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 Rouages

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Personnage RP
Faction : Castes du Zéphyr
Rang : Eclaireur-guerrier
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MessageSujet: Rouages   Sam 18 Juil 2015, 21:40
Intervention MJ : OuiDate : 28 Juin 2200 RP Tout public
Ythaq'Fi Hyasin ♦ Saskia T'zela (via Helen Parr)
ROUAGES




RP faisant suite à "Le Moindre Mal"


La Citadelle
Secteurs
28 Juin 2200

Un attroupement de personnes était là, sans trop qu'on sache pourquoi. La foule ainsi rassemblée, faisait tout de même assez peur. Il s'agissait vraisemblablement d'une manifestation, d'un élan revendicateur. Il y avait là plusieurs espèces, sans grandes distinctions. Humains, Turiens, Galariens, Asaris, même des Quariens et des Butariens. L'on avait pu voir un ou deux Elcors çà et là. Ce rassemblement cosmopolite était visiblement présent pour manifester en faveur de l'acceptation d'une race dans l'espace concilien. Une race étrangement suffisamment médiatisée pendant un temps pour qu'elle soit connue de tous, mais sans voir beaucoup de leurs représentants habiter dans l'espace concilien ni traîner dans les rues des mondes du même espace. Certaines personnes, impliquées dans le domaine, craignaient que la race ne soit ignorée à cause de son éloignement, ou encore de sa petitesse dans la masse galactique des zones d'influences.

Ils avaient donc appelé à manifester. A faire connaître ce peuple si mystérieux aux yeux des populations.

Il s'agissait là des Ralois, race aviaire dont le monde natal était dans la Travée de l'Attique, aux rumeurs étranges et aux clichés dignes des Français dans les années 2000 sur Terre à cause de leur passif pendant la guerre. Là traités de couards, ici considérés comme dans le besoin technologique. Leur repli sur eux-même pendant la grande guerre leur avait valu tout les maux. Sans même qu'ils ne le sachent. Seuls les unique Ralois disposés à quitter Turvess dans des buts diplomatiques ou autre avaient du affronter cette vague de mépris d'après guerre. Les manifestants avaient donc, eux aussi, pris pour habitude de se voir répliquer ce genre de phrases toutes faites. Mais ils l'ont voulu !, Ce sont des lâches, laissez-les dans leur coin !, Ils sont dans la Travée, le Conseil n'osera pas bouger. et ainsi de suite.

Les défenseurs faisaient preuve d'une foi impressionnante. Le pire, dans tout ça, est qu'ils étaient suffisamment nombreux pour se faire entendre dans les quatre coins de la Citadelle. D'un autre côté, celle-ci était tellement densément peuplée que cela ne choquait pas vraiment. Et il y avait aussi d'autres manifestations récurrentes, pour d'autres choses, mais dans de moins grandes proportions. C'est cette raison que les gens s'intéressèrent aux Ralois et, en priorité aux manifestations. Il paraissait même que les politiques avaient jeté une oreille distraite dans la masse afin de savoir ce dont ils pouvaient tirer de cette histoire.

Gyp Youan, Raloi Avian de naissance, était donc appuyé sur cette rambarde vitrée qui surplombait l'attroupement de manifestants dans cette zone. Suffisamment haute pour qu'il ne soit pas vu, suffisamment basse pour pouvoir entendre et percevoir ce qu'il se passait en contrebas. C'était là sa mission : étudier les manifestations, ressortir les arguments, analyser les exemples, regrouper ça sous forme d'éléments exploitables politiquement. Il avait déjà fait deux rapports a Aviana depuis qu'il était sur la Citadelle. Il releva son épaulette à petites franges, signe d'appartenance aux Rash'ans, éclaireurs-guerriers Turvessi. Il faisait partie de ce groupe d'élite et réputé parmi les Ralois. Malgré son implication désormais dans la politique Aviane au détriment de ses vœux chez les éclaireurs-guerriers, il avait tenu a garder les attributs Rash'an. C'était avant tout un signe de reconnaissance, un honneur d'avoir été choisi, et, surtout, un gage de méfiance vis à vis de ses ennemis.

Il activa son omnitech, pris quelques clichés, et tapota quelque chose dessus. Il reçut un message en même temps qu'il écrivait. Un message qui fit cligner des yeux le Raloi, d'ordinaire plutôt imperturbable. Il y avait dans ce message un nom qu'il n'avait pas vu depuis quelques années. Il se tourna vers un autre Raloi, assit autour d'une table basse sur laquelle y était projetée une carte en relief avec l'interface haptique de mon omnitech.
« Ultir, mon frère, tu devineras jamais qui remet les pieds sur la Citadelle. »

***



« C'est dommage qu'elle soit partie, la petite Kean. Je l'aimais bien. Elle ajoutait une touche de finesse dans notre équipe. »
Ythaq lâcha un léger rictus.
« Tu parles, c'est toi qui portes la culotte ici. », répondit-il avec humour.
Ythaq n'eût pour seule réponse que des grommellements incompréhensibles.

Ils avaient posé le Lightbringer sur la Citadelle deux jours auparavant. Le voyage avait été assez rapide, mais ils avaient fait un détour pour déposer Kean sur son vaisseau afin de rejoindre son équipage qu'elle avait quitté déjà bien trop longtemps. Liam et Ythaq étaient restés une fois de plus pour le diner et une bonne nuit de récupération - et de douche - après le temps passé sur Turvess et sur Illium. Après les sempiternels adieux, le duo repartirent avec le vaisseau de Liam, direction la Citadelle.

