l’émotion et de la nostalgie. PSIG-09 lui laissa le temps de reprendre ses esprits avant de poursuivre.

« -Elle m’a demandé de vous remettre ceci, en signe de son attachement pour vous et surtout afin de justifier le grand plaisir qu’elle a eu de le garder près d’elle toutes ces années. En quelque sorte elle vous envoie un appel auquel il ne vous reste qu’à répondre. J’ai également un message de sa part : Merci, je ne pleure plus maintenant. »

Un long moment de silence s’écoula durant lequel Narty était submergé d’émotion, à la limite de laisser couler des larmes de joie. Cette petite figurine pourtant si brouillonne lui faisait se remémorer des souvenirs nostalgiques Ô combien agréables. Ce premier contact avec son amoureuse, il y a 12 années de cela, alors âgée de 6 ans, deux ans de moins que lui. Ce moment-là. Oui, il l’avait vu dans l’unique aire de jeux placée sous une bulle protectrice, stérilisée, édifiée pour permettre à tous les enfants de la flotte d’interagir ensemble et de tromper l’ennui. A ce moment-là elle se situait à l’écart des autres, qui se lançaient des charades et se taquinaient gentiment, toute triste. Il s’était rapproché d’elle pour lui demander ce qu’il n’allait pas.

Elle avait alors relevé la tête, des larmes inondant ses joues rondelettes. Puis sa petite voix fluette lui était parvenue à ses oreilles, accompagnée de l’horreur de sa révélation. Son papa avait été tué sur Oméga alors qu’il menait des affaires pour rapporter des pièces de remplacement pour leur vaisseau. Cela remontait à plusieurs mois, mais sans crier gare, le chagrin l’emportait de manière aléatoire, et elle se laissait aller à sa peine, incapable de réfréner son mélancolie. Le petit Narty s’était alors assis à côté d’elle et tous les deux avaient ensuite entamé une discussion sur les méchants comme seuls les petits savent le faire. Puis, le lendemain, il lui avait offert cette petite figurine qu’il avait mise toute la nuit à faire, sous les yeux attentifs, fiers et aimants de ses parents. S’approchant d’elle sans aucune timidité et, mû par un profond besoin de lui offrir du réconfort, il le lui avait mis dans les mains. « Tiens, c’est moi que je l’ai fait pour toi. C’est ton papa. » La petite avait écarquillé les yeux, les larmes à deux doigts de couler. « Mon papa ? » avait-elle demandé la gorge nouée. « Oui c’est pour que toujours y soit avec toi parce que il était gentil et que c’est ton papa. » dit-il d’un trait. Depuis ce jour ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, grandissant ensemble et s’épaulant mutuellement lorsque les petits tracas de la vie venaient assombrir leur quotidien. Mais malgré les années passantes, jamais cela ne se transforma en amourette. Jusqu’à maintenant tout du moins.

Narty restait figé devant la figurine, véritable idole entre ses mains. Il ne trouvait pas les mots pour exprimer sa joie, dire à quel point il était reconnaissant envers son ami synthétique grâce à qui son monde prenait une toute nouvelle saveur. Elle l’aimait aussi ! Aucune autre bonne nouvelle n’aurait pu susciter une joie aussi intense. En vérité, en cet instant précis, se sentait-il dans un état d’euphorie comme il n’en avait jamais connu. Le monde entier pouvait bien brûler, il ne s’en serait même pas aperçu, perché sur son petit nuage comme il était. Revenant petit à petit sur terre, il entendit PSIG-09 lui parler, le faisant soudain revenir les pieds sur terre.

« -Je pourrai arranger une rencontre pour vous créateur Narty. Si cela vous convient. Vous n’aurez qu’à vous diriger vers le lieu de rencontre, et je m’occuperai de déverrouiller la situation si d’aventure l’émotion vous étreignait la gorge à tous les deux. »

« -Je… Je ne suis pas sûr de pouvoir... »

« -Il faudra bien qu’un jour vous le fassiez créateur Narty. Ou bien vous vous en mordrez les doigts pour le restant de vos jours. Et vous lui provoquerez énormément de peine. »

Sur ce PSIG-09 laissa son interlocuteur gamberger sur son état et se porta au-devant des autres Quariens afin d’examiner le statut de leur combinaison respective, comme il avait coutume de le faire afin de prévenir tout incident malheureux.



25 février 2188, aux environs de 23 heures

Le petit groupe rentrait, harassé par la trentaine de kilomètres qu’ils avaient parcourus depuis cinq heures du matin sous une chaleur des plus accablantes. Malgré tout la mission avait été un succès, et ils revenaient, fiers de leurs découvertes, avec des données géographiques et géologiques pleins les Omnitechs. Deux Quariens, de garde dehors, les accueillirent en leur proposant des rafraîchissements. Une fois leur gosier humidifié, les huit membres de l’équipe ainsi que PSIG-09 chargèrent leurs découvertes dans une borne accolée au bâtiment des communications. Ils débrieferaient les données le lendemain avec le Chef de la colonie, puis enverraient le tout, réorganisé proprement par dossiers et sous-dossiers, au service de recolonisation. En somme, la journée qui allait bientôt débuter allait être monopolisée par ce décorticage en règle et la mise au point d’un compte-rendu détaillé le plus complet possible.

Lorsque le dernier membre du groupe, le Geth, eut finit de télécharger sa contribution, tous les neuf se serrèrent amicalement la main en se souhaitant bonne nuit et bon repos, sauf à PSIG-09 auquel on souhaita bon courage pour la ronde qu’il allait bientôt mener, binômé avec un Quarien qui se préparait déjà à relever ses deux camarades. Ainsi le Geth prit congé de son petit groupe, non sans lâcher un « nous verrons cela demain » encourageant à l’adresse de Narty, puis se porta à la rencontre des deux gardes qui attendaient avec impatience que l’heure de la relève sonne et leur laisse ainsi l’occasion de sombrer dans les bras de Morphée.

« -Alors Bodou, sympa cette petite virée ?, questionna l’un des garde histoire de faire la conversation. »


« -Sans aucun doute créateur Tirky. Notre groupe a fait un travail de première importance, à même d’apporter à la colonie les bases nécessaires à sa future expansion. »

Le Quarien hocha la tête pour signifier son accord avec les propos du Geth, puis laissa à nouveau le silence s’installer entre eux trois. Soudain, comme s’il venait de se rendre compte de quelque chose, il reprit la parole sur un ton jovial.

« -Au fait, tu es au courant ? On a reçu une Asari aujourd’hui. Elle est blessée apparemment, et ce serait le père de la dernière famille qui est arrivé il y a trois jours qui l’aurait sauvé, du peu que j’en ai compris. »


« -Punaise mon vieux, comment veux-tu qu’il soit au courant, il n’a pas été là de la journée. Franchement, tu es un peu couillon sur les bords des fois Tirky, s’amusa son binôme en lui donnant une petite tape sur l’épaule comme pour dire « brave bête va ».


« -Ey, c’est bon, toi, je disais ça juste comme ça, je sais bien qu’il ne pouvait pas savoir. Une expression quoi. ‘Tin, toujours à essayer de me bâcher, tu me gonfles mince. Et de toute manière je ne suis pas un couillon. Arrêtes de me traiter comme ça devant tout le monde à chaque fois que tu juges que j’ai dit une connerie, tu m’ennuies à la fin. »

« -Ooh, allez Titi, je plaisantais, tu le sais bien, je t’aime bien. Juste pour te chambrer gentiment, c’est tout. »

« -Je vois pas ce qu’il y a de drôle que de se faire traiter de couillon. »

PSIG-09, s’il avait été organique, aurait poussé à ce moment-là un immense soupir d’ennui. Comme ces organiques étaient stupides, tellement, tellement. Il s’avisa qu’il valait mieux laisser là ces deux imbéciles et se porter à la rencontre de la nouvelle arrivante afin d’en savoir davantage. En effet, le fait qu’un étranger, à savoir autre qu’un membre de la race des créateurs, débarque en plein dans la petite colonie sans aucune raison valable, puisque le Geth n’avait rien entendu qui puisse abonder dans ce sens, l’intriguait singulièrement. Il lui restait trois bons quarts d’heure avant de prendre son tour de garde, aussi en profita-t-il pour se porter au-devant du « problème ». De toute manière, il y avait bien peu de chance que ces deux abrutis en sachent davantage au sujet de la nouvelle venue. Aussi salua-t-il très poliment les deux gardes et se mit à la recherche de l’unique drone de la petite colonie, celui-là même qui, inlassablement, mis à part quelques courtes cessions de pause nécessaire à son entretien, patrouillait dans le dédale des habitations.

Il le retrouva sans peine, puis se mit à sa poursuite. Très rapidement à ses côtés, il envoya des ondes radios au plus proche de lui, sans toutefois arrêter la course de l’engin holographique, afin d’empêcher tout résidu suspect et téléchargea les données vidéos de la journée. Cela ne lui prit que le temps d’un battement de cils. De même, pendant ce temps-là, opérait-il un brouillage des capteurs visuels du drone afin qu’il ne l’enregistre pas pendant cette action et lui transmettait les images qu’il était censé réceptionner. Une simple formalité en vérité pour un Geth, sur un système aussi primitif. Dans la foulée il identifiait la séquence recherchée, une vidéo de quelques secondes du passage furtif de l’Asari qui disparut dans l’un des bâtiments d’habitation, celui-là même que la dernière famille à être arrivée jusqu’à maintenant, 3 jours auparavant, avait occupé, constituée alors d’une femelle adulte, d’une femelle enfant et d’un mâle enfant. PSIG-09 n’avait jusqu’alors pas eu l’occasion de nouer des contacts dignes de ce nom avec eux, tout juste avait-il aidé la femelle adulte hier, l’espace de quelques heures, alors qu’elle montrait des signes évidents de fatigue dans son travail malgré sa récente arrivée. Le Geth avait alors discrètement fait un scan complet de l’état organique de la femelle, pensant qu’elle était enceinte, mais les scans lui permirent très vite de comprendre qu’il n’en était rien.

PSIG-09 se dirigea alors vers le bâtiment cible. Il grimpa silencieusement sans aucune difficulté, comme à son habitude, sur l’un des murs externes de la bâtisse. Tel un serpent il se glissa dans l’interstice situé entre le toit plat légèrement surélevé et le plafond. Rampant dans cet espace étroit, il atteignit bientôt, au beau milieu du plafond, un rectangle donnant accès à l’intérieur de l’édifice, découpé là afin de servir à l’évacuation et à la circulation de l’air qu'un ensemble de quelques petits losanges percés dans les murs extérieurs, mais trop petits pour permettre au Geth de les passer, venaient compléter. A le voir évoluer ainsi, le Geth était à l'image même d'une couleuvre sournoise s’introduisant dans la tanière de sa petite proie inconsciente pour la prendre à la gorge puis l’avaler toute crue sans autre forme de procès. A l’intérieur, les deux enfants, le père et la mère roupillaient dans leur sac de couchage tels des loirs. L’unique lit de la pièce, visiblement assez large pour accueillir deux personnes était justement occupé par le sujet qui préoccupait tant le Geth. Se plaçant juste au-dessus de l’être asexué, PSIG-09 s’élança sans un bruit sur le mur bordant la longueur du lit. Il se plaça de façon verticale afin d’avoir une meilleure approche vers le visage de l’asari. Son photorécepteur se rapprocha d’elle, à quelques centimètres de son nez, l’éclat bleuté largement atténué afin de ne pas provoquer une gêne visuelle de l’Asari susceptible de la réveiller.

L’organique semblait gémir dans son sommeil, tandis que le synthétique passait un scan actif afin de dresser un plan complet de l’anatomie de la dormeuse. C’est ainsi qu’il s’aperçut à quel point elle avait été très récemment affaiblit, et que son état actuel ne présentait guère l’aspect d’une Asari en bonne santé, s’il se référait à ses fichiers préenregistrés. Fidèle à sa race, le Geth ne mit que très peu de temps pour récolter des données très détaillées, mettre à jour ses programmes, puis se reporter sur une autre tâche. Il entreprit de sortir de la maison pour aller poursuivre subtilement la corruption des données du drone au sujet duquel il avait un certain projet. C’est alors qu’un choc venu de nulle part provoqua un court-circuit des fonctions de PSIG-09, le faisant lâcher prise. Aussi tomba-t-il de tout son poids, poids guère élevé, une plateforme Hopper étant plutôt légère, tel un pantin désarticulé en plein dans le lit de l’Asari.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Jeu 13 Nov 2014, 19:13
Trois semaines plus tard / 18 mars 2188

Alessa se trouvait actuellement au centre médical. Il s’agissait d’une petite bâtisse située au cœur de la petite colonie quarienne. L’endroit ne payait pas de mine, comme pour ainsi dire tout le reste de la colonie, mais au moins il disposait d’un équipement un tant soit peu en bon état de fonctionnement. C’était toujours ça de pris. Au moins Alessa pouvait-elle ainsi se rendre utile en soignant les blessures que les travailleurs de la colonie se faisaient de temps à autre durant leurs tâches quotidiennes. Une doctoresse quarienne œuvrait déjà dans ce petit centre médical, mais elle avait accepté de bon cœur de laisser Alessa lui offrir son aide en guise de remerciement envers la communauté quarienne. Aussi est-ce là que la jeune femme passait le plus clair de son temps.

La famille qui avait recueilli Alessa après son accident ne comprenait pas le désir de la jeune femme de vouloir à tout prix « rembourser sa dette ». Ils estimaient en effet que lui sauver la vie était la chose la plus naturelle qui avait été à faire étant donné qu’elle-même avait sauvé la vie de deux d’entre eux, en mettant justement sa propre vie en péril pour ce faire. Ils étaient donc à présent quittes et Alessa n’avait à rembourser aucune dette. Toutefois, la jeune femme avait vu suffisamment d’horreur durant la guerre pour estimer devoir mine de rien rembourser cette dette qui n’avait pas lieu d’être aux dires des Quariens. Un peu de bonté et de générosité ne feraient sûrement pas de mal à cette galaxie encore endeuillée part la mort des milliards d’individus innocents fauchés les Moissonneurs. Ses connaissances médicales furent donc mises au service de la cause quarienne.

Il existait en effet un programme getho-quarien encore à l’état d’embryon visant à trouver un moyen d’améliorer le système immunitaire des Quariens afin de les soulager de ces combinaisons qui étaient aujourd’hui encore un triste et douloureux rappel des événements survenus sur cette planète voilà maintenant trois-cents ans de cela. Alessa avait suivi des études d’immunologie durant son cursus sur Thessia ; mais c’est surtout en traumatologie qu’elle avait brillé et obtenu les meilleurs résultats. Aussi avait-elle pris en charge les petites urgences qui survenaient de temps à autre pour briser la monotonie de la clinique tandis que la doctoresse quarienne pouvait se pencher pleinement sur la question de ce programme de renforcement des défenses immunitaires. Quand elle le pouvait, Alessa tentait de lui apporter un peu d’aide ; mais la plupart du temps, elle se contentait de l’observer en retrait.

L’OmniTech d’Alessa et celui de la doctoresse quarienne bipèrent au même instant pour les informer que c’était l’heure de la pause déjeuner. Désirant au préalable achever ce qu’elle avait commencé, la femme médecin invita Alessa à profiter de sa pause. Elle viendrait la rejoindre plus tard. L’Asari ne se le fit pas dire deux fois. Elle avait appris à ne pas insister quand sa consœur était ainsi plongée dans sa recherche. Aussi Alessa quitta-t-elle le centre médical, seule. À l’extérieur, la température devait bien avoisiner les quarante degrés à présent que le soleil était juste à son zénith. En somme, il s’agissait ici d’une journée plutôt fraîche, la température moyenne sur le globe pouvant sans peine monter à près de cinquante degrés. Alessa était en sueur et elle était bien la seule. Contrairement aux Quariens, elle ne portait pas de combinaison climatisée. Néanmoins, les vêtements qu’elle portait avaient été conçus pour être aussi frais que possible. Une petite compensation qui ne l’empêchait pas de suer à grosses gouttes du matin au soir dès qu’elle mettait les pieds à l’extérieur.

Tandis qu’elle traversait la place centrale de la petite colonie quarienne, Alessa entendit une rumeur de conversation s’élevant de l’autre côté de la zone dégagée. Si elle ne reconnut pas les deux individus aux traits dissimulés sous leur masque, elle reconnut aisément la créature synthétique avec qui ils se trouvaient en train de discuter. Le seul Geth du village : un dénommé Bodou. La présence du Geth ne cessait d’intriguer la jeune femme qui avait encore beaucoup de mal à se faire à l’idée qu’ils s’étaient ralliés aux Quariens et que la guerre entre les créateurs et leurs créations était à présent entérinée et faisait dorénavant partie d’un passé révolu. Comment une telle chose pouvait-elle être possible ? Elle-même avait déjà été amenée à combattre des Geth. C’était peu après les tristes événements survenus sur la Citadelle à l’époque où Saren avait tenté de renverser le Conseil. Cherchant à trouver refuge au plus profond des coins perdus de la galaxie, elle avait croisé à une ou deux reprises la route de Geths dissidents ayant soutenu l’effort de guerre du Spectre renégat. Le dénommé Bodou était ainsi le tout premier Geth non-hostile qu’Alessa rencontrait et elle avait beaucoup de mal à se faire à l’idée que le Geth travaillait main dans la main avec les Quariens.

Tandis qu’elle gardait les yeux rivés sur la créature synthétique, des images de sa première rencontre avec Bodou lui revinrent soudain en mémoire. C’était il y a trois semaines de cela maintenant, au beau milieu de la nuit. Elle venait tout juste d’arriver sur Rannoch et souffrait encore atrocement de toutes ses blessures. La rencontre avait été pour le moins… explosive.

Trois semaines plus tôt / 25 février 2188

Les souvenirs d’Alessa concernant cette période étaient un peu confus. La faute au médi-gel et à ces drogues antidouleur dont les Quariens avaient surchargé son système afin de la soulager un tant soit peu de la souffrance qui lui arrachait des gémissements durant ses heures de sommeil. C’est surtout de cela dont elle se souvenait essentiellement : la douleur. Mais aussi les cauchemars : des images de la guerre et des horreurs perpétrées durant la guerre qui défilaient inlassablement dans sa tête tandis qu’elle s’efforçait de récupérer de ses blessures. Elle était agitée et tentait de fuir dans son sommeil une menace qu’elle ne parvenait pas à se représenter très clairement. Une ombre la poursuivait et la traquait sans relâche dans les ténèbres. Mais elle ne pouvait pas fuir ni se cacher. Ses pieds refusaient d’avancer et son corps ne répondait pas aux ordres qu’elle lui donnait. Elle était condamnée.

Un objet assez lourd tomba alors sur le matelas de son lit et ce mouvement la tira brusquement de sa rêverie. Ouvrant les yeux en sentant son cœur battre la chamade, Alessa se retrouva nez à nez avec la tête en forme de lampe d’un Geth. Le dernier Geth qui avait croisé sa route avait tenté de la tuer. Pas étonnant donc que la première réaction d’Alessa en pareille situation fut de lâcher un cri de surprise. Mais rapidement, sentant sa vie soudain menacée, la militaire retrouva son sang-froid en un instant et chercha un moyen de se défendre avant qu’il ne soit trop tard. Mais elle était trop faible pour cela et n’avait pas d’arme sous la main. Elle tenta de mobiliser ses capacités biotiques mais manqua de tourner de l’œil sous l’effort que cela lui demanda. Elle n’avait pas suffisamment de force. Cependant, Alessa ne s’avoua pas vaincue pour autant. L’adrénaline qui courait dans ses veines lui donna suffisamment de force pour bondir hors du lit en travers duquel était étendu le synthétique. La militaire elle-même se surprit en agissant ainsi : elle avait fait preuve d’une agilité et d’une souplesse qu’on ne s’attendait pas à trouver chez une femme sortant tout juste du coma. Mais cela importait peu : la menace réelle était le Geth. Elle devait se défendre avant qu’il ne soit trop tard.

C’est à ce moment-là que la famille qui s’était occupée d’elle s’était réveillée à son tour en entendant le cri de détresse d’Alessa. Ils se précipitèrent à ses côtés en tentant par tous les moyens de la calmer et de lui faire comprendre qu’il n’y avait aucune menace. Le Geth en question était inoffensif ; c’était un allié des Quariens. Ils tentèrent de lui faire comprendre que les Quariens et les Geths avaient enfin trouvé un terrain d’entente et qu’ils avaient fini par enterrer la hache de guerre durant la guerre contre les Moissonneurs grâce à l’intervention du célèbre commandant Shepard. Cependant, Alessa refusait d’y croire. Elle demeurait dubitative. Hélas, elle n’eut pas le temps de formuler la moindre parole. Un frisson lui courut le long de l’échine et avant d’avoir pu répondre quoi que ce soit, l’adrénaline s’étant estompée de son système, Alessa tourna de l’œil et perdit connaissance.

