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 Lorsque sonne le glas

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De Sang et d'Acier
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MessageSujet: Lorsque sonne le glas   Jeu 04 Juin 2015, 15:43
Intervention MJ : NonDate : 2187 RP Tout public
Adrien Annaz ♦ Ravilla Aper
Lorsque sonne le glas



    L'hôpital bourdonnait de vie, malgré l'heure avancée de l'après-midi, presque du soir. Qu'elles soient patientes, familles, amis ou personnels, les nombreuses âmes qui peuplaient l'endroit se croisaient, s'interpellaient ou se réconfortaient selon la situation. Comme tous les services médicaux de Londres, ils avaient plus de patients que de personnel. Et encore, ils avaient de la chance. Voilà bien quatre jours que la guerre était finie, les Moissonneurs détruits grâce aux forces réunies de la galaxie. Tous ceux qu’on pouvait qualifier de blessés légers avaient été renvoyés dans des centres d’accueils, constitués à la va-vite pour pallier au mieux à la situation. Au Mémorial de Triny Street, on retrouvait donc ceux dont les blessures étaient graves, ainsi que quelques races aliens qu’ils pouvaient prendre en charge. Dont des Turiens, grâce à leur maigre réserves de produits dextro-aminés. Puisque les relais étaient en reconstruction, ils étaient coincés ici pour au moins quelques jours avant de pouvoir être rapatriés.
    C’était ce constat peu agréable que se faisait Laura Mills, jeune infirmière de vingt-et-un ans, tandis qu’elle tentait de remonter le flot d’individus ayant décidé de prendre possession des couloirs. Elle réussit à se glisser entre un Krogan et son infirmier en couinant un petit « pardon » à peine audible. Bien sûr, elle aurait pu forcer le passage. Faire comme ses collègues, prendre une grande voix et demander – gentiment – aux personnes présentes de se pousser car ce n’était pas tout ça ma bonne dame, mon bon monsieur, mais on devait venir en aide à d’autres par ici donc merci de laisser passer. Mais cela ne la tentait pas pour deux raisons :
    La première était toute bête. La petite trouvait un côté prétentieux à une telle démarche. Un côté qui tendait à les faire passer pour des demi-dieux de justice, santé ou elle ne savait quoi, et réduisait les patients à des insectes sur leur chemin. Certes, ils étaient débordés, mais ce n’était pas une raison pour se comporter ainsi ; Mills avait des valeurs auxquelles elle s’accrochait fermement. Encore plus dans une situation aussi chaotique.
    La seconde raison était un peu moins avouable. Se frayer un chemin, comme elle le faisait maintenant, augmentait les chances qu’elle se fasse agripper par quelqu’un, qu’on la retienne plusieurs minutes le temps de lui poser des questions ou de lui demander de l’aide. Plus cela lui arrivait, moins vite elle serait là où elle le devrait. Et ce n’était pas pour lui déplaire.

    Retardée, elle le fut effectivement un peu, mais pas assez à son goût. Bien vite – trop – même, l’humaine se retrouva à fixer le numéro en métal qui trônait fièrement sur la porte. La chambre 207. Bien. Elle y était. Allez, il n’y avait pas grand-chose à faire. Ouvrir la porte, lancer un « Bonjour » aussi joyeux que possible, puis sortir à reculons au premier signe d’hostilité. C’était la première fois qu’elle s’occupait de la patiente qui y résidait, mais les rumeurs suffisaient à l’angoisser un petit peu. Apparemment, son caractère n’était pas facile. Pire, elle pouvait se montrer carrément réfractaire à ne serait-ce que le fait de se faire soigner. Certains l’appelaient « La Furie de Palaven ». Loin des oreilles des patients, évidemment. Surtout des Asaris. Dans cette aile de l’hôpital, il était préférable de ne pas trop se référer à la guerre. Et encore moins aux Moissonneurs.
    Peut-être était-ce à cause de sa jeunesse que l’infirmière en chef Abegué l’avait désignée volontaire pour cette tâche. Même si elle avait servi d’aide de camps pour les révolutionnaires, la londonienne n’était pas habituée à affronter des patients qu’on pouvait qualifier de difficiles. Et encore moins des aliens. Après tout elle n’avait jamais quitté la Terre pour l’instant. Bien sûr, comme beaucoup d’autres de sa promotion, elle avait pensé aller travailler sur la Citadelle à la fin de ses études. Profiter de découvrir un peu le monde, et la galaxie, tout en gagnant quelques crédits.
    L’invasion l’avait hélas forcée à changer ses projets.

    Bon. Cela devait faire cinq minutes qu’elle regardait cette porte, plateau en main, dansant sur un pied et l’autre. Il était temps d’y aller. Si elle ne faisait pas de gestes brusques, tout se passerait bien. Sans doute.

    Toc toc.