L'accord passé avec le Volus Dahl avait changé toute la donne, et même bousculé les choses. D'ici un mois standard, serait rassemblés les moyens nécessaires pour éviter un génocide. Protéger les Zéphyrons au prix de leurs ressources. Ythaq'Fi était relativement satisfait de l'accord, bien que les conséquences a long terme serait compliquées pour le peuple traditionnaliste, et ce qu'il se passerait a court terme politiquement serait juste totalement imprévisible. Il était venu sur la Citadelle afin de déterminer les possibilités de la situation périphérique de Turvess. Si de nombreux groupes et mercenaires Terminus allaient être employés contre Aviana, alors en liens avec le Conseil, que se passerait-il ? Comment réagirait-il ?

Il était aussi venu pour récolter des informations auprès de l'ambassade. Autant qu'il le pouvait. C'est ce qu'il ne tarda pas a faire, et se dirigea directement aux ambassades sans avertissement.

***



Un sifflement. Puis la porte coulisse en une poignée de secondes, révélant le bureau de l'ambassadrice Raloise. Ranem'Tha Ar'ika. Zéphyronne de la caste du Vent - rassemblant les ambassadeurs, les aspirants politiques, les enseignants et les professions les plus proches liées à la religion (étudiants, sages...) - elle avait été sélectionnée par le Thul'Odin, chef religieux et chef du Zéphyr, et le Thul'baal, régent d'Aviana, il y a de ça plus de quinze ans afin de représenter la race Raloise sur la Citadelle et ce dès le premier contact avec les Asaris. C'est elle qui avait averti Turvess de la menace Moissonneur, privilégiant ainsi l'option de l'autruche plutôt que le combat, vis à vis de leur capacités techniques et militaires comparées à leurs voisins galactiques.

L'ambassadrice - nommée Jho'baal dans le dialecte Raloi -, se tenait debout à quelques mètres au centre de la pièce, attendant Ythaq'Fi, un léger sourire aux lèvres, plus fatiguée que la dernière fois qu'il l'avait vu, il y a de ça six mois. Elle avait sûrement du avoir eut vent de sa visite par le secrétariat des ambassades.

Ythaq'Fi ne voulait le reconnaître, mais les signes ne trahissaient pas l'attirance de l'ambassadrice pour l'éclaireur-guerrier. Plutôt refusait-il d'y croire et de s'y adonner. Les guerriers traditionnellement n'avaient que peu de place pour l'amour dans leur vie, celle-ci étant vouée à la caste et à la nation. D'autant plus pour Ythaq dans ces temps particuliers et menaçants.
« Ythaq'Fi. Je suis heureuse de te voir. », dit-elle simplement, son regard émeraude plongé dans le sien. « Que me vaut l'honneur de ta présence, as-tu appris quelque chose sur la mort du Thul'Odin ? »

Le Raloi, même n'y ayant pas été invité, rentra dans la pièce, fit une légère révérence à son interlocutrice, puis, ne la quittant pas du regard pendant qu'elle parlait, s'installa dans le coin réception, avec d'agréables sièges et fauteuils. Il fit rien d'autre, a part s'asseoir, posa la tête en arrière sur le repose-tête, dans lequel il s'enfonça d'un centimètre. Il croisa les griffes de ses deux pattes sur son abdomen, puis, constatant que Ranem'Tha l'avait suivie, répondit :
« J'ai appris certaines choses, fait d'autres, empêchées d'autres encores. Mais en fin de compte, c'était toi que je voulais voir. »

La concernée eût une très léger mouvement de tête en arrière, surprise, mais conservant toujours son sourire. Ythaq'Fi se permettait d'être aussi familier avec l'ambassadrice pour deux raisons. La première, était que son équipier, Liam, n'était pas là, il avait une autre mission, d'importance pour la raison de leur présence sur la station géante. La deuxième, et elle n'était pas des moindre, c'était qu'il voulait jouer de ses sentiments pour obtenir des renseignements, chose qui serait plus aisée en l'absence de son collègue humain et étranger.

Voyant que Ranem était tout ouïe, restant ainsi silencieuse, Ythaq'Fi se redressa, tendant sa patte vers une petit meuble proche de lui, où il savait qu'était entreposé les digestifs et amuse-gueules pour ses rendez-vous.
« Je te sers a boire ? Ne fait pas cette tête-là, voyons, depuis le nombre de fois que je suis passé te voir, je sais où tu entreposes tes délient-langues. »
« Avec plaisir. Un bourbon Turien, s'il te plaît. »
« je vois que tu as commencé a prendre le goût des bonnes choses, Ranem. », poursuivit-il avec un nouveau sourire, sachant pertinemment que l'emploi du prénom, sans le suffixe, était chose totalement familière. Qu'on se réservait avec ses plus proches camarades.

Ou ses amant(e)s.

Il saisit donc deux verres, servant à l'un et à l'autre du fameux bourbon.
« Tu as eu une semaine difficile ? », dit-il en lui tendant le verre plein. « Tu as l'air exténuée. »
Elle se saisit du verre, et glissa derechef une gorgée dans son petit bec.
« Oui. Entre les manifestations sur la Citadelle, la montée en puissance du conflit sur Turvess, moi qui m'évertue à expliquer au Conseil que les Ralois ont besoin de nouvelles lignes de commerce, et les Rash'ans qui sont dispersés aux quatre coins de la galaxie sans nouvelles ou alors achetés par Aviana contre Zéphyr... Je m'épuise, oui. On m'a loué ma jeunesse lors de l'obtention du poste sur la Citadelle. Mais peut-être bien que je n'ai pas les épaules. Même après plus de quinze ans. »

Sous cape, Ythaq'Fi criait victoire. Soit il rêvait, soit il était extrêmement bien tombé. Il ne pouvait rêver mieux. Puis, en fin de compte, l'éclaireur-guerrier se dit que partager un peu de temps avec elle ne pourrait pas lui faire de mal, bien au contraire. Elle lâcha un nouveau soupir.
« Et toi ? Tu as l'air d'avoir plutôt bonne mine. Dis-moi tout. », demanda-t-elle, toujours de sa douce voix, abattue par la fatigue.

