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 Et Joyeux Noel

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De Sang et d'Acier
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MessageSujet: Et Joyeux Noel   Mer 31 Déc 2014, 03:15
Intervention MJ : NonDate : 24 Décembre 2199 RP Tendancieux
Ravilla Aper ♦ Xern Tortus
Et Joyeux Noel



    Citadelle - 23 Décembre 2199


    La Citadelle... C'était amusant de s’apercevoir à quel point, quoi qu'il arrive, elle finissait toujours par se retrouver là. Un instant, elle fixa le fond de sa tasse de thé, presque vide, comme si elle pouvait découvrir la Vérité qui se cachait au fond. Tout ce qu'elle trouva, ce fut évidemment quelques débris de feuilles et des grains de sucres qui n'avaient pas réussi à fondre. La porcelaine claqua sur la table lorsqu'elle fut reposée. Le bruit se perdit vite dans le brouhaha qui secouait le Salon de Thé bien rempli. L'endroit aurait même été anormalement bondé si la saison n'avait pas été propice. Ce n'était pas qu'il était mauvais le reste de l'année, loin de là, mais ils servaient de magnifiques spécialités humaines durant le mois de Décembre. La turienne jeta un oeil à son assiette à demi entamé qu'elle repoussa déjà. C'était une avancée. Un bien belle avancée même, dirait Shan'Ti. Avant, elle n'aurait pas pu mettre les pieds dans un tel lieu sans tenter de s'y enfuir ou de frapper tout ce qui était à sa porté. Alors, s'y asseoir, commander et manger sans avoir envie de faire plus que hurler, ça aurait été inimaginable. A croire que sa rencontre avec Vindex avait été bénéfique. Disons qu'au moins, elle avait provoqué un certain déclic. Pour tout dire, lors d'une de ses séances de psychothérapies, elle ne restait silencieuse plus que 75% du temps. Parfois, même, c'était juste à 60%, lorsqu'elle était de bonne humeur. De sacrés progrès donc, surtout en un mois et demi.
    Sa thérapie. Voilà ce qui l'avait poussé à venir, seule turienne au milieu d'humains et d'Asari, à fréquenter ce petit établissement situé dans une des ruelles de Zakéra, et à choisir un des maigres plats adaptés aux dextro que la carte proposait. D'autant plus que, comme cela avait déjà été souligné, l'endroit été bondé. Tendre l'oreille avait permis à Ravilla de comprendre l'agitation qui régnait et le pourquoi du comment des guirlandes qui ornaient presque chaque mur. Une fête humaine, du nom de "Noel" avait lieu. De nombreux coins de la Citadelle étaient décorés de cette façon, pour peu que leur propriétaires soient des terriens. Bien évidemment, la militaire en avait déjà entendu parler avant. Il y avait toujours un véritable tintamarre de la part des fêtards autour de leur fête, d'autant plus qu'ils la préparaient un mois en avance. Une sombre histoire de christianisme et de naissance d'enfant. La militaire n'avait pas cherché à en savoir plus. Déjà que certains d'entre eux vénéraient un mort-vivant sorti de la tombe pour ensuite monter au cieux, ou quelque chose comme ça... Non, quand il était question de religion, il valait mieux ne pas discuter avec eux.
    Enfin, le patron du Salon, voyant sa curiosité, et passionné de ce "Noel", lui avait fait un bref topo quant au but de la célébration. Après avoir vainement tenté de lui enseigner le symbolisme, il avait fini par résumer en un "C'est une occasion de passer du temps avec ceux qu'on apprécie et de leur offrir des présents". Ce qui avait provoqué chez l'alien une moue dubitative. Donc, pour célébrer la naissance de ce "Krisst", ils s'offraient des choses. Pourquoi pas. Ce n'était pas la première fois que les traditions terrestres étaient étranges, voir stupides. Encore que, elle ne pouvait pas entièrement juger. Certaines familles de Palaven fêtaient l'Adahunum, ce qu'on pouvait traduire par "Le Don". Il s'agissait de remercier les esprits des Ancêtres pour ce qu'ils avaient laissés à leurs descendants. Si une partie de la journée était destinée à honorer la mémoire des morts et à faire des offrandes à l'esprit de la Famille, le reste pouvait être consacré à remercier les proches de leur présence et de ce qu'ils faisaient pour nous. Certains traduisaient leur gratitude par des présents utiles, afin que celui qui le recevait puisse se remémorer les remerciements. A une époque, la plupart des cadeaux étaient des armes. De nos jours, ceux-ci pouvaient prendre différentes apparences, l'important étant qu'ils ne soient pas destinés à prendre la poussière dans un coin.
    Inutile de dire qu'Aper ne l'avait plus fêté depuis un moment. Enfin, si. Les offrandes, elle avait continué de les faire. Le reste... Non. Plus depuis un moment. Bien sûr, maintenant que Vindex était là, elle pourrait toujours y réfléchir. Mais ce genre d'événement nécessitait de bien connaître la personne, sous peine d'offrir quelque chose d'inutile qui serait presque aussi gênant à offrir qu'à recevoir. L'une des raisons pour laquelle ne rien offrir n'était pas perçu comme offensant. C'était même préférable plutôt que d'insulter un proche en lui faisant comprendre qu'on ne se souciait pas tant que ça de lui. Enfin, pour qui n'était pas turien, ça pouvait sembler compliquer. Ca ne l'était pas. Quoiqu'il en soit donc, notre franc-tireuse n'était pas prête à célébrer ses traditions avec quiconque cette année.

    Son thé désormais fini, ayant renoncé à tenter de finir la version dextro-aminé de ce qu'ils appelaient "bûche", la militaire paya ce qu'elle devait et libéra sa place qu'un couple fut bien pressé de prendre.
    Laissant le Salon de thé derrière elle, notre héros fit quelques pas avant de s'arrêter, regardant l'heure sur son omnitech. Début d'après-midi, premier de ses trois jours de permissions, sur demande de sa médecin. Une façon de la forcer à côtoyer ce qu'elle tentait de fuir en général. L'Asari avait bien préparé sa tactique. En même temps, ils étaient nombreux, les retardataires de dernière minute qui cherchaient des présents, à moitié paniqués, cherchant à se rappeler qui voulait quoi et ce qu'ils avaient prévus pour le dîner du lendemain.
    La femelle réussit à se glisser dans la foule, claquant parfois des mandibules de colère alors qu'on se pressait contre elle ou tentait de la pousser. Heureusement qu'elle était grande et d'une carrure sportive, moins noueuse qu'autrefois maintenant qu'elle avait regagné un peu de poids. Elle put se dégager un chemin à grand renforts de grognements, mais intérieurement plaignait les Quariens ou les Galariens qui tenteraient de traverser un tel guêpier. Pour sa part, elle réussit à atteindre une épicerie qui n'était pas trop bondée. Pour cause, elle vendait surtout des produit dextro. Malgré tout, il y avait bien plusieurs humains, dont un qui harassait le vendeur quant à savoir s'il valait mieux offrir tel ou tel vin pour sa petite amie, grande amatrice selon ses dires. Et le vendeur d'expliquer, sur un ton qui cachait à peine sa lassitude, que tout dépendait des goûts de l'intéressée, les deux produits étant totalement différents. On sentait que la journée avait été longue pour lui, et qu'elle le serait encore.
    Prise de pitié, Ravilla décida de s'en mêler. En effet, il était difficile de comparer tant la sélection ne se ressemblait pas.

    - Si j'étais vous, je prendrais les deux.

    Deux regards, l'un interrogateur, l'autre reconnaissant, se posèrent sur elle.

    - Comme Monsieur vous le dit, ce n'est pas la même chose. Donc, si vous prenez les deux, il y a de grandes chances qu'elle en apprécie au moins un. Au mieux, les deux.

    Le mâle regarda ses bouteilles et acquiesça à l'idée, payant pour les deux.

    - Merci. Je ne m'y connait vraiment pas en alcool quarien ou turien. Ce n'est pas faute de vouloir en apprendre plus, mais sans pouvoir goûter, c'est difficile. Enfin, que voulez vous, la galaxie aime la diversité!

    Il lui fit au revoir en souriant, puis parti avec ses biens. Déjà, le vendeur était en train de conseiller un couple dont le très bon ami turien venait passer le réveillon avec eux. Et ils cherchaient des équivalents. Aper se détourna d'eux, préférant faire défiler du bout de la griffe le catalogue qu'un moniteur présentait. Elle cherchait de quoi boire pour ce soir. Aller au bar finissait par lui coûter cher et elle appréciait de boire un peu devant un bon livre ou un film. Mais rien ne la convainquit vraiment. Elle défila encore un peu et s'arrêta soudainement devant l'article que le logiciel lui proposait. Ca ne l'intéressait pas vraiment elle, mais elle connaissait quelqu'un qui pourrait être heureux de le recevoir. Ses griffes tapotèrent sur le comptoir tandis qu'elle réfléchissait. Oui, cela ferait sans doute plaisir à Xern. Mais elle ne voyait pas pour quelles raisons elle pourrait lui offrir. Certes, bien des gens diraient "Sans doute parce que tu es un peu son amante et que vous vous connaissez depuis quatre ans maintenant. Est-ce qu'il te faut vraiment une raison?". Mais ce n'était pas si simple.
    Dans ses relations amoureuse, notre turienne s'était toujours jurée de ne jamais rester en contact avec ses amants. Xern... Et bien, le pirate avait été la seule exception à la règle. Sans doute parce qu'il n'était pas seulement attirant physiquement, mais que sa personnalité l'était aussi. Il avait été le seul qu'elle avait accepté de revoir, de temps à autre, se limitant à de brefs contacts dans un premier temps, pour finalement aller jusqu'à le contacter un peu plus régulièrement, voir même lui demander quelques services, comme lorsqu'il avait fallu aider Kori et Naki à Oméga il y a un mois et quelques de cela. Au final, elle en était arrivée à le voir autant comme un amant que comme quelqu'un sur lequel elle pouvait compter.
    Pensive, la militaire s'amusa à faire descendre et remonter les choix. Certes, la saison était aux présents. Mais en offrir un au turien... C'était une façon de le remercier pour l'aide qu'il lui avait apporté sur Oméga, mais aussi pour ce qu'il avait fait pour elle ces dernières années. Ce n'était que partiellement utile. Voir même pas du tout. Allait-elle prendre le risque de froisser son amant? D'un autre côté, cela prouverait si oui ou non elle le connaissait aussi bien qu'elle le pensait. Et puis, cela lui ferait renouer avec l'Adahunum, même s'il s'agissait d'une tentative loupée. Une autre façon de laisser le passé derrière elle...

    - Je vous l'emballe?

    - Pardon?

    - Votre achat, je vous l'emballe?

    Interloquée, la sniper regarda le vendeur, puis l'écran, avant de revenir sur le vendeur pour instantanément repartir fixer le moniteur. Alors qu'elle jouait en réfléchissant à quoi faire, elle avait réussir à appuyer sur "acheter" et confirmé le choix sans s'en rendre compte. Les crédits avaient été prélevé automatiquement de son omnitech et le vendeur, emballage à la main, n'attendait plus que l'ordre. Oh... Et bien, au moins, elle n'avait plus à hésiter.

    - Emballage oui. S'il vous plaît.

    Petit signe de tête affirmatif avant que l'employé ne se mette à l'ouvrage. Ses gestes trahissaient son habitudes, de même que le rouleau de papier vide derrière le comptoir, un autre tout juste ouvert pour l'occasion.

    - Si la personne est connaisseuse, je pense que cela lui fera plaisir. C'est un beau coffret d'une très bonne qualité.

    Il tendit le sac avec un sourire. La femelle l'attrapa, répondant à sa mimique, d'un air sûr.

    - Je le pense aussi. Bonne journée à vous Monsieur.

    Alors qu'elle quittait les lieux d'un pas presque léger, elle échangea une série de message avec Xern, accordant d'un rendez-vous pour le lendemain sur Illium.
    Ce n'est que plus tard dans la soirée qu'elle pesta, se rendant compte qu'avec tout ça, elle en avait oublié d'acheter sa propre bouteille.


    Illium - 24 Décembre 2199




    Bien que la journée ne laissait place au début de soirée, Nos Astra était encore bouillonnante d'activité. Les magasins n'étaient pas encore fermés, et c'était même à se demander s'ils le seraient à un moment. Il y avait fort à parier que non. Parmi les personnes, on pouvait retrouver les grosses pontes qui passaient des accords commerciaux à plusieurs zéros et d'autres, comme sur la Citadelle, qui cherchaient des présents à offrir pour ce soir à leurs amis, leur compagne ou compagnon, ou pour de la famille. Les retardataires étaient partout. Il y avait même des Asaris qui, ayant appris l'arrivée inopinée d'invités imprévus, cherchaient un petit quelque chose. C'était amusant de voir à quel point le simple fait de côtoyer des humains pour quelques années laissait à certaines d'entre elles de célébrer des fêtes qui n'étaient pas les leurs. Enfin, amusant aux yeux d'autres que notre Ravilla. Car elle était occupée à autre chose.
    Pestant quelque peu, elle rajustait les lanières de ses chaussures qui venaient de se défaire. Elle commençait déjà à regretter. En même temps, quelle idée avait-elle eu de choisir une telle tenue? Passe encore les chaussures, mais la robe... Bon sang, comment quelqu'un qui haïssait les robes pouvaient en avoir plus de deux dans ses affaires? Elle ne le comprenait pas elle même. A croire que c'était une sorte de complot mystique à laquelle son compte en banque participait volontiers. Et elle même. Encore que, elle avait le goût de les choisir dans l'esprit des robes traditionnelles. Aux couleurs rouges et grises pour celle-ci. Elles n'étaient pas constituées de jupons et jupes dont les femelles d'autres espèces pouvaient raffoler. Non, elles étaient pratique, que ce soit pour cacher une arme ou pour pouvoir courir et se battre.
    Elle finit par vaincre les bandelettes de cuir et les assembla à nouveau, cette fois-ci assez fermement pour qu'elles ne puisse plus bouger à moins de les défaire. Bien. Heureusement que Nos Astra comprenait des petits parcs artificiels et surtout des bancs. Le ridicule en était quelque peu atténué. La franc-tireuse ramena le paquet à côté d'elle, puis jeta un oeil sur l'heure. Tout était dans les temps. Xern ne devrait plus tarder à venir. Elle avait réussi à réserver une table dans un petit restaurant pour commencer. Passant une main sur son visage, la femelle poussa un long soupir. Qu'est-ce qui lui avait pris de faire une chose pareille? Certes, Adahunum supposait de passer un peu de temps ensemble, mais là, elle avait sans doute fait n'importe quoi... Oh, par les Esprits, dans quoi s'était-elle fourrée encore?







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Dernière édition par Ravilla Aper le Mar 17 Fév 2015, 00:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Mer 31 Déc 2014, 19:23
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

- Espèce de chien galeux !

Une bouteille à moitié remplie traversa la pièce pour se fracasser contre un mur et étaler son contenu sur sa surface, pendant qu'une cohue gigantesque avait lieu au cœur du bar. Une scène assez commune pour Omega, certains diraient, et ils n'auraient pas tort en disant cela. Il n'était en effet pas rare que la peuplade qui y vivait et fréquentait ses établissements finissent par se taper dessus, c'était même relativement fréquent, et rien ni personne ne venait empêcher ces événements. Misère et débauche étaient les mots d'ordre sur cette station où la seule loi qui y régnait outre celle d'Aria était celle du plus fort. Il n'y avait pas de place pour les faibles, qui étaient rapidement écrasé par les dominants, qui en tiraient une certaine joie. La plupart des habitants n'avaient rien de mieux à faire que de passer leur temps dans des bars à se saouler, à écumer les rues à la recherche de pugilat ou de drogues à consommer, d'autres encore ne venaient que pour consumer la débauche qu'il y avait à travers les prostituées qui y trainaient. Criminels en tout genre se terraient sur l'astéroïde, fuyant les autorités conciliennes, les pirates en représentant la majorité. Ils étaient d'ailleurs la première source de conflit sur la tristement célèbre station, venant s'y défouler et calmer leurs instincts les plus primaires dès qu'ils en avaient l'occasion. L'alcool coulait alors à flot et, de leur ivresse, naissait alors ce genre de cohue qui habitait à présent le précédemment cité bar. Il n'y avait jamais vraiment de raisons justifiant ces débâcles, tant elles étaient triviales. Un malentendu, un propos déplacé, un geste un peu brusque, il ne fallait qu'un prétexte pour que deux personnes finissent par en venir aux poings, ce qui, par effet de boule de neige, menait le reste des clients présents à se joindre au combat, sans avoir quoi que ce soit à voir avec l'histoire, mais ayant simplement envie de casser quelques dents. C'était là la logique qui habitait les esprits enivrés des habitants d'Omega, aussi ridicule cela pût paraître.

Xern était dans ce bar, dont il avait déjà oublié le nom, entouré de ces deux plus fidèles compagnons, un Turien et une Butarienne répondant aux noms respectifs de Clekar Voras et Arhe Butok. Le trio discutait calmement de divers projets de raids, assis à une table située en plein milieu de l'établissement, îlot paisible entouré d'une violence anodine, rayon de soleil parmi les nuages. Ils avaient l'habitude de ces situations et n'y prenaient rarement part, à moins d'être ivres, ce qui était le cas de Clekar, mais qui restait concentré sur la conversation qu'il tenait avec ses collègues. Il était en effet pour lui plus intéressant de suivre ce qui se disait entre son Capitaine et la Commandante. La saison était la meilleure pour accomplir leur besogne de pirate, il valait donc mieux écouter. Cette époque de l'année était effectivement riche en vaisseaux marchands, étant une période de fête, surtout pour les Humains et les Turiens. Ainsi, les commerçants faisaient le plein de stocks afin de tenir face aux vagues de clients avides de cadeaux à offrir à leurs proches et de bouffe. Une aubaine pour les voleurs, qui voyaient bien là l'occasion de s'enrichir ! De plus, Arhe avait mis la main sur un plan de vol d'une compagnie de bijoux, qui allait faire trois livraisons à travers les Terminus, un choix de qualité pour les pirates, qui allaient s'en mettre plein les poches et s'enrichir plus que d'habitude ! Xern continuait à se demander pourquoi certaines compagnies continuaient de passer dans cette zone de la Galaxie, étant une preuve d'inconscience aberrante, mais ne s'en plaignait pas, bien au contraire.

- Alors on est bon ? demanda le Capitaine. Le 27, on prendra d'assaut le premier cargo avec le Northern Maiden, et...

Il fut interrompu lorsqu'un inconscient brisa une bouteille sur la tête de Clekar, qui ne réagit pas immédiatement, un peu sonné et ses réflexes étant relativement ralentis par l'ivresse. Lorsqu'il prit conscience de ce qu'il venait de se passer, il se leva en hurlant sous le regard amusé de ses collègues et se jeta sur la première personne qui lui tomba sous la main, un pauvre Galarien totalement perdu. La conversation était de toute manière terminée et il était impossible de la reprendre, le Commandant Turien s'étant perdu dans la cohue. Ne souhaitant pas rester plus longtemps en ces lieux, n'ayant pas l'intention de participer au pugilat, Xern se leva en compagnie d'Ahre et se mit en route pour la sortie. Sans aucune peine, l'ex membre de la Garde Noire traversa la foule sans se prendre un coup et sans devoir s'arrêter, chipant au passage une bouteille d'alcool à un Turien qui allait la fracasser sur sa victime et se mettant à la boire, avant de la jeter, dégoûté du goût qu'elle avait. Les coups volaient, les bouteilles s'éclataient contre les murs et sur les têtes, les cris envahissaient la salle, et tout cela résonnait de la mélodie de l'anarchie. A la sortie, il laissa un duo de Vortcha jeter un Butarien par la porte, avant de quitter l'établissement en compagnie de son second.

- Tant de débauche ! déclara Xern.
- Vous vous en plaignez ? demanda la Butarienne, étonée.
- Moi ? Jamais !

Ce fut le Bloody Star, frégate du Capitaine, que ce dernier rejoignit, n'ayant pas l'attention - ce qui était rare - d'aller s'enivrer avec ses hommes d'équipages. Non, pour une fois, il était d'humeur à rester "sage". Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire, mais il était certain qu'il resterait sur son vaisseau. Il rejoignit donc le bar qui se trouvait à l'intérieur et alla se servir un rhum dextro, sa boisson préférée. Deux Humains étaient également présents et jouaient au billard calmement.

