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 Requiescat in pace

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MessageSujet: Requiescat in pace   Dim 18 Jan 2015, 10:46
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Ashaa Jakari ♦ Keedan Braha’n
Requiescat in pace


Ashaa traversait les rues d’Oméga en portant sur la tête un voile enroulé autour de son cou et de ses épaules. C’était une habitude qu’elle avait prise au cours de l’année qu’elle avait passée sur la station pirate à vivre au jour le jour de petits larcins ici et là. Il était bien plus facile de se perdre dans la foule si personne ne pouvait reconnaître votre visage. Et le tissu étant teint d’une autre couleur sur le revers, il suffisait de le retourner pour faire oublier la couleur primaire si jamais la victime choisie parvenait à se rendre compte de la supercherie. Et Ashaa n’était pas la seule femme à se voiler le visage quand elle arpentait les rues sordides de l’astéroïde de tous les vices. C’était un moyen comme un autre d’assurer son anonymat et de repousser les menaces potentielles. Surtout pour une femme. Si on n’attirait pas le regard, il en allait de même pour la convoitise et les menaces n’avaient alors pas lieu d’être.

Se glissant dans une allée peuplée et animée en ce qui aurait dû être un début d’après-midi ensoleillé et doux, Ashaa se retrouva à remonter une avenue sombre noyée sous la lumière rouge-orangée si caractéristique d’Oméga. Mais ce n’était pas le plus dérangeant. Le plus paradoxal dans l’histoire, c’est qu’elle s’était habituée à cette étrange lueur sans pour autant parvenir à oublier les journées radieuses et les nuits fraîches de Khar’Shan. C’était là tout le côté paradoxal de son existence : à présent qu’elle avait recouvré sa liberté après des années de souffrance et de torture tant physique que morale, elle en arrivait toujours à regretter certains aspects de cette vie passée. Quand bien même il s’agissait de la planète-mère de tous les Butariens, Khar’Shan n’en demeurait pas moins un monde éden d’une grande beauté. Ashaa avait été sensible à cette élégance. Et c’était bien pour cela qu’elle avait toujours vu en Khar’Shan une prison aux barreaux dorés. À la fois belle et terrible ; objet de fascination malsaine.

Arrivée au bout de l’avenue, Ashaa se glissa dans une rue perpendiculaire qu’elle remonta sur un peu moins de cinquante mètres avant de pousser la porte d’une modeste échoppe. L’odeur si caractéristique de l’habitat s’épanouit sur son visage et exalta tous ses sens. Malédiction des Drells si l’on peut dire, la mémoire eidétique de la jeune femme fit remonter à la surface le souvenir vivant de sa rencontre avec Dalyn – l’Elcor qui lui avait littéralement sauvé la vie. Il avait intercédé en sa faveur et l’avait sortie de la rue pour la prendre sous son aile et lui offrir de vivre enfin une vie aussi normale qu’il était possible d’avoir sur Oméga. Parfaitement imprégnés dans sa mémoire, les traits du visage de l’Elcor étaient rendus sans le moindre défaut. On aurait dit une photo prise ce jour-là qui se rappelait brusquement au bon souvenir de la jeune femme sur un coup de tête. Un sourire se matérialisa sur les douces lèvres de la Drell tandis qu’elle reprenait contact avec la réalité. Elle imaginait déjà entendre la voix de Dalyn l’interpeller en disant :

— (Soucieux.) Où étais-tu encore passée ? Tu as dit que tu n’en aurais que pour quelques minutes et cela fait plus d’une heure que je t’attends. (Soupçonneux.) Dans quoi es-tu encore allée te fourrer ?

Soudain, ce fut comme si le rêve s’était transformé en cauchemar. Se tenant toujours sur le porche de la modeste boutique de son père adoptif, Ashaa eut le souffle coupé et lâcha les sacs qu’elle portait à bout de bras quand elle découvrit les rayonnages gisant à terre en mille morceaux. Le commerce de Dalyn portait avant tout sur des denrées comestibles ; mais il n’était pas rare que pour les bons clients, il offre quelques services supplémentaires (sable rouge et autres marchandises illicites). Aussi Ashaa trouva-t-elle au milieu des fruits et légumes importés de diverses colonies des Terminus des sachets de sable rouge et autre munitions d’armes à feu éparpillés au milieu des débris des rayonnages. Mais plus important que tout : du sang en très grande quantité. Beaucoup trop même.

Ashaa manqua tourner de l’œil quand les effluves métalliques si caractéristiques du fluide vital vinrent effleurer ses narines. Elle porta machinalement une main à son visage en retenant de justesse le haut-le-cœur qui manqua lui faire restituer le maigre repas pris quelques heures plus tôt avec son protecteur. Ashaa prit une profonde inspiration en s’efforçant de ne pas se focaliser sur l’arrière-goût ferreux qui s’attarda un moment sur sa langue. Ce genre de scène avait été son lot quotidien depuis sa plus tendre enfance. Elle avait été témoin et victime de bien des sévices et horreurs dans sa vie et celle-ci n’était hélas qu’une de plus à ajouter à sa trop longue liste.

Le fait est que cette découverte l’avait prise au dépourvu. Elle n’avait plus été témoin de ce genre de scène depuis sa fuite miraculeuse de Khar’Shan. Et en toute honnêteté, c’était là l’un des aspects de cette autre vie qu’elle tenait par-dessus tout à laisser derrière elle. Mais voilà… l’horreur lui faisait de nouveau face. Et ce ne fut rien en comparaison de la boule qui se forma dans son estomac quand elle fit soudain le rapprochement et remit les pièces du puzzle à leur place.

— Dalyn…

Un murmure à peine audible ; mais une souffrance à nulle autre pareille. Ashaa sentit ses poumons se vider d’un coup de leur air et c’est les jambes chancelantes qu’elle traversa la boutique en suivant la traînée sanglante balisant la route à suivre. Ses pas la menèrent vers la réserve, au fond de l’échoppe, sans qu’elle ait véritablement conscience d’avoir fait le chemin elle-même. Elle était comme en transe. Et là… ses genoux se dérobèrent sous elle lorsqu’elle découvrit une montagne de muscles étendue sur le flanc dans une impressionnante mare de sang encore frais. La respiration bloquée, Ashaa demeura ainsi un moment – figée – jusqu’à ce que son corps réclame à grands cris une bouffé d’air salvatrice. Et tandis que l’oxygène s’engouffrait de nouveau dans ses poumons en brûlant sa gorge sèche au passage, la Drell ne put retenir le douloureux sanglot qui lui fut arraché ; et son cri résonna comme un sinistre glas dans le silence morbide de la macabre réserve.