    Deux petits coups, aussi discrets qu’à son habitude. Elle attendit un instant qu’on lui donne l’autorisation d’entrer. Rien. Tant pis, elle prendrait le droit.
    La porte glissa sur le côté avant de se refermer dans un chuintement métallique, laissant Laura dans une semi pénombre. La pièce était petite. Si le mur en face comportait de larges fenêtres, les volets de celle-ci étaient fermés ; seuls les trous laissaient passer une faible lumière, sans pour autant permettre de guetter l’extérieur. Au milieu, dans le lit, son occupante semblait endormie, les yeux fermés et la tête en arrière. Seul le léger cliquètement des mandibules venaient perturber le silence ambiant. Pour un peu, on en aurait oublié l’agitation qui se déroulait juste derrière le panneau de métal. Les Asaris, Galariens, Humains et autres qui se lamentaient de douleurs dans les couloirs et le reste de l’hôpital. Pfiou. Envolés. La salle semblait posséder son propre espace-temps, coupé du monde et tout ce qui s’y rattachait. Une petite bulle de calme au milieu d’un océan de tumulte.
    La garde-malade fit quelques pas, effleurant tout juste le sol du bout de ses chaussures.

    L’endormissement de la soldate était sans doute la raison pour laquelle sa demande timide était restée sans réponse. C’était bon signe d’un côté. Elle arrivait à dormir, sans doute à cause de ses médicaments. Mais la situation semblait s’être arrangée depuis le début de son séjour. Déjà, et d’après le rapport, ses crises d’angoisses et ses coups de colères semblaient diminuer.
    Un peu soulagée, soufflant sans le vouloir, la jeune femme posa le plateau sur la table de nuit avec le moins de bruits que possible. Très lentement, elle poussa le verre vide de quelques centimètres afin de pouvoir poser les flacons de plastiques au milieu. Comme à son habitude, elle compta le nombre de pilules, vérifia que c’était bien le bon traitement, remplit le verre d’eau et sourit, fière que tout soit en ordre. Après quoi, elle tourna la tête sur le côté pour observer la turienne.
    Ses yeux verts rencontrèrent deux autres ambrés. Un couinement digne d’une souris parvint à s’échapper de la gorge serrée de l’infirmière alors qu’elle fit deux pas en arrière, son plateau serré contre sa poitrine.
    Elle ne s’était pas attendue à ça. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, jouant à un rythme plus effréné qu’une salsa.
    Cet élan de panique ne sembla pas perturber la malade plus que ça. Après l’avoir observé un court instant d’un regard fatigué, elle reprit sa position du début, refermant les paupières.

    - Sortez, lança-t-elle calmement d’une voix enrouée.

    Bon. Les hostilités commençaient. Il allait falloir s’y prendre avec un doigté et une diplomatie au moins égale à celle de Shepard lorsqu’il avait négocié avec les Krogans. Au moins. Voir même plus.

    - J’apporte vos médicaments Madame.

    - Sortez, répéta-t-elle.

    Le même ton inflexible, encore qu’un peu plus appuyé qu’avant. D’habitude, Mills était un véritable ange de bonté. Agréable, souriante, toujours à garder son sang-froid et faire en sorte de prendre soins de ceux qui étaient sous sa garde. Cela ne l’empêchait pourtant pas de savoir se montrer soit autoritaire, soit un peu sévère de temps à autre. Toujours noyé sous son flot de sourire et de précaution, certes.
    Elle se rapprocha un peu. En réaction, la militaire se remit à l’observer. Intriguée ou combattive ? Elle semblait trop épuisée pour que ce soit l’une ou l’autre de ses options. Mais on ne savait jamais.

    - Vous devez les prendre, fit la petite d’une voix aussi douce que possible malgré la fermeté sous-jacente. Dès que ce sera fait, je sortirais.

    Les deux femmes se dévisagèrent un peu avant que l’une ne cède. Mills sourit de la façon la plus réconfortante qu’elle était capable, essayant par-là d’encourager sa patiente. Laquelle semblait hermétique à toute tentative. Au moins essayait-elle.
    Cette passivité était en tout cas bienvenue. D’une certaine façon. Elle permettait à la curieuse d’observer discrètement la native de Palaven. Même sans avoir forcément déjà quitté la Terre, tous les humains avaient déjà eu l’occasion de voir un turien. Que ce soit grâce à l’extranet, aux holos comme « Flotte et Flotille » ou « Les Enfants de la Guerre », tout le monde savait à quoi ils ressemblaient. Mais il existait une réelle différence entre voir quelque chose au travers d’un écran et le voir en chair et en os. Une sorte d’irréalité qui aidait à rendre les choses réelles, aussi paradoxale cela soit-il. Après tout, les griffes semblaient moins impressionnantes dans les films. Leur finesse était occultée par l’armure qu’ils portaient toujours dans une situation normale, ou même par leur mode étrange. Ils étaient toujours visibles dans un contexte de normalité, avec leur férocité marquée sur leurs traits.
    Là, dans le calme étouffant de la chambre, tout semblait plus vrai. Cette fierté qui restait accrochée quoiqu’il arrive, malgré la douleur et l’épuisement, dans chaque geste, chaque petit mouvement du visage. Cette diaphanéité, accentuée par l’absence de haut. Le mélange de robustesse et de délicatesse qui se dégageait du tableau.

