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 Complément d'enquête

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MessageSujet: Complément d'enquête   Mar 05 Mai 2015, 21:15
Intervention MJ : Oui Octobre 2199 RP Tout Public
Alessa N’Mara ♦ Lleyton Benam
Complément d'enquête



Les Chroniques d'Alessa - Chapitre 4

Café Apollon. Présidium. La Citadelle / Début d’après-midi.

Le café Apollon était le lieu idéal pour quiconque désirait se détendre en sirotant une boisson tout en savourant la vue imprenable qu’offrait le Présidium sur ses bassins artificiels, ses étendues de verdure et son ciel bleu tout aussi artificiel. Une véritable oasis au cœur même de la Citadelle pourtant réputée pour son infatigable effervescence et sa population toujours grandissante et étouffante. Ici rien de tel. Le Présidium était un véritable petit coin de paradis sur terre dont seule une poignée de privilégiés dans toute la galaxie avait le droit de profiter à toute heure du jour et de la nuit.

Alessa arpentait justement cette zone de la Citadelle réservée aux gouvernements, aux ambassades et aux représentants les plus puissants de l’élite galactique. Le « commun des mortels » n’y avait pas sa place et très rares étaient ceux résidant en permanence sur la Citadelle à avoir pu contempler de ses propres yeux les beautés de cette section aux accès contrôlés. Certaines Asari vivant dans les Secteurs avaient vécu toute leur vie sur la station sans jamais pouvoir mettre un pied au Présidium. Et donc en cette matinée agréablement douce et ensoleillée, Alessa se sentait quelque peu privilégiée de pouvoir se trouver là et de pouvoir admirer cette vue envoûtante. Mais le fait est qu’elle n’était pas là pour le plaisir mais bel et bien pour le travail.

Avec désinvolture, l’Asari tira de sous sa veste une arme qu’elle pointa vers le ciel avant d’en presser la détente à trois reprises. Les coups de feu mirent brutalement un terme aux conversations qui allaient bon train jusque-là autour d’elle et tous les regards se tournèrent vers elle. Ceux qui ne demeurèrent pas transis d’effroi devant elle eurent la présence d’esprit de s’accroupir pour trouver refuge sous leur table. Certains préférèrent tenter leur chance en prenant la fuite tandis que d’autres se jetaient au sol en gémissant et en tremblant. Elle ne prit même pas la peine de s’intéresser à eux. Elle se contenta de sourire en baissant son bras et elle demeura plantée là. Qu’attendait-elle exactement ? La réponse à cette question ne se fit guère attendre plus de quelques minutes. Une éternité cependant aux yeux de tous ces pauvres pensant que leur heure avait sonné. Mais ils n’avaient rien à craindre. Alessa n’avait véritablement rien à faire d’eux. C’est après les nouveaux venus qu’elle attendait.

Les bruits de pas résonnèrent sur la place silencieuse avant qu’Alessa ne voit les agents du SSC investir les lieux. Ils se rapprochèrent suffisamment pour pouvoir la mettre en joue avec leurs armes à feu. Le capitaine de la patrouille prit alors la parole et la héla en ces termes :

— Les mains en l’air ou on fait feu ! Lâchez votre arme !

Alessa s’exécuta sans offrir la moindre résistance. L’arme cliqueta en percutant le sol et elle demeura immobile tandis qu’un Humain se glissait dans son dos afin de lui passer les menottes aux poignets. Il ne remarqua pas le sourire qui étira un instant les lèvres de sa captive. Ils avaient mordu à l’hameçon.

***

Dramorra Plaza. Secteur Zakéra. La Citadelle / Quelques heures auparavant.

— Revoyons le plan d’action une dernière fois, souffla Alessa en s’appuyant sur la table au centre de la suite sur laquelle étaient déroulées de nombreuses cartes et autres plans des installations du quartier général du SSC. Étape une : accéder au Présidium.

Le Galarien assit au bout de la table hocha vivement la tête en désignant l’holodisque qu’il tenait dans sa main droite.

— Simple comme bonjour et sans prise de tête, dit-il avec entrain. Identité factice prête à l’emploi. Ne devrait rencontrer aucun problème.
— « Devrait » ? répéta Alessa en croisant son regard.
— Jamais à l’abri d’une anomalie, se défendit le Galarien. Mais risque de l’ordre de un pour cent selon mes récents calculs. Autant considérer que étape une d’ores et déjà validée. Scanners penseront que vous êtes Lazara N’Ticia. Ambassadrice en visite. Rien à craindre. Étape une validée.

Alessa hocha la tête à son tour avant de reporter son attention sur la table devant elle. Elle posa alors les yeux sur le plan du Présidium étalé devant elle. Elle désigna une zone à l’écart du SSC ne semblant pas être raccordée au réseau autoroutier du Présidium. Elle leva les yeux et les posa cette-fois ci sur la silhouette courte sur patte couverte d’une armure de la tête aux pieds.

— Étape deux ? demanda Alessa en questionnant le Volus.
— Étape deux, répéta-t-il, sécuriser la zone d’exfiltration. (Décompression.) Mes hommes sont déjà… (Décompression.) ...en place. (Décompression.) La zone sera placée sous confinement… (Décompression.) ...sous couvert de maintenance du réseau électrique. (Décompression.) Une navette sera prête à vous… (Décompression.) ...récupérer et à vous faire quitter la zone dès que vous… (Décompression.) ...sortirez de là. (Décompression.) Vous pouvez compter sur nous. (Décompression.)

Alessa hocha de nouveau la tête. Elle baissa les yeux sur une photo du café Apollon et ajouta :

— Étape trois : ouvrir le feu et attirer l’attention des agents du SSC.
— Sûre et certaine que c’est seule opportunité possible ? demanda le Galarien. (Alessa lui fit signe que oui.) Tactique d’approche plutôt originale. Mais ne comprend pas le but. (L’Asari soupira.)
— Le SSC ne s’attendra sûrement pas à une attaque venant de l’intérieur et cela jouera en ma faveur quand le moment sera venu de passer à l’action. À ce propos : qu’en est-il de notre homme à l’intérieur ? ajouta Alessa en se tournant vers la silhouette féminine demeurant dans l’ombre.

Une plantureuse Asari à la peau bleue et aux marques tribales blanches fit un pas en avant en faisant onduler ses hanches avec un charme envoûtant. Sa voix était suave et sucrée comme le miel. Mais ce n’était rien à côté de la confiance en soi qui se fit entendre dans cette même voix lorsqu’elle déclara :

— Il coopéra. Ne vous faites aucun souci là-dessus. Le Galarien obtiendra ses accès au système interne le moment venu. Je me suis assurée de tout. Vous pouvez me faire confiance.
— Et ensuite… ce sera à moi de jouer et ces données seront à moi, souffla Alessa en s’imaginant déjà mettre la main sur les informations que la hackeuse qu’elle avait engagée avant cela n’avait pu trouver pour elle. Nous n’aurons qu’un seul essai. Si vous tenez à recevoir l’autre moitié de votre paiement, il vaut mieux pour vous que tout se passe comme prévu. (Autour de la table, Asari, Galarien et Volus lui assurèrent d’un signe de tête que cela serait le cas. Alessa espérait qu’ils disaient vrai. Il le fallait…)

***

Quartier Général du SSC. Présidium. La Citadelle / Présent.