***

Ashaa ignora combien de temps elle demeura là à fixer le corps de son protecteur et ami. Toujours est-il qu’au bout d’un long moment, elle nota la présence d’un datapad abandonné au milieu de l’imposante flaque de fluide vital s’étant lentement déversée du corps sans vie de son père adoptif. Se redressant avec maladresse, c’est presque à contrecœur que la Drell se rapprocha du corps encore chaud et qu’elle s’empara d’une main tremblante dudit datapad. Une note était inscrite dessus à son attention.

    Tu es à moi. Tu m’appartiens. Ne l’oublie jamais. Où que tu iras, je te retrouverai. Reviens de ton plein gré et je serai clément. Force-moi la main et tu le regretteras. Je n’ai pas oublié ta trahison.
    Gorbak


De nouveau, Ashaa eut le sentiment de recevoir un coup vicieux dans le ventre qui vida complètement ses poumons de leur air. Ce ne pouvait pas être possible. Tout ceci devait être un cauchemar. Elle était forcément en train de faire un mauvais rêve. La boutique. Dalyn. Et maintenant… ça ! Non. Elle refusait de croire une telle chose possible. Et pourtant… elle tenait le datapad sanglant dans ses mains ; ce qui devait être en soi une preuve suffisante à ses yeux. Prise d’un sursaut, la Drell lâcha cet objet dont elle refusait de reconnaître la légitimité. Elle refusait de croire que Gorbak était la cause de tout ceci. Elle refusait de croire qu’il était parvenu à la retrouver et qu’il s’en était pris à Dalyn pour mieux l’atteindre elle. Elle refusait de croire que son passé l’avait rattrapée et que toutes les horreurs subies dans ce qui semblait lui être une autre vie allaient recommencer dans cette nouvelle vie-ci.

Un tintement métallique se fit entendre dans la boutique quand un client potentiel poussa la porte et s’aventura à l’intérieur de l’échoppe en quête d’un peu d’exotisme. Ashaa se figea. Gorbak disait dans la note que le choix était sien. C’était à elle de décider si elle consentait à le rejoindre de son plein gré ou si elle le forcerait à prendre des mesures exemplaires pour la ramener « au bercail ». La personne qui venait de s’aventurer dans le magasin était-elle à sa solde ? Avait-il finalement perdu patience et envoyé d’ores et déjà ses hommes pour la contraindre à retourner auprès de lui ? Était-elle en danger à l’heure qu’il est ? Elle ne pouvait pas fuir ; il n’y avait pas de sortie de secours. Que faire ?

La réponse lui vint quand elle sentit le manche de son couteau dans la paume de sa main. L’arme avait quitté son fourreau dissimulé dans sa botte toute seule. Ashaa se prépara mentalement à en découdre avec quiconque oserait s’en prendre à elle. Elle n’était pas une combattante émérite ; mais elle avait goûté à la liberté et ne l’abandonnerait pas sans combattre. Elle ne voulait pas redevenir esclave – un objet de toutes les perversions et une coquille vide sombrant lentement mais sûrement dans l’abime du désespoir et du néant. Qui plus est : elle avait un défunt cher à son cœur à venger avant de rendre son dernier souffle. Elle comptait bien prendre une vie en échange de celle qui lui avait été arrachée bien trop tôt. Dalyn ne serait finalement pas mort en vain ; elle en faisait le serment.
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MessageSujet: Re: Requiescat in pace   Jeu 05 Fév 2015, 20:50



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    Oméga. Enfin. Il était temps que nous y arrivions. Même si le voyage s'était plutôt déroulé sans accroc, mon impatience me gagnait. Cette histoire me taraudait l'esprit comme nulle autre auparavant. Je touchais au but. En plus 4 ans de recherches, j'avais enfin une première piste sérieuse qui se dégageait. Mais j'allais avoir besoin de beaucoup de doigté, et surtout de mettre un plan à long terme sur pieds. Cela prendrait le temps que cela prendrait, mais je coincerai celui qui a fait ça. Ou celle, car après tout qui connaissait l'identité de la personne m'ayant écarté du pouvoir et de mon organisation ? Elle finirait par payer, mais en attendant je devais être patient. Trop patient. Je l'ai été pendant quatre ans. Il est temps de refaire parler un peu de moi. Et de réactiver mes anciens contacts. Et c'était justement l'un d'eux que je venais revoir en ce jour.



    Je ne l'avais vu que très peu de fois auparavant, car je n'aimais pas me rendre sur Oméga. Pas parce que je détestais la station, non, j'y trouvais même une certaine quiétude. C'était surtout à cause du comportement de chacun de ces criminels qui se pensaient tous supérieurs les uns des autres, pour peu qu'ils aient commis un meurtre, vendu de la drogue ou un nouveau mod introuvable ailleurs. A quoi rimaient ces petites fiertés ? Je n'y trouvais franchement rien d'héroïque, rien d'extraordinaire en ces gestes banaux et misérables. Que feraient-ils s'ils se retrouvaient face à la mort pour la première fois, avec quelqu'un armé en face d'eux ? Que feraient-ils si on les forcerait à consommer le sable rouge qu'ils savent complètement destructeur ? La mort aide à voir plus clair. La côtoyer tous les jours est un peu comme prendre conscience de toute chose et de savoir apprécier la plus petite d'entre elle, de ne pas m'entourer de choses inutiles ou de passer son temps à faire n'importe quoi.

    Alors que le fil de mes pensées défilait, Dyséria posa sa main sur mon torse, délicatement.

    - Keedan, quelque chose ne va pas, regarde. Dalyn, n'est pas là et sa devanture m'a l'air relativement vide. Ce n'est pas normal.

