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 Le calme avant la tempête

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Crédits : Krelek

MessageSujet: Le calme avant la tempête   Mer 10 Juin 2015, 17:11

Je tombe dans un gouffre sans fin. Dans les ténèbres profondes, je ne vois rien de ce qui m'entoure.
Je ne sais pas ce que je fais là, mais ma chute est irrémédiable, mon corps me fait atrocement souffrir, et mon visage me brûle comme au premier jour, rognant avidement ma peau pourprée en une douleur continue et insupportable. Des morsures ardentes, des marques au fer rouge à même la chair.
Je hurle, mais ma voix se perd dans l'obscurité. Personne ne m'entend.
Mes mains ne rencontrent que le vide, rien sur quoi m'accrocher afin de stopper cette descente aux enfers.
J'ai l'impression de bouillir, qu'une chaleur incandescente consume ma chair de l'intérieur. Je vais exploser.
Je les entends, Mère, Raena. Où êtes-vous ? Que je puisse vous rejoindre !
Un rire gras résonne, tonitruant, vrillant mes tympans. Celui du Krogan. Il se moque de moi, de ce que je suis devenu.
Il voit ma dernière heure arriver. Et je tombe indéfiniment. Je ne peux pas lutter, j'ai l'impression que mon esprit ne contrôle plus rien.
Une lumière rougeâtre, là-bas. Est-ce ma destination finale ?
Cette lumière prend forme. C'est un feu, un gigantesque brasier hurlant.
Un brasier prenant peu à peu la forme d'une énorme gueule de Krogan.
Il s'apprête à m'engloutir. Cette chaleur brûlante... ce rire bruyant... ces voix me hantent.

Et je hurle.

Je me retrouve soudain dans une pièce blanche puant le désinfectant. Une douleur vive m'arrête dans mon élan, m'obligeant à rester allongée. Sur un lit tout aussi blanc, au matelas suffisamment confortable pour ne pas souffrir de courbatures. Des bandages serrés entourent mon ventre et mon bras droit, les plus touchés, ainsi que quelques bandes soutenant mes jambes. Dépossédée de mes vêtements, un simple drap recouvre toute mon intimité. Mon corps est en nage, trempé de sueur alors qu'une légère fièvre me gêne dans mon raisonnement. Un hôpital ? La lumière du plafond agresse mon oeil à demi-ouvert, mettant une main en protection de cette lueur le temps que mon regard s'habitue à ce changement soudain de clarté. Souffle haletant, j'ai encore du mal à croire que je me trouve encore parmi les vivants. A moins que ce soit ce que les humains appellent le paradis ? Suis-je au royaume de la Déesse ? Non, définitivement non. La douleur est bien réelle, mon corps demeure courbaturé de partout, chaque mouvement demande des efforts que mes muscles peinent à fournir.

Je suis encore de ce monde. Mal en point, mais j'ai survécu. Encore. Le destin semble vouloir s'amuser à mes dépens, tester mes limites, voir à quel point je me bats pour assouvir ma vengeance. Ce ne sera jamais terminé, pas tant que ces salauds courrent toujours. Je tourne péniblement la tête vers la droite, et je ne reconnais pas ce lieu. Qui m'a amenée ici ? Qui m'a soignée... et défroquée ? Mes pensées demeurent troubles à cause de la douleur lancinante parcourant mon corps, et la fièvre brûlant faiblement ma cervelle. Où sont passées mes armes ? Mon armure ? Et mon Omnitech ? Mes précieuses informations ? Celles que j'ai gagnées en jouant avec ma vie ? Qui a osé m'en séparer ?

Gardant un bras au niveau de ma poitrine, maintenant le drap afin de cacher ma nudité à d'éventuels regards, je me relève légèrement, non sans grimacer de douleur, et je jette un regard panoramique plus détaillé. Et mon oeil se pose sur cette silhouette dans un coin de la pièce, assise, me scrutant du regard. J'ai encore du mal à la distinguer réellement, pas encore habituée à la lumière blanche éclairant la chambre. La seule chose qui puisse me mettre la puce à l'oreille, c'est cet oeil unique braqué sur moi, l'autre étant caché par un patch noir, et cette allure féminine. Les pièces du puzzle mental se regroupent et s'assemblent petit à petit, me fournissant une image plus claire sur ce qu'il a bien pu se passer. Je vois cette main tendue, cette gifle, le feu, la douleur, les cris.


- "Je suppose que je dois vous remercier."

Ma voix s'échappe, encore faible, suivie d'un soupir. J'ignore si le fait de m'avoir sauvée était une providence ou au contraire une malédiction. Une seconde chance ou au contraire la continuité de ma damnation, d'une survie désintéressée avec pour unique but de tuer ceux qui le méritent. Une voix particulière survient dans mes souvenirs pas si lointains, celle d'une ombre hideuse aux yeux d'un rouge sang. "toi être mort qui marche" m'a-t-il dit. Une morte en sursis, je le suis depuis ce jour où une partie de moi est partie en fumée. Je replonge dans mes pensées, regarde avec une certaine nonchalance une de mes mains, celle qui ne retient pas le drap. Poing serré, visage rigide.

- "Où est mon équipement ?"

C'est ce qui m'importe le plus. La seule chose importante pour moi, en fin de compte. Je n'ai que faire des raisons qui ont poussé cette mercenaire à me secourir. Je veux ces salopards qui ont fait sauter l'Au-delà, et avec lui ma mère et mon amie. Je veux les retrouver, et vite.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Mer 10 Juin 2015, 20:27


Une goutte frappant un étang si calme que sa surface reflétait tel un miroir le ciel, un ciel blanc, pur, sans aucun nuage. Un monde blanc et infini tout autour d’elle, seul le bruit régulier d’une goutte venait perturber la perfection du lieu juste à ses pieds nu provoquant une vague d’onde. Une goutte si fragile qui perturbait l’univers entier. Au loin l’étang se déforme, gonfle, une masse s’avance juste sous la surface de l’eau la courbant par sa taille, elle vient vers elle, elle vient pour cette goutte qui brise son royaume de solitude, et Alice est là, face à cette goutte. Elle ne peut fuir cette forme qui s’approche, elle ne peut s’éloigner de cette goutte.

Elle ouvre soudain les yeux, son étrange réflexion fût perturbée par le souffle de plus en plus rapide de la patiente allongée sur le lit. Encore cette étrange vision, récurrente depuis près de 15 ans à présent, depuis cet événement sur le vaisseau. Jamais elle ne voit la chose émergeait de l’eau. Elle secoua légèrement la tête, chassant les dernières images de ce monde solitaire. L’asari semblait cauchemarder elle aussi, de manière nettement moins passive, Alice ne prit pas la peine de la réveiller, évitant que l’asari se fasse mal en réagissant trop vivement à un contact extérieur. Elle prit le temps de se remémorer ces dernières heures, la chasseresse était dans un état critique, elle l’avait emmenait dans une clinique clandestine à la limite du territoire Berserker, une planque sûre, pour un temps du moins. Il avait fallu la désencastré de son armure, celle-ci tellement enfoncé par endroit qu’elle avait dû la découpé. Alice s’était chargée elle-même d’ôter les quelques vêtements de l’asari, pas qu’elle ait craint un mauvais geste du toubib, mais pour une certaine forme de respect qu’elle avait développé pour l’asari, et lui avait donc accordé un peu de pudeur. Elle avouait avoir elle-même regardé avec un peu de stupéfaction les courbes de l’asari, contrairement à ce qu’annonçaient les rares rapports sur l’incident du blackout, Vala possédait un corps tout à fait désirable, sa défiguration n’entachant en rien la perfection de ses atouts. Alors que le médecin la soigné, elle avait pu voir plusieurs cicatrices plus anciennes, signe d’une vie mouvementée, une chasseresse ayant déjà vécue. Celle-ci émergea enfin, hurlant presque, le souffle court, jetant des regards affolés autour d’elle.