Jusqu’à maintenant, tout s’était passé comme sur des roulettes. Son petit numéro au café Apollon avait attiré le SSC qui s’était empressé de lui passer les menottes aux poignets. Entretemps, le Galarien que la fugitive avait engagé pour falsifier son identité avait supprimé celle-ci du réseau étant donné qu’elle n’avait plus aucune utilité. Aussi le contrôle d’identité que passa Alessa informa ses nouveaux geôliers qu’elle était activement recherchée par le gouvernement asari dans une affaire de meurtres – classée secret défense. Alessa avait justement compté sur ça pour assurer son billet d’entrée au sein du QG du SSC. En attendant de la livrer aux autorités compétentes, compte tenu des charges pesant sur elle, ils ne prendraient pas le risque de la garder enfermée dans une station secondaire. La proximité du café Apollon jouait également en sa faveur : le QG central n’était pas très loin. Alessa y fut conduite et elle se retrouva très vite enfermée dans une cellule hermétiquement close. Elle semblait prise au piège.

*Et maintenant… on attend* soupira l’Asari en s’installant sur la chaise trônant au centre de sa cellule.


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MessageSujet: Re: Complément d'enquête   Lun 11 Mai 2015, 23:28

    Octobre 2199 - Bureau du Superviseur Lleyton Benam

    Dans la vie d'un Superviseur, il y a deux périodes : la vie en mission et la vie en bureau. Comme il serait facile de deviner, la première était plus palpitante que la deuxième. Mais cette dernière demeurait toutefois primordial. Le travail d'un Superviseur était en quelques points comparables à celui d'un Spectre, à la différence près qu'on ne pouvait pas aller là où bon nous semblait. A ce sujet, les affectations variaient. Parfois, elles étaient précises et d'autres fois, elles consistaient en la surveillance d'un lieu plus ou moins concret - un quartier, une ville, voire une planète. Les tâches sont donc tout aussi nombreuses et cela allait, en général, de l'intervention directe à un établissement temporaire. Après tout, ce groupe particulier était le prolongement du Service de Sécurité Concilien et devait servir de nombreuses causes. Ainsi, chacun avait sa spécificité. Un des anciens voisins de l'Agent Benam, un turien particulièrement dynamique, s'était vu offrir une place de choix sur Digeris après cinq ans de bons et loyaux services : ce qui signifie que durant une période déterminée allant de six à dix-huit mois, la responsabilité de la paix locale et des affaires intergalactiques lui incombe. Toutes les planètes n'avaient pas automatiquement de Superviseur-référent et pouvait juste bénéficier d'ambassadeur ou tout autre poste politique divers, mais il était tout à fait possible d'occuper cette fonction. Comme quoi, ça donnait l'impression que ce poste était fait pour combler les brèches du système.

    Lleyton, lui, était encore trop jeune dans le métier pour pouvoir s'enorgueillir d'un de ces quelconques honneurs. Comme une bonne trentaine de ses collègues, son travail consistait à recevoir des ordres et à les appliquer, avec la paperasse en prime. Et sur ce point, ses supérieurs étaient extrêmement pointilleux et il ne pouvait y déroger. De plus, vu que c'était un rookie, il avait des heures à prester au sein même de la Citadelle. Ce qui expliquait sa présence, d'une part et d'autre part, ce qui était totalement contraire à l'essence même de sa position. Mais soit, telles étaient les instructions ; en tant que bon soldat, il pouvait difficilement discuter les choix de sa hiérarchie. Qui plus est, il avait eu l'honneur d'avoir Moryn Thymoris en tant que mentor et formatrice. Dans sa branche, c'était le gratin. Elle ne répondait qu'au Conseil et, par extension, à l'Exécuteur Chellick. Or, puisque c'était une tête brûlée, elle ne pouvait que bien s'entendre avec l'humain. La turienne était, par ce biais, bien différente de ses congénères : on lui avait appris à obéir toute sa vie et elle pouvait le faire sans rechigner, mais dans le fond, elle n'en faisait qu'à sa tête. En sommes, l'ex-Lieutenant et elle avaient plusieurs choses en commun, ce qui pouvait aider dans quelques cas spécifiques ; il ne fallait pas croire pour autant qu'un traitement de faveur était de mise. C'était même tout le contraire. Plus ça allait, plus Moryn était exigeante.

    En attendant, l'homme s'impatientait et caressait sa barbe. Il avait terminé les rapports de ses dernières missions, notamment ce fiasco sur Irune et ce rattrapage aux branches qu'avait été Parnack. Là, il n'avait servi que d'assistant mais il avait su se rendre utile. Pour remettre les évènements dans leurs contextes : lors de ses expéditions pour l'Alliance, Lleyton avait connu bien des pourritures. L'une d'elle était un volus qui, par miracle, avait fini ambassadeur sur sa planète natale. Tous deux avaient un ennemi en commun, en la personne de Celeman Briggs, un terroriste butarien notoire. Alors lorsque l'ambassadeur avait contacté son "vieil ami" pour le renseigner sur un attentat, il était légitime qu'il prenne l'affaire. Mais il l'avait joué dangereusement et avait juste manqué de mourir... Surtout sur Irune, bien reconnue pour ne pas être très accueillante envers les non-natifs. Heureusement, il avait croisé un krogan étonnamment bienveillant sur son chemin. C'était étonnant parce qu'il était mercenaire et, pour cause, un criminel recherché. C'est là que l'histoire prenait racine et fin : l'humain n'avait eu d'autres choix moraux que de laisser son allié partir. Et pour ça, on l'avait couvert.

    Cette prise de risque inconsidérée de Moryn expliquait son état végétatif actuel. Elle lui avait sauvé la mise pour on-ne-savait-quelle-raison mais elle attendait de lui qu'il reste sage durant quelques mois. La Commission allait sans doute statuer sur son cas avec tout ce grabuge - déjà qu'un criminel s'échappant sous sa garde faisait louche, mais la mort d'un suspect lui rendait encore moins service. Néanmoins, il n'était ni le premier ni le dernier à avoir connu ce genre de péripéties et en se faisant discret, sa carrière ne devrait pas être trop entachée. Peu importe, songeait-il. Pour un ex-fidèle de Cerberus, il s'en sortait plutôt bien.

    Mais justement, le souci résidait dans le caractère du monsieur. Docile, certes. Indépendant, surtout. Même le bien fondé de l'organisation qu'il sert ne pourra rien changer à son sens assez personnel de l'honneur et de l'éthique. Il était vif et impitoyable comme pourrait l'être n'importe quel chasseur de primes mais il était aussi droit et serviable qu'une assistante sociale d'Omega. Et ces caractéristiques ne joueraient aucunement en sa faveur sur ce qui allait venir ; une affaire de quelques secondes et un des nombreux inspecteurs du Présidium serait à sa porte.

    D'un coup, sans prévenir, quelqu'un pénétra à l'intérieur de son bureau, faisant sursauter l'intéressé. L'asari s'exprima avec délectation. « Superviseur Benam ? » On acquiesça avec nonchalance. « Les registres indiquent que vous êtes chargés d'un dossier en particulier... » Elle bafouillait avec déraison. Lleyon haussa les épaules. « C'est possible, oui. Lequel ? » Le boulot consistait aussi à avoir des affaires non-résolues ici et là, surtout concernant les crimes liés aux Terminus ou lorsqu'un fugitif est en cause. « C'est à propos d'une certaine Alessa N'Mara. » Un sourcil levé, l'agent se caressa le menton un moment. Alessa, Alessa, Alessa... Si ses souvenirs étaient bons, c'était un dossier dont il avait hérité de son prédécesseur, feu Aldion Tomerr. Il l'avait lu quelques fois, sans doute par curiosité mais l'affaire n'était jamais remontée jusque là. « Oui, je me souviens. Que se passe t-il ? Elle a été retrouvée morte ? » Puisque, par hasard, il s'agissait du deuxième cas le plus répandu - une fugitive - il fallait écarter cette théorie. Cela pouvait paraître inconcevable mais une fois sur deux, on retrouvait le fuyard mort. « Non. En réalité, nous l'avons arrêté pour trouble sur la voie publique et son nom est réapparu. » Diable. C'était nouveau, ça. Quelqu'un de recherché qui réapparait subitement pour un si bête crime. Bon, après tout, si les criminels étaient réputés pour être tous intelligents, il n'y aurait pas aussi peu de places dans les prisons. « Bien, bien... » argua le Superviseur, un peu pris au dépourvu. « Je vais m'en occuper. » D'une seule traite, il se leva, prêt à en découdre de suite. C'était un cas simple à résoudre, après tout, non ?