    En effet, si l'on y regardait de plus près, la devanture n'était pas propre. Un pan de son bar de vente était enfoncé, très légèrement. Et alors que sa réserve était habituellement allumée, du moins les fois où je m'y suis rendu, ce n'était pas le cas aujourd'hui. Peut-être était-ce rien. Après tout, du temps s'était écoulé depuis. Mais l'instinct de Dyséria ne se trompait quasiment pas. Et le mien non plus. Scrutant les alentours proches, je sortis discrètement mon arme de poing, mon fameux Paladin. Je ne sortais mes épées qu'en cas extrême ou quand la situation au corps à corps devenait fragile. Dys et moi avancions prudemment, attentif aux moindres gestes suspects de la population environnante. Je me méfiais surtout des coins de rue et autres zones d'ombre.

    L'orée du magasin n'était guère engageante et de bonne augure. Je fis un signe de tête. Dys s'écarta et couvrit plus de terrain. L'arrière boutique n'était plus très loin, mais déjà les signes d'un saccage nous étaient plus visibles. Des étagères légèrement couchées, pas mal d'articles à terre dont la moitié semblait irrécupérables, et quelques datapads étalés sur le sol. Mais le plus prenant était l'odeur qui commençait déjà à se dégager ainsi que le goût en bouche. Du sang. Il y'avait donc eu des victimes. Quelques gouttes luisaient sur le sol à la lumières de néons clignotant. Je me baissai et observait ce liquide vital. Du sang d'Elcor. C'était donc bien que Dylan était visé volontairement. Et ce travail n'était pas vraiment le genre des gangs de proximité.

    Je me relevai et avançait prudemment quand j'entendis ce que je voulais entendre. Une présence, sa respiration était trop élevée, même s'il fallait tendre l'oreille pour s'en apercevoir. Mieux valait être sur ses gardes. L'assassin ? Le kidnappeur ? Ou bien un témoin ? Nous verrons bien. J'étais plus enclin à croire qu'il s'agissait du témoin. Je voulais tenter le coup. Je fis un signe à Dys pour qu'elle se tienne prête. Je me calais contre un mur avant de lancer un avertissement.

    - Qui que vous soyez, sortez de derrière l'étagère. Je sais que vous êtes là, donc inutile de me faire perdre mon temps. Vous n'avez rien à craindre de moi, je ne suis pas celui qui a attaqué ce lieu, je veux simplement comprendre ce qu'il s'est passé. Je devais voir Dalyn, où est-il ?

    Nous étions prêt à faire feu si le besoin se faisait sentir, prêt à neutraliser la menace potentielle.




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    - L'ombre est omniprésente. Ne pas la voir ne signifie pas qu'elle n'est pas sur toi -
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Dernière édition par Keedan Braha'n le Mar 10 Mar 2015, 14:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Requiescat in pace   Sam 07 Fév 2015, 16:26
Ashaa était plaquée contre le mur de la réserve, juste à côté de l’entrée. Elle se tenait prête à frapper la première si quiconque avait le courage de mettre les pieds dans l’arrière-boutique. Elle n’hésiterait pas. Elle frapperait aussi vite et aussi fort que possible. Ce serait à ses yeux une question de vie ou de mort ; ce dont elle n’avait hélas que trop souffert depuis son plus jeune âge. Ce n’était pas vraiment un jeu mais c’est ainsi que les choses se déroulaient sur Khar’Shan. Il fallait être la meilleure en tout ; la plus belle et la plus divertissante, la plus soumise et la plus conciliante aussi, mais surtout la moins encline à s’attirer les foudres du maître ou de ses… privilégiés. Il suffisait d’un seul faux pas pour être sévèrement corrigée et humiliée devant toutes les autres. Un seul faux pas qui pouvait ou bien vous assurer un véritable calvaire qui pouvait durer plusieurs heures ou bien une mort certaine au fond du caniveau d’une allée sordide de la capitale. Le genre de jeu où mieux valait remporter la victoire.

Ashaa avait découvert que les choses n’étaient finalement pas si différentes que ça dans le vrai monde. Là aussi tout n’était qu’une question non pas de vie mais de survie. Il suffisait d’un seul faux pas et on pouvait passer de vie à trépas en un battement de cil. C’était aussi simple que ça. Aussi valait-il mieux faire son possible pour s’assurer une victoire rapide avant de se retrouver en situation d’échec. C’est la raison pour laquelle Ashaa se tenait prête à frapper d’abord et à poser les questions ensuite. C’était là le seul moyen selon elle de rester en vie quelques heures de plus.

Serrant de toute ses forces le poing autour de la garde de son arme, c’est tout juste si la jeune femme se rendit compte que les jointures de ses doigts avaient commencé à blanchir ; c’était comme si elle se raccrochait de toutes ses forces à une corde de sécurité. Sentir le métal froid dans la paume de sa main la rassurait juste assez pour qu’elle ne cède pas à la terreur et ne se roule pas en boule dans un coin de la minuscule réserve. Elle était la proie après tout ; elle l’avait toujours été. Ses maîtres n’avaient eu de cesse de le lui répéter tout au long de sa vie. D’abord Bartak et puis ensuite Gorbak. Ils lui avaient fait vivre un véritable enfer ; et alors qu’elle avait cru avoir laissé pour de bon cette vie loin derrière elle, il fallait que ses vieux démons viennent de nouveau la hanter et la harceler pour lui rappeler qu’elle ne pourrait jamais être libre. Jamais… La liberté n’était qu’une illusion. Rien de plus.

Son cœur battant la chamade au rythme de sa respiration rapide et saccadée, la jeune femme prise au piège tendit l’oreille pour tâcher de prédire l’instant où l’intrus pénétrerait dans la réserve où gisait à ses pieds le corps sans vie de son défunt protecteur et ami. Elle ignorait précisément combien d’intrus il y avait. Un ? Deux ? Peut-être même trois. En les prenant par surprise, peut-être parviendrait-elle à en mettre au moins à terre. Peut-être même cela serait-il suffisant pour faire diversion le temps qu’elle prenne la fuite et s’évanouisse dans la nature. Beaucoup de peut-être pour peu de chance de succès. Mais l’adrénaline qui inondait présentement son système la poussait à garder espoir ; c’était ça ou se livrer soi-même à son tortionnaire. Elle ne voulait pas baisser les bras ; pas encore. Jamais !