    Oui, Laura était charmée. Depuis toute jeune, elle avait toujours ressentie une véritable fascination pour les espèces extraterrestres malgré l’avis mitigés de ses parents. Si la guerre avait été une véritable horreur, au moins lui avait-elle permis de travailler aux côtés de gens qu’elle admirait. Qu’importe qu’ils avaient des écailles, des carapaces ou quoique ce soit d’autre.

    - Votre ami est passé hier, chantonna la jeunette, tentant d’apporter un peu de gaité. Il vient tous les jours. Et les docteurs ont estimés que vous pouviez recevoir un peu de visite. Ce en serait que quelques minutes mais…

    - Je ne veux voir personne, l’interrompit Aper.
    Maintenant, sortez.

    Un petit silence s’installa. Que dire d’autres dans une telle situation ? Tente de la convaincre aurait fini par la braquer. Tenter de savoir pourquoi aussi. Mieux valait arrêter là le sujet et la laisser.
    La « Furie de Palaven » n’avait rien de son surnom. Encore que, connaissant l’habitude de ses collègues et leur façon de se comporter, elle pouvait se douter qu’il devait s’agir la plupart du temps d’un conflit de caractère. Mais avec un peu de calme et de patience, sans vouloir forcer les choses, on pouvait arriver à régler un peu la situation.
    Les flacons reprirent leur place sur le plateau, un brin de rangement fut fait. Après quoi, la porte s’ouvrit. Le brouhaha des couloirs envahit la chambre, rompant la sérénité, le temps que l’humaine sorte. Après quoi, tout redevint calme.


    Mills remonta une nouvelle fois les couloirs, dansant presque pour se constituer un chemin. Un petit pas à gauche pour éviter le galarien qui fonçait voir son camarade, une pirouette sur la droite pour laisser les deux Asaris se parler en paix, un pas de côté alors que deux Krogans se balançaient un coup de boule de retrouvailles. Il lui fallut bien moins de temps qu’à l’aller pour réussir à revenir à l’accueil. Le plateau fut reposé sur une pile avec les autres et le dossier rangé à sa place. Après quoi, tournant dans sa chaise à roulette, Laura prit place devant son écran avec un petit soupire.
    A côté d’elle, l’infirmière en chef Abegué ne fit même pas mine de relever ce qui était devenue une habitude chez sa jeune collègue.

    - Ca a été ?, questionna-t-elle sans relever les yeux du datapad qu’elle parcourait.

    La réponse ne fut pas exactement ce qu’elle attendait. Là où elle s’était attendue à voir la petite un peu braquée, ce fut d’une voix chantonnante et avec un grand sourire qu’elle lui parla.

    - Tout s’est bien passé ! Un peu difficile, mais c’est normal vu son état.
    Est-ce que tu l’as vu ?
    , piailla-t-elle, excitée. Elle est magnifique, tu ne trouves pas ? Je savais que les turiens étaient impressionnants, mais à ce point…

    Elle continua à rêvasser, déblatérant sur la patiente sous le regard désabusé d’Abegué. La petite avait un truc pour les turiens, c’était clair. Pour l’adulte, mariée et ayant trois enfants, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. Oh, elle n’était pas xénophobe. Absolument pas. Mais non, elle n’arrivait pas à les trouver beau. En tout cas, pas au point de s’extasier dessus. Ils étaient exotiques à la limite. Les Asaris, pourquoi pas, si on oubliait le côté bleu et leur allure de top model. Cependant, en termes d’amour, rien ne valait un humain bien de chez eux. Comme son mari. Un véritable canon lui !

    Le blabla incessant de l’étudiante s’interrompit lorsque quelqu’un rentra dans l’hôpital.

    - Bonjour ! Que puis-je fais pour vous aider ? Vous venez voir votre amie ? Je suis sûre qu'elle sera ravie de vous voir, annonça-t-elle avec un sourire.

    Depuis le temps qu’il passait, elle avait fini par savoir le reconnaître, ce soldat de l’Alliance ! Quant au désir de la Turienne à ne pas être dérangée... C'était mauvais pour elle, de rester ainsi cloîtrée dans sa chambre. Disons qu'elle ne faisait que l'aider dans sa guérison.






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MessageSujet: Re: Lorsque sonne le glas   Jeu 04 Juin 2015, 23:04


Comme tous les jours depuis ces trois derniers jours, Adrien se retrouvait dans le hall de l’hôpital. Si tant est qu’on pouvait considérer ça comme un hôpital. La guerre étant terminée depuis quatre jours, les blessés les plus grave avaient étés soignés dans des conditions plutôt précaires, parfois là où ils étaient tombés, la nuit où l’invasion avait pris fin. Depuis, des hôpitaux de fortunes avaient vu le jour, certains plus développés que d’autres, conçus pour accueillir ceux qui avaient ou qui allaient avoir besoin de soins plus poussés. C’était le cas du Mémorial de Triny Street, l’hôpital où se trouvait Adrien. Pas en tant que patient, mais en tant que visiteur. En plus d’accueillir les blessés les plus grave, c’était l’un des hôpitaux approvisionné en ressources dextro-aminé et autres ressources pour non-Humains, encore largement présents sur Terre.