    Cellules du Quartier Général du SSC

    Qui dit crime au Présidium dit belle cellule avec vue sur mer. Ou pas. Mais la zone avait son confort. En mettant de côté les trouble-fêtes, ces prisons étaient construites pour accueillir des hommes d'affaires ou des politicards, pas des bandits de bas étages. En l'occurrence, cette Alessa était une exception. Et le bonus : elle n'était pas loin donc le Superviseur n'avait pas tant de chemin à parcourir.

    En quelques minutes, il y était parvenu. Satisfait de sa bonne forme, il avait passé les contrôles d'usages et remplis les formulaires qu'il faut. En montrant son badge. Parce que merde. Puis il avait pénétré dans le couloir blanc où les portes semblaient toutes clonées. Il était immédiatement partit au numéro qu'on lui avait indiqué, suivi d'un gardien s'appelant visiblement Thomas Hodgins. Il avait prononcé son nom de manière mielleuse à quatre reprises, sans qu'il n'y ait une logique particulière. Serviable comme jamais, il avait activé l'ouverture de la porte et avait transmis le code d'accès à son supérieur. Puis il avait rebroussé chemin, laissant celui-ci à ses occupations.

    Sans plus de suspense, Lleyton entra. Aussitôt, il referma derrière lui et jeta un œil. Il vit d'abord la décoration : une cellule claire, aux murs unis et presque parfaits. Il y avait une toilette, une couchette et une fine caisse où ranger... rien, puisque les effets personnels étaient prélevés bien avant. C'était conceptuel, mais soit. Sur le lit, une asari le regardait avec des yeux emplis de doutes et d'espoirs. Un regard aussi transcendant que particulier. « Alessa N'Mara, je présume ? » dit-il, avec une rhétorique certaine. « Je suis le Superviseur Lleyton Benam, enquêteur chargé de votre affaire. » Faisant fi de toutes futilités, il se présentait clairement et distinctement. « Je crois que nous devons parler. » enchaina t-il, bras croisés. Il avait relu le dossier sur le chemin. Vu les rapports, tout était plus ou moins clair... "Plus ou moins".








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MessageSujet: Re: Complément d'enquête   Mer 13 Mai 2015, 20:15
Alessa ne quitta pas des yeux la caméra de surveillance disposée dans l’un des coins de sa cellule. Elle fixait toute son attention sur la lumière clignotante. Elle attendait un signe de la part de son contact à l’extérieur du SSC : un signe qui l’informerait que tout se déroulait selon le plan convenu. Elle comptait sur son ami galarien pour faire le nécessaire. Elle avait confiance en lui. Ils avaient combattu ensemble durant la Grande Guerre tandis qu’ils s’efforçaient de survivre au milieu de tout ce chaos. Elle savait de quoi il était capable et elle était convaincue qu’il saurait remplir son rôle à la perfection. Mais le fait est que les secondes s’égrenaient en silence et toujours aucun signe de sa part.

*Allez, Hokin. Qu’est-ce que tu attends ? Je n’ai pas toute la journée. Fais vite !*

Les yeux de l’Asari se détachèrent de la caméra de surveillance quand la porte de sa cellule s’ouvrit en grand. L’espace d’une seconde, elle se demanda s’il s’agissait-là du signe qu’elle attendait. Mais non : Hokin ne commettrait pas l’erreur de trop jouer avec les systèmes internes du SSC. La tentation serait sûrement grande pour lui, mais il savait pertinemment qu’il valait mieux qu’il se contente d’intervenir directement le moins possible au risque d’être repéré et éjecté du système. Alessa avait convenu avec lui qu’elle se chargerait de tout une fois à l’intérieur du SSC. Elle aurait juste besoin de lui pour qu’il la guide et soit ses yeux et ses oreilles. Ils n’avaient droit qu’à une chance. S’il était repéré trop tôt, c’est tout le plan qui tombait à l’eau. Alessa avait été particulièrement claire sur ce point.

Et force est de constater que le Galarien n’avait absolument rien à voir avec l’ouverture de la porte. Il s’agissait d’un autre homme : un Humain. Celui-ci entra dans la cellule et prit soin de refermer derrière lui avant de laisser son regard courir à travers la pièce. Alessa le dévisagea en silence sans bouger de sa place. Elle demeura ainsi le dos bien droit et les jambes croisées, les bras croisés sur sa poitrine. Et seul un léger froncement de ses sourcils trahit sa surprise et son interrogation. Qui était cet homme et que faisait-il ici ? Elle n’eut guère à attendre très longtemps avant d’obtenir les réponses à ses questions.

— Alessa N’Mara, je présume ? demanda le nouveau venu sur un ton des plus professionnels. (L’Asari ne prit pas la peine de lui répondre. Elle n’était pas stupide. S’il posait la question, c’est qu’il connaissait d’ores et déjà la réponse. C’était juste pour la forme. Une entrée en matière avant un interrogatoire.) Je suis le Superviseur Lleyton Benam, enquêteur chargé de votre affaire. (La nouvelle laissa la fugitive de marbre. Du moins en apparence. Elle restait en effet sur ses gardes.) Je crois que nous devons parler.

Alessa fixa son attention sur le Superviseur Benam et l’observa un moment comme pour jauger ce dont il était capable. Il semblait jeune. Mais il émanait de lui une certaine assurance. Peut-être même une trop grande assurance. Mais là n’était pas la question. Alessa avait pris soin de faire des recherches de son côté avant de se lancer dans cette opération. Elle s’était renseignée sur les individus en charge du dossier et ce qu’elle découvrit en posant les yeux sur le Superviseur ne fit que confirmer ses soupçons. Encore un gratte-papier gonflé d’orgueil et d’assurance qui ne chercherait pas plus loin que le bout de son nez. Pour ce qu’elle en savait, peut-être même ignorait-il tout du contenu du dossier dont il avait hérité la charge. Après tout… Alessa n’avait jamais entendu parler de lui avant aujourd’hui. Ce Lleyton Benam était un fantôme. Un simple nom dans un dossier poussiéreux. N’était-il pourtant pas censé la traquer afin de lui passer les menottes aux poignets ?

Comme elle s’y attendait : ce n’était qu’un bleu. Peut-être se voyait-il déjà décrocher une médaille pour lui avoir mis la main dessus après tout ce temps. Cela ne l’aurait pas étonnée. Après tout, si tant est qu’il ait pris la peine de lire son dossier avant de venir à sa rencontre, pourquoi prendre le risque de mettre les pieds ici ? N’était-ce pas de l’arrogance ? Elle était suspectée d’avoir assassiné de sang froid les cinq membres de son unité de Chasseresses. De toute évidence, un homme seul ne ferait pas le poids face à elle. Et pourtant, le dénommé Benam se tenait seul devant elle. Donc soit il était arrogant, soit il était fou à lier et irrécupérable. D’où l’expression de dédain qui transparut sur le visage de la jeune femme.

— Parler ? finit par demander Alessa après un long silence pesant. C’est donc ce que vous faîtes depuis ces vingt-cinq dernières années ? Est-ce la raison pour laquelle votre « enquête » est toujours au point mort ? Parce que vous ne faites que « parler » ? Les bureaucrates… (Elle soupira en détournant les yeux.)