Elle finit par se redresser, tenant par réflexe le drap dissimulant son corps, une réaction qui fit sourire Alice. Même la plus redoutable des machines à tuer pouvait avoir un soupçon de timidité. Vala tourna son regard vers elle, prenant conscience de sa présence, il lui fallut un certain temps avant que sa bouche n’exprime quelque chose, pour rassembler ses esprits ou bien pour dissimulé le trouble de son cauchemar derrière une voix calme, Alice ne sut le dire.

Elle faillit rire quand elle réclama ses biens, à peine éveillée, la guerrière s’apprêtait à repartir en guerre. Alice se releva d’un geste souple et félin, marchant vers la demoiselle à l’esprit déjà si enflammé. Sa main balaya l’air comme pour chasser le remerciement inutile qu’elle avait crût devoir donner. A quoi bon remercier quelqu’un de ce que l’on n’est pas sûr de vouloir garder. Elle posa ses doigts avec douceur sur l’épaule dénudée de l’asari, et la sentit se raidir immédiatement. La texture était douce, mais chaude, la fièvre était toujours présente. Elle retira sa main sans prendre en compte la réaction de la demoiselle.

-A l’endroit où vous en aurez besoin quand vous vous serez reposée. Rien ne manque, surtout pas vos informations. J’ai cependant dût faire remplacer quelques pièces de votre armure, trop endommagée. Vous devrez vous occuper des réglages vous-mêmes, je ne connais pas vos préférences.

Sa main vint se poser sur le front bleu, recueillant quelques perles de sueur. L’état de Vala n’était pas encore très reluisant. Alice fit le tour du lit, le regard dur posé sur elle. Elle sélectionna une série de flacons et un petit pistolet seringue dans un meuble bas avant de revenir vers Vala. Le toubib avait quitté les lieux dès son travail finit, les berserkers allaient retourner la zone d’ici peu, mieux valait être ailleurs. Alice posa son paquetage sur le bord du lit, bien que loin d’être médecin, sa formation militaire lui permettait facilement de prendre soin d’une blessure faîtes au combat. Elle se pencha vers l’asari, soulevant délicatement une partie du drap essayant au mieux de ne rien dévoiler de sa nudité.

-Rallonge-toi, je dois examiner tes côtes.

Elle était passée au tutoiement par réflexe, la dernière fois qu’elle avait soigné une autre personne qu’elle-même, cela avait été pour ses compagnons d’armes, et la situation proche avait suffi à lui faire commettre cet écart de langage. Elle haussa les épaules, ce qui est fait et fait. Elle regarda Vala avec un regard aussi déterminé que le sien, bien décidée à ce que l’asari coopère.



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Mer 17 Juin 2015, 01:21
La silhouette s'approche de moi, et par instinct - ou par impulsivité, je ne saurai le dire - je pose la main sur ma hanche, pensant me saisir d'une arme que je n'ai évidemment pas sur le moment, étant nue, avec pour seul vêtement ce drap blanc qui protège mon corps des regards vicelards. Je la distingue parfaitement désormais, et mes doutes se sont dissipées. L'humaine qui m'a embauchée, et pour ainsi dire, m'a sauvée. Sauvée de quoi, en fin de compte ? L'heure n'en est pas aux questions métaphysiques sur mon état mental ou même physique. Non, seule compte la vengeance, et elle est à portée de main. Il me suffit de récupérer mon équipement.

Mais la jeune humaine n'est pas de cet avis. La fièvre non plus. Sa main sur l'épaule provoque en moi une réaction immédiate, comme un frisson, une décharge électrique, mon corps se raidissant et mon oeil valide la fixant lourdement droit dans le sien. La chance est de son côté, je ne suis pas en état de l'envoyer valser avec force et violence. Dans le cas contraire, l'humaine se serait encastrée sur le mur. Son geste se trouve calculé, et cette satanée fièvre rognant mes sens et mes réflexes. En fin de compte, je suis impuissante. Bouillonnant de rage et d'une froide détermination, mais simplement trop faible pour me frayer un chemin vers mon équipement, mes infos, ma quête.

Pourquoi suis-je ici ? Dans un lit d'hôpital ? Surtout, pourquoi tient-elle à me voir en vie et en forme ? Je n'étais qu'un mercenaire pour elle, que l'on jette après usage. La mission était à haut risque, presque du suicide surtout pour une seule personne, aussi entraînée soit-elle. Et j'ai bien cru y laisser ma vie. Miracle ? Chance ? Ou le résultat d'une insolente détermination et d'une volonté morbide ? "Morte qui marche". Il a résumé tout ce que je suis devenue depuis que le feu s'est emparé d'une partie de mon visage. Toujours dressée, assise sur le lit, je la regarde faire, cette humaine. Elle a pris soin de moi, ou du moins y a joué un rôle de supervision. Elle tient à s'occuper de moi. Là encore, les questions les plus simples se bousculent. Pourquoi ? Que cache cet intérêt pour ma personne ? Suis-je en danger ?

Alors j'attends de voir la suite, restant vigilante. Elle me tutoie, me dit que certaines pièces de mon armure avaient demandé un remplacement. Je ne réponds pas. J'hésite même à la repousser, afin de me procurer un temps de répit, pour remettre les idées en place et calmer la fièvre. Mais je vois dans son regard une certaine assurance, une certaine volonté de me rafistoler, quitte à me clouer au lit pour parvenir à ses fins. De toute façon, je ne pourrais que tenter une gifle, qu'elle aurait évitée facilement. Je finis par me rallonger, sans un mot autre qu'un léger soupir d'énervement. Nue, oui. Et cet état de fait ne m'enchante pas, encore moins lorsqu'une personne inconnue s'est permise de me déshabiller. Médecin ou pas. Pas que je sois pudique, mais les brûlures sur mon corps restent gravées comme du marble. Comme si l'explosion avait retenti hier. Comme si l'odeur de chair rôtie continue de tarauder mes narines en un funeste fumet.

Je regarde ce plafond blanc, hésitant à relâcher la pression de ma main sur ma poitrine, tenant le drap, seul rempart protégeant ma nudité cramée. Et finalement, je la laisse faire, reposant mon bras sur le lit. Entamant un exercice de respiration, j'essaie de garder mon calme, de ne plus penser à cette fièvre, ni même à mon intimité en passe d'être dévoilée.


- "Pourquoi m'avoir sauvée ?"

Est-ce la poussée de fièvre qui m'a poussée à lâcher cette phrase tout de go ? Ou le fruit d'une longue réflexion, cherchant désespérément une logique quant au fait d'être encore de ce monde, en vie, avec tout le fardeau que je porte ? Ma voix paraît froide, dénuée d'émotion, trop calme sans pour autant être complètement sèche. Je ne la regarde pas alors que l'humaine s'affaire à examiner mon flanc, relançant la douleur à plusieurs reprises. Je ne crie pas, mais mon corps réagit au toucher avec des soubresauts, preuve que les côtes étaient effectivement touchées, et pas qu'un peu. Je l'ai bien sentie alors que je m'étais relevée, mais je ne souhaitais pas le montrer. Même maintenant, alors que la borgne examine mon corps plus en détail.