Pourquoi cet hôpital en particulier recevait la visite d’Adrien ? Tout simplement parce qu’il venait tenter, pour la énième fois, de rendre visite à quelqu’un. Il avait eu beaucoup de chance la nuit de l’opération Marteau, n’ayant subit que des blessures superficielles, ne nécessitant guère plus qu’un peu de repos et une paire de points de suture. Une fois ses soins expédié, il s’était retrouvé à aider à son tour les blessés, pendant le reste de la nuit. Au matin, les choses s’étaient calmées, les blessés les plus graves ayant été soignés, et ceux n’ayant pas pu être pris en charge à temps emmenés dans des morgues temporaires. Adrien avait donc fini par être libéré de son travail, et s’était écroulé de sommeil. Après son réveil, il avait mangé un morceau, et entrepris de chercher Aper. Celle-ci avait été beaucoup plus grièvement touchée par la guerre, et emmenée dans un des hôpitaux qui poussait dans Londres. Il avait donc passé une partie de la journée à mener son enquête pour retrouver la trace de la Turienne, ce qui n’était pas forcément chose aisée. Il avait cependant finit par obtenir une localisation définitive, le Mémorial de Triny Street.

Il s’y était donc rendu, et s’était fait remballer à l’entrée. Pas de visite. Trop de blessés. Pas le droit de pénétrer dans le bâtiment. Les infirmières avaient autre chose à faire que de s’occuper des personnes en forme. C’était logique, et Adrien rendit donc les armes sans trop de résistances. Il s’y rendit le lendemain, où l’hôpital avait enfin ouvert ses portes aux visiteurs. Avec la consigne, bien sûr, de laisser les infirmières faire leur travail sans les déranger. Peine perdue, celle-ci étaient plus souvent harceler par les proches qu’à s’occuper des blessés. Autant demander à un Krogan de se mettre à la danse classique. Patientant dans la file des visiteurs, Adrien avait finit par se renseigner auprès d’une jeune infirmière de la chambre où se trouvait le soldat Ravilla Aper, de la Hiérarchie. Puis de son état. Et de se faire refuser le droit de lui rendre visite. Physiquement, elle n’allait pas si mal que ça. Juste une épaule perforée. Par rapport à certain, elle était dans une forme olympique. En revanche, elle subissait un rude contrecoup psychologique, mais refusait de s’ouvrir aux soignants. Il lui fallait lui laisser le temps de se reprendre. Deuxième jour, deuxième tentative. Même lieu, même manège. Cette fois, les règles de l’hôpital commençaient réellement à être oubliées. Des visiteurs installés en plein milieu des couloirs, gênant la circulation. Des cris lorsqu’un Galarien un peu trop excité bousculait une infirmière et lui faisait renverser le contenu de son plateau médical. Bref, tout pour ne pas faciliter la vie des infirmières, et le rétablissement des patients. Encore une fois, après une attente interminable, il se fit répondre la même chose que la veille, par la même infirmière. Pas défaitiste pour autant, il tenta sa chance le lendemain. Une troisième fois. Cette fois, avant qu’il ait eu le temps d’ouvrir la bouche, la jeune infirmière, toujours la même, prit les devants et lui demanda s’il était venu voir son amie. Question rhétorique. Il s’attendait un à nouveau refus (jamais deux sans trois, comme dit le dicton), aussi fut-il surpris quand la jeune femme se leva et lui proposa de la suivre. Comme quoi, la persévérance finie par payer.

Ca lui fera sans doute plaisir de vous voir. Même si elle ne veut pas recevoir de visite. Mais ce n’est pas bon pour elle de rester ainsi enfermée, à ne voir que des médecins. Un peu de compagnie autre ne lui fera pas de mal. Elle refuse parfois de prendre ses médicaments, même si on la force, et à du mal à communiquer. J’espère que vous voir lui fera du bien. Vous vous connaissez depuis longtemps ? C’est l’une des premières Turienne que je vois de ma vie, si on excepte les films et les informations. Je ne les pensais pas aussi fins. Sans compter que…

Adrien laissa la jeune femme continuer son monologue, n’ayant de toute façon à peine plus que le temps de grogner son assentiment ou un vague ‘’non’’ que la jeune infirmière repartait sur un autre sujet. Au final, il eu le temps de placer trois ‘’oui’’, un ‘’effectivement’’, et un regard noir à un plusieurs Asaris qui bloquaient le passage et ne voulaient pas se déplacer avant d’arriver devant la porte de la chambre 207. Après un petit sourire encourageant, la jeune infirmière abandonna Adrien sur le seuil de la porte avant de se faufiler derrière un Elcor (que ce qu’un Elcor foutait là ?) et de repartir au travail.

