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 Frère et Soeur

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Esprit de Lukesh
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MessageSujet: Frère et Soeur   Ven 14 Nov 2014, 15:30
Intervention MJ : NonDate : Novembre 2199RP Tout public
Ravilla Aper ♦ Soran Restitus ♦ Vindex Treyn
Frère et Sœur



Vindex était assis seul à une table dans un petit bar de la Citadelle : le Gehenna’s Gold. La soirée ne faisait que commencer…. Sa bouteille elle se finissait. Il interpella un serveur pour lui demander une nouvelle bouteille. Le Turien eut bien du mal à articuler tellement sa bouche était pâteuse, aligner 4 mots était un véritable challenge. Quelques minutes plus tard on lui ramena son breuvage, il s’enquilla un verre rapidement en se demandant comment il avait encore fait pour terminer saoul aussi rapidement….

*Ça y est….. m’reviens, pensa t’il.*

Quai E19 de la Citadelle, Harfang :

«  La Citadelle, un petite permission ne nous fera pas de mal… Tu comptes faire quoi Soran ? »

Le jeune Turien s’étira, le Harfang était un vaisseau très accueillant mais rester ainsi bloquer dans une petite boite de métal avait de quoi rendre claustrophobe.  Il attrapa sa veste et enfila sa capuche.

« J’ai une petite course à faire, après j’irais sûrement boire un verre, je te laisserai l’adresse ! »

Vindex sortit de la corvette et se dirigea vers l’office de transport le plus proche. Il avait rendez vous dans le Secteur Agera. Quinze minutes plus tard il y arriva. A cette heure, la place était tranquille, la plupart des personnes devant être occupés à travailler. Il repéra son contact, une asari. Cette dernière était assise sur un banc en train regarder un Datapad. Elle était vêtue d’un superbe tailleur qui devait coûter une sacrée fortune. Le mercenaire alla dans sa direction, cette dernière leva instinctivement la tête et un sourire à faire fondre n’importe quel personne normalement constitué se dessina sur son visage.  Le Franc-Tireur eut bien du mal à résister au magnétisme qui émanait de cette femme.

« Madame Hes’tan, questionna t’il.
-Monsieur Treyn cela fait bien longtemps, s’exclama-t-elle avant de se lever et lui serrer la main.
-Trop longtemps, mais mes journées ont été bien remplies ces dernières années.
-Alors que puis-je pour vous, demanda la biotique en le fixant dans les yeux.
-Allons en discuter ailleurs, je connais un petit restaurant pas très loin d’ici », termina t’il.

Ils marchèrent durant cinq minutes avant d’arriver au Ushabti, une brasserie familiale sans prétention qui faisait aussi bien de la nourriture lévo que dextro. Les assiettes étaient bien garnies, les verres bien remplies. Durant le repas, l’Asari et le Turien discutèrent des dernières actualités puis vint le sujet principal:

«Que puis-je faire pour vous, Vindex. Personne ne m’invite à manger sans une raison précise derrière la tête, commença la bleue.
« Quelle perspicacité, ironisa t’il, j’ai une faveur à vous demander Idrae. J’ai besoin de quelques matériaux de très bonne qualité, continua t’il en lui glissant un pli. Rien de bien compliqué à trouver en somme du moins pour une professionnelle comme vous. »

Vindex se leva et alla régler la note avant de revenir à la table.

« Je repasserai dans quelques mois, mais en attendant nous pouvons y aller, dit-il en invitant l’Asari à sortir, je vous réglerai la note quand tout sera prêt. Au revoir Madame Hes’tan !
-Au revoir Monsieur Treyn », s’enjoua t’elle avec un sourire en coin.

Il s’aperçut que ses mains tremblaient, Vin avait soif, il voulait boire, il devait boire pour se calmer. Un bar se trouvait non loin de lui, ce dernier s’y précipita.
Quelques heures plus tard, il était dans un triste état, sa tête lui faisait mal. Peu importe, l’alcool lui apportait du réconfort. Le monde autour de lui tournait, des personnes qui bavardent ou rigolent des filles en train de se trémousser et… et… merde. Il n’avait pas prévenu son équipier pour lui dire ou il était. Vindex envoya sa localisation à Soran pour lui indiquer ou il se trouvait, de toute façon il n’était pas capable de rentrer seul.
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 15 Nov 2014, 12:48

Depuis le départ de Vindex, le calme était revenu à bord du Harfang. Soran était entrain de faire ces quelques exercices pour se maintenir en forme. Après cela il alla prendre une douche pour se rafraîchir les idées. En sortant de la salle de bain il évita de marcher sur un bouteille vide qui traînait par terre. Le turien la ramassa, l'observa et renifla l'odeur qu'elle dégageait.

-De l'alcool ? Le biotique poussa un râle. Vindex... je me demande vraiment parfois je t'en ai toujours pas collé une ! Il tourna la tête et observa une photo de lui et de son associé à la fin de la guerre contre les moissonneurs. Non, ce ne doit pas en être la raison.

Soran jeta la bouteille dans la poubelle avant de retourner dans sa chambre pour finir de s'habiller. Tant qu'il était sur la Citadelle, il se devait de passer faire un tour dans une boutique de modélisme dans laquelle il se rendait avec son père et qu'il continuait de s'y rendre quand il en avait le temps. Le biotique avait enfilé des vêtements gris foncé avec quelques pointes de bleu sur les coutures et à divers endroits.

-Mai ! Verrouille le vaisseau, et si jamais tu reçois un message tu me le rediriges !
-Oui Monsieur Restitus, si ce message est de votre part, dois-je vous le renvoyer ?
-Des fois je me demande si ton créateur à vraiment bien pensé à t'incorporer une logique. Tu le gardes en mémoire et tu en envois une copie à Vindex.
-Bien Monsieur, passez une bonne journée.

Soran quitta le Harfang, laissant l'IV verrouiller sa maison il prit la direction des secteurs à l'aide d'une navette fournit par l'office des transports. Même si les rues avaient bien changé, des souvenirs refirent surface, pour le meilleur comme pour le pire. Il se souvient encore d'une des premières fois qu'il se rendit au parc avec ces parents, mais aussi quand il se rendit sur la Citadelle pour la cérémonie funéraire pour tout les morts lors de l'attaque de Saren et de ces geths. La navette s'arrêta alors que Soran était encore plongé dans ces réminiscences. Une asari vint toquer à la vitre et sorti le turien de sa torpeur qui quitta la navette en s'excusant de l'avoir monopolisé ainsi sans s'en rendre compte.

Quelques minutes de marche plus tard, il arrivait devant la boutique. De là, Soran pouvait voir se qu'il se passait à l’intérieur. Un jeune humain était derrière le comptoir à s'occuper de clients, alors qu'un autre, plus âgé, approchant des soixante ans, était en train de ranger des boîtes dans une étagère. Lors que le turien passa le seuil de la porte, une petite sonnerie retenti dans le magasin, signalant la venue d'un nouveau client. Celui derrière le comptoir tourna la tête et par réflexe dit « Bonjour » au turien avant de se rendre compte de la carrure de celui-ci. Alors que l'ancien fut heureux de revoir un visage comme celui du biotique. L'humain s'approcha du natif de Palaven et lui serra la main comme salutation en y mettant son autre main par dessus cette poigne.


-Ho Soran, ça faisait longtemps ! A chaque fois que je te vois j'ai l'impression que tu as encore grandis.
-Et moi j'ai l'impression que tu rétrécis au lavage de plus en plus !
Le turien et l'humain éclatèrent de rire, alors que les clients qui quittaient le magasin semblait surpris de voir le vieille homme rigoler autant.
-Ho ! Je te présente mon nouvel employé, Johnas. Il est très doué !
-Qu'est il arrivé à l'asari qu'il y avait avant ?
-Ho celle-là ! Quand elle a compris que tu n'étais pas intéressé par elle mais par les figurines, elle est parti ! Bon débarras !
-D'accord, si c'était moi qui l'interessait elle n'avait qu'à me le dire ! Le turien se dirigea vers le jeune humain et lui tendit la main comme signe de salutation.
-Ho ! N'est pas peur Johnas, même si il fait peur, il est très aimable !
L'homme serra la main du turien avant de lâché quelques mots.
-Enchanté de faire votre connaissance.
-Moi de même, j'espère que tu feras honneur à Monsieur Auguste.
-Ho ! Et sinon, qu'es-ce qui t’amène ?! Je t'ai gardé les dernières revues du « Hobbits roux », ou alors peut être de nouvelles figurines.
-Non l'ancêtre, j'ai bien trop de figurines à peindre, même si certaines nouvelles sorties auraient leur place dans mes armées. J'ai besoin de peinture et de matos.

Le vieille homme conduisit le turien vers la parti du magasin où ils stockaient tout cela. Après quelques discussions et un important ravitaillement, le biotique quitta la boutique les mains vide. Il préférait être livré directement sur le Harfang par soucis d’encombrement pour continuer sa promenade. Un message sur son omnitech arriva. Vindex venait enfin de lui dire là où il se trouvait, cela faisait quelques heures que se premier était sorti pour rendez-vous. Soran se disait que son équipier avait sûrement dû se faire remballer par une fille et du coup qu'il avait besoin de compagnie pour descendre quelques verres et refaire le monde.

Le biotique sauta dans la première navette qui le guida jusqu'à sa destination. Un bar du nom de Gehenna's Gold. Soran y entra et fut accueillit par une asari, il expliqua qu'il venait voir un ami et lui indiqua approximativement sa position. Quand il arriva à quelques mètres de son équipier et qu'il vit toute les bouteilles vides sur la table, celui-ci entrain d'essayer d'attraper une autre encore pleine. Vindex n'eut même pas le temps de la toucher que le biotique attrapa la bouteille et avec un hurlement il l'éclata sur le bord de la table en mille morceau. Son liquide recouvrant le support et éclaboussant surtout le franc-tireur qui pensait que le récipient renfermant son précieux breuvages venaient de se briser par terre. Plus personne ne bougeait ou ne disait quoi que ce soit les quelques secondes suivantes jusqu'à ce que Soran attrapa Vindex par le col pour lui donner une bonne soufflante.


-Mais t'es con ou quoi ? Tu te rends compte que tu es en train de de tuer à petit feu là ? C'est aussi ma vie que tu mets en danger quand tu vas en mission ! Il le lâcha, le poussant dans son fauteuil quand il compris que celui-ci ne comprenait pas grand chose à la situation. Le biotique leva la main et donna une grande claque à son acolyte qui avait commencé à émerger pour le coup. Tu as repris tes esprits gros malin ?

Celui-ci barbouilla quelques mots avant de se diriger vers les toilettes, prétextant un besoin urgent. Restitus s'assit sur une des chaises de libre au tour de la table prises par son associé et commanda une bouteille de bière ainsi que quelques petites choses à grignoter. Alors qu'il avait à peine bu une première gorgé de sa boisson, il cru entrapercevoir Vindex entré dans le bar. Même s'il y avait une certaines ressemblance avec son associé, le physique n'était pas pareil, plus svelte, plus féminin, et surtout plus grand. Cette personne se dirigea vers les toilettes pour femme, qui se trouvait juste à côté de celle pour les hommes. Le biotique ignorait sur cette turienne l'avait remarqué. Au même moment son équipier sortit des WC finissant de se rhabillé correctement. Vindex se rassit à la table et Soran regarda sa boisson quand le premier le remercia pour la claque et demanda se qu'il se passait.

-Et bien, je sais pas si c'est la bière qui m'est monté à la tête, se serait bien une première, mais je suis persuadé de t'avoir vu rentrer dans les toilettes pour femme, mais... tu étais plus grand, sûrement des talonnettes et tu avais des formes plus attirantes. Avec ces paroles vinrent des mouvements de mains mimant les formes de la turienne comparé à Vindex.


Dernière édition par Soran Restitus le Sam 15 Nov 2014, 21:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 15 Nov 2014, 20:31


L'Asari tapotait ses ongles élégamment peint sur son bureau, attendant. En face d'elle, la turienne se murait dans le silence. Pourtant, la question qu'elle venait de poser n'était pas des plus difficiles. Mais comme pour les autres séance, la fierté de sa patiente la mettait à rude épreuve. Par principe, elle décida d'attendre quelques minutes. Il n'était pas rare que les gens se mettent à parler pour meubler le silence. Enfin, surtout les humains. Et les galariens, pour qui une minute signifiait plus que pour les autres races. Ses consoeurs Asaris se montraient plus patientes. Hélas, ce n'était pas vraiment le genre de technique qui marchait bien pour les turiens. Pour eux, il fallait preuve d'autorité, savoir s'imposer. Intérieurement, la médecin grimaça. Elle n'aimait pas ça. Pour elle, soit ses patients se confiaient à elle de leur propre volonté, soit ça ne marchait pas. Evidemment, cette logique ne pouvait pas s'appliquer pour toutes les espèces... Et elle ne pouvait pas laisser la militaire sans aide.

- Je me répète: Le fait que vous preniez des médicaments vous aide-t-il?

Depuis peu, Aper avait finalement concédé pour se mettre sous somnifères. Enfin, disons plutôt qu'elle avait débarqué un beau matin, à bout de nerfs, pour demander, elle citait "de pouvoir finalement dormir sans que ces conneries de cauchemars ne la réveille, histoire de pouvoir repartir de ce foutu endroit au plus vite". Ajouté à ça plusieurs qualificatifs peu reluisant sur la Citadelle et un "s'il vous plait" craché avec des mâchoires tellement serrées que la docteur s'était demandée comment il était turiennement possible de parler. Au vu de son état, elle avait préféré lui prescrire une gamme moyenne et lui demander de repasser dans une semaine, pour une consultation. Sans possibilité de contester. Le deal avait été scellé et, chose qui l'avait presque surprit, elle avait pu voir la sous-officier prendre rendez-vous et s'y rendre. Enfin, en attendant, les choses n'avançaient pas vraiment.

- Oui.

Bien. Après quinze minutes, elles commençaient enfin à avancer. Sa'ti se retint de soupirer. Il était juste dommage que la séance ne finisse d'ici moins de dix minutes. Enfin, avec un peu de chance, elle aurait le temps d'avoir une réponse à une seconde question.

- Bien. Vous arrivez donc à bien dormir et êtes moins fatiguée?

Bon, c'était un peu de la triche, deux questions en une. Mais comme ça, elle aurait plus d'une ligne à noter dans son dossier. Enfin, si la militaire se montrait moins bornée. Ou alors elle était conditionnée à ne pas répondre sous la torture et appliquait son entraînement dans cette situation... L'Asari se mit à rêvasser. Elle s'était toujours demandé si l'armée n'avait pas ce genre de programmes super secret et pas que pour les commandos. Peut être que c'était un enseignement de base chez les turiens.

- Oui.

La journée s'avérait étonnante. Il s'était à peine écoulée deux minutes avant que sa patiente ne daigne répondre. Pour un peu, la médecin ne savait plus vraiment quoi dire. Elle ne s'était pas vraiment attendue à ça. Par la déesse, est-ce que cela voulait dire que... elles allaient pouvoir travailler sur le traumatisme évident de la sniper? Elle n'osait pas vraiment y croire.

- Bien. Vous respectez la posologie indiquée?

Le mutisme fut total. Ah, fausse alerte donc. Les choses redevenaient normales. Enfin, si tant est que sa relation avec sa patiente était qualifiable de normale. Par soucis de professionnalisme, la psychologue souligna tout de même l'intérêt de ne pas prendre moins que la dose conseillée et éviter de prendre plus sans lui demander son avis. Finalement, elle libéra la femme qui, si elle ne tenta pas de le montrer, était tout de même soulagée. Sa'ti lui réserva un créneau pour dans trois jours, ce à quoi sa patiente agréa d'un signe de tête avant de partir. Basculant dans son fauteuil, la médecin soupira. Elle regarda la fine silhouette disparaître parmi la foule qui se pressait dans l'avenue, puis s'intéressa à sa salle d'attente. Elle avait déjà son autre rendez-vous. Un Elcor dépressif. Par la déesse, elle aurait bien besoin d'un thé...



Dehors, Ravilla n'allait pas mieux que la docteur. Sauf que ce n'était pas un thé auquel elle pensait, mais plutôt à un bar. Histoire de siroter un verre et surtout de danser. Elle ne connaissait pas meilleur moyen pour se vider l'esprit. Passer la nuit en charmante compagnie était une sorte de combo bonus, d'ailleurs. Un coup d'oeil à son omnitech lui indiqua l'heure. Encore un peu tôt pour boire. Quoique... Elle pouvait commencer maintenant, sans trop picoler, et faire plusieurs bars jusqu'à ce qu'elle trouve un sympathique. Vulgairement, oui, elle ferait la tournée des bars sans pour autant abuser de la boisson. Jusqu'à une heure plus raisonnable, à savoir tard dans la soirée ou tôt au matin. Oui, c'était un bon plan. Et puis, elle connaissait un endroit sympa, pour commencer. Le Gehenna's Gold était pas mal dans le genre. Plutôt calme, des prix raisonnables. Ses pas l'y dirigèrent.

Malgré l'heure, il y avait tout de même du monde. L'endroit commençait à se faire sa réputation. Aper prit place à une table isolée dans un coin, bien que proche de l'entrée. Discret, un peu à l'écart, elle pouvait voir sans qu'on fasse attention à elle. Le genre d'endroit où, si elle bougeait, on pouvait la penser tout juste rentrée alors qu'elle était déjà là depuis un moment, ou la croire partie alors qu'elle s'était juste rassise. C'était plutôt agréable. Presque familier. Un peu comme lorsqu'elle était à un point d'observation, son fusil à la main et observant l'endroit, pour vérifier que personne ne venait, ou que sa cible était en vue. C'était étrange pour certain, mais ça la calmait.
Un serveur vint prendre sa commande. Elle prit un quelconque cocktail dextro. Pas trop fort pour ne pas lui faire tourner la tête, mais assez pour qu'elle en profite un minimum. Puis, verre à la main, elle s'assit confortablement sur la banquette et observa. Ceux qui dansaient, ceux qui discutaient, qui buvaient... Dans cette dernière catégorie, un bon nombre de ses représentants étaient au comptoir, à enquiller verres sur verres. Quelques turiens, au physique intéressant. Des humains pas trop mal non plus. Un nouveau venu attira son attention. Pas trop mal dans le genre. Peau sombre, marquage blancs, assez imposant dans le genre. Plutôt en muscles. Intéressant donc. Il s'approcha d'un de ceux qui picolaient au bar. Petit, pour un turien. A vrai dire, seuls quelques indices trahissaient son espèce. D'autant plus qu'il était de dos, donc encore moins facile à identifier.
La franc tireuse cliqua des mandibules. Le nouveau venu venait de briser une bouteille sur le bar et d'engueuler l'autre. Elle détourna le regard pour chercher quelque chose plus intéressant. Les réglages de comptes entre un alcoolo et son pote, ce n'était pas vraiment rare. Pire, si ça commençait à dégénérer, il lui fallait parfois intervenir. Protéger et servir. Et repousser un mec bourré qui se retient de vomir n'était pas vraiment pour lui plaire. Encore que, il y a une semaine, elle aurait régler de tels problèmes en écrasant le crâne des deux sur le bar et en leur disant de se la fermer. Et bien, ses médicaments lui faisaient vraiment du bien... Tout ce qu'il fallait, c'était qu'elle ne pense pas au passé. Juste, l'instant présent.
Se concentrer sur le goût de sa boisson, sur le mouvement des danseurs, l'odeur d'alcool, de nourriture et de transpiration caractéristique du lieu, sur le faible éclairage des néons, sur la musique qui était joué assez fort pour être entendue mais pas assez pour couvrir tous les bruits.

Le verre désormais vide claqua contre la table en métal. L'Asari l'avait épuisée, avec sa façon de toujours vouloir la faire parler. Surtout pour ne rien dire. Enfin, il fallait reconnaître que prendre un demi cachet au lieu d'un entier n'avait que peu aidé. Il faudrait qu'elle tente de passer à un complet. Histoire de pouvoir dormir huit heures, et non pas cinq. Tss, elle détestait lorsque la bleue avait raison. Un coup d'eau sur le visage suffirait à la réveiller.
Sur le chemin, Ravilla en profita pour jeter un coup d'oeil au comptoir. Seul le grand turien était encore là. Son regard passa rapidement sur lui. Son ami devait être en train de rendre ses tripes à l'heure actuelle. Pas son affaire.

Quoiqu'il en soit, elle pénétra dans les toilettes pour femme. Quelques Asaris et humaines discutaient ensemble, arrangeant leur maquillage. La turienne ne s'attarda pas, ouvrant le robinet le plus proche pour se passer un coup d'eau sur la nuque et l'arrière du crâne, claquant des mandibules. Certaines la dévisagèrent, d'une façon plus ou moins discrète, soit amusées, interloquées ou encore intéressée. Elle les ignora, attrapant une serviette pour s'éponger, puis reparti comme elle était venue, sans dire un mot.
Cependant, elle ne rejoignit pas sa table et préféra se diriger vers la piste de danse. La musique était plutôt bonne et elle avait envie de se détendre. Dans l'ensemble, c'était on ne peut plus idéal.

Elle commença doucement, discrètement, bougeant sur place au rythme du son que les hauts-parleurs crachaient. Puis, quelques mouvements discrets des bras avant qu'elle ne se lâche totalement, ondulante tel une brise ou déchaînée telle une vague, selon l'air qui était joué.





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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Dim 16 Nov 2014, 19:16

Vindex tendit maladroitement le bras pour tenter d’attraper une bouteille encore pleine, ce qui est loin d’être facile  quand on est complètement torché. Puis d’un coup… plus de bouteille et un grand bruit. Il sentit un liquide l’arroser. Le Franc-Tireur se demandait comment il avait fait pour renverser sa bouteille lorsque deux puissantes mains le saisirent.

« Mais t'es con ou quoi ? Tu te rends compte que tu es en train de de tuer à petit feu là ? C'est aussi ma vie que tu mets en danger quand tu vas en mission !, lui hurla un Turien.
-Kézako », bredouilla l’alcoolique.

Son agresseur le repoussa, il crut tomber par terre mais atterrit dans un fauteuil. Il ne vit pas non plus la main venir dans sa tronche. C’était particulièrement violent. Mais au moins ça réveille. Vin’ se rendit compte que c’était son coéquipier qui était en train de le secouer.

« Tu as repris tes esprits gros malin ?
-J’reviens… toilettes…, cafouilla t’il.

Vin’ se mit debout tant bien que mal, quelques personnes le regardait. Il s’appuya contre le mur, inspira et marcha vers les WC. Ils étaient vides, tant mieux au moins personne ne le verrait…

« Merde ! »

Il se pencha au dessus d’un cabinet et dégobilla durant plusieurs minutes. Une fois, deux fois, son corps était parcouru de spasmes… et encore une autre galette pour la route. Il espérait ne pas avoir à tout régurgitait sinon il allait y passer la nuit. Puis plus rien.