C'est alors qu'il allait boire sa première gorgée que Xern reçut un message sur son Omni-Tech. Il l'inspecta et découvrit qu'il s'agissait d'une missive de Ravilla, son amante, bien que le terme fût à modéré, la Turienne n'ayant jamais voulu quelque chose de sérieux, mais bel et bien l'arrangement d'intérêts mutuels. Ainsi, ils n'étaient qu'amants lorsqu'un des deux avait envie de passer la nuit avec l'autre. Si cela n'avait été qu'occasionnel les premières fois, la fréquence de leurs rencontres se faisaient de plus en plus rapide, et l'équipage de Xern avait appris à connaître la femme suite à ses visites répétées. En dehors de cela, ils étaient amis et il arrivait parfois qu'ils se remplissent mutuellement un service. Leur relation n'était donc pas seulement basée sur le sexe, mais aussi sur la confiance et l'amitié. C'était complexe, il fallait l'avouer et ce serait mentir que de dire que le Turien ne se fut jamais perdu à ne pas savoir ce que voulait réellement Ravilla. Mais il ne se plaignait jamais, s'il pouvait se retrouver confus, la Turienne avait l'avantage de ne pas lui prendre la tête. Et puis, il savait qu'elle n'avait pas la vie facile, alors il se montrait compréhensif et patient avec elle.

- Faudrait lui faire un cadeau, capitaine, vu qu'elle vous invite le 24 !

Xern se retourna abasourdi, pour remarquer qu'un des deux matelots Humain était derrière lui et avait vu le message.

- Quoi ? demanda-t-il confus.
- Bah, le 24, c'est la Veille de Noël, m'sieur, c'est la tradition de s'offrir des cadeaux, entre proches, expliqua l'intéressé.
- VOTRE tradition.

L'Humain haussa les épaules et s'en retourna jouer au billard avec son collègue. De son côté, le Turien répondit au message de son amante, acceptant sa demande, bien que le lieu de rendez-vous l'eût mis en doute. En effet, Nos Astra était un peu trop proche de l'Espace Concilien à son goût, mais l'invitation de Ravilla était plus sérieuse que coquine et cela lui suffit pour accepter. Un dîner dans un restaurant. Pourquoi pas ? Cela faisait des années qu'il n'était pas allé dans un de ces établissements, cela ne le tuerait pas de se laisser tenter. Et puis oui, il pourrait lui offrir quelque chose, finalement, vu qu'il s'agissait d'une rencontre un peu plus officielle que les autres. Et, à y penser, ils étaient en pleine période d'Adahunum ! Ravilla était de celles qui croient en les Esprits, lui offrir un cadeau n'était pas quelque chose de trop poussé ; elle n'aimait pas lorsque les choses devenaient trop romantiques. D'ailleurs, Xern possédait déjà un potentiel cadeau pour elle. Il n'avait aucune idée si cela lui plairait ou non, mais il savait que cela se rendrait utile.


***

Nos Astra... Cela faisait longtemps que Xern n'y était pas allé. La dernière fois qu'il y avait mis les pieds, il venait d'acquérir le Northern Maiden. En somme, cela faisait deux années qu'il n'avait pas vu la magnificence de la colonie Asari, avec ses gratte-ciels à la taille titanesque et vertigineuse. La température y était toujours aussi étouffante, mais on accoutumait rapidement lorsque l'on se situait dans les hauts de la ville ; le Turien n'osait pas imaginer la chaleur qui devait régner au niveau des rues et était bien content que Ravilla ait choisi un restaurant suffisamment coté pour qu'ils ne se trouvent pas près du sol. Ce n'était pas pour autant un restaurant de luxe, la Turienne n'était pas de ce genre, n'avait pas forcément les moyens, et avait sans doute conscience que plus le lieu était démarqué, plus son amant était exposé. Elle était en effet une des rares personnes à connaître sa véritable identité, et donc son nom. Xern se faisait communément appeler Némésis, pseudonyme qu'il portait au sein de la Garde Noire, et ne laissait connaître son nom qu'à des personnes de confiance. Ravilla en faisait partie.

Cette dernière lui avait d'ailleurs donné rendez-vous dans un petit parc artificiel dont elle avait donné l'adresse, au grand soulagement du Turien, qui se serait sans aucun doute perdu sans ! Il y avait, pour commencer, une multitude de ces lieux calme et rempli de plantes, les Asaris étant de grandes amatrices de paysage bucolique et "naturels", mais, en plus de tous se ressembler, ils étaient répartis partout dans la mégapole ! Il avait été impératif de ne pas se tromper de gratte-ciel. Xern avait pour l'occasion sorti son plus beau costume, qui était également le seul dans un état décent et présentable. Et puis, l'ambiance étant aux fêtes, il n'était pas déplacé de sortir le 31. Le pirate mis quelques temps à trouver le lieu de rendez-vous, mais finit par s'y rendre. Là, assise sur un banc attendait Ravilla, en robe. En quatre ans, c'était la première fois qu'il la voyait porter un tel accoutrement, et ce n'était pas pour lui déplaire, car il la trouvait magnifique. Il s'approcha d'elle et fit signe de sa présence pour qu'elle le remarque.

« Bonsoir Ravilla, cette robe te va à ravir, sans mauvais jeu de mot ! » lui dit-il en arrivant à sa hauteur. Il hésita un coup, puis se décida tout de même à lui baiser la mandibule. A ce moment là, il hésita entre lui offrir déjà son cadeau, ou attendre de rejoindre le restaurant. Il opta pour la deuxième solution, préférant attendre qu'ils soient installés avant d'en venir à ça. Il ne savait toujours pas si c'était un peu trop, ou si cela ferait plaisir à la femme, mais il finirait bien par savoir au bout d'un moment !

- Alors, où va-t-on ?

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Ven 02 Jan 2015, 00:15


    Les lumières artificielles commençaient petit à petit à remplacer celles naturelles du ciel. Cependant, la température restait importante et il y avait fort à parier qu'elle ne baisserait pas tellement une fois la nuit totalement tombée. La turienne ferma les yeux, appréciant les quelques rayons d'un soleil qui s'éclipsait. Elle avait toujours apprécié la chaleur. A vrai dire, elle n'avait même jamais vraiment expérimenté le froid. La neige, par exemple, lui était inconnue. En même temps, Palaven était une planète aride, et on n'avait jamais pris la peine de l'envoyer sur une planète glaciaire. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. Dans les moments de stress ou de doute, la chaleur l'avait toujours aidé à se calmer. Et en ce moment, c'était ce dont elle avait besoin. Car bien qu'elle tente de ne pas faire mine de, la militaire hésitait entre partir et rester. Non pas que Xern était en retard, ou quoique ce soit, au contraire, mais la femelle se demandait si elle avait eu raison de faire ce qu'elle concevait maintenant comme un geste impulsif. Si, sur le coup, elle avait pris ça comme une façon de laisser le passé derrière elle, d'avancer enfin après une douzaine d'année, elle était désormais en train de se dire que son idée était on ne peut plus mauvaise. Xern et elle se connaissaient depuis un moment et, bien qu'elle ait toujours tenté de ne pas trop s'attacher, il fallait reconnaître qu'elle appréciait sa compagnie. Elle n'avait pas envie de le froisser, mais cela pouvait être le cas. Les présents d'Adahunum représentaient la reconnaissance; plus il était utilisé, plus cela signifiait que celui qui avait offert le cadeau avait à coeur l'amitié, l'amour, ou les liens familiaux qui les unissaient. Au contraire, s'il était destiné à prendre la poussière dans un coin, c'était presque une façon de couper les ponts. C'était aussi pour ça que les turiens ne voyaient pas d'un mauvais oeil de ne rien avoir, au contraire.
    Et ce qu'elle comptait offrir... Elle l'avait fait sur un coup de tête. Sans réfléchir, alors que normalement il fallait plusieurs jours pour peser le pour et le contre, comparer et se décider. Aussi, le turien avait tout les raisons de mal le prendre si elle prouvait qu'elle le connaissait mal. Peut-être... Peut-être qu'elle pouvait lui offrir au nom de ce "Noel"? Ah, comme si c'était crédible de sa part... Elle avait fait des progrès sur la culture humaine et son acceptation, certes, mais pas assez pour réussir à faire croire qu'elle y adhérait, même en partie. Et puis, elle ne pourrait même pas prononcer ces mots. "Bonjour Xern, tenez, un présent au nom d'une fête humaine", ça lui resterait en travers la gorge et elle ne pourrait même pas prononcer les mot après "tenez". Non, l'idée était mauvaise. Il lui restait l'option de la fuite, qui ne lui plaisait qu'en partie, voir même absolument pas. Mais c'était sa dernière option si elle souhaitait que les choses restent comme elles étaient. Elle pouvait toujours prétexter une mission de dernière minute, s'excuser, et lui envoyer des crédits, l'invitant à aller se prendre un verre pour elle qui partait affronter des pirates-mercenaires-gang-diplomates; rayez-la-mention-inutile. Ce serait tout de même lui poser un lapin, mais au moins elle pouvait sortir la carte de l'excuse. Oui, c'était un plan de fuite plutôt intéressant, mais il ne restait plus qu'à l'utiliser. S'il n'était toujours pas arrivé d'ici cinq minutes, alors elle en attendrait encore cinq avant d'envoyer ce message. En pus, le pirate serait en retard, aussi ne serait-elle pas vraiment en tort.

    - Bonsoir Ravilla, cette robe te va à ravir, sans mauvais jeu de mot !

    L'intéressée glissa son regard vers son amant. A l'heure, évidemment. Et dans une tenue qui lui allait bien, même si elle détonnait avec son apparence de tous les jours. C'était la première fois qu'elle le voyait ainsi vêtu et pour cause. Après tout, c'était bien la première fois qu'ils sortaient ensemble en dehors d'Oméga. En général, ils allaient prendre un verre au Purgatory ou explorer quelques coins de la ville tout au plus. Là, sur Nos Astra, chacun était loin de son terrain. Pas de champs de bataille, d'ambiance de caserne pour elle, pas de pillages ou d'équipage faisant la fête pour lui. Ils étaient dans une cité qui respirait un luxe et une classe auquel aucun des deux étaient totalement habitué. D'ailleurs, est-ce que son comparse voyait cela comme un rendez-vous? Et pourquoi, par l'Esprit de la Famille Aper, s'inquiétait-elle tant? Elle connaissait le mâle; il ne s'imaginait sans doute rien. Et elle avait été prête à se défiler comme une pleutre. Il fallait qu'elle se ressaisisse.
    Elle quitta son banc pour faire face à son amant, lui souriant, cherchant à calmer, sans en avoir l'air, le trouble qui l'habitait. Lui aussi sembla hésiter un instant, avant qu'il ne l'embrasse sur la mandibule. Elle lui rendit la pareille, caressant du bout de doigts celle qu'elle n'embrassait pas.

    - Merci. J'ai essayé de prendre celle que je maudirais le moins de la soirée. A vrai dire, si le restaurant n'avait pas une politique stricte, je serais sans doute venue en armure.

    Elle eu un petit sourire coupable.

    - La dernière fois que j'ai été en robe, les choses se sont plutôt mal passées...

    Et pour cause, la dernière fois à laquelle la turienne pensait concernait un bal de charité, un politicien véreux et une assassin Asari. Une histoire à laquelle elle n'avait pas tant envie que ça de repenser. Surtout que l'humain l'avait chargé de faire son sale boulot. Enfin, bref. Ne pas en parler donc.
    Elle se gratta la joue, laissant un petit silence s'installer. Elle se sentait gauche, bien qu'elle tentait d'être aussi à l'aise qu'à son habitude. Mais elle n'avait plus fait ça depuis longtemps. Et elle n'avait pas envie que lui se sente mal à l'aise. Mais vu comment elle s'y prenait, c'était mal parti.

    - Alors, où va-t-on ?

    Xern, ou plutôt "Némésis", comme elle devrait l'appeler en public, semblait prendre les choses comme d'habitude. Il avait bien raison. La femelle sourit doucement. Il n'y avait pas à se prendre la tête, ni à paniquer. Les choses étaient comme d'habitudes, mais juste... Dans un contexte un peu différent. Ils verraient bien ce qui se passerait. Si ce qu'elle comptait lui offrir ne lui plaisait pas, il n'en ferait pas une grande affaire. Ce n'était pas comme si elle avait affaire à un traditionaliste du dernier degré. Tout au plus il la taquinerait un peu sur son mauvais choix. Déjà, elle se sentait plus calme.

    - Par là. J'ai pris quelque chose d'un peu cosy, histoire que nous ne soyons pas dans un établissement trop fréquenté par les grandes pontes du SSC ou de la Hiérarchie.

    Attrapant le bras du pirate, la militaire se mit à le mener dans les rues de la capitale, devant parfois regarder sur son omnitech pour savoir où se rendre. Elle n'y avait jamais mis les pieds auparavant, aussi cela n'avait rien d'étonnant. Et puis, elle appréciait de voir les éclairages, voir même les déclarations que certaines boutiques mettaient en avant. Cela la changeait de la Citadelle. Et puis, même si le luxe ne l'intéressait pas, il fallait reconnaître que c'était plutôt agréable à voir. C'était un peu comme observer une rivière de diamants, ou n'importe lequel de ces bijoux tellement fantasques qu'ils en devenaient immettables; on ne les porterait jamais, mais ils avaient leur charme.
    Au court de cinq à dix minutes de marches, le duo arriva à leur destination. C'était un petit établissement, dont l'enseigne était plutôt discrète face à la débauche de néons d'autres restaurants et la rangée d'arbres qui formait une haie d'honneur ne faisait pas particulièrement ressortir l'entrée. En tout cas, une fois à l'intérieur, le cadre était magnifique. Sobre, il gardait un côté élégant en s'inspirant de la classe Asari, à savoir grâce à des rideaux pourpres et de grandes colonnes. Il y avait même un petit orchestre qui jouait sur une scène, alternant entre musique de fête et d'autres plus classiques. Les tables étaient plus souvent pour deux que pour plus. Rondes, elles étaient assez dispersées pour que l'on puisse discuter calmement sans être entendu de ses voisins, à moins de parler fort. Et puis, de toute façon, le doux brouhaha qui régnait dans la salle rendait difficile toute tentative d'espionnage discret.
    Dans le petit hall d'entrée, il y avait un vestiaire que gérait une Asari, tout sourire, alors qu'un humain jouait les maîtres d'hôtel. Certains qui n'avaient pas réussi à réserver se retrouvaient refoulés. Il leur fallu attendre un peu avant que ce ne soit leur tour.

    - Bonjour, Madame, Monsieur, vous avez réservé?

    - Oui. Au nom de Aper s'il vous plaît.

    Elle avait eu beaucoup de chance. Une table c'était décommandé à la dernière minute et elle avait appelé à peine quelques secondes après l'annulation. Pendant un instant, la franc-tireuse avait même cru qu'elle serait obligée de fêter Adahunum dans la cabine de Xern. Non pas que ça l'aurait gêné, mais les choses auraient été bien différentes dès lors. L'Homme vérifia sur son omnitech avant d'hocher la tête.

    - Bien. Si vous avez des effets personnels, vous pouvez les déposer à notre vestiaire. Une de nos serveuses va arriver pour s'occuper de vous.
    Je vous souhaite une excellente soirée dans notre établissement.


    Aper s'écarta pour laisser la table au couple qui attendait derrière eux. L'alien qui tenait le vestiaire leur fit un sourire encore plus grand qu'auparavant.

    - Madame, Monsieur, bonsoir. Voulez vous que je garde quelque chose pour vous? Votre sac par exemple madame?

    La bleue désigna le sac en tissus que la turienne tenait sans se défaire de sa mine enjouée. Celui qui contenait le cadeau, soigneusement emballé, qui était réservé au pirate. Elle marqua un temps d'hésitation. Elle préférait attendre avant de lui offrir. Après le restaurant, un peu en privé. Enfin, maintenant, la militaire en était moins sûre.

    - Je... Non, ça ira, merci. Je préférerais le garder.

    Au pire, il resterait à ses pieds, ce n'était pas bien grave. Une autre Asari arriva alors, les conduisant à leur table, non loin de la scène. Une place de choix. La chance avait vraiment été à ses côtés.
    Après qu'ils aient pris place, on leur tendit les cartes, puis les laissèrent seuls. Voilà que venait la partie la plus délicate, celle à laquelle Ravilla n'avait plus l'habitude. A savoir tenir une discussion. Elle cliqueta des mandibules, un peu gênée, cherchant quoi dire.

    - J'espère que ça vous plaît. Il paraît qu'ils ont des spécialités turiennes et quariennes incroyables. Et ils ont même adaptés des plats Asaris pour leurs clients dextro.

    Oh Esprits que c'était mauvais... Elle toussota.

    - Et bien... Quoi de nouveau depuis notre dernière rencontre sur Oméga?

    Ca, à la limite, c'était un peu plus normal.







Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Sam 03 Jan 2015, 01:25
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Xern fut étonné de voir que Ravilla ne semblait pas tout à fait à l'aise, chose qui était bien rare, la Turienne étant de manière générale assez en confiance avec son amant. A vrai dire, elle n'était pas du genre à se laisser aller à ses émotions, sauf lorsqu'il s'agissait de ses blessures psychologiques, qui, elles, étaient connues du pirate. Non, ici, elle paraissait hors de son élément, nerveuse presque. Etait-ce la robe ? Il lui avait pourtant dit que cela lui allait bien, compliment qu'il pensait réellement et qu'il n'avait pas juste dit pour faire plaisir à la femme. Ou bien simplement le fait de ne pas être sur Omega ? Il était vrai qu'en quatre années de fréquentations, les deux adultes ne s'étaient jamais vus en dehors de la station pirate ou la frégate du capitaine, mais était-ce là quelque chose qui pouvait si facilement déranger la militaire ? Xern n'était pas de cet avis. Finalement, il se dit simplement que cela devait être dû au fait que c'était bien la première fois qu'ils allaient au restaurant ensemble et qu'elle avait peut-être simplement peur que l'établissement qu'elle avait choisi ne convienne pas au pirate. Elle le connaissait bien et savait qu'il pouvait être difficile par moment, sa prudence quant à maintenir son identité secrète pouvant le rendre très sélectif suivant la situation. Il était vrai que sa peur d'éveiller l'attention de la Garde Noire pouvait le rendre totalement paranoïaque par moment - car il ne fallait pas se leurrer, Xern avait bel et bien peur que son identité soit un jour connue -, mais Ravilla devait savoir que s'il avait accepté de venir jusqu'à Illium pour la voir, c'était bien parce qu'il avait confiance en elle. Elle savait quel danger planait sur sa tête, le fait que la Garde Noire le portait pour mort et que cela devait rester ainsi, et avait toujours joué le jeu en l'appelant par son pseudonyme en public et en s'arrangeant pour ne jamais l'exposer plus que de raison. Elle méritait sa confiance et ne devait pas douter d'elle-même plus que de raison. Bien entendu, tout cela ne reposait que sur la seule hypothèse qu'elle était nerveuse quant à son choix de restaurant. Il se pouvait que ce fût dû à autre chose, mais il était impossible de le dire. Mais il était certain que porter la robe qu'elle portait à l'instant présent ne la rassurait pas plus que cela, le code vestimentaire du restaurant la forçait à porter cette tenue - ce qui n'était pas pour déplaire Xern, qui pouvait mieux apprécier le physique finement entretenu de son amante -.

- Vous devriez mettre plus souvent des robes, cela vous va bien, déclara Xern, en une tentative sincère de mettre un peu plus en confiance la Turienne. Nous nous assurerons que cette soirée vous fasse oublier la dernière !

Puis il se laissa emporter par sa Dame, qui devait elle aussi faire usage de son Omni-tech pour ne pas se perdre, connaissant de toute évidence Nos Astra aussi bien que le capitaine. Elle expliqua sur le chemin qu'elle avait choisi un lieu assez discret, mais "cosy", pour reprendre son terme. Elle avait fait attention à ne pas prendre un lieu trop fréquenté, et cela fit sourire le Turien, qui appréciait l'implication de Ravilla. Peu de gens connaissaient son histoire, ce qui faisait qu'en conséquence, peu de gens prenaient au sérieux sa prudence, qu'ils voyaient comme exagérée, voire paranoïaque. Etre compris de quelqu'un pouvait apporter un certain confort qui lui était des plus agréables, surtout en compagnie d'une personne à qui il tenait comme la Turienne. Xern ne se mentait pas sur le fait qu'il appréciait Ravilla. Si elle avait mis au clair le fait qu'elle ne voulait pas de relation, et ce dès leur première rencontre - et cela ne l'avait jamais dérangé -, il s'était tout de même permis de s'attacher à la femme. Il fallait dire qu'elle était la seule personne qui lui soit réellement proche, ce qui, en conséquence, faisait que le pirate tenait à elle. Il était prêt à accomplir beaucoup de choses pour elle, même si cela n'était pas raisonnable ; il avait toujours été dévoué aux personnes qui lui étaient chères, et la militaire faisait partie de cette catégorie de personnes, assez limitée en nombre depuis la "mort" de Xern.