Rassemblant ses pensées, Adrien frappa deux petits coups à la porte avant de l’ouvrir. L’infirmière avait parlait d’un contrecoup, et il supposait qu’il s’agissait de la mort d’autant de personne, sans compter qu’elle n’était pas passée loin de la mort. A deux reprises. Dans la même nuit. Suffisamment d’arguments pour plaider envers un léger choc psychologique, même en étant résistant mentalement. Peut-être que lui montrer que la vie continuait en dehors des quatre murs de sa porte de chambre l’aiderait à remonter la pente. De toute façon, il n’allait pas lui laisser le choix : ce n’était pas la première fois que la Turienne était en méforme, et il ne comptait pas la laisser dans cet état. Magnifique soutien psychologique guidé par ses sentiments.

La chambre était plongée dans la pénombre. Petite, comme toutes les chambres médicales, avec le strict nécessaire pour vivre. Une partie du mur en face de la porte était couverte de fenêtres, mais les volets avaient étés fermés, ne laissant entrer que quelques rais de la lumière d’un jour pluvieux. La météo Anglaise n’était pas réputée pour son ensoleillement. Par conséquent, le manque de lumière extérieur couplé aux volets en position fermés faisait régner une certaine obscurité dans la pièce. Plus exactement, il y avait assez de lumière pour se déplacer et pour distinguer les traits de la Turienne, allongée sur son lit. Elle n’avait pas bougée d’une mandibule quand Adrien était entré. Peut-être s’attendait-elle à ce que ce soit une nouvelle infirmière. Et vu qu’elle refusait de prendre ses traitements… Annaz s’approcha discrètement du lit, constatant qu’Aper avait les yeux fermés. Endormie ? Peut-être, mais ça aurait été étonnant. L’infirmière était passée il y a peu de temps, et même si les chambres étaient mieux insonorisées que ce qu’Adrien aurait cru possible, il ne voyait pas comment elle aurait pu s’endormir aussi rapidement. Malgré tout, son manque de réaction le faisait pencher pour cette hypothèse. Mais pour autant, il décida de ne pas partir : comme l’avait dit l’infirmière, de la visite lui ferait le plus grand bien. Il ne savait pas où il serait demain, ni s’il pourrait la revoir ou s’il se verrait opposé un nouveau refus. Il prit donc le taureau par les cornes, et se décida à la réveiller. Si elle dormait.

S’approchant discrètement de la tête de lit, il posa un baiser sur le front de sa Belle au bois Dormant, essayant de la réveiller de manière plus délicate qu’un festival son et lumière. Suffisant pour la réveiller, en tout cas. Sans attendre la réaction d’Aper, il se redressa, et se dirigea vers les volets.

« Hé bien Ravilla, on dirait que tu es dans ta chambre funéraire. Un peu de gaieté allons. La guerre est finie, nous sommes vivant et… Bon, il pourrait faire meilleur, mais il ne pleut pas. Ça fait deux raisons d’être de bonne humeur. Alors, le programme de ma visite sera : ouverture des volets pour que je puisse te voir un peu mieux, et discussion. Beaucoup de discussion. Surtout que maintenant, on a le temps. Des objections ? »

D’un autre côté, il n’en attendait pas : il était déjà parti ouvrir les volets. Enfin, il essayait, car c’était des volets à l’ancienne, avec une corde à tirer pour les ouvrir. Comment ça marche, ce machin ?


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Lorsque sonne le glas   Ven 05 Juin 2015, 12:24

    L'esprit de la Turienne vacillait, l'emportant dans une demi-rêverie apaisante malgré sa maigre lutte. Il devait y avoir des calmants parmi les anti-douleurs et inflammatoire censés soigner son épaule gauche. Avec la pénurie de médigel, ils étaient obligés de revenir à "l'ancienne" pour les blessures les moins graves. Merde. Maintenant, elle se sentait partir, somnolant à moitié. Elle ne voulait pas, tentait de rester éveillée mais ses pauvres tentatives ne menaient à rien.
    Ce n’était pas des somnifères, ce qu’on lui avait donné, juste un simple moyen de la garder détendue. Cependant, voilà des jours qu’elle se refusait le moindre repos, de par ses crises de paniques ou son foutu caractère. Car dans l’esprit de la soldate, elle n’y avait pas le droit. Pas après ce qu’elle avait fait. La guerre la hantait avec le pire de ses soldats : le remord. Le remord et la face hideuse d’un Maraudeur qui erraient dans ses sommes, pour peu qu’elle s’endorme un instant.