« Fin du match », cracha le Turien avant de se relever péniblement.

Treyn se regarda dans le miroir, il devait faire quelque chose. Ça commençait à devenir grave. Il s’était déjà pris des cuites mais celle là était violente. Il se passa la tête sous l’eau froide, et se gargarisa. Le monde tournait toujours autour de lui mais entre une baffe, vomir et un coup d’eau froide... mine de rien ça requinque.
Vindex sortit des chiottes, d’une démarche un peu plus assuré et retrouva Soran.

« Merci pour le coup de main, et pourquoi tu tires cette gueule, ronchonna le Franc-Tireur.
-Et bien, je sais pas si c'est la bière qui m'est monté à la tête, ce serait bien une première, mais je suis persuadé de t'avoir vu rentrer dans les toilettes pour femme, mais... tu étais plus grand, sûrement des talonnettes et tu avais des formes plus attirantes, dit son collègue tout en mimant les formes.
-Ouais, c’est ça fous toi de ma gueule… Hep, deux verres d’eaux s’il vous plaît !
-Mais si je t’assure attends deux minutes, tu vas voir. »

Il patienta puis… bordel ! Il avait l’impression de voir son double mais féminin. Un peu plus grande que lui mais de même constitution. La couleur de peau, les tatouages à peu de chose près. C’était …… Vindex ne trouvait pas les mots, le taux d’alcool n’aidant sûrement pas. Il observa la Turienne, sa manière de marcher, de se déplacer il avait l’impression de se voir en elle. Elle commença à danser tranquillement au début puis de manière déchainée ou calme selon la musique. Bon Ok elle était carrément plus douée que lui pour la danse.  Il prit discrètement une photo et l’envoya à Vi, celle-ci établit la communication.

« Oh bonsoir monsieur, encore en vie ? Et moi qui vous croyait déjà en train de rouler sous la table, réagit l’IV.
-Je survis, lui répondit le Turien.
-Alors que puis-je faire pour vous ?
- Je veux que tu recherches tout ce que tu peux sur cette personne. Nom, prénom, âge, sa vie, je veux tout savoir.
-C’est totalement illégal Monsieur,  l’avertit IHMAIVI.
-Et alors, répondit Vin’.
-Très bien, temps estimé quinze minutes.
-Tu en as dix, lâcha le Franc-Tireur en coupant la communication.

Vindex ne savait pas trop quoi penser. Comment quelqu’un pouvez lui ressembler autant ? Lui ? Avoir un double n’était généralement pas une bonne chose… surtout lorsque l’on se considère comme une personne  unique. Son égo en prenait un coup. Il se tourna vers Soran.

« Dis-moi que je suis en train de faire un cauchemar, balbutia t’il.
-Non, mais si tu veux je peux encore t’en foutre une pour vérifier, rigola Restitus.
-Je crois que ça va aller…
-Monsieur, appela Caliban dans son oreillette. J’ai terminé mes recherches !
-Il était temps.
- Ravilla Aper, 35 ans, née sur Palaven, dans l’armée, Adjudant. Elle a la même spécialisation que vous. Sans oublier un dossier médical lié à un traumatisme de guerre à priori. J’ai essayé de passer le pare-feu… mais sans succès. Cependant j’ai trouvé une adresse extranet, je vous l’envoie.
-Merci Vi.
-Oh une dernière chose après avoir comparé votre profil physique avec le sien. Et d’après toutes les données que j’ai pu récupérer. Vous avez un taux de ressemblance assez important, vous avez exactement les mêmes yeux, vous pourriez être frère et sœur.
-De quoi je me mêle, s’énerva l’alien avant de couper la transmission. Soran je vais « prendre l’air ». »

Il enfila sa capuche et sortit discrètement du Gehenna’s Gold. Vindex s’adossa contre le mur du bar et souffla.

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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mer 19 Nov 2014, 18:03

Depuis que la turienne était sortit des toilettes, Soran et Vindex discutaient de la ressemblance de ce dernier avec cette femelle de leur espéce. Mais le franc-tireur ne semblait pas d'accord avec le biotique et se renfermait sur lui même avec de l'alcool, encore et toujours l'alcool. Pendant un instant, Restitus cru distinguer que son équipier parlait tout seul, mais après quelques secondes il s’aperçut que ce n'était que son imagination et Vindex se leva après avoir mis sa capuche sur sa tête.

Soran se retrouvait seul au bar, un verre à la main et une assiette d'amuse-gueules comme compagnie. Son équipier l'avait planté là prétextant qu'il avait besoin de « prendre l'air ». De là où il était, le biotique avait une vue presque dégagé de la piste de danse. Entre deux gorgés ou bouchés, le turien en profitait pour observer cette turienne qu'il avait pris pour Vindex. A chaque fois qu'il la regardait, il pensait à son équipier. Ils avaient quelques différences, mais mis à part la taille, elles étaient minimes. Soran voulait l'aborder pour discuter un peu avec elle, mais mise à part en allant danser à ces côtés, aucune idée ne germait. Et la danse, c'est loin d'être sont fort, on pouvait même dire qu'il avait deux pieds gauches.


-Si elle vous interesse tant que ça, vous n'avez qu'à aller la voir ! Dit le barman originaire de Palaven, qui avait remarquer que le biotique observait la turienne. Je suis plus tout jeune, mais si j'avais votre âge je foncerais la tête la première.
-Je ne sais pas danser.
-Et alors, c'est pas compliqué, vous bougez de l'arrière train en bougeant un peu les bras comme je suis entrain de faire et la musique fera le reste.
-Si vous le dites, je veux bien essayer.

Soran se leva de sa chaise et se dirigea vers la piste. Quand il commença à se trémousser, parce que ce que faisait le biotique n'était pas vraiment de la danse à se niveau là. Mais le barman avait raison, la musique aidait le turien à trouver le bon rythme et à ce que ces mouvements ressemblent de plus en plus à ce qui pourrait être qualifier comme de la danse. Resituts s'approchait doucement de sa cible et une fois à proximité il tenta d'engager la conversation.

-Bonjour Mademoiselle.
La turienne le salua à son tour avec un sourire charmeur.
-Ça vous dirait, d'aller boire un verre ?

La turienne accepta tout en gardant son sourire qui ne laissait pas Soran insensible. La turienne proposa d'aller à sa table. Restitus commanda un verre pour sa compagne du moment et un autre pour lui ainsi que quelques petits amuse-gueules.

-J'en oubliais la politesse, je me présente, Soran Restitus, ex-commandant dans les forces Cabales. Et vous êtes ?
La turienne lui répondit tout en gardant son sourire et le relança sur son statu militaire.
-Ravilla Aper, c'est jolie sa... Ravilla. Et oui, c'était ex-commandant ou finir instructeur. Et honnêtement, pour l'avenir de l'armée turienne, j'ai fait le bon choix.

Les deux continuèrent de discuter sur leurs activités récentes et actuels, pour en apprendre un peu plus, mais jamais sans trop rentrer dans les détails. Chacun se rapprochait de doucement de l'autre. Soran pensa à un moment à présenter Ravilla à Vindex, son équipier, pour qu'elle rencontre son double masculin. Mais, quelques chose était née chez le turien, une certaines attirance, purement physique, avec cette femme. Quelques choses qu'il n'avait pas ressentit aussi fort depuis si longtemps. Restitus fini de s'approcher de Aper et lui chuchota quelques mots.

-Sa vous dirais d'aller jusqu'à ma cabine, histoire de continuer à faire connaissance, dans un endroit, un peu plus calme et intime ?

Sans marquer le moindre temps de réflexion, elle accepta. Les deux turiens quittèrent le bar après avoir payer la note et se dirigèrent vers le Harfang qui n'était qu'à un petit quart d'heure de trajet de leur position actuel.

Les deux aliens avaient déjà commencer à faire plus ample connaissance durant le trajet sans pour autant tomber dans l'obscène. Soran entra dans la corvette avec Ravilla accroché à lui. Mais ils tombèrent sur Vindex qui broyait du noir, assis sur la table du salon, une bouteille d'alcool ouverte et encore pleine en main. D'un coup, le biotique perdit son enthousiasme et repris ces esprits et se souvenu de la raison première du pourquoi il c'était rapprocher de la turienne.


-Ravilla, je te présente mon équipier, Vindex Treyn... et oui, il a un vilain penchant pour l'alcool et surtout... Vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau.

Soran s'était écarter de Ravilla, ne sachant pas vraiment comme réagir vis à vis de la situation mais aussi de la réaction de ces deux congénères.
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mar 25 Nov 2014, 00:38


Elle se sentait bien. Bien au milieu de la foule. Bien dans cette chaleur humaine, dansante, mouvante, changeante selon la musique. C'était comme être dans une vague; elle se laissait porter, esquissant quelques pas naturellement, par réflexe. Cette façon de suivre le mouvement était des plus reposante. Même le brouhaha battant à ses oreilles semblait lointain. C'était ça, sa bulle. Plus besoin de penser, de se soucier de quoi que ce soit. L'esprit se vidait et la musique l'emplissait, la poussant à se mouvoir à son rythme; plus rien n'existait alors. Il n'y avait pas grand chose qui l'en faisait sortir. Les interactions sociales, qu'elles soient pacifistes ou agressives; la fatigue, quand elle se faisait ressentir; les pressentiments, ou tout ce qui pouvait la mettre en alerte.
Oui, danser lui faisait du bien. Et puis, quand elle y faisait attention, elle voyait les regards. Curieux, pour certains. Envieux pour d'autres. Parfois intéressés. C'est vrai qu'il était rare de voir une turienne danser aussi énergiquement et d'une façon juste, étant donné la réputation de "droiture" que sa race portait. Mais ceci faisait partie de la liste - plus ou moins nombreuse - des choses auxquelles elle ne faisait peu ou prou attention. Dans un bar, une boîte de nuit ou n'importe quel endroit où le peuple abondait, elle n'était rien de plus qu'un membre de ce peuple. Presque invisible, auquel on jetait à peine à oeil. Un visage à demi dissimulé dans la pénombre, à peine éclairé par les néons, qu'on oubliait souvent le lendemain. La capuche aidait aussi. A la limite, on se souvenait souvent de ses yeux. La couleur or semblait peu répandue.

Une Asari la fixait. Une de celle qu'elle avait croisé aux toilettes, un peu plus tôt. Une de celle qui lui avait jeté un regard chargé d'envie. Elle était à quelques mètres à peine et, maintenant qu'elle l'avait repéré, renouvelait ses oeillades, affichant un sourire que le mot "innocence" était le dernier à qualifier. L'alien était fidèle à la représentation qu'on pouvait se faire de l'espèce: bleue, avec des tentacules à l'arrière du crâne, un corps que beaucoup devait qualifier "de rêve" et une tenue qui avait été faite pour séduire. En somme, rien qui ne pouvait intéresser de près ou de loin Aper. D'autant plus que la demoiselle ne faisait que lui rappeler Sa'ti. De quoi briser la magie. Et sa bulle. Elle claqua des mandibules, le bruit se perdant dans l'ensemble de son. Bien. Pour un peu, elle était à nouveau agacée. En attendant, l'autre danseuse faisait mine de se rapprocher avec un déhanché qui lui semblait ridicule. D'autant plus que les Asaris ne l'attiraient pas particulièrement. Face à celle qui approchait et avec la façon dont elle la regardait, elle avait plus l'impression d'être un bout de viande en devenir. Dire que la chose était peu plaisante était un euphémisme. Après lui avoir lancé un regard qui se voulait froid et fier, la militaire lui tourna le dos. Pour se retrouver face à face au grand turien qu'elle avait vu entrer dans le bar un peu plus tôt.

- Bonjour Mademoiselle.

Un échappatoire! Qui avait, apparemment, fini de menacer son compère pour préférer tenter de... danser? Oui, le fait qu'il essaye de suivre la musique en secouant tout ce qui pouvait l'être laissait supposer qu'il tentait de danser. Un rapide coup d'oeil sur le côté lui laissa voir que la bleue était effectivement hésitante. Bien. Parfait.

Elle ne finirait pas en proie d'Asari ce soir.

- Bonsoir.

Du sourire jusqu'à la voix, tout avait été fait pour paraître charmant. Le fait que le turien soit agréable à regarder aidait beaucoup. Sur le coup, la franc tireuse pensa à Xern. Lui aussi avait la peau brune et dansait aussi bien qu'un Krogan bourré, selon ses propres dires. A croire qu'elle n'avait qu'un type bien défini. Encore que le nouveau était plus grand que le pirate. Il ne lui manquait plus qu'à un pirate aussi. Ou un mercenaire, si on voulait viser large.

- Ça vous dirait, d'aller boire un verre ?

- Avec plaisir.

Ils s'éloignèrent. Derrière eux, il semblait que la demoiselle, les lèvres pincées, tentait de se retenir pour ne pas paraître plus contrariée qu'elle l'était déjà. Ou de ne pas taper du pied comme une enfant - qu'elle devait plus ou moins être aux yeux de sa race-. En tout cas, sans qu'il le sache, le mâle venait de l'aider. Il n'y avait rien de pire que de se défaire de ce genre de personne, qui ne voyait en vous qu'une future conquête, sans vraiment prendre en compte l'avis de l'intéressé-e.
Ils s'installèrent au bar, lui se chargeant de commander le nécessaire après qu'elle lui ai précisé sa boisson. Un cocktail plus fort que le précédent. Quelque chose lui disait que son projet d'errer de bars en bars allait être remplacé. Ce n'était pas mal non plus.

- J'en oubliais la politesse, je me présente, Soran Restitus, ex-commandant dans les forces Cabales. Et vous êtes ?

- Ravilla Aper, militaire de la Hiérarchie. Croyez moi, mon grade n'est pas aussi passionnant que n'était le votre.
Ex membre des Cabales alors?


- Ravilla Aper, c'est joli ça... Ravilla. Et oui, c'était ex-commandant ou finir instructeur. Et honnêtement, pour l'avenir de l'armée turienne, j'ai fait le bon choix.

Un claquement hésitant fit écho à ses paroles. C'était la première fois qu'on disait que son prénom était joli. En général, on la complimentait plutôt sur son physique, qu'il s'agisse de sa taille ou de ses yeux. De ses mandibules parfois et de la façon dont elle les faisait claquer. Mais son nom...
Encore un peu interloquée, elle le relança sur son occupation actuel, et lui fit de même. L'un comme l'autre esquivait les questions qui pouvaient se montrer trop intrusives. Même si cela aboutit à quelques échanges curieux puisque par moment, les discussions passaient du coq à l'âne afin de changer de sujet, cela restait agréable. Si on oubliait son côté "je raffole d'exploser des bouteilles sur mon ami ivre", le mercenaire était des plus sympathiques. Charmant même. Le genre avec qui elle passerait bien la nuit. Et sur ce point, ils étaient sur la même longueur d'onde, au vu de ce qu'il lui chuchota. Elle le regarda droit dans les yeux et accepta, tapotant sur son omnitech afin de régler la note. Les deux savaient très bien jusqu'où "faire connaissance dans un endroit intime et calme" les mèneraient. Le temps d'un soir.
Leur discussion avait repris, plus intime, alors qu'accrochée au bras du biotique, la femelle marchait à son rythme. Un peu de chaleur turienne ne faisait pas de mal, de temps à autre. Elle ne cherchait pas qu'une partie de jambe en l'air. Si c'était le cas, il suffisait d'aller aux gigolos ou de draguer la première Asari qui passait. Connaître l'autre, se faire désirer, découvrir... C'était bien plus plaisant. Quand bien même il y avait toutes les chances du monde qu'ils ne se revoient jamais. C'était rare, les hommes qui l'intéressaient assez pour la faire revenir de temps à autre. A vrai dire, pour l'instant, il n'y en avait qu'un.

Soran la conduisit jusqu'à un vaisseau où, il fallait croire, il logeait. Une partie du bâtiment avait été aménagé pour servir d'appartements dont l'une des premières pièces où ils pénétrèrent fut le salon. Quoique petit, celui-ci était bien aménagé. Si on oubliait la présence d'un autre turien ivre, à demi-mort. Celui là même qui était présent au bar un peu plus tôt. Un turien qui lui ressemblait étrangement... Comme si l'évidence n'était pas assez évidente, l'ancien Cabale crut bon de faire les présentations avant d'opérer pour un repli stratégique, lequel pourrait s'avérer salutaire.

- Ravilla, je te présente mon équipier, Vindex Treyn... et oui, il a un vilain penchant pour l'alcool et surtout... Vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau.

Pendant quelques minutes, Ravilla regardait cet inconnu au même visage que lui, les yeux écarquillés et les mandibules cliquetant d'une façon erratique, ne sachant pas vraiment ce qu'elle ressentait si ce n'était de l'incompréhension. Puis, finalement, elle passa par plusieurs phases.
Dans un premier temps, les sourcils froncés, ouvrant et fermant plusieurs fois les mâchoires, elle tenta de comprendre ce qui se passait.
En second, elle afficha de la méfiance, comme si elle attendait qu'ils lui demande quelque chose.
Après, ce fut le doute. Etait-ce un clone face à elle? Ou était-elle un clone? Non. Impossible.
Enfin, la colère balaya tout. Attrapant la première chose qui lui arrivait sous la main, la militaire l'envoya contre le mur en face d'elle. Son regard brûlait de rage et ses mandibules claquaient avec férocité tandis qu'elle cherchait un nouvel objet à balancer sur l'un des deux.

- VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI? QU'EST-CE QUE CA VEUT DIRE?

Si c'était une plaisanterie, elle n'y goûtait pas. Puis, sa haine se retourna vers celui qui l'avait amené ici.

- Vous... Cette ... "blague" odieuse est de votre fait?

Pour finir par cracher une phrase à peine moins haineuse envers son double.

- Et vous.... Je vous laisse moins de cinq secondes pour désactiver votre... déguisement holographique ou je ne sais quoi!

Elle se mit en position de combat, prête à en foutre une au premier qui s'approcherait. A défaut d'avoir ses armes sur elle. Et esprits savaient que ses poings la démangeait en ce moment.




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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Jeu 04 Déc 2014, 01:01

Vindex marchait rapidement en direction du Harfang, il ne savait pas vraiment ou il en était, quoique… Il devait osciller entre coma éthylique et hallucinations. Une bonne douche froide lui ferait du bien.  Vin’ s’en voulait d’avoir laissé son camarade en plan, mais il avait vraiment envie de passer à autre chose et d’oublier cette soirée. Le Turien arriva devant le vaisseau et déverrouilla la porte d’entrée. Treyn attrapa quelques habits plus décontractés (un T-shirt noir avec un logo de groupe de rock et un treillis) avant de se glisser sous la douche bien glacée. La morsure du froid n’était pas des plus agréables mais après une cuite c’était toujours mieux que rien.

Dix minutes plus tard, Treyn était présentable et n’avait plus cette horrible de goût de vomi en bouche. Mais il était furieux contre lui même, incapable de se raisonner, l'alcool lui grillait les neurones. Le mercenaire avait envie de casser quelque chose. Il alla à son atelier et vit sa petite armoire réfrigérante contenant ses breuvages. Le Turien donna un violent coup de pied dedans, de la soulever et de l'éclater par terre en poussant un cri bestial avant de jurer.

« Bordel, c'est foutrement génial, j'ai un putain de clone... Qu'est ce que je suis censé faire maintenant?
-Ah ? Vous êtes enfin de retour Monsieur !
-Et une IV sourde.... Vi j'ai une question....
-Monsieur ?
-Qu'est-ce que tu me conseilles de faire ?
-Vous …. vous me demandez des conseils, s'étonna IHMAIVI, même si je le pouvais, les interactions sociales ne sont pas mon fort.
-J'en sais rien, même un truc complètement stupide.
- Offrez-lui des fleurs ?
- Je ne veux pas un rendez vous avec elle !
-Eh bien allez lui parler.
-Pas trop tôt.
-C'est toujours un plaisir. »

Vindex retourna au pont 1 alla dans la cuisine pour prendre une bouteille qui ressemblait plus à une bouteille d'alcool qu'à du sirop de grenadine.

« Monsieur, si je me puis me perm....
-Ne t'inquiètes pas Vi, c'est simplement ma solution miracle contre ma gueule de bois pour demain matin. »

Il s'en enfila une gorgée, bordel qu'est-ce que c'était dégueulasse. Le point positif c’est que ça lui permettrait d’avoir les idées un peu plus claires. Cela faisait un peu plus d’une heure qu’il était rentré, le Turien ne savait pas vraiment quoi faire. Bricoler était hors de question, Vindex avait tellement la tremblote que mettre un clou dans un mur aurait révélé de l’exploit. Treyn se souvint de sa console portable avec un jeu humain dont il raffolait : « Tetris ». Il pouvait passer des heures à empiler des blocs… et c’est ce qu’il se passa. Ce fut L’IV qui l’avertit du retour de son camarade et faillit s’étrangler en voyant l’heure. Il posa sa console sur la table basse et attrapa la bouteille pour la ranger. Au moment de se lever, il entendit le pas lourd de Soran.

« Tu en as mis du temps pour re….. »

Le Turien ne termina pas sa phrase. Son double était avec lui. Furieux, il jeta un regard noir à son équipier.

«  Ravilla, je te présente mon équipier, Vindex Treyn... et oui, il a un vilain penchant pour l'alcool et surtout... Vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau, dit le biotique. »

Le Franc-Tireur vit Ravilla l’observer des pieds à la tête. Non pas qu’il détestait être le centre d’attention, et d’un naturel narcissique mais se faire observer par soi même était dérangeant. Ravilla avait l’air hébété, Vin’ lui ne trouvait pas les mots.  

« Bonj…, commença t’il. »

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que sa console de jeu vola et alla s’écraser sur le mur à côté de lui. La Turienne s’emporta.

«  VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI? QU'EST-CE QUE CA VEUT DIRE?

-Vous... Cette ... "blague" odieuse est de votre fait, lâcha t’elle à Soran.

- Et vous.... Je vous laisse moins de cinq secondes pour désactiver votre... déguisement holographique ou je ne sais quoi, cracha t’elle à l’encontre de Vindex. »

Entre les personnes qui explosent des objets à côté de lui et dire qu’il utilisait un déguisement, c’en était trop pour le mercenaire.