Trois semaines plus tard / 18 mars 2188

Quittant ses pensées, Alessa quitta également le Geth des yeux. Comme dit précédemment, tout ce qui s’était passé cette nuit-là était confus dans son esprit. Alessa s’était efforcée de mettre bout à bout les différentes pièces du puzzle que sa famille d’accueil lui avaient donné après son réveil. C’est tout juste si elle se rappelait avoir repris conscience et avoir quitté son lit la veille de sa sortie du coma. Sa famille d’accueil avait été pourtant formelle sur ce point. Cependant, quelque chose dérangeait toujours autant l’Asari qui peinait à expliquer la raison de la présence du Geth dans son lit cette nuit-là. Elle ne comprenait pas pourquoi le Geth s’était introduit dans la maison au beau milieu de la nuit ni pourquoi il avait fini dans son lit. Que cherchait-il à faire, au juste ? Sa famille d’accueil lui avait dit qu’elle n’avait rien à craindre du Geth qui s’était montré particulièrement serviable depuis son arrivée dans la colonie. Hélas, Alessa n’était pas comme les Quariens. Elle n’avait pas la main sur le cœur et elle se méfiait de ceux qui prétendaient vouloir le bien d’autrui quand moins d’un an encore auparavant, ils étaient en guerre les uns contre les autres. Il était en effet difficile de changer d’opinion du jour au lendemain à propos de ces synthétiques dont la plupart avaient apporté leur aide aux Moissonneurs qui cherchaient à éradiquer toute forme de vie intelligente dans la galaxie. Et ce d’autant plus quand certains avaient également cherché à lui faire la peau quand elle s’efforçait de se tenir éloigné des principaux fronts de la guerre. Alessa était du genre à avoir la rancune tenace.

Reprenant sa route, Alessa poussa la porte du self communautaire et récupéra le plateau qu’on avait pris soin de préparer spécialement pour elle. Contrairement aux Quariens, la jeune femme appartenait à une espèce dite « levo-aminée » au même titre que les Humains, par exemple. Les Quariens étaient pour leur part « dextro-aminés » tout comme les Turiens. Ce faisant, les Quariens et les Asari étaient incompatibles sur le plan biologique et cette barrière de la nature avait manqué poser des problèmes quand il avait été question de nourrir la jeune femme. Effectivement, la nourriture levo-aminée était dans le meilleur des cas source de troubles digestifs sévères pour un Quarien ou un Turien et mortelle dans le pire des cas. La réciproque était tout aussi valable. Alessa ne pouvait consommer les rations de ses bienfaiteurs sans mettre sa vie en danger. Par chance, les Quariens continuaient de recevoir assez régulièrement des livraisons en provenance d’autres systèmes. Ils n’eurent donc aucune difficulté à se procurer une petite réserve de rations qui ne risqueraient pas de menacer la survie de la malade. Une fois encore, Alessa leur en sut gré. La générosité des Quariens était sans égale à travers le reste de la galaxie ; et pourtant, les autres races continuaient à voir en eux des voleurs et des individus qui ne faisaient que gratter les fonds de poubelle afin de survivre à leur long et pénible exode. Depuis son réveil sur Rannoch, Alessa avait pris conscience de la fausseté de tous ces préjugés.

Un mouvement attira l’attention d’Alessa : une petite main gantée qui s’agitait à l’autre bout du self. C’était la petite Naki. Une enfant pleine de vie et toujours joyeuse. Elle était la fille de Kanor'Penyo, le Quarien à qui elle devait d’être encore en vie aujourd’hui. C’est lui et son ami Taal qu’Alessa avait tirés de sous les décombres avant de finir elle-même ensevelie sous une menace de gravats. Justement, il était assis juste à côté de l’enfant. Il avait l’air de s’être remis de sa grave blessure à la jambe. Alessa avait fait de son mieux pour le remettre rapidement sur pied une fois qu’elle avait été remise de ses propres blessures. Taal ne souffrait d’aucune complication particulière ; cependant, à son plus grand regret, il était toujours consigné à la colonie et ne pouvait pas encore reprendre son travail. Il devrait tenir encore quelques jours et tout serait terminé. En face de lui était installé le fils de la famille, Kori. Alessa ne connaissait pas grand-chose du petit garçon. Il était assez timide ; ou du moins suffisamment renfermé pour ne pas avoir cherché à se lier d’amitié avec elle. Ce n’était pas le cas de sa sœur qui ne cessait de questionner Alessa sur son passé et qui pouvait parler avec l’Asari des heures durant sans faire montre de la moindre fatigue ou lassitude. Kori était plus secret. Plus en retrait. Enfin se trouvait aussi à la table Sélina : l’épouse de Kanor et la mère des deux jumeaux. Alessa garda quelques instants les yeux rivés sur sa combinaison jaune pâle rehaussée ici ou là de nuances de gris. Quand bien même elle ne pouvait pas voir le visage de la femme, Alessa se douta qu’elle était complètement exténuée. Cela se voyait à sa manière se tenir à table. Elle peinait de toute évidence à garder la tête droite. Et à juste titre : elle passait ses journées dans les champs à tenter de domestiquer les terres de Rannoch afin de pouvoir produire le plus rapidement possible une première récolte à même de prouver que la vie sur la planète était bel et bien possible. Un travail très fastidieux et chronophage qui se révélait également plus énergivore que la jeune femme ne voulait bien l’admettre.

Naki continuant de lui faire signe avec sa petite main, Alessa lui rendit son salut avec un sourire avant de se diriger vers leur table. La petite fille lui laissa sa place et tira une autre chaise pour venir s’asseoir juste à côté d’elle. La remerciant, Alessa prit place à table et demanda à ses nouveaux amis comment ils allaient aujourd’hui. Une formalité, certes ; mais une formalité plus que bienvenue au sein de cette communauté quarienne où la politesse était une règle d’or et de savoir-vivre.

— Vous avez passé une bonne matinée ? ajouta-t-elle tout de suite après.

Alessa balaya la table du regard. La famille au grand complet était pratiquement réunie. Il ne manquait que Kanor. Il était assez rare de le voir dans la colonie en journée. Il passait le plus clair de son temps à coordonner Alessa ne savait quel genre d’affaire polito-militaire dans une autre colonie non loin de celle où elle se trouvait actuellement. C’est là-bas que siégeaient les membres du Conclave ainsi que ceux de l’Amirauté. Kanor passait donc la plus clair de son temps loin de sa maison ; mais il s’efforçait toujours de rentrer à l’heure pour le dîner afin de partager ce moment de complicité avec sa famille.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Mar 18 Nov 2014, 22:59
25 février 2188

Kori se réveilla d’un bond, un cri de peur s’évacuant de sa bouche, accompagné par celui de sa soeur à ses cotés. Rapidement, leur mère accourra vers eux pour les prendre de leurs bras.

- Ce n’est rien, ce n’est rien, insista-t-elle. Calmez -vous les enfants.

Des larmes pointaient timidement aux yeux du petit Quarien, un horrible hurlement l’avait violemment tiré de son rêve. Un hurlement de femme, un hurlement de peur poussé par quelqu’un à qui l’atteinte à la vie ne faisait aucun doute. Kori parvint peu à peu à reprendre ses esprits. L’étrangère, c’était elle la cause de ces cris. Alors que Naki continuait ses gémissement, Kori, compressé contre la combinaison de sa mère, observa la scène de son lit.
De ses petits yeux de Quarien embués, il put apercevoir son père se débattre avec l’Asari. Celle-ci semblait en proie à une peur incompréhensible alors que de fine lames électrique pointait au bout de ses poings resserrés, tandis que le père de famille tentait de la maintenir, braillant à tout va qu’il n’y avait aucun danger, espérant vainement persuader l’effrayée que personne ne lui voulait de mal.

- Nous le connaissons, assura Kanor d’un ton ferme. Les Geths ne sont plus nos ennemi calmez-vous !

Mais personne ne répondit, la jeune femme s’affala, inerte, dans les bras de leur père. Instantanément, Kanor appela sa femme à la rescousse. Sélina se leva à la hâte, laissant derrière elle ses enfants pour retirer quelque chose qui obstruait le lit de leur hôte. Alors que le Quarien la plaçait délicatement sur son lit, Kori aperçu enfin la raison de toute cette agitation : Une machine, fine et élancée. Un Geth. Pas n’importe quel Geth, il s’agissait de Bodou, celui qui était arrivé sur la colonie il y avait de cela plus de deux semaines. Kori se demanda ce qu’il pouvait bien faire dans le lit de l’Asari.

Quoiqu’il en soit, Kanor emportait le Geth loin d’ici, quelques instant plus tard, alors qu’il revenait, il intima silencieusement à Sélina de le suivre en dehors. Les adultes ne désiraient visiblement pas être écoutés de leur enfants, ce qui, bien sûr, engendra l’effet totalement inverse. Kori s’avança à quatre pattes de la porte entrouverte.

- Kori, chuchota sa soeur. Qu’est-ce que tu fais ?

L’enfant se retourna, un doigt sur le casque. Naki se glissa un peu plus sous les couvertures, hésitante à se lancer dans cet espionnage interdit. Lentement, Kori s’approche un peu plus, des bribes de voix se faisait entendre dans le silence de la nuit.

- ...je ne sais pas Kanor, annonçait tout bas Sélina.

- Il n’avait rien à faire ici, entrer en pleine nuit chez nous, va savoir ce qu’il aurait pu faire aux enfants !

Leur père enrageait, il avait emmené le Geth désactivé dans le petit centre de communication à quelques pas de là, à la limite de la colonie.

- Demain j’irai en parler avec les autres, poursuivit le Quarien.

Le son du pierre frappée du pied résonna dans la petite cabane où Kori se tenait caché.

- J’étais sûr que c’était une mauvaise idée d’accueillir ce Geth...

- On n’en sait rien Kanor, le coupa sa femme. Bodou a fait tellement de chose pour nous aider sur la colonie.

Malgré la réunification malgré le renouveau de leur histoire depuis leur arrivée sur Rannoch, Kanor restait un militaire, et tout militaire de la flotte Quarienne avait un jour dû faire face aux Synthétique et à leurs armes assassines. Quant à Sélina, depuis toujours cantonnée au vaisseau de la flottille, n’ayant vu que peu de Geth durant son existence, son animosité envers eux s’émoussait au fil de leur périple sur cette nouvelle planète. La réconciliation Getho-Quarienne ne se faisait pas à la même vitesse pour tout le monde.

- Peut être qu’il surveillait juste les environ ? Proposa la mère de Kori.

- Et qu’est-ce qu’il y avait à surveiller chez nous ? Tu peux me le dire ?

- Et bien peut être qu’il s’inquiétait de voir cette étrangère dans notre maison...

- Et ça l’autorise à entrer par effraction peut être ?

Kanor faisait de petits allers-retours entre sa femme et la porte d’entrée, l’énervement lui faisait élever la voix. La frustration de sentir sa maison, son lieu de vie à lui et sa famille, l’endroit qu’il se devait de protéger coute que coute, violée par ce synthétique.

- Calme-toi Kanor ! S’emporta Sélina. Enfin quoi ? C’est un Geth tu sais mieeux que quiconque qu’ils ne réagissent pas comme nous ! Peut être que sont inquiétude à propos de notre sécurité était telle qu’il a senti nécessaire de surveiller cette Asari ?

Kanor émit un son sec et négatif. La Quarienne inspira longuement. Son mari n’en démordait pas et resterait à coup sûr sur ses positions, quand bien même elle tenterait de le convaincre toute la nuit.

- Chéri, reprit Sélina plus calmement. Je suis fatiguée avec tout ce travail aux champs.

Elle observa son mari, des cernes se peignaient doucement à leurs bords.

- On peut en reparler demain ?

Un silence s’en suivit, indiquant à Kori que la discussion prenait fin et, sans bruit, il se glissa dans ses couvertures, Naki lui lançant un regard interrogateur. Du bout des lèvres, son frère lui fit comprendre qu’elle devrait attendre demain pour qu’il lui explique ce qu’il avait entendu. Leurs parents rentrèrent peu de temps après. Avant d’aller se coucher, Sélina et Kanor vinrent embrasser leur enfants endormis, du moins, le pensait-il.


***


Trois semaines plus tard - 18 mars 2188

Kori quitta tôt la table ce jour là. Le soleil était bien au dessus d’eux et il régnait une chaleur plutôt agréable tant qu’on ne restait pas assis dessous trop longtemps. Pour les deux enfants, c’était leur dernier jour de tranquillité, dès demain ils devraient retourner à l’école, ils ne leur restait plus qu’une après midi pour jouer comme ils l’entendaient. Kori avait donc prétexté vouloir partir au champs un peu plus tôt, ils avaient promis d’aider leur mère à son travail, bien qu’ils ne serviraient pas à grand chose et qu’Alessa serait également présente pour venir en aide à la pauvre Quarienne épuisée. En réalité, il comptait bien profiter de ce laps de temps pour jouer un maximum avant de travailler.

En partant, Kori lança un regard à l’Asari. Depuis qu’elle était ici, le Quarien n’avait que très peu osé lui adressé la parole. Et pourtant, elle l’intriguait au plus haut point et était toujours présent lorsqu’elle décrivait à Naki, toujours bien plus sociable que lui, les nombreux mondes qu’elle avait eu l’occasion de découvrir pendant ses voyages. Ces histoires lui rappelait souvent celle racontées par son père lorsqu’il parvenait à passer du temps avec eux.
Alors qu’il marchait en direction des champs, sa soeur le rattrapa rapidement.

- Hey Kori, attends-moi !

Kori se retourna, Naki accourait à ses cotés, ses petites jambes remuant rapidement pour qu’elle puisse atteindre son frère.

-  Où est-ce que tu vas ? Demanda-t-elle en reprenant sa respiration.

- J’ai vu un chemin dans les montagnes, pas loin des champs la dernière fois qu’on a accompagné maman.

- Maman a dis qu’on n’avait pas le droit de s’éloigner du champs Kori ! Remarqua immédiatement la Quarienne.

- Et ben t’as qu’à pas venir ! Répliqua aussitôt celui-ci.

Sur ces mot, il reprit sa marche. rapidement suivi par sa soeur.

- Attends ! Je viens avec toi ! Mais si maman l’apprend...

- Si personne ne le lui dis Naki, elle le saura pas.

Les deux jumeaux atteignirent les champs en peu de temps. Ces vastes étendue de culture qui faisait vivre toute la colonie et qui demandait tellement de travail à ses habitants. Avant de pénétrer à l’intérieur, Kori bifurqua sur la droite, empruntant un sentier à peine à découvert, caché derrière une longue rangée de plantes comestibles. La route se perdait dans un dédale au milieu des montagnes, de grand rochers parsemés ça et là le long rendait la traversé plus que difficile et les deux petits Quariens durent à de nombreuses reprises s’entraider pour monter sur certains d’entre eux.

- Qu’est-ce qu’il y a au bout Kori ? Demanda sa soeur alors qu’elle descendait d’une pierre.

- J’en sais rien, papa a dis qu’on était des pionniers !

Il leva les bras en signe de victoire, un pied posé vaillamment sur un petit caillou placé en face de lui.

- C’est à nous de découvrir les mystères de Rannoch ! Reprit le Quarien de plus belle.

Naki soupira, les yeux levés vers le ciel.

- Pff, tu sais même pas ce que ça veut dire.

Kori se renfrogna.

- Parce que tu sais ce que ça veut dire toi peut être ? Et puis c’est papa qui l’a dis !

Boudeur, Kori reparti en trombe, courant à travers les rochers, slalomant parmi les excroissance naturelles de la route. Naki se pressa après lui, criant à son frère de l’attendre, lui ordonnant de ne pas partir sans elle. Alors qu’il courait, Kori perçut un bruit non loin d’eux, le bruit sec et ruisselant d’un amas de pierre dévalant la falaise à leur coté. Kori s’arrêta, aussitôt rattrapé par sa soeur jumelle. Curieux, le petit Quarien observa les alentours, les pics abruptes s’étendaient en une hauteur vertigineuse. Quelques renfoncements et excroissances semblaient plantés, comme apparues au milieu de nul part sans aucune raison. Rien n’y bougeait, pourtant, Kori était persuadé d’avoir entendu un petit éboulement sur leur droite.

- Qu’est-ce qu’il y a Kori ? Demanda Naki essoufflée.

- Chut Naki, j’ai entendu quelque chose...

Le Quarien s’abîma les yeux dans la contemplation de la roche.

- Tu crois qu’il y a une bêtes ? Chuchota sa soeur, s’approchant instinctivement de son jumeaux.

Kori n’en démordait pas, il sondait chaque coins et recoins de la falaise. Idée sûrement stupide, mais l’inquiétude commençait à le gagner, et une incompréhensible sensation d’être suivi pointait au creux de son estomac. Et pourtant il n’y avait rien, que de la pierre à perte de vue. Au bout de plusieurs minutes, il secoua la tête, convaincu que son imagination de petit Quarien lui jouait des tours.

- Non, je crois que c’est bon, murmura-t-il à sa soeur.

- On devrait peut être rentrer aux champs Kori, on est parti trop loin...S’inquiéta-t-elle.

- Mais non ! viens, on continu !

Et ils continuèrent, sans savoir que, non loin de là, quelqu’un les contemplait à leur insu et que, beaucoup plus loin, leur mère, alors arrivée au champs avec leur hôte, s’inquiétait de l’absence inhabituelle de ses enfants.



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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Dim 07 Déc 2014, 13:47
Narty avait reçu le message qu'il attendait depuis des jours et des jours. Visiblement son ami Geth avait réussi à convaincre sa dulcinée, malgré leur timidité réciproque, à se rencontrer dans un lieu défini et isolé pour s'avouer leurs sentiments respectifs. Sentiments qu'il espérait partagés. Un nœud d'anxiété s'était noué dans son estomac dès la lecture du message sur son Omnitech. Bodou l'avait déjà emmené sur le lieu qu'il avait défini pour la rencontre, aussi Narty se mit en route. La majorité des Quariens étaient encore en train de roupiller gentiment. Pour ne pas se faire repérer par la patrouille, Bodou distrayait les deux gardes Quariens qui gardaient le large accès par lequel Narty devait se faufiler afin de rejoindre son point de rendez-vous. Arrivé sur les lieux, un endroit quelque peu surélevé, à plusieurs centaines de mètres de la minuscule colonie, Narty reçu un second message dans lequel Bodou lui conseillait de patienter quelques temps. Le Quarien dut faire un effort immense pour ne pas tourner les talons et rentrer chez lui. Il n'y a rien de pire que d'attendre dans pareille circonstance. Plus vite le sujet serait clôt, mieux il se sentirait.

Psig-09 n'en revenait toujours pas du dysfonctionnement inopportun subit lors de son intrusion dans la maison des Quariens où l'étrangère avait trouvé refuge. S'il avait été organique il s'en serait mordu les doigts. Quelle erreur! Bien trop confiant dans ses systèmes, il n'avait pas fait l'analyse nécessaire suite aux multiples expéditions menaient sous un soleil écrasant. De fait, les composants synthétiques peinaient à maintenir la cohésion nécessaire lui permettant de se mouvoir sans incident. Et c'est ainsi que, comme un organique aurait eu une crampe, PSIG-09 avait eu une faiblesse dans son électronique provoquant un arrêt ennuyant de ses capacités motrices. Et c'est ainsi que l'Asari avait pu faire la connaissance de Bodou. Le genre de chose qui vous traumatise pendant quelque temps, au moins. Heureusement, plusieurs Quariens, et notamment la maîtresse de maison, avaient pris la défense du Geth, et celui-ci avait abondé dans leur sens, confirmant qu'à la base il faisait effectivement un tour de garde afin de prémunir tout désagrément induit par la venue de l'étrangère.

Dorénavant il était grand temps de provoquer son départ de cette colonie, et de s'évader de cette planète pour lui permettre de commettre tout un tas de méfaits partout dans la galaxie. C'était là sa fonction première. Son plan, longtemps préparé, depuis son premier jour en la colonie. Narty allait, bien malgré lui, constituer son premier test grandeur nature de ses fonctions assassines. Il avait déjà tiré sur des cibles artificielles inertes ou en mouvement pour calibrer sa visée, mais jamais encore sur des vivants. En ce jour, l'occasion se présentait. Il rejoignit le Quarien inconscient de sa situation. Narty attendait, visiblement nerveux, baragouinant des mots inintelligibles, et faisant les cents pas. Sans aucun doute répétait-il indéfiniment le discours et l'attitude qu'il s'apprêtait à tenir en face de sa dulcinée. Le jour s'était déjà bien levé, et les Quariens dans la colonie s'activaient déjà.