Il y avait tant de colère et de rancune dans la voix d’Alessa qu’elle tremblait et devait se faire violence pour ne pas extérioriser cette rage grandissante. Cet homme en face d’elle était l’une des raisons pour lesquelles Alessa avait été contrainte de s’exiler dans les systèmes Terminus. N’avait-il donc pas mieux à faire que « parler » ? N’avait-il pas une enquête à mener ? Des recherches à conduire ? Un coupable à arrêter ? Quand bien même les preuves pointaient toutes dans sa direction, Alessa était pratiquement convaincue de son innocence. Qu’aurait-elle eu à y gagner à tuer sa propre épouse ? Rien ! Pourtant, les enquêteurs chargés d’élucider ce mystère ne semblaient pas décidés à faire marcher leurs méninges afin de faire toute la lumière sur cette histoire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Alessa se trouvait en pareille situation à présent : faute de pouvoir compter sur le système, elle se devait de prendre les choses en main et de mener l’enquête par elle-même. Pour le meilleur et pour le pire…

Reportant son attention sur le Superviseur silencieux, elle ajouta d’un ton acerbe et acide :

— À l’heure qu’il est, la nouvelle de mon arrestation a dû remonter jusqu’à Thessia. Ce n’est donc plus qu’une question d’heures désormais avant qu’une escorte de commandos asari ne vienne me ramener à la maison où je serai jugée pour un crime que je n’ai pas commis. (Elle marqua une pause et prit une inspiration.) Et quitte à choisir : je préférerais passer mes dernières heures de liberté au calme. Parler n’est pas vraiment mon fort. Nul doute que vous avez mieux à faire. Bonne fin de journée.

Détournant de nouveau les yeux, Alessa afficha un masque de dédain en faisant comme si le Superviseur n’était plus dans la pièce. À quoi bon continuer de perdre son temps à tenter de prouver son innocence ? L’enquêtrice asari qu’elle avait rencontrée à la clinique psychiatrique de Serrice n’avait pas voulu croire en son innocence elle aussi. Et vingt-cinq ans durant sa tête avait été mise à prix. Ce n’est sûrement pas aujourd’hui que les choses allaient enfin changer et ce n’est sûrement pas aujourd’hui que quelqu’un allait enfin prêter attention à ce qu’elle pouvait bien avoir à dire pour sa défense. Certes, ce n’était pas grand-chose. Après tout, elle n’avait gardé pratiquement aucun souvenir des événements survenus au cours de cette nuit-là. Rien qui ne puisse lui être utile. Mais le simple fait que sa femme se fut retrouvée au nombre des victimes ne suffisait-il pas à lui laisser le bénéfice du doute ? Sûrement pas…

Fixant l’une des parois de sa cellule, Alessa s’emmura de nouveau dans le silence. Elle n’avait que faire de discuter avec ce Superviseur qui n’avait pas été capable de clore l’enquête de son prédécesseur. Et quand bien même elle sentait le regard vert mordoré du jeune homme rivé sur elle, elle ne fit rien pour le croiser de nouveau. Le message était clair : cette entrevue était terminée. Il pouvait donc disposer et retourner à ses occupations… si tant est qu’il en ait en dehors du fait de « parler ».


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MessageSujet: Re: Complément d'enquête   Mar 14 Juil 2015, 12:18

    Cellules du Quartier Général du SSC

    Les réponses de la prisonnière n'étaient pas celles exclusivement attendues. Mais à trop tendre la main à tout le monde, Lleyton oubliait que certains demeuraient habitués à rester seul et à ne s'octroyer des alliés que pour une poignée de crédits ou si le contexte l'exige. Ici, l'asari était dans une position de faiblesse qu'elle n'avait sûrement que trop connu depuis le crime qu'elle avait - semble t-il - commis. Et quand bien même il y avait des blancs et quelques incohérences dans cette histoire, elle avait raison sur un point : elle serait jugée sur Thessia et non par une autorité de la Citadelle. Dans cette mésaventure, il n'avait été qu'un maillon de la chaine, utile pour mettre la main sur une fugitive. Et personne ne lui avait demandé de fourrer son nez dans l'enquête qui, de toute façon, avait été remplie par Tomerr. Sans avoir la principale intéressée sous la main pour fournir les pièces manquantes du puzzle, il avait jugé qu'il y avait de "grandes chances qu'elle soit coupable du méfait qui lui est reproché" et son successeur ne pouvait guère contredire cet avis sans apporter d'autres arguments. Alors en dépit de sa bonne volonté, il ne pouvait pas aider Alessa si elle ne souhaitait pas être aidé. Il indiquerait dans le rapport que la suspecte n'a rien avoué et a même clamé son innocence mais il ne pourrait rien de plus.

    Soupirant, le Superviseur tourna les talons et activa son omni-tool. Il y a inséra le code que lui avait donné le garde quelques minutes plus tôt et comme par magie - ce qui relève en fait plutôt d'une merveille technologique assez banale - la porte s'ouvrit. Sans dire un traire mot, sans parole cinglante pour signaler son départ théâtral, Lleyton céda place à la solitude pour la ô combien charmante damoiselle qu'il venait de rencontrer. Son intérêt et sa préoccupation étaient sincères mais cela restait, jusqu'à preuve du contraire, une criminelle en cavale et il avait d'autres chats à fouetter que de se faire traiter de simple bureaucrate. Quoique, dans la logique des choses, il retournait précisément à son bureau pour faire de la paperasse. Oh. Lleyton mourrait déjà d'ennui.



    Bureaux du SSC

    Bredouille, on revenait à l'office d'un pas trainant. Ces jours-ci, l'activité était bien calme et quand il n'était pas occupé à prendre en charge divers formulaires ou appuyer les demandes d'agents en quête d'aventures, l'ex-Lieutenant s'occupait d'une ancienne affaire qui lui tenait à cœur. Même s'il connaissait parfois une ou deux semaines de battements, les dossiers pouvaient arriver vite et il fallait être sur place presque aussitôt donc il n'avait pas le temps de léser. Alors le moindre petit temps libre était un bon prétexte pour vaquer à cette enquête parallèle. Et justement, ce n'était pas anodin car il allait justement s'y replonger.

    En débarquant à l'intérieur, il croisa les habituels planctons de l'administratif, ainsi que deux gardes qui escortaient un turien tout éméché. Lleyton haussa les épaules et se déplaça à hauteur de la réception - qui avait un nom beaucoup plus pompeux pour le SSC mais qu'on ne retenait jamais - et jeta son dévolu sur une asari ayant le ton tirant sur le mauve. « Transmettez le dossier N'Mara à l'ambassade asari. J'y inclurais mon rapport dans l'heure. » La réceptionniste releva la tête, penaude. Elle baissa ensuite les yeux vers son écran et tapota à une vitesse fulgurante. Et ce n'était pas sarcastique. Pendant ce temps là, l'homme patientait et jeta un coup d'œil autour de lui. A deux mètres se tenait un jeune officier qui n'avait pas l'habit pour être ici. Et sa tête lui disait bien quelque chose. Évidemment ! Il s'agissait d'Hodgins, le garde effronté et bavard qui s'était habilement présenté une dizaine de fois tout à l'heure. Ce dernier adressa un signe de tête à son supérieur. « Hodgins, c'est bien ça ? » La langue moins pendue, l'intéressé se contenta d'acquiescer une deuxième fois. « Que faites-vous ici ? » Question rhétorique. Étant donné son travail, c'était sans doute un transport de prisonnier. Et Hodgins répondit de suite, affirmant qu'il avait été convoqué pour réceptionner un turien saoule qui causait un désordre sur la voie publique. Lley eut le réflexe de perdre son regard sur le dit-turien, qui attendait sagement. Ah oui, en effet. Et durant le laps de temps où le garde racontait ses tourments envers l'existence ou que savait-on encore, la réceptionniste héla et tendit un datapad. Une petite signature et affaire réglée. Remettant le datapad à sa place, on eut le loisir d'entendre le jeune agent finir son histoire sur du calamar trop grillé. Alors là, on n'avait strictement rien suivi.