« Putain mais personne n’en a marre d’être un enfoiré dans cette galaxie ? Ça vous écorcherait la gueule de dire : Bonjour, comment allez vous ? Et d’éviter de me balancer à la gueule tout ce qui vous passe par la main, s’emporta Vin’ avant de se concentrer sur Ravilla. Et non je ne porte pas de « déguisement », pourquoi ? C’est parce que ma tronche ne te revient pas, un sourire moqueur sur le visage.
-Ne l’écoutez pas, rigola Vi, on lui a volé sa peluche quand il était petit. »

Vraisemblablement cela ne faisait pas rire l'invitée. En temps normal Treyn se serait sûrement amusé à tester les limites de son interlocutrice. Mais vu sa posture agressive, il préférait éviter de jouer au plus fin, se prendre un droite n'était pas dans ses projets actuels. Elle était un peu plus grande que lui, il n'était pas très doué pour cogner, simplement éviter... et puis frapper une femme ça le fait moyen.
Il leva nonchalamment les bras pour montrer qu'il abdiquait avant de se laisser choir dans un des fauteuils du salon. Il scruta les yeux de Ravilla pendant plusieurs secondes avant de lui faire signe de s'asseoir.

« Bon on ne va pas y aller par quatre chemins, commença t'il. Nous avons tout les deux des questions et peut-être des réponses pour comprendre ce bordel. »

Vindex avait déjà quelques informations sur son clone mais préférait faire l'ignorant, histoire d'éviter de relancer une dispute.

« Je parie que tu veux en savoir un peu plus sur moi ? »


Dernière édition par Vindex Treyn le Jeu 11 Déc 2014, 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Lun 08 Déc 2014, 15:58

Soran resta immobile devant la réaction, excessive d'après lui, de Ravilla qui jetait des objets dans tout les sens et hurlait sur les deux turiens. Et alors que le biotique s'apprêtait à intervenir physiquement, Vindex s'énerva de manière très virulente se qui surpris Restitus. Mai, l'IV de bord du vaisseau comme il la surnommait, s'amusa avec le franc-tireur pour essayer de détendre l'atmosphère. Une fois que ce dernier avait fini de s'énerver il scruta la turienne et l'invita à discuter. Soran se rapprocha de Ravilla et posa une main amicale dans son dos et lui montra un fauteuil sur lequel elle pouvait s’asseoir de son autre main.

-Vas-y assied toi, je vais ramener un truc à boire, et nous pourrons discuter calmement.

Le biotique se dirigea dans la cuisine pour préparer un petit quelques chose à boire. Il arriva après quelques minutes avec un plateau et trois tasses contenant un liquide translucide, de couleur rouge et chaud. Soran posa une première tasse devant Ravilla, puis devant Vindex et pris la dernière directement en main et s'affala dans un autre fauteuil qui lui donnait une vue d'ensemble sur les deux « clones ». Le silence régnait, les deux turiens qui s'observaient dans les yeux semblaient bouillir intérieurement et n'avaient pas encore toucher à leur breuvage. Restitus but une première gorgé et engagea la discussion.

-Bon, faisons le point. Je connais Ravilla depuis aujourd'hui. Il tourna sa tête vers elle. Et tu m'as dis faire partie de l'armée turienne. Puis regarda son équipier. Alors que l'autre tête de mule, je la connais depuis quoi... douze ou treize ans. Et repris une nouvelle gorgé de sa boisson. Le point commun, outre votre physique, c'est que je ne connais pas votre enfance. Je vais vous poser quelques questions simple pour savoir si il y a des cohérences ou des points communs.

Le biotique continua de boire son breuvage et enchaîna les questions comme, leur lieu de naissance, là où ils ont vécu quand ils étaient enfant, des amis encore en vie, leur service militaire, là ou ils ont servit... La discussion dura un bon moment et les esprits se calmèrent.

-Bon, récapitulons ! Vous avez la même date de naissance, tout les deux nées sur Palaven, mais par la suite vous avez quelques points divergents. Vous avez aussi certains point d'intérêts commun. Je ne suis pas médecin, mais... l'idée du clone reste complètement farfelu non ? Vous seriez pas plutôt des jumeaux ? J'en sais rien, mais cela me semblerait plus probable.

Les deux intéressés regardèrent Soran de la même façon l'un comme l'autre. Et s'exprimèrent d'une seule et même voie en désaccord avec la proposition du biotique.

-Je connais un médecin à pas trop loin qui pourrait vous faire quelques analyses et nous dire le fin mot de cette histoire.

Tout le monde accepta et se dirigea vers le cabinet médical dont parlait Soran. Il était tenu par un de ces ancien équipier qui continuait à servir la Hiérarchie depuis son laboratoire.
Comme Restitus l'avait dit, ce n'était pas très loin, en dix minutes ils étaient arrivé et le biotique entra le premier. A l’accueil une infirmière d'origine asari les accueillit.


-Bonjours madame, messieurs. Que puis-je faire pour vous ?
-Bonjour, j'aimerais voir le... docteur... Varian.
-Et vous êtes ?
-Soran Restitus.
-Vous aviez rendez-vous ?
-Non, mais dites lui que je suis là et il devrait rappliquer en quelques secondes.
-Je vais voir se que je peu faire.

Les trois turiens discutaient ensemble en attendant une réponse favorable ainsi que la venu du scientifique dont avait parlé Soran. Vindex en profita pour lancer quelques piques tandis que le biotique tentait de renouer le contact avec Ravilla. Qu'elle soit le clone, l'originale ou la sœur jumelle de son équipier, il n'en avait que faire. Il avait ressentit quelques chose d'intense avec elle, et il en voulait plus, encore plus. Le contact semblait toujours établi, mais plus faible, moins important qu'avant la rencontre avec Vindex.

La discussion fut interrompu avec la venu du scientifique et ancien équipier de Soran. Un turien, dans le mètre quatre-vingt dix, portant une blouse blanche ainsi que ce qui pourrait s’apparenter à une paire de lunette sur laquelle plusieurs informations s'affichaient en temps réelle.

-Commandant Restitus ! Que me vaut l'honneur de votre visite dans mon humble cabinet médical ?!
-Arrête ! Je ne suis plus commandant et sa te réussit vraiment pas les courbettes.
-C'est pas faux. Bon, venez dans mon bureau pour discuter.
Les quatre turiens entrèrent dans un bureau. Sur les murs, de nombreux diplômes et photos dont Soran était sur certaines. Le scientifique s'assit dans un large fauteuil et invita ces trois inviter à prendre place dans les sièges disponibles.
-Tu es là pour un test de paternité ? La demoiselle ici présente veut prouvé que tu es bien le père du gamin à coté d'elle ?
-Absolument pas ! Je te présente Vindex Treyn, je travail avec lui ainsi que Ravilla Aper que j'ai rencontré il y a quelques heures. Et comme tu le remarqueras, ils se ressemblent, ils ont d'abord émis l'hypothèse que l'un était le clone de l'autre, et après quelques questions, je me suis dit qu'ils pouvaient être jumeaux.
-D'accord, je vois le soucis. Vous allez venir tout les deux chacun votre tour dans la pièce accoté. Et je vous ferais deux trois examens. Rien de bien méchant, une prise de sang, relevé d'empreinte digitale, deux ou trois scans et une fois tout cela fait pour chacun d'entre vous j'analyserais et vous expliquerais les résultats. En attendant vous pouvez rester ici. Le scientifique se leva. Honneur à la dame.

Le temps des deux examens fut tout aussi long que celui de l'analyse pour Soran, qui resta planté là pendant toute cette période. Vindex en profita pour en apprendre un peu plus sur ce soit disant médecin pendant que Ravilla était en oscultations. Et quand c'était le tour de Treyn, le biotique continua de renouer certains liens avec la turienne.

Le scientifique arriva avec un datapad en main, il se posa dans son gros fauteuil. Il regarda chacun des trois turiens qui attendaient le résultat. Qui était le clone de qui ? Ou bien n'étaient ils que des jumeaux séparés à la naissance ?

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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mer 10 Déc 2014, 00:02


Il ne fallut pas longtemps avant que la Turienne ne se trouve à court de munitions. En même temps, il y avait peu de choses à sa portée immédiate. Le salon était bien rempli, évidemment, mais la plupart des objets se trouvaient à quelques pas d'elle. Et pour le moment, ses jambes refusaient de bouger; elles paraissaient de plombs. Seuls ses bras trouvaient assez de force dans la rage pour jeter ce qui pouvait l'être. Quoiqu'il en soit, le flot de projectile se tarit, laissant une femelle dont le regard suffisait à exprimer son état.

- Putain mais personne n’en a marre d’être un enfoiré dans cette galaxie ? Ça vous écorcherait la gueule de dire : Bonjour, comment allez-vous ? Et d’éviter de me balancer à la gueule tout ce qui vous passe par la main. Et non je ne porte pas de « déguisement », pourquoi ? C’est parce que ma tronche ne te revient pas?

- Ouais, ma tête sur votre mini de corps de crevette me pose un problème, connard!

- Ne l’écoutez pas, on lui a volé sa peluche quand il était petit.

La remarque ne fut même pas écoutée. A vrai dire, en dehors de cet avorton qui se faisait un plaisir de lui taper sur les nerfs, peu de choses attiraient son attention. Même le biotique se faisait discret à ses yeux. En même temps, il ne se rendait pas visible. Si la franc-tireuse avait prêté un peu plus attention au mâle, elle aurait pu le voir rester immobile, un peu en retrait, tandis que les clones se foutaient joyeusement dessus verbalement. En faisant plus attention, la femelle aurait même pu voir le regard plus ou moins désespéré qu'il jetait à la scène. Mais comme ce n'était pas le cas, tout ça lui passa joyeusement au-dessus de la tête. Tout ce à quoi son esprit se trouvait occupé à ce moment, c'était de savoir si elle ferait mieux de sauter par-dessus la table basse (une fois qu'elle aurait convaincu ses muscles inférieurs de faire quelque chose) afin de se jeter directement à la gorge de l'autre ou si elle devait la lui envoyer dans les dents, puis sauter sur lui alors qu'il esquiverait ou se retrouverait coincé.
Cependant, si elle était prête à combattre sans l'ombre d'un doute, son double n'était pas au même stade. Au contraire, il préféra se laisser tomber sur la chaise la plus proche, bras levés en signe de paix avant de l'inviter à faire de même. Un claquement agressif fut sa seule réponse immédiate. Toutefois, il ne prit pas cet avertissement sonore au sérieux puisqu'il tentait d'entamer un dialogue.

- Bon on ne va pas y aller par quatre chemins. Nous avons tous les deux des questions et peut-être des réponses pour comprendre ce bordel.
Je parie que tu veux en savoir un peu plus sur moi ?


- Je crois que j'en sais déjà assez sur vos intentions, foutu...

La main qui s'abattit sur son épaule coupa court sa phrase. La militaire posa ses yeux dorés teintés de surprise, puis bien vite de fierté amochée camouflée sous une bonne dose d'indignation sur son nouvel interlocuteur. Elle claqua des mâchoires dans un mouvement qui se voulait violent mais qui ne la convainquit pas elle-même. Face à quelqu'un qui se moquait, ou qui se montrait prêt à la bataille, c'était facile de se laisser aller à la combativité. Sans ça... Et bien c'était presque ridicule. Un peu comme son comportement...
Un cliquetis agacé répondit à l'invitation qu'on venait de lui faire et, tandis que le mâle sortait de la pièce, elle se laissa tomber sur le canapé situé juste derrière elle. Sa main passa sur son visage, essayant d'effacer la lassitude qui venait de lui tomber littéralement sur la gueule.

- Ecoutez, la situation est très simple.

Le ton sec était dirigé à l'attention du seul autre être vivant présent dans cette pièce sur le moment. Et elle n'arrivait même pas à croiser son foutu regard. Elle aurait l'impression de s'engueuler devant un miroir. Enfin, une version d'elle plus masculine. Et plus petite. Et un peu différente. Bref, ce n'était pas le moment de se perdre dans des dédales de pensées incohérentes.

- Il y a quatre possibilités.

La première, vous et votre copain avez comme fantasme de vous faire un plan à 3 avec quelqu'un qui ressemble à l'autre. Si oui, vous auriez pu me demander avant, je vous aurais envoyé chié directement et tout ceci serait déjà fini.


Oui, parce que bon, à la base, si elle était ici, c'était plutôt parce qu'elle avait eu dans l'idée de passer la nuit en compagnie de quelqu'un. Elle n'avait pas vraiment suivi Soran pour discuter pendant des heures. Après coup, Aper se disait qu'elle aurait mieux fait de rester à picoler au bar. Si elle avait su...

- Seconde possibilité, nous sommes des clones. Honnêtement, je ne sais même pas qui voudrait me cloner. Et pour votre cas, je pense que c'est la même chose. Donc fortement improbable.

Troisièmement, vous pourriez être ces mercenaires qui vont voir des personnes touchées par la guerre et ayant perdu... hum... Des... mmh... proches vous ressemblant un tant soit peu. Et se faire passer pour un cousin, un fils ou un frère qu'on croyait disparu, histoire de pouvoir soutirer quelques crédits, un testament et se barrer ensuite.


Elle lutta contre son ressenti afin de planter ses iris dans celle de Vindex. L'air sérieux qu'elle affichait et le ton, mi doux, mi aigre, qu'elle employait n'avait rien pour le rassurer. D'autant plus que simplement parler de proches disparus lui avait écorché la langue comme un millier d'échardes.

- Evidemment, si c'était le cas, je me sentirais dans l'obligation de vous coller une balle dans la nuque. Surtout si vous tentez de me faire le coup.

Et la quatrième...


Sa voix se tut, un peu étranglé sur la fin. Non, elle n'arriverait pas à évoquer cette hypothèse. Elle resta muette jusqu'à ce que le turien brun ne revienne et qu'il ne pose une tasse devant elle. On aurait dit du thé. C'était de l'eau rouge en tout cas. Mais l'odeur était bonne, un entremêlement de senteurs subtiles, liées les unes aux autres. Avec précaution, la sniper pris la tasse et but une gorgée. C'était bon, aussi. Une boisson chaude réconfortait. Encore que, elle n'aurait pas dit non à de l'alcool, qui l'aurait sûrement d'avantage ragaillardie. Instinctivement, elle replia ses jambes sur le canapé, les collant presque à son torse, la tasse posée sur ses genoux quand elle ne buvait pas.
Le biotique se mit à parler, présentant l'un et l'autre, exposant la situation, puis prenant à coeur de débiter des questions creuses comme si les réponses positives éclaireraient la situation. Blottie dans son canapé, ayant le sentiment d'être seule face à eux, l'adjudante s'efforça pourtant de répondre, bien que ses phrases ne soient prononcées avec une certaine mollesse et un inintérêt profond. Bon sang... Il y avait pas mal de turiens nés sur Palaven à la même date! Pourtant, il semblait tirer des conclusions de ces faits, sur le simple argument que leur visage était trop ressemblant pour que tout ceci ne soit un hasard. Et ces suppositions idiotes ne pouvaient aller que vers un sens que la femelle n'appréciait que peu.
Bordel, depuis le rendez-vous avec Sha'ti, Ravilla aurait dû se douter que cette journée serait mais alors vraiment, vraiment, VRAIMENT très mauvaise. Il y avait certaines choses qui mettaient la puce à l'oreille.

- ... Vous seriez pas plutôt des jumeaux ? J'en sais rien, mais cela me semblerait plus probable.

Cliquètement sec, accompagné d'un "Non" venant droit du cœur. Droite comme un I, la militaire semblait presque fusiller du regard le plus âgé des trois. Elle serrait si fort l'anse de sa tasse qu'on pouvait se demander comment celle-ci ne s'était pas encore brisée. En tout cas, sa propriétaire affichait la moue de celle qui venait de se faire insulter, ainsi que ses ascendants sur sept générations. Elle n'avait eu qu'un frère, Hecarion – si on oubliait sa sœur morte jeune - assassiné en service. Si cet arriviste de Vindex et son ami pensait vraiment que le premier pouvait prétendre à un quelconque lien avec la famille Aper, il leur faudrait plus que de simples suppositions basées sur des faits aussi bancals qu'une date ou un lieu de naissance.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, le soldat aux yeux ambres proposa la réalisation d'un test ADN. Bien. Ils verraient ainsi l'absurdité d'une telle supposition. Le médecin confirmerait le ramassis de conneries que tout ceci était et elle pourrait leur coller une baffe à chacun avant de repartir dans son studio. Ils l'avaient suffisamment dégoûtée de la soirée pour qu'elle n'ait plus envie ni de boire, ni de danser parmi une foule.  
La proposition fut acceptée d'un commun accord et le trio partit dans les rues, en direction de la clinique. Dix minutes de marches. Dix durant lesquels pas un son ne sortit de la gorge de la femme, trop occupée à maudire une grande partie de l'univers qui l'entourait, et un petit bout de la galaxie qu'elle n'avait même jamais visité. Une grande partie de ses malédictions étaient destinés aux deux mâles qu'elle précédait. D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle foutait là? Elle ne les connaissait même pas et ne leur devait rien! Et quand bien même Soran était agréable à regarder, l'envie de coucher avec lui atteignait le niveau zéro avec toute cette comédie.
Ses pas se stoppèrent net à quelques mètres de l'entrée alors que les deux amis y entraient sans lui prêter attention. Elle dansa sur un pied, puis sur l'autre, et finit par exécuter un demi-tour, suivi de quelques pas. Qui finirent par ralentir pour s'arrêter. Son regard d'or se coula jusqu'à l'entrée du bâtiment. C'était ridicule. Impensable. La seule idée que cette proposition ait été avancée lui donnait la nausée. Mais... Si elle le faisait... Elle pourrait coller sa main dans la gueule des hommes avant de se barrer. Oui. C'était pas mal ça. Un petit dédommagement, pour la foutue journée qu'ils étaient en train de lui faire passer. Au passage, ils payeraient pour la psychologue Asari.
Mouais, ce n'était pas le programme le plus plaisant au monde, mais au moins il lui permettrait de se détendre un minimum.


La franc-tireuse entra dans la place alors qu'une infirmière quittait son poste. Croisant les bras sur sa poitrine et à l'écart, elle ne communiqua presque que par les cliquètements de ses mandibules, ainsi que par monosyllabes. Durant l'attente, le biotique fit plusieurs tentatives, parfois un peu timides, pour parler avec elle. Elle répondait d'une façon courte mais lui répondait tout de même. C'était déjà ça. Sachant que c'était lui qui avait proposé d'effectuer un test, elle aurait pourtant été en droit de garder le silence face à lui. Il pouvait s'estimer chanceux.
Puis, comme pour mettre fin à cette mascarade, un docteur turien apparu, échangeant quelques mots avec l'ancien "Commandant Restitus" avant de les inviter tous trois dans son bureau et de demander s'ils voulaient prouver que Soran était le "père du petit", à savoir Vindex.
Le poing de la sniper s'abattit avec fracas sur la table en face d'elle. Elle ne goûtait pas à la plaisanterie; pas du tout même. Si ses iris avaient étés des armes à feux, le diplômé se serait trouvé à l'état d'un tas de chair sanguinolent imbibant le parquet. A vrai dire, c'était même dommage que ce ne soit pas le cas. Elle se serait fait un plaisir de le finir à coup de pied. Histoire de dégager un peu de la frustration qui l'habitait. Cependant, ce coup d'éclat ne fut pas remarqué par les mâles, qui continuaient de parler. On finit ensuite par l'inviter à rejoindre la salle d'examen. Elle s'exécuta de bien mauvaise grâce, le faisant comprendre au médecin par une coopération limitée, de nombreux grognements et "conneries" crachés entre ses dents serrés, et un foudroiement en guise de regard à chaque fois qu'il avait le malheur d'essayer de détendre l'atmosphère. Quand il tenta de faire remarquer le peu d'intérêt d'un tel comportement, un claquement furieux fut sa seul réponse. Au final, il la renvoya rapidement une fois qu'il finit de prélever ce qui était nécessaire pour son analyse. La chose convint très bien à la militaire récalcitrante qui partit en claquant la porte pour se laisser tomber dans une chaise, un peu loin des deux autres.
Lorsque Treyn partit, l'ancien militaire tenta de continuer de discuter avec elle. Il était chanceux pour le coup; la certitude qu'elle avait sur l'imbécillité de cette opération rendait Aper assez "calme" pour répondre par de courtes phrases et sans paraître avoir trop envie de lui hurler dessus. Même, elle lui laissait la possibilité de pouvoir se rattraper plus tard par une nouvelle soirée qui leur permettrait de repartir à zéro pour une nuit.

Au bout de plusieurs minutes, le duo revint. Varian tenait un datapad et regardait les données qu'il affichait, s'installant dans son fauteuil. La femelle avait posé un coude sur le haut de son assise, son poing supportant son menton tandis qu'elle concentrait son attention sur le mur à sa droite. Enfin ils pourraient passer à autre chose.
Le médecin finit par reposer son carnet électronique, croisant les mains, avant de prendre la parole.

- Bien. Vous n'êtes pas jumeaux.

Ahah! Ravilla claqua des mandibules presque avec fierté. Elle le savait bien. intérieurement, elle se promis de ne pas frapper trop fort Soran. Vindex, par contre, allait déguster.

- En effet, les jumeaux sont presque comme des clones, avec un patrimoine génétique proche à au moins 90%. Vos différences de sexe écarte dès lors la possibilité que vous soyez des jumeaux monozygotes. Pour la même raison, vous n'êtes pas des clones. Cette hypothèse est par ailleurs confirmée avec vos résultats.
En effet, votre ADN correspond avec un taux de 50%. D'après la correspondance et vos dates de naissance, vous êtes frère et soeur. Des jumeaux dyzygotes ou "faux-jumeaux" si vous préférez. Votre ressemblance frappante est dû à un heureux hasard génétique.


Il se tut. Le silence s'installa, presque pesant. Profitant que ses clients ne digèrent la nouvelle, le turien passa son regard sur chacune des personnes présentes. La turienne était toujours dans sa posture de départ, à la différence qu'elle avait désormais le visage tourné vers lui, les yeux écarquillés, les mandibules et la mâchoire légèrement écartés. De temps à autre, un son étranglé parvenait à sortir de sa gorge, mourant presque aussitôt. On aurait presque pu croire qu'elle était sur le point de faire un malaise. A croire qu'il venait de lui annoncer qu'elle était en fait une Krogan mal-formée.

En fait, non.

Il était presque sûr qu'elle aurait mieux pris cette nouvelle que la confirmation de sa parenté avec Monsieur Treyn ici présent.  





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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 20 Déc 2014, 18:54


La Turienne avait l'air réticente à l'idée de s'asseoir et failli relancer la dispute, cependant Soran la stoppa net en l'invitant à se poser, une main sur l'épaule. Il est vrai que quand un colosse vous demandait quelque chose, les personnes ayant plus de deux neurones connectés obéissent. Son ancien coéquipier quitta ensuite la pièce le laissant avec Ravilla. 
 
- Ecoutez, la situation est très simple. 
 