Instinctivement, Ythaq se leva et vint alors s'asseoir à côté d'elle, sentant alors le contact de sa cuisse avec la sienne. Il posa son verre sur l'accoudoir sur sa gauche après avoir bu un coup, se retrouvant avec Ranem'Tha sur sa droite, alors avancée en avant, coudes sur ses genoux avec son verre dans la main. Elle se tourna légèrement vers Ythaq, afin d'entendre ce qu'il aurait à dire.
« Je vais te raconter. Et tu me laisseras parler, car ce que je vais te dire est important. Très important. »

***



« Gnnnh.... Aaaarh ! Non ! Détachez-moi, bordel de merde ! », lâcha-t-il, entre jurons et râles de douleurs, ainsi saucissonné sur le sol lisse et propre de cet appartement des Secteurs. Il était ecchymosé de partout, un petit filet de sang s'échappant de son front. Il était allongé sur le ventre, observant alors, au bout d'un moment, une petite goutte de son sang perler de son arcade sourcilière pour venir percuter le sol immaculé. « Qu'est-ce qui m'a prit de suivre ce poulet... », fit-il en chuchotant, comme à soi même.
« On se demandait aussi, mon frère et moi. Ultir ! », fit-il en se retournant, et, l'en l'absence de réponse, se reporta sur son prisonnier. « Booooon. Alors. », fit Gyp Youan en s'accroupissant près de la tête de Liam afin qu'il l'entende bien. « Dit nous tout. Raconte nous toute ta vie. Pourquoi t'es là ? Pourquoi on t'a vu avec Hyasin ? Et surtout... où est-il ? »

Il leur cracha à la figure, ou, plutôt, il cracha sur le haut de la patte inférieure de Gyp, étant donné qu'il ne pouvait lever la tête plus que ça. Il faut que je prévienne Ythaq. C'est un foutu piège, merde !





Dernière édition par Ythaq'Fi Hyasin le Lun 17 Aoû 2015, 14:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 19 Juil 2015, 00:19




Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire ici ? Et surtout dans quoi ce grand crétin c’était encore fourré ? Alors qu’elle faisait tranquillement un petit boulot dans les docks, voilà qu’elle tombait sur lui, Liam Harwick, le seul et unique. La dernière fois qu’elle en avait entendu parler il était condamné à mort, et maintenant il se baladait sur la citadelle tranquillement et en compagnie d’un ralois en plus. Cette espèce qui faisait tant de bruit sur la station ces jours-ci. Toujours là où on ne l’attendait pas….

Helen se décida à le suivre, elle hésitait encore sur la possibilité de lui coller une balle juste pour soulager sa frustration, mais elle savait bien qu’elle n’en ferait rien. Malgré elle, elle avait encore de la sympathie pour ce mythomane pédant. Quand le ralois c’était séparé de Liam, elle avait presque hésité à le suivre, comprendre Liam signifiait surement comprendre les motivations de ce volatile puisqu’il semblait le suivre comme son ombre jusque-là. Ce devait être un sacré personnage pour réussir à garder un type comme ça près de lui.

Cependant elle ne put détourner ses pas de ceux de Liam, sa curiosité sur ses objectifs devrait attendre, pour l’instant elle voulait voir où irait l’humain. Il eut la très bonne idée de s’engouffrer dans l’une des manifestations qui secouaient à présent la station, ce qui rendit la traque peu simple, garder une bonne distance tout en ne le perdant pas était ardu, et elle finit par prendre du retard quand il quitta la foule pour s’engouffrer dans une ruelle. Quelques secondes plus tard elle déboulait elle-même au coin de la ruelle et eu tout juste le temps de s’accroupir derrière un container alors que Liam était au prise avec deux autres volatiles. Elle hésita à intervenir, mais vu le niveau de combat des deux assaillant, elle aurait juste eu le droit à une mort rapide, de plus malgré la violence des coups, ils ne semblaient pas avoir pour but de tuer. Et après une sacrée raclée, ils portèrent Liam inconscient dans une navette planquée dans la ruelle.

Helen eu tout juste le temps d’envoyer un traceur qui se magnétisa à la carrosserie alors que le véhicule décollait à toute vitesse. Elle retrouva le véhicule garé près d’un bâtiment, identique à tous les autres, mais pourtant avec une véritable différence. Un compagnon d’arme y était prisonnier.
Elle fit étage après étages, se servant de son omnitech pour amplifier les sons à travers les murs des appartements. Elle retrouva Liam presque au sommet, un étage vide à l’exception d’eux. Apparemment Liam était réveillé depuis peu et ses bourreaux avaient pas mal de questions pour lui. Elle avait donc du temps, au moins un peu.

Elle posa une petite charge sur le mur attenant à la salle d’interrogatoire improvisée, suffisante pour faire un bon trou et beaucoup de fumée sans vraiment causer mort et destruction, un outil de précision. Puis elle se dirigea vers le toit, deux étages au-dessus. Elle se pencha par-dessus le rebord. Ça faisait haut, son dérouleur couvrirait tout juste la distance, et aucune chance de pouvoir remonter avec Liam sous le bras. Une seule solution le trou de la bombe, puis une course effrénée en espérant être plus rapide que les deux volatiles. Elle inspira un grand coup, planta la pointe de son grappin qui se fixa à la pierre, enjamba le rebord. C’était haut quand même….