Poing serré, je prie pour que je puisse sortir d'ici. Rattraper ces enfoirés. Les buter après les avoir torturés longuement. J'en rêve, au point d'en faire une obsession. La fièvre m'encourage à y penser, à me l'imaginer.


- "La mission était du suicide. Et vous aviez l'opportunité de ne laisser aucune trace. Mais vous m'avez sauvée, et pourtant vous savez que les Berserkers ne vont pas se tourner les pouces après ce que j'ai fait. Pourquoi ?"

Je répète la question. Je veux une réponse, connaître ses intentions vis-à-vis de moi. Quels sont ses plans ?
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Jeu 18 Juin 2015, 14:43


Délicatement Alice fit glisser le pan de tissu couvrant le buste de l’asari, dévoilant son flanc blessé autant que la poitrine de la donzelle. Elle palpa le plus légérement possible les côtes de la blessée, ignorant totalement son regard courroucé. Le médecin avait fait du bon travail, les os se ressoudaient déjà, mais on pouvait nettement sentir l’endroit où certaine avaient été brisée, en plusieurs fois pour certaine. C’était un miracle qu’elle soit en vie.

Alice s’affaira à la préparation d’un cocktail de produit alors qu’elle réfléchissait à la question de Vala, qui semblait peu encline à savourer son état d’être vivant. Un peu de vitamine, et tout un tas de produits nécessaire pour booster son système immunitaire et faire baisser sa fièvre, un temps du moins, rien ne valait le repos.

-Il faudra plusieurs jours pour que votre squelette soit remis, et surement autant pour la cicatrisation externe, mais vous vivrez.

Le retour du vouvoiement, l’asari ayant imposé cette barrière entre elles en lui répondant. Alice découvrit la cuisse de sa patiente, laissant son intimité couverte de justesse. Sans mot dire, le pistolet médical vint se poser sur sa peau et la seringue injecta le mélange dans son organisme. Vala tressaillit, et ses poings se serrèrent, sans qu’elles n’émettent le moindre son. La douleur devait la tirailler autant que sa fièvre, mais le tout baisserait d’ici peu, assez pour qu’elle se déplace d’elle-même.

-Pour tout vous dire, j’avais parié sur votre mort dans ce hangar. Tout ce que je souhaitais, c’était de forcer Irkis à bouger. Le saisir durant son transfert aurait été un jeu d’enfant. Mais voilà que vous sortez, avec lui, en vie. J’ai bien envisagé un instant de vous mettre une balle dans la tête, mais vous aviez rempli vôtre contrat, et si il y a bien une chose que je respecte, c’est ma parole.
Quant à la raison qui m’a fait vous sauver, elle est simple. Contrairement à ce que j’avais cru, Il y avait quelqu’un à sauver dans ce corps. Cette galaxie attend encore beaucoup de vous Vala Cyrus, il est trop tôt pour vous cacher dans la mort.


Alice se releva, rabattant le drap sur le corps de Vala, lui rendant un peu de sa pudeur volée. Elle fit quelques pas dans la pièce, faisant sortir un tiroir du mur d’une pression sur un bouton. Elle en extirpa une blouse de patient qu’elle vint poser près de l’asari.

-Pour ce qui est de vôtre apitoiement sur la cruauté de la vie, je ne peux malheureusement pas grand-chose. Mais vous avez le premier nom d’une très longue liste, vous avez tout le temps de comprendre que vôtre vengeance ne vous rapportera rien que vous n’ayez déjà. Vous devriez pouvoir vous mouvoir plus facilement d’ici une petite minute. Je peux vous attendre dans la pièce d’à côté, ou bien vous aider à enfiler cette blouse sans vous faire mal bêtement. A vous de choisir.

Alice attendit patiemment la réponse de Vala.



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Lun 22 Juin 2015, 20:15
Le fluide vitaminé, sitôt injecté, commence à faire son effet. La fièvre s'estompe peu à peu, et une vigueur relativement nouvelle s'empare de mon corps pourtant toujours convalescent. Je tarde à répondre, car ses paroles sont en train de faire plusieurs tours de manège dans mon esprit. Certains mots demeurent, respect, parole... vie. Sauver. Quelqu'un. Moi. Qu'y a-t-il à sauver en moi ? Tout ce que je chérissais m'a été volé et réduit en poussière. Je ne vis que pour donner la mort, et j'ignore quel sera mon futur.

Car la mort semble ne pas vouloir faire cas de mon existence.


- "Vous avez déjà vu mon corps."

Rien d'autre ne sort de ma bouche alors que je me redresse en position assise, non sans difficultés, à demi nue. Pas d'effort pour cacher ma nudité, car il ne sert plus à rien de dissimuler ce qui a déjà été découvert. Aussi, je me saisis de la blouse posée à côté de moi, et retire le drap d'un geste plutôt lent, évitant de raviver une quelconque douleur. Les côtes me font encore mal, cependant, m'obligeant à ne pas me redresser d'un bond. Un pied, puis l'autre, sur le sol, et doucement je prends appui, délaissant mon lit pour une station debout plus ou moins stable.

Un oeil jeté vers l'humaine, le temps de la jauger, de déceler quelque émotion, des détails dans sa gestuelle et ses expressions. Après quelques minutes à tâter le terrain, j'enfile lentement la blouse, recouvrant peu à peu mon corps taillé et sculpté pour les combats, rogné par quelques cicatrices anciennes et les traces de brûlure plus récentes. Seulement, pendant que je m'habille, une chose m'est revenue dans mon esprit. Une des paroles de l'humaine. "le premier nom d’une très longue liste". Piquée au vif par la curiosité, je me tiens droite devant elle, la surplombant d'une bonne tête, la dévisageant du regard. Le vêtement est d'ailleurs légèrement court, suffisant cependant à cacher de nouveau mon intimité.


- "Quels sont ces autres noms ?"

Droit au but, pas de détournement. Ma pensée reste focalisée sur mon objectif premier, celui qui alimente mes vaisseaux sanguins pour donner vie à ce corps qui est mien. Les tuer tous, jusqu'au dernier. Et elle mentionne la futilité de cette quête. Celle qui me tient le plus à coeur, le carburant de ma rage, de ma haine. Peu importe. Elle a des noms. D'autres noms. Et je les obtiendrai coûte que coûte. Quitte à traverser toute une armée de Berserkers pour cela. La question est : dois-je faire confiance à cette femme qui vient de me sauver la vie ? Qui est-elle, au fond ? Je ne sais rien de cette personne. Je ne me rappelle même plus de son nom, si tenté qu'elle me l'ait donné. L'humaine, au contraire, connaissait pratiquement tout de moi, de mes compétences, de mon passé.

Dois-je me méfier d'elle ? De cette face d'ange borgne au sourire malicieux ? De ce calme froid aux formes chaleureuses ? Je croise les bras, j'ai besoin de savoir.


- "Quel est votre nom, déjà ? Je n'aime pas être dans l'inconnu le plus total."
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Lun 22 Juin 2015, 22:46


Alice attendit patiemment que Vala enfile la blouse, son regard sur son corps qu’elle semblait ressentir plus meurtri qu’il ne l’était réellement pour des yeux extérieurs. Elle s’était presque attendue à une réaction de colère quand elle s’était permis de secouer un peu les principes de vengeance de l’asari, mais elle ne semblait pas prête à l’entendre, sa seule réflexion concernant les autres noms qu’elle pourrait avoir à sa disposition. Quand enfin l’asari fut debout, et présentable, bien que de justesse vu sa taille. Alice se pencha dans une révérence parfaitement travaillée, et avec une voix presque amusée elle répondit.