Les hostilités éclatèrent sans prévenir. Le drone qui faisait sa ronde explosa dans une onde électromagnétique près du bâtiment de communications, dont les piles au Lithium d'où il tirait son énergie, les moyens étant très spartiates, implosèrent sous cette action, faisant s'écraser des pans entiers du bâtiments sur les deux pauvres opérateurs Quariens qui furent réduit sur l'instant en un tas de chairs et d'os broyés. Alentours, les projectiles de feu le bâtiment de communications décapitèrent, démembrèrent, ou encore écrasèrent les malheureux Quariens qui évoluaient alentours. Alors qu'abasourdis par cet incident cauchemardesque pour une si paisible colonie, les Quariens non atteints regardaient, hébétés, les dégâts monstrueux et leurs camarades morts, la seconde étape de cette journée maudite prit son envol. Les Omnitechs entrèrent en surcharge et eurent pour conséquence de les mettre hors fonction tout comme de provoquer le dysfonctionnement partiel des combinaisons Quariennes. Le point d'orgue du Chaos.

PSIG-09 avait lancé le signal au drone qui avait tout déclenché, peu de temps après avoir troué la tête de Narty, dont le corps, sous l'effet du choc, avait dévalé toute la pente le long du chemin tel un pantin désarticulé, jusqu'à s'arrêter après sa rencontre avec un petit Quarien, qui, allez savoir pourquoi, se trouvait là. Un second le suivait, non loin. Le Geth, avait d'abord pensé les tuer, puis au final s'était rétracté. Tout d'abord, ils ne l'avaient pas vu, et ensuite il se devait de rejoindre immédiatement la colonie afin de ne pas éveiller quelques soupçons. Elle n'était guère loin, et très rapidement fut-il en son sein, à constater les ravages de son action. Sans perdre un instant de plus, il apporta son aide aux blessés.

Après tant d'événements, ne restait plus qu'à attendre les vaisseaux d'évacuation. A s'y couler, puis à s'échapper, sans auparavant provoquer moults dégâts, bien entendu. De fait il s'attendait à des accusations. Mais sans aucun effort il pourrait les balayer d'un revers de main, aidé par ses amis. Car en effet, les Quariens adultes, possédant tous un Omnitech, étaient dans une situation critique avec leur combinaison perturbée. Et PSIG-09 allait les sauver. Et du même coup glisser que cette attaque pourrait être le fait de Geths dissidents. De quoi jeter le trouble dans la réconciliation Getho-Quarienne.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Sam 13 Déc 2014, 16:08
Alessa et les autres adultes avaient pratiquement terminé leur repas. Comme à l’accoutumé, les deux enfants avaient terminé depuis longtemps et leur mère ne fut pas surprise de les entendre demander la permission de sortir de table plus tôt et de se rendre en avance aux champs. Ils avaient proposé de lui donner un coup de main dans son travail. C’était là leur dernière journée de liberté avant que ne reprennent les cours. Sélina était convaincue que ses enfants avaient proposé leur aide à seule fin de pouvoir jouer dans les champs plutôt que de réellement l’aider à défricher les parcelles à ensemencer. Elle ne semblait pas vexée : ses enfants n’auraient pas été à la hauteur du travail à fournir. Ils étaient encore trop jeunes. Mais les avoir près d’elle était sans nul doute une source de plaisir pour elle.

Sélina avait donc accepté et laissé ses enfants sortir de table en leur demandant d’être prudents. Elle-même avait bientôt terminé. Elle les aurait rejoints aux champs d’ici une dizaine de minutes. Le temps de débarrasser la table et de ranger derrière elle ; chose que faisaient tous les Quariens à la fin de leur repas. Ils nettoyaient la pièce afin que ceux qui viendraient après eux puissent manger sur une table propre et dans un environnement accueillant. C’est ce que Kori et Naki avaient fait avant de quitter la cantine commune. Une fois leurs corvées menées à bien, Alessa les avait regardés se précipiter vers la sortie comme des monstres endiablés. Un sourire s’était dessiné sur ses lèvres.

L’OmniTech de Taal émit alors une série de bips sonores afin de l’informer qu’il était temps pour lui de retourner vaquer à ses occupations. Il avait rendez-vous au centre médical pour son rendez-vous avec son rééducateur. Il n’avait cependant pas l’air particulièrement enthousiaste à cette idée. Sélina leva alors les yeux vers lui et lui demanda :

— Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Cette rééducation aura ma perte, répondit Taal. (Il était grincheux, mais il souriait.)
— Courage. Tu n’en a plus pour très longtemps et c’est d’ailleurs un mal nécessaire si tu veux pouvoir retrouver rapidement tes anciennes fonctions et surtout Kanor. (Elle marqua une pause.) Ton aide ne serait sûrement pas de trop dans les jours à venir. Toutes ces… tensions pèsent sur lui et cela le met de mauvaise humeur. Je pense que son ami lui manque et que ta présence lui fera le plus grand bien.
— J’avoue, il me manque aussi. Je ne supporte plus de tourner en rond comme un varren en cage. Je compte les jours où je serai de nouveau apte au service.
— Patience alors. Ce ne sera plus très long.
— Tu as raison. Plus que six jours. Ce ne sera plus très long maintenant.

Sélina sourit et Taal lui rendit son sourire avant de se lever de table. Se saisissant de son plateau, il se tourna vers les deux jeunes femmes toujours attablées et leur souhaita de passer un agréable après-midi. Alessa lui souhaita également du courage pour sa rééducation. Et avant de les quitter, le Quarien posa les yeux sur Sélina et ajouta à l’intention de son amie :

— Et toi, ne t’avise pas de trop travailler aux champs. Tu as l’air complètement exténuée ces derniers temps. Lève un peu le pied et tâche de te reposer un peu. OK ? (Elle hocha la tête en silence.)

Alessa se retrouva alors seule à table avec la Quarienne qui lui avait ouvert les portes de sa modeste demeure. Elles regardèrent toutes deux Taal débarrasser ses restes avant de quitter la cantine par la même porte que celle qu’avaient poussée les deux enfants en sortant quelques minutes auparavant. Désireuse de briser le silence qui s’était soudain abattu sur la table, Alessa demanda :

— Comment allez-vous, Sélina ? Taal dit vrai. Vous avez l’air exténuée depuis quelques jours.
— Ne vous en faites surtout pas pour moi, répondit la Quarienne. Tout va bien.

Alessa se doutait que ce n’était pas tout à fait vrai. Sélina était un parangon de vertu. Elle était humble et désintéressée en tout. Un modèle pour tous. Elle suait sang et eau à longueur de journée dans les champs sans jamais se plaindre ni demander qu’on la soulage de son fardeau. Elle travaillait d’arrache-pied des heures durant afin de rendre ces parcelles de terre fertile prêtes à être ensemencées aussi rapidement que possible. Mais en la regardant, on avait l’impression qu’elle voulait porter à elle seule sur ses frêles épaules tout le poids du monde. Aussi Alessa ne put-elle résister très longtemps à ce pur élan de compassion qui la poussa à demander à la Quarienne :

— Si vous avez besoin d’un peu de main d’œuvre dans les champs, je suis libre tout l’après-midi. Mon emploi du temps est plutôt vide ces derniers temps. Et avec Harissa plongée dans ses recherches sur le projet des Geth à longueur de journée, je n’ai pas grand-chose à faire de mes après-midis. Si je puis me rendre utile d’une manière ou d’une autre, tout le plaisir serait pour moi.
— C’est très gentil à vous, Alessa, mais je ne voudrais surtout pas vous importuner.
— Ça ne me dérange pas, vous savez, se défendit l’Asari. Comme je vous l’ai dit, la clinique a été calme toute la matinée. Et j’ai bon espoir qu’elle le restera tout l’après-midi également. (Puis jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, elle ajouta.) Et Harissa ne sera sûrement pas contre un peu de tranquillité. Elle n’a apparemment pas même pris la peine de faire une pause pour le déjeuner. Peut-être est-elle sur une bonne piste. Elle ne remarquera sûrement pas mon absence. Je serai probablement bien plus utile aux champs qu’à observer son travail en lorgnant par-dessus son épaule. (L’Asari sourit.)
— Vous êtes sûre ? demanda Sélina. (Alessa acquiesça.)
— Et puis, en cas d’urgence, je reste toujours joignable sur mon OmniTech. Les champs ne sont pas si éloignés que ça du reste de la colonie. Je ne mettrais guère plus de deux ou trois minutes à revenir si jamais cela s’avérait nécessaire. (Elle marqua une pause.) Alors, qu’en pensez-vous ?

Sélina finit par accepter en hochant la tête. Les Quariens étant en permanence affublés de leur casque et de leur combinaison intégrale, Alessa aurait été incapable de lire le visage de son hôtesse. Celle-ci était-elle soulagée et reconnaissante que l’Asari se soit proposée de lui donner un coup de main ; ou cela la dérangeait-il d’avoir été forcée d’accepter à seul fin de faire taire la jeune femme une fois pour toutes ? Il est vrai qu’Alessa avait insisté sans vraiment offrir d’autre alternative à son hôtesse ; mais cela était-il vraiment une gêne pour la Quarienne ? Alessa n’aurait su le dire.

Après avoir débarrassé et nettoyé leur table, les deux jeunes femmes quittèrent la colonie, puis elles s’engagèrent sur le chemin tortueux menant aux champs. Elles échangèrent quelques politesses tout en laissant leur regard courir sur le panorama saisissant qui s’offrait à elles. Rannoch était mine de rien une belle planète. Il avait beau y faire chaud au point que cela en devenait très vite étouffant, il s’en dégageait néanmoins une beauté sauvage qui avait le don de couper le souffle. C’était magnifique.

Au détour d’un lacet du sentier, Alessa finit par poser les yeux sur les vastes champs que les Quariens s’étaient mis en tête de défricher afin de pouvoir ensuite les ensemencer en vue des toutes prochaines récoltes. Celles-ci marqueraient véritablement le début d’une nouvelle ère : celui de Rannoch ; enfin, ils seraient véritablement de retour chez eux, parfaitement autonomes. Ce jour-là serait sans nul doute à marquer d’une pierre blanche. Mais pour l’heure, il y avait encore beaucoup de travail à faire.

Pénétrant dans les champs, Sélina guida Alessa vers la parcelle de terre dont elle s’était occupée dans la matinée et qui nécessitait encore d’être défrichée et purgée de tous ses cailloux avant de pouvoir enfin être ensemencée. La Quarienne montra alors à Alessa un petit abri dans lequel elle trouverait des outils. Sans perdre un instant, l’Asari s’y rendit ; et en revenant, elle découvrit Sélina debout, le regard perdu dans le lointain. Les poings sur les hanches, la Quarienne semblait sonder les environs. Alessa ne pouvait toujours pas voir son visage dissimulé par le casque, mais elle sentit que quelque chose ne tournait pas rond. Quelque chose n’allait pas. Un frisson d’angoisse et d’appréhension courut le long de son échine tandis qu’elle rejoignait la Quarienne et lui demandait ce qui n’allait pas.

— Je vois les enfants nulle part, répondit la mère d’une voix tremblante, en continuant de sonder les champs autour d’elle. Ils… Ils ne sont pas là. Je ne les vois pas.

Perplexe, les sourcils froncés, Alessa se mit à son tour à observer les alentours. Non pas qu’elle n’avait pas confiance en la Quarienne, mais elle ne put s’empêcher de vouloir vérifier par elle-même les dires de la jeune femme. Et celle-ci avait dit vrai : aucun enfant quarien n’était en vue. D’autres gens étaient en plein travail, mais tous étaient adultes – à l’exception de trois ou quatre adolescents bientôt en âge de faire leur Pèlerinage. Il n’y avait là aucun enfant âgé de moins de quinze ans. Aucun…

Alessa se doutait que ce n’était pas normal. Kori et Naki avaient dit se rendre aux champs en attendant que leur mère les y rejoigne. Ils n’étaient pas du genre à mentir ; du moins n’avaient-ils jamais menti en sa présence. S’ils avaient dit se rendre aux champs, c’est que forcément ils s’y étaient rendus. Où étaient-ils alors ? Pourquoi ne les voyait-on pas courir et crier au milieu des parcelles ?

Quittant des yeux le panorama, Alessa les reposa sur Sélina. De toute évidence, la Quarienne était très inquiète. Quelle mère ne l’aurait pas été en pareille situation ? Certes, il ne s’était jamais rien passé de mal dans la colonie ; rien du moins qui puisse faire craindre le pire. Aucun meurtre, aucun vol, rien de ce genre. Les Quariens étant une communauté très soudée, ce n’est pas le genre de méfaits auxquels ils s’adonnaient les uns envers les autres. Les Quariens n’avaient rien de criminels en puissance. Aussi n’y avait-il rien à craindre de ce point de vue-là. Néanmoins, Rannoch restait une planète hostile à bien des égards : de part son climat aride, pour commencer ; mais également à cause de sa faune sauvage demeurée indomptée depuis des centaines d’années. Qui plus est, Rannoch était une planète dont le terrain lui-même était traître. Un éboulement de terrain ou une chute de pierres pouvaient être tout aussi mortels qu’un coup de feu en pleine tête. Et il y avait tellement de crevasses et de ravins au fond desquels une chute s’avèrerait mortelle. D’où l’inquiétude de Sélina et d’Alessa.

Alessa déposa ses outils au sol avant de se tourner vers son hôtesse quarienne.

— Je vais partir à leur recherche et tâcher de les retrouver. Ils ne sont probablement pas loin.
— Je vous accompagne, souffla la mère inquiète en hochant la tête.
— Non. Vous feriez mieux de rester ici ; juste au cas où ils reviendraient pendant mon absence.
— Oui. Vous avez sans doute raison. Mais tenez-moi informée par radio si jamais vous les retrouvez.
— Promis. (Alessa fit mine de partir avant de revenir sur ses pas.) Vous ne sauriez pas par hasard où ils pourraient s’être rendus ? Y a-t-il un endroit non loin de la colonie où ils ont l’habitude d’aller ?
— Aucun non. Il n’y a pas grand-chose qui vaille le coup d’œil à des kilomètres à la ronde. Mais ce sont des enfants ; ils ont l’imagination fertile. Un alignement de rochers peut devenir à leurs yeux un mur imprenable à défendre contre l’ennemi désirant s’emparer de leurs terres. (Elle balaya les alentours du regard avant d’ajouter.) Ils peuvent donc être n’importe où. N’importe où…

Alessa hocha gravement la tête en silence. Elle posa une main réconfortante sur l’épaule de Sélina et lui dit :

— Je vais les retrouver ; ne vous inquiétez pas. Tout ira bien, je vous le promets.

Tandis que la Quarienne acquiesçait en silence, Alessa se détourna de la mère inquiète avant de s’en éloigner et de retourner à l’entrée des champs sans prendre la peine de les fouiller elle-même. L’Asari se doutait que Sélina ne resterait pas les bras croisés à attendre d’avoir des nouvelles de ses enfants. Alessa lui laissa donc le soin de fouiller les parcelles de terre à ensemencer pendant qu’elle-même se chargerait d’inspecter le périmètre. Et ce faisant, c’est en retournant à l’entrée de la zone agricole et en suivant la route qui s’en retournait vers la colonie que la jeune femme découvrit un passage sur sa gauche qui bifurquait et s’écartait du chemin principal. Ce n’était pas à proprement parler un sentier ; personne n’ayant semble-t-il connaissance de son existence. Il n’était pas balisé comme pouvait l’être la route menant de la colonie aux champs. À bien y regarder même, c’était plutôt une voie naturelle qui serpentait dans les collines en s’élevant peu à peu vers les montagnes et en plongeant ici ou là dans des ravines ombragées. Pour sûr, ce n’était pas un sentier mais le lit d’un cours d’eau depuis longtemps asséché. Et c’est sans hésiter qu’Alessa s’engagea sur cette voie.

En effet, la jeune femme avait découvert de légères traces de pas dans la poussière. Cependant, elle avait été une tueuse professionnelle dans une autre vie, pas une traqueuse ; aussi n’était-elle pas en mesure d’en apprendre davantage juste en observant ces marques sur le sol. Tout ce dont elle était à peu près sûre, c’est que ces marques étaient celles de bottes quariennes et que d’après leur taille, ce ne pouvait être que celles d’un enfant. Un ? ou deux ? Alessa n’aurait su le dire. Ce n’était pas du tout son domaine d’expertise.

S’étant engagée dans le passage, Alessa avait commencé la lente ascension vers les montagnes dont les contreforts se dessinaient dans le lointain. Les deux enfants quariens avaient déjà plus d’un quart d’heures d’avance sur elle. Aussi Alessa pressa-t-elle le pas afin de pouvoir couvrir autant de distance qu’eux en moins de temps. Elle prenait garde cependant où elle mettait les pieds ; le terrain était plus ou moins traître et une mauvaise chute était si vite arrivée. Le temps passa sans qu’elle découvre une autre trace du passage de quiconque ; animal ou non. Les dernières empreintes qu’elle avait trouvées une dizaine de minutes plus tôt ne lui avaient rien appris de plus si ce n’est le fait que le ou les individus auxquels elles appartenaient avaient poursuivi leur route en suivant le lit asséché de la rivière.

Ayant repris sa route, Alessa ne s’embarrassa pas d’appeler Kori et Naki. La configuration du terrain ne s’y prêtait pas du tout. Dans les zones planes, sa voix aurait porté très loin, mais justement, à cause de cela, elle aurait été incapable de déterminer précisément la source d’une éventuelle réponse ; et dans les zones encombrées de rochers surgissant des profondeurs de la terre comme autant d’incisives aussi tranchantes que des lames de rasoirs, ou bien dans les petits ravins comme celui qu’elle traversait en ce moment-même, sa voix n’aurait pas porté à plus d’une quinzaine de mètres avant d’être brisée par la roche aux angles acérés. Inutile donc de se casser la voix pour rien.

Alessa était cependant convaincue d’être sur la bonne voie. Son instinct ne lui avait jamais fait défaut. Et tandis qu’elle se faisait cette remarque, son OmniTech grésilla et émit un bip sonore.

— Oui ? demanda Alessa en levant son bras sur lequel était fixé l’appareil.
— Ils ne sont pas aux champs, répondit Sélina. J’ai cherché partout. Et de votre côté ?
— Toujours rien pour l’instant, l’informa Alessa. Néanmoins, je pense être sur la bonne voie. Il y avait des traces de pas à l’entrée des champs ; des bottes d’enfants. Je pense ne plus être loin maintenant. Si ce sont eux, je vais les retrouver très bientôt. Ne vous inquiétez pas, Sélina.
— Bien. Faîtes vite. Je vous en prie.
— Promis.

Au moment où elle éteignit son OmniTech, Alessa perçut non loin un bruit étouffé qui la glaça d’effroi. Elle venait tout juste de sortir d’un ravin et s’était tenue en terrain plat durant l’échange avec Sélina. Le son s’était répercutait quelques secondes dans le lointain avant que le silence ne reprenne soudain possession des lieux ; un silence bien plus pesant qu’auparavant. Un profane n’aurait probablement pas su de quoi il retournait précisément ; mais une tueuse professionnelle, elle, savait reconnaître un coup de feu quand elle en entendait un, aussi étouffé soit-il. Quelqu’un venait à l’instant de faire usage d’une arme à feu. Mais impossible malheureusement de déterminer la source du bruit avec précision. L’écho semblait venir de toutes les directions en même temps.

Au moment où les yeux d’Alessa se posèrent sur un petit tas de pierres dévalant le flanc d’une colline non loin, une terrible explosion secoua brusquement la terre, jetant la jeune femme au sol.

Une fois la secousse dissipée, Alessa se redressa en bondissant sur ses pieds. Elle se tourna alors vers la source de l’explosion et découvrit au loin un épais voile de fumée s’élevant au-dessus de la colonie quarienne. Quelque chose de terrible venait de s’y produire. Mais quoi ? Quand bien même elle lutta avec son OmniTech en tentant en vain de contacter Sélina, l’Asari n’obtint rien de plus que de la friture et des grésillements. On eût dit que les communications étaient coupées ; ou brouillées. L’explosion avait dû être de nature électromagnétique ; ce qui avait court-circuité tous les systèmes électroniques. Se trouvant encore à proximité de la colonie – à seulement une quinzaine de minutes en se pressant – Alessa avait été prise dans le rayon d’action de l’onde électromagnétique. Elle était donc coupée du monde et ne savait pas ce qui se passait au juste dans la colonie. Une défaillance quelconque d’un des appareils de la colonie ? Une attaque peut-être ? Le pire était-il à craindre ?