-Liam, tu vas me devoir un verre pour ça…

Elle se pencha en avant et la gravité fit le reste, son corps à l’horizontal elle descendit prudemment la distance qui la séparait de la baie vitrée de l’appartement. Quand elle fut à une grosse enjambée, elle stoppa sa descente. Elle tira une petite lame de sa chaussure, pas faite pour tuer, mais capable de trancher facilement. Elle se recroquevilla, et se tendit comme un ressort bondissant du mur pour revenir avec un effet de balancier droit dans la fenêtre. Au même instant elle pressa le détonateur. Le mur implosa à l’instant où son corps percuter le verre, un nuage de fumée et de débris volèrent dans la pièce où elle atterrit en roulant alors qu’elle entendait le cri de rage et de surprise d’un des ravisseur dont elle percuta les jambes dans sa roulade. Elle s’arrêta finalement, affalé contre Liam, fermant les yeux pour ne pas se retrouver de la poussière plein le regard, elle aurait besoin de voir rapidement. A tâtons elle localisa les liens qu’elle trancha d’un geste vif. Liam grogna et toussa quand elle passa son bras par-dessus ses épaules. Il était en vie.

Elle avança à l’aveugle droit vers le trou alors que les volatiles toussaient encore en cherchant la cause de l’explosion. Son épaule frotta douloureusement contre la pierre explosée, mais ils purent sortir de front. Elle emprunta le couloir en soutenant son compagnon alors qu’il se frottait les yeux.
Un juron plein de colère indiqua que l’on avait découvert sa disparition.

-Cours!

La course poursuite commença, Helen et Liam dévalèrent une première série de marche et un couloir avant que l’un des poursuivants ne soit dans leurs champs de vision, trop rapide pour espérer le semer dans les étages. Helen grogna de frustration, et fonça droit vers la porte la plus proche en balançant purement et simplement Liam dessus. Ils s’affalèrent tous les deux dans un appartement, une asari hurlant de peur. Elle continua en trainant l’homme avec elle qui se leva péniblement. Une seule issue, la fenêtre, la boucle serait bouclée ricana-t-elle intérieurement. Alors que Liam semblait soudain comprendre l’idée de sa sauveuse, il tenta de freiner leur course, mais c’était trop tard. Ils traversèrent la fenêtre donnant sur une ruelle étroite et chutèrent. Helen eu juste le temps de les entouré d’une barrière à peine stable avant qu’ils ne s’écrasent dans une benne, heureusement pleine.

Son regard fixa la fenêtre explosée et elle vit la tête du ralois dépassé avant de disparaitre. S’ils savaient voler, ils ne pouvaient pas le faire dans un endroit si étroit. Helen s’extirpa de la poubelle et aida Liam à faire de même. Elle avait mal partout, mais respirait encore, c’était déjà ça. Ils foncèrent à travers les ruelles et s’éloignèrent rapidement de la zone, chemin détourné après chemin détourné ils disparurent.

Quand ils arrêtèrent enfin de courir ils se trouvaient dans l’ascenseur menant aux ambassades, pas très discret mais l’endroit le plus sûr de la citadelle après la salle du conseil. Ils s’effondrèrent contre la paroi de la cabine en haletant alors qu’elle se mettait en marche. Sacré course. Elle se tourna vers Liam en ôtant son masque

-ça va toi ?

Il acquiesça d’un mouvement de tête. La gifle surgit aussitôt, lui rougissant la joue.

-ça c’est pour ton plan foireux sur Illium !

Elle lui mit ensuite une tape sur l’épaule le bousculant.

-ça c’est pour m’avoir obligé à crapahuter sur toute cette foutue station !

Elle saisit son visage et l’embrassa passionnément.

-Et ça c’est parce que malgré tout je suis contente de te voir.

Enfin elle se laissa chuter sur son arrière train en soupirant, elle se gratta la tête en demandant.
-Bon à quel point c’est profond ce merdier ?




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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 19 Juil 2015, 03:07

Ambassade Raloise

Ythaq'Fi parla, il parla beaucoup. Beaucoup trop à son goût, a tel point que régulièrement il faisait glisser du bourbon dans son bec, suivi par Ranem'Tha, afin de s'humecter ce qui lui servait de gosier. Se faisant, il gardait le plus souvent le regard dans les yeux de l'ambassadrice, qui se contentait d'observer le silence, ne l'interrompant pas comme il l'avait demandé. Au bout d'un moment, Ranem se détendit davantage et s'enfonça dans le canapé, se retrouvant ainsi confortablement assise à la droite d'Ythaq'Fi.

Il avait prit la décision de tout raconter. Leur arrivée sur Turvess, Kean, Liam, Aquilons, les réfugiés, les discussions, Chel'Fi, Illium, les mésaventures et péripéties sur Illium, et enfin, le rendez-vous avec Dahl. Cependant, il garda pour lui l'information de Nelar'Fi. Il avait longuement réfléchi et donner l'ensemble des informations de leurs visites et du contrat avec Dahl restait sans danger. Quoi qu'il arrive, Ythaq n'avait pas dit où se dirigeait Dahl, ni qui il comptait recruter spécifiquement. Après tout, la conclusion se faisait d'elle même : l'entreprise s'appelait Dahl Terminus. Il ne faudrait pas s'étonner de se retrouver avec des groupes pirates, mercenaires et freelances des Terminus.

Ranem'Tha avait écouté longuement, sagement. Clignant silencieusement des yeux. Quand il eût annoncé qu'il avait terminé, elle était sur le point d'avoir terminé son verre. Elle le termina, et se resservit un verre. C'était maintenant Ythaq qui écoutait attentivement.
« Je te savais courageux, prêt à faire des sacrifices. Pas à ce point, je l'admets. », commença-t-elle, s'étant tournée vers Ythaq alors qu'elle était encore assise et ayant précédemment posé son verre sur la table basse a laquelle faisait face le sofa de luxe. « Les anciens ont donné leur accord, tu m'as dit. Même le Solat ? »
« Mon père m'assure que oui, même si j'ai des doutes. J'ai l'impression d'être parti en solitaire, prendre la responsabilité seule d'un acte qui va impacter un milliard de personnes. »
« C'est plus que probablement le cas, Ythaq. », fit-elle, en posant une patte à trois appendices préhensiles sur son torse, naturellement couvert des plaques osseuses renforcées que la nature les avaient dotés, alors qu'elle était assise de côté sur le canapé. Les plaques de poitrail d'Ythaq étaient d'ailleurs quelque peu usées, avec quelques éraflures, çà et là. La solidité était restée la même, bien évidemment. « Le Solat est le gardien des traditions. Pour faire changer quelque chose à Zéphyr, il faut leur accord. Pour changer les mentalités, c'est d'eux qu'il faut que le vent vienne. »