Vindex regardait fixement la militaire, cette dernière avait le regard fuyant et faisait tout pour éviter le sien. C'en était presque amusant. Le ton employé était loin d'être des plus agréables, il avait envie de partir et de la planter là, juste pour voir la tête qu'elle ferait. C'était une idée stupide mais au moins le message aurait été clair: "Tu me les brises royal". Il devait pour une fois faire preuve de tempérance. 
 
- Il y a quatre possibilités.  
 
Et voilà, les gens devaient toujours faire compliqué. C'était barbant. Vin' scruta la Turienne, elle avait les mêmes yeux que lui, leur tatouage facial se ressemblait énormément. Cependant il était plus menu que cette dernière. En soit lorsque l'on faisait de l'infiltration, il valait mieux être un peu plus petit et agile qu'avoir la carrure d'un Yahg comme son interlocutrice. 
 
-La première, vous et votre copain avez comme fantasme de vous faire un plan à 3 avec quelqu'un qui ressemble à l'autre. Si oui, vous auriez pu me demander avant, je vous aurais envoyé chié directement et tout ceci serait déjà fini.  
 
Mais ce qui le choquait était cette ressemblance au niveau du visage, les mêmes traits etc... C'était troublant, interagir avec son double féminin, le comble du narcissisme en quelque sorte. Il espérait quelque part que ce ne soit qu'une simple coïncidence. Ce genre de situation n'arrivait jamais... ou alors il fallait vraiment être poisseux. Chose qu'il était bien trop souvent à son gout. Quelque part, il en voulait à Soran d'avoir ramené cette nana sur le Harfang.  
 
- Seconde possibilité, nous sommes des clones. Honnêtement, je ne sais même pas qui voudrait me cloner. Et pour votre cas, je pense que c'est la même chose. Donc fortement improbable. 
 
La conversation ne l'intéressait même pas, Ravilla était d'un ennui sans nom. Entendre quelqu'un sortir de tels inepties, il y avait de quoi faire exploser le disjoncteur à conneries. Enfin bon il valait mieux la laisser parler pour éviter de la contrarier. Il n'avait pas vraiment envie de voir d'autres objets voler et préféra se concentrer sur la conversation pour répondre à une éventuelle question. Le mercenaire aurait eu l'air malin s'il devait lui demander de répéter. 
 
-Troisièmement, vous pourriez être ces mercenaires qui vont voir des personnes touchées par la guerre et ayant perdu... hum... Des... mmh... proches vous ressemblant un tant soit peu. Et se faire passer pour un cousin, un fils ou un frère qu'on croyait disparu, histoire de pouvoir soutirer quelques crédits, un testament et se barrer ensuite.  
 
Vindex nota l'hésitation dans la voix de la militaire... A priori les proches étaient un sujet sensible pour celle-ci, un peu comme lui-même s'il arrivait à bien cacher son jeu.  
 
- Evidemment, si c'était le cas, je me sentirais dans l'obligation de vous coller une balle dans la nuque. Surtout si vous tentez de me faire le coup.  
 
La blague de la soirée, lui extorquait quelqu'un? Treyn avait déjà suffisamment d'argent à ne plus savoir qu'en faire. Faire la manche c'était bon pour les parias. Vin' se demanda si l'armée Turienne n'engageait plus que des abrutis. A la simple vue du vaisseau, n'importe qui pouvait comprendre que son compère et lui n'étaient pas des parvenus. 
 
Et la quatrième... 
 
Puis plus rien, la boite à connerie s'était tue. Miracle, ce fut un soulagement pour ses oreilles. Il faillit la remercier pour la pertinence de cette dernière remarque, l'arrivée de Soran l'en dissuada. Ce dernier tenait un plateau avec trois tasses dessus qu'il servit à chaque personne avant de s'asseoir sur un fauteuil.  
Le jeune Turien fixait intensément Ravilla, il n'avait toujours pas touché à son breuvage. La position dans laquelle elle était assise avait quelque chose de comique. On aurait dit une gamine paumée, certes il n'était pas plus avancé qu'elle mais il valait mieux en rire que de se morfondre.  Restitus rompit le silence, il posa plusieurs questions sur leur enfance, ou ils ont fait leur classe etc... Vindex buvait tranquillement sa tasse en donnant des réponses d'un air désintéressé.  
 
"Tu veux en venir ou Soran, le questionna t'il. 
-Vous seriez pas plutôt des jumeaux ? J'en sais rien, mais cela me semblerait plus probable. 
-Moi? Jumeau avec cette... cette Furie, s'étrangla Vin'." 
 
Ravilla eut la même réaction. L'ex commandant venait sûrement de sortir la proposition la plus intelligente et la plus stupide de la soirée.  Il enchaina sur une demande de test ADN au moins tout le  monde serait fixé. Son ami connaissait une clinique à dix minutes de marches du Harfang. Vindex discuta durant le trajet avec son équipier au sujet de sa formidable idée d'avoir ramené cette gonzesse à bord. Enfin l'établissement médical fut en vue, une secrétaire Asari les accueillit. Le trio patienta plusieurs minutes dans la salle d'attente. Un médecin vint les chercher, un Turien, plutôt baraqué pour un docteur. Ce dernier échangea quelques formalités avec Soran avant de les faire rentrer dans son bureau. L'expert émit une supposition au gout plus que douteux visant à une parenté entre les trois personnes présentes. Qui ne fut pas vraiment aux goûts de la femelle celle-ci écrasa son poing sur la table à la surprise générale. Susceptibles en plus, Vin' se demandait bien qu'est-ce qu'ils pouvait avoir en commun. 
 
Ravi fut la première à passer les tests. Pendant ce temps Treyn en profita pour poser des questions sur le Docteur Varian. Médecin dans l'armée Turienne, il avait servi sous les ordres de Soran peu après la guerre contre les moissonneurs, il était également plus vieux.  
Un claquement de porte, coupa leur conversation. Aper sortit de la pièce de consultation avant de s'affaler sur un siège loin d'eux. 
 
"Toujours aussi charmante, sincèrement je me demande ce que tu lui trouves", maugréa le Franc-Tireur. 
 
Il se leva pour rejoindre Varian pour effectuer les tests. Vin' n'était pas une personne ayant le contact facile. Pourtant celui-ci s'établit plutôt bien avec le diplômé, relativement intelligent, c'était un homme de terrain courageux. Ces simples critères lui valurent la sympathie du mercenaire. Ils discutèrent de divers sujets. Treyn avoua qu'il avait été à deux doigts de lui foutre ses dossiers médicaux là ou il pensait lorsque le spécialiste avait sorti sa blague, ce dernier aurait bien aimé voir ça. Il alla même jusqu'à lui parler de ses problèmes avec l'alcool, chose plutôt rare car il n'aimait pas parler de ses soucis de santé. 
Le duo ressortit enfin et chacun alla s'installer dans un siège. Varian jeta un rapide coup d'œil à son Datapad et se lança: 
 
- Bien. Vous n'êtes pas jumeaux. 
       
Vindex ne laissa aucune émotion paraître, ça sentait le coup fourré à des années lumières à la ronde. Quand il s'agissait de foutre la merde le destin était un sacré connard. Et là-dessus, il maitrisait bien le sujet. 
 
- En effet, les jumeaux sont presque comme des clones, avec un patrimoine génétique proche à au moins 90%. Vos différences de sexe écarte dès lors la possibilité que vous soyez des jumeaux monozygotes. Pour la même raison, vous n'êtes pas des clones. Cette hypothèse est par ailleurs confirmée avec vos résultats.  
En effet, votre ADN correspond avec un taux de 50%. D'après la correspondance et vos dates de naissance, vous êtes frère et sœur. Des jumeaux dizygotes ou "faux-jumeaux" si vous préférez. Votre ressemblance frappante est dû à un heureux hasard génétique. 

 
Bingo, franchement quel enculé ce destin, il n'avait rien de mieux à faire que de le faire chier ou quoi? Visiblement Ravilla avait l'air vraiment choqué. Le Franc-Tireur était un peu perdu, était-ce simplement un mauvais délire si oui tant mieux parce que dans le cas contraire il était vraiment dans la merde. Hélas, Soran le ramena rapidement à la réalité d'un coup de coude en lui montrant sa sœur d'un signe de tête. 
Sa sœur, il n'en revenait pas. Ses mots résonnait bizarrement dans tête. Il devait faire quelque chose, ce n'était pas en restant le cul vissé sur une chaise que la situation évoluerait. Vindex inspira profondément avant de se lever et de se planter devant Ravilla. Il la fixa intensément ayant toujours du mal à croire que ce n'était plus le dernier de sa lignée. 
 
"Euh.... donc... Ravilla, balbutia t'il, je... j'ai un peu de temps libre devant moi, je ne suis pas du genre bavard mais on doit parler. Je... connais un coin ou l'on pourrait se poser. Si ça te tente? 
 

-Un bar non loin d'ici, le Tybercore." 
 
Le médecin dans sa grande mansuétude ne leur fit pas payer la consultation. Sa dette était épongé lâcha t'il en regardant Soran, un sourire sur le visage. Le trio quitta la clinique et marcha à peine quelques secondes avant de tomber sur le lieu dit. Propre et calme d'extérieur, c'était un lieu agréable à côtoyer. Un Galarien les accueillit un large sourire au lèvre et leur demanda ce qu'ils voulaient boire avant de leur indiquer une table. 
 
"Un Dharkan pour moi.
 
Le groupe patienta dans le silence que le serveur apporte les collations. Vindex regardait Ravilla, se demandant bien ce qu'il pouvait dire car rien ne lui venait vraiment en tête. 
 
"Et voilà, s'exclama le Galarien en déposant les commandes devant chacun." 
 
Vin' le remercia d'un signe de tête en lui tendant quelques billets qui comprenait un généreux pourboire à la plus grande satisfaction du garçon. Il se retourna vers sa jumelle, but une gorgée de son breuvage et soupira. 
 
"Je ne sais pas trop par quoi commencer... c'est un peu con car c'est moi qui t'ai proposé de sortir et je pense que tu es autant paumé que moi, dit Vindex. Nous sommes partis sur de mauvaises bases, ça c'est un fait.
 
Il inspira longuement. 
 
"J'aimerai tout de même savoir ce que tu penses de tout ça."


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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 10 Jan 2015, 21:39
S'il y avait de l'agitation autour d'elle, Ravilla n'était pas en état de le remarquer. La turienne était toujours figée dans sa position, ses pupilles d'or donnant l'impression qu'elle voyait quelque chose au loin que les autres ne pouvaient voir. C'était tout juste si elle clignait des yeux de temps à autre. A vrai dire, si on l'avait un peu poussé à ce moment-là, il y aurait eu fort à parier qu'elle se serait effondrée sans le remarquer. Cet état catatonique dura quelques instants dans le monde physique, mais dans l'esprit de la demoiselle, ce fut bien plus long que cela. Elle avait l'impression que son esprit avait été recouvert d'un brouillard qui l'empêchait de réfléchir normalement et la seule chose qui brillait tel un phare était le mot "Frère". Etait-ce une mauvaise blague de cette sale garce qu'on appelait la vie? Après l'avoir laissée pendant douze ans esseulée et blessée, la voilà qui tapait à sa vitre, annonçant avec un grand sourire "Hey, tu te remets? Tiens, voilà ton frère que tu n'as jamais connu. Profites en bien avant que je ne vienne te le reprendre. Bisous"! C'était ridicule! Et puis... Et puis...
Esprits qu'elle avait du mal à réfléchir. Elle n'arrivait pas à comprendre. Elle doutait même encore de la véracité du test, ou même de l'honnêteté du médecin. Sans parler que cela aurait pu être un coup fourré des deux comparses. Ou alors, il y avait eu une erreur? La seule idée que ce fait soit authentique et irréfutable la paralysait. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait perdue. L'avenir solitaire qu'elle avait désiré tracer semblait s'effondrer, laissant place à un inconnu bourré d'angoisses.
La franc tireuse réussit à se pencher en avant, le visage dans ses mains, alors qu'elle tentait de contrôler sa respiration devenue erratique. Trop de souvenirs qui remontaient. Foutue journée. Elle sentait les muscles de ses doigts tressauter nerveusement contre sa plaque faciale. Il fallait qu'elle se calme... Qu'elle change d'environnement.

- Euh.... donc... Ravilla, je... j'ai un peu de temps libre devant moi, je ne suis pas du genre bavard mais on doit parler. Je... connais un coin ou l'on pourrait se poser. Si ça te tente?
Un bar non loin d'ici, le Tybercore.


Oui. Un bar. Bonne idée. Quelque chose de fort. C'est ce qu'il lui fallait. Quitter le bureau de ce médecin, surtout. Elle avait du mal à sentir les sensations et ses jambes semblaient de coton, mais elle arrivait à le cacher, encore que elle sembla perdre l'équilibre lorsqu'elle se releva. Avait-elle hoché de la tête pour approuver les dires de Vindex? Il lui semblait que oui, mais elle n'en était pas tout à fait sûr. Le sol semblait inexistant sous ses pieds. Heureusement son pas redevint ferme une fois qu'elle eut franchi la porte, se retrouvant à l'extérieur. L'air frais lui fit du bien. Il aida en tout cas à lui faire reprendre quelques couleurs. A lui remettre un peu les idées en place aussi. En tout cas, un minimum de contrôle sur ses fonctions motrices. Mais elle restait en une sorte d'état de choc. Il y avait de quoi à vrai dire.
La turienne suvi les deux comparses sans vraiment se rendre compte du chemin ni du temps nécessaire, trop occupée à chasser les sombres souvenirs qui continuaient à la harceler. Elle repensait beaucoup à Hecarion. A la façon qu'il avait de la taquiner quand elle était plus jeune, sa façon de parler quand un sujet le gênait ou quand il essayait de faire preuve d'autorité sur elle - il n'y arrivait jamais. C'était à la fois heureux et douloureux malgré toutes les années. A vraie dire, les souvenirs de sa famille se teintaient presque de la couleur de la trahison. Et celui qui partageait son sang, dans tout ça? Ils n'avaient pas grandis ensemble, c'était un fait. Mais qui avait été séparé de l'autre, donné à une famille? Ces révélations la faisait même douter sur son appartenance... Les griffes de la femelle s'enfoncèrent dans sa peau. Il ne fallait pas qu'elle doute. Elle avait grandi en Aper et mourrait en temps que tel. Le sang ne mentait pas, mais il y avait des choses qu'on ne pouvait pas lui concéder. Oui. Enlever le doute, rester assurée.
Quelle journée de merde...

Le Galarien en face d'elle toussota, attendant sa commande. La franc-tireuse ne pouvait même pas dire comment elle s'était retrouvée devant lui. Pas grave.

- Ce que vous avez de plus fort et de consommable pour un turien.

L'alien hocha de la tête et le trio alla s'asseoir à une table. Elle fixa la table comme si c'était la chose la plus intéressante de sa vie. Lui ne disait rien, hésitant. Au milieu, Soran avait l'air de se demander ce qu'il foutait là. En tout cas, c'était la question qu'elle se serait posée si elle s'était retrouvée à sa place. Le silence flotta un instant avant que le serveur ne revienne avec leur commande, posant chacune d'entre elle devant leur propriétaire respectif. Il finit avec Ravilla et esquiva un mouvement pour s'en aller lorsque celle-ci lui attrapa le bras, enfilant son verre cul sec. Elle le reposa dans un claquement sec, toussotant en même temps. Ah oui, ils ne plaisantaient pas. Pour un peu, elle aurait pu penser qu'on lui avait servi de l'alcool à 90°. Mais ça brûlait la gorge. C'était l'essentiel; la douleur lui rappelait qu'elle était dans ce monde et non pas ailleurs. Il n'y avait pas meilleur moyen pour ravoir pieds sur terre. Et ça faisait du bien d'avoir mal.

- Reuh... Un autrReuh...

Sans réponse direct, à part un clignement interloqué et un petit hochement de tête, le barmaid s'en alla. Ce n'était sans doute pas à boire en une seule fois. D'ailleurs, maintenant qu'elle pouvait de nouveau sentir sa langue, les saveurs commençaient à se distinguer. Elle savourerait le prochain. En attendant c'est avec l'oeil plus vif qu'elle regarda son "frère", lequel venait de commencer à parler.

- Je ne sais pas trop par quoi commencer... c'est un peu con car c'est moi qui t'ai proposé de sortir et je pense que tu es autant paumé que moi. Nous sommes partis sur de mauvaises bases, ça c'est un fait.

Un pause. Il inspira, semblant prendre son courage à deux mains, puis se lança. En attendant, un nouveau verre se posa devant la militaire qui remercia d'un signe du chef le galarien. Celui-ci rendit la monnaie en la déposant sur une petite coupelle qu'il plaça non loin de Treyn, puis reparti aussitôt s'occuper des autres clients.

- J'aimerai tout de même savoir ce que tu penses de tout ça.

Dans un premier temps, l'intéressée ne répondit pas, préférant fixer le liquider de son verre, ambré comme ses yeux. Elle hésita à hurler tout ce qu'elle avait sur le coeur un court instant. Sauf que ça ne serait pas vraiment utile. Même si ça lui ferait du bien. A la place elle préféra faire courir ses griffes sur le bois de la table. Elle avait envie de lui dire que sa famille était morte et qu'il se foutait de sa gueule de revenir après plus de douze ans mais elle ne connaissait pas la vérité. Lui non plus, vu l'air troublé qu'il avait.
Le dire lui écorchait la bouche, mais il fallait qu'elle se montre raisonnable... maintenant que... Bon sang.
Ses mots furent prononcés avec calme, presque détachement. Vu la colère dans laquelle elle avait été auparavant, c'était sans doute presque effrayant pour eux un tel changement.

- Ce que j'en pense. Bien.

Elle but une gorgée délicatement, les yeux posées sur son verre, avant de continuer.

- Je suppose que le sang ne ment pas. Sur le plan génétique nous... sommes liés. C'est un fait. Je ne peux l'enlever.

Elle releva son regard sévère jusqu'à celui de Vindex.

- Mais ne vous attendez pas à ce que je vous tombe dans les bras en vous appelant "Frérot". Le seul a avoir jamais pu avoir une telle appellation s'appelait Hecarion.

Elle croisa les bras.

- Pouvez vous dire quel est mon plat favori? Ce que j'aime par dessus tout? Ma couleur préférée? Le nom d'au moins une personne que je fréquente?

Elle n'attendit même pas la réponse.

- J'en doute fort. Tout comme moi je serais incapable de dire la moindre chose sur vous. Nous sommes frère et soeur de sang, oui. Mais vous restez un inconnu pour moi, Vindex.

Elle claqua des mandibules, un peu gênée, puis très vite fière.

- Cependant...Je dois m'avouer curieuse quant à cette histoire. Toutefois, croyez bien une chose, Monsieur Treyn; qu'importe si vos parents avouent une quelconque filiation. Je suis une Aper. Et je le resterai, quoi qu'il arrive.

Les paroles devinrent plus amères.

- J'en suis la dernière. Et qu'importe si je n'ai pas leur sang. Cette famille s'éteindra avec moi.

La sniper soupira, posant une main tremblante sur son genoux. Ce que la psychologue Asari n'avait jamais réussi à lui faire avouer, voilà qu'elle le clamait haut et fier devant deux inconnus. Elle était tombée bien bas. Quant bien même cela la soulageait un peu.
Mais maintenant qu'elle avait dit - calmement- ce qu'il lui tourmentait une partie de l'esprit depuis un moment, voilà qu'elle avait envie d'en apprendre plus sur son parent. La route serait sans doute longue avant qu'elle puisse pleinement l'accepter comme tel mais... Voilà qu'elle recommençait à angoisser.




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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Lun 26 Jan 2015, 15:08
La situation ne le faisait pas vraiment rire, tout lui échappait, il n'arrivait pas à contrôler sa peur, son anxiété. Il était tendu et stressé. Cela faisait des années que ces émotions n'avait pas ressurgit... depuis la mort de ses parents il y a de cela 13 ans. Et voilà qu'aujourd'hui une nouvelle personne faisait irruption dans sa vie et détruisait son monde. Cette personne qu'il devait qualifier de soeur... il ne savait pas s'il devait l'aimer ou la haïr. Partagé entre l'apaisement de ne plus se savoir seul dans cette galaxie de tarés ou l'inquiétude de voir tout ce qu'ils connaissaient bouleversés. Néanmoins Vindex avait trouvé le courage de l'inviter et avait même commençait à parler. Le Turien aurait bien tout donné pour se trouver ailleurs loin de cette tempête de merde, quitte à se trouver face à un moissonneur.
La réponse de Ravilla se faisait attendre, le Franc-Tireur essayait de deviner sa réaction, se demandant s'il allait s'en prendre une, se faire hurler dessus ou tout autre scène magistrale... Les secondes paraissaient des heures. Treyn ne savait pas quoi faire de ses mains tellement la nervosité était à son comble. La Turienne fit courir ses doigts sur la table puis se mit enfin à parler.
Le mercenaire fut surpris de l'entendre parler aussi calmement lui qui s'attendait à une autre enguelade en bonne et due forme.

- Ce que j'en pense. Bien.


La Turienne porta son verre à ses lèvres et en bue une gorgée avec une certaine lenteur tout en fixant le breuvage.

- Je suppose que le sang ne ment pas. Sur le plan génétique nous... sommes liés. C'est un fait. Je ne peux l'enlever.

Elle leva ses yeux vers lui. Son regard affichait une certaine sévérité. Vindex continua à la regarder fixement sans rien dire. Le mot lié résonnait dans sa tête... Bénédiction ou malédiction? Il ne savait pas trop mais il y avait un "mais".

- Mais ne vous attendez pas à ce que je vous tombe dans les bras en vous appelant "Frérot". Le seul a avoir jamais pu avoir une telle appellation s'appelait Hecarion.


Il croisa les doigts, cette pensée ne l'avait même pas effleurer.

- Pouvez vous dire quel est mon plat favori? Ce que j'aime par dessus tout? Ma couleur préférée? Le nom d'au moins une personne que je fréquente?

Elle enchaina.

- J'en doute fort. Tout comme moi je serais incapable de dire la moindre chose sur vous. Nous sommes frère et sœur de sang, oui. Mais vous restez un inconnu pour moi, Vindex.

Là dessus elle marquait un point, il aurait été bien incapable de répondre à ne serait-ce qu'une seule de ces questions. Elle émit un claquement de mandibule qui tira Vindex de ses pensées.

- Cependant...Je dois m'avouer curieuse quant à cette histoire. Toutefois, croyez bien une chose, Monsieur Treyn; qu'importe si vos parents avouent une quelconque filiation. Je suis une Aper. Et je le resterai, quoi qu'il arrive.


Sa voix devint aigre et ses paroles amères. Elle avait touché une corde sensible sur laquelle il valait mieux ne pas s'aventurer: ses géniteurs.

- J'en suis la dernière. Et qu'importe si je n'ai pas leur sang. Cette famille s'éteindra avec moi.