Alessa tenta de ne pas formuler de réponse à cette dernière question. Elle devait d’abord trouver les enfants de Sélina et s’assurer qu’eux allaient bien. Ensuite seulement, elle commencerait à se poser des questions à propos de la colonie. Chaque chose en son temps. Et ce faisant, elle reporta toute son attention vers l’endroit où elle avait vu quelques instants auparavant des gravats dévaler le flanc de la colline. Une fois rendue sur place, l’Asari découvrit le corps inerte d’un jeune Quarien, un trou dans son casque. Nul doute qu’il s’agissait-là de la victime du coup de feu qu’elle avait entendu. Néanmoins, quelque chose la dérangeait : la victime était jeune, certes, mais bien plus âgée que Kori et Naki. Elle ne pouvait donc pas être la personne à qui appartenaient les empreintes laissées dans le sol qu’Alessa avait suivies jusque-là. Cela voulait-il dire que Kori et sa sœur n’étaient pas loin ? Avaient-ils entendu le coup de feu et pris peur ? Avaient-ils découvert le corps ou aperçu le tireur ? Étaient-ils en danger ?

Alessa ne prit pas la peine d’y réfléchir à deux fois avant de porter ses mains à sa bouche et de crier à tue-tête les noms des deux enfants quariens. Si par malheur le tueur s’était lancé à leur poursuite, le fait d’entendre que quelqu’un s’était lancé à leur recherche pourrait le pousser à prendre la fuite ou même à s’en prendre à elle plutôt qu’à eux. Mieux valait elle que les enfants. Balayant les alentours du regard en continuant de s’époumoner, Alessa chercha au sol une trace pouvant lui indiquer si oui ou non Kori et sa sœur étaient passés par là et si oui, dans quelle direction ils étaient partis ensuite. Tout en profitant également de son point de vue légèrement en hauteur, elle sonda le panorama au loin en espérant de tout cœur repérer un mouvement. Mais rien. Elle continua donc de les appeler.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Mar 23 Déc 2014, 23:07
Naki suivait son frère sans broncher, se contentant d’admirer les montagnes s’élevant bien au dessus d’eux, parfois, une plante grimpait le long du mur de pierre, ses racines ancrées dans le sol terreux et rocheux de Rannoch. A plusieurs pas d’elle, Kori avançait rapidement le long du sentier étroit, esquivant les rochers, sautillant de cailloux en cailloux comme s’il traversait le plus grand des précipices. À l’entendre marmonner, il était pleinement occupé par une mission de sauvetage accompagné de son coéquipier infaillible qui, Naki en était sûre, devait fortement ressembler à Alessa l’Asari. Bien qu’il ne lui parlait jamais, il paraissait inconcevable pour la petite Quarienne que son frère ne soit pas en admiration devant toutes les histoires qu’elles racontait, elle même se surprenait de temps en temps à rêver de parcourir l’univers, sauvant un nombre incalculable de vie et venant à bout des méchants à l’aide de phrases bien senties. D’ailleurs, l’immense ravin que traversait Kori semblait s’ouvrir lentement sous ses pieds également. Plus leur imagination divaguait, moins ils pensaient à leur retour à la colonie, le temps s’allongeant à n’en plus finir sans qu’ils ne se soucient des minutes qui défilaient les une après les autres, tendant de plus en plus vers l’heure.

De son coté, Kori avait depuis longtemps oublié cette impression inquiétante lorsqu’un petit amas de rocher avait dégringolé la falaise, son imagination le poussant à croire à un ennemi tapit parmi les rochers, et lorsqu’un oiseau cria au dessus d’eux et que les deux enfants sautèrent à l’abri d’un pierre, leur imagination explosa. En deux temps, trois mouvement, Kori se transforma en archéologue à la recherche de trésors perdu de Rannoch tandis que Naki, son infaillible assistante lui indiquait quel plan d’action choisir dans un pareil cas. Se déporter jusqu’au rocher suivant, voila la solution, de ce poste, ils pourrait avoir une vue dégagée sur tout le chemin. Le temple était là, juste devant eux, et cette créature volante abominable qui leur barrait le chemin ! D’un signe de la main, il indiqua à son assistante qu’il partait en reconnaissance, ne voulant en aucun cas risquer la vie de sa coéquipière bêtement. C’est alors, dans un élancement héroïque, accentué par des gémissement silencieux de celui qui réalise une prouesse physique, le Quarien roula jusqu’au point désiré, laissant Naki, les deux mains liées et tendue face à elle, maintenant en joue l’immonde créatures, prête à faire feu au moindre geste brusque. Quelque chose attira le regard de la Quarienne à sa périphérie. Une arme ! En réalité un quelconque bâtonnet ressemblant plus ou moins à l’idée que Naki se faisait d’une arme à feu. Elle entendit son compagnon d’aventure tirer à pleine rafale sur leur ennemi imaginaire, elle devait l’aider ! Sans une once d’hésitation, elle s’élança, tirant à l’aveuglette de son maigre pistolet, craignant de ne pas atteindre l’objet qui les sauverait sûrement ! Elle y parvint pourtant. Empoignant l’arme à pleine main, elle entreprit de la recharger à la manière de son père, qu’elle avait déjà vu à l’oeuvre lorsqu’il préparait son matériel au départ d’une mission. Kori martelait toujours leur assaillant commun, de maigre "Pan, pan, pan !" répétés lui parvenait, elle pointa alors son arme améliorée sur leur cible, et fit feu.

Un hurlement de feu éclata au travers des montagnes, se répercutant de paroi en paroi, un son brutal et déchirant qui glaça le sang des pauvres enfants présents sur les lieux. À cet instant, Kori comme sa soeur perçurent l’espace d’un instant l’horreur du jeu auquel il se prenait souvent. Un frottement se fit entendre derrière la Quarienne, elle avait le regard braqué sur son frère, lui même scrutant le paysage derrière elle, les mains plaquées sur les oreilles, tout comme elle, son masque lui empêchant de voir le visage décomposé de son frère mais tout dans sa posture trahissait l’horreur. Une horreur qui se situait apparemment derrière la jeune fille. Elle se tourna lentement, les bruissement allant en s’amplifiant et, sous son regard de petite Quarienne apeurée, il apparut, descendant lentement le long de la falaise, glissant tranquillement sur la roche : Un cadavre Quarien.
L’instant figé s’éternisa quelques secondes de plus, le temps pour le pantin de terminer sa course macabre aux pieds de Naki, alors sa langue se délia et ses cordes vocales résonnèrent d’un cri suraiguë, contrecoup d’une vision cauchemardesque.

Ce son strident eu au moins le mérite de sortir Kori de sa torpeur qui, le pas chancelant, s’approcha de sa soeur jumelle. Le Quarien gisait à ses pieds, il crut reconnaître Narty, un habitant de la colonie qu’ils apercevaient souvent, sa maison se situant juste en face de la leur.

- Il est mort Kori, sanglota Naki, ses paroles entrecoupées de hoquets larmoyants.

Kori avait bien vu qu’il était mort, il se retint bien de le préciser à sa soeur, de toute façon, la panique lui capturait ses mots avant même qu’il n’ait finis d’y songer. Un seul mot clignotait en rouge vif au fin fond de son crâne : Fuite.
Quelques temps auparavant, le Quarien avait cru à un suiveur, à présent, c’était une évidence même. Sans plus attendre, Kori empoigna le bras de sa soeur et la tira de toutes ses forces en arrière, la menant le plus loin possible du danger, à l’opposé du cadavre. Les larmes brouillaient la vue du jeune Quarien, les sanglots de sa soeur emplissaient ses oreilles, le jeu ne prenait plus, la réalité était tout autre, les tirs de revolver déchiraient les tympans, et les être vivant ne se relevaient pas le pouce en l’air, le temps d’épousseter sa combinaison de la terre qui s’y était collée. A présent il courait, toujours dans l’espoir d’échapper au chat, comme dans un jeu, la différence étant que le chat ne les libérerait sûrement pas cette fois.
Dans leur course folle, Kori entendit sa soeur supplier ses parents et les pleures du Quarien amplifièrent de plus belle alors qu’il songeait avec regret qu’il aurait mieux fallut qu’ils attendent leur mère aux champs.


***



Serrés l’un contre l’autre, les deux jumeaux avaient atteint une cavité légèrement enfoncée dans la montagne, abri plus que sommaire pour toute personne doué d’un raisonnement mature, malheureusement, pour les enfants qu’ils étaient, ce petit havre représentait une protection à tout danger.

- Il faut qu’on rentre Kori...Naki tirait sur la manche de la combinaison de son frère, chuchotant du mieux qu’elle pouvait au vue de sa voix tremblante de peur.

Pour Kori, il paraissait évident qu’il était impossible de rebrousser chemin. Le cadavre étant tombé au dos de Naki, si tueur il y avait, il était derrière eux et par conséquent sur le chemin qu’ils avaient emprunté en venant.

-On ne peut pas Naki, il nous attend peut être sur le chemin...

Sa voix grinçait, grésillante d’angoisse. Il scrutait les environ, la tête tout juste sorti d’un pierre un soupçon plus grosse que les autres qui lui servait de tour de guet. Rien à l’horizon, peut être qu’on ne les avait pas vu après tout ?

- Papa va venir nous chercher, j’en suis sûre...

Naki se lamentait et tentait surtout de se rassurer comme elle le pouvait, la situation n’apportant pas d’autres solutions...

- Personne ne sait où on est Naki, maman est au champ et papa et au travail, comment veux-tu qu’ils viennent ?

Naki pleura de plus belle, Kori l’accompagnait dans sans son humeur, bien qu’il parvienne un peu plus à maîtriser son sang froid, l’eau qui innondait son regard ne l’aidait pas vraiment. Et la certitude que personne ne puisse leur venir en aide ne faisait qu’accentuer son désespoir. Ils allaient devoir se débrouiller seuls. Le Quarien réfléchit comme il pouvait, les idées d’un enfant toutes plus saugrenues les une que les autres et chacune l’emmenait dans des fabulations inconcevable quand un peu de discernement s’y infiltrait. Ils devaient partir d’ici, peut être y avait-t-il un moyen de rejoindre la colonie en contournant les montagnes, mais la route s’annonçait ardue, d’autant plus qu’il ne savait même pas si route il y avait !
Quel autre choix s’offrait à eux ? Rebrousser chemin et risquer de se faire tuer ? Qui sait si le tueur ne les attendait pas, qui sait s’il n’était pas parti ailleurs sans avoir un quelconque intérêt pour les deux enfants.
Un détail traversa son esprit, remugle d’une éducation d’un père militaire à peine entamée, mais néanmoins présente. Quelqu’un sur Rannoch avait tué un Quarien, pas une bête sauvage non, quelqu’un. Le coup de feu en échos dans ses oreilles en était la preuve. Ce qui voulait dire que tout le monde courait un risque, quelqu’un pleine de mauvaises intention sévissait aux abords de la colonie. Il fallait prévenir quelqu’un !
Kori se redressa, des traits de larmes séchées lui grattaient le visage. Il attrapa doucement le bras de sa soeur, lui lançant un regard qui se voulait rassurant malgré la situation.

- Il faut qu’on parte d’ici Naki, qu’on retourne à la colonie pour prévenir papa que Narty est mort et que c’est quelqu’un qui lui a tiré dessus.

Naki, accroupie, leva la tête vers son frère d’habitude si détaché de tout, d’un hochement de tête, elle se laissa lever par son jumeaux, une main dans la sienne, elle se ressaisit.

- Papa nous a dis que si on était perdu et qu’on devait se déplacer, il fallait marquer l’endroit pour qu’on puisse nous retrouver.

Kori acquiesça aux propos de sa soeur. Quelqu’un était sûrement à leur recherche. Naki renifla et indiqua au fond de leur abri un amas de cailloux de petite taille. Sans réfléchir davantage, il entamèrent leur marquage au sol, comme leur père leur avait appris. Malgré la peur qui leur tordait l’estomac, il parvinrent tout de même à posé leur indication en dehors de leur cachette, sur une partie du sentier qu’ils espéraient visible à quiconque passerait dans les parages. Pas un moment il ne pensèrent qu’une personne concevant un projet plus sombre ne puisse se servir de cette trace pour les retrouver. Comment de pauvres enfant l’auraient-ils pu ? Main dans la main et le coeur battant, ils s’attaquèrent à l’ascension du versant le moins escarpé de la falaise, contournant le sentier dans l’espoir de retrouver la colonie sans tomber sur l’assassin.



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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Lun 05 Jan 2015, 20:50
Des morceaux de viande et de matériel artificiel parsemaient le sol de la petite colonie meurtrie. Un cauchemar sans nom venait de s'abattre sur leur quotidien, et personne encore ne prenait la mesure de l'immensité du carnage qui venait d'engloutir un fils, une fille, une mère, un père, un grand-parent, un frère ou une sœur. Les projectiles du bâtiment et du sol rocheux dispensés aux alentours sous l'effet d'une implosion incompréhensible avaient fait tomber un voile mortuaire au-dessus des Quariens titubant en tentant de comprendre et de retrouver leurs repères. Un Geth, vif et efficace, optimisant au maximum le peu de temps qu'il passait sur chacune des victimes, réussi à isoler le problème des Omnitechs et introduisit une solution qu'il était le seul à pouvoir introduire en cet instant tragique. Grâce à son intervention, nombre de Quariens dont la capacité hermétique de leur combinaison avaient été compromise suite au dysfonctionnement général des Omnitechs purent reprendre leurs esprits et commencer à porter assistance aux blessés.

PSIG-09 ne manqua pas de participer à l'effort communautaire, rapportant la localisation des Quariens ayant perdu leurs capacités motrices à cause de blessures physiques profondes ou d'un effondrement psychologique qui les avait fait tomber dans le coma. Une zone de rassemblement avait été préalablement désignée, peu après l'arrivée des premiers colons; aussi tous se retrouvèrent en son sein, une caverne creusée dans les parois ceinturant une partie de la colonie. Le Chef ayant expiré après qu'un bloc du bâtiment de communication lui ait broyé la cage thoracique, la plus grande anarchie régnait parmi les survivants, chacun y allant de son idée, de son débat, sans écouter les propos d'autrui. Un véritable capharnaüm vocal. La voix artificielle du Geth s'éleva sans peine pour couvrir les paroles des Quariens. Ces derniers ce retournèrent, interloqués par la plainte phonétique du synthétique.

"-Créateurs, nous devrions transmettre le signal de détresse aux relais maintenant que vos Omnitechs sont de nouveau fonctionnels. La situation est pressante pour nombre d'entre vous, et des soins nécessitant la présence d'appareils médicaux avancés sont à prévoir."


La honte sembla s'emparer des Quariens. Les têtes s'abaissèrent, des larmes coulèrent, et des reniflements pleureurs se firent entendre. Enfin l'un d'eux prit l'initiative d'envoyer le message, se désignant par ce geste comme le chef du groupe jusqu'à leur évacuation, et donc comme le responsable de a situation. Car à n'en pas douter envoyer ce genre de signal, c'était reconnaître son échec, avouant ainsi ne pas avoir su gérer les individus placés sous ses ordres. Pire! Il y avait eu des morts. Le Quarien venant d'envoyer le signal se condamnait ainsi à un exil quasi assuré. Mais il fallait quelqu'un pour assumer cet échec, et surtout pour appeler à l'aide. Il acceptait son fardeau, pour le bien de tous. Bientôt allait débarquer un transporteur débordant de marines Quariens escorté de bâtiments civils lourdement armés, aptes à oblitérer de larges zones. La procédure était simple dans ces cas là: évacuation immédiate des personnels, témoignage des survivants et mise en surveillance de la zone via les bâtiments en orbite jusqu'à la résolution du problème.

Déjà, au sein de l'ancienne flotte nomade, des Quariens se pressaient sous l'effet de la poussée d'adrénaline qui parcourait soudainement leur corps alors que les sirènes retentissaient. Un incident grave avait eu lieu dans les colonies de Rannoch. Une première. Une première angoissante. Pourvu que cela ne soit pas ce que tous ici craignaient de découvrir. Les vaisseaux décrochèrent une fois leurs composants organiques embarqués à l'intérieur. Ils se ruèrent vers le signal, capteurs en éveil, prêt à évacuer les colons survivants.

PSIG-09 les attendait.


Vous n'êtes pas responsable de la tête que vous avez mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites.
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Dernière édition par PSIG-09 le Mar 03 Fév 2015, 14:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Sam 10 Jan 2015, 20:18
Les appels d’Alessa ne servirent à rien. Ils demeurèrent sans réponse. La jeune femme ne fit qu’entendre ses propres appels qui lui revinrent sous forme d’échos. À croire qu’elle était dorénavant seule sur la planète-mère austère des Quariens ; seule sans personne pour répondre à ses cris désespérés. Et elle était de plus en plus inquiète. Elle commençait à vraiment craindre le pire pour les deux enfants quariens.

*Où sont-ils donc passés ? Pourquoi ne répondent-ils pas ?*

Alessa observa de nouveau la scène du crime. En dehors des empreintes de petits pieds qu’elle avait suivies depuis un moment déjà, aucune empreinte ne semblait appartenir à la malheureuse victime. Ce qui était parfaitement logique étant donné qu’Alessa avait aperçu de loin la traînée de poussière – lorsque le corps sans vie de ce Quarien adolescent avait dévalé le flanc de la colline pour venir s’écraser ici. Hélas, Kori et Naki étaient très légers et ils n’avaient laissé absolument aucune trace de leur récent passage aux alentours de la scène macabre. Dans quelle direction avaient-ils bien pu partir ?

*Ils ne sont pas revenus sur leurs pas ; sinon nous nous serions croisés. Ils n’ont probablement pas pu se mettre en tête d’escalader la colline en sachant que le corps avait dégringolé de son sommet quelques secondes seulement auparavant. En toute logique, ils auraient dû fuir dans la direction diamétralement opposée. À savoir…*

— Par là ! s’exclama la jeune femme à mi-voix.

Alessa faisait à présent face à une longue muraille en pierre s’étirant à l’horizon à plusieurs centaines de mètres de là. Les yeux posés sur la barrière naturelle, elle imagina sans peine cette façade en pierre percée de multiples cavernes peu profondes mais tout de même suffisamment sombres pour inviter deux enfants en bas âge à y trouver refuge en cas de fuite. Un abri de fortune inespéré pour de jeunes enfants tentant de fuir un monstre sanguinaire lancé à leurs trousses.

Alessa se précipita donc dans cette direction en faisant confiance à son instinct qui lui assura que c’était là le bon chemin à prendre. Elle couvrit toute la distance la séparant de la muraille en quelques minutes à peine. Elle avait les jambes longues et le souffle posé. D’ordinaire, elle aurait couvert cette distance sans même perdre une seule goutte de sueur ; mais sur Rannoch, les températures caniculaires faisaient que la jeune femme se retrouva très vite trempée de la tête aux pieds. Déjà qu’en ne faisant rien, elle transpirait plus que de raison ; alors si en plus elle s’adonnait maintenant à une petite course à pieds dans les collines…

En chemin, Alessa était tombée sur quelques jeux d’empreintes en tous points similaires à ceux qu’elle avait d’ores et déjà découverts plus tôt. Cela ne fit que la rassurer sur le fait qu’elle était bel et bien sur la bonne voie. Mais toujours aucune trace des deux petits Quariens.

*Pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé…*

Pour l’heure, elle gardait espoir. En dehors des empreintes des deux enfants, elle n’avait rien découvert laissant penser que Kori et Naki étaient poursuivis par l’individu qui avait tué l’adolescent quarien. De toute évidence, la vie des deux enfants n’était pas en danger. Personne ne cherchait à les réduire au silence. Ce qui avait le don de rassurer la jeune femme. Cependant, c’est un fait que les deux enfants ignoraient complètement. Ils ne se doutaient pas un seul instant qu’ils n’avaient rien à craindre. Et si, comme elle le redoutait, ils fuyaient à l’aveuglette, sans chercher à comprendre, ils risquaient dans le meilleur des cas de se perdre pour de bon ; ou bien… de finir leur course au fond d’une ravine ou d’un gouffre abyssal.