Ythaq, qui avait de nouveau ses pattes entremêlées sur le haut de son buste, sentit les doigts de la femelle Raloise contre les siens, et s'appuyer contre les plaques.
« Quoi qu'il en soit, dorénavant, ils n'auront pas le choix. Ils devront faire face à leur réalité, ou mourir sous la main des Avians. »
« Qui a dit qu'ils voulaient nous voir mourir ? », Ythaq fronça immédiatement les sourcils, ne comprenant pas où elle voulait en venir, surtout, de la voir prendre défense d'Aviana. « J'ai ouïe dire qu'ils veulent juste obtenir les ressources qu'ils ont besoin pour leur économie, et qu'ils ont déjà bien entamée dans leur vallée. »
« Peu importe, tu as entendu ce que je t'ai dit : exploitation exclusive. Ce qui est fait est fait. D'ailleurs, j'y pense. J'aimerais reprendre contact avec les autres Rash'ans, leur expliquer la situation, et en quoi ils peuvent aider. »

Ythaq'Fi était persuadé qu'elle devait à ce moment-là le prendre pour un idiot, comme si, du jour au lendemain, il avait oublié la mort de Xenda et Sahrell, des mains des Avians, oublié les trahisons, les coups bas, les sabordages de plans, les emprisonnements et complots... Non, jamais il ne l'oublierait. Mais il lui fallait savoir où étaient les autres. Pour Dahl, et pour lui-même.
Il la vit écarquiller les sourcils l'espace d'un instant, puis chercha son verre de sa main libre pour la porter à son petit bec. Cela faisait bien deux verres plein de bourbon qu'ils avaient engloutis chacun. L'alcool ferait petit à petit son effet. Ses années passées a Oméga l'avait rendu plus résistant, mais pas à ce point tout de même.
« Comme je te l'ai dit, j'en recherche encore. Mais je peux te dire les dernières positions connues de chaque. », elle fit mine de chercher dans sa mémoire, décrochant son regard pendant quelques instants de ce lui d'Ythaq pour regarder en l'air, comme si la réponse était dans un coin du plafond de la pièce. « Roya Fairq a été vue pour la dernière fois à Turvess, Verne est a Aviana, Gyp et Ultir Youan sont introuvables... »

Ythaq se dit que ce n'était pas une coïncidence que seuls des Avians étaient cités jusqu'à présent. Même Verne Dox, le frère de Virn, prisonnier d'Ythaq'Fi il y a deux ans et assassiné par les services secrets Avians afin qu'il ne révèle rien des plans, même si ce fut un échec pour la conservation des données des complots Avians. Verne avait ainsi juré de faire la peau à Ythaq'Fi, le jugeant comme responsable de la mort de son frère. « Pour qui les frères Youan se battent-ils ? », interrompit Ythaq.
« Pour qui ? Mais... »
« Pour qui, Ranem. Ne me prends pas pour un idiot. »
« Aviana. Ils sont aux ordres des services secrets. », confit-elle a Ythaq après deux-trois secondes de silence.

Ythaq'Fi établissait une liste dans sa tête, il lui fallait les autres et leur allégeance.
« Ensuite... Direhm'Gün est introuvable, sa dernière position connue remonte à plus de six ans, et elle était sur Surkesh. »

Surkesh... Il y a six ans... La guerre civile galarienne, sans aucun doute.
« Nelar'Fi vagabonde entre Illium et Oméga, apparemment. Il aurait emmené plusieurs jeunes flammèches avec lui, et leur fait découvrir la galaxie, et ce, sur accord de ton père. Étonnant. Un membre de ta couvée, Qasxi'Fi est a priori chez les Avians, et commande une escouade de chasseurs Avians. » Ythaq lâcha un bref soupir de lassitude. Qasxi, chez les Avians ? Il avait toujours été considéré comme un fou, avide de sang, de combat et de gloire éternelle. Les Avians ont sûrement du lui promettre un poste important par la suite. Massacrer ses frères pour l'obtenir n'était, d'évidence, d'aucune importance... « Poupa'Gün est a Aviana, et travaille pour la R&D des services d'armement du Vol Raloi. Maori Treîto... Elle.. a disparu a Oméga sans laisser de traces. Je soupçonne qu'elle ait été embrigadée dans des guerres de gangs, ou, pire, qu'elle ait intégré un gang. Infiltration ou pas, elle ne répond pas à mes appels. Et toi. Assis, juste devant moi. »

Ce fut alors Ythaq'Fi de prendre une bonne gorgée de bourbon. Ranem'Tha était définitivement plus proche de lui qu'il y a quelques instants si l'on compte l'aspect physique, et quelques années si l'on prend l'aspect psychologique. Il était de ce genre de relations impalpable mais évoluant inconsciemment. Elle y était peut-être pour quelque chose, et Ythaq'Fi n'était sans doute pas si résistant que ça.
Elle s'était rapprochée. Et il le savait, déjà visuellement, et aussi par le toucher. Il ne sentait plus seulement sa cuisse, mais le reste sa jambe, ainsi que son épaule, effleurant la sienne, ses plumes venant chatouiller les siennes, les couleurs se mélangeant. L'alcool les enivrait quelque peu, et la situation n'aidait pas.