Vindex écrasa ses poings sur la table, attirant l'attention générale avant de se redresser rapidement, sa tête à quelques centimètres de celle de Ravilla. Ses yeux dorés qui mettaient mal à l'aise tant de personnes quand il les fixait, luisaient de colère, personne ne manquait de respect ou ne parler de manière condescendante envers la famille Treyn et encore moins ses défunts. Peu importe qui il était: Ami, Ennemi ou Famille. Il la transperça de son regard avant de lâcher dans un grondement sourd:

-Ma patience a des limites... Ne parlez pas de ce que vous ne savez pas. Être... ma sœur ne vous autorise pas à parler des miens ainsi. La prochaine fois que vous évoquerez mon père ou ma mère de cette manière, je ne serais pas aussi sympathique.

Il se rassied avant de la dévisager, Vindex regretta rapidement son geste et ne sût s'il devait s'excuser, toute cette histoire le mettait sur les nerfs. Il reprit tout de même la parole.

-Oui c'est vrai nous ne nous connaissons pas, nous ne savons rien de l'autre, je serais totalement incapable de dire quoique ce soit à propos de vous. C'est suffisamment compliqué pour nous deux, je ne saurais dire si nous fonçons droit dans un mur ou non. Nous avons tous nos problèmes et certains évènements ne font rien pour les arranger. Treyn ou non, les membres de ma famille se sont toujours battus sans se soucier de leur sort et il est de mon devoir de les honorer. Et ceux peu importe de qui je suis le fils.

Il marqua une brève pause ferma les yeux et inspira avant de reprendre.

-Le fait que nous nous soyons rencontrés n'est simplement dû qu'à une série d'évènements, et j'éprouve une certaine frustration... mais... j'espère que nous nous reverrons prochainement.

Son esprit se perdit quelques secondes, il avait dit tout ce qu'il lui pesait sur le cœur. Cela faisait un poids en moins mais il n'arrivait pas à déterminer si c'était une bonne chose ou non. Il murmura:

"Je l'espère..."


Il se leva, regarda fixement Ravilla. Un regard à la fois vide et remplit d'émotions contraires, trop nombreuses pour être toutes énumérées.

-Le Harfang sera à quai encore deux jours. Ensuite de quoi Soran et moi partirons. Quai E-19. Si tu veux passer, tu seras la bienvenue. Pour l'instant un peu de repos nous fera du bien à tout les deux. Au revoir ma sœur.

Vindex lui adressa un dernier signe de tête avant de se retourner et de sortir du bar. Le vaisseau n'était qu'à quelques minutes à pied. Tant mieux, cela lui dégourdirait les jambes. Pendant le trajet plusieurs questions lui taraudèrent l'esprit. Etait-il vraiment un Treyn? Pourquoi ne lui avait on jamais parler de sa sœur? etc... Mais aucune réponse ne lui vint à l'esprit. Il entra dans la corvette, se réfugia dans sa cabine et s'écroula de fatigue sur son lit.
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 07 Fév 2015, 13:09
Poings serrés sur ses cuisses et mandibules claquantes, Ravilla réussissait à garder une apparence calme et sereine. Intérieurement, elle parvenait à contrôler un minimum son angoisse. Il fallait l'avouer, le fait que Vindex s'emporte facilitait aussi sa tâche. Le bruit qu'il avait fait en fracassant la table l'avait empêché de trop s'enfoncer dans ses souvenirs et elle avait pu facilement repousser ses vieux démons. Depuis douze ans qu'elle luttait avec, elle finissait par savoir les contenir. Encore que, ces derniers temps, cela devenait plus difficile.
Treyn donc. Il était en colère, et ça se voyait. A vrai dire, il aurait fallu être bien stupide pour ne pas le remarquer. Que ce soit dans sa posture ou son regard, tout chez lui sentait l'agressivité. A croire que lui non plus n'aimait pas qu'on parle de sa famille. Si lui était une boule de haine prête à exploser, elle gardait un visage à la fois calme et fier et se tenait droite. Il ne s'agissait pas là d'agacer d'avantage le turien, mais bien de lui faire comprendre que ses éclats d'humeurs ne lui faisaient ni chaud ni froid. D'autant plus qu'il commença à l'accuser sur des faits mal interprétés.

- Ma patience a des limites... Ne parlez pas de ce que vous ne savez pas. Être... ma sœur ne vous autorise pas à parler des miens ainsi. La prochaine fois que vous évoquerez mon père ou ma mère de cette manière, je ne serais pas aussi sympathique.

- Et ma patience aussi, fit-elle, sèchement. Je n'ai jamais mal parlé des vôtres. Mais tout comme vous avez à cœur les Treyn, j'ai au mien les Aper.

Elle continua, sa voix devenue un peu plus douce.

- Au moins, nous partageons le même point de vue. Ce n'est pas parce que nous sommes parents que nous renierons les nôtres.

Le fait de ne pas porter le même nom ne leur empêchait pas de se reconnaître un lien de parenté. Ils auraient par contre pu douter de leur famille respective. Lorsqu'on apprend qu'on a un frère ou une soeur, séparé à la naissance, il y a de quoi se poser des questions sur les intentions de ses parents. Quand bien même cette révélation ébranlait quelque peu ce qu'elle avait toujours cru savoir sur sa famille, elle repoussa bien vite ses doutes d'un revers de la main. Le sang était important, évidemment. Ce n'était pas un fait possible à nier. Cependant, elle avait été élevée et éduquée par les siens, d'aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir. D'une façon romancée, on pouvait dire que si sa génétique était celle d'une autre famille, son âme était celle des Aper. Qu'importe que son ADN soit plus proche des Treyn ou d'une tierce personne. Vindex pensait sans doute la même chose.
En tout cas, son coup d'éclat était fini et le mâle se rassit d'une façon presque penaude pendant qu'à côté de lui, Soran semblait se demander dans quel pétrin il venait de sauter à pieds joints. En tout cas, son frère confirma son appartenance aux siens, confirmant qu'ils étaient bien sur la même longueur d'onde. Ah, c'était amusant. Ils avaient la même façon de penser, bien que leur éducation ait sans doute été vraiment différente. Comme quoi...
L'image d'Hecarion lui revint un instant en tête. Pas assez pour provoquer de nouvelles angoisses, mais assez pour la faire culpabiliser. Accepter ainsi le mécano comme partageant son code génétique était une chose. Il s'agissait juste de reconnaître un fait prouvé par la science et la médecine. Mais vouloir apprendre à le connaître en était une autre, quand bien même la curiosité l'y poussait. Hecarion avait toujours été son confident, son héros et son meilleur ami à la fois. Le seul qui pouvait se targuer d'être réellement considéré comme un frère. La militaire avait peur. Peur qu'à force de vouloir en apprendre plus sur son jumeau, elle en oublie les morts. Qu'elle se prenne d'affection pour la famille de Vindex, si celui-ci en avait encore une. Peur qu'au final, elle trahisse la mémoire de ses défunts. Peur aussi qu'une nouvelle fois, ceux qu'elle appréciait lui soient arrachés.
Mais d'un autre côté, elle apprenait qu'elle avait un autre frère bon sang! Douze ans! Douze ans passés à se croire seule et à admettre la fatalité, et voilà que cette pute de vie lui collait un proche dans les pattes! Un qui avait vécu et survécu à la guerre, qui semblait partager ses idées! Un étranger, certes, mais elle pouvait apprendre à le connaître. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne se sentait plus seule! Bien sûr, elle n'avait jamais été isolée. Mais pour beaucoup il s'agissait d'amis, de connaissances, d'amants... Ce n'était pas la même chose. Certes, qu'importe que les deux francs-tireurs s'apprécient ou non, les faits restaient les mêmes: les Aper s'éteindrait avec Ravilla. Aussi illogique que cela paraissait, le fait de se dire que quelqu'un avec son sang était vivant, quelque part dans la galaxie, lui faisait du bien. Il ne fallait pas chercher à comprendre. Et pour elle, ne pas s'emballer. Conserver le contrôle de ses émotions. Vindex et elles étaient des inconnus aux yeux l'un de l'autre, encore pour le moment. Elle ne trahirait pas Hecarion en cherchant juste à en connaître un peu plus sur celui qui partageait cinquante pour cent de son ADN. Elle le trahirait, lui et leurs parents, si elle commençait à ne plus se sentir des leurs. Mais pas simplement en discutant.

- Le fait que nous nous soyons rencontrés n'est simplement dû qu'à une série d’événements, et j'éprouve une certaine frustration... mais... j'espère que nous nous reverrons prochainement.

Le mercenaire sembla murmurer, puis se leva. Après quoi il lui indiqua que son vaisseau, le Harfang, resterait à Quai encore deux jours, puis qu'ils s'en iraient. Et il la laissa sur les mots "Ma soeur", suivi de son ami. Tant mieux. Comme ça, il ne pouvait pas se rendre compte du coup de poignard qui venait de lui infliger. Il fallait qu'elle s'y habitue. Qu'elle ne s'attende pas à ce que ses mots viennent de son autre frère mais bien du seul encore vivant. Qu'elle...
Trop tard. Voilà que l'angoisse lui sautait à la gorge comme un Varren enragé. Elle même quitta le bar, peu après, se dirigeant jusqu'à sa location. Elle ne voyait plus la foule qui l'entourait, poussait les gêneurs d'un coup d'épaule sans prêter attention à leur protestations. Tout ce à quoi son esprit aspirait, c'était au calme. Il n'y avait qu'isolée qu'elle pouvait se laisser aller. Pas en public. Jamais. Son honneur ne s'en remettrait pas. Sans compter qu'elle avait une image à tenir. Une Adjudante-chef de la Hiérarchie savait se tenir. Ne rien dire, prendre sur elle. Seule, elle pouvait s'autoriser à lutter contre ses crises, respirant difficilement alors qu'elle luttait contre les souvenirs que dont son cerveau aimait l'assaillir. Mais pas en public.
Les minutes qu'il lui fallu pour arriver à son studio lui parurent l'éternité d'une éternité. La pièce sombre, les volets presque entièrement fermés, la rassurèrent un peu. Une fois que la porte coulissante fut verrouillée, notre turienne s'assise sur le lit, combattant une nouvelle fois les démons de la culpabilité, du remord et de l'angoisse.






A quelques heures près, il s'était écoulé presque un jour. Dix-huit heures, diraient les plus tatillons. On était donc le lendemain de la veille. Ça ne voulait rien dire. Enfin, ce n'était pas vraiment une bonne façon de le dire. On était le lendemain. Voilà. Simple, concis, court, merveilleux. Le lendemain donc. Pas au même endroit, bien sûr. La militaire avait quitté son antre après une bonne douche. Mais pas de repas. Non, elle mangeait rarement sur la Citadelle. Sans compter qu'elle n'en avait pas eu l'humeur, ni l'envie. Trop angoissée, on pourrait dire. Dans tous les sens du terme. Non, là, elle était devant la porte du Harfang, mandibules cliquetantes, tandis qu'elle se demandait encore si c'était une bonne idée. Vu l'état dans lequel elle avait été hier, il suffisait d'un mot de travers pour que ça lui reprenne. Elle ne pensait pas un seul instant que Vindex puisse vouloir la blesser. Pour sa propre sécurité, il n'avait pas intérêt à le vouloir. Mais il ne savait pas. Le fait de ne pas savoir ne le rendait pas coupable d'un quelconque crime, loin de là. Cependant, cela rendait les choses plus tendues. Un mot de travers, une phrase qui ne passe pas, on sait les éviter quand, justement, on sait. Quand on ne sait pas, évidemment, c'est plus difficile. Problématique. Voir impossible.
Quoiqu'il en soit, rester ainsi devant une porte métallique n'allait pas forcément aider d'avantage. Tourner les talons non plus. Elle n'était pas lâche. Encore heureux. Il fallait juste qu'elle se contrôle. Un peu plus. Ou qu'elle trouve le meilleur moyen de s'enfuir si jamais elle venait à faire une crise.

En attendant, elle frappa à la porte.





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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Ven 13 Fév 2015, 01:00
Vindex était allongé sur son lit depuis une bonne heure, il voulait dormir mais tout se bousculait dans sa tête, il pensait à Ravi, puis à lui, puis à Ravi puis encore à lui et ainsi de suite, c'était une spirale vicieuse sans fin. Convaincu qu'il n'arriverait pas à trouver le sommeil, le Turien se leva et enfila un bleu de travail.
Le pont du Harfang était désert, rien ne troublait son silence. Vindex attrapa une bière et descendit dans la soute. Le frigo explosé par terre avait été déplacé et l'alcool nettoyé, le tout avec une odeur de désodorisant pour remplacer l'odeur de vinasse.
Le bouchon sauta et il s'en enfila une bonne rasade avant de la poser sur l'établi et se fit une liste des tâches à réaliser. Il en profita pour démonter, nettoyer et remonter ses armes et les raccrocha au mur, prête à l'emploi. Vindex en profita pour ranger son atelier qui était dans un bordel sans nom. Réaliser ses tâches du quotidien lui vidait la tête, il ne pensait ainsi plus à ses problèmes. Il organisa le ravitaillement de la navette avec VI, qui était prête à décoller dans un peu plus d'une trentaine d'heures.
Intérieurement il espérait que Ravilla passerait cependant si jamais cela se produisait il ne saurait pas de quoi lui parler, Il aurait aimé la connaître plus et pourquoi pas partager de bons moments avec elle. Mais un énorme fossé les séparait, ils étaient tout les deux complètements différents. Cela le terrorisait. Il n'avait pas goûter à cette sensation désagréable depuis plus de dix ans.
Non ! Il devait arrêter de penser à ça pour l'instant, cela n'apporterait rien de bon. L'IV lui suggéra de refaire la peinture ci et là du vaisseau qui avait souffert de quelques tirs sur Novéria.
Durant quelques heures Vindex s'appliqua à la tâche. Une voix résonna dans son oreillette.

« Monsieur, il y a quelqu'un pour vous! 

-Soran ne peut pas s'en occuper ?

-Il s'agit de votre sœur.

-Ah... »

Vindex se releva et regarda rapidement ses bras et son T-shirt, ces derniers avaient reçu quelques éclaboussures du à la peinture. A croire qu'il aimait se barbouiller, c'était à la fois vrai et faux. Vin détestait tout simplement travailler avec des protections hormis ses lunettes. Il ouvrit l'une des écoutilles et se glissa à l'intérieur. En passant devant l'un des meubles en inox, le Turien se rendit compte à quel point il avait une mine affreuse, il se rinça rapidement le visage sous l'eau puis se dirigea vers le SAS.

« Ouverture, ordonna t'il. »

Devant lui se trouvait sa sœur. Et au vu de la tête qu'elle faisait, au final il se trouvait plutôt présentable.

« Bonjour Ravilla... Entre ! »

Il hésita à lui demander si ça allait au risque de paraître vraiment con. Bien sûr que non ça n'allait pas. Comment est-ce que ça pourrait aller ? Si elle lui avait posé la question lui même n'aurait pas su si elle était sincère ou si elle se moquait de lui. Il se contenta d'un simple :

« Je suis content que tu sois venu. »

Content de la voir ? Il ne savait pas vraiment. Le futur le lui dirait. Réciproque ou non, il préférait la jouer fine.

«J'étais en train de travailler sur le Harfang, ça ne te dérange pas si je m'absente cinq minutes ? Le temps que je me change. Si jamais tu as faim ou soif demande à VI, elle s'occupera de toi. Compris VI ? »

L'IV acquiesça, le mercenaire jeta un dernier regard à sa sœur avant de se diriger vers sa cabine. Il se lava prestement. Après quoi il enfila une tenue plus conventionnelle.
Il retrouva Ravilla peu après.

« Bon, je ne sais pas pour toi, mais j'ai pu prendre un peu de recul. J'aimerai discuter... calmement. Ça ne te dérange pas si l'on bouge ? Il y a un parc non loin d'ici qui est plutôt calme. »

La Turienne approuva. Le mercenaire se dirigea vers la porte de sortie suivit de sa sœur. Le trajet fût plutôt calme, Vindex ne sachant pour l'instant pas trop quoi dire préféra garder le silence, guidant la militaire vers le square. Il ne voulait pas arriver, il ne savait pas de quoi parler. Il avait pleins de questions en tête. Ou avait-elle grandit ? Qu'est-ce qu'elle aimait faire ? Ça paraissait si simple mais il ne savait pas sur quel ton les poser et … et … et merde, ils étaient arrivés. Le binôme se dirigea vers un banc à l'écart pour être tranquille.

Vindex regarda Ravilla droit dans les yeux. Il ne s'était jamais senti aussi seul. Une voix intérieur lui disait de se ressaisir, d'arrêter de trop se poser de questions, d'arrêter de faire sa loque, de se bouger le cul et d'agir ! AGIS !

« Ravilla, je tenais à... m'excuser pour hier. J'avais sans doute un peu trop bu et tout ce qui a suivit... Ça a foutu un sacré bordel. J'ai encore un peu de mal à m'y retrouver mais j'ai les idées plus claires qu'hier. »

Vindex qui s'excuse c'est un peu comme Aria T'Loak qui faisait une action caritative : inimaginable. Durant plusieurs dizaines d'années il n'avait jamais présenté d'excuses. Ce mot ne faisait même pas parti de son vocabulaire. Mais aujourd'hui, il se rendit compte que s 'il coupait les ponts avec sa sœur qu'il venait de retrouver... pouf plus de famille. Les deux Turiens avaient sûrement un hobby ou quoi que ce soit d'autre en commun. Se fâcher avec elle sans la connaître serait vraiment trop con.

« Tu as perdu ta famille tout comme moi. Nous sommes du même sang et nous descendons d'une lignée inconnue . Pourtant nous tenons absolument à notre identité : Aper & Treyn. Je suis curieux de connaître ton histoire... ma sœur, hésita t-il. »

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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 21 Fév 2015, 16:48

La révélation du médecin avait fait un choc aux deux turiens qui accompagnaient le biotique. A un tel point que Soran n'osait même pas dire le moindre mots au risque de dégrader encore plus l'ambiance, qui n'était déjà pas à la fête. Vindex proposa alors d'aller boire un verre, il est vrai que l'alcool est une solution à bien des problèmes pour ce franc-tireur, ce qui avait le choc d'énerver son associer. Heureusement que Ravilla, cette turienne rencontrée dans un bar, encore un endroit où l'on peu s'enfiler quelques godets, accepta la proposition sans rechigner.

Après un petit au revoir à son ancien équipier dans l'armée et une petite discussion rapide, il rattrapa les jumeaux juste avant d'arriver au bar. Avoir le visage de ces deux là, le silence fut leur seul véritable compagnon de route. L'ex-commandant avait réfléchit et c'était dit qu'à la finale, un petit verre ou deux ne pouvait être pas plus mal, tout autant pour le désaltérer que pour ouvrir la conversation entre Vindex et Ravilla.

Le biotique observa calmement ces deux congénères tandis qu'il se dégustait divers alcool à la chaîne tout en écoutant la conversation et en y restant passif. Après deux ou trois verres, il se mit à se poser quelques questions. Comment réagirait il à leur places ? Aurait il été une personne différente si il n'avait pas été fils unique ? L'ex-commandant prit un autre verre et chassa ces questions de son esprit avant de réaliser que l'alcool n'avait aucun effet sur lui. Merci à ces habilités biotiques qui éliminaient rapidement ce genre de toxine. Une bénédiction tout autant qu'une malédiction... Mais le turien avait d'autre moyen de se vider la tête. Mais, quoi qu'il fasse, le moment présent lui renvoyait ces même questions à la tête car il se trouvait au milieu d'une conversation très particulière entre un frère et une sœur qui venait de se rencontrer pour la première fois et ce, sans même savoir que l'autre existait.

A bien des moments, Soran se tenait prêt à intervenir pour les empêcher de se taper l'un l'autre, mais à la final, il n'eut aucunement besoin de s'interposer et la conversation se termina plutôt bien avec Vindex qui invita Ravilla à venir le voir à bord de leur vaisseau avant leur départ. Le biotique se leva et salua la turienne, encore assise à la table, un verre a moitié vide entre les doigts.

Sur le chemin vers le Harfang, il réalisa à quel point la situation avait dégénéré. Dire qu'il était à deux doigts de conclure et de passer un agréable moment en charmante compagnie. Et maintenant, ce n'est pas prêt de se produire avec cette femelle. Mais il commençait a avoir l'habitude, entre les râteaux et les départs en urgences, le biotique avait fini par avoir l'habitude. Soran repris ces esprits quand il réalisa qu'il était affalé dans l'un des fauteuils au milieu du salon à bord du Harfang. Son équipier était déjà rendu dans sa chambre. Il jeta un œil sur l’intérieur du vaisseau et décida de ranger les verres et nettoyer la table. Ce n'est qu'après qu'il se rendit dans sa chambre et s'échoua entre avers sur sa couchette, un pied toujours sur le sol. Le turien tourna la tête et posa son regard sur une photo de lui et de ces parents, la dernière qu'il avait voulu garder. Et c'est ainsi qu'il s'assoupi.

Un bruit le réveilla, ce n'était pas n'importe quel bruit, une voie, ou même plutôt deux, mais ce n'était pas une des classiques discussions entre Vindex et l'IV du vaisseau. Il reconnaissait bien celle de son équipier, mais l'autre, plus douce, plus féminine, et surtout il l'avait déjà entendu. Mais où avait il la tête, c'était Ravilla. Le turien posa sa main sur la commande d'ouverture et hésita à l'actionner. Il resta ainsi pendant plusieurs secondes avant de faire demi-tour, prétextant que c'était mieux ainsi. Le biotique se mit alors à peindre une de ces figurines en patientant, ça allait lui permettre de se vider la tête et de passer le temps jusqu'à ce que ces deux congénères terminent leur discussion.

Quand il se décida à pointer le bout de son nez, la turienne s'apprêtait à quitter le vaisseau et la conversation aviat l'air de s'être des mieux déroulé.