    Pour la seconde fois de la journée, le brouhaha du couloir vint rompre sa quiétude lors d’un court temps. On venait de nouveau la voir, vérifier qu’elle allait bien. Bordel. Que ne comprenaient-ils pas dans le fait qu’elle voulait se trouver seule ? Elle ne voulait pas les voir. Avec leur air pseudo compatissant, qui comprenaient que ce soit si terrible, allez, reposez-vous et ça ira mieux. Alors qu’ils posaient des questions faussement innocentes, cherchant à savoir, la harcelant sans s’en donner l’air. Seule la petite infirmière était une compagnie acceptable, pour peu qu’elle ne reste pas longtemps.
    La soldate tenta de dire à l’inconnu de partir. Les mots restèrent coincés dans sa gorge. A la place, seul un faible « mmgnh » presque inaudible fut émis. Tant pis. Elle ne voulait plus combattre. L’inconnu partirait après avoir fait son petit tour, la laissant enfin seule. Jusqu’à la prochaine fois. Ou qu’elle soit enfin libérée de cette prison.

    Il voulait se faire discret. Ses bruits étaient presque inaudibles alors qu’il se dirigeait vers elle. Sans doute la petite infirmière. Elle devait avoir oublié quelque chose. Elle serait partie d’ici une petite poignée de seconde.

    Cette théorie fut légèrement malmenée lorsque le visiteur, ayant fini de s’approcher, déposa un baiser sur son front, babillant ensuite comme à son habitude. Cela acheva de réveiller Aper, laquelle dévisagea son « invité » avec un mélange de lassitude et de surprise. Comment avait-il fait pour se glisser jusque-là ? Elle ne voulait pas de visite bordel. Que personne ne vienne la déranger, à la fin.
    Sa pensée fut traduite par un soupir tandis qu’elle se redressa doucement sur son lit. Il rendait toujours les choses difficiles, de sa simple présence ou par ses mots.

    - Hé bien Ravilla, on dirait que tu es dans ta chambre funéraire. Un peu de gaieté allons. La guerre est finie, nous sommes vivant et… Bon, il pourrait faire meilleur, mais il ne pleut pas. Ça fait deux raisons d’être de bonne humeur.

    Se rendait-il compte que chaque mot ne faisait rien de plus que lui briser un peu le cœur ? Non, bien sûr que non. Il n’était pas quelqu’un de cruel. Juste très maladroit dans son ignorance.

    - Alors, le programme de ma visite sera : ouverture des volets pour que je puisse te voir un peu mieux, et discussion. Beaucoup de discussion. Surtout que maintenant, on a le temps. Des objections ?

    Il ne comprit peut-être pas tout de suite que le poids qui venait de le plaquer contre la vitre était celui de la Turienne. Après tout, il lui avait tourné le dos à ce moment.

    - ARRETEZ ! Ne faites pas ça !, cracha-t-elle férocement.

    L'image de la Terre lui était devenue insupportable. Depuis le début de son séjour, elle vivait avec les volets fermés, refusant de voir les décors ravagés de la planète-mère humaine. C'était aussi la raison pour laquelle elle s'isolait autant. La franc-tireuse préférait s'imaginer ailleurs qu'ici. Tout n’irait pas forcément mieux une fois qu’elle serait rapatriée sur Palaven. Mais au moins, peut-être que là-bas, ses démons arrêteraient un tant soit peu de la hanter.

    La colère qui habitait ses traits se changea en une expression douloureuse tandis que son épaule se rappelait à ses bons souvenirs. Fatiguée et blessée, Aper battit un peu en retraite jusqu’au lit, se laissant tomber dessus. L'angoisse commençait à s'installer alors que sa respiration devenait erratique.

    - Partez. Je ne veux voir personne, finit-elle par lâcher d’une voix lasse, évitant soigneusement de regarder son interlocuteur.






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MessageSujet: Re: Lorsque sonne le glas   Ven 05 Juin 2015, 14:32

Adrien se débattait toujours avec sa corde. Il ignorait qui était le con qui avait eu l’idée du système, mais il aurait eu deux mots à lui dire si jamais ils étaient face à face. En attendant, il se contentait de le maudire intérieurement. Foutu ingénieur. Cela dit, il n’eut pas le temps de prolonger son acharnement verbal envers le cerveau à l’origine de cet instrument de torture, car il fut dérangé. Ecrasé serait un terme plus exact. Un brusque poids contre son dos venait de l’envoyer imprimé une trace de sa joue sur la vitre devant laquelle il se tenait. Pas forcément très agréable. Il mit quelques secondes à comprendre que le coupable était la Turienne à qui il venait rendre visite. Pour dire vrai, il s’en rendit compte lorsqu’elle prit la parole pour lui demander, ou plutôt lui ordonner, de ne pas ouvrir les volets. Bon, soit.

Se décollant de sa fenêtre, il se retourna pour voir Aper se laisser tomber sur son lit. Un mélange de douleur et de fatigue sur le visage. La voir dans cet état brisait le cœur d’Adrien. Mais il n’y avait pas que ça. Aussi peu délicat soit-il, il était quand même capable d’identifier quelques signes. Le regard fuyant, le vouvoiement… Effectivement, elle n’allait pas bien, et plus que physiquement. Ignorant sa demande de la laisser seule, il s’installa avec elle sur le lit. Pour être honnête, il ne savait pas trop quoi dire ou quoi faire. Elle semblait plus que réfractaire à l’idée de discuter, ne voulait voir personne, refusait tout contact avec le monde extérieur… Il n’était pas psychologue, loin de là. Et s’il avait pensé que le contact de quelqu’un d’extérieur à l’hôpital permettrait à la Turienne de remonter la pente, il était loin du compte.