Alessa s’arrêta brusquement en imaginant déjà le pire des scénarii possibles. Elle ne devait surtout pas penser à ça. Surtout pas ! Elle secoua donc la tête et balaya de nouveau les alentours du regard. Tout près maintenant, la muraille en pierre culminait assez haut au-dessus de sa tête. Si haut même qu’elle semblait toucher les nuages. L’Asari n’aurait pas pris le risque de tenter l’escalade sans l’équipement adéquat. Aussi se douta-t-elle que cette idée n’avait pas non plus traversé la tête des deux enfants. Il aurait sans doute paru trop dangereux à leurs yeux enfantins de s’attaquer à un monstre pareil. Alessa était persuadée qu’elle ne trouverait pas de réponse là-haut, mais bel et bien ici bas. Une caverne. Elle était persuadée de trouver des réponses dans une grotte à proximité.

Observant le sol à ses pieds, elle repéra une empreinte partielle qui la guida vers le flanc de la falaise. Elle se lança sans attendre sur cette piste. Au bout des quelques minutes d’ascension nécessaires pour couvrir les derniers mètres la séparant du pied de la muraille, la jeune femme finit par tomber sur une petite cavité découpée à flanc de falaise. Trop petite pour être le repère d’un animal sauvage, le trou aurait pu passer pour une forteresse aux yeux d’un enfant. Peut-être Kori et Naki y avaient-ils trouvé refuge en tentant de fuir une menace qui n’existait pas. Alessa s’approcha lentement.

— Kori ? Naki ? Est-ce que vous êtes là ? Vous n’avez plus rien à craindre. Vous pouvez sortir.

Aucune réponse. Alessa appela de nouveau ; mais toujours rien. Avaient-ils trop peur pour répondre… ou n’étaient-ils tout simplement pas là ? En se rapprochant plus, Alessa découvrit qu’il s’agissait de la seconde hypothèse. La minuscule caverne était déserte. Nulle trace des enfants. Rien.

— Déesse ! jure Alessa en donnant un coup de poing dans la paroi en pierre.

L’Asari retint un cri de douleur en sentant la pierre lui entailler la chair et faire couler un peu de sang. Quelle idée aussi d’avoir voulu donner un coup de poing dans un mur en pierre… Tendant la main en avant pour observer l’étendue des dégâts, la jeune femme fut rassurée de découvrir que la plaie était au bas mot superficielle. Elle saignait, certes ; mais elle n’allait pas non plus en mourir dans la minute. En somme : plus de douleur que de mal. C’est alors qu’elle aperçut quelque chose au-delà de sa main. Baissant le bras, elle découvrit un petit tas de pierres bizarrement agencées à quelques mètres de là, le long de ce qui semblait être un petit sentier naturel sûrement dessiné par quelque créature sauvage vivant dans les parages. Elle décida d’aller jeter un œil à la mystérieuse construction.

Revenant donc sur ses pas, Alessa s’approcha du monticule de pierres. L’agencement de celles-ci n’était définitivement pas le fruit du hasard ou de la nature. C’était un signe : Kori et Naki étaient passés par ici. Et au vu du marquage laissé au sol, tout indiquait qu’ils avaient pris la direction de la haute muraille. Alessa était dubitative. Jamais elle ne se serait risquée à tenter d’escalader cette falaise à mains nues. Cette idée aurait-elle pu traverser contre toute attente l’esprit des enfants ? Elle espérait bien que non. C’était un truc à se rompre le cou ! Mais une fois encore : à leurs yeux, la raison devait faire bien pâle figure en comparaison de la peur de finir comme ce pauvre Quarien abattu froidement d’une belle en pleine tête. Sans perdre un instant, elle se relança à la poursuite des deux petits Quariens. Elle devait à tout prix les retrouver avant qu’ils ne mettent inutilement leur vie en danger.

Alessa découvrit plus loin que la muraille faisait un coude dans la direction où étaient partis les fugitifs. Elle découvrit aussi qu’ici la falaise était moins haute et qu’il serait éventuellement possible de tenter de l’escalader même sans posséder l’équipement adéquat. Et de fait, en forçant sur sa vue, la fugitive asari crut deviner à quelques mètres au-dessus du sol deux petites silhouettes qui se fondaient pour ainsi dire complètement dans le paysage. S’agissait-il des deux enfants quariens ?

— Kori ! Naki ! hurle-t-elle en se servant de ses mains pour amplifier son appel.

Alessa ignorait si les deux enfants l’avaient ou non entendue. Elle se précipita sur leurs traces, rassurée de les savoir encore en vie pour l’instant. Pourvu qu’ils ne se cassent pas le cou en chutant de la falaise. Alessa courut aussi vite qu’elle le put pour les rattraper avant d’être témoin d’un terrible accident.

Arrivée finalement au pied de la muraille, elle reconnut bel et bien les combinaisons de Kori et de Naki. Levant les yeux, elle se rendit compte que les enfants étaient déjà à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol et bien loin encore d’avoir atteint le sommet de la falaise. L’Asari les appela d’en bas.

— Les enfants, c’est moi : Alessa. N’essayez pas de regarder en bas. Gardez les yeux devant vous.

Les laisser poursuivre leur ascension ne servirait à rien ; et leur demander de descendre était hors de question. Monter était toujours plus simple que de redescendre lorsqu’il s’agissait d’escalade. Elle ne pouvait pas laisser Kori et sa sœur prendre un risque inconsidéré en leur demandant de redescendre. Aussi trouva-t-elle une toute autre solution. Elle allait se servir de ses capacités biotiques.

— Les enfants, écoutez-moi attentivement. Je vais vous aider à redescendre ; mais pour ça, il va falloir me faire confiance. D’accord ? (Alessa peina à entendre leur réponse. À vrai dire, elle n’entendit même rien du tout. Elle espérait cependant qu’eux l’avaient comprise. C’était somme toute le plus important.) Naki, quand je te le dirai, tu vas lâcher la paroi et te laisser tomber en arrière, d’accord ? Est-ce que tu m’as entendue, Naki ? N’aie pas peur : je suis là pour te rattraper. Tu peux me faire confiance. Tu n’as rien à craindre. Je suis là pour vous aider, ton frère et toi. Tu es prête ?

Alessa concentra ses pouvoirs biotiques et demanda à Naki de sauter. Mais la jeune fille refusa car elle était tétanisée. Son frère se rapprocha tant bien que mal d’elle afin de lui parler. Mais Alessa était trop loin pour entendre ce qu’il lui dit. Mais de toute évidence, Kori parvint finalement à rassurer sa petite sœur car l’enfant finit par lâcher prise et se laisser tomber dans le vide.

Immédiatement après, Alessa libéra une vague d’énergie qui enveloppa la jeune Quarienne comme un cocon protecteur. Sa chute brusquement interrompue, l’enfant redescendit lentement vers le sol sans risquer une mort certaine. Quand ses pieds touchèrent enfin la terre ferme, Naki s’écroula en versant toutes les larmes de son petit corps. Alessa se serait bien précipitée à ses côtés pour la rassurer, mais elle tenait d’abord à mettre également Kori à l’abri de tout danger.

— À ton tour, Kori. Vas-y ! Saute !

Le jeune garçon hésita un instant avant de finalement obtempérer lui aussi. Alessa le rattrapa en plein vol comme elle l’avait fait l’instant d’avant avec sa petite sœur, avant de le ramener en sécurité sur la terre ferme. Elle accourut ensuite à leurs côtés pour les rassurer et s’assurer qu’ils allaient bien.

— Vous n’êtes pas blessés ? leur demanda-t-elle, inquiète. Vous n’avez rien de cassé ? C’est fini. Vous n’avez plus rien à craindre. Tout est terminé maintenant. Du calme. Tout ira bien à présent.

Elle les serra un instant dans ses bras en soupirant de soulagement. Ils étaient sains et saufs.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Mar 27 Jan 2015, 17:56
Les jumeaux tremblaient encore de leur escapade dans les montagnes. Le saut qu’ils avaient dû effectuer du haut de la falaise résonnait comme un écho dans tout leur être. Les jambes flageolante de l’angoisse vécue, les deux Quariens suivaient à présent Alessa à travers le chemin qu’ils avaient parcouru auparavant. Racontant la peur qu’ils avaient ressenti lorsque le corps de Narty avait dégringolé du sommet, Naki en séchait encore ses larmes, hoquetant durant son discours. Alessa, de son coté, tentait de calmer la jeune Quarienne à l’aide de mot rassurant et calme. Kori suivait leut petite conversation de loin. Du moins, son esprit se trouvait loin, refoulant dans un coin de sa tête le corps sans vie devant lequel il s’était retrouvé. Son cerveau analysait froidement les conséquences des évènement, comme il l’avait souvent fait. Lorsque que quelque chose arrivait, quelque chose de normalement traumatisant, Kori l’appréhendait de façon totalement neutre, froide, presque inhumaine. Une façon bien à lui de se protéger des évènements. Son instincts bloquant toute émotion qui risquerait de le mettre en danger, ou du moins de l’affecter d’une quelconque manière.
C’était cet aspect de sa personnalité qui effrayait les autres et qui le poussait à se s’éloigner du reste des enfants de son âge. Cette aptitude à refouler ses émotions était mal vue, ce que le Quarien ne comprenait pas, ce trait de caractère paraissant naturel à ses yeux.

Le retour jusqu’à la colonie se fit tranquillement, à l’arrivée aux champs, les jumeaux questionnèrent Alessa au sujet de leur mère. En effet, la Quarienne ne se trouvait pas dans les parages. Les enfants l’appelèrent pourtant, rien n’y faisait, aucune réponse de Sélina. Après plusieurs tentatives, il fut décidé de retourner à la colonie. Si Sélina s’était montré absente, une toute autre surprise les attendait au retour. Un carnage. Aucun autre mot ne permettait de décrire ce qui se présentait sous leur yeux. Le centre de communication n’était plus qu’un tas de cendres fumantes, un amas de carlingue parsemé de corps déchiquetés éparpillés tout autour. Une multitude de Quarien accouraient de part et d’autre du centre, certains criaient des ordres, d’autres hurlaient à la mort. Des cri, des pleurs, autant d’horreur que l’Asari tentait vainement d’épargner aux enfants en accélérant le pas.

- Les enfants !

Un cri de soulagement pur vibra dans l’air pesant de Rannoch. Sélina, le regard plus fatigué que jamais, de longs sillons de larmes séchées parcourant ses joues.

- Où est-ce que vous étiez passés ? Demanda-t-elle, un ton rendu furieux par l’angoisse.

Elle le serra à nouveaux dans ses bras. Tendant vers Alessa un regard plein d’une gratitude éternelle. Kanor arriva à son tour. Serrant brièvement ses enfants, il ordonna à sa femme de les ramener en lieu sûr sans plus tarder et, n’ayant nul besoin de s’assurer de ce fait, leur père entama pour l’Asari une explication détaillée de la catastrophe sans pareille dont ils avait dû faire face. Alors entraînés par leur mère, Kori parvint à jeter un dernier regard sur l’hécatombe. La voix de son père lui parvenait de plus en plus faible, un drone avait été retrouvé parmi les décombres et nombre de Quarien était mort dans l’explosion. Le reste demeura incompréhensible à ses oreilles et, comme tout enfant se le devait dans pareille situation, il fut ramené vers la zone de rassemblement, renfoncement rocheux à quelques pas du village. Sur place, les enfants Quariens attendaient, quelques mères s’étaient portées volontaire pour les surveiller tant que le problème perdurerait et que les secours ne seraient pas arrivés à la colonie. Kori n’attendit pas plus longtemps avant de questionner sa mère.

- Qu’est-ce qu’il se passe maman ? Demanda Kori sans une once d’inquiétude dans la voix.

Rien qu’une analyse froide des évènements, toutes ses sensations retranchées au fun fond de son esprit. Bien présent, il n’était qu’un enfant comme un autre après tout, mais exclue de ces gestes. Toutes ces émotions, il les ressentaient bien évidemment, mais ne parvenait pas à les retranscrire par des gestes, par des paroles. Tout ce qu’il pouvait faire était d’attendre que ses sensation s’arrêtent d’elle même et ne viennent plus le tirailler de l’intérieur.

- Rien, mon chéri, le rassura-t-elle bien qu’un soupçon de crainte ne parvenait pas à être filtré dans sa voix. Tout va bien, vous allez rester ici d’accord ? Dahlia est là pour veiller sur vous.

D’un signe de tête, elle désigna une Quarienne âgée dont l’armure blanche jurait avec l’aspect gris et sombre de la roche alentour. Sélina embrassa une nouvelle fois ses enfants et, s’assurant que la vieille Quarienne soit bien venu accueillir ses progénitures, partit en trombe pour venir en aide à la colonie.

Dahlia, la gardienne d’un jour, accompagna les jumeaux dans un coin du point de rassemblement. Assise dans un coin, une enfant pleurait à chaude larme, rassurée par d’autre amis. Les pleurs résonnait partout dans l’abri et les adultes dans les environs ne parvenaient pas à consoler chacun d’entre eux. Naki reconnut immédiatement son amie. Partageant ses larmes, elle parvint tout de même à se renseigner sur ce qu’il s’était passé. toutefois, tant son amie éprouvait de lourdes difficultés à calmer ses sanglots, un des Quariens présent répondit à sa place, la voix également tremblante.
Il raconta en détails plus ou moins précis le déroulement du désastre. Sans raison apparentes, une explosion sans précédent avait fait trembler la colonie, réduisant à néant les bâtiments alentours.

- Et juste après, plus aucun omnitechs ne fonctionnaient.

Il renifla.

- Tout le monde perdait connaissance et se sentait mal, tout le monde criait et...C’était horrible...

Ces dernières paroles faiblirent tant sa voix peinait à garder sa puissance.

- Heureusement que Bodou est venu, il a aidé tout le monde.

Naki et le petit Quarien poursuivaient leurs discussions. Kori quant à lui s’était diriger à pas lents vers l’entrée du point de rassemblement, accusant réception de la demande de la vieille Quarienne de ne pas s’éloigner par un hochement de tête, il atteignit la limite de l’abri. De là, il pouvait entendre les clameurs agitées au loin. Il se remémora la nuit ou le Geth s’était retrouvé, dans leur maison. Cette nuit ou la surprise était parvenu à lui faire connaître un moment de terreur.
Bodou...Il frissonna à ce nom. Une pensée lui vint en tête. Ils n’avaient pas eu l’occasion de prévenir son père de la découverte du coup de feu et du corps sans vie de Narty. Quelqu’un n’était pas présent dans la colonie pendant l’explosion, quelqu’un qi avait profiter du carnage pour régler ses comptes. Ou l’inverse...
Kori se décida, incapable de rester plus longtemps. Il devait prévenir son père au plus vite. Le Quarien portait peut être la parole qui lui ferait prendre conscience que quelqu’un n’était pas ce qu’il prétendait être. Oui, lui saurait quoi faire.

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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Mar 03 Fév 2015, 14:24
La situation évoluait tranquillement dans le sens qu'il souhaitait. Quelques petites minutes encore et les vaisseaux Quariens débarqueraient pour opérer leur évacuation. PSIG-09 n'était pas tout-à-fait certain de pouvoir se faire accepter à l'intérieur de l'un d'entre eux, mais il comptait sur le soutien des survivants qui, après tout, devaient leur survie apparente aux soins du bon samaritain Geth. Mieux encore, quelques Aliens avec lesquelles il avait noué une amitié naissante se tenaient encore debout. Un soutien de poids pour sa future argumentation. Le Geth s'était d'ailleurs rapproché d'un couple avec deux enfants et tentait de les apaiser, en essayant de faire rires les petits bouts de choux grâce à son programme d'interaction dont l'optimisation avait été rendue possible par son intégration au sein de cette petite communauté.

Soudain, un petit enfant se détacha de la troupe. Les capteurs en éveil, le Geth n'eut aucun mal à reconnaître l'individu. Une alerte sonna alors dans la tête du synthétique. Ce minuscule bout de viande ne lui disait rien qui vaille. Il devenait nécessaire d'agir. Même si il doutait que ce consommable puisse lui porter préjudice, ce n'était, après tout, qu'un enfant, PSIG-09 resta fidèle à lui-même, et préféra courir au-devant d'éventuels problèmes. Il avertit le couple avec lequel il interagissait.

"-Créateurs, un enfant inconscient s'échappe de votre sphère de protection. La colonie n'est pas sûre, il nous faut le ramener en ce lieu et l'éduquer, pour son bien."


Le mari tourna la tête dans la direction pointée par PSIG-09, et aperçut le petit bonhomme commencer une course maladroite vers l'extérieur de la zone de rassemblement. Un appel de sa part ne produit aucun effet sur l'enfant, aussi se lança-t-il à sa poursuite sans cesser de lui crier dessus.

"-Petit, mais que fais-tu bon sang?! Reviens tout de suite par ici!"

Dans quelques secondes le dénommé Kori allait être rattrapé par les grandes enjambées de l'adulte lancé à sa poursuite. Il le ramènerait au point de sécurité et mettrait un terme à ses potentielles élucubrations. Mais le Geth voulut s'assurer qu'aucunes paroles susceptibles de jeter le trouble dans la colonie à son propos ne franchissent ses lèvres. Aussi ouvrit-il un canal local entre lui et le petit Quarien. Décidément, la combinaison de ces Aliens présentait de très nombreux avantages se dit-il. Une voix féminine, copiée à partir de plusieurs échantillons vocaux de Quariennes de la colonie, résonna alors dans la casque de l'enfant.

"-Petit mâle, cesse donc de courir bêtement, et retourne sans un mot vers nous. Oublie tes pensées tordues, et viens reprendre contact avec notre monde. Car si tu n'es pas sage, ton papa, ta maman, et ta sœur, seront tués. Oui, ils rejoindront la poussière. Ils n'existeront plus. Par TA FAUTE!.... Alors sois sage petit mâle. Sois sage..."


Au loin, les vaisseaux Quariens de secours venaient de pénétrer la troposphère. Ce n'était dès lors plus qu'une question de minuscules minutes avant l'évacuation générale de la colonie.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Jeu 05 Fév 2015, 17:05
La route du retour se révéla pour le coup bien moins fastidieuse que celle de l’aller. En effet, Alessa ne portait plus sur ses épaules le poids de la peur qu’il soit arrivé un malheur aux deux enfants. Ils étaient en vie et n’étaient pas blessés. C’était de loin le principal. Après, il est vrai qu’ils ne sortiraient pas non plus totalement indemnes de cette épreuve. Pour cause : ils avaient été témoins de la découverte d’un corps sans vie encore chaud ayant dégringolé la colline avant de venir finir sa course à leurs pieds. Un adulte en pleine possession de ses moyens et de ses facultés aurait sans nul doute perdu l’esprit face à une telle chose ; alors deux jeunes enfants encore innocents dont l’imagination n’avait guère de limite… Alessa n’osait même pas imaginer quel calvaire cela devait être pour eux.

Progressant mine de rien rapidement, l’Asari et les deux enfants quariens n’étaient désormais plus très loin du secteur agricole où Alessa avait abandonné la mère des jumeaux. Les deux enfants tremblaient encore de la terrible mésaventure à laquelle ils avaient été confrontés. Plusieurs dizaines de minutes s’étaient d’ores et déjà écoulées depuis qu’Alessa les avait retrouvés, mais quand bien même la jeune femme avait fait de son mieux pour calmer leur crainte et leur appréhension, elle n’était pas vraiment parvenue à les rassurer totalement. C’était là le travail d’une mère. Et justement, Kori et Naki avaient besoin de leur mère ; ils avaient besoin de la serrer dans leurs bras et la sentir tout près d’eux pour ne serait-ce que pouvoir entamer le long et épuisant travail de convalescence.

Enfin revenue sur la route principale, Alessa pénétra finalement dans les champs pour n’y trouver pas âme qui vive. Sélina n’était plus là. La Quarienne avait… disparu. Ses enfants eurent beau l’appeler, elle ne répondit pas. Alessa découvrit alors avec stupeur un épais nuage de poussière s’élevant au-dessus de la colonie quarienne. De nombreuses colonnes de fumées assombrissaient également le ciel et c’est seulement maintenant qu’elle se rendit compte que ce qu’elle pensait être le souffle du vent était en réalité des cris venant justement de la colonie. Elle les percevait très clairement à présent.

*La secousse !* s’exclama intérieurement la jeune femme. *Il y a eu une explosion !*

Cela lui était complètement sorti de la tête. Le fait d’avoir craint qu’il soit arrivé malheur à Kori et à sa sœur avait éclipsé de son esprit la terrible explosion qui avait fait trembler la terre et coupé toutes les communications dans un rayon suffisamment vaste pour qu’elle-même n’ait pu reprendre contact avec Sélina depuis qu’elle avait retrouvé ses enfants sains et saufs. Ce n’est qu’en voyant toute cette fumée que tout lui revint subitement en mémoire. La colonie avait été attaquée !