La recherche du restaurant ne fut pas trop longue, mais dura tout de même quelques minutes, temps pendant lequel l'ex-membre de la Garde Noire se laissa guider par son amante, qui le tenait par le bras, un peu de la manière qu'avaient les Humains de faire ; les coutumes se mélangeaient de toute évidence à travers la Galaxie. Mais lorsque le duo mit enfin les pieds à l'intérieur de l'établissement, Xern fut agréablement surpris de constater que Ravilla avait fait un très bon choix. Sobre mais avec une pointe de luxe, il s'agissait là d'un bel endroit au design propre aux Asari. Très formel, il était évident qu'il fallait une réservation pour prétendre pouvoir manger ici, il y avait même un vestiaire pour les clients, élément que n'offraient pas tous les restaurants. Cela faisait très longtemps que le pirate n'avait pas mis les pieds dans un tel lieu, pas depuis son enfance, en tout cas, et il se demandait si sa partenaire n'en avait pas un peu trop fait cette fois. Il n'allait bien entendu pas s'en plaindre, car l'établissement n'était pas réservé à la haute société et semblait s'accorder à ses exigences et sa prudence, mais connaissant la réputation de Nos Astra, il se demandait bien quelle allait être la facture à tout cela. Il se jura d'ailleurs qu'il ne laisserait pas Ravilla payer le repas. Elle avait déjà dû payer le trajet jusqu'à Nos Astra et avait fait toutes les réservations, il pouvait bien participer un peu à cette soirée autrement qu'en étant présent ! Non, il était exclu de laisser la Turienne payer quoi que ce soit, il lui devait bien ça pour ses efforts.

Ils furent accueillis agréablement par une hôtesse Asari qui leur demanda leur nom de réservation, question à laquelle Ravilla répondit en donnant le sien, tout naturellement. Lorsqu'on lui demanda si elle voulut qu'on la libère de son sac à main, Xern plissa les yeux, quelque peu perplexe. La Turienne n'était pas du genre à s'encombrer d'affaires comme celles-ci et l'aurait bien imaginé chercher à s'en débarrasser le plus rapidement possible. Et puis, elle n'était ni Humaine, ni Asari, elle n'avait pas besoin d'aller se refaire une beauté aux toilettes de temps à autre ; les peintures faciales Turiennes tenaient bien et leur peuple ne se reposait pas sur le maquillage pour définir la beauté d'une personne. Alors, bien entendu, elle pouvait toujours avoir ses problèmes de femmes, mais l'aurait-elle du coup invité sur Nos Astra ? Xern se permit d'en douter. Mais il ne préférait pas se poser plus de questions que nécessaire. Il avait lui aussi quelque chose à cacher, notamment un objet, dans sa poche, qu'il hésitait toujours à offrir à son amante ; son cadeau pour l'Adahunum. Quand devait-il l'offrir ? Ravilla l'apprécierait-il ? Il était en plein doute, mais il n'y avait plus de retour possible, il fallait bien le faire, son honneur l'exigeait. Il n'avait pas pris la peine d'emballer la chose si ce n'était pas pour l'offrir !

On les amena à leur table et leur tendit les menus, avant de les laisser seuls. Encore une fois, la Turienne parut un peu gênée et parla quelque peu du lieu et de ses spécialités pour dextroaminés. C'était effectivement intéressant, les restaurants spécialisés dans le domaine n'étant pas si fréquents que cela à travers la Galaxie. Mais Xern était quelque peu préoccupé par la question du cadeau, trop pour qu'il ne se réjouisse réellement des paroles de son amante, ce qui fit qu'il se contenta de hocher doucement de la tête. Son attention revint totalement sur elle lorsqu'elle toussota avant de lui demander des nouvelles de lui-même depuis leur dernière rencontre.

- Oh eh bien... vous savez... des trucs de pirates quoi ! répondit-il, un peu pris au dépourvu, avant de réaliser qu'il venait de parler à haute voix dans un lieu public. Enfin... les "affaires" vont plutôt bien en cette période de l'année !

Etait-ce là une occasion de faire la transition sur le cadeau ? Xern se dit que oui. Il prit une inspiration, un peu déshabitué à la coutume, et surtout au fait d'offrir quelque chose à son amante, puis reprit :

- L'Adahunum nous arrange bien, on va dire... J'ai... ahem ! J'ai d'ailleurs pensé à vous lorsque j'ai mis la mis la main sur ça !

Il glissa alors la main dans sa poche et en sortit le minuscule paquet qui y trainait depuis son départ de sa flotte. Il posa l'objet devant Ravilla et la laissa s'en emparer, quelque peu intriguée.

- Il s'agit d'un drone de combat, expliqua-t-il, nerveux. Enfin, sa base, il faut l'activer pour le voir, mais... je suppose que vous connaissez. J'espère que vous en trouverez une utilité, bien que ce ne soit qu'un petit quelque chose. Je l'ai testé et il est assez polyvalent, pour un drone.

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Dim 04 Jan 2015, 00:42


    Oh. Xern n'avait semblé qu'avoir peur d'intérêt pour la conversation que la turienne venait de lancer. Pire, il semblait qu'elle l'avait pris au dépourvu et que celui-ci n'avait presque rien écouter à la faible discussion qu'elle avait tenté d'avoir. Dire qu'elle se sentait gênée était un euphémisme. Là où elle aurait en temps normal secoué le mâle pour ne pas l'écouter, voir lui aurait fait la remarque d'un ton grinçant, elle préféra cliqueter doucement des mandibules. Même s'il avait fait semblant, dodelinant de la tête de temps à autre, il avait l'air préoccupé. Et le savoir préoccupé la préoccupait. Etait-ce parce que le rendez-vous était atypique par rapport à ce dont ils avaient l'habitude? Si oui, elle était en droit de mal le prendre. Mais il pouvait y avoir autre chose. Toute cette histoire la stressait trop. Il fallait qu'elle lâche du lest. Notamment en arrêtant de s'inquiéter pour un rien et en se souciant d'avantage de ce qu'il commençait à dire. Au moins avait-il eu la décence de répondre à sa question. En bafouillant, preuve s'il en était qu'il n'avait pas la tête à discuter.

    - Oh eh bien... vous savez... des trucs de pirates quoi ! Enfin... les "affaires" vont plutôt bien en cette période de l'année !

    - Ah.

    Oui, les "affaires". C'était vrai. C'était la bonne période, en plein dedans en plus. Les navires marchands qui traversaient le système, les pillages, tout ça... Parfois, Ravilla se surprenait à se demander comment un telle relation avait pu être possible. Une militaire de la Hiérarchie et un pirate des Terminus, c'était curieux, même pour une simple histoire de coucherie, encore plus pour une quelconque amitié. Certes, chacun se trouvait du charme et malgré les activités de l'autre, il y avait quelque chose qui les poussaient à se revoir, mais il n'empêchait que c'était assez hors-norme. Enfin, là n'était pas la question. De toute façon, si la franc-tireuse trouvait ça si "bizarre", jamais elle n'aurait continué à le fréquenter, encore moins à l'inviter pour passer Adahunum avec lui. Elle aimait à penser que c'était la même chose pour lui. La suite avait de quoi lui prouver ses dire.

    - L'Adahunum nous arrange bien, on va dire... J'ai... ahem ! J'ai d'ailleurs pensé à vous lorsque j'ai mis la mis la main sur ça !

    La femelle cliqueta des mandibules, les yeux légèrement écarquillés. Elle avait prévu de lui offrir quelque chose, certes, mais elle ne s'était pas attendue un seul instant à ce que la chose soit réciproque. C'était même flatteur. Doucement, le bandit des cieux porta la main à sa poche, cherchant un court instant le contenu de celle-ci avant de sortir un petit paquet empaqueté et enrubanné. Immédiatement sa compagne fronça les sourcils. La taille de la boîte avait de quoi troubler. Elle sentit son coeur s'accélérer un peu. Non, tout de même pas? Il n'aurait pas pensé ni osé faire ça? Si c'était le cas, ce serait vraiment... incroyable. Mais elle n'avait jamais osé lui avouer qu'elle mourrait d'envie d'une telle chose. Sans compter le petit prix qu'un de ces bijoux pouvait coûter. Elle avait déjà soupiré plusieurs fois devant l'un d'eux, regardant les prix sur son omnitech avant de grincer des dents.
    Fébrilement, la militaire dépiauta l'emballage, les doigts tremblotant presque alors que ses mandibules cliquetaient d'excitation. Lorsque enfin le papier fut écarté, dévoilant son contenu, les larmes lui montèrent presque au yeux. C'était aussi beau en vrai qu'elle l'avait imaginer. Doucement, elle saisit l'objet comme s'il s'agissait d'un oiseau blessé tandis que Némésis, un peu nerveux, lui expliquait ce que c'était, ce qu'elle savait déjà.

    - Il s'agit d'un drone de combat. Enfin, sa base, il faut l'activer pour le voir, mais... je suppose que vous connaissez. J'espère que vous en trouverez une utilité, bien que ce ne soit qu'un petit quelque chose. Je l'ai testé et il est assez polyvalent, pour un drone.

    S'il avait voulu dire quelque chose après, il n'en eu pas l'occasion. Franchissant l'espace qui les séparait, une main sur la table, son amante l'avait attrapé, attiré à elle et embrassé. Sans vraiment y réfléchir. Et maintenant qu'elle était là, lèvres contre les siennes, il y avait justement de quoi y réfléchir. Comme sur le fait que c'était la première fois qu'elle l'embrassait hors d'un contexte d'intimité. A leur niveau, cela faisait plus partie des préliminaires. En même temps, les "mamours" n'étaient pas pour eux. En tout cas, c'était toujours ce que la femelle avait cru, notamment sur elle même, jusqu'à ce qu'elle se retrouve à se laisser aller. Elle avait cependant une excuse.
    Relâchant l'homme, elle toussota, une légère teinte de bleu aux joues. Ce n'était pas le moment de se laisser déstabilisée. Il fallait même plutôt qu'elle réussisse à se rattraper. Notamment en faisant comme si rien ne s'était jamais passé.

    - Merci. Je suis vraiment touchée de voir que vous vous préoccupez de moi à ce point. J'ai toujours rêvé d'un drone!

    Un léger toussotement se fit entendre. La serveuse Asari était revenue et venait de tenter d'attirer leur attention; avec succès. Faisant comme si elle ne venait pas d'être témoin de la scène qui venait de se dérouler juste sous ses yeux, elle leur demanda avec le sourire s'ils voulaient boire quelque chose et s'ils s'étaient déjà décidés.

    - Non, pas encore. Cependant, je vous prendrais bien un apéritif s'il vous plaît. Quelque chose de fort.

    - Bien sûr. Nous avons des cocktails dextroaminés en page...

    - Quelque chose de fort. Merci.

    Le ton avait été assez autoritaire pour que l'Asari comprenne le message. Qu'importe ce qu'elle lui servirait tant que le degré d'alcool dépasserait les 18°, voir même les passerait. Après avoir pris la commande de Xern, la serveuse leur fit un petit signe de tête et s'en alla, laissant à nouveau le duo seul.
    Encore rêveuse, Aper caressa du bout des doigts la base du drone. Son cadeau paraîtrait ridicule en comparaison. Le pirate s'était sans doute donné la peine de réfléchir à ce qui pourrait lui plaire, lui. Elle... Bon sang, elle avait fait ça sur un coup de tête. Plus que jamais elle regrettait son impulsivité. Mais maintenant que c'était fait... Le bleu lui revint au joue alors qu'elle attrapait son propre paquet.

    - Ecoutez je... J'ai aussi pensé à vous. Mais en moins bien, j'en ai peur. Enfin, je l'ai vu et je me suis dis que ça pourrait vous faire plaisir.

    Elle fit glisser le cadeau de la taille d'une petite boite sur la table. Bien, c'était le moment où jamais de tenter de réduire au maximum l'insulte qu'elle allait faire.

    - Je sais que vous n'êtes pas traditionaliste mais. Mais si ça ne vous plaît pas... Faites comme si je vous l'offrait pour une autre occasion, s'il vous plaît. Je ne tiens pas à ce que nos relations soient brouillées à cause d'un choix imbécile.

    Elle lui laissa le temps de découvrir ce que c'était avant d'expliquer. Elle se sentait gauche et maladroite. Et cet état de faiblesse l'agaçait. La turienne préféra se concentrer sur le déchiquetage minutieux des restes de l'emballage du drone, histoire de garder un minimum de contenance. D'ailleurs, elle était en train d'en faire des confettis. La base, quand a elle, était déjà accrochée sur la ceinture de sa robe. En attendant qu'elle puisse la mettre sur son armure.

    - C'est un coffret des cinq meilleurs rhums de la galaxie. Il y a aussi des verres en cristaux. J'ai hésité à les faire graver mais... Je ne savais pas quoi mettre.

    S'il vous plaît, ne vous moquez pas.


    Elle ne savait plus où se mettre, son visage en partie caché par sa main.

    - Ecoutez, si tout ça vous dérange, on peut arrêter les frais là, aller dans votre cabine, s'envoyer en l'air et continuer comme avant que je ne décide de vous inviter ici. Je n'ose même pas imaginer ce que vous devez penser de moi....

    Soupire. Elle ne savait même plus ce qu'elle disait.







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Dernière édition par Ravilla Aper le Lun 16 Fév 2015, 23:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Dim 04 Jan 2015, 21:49
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Xern était relativement nerveux lorsqu'il observa Ravilla s'emparer du cadeau. En effet, cela faisait une éternité qu'il n'avait rien offert à qui que ce fût, et, de plus, cela faisait d'autant plus longtemps qu'il n'avait pas offert de cadeau à une amante. Sachant que la Turienne était la seule femme qu'il avait réellement fréquenté depuis sa "mort" au sein de la Garde Noire, il ne comptait absolument pas la perdre, et encore moins à cause d'une maladresse comme un cadeau mal choisi. Il n'avait même pas acheté ce cadeau et s'en sentait d'autant plus ridicule, sachant que cela pouvait être vu comme une manière de se débarrasser d'un objet qu'il n'appréciait guère - ce qui n'était bien entendu pas le cas, et il n'allait pas s'amuser dire à la femme qu'il s'agissait d'une pièce obtenue lors d'un raid -. Il avait franchement honte d'offrir un objet qu'il n'avait pas acquis légalement, c'était presque un manque de respect, ce n'était pas correcte, et Ravilla n'apprécierait sûrement pas de recevoir un cadeau qu'elle n'est pas sensée avoir, appartenant à quelqu'un d'autre. Il avait envie de s'enterrer, d'arracher le colis des mains de la Turienne et le jeter loin, pour qu'elle ne sache jamais ce qu'il fut. Il avait l'impression d'avoir fait une terrible erreur et s'enfonçait encore plus dans la honte lorsqu'il se rendit compte du cinéma qu'il se fait dans sa tête. Pourquoi réagir comme ça ? Ce n'était qu'un drone, et Ravilla ne savait même pas qu'il avait été volé. Et puis, le cadeau s'accordait à l'esprit de l'Adahunum, il n'y avait pas de quoi s'affoler, elle ne le prendrait de toute manière pas mal. Elle aimait les armes et tout ce qui s'en approchait, le présent s'accordait à ses goûts, il devait se réjouir de sa réaction, plutôt que de la craindre ! Xern ne pouvait s'expliquer son comportement. A vrai dire, il avait observé qu'il se comportait de plus en plus comme un imbécile avec la Turienne, et il se demandait bien pourquoi. Des fois, il se demandait s'il n'avait pas développé une affection trop forte pour elle. Il pensait pourtant être maître de lui-même, il pensait que les conditions imposées par son amantes suffiraient à établir une limite qu'il saurait ne pas franchir. L'avait-il pourtant fait ? Avait-il commis la faute de ne pas respecter les termes de son "contrat" avec la femme ? Il 'osait y penser, il n'osait pas vérifier si cela était vrai, on si ses craintes étaient infondées. Et ce n'était pas le moment, il était au restaurant, il devait rester fort et droit, il ne devait pas se laisser aller à la panique.

Et puis la peur fit place à l'étonnement lorsque, contre toute attente, la joie se dessina sur les traits de Ravilla, qui sauta pratiquement de joie face à l'offrande que lui faisait son amant. Xern n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, ni le temps d'assimiler ce qu'il venait de se passer, car la femme était déjà sur lui à l'embrasser, ce qui étonna fortement le pirate, qui ne l'avait jamais vue agir ainsi. En effet, les baisers avaient toujours été quelque chose qu'ils ne s'offraient que lors de leur nuit enragées, et jamais autrement. C'était le premier qu'ils partageaient de manière gratuite, et non opportuniste. Il fallut que Ravilla se rassit et reprenne la parole pour que le Turien revienne sur terre, toujours l'air un peu béat face à ce qu'il venait de se passer ; il ne comprenait plus vraiment la situation. Elle le remercia de son cadeau et fut interrompue par une Asari, venue prendre les commandes du couple. Lorsqu'il dut donner son choix de boisson, Ravilla ayant clairement fait comprendre à la serveuse que ce n'était pas le bon moment, il bredouilla simplement un « Du rhum s'il vous plait ».

Mais la surprise de Xern s'accentua lorsque son amante lui avoua avoir également un cadeau pour lui, ce à quoi il ne s'était vraiment pas attendu. Il la savait animiste, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle décide de lui offrir quelque chose en cette soirée ; elle ne l'avait jamais fait avant, il n'avait pas pensé qu'elle le ferait cette fois-ci non plus. Le hasard avait fait qu'ils avaient eu la même idée, et il ne tombait pas mal, bien au contraire. Le pirate laissa donc la Turienne sortir un colis de son sac à main - ce qui expliqua pourquoi elle avait voulu le garder - et s'en empara lorsqu'elle le lui tendit. Elle chercha à trouver de petites excuses pour qu'il acceptât le présent, comme si elle s'attendait à ce qu'il le refuse, mais ne répondit rien, se concentrant sur le déballage de ce qui était une boîte. Alors qu'elle expliqua ce dont il s'agissait, il put découvrir à la même occasion ce que renfermait la petite caisse. Il s'agissait de cinq petites bouteilles de rhum, les meilleurs de la Galaxie aux dires de la Turienne. Xern resta quelques secondes silencieux face au cadeau de son amante, ne sachant quoi dire. C'était un très beau geste de sa part ; elle avait toujours connu son amour pour le rhum, mais il n'aurait jamais imaginé qu'elle irait jusqu'à lui offrir les meilleurs existants. Cela avait dû lui coûter une fortune !

Elle dit alors quelque chose de très étrange à propos de partir maintenant et rejoindre sa frégate pour faire ce qu'il faisait toujours - coucher -, visiblement extrêmement gênée et prête à fuir la situation à tout prix. Xern fronça les sourcils et posa la boîte sur la table, avant de prendre la parole :

- Qu'est-ce que vous dites ? Ce cadeau est parfait, je ne peux pas demander mieux et ça me touche franchement que vous ayez pensé à me faire ce plaisir. Ce que je pense de vous ? Vous êtes définitivement la femme la plus étrange que j'aie connue pour m'offrir quelque chose comme ça sans m'aimer, mais vous êtes surtout la personne à laquelle je tiens le plus dans cette Galaxie, peu importe la nature de notre relation. Je n'oserai pas me moquer de vous, même si le cadeau avait été ridicule. Or, il ne l'est pas, bien au contraire ! Alors vraiment, merci.

La serveuse revint, un verre dans chaque main, qu'elle posa à l'intention des deux Turiens. Xern la remercia et la laissa partir. Il prit son verre en main et le leva vers Ravilla.

- A nous, à l'Adahunum, dit-il avant de boire son verre. Bon, et la bouffe ?

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Mar 06 Jan 2015, 01:38


    Ses griffes frottaient nerveusement contre sa cuisse nue. Elle avait l'impression d'avoir le coeur au bord des lèvres et avait soudainement trouvé un intérêt peu commun au papier qu'elle venait de déchiqueter. C'était impensable. Elle qui avait déjà affronté des situations où elle avait failli mourir, voir même son équipe par moment, elle qui avait combattu lors de la Guerre, la voilà qui était prête à fuir. Pour la seconde fois depuis le début de cette rencontre. Bien que techniquement sa deuxième tentative ne soit pas vraiment une fuite mais une proposition. Comme une façon d'empêcher que les choses se passe, que tout reste comme maintenant. La grande question qu'on pouvait penser était: qu'est-ce qu'elle craignait? Elle avait toujours été claire avec le mâle. Elle ne voulait rien de sérieux, des rencontres qui se cantonnaient à des parties de jambes en l'air et rien d'autre. Sauf qu'elle avait elle même trahi ses principes. C'était elle qui avait demandé de l'aide à Xern sur Oméga, avec les petits. C'était elle aussi qui l'avait invité ici, comme si c'était une chose normal. Et quand bien même elle ne se souvenait pas de qui avait lancé le principe. Ce qui état sûre ce qu'elle ne l'avait pas interrompu lorsque leurs échanges étaient devenus plus fréquents et même quasi anodins. Au final, celle qui voulait se cantonner à des relations purement physique s'était elle même piégée à autre chose.
    La militaire s retint de rire intérieurement. Le pirate la trouverait sans doute stupide s'il le savait. Même si ça avait été elle celle qui avait instaurer leurs règles, ce serait lui qui pourrait les empêcher d'être trop bafouées. Elle aussi, bien sûr, mais peut-être un peu moins. Encore que. La femelle n'aurait jamais pensé que son amant puisse lui offrir quoi que ce soit. Pourtant il l'avait fait. Peut-être qu'ils n'étaient au final que deux irrécupérables imbéciles. D'un côté, cette idée la faisait sourire. De l'autre, elle l'effrayait un peu. Mais il restait une possibilité. Celle que le bandit des cieux soit d'accord pour ne rien continuer. Il était tout à fait possible qu'il ne lui ait offert quelque chose que par politesse, prenant modèle sur les humains. Ou juste parce qu'ils couchaient ensemble et qu'il avait à coeur leurs parties de jambes en l'air. Ah. Elle n'arrivait pas à se convaincre elle-même de cette possibilité. Elle avait finit par trop bien connaître le turien. Ce n'était pas son genre. Il avait même un côté un peu "fleur bleue". Non, dans le cas contraire, il lui aurait plutôt offert une tenue sexy ou quelque chose dans ce ton. Pas un drone de combat aussi perfectionné.