    Perdu pour perdu, le Superviseur afficha un sourire. « Bonne journée. » fit-il en faisant marche arrière. Il laissa son collègue vaquer à ses occupations et repartit vers son bureau, passant à côté du cas pour trouble sur la voie publique. Il s'arrêta une demi-seconde dessus. Pour quelqu'un de bourré, il avait l'air bien calme et prompt, ce qui n'était pas le cas quand il l'avait aperçu pour la première fois. Clignant des yeux, l'homme vit alors le restant de la seconde tourner mal lorsqu'un des deux officiers ayant ramené le turien fut projeter contre lui. On l'évita de justesse et tomba à la renverse. Impuissant, on eut le temps de voir que la petite frappe avait subtilisé l'arme de service de sa victime et avait tiré une fois avec. Ne se posant pas de question, Lleyton se redressa et activa une projection biotique avec véhémence. La cible fut envoyée droit sur une vitre où elle s'écrasa avec fracas. Ne se préoccupant plus d'elle, le barbu se rendit vite compte que cet incident avait fait une victime. « Agent à terre, agent à terre ! » cria t-il dans son omni-tool avant de courir vers la réception. Hodgins était sur le sol, touché à l'abdomen et déversant une marre de sang assez inquiétante. Sa respiration saccadée ne laissait présager rien de prometteur. « Envoyez des médics, bordel. » cria t-il une deuxième fois. Il n'avait même pas fait attention à ce qu'on lui avait répondu car il tentait juste d'arrêter l'hémorragie. « On vous envoie une ambulance tout de suite. » siffla la machine à son poignet. Et dans un deuxième temps, la même voix re-siffla. « A toutes les unités, une brèche a été signalé dans les cellules de confinement ! » Le regard de Lleyton s'éteignit. Travailler au SSC était un métier qui comportait des risques certains. Mais deux incidents dans la même journée, c'était plus qu'improbable.









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MessageSujet: Re: Complément d'enquête   Lun 20 Juil 2015, 16:10
Alessa demeura emmurée dans son silence jusqu’à ce que le bruit de succion de la porte coulissante ne la tire de ses pensées. Du coin de l’œil, elle regarda le Superviseur Benam quitter la pièce en laissant son regard s’attarder sur le jeune homme un court instant avant que la porte ne se referme. N’avait-elle pas été un peu dure avec lui ? Non. Dans le fond, elle n’avait rien à se reprocher et était parfaitement dans son droit. Si les enquêteurs en charge de ce dossier avaient fait correctement leur boulot, jamais elle ne se serait retrouvée là en pareille situation à devoir se salir les mains pour faire toute la lumière sur cette histoire. C’était donc la faute à ce dénommé Benam. Sa faute à lui et à ses collègues préférant passer plus de temps à se tourner les pouces et à brasser inutilement de l’air plutôt qu’à faire ce pour quoi ils étaient normalement payés. À savoir : enquêter et arrêter de véritables criminels !

Un sourire étira les lèvres de la jeune femme. Douce ironie. N’était-elle pas après tout une criminelle ? Une véritable criminelle. Une mercenaire ayant œuvré pour Éclipse voilà de ça une quinzaine d’années. En somme, ce Superviseur avait bel et bien fait son boulot en mettant la fugitive asari aux arrêts. Mais le fait est qu’il ne s’en doutait pas le moins du monde. C’est pour un tout autre méfait qu’il pensait avoir mis la main sur une mauvaise graine ; un méfait pour lequel elle était pourtant parfaitement innocente. Du moins jusqu’à preuve du contraire. En se basant sur des preuves qu’elle aurait elle-même recueillies et non en tenant compte d’un dossier de toute évidence monté de toute pièce pour la faire incriminer et pour lui faire porter le blâme. Mais pourquoi ? Et par qui ? Encore un autre mystère.

Quittant la porte de la cellule des yeux et tâchant de ne plus penser à l’homme qui venait de lui rendre visite, Alessa reporta son attention sur la caméra de surveillance et la LED clignotante indiquant qu’elle était en cours d’enregistrement. Quelques secondes seulement s’écoulèrent avant que le clignotement devienne saccadé. C’était le signe qu’Alessa attendait. Une manipulation très subtile du système pour lui faire parvenir un message codé en morse : « bonne chance ».

Alessa décroisa les jambes et se redressa lentement. L’heure était venue pour elle de passer à l’action.

La jeune femme porta une main au dispositif cerclant son cou. Un traducteur universel dont la majorité des individus civilisés peuplant cette galaxie étaient équipés en vue de faciliter tous les échanges inter-espèces. La seule différence entre ces modèles standards et celui que portait Alessa était l’amélioration que Hokin lui avait apporté. Amélioration qui lui serait fort utile au cours des prochaines minutes.

Positionnée à côté de la porte de sa cellule, Alessa activa le dispositif et sentit une décharge électrique courir à la surface de sa peau en picotant légèrement. Quand elle baissa les yeux, elle constata alors que son corps avait disparu. Du moins en partie… Elle n’était pas à proprement parler invisible. Quiconque se tenant suffisamment près d’elle découvrirait sans mal le pot aux roses. Mais à partir du moment où elle demeurait parfaitement immobile, le subterfuge en duperait plus d’un à distance. Par exemple, le garde en faction dans le poste de sécurité le plus proche.

Les secondes s’égrenèrent en silence. Rien ne se passait. Elle venait pourtant de disparaître des écrans de surveillance et rien. Elle avait beau avoir qualifié Lleyton et ses collègues de gratte-papiers n’ayant rien de mieux à faire de leur journée que discuter entre eux, les probabilités étaient mine de rien très faibles pour que ne serait-ce que l’un d’entre eux ne fut pas en train d’observer les écrans au moment-même où la jeune femme s’était volatilisée. La chance ne pouvait quand même pas lui faire défaut à ce point ? Ou peut-être bien que si. Un signal d’alerte à peine audible venait de l’informer que le dispositif de camouflage était sur ses dernières réserves. L’appareil était fait maison. Détourné à des fins que ses concepteurs n’avaient jamais imaginées. Sa durée de vie n’était que de trois minutes et trente-quatre secondes pour être exact et malheureusement, à usage unique seulement. C’était donc sa seule chance de quitter cette cellule sans contraindre Hokin à prendre le relais au risque d’être repéré.

Alessa entendit le déverrouillage électronique de la porte avant que celle-ci ne coulisse en produisant ce bruit de succion si caractéristique. Une haute silhouette se glissa alors lentement dans la cellule en brandissant une arme de poing. Il s’agissait d’un Turien portant l’uniforme de simple soldat du SSC. Un autre gratte-papier passant probablement ses journées les yeux rivés sur un écran de surveillance.

— Où est-ce qu’elle est passée ? demanda-t-il à mi-voix en balayant la cellule en apparence déserte.
— Ici, répondit Alessa au moment-même où le dispositif de camouflage rendait l’âme.

L’Asari se rematérialisa juste derrière le nouveau venu et lorsque celui-ci voulut lever son arme pour la mettre en joue, la jeune femme bloqua son bras et le lui retourna dans le dos d’un mouvement à la fois rapide et gracieux. Le Turien se débattit et grimaça de douleur quand la prise manqua lui déboîter l’épaule. Un son mat résonna dans la pièce lorsque le pistolet s’écrasa au sol et il fallut moins de quinze secondes pour que le corps du garde ne le rejoigne à terre. Il n’était pas mort. Ce n’était pas la raison pour laquelle elle était ici. Elle était venue pour trouver des réponses afin de se faire innocenter et non pour entacher plus encore sa triste réputation.