-Alice Sharp, pour vous servir gente demoiselle.

Elle se redressa et se dirigea vers la porte, ne prenant pas la peine de lui faire signe, ses pas de militaires entrainé résonnant vite derrière elle, malgré ses pieds nus. Elles émergèrent dans une salle ovale, visiblement une pièce de vie, des fauteuils, une haute table centrale avec des tabourets, et une cuisine simple mais complète sur l’une des faces. Alice se dirigea d’ailleurs vers celle-ci, et après une courte recherche durant laquelle Vala sembla la fixer, elle sortit deux verres et une carafe d’eau fraîche. Elle déposa le tout et rempli les deux contenant, et en fit glisser un vers Vala en buvant une longue gorgée du sien.

-Buvez, ça vous éclaircira l’esprit.

Une autre gorgée, et elle se tourna vers l’asari, un coude sur la table.

-Malgré tous vos doutes, je suis à cet instant une des rares personnes en qui vous pouvez avoir confiance. Premièrement, car vos soins mon couté suffisamment cher pour me passer l’envie de gâcher le travail effectuer. Deuxièmement, car je n’attend plus rien de vous, et donc je n’ai pas de raison de tenter de vous manipuler. Et troisièmement, vu que plus personne ne vous entoure aujourd’hui, je suis surement l’être vivant le plus proche de vous depuis longtemps, ce qui ne vous laisse guerre de choix pour répartir votre confiance temporaire.

Alice fit tournoyer le liquide transparent dans son verre, son regard dans le vague alors qu’elle laissait passer un peu de temps entre ses paroles, laissant à la convalescente le temps de les digérer à son rythme. Elle finit par faire glisser son postérieur sur un des hauts tabourets, ses pieds quittant le sol pour tournoyer tranquillement dans les airs. Avec un sourire grandissant elle tapota le tabouret à côté d’elle pour indiquer à Vala qu’elle souhaitait l’y voir assise.

-Je n’ai aucune raison de vous fournir d’autres informations que celles dont nous avions convenu Vala. Et vous n’êtes pas en état de m’en extorquer, vous ne feriez que vous jeter dans cette tombe que vous désirez apparemment ardemment. Cependant, j’ai un jeu à vous proposer. Plutôt un défi avec une possible récompense à la clé.

Alice faillit rire, mais cela aurait vexé Vala, malgré l’absence totale de moquerie qu’il y avait dans son amusement. Elle voulait comprendre un peu plus cette étrange créature, qui s’enfermée dans un monde de haine pour éviter de voir ce qui lui tenait à cœur, s’estompé. Elle avait obtenu ce qu’elle voulait, Irkis avait parlé bien vite, et le temps que son expédition soit prête, elle n’avait plus qu’à s’occupé, Vala s’avérait le seul sujet intéressant à la ronde.

Elle fit pivoter son fauteuil vers l’asari.

-Voilà le deal, embrassez-moi, avec la même passion que si c’était Raena qui se tenait devant vous à cet instant. Si je suis convaincue de la sincérité de votre sentiment, le prochain nom qui sera accessible à votre niveau, je vous le donnerais, sans contrepartie, pas même un autre kidnapping suicide. Qu’en dites-vous Vala ?

Avec un regard brillant, Alice fixa sa chasseuse soudain proie.



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Mar 23 Juin 2015, 00:22
De l'exagération de ce geste de salutations, aux expressions d'un autre temps, sans parler de ce sentiment constant d'amusement qui se lit sur le visage de l'humaine, une désagréable sensation de jouer au jeu du chat et de la souris m'habite de plus en plus. Mais je n'ai que faire des jeux, du divertissement. Seule compte la mort et la désolation que je veux infliger à toutes ces ordures ayant participé au Blackout. Qui ont fait exploser l'Au-delà. J'entends encore le sifflement, ce souffle traversant mon crâne endolori par endroits, hantant mon esprit trop souvent à mon goût.

Alice Sharp. Je peux enfin mettre un nom à cette femme qui me fait face. Celle qui a ma vie entre ses mains, pour le moment. Pas un mot ne sort de sa bouche, j'attends simplement de sortir de cet endroit. Ce qu'elle m'invite à faire, sans une parole, ni même un simple geste. Et je la suis sans rechigner, car cette humaine, cette Alice Sharp devient soudain intéressante à mes yeux, par le nombre d'informations qu'elle semble posséder. Et ces informations, je les obtiendrai à mon tour. Et je ferai s'élever les flammes de ma vengeance. Ils mourront tous.

En silence, je la suis jusqu'à un salon. Au final, je n'ai pas ressenti le brouhaha des hôpitaux, ni l'odeur de propreté stérilisée si caractéristiques des lieux publics de soins. Je me rends compte alors que cet endroit ressemble surtout à une habitation privée. La sienne ? A moins que ce ne soit qu'une maison de repos, loin de tout. Je l'ignore et je m'en cogne. Là n'est pas le plus important. Non, ce qui l'est, c'est cette femme, ou du moins ce qu'elle peut m'offrir. A commencer par de l'eau, fraîche, et une invitation à m'asseoir à ses côtés, sur un tabouret. Je la dévisage du regard, puis fixe cette assise haute. Je ne dis rien, nul besoin d'exprimer ce que je ressens en ce moment même, par ce mélange de haine, de frustration, de rage, de fureur mâtinés d'incompréhension et de déni de soi, que je tente de dissimuler sous un masque dur d'expression froide et désintéressée. Comme un masque de mort, figé, sans un sourire.

Je n'ai d'yeux que pour cette dame de feu et de sang qu'est la Vengeance.

Assise sur le tabouret, je n'ai pas ressenti de douleur. Du moins, je n'y ai pas prêté attention. Elle me parle encore de confiance. D'entourage. De coût. Je n'ai pas demandé à être sauvée, mais elle l'a fait. Je ne l'ai pas choisi. Mais elle a raison sur un point : je n'ai plus personne sur qui compter vraiment en cas de problème. En silence, mon oeil capte la transparence de l'eau contenue dans mon verre. Une timide gorgée, afin d'en capter la fraîcheur, et je ressasse ses propos. Confiance temporaire, une notion que je peux accepter. Pour un temps. Mais elle cherche une mainmise, à se placer en position dominante vis-à-vis de moi. Elle me tient à cause des informations qu'elle possède, elle le sait. Mais elle joue avec le feu, un feu difficilement maîtrisable.

Il est dangereux de me rappeler le passé, encore plus la disparition de mes proches. Et cette humaine est en train de prendre le diable par la queue.

Un nom a été prononcé, et aussitôt un bruit de verre qui se fissure se fait entendre. Je viens par réflexe de serrer le verre tellement fort qu'il s'est fracturé par endroit, sans cependant voler en éclat. Elle a osé. Cette enfant de salope a poussé le jeu très loin, au-delà des limites à franchir. Une brusque montée de rage envahit mon corps en un soubresaut, contenue aussi soudainement que brutalement, laissant échapper un rictus de douleur au niveau de mon visage. La première idée qui m'a traversé l'esprit, que mes muscles ont bien failli prendre pour ordre direct, a été de lui balancer un coup de poing dans sa face, d'effacer ce sourire de plus en plus irritant et de bien lui faire comprendre qu'il est des choses à ne pas déterrer.

Surtout pas elle.