    Si elle continuait à s'interroger, l'intéressé ne tarda pas à faire savoir son avis.

    - Qu'est-ce que vous dites ? Ce cadeau est parfait, je ne peux pas demander mieux et ça me touche franchement que vous ayez pensé à me faire ce plaisir. Ce que je pense de vous ? Vous êtes définitivement la femme la plus étrange que j'aie connue pour m'offrir quelque chose comme ça sans m'aimer, mais vous êtes surtout la personne à laquelle je tiens le plus dans cette Galaxie, peu importe la nature de notre relation. Je n'oserai pas me moquer de vous, même si le cadeau avait été ridicule. Or, il ne l'est pas, bien au contraire ! Alors vraiment, merci.

    Si elle sentit le bleu lui monter aux joues, la franc tireuse fit de son mieux pour ne rien laisser paraître. Ses mandibules cliquetèrent doucement en quinconce tandis qu'elle cherchait quelque chose à dire. Elle fut finalement interrompue par l'arrivée de la Serveuse, laquelle déposa devant eux leur commande respective. Un coup d'oeil à son verre l'informa que l'Asari avait respecté ses instructions. Pendant un instant, elle se demanda même si on ne lui avait pas servi du Ryncol. Non. Ça ne devait pas être la politique de la maison que d'assassiner ses clients. Et puis l'odeur ne lui détruisait pas assez l'odorat pour que ça soit ça. Non, il était plus probable qu'il s'agisse d'un alcool auquel elle n'avait encore jamais goûté. En tout cas, ça sentait un peu le réglisse. Agréable. Très même.
    Face à la militaire, son amant leva son verre, l'invitant à trinquer. Elle fit de même, penchant légèrement le réceptacle en sa direction. Le liquide noir lécha doucement les bords en cristal sans pour autant déborder.

    - A nous, à l'Adahunum!

    L'intéressée ne répondit pas, se contentant d'hocher doucement la tête. "A nous"... La sonorité de cette phrase lui était étrange. Surtout pour ce qu'elle semblait impliquer. Pourquoi les choses tendaient à devenir si compliquées désormais...? D'autant plus que le mâle ne semblait pas réticent à l'affaire. Sauf qu'il semblait oublier que leur voie respective avait de quoi les séparer. Par les Esprits, il avait bien dit "Qu'importe la nature de notre relation", non? C'était une preuve ou non? A force de s'inquiéter, tant sur elle que sur lui, elle n'en finirait pas. Il fallait mettre les choses à plats. Réaffirmer la neutralité de leur relation et...
    Ses yeux croisèrent les siens. Non, elle n'en avait pas la force. Ni même la volonté ou l'envie. Oui, elle se mentait à elle-même sur certains points et elle le savait. Mais il fallait bien que l'un des deux garde la tête sur les épaules... Cependant, pas ce soir. Ils allaient en profiter. L'Adahunum était une soirée un peu hors du temps. Alors, pour la première fois depuis longtemps elle allait se permettre certaines choses. Ils auraient bien le temps de mettre les choses à plats plus tard. S'il y avait de l’ambiguïté durant la nuit... Qu'il reste. Voir même qu'ils le cultivent. Ce serait sans doute la seule fois où ils pourraient en profiter.
    La turienne se sentit un peu plus légère à cette idée. Attrapant la carte, elle commença à entamer une discussion plutôt joyeuse sur un peu tout et n'importe quoi... Et surtout, étrangement, sur les armes, un sujet qui semblait les passionner tous les deux. Le reste du repas se passa tranquillement sans qu'aucun sujet vraiment "fâcheux" ne viennent sur la table. Quant aux plats en eux-même, ils furent délicieux. Si Ravilla n'était pas une fine cuisinière (à vrai dire, c'était même un peu catastrophique), elle avait assez de culture culinaire pour savoir ce qui était bon et ce qui ne l'était pas. Et fichtre que ce qu'elle avait pris l'était! L'alcool qu'on lui avait servi lui avait bien plu, mais pas au point de courir après. Sympathique, tout au plus. Heureusement que le vin qu'on leur servit tout au long du dîner était meilleur. Si le dessert fut divinement sucré comme il le fallait, l'addition fut elle plus amer. Les deux amants avaient commencé à hausser le ton lorsque la question de la payer se présenta. Némésis, grand romantique, avait voulu tout payer, imposant son choix comme étant non négociable. De son côté, la militaire se sentait offusquée par la proposition. Après tout, c'était elle qui l'avait invité et elle n'avait pas l'intention de le laisser débourser le moindre crédit. D'autant plus que son héritage familial ainsi que de nombreuses payes non dépensées l'attendaient gentiment dans son compte en banque. Ce n'était rien qui risquaient de la mettre sur la paille. En tout cas, ils finirent pas trouver un terrain d'entente lorsque la serveuse leur proposa de partager la note. Ainsi, chacun était invité par l'autre et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. L'idée eut l'exploit de faire retomber les tensions et ils purent quitter l'établissement sans être vexés. En tout cas pour notre franc tireuse.

    Dehors, la nuit était encore chaude et agréable. Le ciel normalement obscur était éclairé par les néons de la ville, brouillant leur sens quant à l'heure exacte qu'il était. Sans consulter un omnitech, on pouvait se demander si le soir était encore jeune ou non. En tout cas, qu'importe le moment exact qu'il était. Aper fit signe au pirate de la suivre. Si elle ne connaissait pas les ruelles de Nos Astra, au moins avait-elle un très bon sens de l'observation. La sniper se souvenait qu'ils étaient passés près d'une petite terrasse/jardin public dont la vue donnait sur l'ensemble de la planète et des autres immeubles gigantesques. Un endroit charmant et tranquille à ce moment. C'était presque s'il n'y avait pas un chat. Sans doute qu'il n'était pas si tard que ça et que les gens fêtaient encore leurs fêtes traditionnelles.
    Tranquillement, la femme s'accouda à la barrière, levant le nez pour apercevoir le firmament. Pas une seule étoile n'était visible à cause des lumières artificielles. Dommage. Elles étaient plaisantes à voir.
    A côté d'elle, elle sentit la présence de Xern, sans même avoir besoin de poser les yeux sur lui. Elle préféra même les fermer pour profiter d'une brise légère. La soirée avait été sympathique, bien que pleine de malaise et de doutes. Mais elle pouvait tenter de les chasser. Après tout, n'avait-elle pas dit qu'Adahunum était un peu hors du temps? Elle pouvait se laisser aller un peu. Et attendre demain pour faire comme si rien n'avait jamais été fait.
    Ses yeux d'or glissèrent sur le côté tandis qu'elle observait le mâle. Elle avait passé une partie du dîner à se demander ce qu'elle pourrait faire ou dire. Elle avait eu même des idées tellement mièvres dont même des holo du genre de "Flotte et Flottille" ne voudraient pas comme dialogues. Elle avait cherché des scénarios, des idées, avait hésité sur la façon de le dire et comment. Puis elle s'était rendue compte que ce n'était pas elle. La jeune turienne qui battait des cils avec le bleu aux joues ou qui attendait qu'on parle pour elle. Non merci. Il y avait des choses qui se faisaient à l'instinct. Ca tombait bien, elle marchait beaucoup à l'instant.

    Un pas la rapprocha de Xern. Un second lui permis de se coller à lui alors qu'elle passait une main derrière sa nuque, l'autre allant trouver de quoi s'agripper près de ses hanches. Et elle l'embrassa. Doucement, quelques secondes. Ses mandibules cliquetèrent doucement contre les siennes. Après quoi elle préféra se blottir dans les bras du pirate, posant sa tête sur le torse du pirate, pour ne pas le regarder dans les yeux.

    - Merci. Pour tout.

    Oui, c'était tout de même ridicule. Et un peu fleur bleu. Mais c'était Adahunum. Alors elle avait le droit. Juste pour cette fois.







Spoiler:
 


Dernière édition par Ravilla Aper le Lun 16 Fév 2015, 23:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Dim 11 Jan 2015, 15:45
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Le choix du repas avait été quelque peu difficile à prendre pour Xern, car la variété de plat étant assez considérable. Le restaurant était spécialisé dans les mets destinés aux dextroaminés, et s'amusait même à refaire des recettes de levroaminés avec des ingrédients destinés aux dextro, de manière à ce que Quariens et Turiens puissent ainsi profiter de la cuisine d'autres espèces, telles que celle des Asari, des Galarien ou des Humains encore. Le menu était donc consistant et offrait une variété de spécialité étrangère qui avait de quoi donner le tournis. Le pirate ne savait pas quoi prendre. On lui avait souvent vanté les mérites de la cuisine asari, et surtout cette particularité qu'elles avaient de mettre un peu d'ézo dans leurs plats pour intensifier les saveurs de leurs ingrédients, mais il fallait aussi admettre que la cuisine humaine avait de quoi donner envie aussi. On lui avait longtemps assuré que leurs fameuses pizzas étaient probablement l'une des meilleures recettes de la Galaxie, ce qui était bien évidemment subjectif, mais la présence de l'une d'entre elle dans la carte avait de quoi donner envie. Et puis, il y avait toujours les plats turiens, qu'il savait fiables. Les spécialités galariennes, de leur côté, ne lui donnèrent pas vraiment envie, de par la présence d'insectes dans leurs recettes. Mais, n'ayant pas toute la soirée pour réfléchir, et ne désirant pas perdre du temps à débattre intérieurement, Xern finit par choisir au hasard un plat, qui se dévoila être la seule spécialité drelle du menu. La surprise allait donc être totale, car le pirate n'avait jamais entendu parler de la cuisine des natifs de Rakhana. Cela allait être une découverte, pour le meilleur, ou pour le pire.

La durée du repas fut impossible à estimer, et Xern n'avait pas envie de le savoir ; c'était un détail qui ne l'intéressait pas. Tout ce qui comptait était le fait que ce moment partagé avec Ravilla fut des plus agréables, aucun hic n'étant venu s'intégrer à la conversation pour relancer un débat houleux ou bien simplement dégrader la qualité générale de la soirée. Et puis bon, parler d'arme était une valeur sûre qui intéressait les deux adultes, qui pouvaient traiter ce sujet pendant des heures sans s'interrompre. Et puis, il fallait ajouter à cela le plat qu'il avait choisi. Etrange, il n'en avait pourtant pas été mauvais, loin de là. Il s'était tout simplement révélé être différent de tout ce que le Turien avait pu imaginer. Les saveurs lui avaient été inconnues, les ingrédients aussi, mais pour un résultat favorable qui convainquit son consommateur qu'il reviendrait peut-être un jour dans ce restaurant... s'il revenait un jour sur Illium. Car il fallait tout de même admettre que ce n'était pas là sa destination de prédilection ; la colonie était trop proche à son goût de l'Espace Concilien, et il n'aimait pas cela. Mais, aujourd'hui, il se permettait le risque, il en avait envie, et l'occasion était unique. En effet, ce n'était pas tous les jours que Ravilla l'invitait à faire quelque chose, et c'était, de plus, la première fois qu'elle l'invitait ailleurs que sur Omega, dans un restaurant, de surcroît. Cela aurait été quelque peu insultant de sa part de laisser guider par sa paranoïa et refuser à la Turienne cette petite folie qu'elle s'était accordée. Et puis, elle avait eu l'air tellement nerveuse en début de soirée, qu'il était fort à parier qu'elle s'en serait voulu d'avoir demandé à son amant d'aller faire quelque chose de plus exotique, ailleurs que sur la station pirate. Non, il avait fait le bon choix, il le savait et ne le regrettait pas du tout. Et puis, cette soirée avait été aussi sujette à quelques nouvelles expériences pour les deux Turiens ; ils s'étaient offert mutuellement un cadeau et avaient tout deux sortis leur plus beau costume C'était à croire qu'ils formaient un couple, bien que cela n'était pas possible avec Ravilla, pour de multiples raison, à commencer par leur affiliation respective, qui les séparait. Il était un pirate, elle était un militaire de la Hiérarchie. Deux univers totalement différent et opposés. Et puis, il y avait également le fait que la femme ne voulût pas de relation avec qui que ce soit. Xern ne s'en plaignait pas, au final, car il n'y avait, finalement, pas de prise de tête.

Puis les deux amants quittèrent le restaurant, souriant et rassasiés. La soirée touchait-elle à sa fin ? Xern ne l'espérait pas. Il vivait quelque chose qui lui était devenu totalement étranger depuis des années. Cela faisait effectivement depuis son entrée à la Garde Noire qu'il n'avait plus eu l'occasion de passer une soirée comme celle-ci, qu'il n'était pas allé au restaurant. Cela faisait six ans. Il avait bien eu une amante depuis, avec qui les choses étaient devenues assez sérieuses, mais leur travail au sein de la garde ne leur avait jamais donné l'occasion de profiter de ce simple plaisir. Et puis, lorsqu'il était devenu pirate, il lui était tout simplement devenu impossible de faire cela, car étant constamment dans l'espace, ou sur Omega, sur laquelle il n'y avait pas de restaurant digne de ce nom. Et puis, il n'avait plus eu la tête à tisser des liens avec qui que ce fût, avant que Ravilla change quelque peu la donne. Alors, en somme, il ne voulait pas que cette soirée se terminât trop vite, il voulait la savourer encore un peu, avant de devoir retourner à la réalité de sa vie de pirate.

Une petite promenade s'en suivit donc, Xern suivant Ravilla, qui semblait savoir où elle allait. Pendant qu'ils marchaient, un silence s'était installé, pendant lequel le capitaine médita un peu sur ce qu'il s'était passé, sur ce qu'il pouvait dire ou faire. Un grand nombre d'idées lui travers l'esprit, mais il les rejeta toutes. Ce n'était non seulement pas lui que de passer son bras sur les épaules de la Turienne, mais, en plus, ce n'était pas lui non plus de faire des remarques mielleuses et dignes d'un film. Il était un romantique dans l'âme, mais pas un niais. Il se contenta donc simplement de rester silencieux en suivant la Turienne, qui l'emmena dans un petit parc qu'il avait remarqué à leur allée vers le restaurant. Là, les deux s'accoudèrent à la barrière encadrant les lieux, qui, eux, donnaient sur la ville. Un petit instant s'écoula, pendant lequel Xern observa les feux de la ville, qui ne semblait jamais dormir.

Et soudain, Ravilla s'approcha de lui, et l'embrassa, passant une main sur sa nuque et l'autre sur ses hanches, avant de le remercier. Le pirate ne s'était pas vraiment attendu à une réaction comme celle-ci de la part de la Turienne. A vrai dire, l'embrasser gratuitement de la sorte n'était pas quelque chose qu'elle faisait. Elle avait toujours considéré leur relation comme un accord commun, un simple deal servant leurs intérêts communs. Or, là, elle se comportait de manière totalement différente à ses habitudes. Elle était toujours la Ravilla que le pirate connaissait, mais... différente. Quelque chose avait changé chez elle. Mais il n'était pas temps de méditer sur les changements de la femme, ce n'était pas à lui de faire des remarques. Et puis, si elle voulait faire évoluer leur lien, était-il vraiment judicieux de souligner ce détail maintenant, alors qu'ils passaient un moment unique et nouveau ? Bien sûr que non.

- Non, merci à toi... répondit-il en passant un doigt sur une mandibule de son amante.

Il resta un moment immobile à fixer son regard ambré de son regard de glace, avant d'ajouter, après une courte réflexion :

- J'ai remarqué une sorte de parc d'attraction sur un autre gratte-ciel. On y va ?

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Lun 12 Jan 2015, 01:32


    Une légère brise chaude soufflait entre les immeubles, murmurante dans la nuit. C'était, avec les échos lointains de la vie urbaine d'une capitale jamais endormie, la seule chose qui pouvait se faire entendre. Le pirate était resté silencieux et Ravilla n'avait pas envie de parler. Ou plutôt, elle attendait. Bien sûr, elle aurait pu dire certaines choses, ne serait-ce que pour meubler le silence. Néanmoins elle aurait ainsi pu empêcher le turien de dire ce qu'il voulait. Peut-être qu'il se sentirait gêné, peut-être que ça serait l'inverse. Sans doute prendrait-il cela comme une invitation. Il pouvait très bien rompre la situation en demandant s'ils ne pouvaient pas s'envoyer en l'air. Ce qui, il fallait le reconnaître, aurait été mal pris par la femelle, quant bien même Xern aurait été dans "son bon droit", au vu des termes de leur relation. Enfin, elle n'était pas dans sa tête.
    En attendant, le temps s'écoulait lentement, chaque seconde paraissant être une éternité. Lorsque le silence serait rompu, que la "magie de l'instant", diraient les plus romantiques, se serait envolée, tout redeviendrait comme avant. Avec une distance polie de conservée. Quant bien même il pourrait y avoir des petits sourires gênés en repensant à ce moment, ils feraient comme si de rien n'était. C'était à parier. C'était aussi la meilleure chose à faire, pour eux deux. Agir autrement, c'était se laisser croire qu'il y avait une chance pour que quelque chose se passe. Les choses seraient vraiment devenues compliquées dans ce cas, n'est-ce pas? La turienne soupira intérieurement. Puis, la réponse attendu se fit entendre.

    - Non, merci à toi...

    Il caressa doucement sa mandibule, laquelle frémit sous cette caresse inattendue. Un frisson parcouru aussi la nuque de la femme, descendant le long de son dos pour s'estomper doucement. Elle tenta de blottir un peu plus sa tête contre le torse de son amant afin de cacher le petit sourire qui s'étirait au coin de sa lèvre mais ce dernier lui fit relever la tête pour la regarder dans les yeux. Il n'y avait vraiment que lui pour être un romantique réputé mais réussir à la surprendre sur ce point. A son regard et à son sourire, il pourrait se douter que ses mots lui avaient réchauffés le coeur d'une étrange manière. Elle ne pouvait pas se l'expliquer elle même. C'était plaisant, voilà tout. La militaire toussota, reprenant un peu contenance. Oui, enfin, il ne s'agissait pas non plus de tomber dans la niaiserie.

    - J'ai remarqué une sorte de parc d'attraction sur un autre gratte-ciel. On y va ?

    Bien. Les choses pouvaient redevenir un peu plus normales et moins mièvres. Son interlocutrice hocha la tête, un air mutin désormais installé sur sa face. Elle aimait bien les parcs d'attractions, bien qu'elle n'en ai jamais visité beaucoup. Les manèges à sensation lui plaisaient et elle ne parlait même pas des petits jeux que certains stands proposaient.

    - Vous plaisantez? Pourquoi nous n'y sommes pas déjà?

    Elle lui attrapa la main, l'emmenant, courant à demi, vers les taxis. Pour la première fois depuis longtemps, elle arrivait à éloigner ses angoisses. Elle se sentait à nouveau comme une jeune turienne insouciante et se le permettait, surtout. Pour la première fois depuis longtemps elle pouvait s'amuser. Autant en profiter. Et puis, Aper l'Adjudante-chef était une grande partie de sa vie. Pour ce soir, être juste Aper pouvait être une expérience amusante.
    La station de taxi n'était pas loin et le pilotage automatique suffit pour les emmener jusqu'à la tour. L'immeuble entier semblait être réservé au parc. Les rails d'un grand huit dépassaient de l'immeuble, se tordant dans les airs en des courbes plus ou moins importantes. D'autres s'élevaient simplement dans les airs, comme des grandes roues ou des tours. C'était impressionnant en tout cas. Elle n'avait à vrai dire jamais vu ça. La franc-tireuse admira la vue depuis la navette, attendant qu'ils se rapprochent. On pouvait dire qu'elle était fascinée, tant elle admirait par la fenêtre le décor presque irréaliste du building. Sa fascination ne décrut pas lorsqu'ils posèrent le pied sur l'étage-accueil.