Mais il était trop tôt ! Ythaq'Fi avait besoin d'informations !
« Et toi... », réussi-t-il a dire sans paraître trop alcoolisé, sans bégayer ni sans articuler, « Et toi... pour qui te bats-tu, Ranem ? Je veux le savoir. »

C'est alors qu'elle s'approcha encore davantage, son corps venant effleurer alors en entier le sien, avec autant de surfaces possibles, sa main déjà posée sur son buste alla chercher son épaule gauche, tandis que l'autre main de l'ambassadrice alla derrière sa nuque. Elle avança son visage, effleurant le bec de l'éclaireur-guerrier, puis vint lui chuchoter à l'oreille alors qu'Ythaq sentit la main de Ranem quitter sa nuque pour aller derrière le canapé, qui ne touchait pas le mur derrière.
« Je suis désolé, mon amour. », dit-elle, Ythaq vit qu'elle avait un début de larme au coin de l’œil. Elle parlait doucement, presque tendrement. « Moi... Je ne fais qu'obéir aux ordres. »

De derrière le canapé, sa main ressortit. Avec une lame.

***



Un appartement, dans les secteurs.

« Il est pas très loquace, notre gibier, là. », disait-il, pendant ne pas être entendu.
« Oui... Mais il a des informations. Il faut qu'on le fasse parler. On a pas le choix, tant pis, ça prendra le temps que ça prendra. On a l'appartement jusqu'à... dans trois jours, je crois. Grâce à Ar'ika, on sera pas emmerdés. »
« A nous d'être inventif pendant ce temps-là... Je vais l'avertir quand même qu'on a choppé le compagnon de Hyasin. Je me demande où est l'autre humaine. J'espère qu'elle va pas nous foutre dans la merde. »
« T'inquiètes pas. Si on a eu l'info dès l'arrivée de Hyasin sur la Citadelle, c'est qu'ils sont aux aguets. On saura vite. »

Liam Harwick était encore là, sur le sol comme un poisson frétillant, qui ne frétillait plus trop, d'ailleurs. Fatigué, lassé, endolori de partout, il attendait simplement. Il n'avait répondu que des bêtises aux précédentes questions tellement idiotes qu'ils l'avaient directement rossé. De plus, pas qu'un peu. Il lui faudrait bien deux ou trois jours de repos pour récupérer entièrement. Si ce n'est plus.
Mais il faut prévenir Ythaq !, pensa-t-il, en son for intérieur. Pendant ce temps-là, il écoutait attentivement ce qu'ils disaient, quand ils se chamaillaient pas. Toute information était bonne a prendre, il l'analyserait après. Sa mémoire lui faisait très rarement défaut. Sauf qu'il s'agissait des femmes.

Sous cape, il eût un rictus amusé. Il n'était toujours pas sorti de là qu'il se mettait a rêver de choses inaccessibles. Ces deux poulets énervés auraient vite fait de le tuer avec leur interrogatoire musclé. Il ne dirait rien. Tant pis s'il meure.

Soudain, il entendit un petit sifflement... qui dura un dixième de seconde, puis, le néant.

***



Il était une fois, dans une lointaine galaxie, un petit Liam Harwick qui était à bord de son vaisseau le Lightbringer. Le vaisseau... faisait bien la taille d'un cuirassé. Peint de rouge et de bleu ciel, avec des étoiles blanches. Parce que, comme il le disait si bien... "Ô YEAH 'MURICA !". Bien sûr ses soutes étaient pleines. Pleines a craquer de crédits. Il était sur le pont, alors emmitouflé dans une espèce d'accoutrement sorti d'un film, un uniforme rouge bordeaux et gris, avec une cape noir, et un cache-oeil. Il avait même un perroquet sur l'épaule. Lui qui n'avait jamais vu de perroquet de toute sa foutue vie de pirate. Il savait que tout l'équipage de ce cuirassé, c'était sa famille, que c'était une mini ville volante, qu'il y avait des tas de prostituées partout, qui chevauchait des licornes qui déféquaient des arcs-en-ciels. Il avait essayé de voler avec une. Il l'avait payé d'une bosse sur le museau, le gaillard.
Non, vraiment, c'était une autre galaxie.


Un sifflement persistant... la vue trouble... les membres encore plus endoloris, bien qu'il ne sentait plus très bien ses poignets ni ses mains, trop serrés par les liens. Dès qu'il reprit conscience, au milieu de tout ce chaos, de la fumée, des jurons, des bruits de gravas, des cris. Et, soudain, une grosse masse lui tomba sur le dos. Étonnamment, son premier sentiment fut de remarquer que c'était une femme, car il sentit ses seins sur ses omoplates. Puis, elle tourna, et de deux gestes secs, lui rendit sa mobilité.

Il ne savait qui elle était, alors, bon sang, il voulait savoir. Il voulait la remercier, mais, tout ce dont il fut capable, c'était de cligner des yeux, qui expulsaient sans sommation des larmes de douleur, et sa bouche, pâteuse, ne put exprimer que des gargouillements et des grommellements incompréhensibles. Il se sentit alors tellement ridicule. Son seul objectif était alors de suivre la fille. Ils sortirent par le trou de l'explosion, et enfin, il entendit sa voix malgré les acouphènes.
« Cours ! »
Helen ? Helen Parr ? Mais. Oh meeeerde...

Alors il courut. Sa vie tenait littéralement aux capacités d'Helen. Alors il se tenait à elle, et lui obéissait. Il courut. Quand elle voulut sauter par la fenêtre, il tenta d'exprimer son mécontentement et son appréhension, mais il était déjà trop tard. Puis, l'espace d'un instant plus tard, ils étaient dans un ascenseur, avec marqué accès ambassades.