Je me retrouve dans un dilemme soudainement horrible. Laisser ma rage me consumer et la tabasser pour avoir voulu jouer sur mes sentiments et mon passé en un chantage frustrant, ou jouer ce même jeu à l'encontre de mes propres sentiments, de mes souvenirs et de mon dégoût. J'ai envie de lui arracher son oeil restant et le lui faire bouffer, de lui effacer son sourire en lui écrasant sa mâchoire. Et je vois, tel un voile recouvrant mon esprit tourmenté, l'image de Raena, son visage calme et reposant. Le verre se fissure encore avec la pression involontaire de ma main. Et je détourne le regard. Je ne peux pas la voir en face. Trop de choses, de douleur, ces cris, cette odeur comme une gifle cinglante. Elle m'a lancé un appât, une récompense au bout d'un hameçon.

J'hésite, lèvres pincées. Doucement, mon regard croise à nouveau celui de l'humaine. Il me faut du temps, mais voilà qu'à nouveau le visage de Raena m'apparaît, son sourire apaisant. Comme si elle m'appelle, comme pour me soutenir dans cette épreuve. Je sais pourtant que ce n'est pas elle, que je suis le sujet d'un odieux chantage, qu'on me manipule au bon vouloir des désirs de cette humaine. Je sais tout cela.

Je n'ai pas le choix. Et je ferai tout pour que justice soit faite.
Je te demande pardon.

Mes lèvres rencontrent alors finalement les siennes, d'abord poussée par cette rage qui m'habite, brusque et brute, main posée sur la nuque de la jeune femme. Mais l'image de feu ma compagne d'arme se fait plus vive, brillante à mesure que ferme mon oeil valide. Alors que je ne vois plus qu'elle, mes muscles se relâchent, ma fureur laisse place à un étrange sentiment de paix. Un rêve. Tout n'est qu'un foutu rêve. Et pendant ces quelques minutes, je crois vraiment avoir embrassé Raena. Ma partenaire, mon alliée. Mon amie, et plus encore.

Je t'ai perdue.

M'écartant instantanément de l'humaine j'ai bien cru que j'allais l'emplâtrer là, contre un mur. La réalité vient de me rattraper tel une navette à grande vitesse. Je hurle malgré la douleur aux flancs qui me relance, je me tiens la tête à deux mains, serrant mes doigts entre mes "tentacules". Calme. Il me faut me calmer. Lentement, très lentement, je reprends mes esprits. Doucement, je tourne mon regard à nouveau vers la dénommée Alice.


- "Satisfaite ?"

Ces seuls mots sortis de ma bouche, comme de la glace contenant une bourrasque de feu prête à déferler sur le monde. Ils brûleront tous. Oh oui, tous autant qu'ils sont, ils crameront. Je les carboniserai. Je les tuerai.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Mar 23 Juin 2015, 01:01


De longues secondes s’écoulèrent avant qu’Alice ne reprenne la parole, profitant du goût sur ses lèvres et des pensées qui l’assaillaient. L’asari embrassait bien, il fallait lui accorder, et elle avait aimé passionnément, c’était une certitude. Elle ne fit pas cas des réactions de Vala, elle savait ce qu’elle provoquait, et le résultat lui convenait.

-Satisfaite ? Non pas vraiment, je n’aurais pas dit non à une courte étreinte pour finir, mais bon, personne n’est parfait. Cependant je tiendrais parole, si une de vos cibles se présente, vous le saurez de ma bouche.

Provocante et imperturbable, Alice se releva, et saisit le verre fissuré de Vala qu’elle envoya valser contre un mur, le faisant exploser en un tas d’éclat qui s’étalèrent à l’autre bout de la pièce. Elle fit glisser son propre verre face à l’asari et le rempli de nouveau.

-Ce qui est cassé ne peut être réparé, pourtant il y a une nouvelle source juste devant vous Vala.

Elle fit le tour de la table, sa main glissa sur le mur, et la façade se scinda pour finalement coulisser et révélé l’armure de l’asari, et ses armes, disposées sur une étagère en verre. Tranquillement Alice sortit chaque élément pour le poser sur la table, face à l’asari, lui permettant d’ausculté son équipement à l’aide de son œil valide.

-Il y a là tout ce que vous aviez sur vous quand je vous ai récupérer, et le plein de munition.

Alice baissa le regard avant de reprendre.

-Ne croyez pas que je minimise ce qui vous est arrivé Vala. Et je vous demande pardon, pas de vous avoir provoqué, mais bien de vous paraître insensible. Cependant, pourriez-vous me promettre que dans cet instant que je vous ai volé, vous ne vous êtes pas senties plus en paix qu’à tout autre moment depuis que vôtre calvaire à commencer ?

Alice sourit à Vala, un sourire simple et sincère de l’évidence sans jugement.

-Vous allez poursuivre votre quête, si vous survivez aux Berserkers en sortant d’ici, je n’ai ni l’envie, ni le droit de m’y opposé. Mais je vous propose d’apprendre à rouvrir vôtre esprit à autre chose que cette haine. Je travaille sur un projet, un énorme projet, qui pourra changer beaucoup de choses. Et j’ai besoin de personne compétent, ce que vous êtes assurément. Quand vous aurez éliminé cette cible, et pris le temps de guérir, pourquoi ne pas reprendre contact. Peut-être pourrions-nous découvrir que la vie à encore des choses à offrir à des gens comme nous, un but.

Alice revint près de Vala, gardant à présent une distance plus respectueuse.

-Pourrais-je espérer entendre un « peut-être » de votre part ?



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Mar 23 Juin 2015, 20:04
Le regard fixé sur le verre remplacé, sur l'eau claire qui s'y trouve, je reste dubitative suite aux paroles prononcées par la borgne humaine. L'espace d'un instant, je m'étais cru des mois en arrière, je la voyais comme si son image était réelle. Si réelle, son sourire si beau. Ai-je vraiment pu avoir ressenti cette sensation de bien-être en cette très brève période de temps ? De la paix ? Ou n'était-ce qu'une illusion de plus créée par mon esprit tourmenté par la douleur, la perte d'être qui m'étaient si chers ? Son image s'est effacée de ma vue, ne laissant une fois de plus que le vide de la réalité, aussi dénué de couleurs que l'eau dans mon verre. Je bois son contenu, la fraîcheur du liquide vital coulant à l'intérieur de ma gorge me procure un certain soulagement, atténuant la rage qui m'habite encore et toujours.

De là à me sentir en paix, il y a un gouffre que je ne peux franchir. Trop de souvenirs douloureux, récents. Ma peau continue de brûler dans mon esprit, une flamme qui ne demande qu'à s'étendre et me consumer entièrement. Je sais que je joue sur un fil fragile, qui cassera à tout moment, m'entraînant dans une chûte irrémédiable. Peut-être ai-je déjà sombré dans la folie, que cet endroit n'est que l'antichambre de l'enfer tenue par une tentatrice sussurant des mots pour mieux manipuler et triturer mon cerveau avant le grand saut dans la fournaise. J'ai encore sur les lèvres l'amère douceur d'une vie qu'on m'a prise de force, dont il ne reste plus que braises et cendres.

Cet instant n'a été rien de plus qu'un répit dans ma quête de vengeance.

Je la suis du regard, ne répondant pas à son énième provocation, ni à sa métaphore concernant une possible "nouvelle source". Je ne suis pas juste "cassée", je suis morte. Vala est morte. Il ne reste plus que Red, "la morte qui marche". Ca et l'équipement que l'humaine vient de déposer sur la table, en ordre. Il ne manque rien, en apparence. Effleurant la surface du plastron, je m'attarde sur le casque, notamment la visière faisant refléter mon visage ravagé par le feu. Cet oeil blanc qui ne peut plus rien distinguer. Je m'empare du Disciple, en vérifie son fonctionnement et son approvisionnement. RAS. Je prends cette fois le Firestorm, mon arme de prédilection. Rien à dire, l'humaine en a bien pris soin.