— Qui que vous soyez, sortez de derrière l’étagère, la héla alors une voix masculine depuis la boutique. Je sais que vous êtes là, donc inutile de me faire perdre mon temps. (Des propos peu engageants ; et encore moins rassurants.) Vous n’avez rien à craindre de moi, je ne suis pas celui qui a attaqué ce lieu. Je veux simplement comprendre ce qu’il s’est passé. Je devais voir Dalyn, où est-il ?

Ashaa ne répondit pas. Entendre le nom de son protecteur lui fit baisser les yeux vers le corps inerte, cette masse de muscles encore chaude qui s’était presque entièrement vidée de son sang désormais. La gorge de la Drell se serra et sa vue se brouilla un instant. Du revers de la main, elle fit abruptement disparaître les larmes qui menaçaient d’inonder son visage. Elle devait rester concentrée. Elle devait à tout prix garder les idées claires. Et elle devait… C’était plus fort qu’elle. Sa poitrine était trop serrée et sa respiration peinait de plus en plus à suivre le rythme endiablé de ses pulsations cardiaques. Elle ne voulait surtout pas penser à ce qui était arrivé à son ami ; et pourtant elle ne pouvait pas détacher ses yeux de sa dépouille. Elle reconnut à peine sa voix quand les mots franchirent la barrière de ses lèvres sans son consentement :

— Dalyn est mort.

Une vérité assenée brutalement qui résonna dans sa tête un long moment. Ashaa eut la sensation de s’être soudain heurtée à un mur en pierre ; ou bien alors d’avoir reçu un puissant coup de poing dans le creux de l’estomac. Cela lui était déjà arrivé, un nombre incalculable de fois, aussi était-elle plus ou moins familière de la sensation. Et les yeux toujours rivés sur le corps sans vie de son protecteur elcor, elle répéta les terribles mots une seconde fois toujours sans reconnaître le son de sa propre voix.

— Il… Il est mort. (Le silence succéda un instant.) Vous l’avez tué ! Meurtriers ! vociféra la Drell depuis sa cachette. Vous paierez pour ce que vous avez fait. Tous jusqu’au dernier. Si vous me voulez, alors il faudra venir me chercher. Je n’irai jamais à lui. Jamais ! Venez ! Je vous attends…

Quand bien même sa main tremblait comme une feuille, Ashaa était prête à combattre. Une question de vie ou de mort. Une question de survie et de liberté. Elle ne faillirait pas. Qu’ils viennent. Elle était prête à les recevoir comme de droit.
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MessageSujet: Re: Requiescat in pace   Mar 10 Mar 2015, 15:51



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    A sa voix, je pariais sur une personne de la même espèce que moi. Une Drell, jeune sans doute. Elle se méprenait visiblement. Elle nous pensait être les agresseurs, les meurtriers de Dalyn. Je devais corriger le tir immédiatement avant que les choses ne dégénèrent. D'un signe, Dys comprit ce que je souhaitais. Elle fit le tour, alors que j'avançai en ligne droite. Je me décidai à m'avancer, l'arme rentré dans son holster. Sa voix me rappelait vaguement quelqu'un.



    Je levai les mains aussi haut que possible pour bien montrer mes intentions, Dys, couvrant les environs plus en retrait et invisible aux yeux de l'inconnue. Du moins c'est ce que je pensais, jusqu'à ce qu'une réminiscence me vienne à l'esprit. A côté de Dalyn, une Drell. Ashaa. Son nom était Ashaa, sa protégée. J'apaisai mon ton de voix, pour qu'il ne soit plus agressif, mais doux et compréhensif.

    - Ashaa, vous n'avez rien à craindre de moi. Je me nomme Keedan Braha'n, j'ai rencontré Dalyn plusieurs fois, et vous étiez là à chaque fois. Je me souviens de la dernière fois où vous vous cachiez derrière les étagères lorsque nous sommes venus,vous ne vouliez que personne ne vous voit. Je ne suis pas votre ennemi Ashaa, je ne vous veux aucun mal. Je suis complètement désarmé, regardez-moi si vous ne me croyez pas.

    D'elle-même je vis du coin de l'oeil Dys baisser son arme. Elle me faisait assez confiance pour comprendre qu'il n'y avait plus besoin d'initier le plan convenu au départ.

    Je m'approchai de l'étagère et découvrit la jeune Drell. Sa main serrait l'arme de poing de toutes ses forces, à s'en faire blanchir les articulations. Elle tremblait de tout son être. En face d'elle se trouvait le corps sans vie de Dalyn. Son sang le bordait de tous les côtés, comme pour l'accueillir et protéger son corps contre les affres de l'inexorable. Ce ne serait pas suffisant et il finirait par disparaître.

    Mon amie se dirigea vers elle tout doucement, et lui tendit un vêtement chaud qu'elle venait de ramasser à l'autre extrémité de l'arrière boutique. Elle ne tenta pas de lui enlever son arme et inspecta les environs et trouva un datapad. Elle fronça les sourcils, et me tendit le datapad.

    - Cela explique pourquoi elle nous a accueillis de la sorte, dit-elle d'un ton neutre.

    Je lus le message. Je comprenais mieux en effet pourquoi elle s'était comportée de la sorte. A en croire la teneur du message et la sonorité du nom signé à sa fin, je penchais pour un esclavagiste butarien. Cependant, rien n'était vraiment sûr.

    - Keedan, est-ce que tu me reçois ? Il va falloir vous préparer à être sous un feu nourri. Une quinzaine d'hommes se rapprochent de votre position.
    - Bien reçu.

    Je me tournais vers Ashaa.

    - Écoutez, nous n'avons que très peu de temps devant nous. Tout ce que je vous demande, c'est de me faire confiance. Dehors, une quinzaine d'hommes vont débarquer ici d'une minute à l'autre. Et c'est sans doute ceux avec qui vous nous avez confondu tout à l'heure. Et je ne pense pas qu'ils fassent dans la finesse. Aidez-nous et nous vous aiderons. Y'a-t-il une sortie qui nous mènerait derrière le bâtiment ? "

    Nous devions nous hâter si nous voulions nous débarrasser rapidement de ces petits contre-temps.