    Le portail était immense, dans un style qui mêlait le futurisme à l'art Asari. L'entrée était payante et les attractions, sauf quelques exceptions, étaient gratuites. D'après le panneau holographique qui se tenait non loin, il resterait ouvert jusqu'à tôt le matin afin de permettre l'entretien réglementaire des lieux. Les éclairages étaient assez puissants pour qu'ils puissent y voir comme en plein jour. C'était presque dommage. S'ils avaient pu voir les étoiles en même temps, l'expérience aurait pu être exceptionnelle. Peut être que c'était possible sur certaines portions de manèges. Ils verraient bien.
    En tout cas, Ravilla insista pour inviter Némesis. Elle ne lui laissa même pas le choix en fait. Lorsqu'ils arrivèrent au comptoir, tenu par une charmante Asari, comme les trois-quarts des commerces de Nos Astra, les crédits furent presque directement transférés à l'annonce du prix. La femelle lança un regard victorieux à "Némésis", ses mandibules claquant avec fierté. Elle lui avait dit qu'elle l'invitait. Elle y tenait après tout. Et sur certains points, elle pouvait se montrer têtue.
    Puis, sur cette victoire, elle glissa sa main dans le dos du mâle, avançant avec lui tandis qu'ils entrèrent dans le parc. L'endroit avait entièrement été décoré au goût des fêtes de fin d'année. Les Asaris devaient sans doute en avoir aussi, vu que d'étranges créations côtoyaient des branches de houes et des sapins décorés. Mais la faible connaissance d'Aper sur le sujet ne lui permit pas d'identifier exactement les significations de chacune des décorations. Elle ne s'en souciait pas vraiment en fait. Si elle avait voulu s'y intéresser réellement, elle aurait cherché sur l'extranet. Quoiqu'il en soit, en dehors des arbres rajoutés, le parc était presque un jardin, tant les entrepreneurs et architectes s'étaient arrangés pour implanter une flore impressionnante entre les allées et les places. Ils avaient même réussi à arranger des rivières et des lacs artificiels. Ils proposaient même des excursions en bateau, avec des thèmes parfois historiques, parfois axés sur l'aventure en proposant des mini scénarios. Des panneaux, un peu partout, vantaient un nouveau jeux de laser basé sur la guerre contre les Moissonneurs. Il s'agissait "de faire honneur à Shepard et d'en abattre le plus possible". A la vue de ces publicités, la réactions de la turienne ne se fit pas attendre. Elle serra la main du pirate, le griffant presque, se collant un peu plus à lui, cherchant un réconfort qu'elle n'avait pas pu connaître pendant douze ans. Sa tête resta ensuite baissée face à l'ignominie que représentait la chose, sa respiration saccadée. Il y avait des choses, Adjudante ou non, qui lui colleraient encore longtemps à la peau. Même une fois qu'ils eurent dépassé la réclame il lui fallut quelques minutes avant de reprendre un air insouciant, essayant tant bien que mal de ne pas laisser ses démons la hanter.

    Mis à part cet événement, le reste se passa plutôt bien. Le duo laissa leurs pas les guider, ainsi que leurs envies. Etant tous les deux des combattants dans l'âme et dans le métier, il ne fut pas bien dur de trouver un arrangement. Les attractions à sensations fortes furent pour ainsi prises d'assauts, plusieurs fois même pour celles qui leurs plurent le plus. Ou bien Xern fut assez poli pour laisser la militaire s'amuser, acceptant de faire ce qu'elle proposait.
    Ainsi, il dut se passer deux heures avant qu'ils ne décident d'arrêter un peu, partant explorer les chemins et les petits coins cachés que l'endroit dissimulait. Une ballade agréable, jusqu'à ce qu'ils tombent sur un ensemble de stand. Dont un proposait du tir. Le regard de la turienne fut sans appel alors qu'elle s'y dirigeait. Les prix étaient variés, allant de la sempiternelle peluche "à offrir à votre amoureuse" dont les humains raffolaient et qui résidait presque en un lot de consolation, à d'autres plus intéressants et précieux, Nos Astra oblige. Les gains demandaient un certain nombre de points, qui étaient plus ou moins importants en fonction du jeu accompli. Plusieurs exercices s'offraient aux visiteurs, allant de simples cibles immobiles à celles mouvantes pour aller jusqu'à une sorte de véritable parcours holographique où les ennemis apparaissaient. Un bête jeux de défense de position où on pouvait choisir deux armes. Intéressant dans son genre, et il pouvait être fait à deux. Le dernier jeu proposé consistait à détruire deux cibles d'une seule balle. Les mouvements étaient aléatoires, rendant l'exercice difficile pour qui n'était pas habitué. Un défi au yeux de la franc-tireuse. On ne pouvait pas enlever l'armée d'Aper, même en repos. Accessoirement, c'était aussi celui qui rapportait le plus.

    - Némésis, je fais une partie. Non discutable.

    Qu'importe sa réponse, elle avait déjà décidé. Les crédits furent transférés et le turien qui gérait le stand s'écarta, enclenchant l'hologramme. Pendant ce temps, la tireuse d'élite pris position, un genoux à terre, appuyant la crosse du fusil contre son épaule. Cela devait être étrange de voir un turienne en robe de soirée se prêter à une telle position, mais le visage déterminée qu'elle affichait ne laissait aucun doute sur ce qu'elle pensait. Elle se contrefoutait totalement des avis extérieurs, trop concentrée sur son objectif. Le forain, bras croisés, la regardait, laissant parfois ses yeux s'attarder un peu trop sur les cuisses de la femelle. Même si elle s'en doutait, cela ne vint pas déranger la concentration de la tireuse.
    Les minutes s'écoulèrent sans que les cibles ne fassent mines de se croiser un instant. La patience était une vert dont Aper n'était pas dépourvue, heureusement. Elle ne trembla pas, ne sembla même pas remarquer le temps passer alors que ses mandibules claquaient doucement. Il n'y avait pas meilleur moyen pour se détendre que d'observer les mouvements et guetter l'instant où elle pourrait tirer. Et ce n'est qu'au moment propice qu'elle appuya sur la gâchette, faisant disparaître un hologramme, puis l'autre.
    Parfait. La femelle se releva, tout sourire. Il n'y avait rien de mieux pour chasser les soucis. Mains posées sur les hanches, l'arme presque factice posée sur le comptoir devant elle, ses yeux balayaient les prix qu'elle pouvait prétendre acquérir.

    - Quelque chose vous intéresse ou vous préférez qu'on fasse un cumul de points?







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Dernière édition par Ravilla Aper le Lun 16 Fév 2015, 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Dim 25 Jan 2015, 20:55
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Ravilla accepta la proposition de Xern avec enthousiasme, visiblement enjouée à l'idée d'aller s'amuser dans un parc d'attraction avec son amant. Cela convint au Turien, bien qu'il prît un risque en s'exposant dans un lieu aussi public. Mais il était d'humeur à passer une excellente soirée, et cela se dévoilait être une bonne opportunité pour apporter un peu de fraicheur à ce moment qu'ils passaient ensemble. Il y avait eu beaucoup de nervosité et de gène pour le moment, bien qu'il y eu également des sourires et des moments de réjouissances, mais sans doute était-il également intéressant de réellement s'amuser, oublier les problèmes que les deux partenaires rencontraient tous les jours, et surtout leur condition mutuelle. En effet, aussi satisfaisant était leur lien, il en était pas moins compliqué. Il était un pirate, elle était un soldat de la Hiérarchie. Une union improbable, mais avant tout impossible. Alors ils ne se voyaient qu'occasionnellement, lorsqu'ils pouvaient, et toujours dans le plus grand des secrets. Il était compromettant pour la femme de fréquenter un criminel reconnu, et il était compromettant pour ce dernier de fréquenter une représentante de l'autorité turienne, qui le pensait mort. Et puis, même si le comportement de Ravilla avait été des plus inhabituels, ils avaient conclu qu'ils ne s'attacheraient pas l'un à l'autre, pas par amour, en tout cas. Un couple entre les deux était en effet impossible, leur situation respective les séparant. La logique voudrait même qu'ils ne se fréquentassent pas, mais il défiait la raison pour la passion. C'était dangereux pour les deux, mais aucun n'y prêtait réellement attention ; ils tiraient une certaine satisfaction de leur lien et des nuits passées ensemble, alors ils ne s'en priveraient pas. Xern était certes prudent, mais il n'était pas du genre à avoir peur. La Turienne était de toute évidence forgée du même métal. Ils se ressemblaient autant qu'ils étaient différents.

C'est donc ainsi que le duo quitta leur gratte-ciel pour rejoindre le voisin, soutenant un parc d'attraction. L'utilisation d'un taxi automatisé fut requise pour assurer le passage entre les deux montagnes d'acier, ce qui assura un voyage rapide. Arrivés à destinations, les deux adultes purent admirer les lieux, tout de même impressionnant. Ce n'était pas tous les jours que l'on visitait un parc d'attraction en intérieur. La structure du lieu était ainsi différente de celle de ceux installés en extérieur, plus conventionnelles. Les attractions étaient plus rapprochées, plus petites également, mais apparemment tout aussi amusantes. Il y avait également pléthore de stands et autres petits établissements. Xern se rendit compte que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas mis les pieds dans un tel lieu. Probablement depuis l'enfance, donc bien une trentaine d'années. Il s'en senti vieux, pour le coup ; le temps passait si vite. Et puis, son éviction de la Garde Noire l'avait privé d'une vie normale et l'avait exilé dans les Systèmes Terminus, là où il ne pouvait tout simplement pas profiter de ce que les autres zones de la Galaxie offraient.

Il n'avait pas eu à payer quoi que ce fût, Ravilla, rapide comme l'éclair et têtue, ayant payé les billets d'entrée au parc d'attraction. Le Turien eut une moue défavorable, mais ne fit aucun commentaire, elle avait gagné cette partie, elle n'en gagnerait pas d'autres. Au passage d'un stand offrant des peluches de Moissonneurs, la femme eut une réaction que n'aurait réellement su décrire. Mais il connaissait son profond dégoût de ces êtres synthétiques qui avaient causé tant de morts il y a déjà douze années de cela. C'était un peu tôt, d'ailleurs, pour déjà commencer à en faire des mascottes. Trop tôt pour que ce soit de bon goût. Il dirigea donc son amante ailleurs, loin de ces petits monstres, vers des attractions à sensations fortes. Pendant bien deux heures, les deux Turiens s'amusèrent dans ces structures métalliques aux wagons déferlant rapidement dessus. C'était fort amusant et Xern se redécouvrit une nouvelle jeunesse, dont il n'avait pas autant profité qu'il l'aurait voulu. C'était des plus appréciables et il ne regretta aucun de ces instants à voltiger dans les airs. Le duo s'appliqua même à refaire plusieurs fois certaines des attractions, laissant ainsi le temps s'écouler sans qu'ils ne s'en rendissent compte.

Puis, lorsqu'enfin ils se lassèrent des sensations fortes du parc, les deux amants parcoururent les lieux à la recherche d'une nouvelle activité à faire. Le choix de Ravilla se porta sur un stand de tir à la difficulté de toute évidence trop haute pour que de simples civils sans entrainement puissent même espérer remporter un prix. Un véritable piège à touriste, mais que la Turienne ne craignait pas, étant un tireur d'élite affirmé. De ce fait, Xern il ne tenta même pas de la retenir lorsqu'elle se jeta sur le comptoir pour se payer une partie. Il rit même intérieurement du forain, qui semblait se moquer d'elle. Alors certes, voir une femme en robe prendre un fusil et viser des cibles était quelque peu anodin, mais il ne fallait en aucun cas la sous-estimer. Il s'en rendit rapidement compte lorsqu'elle tira enfin, après un temps d'attente, et toucha les deux cibles mouvantes, comme l'exigeait le défi. Se relevant, la mine triomphante, elle demanda à son amant s'il fallait cumuler ses points aux siens - sous-entendant une invitation à jouer - ou s'il désirait quelque chose. Il haussa les épaules et accepta de prendre sa chance. Il savait qu'il remporterait également le défi. Lors de ses années au sein de la Garde Noire, il avait été fait expert en l'utilisation de multiples armes, dont les fusils de précision.

Il prit donc le faux canon en main et se mit en position, mais debout, par simple plaisir de briser la convention. Les hologrammes se mirent en marche et il attendit. Au bout d'un moment, ils se croisèrent et il fit feu, faisant disparaître les deux cibles. Il posa le fusil sur le comptoir, claquant des mandibules de satisfaction et regarda les prix accrochés au plafond du stand. Son choix se porta sur une peluche de Varren, accessible qu'avec deux victoires. Ayant cumulé la sienne à celle de Ravilla, il y avait donc accès. Le forain lui tendit donc son trophée, qu'il donna à la Turienne. S'éloignant de l'attraction, le duo se remit en marche.

- Bon, que faisons-nous ? demanda-t-il au bout d'un moment. Il commence à se faire tard. Et j'ai une cabine à retrouver !

Il avait bien entendu dit cela sur le ton de la plaisanterie, mais il devait avouer qu'il n'avait pas vraiment d'autres idées d'activités à faire ; il ne connaissait pas assez Nos Astra pour cela.

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Jeu 29 Jan 2015, 01:01


    Mandibules claquantes et air fier accroché au visage, Aper croisa les bras, regardant son amant relever son défi. C'était plus amusant ainsi. Evidemment, le défi ne reposait pas sur le temps. Les mouvements étant aléatoire, il pouvait très bien avoir une fenêtre de tir au bout de quinze secondes comme au bout de vingt minutes. Il était fort probable qu'il touche ses cibles; la turienne savait deux-trois choses sur le mal, comme le fait qu'il ait été membre, à une époque, de la prestigieuse Garde Noire. Qu'il s'était fait passer pour mort afin de la fuir aussi. Là n'était pas la question. Le but de ce petit concours était surtout de savoir s'il allait toucher le plus au centre au moins un des hologrammes. Xern n'avait plus dû pratiquer depuis un moment, d'autant plus que les raids n'étaient pas propices à l'utilisation du fusil de précision. Idem pour les bagarres de bar.
    Le pirate décida de rester debout, provoquant un sourire amusé de sa comparse. Elle préférait gagner en stabilité en s’encrant bien au sol, le plus proche possible de ce dernier, mais il s'agissait d'une déformation professionnelle. Les fusils à courtes ou moyenne distance pouvaient très bien être utilisés sans s'arrêter, mais pas ceux de snipers. Pour eux, il valait mieux que le canon soit soutenu par une surface plane, quitte à reposer partiellement sur le genou. Ou avoir assez de temps et de force pour garder l'arme droite et réussir à tirer sans que la trajectoire ne s'en retrouve altérée. C'était possible, évidemment, mais moins pratique. Quitte à choisir entre deux méthodes, la première était préférable.
    Après un temps plus ou moins long, le mâle fit feu, réalisant l'objectif. Une moue mi-figue mi-raisin passa un instant sur la face de la franc-tireuse avant de disparaître comme si de rien n'était. Pour le stand, leurs capacités étaient presque les mêmes. Voir à égalité, puisque les deux avaient touchés les deux cibles en plein milieu. Elle ne pourrait pas fanfaronner et taper son amant du coude en lâchant ou une deux blagues à ce sujet. Dommage. Pour un peu elle en aurait été vexée. Tournant toujours le dos aux prix, la femelle préféra faire mine de s'intéresser à autre chose, comme aux gens qui passaient non loin. Les humains n'étaient pas des plus présents, à part des jeunes. Il fallait croire que leur fête se faisait ailleurs. Par contre, il y avait énormément d'Asaris, Nos Astra oblige. Des Volus aussi, une poignée de Turiens, un Elcor qui passa avec un air enjoué. Préférant se concentrer sur autre chose, Aper commença à examiner le décor ambiant. Impossible de voir les étoiles, dommage. Et les quelques plantes du coin tanguaient doucement grâce au vent. Rien de bien passionnant. Même pas un oiseau dans le coin.
    Non, ce n'était pas du tout une façon de montrer qu'elle était déçue de ne pas avoir remporté une victoire écrasante. Absolument pas. Du tout. Bref.

    Un Varren en peluche apparu dans le champ de vision de la franc-tireuse, laquelle leva un sourcil étonnée devant cette étrange apparition. A l'oeil, il fallait reconnaître qu'il y avait de la qualité. L'oeil était brillant et le poil coloré par endroit. Ils n'étaient pas allés jusqu'à donner l'impression qu'il y avait de véritables écailles sur lui, mais c'était déjà honorable. Les dents étaient faites dans une matière plus dure mais toujours douce, de même que les griffes. Les piques dans le dos étaient un peu plus rigides mais tout aussi plaisante au toucher. Non, réellement, c'était du beau travail. Cependant, notre guerrière se demandait pour quelles raison son amant avait tenu à lui offrir un tel présent. Non pas que ça lui faisait plaisir, au contraire, mais pourquoi diable une peluche? Ce n'était pas comme si elle avait une chambre à elle. Et rentrer sur base avec cet objet serait difficile. En tout cas, si elle le faisait, elle pourrait en entendre parler pendant des semaines. D'autant plus que son rôle d'Ajudante-chef lui valait parfois de se montrer sévère envers les troupes. Vraiment, c'était adorable mais il faudrait qu'elle négocie pour le laisser dans la chambre du capitaine.
    En attendant, elle avait laissé l'intéressé s'éloigner, le suivant tout en fixant le présent qu'elle trifouillait, profitant de la douceur des matériaux qui le constituaient. Elle ne recommença à se concentrer sur la situation actuelle qu'une fois qu'il s'adressa à elle.

    - Bon, que faisons-nous ? Il commence à se faire tard. Et j'ai une cabine à retrouver !

    Dans un premier temps, la turienne ne répondit rien, se contentant de claquer légèrement des mandibules et de lui jeter un regard un peu étrange, mêlant curiosité, réalisation et intérêt. Après quoi elle se mit à sourire tout simplement, employant un ton quelque peu léger.

    - Je vous raccompagne? On ne sait jamais ce qui pourrait arriver à un charmant garçon tel que vous, qui errerait seul dans les ruelles de Nos Astra.

    Avant de rajouter, d'une façon carrément moqueuse:

    - Vous pourriez vous perdre.

    Bien évidemment, elle n'était pas en mesure de parler, ne connaissant pas plus le coin que lui. Mais ces petites moqueries l'aidait à cacher l'embarra qu'elle ressentait. Depuis le début de la soirée, et même la veille, elle avait eu en tête de progresser sur le plan personnel. Une fois la gêne du début passée, Ravilla avait établi le fait qu'elle profiterait d'Adahunum pour faire ce qu'elle n'osait faire en général, restreinte par sa raison. Comme se montrer plus affectueuse ou joueuse que d'habitude. Oui mais voilà, cela ne l'avait jamais concerné qu'elle. Némésis n'avait pas eu son mot à dire, étant juste entraîné dans le mouvement. Ainsi, là où la femelle avait décidé de s'amuser et de profiter de la soirée, le mâle se contentait d'être invité, sans même savoir un centième de ce qu'elle avait en tête. Bien sûr, il ne se contentait pas de faire figuration profitant, elle l'espérait, lui aussi de l'instant présent. Mais pas avec la même idée qu'elle. Et il semblait s'ennuyer ou se montrer fatigué.
    Il n'avait pas à subir ses frasques. Sous l'excuse de cette soirée, Aper avait violée un peu plus ses propres règles. Elle ne parlait pas du fait de s'attacher, puisque depuis un moment, les deux se montraient plus amicaux l'un envers l'autre. C'était foutu depuis un moment et elle le savait. Non, elle parlait de la distance respectable qu'elle avait toujours tenue à respecter entre eux. Elle l'avait imposé à l'homme, sans que celui-ci n'ait son mot à dire. Or, il n'avait jamais protesté sur le fait de rester simples amants. Au contraire, les choses avaient semblé l'arranger. Ainsi, emportée par l'euphorie d'avoir appris qu'elle avait une famille et qu'elle réussissait enfin à laisser le passé derrière elle, elle avait ignoré l'avis du pirate, ne prenant même pas la peine de lui demander. Voilà qu'elle se sentait idiote. Terriblement idiote.

    Heureusement pour son honneur, cet état d'esprit ne se voyait pas trop, tant elle préférait afficher un air malicieux, se moquant gentiment de Xern tandis qu'ils reprenaient la direction des taxis. Dans sa psyché, un combat se mit en place. La raison approuvait ce moment de ressaisissement. Ils allaient coucher ensemble, sauvagement de préférence, histoire de se rappeler pourquoi ils se fréquentaient, et elle ferait comme d'habitude, à savoir ne pas rester plus que de raison. La douceur commença à se plaindre; déjà qu'elle devait se la fermer la plupart du temps, ce n'était pas pour qu'on lui sucre le seul jour où elle avait le droit de s'exprimer un minimum. Ce à quoi la raison lui répliqua que c'était gentil, mais minuit étant passé depuis longtemps, elle pouvait considérer son moment comme terminé. La douceur l'envoya chier; ça ne faisait même pas douze heures. La raison l'invita à aller voir ailleurs si elle y était. De toute façon, ils feraient mieux d'espacer leurs rencontres. La douceur renquilla, arguant que justement, on pouvait lui laisser juste cette soirée si on avait prévu de repartir sur un comportement froid. Son interlocutrice leva au ciel et soupira. La sagesse intervint, expliquant qu'à vrai dire, quitte à être vraiment sage, il vaudrait mieux ne plus voir le pirate du tout, par rapport au fait que militaire et forban ne soient pas fait pour s'entendre. Elles lui jetèrent un regard froid et continuèrent à se disputer ensemble.
    Pendant ce temps-là, le sang-froid commença à lancer les paris. La colère misa sur une bonne baston à l'ancienne qui provoquerait sans doute des hauts de coeurs d'une raison mystérieuse à la turienne. La diplomatie considéra quant à elles que les deux adversaires finiraient par se ranger à l'avis de la sagesse, puis tenta de réconforter cette dernière. L'angoisse serrait les dents dans un coin, répétant à qui voulait l'entendre que, de toute façon, tout ça ne servait à rien alors que la fatalité l'approuvait. Du côté des paris, la neutralité annonça haut et fort que les deux laisseraient tomber les armes et préféreraient attendre de voir le moment présent pour se décider. Ce qui fut décidé. Ainsi, les tensions tombèrent et on décida de passer à autre chose en attendant.