-Salut Ravi ! Tu t'en vas déjà ?! C'est vrai que je me pointe un peu tardivement, mais je ne voulais pas vous déranger tout les deux, vous aviez tant à vous dire. Je ne sais pas vraiment si tu as le temps, mais tu peux rester pour manger, je prends toujours un peu plus que prévu.
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Dim 08 Mar 2015, 22:37

Bras croisés et air grave, la Turienne attendit un moment, dansant sur un pied et l'autre. Pas de réponse. Bon, elle n'avait qu'à partir. Peut-être que Vindex avait changé son avis, ou bien qu'il n'était pas là. Ou trop occupé. En tout cas, elle n'allait pas rester plus longtemps. Elle avait autre chose à faire que de faire le pied de grue devant une porte toute la journée. Alors que la franc-tireuse s'apprêtait à tourner les talons, la porte métallique s'ouvrit, dévoilant le visage familier et fort ressemblant de son frère. Evidemment, pile au moment où elle ne patientait plus. A croire qu'il avait le sens de la mise en scène. Quoiqu'il en soit, il n'avait pas l'air d'avoir passé une très bonne nuit. Lui non plus. Par politesse et parce qu'il lui semblait difficile de desserrer les mâchoires, elle n'en fit pas la remarque. Par contre, il avait de la peinture sur les vêtements et un peu la peau. Un Artiste? Niveau art, à part la danse, la femelle n'avait pas de dons, pour ne pas parler de catastrophe totale. Si Vindex se démerdait mieux... Et bien, tant mieux pour lui.
Il l'invita à entrer, ce qu'elle fit avec plus ou moins bonne grâce. Faisant de mieux pour ne pas montrer son malaise, elle resta debout dans l'entrée, tapotant son bras de ses griffes.

- Je suis content que tu sois venu.

- Contente que vous m'ayez ouvert.

Oui, il y avait mieux. Mais là, tout de suite, elle ne voyait pas quoi dire. Aussi, Aper préféra claquer doucement des mandibules tandis que Treyn lui indiqua s'absenter rapidement. Ce qu'il fit après lui avoir indiqué qu'elle pouvait demander à manger ou boire à l'IV du vaisseau. Elle lui adressa un signe qu'il ne pouvait voir, puisque lui tournant le dos, et resta là, seule, un moment, sans bouger. Le hall était petit mais lui convenait largement. Elle n'avait aucune envie de commencer à se balader dans le vaisseau. Déjà qu'elle n'était même pas sûre d'avoir envie de rester... Non. Il ne fallait pas qu'elle culpabilise. Elle apprenait juste à connaître d'avantage son jumeau... Ce n'était pas un mal. Elle n'était coupable de rien. Encore moins d'oublier sa famille. Non. Elle ne devait pas s'en vouloir. Surtout pas. Maintenant qu'elle commençait à voir un trait de soleil derrière les nuages qui avaient obscurcis sa vie pendant 12 ans, elle avait envie d'en profiter. Juste un tout petit peu. Pas grand-chose. Ce n'était pas un mal. Oui, il fallait qu'elle continue de se le dire, de le répéter comme une litanie s'il le fallait.
Lorsque le mécanicien revint, ce fut pour retrouver Ravilla exactement comme il l'avait laissée. Un peu plus propre qu'avant, dans des vêtements moins défraîchis. Sa soeur n'en avait que cure de son habillage, ou de sa propreté. Et lui aussi semblait ne pas y prêter grande attention. A la place, il préféra lui demander si elle voulait prendre l'air, histoire qu'ils parlent à un endroit plus calme. Elle approuva d'un rapide signe de tête. Elle ne se sentait pas à l'aise à bord du Harfang. C'était l'antre de Vindex. Un endroit où elle se sentait à la fois étrangère et bienvenu. Il s'agissait d'une sensation bizarre, difficile à écrire. Illogique aussi, sans aucun doute. Mais c'était ainsi.

Le mercenaire sortit le premier et la militaire s'apprêtait à le suivre quand elle fut interrompue par une voix située juste derrière elle.

- Salut Ravi ! Tu t'en vas déjà ?! C'est vrai que je me pointe un peu tardivement, mais je ne voulais pas vous déranger tous les deux, vous aviez tant à vous dire. Je ne sais pas vraiment si tu as le temps, mais tu peux rester pour manger, je prends toujours un peu plus que prévu.

Soran? Pour un peu, elle en aurait oublié son existence. Pas de façon méchante, mais elle avait été plus obnubilée par la découverte d'un être partageant son sang qu'un potentiel coup d'un soir. Coup d'un soir qui risquait de ne pas en être un, par ailleurs. La turienne avait comme règle d'or, à une exception près, le fait de ne pas garder contact avec ceux avec lequel elle couchait. Or, ceci aurait été difficile puisque le turien était le collègue de son jumeau. C'était presque heureux qu'ils n'aient pas sérieusement fricotés AVANT ce foutu test ADN. Possiblement malheureusement pour lui. Enfin, elle avait déjà fait une exception. Une seconde pouvait être possible mais... Elle n'y croyait pas vraiment. Quoi de plus gênant que l'idée de croiser Vindex en sortant de la chambre de Restitus, à remettre correctement ses habits? C'était un coup à ne plus oser repasser. Tant qu'elle ne connaissait pas mieux Treyn en tout cas, elle ne s'y risquerait pas. A voir, un jour peut-être.
Quoiqu'il en soit, sa proposition l'avait prise quelque peu au dépourvu. Et elle devait y aller.

- Bonjour Soran. Je... désolée, Vindex souhaiterait que nous allions discuter hors d'ici. Je... Nous verrons. Je ne peux rien vous promettre.
Bonne journée à vous.


C'était un peu pressé et expédié, mais la situation était gênante et elle ne savait pas réellement comment réagir. Jusqu'à hier, le duo de compères était de parfaits inconnus pour la sniper. Elle n'aurait jamais soupçonné leur existence même. Et là, elle se retrouvait avec un parent et une invitation à déjeuner. De quoi troubler quelqu'un qui, comme elle, n'avait plus l'habitude de ce genre de situation. Aussi préférait-elle mettre fin au début de conversation et passa la porte pour retrouver le mâle qui attendait. Ils cheminèrent en gardant le silence le temps qu'il leur fallut pour atteindre un petit parc. Avec quelques arbres, de la verdure et des bancs. Quelques personnes passaient, certaines étaient assises mais ils réussirent à trouver un siège de libre, assez loin des oreilles indiscrètes pour rassurer la femme. Mais elle ne parvint pas à briser le silence. Elle ne savait pas quoi dire, malgré les nombreuses questions qui se bousculaient dans sa tête. Aucune n'arrivait à arriver jusqu'à ses cordes vocales. Ce fut sans doute par dépit, ou par envie, que le mâle fut le premier à parler.

- Ravilla, je tenais à... m'excuser pour hier. J'avais sans doute un peu trop bu et tout ce qui a suivi... Ça a foutu un sacré bordel. J'ai encore un peu de mal à m'y retrouver mais j'ai les idées plus claires qu'hier.

- Je suis tout aussi coupable que vous. Ma réaction n'a pas été des plus exemplaires.

Son ton avait été clair, presque direct. Il ne s'agissait pas d'excuses. Pas directes en tout cas. Mais à demi-mots, s'il souhaitait interpréter ses paroles de cette façon... Alors il en était libre. Elle avait mal réagit aussi, s'emportant vite, sa patience usée jusqu'à la corde depuis le temps. Que lui aussi ait eu un coup de colère ne la choquait pas. De toute façon, la nouvelle aurait été dure à avaler pour n'importe qui. Même encore maintenant.

- Tu as perdu ta famille tout comme moi. Nous sommes du même sang et nous descendons d'une lignée inconnue. Pourtant nous tenons absolument à notre identité : Aper & Treyn. Je suis curieux de connaître ton histoire... ma sœur.

- En quoi cela vous intéresse-t-il ?!, siffla-t-elle, soudainement agressive.

Immédiatement, elle s'en voulut, claquant sèchement des mandibules et détournant légèrement le regard. Elle avait réagi de façon spontanée. Trop spontanée même. Mais sa famille restait un sujet délicat, et son histoire... Oh, son histoire. C'était pire. Surtout que l'intéressée ne comprenait pas ce qu'il entendait réellement par là. Enfin à partir de quand. L'histoire entière des Aper, ou juste la sienne? Avec la guerre...? Ah, elle préférait ne pas en parler. Mais lui ne savait pas et n'avait pas à subir les frasques de ses humeurs. Elle finit par se reprendre, un peu plus douce.

- Je n'aime pas en parler. Mais si vous y tenez vraiment... J'ai grandi sur Palaven, la guerre est arrivée, je me suis retrouvée seule à sa fin. Point. N'espérez même pas m'arracher d'autres mots sur ça.

Clair et concis. Tout montrait qu'elle n'avait pas envie de s'attarder sur le sujet. Pourtant, sa curiosité à elle souhaitait être assouvie.

- Et vous? Si vous ne souhaitez pas en parler non plus, je le comprendrais.
Par ailleurs et sans aucun rapport, j'ai remarqué les tâches de peintures sur vous tout à l'heure. Vous peignez...? Ou vous avez dû subir les lubies créatives de votre collègue?


Elle tentait, l'air de rien, d'amener un sujet de conversation. De trouver un point commun. Et aussi de ne plus aborder le sujet délicat des Aper.




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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Sam 14 Mar 2015, 00:40

Vindex n'eut pas à patienter bien longtemps, la réponse arriva toute seule... avec autant de subtilité qu'un Krogan qui joue à cache-cache dans un magasin de porcelaine.

-En quoi cela vous intéresse-t-il ?!, siffla-t-elle.

Un peu déstabilisé par la réponse, il ne sut quoi répondre, son cerveau tournait au ralenti. Il fixa Ravilla d'un air interrogateur, elle détourna rapidement le regard. Si elle avait le sang aussi chaud que lui, ça allait être explosif pensa t-il. Le mercenaire préféra se taire, sa sœur releva la tête et plongea ses yeux dans les siens. Elle recommença à parler d'une voix plus amicale.

-Je n'aime pas en parler. Mais si vous y tenez vraiment... J'ai grandi sur Palaven, la guerre est arrivée, je me suis retrouvée seule à sa fin. Point. N'espérez même pas m'arracher d'autres mots sur ça.

Ou comment résumer 35 ans d'existence en à peine 10 secondes. Et vu son caractère c'était inutile d'insister... du moins pour l'instant. Au moins il avait les grandes lignes... des brides de grandes lignes.

Et vous? Si vous ne souhaitez pas en parler non plus, je le comprendrais.
Par ailleurs et sans aucun rapport, j'ai remarqué les tâches de peintures sur vous tout à l'heure. Vous peignez...? Ou vous avez dû subir les lubies créatives de votre collègue?


Vindex se cala dans le banc et se frotta la mandibule droite, le regard perdu. Il n'avait pas envie de raconter toute sa vie, se devait il d'être aussi loquace que sa sœur là dessus ? Au risque de continuer à enliser le dialogue ? Elle avait elle aussi commencer à poser des questions. Le Turien avait l'impression que le gouffre qui les séparait commençait à réduire petit à petit même s'il était plutôt question de millimètres. Hier il aurait donné n'importe quoi pour patauger dans la boue sous des tirs ennemis, aujourd'hui il se surprit à apprécier la compagnie de sa sœur, la dernière personne partageant le même sang que lui. Il aurait apprécié se comporter comme un frère, un jumeau. Mais quelque chose entre eux deux bloqué, il ne savait pas quoi. Le Turien tourna la tête vers sa sœur et la regarda droit dans les yeux. Il essayait de déchiffrer son regard mais en vain.

« Bien, je suis né et j'ai grandi près de Cipritine. ma relation avec mes parents était assez... ambiguë. Les moissonneurs me les ont pris. Aujourd'hui je les regrette... »

Il sentit une boule grossir dans sa gorge. Il baissa les yeux vers le sol et inspira une fois. Il releva la tête et tenta de sourire.

« J'ai quitté l'armée car mes motivations n'allaient pas dans le sens de celle de la Hiérarchie. Mais je ne regrette rien. Quant à ta deuxième question, non je ne suis pas peintre. Le vaisseau avait simplement besoin de quelques retouches. Je ne suis bon qu'à tuer et fabriquer ou réparer n'importe quoi... »

Devant eux se trouvait de jeunes enfants de divers races jouant, insouciant des dangers de la vie.

« Et toi, hier soir j'ai vu que tu dansais, c'est une de tes passions ou c'est occasionnel ? Et par simple curiosité, tu occupes quel poste au sein de l'armée ?
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mar 17 Mar 2015, 21:54

Son frère semblait être plus loquace qu'elle quant au sujet de sa famille. Pourtant, elle ne doutait pas que la guerre avait dû lui faire vivre quelques mauvaises expériences. Mais il ne semblait pas particulièrement froid à ce sujet. A moins qu'il ne s’obligeait à parler afin qu'un silence gênant ne vienne pas s'installer entre eux. Il faisait des efforts et Ravilla, elle, se sentait comme trop froide. Elle était dans son droit pour elle. En tout cas, de ne pas parler des siens. Certaines blessures n'étaient toujours pas pansées, mais peut-être qu'elles se refermeraient avec le temps. En attendant, Vindex l'informa que ses parents étaient morts lors de la Guerre. Lui aussi. C'était triste de voir que sur ce point-là, ils avaient vécus le même parcours. Triste aussi de se dire que, s'ils avaient voulu connaître la vérité quant à leur origine, celle-ci était enterrée. La turienne était certes curieuse, mais comme elle l'avait affirmée auparavant, elle était et restait une Aper. Elle ne se sentait pas l'obligation d'en apprendre plus sur ses parents biologiques. Peut-être était-ce différent pour le mercenaire. Il aurait peut-être souhaité rencontrer ceux qui avaient élevé sa sœur. Peut-être qu'il s'en foutait royalement, tout simplement. C'était assez difficile à dire, quand on ne connaissait pas les pensées d'un autre. La franc-tireuse décida alors de ne pas s'en préoccuper. De toute façon, c'était impossible. Hélas...
Elle sentit son cœur se serrer un peu alors que ses souvenirs commençaient à nouveau à ramper dans son esprit, apportant leur lot de peine. Elle les chassa, aidée par ce que son jumeau racontait. Cela avait l'avantage de la divertir, de ne pas la faire penser. Elle l'en remercia silencieusement, prêtant une oreille attentive à ses dires.

- J'ai quitté l'armée car mes motivations n'allaient pas dans le sens de celle de la Hiérarchie. Mais je ne regrette rien.

- Ah...

Il fallait bien qu'ils soient différents. Sur le plan militaire en tout cas. Pour celle qui en faisait partie, il était difficile d'envisager d'avoir des intérêts divergents. La Hiérarchie avait certes merdé sur certains points, mais de nombreux soldats avaient été déployés lors de la Guerre. Et en était revenus vivants. En plus ou moins bon état, mais vivants. Hélas pour certains, qui auraient préféré crever aux côtés de leurs compagnons... Oui, c'était un ressenti personnel. De même que son affection pour l'armée n'était pas tant une confiance dans le Gouvernement qu'une résignation. La sniper était restée dans le corps militaire car c'était bien la seule chose qui lui restait. Littéralement, sur le plan physique, mais aussi moral. Si elle ne se battait plus, elle avait l'impression que tout ce qu'elle avait vécu, toutes les horreurs avaient été vaines. Tous les sacrifices aussi. Possiblement que c'était aussi une façon de s'en sortir dans la seule chose qu'elle savait faire. Sans doute, une nouvelle fois, que cela pouvait expliquer sa droiture et sa tendance à la gaucherie dès lors qu'elle sortait du cadre si rassurant et droit des combats.

- Quant à ta deuxième question, non je ne suis pas peintre. Le vaisseau avait simplement besoin de quelques retouches. Je ne suis bon qu'à tuer et fabriquer ou réparer n'importe quoi...

Un haussement d'épaule lui répondit dans un premier lieu.

- Je crois pouvoir comprendre quelque peu.

Ouais... Elle comprenait carrément plutôt. Comme elle se le répétait souvent, elle aussi n'était bonne qu'à ça... Encore que, elle n'avait pas un goût du sang très prononcé. Plutôt que de tuer, elle tentait toujours de calmer les esprits par la parole. Sortir ses armes venaient ensuite. Elle tuait en mission toutefois, c'était impossible à nier. D'une façon claire et précise, la plupart du temps. Tout dépendait si elle tirait avec son fusil de précision ou si elle était au combat rapproché, dans le feu de l'action. Par contre, le combat à main nue, c'était aussi son truc. Un bon vieux duel, poings contre poings, pour restaurer sa dignité, se défouler... quand il s'agissait de régler des querelles, c'était la meilleure chose. Un véritable plaisir, oui.

Le silence tant redouté s'installa un instant, perturbé par les rires des enfants qui jouaient non loin. Toutes races, tout genre, mais à peu près le même âge. Nés après la guerre, qui n'en connaissait que les histoires que leurs parents, leurs tuteurs, leurs frères ou sœurs devaient leur raconter. Peut-être que pour eux les Moissonneurs n'étaient qu'une légende, un monstre qui viendrait les emporter s'ils ne finissaient pas leur assiette...
Les doigts de Ravilla se serrèrent sur le banc à cette idée, au point de s'en blanchir les jointures. Quelle foutue blague. Les Furies, Brutes, Cannibales et toutes ces merdes, réduites à l'état de monstres qui hantaient les placards des gosses? Ca la rendait malade. Littéralement. Cette seule idée semblait tout réduire en ridicule. Tout. Et elle n'arrivait pas à le supporter. Comme si on lui disait que tout ce qu'elle avait vécu n'avait été qu'une vaste blague. Pourtant, elle se remémorait trop les choses pour savoir que ce n'était pas le cas. La galaxie oubliait et avançait. Mais elle n'y arrivait pas. Le passé avait pris la forme de chaînes trop lourdes à briser...
Pourtant, sans qu'il le sache, Vindex l'aidait déjà un peu à voir la lumière au bout d'un très - trop - long tunnel. Mais comme toutes flammes, un rien pouvait la faire basculer et s'éteindre. Bordel, voilà qu'elle faisait dans le lyrisme désormais. Et que l'angoisse revenait. Ne pas y penser. Se concentrer sur ce qui se disait. Oublier.

- Et toi, hier soir j'ai vu que tu dansais, c'est une de tes passions ou c'est occasionnel ? Et par simple curiosité, tu occupes quel poste au sein de l'armée ?

- Oh, vous m'avez vu...

Son air un peu gêné fut balayée par un regain d'assurance. Elle n'avait pas à avoir honte. En tout cas pas devant lui. A moins qu'il ne se mette à la charrier. Là... Les choses seraient différentes. En attendant, elle pouvait assumer voir se montrer fière. Ce n'était pas tous les jours que cela était possible.

- Et bien... J'ai commencé à danser lors de... Il y a treize ans. Un exécutoire, sans doute, si vous voulez le considéré ainsi. C'est très bête à dire. J'ai... Ne vous moquez pas. J'ai commencé à danser après m'être saoulée à mort. Et ce n'est même pas un euphémisme.

Ouais... Le pire était qu'elle avait bien failli y passer durant cette soirée. Où elle avait fini avec deux sauveurs. Mais elle avait survécu. Etait-ce un bien? Une dizaine d'année plus tard, il lui arrivait encore de se poser la question.

- C'est devenu mon truc je crois. Quand je suis au milieu de la foule et qu'il n'y a que la musique... J'arrive à oublier. Plus rien ne compte juste le mouvement des corps et la vague d'êtres vivants. Je ne pense plus à rien. Il n'y a que le silence... Une bulle de silence... Et de musique, d'une certaine façon.

Un petit rire amer interrompit le mini-monologue.

- Vous pouvez vous moquer. Il m'arrive aussi de trouver ça ridicule.

Faux. Totalement faux. Mais elle n'était pas encore prête à se dévoiler totalement face à celui qui restait un demi-inconnu. Bien sûr, elle voulait le connaître plus, et c'était ce qu'ils étaient en train de faire. Mais ce n'était pas une excuse pour commencer à se comporter avec lui comme s'ils se connaissaient depuis toujours.

- Quand à mon grade: je suis adjudante-chef. Rien de bien passionnant, vous pouvez me croire. Je voudrais bien occuper un autre poste mais... Comment dire... C'est le genre de chose que seuls les meilleurs peuvent obtenir. Et ceux qui sont les plus remarquables.

Petit flottement avant qu'elle ne reprenne, tentant d'afficher un air faussement enjoué alors que le stress mêlé à l'angoisse continuait de la dévorer petit à petit à l'intérieur.

- Et vous? J'imagine que vos débuts de mercenaire ne se sont pas fait facilement. Enfin, vous avez dû vous procurer un vaisseau, recruter votre ami et... Enfin, il a dû vous arriver des aventures, non?
Les mercenaires me fascinent un peu, je dois vous l'avouer. Certains sont de véritables enfoirés, mais d'autres ont assez d'honneur pour suivre un code moral. J'imagine que vous devez en avoir un vous aussi...?





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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mer 18 Mar 2015, 11:59

D'abord une étincelle, ensuite un feu. Mais un feu sans combustible est voué à s'éteindre. Alors il faut trouver quelque chose pour l'alimenter sans quoi tout ces efforts auront été vain. C'était la situation dans laquelle Ravilla et Vindex se trouvaient. Ils ne se connaissaient peut-être que depuis quelques heures seulement mais les deux Turiens faisaient leur possible pour ne pas voir cette lueur disparaître. Chacun tentant d'alimenter la conversation.

- Oh, vous m'avez vu...


- On peut dire ça.

Disons que vu son état d'ébriété ce soir là, il se souvenait surtout d'une forme qui se mouvait mais il savait que cette forme était sa sœur.

- Et bien... J'ai commencé à danser lors de... Il y a treize ans. Un exécutoire, sans doute, si vous voulez le considéré ainsi. C'est très bête à dire. J'ai... Ne vous moquez pas. J'ai commencé à danser après m'être saoulée à mort. Et ce n'est même pas un euphémisme.

-Il semblerait donc que se prendre des mines soit de famille. Mais je ne me moquerai pas. Ce serait vraiment hypocrite surtout venant de ma part.

Il se surprit lui même à avoir un ton enjoué. Cela faisait bien trop longtemps que Vindex ne s'était pas accordé un moment de détente comme celui-ci. D'habitude il ne pensait que travail et survie. Rien d'autre. Mais en ce moment ce qu'il souhaitait, c'était de connaître la personne avec qui il aurait dû passer son enfance.

- C'est devenu mon truc je crois. Quand je suis au milieu de la foule et qu'il n'y a que la musique... J'arrive à oublier. Plus rien ne compte juste le mouvement des corps et la vague d'êtres vivants. Je ne pense plus à rien. Il n'y a que le silence... Une bulle de silence... Et de musique, d'une certaine façon.

Elle lâcha un petit rire. C'était la première fois que Vindex l'entendait rigoler. Il était seulement dommage qu'il ne soit pas franc.

- Vous pouvez vous moquer. Il m'arrive aussi de trouver ça ridicule.

Vindex ne pipa mot, il connaissait lui aussi cette sensation lorsqu'il était enfermé dans son atelier sans que personne ne le dérange.

- Quand à mon grade: je suis adjudante-chef. Rien de bien passionnant, vous pouvez me croire. Je voudrais bien occuper un autre poste mais... Comment dire... C'est le genre de chose que seuls les meilleurs peuvent obtenir. Et ceux qui sont les plus remarquables.