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MessageSujet: Re: Requiescat in pace   Dim 15 Mar 2015, 17:31
Dos au mur et le souffle court, Ashaa attendait ses adversaires de pied ferme. Certes, elle n’avait rien d’une combattante émérite, mais elle savait se servir de son arme. Le tout était de frapper vite et fort. C’est tout ce qui importait. Frapper vite et fort. Un à la fois. Un avantage que lui procurerait le passage étroit menant à l’arrière-boutique dans laquelle elle était réfugiée. Elle pouvait y arriver ; elle pouvait s’en tirer en vie après avoir vengé son protecteur et ami. Elle pouvait se débarrasser de cette menace qui en avait après elle. Elle pouvait le faire. Elle n’avait pas le choix. Elle était déterminée et cela s’en ressentit dans sa manière de serrer le poing autour de la garde de son arme.

Toutefois, toute sa volonté et son courage volèrent brusquement en éclats quand la voix provenant de la boutique s’éleva de nouveau en s’adressant à elle par son propre nom.

— Ashaa, vous n’avez rien à craindre de moi. (Elle en doutait. Que l’inconnu connaisse son prénom en disait suffisamment long selon elle sur la raison de sa présence ici. Il savait qui elle était pour la simple et bonne raison que son ancien maître lui avait donné cette information. Il était là pour elle. Ashaa ne put retenir le nouveau frisson d’angoisse qui descendit le long de son échine. Ses genoux manquèrent se dérober sous elle. Et pourtant…) Je me nomme Keedan Braha’n, j’ai rencontré Dalyn plusieurs fois, et vous étiez là à chaque fois. (Était-ce possible ? Cela suffit néanmoins pour couper la respiration de la jeune femme et la pousser à tendre l’oreille, méfiante.) Je me souviens de la dernière fois où vous vous cachiez derrière les étages lorsque nous sommes venus ; vous ne vouliez que personne ne vous voit. (Des images de cette journée resurgirent dans l’esprit de la jeune femme. Elle se revit debout au fond de la boutique et dissimulée derrière un présentoir qui lui permettait de voir les clients que son protecteur recevait sans être vue de ces derniers – du moins le croyait-elle alors. Le mystérieux Drell qui lui parlait disait vrai : elle reconnaissait sa voix comme marquée au fer rouge dans sa mémoire. Elle n’avait rien à craindre de lui.) Je ne suis pas votre ennemi Ashaa, précisa le nouveau venu comme s’il avait lu dans les pensées de la malheureuse créature, je ne vous veux aucun mal. Je suis complètement désarmé, regardez-moi si vous ne me croyez pas.

Ashaa eut toutes les peines du monde à avaler sa salive et à trouver en elle suffisamment de courage pour s’éloigner très légèrement du mur et risquer un coup d’œil dans la boutique saccagée. Ses yeux se posèrent alors sur un homme de la même race qu’elle. Ses vêtements étaient légèrement différents de ceux qu’il portait la dernière fois qu’il avait mis les pieds ici, mais son visage était en tout points identique à celui qui venait de refaire surface dans l’esprit d’Ashaa. Keedan Braha’n. Dalyn ne s’était guère épanché sur sa relation avec le Drell quand la jeune femme lui avait fait part de sa curiosité vis-à-vis de cet homme ; il s’était contenté de ces mots : « c’est un vieil ami. » Sauf que Dalyn n’avait pas d’amis… juste une longue liste d’ennemis plus ou moins tentés de vouloir s’en prendre à lui. Faire dans le trafic d’information et la contrebande causait souvent ce genre de désagréments…

Un mouvement tout près attira l’attention d’Ashaa qui retrouva d’un coup le fil de la réalité en sentant de nouveau son cœur s’emballer dans sa poitrine. Elle se recula lentement tandis que Keedan faisait un pas hésitant dans l’arrière-boutique en gardant les mains levées devant lui pour lui assurer qu’il ne lui voulait aucun mal. Mais difficile en pareille situation d’accorder sa confiance à un parfait inconnu ; et ce d’autant plus quand le corps encore chaud de votre plus proche ami git à vos pieds. Aussi Ashaa garda-t-elle le bras tendu devant elle, pointe de sa lame en avant, pour se défendre si nécessaire. Elle ne voulait prendre aucun risque. N’étaient-ils pas sur Oméga après tout ? Ici tout n’était que duperie et trahison. Meurtre et chaos. Mieux valait rester sur ses gardes.

— Que… Que faites-vous… là ? lui demanda-t-elle sans parvenir à contrôler suffisamment sa voix pour l’empêcher de trembler plus que de raison. Pou… Pourquoi êtes-vous ici ?

La pointe du couteau était toujours braquée vers la gorge du nouveau venu. Un seul faux pas et Ashaa n’aurait qu’à tracer un demi-cercle dans l’air pour lui dessiner un sourire écarlate. Du moins… c’est ce qu’elle espérait ; mais sa main tremblait tellement qu’en réalité elle aurait eu toutes les chances de rater son coup même si son adversaire décidait de rester parfaitement immobile en attendant l’heure de sa mort. Ashaa ne baissa pas les yeux quand ceux de Keedan passèrent du couteau au corps gisant aux pieds de la jeune femme. À quoi pouvait-il bien penser ? Se demandait-il si Ashaa était fautive ? Se demandait-il si c’était elle qui avait tué l’Elcor ? Ashaa ne pouvait rien lire dans le regard insondable de son interlocuteur ; c’était comme si un mur invisible l’empêchait de sonder ses yeux.

Ashaa se brusqua et orienta la lame de son couteau vers une nouvelle venue qui s’était glissée jusqu’à elle sans bruit. Les yeux exorbités, elle interrogeait du regard la ravissante jeune femme aux cheveux de jais en mettant un moment avant de comprendre que celle-ci désirait juste lui tendre un vêtement chaud. Ashaa observa longuement la femme et le vêtement avant de tendre une main tremblante en direction de celui-ci. Ce n’est que lorsque la femme se détourna enfin sans faire montre de la moindre tentative de soumission qu’Ashaa s’autorisa à baisser les yeux vers le bout de tissu. Elle reconnut son vieux gilet. Sentant un nouveau frisson descendre le long de son échine, elle passa le vêtement sur ses épaules sans prendre la peine de se demander si elle tremblait à cause du froid ou bien à cause du fait que ses yeux venait de se poser sur le regard vide de son protecteur et ami…

*Dalyn est mort* se dit-elle en sentant sa poitrine se serrer sous le coup de l’émotion. *Il est mort et c’est à cause de moi. Gorbak l’a tué à cause de moi. C’est… ma faute.*

Ses épaules s’affaissèrent mais aucun sanglot ne vint arracher de larmes à la Drell. Elle se contenta de rester là, parfaitement silencieuse, le visage figé en une expression indéchiffrable. Elle n’avait pas le droit de pleurer ; pas en sachant que tout ceci était sa faute. Mais elle ne pouvait pas non plus céder à la colère ou à la rage car elle était la fautive. Devait-elle retourner la lame du couteau contre elle en guise de réparation pour l’horrible crime qui avait été commis en son nom ? Elle savait que se suicider ne changerait rien. Le mal était fait. Il était impossible de revenir en arrière désormais. Aussi était-ce peut-être simplement le désespoir qui transparaissait sur le visage vide de la Drell.