    De son côté, assise dans la navette, Aper passa une main dans son cou, le massant quelque peu. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle ressentait soudainement comme un bon coup de barre... Elle ressentait le même genre de post-tension que lorsqu'elle se battait. Etrange, alors qu'il ne s'était rien passé. Au contraire même; l'ambiance était assez calme à l'intérieur du véhicule. La soirée n'était pas totalement finie, mais celle qui se passait hors du vaisseau du capitaine si. Un léger claquement de mandibule brisa le léger silence. Quitte à faire des choses inhabituelles et paraître étranges aux yeux de son amant, elle pouvait en profiter pour savoir ce qu'il en avait pensé. Même si son ton reprenait des accents gênés.

    - Et bien... Je sais que ce n'est pas dans nos habitudes de faire ce genre de choses mais... J'espère que ça vous a tout de même plût. Je ne pense pas que nous aurons l'occasion de refaire ça un jour.

    Bien. Bien bien. Elle l'avait dit d'une façon tellement gauche... La honte jusqu'au bout, oui, pourquoi pas.







Spoiler:
 


Dernière édition par Ravilla Aper le Lun 16 Fév 2015, 23:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Lun 09 Fév 2015, 22:11
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Ravilla était partante pour raccompagner son amant à sa frégate, comme il l'avait souhaité avec sa dernière remarque, où il avait sous-entendu vouloir continuer la soirée dans sa cabine personnelle. C'était pratiquement une tradition chez les deux Turiens. Rares étaient les fois où les deux énergumènes ne finissaient pas dans les quartiers du capitaine pirate. Cela n'était pas forcément synonyme de partie de jambes en l'air, toutefois ; il leur arrivait en effet d'être parfois trop fatigué pour assouvir leurs désirs primitifs, ou même - rarement - pas d'humeur. Xern ne se le cachait pas : l'optique d'une conclusion enragée et charnelle lui tapait à l'œil en ce moment. Il espérait qu'il en soit de même pour son amante, bien qu'il préférât ne pas encore évoquer cette possibilité de suite, le ton de la soirée étant trop léger et "innocent" - chose rare avec eux, voire unique - pour se laisser aller aux remarques salaces. Non, pour la première fois depuis qu'il connaissait la femme, ils venaient de partager leur premier vrai rencart, après quatre ans de fréquentation. Cela marquait inévitablement un changement, une tournure inattendue de leur relation, alors autant faire les choses proprement, plutôt que brutalement revenir à leurs vieilles manies. Ce serait presque gâcher cette soirée qu'ils passaient ensemble. Xern était trop gentleman pour cela. Et puis, le comportement de Ravilla avait été étrange dès le départ, même si cela pouvait grossièrement être associé à l'Adahunum, même si le duo ne l'avait jamais fêté par le passé. La raison justifiant ce changement chez la femme était inconnue au Turien, mais elle devait forcément exister. Peut-être avait-elle une idée derrière la tête ? Revenir à leurs vieilles habitudes d'un coup briserait peut-être ce qu'avait prévu la militaire. Mieux valait donc rester fidèle au ton de la soirée tel qu'il avait été depuis le départ et voir ce qu'il allait se passer.

Mais peut-être le mâle se faisait-il des idées ! Peut-être que la femme n'avait absolument rien en tête et avait juste voulu essayer quelque chose de nouveau ! Allez savoir... Il était difficile de la cerner, parfois. Il s'y était fait, de toute manière, et ne serait pas déçu si rien de spécial ne sortait de ce rencart. Peut-être allaient-ils simplement coucher ensemble, comme ils le faisaient si souvent, et reprendre leur vie comme s'il ne s'était rien passé. Ce serait étrange, la soirée suggérant fortement que quelque chose avait changé entre eux, mais cela ne dérangerait pas le pirate. Au fond, il savait que rien de concret ne pouvait sortir de sa relation avec Ravilla. Ils vivaient dans des mondes totalement opposés et leur lien défiait toute logique et la raison. Si un changement s'effectuait en cette soirée, ce ne serait qu'un pas en direction d'un rêve irréalisable, relevant de l'utopie. Xern s'y était fait depuis longtemps et n'avait plus depuis espéré quoi que ce soit de cette histoire. Il la vivait simplement, sans rien prévoir à l'avance, sachant que cela était futile. En effet, à quoi bon s'attacher si l'amour était impossible ? Les deux Turiens s'étaient d'ailleurs fait la promesse de ne jamais franchir ce pas qui les séparait d'une relation sérieuse. S'il avait tout de même développé une certaine affection envers Ravilla, il s'était toujours tenu à sa promesse. C'était bien là la raison pour laquelle il possédait d'autres amantes. Cependant, aucune n'était tenue en aussi haute estime aux yeux du mâle. Les autres n'étaient que des compagnes qu'il ne voyait que rarement et pour qui il n'éprouvait rien du tout. La Turienne, en revanche, était une autre paire de manche, et il semblait que cette limite qu'ils refusaient de franchir semblait de plus en plus proche. Devait-il craindre cela ? Devait-il s'en ficher ? Ou devait-il revenir sur terre et se montrer raisonnable, et rappeler leur promesse à son amante ? Il ne savait pas, et il ne voulait pas vraiment savoir. Son esprit était confus. Ce soir, il n'allait pas réfléchir et allait simplement laisser les choses se faire toutes seules.

C'est donc ainsi que les deux adultes prirent le chemin du retour, en direction des taxis automatisés. Le silence régna jusqu'à ce qu'ils atteignent une navette vide, et perdura encore alors que les deux individus se fussent installés. Ravilla semblait prise dans ses pensées et Xern ne savait tout simplement pas quoi dire ; il n'était pas doué pour tenir des conversations, surtout lorsqu'il avait épuisé son quota de sujet de discussion. Alors il se contentait de regarder le paysage métallique de Nos Astra à travers la fenêtre du véhicule pendant que ce dernier effectuait son ascension dans le ciel noir.

La voix de Ravilla brisa alors le silence, détournant l'attention du pirate sur elle. Elle tenait à savoir ce que Xern avait pensé de cette soirée, aussi peu ordinaire avait-elle été. Une question légitime, il fallait le dire, surtout lorsque c'était une première fois en quatre ans. Le Turien ne réfléchit pas bien longtemps à sa réponse, répondant de sa franchise habituelle :

- J'ai trouvé cette soirée très bien, et je regrette seulement qu'on ne puisse en avoir d'autres comme celles-ci, et qu'on en ait pas fait avant. Merci de m'avoir invité.

Il posa sa main sur celle de la femme, son regard de glace plongé dans celui d'ambre de son amante, puis se pencha en avant pour l'embrasser. Il ne faisait normalement pas ça, mais, cette fois, il se laissa aller à la tentation. C'était une soirée des inédits, alors il irait jusqu'au bout des choses. Il aurait d'ailleurs voulu que cela durât plus longtemps, sachant que cela ne se reproduirait pas avant longtemps. Il avait l'impression de revivre, en ce moment. Il n'était plus le pirate porté mort par la Garde Noire, il était un haut gradé au sein de cette section de l'armée, prétendant au titre de Spectre, et Ravilla était une militaire qu'il avait rencontré lors d'une mission. Ils n'étaient pas des amants occasionnels, des sex friends, mais... quelque chose de plus. Cette idée était agréable, mais elle n'était qu'un rêve qui ne deviendrait jamais réalité. C'était regrettable, mais, au moins, il pouvait se rattacher à l'instant présent et oublier le reste.

- J'aimerais que vous restiez, ce soir, déclara-t-il, après un silence. Quitte à rendre la soirée spéciale, autant aller jusqu'au bout. Et... j'apprécie votre présence.

C'était une invitation beaucoup plus explicite que la première, et il s'était débrouillé pour éviter toute remarque salace pour rester propre, comme l'avait été tout le rencart depuis son début.

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Mer 11 Fév 2015, 19:35



    - J'ai trouvé cette soirée très bien, et je regrette seulement qu'on ne puisse en avoir d'autres comme celles-ci, et qu'on en ait pas fait avant. Merci de m'avoir invité.

    Oh. Elle ne s'était pas vraiment attendue à de tels aveux. A vrai dire, elle aurait même pensé que le pirate la trouve amusante. Juste... amusante. Voir un peu atypique. Mais pas qu'il l'apprécie au point de regretter la rareté d'un tel événement. Si les dire aiguisèrent sa curiosité, ils eurent aussi l'avantage de la rassurer. Même s'il ne l'avait pas particulièrement montré, il avait passé un bon moment. Le sentiment de culpabilité qu'elle avait commencé à ressentir s'éloigna de la femme. Ainsi, elle ne l'avait pas trimbalé sur Nos Astra, mais il avait bien été heureux de la voir et d'arpenter les rues avec elle. Quant au fait qu'il aurait aimé qu'ils aient plus de ce genre de soirée... Son esprit écarta une partie de ce qu'une telle phrase sous-entendait. A vrai dire, elle ne garda que le sens "Oh, c'était bien, on devrait faire ça plus souvent, ça change". Pas... l'autre. Quoiqu'il en soit, il avait raison. Bien qu'il ne soit pas rare qu'ils passent un peu de temps ensemble sur Oméga, ça n'avait jamais été la même chose. D'une part car ils étaient toujours armés lorsqu'ils se baladaient sur la station. Ils ne pouvaient pas se permettre de baisser leur garde, ni même de jouer les ingénus. Ils avaient une sorte de "réputation" à tenir là-bas. On ne roucoulait pas là-bas. C'était un coup à être pris pour des crétins sentimentalistes par certains gangs ou membres de. Soit on gardait la gueule de celui ou celle qui a baroudé et qui est rodé, soit on n’y foutait pas les pieds. A moins d'y résider. Or, si Xern se retrouvait là-bas, c'était uniquement à cause de son statut de pirate, qui faisait que l'endroit était le seul où il ne se ferait pas emmerder. Pour Aper, c'était aussi une façon pour que cette fréquentation ne s'ébruite pas plus que de raison. Aucun turien sain d'esprit de la Hiérarchie ne mettrait un seul doigt de pied sur Oméga. A moins que ça ne soit le seul bar disponible à la ronde et qu'on y aille en tenue banalisée. Bref. Lorsqu'ils se retrouvaient à errer sur la station, c'était soit pour faire des achats sommaires, soit pour aller à l'Au-delà boire quelques coups et danser. Jamais rien de transcendant ni si... complexe. Ou confus. Elle n'arrivait pas à trouver le bon mot.
    Sur bien des points, la soirée avait pu se montrer gênante, ne serait-ce que par leur comportement. Mais il y avait aussi eu de bonnes choses. C'était aussi problématique. La militaire hésitait encore entre se montrer ferme et revenir à leur point de départ, une relation charnelle exclusivement ou bien s'autoriser à un peu de tendresse de temps à autre. Ah! Voilà qu'elle commençait déjà à penser à "de temps à autre". N'avait-elle pas dit "ce soir seulement"? Elle pensait déjà à s'autoriser quelques interdits, de temps à autre, avant même d'avoir autorisé le premier. Elle agissait comme une préado imbécile qui se serait trop gavée de "Flotte et Flottille". Ce n'était pas vraiment le cas et elle était surtout dure envers elle-même. Qui plus est, ce n'était pas comme si elle ne fréquentait que lui. Mais cette dureté envers elle était la meilleure chose à faire. Il se pourrait bien qu'un jour on l'envoie en mission et qu'elle se retrouve contre Xern. Ou bien même qu'il soit blessé voir pire lors d'un affrontement. Alors oui, un côté d'elle voulait se libérer des événements d'il y a douze ans, recommencer à vivre, au moins un peu, mais l'autre restait terrifié, à se remémorer ce qui lui était arrivée. La franc-tireuse avait assez goûté à la douleur mentale pour ne plus vouloir y toucher. Pour celle physique, c'était une autre histoire.
    De toute façon, même si un jour lointain, par le plus grand des hasards, les deux désireraient plus que ce qu'ils étaient désormais, ce serait difficile, voire impossible. Ils pouvaient bien faire semblant, une nuit. Prétendre qu'il s'agissait d'autre chose. Mais ça resterait faux. Alors y avait-il vraiment un intérêt à ce qu'ils se fassent du mal comme ça? Non, vraiment pas. Il valait mieux le dire, que les choses soient claires.

    Ravilla regarda son amant dans les yeux et aurait bien été prête à prendre la parole si elle n'avait pas été coupée dans son élan. A vrai dire, cet instant de fermeté s'était envolé lorsqu'elle avait senti la chaleur de sa main sur la sienne. Et ce regard qu'il lui jeta... Elle avait toujours apprécié les yeux clairs, pour ne pas dire qu'elle les trouvait clairement magnifique. Ils avaient ce petit côté perçant qui donnait une sensation impressionnante. Une certaine classe. Evidemment, ça avait été l'une des premières choses qu'elle avait remarquées chez le turien. Mais d'habitude, ses regards étaient surtout chargé d'appréciation ou de désir, parfois les deux à la fois. Mais là... C'était autre chose. Le genre de regard qu'elle n'aurait étrangement pas pensé recevoir de la part du seul homme avec lequel elle avait décidé d'entretenir un lien régulier.
    Elle passa doucement son pouce sur la mandibule du mâle alors qu'ils s'embrassaient. Comme si elle voulait rendre les choses un peu plus certaines. Un peu plus réelle. Le silence suivit leur séparation, un instant. La turienne aurait pu en profiter pour réfléchir, supposer ou se ressaisir. A la petite différence que son cerveau avait décidé de lâcher les commandes. C'était tellement inhabituel de la part du pirate qu'elle ne savait pas exactement comment réagir. Certes. Il avait toujours eu un petit côté romantique. Sauf que jamais il ne se serait permis de l'embrasser ainsi. A vrai dire, la sniper non plus, mais elle avait bien profité de cette soirée pour le faire. Ce qui continuait à la troubler, c'était ce que ses yeux avaient semblé dire.

    - J'aimerais que vous restiez, ce soir. Quitte à rendre la soirée spéciale, autant aller jusqu'au bout. Et... j'apprécie votre présence.

    D'accord. Si auparavant, son cerveau avait décidé de simplement ne pas savoir comment réagir, là il s'en alla tout simplement, laissant les commandes à celui qui se sentait prêt à les assumer. Cette phrase aurait pu être analysée, décortiquée, débattue, de nouveau analysée... Elle aurait pu être un frein si la douceur n'avait pas décidé de mettre son grain de sel. Pour une fois qu'elle avait enfin son mot à dire. La réponse ne fut pas directe. En tout cas, la réponse formulée avec des mots clairs et précis ne fut pas directe. Car elle préféra dans un premier temps attirer le mâle à elle pour l'embrasser à nouveau, se lovant dans ses bras. Elle avait besoin de sentir sa chaleur, malgré le temps de Nos Astra, pour... Sans doute une bonne raison. Elle n'aurait pas bien pu expliquer pourquoi, mais sans doute qu'il y avait une raison. Cette embrassade lui laissait aussi du temps pour savoir comment formuler exactement sa réponse. Ou au moins un peu après.
    D'autant plus que rester n'avait jamais été dans ses habitudes. Bien sûr, elle ne se barrait pas directement après leurs coucheries, surtout qu'il arrivait qu'ils ne se sautent pas dessus. Mais elle ne restait pas la nuit. En général elle s'éclipsait, de plus en plus tard ces derniers temps. Elle passait le reste du temps au bar, faisant nuit blanche jusqu'à ce que son départ pour la Citadelle n'arrive, ou bien avait fini par trouver un hôtel où elle pouvait s'endormir jusqu'au lendemain matin. Encore une de ses règles, pour ne pas s'attacher. Une de celle qu'elle avait notamment clairement expliqué au turien. A vrai dire, dès le début de leur relation extraordinaire. Ainsi, le capitaine savait très bien ce qu'il lui demandait. C'était une invitation on ne peut plus claire. Une qui aurait pu la faire bleuir si la militaire était, comme elle se traitait elle-même, une adolescente un peu naïve. Ce n'était pas le cas, bien que l'aveu la déstabilisait encore un peu plus. Un à demi-mot, qui ne disait pas les choses clairement, encore qu'il fût direct pour eux. A force de le fréquenter, elle avait finir par le connaître un peu. Un tout petit peu.
    Elle ferma les yeux, posant son front contre celui de son amant.

    - Je ... veux bien.

    Elle aurait pu dire que de toute façon, elle n'avait pas d'hôtel pour la nuit. Faire celle totalement détachée qui s'en fout un peu. Ça aurait été grotesque tellement un tel rôle aurait été faux chez elle. La franc-tireuse repris sa place tandis que la navette finissait par atterrir. Déjà? Elle n'avait pas vu le temps passer. Elle attrapa ses affaires et sortit du véhicule. Elle fut soudainement heureuse de la présence du Varren en peluche qu'elle pouvait enserrer d'un bras pour cacher son trouble, l'autre alternant entre tapoter contre sa cuisse et caresser la fausse fourrure. Ce soir, on pouvait dire adieu aux règles, elle l'avait compris. Quitte à devoir faire semblant, autant l'étendre jusqu'à tenter de faire ensuite comme si de rien ne s'était passé. S'ils y arrivaient. Et voir déjà si le reste de la soirée ne virait pas à la catastrophe. Par les Esprits! La dernière fois qu'elle avait eu un vrai rendez-vous, ce qui était en train de se passer, c'était il y a un peu plus de douze ans. Avec un autre militaire, qui plus est. Là, elle ne savait pas vraiment quelle attitude elle devait aborder, ni celle que le Xern voulait afficher devant ses hommes.
    Marcher serait déjà bien. Et si on la saluait- on la saluerait très probablement. A force de venir, elle connaissait au moins quelques membres d'équipage de vue -, qu'elle n'oublie pas de leur répondre au moins d'un petit signe.







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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Lun 02 Mar 2015, 19:17
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Ravilla ne répondit pas immédiatement à l'invitation du pirate, préférant l'embrasser une nouvelle fois avant de donner sa réponse, qui fut positive. Xern claqua des mandibules d'un air satisfait ; au moins quelque chose d'un peu plus commun pour cette soirée ! Il fallait dire que tout ce qu'il s'était passé lors de ce rencart - qui, en soi, était déjà quelque chose de nouveau pour eux - avait défié tout ce que les deux Turiens avaient l'habitude de faire entre eux. Eux qui n'avaient pas voulu d'une relation, se comportaient comme un couple. Etait-ce une bonne chose ? Sûrement pas, au vu de leur situation respective. Le mâle savait que c'était exceptionnel et que cela ne se reproduirait pas ; Ravilla était trop affectée par certains problèmes personnels pour se laisser aller à ce genre de choses. Il savait qu'elle ne voulait rien de sérieux. L'Adahunum avait été un prétexte pour s'offrir quelques folies. Folies que le pirate avait fort apprécié, bien qu'imprégnées d'utopie. Il ne se faisait aucune illusion : tout cela ne leur était permis que le temps d'un soir. En conséquence, Xern s'accordait la liberté de se montrer un poil plus romantique que d'habitude. Il savait que la femme le trouvait trop de ce bord, bien qu'il n'était pas foncièrement d'accord avec cet avis, mais, en cette soirée, il l'était et l'assumait totalement ; Ravilla en faisait de même. Au fond, aucun des deux n'oubliaient qu'un fossé infranchissable les séparaient, qu'ils vivaient dans des univers différents et déconnectés, impossible à joindre. Sans doute était-ce là l'une des raisons de ce laisser-aller ; tout deux savaient que rien de sérieux ne sortirait jamais de cette relation et qu'ils pouvaient donc s'abandonner à ce rêve et briser les barrières de la réalité, le temps d'une nuit. C'était tout ce dont ils avaient besoin, ils n'avaient pas besoin de vivre dans le rêve en permanence, ils savaient que c'était source de tristesse et de peine. Mais, au moins s'y essayer une fois, voir ce que cela aurait donné si les circonstances de la nature utopique de leur lien avaient été différentes, n'était sans doute pas un mal. Et puis peut-être en avaient-ils tous les deux besoins, peut-être avaient-ils besoin, en cette soirée, de fuir la réalité et se conforter dans l'illusion. Le monde réel ne leur avait jamais fait de cadeau et les avait trainé dans la boue plus souvent qu'ils ne désiraient l'admettre, l'ignorer était donc sans doute un luxe qu'ils pouvaient souffrir... bien que la réalité aurait vite fait de les rattraper.