Sans hésiter un seul instant, Alessa entraîna Kori et Naki vers la colonie. Elle était certaine d’y retrouver Sélina. Les Quariens tenaient leur communauté en très haute estime ; aucun d’entre eux n’aurait pris la fuite suite à un tel cataclysme en abandonnant un des siens en arrière. Au contraire, il aurait accouru sur les lieux du sinistre pour venir en aide aux plus nécessiteux. Sélina serait donc là-bas, et elle serait soulagée de retrouver ses enfants ; et eux de même.

En pénétrant dans l’enceinte de la colonie, Alessa ne put se retenir de pousser un hoquet de stupeur. Ses yeux se posèrent sur le véritable carnage qui avait dévasté le petit village quarien. Instinctivement, elle tira les enfants dans son dos pour tenter en vain de protéger ce qui leur restait encore d’innocence. Elle tenta de les soustraire à cet horrible spectacle, mais c’était peine perdue. Les cris étaient partout : des cris apeurés et des cris de douleur ; des cris d’angoisse et des cris de désespoir ; des cris d’agonie. Et l’odeur de la mort planait dans les moindres recoins de ce qui restait de la colonie. Où que ses yeux se posaient, Alessa voyait des corps sans vie qu’elle ne pouvait même pas reconnaître à cause de leur combinaison déchiquetée ou calcinée. L’espace d’un instant, la jeune femme se crut revenue quelques mois en arrière, durant la Grande Guerre. Cela y ressemblait beaucoup.

Ses mains se mirent à trembler et elle retint son souffle en voyant déferler de vieux souvenirs.

Alessa revint à elle en entendant le cri de soulagement d’une femme :

— Les enfants !

Elle vit accourir Sélina dans sa combinaison jaune rehaussée de gris ici ou là. Impossible cependant de vraiment voir son visage derrière son masque couvert de suie et de poussière. Mais l’Asari ne doutait pas que des larmes de soulagement couvraient à présent les joues de la mère qui moins d’une minute auparavant devait encore être en proie à une angoisse sans précédent. Cela s’entendait dans sa voix, quand elle ajouta vivement :

— Où est-ce que vous étiez passés ? (Son ton avait beau être furieux et angoissé, c’était probablement là la plus belle déclaration d’amour d’une mère envers ses enfants.)

Alessa les observa un moment en silence : la mère et ses enfants serrés dans ses bras. Sélina leva alors la tête vers elle et malgré la crasse couvrant la visière de son casque, Alessa se douta que le regard de la femme exprimait une gratitude éternelle. Les mots ne servant à rien dans ce genre de situation, elle se contenta d’un hochement de tête et d’un sourire sincère. C’était amplement suffisant.

Des bruits de pas précipités précédèrent l’arrivée de Kanor qui fut également rassuré de voir ces enfants sains et saufs. Il les serra brièvement dans ses bras, avant d’ordonner à sa femme de les emmener en lieu sûr dans la caverne servant de refuge. La femme s’exécuta sans un mot et entraîna sa progéniture à l’abri des cris qui continuaient de résonner à travers toute la colonie.

Alessa pour sa part demeura sur place, aux côtés de Kanor car elle se doutait que son aide sera requise pour la suite des événements. Son passé de militaire reprenant le dessus, elle demanda au Quarien :

— Que s’est-il passé ici ? J’ai entendu une explosion et ai senti une violente secousse. La colonie a été attaquée ? (L’explication détaillée que lui donna Kanor ne la rassura en rien.) Autant de morts ? (Elle se doutait qu’il devait y en avoir bien plus. Ils n’avaient pas dû avoir encore le temps de tous les compter.) Et vous dites que c’est un drone qui a explosé ? C’est étrange. (Mais pas forcément impossible. Il était de notoriété publique que les Quariens collectionnaient les technologies de seconde main faute d’être en mesure de pouvoir produire par eux-mêmes ce dont ils avaient besoin. Peut-être le drone incriminé était-il défaillant depuis un moment déjà sans que son propriétaire ne s’en soit rendu compte. Quand bien même cela aurait été étonnant, ce n’était pas improbable non plus.) Et maintenant ? Que faire ? demanda la jeune femme en balayant du regard la colonie dévastée.

Le Quarien fit mention d’un message d’alerte envoyé aux colonies les plus proches au moment-même où était survenu l’accident. Les secours étaient déjà en chemin. Ils seraient là d’ici quelques dizaines de minutes. En attendant, le mieux qu’ils avaient à faire était de secourir autant de sinistrés que possible et stabiliser autant de blessés que le leur permettraient leurs moyens à présent limités. Elle acquiesça et ne perdit pas un instant. Kanor et elle se précipitèrent pour venir en aide aux nécessiteux. Ensemble, ils libérèrent une femme piégée sous les décombres de sa demeure en ruines ; puis un enfant s’étant recroquevillé sous une poutre instable et qui refusa de sortir de sa cachette avant qu’Alessa ne trouve les mots juste pour le contraindre à surmonter sa terreur. Ils le confièrent à la femme qu’ils venaient juste de secourir et les regardèrent prendre la direction du refuge avant de retourner aider les autres colons.

Kanor finit par abandonner Alessa quelques minutes plus tard. En tant que plus haut gradé de la colonie, sa présence était requise ailleurs de toute urgence. Alessa se retrouva seule à soigner les plaies ouvertes d’un Quarien dont la combinaison ne le protégeait plus de son environnement extérieur. Mais il fallait parer au plus urgent et ses blessures nécessitaient d’urgence un traitement. Ils auraient tout le temps de se préoccuper des risques bactériens plus tard. Du moment qu’il survivait, c’était le principal.

— Merci, lui souffla le Quarien une fois son bras soigné avec les moyens du bord, à savoir un peu d’eau, de médi-gel et une large bande de tissu arrachée à la tunique légère que portait l’Asari pour se protéger de la chaleur caniculaire de Rannoch.
— Vous pouvez vous rendre au refuge tout seul ? lui demanda-t-elle. Talia y sera sûrement. Et elle aura probablement le nécessaire pour mieux traiter votre blessure. Vous pensez pouvoir vous en sortir ?
— Oui, acquiesça le Quarien en se remettant debout. Merci pour tout.

Alessa le regarda partir avant de percevoir un mouvement du coin de l’œil : un enfant courait au milieu des décombres encore fumants de la paisible colonie dévastée ; un enfant dont elle reconnaissait sans mal la combinaison verte.

— Kori ? (Bien entendu, elle était trop loin de l’enfant pour qu’il l’entende.)

Mais quand elle fit un pas en avant dans sa direction, des Quariens affolés passèrent dans son champ de vision et Kori disparut. Elle balaya les environs du regard pour le retrouver ; en vain.

*Où est-il encore passé ?*

Plus inquiète pour la survie de l’enfant que pour celle des autres colons, Alessa se lança à sa poursuite plutôt que de venir en aide aux malheureux ayant besoin de soins. Par chance, les secours arrivaient. Alessa entrevit des vaisseaux approchant dans le lointain. Les blessés recevraient donc des soins sous peu. La question était de savoir où était parti Kori…


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Dim 08 Fév 2015, 21:48
Le Quarien se stoppa net dans sa course. Cette voix, douce voix de Quarienne et pourtant si froide, presque irréelle, lui avait glacé le sang jusqu’aux os. L’ordre était simple, clair et intraitable. Revenir en place, ou mettre toute sa famille en danger...Kori restait sur place, incapable de se décider. Il voulait aller voir son père, le prévenir de ce qui se passait, lui dire que quelqu’un tentait de leur faire du mal. Impossible, s’il en parlait à quiconque, qui sait ce qui leur arriverait ? Et Naki qui était toujours dans la grotte. Rapidement, Kori se remémora les Quariennes présente dans l’abri, qui que ce fut, elle l’avait vu quitter la grotte en courant. C’était forcément quelqu’un de là bas. Naki était en danger !

Un sombre image traversa son esprit, celle du corps sans vie de Narty, dévalant la falaise. Cette image voguait sans cesse dans un coin de sa mémoire depuis les évènements, lui laissant un creux dan le coeur, un cri incapable de s’extraire de son corps. Puis, pointant au loin, la soudaine compréhension qu’ils avaient été vus alors qu’il que l’horreur dégringolait à leur pieds. Sinon, comment quelqu’un aurait-il pu se douter qu’il s’apprêtait à parler à son père de ce qui le tracassait ? Il hésita, ses pas l’avait déjà emmener à bonne distance de la grotte qui leur servait d’abri, et la route jusqu’à son père était encore longue. Sa père, sa mère, sa soeur, tous potentiellement en danger par un être sans scrupule et chacun dans un coin de la colonie. Son père et sa mère étaient de grandes personnes, mais Naki...Il pouvait toujours tenter de la joindre, mais rien ne lui prouvait que la Quarienne qui leur en voulait n’entendrait pas sa discussion.

Son dilemme fut de courte durée. Quelqu’un le rattrapa, une main dure se posa sur son épaule. Perdu qu’il était dans ses pensées, Kori n’avait pas aperçu le Quarien adulte qui courait à son encontre. Lorsqu’il l’enserra pour le porter, le petit Quarien poussa un cri de surprise, un râle ou se mêlait l’étonnement et la peur de s’être fait prendre pour de bon.

- Calme-toi petit ! Tenta de l’apaiser le Quarien. C’est fini, on va te ramener en lieu sûr.

Mais Kori n’entendait rien de ce que lui disait son comparse adulte. Il gesticulait dans les bras du Quarien, tentant tant bien que mal de se libérer de son étreinte alors que le pauvre homme ne souhaitait que le bien du petit. Mais le message résonnait encore d’une voix claire et intimidante dans son esprit. Il criait, hurlait son père et sa mère, faîte qu’un des deux puisse l’entendre, il devait les tenir au courant, il devait les protéger !
D’un geste ferme et assuré, Kori se retrouva transporté à son point de départ, déposé comme l’enfant qu’il était, au milieu de l’abri, celui même où le petit Quarien était persuadé qu’un ennei s’u trouvait. Car ce genre de personne était un ennemi, un méchant, de ceux contre qui leur père les avait mis en garde. Ces gens qui ne vivaient que dans les cauchemars du Quarien se trouvaient à présent sur Rannoch et c’était spécialement adressé à lui.
Il tourna la tête de droite à gauche, cherchant désespérément à apercevoir sa soeur. Rapidement, elle accourut vers lui.

- Calme-toi maintenant, d’accord ? Le rassura la vieille Quarienne, gardienne attitrée de l’abri. Ton papa et ta maman vont bientôt revenir. repose-toi un peu petit ?

Dans la petite colonie, la plupart des gens se connaissait et la liste des morts devait commencer à arriver et l’homme avait du reconnaître le jeune fils de Kanor’Penyo. La voix de la vieille Quarienne sonna comme une arme tranchante aux oreilles de Kori, pourtant, sa voix tremblait d'une peur et d'une pression contenues, dues aux évènement, et qui jurait parfaitement avec celle qui l'avait agressée quelques minutes plus tôt.

- Kori ! S’écria Naki, horrifiée. Où est-ce que t’étais passé ?

Kori sonda l’abri dans lequel il se trouvait, cherchant du regard un individu qui pourrait lui apparaître suspect. Mais qu’est-ce qui pouvait bien avoir l’air suspect aux yeux d’un Quarien de neuf ans ? D’un geste vif, il se releva, remercia vaguement le Quarien qui l’avait ramené et entraîna sa soeur dans un coin de la grotte. Un coin qui se voulait isolé au vu de l’agencement de l’abri et du nombre de rescapé enfant s’y entassant. Au loin, il pouvait entendre les voix d’adulte discuter en lui lançant des regards inquisiteur. Sa réputation d’enfant dans la lune et constamment en vadrouille sans conscience des risques était bien connue dans la colonie. Une fois que le frère de Naki eut l’impression que personne, hormis les adultes plus loin, ne les écoutait, il entreprit de confier le message transmis dans son casque. À la fin de son récit, sa soeur gardait la bouche ouverte, stupéfaite des propos de son frère. Evidemment, la Quarienne attribuait une vérité absolue aux dires de son frère.

- Kori...

Elle semblait de plus en plus apeurée par les évènements.

- Il faut qu’on aille le dire à papa...

- On peut pas Naki, se lamenta le Quarien, si on prévient quelqu’un, il tuera tout le monde !

La Quarienne eut un hoquet de surprise à l’annonce du verbe “Tuer“.

- Alors qu’est-ce qu’on fait Kori ?

Elle même se mettait à lancer des regards inquiets dans tous les sens, chaque personne présente devenant soudainement quelqu’un de sombre et potentiellement dangereux.

- Je sais pas...

Il remua la tête de gauche à droite, un mal de crâne pointant le bout de son nez.

- Je sais pas…

Et ils restèrent là, recroquevillés dans un coin de l’abri, complètement terrorisés, espérant qu’une intervention divine fasse apparaître quelqu’un capable de leur venir en aide.



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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Dim 15 Fév 2015, 14:39
Un vaisseau d'évacuation se posa brusquement sur la surface de la colonie, écrasant les débris et les cadavres qui jonchaient le sol. Visiblement l'amirauté Quarienne prenait l'accident très au sérieux. Le temps n'était pas à la finasserie. On atterrit, et on évacue, sans autre forme de procès. Au-dessus d'eux, quelques vaisseaux balayaient la zone alentours par des tirs de petits calibres, interdisant de ce fait un assaut terrestre sur la colonie. Un tir de barrage efficace, si ennemi il y avait eu. L'événement de la colonie avait produit un peu trop de tension qu'il ne l'avait prévu. PSIG-09 se fit cette réflexion. Il pensa également son évacuation compromise. Les marines Quariens semblaient être particulièrement sur les nerfs, à mille lieux du profil type de leur race. Le vaisseau de transport vomit une trentaine de soldats qui se portèrent sur l'instant vers les différents groupes encore en vie. PSIG-09 devait faire vite. Il n'était pas exclu qu'une des tirs fusent vers lui dans les quelques secondes à venir. Aussi se rapprocha-t-il sans plus tarder de l'Asari qu'il venait d'apercevoir, ayant à son sujet un plan de rechange. Se réfugiant dans son dos, il l'appela lâcha un appel à l'aide.

"-Asari, veuillez protéger cette présente plateforme de toute méprise malheureuse. L'incident de ce lieu a assez fait de victimes comme cela. Inutile d'en rajouter davantage. De plus je souhaite couper court à toute rumeur néfaste pour les relations Getho-Quarienne. Votre aide est requise Asari. Sauvez-moi, par la déesse."

Déjà les marines empoignaient avec vigueur les survivants, quand d'autres hurlaient les ordres d'évacuation en pressant leurs congénères vers le vaisseau. L'acte final allait se dérouler. PSIG-09 jouait son va-tout. Les marines, vu leur état de stress évident, ne s'encombreraient pas de lui. Peut-être sauront-ils garder leur sang-froid et se contenteront de le laisser planter là.

La surprise de l'Asari se lut dans ses yeux. Le Geth attendait son verdict, tandis que l'ensemble de son corps se préparait à un éventuel combat. Au vu de la disposition de tout ce petit monde, il repérait déjà les itinéraires propices à sa fuite, le nombre de marines en mesure d'ouvrir le feu sur lui lors d'une première bordée et la disposition physique de l'asexuée.



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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Lun 16 Fév 2015, 21:47
Alessa fut incapable de retrouver la moindre trace de Kori. Elle avait pourtant exploré près de la moitié des ruines de la colonie dévastée sans parvenir à mettre la main sur l’enfant. Au bout d’un moment, il lui vint à l’esprit qu’elle avait peut-être tout simplement halluciné. Il y avait beaucoup de poussière et de fumée dans l’air ; et si les Quariens étaient pour la grande majorité d’entre eux épargnés par elles, en raison de leur casque filtrant l’air qu’ils respiraient, ce n’était pas son cas à elle. D’ailleurs, Alessa se mit à tousser tandis qu’une rafale de vent venait soulever un nouveau nuage de poussière. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte que ce mouvement d’air était imputable aux propulseurs des vaisseaux de sauvetage venus porter secours aux colons blessés. L’un de ces vaisseaux venait juste de se poser à quelques centaines de pas de l’Asari.

Détournant la tête au moment où un nouveau souffle d’air balaya le sol de la colonie couvert de cendres, Alessa posa les yeux sur un corps sans vie étendue à quelques mètres de là. Celui d’une femme – à en juger par sa combinaison écarlate dévoilant des courbes féminines. Une tige en métal était enfoncée dans sa cage thoracique si profondément qu’elle empêchait son corps de reposer complètement à plat sur le dos. Elle avait dû se trouver tout près de l’endroit où s’était produite l’explosion ; et la barre en métal, soufflée par la déflagration, lui avait accordé une mort rapide et pratiquement indolore.

Mais ce n’est pas tant ce qui retint l’attention d’Alessa ; ce n’est pas la raison pour laquelle le souffle de la jeune femme se coupa brusquement. Le fait est que cette scène macabre fit remonter à la surface un souvenir profondément enfoui au fond de sa mémoire ; un souvenir qui remontait à une trentaine d’années de ça maintenant. Le jour où Tarana avait manqué perdre la vie elle aussi.

— Où est-elle ? Où est Tarana ? s’écria la voix d’Alessa. (Mais ce n’est pas elle qui parlait. C’était bien sa voix, mais elle résonnait par-delà les années. Une voix qui tremblait de panique et d’appréhension.) Je veux la voir tout de suite. Où est-elle ?
— Elle est encore au bloc opératoire, lui répondit une douce infirmière qui tenta tant bien que mal de la calmer ; mais ce n’était pas gagné d’avance. (Alessa était fébrile. Et d’une pâleur inquiétante.)
— Que s’est-il passé ? Que lui est-il arrivé ?
— Je ne suis pas habilitée à vous en dire davantage, se désola l’infirmière. Je ne peux donner de détails qu’aux membres de sa famille et à personne d’autre.
— Elle n’a plus personne. Elle… Elle n’a que moi.
— Je suis navrée. (Elle était sincère.) Je vais devoir vous demander de bien vouloir patienter un peu en salle d’attente. Dès que le chirurgien sera sorti du bloc, je lui demanderai de venir vous voir.

Alessa hocha la tête. Elle formula un vague « merci » avant de se rendre en salle d’attente. Elle n’avait plus tellement conscience ni de son corps ni de son environnement. C’était comme si elle avait la tête dans le brouillard. Elle n’avait aucun réel contrôle sur son corps. Il agissait instinctivement. Elle n’avait besoin de lui donner aucun ordre. On eût dit que son esprit s’était absenté. Comme si elle était morte à l’intérieur. Et ce n’est que quatre heures plus tard qu’elle recouvra brusquement toutes ses facultés.

— Demoiselle N’Mara ? (Alessa redressa brusquement la tête.) Je suis la doctoresse T’Vanari. J’ai cru comprendre que vous étiez une proche de la Demoiselle T’Vora ? (Alessa se contenta simplement de hocher la tête.) La Demoiselle T’Vora n’a-t-elle pas de la famille que nous pourrions contacter ?
— Non, répondit Alessa en secouant la tête, les joues baignées de larmes. Elle n’a personne d’autre.
— Vous êtes…
— Sa compagne, répondit Alessa. Du moins je l’étais. Nous… Nous sommes actuellement séparées. Je ne pense pas… Comment va-t-elle ? Je vous en prie, dites-moi ce qui s’est passé.

La doctoresse dut la prendre en pitié car elle hocha la tête en silence avant d’inviter Alessa à s’asseoir. Puis elle lui raconta en détail ce qui s’était passé. Tarana avait eu un grave accident durant une mission de routine. Elle avait reçu deux balles en pleine poitrine et souffrait par ailleurs d’une compression de l’épine dorsale la menaçant de paraplégie. Elle avait survécu au bloc opératoire et ses jours n’étaient plus en danger ; mais elle n’était pas encore sortie d’affaire. Les médecins avaient fait tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver sa colonne vertébrale, mais ce serait à Tarana de finir le travail. Elle avait désormais toutes les cartes en main. Ce serait une question de volonté et de détermination ; mais elle pourrait recouvrer toutes ses facultés avec le temps.

— Oh, Tarana…, souffla Alessa en entrant dans la chambre de sa compagne.