Un mouvement à la limite du champ de vision de la jeune femme attira son attention. Ashaa fit volte-face en brandissant de nouveau son couteau devant elle. Keedan leva de nouveau les mains pour lui assurer qu’elle n’avait rien à craindre de lui, mais Ashaa ne put se résigner à lui faire confiance. Elle ne faisait confiance à personne. On s’était tellement servi d’elle tout au long de son emprisonnement sur Khar’Shan, on avait tant abusé d’elle que la confiance était un mot dont elle ignorait la définition. Dalyn avait été le seul à parvenir à lui faire entrevoir un début d’explication. Le seul auprès duquel elle avait véritablement éprouvé un sentiment de sécurité et de confiance. Mais il n’était plus là…

— Écoutez, nous n’avons que très peu de temps devant nous, dit précipitamment Keedan comme s’il s’était passé quelque chose pendant qu’Ashaa avait eu l’esprit ailleurs. Tout ce que je vous demande, c’est de me faire confiance. (Chose plus facile à dire qu’à faire.) Dehors, une quinzaine d’hommes vont débarquer ici d’une minute à l’autre. Et c’est sans doute ceux avec qui vous nous avez confondus tout à l’heure. Et je ne pense pas qu’ils fassent dans la finesse. (Ashaa ne put résister à la tentation de river son regard sur la vitrine du magasin. Mais elle ne repéra aucun mouvement.) Aidez-nous et nous vous aiderons. Y’a-t-il une sortie qui nous mènerait derrière le bâtiment ?

Ashaa ne répondit rien. Les yeux toujours rivés sur la devanture du magasin, elle se demandait si son interlocuteur disait la vérité. Des hommes allaient-ils débarquer sous peu dans la boutique de Dalyn ? Serait-ce les hommes de Gorbak venus pour la ramener au maître ? N’attendait-il pas d’elle qu’elle se présente à lui d’elle-même ? Ashaa savait pertinemment que Gorbak n’éprouverait pas de plus grand plaisir que celui de la voir se livrer à lui de son plein gré, abandonnant de ce fait sa liberté de son propre chef et se condamnant d’elle-même à une nouvelle vie d’esclave. Mais elle savait aussi qu’il pouvait se montrer impatient et impétueux. Elle n’aurait pas été étonnée qu’il lâche sur elle ses molosses moins d’une heure seulement après qu’elle eut reçu son sanglant message. Aussi Ashaa frissonna-t-elle.

Des bribes de conversation lui parvinrent aux oreilles sans pour autant que la Drell en perçoive toute la subtilité. Elle reconnut seulement la voix d’une femme. Peut-être celle-là même qui accompagnait Keedan. Peut-être avait-il été question du temps qui leur était compté. C’est du moins ce que pensa Ashaa lorsque, reportant son attention sur son homologue drell, elle perçut dans ses yeux un ardent sentiment d’urgence et de nécessité. Elle se souvint alors de sa question et répondit :

— Il y a un passage au fond. (Sa voix était comme dénuée d’émotion. Vide. Elle tremblait toutefois et cela n’avait rien à voir avec le froid ou le corps gisant à ses pieds. Elle venait de reporter son attention sur la devanture du magasin et avait perçu au loin un mouvement suspect.) Un passage secret, reprit-elle en se détournant vivement. Il… Il donne sur un tunnel qui passe sous le bâtiment voisin et ressort quelques rues plus loin. Dalyn s’en sert… (Elle se tut brusquement et ses yeux se portèrent lentement sur son ami décédé.) Dalyn s’en servait pour faire entrer en cachette ses marchandises.

Ashaa se dirigea vers le fond de l’arrière-boutique en prenant soin de rester à distance respectable du Drell et de sa compagne. Elle s’arrêta alors devant un pan de mur dénué de toute ouverture ou même de toute décoration. À vrai dire, il n’y avait absolument rien à voir ici. Rien si ce n’est le métal rouge si commun ici sur la station pirate. Cela avait tout l’air d’être un cul-de-sac. Une impasse. Sauf qu’Ashaa mit un genou en terre donna un puissant coup sur une section bien spécifique du sol devant elle. Une fraction de seconde plus tard, il y eut un déclic et un panneau s’ouvrit en coulissant et dévoila un trou sombre dépourvu de toute lumière. Aucune échelle. Rien. Juste un puits sans fond rempli de ténèbres. Un abîme insondable dont on ne pouvait pas discerner le fond.

Devant les mines intriguées de Keedan et de sa compagne, Ashaa ouvrit la bouche pour les informer que ce n’était pas un piège. Mais les mots moururent avant de franchir ses lèvres quand elle entendit la porte du magasin s’ouvrir à la volée. Sans perdre un instant, elle plongea en avant à l’instant même où la voix du Drell lui enjoignait de sauter ; et c’est à la surprise générale qu’Ashaa se retrouva debout avec le haut du corps hors du trou. Quand elle avait parlé d’un tunnel, peut-être aurait-elle dû préciser qu’il s’agissait plus d’un conduit d’aération qu’autre chose. Dalyn n’aurait jamais pu se glisser ici bas ; mais de toute manière, il ne traitait presque jamais en personne et déléguait à ses subalternes tout le travail manuel. N’importe qui d’autre pouvait ramper sans mal dans ce boyau obscur et vide.