Il étaient sauvés. Il reprit alors pleinement conscience de ses cinq sens et de ses membres. Heureux, il se tourna alors vers Helen, de qui il venait de se prendre une belle gifle. Puis un coup d'épaule. Puis elle l'embrassa, avec d'excellents prétextes, fallait-il croire. Pour finalement s'accroupir au milieu de sa pièce, fatiguée par toute la cavalcade.
Il avait oublié a quel point elle était ravissante, cette Helen.

Il resta ainsi, hébété par tout ce qui venait de se produire, autant tout à l'heure que très très récemment. Son cerveau reconstituait les pièces. Il ne sut pas bien pourquoi il pensa a un perroquet l'espace d'une demi-seconde.
« Bon... mmh... Salut, Helen, d'abord. Et je me rappelle maintenant pourquoi je hais Illium. », dit-il, encore un peu perturbé. Puis, d'un coup, il se souvint d'un truc essentiel, tout de suite, il se pressa, clignant des yeux et cherchant quelque chose sur son omnitech. « Je te promet de tout te dire plus tard, mais là, j'ai la vie d'un bon pote à sauver. Et j'ai besoin de toi. »

Il se déplaça vers le panneau de commande de l'ascenseur, et écrasa le bouton Ambassades, deuxième étage. Il savait que c'était là qu'il avait déposé Ythaq'Fi avant d'aller voir les manifestations. Malgré tout, il aurait bien le temps de lui en dire un peu, a cause du temps d'attente de l'ascenseur. Et puis... La Citadelle faisait pas plus de 40 kilomètres de long pour rien...

Il s'adossa alors pleinement au mur, lâchant un petit râle de douleur dans les reins. Ces foutus poulets l'avaient pas loupé. Il tourna alors finalement la tête vers sa nouvelle camarade, qui s'était relevée.
« Pour te faire la version très très courte en attendant le reste : c'est la merde. La grosse merde. Tu sais à quel point je fuis les politiques, et bien... j'y ai foutu les mains. Et les deux pieds joints. C'est avec mon équipier, Ythaq'Fi, un Raloi. Je l'aide pour sauver son peuple. Enfin, c'est compliqué. Mais là, on a pas le temps, il va tomber dans un piège. L'ambassadrice raloise va le tuer, et il faut qu'on l'en empêche. »

Après un petit bip sonore et une alerte audio concernant la position de l'ascenseur, celui-ci s'ouvrit. Liam passa le pas de la porte en premier, suivi par Helen, se dirigeant directement vers le bureau de l'ambassadrice Raloise, ignorant le secrétariat, les regards étranges, les questionnements débiles.
« Il faudrait que tu m'aides a forcer la porte. Je t'en supplie. Je t'expliquerais tout après, promis ! », disait-il rapidement, d'un ton pressé. Ils se retrouvèrent rapidement devant ladite porte, attendant l'action d'Helen. Le temps comptait.

Bon, après tout, même si je sais qu'il a très bien pu s'en sortir tout seul, j'aimerais éviter qu'Ythaq crève., se dit-il, peu rassuré.



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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 19 Juil 2015, 14:43




Liam Harwick dans une affaire politique, c’était la meilleure, et volontairement en plus. Vas-y mon grand, rejoint la bataille d’un peuple inconnu, met toi à dos une armée, ton sourire te sauveras la peau. Bien qu’elle râla intérieurement, elle emboita le pas à Liam et le suivit dans sa course à travers les ambassades, le retenant parfois quand ils croisaient des groupes. Deux personnes couvert d’ecchymoses qui courent dans ce genre d’endroit, ça se remarque. Ils parvinrent enfin devant la porte fermée de l’ambassade Raloi et Liam lui demanda son aide. Elle hésita une longue seconde, avait-elle vraiment envie de s’embarquer dans cette histoire ? Sauver un ami risque tout était une chose, mais s’embarquer dans une potentielle guerre politique ? Même Saskia ne lui demandait pas d’en faire autant. Malgré tout l’urgence dans le regard de Liam vainquit son hésitation, elle le poussa en maugréant.

-Laisse la place même avec la clé t’y arriverais pas !

Elle posa sa main sur l’écran, et automatiquement son omnitech se lança dans le piratage de la commande. De sa main libre elle donna un violent coup sous le panneau dont un pan se détacha, révélant tout un amas de câble, elle plongea sa main dedans, se dirigeant de mémoire sur les branchements, et enfin ses doigts butèrent sur une carte qu’elle saisit et arracha sans sommation, la sécurité physique avant la virtuelle. Son omnitech bippa et l’écran vira au vert, la porte s’ouvrit immédiatement. Et d’un mouvement commun ils pénétrèrent dans l’ambassade.

Ses yeux se fixèrent dans un regard vert émeraude emplit de tristesse et d’une détermination froide. Ils étaient deux, posés sur des sièges confortables, des verres posé devant eux, un mâle et une femelle. Lui était sans doute le fameux ami de Liam, et elle l’ambassadrice meurtrière. Ils semblaient plus sur le point de copuler que de s’entretuer, mais l’instinct d’Helen hurlait dans son crâne, ce regard. Apparemment celui de Liam avait dû en faire autant, alors qu’elle jetait la carte mère restée dans sa main droit sur le visage de la demoiselle Raloi, lui fonçait tête baissée au contact. Le petit objet en plastique percuta le front de l’ambassadrice qui eut un mouvement de recul, sa main dissimulée derrière les sièges apparut munie d’une lame qui entailla profondément le coussin à quelque millimètre du compagnon de Liam.