- "Je ne serai jamais en paix tant que j'estime ne pas avoir assez versé le sang de ces ordures, Alice."

Est-ce que ce sera au moins suffisant pour que ces voix partent ? Que leurs visages ne me hantent plus ? Que ma peau arrête de souffrir comme si elle brûlait continuellement ? Je ne vois pas d'autre choix que de continuer d'arpenter la route de la vengeance, à tuer et brûler les salauds qui ont volé une part de mon existence. Comme si je me retiens de respirer depuis l'explosion, comme si tout autour de moi n'est que noir ou blanc. Je ne peux apprécier cette vie qu'une fois la vermine carbonisée. Et même après cela, je n'en connais ni la suite, ni l'issue. Peut-être ma vie cessera tout simplement d'exister une fois le cadavre du dernier des responsables de l'explosion de l'Au-delà gisant à mes pieds.

Prendre le temps de guérir. Alors que ces enfoirés courent toujours. Une notion qui m'est étrangère. Je fronce les sourcils, un mot m'a tiqué. Tournant lentement la tête vers l'humaine s'approchant de moi, Je la toise du regard.


- "Nous ? Qu'en est-il de vous pour pouvoir prétendre vous comparer à moi ?

Je secoue bien vite la tête, surtout pour vider mon esprit de mauvaises pensées. Un soupir s'échappe de ma bouche.

- "Je ne peux rien promettre."
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Jeu 25 Juin 2015, 16:10


Comme dans une première danse, les deux personnes se risquaient à mener le pas, jusqu’à ce que l’une s’impose à l’autre. Dans le cas présent, les danseuses se percutaient presque. Alice menait la situation, mais Vala faisait bloc de son corps aussi bien que de son esprit. Elle était enfermée dans une ronde, dont elle seule avait le rythme, une ronde de flamme et de sang. L’humaine se contenta d’hausser les épaules, elle n’avait pas vraiment espérer une réponse positive à sa proposition, mais au moins l’avait-elle faîte. Vala aurait tout le temps d’y songer la prochaine fois qu’elle serait à l’article de la mort, ce qui serait sans doute bientôt vu sa vie. Alice baissa les yeux alors que ses doigts se crispaient légèrement sur la table, le temps d’un souvenir fugace.

-Vous n’avez pas le monopole de la perte et de la vengeance Vala, juste une blessure plus récente. Et j’ai eu le temps d’apprendre la patience pour réaliser la mienne.

Elle haussa les épaules, sont sourire émergeant de nouveau sur son visage.

-L’important est d’être en vie pour continuer non ? Peut-être pourrons-nous aborder le sujet plus avant une autre fois, si vous restez en vie jusque-là.

Alice jeta un dernier coup d’œil aux armes de l’asari, elle sortait couverte en tout cas, rien de très discret, mais beaucoup d’efficace. Elle fixa de nouveau la belle bleue, se demandant si elle ne devait pas la retenir de force, vu son état ses chances étaient minimes seule. Mais elle n’avait ni le temps, ni les raisons de prendre soin d’elle à sa place. Seul un étrange echo de souffrance la poussait à cette envie de compassion.

-Nous sommes encore sur le territoire des Berserkers, Vous devrez vous montrer prudente pour en sortir sans trop de casse. Ils finiront par se convaincre qu’une asari seule n’a pas pu faire cela, mais d’ici là, il faudra survivre. Je vous conseille de quitter la station quelque temps, de toute façon vôtre quête l’exige.

Alice s’approcha de l’asari, et fit glisser une note qu’elle venait d’écrire vers elle.

-Demain à la même heure, un cargo quitte la station, donner mon nom et vous aurez une place à bord. Ce n’est pas une obligation, juste une porte ouverte.

Elle jaugea la blessée.

-Même si j’apprécie la vue, nous devrions déjà commencer par vous habiller.



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Ven 26 Juin 2015, 16:27
Si je n'étais pas aussi obnubilée par ce désir de vengeance, je pourrais croire que cette humaine est quelque peu attirée par moi. Ou par mon corps, c'est selon. Une amatrice d'Asari, peut-être. Ou simplement attirée par les femmes. Mais là n'est pas mon problème. La vengeance est au bout du chemin, l'homme dont le nom m'a été donné par Alice en est une première étape à franchir, et si je dois le faire en traversant une horde de Berserkers, je le ferai. Mon coeur demeure meurtri, pour ne pas dire détruit. Les sentiments passent et s'envolent en cendres sitôt que mon esprit les rejette. Il est encore trop tôt pour exprimer une quelconque émotion, alors que je tiens enfin un fil qui me mènera aux auteurs du massacre de l'Au-delà. Et bientôt, d'autres petites pierres blanches seront semées sur mon chemin pour aboutir au grand final, l'apothéose pour déchainer les flammes de l'Enfer.

En attendant ce moment tant espéré, je me retrouve ici, en blouse d'hôpital, en convalescence. Ce qui revient à de l'inaction tant je me réjouis de pouvoir assouvir ma soif de justice. Seulement, je regarde plus attentivement mon hôte humaine, et je constate un bref rictus dans son visage, une lueur fugace dans son regard et ses mains crispées sur la table. Un léger sourire en coin se dessine sur mon visage.


- "Le feu brûlant en moi risque de s'estomper si j'adopte le luxe de la patience. Il ne sera plus qu'une flammèche et le goût de la vengeance sera plus fade au fil des ans. La patience est une notion qui n'est pas mienne, même apprise au fil des décennies. Je reste plus efficace en situation à chaud."

Là encore, un petit sourire mesquin s'échappe de ma bouche alors que l'humaine lui propose de me rhabiller. Je commence à la cerner, pas assez pour daigner profiter de ses faiblesses afin de soutirer d'autres informations, mais suffisant pour qu'une ébauche d'approche germe dans mon esprit tourmenté. D'un signe de tête, j'accepte sa proposition. Ce n'est pas comme si elle n'avais jamais vu mon corps nu, et mes côtes me font encore souffrir pour que je puisse vêtir mon armure sans gêne. Avant cela, elle s'approche, et glisse une note griffonée vers moi. Je saisis alors la main qui tient encore le morceau de papier, et plonge mon regard dans le sien, sans montrer d'émotion apparente. Une manière de jauger sa réaction, de voir à quelle point elle est intéressée, et comment je peux tourner cela à mon avantage. Un test en somme, alors que je m'empare de la note et la déplie pour jeter un oeil à son contenu.

Le fait est qu'elle semble comprendre mon but, ma quête, et qu'elle est somme toute disposée à m'aider. Du moins indirectement. Autant profiter de cette main tendue. La note indique un lieu de rendez-vous, ainsi qu'une heure, pour quitter Omega afin de suivre la piste qu'Alice m'a donnée. Je montre le papier à l'humaine.

- "J'y serai."

Je mets de côté le papier, et tire la combinaison permettant de fixer mon armure vers moi. Et sans gêne, ni une quelconque once de réserve, j'ôte la blouse qui jusque là a servi à protéger ma nudité. Sans un regard vers l'humaine, je déplie la combinaison et l'ouvre avant d'y faire passer une jambe, puis l'autre. Un gémissement de douleur s'échappe, ayant forcé sur mes côtes pour enfiler le vêtement épais. Je réussis tout de même à la mettre et la fermer hermétiquement, protégeant mon intimité tout en épousant mes courbes.