Alessa se baissa à côté du garde assoupi et récupéra l’arme dont il n’aurait plus besoin. Elle n’était pas là pour tuer mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’elle ne resterait pas les bras croisés à se faire tirer dessus si jamais la situation venait à prendre une mauvaise tournure. Elle s’empara également de l’OmniTech du gardien et l’activa pour s’assurer qu’il était en bon état de marche. Elle le fixa à son bras et se redressa enfin. Elle resta là à fixer un instant le corps inerte du Turien. Qu’allait faire de lui ?

— Mieux vaut ne prendre aucun risque, souffla-t-elle à mi-voix avant de traîner le corps jusqu’à l’autre bout de la pièce.

Cela lui prit plus de temps que prévu, mais Alessa parvint finalement au prix d’un effort considérable à installer le garde sur le lit avant de le recouvrir de la couverture afin de dissimuler ses traits. Un piètre subterfuge mais qui lui ferait sûrement gagner de bien précieuses minutes. Elle n’avait pas peur d’être repérée. Cela faisait même parti du plan. Mais grappiller quelques minutes en plus entre le moment où elle sortirait de la cellule et celui où l’alerte serait donnée ne serait pas de trop.

S’avançant vers la sortie, Alessa n’eut qu’à faire un geste du poignet pour que l’OmniTech désactive la sécurité et lui ouvre la porte en grand. Elle se retrouva alors dans un couloir blanc où se succédaient de part et d’autre du corridor des portes grises parfaitement identiques. Alessa se tourna instinctivement vers la gauche. Sa destination se trouvait plus ou moins dans cette direction selon les plans qu’elle avait mémorisés. Mais combien d’hommes en uniforme y aurait-il entre elle et le but qu’elle visait ?

— Hokin ? appela-t-elle en pianotant sur l’OmniTech et en établissant une connexion sécurisée avec le technicien galarien demeuré à l’extérieur du complexe. J’y suis. Je t’écoute.
— Dispositif de camouflage a bien joué son rôle, répondit la voix surexcitée propre aux Galariens. Suis fier de mon travail. Devrais envisager commercialisation à grande échelle. Succès garanti.
— Hokin ? appela de nouveau Alessa d’une voix autoritaire en tournant les yeux vers la caméra la plus proche. Reste concentré. Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous. (Elle désigna la porte du fond du menton.) Est-que la voie est dégagée ?
— Dégagée, oui, répondit précipitamment le Galarien.

Alessa progressa jusqu’à la porte sécurisée et en déverrouilla l’accès en usant une fois encore des codes dérobés au gardien. Elle se retrouva alors dans une section déserte qui la ramènerait vers des secteurs plus fréquentés. Bureaux. Salle de conférence. Des zones peuplées qui se trouvaient malheureusement entre elle et les serveurs entreposés dans un secteur au-delà.

— Souhaite-moi bonne chance, souffla Alessa dans son intercom.
— Déjà fait, rétorqua Hokin.

La remarque du Galarien arracha un sourire à Alessa. La jeune femme déverrouilla la porte devant elle et quitta le corridor la tête haute en faisant mine qu’elle avait toutes les raisons du monde de se trouver ici. Après tout, le meilleur moyen d’attirer l’attention était d’être mal à l’aise. Là elle transpirait à plein nez la confiance en soi et personne ne prit la peine de s’intéresser à elle – si ce n’est pour détailler ses formes mises en valeur par sa tenue parfaitement ajustée. Une tactique de diversion vieille comme le monde qui avait depuis longtemps fait ses preuves.

Son OmniTech grésilla alors et diffusa un message d’alerte :

— À toutes les unités, une brèche a été signalée dans les cellules de confinement !

Alessa jeta un œil par-dessus son épaule en retenant de justesse un juron. Le Turien devait avoir repris connaissance bien plus vite que prévu. Ou bien…

— Hokin. Parle-moi.
— Ne comprends pas. Genre de système de sécurité déclenché quand tu as quitté la cellule. Jamais vu ça de ma vie. Prodigieux. Me demande comment…
— Hokin ! (Alessa avait poursuivi sa route en faisant comme si de rien n’était. Elle s’immobilisa devant les portes d’un ascenseur et attendit en tâchant d’obtenir des réponses de son ami.) Que s’est-il passé ?

Avant que le Galarien ait pu répondre à sa question, Alessa vit un contingent de soldats armés prendre le chemin des cellules de confinement tandis qu’un autre groupe s’éloignait dans la direction opposée. Les unités de sécurité étaient bien trop réactives au goût d’Alessa. Cela ne faisait pas partie du plan.

— Que s’est-il passé ? demanda-t-elle de nouveau en se glissant dans l’ascenseur.
— Quelqu’un a ouvert le feu dans bureaux, répondit Hokin.
— Qui ?
— Aucune idée. Mais diversion peut jouer en notre faveur.

Alessa hocha la tête tandis que les portes de l’ascenseur se refermaient sur elle. Effectivement, cette diversion non prévue pouvait jouer en sa faveur : en divisant les forces de sécurité qui mettraient ainsi plus de temps à ratisser les locaux et donc à retrouver sa trace.

— Occupe-toi des caméras.
— Brouillage activé. Quinze minutes avant que sécurité remonte jusqu’à moi.
— Bien reçu. C’est juste le temps dont j’aurais besoin normalement.

Normalement… Excepté que rien ne se passe jamais comme cela était convenu dans le plan. Jamais…


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MessageSujet: Re: Complément d'enquête   Jeu 20 Aoû 2015, 17:29

    Cellules du Quartier Général du SSC

    La Citadelle a beau être l'un des endroits les plus sûrs que la Galaxie pouvait connaître, rien ne l'empêchait de se relever aussi dangereuse et impertinente que sa consœur Omega. Et il y avait des jours où tout était décidé à mal tourner, comme si le destin en voulait personnellement aux pauvres officiers de la station. Cette journée-là en faisait partie. On restait bien sûr assez loin de la rébellion d'un Spectre ou d'une invasion de machines géantes et surpuissantes, voire même des quelques fusillades qui pouvaient sévir dans les secteurs... Mais en une demi-seconde, tout avait basculé : un malheureux incident avait fait une victime innocente et voilà qu'une fugitive s'échappait des cellules, pourtant censées être aussi sécurisées que les hautes prisons qui renfermaient les criminels les plus féroces et inquiétants... Et bien évidemment, l'esprit de Lleyton avait été forgé à reconnaître les indices et à comprendre que dans son métier, les coïncidences n'existaient pas. Il en avait déduit qu'une si parfaite diversion ne pouvait coïncider avec l'arrivée d'une nouvelle sans qu'il y ait anguille sous roche. C'était pour cette simple raison qu'il avait confié le corps affaibli d'Hodgins au premier médecin qui passait par là avant de filer à toute vitesse vers les cellules en compagnie de deux collègues. Il avait couru à toute vitesse, l'uniforme encore tâché du sang du pauvre agent qui avait servi de dommage collatéral. Débarquant avec une vélocité surprenante, il constata la présence de quelques gardes devant une porte en particulier. En un instant, il avait compris que sa première pensée ne lui avait pas fait défaut.