Ashaa s’y engagea sans attendre et c’est tout juste si elle perçut dans son dos le bruit de chute de ses camarades. Le peu de lumière qui avait filtré dans le tunnel disparut quelques secondes plus tard au moment-même où la trappe se refermait dans leur dos. Ashaa poursuivit néanmoins sa progression à l’aveuglette. Elle savait que le tunnel allait tout droit et n’avait donc pas à craindre de se diriger droit dans un mur ou dans un trou. Quelques minutes plus tard, la lumière se fit de nouveau autour d’elle quand elle poussa un nouveau panneau et libéra la voie. Elle se retrouva alors dans la cave d’un autre bâtiment situé à une centaine de mètres dans une rue adjacente à la boutique de Dalyn. Silencieux et complètement vide, le sous-sol avait le mérite de ne pas abriter le corps inanimé d’un être aimé dont la mort lui était imputable. C’était déjà un soulagement en soi.

Des bruits en provenance du tunnel l’informèrent que la compagne de Keedan allait en émerger d’un instant à l’autre. Quelques instants plus tard, le Drell en personne s’extirpa du boyau. Il était seul. Elle eut beau tendre l’oreille, elle n’entendit aucun bruit de poursuite. Mais cela ne voulait pas forcément dire qu’ils étaient sortis d’affaire pour autant. Ils avaient gagné un répit. C’est tout. Mais pour combien de temps au juste ? Ashaa aurait incapable de le dire.

— Et maintenant ? demanda-t-elle d’une voix incertaine. Que fait-on ? (Elle ne savait toujours pas quoi penser du Drell et de sa compagne. Mais Dalyn avait traité avec eux et cela devait bien vouloir signifier quelque chose. Et Keedan avait dit que si elle les aidait, ils l’aideraient en retour ; et elle aurait de fait bien besoin d’aide sous peu si Gorbak avait dans l’idée de lui donner la chasse dans la station pirate. Le fait de savoir si elle pouvait ou non avoir confiance importait moins que le fait qu’elle ait besoin d’eux.)
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MessageSujet: Re: Requiescat in pace   Ven 17 Avr 2015, 14:55



    REQUIESCAT IN PACE
    « ... D'un souffle, la vie peut être préservée comme ôtée ... »




      Personnages en mission avec Keedan Braha'n
      DYSERIA
      NIGHTFALL
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    Dès lors qu'Ashaa parla de la sortie secrète, nous ne nous fîmes pas prier. Il était temps d'agir rapidement, car les poursuivants, ces hommes à la botte de ce butarien qui selon ce que j'avais compris était le "propriétaire" d'Ashaa, venaient de pénétrer à l'instant à l'avant du magasin.

    " Fouillez moi ce merdier, et assurez-vous que le pachyderme soit bien mort maintenant. L'agonie peut durer longtemps selon la personne. "

    Je percevais dans sa voix cette intonation de sadisme prononcé, ou du moins ce sadisme apparent. Ses hommes rigolèrent, sans doute en croyant que cela effrayerait encore un peu plus leur proie, et se mirent en avant. Il était temps de quitter les lieux en silence.

    Je fis un signe à Dys pour qu'elle puisse passer devant et parer à toute éventualité de l'autre côté du conduit, mais la jeune Drell s'engouffra la première sans qu'elle puisse esquisser le moindre mouvement en direction de la bouche métallique. Sans perdre un instant, je les suivis dans le trou béant. L'espace était étroit, mais l'on évoluait assez rapidement jusqu'à l'autre côté. Nous sortîmes du conduit et pénétrâmes dans une salle très obscure. Heureusement que je possédais une vision qui me permettait de tirer parti du trop peu de lumière. Dys devait être quasiment aveugle comparé à moi, pourtant elle ne me demanda pas mon aide, elle n'en avait guère besoin. J'étais toujours étonné de voir comment elle parvenait à tirer profit du peu d'informations qu'elle recevait de ses sens atténués.

    Il ne fallait pas traîner ici plus longtemps, et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de vouloir réserver un cadeau à la hauteur de celui qu'ils ont fait à Dalyn à leur première visite. J'attrapais le bras de mon amie, qui sans un mot comprit ce dont j'avais besoin. Elle me tendit l'objet en question et je l'installai au dessus du conduit. Son détonateur se déclencherait dans une trentaine de secondes, ce qui nous laissait le temps de nous en aller et pour eux de s'engager dans ce piège à rat tout neuf. L'explosion attirerait les badauds et les membres du gang dominant, eux-même à la botte du groupe des Berserkers. Ils n'allaient tout de même pas nous en vouloir de leur rendre service ? En tout cas, l'explosion créerait la diversion dont avait besoin pour couvrir notre fuite. Et les envoyés de Gorbak auront fort à fait tout à l'heure. Je n'étais pas fan des grosses explosions, mais lorsque cela se révélait utile, pourquoi s'en priver ? Et puis autant profiter d'un bon petit feu d'artifice en pleine mission. Après tout lier l'utile à l'agréable n'était-il pas l'un des principes les plus répandus ?

    Je retrouvai Dys et Ashaa qui avaient pris de l'avance et déboucha dans une ruelle, non loin de l'entrée du magasin. Fantôme me contacta.

    " - Je vous ai de nouveau dans mon viseur. Deux types sont restés à l'entrée du magasin pour assurer une éventuelle duperie de votre part. Mais rien à signaler pour l'instant. Je pense que l'ensemble des forces sont venues au magasin pour être certain de l'attraper. Soyez prudent sur la route de l'aire des navettes, je pense qu'un petit comité vous attend.
    - C'est ce que je pense aussi, on s'y retrouve, terminé. "

    Il était fort probable que le comité qui nous attende là bas soit conséquent, mais j'en doutais. N'importe quel gang sur Oméga ne voulait pas se voir doubler dans l'armement par d'autres qui n'hésiteraient pas à se montrer ainsi flanqués. Néanmoins, il fallait penser à l'éventualité qu'ils aient passé un accord avec, auquel cas nous devrons nous montrer particulièrement prudent.

    La jeune Drell se tourna vers moi en attente de notre direction.

    " Notre but est de rejoindre une aire de navette sur laquelle nous nous sommes posés, de récupérer notre navette et vous déposer sur la planète de votre choix. Plus vite on ira, plus vite vous serez en sécurité. Et ensuite, libre à vous de refaire appel à nous pour un service ou non. Cela vous convient ? Elle est à dix rues d'ici, cela ne devrait pas être long. "

    Sans attendre, je pris les rênes de la marche, Dys couvrant nos arrières.