- "Peut-être que nous nous reverrons. J'ai une forte tendance à échapper de peu à la mort, peu importe les circonstances. Et si vous avez d'autres informations sur ce que je recherche, vous me verrez souvent. Alors peut-être. Oui, peut-être qu'un jour je daignerai prendre une pause et discuter de la vie et de la mort avec vous. Aujourd'hui n'est juste pas le moment."
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Ven 26 Juin 2015, 23:56


Alice ne pût s’empêcher de sourire en écoutant la tirade de Vala, la guerrière parlait, certaine de son bon droit et de la justesse de sa cause. Elle aida l’asari à enfiler les pièces de son armure, une à une, faisant mine de ne pas voir que l’asari souffrait par moment, essayant simplement de la soulager au maximum. Elle avait besoin de se sentir forte et puissante pour continuer, et elle ne comptait pas la priver de cela.

-Vous vous rendrez comptes que le seul moment où l’on peut discuter et avancer, est celui que l’on choisit, il ne se présente jamais de lui-même.

Alors qu’elle rééquiper son omnitech avec son aide, Alice serra son poignet dans sa main, l’obligeant à s’interrompre une seconde. La connexion s’activa d’elle-même, et des données furent transmises de son système vers le sien. Alice relâcha le bras de l’asari qui demandait une explication dans son regard.

-J’ai simplement pris la décision de vous garder à l’œil, je vais donc garder avec moi le moyen de vous retrouver, au cas où je souhaiterais discuter à nouveau avec un mur.

Elle éclata de rire. Elle n’avait pas grand-chose à craindre du courroux de l’asari, malgré sa violence latente, elle semblait à même de se contrôler. La preuve en était le baiser qu’elles avaient échanger et auquel Alice avait survécu.

-Je vous déconseille de le retirer, je serais alors dans l’obligation d’encore vous ralentir dans votre quête de vengeance. Et qui sait, ça ne vous fera peut-être pas de mal qu’un œil moins enragé que le vôtre veille à votre état.

Les dernières jointures se fermèrent hermétiquement alors qu’Alice reculer d’un pas pour vérifier l’ensemble. Bien que blessée, elle avait fière allure, des années d’entraînements avait fait de son corps une machine rodée, et le poids de l’armure sur ses épaules suffisait à lui redonnait la droiture d’un soldat par réflexes.

-Cela fera l’affaire. Vous souhaitez manger quelques choses ? vous avez perdu beaucoup de sang, et vous risquez dans perdre encore dans les heures à venir, un peu d’énergie pourrait vous faire du bien. Non ?



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Mer 01 Juil 2015, 00:25
Cette humaine vient d'insérer un traceur dans mon Omnitech, sans ma permission. ELLE... vient de placer un ESPION à MON insu ! Le poing a failli partir droit dans sa gueule de lutin espiègle pour lui effacer son sourire en coin. Juste failli. A croire que l'expérience et la formation militaire sert encore à tempérer et contrôler mon impulsivité maladive sublimée par la rage qui m'habite. Mais là, elle vient de marquer un mauvais point, peu importe son intention dans son geste. J'ai horreur d'être espionnée, je déteste qu'on me suive constamment, qu'on guette mes moindres faits et gestes, qu'on joue au voyeur avec moi sans mon consentement. Je me retiens de la chopper par le col, alors même qu'elle finit de m'aider à mettre en place toutes les parties de mon armure, me parlant de ralentir mon avancée dans ma quête si jamais il me prenait l'envie de dégager cette saloperie, ou encore de tempérer mon jugement à distance.

Je suis seule habilitée à tracer mon propre chemin, à choisir quelle direction prendre. Même si pour cela, je dois défoncer quelques murs sur mon passage.


- "Non. Je n'abuserai pas plus de votre temps. Vous m'avez déjà bien aidée."

Une certaine forme de remerciement sans y mettre un peu de couleur et de gaieté. Une simple formalité alors même que le feu de la vengeance s'empare à nouveau de moi, mon sang bouillonnant du désir de retrouver ce salaud responsable de l'attentat. Une dernière pièce à placer, non des moindres. Celle qui me permet de cacher ce visage que je hais, ce visage marqué par un souvenir déchirant de souffrance. Un visage qui crie justice, qui hurle en silence à la mort.

Un visage qui réclame un tribut par le sang et le feu.

Je l'observe un moment par le reflet de la visière, cette gueule brûlée. Cet oeil blanc qui ne peut plus contempler le monde. Chaque contour de la brûlure, chaque aspérité de la peau cramée. Cette sensation me revient, celle de croire au feu attaquant encore ma chair, une douleur imaginaire mais pourtant bien vivante à l'intérieur de mon être. Je retourne le casque et l'enfile sur ma tête. Mais avant de refermer la visière pour occulter intégralement mon visage, j'attrape le poignet de la jeune femme d'un geste vif, ravivant quelque peu la douleur de mes blancs en cours de guérison.


- "Mais évitez de trop jouer avec le feu. Vous risquez de vous brûler."

L'oeil dans l'oeil, face à face, sans détour. Le message est clair, je n'accepte pas qu'on me manipule, qu'on joue avec moi, mes souvenirs, mes émotions. Ils sont un sanctuaire sacré auquel nul n'a l'autorisation d'en fouler le sol. La pression exercée par ma main sur le poignet de l'humaine n'est pas douloureuse, mais suffisamment forte pour y laisser une marque claire sur mon intention et ma détermination.

Je compte bien encore défoncer quelques murs, aussi épais soient-ils. Je la relâche au bout de quelques minutes de silence, temps accordée pour imprimer mes mots à la dénommée Alice. J'empoigne mes armes, d'abord le Firestorm que j'accroche au dos de mon armure, dans l'emplacement prévu à cet effet pour le transport. Puis le Disciple, tenu fermement en main. Quelques gestes, des tests afin de jauger mon potentiel de mouvement. La douleur reste présente, mais supportable et moins gênante. Suffisant pour tenter ma chance dehors.


- "Demain. Je serai au rendez-vous."

Arme approvisionnée et parée, visière en place, masquant mon regard, je suis prête à prendre le risque. Un risque au bout duquel se trouve le premier pas vers la rédemption. Peut-être même la paix de mon âme. Ou simplement les ténèbres de la mort.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Jeu 02 Juil 2015, 02:03


Alice attendit toute souriante que Vala soit prête, faisant abstraction de la sensation sur son poignet, son casque bien mit en position, ses armes vérifiée, et l’une d’elle en main. Vala confirmant sa présence au rendez-vous. Elle hocha la tête, posant la main sur le poitrail de l’armure qui glissa vers ses côtes. Elle regarda Vala à travers sa visière opaque, et son sourire disparu. Elle était à présent suffisamment protégée pour survivre….

La projection biotique se matérialisa au bout de ses doigts instantanément. Bien trop proche pour éviter quoi que ce soit Vala fut projetée dans la pièce, atterrissant contre le mur derrière elle, son imposante masse atterrissant lourdement sur le sol. Son bras réagit aussi vite que la douleur lui permit, tendant l’arme vers Alice, mais déjà elle était au corps à corps, son talon s’écrasant sur le poignet de Vala pour le clouer au sol sous son pied. L’autre main de l’asari projeta une vague biotique pour la repousser mais l’humaine décala son bras de justesse d’un coup d’épaule, l’énergie envoyant voler la moitié de la salle derrière elle.