Le silence fut encore sa seule réponse, mais il nota dans un coin de questionner sa sœur plus tard au sujet de ce poste.

- Et vous? J'imagine que vos débuts de mercenaire ne se sont pas fait facilement. Enfin, vous avez dû vous procurer un vaisseau, recruter votre ami et... Enfin, il a dû vous arriver des aventures, non?
Les mercenaires me fascinent un peu, je dois vous l'avouer. Certains sont de véritables enfoirés, mais d'autres ont assez d'honneur pour suivre un code moral. J'imagine que vous devez en avoir un vous aussi...?


Treyn fut un peu surpris par les paroles de sa sœur. La majorité des militaires ne voyaient pas les mercenaires d'un bon œil. Souvent considérés comme des maniaques à la gâchette facile, des égoïstes, ou d'une manière plus franche des enculés. Lui même quand il était dans l'armée ne tenait pas en haute estime ces soldats qui vendait leurs services au plus offrant. Mais les aléas de la vie ont fait que lui même est devenu une de ces personnes.

- Pour l'instant on s'en tire plutôt bien, ça va bientôt faire un an que l'on opère en free-lance. J'ai bien vu quelques situations que je n'aurai sûrement jamais vu en tant que soldat.

Oui il en avait vu, le Turien se remémora la mission ou lui et son compère avait traversé un building avec un véhicule blindé, la fois ou trois guignols avaient tenté de braquer Soran, ils avaient même pu assister à un catapultage de comète. Il lui raconterai sûrement, mais pas aujourd'hui.

- Le vaisseau n'a pas posé tant de soucis que ça. Ma mère l'a crée, j'y ai ajouté une touche personnel. Je l'ai construit avec les survivants de son entreprise. Il aura bien fallu 5 ans. Pour Soran... disons que je ne lui ai pas vraiment laissé le choix. Je voulais partir avec lui car c'est une des rares personnes en qui j'ai une confiance aveugle. Pour faire simple j'ai fais un crédit de la moitié du prix de l'Harfang à son nom.

Heureusement qu'il connaissait bien son coéquipier sinon il n'aurait pas été sûr de faire une telle action.

- Simplement que sur le terrain je n'ai confiance en personne d'autre. Lui fonce dans le tas et moi je le couvre à longue distance. Et je sais que si jamais je me retrouve embourbé à courte portée, il viendra me sortir de la merde.

Vindex Treyn ne faisait pas grosse brute comme son compère. Atteignant péniblement le mètre quatre vingt pour un peu plus de soixante kilos, une silhouette très fine, il ne faisait pas « impressionnant ». Il savait se défendre et parer les coups mais pas plus. Sa soeur était bien plus grande et carré que lui. Il ne savait pas si elle excellait au combat à mains nues... et il préférait ne pas essayer de le savoir.

-Au sujet d'avoir un code, oui nous en avons un. C'est ce qui nous différencie des criminels. Même si c'est plus une ligne de conduite. Cela reste assez basique, pas de trafic d'êtres vivants, ne pas tuer sans raison etc...

Il avait assouvi la curiosité de sa sœur, maintenant lui aussi avait d'autres questions.

- Tu as dis que certains mercenaires étaient des vrais enfoirés tandis que d'autres respectaient un code, ce qui veut dire que tu en connais certainement non?

La façon dont elle en parlait ainsi que la fascination qu'elle éprouvait pour les mercenaires... Vin en était presque sûr qu'elle avait du en côtoyer quelques fois.

- Le poste dont tu parles d'accéder et qui n'est réservé qu'au meilleur? Lequel est-ce? Garde Noire? Spectre? Je comprendrai si tu préfères le garder pour toi. Et hormis la danse tu as d'autres passions ?


Qui sait avec un peu de chance ils allaient finir par se découvrir une passion commune...
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Lun 23 Mar 2015, 18:08

La vie de mercenaire semblait plaire à Vindex. Plus ou moins. Enfin, de son propre aveu, c'était différent de la vie de soldat. Il laissa même sous-entendre qu'il voyait des choses plus exotiques qu'un militaire. Étrangement, cela fit plutôt plaisir à sa soeur. Il avait l'air d'être heureux d'avoir choisis cette voie, alors tant mieux, non? Même s'ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, savoir qu'il aimait ce qu'il faisait était censé la contenter. Enfin, tant que cela restait légal. Ravilla ne se serait pas fait prier pour lui botter le cul dans le cas contraire.

- Le vaisseau n'a pas posé tant de soucis que ça. Ma mère l'a créé, j'y ai ajouté une touche personnelle. Je l'ai construit avec les survivants de son entreprise. Il aura bien fallu 5 ans.

- Oh...

Voilà qui expliquait pourquoi la turienne se sentait si mal à bord du Harfang. Chaque chose construite était marquée par l'âme de son constructeur. Elle était, si on pouvait le dire si vulgairement, sur le territoire "d’une autre". Celui d'une femme qui, il y avait fort à parier, avait dû aimer son fils avec peut-être un peu de jalousie. Bien sûr, ce n'était que pures spéculations. Il était aussi possible que la mère ne se soit que peu souciée du devenir de son enfant, trop prise par le travail, ou ne le ressentant pas comme étant assez "à elle". Mais Aper préférait imaginer que Vindex avait pu vivre une enfance heureuse et être suffisamment comblé d'affection pour ne pas avoir à en souffrir par le futur. Sans compter que cela expliquait facilement le mal-aise que la franc-tireuse avait ressenti un peu plus tôt à bord du vaisseau. Entre cette présence invisible, cet esprit qui vivait dans chaque mur de l'appareil, et l'angoisse de rencontrer son jumeau, elle n'avait, en même temps, pas eu beaucoup de raisons de se sentir bien.

-Pour Soran... disons que je ne lui ai pas vraiment laissé le choix. Je voulais partir avec lui car c'est une des rares personnes en qui j'ai une confiance aveugle. Pour faire simple j'ai fait un crédit de la moitié du prix de l'Harfang à son nom.

La sniper claqua des mandibules, quelque peu étonnée. Il devait s'être trompé dans ce qu'il avait voulu dire, car ses propos entendaient plutôt que c'était Soran qui faisait confiance à son ami. En effet, ce dernier avait contracté un prêt au nom du premier. Ce qui laissait donc entendre qu'il avait collé une dette sur le dos du biotique. Sauf s'il avait tenté de dire que lui avait emprunté de l'argent à Restitus. Cette affaire était un peu étrange, mais elle décida de ne pas se pencher plus en avant dessus. L'histoire concernait les deux mâles, et la femelle n'avait pas son mot à dire. A moins que son parent ne tente de foutre des crédits à n'importe qui pour s'arranger lui. En attendant, cela ne l'intéressait pas.
La douce chaleur de l'après-midi lui faisait du bien. Certes, celle-ci était contrôlée par nombreux capteurs et autre simulateurs thermiques, mais elle avait toujours apprécié les températures chaudes. Au moins, le calme qu'elle ressentait grâce à elle tentait de contrebalancer un peu le stress que la proximité de son jumeau créait en elle. Aussi, cherchant à trouver l'équilibre entre ses deux humeurs, elle n'écouta plus vraiment que d'une oreille distraite. Car oui, elle était quelque peu nerveuse. Un peu trop, même. Non loin, les enfants étaient toujours là, jouant, courant et chahutant sous le regard passif des parents. Cela n'aidait pas la militaire à se calmer, loin de là. Elle n'appréciait pas vraiment les gamins. Comme à chaque fois que quelque chose la renvoyait au sujet de la famille. Or là, il lui semblait en être entouré. Entre cet inconnu qu'elle apprenait à connaître et le contexte "parents-enfants-sortie de le parc, youpi", elle n'arrivait pas à se détendre. Parfois, même, il lui prenait l'envie de tout bazarder: son sens de la diplomatie, du calme, de la retenue... afin de se lâcher un bon coup. Mais elle ne pouvait pas. Non, ça n'aurait pas été sérieux. Sans compter qu'elle représentait une certaine image de l'armée. Il fallait qu'elle prenne sur elle. De toute façon, cela faisait longtemps qu'elle prenait sur elle. Il y avait d'autres moyens de se détendre que de péter un câble de cette façon. Comme aller au stand de tir. Oui, elle ferait sans doute ça, une fois cette discussion terminée. Surtout qu'elle connaissait un endroit sympa, où il y avait une simulation holographique. Pour un peu, on pouvait presque sentir le vent caresser la peau alors que les silhouettes numériques se mouvaient selon les algorithmes.

- ... ue tu en connais certainement non?

Il fallut quelques secondes à notre distraite pour qu'elle réussisse à donner du sens à ces paroles. Elle avait vaguement compris que Vindex parlait un peu plus tôt de code d'honneur basique et de mercenaires. Il y avait fort à parier qu'il la questionnait sur un de ces points. Le verbe "connaître" impliquait que le sujet soit des êtres vivants, aussi l'adjudante assuma-t-elle pleinement qu'il devait parler des mercenaires. Un léger silence, en tous cas, suivit la question.
Officiellement? La réponse était "plus ou moins". Elle avait déjà, par le passé, rencontré des indépendants, que ce soit pour les combattre ou travailler, rapidement, avec eux. Officieusement, on pouvait même dire qu'elle en fréquentait un. Si tant est qu'on puisse considérer Xern et les pirates en général comme faisant partie de la même branche de métier. Tout dépendait des avis, sans doute. En tout cas, Aper se voyait mal répondre un oui direct et franc à son frère. D'autant plus qu'il s'agissait, dans le cas du duo improbable, d'une relation coucherie - encore que celle-ci évolue plus ou moins avec le temps - que d'une fréquentation basée uniquement sur l'amitié ou quoique ce soit de similaire. Et parler d'un amant à un inconnu - qu'importe s'ils partageaient le même sang ou non - ne faisait pas vraiment partie de ses conversations préférées. Aussi préféra-t-elle opter pour la réponse la plus neutre possible.

- Plus ou moins, oui.

Après quoi, elle ne parla plus du tout de cela. Fort heureusement, et bénis soit les esprits, un changement de sujet bienvenu fut lancé, empêchant la turienne d'avoir à se noyer en explications plus ou moins foireuses. Inutile de préciser qu'elle se jeta dessus presque avec bonheur.

- Le poste dont tu parles d'accéder et qui n'est réservé qu'au meilleur? Lequel est-ce? Garde Noire? Spectre? Je comprendrai si tu préfères le garder pour toi.

- Spectre. Je souhaiterais devenir Spectre. Je sais, c'est risible. Là encore, vous pouvez vous moquer si vous le désirer. Honnêtement, à m'entendre moi-même, on dirait un rêve de gosse. Je ne sais pas comment dire ça mais... Enfin, comment peut-on ne pas admirer les Spectres? Si tous n'ont pas forcément un sens de l'honneur très poussés, ils restent une force armée incroyable! Ils servent la galaxie et sont ceux qui font des missions parmi les plus dangereuses!

C'étaient aussi ceux qui mourraient le plus jeune. Enfin, disons que les Spectres ayant réussis à atteindre l'âge de la retraite devait se compter sur les doigts de deux mains. La plupart mourrait en mission, aidant ainsi la galaxie et s'accordant une mort pleine d'honneur. Ravilla ne l'avouerait sans doute jamais à voix haute, mais c'était aussi cela qui lui plaisait. Pour beaucoup, même. C'était ainsi qu'elle voulait partir. Oh, elle ne se le cachait pas. Elle était parfaitement au courant que, selon les jours, elle n'était rien de plus qu'un cadavre qui marchait. Notamment avec ce qu'elle devait faire, par moment, pour se sentir vivante. Son besoin de se raccrocher à la douleur pour se rappeler qu'elle n'avait pas encore quitté ce monde.
Bah. Elle ne parlerait pas de ça au mercenaire. Ils venaient de se découvrir l'un l'autre; il était même possible qu'il l'apprécie un peu. Ce genre de sujet morbide était plutôt à occulter.

- Et hormis la danse tu as d'autres passions ?

- Le tir. Les duels à mains nues. En fait, tout ce qui touche aux combats. Je suis militaire, après tout, lança-t-elle avec une auto-dérision peu habituelle.
C'est à peu près tout. En général, je reste la plupart du temps sur base. Enfin, jusqu'à il y a quelques années. J'ai déjà passé presque dix ans sans prendre la moindre vacance. Très peu de permissions aussi.
Et vous? Vous avez beau dire ne pas être doué en arts, il doit bien y avoir quelque chose que vous appréciez faire..?


Aper tapota nerveusement sur son genou. Une nouvelle bouffée de culpabilité venait de lui sauter à la gorge. A chercher à en apprendre plus comme ça sur Vindex, elle avait l'impression de trahir Hecarion. C'était, évidemment, un raisonnement stupide. Sauf qu'elle ne pouvait rien y faire. Les choses devaient se faire petit à petit, et non pas aussi brusquement. Sans compter qu'elle commençait à tomber à court de sujet. La proximité des familles la rendait stressée aussi. C'était-elle ou il commençait à y en avoir de plus en plus? Déjà, il y avait plus de monde qu'avant. Elle n'aimait pas ça.
Elle se fit pourtant violence pour se fendre d'un sourire, cachant comme elle le pouvait son mal-être.

- Et... Mmh... Vous pensez rester mercenaire toute votre vie? Ou vous pensez faire autre chose...?




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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Lun 30 Mar 2015, 13:45

Ravilla aspirait donc à l'élite de l'élite. Spectre... après tout pourquoi quitte à voir grand autant avoir un projet qui a de la gueule. Il était néanmoins un peu inquiet, les Spectres n'avait pas la réputation de vivre vieux mais qui était il pour empêcher se jumelle de faire ce qu'elle voulait ? Il préféra ne plus y penser par la suite, les pensées noires n'étant pas son apanage.

- Le tir. Les duels à mains nues. En fait, tout ce qui touche aux combats. Je suis militaire, après tout.


Au moins, on pouvait dire qu'elle aimait son métier. Vindex lui n'avait jamais aimé l'armée, tuer n'avait rien d’enivrant, respecter les règles était barbant. Il n'y voyait que des contraintes. D'ailleurs c'est pour cela qu'il n'avait jamais percé dans ce domaine, trop souvent il s'était pris de bec avec ses supérieurs. En général les gradés n'aimaient pas recevoir des ordres de quelqu'un qui ne dépassait pas le grade de Sergent.

- C'est à peu près tout. En général, je reste la plupart du temps sur base. Enfin, jusqu'à il y a quelques années. J'ai déjà passé presque dix ans sans prendre la moindre vacances. Très peu de permissions aussi.


Vindex ne savait pas si c'était du courage ou du sadomasochisme. Passer près de dix ans sans prendre de repos, il y avait de quoi devenir fou. Certaines personnes avaient été touché plus durement que d'autres par la Grande Guerre. Sa sœur devait faire parti de cette catégorie due à son mutisme au sujet de sa famille. On pouvait choisir de ne rien dire, se renfermer sur soi et ne laisser filtrer aucune émotion.
Du point de vue du mercenaire c'était un comportement déraisonnable. S'enfermer dans son propre malheur n'avait rien de réconfortant car rien n'y personne ne pouvait nous aider à nous relever. Ajouté à cela le fait de ne pas prendre de perm, de rester constamment sur la base... C'était... insensé.

- Et bien, je ne crois pas que j'aurais pu avoir ton rythme.


- Et vous? Vous avez beau dire ne pas être doué en arts, il doit bien y avoir quelque chose que vous appréciez faire..?


-Euh... oui... le pilotage de tout et n'importe quoi tant que ça roule et bricoler tout ce qui me passe sous les mains.

Bien sûr il y avait l'alcool mais ça il préférait le garder pour lui. Le Turien n'avait aucune envie de parler de ses problèmes personnels à une personne qu'il ne connaissait que depuis quelques heures même si la personne en question était sa sœur. De plus Vindex était loin d'être fier de cette addiction bien que celui lui permettait d'oublier certains fantômes du passé.
Le seul moyen d'échapper à son fléau était de s'enfermer dans son atelier et de s'adonner à sa passion sans personne pour le déranger. Le mercenaire oubliait ainsi ses soucis et toute les conneries du monde actuel.

Un petit silence s'installa entre la sœur et le frère. Ravilla semblait nerveuse à tapoter sur sa jambe. Elle le regarda et lui sourit.

- Et... Mmh... Vous pensez rester mercenaire toute votre vie? Ou vous pensez faire autre chose...?

Treyn émit un petit rire cristallin.

-Pardon, je ne moque pas de ta question c'est simplement que je n'ai jamais envisagé la suite et....


Il se leva et fixa sa sœur.

-Viens Ravilla on rentre. Ça commence à devenir trop bruyant.

Oui, il y avait trop de bruit et Dieu sait que Vindex avait dû mal à supporter les espaces trop fréquentés. Il préférait de loin la compagnie des machines en général ces dernières ne discuter pas de manière stupide ou ne discuter pas tout simplement.

-Donc pour répondre à ta dernière question, je dois t'avouer que je vis toujours au jour le jour, donc je n'ai jamais pensé à ce que je ferai plus tard. Peut-être reprendre l'entreprise, une vie moins mouvementée.

Vindex ne savait même pas pourquoi il avait avoué ça à sa sœur. C'était sorti naturellement. Il aurait préféré garder ça pour lui. Il détourna la tête, embarrassé. Mais lui aussi était curieux.

-Tu as d'autres projets pour plus tard hormis Spectre, s'enquit-il un peu curieux.

Ils passèrent devant un stand de tir, les deux s'arrêtèrent en même temps, les deux ayant eu le même réflexe. Le Turien fixa sa jumelle un sourire en coin. A priori ils avaient la même idée en tête.

- Une petite séance de tir, ça te tente ?

Elle acquiesça.

- A toi l'honneur, dit-il avant de tendre un fusil à Ravilla. Et sinon tu es plutôt quoi ? Fusil de précision ? Fusil d'assaut ?

-Non ? Toi aussi ? On a au moins réussit à avoir quelque chose en commun.

Sa sœur chargea l'arme et visa...
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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mer 01 Avr 2015, 20:56

C'était confirmé: sur le plan militaire, les deux parents étaient complètement différents. La rigueur qu’elle aimait semblait rebuter l'autre. A moins que ça soit le fait de s'être consacré pendant presque dix ans à son métier et uniquement cela. Allez savoir. En tout cas, le frère souligna son intérêt pour le pilotage et le bricolage, à défaut d'être un artiste. Sa soeur claqua des mandibules. Donc, il était le pilote de son navire. Normal, voir même logique. Après tout, c'était justement "son" vaisseau. Construit par "sa" mère. Fini par "ses" soins. Il aurait été étonnant qu'il en laisse un autre le toucher. De même, sa passion pour réparer les petites choses - outre une fidèle représentation de l'esprit turien - était utile pour les petits travaux que le Harfang devait connaître de temps à autre. Au final, la militaire n'arrivait à voir que des choses pratiques dans les passions de Vindex. Contrairement à elle et la danse qui, disons le franchement, n'était qu'un ensemble inutile. Divertissant, certes. Mais peu pratique.
Sur la question de son avenir, là, il se fit plus étonné et ria franchement. De son propre aveu, il n'y avait pas réfléchit. Si elle ne dit rien, la femelle n'en pensait pas moins. Était-il comme elle, à appeler la mort de ses voeux et ne pas réussir à voir plus loin que la fin de l'année en cours? Possible. Ou bien vivait-il simplement au jour le jour, sans se soucier de ce genre de chose? Il n'avait pas fini de répondre que déjà une dizaine d'hypothèses fleurissaient dans l'esprit de son interlocutrice. Le brouhaha était de plus en plus fort, de même que la foule. Aper faisait de son mieux pour l'ignorer, avec un succès tout relatif.

Le mercenaire se leva, l'invitant à rentrer avec lui. A choisir entre des civils qui l'irritait profondément ou le mal-être qu'elle ressentait sur la navette, le second semblait être le moindre des mots. C'est donc en cachant son soulagement que la franc-tireuse emboîta le pas de l'homme, les bras croisés. Ils reprirent leur discussion quelques pas plus tard, une fois que la masse d'espèces se baladant dans le parc se trouva être assez éloigné d'eux pour qu'ils puissent respirer un peu plus calmement.

- Donc pour répondre à ta dernière question, je dois t'avouer que je vis toujours au jour le jour, donc je n'ai jamais pensé à ce que je ferai plus tard. Peut-être reprendre l'entreprise, une vie moins mouvementée.

Ouf. Il n'était pas comme elle. Cette pensée la rassura un peu. Elle hocha doucement la tête tandis que lui la détournait, apparemment gêné d'avoir avoué cela. Il se donnait des airs de dur à cuire, mais rêvait secrètement d'une vie plus paisible. Ou en tout cas l'envisageait. C'était déjà une grande différence.

- Ce serait une bonne chose, sans doute. Plus calme dirons-nous. Moins de risque de mourir. Moins excitant aussi, sans doute. A moins que vous n'ayez une passion pour conclure des liens économiques avec de véritables requins.
Mais... Oui, si vous souhaitez une vie calme, je pense que c'est une bonne idée.


- Tu as d'autres projets pour plus tard hormis Spectre?

- Non, répondit-elle un peu brutalement.

Mourir, pensa-t-elle. Ce n'était vraiment pas drôle pour que ça passe comme un trait d'humour. Pourtant, tout le monde devait bien y passer un jour... Bah. Non, réellement, ce n'était pas le genre de sujet qu'on abordait. Mieux valait trouver autre chose.

- Enfin, à part rester dans l'armée, monter en grade ou rejoindre les Spectres... Non.

Elle avait tenté de paraître un peu plus douce, sans forcément très bien y arriver. Elle n'était pas forcément des plus douée dans l'exercice. De toute façon, l'essentiel était d'éviter les questions trop délicates. C'était une demi-vérité en plus. Sur le plan carriériste, c'était tout. Il n'avait pas précisé exactement de quoi il voulait parler et sa question laissait supposer que c'était bien sur l'avancement professionnel que se centrait l'essentiel de son interrogation. Alors...
Bordel. Un jour, elle apprendrait à ne pas être sur la défensive à chaque instant.

Ils continuèrent leur chemin, discutant d'une façon quelque peu plus légère. La rue marchande dans laquelle ils erraient était animée, encore que plutôt calme si on prenait en compte l'heure qu'il était. Les boutiques étaient plus ou moins bondées de mondes, selon ce qui était en vogue en ce moment. Pour certains, les derniers poissons en provenance de Thessia s'arrachaient, alors que d'autres préféraient les maquettes de vaisseau du Normandy SR-2, toujours aussi demandé après tant d'années. Les jeux-vidéos étaient aussi pris d'assaut au vu des dernières nouveautés récemment sorties. Enfin bref, tout dépendait des goûts de chacun.
Une enseigne attira l'oeil de la sniper, laquelle s'arrêta presque immédiatement lorsqu'elle reconnut de quoi il s'agissait. A côté d'elle, Vindex l'imita. Il s'agissait d'un stand de tir, plutôt en vogue dans le coin. Vu que beaucoup de touristes y passaient, c'était normal que certains s'adaptent à une clientèle de passage qui comprenait souvent des militaires - anciens ou non -, de mercenaires, voir de civils ayant un goût pour ce sport.