Ignorant quoi faire, il resta silencieux un moment. Le contact physique était sans doute à éviter dans son état. Encore plus si elle ne voulait voir personne. Parler de la pluie et de beau temps ? Bon, plutôt du mauvais temps. Dans tout les cas, ça semblait déplacé comme sujet de discussion. La guerre ? Autant l’oublier maintenant qu’elle était finie. Et ça n’allait pas remonter le moral d’Aper. Tant pis, autant se lancer.

« Aller Ravilla, que ce qu’il se passe. La guerre est finie, aucun d’entre nous n’est mort, et ta blessure guérira. Le seul obstacle, c’est ton blocage. Parle moi, dis moi ce qui ne va pas. Tu sais bien que tu peux tout me dire. Alors je t’écoute. »

Pas forcément un monologue capable de remotiver quelqu’un, mais il ne fallait pas oublier qu’Adrien était militaire. Et surtout, il essaye de faire parler la Turienne pour la libérer. Les chances de réussites étaient faibles, mais il fallait tenter le coup. Au pire, il recommencerait le lendemain à la harceler. Mais tant qu’à faire, autant espérer une réponse rapide pour une guérison plus rapide aussi. Ca coute rien d’y croire.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Lorsque sonne le glas   Ven 05 Juin 2015, 16:28

    Aper tentait toujours de contrôler son angoisse, respirant du mieux qu'elle pouvait, une main sur la poitrine. Comme si ça faisait la moindre chose pour aider. C'était surtout un moyen de se rassurer elle. Lui donner l'impression qu'elle maîtrisait la chose alors qu'en réalité pas du tout. Une grimace, légère, fugace, vint perturber sa concentration alors qu'elle sentit Adrien s'asseoir à côté d'elle. Ne pas le regarder. Surtout pas. Doucement et par réflexe, son corps se décala sur la gauche, l'éloignant un peu du militaire. Il ne fit pas mine de vouloir se rapprocher d'elle, ni de la toucher. Heureusement. Elle voulait rester seule. Le temps de se ressaisir un peu. De quitter la Terre. Trouver quoi faire.
    Il ne fallait pas nier. La Turienne se sentait perdue, affublée du poids d'un matricide. Sans compter que Shepard "le grand" était le sauveur de la galaxie. La guerre avait beau être terminée, tout semblait avoir été inutile. La résistance, les combats... Oui, tout aurait été inutile si un seul homme n'avait pas fait ce qu'il avait fait. A quoi ce meurtre avait servit au final? Lui accorder quelques minutes de vie en plus avant que tout ne soit fini? Tout ça lui paraissait si... risible maintenant.
    A côté d'elle, Annaz semblait hésiter. Elle pouvait le voir, du coin de l'oeil, se tordre les mains alors qu'il cherchait quoi dire. Il était gentil. Adorable même. A se faire du soucis pour elle, tout le temps. Chercher à la réconforter, à se montrer présent, attentif. Il méritait mieux. Une gentille humaine par exemple. Quelqu'un de moins coupable. Qui pourrait lui apporter autant qu'il donnait.
    Ce qu'elle allait faire lui briser le coeur, rien que d'y penser. Mais il valait mieux qu'une meurtrière désespérée.

    - Aller Ravilla, que ce qu’il se passe. La guerre est finie, aucun d’entre nous n’est mort, et ta blessure guérira. Le seul obstacle, c’est ton blocage. Parle moi, dis moi ce qui ne va pas. Tu sais bien que tu peux tout me dire. Alors je t’écoute.

    Oh, Adrien... S'il savait à quel point chacun de ses mots ne faisaient que la blesser d'avantage, menant à l'inexorable fin.
    Elle ne voulait plus lutter. Pas abandonner pour autant. Elle continuerait à combattre. Après tout, c'était une Turienne. Si elle ne se battait plus, ce serait pire. Tout ça aurait été inutile. Et puis, si elle restait à l'armée, au moins pourrait-elle finir par mourir en mission. Elle était la dernière des Aper maintenant, après tout. Sa famille s'arrêterait avec elle. Alors autant partir sur le terrain. Avec fierté de préférence. Mais le plus important était de partir.
    Un petit rire lasse s'échappa de ses dents serrés. Oui, vraiment, le sergent méritait bien mieux.

    - Considérez-vous libéré de vos engagements.

    Merde. Elle avait la gorge serrée et chaque mot lui brûlait autant que s'ils avaient été formé de fer chauffé. Mais c'est ce qu'il fallait. Pour son bien à lui. Il n'avait pas à souffrir par sa faute.
    Elle? C'était une vie solitaire qui l'attendrait, jusqu'à la fin. Rien de plus.