La créature éthérée à la peau bleue était étendue dans un lit d’hôpital. Rien que cette vue fit frissonner Alessa d’appréhension. Mais se rappelant les paroles de la doctoresse, elle finit par trouver la force et le courage de couvrir les derniers mètres la séparant de son amour de jeunesse. Celle-ci dormait à poings fermés grâce au puissant cocktail d’anesthétiques et d’antidouleurs qui circulait en ce moment-même dans son système. Elle paraissait pour le coup si paisible. Et s’il n’y avait pas eu tous ces fils et tous ces instruments de mesure, Alessa aurait pu se convaincre que son amante était simplement endormie. Elle se serait alors allongée à ses côtés pour se lover dans ses bras et la serrer tout contre elle avec le vain espoir que cela suffise à la garder en vie et à la protéger. Mais son corps refusa de bouger. Elle se rendit compte qu’elle retenait même sa respiration.

— Tarana, répéta-t-elle en soupirant. Pourquoi ? Pourquoi avoir fait preuve d’autant d’imprudence et de témérité ? Tu… Tu m’avais promis de faire attention. Tu n’as pas su tenir ta promesse… encore.

Alessa sentit les larmes affleurer sur ses joues. Elle eut beau s’efforcer de les faire disparaître du revers de la main, elles ne cessaient de revenir à la charge encore et encore, si bien qu’elle finit par les laisser inonder son visage sans plus chercher à lutter contre elles. Un sanglot souleva sa poitrine de manière erratique et très bientôt, la jeune femme finit par se rendre compte que ce n’était plus tant les bruits des instruments qui perturbaient le pesant silence dans lequel était plongée la chambre que ses pleurs à elle. Aussi se fit-elle violence pour se calmer et mettre fin à ses sanglots. Ce qu’elle parvint à faire au bout de quelques instants. Et tirant une chaise, elle vint finalement s’asseoir tout près de sa compagne toujours plongée dans le sommeil de la Belle au Bois dormant.

Alessa resta là un moment à observer le visage inexpressif de Tarana. Puis avec hésitation, elle s’empara délicatement de sa main inerte couverte de bandages et traversée par une intraveineuse et serra avec tendresse les doigts de sa compagne pour lui transmettre autant d’amour qu’il était possible en pareille situation. Les mots sortirent alors de sa bouche avant même qu’elle ait eu le temps de les penser dans sa tête. C’est avant tout son cœur qui s’exprimait.

— Tout est ma faute, souffla Alessa à mi-voix. C’est à cause de moi que tu es partie. Je… Je t’ai ordonné de partir et de me laisser tranquille. Je… Si j’avais été là, à tes côtés, rien de tout souci ne serait arrivé. J’aurais dû être là, à veiller sur toi comme tu l’as toujours fait avec moi. J’aurais dû… (Sa voix se brisa.) Il faut que tu te battes, ma belle. Tu ne dois pas baisser les bras, surtout pas maintenant. J’ai besoin de toi. J’ai besoin de te savoir en vie et en bonne santé. Sans toi… Eh bien sans toi la vie n’a pas la même saveur et elle ne mérite pas d’être vécue. Tu es tout pour moi, Tarana. Tu es ma vie, mon univers. Tu es l’air dont j’ai besoin pour respirer et je ne veux pas te perdre. Tu m’entends ? Je ne veux pas te perdre. (Elle marqua une nouvelle pause.) Alors bats-toi. Bats-toi pour vivre. Bats-toi pour moi. Parce que je ne supporterais pas de te perdre une seconde fois. Je t’aime, Tarana. Bats-toi pour nous deux.

Plus elle parlait et plus elle se sentait soulagée, comme si on avait retiré un poids qui avait depuis trop longtemps pesé sur ses frêles épaules. Se confier à son amante et lui exprimer clairement le fond de sa pensée était comme une véritable libération pour elle. Et quand bien même cela lui fut extrêmement bénéfique, ce ne fut rien en comparaison de l’effet que cela eut sur la malade. Toujours inconsciente, le visage inexpressif jusqu’à maintenant de Tarana se contracta et l’ombre d’un sourire se dessina sur ses lèvres dépourvues de vigueur. Ce fut comme si elle avait entendu Alessa et qu’elle voulait lui faire comprendre qu’elle ressentait la même chose à son égard.

Il n’en fallut pas plus à la jeune femme. Quittant sa chaise, Alessa se risqua à escalader le lit de Tarana. Elle prit garde à ne pas bousculer la jeune femme dont la colonne vertébrale meurtrie était encore très sensible ; et elle prit garde aussi à ne pas arracher les fils des instruments ou ceux des perfusions. Et elle se lova tout contre le corps de son amante, un bras passé autour de ses épaules, sa tête reposant sur celle de Tarana. Elle déposa un tendre baiser sur le sommet de son crâne et ferma finalement les yeux en serrant sa bien-aimée contre elle.

***

Une voix mécanique arracha brusquement Alessa à ses pensées. La chambre d’hôpital se délita sous ses yeux, soudain remplacée par les roches écarlates et la poussière de Rannoch. Au-dessus de sa tête, le soleil était assommant ; et éblouissant. Alessa ferma les yeux un instant, le temps de recouvrer le fil de la réalité. En les rouvrant, elle découvrit un Geth à ses côtés. Instinctivement, elle se recula d’un pas, la surprise lui arrachant un petit cri étouffé.

— Asari, la somma l’entité synthétique, veuillez protéger cette présente plateforme de toute méprise malheureuse. L’incident de ce lieu a assez fait de victimes comme cela. Inutile d’en rajouter davantage. De plus, je souhaite couper court à toute rumeur néfaste pour les relations getho-quariennes. Votre aide est requise, Asari. Sauvez-moi, par la Déesse.

La surprise laissa place à l’étonnement ; puis à la méfiance. L’esprit encore vaguement embrumé par le souvenir vivace qui avait refait surface, Alessa mit un moment à véritablement comprendre le sens des paroles du Geth. Et puis tout devint clair dans son esprit : il craignait que les soldats venus pour sécuriser la colonie ne le tiennent pour responsable de la destruction de cette dernière. À sa place, elle en serait sans nul doute venue aux mêmes conclusions. Après tout, les Quariens et les Geth avaient été ennemis pendant des centaines d’années. Ce n’est pas parce qu’une paix fragile avait été signée voilà quelques mois que les deux peuples allaient pouvoir cohabiter comme si de rien n’était ; comme si la Guerre de l’Éveil n’avait jamais eu lieu et que les Quariens n’avaient jamais été chassés de leur monde natal par les entités synthétiques qu’ils avaient créées de leurs mains. Il faudrait du temps ; beaucoup de temps. Et ce n’est certainement pas en pareille situation que des Quariens au sang chaud prendraient la peine de réfléchir : en voyant un Geth, ils tireraient à vue.

Alessa hocha la tête. Quand bien même elle n’avait jamais vraiment compris ni pourquoi ni comment le Geth avait fini dans son lit la nuit de son arrivée sur Rannoch, Alessa n’avait jamais vraiment eu de raison de se méfier du dénommé Bodou. Il s’était toujours montré serviable et attentionné à l’égard de la population locale. Il était même devenu, aux dires des colons, un des principaux piliers de leur petite communauté. C’était dire le rôle que le Geth avait joué ici depuis son arrivée. Si par malheur il venait à lui arriver quelque chose dans le « feu de l’action » nul doute que les colons en seraient profondément bouleversés. C’est pourquoi elle continua de hocher la tête.

— Reste avec moi et il ne t’arrivera rien, dit-elle avec conviction. (Néanmoins, quand elle vit non loin un groupe de marines quariens, fusil d’assaut en main, elle sentit sa poitrine se serrer et un frisson de pure appréhension courut le long de son échine.) Déesse ! s’écria-t-elle comme frappée par la foudre.

Elle venait de se souvenir du corps qui avait dévalé les collines pour finir sa course aux pieds de deux malheureux enfants qui n’auraient pas dû assister à pareille scène macabre. En découvrant la colonie en ruines, elle avait complètement oublié ce malheureux Quarien abattu d’une balle en pleine tête. Elle devait à présent retrouver Kanor pour l’informer de la situation. Quand bien même la colonie était en proie à une crise sans précédent, le fait est que ce n’était sûrement pas un accident. Un Quarien abattu et une explosion survenant en plein cœur de la colonie ? Il y avait un tueur infiltré parmi les Quariens. Et ce tueur était peut-être encore en vie ; et il pouvait encore causer bien des problèmes.

— Suis-moi, ordonna Alessa d’une voix autoritaire en se mettant en marche. Je dois trouver Kanor et vite. C’est une question de vie ou de mort. Dépêchons-nous…


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Ven 20 Fév 2015, 11:45
Naki accourut auprès de son frère, l’air d’avoir quelque chose d’important à dire. Depuis que Kori s’était rapatrié dans la grotte, le frère et la soeur quittaient difficilement leur coin de peur d’attirer les foudres d’un quelconque ennemi présent dans les parages.

- Kori ! S’écria-t-elle du mieux qu’elle put tant elle tentait d’être discrète, ce qui donna quelque chose d’étrange. Il se passe quelque chose dehors...

Mais le reste du troupeau protégé par l’abri devança ses parole et, alors que tout le monde s’empressa d’atteindre le bord de la grotte, un vacarme assourdissant de vaisseau, d’ordre crié et de tir à tout va.
Kori se leva d’un bond, les choses empiraient de façon inquiétante et les vaines tentatives des quelques adultes présent pour maintenir l’ordre et assurer à tout le monde que rien de grave ne se produisait. Les adultes avaient cette aptitude phénoménal à vouloir faire croire au enfant que tout se passait bien, une étrange façon plutôt égoïste de se persuader soi-même de ce que l’on dis. Aucun enfant ici présent, Kori en était sûr, ne gobait que les évènements étaient normaux, que la colonie retrouverait sa routine dans les minutes qui venaient et que les Varren laissaient des déchets rose et délicatement parfumé sur leur chemin ! Et ceux qui le pensait étaient des abrutis !
Alors que le Quarien tentait d’observer la scène en sautillant derrière la masse formée à l’entrée, il aperçut dans un coin un petit Quarien hocher la tête aux mots rassurant que lui susurrait une vieille dame. Finalement, c’était peut être lui l’abruti, à ne jamais voir positivement les choses, à ne jamais croire que tout est beau, tout est magique. Pauvre petit Quarien, né avec une lucidité trop grande, trop envahissante pour un enfant dont ce poids le faisait paraître étrange aux yeux des autres.
Kori se détourna rapidement du spectacle que lui offrait l’enfant pour un bien plus grand au dehors. Les vaisseaux avaient atterris et un grand nombre de soldats s’en extrayait, avançant au devant des colons qu’il rameutait vers leur engin. Quelques militaires approchait de l’abri, bientôt, la zone entre la colonie et la grotte fut parsemée de Quarien armé, tentant d’en assurer la protection. Les soldats semblaient sur le qui-vive, est-ce qu’il avait trouvé un méchant ? Peut être était-ce sur lui qu’ils tiraient tous ces coups de feu qu’il entendait au loin. Le brouhaha s’intensifiait en dehors, les militaires et colons se mélangeait, deux des soldats avaient atteint l’abri et monopolisaient l’attention de ceux présent. L’instinct de Kori prit rapidement une décision. Il attrapa soudainement la main gantée de sa soeur et, une fois qu’ils se furent suffisamment mis à l’écart, profita que tous les regards soient tournés pour l’entraîner dans une course folle, il lui intima son plan d’un regard, lui faisant comprendre qu’ils allaient devoir courir. La plupart des soldats se trouvait soit sur le lieu de l’incident, soit avec les rescapés, personne entre les deux groupes. C’était le moment ou jamais d’échapper à la menace, à la voix qui l’avait horrifié quelques instants plus tôt.
D’un bond, il s’extirpa de la masse que formait les Quarien à couvert dans l’abri et se précipita en dehors. Bien sûr, il ne fallut pas longtemps avant que quelqu’un s’en aperçoive et un petit Quarien fayot hurla aussitôt que Kori éssayait encore de s’enfuir. Des appels lui parvinrent de derrière. Sûrement l’un des soldats se mit à courir, le bruit pesant de ses pas en armure projetait un bruit mat jusqu’à leurs oreilles. Au loin, alors attiré par les cris d’appel, un soldat posté en arrière fit volt face. Voyant les signe que lui envoyait son collègue, il tenta d’arrêter les deux enfants en cavale, les genoux légèrement fléchis, les bras ouvert, accueillant ou agressif selon les avis. Quoiqu’il en soit, le soldat ne les laisserait pas passer, et les jumeaux fonçaient droit dessus.

- Lâche ma main ! Cria Naki, le voix légèrement entrecoupées par l’effort.

Sans hésitation, Kori lâcha la main de sa soeur qui, instantanément, s’éloigna le plu possible vers la droite, contournant le militaire à l’opposé de son frère, alors partit sur la gauche. Plan loin d’être parfait, technique utile si l’un des deux participant se sacrifie pour l’autre puisque, si le militaire ne pouvait pas se dédoubler pour attraper les deux enfants, l’un deux y passerait, et son collègue accourant derrière ne tarderait pas à s’attaquer au second. Malheureusement pour la jumelle, le grand Quarien délaissa Kori pour sa soeur, sûrement convaincu que la petite Quarienne donnerait bien moins de fil à retordre que Kori. Ce qui était effectivement le cas ! Et son compatriote qui s’approchait toujours plus ! Il était hors de question qu’il laisse Naki se faire ramener à l’abri. Ils ne comprendraient pas le danger qui les guettait, ils n’écouteraient pas deux gosses secoués par un évènement pour le moins traumatisant à leur âge. Le soldat se rapprochait dangereusement de Naki criant à plein poumon qu’elle devait parler à son père, hurlant son nom, se disant sûrement que tous les militaires connaissaient son père, lui-même étant dans l’armée.
Sans se soucier du risque, quitte à se faire prendre à la place de sa soeur, Kori effectua un arc de cercle à toute vitesse, il accéléra le pas. Naki et le soldat s’éloignait toujours plus de la colonie, la petite Quarienne, ne parvenant pas à semer son poursuivant, courait en ligne droite. Quelques secondes plus tard, le souffle coupé, l’air vibrant dans ses poumons, brûlant de l’intérieur, Kori parvint à atteindre le niveau du soldat et, dans un cri inarticulé que le peu d’air disponible lui permettait, se déporta sur le coté pour entrer violemment en contact avec le militaire.
Le soldat l’avait vu, évidemment, on ne rentrait sûrement pas dans l’armée sans être capable de repérer un mioches nous fonçant dessus, néanmoins, le militaire ne put que tenter une protection avant de se retrouver éjecté au sol. Une douleur intenable foudroya l’épaule du jeune Quarien alors étalé par terre. Entendant le cri de Kori, sa soeur avait fait demi tour, tirant le bras de son frère pour l’inciter à se relever au plus vite, le militaire, résultat d’une longue formation se remettait déjà debout. Kori mit alors la douleur de coté, le temps d’effectuer ce qu’ils avaient à faire, quelque chose de plus important. Ils se remirent en marche, tout droit vers la colonie et l’amas de Quarien, militaires et civils qui s’y trouvaient.

Une fois sur place, l’étendu des dégâts leur sauta aux yeux. Tant de brancard, tant de ruine encore fumante, et les corps...Chaire inarticulée échouée à tout jamais sur le sol de Rannoch. Kori y releva quelques teintes de combinaison qui ne lui étaient pas étrangères. Le temps sembla se ralentir, tout paraissait flou. Les militaires évacuaient les civils en larmes, des civils en sang. Des cris de douleur, des cris d’horreur, tant de sons et d’images qui se superposaient sans que le jeune Quarien ne veuille leur donner un sens. Une boule se forma dans la gorge de Kori et, comme il était rarement le cas chez lui, ses émotions ressortirent en larmes se déroulant le long de ses joues.

- Ne restez pas là, allez vers l’abri, ok ?

Un nouveau militaire armé posa une main rude sur l’épaule des jumeaux. Ils étaient pris. Kori se retourna, se dégageant par la même occasion de l’emprise du garde. Un peu plus loin, ceux qui avaient tenté de les rattraper marchaient tranquillement à leur rencontre, persuadé de ne plus avoir à courir. Kori tenta le tout pour le tout, il fallait prévenir quelqu’un. Naki dut avoir la même odée, ou bien tout cela ne révélait que d’un instinct d’enfant apeuré.

- Ecoutez monsieur ! Quelqu’un est mort dans la falaise ! Hurla Kori.
- C’était Narty monsieur ! On lui a tiré dessus ! Renchérit sa soeur.

Mais le soldat n’écoutait pas, trop occupé qu’il était à ses attributions personnelle qui, sûrement, étaient bien plus importante que d’écouter les divagations de deux pauvres enfants terrifiés.

- Restez pas là les enfants, on s’occupe de tout, annonça le soldat, pressé d’en finir avec eux.
- Non, non ! Vous ne comprenez pas ! S’égosillait le Quarien. Quelqu’un dans la colonie a tué Narty !

Les voix aiguë du frère et de la soeur s’accouplaient dans un brouhaha incompréhensible. Le soldat parla par le biais de son omnitech, demandant à quelqu’un de venir s’occuper des jumeaux. Kori baissa les bras et, à la vue des soldats arrivant pour les chercher, récupéra à nouveau le bras de sa soeur et s’enfuit. Espérant vainement tomber sur quelqu’un qui les écouterait.
Et cette personne apparut soudain. Postée parmi les hommes et les femmes, aidant du mieux qu’elle pouvait les quelques survivants, la silhouette d’Alessa se profila face à eux. À leur arrivée, les Quariens se jetèrent sur la jeune femme, l’enlaçant, enfin rassurés par une protection qui leur semblait réelle. L’Asari eut droit au même discours que le soldat. Pour ce qui était de Narty, elle le savait déjà, ce qui n’empêcha pas le Quarien de tout lui raconter une nouvelle fois. Si quelqu’un pouvait croire en leur parole, c’était bien elle. Kori ne tarda pas à lui expliquer le message de menace qui lui était parvenu alors qu’il tentait de rejoindre son père.

- C’était une voix de fille Alessa ! Assura le Quarien.

Naki hocha de la tête au propos de son frère, comme si le fait qu’elle appuyait ses paroles apportait une valeur indiscutable à ses dires.

- On a eu peur, se lamenta Naki le visage caché près du ventre de l’Asari, alors on est parti.

Kori détourna son regard vers la créature accompagnant leur amie. Un léger frisson parcourut son corps. Un Geth. L’image du robot dégringolant du plafond de sa maison lui revint en mémoire. Bien sûr, il avait fait trop noir et leur mère s’était empressée de les mettre à l’écart pour que les petits Quarien n’aient vu quoi que ce soit. toutefois, une pointe d’appréhension incongrue perlait au coin de son estomac.

- Où sont maman et papa ? Demanda Naki. Il faut qu’on les prévienne !

En son for intérieur, Kori priait de toutes ses forces pour ne pas apercevoir une légère nuance de jaune ou de bleu parmi l’hécatombe qu’était devenu leur colonie si calme.



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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Dim 01 Mar 2015, 11:03
En apercevant le petit être bousculer un marine Quarien, PSIG-09 étouffa un rire. Enfin... Il l'eut fait s'il avait été organique. Le Geth avait de plus en plus de mal à se maîtriser. Voir tout cette frénésie, tout ce monde. Cette ambiance correspondait en tout point à ce pour quoi ses programmes avaient été créés. Malheureusement les Synthétiques rebelles restaient une minorité, et ils ne pouvaient se permettre d'engager un conflit à grande échelle. Il leur fallait utiliser des moyens détournés, plus subtils, et beaucoup moins visibles. D'abord jeter le trouble entre les relations Getho-Quarienne, récolter des informations sur les différents peuples, manipuler leurs actions, puis prendre part au déclenchement de petits conflits locaux au potentiel expansif certain. Actuellement, le trop grand nombre de personnes en armes interdisait à PSIG609 toute folie meurtrière directe. Aussi restait-il sagement accolé à l'Asari, espérant pouvoir compter sur l'art oratoire de sa race pour se sortir d'une situation jugée de plus en plus périlleuse.

Les soldats incompétents qui avaient tenter d'arrêter les deux petites furies se prirent une bordée de remontrances de la part d'un gradé, apparemment consterné de leur nullité. Les deux garnements quant à eux venaient d'être rejoints par l'Asari et PSIG-09. Le petit surexcité, prénommé Kori, Kori le cafeiné, interpela immédiatement l'étrangère. Il était complétement paniqué. Le Geth resta aussi oisif que possible, ayant déjà prévu la suite des événements. Et ce qu'il supposa arriva. Le responsable de l'opération d'évacuation Quarien, agacé par la lenteur des événements, et ayant lui-aussi aperçu ses soldats se faire blouser par un gosse, sans compter le fait qu'il était sous une pression énorme, ne réussit pas à contenir sa rage.