- Une petite séance de tir, ça te tente ?

- Bien sûr, dit-elle en acquiesçant, un mince sourire au coin des lèvres.

Le tir était sa passion, comme elle l'avait souligné auparavant. Son moyen de se détendre entre autre. Et vu comme elle était sur les nerfs, le moment était on ne peut plus propice. Ils pénétrèrent dans les lieux avec hâte, se dirigeant vers le comptoir le plus proche pour s'inscrire. Un des boxes était libre et les séances à un prix plutôt raisonnable. L'adjudante décida d'avancer pour son frère. Après tout, c'était jour de fête, ces retrouvailles. A leur façon, certes, mais jour de fête quand même.
A l'intérieur de l'espace réservé, où les murs étaient en grandes parties des baies vitrées et où les munitions étaient à blanc, il y avait un râtelier d'armes roulant sur la seule partie en brut et non en verre. Un écran permettait de choisir le genre de fusil que l'on souhaitait. Sur comptoir qui les séparait des cibles, un second écran était incrusté, permettant de choisir le programme, la distance des cibles, etc, etc. Moins passionnant que les arènes, mais tout de même diablement addictif pour qui, comme la femelle, aimait plus l'attente et aligner des tirs précis qu'enchaîner le meurtre de pixels.

- A toi l'honneur. Et sinon tu es plutôt quoi ? Fusil de précision ? Fusil d'assaut ?

- Vous verrez.

Son choix s'arrêta sur un Mantis. Son arme de prédilection, celle avec laquelle elle travaillait. C'était une question d'habitude et aussi de goûts qui l'avait poussé à elle. Sans compter qu'il n'avait pas de Kyrase. A la vue de sa décision, son jumeau eu l'air impressionné. Ou amusé. Ou un peu les deux à la fois.

- Non ? Toi aussi ? On a au moins réussit à avoir quelque chose en commun.

Il fallut de peu pour qu'un "Et plus que cela" ne soit lancé en répartie. Apparemment, seule elle leur avait déjà trouvé des points communs. Il n'était pas à blâmer, loin de là. Sans doute qu'elle s'emballait trop vite. Bordel, elle en oubliait vraiment sa famille à force. Heureusement qu'ils étaient dans un stand de tir; la culpabilité pouvait être facilement étouffée.
De ce fait, elle chargea l'arme de munitions fictives et prit place. La position debout était obligatoire, à son plus grand regret. Elle préférait être allongée ou assise la plupart du temps. Bon, tant pis. Il ne fallait pas non plus trop en demander. Elle chargea l'avant-avant dernier programme sur la liste, faisant bouger les sept cibles à une allure de marche et à la distance la plus lointaine qu'offrait la salle. Ce n'était pas vraiment réellement excitant, mais c'était toujours ça de prit. Prenant son temps, elle aligna petit à petit les tirs, abattant son objectif sans se presser, chargeant après chaque coup avec un air détendu sur le visage. Elle adorait le coup par coup. Le moment de recharger, on ne savait jamais ce qu'il pouvait se passer... Enfin, en situation réelle.

Ravilla finit donc par reposer l'arme, souriant à Vindex.

- Pas palpitant, mais divertissant. A vous.

Elle croisa les bras en se plaçant derrière lui afin de l'observer. Il se faisait tard et elle n'avait toujours pas décidée si elle accepterait l'invitation à dîner de Soran. Cela faisait déjà pas mal pour une journée - même partielle. Sans compter qu'elle ne se sentait pas à sa place à bord du Harfang... Pour l'instant en tout cas. Elle finit par se décider de faire part à son indécision à son frère, une fois que celui-ci eut fini de tirer.

- Écoutez... je crois qu'il se fait tard, non? Enfin, je ne sais pas ce que vous aviez prévu ou si vous êtes occupés, mais vous voulez peut-être que je vous libère de vos obligations envers moi?




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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Jeu 02 Avr 2015, 22:21

Sept cibles se mouvaient au loin devant Ravilla, donnant l'impression de la narguer.
Le bruit d'un tir se fit entendre, une cible se coucha. La Turienne rechargea habilement.

En pleine tête pensa t-il. La posture de sa sœur, sa manière dont elle tenait l'arme, sa façon de tirer, tout montraient qu'elle n'était pas une amatrice dans le domaine du maniement des armes.
Un second tir, la cible se coucha.

Dommage qu'ils ne se soient pas connus dès leur naissance, partir en mission avec quelqu'un de sa famille devait vraiment être excitant. Peut-être qu'un jour ou l'autre qui sait ce moment s'accomplirait avec un concours pour savoir qui était le meilleur tireur. Faire du mercenariat avec un ami était vraiment une bonne expérience. Vindex espérait que son coéquipier pensait la même chose quoique s'il n'avait pas apprécié cela aurait fait longtemps que le géant se serait fait la malle.
D'ailleurs cela l'embêtait d'avoir laissé Soran en plan. Même si cette fois la raison était un peu spéciale, il n'aimait pas laissé son compère de côté. Il devait sûrement être en train de peindre ses figurines. Le mercenaire été lui aussi tenté de commencer une collection de ce jeu humain. On pouvait même faire des parties qui duraient de une heure à plusieurs jours en fonction du nombre de personnages sur la table néanmoins on se retrouvait vite limité dans le Harfang niveau place.

Sa sœur avait quasiment terminé d'abattre les cibles. Elle n'en avait pour l'instant loupé aucune. Elle chargea son avant dernière balle toujours d'une main experte avec un calme plus qu'apparent. Lui ne bougeait pas, adossé au mur les bras croisés, il observait. BANG !

Le tir toucha encore au but. Dernière balle, dernière cible. Elle rechargea. Le canon du fusil s'abaissa et pointa vers la cible mouvante. Pas un mouvement, elle attendit que l'objectif passe devant l'arme. Le dernier tir fila en plein dans le mille.

Elle reposa l'arme sur le rebord, et se tourna vers Vindex, un joli sourire sur son visage. Il le lui rendit. Cela lui faisait plaisir de voir sa sœur s'amuser.

- Pas palpitant, mais divertissant. A vous.

-Cela reste tout de même une belle performance.

Certes ces simulateurs offraient peu de challenges pour des soldats qui avaient été bien entraînés mais ils offraient un moyen de passer un bon moment.
Vindex sélectionna l'apparition de cibles. Au total six objectifs à toucher. Elles apparaissaient l'espace de deux secondes avant de disparaître, il fallait donc faire preuve d'une certaine rapidité. Le Mantis étant un mono coup n'était pas vraiment conseillé, cela prenait trop de temps de recharger. Il choisit le Viper et y inséra six balles.

Treyn se plaça face aux stands, les jambes légèrement écartés, le canon pointant vers le bas. Il fit descendre ses lunettes de son front qui glissèrent jusqu'à ses yeux. Il ramena l'arme devant son œil droit et ferma ses paupières l'espace de quelques secondes et se concentra sur son doigt devant la gâchette, l'arme qui devenait une extension de lui même, un ajout à son corps. Il ignora ce qui l'entourait seul son souffle le troublait. Il inspira, expira puis bloqua sa respiration, ses yeux s'ouvrirent, ses pupilles se dilatèrent avant de se contracter.
Une seconde, la première cible apparut à la limite de son angle mort. Il se tourna légèrement.
Deux secondes, la balle virtuel fila à pleine vitesse et toucha son but.
Trois secondes, une autre cible apparut.
Les ombres furent toutes atteintes, la dernière de peu car elle se matérialisa juste devant lui le prenant par surprise, le seul signe de déconcentration notable fut ses pupilles qui se rétractèrent. Il inspira et remplit ses poumons d'air tout en reposant l'arme.

La sœur et le frère repartirent, marchant tranquillement. Le Turien appréciait la compagnie de sa jumelle et profita de ce moment de tranquillité avec elle. Elle rompit le silence :

- Écoutez... je crois qu'il se fait tard, non? Enfin, je ne sais pas ce que vous aviez prévu ou si vous êtes occupés, mais vous voulez peut-être que je vous libère de vos obligations envers moi?

Elle avait raison, mais au fond de lui il ne voulait pas l'admettre. Le mercenaire avait passé une journée comme il en avait rarement vécu. Sa sœur émettait un certain magnétisme et cela l'attristait de devoir se séparer d'elle, comme si elle comblait un vide. Il regarda en l'air.

-Je n'ai rien de prévu, pas plus que tu ne me retiens. Mais oui il commence à se faire tard, et je pense que Soran commence à avoir faim. Ça te tente un restaurant pour terminer la soirée ?


-Allez, ça ne peut pas faire de mal, et ce serait dommage de se quitter ainsi.

Au final elle accepta, Vin en profita pour envoyer un message à son collègue. Le restaurant se trouvait à quelques minutes de marche. Le Turien en profita pour remercier sa sœur de lui avoir payer la séance de tir et discuta de divers sujets. Ils entrèrent dans le restaurant et allèrent s'asseoir légèrement à l'écart.
Vindex ne disait rien, la tête posé sur son poing. Puis il se décida, il décrocha son bracelet, un entremêlement de divers métaux communs ou précieux en forme de rouage, d'engrenages ou d'autres formes tout aussi différentes les unes que les autres, des petits morceaux de rubis donnaient de la couleur. Le tout était fixé à une lanière en cuir. Il l'avait fabriqué lui même durant un moment de détente.

-Accepte le s'il te plaît. Ce n'est pas grand chose mais ça me ferait plaisir que tu le gardes avec toi.


Vindex tenait le bracelet de façon à ce que sa sœur n'ait plus que son poignet à faire passer. Une horrible gêne s'installa en lui et il sentit le chaud venir sur ses « joues », en langage humain on disait être « rouge comme une pivoine ». Et effectivement il aurait préféré se trouver n'importe ou ailleurs à galérer même dans le pire enfer qu'ici.


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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mer 13 Mai 2015, 00:06

Il était habile. Même si les cibles étaient peu nombreuses, leur rapidité obligeait le mercenaire à faire preuve d'adresse pour réussir à toucher ses cibles. Encore que, la dernière fut sauvée grâce aux réflexes du tireur. Mais malgré tout, le résultat était là. C'était un sans-faute.
Il n'avait pas été parfait pendant l'exercice, ne put s'empêcher de noter Ravilla. Sa posture, pour commencer, était loin d'être militaire. On sentait qu'il s'était déshabitué à recevoir des ordres, ou tenir trop longtemps un point. Sans doute que l'élimination de cibles uniques ne faisaient pas partie du genre de mission qu'il faisait le plus souvent. Il était trop déséquilibré et, s'il ne ressentait pas un confort particulier ni une absence de, il suffirait qu'il attende quelques heures ainsi pour que ce soit le cas.
La façon dont il tenait son fusil n'était pas mauvaise. Cependant, c'était plutôt le genre d'attitude qui était adoptée en situation de combat à proximité. Ses doigts étaient un peu lâches sur leur prise; il était prêt à abandonner son arme pour une plus propice à tirer rapidement sur des ennemis proches. Dans leur cas, c'était un peu inutile, mais soit. On ne changeait pas des habitudes, surtout s'il avait l'habitude d'être en danger permanent.
Mis à part ça... Le reste était plutôt bon. Son frère rechargeait vite et bien, avait les bons réflexes, ne se laissait pas surprendre. La soldate se sentit légèrement rassurée. S'il menait pour l'instant une vie de combattant, il n'était pas un bleu. Pas un soldat dans l'âme, certes, mais au moins était-il un guerrier. Ses chances d'être tué en mission diminuaient par ce fait.
Ouais... C'était déjà ça...

- Je n'ai rien de prévu, pas plus que tu ne me retiens. Mais oui il commence à se faire tard, et je pense que Soran commence à avoir faim. Ça te tente un restaurant pour terminer la soirée ?

Ses mandibules cliquetèrent doucement tandis qu'elle fixait Vindex. Voilà qu'il lui forçait la main. Les deux s'étaient-ils mis en accord pour lui tendre ce "piège", si tant est qu'on puisse l'appeler ainsi? Peut-être, peut-être pas. Encore que, vu comme les deux étaient compères, c'était fort probable.

-Allez, ça ne peut pas faire de mal, et ce serait dommage de se quitter ainsi.

Il ne lui laissait pas le choix. De par son entêtement, aussi inébranlable que le sien, et du ton presque suppliant qu'elle croyait déceler dans sa voix.

- Bien, finit-elle par lâcher par dépit.

Elle se connaissait sur ce point. Par extension, elle pensait pouvoir le connaître lui. Il ne lâcherait pas. Quitte à s'accrocher à sa jambe pour l'empêcher de partir. En métaphore, bien sûre. Mais son refus lui laissait supposer qu'il passerait le reste des jours à venir à tenter d'organiser entre les trois une quelconque virée au restaurant. Ou à un bar. Ou n'importe quoi d'autre. Le lieu n'était pas important; tout n'était que prétexte pour qu'ils se connaissent un peu mieux. Tout comme le stand de tir l'avait été. Après tout, il était coutume, chez les Turiens, de dire qu'on apprenait d'un autre en étudiant sa façon de tirer. Si Aper laissait voir une froideur et discipline toute militaire, Treyn était la représentation même du mercenaire, capable mais faisant les choses "à sa façon".
Après qu'elle eut payé, le duo sortit. Maintenant qu'elle avait calmé ses nerfs, la femme voyait les rues avec moins d'agressivité qu'auparavant. La foule continuait à vaquer à ses occupations, sans se soucier réellement de ce qu'il pouvait y avoir en dehors de la Citadelle. Un peu comme il y a plus d'une dizaine d'année... Cette insouciance continuait de lui taper sur les nerfs. Leur façon de vouloir absolument fermer les yeux et faire comme si rien n’existait... Enfin, au moins pouvait-elle désormais les croiser sans avoir envie de leur enfoncer ses griffes dans la peau, de les secouer en leur disant de se souvenir.
Les choses évoluaient. Elle... Plus difficilement. Il serait pourtant bon qu'elle tente, tout doucement, de fermer la page.
Un jour, sûrement. Doucement. Mais il y avait plus urgent pour le moment. Comme apprendre à connaître et lui laisser en savoir plus sur elle, à celui qui partageait son sang.

Ils n'eurent pas à marcher bien longtemps avant d'atteindre le restaurant. Durant leur cheminement, les deux purent discuter d'une façon qui se voulait légère, malgré la tendance, paradoxale, de la franc-tireuse à vouloir connaître son parent et ne pas trahir sa véritable parenté à la fois. C'était d'autant plus difficile qu'elle n'était pas, par nature, une bavarde. Selon les sujets, sa langue se déliait un peu plus qu'à l'habitude. Néanmoins, elle restait mal à l'aise et peu habile.
Elle tentait de palabrer sur ce qu'elle pouvait. Ainsi, l'adjudante se retrouva à parler des dernières nouveautés d'Armax Arsenal. Cela ne semblait pas tellement intéresser Vindex, lequel se contentait de l'écouter sans mot dire. Très vite, elle se tut. Cela, sembla-t-il, le décida à bouger. Il décrocha un bracelet de son poignet, pour lui tendre. L'ouvrage était beau, c'était le moins de le dire. Un ensemble de formes et de rubis, ainsi que de cuir. Sans doute était-ce un bijou unique. Loin de la mode de la Citadelle, ou de ce qu'on pouvait trouver fréquemment. Les petits défauts étaient présents, laissant supposer que l'artisan à l'origine n'était pas un maître dans son art. Pour autant, il avait son charme.
Maintenant que l'accroche était défaite, le mercenaire le lui tendit. Ce qui provoqua une réaction immédiate pour la femme; elle leva un sourcil, observant ce qu'il tenait au creux de la main. Elle se mit à cliqueter des mandibules, craignant déjà ce qui allait arriver.

- Accepte-le s'il te plaît. Ce n'est pas grand-chose mais ça me ferait plaisir que tu le gardes avec toi.

Elle avait vu juste. Il lui offrait donc ce bracelet. Le lui tendant, attendant qu'elle le lui laisse l'attacher à son poignet. Elle ferma les yeux et respira un grand coup. C'était la première fois depuis longtemps. Et elle ne savait pas vraiment comment réagir. Les choses allaient vite. Trop vite.

- Vindex... Croyez-vous que cela soit réellement raisonnable?

Il s'agissait d'une façon de montrer à quel point leur parenté lui tenait à coeur mais... Ce n'était pas sa faute. C'était elle qui avait du mal à se montrer aussi affectueuse, surtout aussi rapidement.

- Cela a l'air d'être de grande valeur. Et nous ne connaissons pas réellement. Nous savons que notre sang est commun depuis peu. Êtes-vous sûr de vouloir m'offrir un tel bijou? Sous prétexte que nous sommes parents?

Bon... C'était sans doute bien trop abrupt pour être bien pris. Se passant les mains sur le visage, Aper soupira. Elle n'était as douée. Vraiment pas. Depuis le temps elle ne savait plus comment... interagir avec les autres, surtout sur un sujet pareil. Cette journée était réellement fastidieuse.

- Ce n'est pas contre vous. Je vous prie de bien vouloir me croire. C'est juste que je ne suis pas... familière avec ce genre de démonstration d'affection ou de...

Nouveau soupir.

- Ecoutez, je suis touchée de voir à quel point vous tenez à notre lien de parenté. Mais... Je ne peux pas accepter un tel présent. Tout du moins pas encore.
Laissez-moi du temps, s'il vous plaît. Pour de telles choses, il me faut du temps.


Il était impossible pour elle d'expliquer clairement pourquoi cela était difficile. Elle espérait dès lors que son frère puisse se montrer compréhensif. Et qu'elle ne le blessait pas.
Bordel. Elle savait tuer de sang-froid, mais dès qu'il s'agissait d'aborder le thème de la famille, voilà qu'elle était presque incapable d'aligner le moindre mot. En attendant, il lui restait la possibilité de faire diversion.

- Vous savez ce que fait Soran? Il semble être en retard. Devrions nous l'attendre ou préfériez-vous que nous commencions sans lui?

Pitoyable mais... Elle n'était pas en état de trouver mieux.




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MessageSujet: Re: Frère et Soeur   Mer 20 Mai 2015, 08:41

La Turienne mit un peu de temps à répondre pesant sûrement ses mots. Vindex n'avait toujours pas bougé attendant la réaction de sa sœur. Elle ferma les yeux en prenant une inspiration puis rompit le silence qui les entourait.

« Vindex... Croyez-vous que cela soit réellement raisonnable? Cela a l'air d'être de grande valeur. Et nous ne connaissons pas réellement. Nous savons que notre sang est commun depuis peu. Êtes-vous sûr de vouloir m'offrir un tel bijou? Sous prétexte que nous sommes parents?

Elle fit une pause, se passant la main sur le visage, visiblement aussi mal à l'aise que lui. Il s'en voulait d'avoir ainsi mit Ravilla dans l'embarras. Il ne savait pas non plus quoi dire. En deux jours c'était la première fois qu'il se retrouvait plusieurs sans savoir quoi répondre.

- Ce n'est pas contre vous. Je vous prie de bien vouloir me croire. C'est juste que je ne suis pas... familière avec ce genre de démonstration d'affection ou de...

De l'affection ? Il ne savait pas vraiment. Il n'en avait jamais vraiment reçu de ses parents, quand à avoir eu une discussion de plus de deux minutes avec eux, il ne s'en souvenait guère. Aujourd'hui le mercenaire regrettait de ne pas avoir passé plus de temps avec son père et sa mère. Il ne voulait absolument pas reproduire cette erreur avec sa sœur. La famille ne tenait pas à grand chose, Ravilla le lui avait rappelé. Il voulait que l'on se souvienne de lui et compter pour quelqu'un... c'était tout ce qu'il demandait.

- Ecoutez, je suis touchée de voir à quel point vous tenez à notre lien de parenté. Mais... Je ne peux pas accepter un tel présent. Tout du moins pas encore.
Laissez-moi du temps, s'il vous plaît. Pour de telles choses, il me faut du temps.


- Je comprends, dit le Turien en remettant son bracelet.

Il baissa légèrement les yeux et attrapa le menu qui lui servi d'échappatoire. Il n'avait pas vraiment faim. D'ailleurs il n'avait pas mangé depuis hier. Tout ce qui était arrivé en si peu de temps avait modifié ses habitudes. Il se sentait fatigué et las, pourtant il ressentait une certaine joie d'avoir découvert quelqu'un de sa famille.

- Vous savez ce que fait Soran? Il semble être en retard. Devrions nous l'attendre ou préfériez-vous que nous commencions sans lui?

-Je n'en ai aucune idée. Il ne m'a pas répondu. Commençons sans lui, nous verrons s'il nous rejoint après.


Le serveur passa pour prendre les commandes. Le Turien prit un verre d'alcool fort pour se changer les idées ainsi qu'une entrée. Il se cala dans le fond de sa chaise et posa ses bras sur la table.
Il questionna sa sœur sur divers sujets. Qui lui avait apprit à tirer, qu'est ce qui l'a poussait à rester au sein de l'armée, si elle partait en mission prochainement, est-ce qu'elle vivait sur la Citadelle etc..
Pendant qu'ils discutaient le serveur avait amené la commande. Le Turien buvait tranquillement, laissant l'alcool faire son effet. Il se sentait un peu plus léger à chaque gorgée, ses muscles se détendirent. Vindex avait l'impression que l'ambiance était plus sereine et agréable ou alors ce rhum était vraiment efficace. Il se leva pour aller régler la note et revint à sa place ou la Turienne se préparait.

« Merci d'avoir accepté ce repas. J'ai.. j'ai passé une bonne soirée », sourit le Turien.

La sœur et le frère sortirent, les rues de la Citadelle étaient plus calmes, malgré les lumières et autres artifices pour garder la station éclairée, il était relativement tard. Le mercenaire pianota sur son omnitech.

« Je t'ai envoyé mes coordonnées, libre à toi de me contacter. »

Puis sans vraiment savoir pourquoi ni comment, Vindex étreignit Ravilla, ce ne fut que quelques secondes mais il avait l'impression d'avoir fait un grand pas. Il revint brusquement à lui et recula.

« Je... Désolé. Au revoir ma sœur, j'espère que nous nous reverrons. »

Vindex repartit en direction du Harfang jetant un dernier coup d’œil derrière lui, l'esprit léger et apaisé. Aujourd'hui dans cette sombre et immense galaxie il n'était plus seul, il avait retrouvé une personne dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Il avait une famille.


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Frère et Soeur

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