Ainsi donc, la navette se dirigea vers le quai d'amarrage où attendait un Kodiak prêt à rejoindre le Bloody Star. Ainsi donc les deux Turiens se dirigeaient vers cette utopie qu'ils avaient agréé de côtoyer le temps d'une nuit. Il y avait quelque chose de confortant à cette idée, mais d'également terriblement déchirant ; tout cela n'était qu'un mensonge qu'ils avaient accepté de vivre tous les deux, et ce même si c'était pour une unique fois. Lorsque l'on goûtait au rêve, il était toujours difficile de revenir à la réalité. Xern se rassurait en se disant que dès le lendemain, il aurait tôt fait de retrouver ses repères et reprendre ses bonnes vieilles habitudes. Ravilla redeviendrait la Turienne difficile et sauvage qu'il avait toujours connu, celle qu'il fréquentait occasionnellement, et ils ne reparleraient plus jamais de cette soirée, aussi agréable fut-elle. C'était mieux ainsi, tout deux le savaient, il ne fallait pas chercher à affronter la réalité, car elle finissait toujours inévitablement par gagner et mettre à terre celui qui osait contester son autorité, sans le moindre répit. Xern était probablement le mieux placé pour savoir cela ; il avait déjà tenté de se défaire de sa situation, sans jamais y réussir. Il était condamné à vivre en paria, loin des siens et de sa planète natale, se faire passer pour mort et vivre du crime. Il n'avait jamais vraiment pris goût à cela, mais il faisait avec, tout simplement parce qu'il n'avait pas le choix. Le destin avait décidé de faire de lui un pirate, et c'est en pirate qu'il mourrait. Il savait qu'il n'y avait pas d'autres échappatoires. Il avait signé son contrat de mort lorsqu'il avait monté son équipage, il avait accepté de mourir en criminel sans nom. Les pirates n'avaient pas une espérance de vie très longue, et Xern faisait partie de ceux qui avaient eu de la chance, bien que celle-ci le rattraperait inévitablement ; un jour, il serait abattu. Il avait eu un sursis, lorsqu'il avait survécu à l'attaque de la Garde Noire, une chance de prolonger sa vie de quelques années seulement, au lourd prix de son nom et de son honneur, et il avait accepté cela, scellant ainsi son destin.

Les deux Turiens arrivèrent dans le Kodiak, où ils furent silencieusement accueillis, eux-mêmes ne prononçant pas une seule parole. Il n'y avait rien à dire, pas du côté de Xern, en tout cas. Et les deux hommes du pirate savaient très bien ce qu'augurait la présence de la femme ; ils n'avaient donc aucun commentaire à faire. La navette entama son ascension en direction du vide cosmique, dans lequel flottait le Bloody Star, qui orbitait autours d'Illium. Les vaisseaux volés n'étaient en effet pas très bien vu sur la colonie Asari, il était donc de la décision du Capitaine d'éviter de prendre tout risque d'alerter les autorités conciliennes. Si la justice de Nos Astra était plus souple qu'ailleurs, la mégapole n'en restait pas moins sous supervision du Conseil, duquel faisaient partie les Turiens, que Xern évitait. Si sa seconde chance avait eu un prix fort, il ne comptait pas la brûler et ne prenait aucun risque ; s'il devait mourir demain, ce n'allait pas être de la main de la Hiérarchie ! Mais il ne préférait pas y penser. Il n'y avait que l'instant présent qui comptait. Après tout, ce qu'il faisait avec Ravilla en cette soirée était une manière de fuir la réalité, alors pourquoi y penser ?

Le Kodiak retrouva le Bloody Star et le couple posa pied à terre. Il y eu certes des regards intrigués dirigés à l'attention de Ravilla, à cause de sa tenue, des plus inhabituelles, mais aucun des deux n'y prit attention.

- Ma cabine ? demanda-t-il à Ravilla, un peu ironiquement, car il n'y avait pas vraiment d'autres lieux sur la frégate. Il y avait bien la baie d'observation, qu'ils pouvaient verrouiller, mais il n'y avait pas de lit, impliquant un voyage de retour une fois leur affaire réglée. Et désolé de t'emmener sur ce chemin, je sais que tu n'aimes pas ça...

Il emmena donc la Turienne en direction de l'ascenseur de la frégate, qui permettait de voyager entre ses différents ponts, quittant ainsi la soute. C'était le second pont qui intéressait le duo, là où se situait la cabine personnelle de Xern, son antre privée qui avait été seule témoin de toutes les aventures des deux Turiens. Là les attendait un lit, prêt à les accueillir, ainsi que tout ce dont ils avaient besoin pour s'amuser, tout ce dont ils avaient besoin pour assouvir leurs instincts les plus primitifs, auxquels ils s'adonnaient très souvent, lorsqu'ils se voyaient. Cette nuit n'allait pas être une exception, et l'idée réjouissait déjà le Capitaine.

- Cette nuit, je te laisserai faire... dit-il avec un ton malicieux, qui était imprégné de mensonge ; il ne laissait jamais la femme avoir le contrôle bien longtemps.

Et ils entrèrent dans la chambre...

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Ven 06 Mar 2015, 19:53


    Ravilla restait nerveuse. Sottement nerveuse, aurait-elle ajouté si elle parlait à quelqu'un d'autre. Mais ce n'était pas le cas, aussi était-elle juste nerveuse. Nerveuse, donc, à l'idée de ce qui pourrait se passer durant la soirée. Certes, celle-ci serait juste une bulle, un doux rêve si on voulait, dont on n'était pas vraiment sûr qu'il se soit passé même si on l'espérait un peu. Quelque chose d'incertain, qui gardait un goût d'interdits bravés sans que la réalité n'en soit altérée. Alors, certes, les choses ne changeraient pas officiellement et seul l'officieux s'en retrouverait modifié. Mais il suffisait que la soirée se déroule mal pour que, non content de faire comme si elle n'avait jamais existé, les protagonistes de cette histoire ait de quoi se retrouver gênés la prochaine fois qu'ils se verraient en face. Donc, autant faire en sorte d'éviter de foirer. Simple à dire, peut-être moins à faire, encore plus lorsque, comme notre militaire, ce genre d'exercice n'était plus du tout familier. Enfin, il faudrait sans doute improviser le moment venu. Comme d'habitude, mais avec plus de... romantisme? Oh, Esprits, c'était vraiment loin d'être gagné...

    Notre petit couple emprunta les quais d'amarrage pour rejoindre une navette Kodiak. La franc-tireuse claqua des mandibules. Elle n'y avait pas pensé. Réellement pas. Illium restait dans les Terminus, aussi avait-elle pensé que l'un des vaisseaux de Xern serait amarré au spatioport. Maintenant qu'elle y pensait, c'est vrai, on pouvait le dire, que ce n'était sans doute pas dans les habitudes de la maison. Pour Nos Astra, déjà, c'était un risque. Voir même un gros risque. Ils avaient beau baigner dans l'illégalité la plus flagrante et dorée, les Asaris tenaient à leur image de marque. Et accueillir toute la racaille du Système pour leur permettre de se balader librement sur une planète richissime n'était sans doute pas une bonne idée. Ne serait-ce que pour garder leurs villes en bon état. Du côté du pirate aussi, ce n'était pas bon. A part s'il voulait afficher en grand "Pirate en ville, merci de ne pas me voler mon vaisseau ou de chercher à m'arrêter" sur la carlingue, il y avait plus discret.
    Ce n'était pas vraiment le genre de choses auxquelles la militaire devait penser d'habitude, contrairement à son comparse. Ils vivaient dans deux mondes bien différents... Ah, allez, à la limite on pouvait bien imaginer qu'elle effleurait du bout des doigts ce que son amant vivait lorsqu'elle se rendait sur Oméga. Elle devait éviter de se faire reconnaître comme une membre de la Hiérarchie, faire profil bas... Rien de bien plaisant. Et encore, c'était pour les fois où elle mettait les pieds sur la station. Tortus, lui, vivait ça presque chaque jour. Il lui avait déjà expliqué, dans les grandes lignes, ne pas vraiment avoir choisi ce genre de voie. Ou alors pas volontairement. Quoiqu'il en soit, il était coincé dedans désormais. Cela ne devait pas être facile à vivre tous les jours. Loin de là. Sauf si la vie de pirate lui plaisait réellement et qu'il ne lui touchait mot de cela. Allez savoir...
    Ces pensées n'étaient pas des plus joyeuses, mais elles avaient l'avantage d'occuper le trajet. Car l'un et l'autre restait dans leur mutisme. Appréhension ou fait de ne pas savoir quoi dire? C'était un peu les deux pour Aper. Elle prit place dans la navette, toujours muette, du début jusqu'à la fin. Elle croisa même les bras afin de cacher le léger malaise qui commençait à revenir. Contrairement à toutes les autres fois, elle serait obligée de rester sur le navire. Elle n'aurait aucune possibilité de partir à sa guise; le pilote ne répondrait sans aucun doute qu’aux ordres directs de Xern et elle ne savait pas piloter. D'autant plus que piquer une navette pour partir ne la laisserait pas en très bons termes avec lui. Et qu'elle n'avait aucune raison de penser à faire ça. Sauf si elle voulait absolument s'enfuir contre l'avis du capitaine. Bien sûr, certains auraient pu penser qu'il était dangereux de se retrouver ainsi, un peu coincée dans un vaisseau rempli de forbans. Notre sniper l'aurait pensé aussi si elle n'avait pas connu son amant depuis quatre ans maintenant. S'il avait voulu faire quelque chose, il l'aurait fait avant. Et puis même, elle ne faisait pas si grand cas de sa vie. S'il tentait quoique ce soit, allant de l'esclavagisme au meurtre, elle se battrait contre. Ou mourrait en essayant. Rien de plus. Mais c'était le genre de scénario plus qu'improbable, surtout au vu de la soirée qu'ils passaient. Cependant, la femelle restait d'une prudence presque maladive pour quelqu'un qui se foutait bien de crever. Une sombre histoire d'honneur, de confiance et d'acceptation mélangées.
    Laissant de côté l'idée d'un rapt, il y avait toujours cette histoire de nuit plus ou moins romantique à passer. Enfin, essayer de faire en sorte que. Rah. Cette incertitude, ce "Je fais, je ne fais pas, que faisons nous" tendait à agacer la turienne. Son propre comportement l'agaçait. Elle était une grande fille. Ce genre de petites choses, un peu inhabituelles, un peu étrange, n'avait pas à l'inquiéter de la sorte! Il fallait vraiment qu'elle arrête de se comporter comme une jeune pucelle inexpérimentée dès lors qu'on rajoutait un peu de tendresse dans son lit. Ce n'était pas un drame, ni une grosse épreuve à passer. C'était juste... Une autre façon de faire. Plus ou moins. Et encore... En d’autres mots, cela restait une bataille comme une autre. Et puis de toute façon, comme elle s'évertuait à se le répéter depuis tout à l'heure, rien ne découlerait de cela. C'était tout simplement un autre moyen de se détendre. Voilà. Rien de plus. Définitivement rien de plus. N'est-ce pas...?

    Plus le temps de réfléchir de toute façon. Ils venaient d'arriver. Le coeur de Ravilla, à défaut de battre pour le pirate, se mit tout de même à accélérer quelque peu. L'appréhension, toujours et encore. Encore que, elle était désormais un peu plus sûre d'elle. En même temps, elle avait l'impression que sa certitude faisait des hauts et des bas depuis le début de la soirée. C'était quelque chose à changer. Qu'elle reprenne un peu confiance en elle, que diable!
    Le regard étonné des membres de l'équipage l'aidait un peu tout en ne l'aidant pas vraiment. Paradoxal, hein? Car oui, d'un côté, elle appréciait de se savoir désirée. Pas pour une question d'égo, mais une partie d'elle aimait bien susciter le regard des mâles dans ce genre de situation. Les faire baver un peu, voir piquer un petit peu la jalousie de Xern. Pas énormément, et de toute façon il s'en fichait quelque peu. Mais c'était un peu une façon de l'aguicher, de lui dire qu'elle aurait pu en prendre un autre mais, éh, il avait été chanceux. Ouais, son amant n'était pas vraiment réceptif à ça mais ça l'amusait quand même.
    Le côté désagréable de la chose maintenant? C'était que les regards curieux, étonnés ou moqueurs lui rappelaient qu'elle était en robe. Et qu'elle détestait les robes. Sans compter qu'elle n'avait pas vraiment pris la plus sobre de toutes. Rajoutons à cela qu'elle avait toujours la peluche dans ses bras. Ravilla chassa l'embarras d'un revers de main, préférant afficher une neutralité mêlée à une fierté certaine. Autant assumer jusqu'au bout.

    - Ma cabine ? Et désolé de t'emmener sur ce chemin, je sais que tu n'aimes pas ça...

    - Hein? Ah, oui. Pas de problème pour la cabine.
    Et... Je n'aurais pas accepté de venir si ça m'emmerdait tellement
    , souffla-t-elle dans un murmure.

    Elle croyait savoir de quel chemin l'homme parlait. Par rapport à la romance, tout ce bordel. Oui, elle n'avait pas vraiment envie de se pencher d'avantage sur le "chemin" dont il parlait. Elle croisa les bras dans l'ascenseur, caressant sans trop y faire attention le varren en peluche. En général, ils auraient déjà commencé à se sauter dessus sitôt les portes refermés pour continuer dans la chambre. Ou au moins à se chercher l'un l'autre. Bah. Aucune raison que ça change vraiment des autres fois.

    - Cette nuit, je te laisserai faire..., fit-il avec malice.

    La turienne lui répondit par le même genre de sourire. C'était faux. Elle le savait. Il savait qu'elle le savait. Elle même savait qu'il savait qu'elle le savait. Bref, personne n'était dupe. Ils avaient tous deux un caractère un peu fort et n'étaient pas du genre à se laisser faire. Leurs coucheries prenaient souvent des aspects de luttes sensuelles plus celui d'un film bien travaillé. C'était à qui ferait craquer l'autre en premier, prendrait le dessus - dans tous les sens du terme - pour pouvoir savourer cette victoire que tous les deux partageraient.
    La militaire entra, posa ses affaires à l'intérieur et fit un petit signe de tête au propriétaire des lieux afin qu'il n'entre à son tour.










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Dernière édition par Ravilla Aper le Lun 16 Mar 2015, 23:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Ven 13 Mar 2015, 17:17
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Xern et Ravilla étaient de grands sportifs. Autant de par leurs activités professionnelles, Ravilla étant une militaire et Xern, un pirate, que par leurs... hobbies. Les deux étaient de grands amateurs de parties de jambes en l'air et appréciaient de pratiquer cet art ensemble. C'était d'ailleurs le fondement de leur relation, qui ne devait, à la base, que tourner autour de cela, ayant accepté d'être tout deux des amants occasionnels, ou des sex friends, pour reprendre le terme, quoique laissant un peu moins rêveur. Les choses avaient cependant changé, et les deux Turiens s'étaient rapprochés, plus que ce qu'ils n'avaient prévu à l'origine, au point même de dépasser leurs attentes et prendre une tournure qu'eux même n'attendaient pas. Il s'agissait de cette soirée, qui était une première pour eux. D'aucuns diraient qu'il s'agissait de quelque chose de normal, et qu'il ne fallait pas chercher à se poser des questions sur ce qu'il venait de se passer. Mais il fallait prendre en compte que la femme n'était pas une amatrice de romance, qu'elle ne désirait qu'assouvir ses désirs primitifs, comme toute personne en ce monde, mais sans attachement. Elle avait en effet beaucoup souffert de la perte de ses proches, et ne voulait plus revivre cela, plus jamais. Elle se remettait d'ailleurs difficilement de la Grande Guerre, et Xern le savait. C'était la raison pour laquelle elle ne désirait qu'une relation physique, occasionnelle, lorsqu'elle le voulait, et non pas quelque chose d'autre. Le pirate avait bien entendu accepté, lui-même n'ayant pas réellement la volonté de s'immiscer dans ce genre d'affaire, trop exigeante pour une personne de sa condition, condamné à mourir dans un futur proche, et vivant la plus grande partie de son temps dans son vaisseau. Et puis, qui refusait une telle chose à une femelle aussi bien bâtie que Ravilla ? Il fallait ne pas être de se bord, ou être déjà pris, voire être complètement inconscient. Xern, bien qu'il sût ce que lui réservait l'avenir, gardait les pieds sur terre et ne se refusait aucun luxe, si celui-ci ne s'accompagnait pas de conséquences qu'il ne pouvait assumer.

Or, la situation s'était compliquée. Il aurait dû s'attendre à ce qu'un contact physique et charnel avec la Turienne finisse par aboutir à quelque chose de plus qu'un simple lien opportuniste. C'était toujours comme ça ; un attachement finissait par s'imposer, plus puissant que les simples promesses des deux concernés. Cette soirée de l'Adahunum avec Ravilla en était déjà une preuve indéniable. Et puis, elle qui portait en permanence une armure, la voilà qui avait mis une robe. Ils s'étaient même offert des cadeaux, que tous deux avaient fortement appréciés. Cela dépassait totalement le contrat qu'ils avaient signé. Mais Xern ne disait rien ; il ne savait pas quoi dire. Devait-il mettre fin à cette folie ? Ou devait-il s'y abandonner sans y réfléchir ? Etait-ce une erreur ? Très probablement, et il se sentait impuissant face à ce qui se passait ; le mal était fait, il ne pouvait pas revenir en arrière. Le voulait-il, d'ailleurs ? Il ne pouvait pas répondre à cette question. Et puis, pour couronner le lot de bizarreries, voilà que Ravilla demandait au pirate comment "le faire". Elle s'était jeté sur lui, l'avait embrassé passionnément et s'était installée sur ses genoux, avant de le dévêtir de son haut, jusqu'à finalement poser cette question, proposant leur méthode habituelle, assez sauvage, ou bien quelque chose de plus sensuel. C'était une première. Normalement, les deux énergumènes ne se posaient même pas la question, ils y allaient d'un coup, s'abandonnant l'un à l'autre furieusement et sauvagement. La Turienne avait un certain goût pour les morsures et les griffures, et leurs ébats frôlaient le masochisme. Mais là, pour la première fois, elle proposait de la sensualité, elle, qui était si vive en temps normal. Xern se demanda presque si elle avait pris un coup sur la tête. Mais il savait au fond qu'elle n'était que la victime des conséquences de leurs rencontres et de l'évolution de leur relation. Lui même y était sujet.

Il passa sa main le long du bras de la Turienne, et, sans vraiment la regarder en face, mais laissant plutôt son regard se balader, il répondit, fixant son regard de glace dans le sien :

- Et pourquoi pas les deux ?

Puis il l'embrassa, agrippant sa robe pour la retirer du corps de Ravilla, qui n'en avait à présent plus besoin...

***


Lorsque Xern ouvrit les yeux, il était allongé dans son lit, nu. Une présence se trouvait à côté de lui. Il s'agissait de Ravilla, nue également. Les deux Turiens s'étaient abandonnés l'un à l'autre toute la nuit, comme ils le faisaient si souvent lorsqu'ils étaient ensemble. Mais cette fois-ci fut différente des autres. Il y avait eu quelque chose de plus. Leur coucherie avait été moins pour le sexe pur et dur (comme la bite de Xern), mais avait été agrémenté de plus de sensualité. Il y avait eu les morsures et les griffures que la femme aimait tant, mais la passion avait été à l'ordre du jour cette fois-ci, plus que les autres fois. Le Capitaine ne se l'expliquait pas. Mais, au moins, ce fut plaisant, et il aurait voulu le refaire, si la fatigue n'avait pas eu raison de lui, ainsi que de sa partenaire. A présent, tout allait redevenir normal. La nuit était passée, Ravilla allait devoir retourner sur Palaven, et tout deux ne reparleraient plus de cette soirée, aussi agréable fut-elle. Il fallait revenir à la réalité, reprendre les routines, car les choses devenaient hors de contrôle entre les deux. Il fallait revenir en terrain connu, plutôt que de s'élancer dans une direction qu'ils ne savaient pas où elle menait. C'était ce que Xern pensait. Rien de bon ne pouvait ressortir d'une évolution trop sérieuse de sa relation avec la Turienne. Trop de facteurs risquaient de les compromettre les deux.

Il regarda Ravilla, puis la secoua un pour la réveiller.

- Allô ? On reprend vie ? demanda-t-il.