    Il s'arrangea pour arriver à hauteur de la cellule, histoire de s'assurer de par lui-même des conséquences auquel il allait devoir faire ça. La cellule était définitivement vide, avec pour seul compagnon un garde, sans doute pris par surprise dans toute cette mascarade. « Merde ! » jura t-il. Lui aussi avait été pris pour un idiot et il espérait que cela n'avait pas fait plus de dégâts ; le flic sur place, qui venait de découvrir le patin piégé, en profitait pour checker ses signes vitaux. « Il est juste assommé ! » conclut-il, soulageant quelque peu le Superviseur. Cela ne dura qu'une demi-seconde. « Cela ne change rien au fait qu'on a une criminelle se baladant librement dans la station. » Il se frotta le menton, par dépit. « Mais elle n'a pas pu aller loin... Il faut boucler le secteur ! » Les péons qui étaient avec lui le regardèrent tous, l'air penaud. « Mais il faut une autorisation spéciale pour boucler un secteur... » répondit l'un d'eux, timidement. « Non mais... Pas tout le secteur. Juste les bureaux, abruti ! » Lleyton se frotta les yeux. Il réagissait assez mal et peut-être même promptement, ce qui avait l'air d'ébahir son entourage.

    « Faites ce qu'il dit. » souffla une voix plus autoritaire. Immédiatement, on relevait le museau. « Moryn... » bafouilla l'ex-Lieutenant, devant sa supérieure. Et accessoirement la supérieure de tout le monde, ce qui avait pour avantage de faire bouger tout le petit monde. « Que personne n'entre ou sort tant que nous n'avons pas mis la main sur la fugitive. » ordonna t-elle à ses subordonnés avant de se tourner vers sa recrue. « Quant à toi, va te changer. » Naturellement, on jetait un coup d'œil à l'habit. Il y avait de belles traces rougeâtres plus ou moins éclaircis qui n'étaient pas très jolies à voir. Même avec tant d'années d'expérience et de mésaventures, le soldat qu'il était avait du mal à se faire à l'idée de perdre un coéquipier. Se contentant d'acquiescer comme remerciement, Lleyton déguerpis aussitôt. Direction l'armurerie.



    Bureaux du SSC - Centre de surveillance

    L'homme avait aussi vite que possible, prenant presque moins de dix minutes pour enfiler une armure et se munir des armes adéquates ; sans compter les cinq minutes pour atteindre la pièce. Il s'était débarrassé de son uniforme, préférant une cuirasse polyvalente. Il n'avait pas à faire à une débutante alors mieux valait prévoir large. Ceci étant fait, il était revenu au centre du QG, s'infiltrant dans la petite pièce qui faisait office de surveillance pour l'endroit. Il voyait Moryn, qui regardait une à une les caméras. Il n'avait pas eu le temps de l'atteindre qu'un troisième personnage fit son entrée dans le jeu. Une asari, lourdement équipée. « Zemrana Fadoris, unité d'intervention. » se présenta t-elle brièvement. A leur tour, les deux Superviseurs indiquèrent leur nom. « Mes hommes ratissent déjà cet étage. Jusqu'à présent, aucun signe de la prisonnière. » Lleyton haussa les épaules. Rien de surprenant. Elle n'avait pas planifié cela pour se faire prendre aussi facilement. « Que sait-on d'elle, exactement ? » La question était légitimement adressée à l'enquêteur. « Il s'agit d'Alessa N'Mara, anciennement commando et activement recherchée pour plusieurs crimes graves. Je ne l'ai rencontré qu'une fois et c'était il y a moins d'une heure. J'aurai du mal à établir un profil valable. » « Mais... ? » rétorqua la turienne. « Si c'est elle qui a orchestré l'attaque dans les bureaux, elle est aussi calculatrice qu'impitoyable. Il ne faut pas la prendre à la légère. » La tête de Fadoris mouva la tête de haut en bas, signe universel pour indiquer une compréhension, tandis que Moryn avait l'air moins confiance. « Mais elle n'a pas pu faire ça seul. Elle a forcément un complice. Qui pourrait potentiellement être avec elle. » C'était un raisonnement pas tout à fait infondé. « C'est fort probable, oui. Ou alors c'est un observateur, qui l'aide à distance. On sait comment elle a pu sortir, au fait ? » Une partie de l'équation inconnue mais qui pourrait avoir le mérite de montrer vers quelle voie se diriger. « Nos techniciens sont dessus. Tâchez de la retrouver, pendant ce temps. » L'asari et l'humain se regardèrent.« Compris. On s'y met. »

    L'autorisation étant lancée, Fedoris et Lleyton sortirent. La spécialiste avait toujours quelques soldats à qui confier le plus gros de la fouille et ensemble, ils n'avaient plus qu'à partir pour un autre étage. La chasse était lancée.









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MessageSujet: Re: Complément d'enquête   Dim 30 Aoû 2015, 19:08
Alessa venait tout juste de mettre les pieds dans l’ascenseur quand son compagnon galarien l’informa que le dispositif de brouillage était activé. Elle avait dorénavant quinze minutes devant elle pour atteindre sa destination avant que la sécurité ne repère l’intrusion du pirate informatique dans leur système. Aux dires de la jeune femme, cela serait amplement suffisant. Du moins en théorie. Dans un monde parfait où tout se déroulerait sans accroc en suivant à la lettre le plan préétabli. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Ce n’était d’ailleurs jamais le cas. Il fallait toujours avoir recours tôt ou tard à un plan B ou se lancer dans une totale improvisation. Alessa se retrouva hélas dans ce second cas de figure.

L’ascenseur filait en silence vers les étages inférieurs quand un sursaut l’ébranla et stoppa net sa course. Le choc brutal prit Alessa au dépourvu et manqua la faire chuter au sol. Mais la fugitive se rattrapa de justesse à la barre horizontale encastrée dans la paroi derrière elle et conserva son équilibre en serrant les dents. Quoi encore ? Pourquoi l’ascenseur s’était-il arrêté ?

— Hokin ? appela Alessa en pianotant de nouveau sur son OmniTech pour établir une connexion.

Mais ce ne fut pas le Galarien qui vint éclairer sa lanterne. La réponse émana d’une voix synthétique qui s’éleva des haut-parleurs incrustés dans le plafond au-dessus de sa tête. Une voix de femme aux douces intonations se voulant aussi rassurante que possible.

— En raison d’une brèche dans la sécurité, nous vous prions de bien vouloir rester là où vous êtes et de garder votre calme. Nous faisons tout notre possible pour rétablir la situation dans les plus brefs délais. Merci de votre patience et de votre compréhension. (Un silence.) En raison d’une brèche dans..., reprit la voix synthétique en répétant son message d’alerte en boucle.

Alessa serra les dents et jura intérieurement. N’avait-elle pas parlé de malchance un peu plus tôt ? De toute évidence, ce n’était pas son jour et la Déesse n’était pas d’humeur à lui faciliter les choses.

— Hokin ?
— Ne peut rien faire, répondit précipitamment la voix du Galarien. Occupé.
— Occupé ? répéta Alessa.
— Techniciens du SSC au taquet. Remontent ma piste bien plus rapidement que prévu. Dois redoubler d’effort pour rester hors d’atteinte. Ne vais pas pouvoir tenir très longtemps.
— Combien de temps il me reste ?
— Moins d’une dizaine de minutes. Ne pourrai pas les retenir plus longtemps.

Alessa hocha la tête en silence. Cela faisait cinq minutes de perdues. Ce n’était pas la mort, mais c’était autant de minutes en moins pour faire ce qu’elle avait à faire avant que la sécurité ne vienne lui mettre des bâtons dans les roues. Cela restait cependant encore jouable. Elle n’avait pas d’autre choix de toute manière. Ou bien elle tentait sa chance malgré les conditions actuelles, ou bien elle prenait dès à présent la direction du point d’extraction en tirant définitivement un trait sur l’objet de ses désirs. Elle n’aurait pas droit à une seconde chance. C’était maintenant ou jamais. Plus jamais elle ne pourrait s’introduire dans cette place forte pour mettre la main sur ces satanés enregistrements. Alors que faire ?