    - Pardonnez moi, Sergent.

    Même pas son prénom, ou au moins son nom de famille. Son foutu grade. Tout pour appuyer la distance. Bordel...

    - Je repartirais dès que possible sur Palaven. A l'instant où les relais seront reconstruits et qu'on m'en offrira la possibilité. Je reste au service de la Hiérarchie, Monsieur. Nous ne nous reverrons plus.

    Il ne fallait pas qu'elle pleure, ni que sa voix ne se brise. Rien qui ne brise à néant ses douloureux efforts.

    - Laissez-moi seule, s'il vous plaît.
    Et soyez heureux. Par pitié
    , lui échappa le murmure.

    Elle le sentait bien trop foudroyé pour bouger. Mais elle ne pouvait plus souffrir de sa présence. La soldate ne voulait pas qu'il continue de la voir ainsi, repliée sur elle même, alors qu'elle enserrait sa propre taille de son unique bras valide. Qu'il garde d'elle l'image d'un monstre sans coeur ou qu'il préfère se rappeler des jours heureux, qu'importe. Tout plutôt que la voir si affaibli et brisée.

    - Partez. Je vous en prie.






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MessageSujet: Re: Lorsque sonne le glas   Ven 05 Juin 2015, 19:08


Adrien voyait bien que la Turienne était en proie à l’incertitude. Les mandibules qui bougent doucement, le regard fuyant, le corps aussi. Elle s’était décalée plus loin encore que la distance qu’il avait mis entre eux deux, comme si elle cherchait à s’écarter de lui le plus possible. Est-ce qu’on pouvait toujours mettre ça sur le compte du choc psychologique. Pas vraiment. Qu’elle refuse de voir la lumière du jour ou de voir qui que ce soit, oui. Qu’elle continue de refuser le moindre contact, même envers lui… Cachait autre chose. Adrien ne savait pas ce qu’il s’était passé cette nuit là, qui l’avait rendu aussi renfermée sur elle-même. Il avait cru de prime abord que la mort d’autant de personne auprès d’elle, sans compter le fait qu’elle-même n’était pas passée loin d’y rester, était la seule raison de son état. Ca, plus sa blessure. Mais il y avait apparemment autre chose, qu’il ignorait. Et qu’il n’allait pas découvrir, vraisemblablement.

Paradoxalement, ce fut un petit rire qui précéda la chute du couperet. Pas un rire joyeux, ou pour exprimer un quelconque sentiment de bien-être, mais plutôt un rire de dépit. Comme quelqu’un qui devait faire quelque chose qui ne lui plaisait pas. Il ignorait si c’était effectivement à contrecœur qu’elle faisait ça, mais assurément, ça ne plaisait pas à Adrien. La première phrase d’Aper le rendit un peu confus. Est-ce qu’il avait bien compris ? Ce n’était pas très clair, ou alors, il ne voulait pas faire en sorte que ça le soit. La deuxième phrase commença à dissiper ses doutes. La troisième acheva de le convaincre qu’il comprenait bien ce qui était en train de se passer. Il était en train de perdre Ravilla. Ou plutôt, la Turienne était en train de le… ‘’Libérer’’, comme elle le disait. Comme s’il s’agissait d’un devoir militaire que d’être ensemble. La suite, il ne l’entendit que d’une oreille. Comme quoi elle comptait quitter la Terre le plus vite possible pour servir la Hiérarchie. Dès que les relais seraient de nouveau en état de marche. Et qu’ils ne se reverraient plus.

Il avait bien senti que quelque chose se préparait, mais Adrien ne s’attendait pas vraiment à ça. Pourtant, la décision semblait mûrement réfléchie, d’après les paroles qu’elle prononçait. Le genre de décision indiscutable et irréversible. Mais pas pour autant agréable à entendre. A vrai dire, il ne comprit pas le reste des paroles de la Turienne. Il digérait ce qu’il venait de se prendre dans les dents. Il ne réagit que lorsqu’elle lui demanda, une nouvelle fois, de la laisser seule. Il se leva de manière mécanique, sans vraiment avoir poussé sur ses jambes, et se dirigea vers la porte de la chambre avant de se retourner.

« Je… Comprends. Non. Ce n’est pas vrai. Je ne comprends pas. Mais je respecte ta décision. Alors, à défaut de pouvoir te faire changer d’avis… J’espère que tu seras heureuse, au moins. Adieu Ravilla. »

Tournant les talons, Adrien quitta la chambre, se retrouvant dans le couloir bondé, envahi par les moments de vies des personnes présentes. Traversant l’hôpital, il croisa la jeune infirmière qui l’avait guidé, et qui était en train de lui demander comment ça s’était passé. Il la dépassa sans lui répondre, la tête haute et le cœur brisé.
En ignorant que dans la chambre 207, la Turienne avait laissée libre cours à ses larmes, retenues jusqu’au départ de l'Humain.


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Lorsque sonne le glas

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