"-Oh! Bandes de gros nazes, vous m'foutez quoi bordel?! C'est pas une visite touristique qu'on se farcit abrutis! On évacue là! Alors fermez leur leur gueule, assommez les si nécessaire, j'men branle, mais je veux tout le monde dans le vaisseau dans les deux minutes qui suivent! On a déjà dépassé notre temps de mission bon sang! Vous n'êtes que de sales petits bosh'tet de merde! Magnez-vous le train couillons!"

Comme un coup de fouet, les vociférations désespérées de leur chef réveillèrent les marines. Ils empoignèrent sans autre forme de procès les colons restants, n'acceptant aucune contestation, et verrouillant leurs récepteurs auditifs à toute demande ou plainte. Il fallait dégager, et vite. Ceci était une opération militaire, pas un voyage de découverte. Puis des marines se dirigeant vers le petit groupe de l'Asari aperçurent le Geth. Les armes se levèrent, le doigt sur la détente. La pluie mortelle s'apprêtait à tomber, sans faire aucune distinction des cibles.


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Lun 02 Mar 2015, 21:01
La panique qui s’était emparée de la colonie suite à la mystérieuse explosion avait réussi à faire oublier à Alessa la macabre découverte faite un peu plus tôt dans les collines. Ce n’est qu’en apercevant toutes ces armes et tous ces militaires que tout lui était revenu en mémoire. Il y avait un traître infiltré dans la colonie. Un tueur qui avait ôté la vie à un Quarien innocent dans les collines et qui devait être aussi à l’origine de la mystérieuse explosion qui avait soufflé le cœur de cet ilot de paix.

Ne pouvant pas prendre le risque de laisser une telle menace en liberté, Alessa s’était mise en tête de retrouver Kanor afin de lui exposer les faits et le mettre en garde contre une possible récidive. Tout le monde était occupé à venir en aide aux blessés ou à coordonner l’évacuation des civils ; c’était selon elle le moment idéal pour causer un maximum de dégâts. Les Quariens avaient tous la tête ailleurs et ils ne se doutaient pas que le responsable de tout ce chaos était l’un des leurs ; qu’il était dans leur camp et qu’il se dissimulait dans leurs rangs. Il attendait peut-être le moment idéal pour faire exploser une autre bombe et achever les blessés et tous ceux venus leur porter secours. Le genre de plan qui faisait froid dans le dos ; aussi Alessa pria-t-elle la déesse pour que les choses ne se terminent pas ainsi.

Toujours accompagnée de Bodou, la plateforme geth qui s’était montrée tellement impliquée dans la vie des Quariens depuis ces dernières semaines, Alessa traversait ce qui restait des ruines fumantes de la colonie quarienne à la recherche de l’homme à qui elle devait la vie. Mais elle ne le voyait nulle part. Il devait forcément être dans les parages. Il avait été appelé pour gérer une situation d’urgence et elle se tenait au cœur même de la zone la plus touchée par l’explosion du drone. Kanor ne devait donc pas être loin.

— Est-ce que tu vois Kanor ? demanda Alessa à son compagnon sans poser les yeux sur lui.

Elle n’entendit pas la réponse du Geth. Son regard venait de se poser sur une femme étendue au sol à quelques mètres. Elle se tenait le bras et semblait faire pression pour endiguer l’hémorragie qui avait teinté la roche sèche et couverte de poussière du sol de Rannoch. Elle tremblait de tous ses membres mais personne ne semblait se soucier d’elle. Les gens passaient en courant à côté sans même prendre la peine de poser les yeux sur elle. Alessa eut beau héler le médecin qui passa tout près, ce dernier ne prit même pas la peine de faire attention à elle. Il se laissa tomber à genoux à côté d’un autre patient, un qui poussait des cris inhumains. Alessa soupira.

N’importe quel médecin de guerre savait que les patients qui s’époumonaient sur le champ de bataille n’étaient pas ceux à traiter en priorité. Ceux-là avaient suffisamment de force pour crier et pour faire entendre à tous à quel point ils souffraient. C’est de ceux n’ayant plus la force de crier qu’il fallait avant tout s’occuper en pareille situation. Aussi Alessa se précipita-t-elle aux côtés de la jeune femme pour lui porter secours. C’est tout juste si la Quarienne se rendit compte de sa présence.

— Comment vous sentez-vous ? demanda-t-elle à la femme. (Elle n’obtint aucune réponse.) Est-ce que vous m’entendez ? (Toujours aucune réponse.) Montrez-moi votre bras.

La Quarienne n’esquissa aucun geste pour accéder à la requête de l’Asari. Alessa dut se résoudre à lui prendre le bras et à écarter sa main pour accéder à la plaie. Ce qu’elle découvrit manqua lui retourner l’estomac. Le bras de la Quarienne était en piteux état. L’os avait transpercé la chair et était à présent à nu ; qui plus est, les muscles n’étaient plus qu’une bouillie informe. Alessa ne pouvait rien faire pour lui venir en aide. Cette malheureuse avait perdu son bras mais elle était trop choquée encore pour ne serait-ce qu’en avoir conscience. Alessa ne pouvait voir son visage derrière son casque recouvert d’une épaisse couche de poussière, mais elle se doutait que les traits de la Quarienne étaient déformés par une douleur à nulle autre pareille. C’était même un miracle qu’elle soit encore consciente.

— Il lui faut un médecin, souffla Alessa en direction du Geth. Cette femme doit être transportée à bord d’une navette d’évacuation de toute urgence. (Bodou lui désigna le Quarien qu’Alessa avait déjà aperçu plus tôt.) Eh vous ! Envoyez une équipe médicale pour conduire cette femme à bord d’un vaisseau. Elle a besoin de soins de toute urgence. Dépêchez-vous. (Le Quarien abandonna son autre patient et vint à sa rencontre pour constater par lui-même l’étendue des dégâts. Il contacta alors une équipe et signala à Alessa qu’il avait la situation en main. Celle-ci se releva et s’éloigna rapidement.)

— Déesse ! Mais où est Kanor ? se demanda-t-elle avant d’entendre une voix crier son nom.

Au moment où elle baissa les yeux, elle vit accourir vers elle deux minuscules silhouettes qu’elle n’eut pas de mal à reconnaître malgré leurs combinaisons poussiéreuses. Kori et Naki. Ils se jetèrent contre elle et la serrèrent dans leur petits bras comme en proie à une peur panique.

— Que se passe-t-il ? leur demanda-t-elle avec une pointe d’inquiétude dans la voix. Pourquoi n’êtes-vous pas avec les autres à l’abri ? Vous ne pouvez pas rester là, c’est beaucoup trop dangereux. Vous devez retourner avec les autres où vous serez en sécurité. Je vais demander à un soldat de…

Mais Kori et sa sœur l’interrompirent en secouant vivement la tête. Quelque chose dans leur attitude, Alessa n’aurait su dire quoi exactement, lui fit comprendre que la situation était grave. Et comme de fait, les deux enfants lui racontèrent ce qui s’était passé depuis leur séparation. Alessa sentit son visage se décomposer quand elle entendit parler de la menace de mort. Elle releva vivement la tête et balaya du regard la zone dévastée à la recherche du père des enfants. Elle refusait d’envisager le pire : mais était-ce la raison pour laquelle elle ne trouvait pas Kanor ? La personne qui avait mis en garde Kori était-elle passée à l’acte finalement ? Avait-elle mis sa menace à exécution et assassiné le père des enfants ?

— C’était une voix de fille, Alessa ! s’exclama le Quarien. (Mais Alessa n’écoutait pas.)

*Mais que se passe-t-il ici ? Pourquoi cette attaque sur la colonie ? Pourquoi cette colonie en particulier ? Je ne comprends pas. Et où sont Kanor et ses hommes ? Pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé…*

— Où sont maman et papa ? demanda Naki. (Alessa reprit le fil de la réalité.) Il faut qu’on les prévienne.
— Oui, acquiesça Alessa en hochant vivement la tête. C’est précisément ce que nous allons faire. Nous allons retrouver vos parents et tout leur expliquer ; eux sauront quoi faire. Venez avec moi.

Elle se redressa et prit chacun des deux enfants par la main. Elle ne tenait pas à les perdre de vue une fois de plus. Elle serait rassurée de sentir leurs mains dans les siennes ; cela devrait également les aider à se rassurer eux-mêmes. Mais à peine eurent-ils fait deux pas qu’une voix les interpella :

— Ne bougez plus ! Écartez-vous du Geth ! Tout de suite ! (Alessa se retourna pour découvrir plusieurs armes braquées sur elle et Bodou ; et aussi sur les jumeaux.)
— Arrêtez ! Baissez vos armes ! Ce Geth n’est pas une menace. Il assiste les colons dans leur installation. C’est un de leurs amis. Ne lui faites pas de mal. (Elle riva son regard sur le militaire.) Je dois à tout prix voir Kanor’Penyo le plus rapidement possible.
— Hors de question ! Les civils doivent quitter la colonie sur le champ. Tout le monde embarque.
— Que se passe-t-il ici ? intervint une voix familière. Qu’est-ce que vous faites ?! Baissez vos armes !

Alessa soupira de soulagement en découvrant le père de ses deux protégés. Il était toujours en vie. Et il n’avait pas non plus l’air blessé. La personne dont Kori avait fait mention précédemment n’avait donc pas mis sa menace à exécution. C’était rassurant.

L’Asari laissa les enfants se précipiter dans les bras de leur père. Elle s’avança à son tour après leur avoir laissé quelques secondes d’intimité avant de dire :

— Il ya une chose dont je dois vous parler de toute urgence. Il y a un traître dans la colonie. Un tueur. (Le chef d’équipe haussa les épaules avec dédain.) Un Quarien a été abattu dans les collines qui courent autour de la colonie. (Elle baissa les yeux vers les jumeaux.) Narty ? C’est bien ça ? (Elle reporta les yeux sur Kanor.) Il a été abattu d’une balle en pleine tête. Ce sont vos enfants qui ont… qui ont découvert le corps. (Elle marqua une pause.) Et maintenant ça ? ajouta-t-elle en désignant les vestiges en ruines de la colonie quarienne. Quelque chose me dit que les deux sont liés. Il y a un meurtrier dans vos rangs…

Un pesant silence s’abattit autour du petit groupe. On eût dit que le temps avait suspendu sa course et que même le vent avait cessé de souffler ; on percevait au loin les cris des suppliciés et les ordres que les militaires continuaient d’aboyer pour inciter les civils à évacuer au plus vite.

— Vous en êtes sûre ? demanda Kanor. (Alessa hocha la tête.) Alors ordonnez que tous les colons soient mis en quarantaine à bord du Tarek immédiatement. Que personne ne puisse avoir de contact – quel qu’il soit – avec l’extérieur ; est-ce que c’est bien clair ?
— Mais… monsieur ? commença le chef d’équipe. Des navettes ont déjà décollé.
— Contactez les pilotes et ordonnez-leur de changer de cap. Je veux tous les colons en quarantaine le temps qu’une enquête fasse la lumière sur cette histoire. (Il marqua une pause.) Et envoyez une équipe récupérer le corps de ce Narty. Ce brave garçon ne méritait pas un sort aussi funeste.
— Bien, monsieur ; tout de suite, monsieur. (Et le militaire partit exécuter ses ordres.)
— Alessa, voudriez-vous bien escorter mes enfants jusqu’à la navette sur le départ ? demanda Kanor. Votre mère est sûrement là-bas à votre recherche. Elle doit être morte d’inquiétude. (Il releva les yeux vers l’Asari.) Assurez-vous qu’ils embarquent tous et veillez sur eux. Je vous rejoindrai quand nous en aurons terminé ici. Cette histoire de traître et de meurtre ne me dit rien qui vaille.

Alessa hocha la tête en silence et escorta comme demandé Kori et Naki vers la navette sur le point de quitter la colonie. Comme Kanor l’avait dit, Sélina était bel et bien là et morte d’inquiétude. Quand elle vit ses enfants se précipiter vers elle, elle accourut à leur rencontre pour les serrer dans ses bras. Cinq minutes plus tard, ils étaient tous à bord de la navette qui quittait la planète. Bodou était là lui aussi.

***

Plusieurs heures plus tard…

Les rescapés de la colonie quarienne tentaient tant bien que mal de se remettre de leurs émotions. Ils mettraient cependant sûrement plusieurs jours – si ce n’est des semaines – avant de parvenir à pouvoir ne serait-ce que fermer l’œil sans craindre de faire un cauchemar. Alessa savait de quoi elle parlait. La guerre contre les Moissonneurs n’avait pas été tendre avec elle. Et il lui arrivait encore fréquemment de faire des rêves plus vrais que nature dont elle se réveillait en sueur sans personne pour la rassurer et lui dire que tout allait bien ; que tout était terminé et que ce n’était qu’un mauvais rêve.

— Caden…, soupira l’Asari à mi-voix en repensant à son ami et amant.
— Alessa ? appela une douce voix. (L’Asari se retourna et se retrouva nez à nez avec la mère des deux jumeaux.) Je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier d’avoir retrouvé mes enfants et d’avoir veillé sur eux durant tout ce temps. Si vous n’aviez pas été là…
— Chut, la rassura la fugitive en voyant les épaules de la mère commencer à trembler sous le coup de l’émotion. C’est normal. Vous n’avez pas à me remercier pour ça.

Sélina hocha la tête un instant, comme pour se ressaisir et se remettre de ses émotions. Puis elle serra brièvement Alessa dans ses bras avant de faire mine de retourner auprès de ses enfants.

— Attendez ! la retint Alessa sans hausser trop fort la voix pour ne pas attirer les oreilles indiscrètes.
— Oui ?
— Savez-vous ce qui va se passer ? Avez-vous eu des nouvelles de Kanor ?
— Votre histoire a été corroborée, répondit Sélina à voix basse. Ils ont retrouvé le corps de Narty là où vous disiez qu’il était. Et comme vous, Kanor craint que l’explosion et la mort de Narty soient liées. Il a fait appel à une unité du GIP pour mener l’enquêter et faire toute la lumière sur cette histoire.
— Le GIP ? souffla Alessa en sentant un frisson courir sur son échine.
— Oui. Si notre colonie abritait un assassin, le GIP sera certainement à même de dénicher ce traître et de le traîner devant la justice du Conseil et de l’Amirauté. Les enquêteurs devraient arriver d’ici quelques heures. J’espère qu’ils découvriront rapidement l’identité du meurtrier de Narty.

Sélina partit et cette fois, Alessa ne chercha pas à la retenir ; elle avait lourd sur la conscience. Le GIP ? Cela n’augurait rien de bon pour elle. Le GIP entretenait des rapports plus que cordiaux avec le Conseil de la Citadelle. Si jamais ils venaient à mettre la main sur une fugitive asari activement recherchée par lui, nul doute qu’ils n’y réfléchiraient pas à deux fois avant de la leur livrer. Alessa ne pouvait donc pas se permettre de subir cette enquête au risque d’attirer l’attention du gouvernement asari. Quand bien même la guerre avait manqué faire disparaître toute vie intelligente de la galaxie, elle ne doutait pas un seul instant qu’une prime était toujours placée sur sa tête. Les Asari avaient la mémoire longue. Elles n’oubliaient pas si facilement leurs vieilles rancunes. Jamais…

Alessa n’avait donc pas le choix : elle devait s’enfuir de là avant l’arrivée des enquêteurs quariens. Pas le temps de dire au revoir ni de faire ses adieux ; cela risquerait d’attirer l’attention. C’est maintenant ou jamais qu’elle devait partir ; avant que les soupçons ne se portent sur elle.

Hélas, les allers et venus étaient surveillés par les militaires veillant à assurer la sécurité des rescapés. Ces derniers ignoraient tout de la menace que faisait planer au-dessus de leur tête ce traître ; mais les militaires, eux, avaient reçu l’ordre de tous les garder à l’œil. Alessa eut donc toutes les peines du monde à se soustraire à leur surveillance. Mais elle finit par y parvenir : elle avait été une espionne après tout dans une autre vie. L’infiltration était son domaine de prédilection. Aussi parvint-elle à atteindre la baie d’amarrage sans rencontrer la moindre résistance. C’est alors qu’elle crut entendre un bruit.

Alessa se recroquevilla dans l’ombre en tendant l’oreille. Elle avait cru entendre un bruit provenant du corridor par lequel elle était arrivée. Pourtant, il n’y avait rien. Personne. Peut-être avait-elle imaginé ce bruit. Ou peut-être aurait-elle dû lever les yeux et dans ce cas-là, elle aurait probablement remarqué l’étrange silhouette plaquée tout contre le plafond de la coursive. Mais non, elle se remit en marche et gagna la navette dont elle se servirait pour fuir l’espace quarien et trouver refuge ailleurs… encore.

La navette était vide. Pas de pilote. Rien. Elle gagna donc le cockpit et entra la commande de fermeture du sas puis celle commandant le retrait de la passerelle qu’elle avait employée pour atteindre son taxi. Ce qu’elle ignorait, c’est que pendant ce temps, le Geth qui la talonnait de près s’était glissé également à l’intérieur de la navette avant d’aller se terrer au fond de la soute ni vu ni connu. Et c’est sans se douter un seul instant de ce qu’elle faisait que l’Asari aida un meurtrier à échapper à la justice quarienne…


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MessageSujet: Re: Libération et traumatisme   Mar 10 Mar 2015, 13:24
Savourant tout le travail patiemment accompli, le Geth se délecta de son œuvre en constatant l'acharnement que les colons Quariens déployait pour le défendre face aux armes braquées sur sa tête d'ampoule. Affirmant à grands renforts gestuels l'utilité et l'altruisme incomparable de leur allié et ami synthétique, un petit groupe de survivants réussit à contraindre les soldats de laisser en paix, pour le moment du moins, l'objet de leurs craintes. Des paroles scandalisées, et outrées débordèrent des lèvres Quariennes, renforçant la légitimité de la présence du Geth en ce lieu. Ainsi lui offrirent-ils un sursis bienvenu pour établir ses plans et les amener à terme.

Conscient de devoir fuir les institutions militaires Quariennes, sous peine de se retrouver dans une situation des plus embarrassantes, PSIG-09 opta pour la mise en place d'une manipulation au service de son évasion discrète, la seule dont les compétences sauront sauvegarder son intégrité physique. Profitant intelligemment de l'illusion créée auprès de ses avocats du moment, il engagea les plus virulents dans son plan. Ces derniers, heureux de pouvoir bénéficier de la grande confiance du synthétique qu'ils considéraient comme la victime de préjugés intolérables, lui apportèrent un concours total. Et c'est ainsi qu'il put réaliser son action. Bénéficiant d'une mise en scène de plusieurs de ses soutiens, dont la comédie fit effet sur les soldats en faction affolés par ces malaises soudains et une agitation grandissante que nourrissaient cris et gestes désespérés, PSIG-09 s'exfiltra en dehors de l'influence militaire, accompagnés par deux Quariens tentant de cacher sa présence.

Remerciant ses deux protecteurs à la naïveté débordante, il prit congé d'eux une fois la découverte d'une petite zone déserte de toute autre présence vivante atteinte. Révélant alors ses compétences hors normes de locomotion, le synthétique progressa sans peine et sans heurts à travers les parties supérieures du bâtiment spatial. Scannant régulièrement les zones traversées, il put se construire un plan de progression vers le point de fuite souhaité. C'est alors que l'une de ses analyses repéra un élément familier. "Alessa, Asari, angoisse, peur, fuite." Alors qu'il pensait s'infiltrer à l'intérieur d'un petit vaisseau en attendant que les personnels d'un équipage réduit l'emmène, bien malgré eux, vers une destination inconnue, la révélation de cet être bleu ne portant pas de bonnet blanc lui offrit une toute nouvelle perspective. Celle de profiter de cette Asari et de son souhait, pour une raison bien mystérieuse, de quitter la compagnie des Quariens séance tenante. Laissant échapper un bruit étouffé après avoir posé une patte sur un support branlant, le Geth s'immobilisa et attendit que l'Asari, un instant alertée, reprenne sa progression.

Peu de temps après, PSIG-09 s'engouffrait en silence, tel un spectre, à l'intérieur de la navette sur laquelle l'asexué avait jeté son dévolu. La porte se ferma, les moteurs s'activèrent.
PSIG-09, désormais, était libre de contaminer les mondes.


THE END


Vous n'êtes pas responsable de la tête que vous avez mais vous êtes responsable de la gueule que vous faites.
-Fiche personnage-RP.I-


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Libération et traumatisme

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