— Hokin ? appela de nouveau la jeune femme. Peux-tu faire quelque chose avec l’ascenseur ?
— Non. Occupé. Désolé.

Alessa hocha la tête. Elle n’appréciait pas particulièrement le ton froid et cassant du Galarien, mais elle comprenait. Il était sous pression. Elle ne pouvait pas lui en vouloir car elle aurait probablement réagi de la même manière si les rôles étaient inversés. Elle devrait donc se débrouiller seule. Malheureusement, la porte se révéla réfractaire à toute tentative de contournement. Impossible donc de l’ouvrir.

Au plafond, la trappe permettant d’accéder au système de maintenance. Une poussée biotique de faible intensité suffit à déverrouiller le mécanisme et moins de quelques instants plus tard, se contorsionnant à travers l’ouverture, Alessa se retrouva au-dessus de la cage d’ascenseur suspendue dans le vide. Au fond du précipice, des ténèbres insondables. Une chute mortelle si par malheur l’Asari décidait de faire le grand saut. Heureusement, cela n’était pas au programme de la journée. Elle était attendue ailleurs.

Alessa leva les yeux et repéra la porte d’accès la plus proche. Elle se trouvait à moins d’un mètre juste au-dessus d’elle. L’ascenseur s’était immobilisé entre deux étages. D’une certaine manière, peut-être était-ce là la meilleure nouvelle jusqu’à présent. Si la fugitive parvenait à ouvrir les deux battants, elle aurait toujours ça de moins à escalader à mains nues. Du temps en moins de perdu en somme. Temps dont elle risquait très rapidement de se retrouver à court si elle traînait les pieds.

Contrairement à la porte interne de l’ascenseur équipée d’un système de verrouillage visant à garantir la sécurité de ses occupants en cas de panne, la porte devant laquelle se tenait Alessa se révéla tout de suite bien plus docile que sa consœur. Quelques tapotements sur l’écran haptique suffirent à contourner sa sécurité et à forcer l’ouverture des battants. La jeune femme put dès lors se glisser avec grâce dans le corridor désert qui s’ouvrait devant elle.

Alessa jeta un coup d’œil au mur d’en face : elle était présentement au 33ème niveau. Ce n’était pas de chance. La salle des serveurs qu’elle désirait atteindre se trouvait deux étages plus bas. Il aurait suffi de quelques secondes de plus avant que la sécurité n’active les protocoles de confinement pour que tout ce fût passé comme prévu. Alessa se serait alors retrouvée au niveau souhaité tandis que les différentes équipes d’intervention se seraient retrouvées ralenties par leurs propres protocoles de sécurité. Mais décidément, rien ne se passait comme prévu. À quoi bon avoir peaufiné ce plan d’attaque pendant des semaines et des semaines si au final tout allait de travers ? Alessa soupira…

Jetant un œil à son OmniTech, la fugitive nota que le temps continuait de lui filer entre les doigts. C’est donc en toute hâte qu’elle se précipita vers la cage d’escalier la plus proche. Mais bien évidemment, là encore, le confinement lui bloqua la route.

— Hokin ?
— Occupé ! s’exclama le Galarien d’une voix stressée.

Néanmoins, un signal sonore indiqua que la porte devant Alessa était à présent déverrouillée. La jeune femme ne perdit pas une seconde et s’engouffra dans le passage qui se referma dans son dos avec un bruit de succion. Deux étages plus bas, le voyant était d’ores et déjà au vert quand l’Asari s’en approcha.

— Merci, lança-t-elle à son allié, mais ce dernier ne prit pas la peine de répondre.

Poursuivant sa route, Alessa se retrouva bientôt à un croisement. Une alarme émanant de son OmniTech retint alors son attention. Les quinze minutes étaient écoulées. Le brouillage devait à présent être levé et ce ne serait plus qu’une question de secondes avant que la sécurité ne repère sa position. Un écran de surveillance se trouvait justement devant la jeune femme. Et ce qu’elle vit projeté dessus ne fit que confirmer ses craintes. Mieux valait qu’elle ne s’attarde pas ici. La salle des serveurs n’était plus très loin maintenant.

— Hokin ? demanda Alessa quelques minutes plus tard. Comment ça se présente de ton côté ?
— Mal. M’ont repéré. Fais tout mon possible pour les empêcher de m’éjecteur du système. Mais sont tenaces. Sûrement du sang de Krogan dans veines. Pyjaks ! (Il marqua une pause.) Attention ! s’exclama-t-il soudain. Mouvement droit devant.

Mais trop tard. Le temps que le Galarien se rende compte de la menace en approche et qu’il prévienne Alessa, une porte latérale s’était ouverte dans le corridor désert qu’elle remontait et une troupe armée se précipita dans sa direction. Le premier réflexe d’Alessa fut de dresser une barrière biotique et bien lui en prit car une salve fila à toute allure dans sa direction et manqua lui faire la peau. Se jetant à couvert au coin d’un mur faisant la jonction avec un couloir transversal, la fugitive asari jeta un œil en direction des nouveaux venus et en compta quatre en tout.

Quatre ne représentait pas un défi pour elle. Malheureusement, ils étaient tous lourdement armés et comptaient au moins une biotique dans leurs rangs : une Asari. Mais de toute évidence, il ne s’agissait-là que de chair à canon. Des soldats du rang sans aucun officier à leur tête. Mais des soldats se trouvant hélas entre elle et sa destination.

Visualisant mentalement la disposition des lieux, Alessa chercha un itinéraire détourné qui la mènerait à la salle des serveurs ne se trouvant plus très loin. Et elle en trouva un. Un itinéraire bis lui permettant de contourner la patrouille et de passer dans son dos en toute discrétion. Mieux valait éviter le combat si cela était possible. Après tout : elle était ici pour voler quelque chose et non pour tuer des gens. Elle refusait de donner raison à ses détracteurs. Elle n’était pas une meurtrière. Et elle comptait bien le leur prouver une fois en possession de ces maudits enregistrements.

Ouvrant le feu sur les soldats tenant leur position dans le corridor principal, Alessa profita ensuite de la diversion pour prendre la tangente dans le couloir qui s’ouvrait derrière elle. Elle gagnerait ainsi une ou deux précieuses minutes le temps que les soldats s’étant jetés à couvert ne se rendent compte du pot aux roses. Ce qui lui laissait amplement le temps de disparaître de nouveau et de brouiller les pistes.

Quelques minutes plus tard, la fugitive pénétra dans un hall servant certainement de centre d’accueil pour le pôle technique. Des stations d’accueil et des guichets de réception couvraient tout un mur tandis que des tables et des chaises occupaient la majeure partie de l’espace restant. Néanmoins, personne en vue. Pas âme qui vive. Cette section avait dû être l’une des premières à être évacuées une fois l’alerte de confinement donnée. Quoique cela n’avait aucun sens. Cet endroit aurait dû être justement la zone de confinement pour ce secteur. Elle avait la place pour accueillir tous les fonctionnaires de la zone.

— Atten…, tenta de la mettre en garde le Galarien. (Mais sa voix grésilla et la connexion fut coupée.)
— C’est un piège ! comprit aussitôt Alessa.

Mais il était déjà trop tard. La porte se referma dans son dos avec un terrible bruit annonciateur d’une fin imminente. Elle ne pouvait pas revenir en arrière. Elle était prise au piège. Et des bruits provenant de l’autre bout de la pièce l’informa qu’elle n’était pas seule. Plusieurs individus armés venaient de la rejoindre. Dans le lot, une Asari et un Humain qui ne lui était pas étranger : le gratte-papier du SSC venu lui rendre visite un peu plus tôt dans sa cellule. Déesse ! Si ça ce n’était pas de la malchance…


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Complément d'enquête

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