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MessageSujet: Re: Requiescat in pace   Lun 20 Avr 2015, 17:58
L’explication mis un certain temps à venir et ce n’est que lorsqu’Ashaa et ses sauveurs eurent quitté le sous-sol désaffecté dans lequel débouchait le tunnel que Keedan prit un instant pour lui répondre. Le Drell l’informa qu’il était question à présent de rejoindre un spatioport non loin de là. Leur navette les attendait là-bas et Ashaa était invitée à embarquer à son bord afin d’échapper à ces mystérieux chiens de chasse lancés à ses trousses. L’idée d’être en sécurité loin des sbires de Gorbak eut le mérite de la faire acquiescer sans se poser de questions. Comme dit précédemment, quand bien même elle n’était pas convaincue de pouvoir faire confiance au Drell et à sa ravissante compagne, c’était ça ou affronter seule les hommes de Gorbak. En l’occurrence, son choix était vite fait.

— Alors en avant, souffla Ashaa en faisant signe à Keedan d’ouvrir la marche. (Mais ce dernier n’avait pas perdu de temps et il s’était d’ores et déjà mis en route.)

Ashaa échangea un rapide coup d’œil avec l’Humaine qui accompagnait Keedan. La jeune femme resta de marbre devant l’examen de la Drell et lui fit signe de suivre le meneur de la bande. Ashaa s’exécuta et emboîta le pas de Keedan tandis que l’Humaine se chargeait d’assurer leurs arrières. La faute a une existence passée sous le joug de l’oppression et de la servitude, cette disposition en file indienne eut le mérite de lui donner l’impression d’être leur prisonnière. Mais c’était stupide. Elle n’était pas retenue contre sa volonté. Elle n’était tout simplement pas une combattante. Il était donc normal qu’elle reste au centre là où elle serait en « sécurité » – mais l’analogie demeura ancrée un moment dans son esprit.

Tout cela s’était passé en seulement quelques secondes de battement. Le temps de faire quelques pas supplémentaires et une violente explosion manqua faire perdre l’équilibre à la Drell qui se retrouva à moitié plaquée contre un mur en métal par l’onde de choc. Recouvrant cependant très rapidement ses esprits, Ashaa tourna la tête vers la source de la déflagration et ses yeux se posèrent sur la colonne de flammes s’élevant au-dessus du bâtiment dans lequel débouchait le tunnel secret. Une autre colonne s’élevait également au-dessus des restes de la boutique de Dalyn. Cette vision lui broya le cœur et un cri de stupeur mourut sur ses lèvres tandis qu’elle voulut revenir sur ses pas. Mais l’Humaine derrière elle s’interposa et le message fut on ne peut plus clair : on doit continuer à avancer.

Ashaa dévisagea un instant la compagne de Keedan et son regard se porta au-delà, sur les vestiges de ce qu’elle avait été amenée à considérer comme un foyer ces dernières années. Les larmes menacèrent d’avoir raison d’elle, mais la jeune femme secoua la tête. L’Humaine avait raison. Il était d’ores et déjà trop tard pour Dalyn de toutes manières. Retourner tirer son corps des décombres ne changerait rien. Cela ne le ramènerait pas à la vie. Mieux valait donc ne pas s’attarder ici plus longtemps…

Ashaa se détourna et c’est le cœur serré qu’elle continua de traverser les rues fébriles de la tristement célèbre station pirate. Comme Keedan l’avait anticipé, l’explosion avait attiré suffisamment l’attention pour couvrir leur retraite. Ils ne rencontrèrent aucune résistance tandis qu’ils rallièrent en seulement quelques minutes leur destination. Cependant… Ashaa s’immobilisa à l’entrée du spatioport lorsqu’au loin ses yeux se posèrent sur un petit groupe de Butariens armés.

— Non ! s’écria-t-elle à mi-voix. Les hommes de Gorbak ! Que font-ils ici ?

Ashaa avait tout de suite sauté aux conclusions hâtives ; mais le fait est qu’elle sentait instinctivement que ces hommes n’étaient pas originaires de la station. Oméga comptait pourtant une forte population de Butariens. Il n’était pas rare d’en croiser un à tous les coins de rue. La plupart du temps, ils œuvraient au sein de gangs ou bien pour le compte d’Aria et ses Ravageurs. Là en l’occurrence… quelque chose dans leur attitude interpella Ashaa. De toute évidence, ce n’était pas la première fois qu’ils mettaient les pieds sur l’astéroïde de tous les vices… mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’ils y avaient élu domicile. Elle n’aurait su dire ce qui lui mettait la puce à l’oreille cependant. Elle en avait simplement la conviction. Ces mercenaires étaient de mèche avec ceux ayant attaqué la boutique de Dalyn.

— Comment savaient-ils que nous viendrions ici ? demanda-t-elle en se retournant pour dévisager le Drell en qui elle avait choisi de placer sa confiance. Est-ce que c’est un piège ? Est-ce que vous aussi… (Elle ne termina pas sa phrase. Ses yeux se tournèrent vers l’Humaine qui fermait la marche et l’espace d’un instant… Ashaa crut vraiment que Keedan et elle l’avaient vendue. L’idée que la navette de ceux qui lui avaient arraché son protecteur et ami puisse stationner dans le même spatioport que celle de Keedan ne lui avait pas traversé l’esprit. Cela aurait au moins eu le mérite de calmer la jeune femme.)

Était-elle de nouveau condamnée ? Le Drell et sa compagne allaient-ils choisir de la livrer à ces chiens d’esclavagistes ? Gorbak allait-il encore obtenir ce qu’il désirait ? Non, il en était hors de question. Cela ne pouvait pas finir ainsi… pas après qu’elle ait enfin pu goûter à la liberté. Il devait forcément y avoir un moyen de ne pas retomber entre les griffes de son ancien tortionnaire. Il devait forcément y avoir une autre échappatoire… Mais laquelle ?

Ashaa n’eut guère le temps de réfléchir plus avant à la question. L’un des Butariens venait de poser les yeux sur ses compagnons et elle.

— Eh ! C’est elle ! (Et il donna l’alerte…) N’oubliez pas que le maître la veut vivante…
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Requiescat in pace

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