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Lun 16 Mar 2015, 23:42



    Maladroite? Oui, on pouvait dire ça, sans le moindre doute. Comme à chaque fois qu'elle essayait de se montrer douce et affectueuse. En même temps, le romantisme, ça n'avait jamais été son truc. Même toute jeune, elle passait plus son temps à rêver de combats que du prince charmant. Son entrée dans l'armée ne l'avait pas aidée à développer le moindre côté fleur bleu. Même avant la guerre, elle préférait souvent quelque chose de fort, mais court à une platitude routinière. Inutile de parler d'après l'attaque des Moissonneurs; elle s'était tellement renfermée sur elle-même qu'il avait fallu du temps avant qu'elle ne recommence à s'ouvrir un peu aux autres. Ouais... Depuis le début de sa vie sexuelle, tout avait été plus sauvagerie que délicatesse. Elle n'était même pas foutue de le demander directement, ou même de l'entendre clairement. Pourtant, cela ne lui déplaisait pas. Disons que ça changeait, que c'était un peu agréable, sans doute. Enfin, il ne fallait pas exagérer. Elle ne serait jamais le type de femme à aimer les ballades sur la plage, les repas à la chandelle sous les étoiles, les grandes déclarations et qui rêve d'une maison, trois gosses et deux Varrens de compagnie avec son époux à ses côtés. C'était ainsi. Il y avait des gens bons à marier et à être excellents dans ce domaine et d'autres qui ne l'étaient pas. Pas une grande affaire.
    Tout ça pour dire que oui, Aper n'était pas dans son domaine et elle avait au moins le bon sens de le reconnaître. Elle tentait tout de même d'avancer dans ce milieu inconnu, un peu à tâtons, cherchant l'aide, voir l'approbation du pirate. C'était paradoxal. Totalement. Néanmoins, lui était meilleur dans ce domaine. Il avait de l'expérience, au moins. Sans compter qu'il était du genre à apprécier tout ça. Pour la première fois depuis le début de leur étrange relation, la turienne le laissait plus ou moins prendre la main, sans particulièrement chercher à prendre le dessus. Comme une danse, plutôt qu'une bataille. L'idée lui plaisait bien.
    En attendant, elle restait assise sur les genoux de son amant, attendant sa réponse. Ils formaient un duo bizarre, c'était indéniable. Sans compter qu'ils commençaient à s'attacher, au moins un peu. Ce n'était pas raisonnable. Elle le savait. Il le savait. Elle se doutait qu'il le savait. Lui aussi devait se douter qu'elle pensait de la même façon. Pourtant, aucun ne cherchait à se montrer raisonnable. Espéraient-ils vraiment que quelque chose sorte de tout cela? C'était difficile à croire et peu probable. Xern était un pirate; pas vraiment le genre de profession qui entendait une vie longue. L'armée... sauf cas de gros conflits, il y avait moyen de s'en sortir. D'une façon plus certaine. Quand bien même, Ravilla s'était presque jurée une vie de solitude. Sans doute qu'ils ne faisaient que caresser du bout des doigts un rêve. Allez savoir...

    - Et pourquoi pas les deux ?

    Vivre l'instant présent plutôt que rêvasser. C'était préférable, en effet. Alors elle se laissa à moitié faire, à moitié non, parfois aussi sauvage qu'à son habitude, parfois jeune débutante découvrant comment rentrer les griffes. Quant au reste... Cela n'appartient qu'à eux...


    *****



    Allongée sur le côté, légèrement roulée en boule comme son habitude et à demi-couverte par le drap, notre militaire dormait, quelques heures plus tard, du sommeil du juste. En tout cas, elle essayait de dormir du sommeil de la juste. Cela aurait été possible si elle ne rêvait pas. Normalement, ses médicaments l'en empêchait. Encore aurait-il fallu qu'elle ait pu les prendre. Pour le coup et exceptionnellement, la fatigue l'avait rattrapée. Après leurs ébats, elle s'était blottie contre le mâle pour trouver le repos. Lequel était, pour une fois, venu rapidement. La présence à ses côtés avait été réconfortante et même plutôt apaisante. Pour quelques heures, tout du moins. Finalement, ses vieux démons étaient revenus pour la hanter. Pas avec autant de violence que d'habitude, mais asse pour être désagréables. Ses mandibules cliquetaient plus ou moins sèchement alors qu'elle griffait légèrement les couettes. Elle se revoyait sur Terre, alors que les Moissonneurs submergeaient leur position. Pour un peu, la franc-tireuse sentait l'odeur du sang frais et de la terre humide. Les échos du grondement des charges des Brutes lui revenait aux oreilles. Quant aux visages... Les aspects déformés, hideux, ne cesseraient jamais de la hanter. Les Furies et leurs griffes démesurées, faites pour éventrer; les Zombies, véritables saloperies une fois en nombre; les hybrides turiano-krogan, dont la fusion incompatible devait les déchirer à chaque seconde. Et puis... les Maraudeurs. Pour une fois, ils étaient à l'arrière, tirant de loin. La plupart du temps, ses rêves les plaçaient dans les premiers et elle les fuyait. Mais là, elle n'y arrivait pas. Autour d'elle, ses camarades mourraient, comme d'habitude. La charge avançait, se ruait même, prête à détruire. C'était la seule chose qu'ils savaient faire. Un des zombies se ruaient sur elle, dents en avant, quand une secousse la tirait de son cauchemar.
    Instinctivement, à peine éveillée et toujours dans le flou, la belle se dégagea furieusement de la prise. Elle sentit son bras heurter celle qu'elle identifia rapidement comme étant Xern. Lequel ne devait pas se douter qu'il recevrait un coup en guise de bonjour. Face à lui, la mine de son agresseuse se décomposait sous ses yeux alors qu'elle se rendait compte de ce qu'elle venait de faire.

    - Xern...?

    Merde. Putain de bordel de merde, même. Elle fit mine d'esquisser un geste vers lui avant de s'interrompre bien vite, penaude. Elle n'avait pas envie qu'il croit qu'elle s'apprêtait à lui en foutre de nouveau une. Dès lors, elle préféra se montrer plus douce et lente, finissant par caresser doucement la mandibule droite de son compagnon. Elle qui était d'habitude si assurée, voilà que sa confiance venait de voler en éclat.

    - Je suis désolée Xern... Vous allez bien? Je suis désolée. Je ne voulais pas. Vous m'avez... surprise.

    Elle se tut, s'en voulant presque immédiatement. Elle trouvait le moyen de lui coller une droite et en plus de rejeter la faute sur lui. Génial... C'était à se demander pourquoi elle se sentait obligée de s'entêter à se montrer délicate. Elle n'était pas faite pour ça. Elle aurait mieux fait de ne pas accepter de rester. Et de ne pas proposer cette foutue idée en premier lieu. La militaire fit mine de vouloir se lover contre le torse du pirate en guise d'excuse, mais s'interrompit. Il valait mieux arrêter les frais là.

    - Je suis réellement désolée.

    Elle quitta le lit pour préférer la salle de bain, réussissant, à sa grande surprise, à ne pas claquer la porte derrière elle. Aper enrageait, certes, mais plutôt contre elle-même. Ses cauchemars ne lui foutraient jamais la paix. Un pas en avant, deux en arrière... Bordel. Elle alluma l'eau chaude à s'en brûler la peau et respira profondément afin de se calmer. Non. Elle n'allait pas jouer les pauvres petites filles qui rejetaient tout car ayant fait une erreur. Oui, elle avait frappé Xern. Non, ça n'avait pas été volontaire, et encore moins le genre de chose habituel. Voilà, il fallait le prendre ainsi. C'était un accident très con, mais un accident. Le Capitaine le comprendrait ou non, c'était au choix. Quoiqu'il en soit, il était hors de question qu'elle joue les héroïnes de films niais qui s'enfuit ou se renferme de nouveaux sur elle-même pour ça. Elle allait avoir l'air très conne pendant quelques temps, voir serait l'objet d'une anecdote plus ou moins drôle. C'était une horrible façon de terminer une bonne soirée mais... rien de plus.
    Légèrement rassurée, la militaire ne put pas pour autant s'empêcher de se sentir des plus bêtes. Dans ce genre de cas, mieux valait se concentrer sur les choses positives. Elle caressa pensivement une des griffures qu’elle avait au niveau du cou. Au moins… Les choses s’étaient globalement bien passées ? La soirée en elle-même ? Bon, le retour à la réalité avait été brutale mais… Bon, d’accord. Ce n’était pas la peine d’essayer. Restait plus qu’à voir les conséquences de ses actes.







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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Sam 04 Avr 2015, 00:36
Et Joyeux Noël
"...Adahunum à deux..."

Ce fut un coup de poing qui fit office de réponse à la question de Xern, Ravilla ayant été très probablement sujette à un cauchemar lorsqu’il la réveilla. Ne s’étant pas attendu à cette réaction, il ne put parer l’attaque et les phalanges de la Turienne vinrent frapper son visage avec force. Lorsque la femme se rendit compte de ce qu’il venait de se passer, qu’elle avait frappé son amant, elle en fut tellement embarrassée qu’elle s’enfuit dans la salle de bain de la cabine, fuyant le regard interloqué du mâle. Ce n’était pas rare qu’elle se réveillât en sursaut ou en panique, elle était sujette à des cauchemars, et cela était récurent. A dire vrai, il était rare qu’elle ne passât une nuit sans être victime de ses peurs. Xern en avait pris l’habitude, mais c’était la première fois qu’elle le frappait. Il ne le prenait pas mal et ne voyait pas l’événement d’un mauvais œil ; il l’avait simplement réveillée au mauvais moment. Cela arrivait et il n’en était pas coupable, tout comme elle n’était pas responsable de ses mauvais rêves. Il y avait des choses sur lesquelles on ne possédait aucun contrôle, il fallait faire avec, aussi fatiguant cela pouvait être. Xern faisait partie des mieux placés pour le savoir, lui-même ayant été victime de cette fatalité ; on lui avait arraché sa vie sans qu’il eût mot dire. Donc, au lieu de rouspéter, au lieu de s’offusquer du coup que lui avait porté la femme, il resta simplement silencieux. Il se contenta de se dire que la situation de son amante, malgré tout, s’améliorait petit à petit, ses cauchemars étant moins nombreux que par le passé. C’était une bonne chose, au final, même si leur présence persistante restait une épine dans le pied. Ravilla ne se rendait pas forcément compte qu’elle faisait des progrès, et cela n’aidait pas son humeur, mais Xern, lui, le remarquait et, même s’il n’était pas aussi présent que devrait l’être un véritable ami, il restait là à l’encourager lorsqu’il le pouvait. C’était le moins qu’il pût faire. Mais la tâche n’était pas aisée, la situation respective des Turiens les gardant à distance la majeure partie de leur temps. De ce fait, le mâle ne pouvait pas supporter la femelle comme il le voudrait. Ce n’était pas par amour pour elle, mais pas pur compassion ; personne ne méritait de souffrir ainsi de ses cauchemars.

Quelques secondes après que Ravilla eût rejoint la salle de bain, Xern quitta son lit et remit ses sous-vêtements ; il en mettrait d’autre une fois qu’il aurait lui-même pu se laver. A moitié nu, il rejoignit l’autre bout de la chambre et observa la bouteille de rhum que son amante lui avait offerte. Un grand cru, spécialement conçu pour les dextro-aminés. La Turienne avait fort avec son cadeau, il n’aurait pas pu demander mieux. Elle qui avait douté de sa décision, elle n’avait pas pu mieux choisir. L’eau de la douche coulant toujours, le pirate décida de se verser un verre, juste un, afin de goûter la liqueur sucrée. Il ne versa qu’une petite partie du contenu de la bouteille, désirant la faire durer le plus longtemps possible. Une gorgée suffit à conclure que la boisson n’usurpait pas sa réputation ; c’était fort, c’était sucré, c’était du rhum de très haute qualité. Xern se demandait combien de crédits Ravilla avait dépensé pour lui faire ce cadeau. Dire que lui n’avait pas dépensé un sous pour son cadeau, il s’en sentait presque coupable. Au moins, elle l’avait beaucoup apprécié. C’était déjà ça. Mais la conscience du Turien lui soufflait quand même qu’elle n’apprécierait pas tellement d’apprendre qu’il s’agissait d’un objet volé lors d’un raid. Il conclut simplement en se disant qu’elle n’avait pas besoin de le savoir ; il y avait des détails qu’il fallait parfois omettre. Il ne saurait pas le prix de ce rhum, elle ne connaîtrait pas l’origine du drone de combat. C’était équitable.

Lorsque Xern eut rangé son verre ainsi que la bouteille, Ravilla sortit enfin de la salle de bain, l’air toujours un peu gênée par ce qu’il s’était passé un peu plus tôt. Elle n’avait pas à s’en faire, le Turien ne lui en voulait pas, c’était déjà oublié de sa part, tout comme la douleur, qui s’était rapidement estompée. Mais, bornée comme elle l’était, il était évident qu’elle allait s’en vouloir encore un peu, même s’il tentait de la convaincre du contraire. Cependant, ne rien dire lui donnerait l’impression qu’il fût blessé, ce qu’il n’était pas. Pour éviter de transmettre le mauvais message, il se devait d’apaiser la conscience de son amante. Il possédait toujours cet esprit bienveillant qui le poussait à s’assurer que la Turienne se sente le mieux possible en sa présence. Il voulait la mettre en confiance, si cela pouvait l’aider à mieux dormir la nuit. Auraient-ils été qu’amis qu’il en agirait de même. Ce n’était pas lié à ses sentiments naissants pour elle, c’était par pur bonté d’esprit. Il avait beau être un pirate et avoir le sang d’innocents sur les mains, il n’était pas pour autant dépourvu de cœur. Au fond, il n’avait jamais sombré dans le mal absolu, il restait encore sur les deux bords.

« Je constate que tu as toujours de sacrés réflexes », dit-il à l’intention de la Turienne. Mais constatant que son ironie ne faisait que la morfondre un peu plus, il s’empressa d’ajouter :

- Ne t’en fais pas, ce n’est pas grave. Je n’aurais pas dû te réveiller, j’aurais dû te laisser dormir. Il m’arrive de ne pas me rendre compte que tu es encore sujette à tes cauchemars. Excuse-moi.

Xern croisa les bras. Il n’avait pas grand-chose de plus à ajouter. Il fallait dire que les deux énergumènes n’étaient pas forcément doués pour la conversation. Et puis, d’habitude, Ravilla ne tardait jamais très longtemps à s’en aller, une fois leur nuit passée. Il arrivait même souvent qu’elle s’éclipsât pendant que son amant dormît encore. C’était un moyen qu’ils avaient d’éviter de trop s’approcher, de s’en tenir au sexe et à rien d’autres, bien que cela finît par ne plus être efficace, comme leur soirée de la veille le démontrait. Cette matinée n’allait sans doute pas déroger à la règle.

- J’imagine que tu t’en vas, maintenant ? demanda-t-il. Je tiens à te dire que j’ai beaucoup apprécié cette soirée et… qu’on pourrait remettre ça une fois. Peut-être l’année prochaine !

Cette dernière phrase s’était accompagnée d’un rire de la part du pirate. Il fallait bien rire de leur maladresse respective et de l’anormalité de leur relation.

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MessageSujet: Re: Et Joyeux Noel   Mer 08 Avr 2015, 18:28


    La douche et le temps lui avaient fait du bien. La turienne avait pris le moment d'y réfléchir, puis fait la part des choses. Soit il s'agirait d'un événement dont ils pourraient en reparler plus tard en riant, soit la dignité du Capitaine prendrait le dessus quitte à envenimer les choses. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas rester enfermé dans la salle de bain de celui-ci et lui piquer toute l'eau chaude qui allait arranger les choses. Sans compter que ce n'était pas comme si elle devait craindre quoique ce soit de la part du pirate. Il n'était pas du genre à s'offusquer pour un rien. Une baffe au réveil serait sans doute le cadet de ses soucis.
    Voilà pourquoi elle n'aimait pas rester. Pourquoi elle partait la plupart du temps après avoir feint de s'endormir, ou se réveillant largement avant lui, laissant juste un mot en guise d'au revoir. Quand elle n'évitait tout simplement pas de fermer l'œil de la nuit. Elle haïssait ses réactions incontrôlables au point qu'il lui arrivait bien souvent de bénir la chambre individuelle qu'elle occupait tant sur les navires que sur base. Elles lui rappelaient constamment, alors qu'elle pensait enfin s'en être débarrassée, ou au moins les avoir maîtrisées, qu'elle n'était rien face à ses démons. Oh, elle avait fait des progrès, bien évidemment. Mais rien d'assez transcendants à son goût. Ou bien, quand elle avait la réelle sensation d'en avoir fait, comme cette nuit, ses efforts étaient réduits à néant par ses cauchemars. Difficile de trouver la paix si on ne lui laissait pas un seul instant de répit. Enfin. Le chemin était encore long. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle était prête à envisager de laisser la chance de se pardonner. Ce n'était pas le moment de se laisser avoir par quelques coups durs.

    Ce fut donc une Ravilla quelque peu plus en forme qui sortit enfin de la salle de bain, après ce qui devait être un bon gros quart d'heure. Elle évita soigneusement le regard de son amant, resserra la serviette qui lui ceignait la taille et se dirigea vers ses affaires pour en sortir, pas bête, les affaires qu'elle y avait stockée. A savoir une tenue propre, moins formelle que cette robe dans laquelle elle se baladait depuis hier.

    - Je constate que tu as toujours de sacrés réflexes.

    L'intéressée se figea un peu, claqua des mandibules tout en grommelant quelque chose d'inaudible mais qui semblait contenir un "désolé" si on tendait bien l'oreille et, avec beaucoup d'imagination un "réflexes à la con oui". Après quoi, elle tira ses vêtements de son sac et s'assit sur le lit, évitant de trop soupirer.

    - Ne t’en fais pas, ce n’est pas grave. Je n’aurais pas dû te réveiller, j’aurais dû te laisser dormir. Il m’arrive de ne pas me rendre compte que tu es encore sujette à tes cauchemars. Excuse-moi.

    Le silence s'installa un instant alors que la franc-tireuse finissait de s'habiller. Ce n'est qu'une fois qu'elle commença à enfiler sa veste par-dessus son t-shirt qu'elle finit par prendre parole d'une voix qui se voulait claire. Au moins, les choses étaient fixées: il ne lui en voulait pas, elle ne s'en voulait plus et, comme cette soirée, ce serait sans doute quelque chose qu'ils éviteraient d'évoquer à l'avenir. Ou en tout cas, pas trop souvent. De temps à autre, si ça leur échappait, à la limite.

    - Non, c'est moi qui suit en tort. Je ne me suis pas montrée assez prudente; vous n'avez pas à souffrir de mes oublis Xern. C'est plutôt à moi de m'excuser.

    C'était vrai. Elle était celle qui, sachant pertinemment l'importance de ses médicaments, ne s'était pas pris la peine de les prendre. Techniquement, il l'avait quelque peu distraite de cela, mais la faute lui revenait. Sa fierté, somme toute mal placée, l'empêchait de le voir lui comme responsable de quoique ce soit. D'autant plus qu'il avait été avisé de vouloir la réveiller. Elle n'aimait pas trop dormir et sans lui c'était, paradoxalement, ce qui aurait pu se passer. Au lieu de se réveiller désolée, la militaire aurait passé la journée les nerfs à fleur de peau.
    Elle commença à ranger ses maigres affaires.

    - J’imagine que tu t’en vas, maintenant ? Je tiens à te dire que j’ai beaucoup apprécié cette soirée et… qu’on pourrait remettre ça une fois.

    Elle attrapa la peluche de Varren, dernière rescapée de ses maigres possessions à cet instant. La fourrure était toujours aussi douce que la veille; avec leur cadeau respectif, il s'agissait de l'unique rappel de leur soirée. Avec toute la délicatesse dont elle pouvait faire preuve, Aper la posa sur la table basse présente dans la pièce.

    - J'en suis désolée, mais je ne peux pas rester plus longtemps. Je dois retourner à la Citadelle, puis repartir sur base au plus tôt. Puisque je ne peux pas l'emmener avec moi - dit-elle tout en tapotant la tête de l'animal factice - considérez la comme un moyen de vous tenir compagnie.
    Quant à cette soirée... Je l'ai appréciée, moi aussi
    , lâcha-t-elle d'une voix douce. Quant à remettre ça... Une autre fois, peut-être.

    Certes, ils semblaient avoir convenu la veille sans trop le dire qu'il s'agissait d'un événement exceptionnel et unique. Néanmoins, leur première nuit aussi aurait dû être exempte de suite. Pourtant, ça n'avait pas été le cas. Alors, ils pouvaient bien imaginer refaire ce genre de chose à l'avenir. Une fois par an. Deux, à la limite. Tant que ce n'était pas trop fréquent, ça irait. Après tout, ils pouvaient bien faire en sorte de se voir comme ça juste pour passer un bon moment. S'amuser, même. Rien qui ne soit forcément directement sérieux. Juste... Une façon d'apporter un peu de fraîcheur dans leurs rencontres fortuites. Bah, ils avaient le temps de voir. Sans forcément l'avoir. Ce n'était de toute façon pas comme s'ils étaient du genre à tout planifier.

    La femme préféra arrêter de trop y penser. Entre eux, les choses se faisaient ou ne se faisaient pas, mais elles ne se réfléchissaient pas tant que ça. C'était plus une question d'instinct, en quelque sorte.

    - Peut-être l’année prochaine !

    A son rire, elle répondit par un sourire, puis par un baiser déposé sur la mandibule, accompagné d'une caresse furtive sur son cou. Elle garda sa moue amusée alors qu'elle se dirigea vers la porte.

    - Peut-être, répéta-t-elle d'un ton un peu mystérieux.

    Après quoi, elle sortit.


    [Fin du rp]








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Et Joyeux Noel

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