Pour toute réponse elle décocha un crochet du droit entourer d’une barrière biotique qui suffit à peine à l’empêcher de se brisé les doigts sur le casque, s’écorchant les phalanges mais envoyant la tête de vala rebondir violement à l’intérieur, la sonnant légérement.

- A qui pensez-vous parler Vala ? Je ne suis pas une stupide berserker ! Pas même un krogan incapable de réfléchir ! J’accepte vôtre colère et vôtre condescendance, mais jamais vous ne devriez menacer une personne comme moi ! Vôtre souffrance n’est pas un bouclier assez fort pour vous protéger de moi !

Elle se recula aussi brutalement qu’elle avait attaquée, se tournant vers la pièce pour observer les dégâts de leur rapide mise au point. Elle avait conscience que si Vala avait été au mieux de sa forme, la pièce aurait était couverte de leurs sangs, mais elle avait sût profiter de son avantage, sachant exactement où faire mal à l’asari blessée pour gagner les précieux instants décisif. Elle regrettait cette conclusion. L’asari se releva derrière elle, elle ne prit même pas la peine de se retournée.

-Vous avez le choix, vous pouvez tenter votre chance et m’attaquer, nous prouvant à toute les deux que seul vôtre ego blessé guide réellement vos pas. Sinon sortez. Et si vous êtes incapable de voir que votre sort importe a d’autre, alors allez au diable Vala !

Elle resserra ses bras autour d’elle soudain plus déçue qu’elle ne l’aurait cru, et sa main commançait sérieusement à la lancée.

-Je n’ai qu’une parole, vous aurez vôtre transport et vos infos.



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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Dim 05 Juil 2015, 02:01
Une seconde trop tard, je ne l'ai pas vue venir, et l'impact lourd de la décharge biotique brûle mon flanc déjà meurtri, causant une douleur difficilement supportable. Avec des forces pas encore au top, je ne peux que résister du mieux que je peux. La surprise a néanmoins fait pencher l'avantage en faveur de l'humaine. Un assaut calculé, et je me retrouve bien vite au sol. Une seconde attaque, sous forme de coup de poing entouré d'un champ biotique, heurte mon casque avec une violence suffisante pour me faire décrocher. L'espace de quelques secondes, mes sens deviennent floues, me désorientant alors que la borgne se permet un petit laïus pour bien démontrer son ascendance temporaire sur moi.

Ma souffrance n'est pas un bouclier. Elle est une arme meurtrière entre mes mains.


- "Le Diable a déjà frappé à ma porte."

La rage s'empare de moi, serrant la mâchoire, l'oeil rivé sur l'humaine ne daignant plus me regarder, bras croisés. Sans vraiment m'en rendre compte, mon poing serré se charge d'une aura biotique crépitante. Un souffle, un murmure, infime barrière qui me retient de déployer toute mes forces dans une attaque brutale et libératrice de ma colère. Un fardeau chaque jour plus lourd et fumant. Luttant contre ce flot de colère et de haine, de douleur vive et de folie engendrée par un geyser de souvenirs du Blackout, je me relève avec une extrême lenteur, et une respiration lente et profonde. Chaque pas vers l'humaine est un calvaire, un affrontement âpre et indécis entre ma fureur qui ne souhaite que se libérer en un flot incandescent et la raison - indiscible voix de la raison, comme une toute petite brise fraîche, un filet retenant ce monstre bouillonnant - et pourtant cette foutue raison demeure présente, arrêtant certains des gestes les plus insensés, ceux qui auraient pu coûter ma vie.

Ma vie... même le Diable ne souhaite pas s'enquérir de mon âme. Alors ma vie...

Me voici là, juste derrière elle, le poing encore chargé de biotique. Elle peut sentir ma respiration à travers mon casque, ce crépitement de petits arcs violacés emplissant l'air d'électricité statique. Qu'est-ce qui me retient de simplement plonger ce poing boosté à travers son corps ? La même foutue raison, survivant encore dans mon crâne. Cette même foutue raison qui s'accroche à moi pour m'empêcher de sombrer corps et âme dans la folie pure et meurtrière.

Cette raison qui veut sauvegarder ce qui fait de moi autre chose qu'une tueuse sans âme et sans but.

Cette même foutue raison qui m'empêche d'aller jusqu'au bout de mon geste, de m'éloigner de l'humaine et de frapper le mur à la place, laissant un cratère non négligeable, lâchant un cri de rage mêlé de frustration.

Nul besoin de mot pour exprimer mon état d'esprit. A quoi bon me retourner. Pour m'excuser ? Ou l'emplâtrer ? Encore moins la supplier ou m'allonger à ses pieds. Rien de tout cela. Je ne veux pas l'admettre, pas tout de suite, que je suis complètement paumée. Juste perdue dans les ténèbres, avec pour seul chemin un petit fil blanc tissé par une humaine qui se joue de moi.

La biotique s'est dissipée après l'impact, ne reste plus que ce trou dans le mur, que mon oeil fixe telle une oeuvre damnée que l'on cherche à détruire du regard. Il est temps de partir, trop d'accumulation, je vais finir par exploser et perdre du temps. J'arme mon fusil Disciple, et arrivé au pas de la porte menant à l'extérieur, je m'arrête. Juste un regard vers l'humaine. Là encore, nul besoin de mot. Elle a gagné cette manche, et garde un certain intérêt à mes yeux. Mais un jour, la flamme finira par la brûler.

Car on ne joue pas avec le feu.
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MessageSujet: Re: Le calme avant la tempête   Dim 05 Juil 2015, 13:34


Alice dû admettre que ce fut avec une certaine surprise, et un soulagement qu’elle ne se sentit pas traversée de part en part par l’attaque de Vala. Ne sursautant pas lorsque celle-ci percuta le mur de plein fouet, elle fut cependant admirative de sa capacité à détourner sa colère, tout n’était peut-être pas mort dans son cœur ?

L’asari s’éloigne sans un mot, y en avait-il réellement à dire ? Un instant Alice se demande si elle doit la retenir, elle est blessée et vient d’être violentée une fois encore par sa faute, elle se sent responsable à cet instant. Mais Vala à choisit une voie, et elle seule peut s’en détourner, elle ne laissera pas tomber, mais ne s’interposera plus face à sa rage. Elle atteint la porte et se fixe. Alice ne se retourne pas, elle se demande qu’elle seront les conséquences de cette rencontre, il c’est passer quelque chose entre elles, et cette chose aura des répercussions, en bien ou en mal elle le sent.
Vala reprend son pas mais Alice parle, sa voix est redevenue calme.

-Prenez soin de vous Vala, je vous apprécie.

Elle ne rajoute rien, tout est dit et c’est déjà peut être trop. L’asari peut lui faire du mal si elle se laisse trop aller à la comprendre, mais sa douleur résonne en elle, elle n’arrive pas à l’empêcher. La porte se referme, elle est partie. N’aurait-elle pas dû simplement la laisser périr ? Non ce choix elle l’avait fait et l’assumer, c’est le futur qui lui donnerait tort ou non. Pour le moment elle devait s’occuper de ses plans, Vala reviendrait dans sa vie tôt ou tard, avec ou sans son accord supposa-t-elle amusée. Alice s’approcha de la table d’un pas calme, à sa surprise seul le verre d’eau encore plein avait survécu à la biotique de Vala, toujours poser tranquillement à sa place alors que le reste de la pièce était ravagée. Une nouvelle source hein ? Alice sourit malgré elle.

Sa main poussa lentement le verre jusqu’à ce qu’il chute au sol et se brise. Bonne chance Vala.



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Le calme avant la tempête

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