Bien que plonger dans la confusion, le corps du Raloi sembla réagir par automatisme en voyant l’arme. Son épaule percuta les plaques protectrices sur le poitrail de la femelle, la déséquilibrant avant de l’envoyer rouler au sol. C’est là que Liam l’intercepta, bloquant un de ses bras sous sa jambe, son poids sur son corps. Helen fit de même se jetant sur le bras encore libre qui tenait la lame. Elle bloqua entre ses doigts l’articulation de sa « main » et extirpa au mieux le couteau sans se faire trancher les phalanges par les serres qui servaient d’extrémité. Se penchant vers l’arrière elle mit un rude coup de coude dans la tempe de l’ambassadrice ce qui la décida apparemment à se calmer. En à peine quelques minutes la demoiselle fut pieds et poings liés à un des sièges. Pas mal installer, mais entravée au mieux. C’était la première fois qu’elle attachait une Raloi, mais Liam avait eu l’air sûr de leurs nœuds. Helen se tourna vers le fameux Ythaq’Fi, qui semblait à cet instant en pleine introspection, son regard posé sur la donzelle. Attendait-il que l’alcool redescende ou bien était-ce un sentiment plus profond ?

Malheureusement ils n’avaient pas vraiment le temps de se morfondre ou de dessaouler. Helen s’interposa entre l’échange de regards du couple de volatile. Une petite courbette de salutation et elle attaqua dans le vif du sujet.

-Ythaq’Fi en chair et en plume je présume ? Helen pour vous servir, une amie de votre ami je pense.

Elle jeta u coup d’œil à Liam par-dessus son épaule, étaient-ils vraiment amis ? Elle l’avait pensé, mais aujourd’hui…

-Bref, même si je n’ai qu’une très vague idée de vôtre affaire, je peux dire directement que la prise d’otage d’une ambassadrice ce n’est pas un très bon point de départ. Même si elle a essayé de tuer quelqu’un. Alors j’admet que cette ambassade doit avoir peu de visite, mais si les deux autres volatiles qu’on a croisé avec Liam débarquent, ça va être coton. Sans parler de si on a une visite du SSC.

Elle soupira et haussa les épaules.

-Bref, que fait-on ?




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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 19 Juil 2015, 18:05

Ambassade Raloise

Ythaq'Fi eût soudain un très mauvais pressentiment. Quelque chose clochait, son instinct le torturait, comme s'il l'avertissait d'un proche danger. Alors qu'il sentait le souffle de Ranem'Tha sur son visage, leurs becs collés l'un contre l'autre, de côté, il la sentait tendue. Comme concentrée. Quand il sentit sa main se glisser derrière le canapé, il eût alors une hypothèse qui lui fit une soudaine montée d'adrénaline.

Alors qu'il allait pour réagir, ou dire quelque chose, la porte, sensiblement verrouillée à son entrée, fut brutalement ouverte, et deux humains s'engouffrèrent dans la pièce dans leur direction. Il remarqua Liam, puis, une femme l'accompagnant à l'allure particulièrement attrayante. C'est alors qu'il comprit lorsqu'ils les attaquèrent, ou, plus précisément, Ranem'Tha. Ythaq'Fi eût juste le temps de se décaler par réflexe, suffisamment rapidement pour éviter de peu la mort rapide donnée par la lame, qui glissa sur ses plaques pour se planter dans le canapé.

Puis, après la défense, vint l'attaque. Trois les trois firent du mieux qu'ils purent pour rapidement maîtriser la Raloise. Alors qu'elle avait été faite prisonnière grâce à l'action du duo Liam/Helen, Ythaq'Fi, fixait Ranem'Tha, qui avait alors le regard baissé vers le sol. Il était toujours assit sur le canapé, le buste en avant, avant-bras sur ses genoux. Il semblait réfléchir. Liam se tenait derrière l'ambassadrice, et Helen, sur le côté, observant alors Ythaq.

Ythaq savait au fond de lui qu'elle travaillait pour Aviana. Cependant, il doutait qu'elle puisse passer a l'acte direct, préférant passer par des intermédiaires. Dans l'hypothèse où elle aurait tué le Rash'an, elle aurait prétexté la légitime défense, voir même le viol. Visiblement, il s'était trompé sur toute la ligne. Sa vie venait très certainement d'être sauvée par cet étrange couple. Car le poulet vit rapidement qu'il y avait un lien étrange entre eux. Il verrait cela plus tard.

Helen interrompit le fil de ses pensées, alors qu'il voyait que la prisonnière avait les larmes aux yeux.
« Bref, même si je n’ai qu’une très vague idée de vôtre affaire, je peux dire directement que la prise d’otage d’une ambassadrice ce n’est pas un très bon point de départ. Même si elle a essayé de tuer quelqu’un. Alors j’admets que cette ambassade doit avoir peu de visite, mais si les deux autres volatiles qu’on a croisé avec Liam débarquent, ça va être coton. Sans parler de si on a une visite du SSC. Bref, que fait-on ? »

Alors qu'il allait les remercier dans un premier temps, ignorant tout ou presque de ce qu'elle venait de dire - probablement à cause de l'alcool -, il s'arrêta net, fronçant ce qui lui servait de sourcils. Puis, il releva la tête et demanda :
« Deux autres volatiles, dis-tu ? »
« Oui. Ils m'ont capturé, alors que j'écoutais les manifestations. Apparemment, eux aussi les étudiaient. Ils m'ont interrogé, et c'est Helen qui m'a sorti de là. »
« As-tu entendu des noms ? »
« Ultir, et celui qui l’appelait Ultir disait sans cesse "mon frère". »
« Les frères Youan... », dit-il gravement.

Puis, soudain, comme animé par une vague de colère, il se leva, et flanqua une énorme rouste à Ranem'Tha, en plein visage, lui faisait deux petites balafres à cause de ses griffes sur le côté du bec. Elle continuait de pleurer, silencieuse.
« Introuvables, disais-tu. Introuvables... Espèce de salope. On m'insulte de traite à mon sang, à ma nation, à mes vœux. Mais alors toi, petite catin vendue, bien confortablement installée dans tes canapés et tes bureaux de luxes en pleine Citadelle, en dehors de la réalité. Tu t'es ramollie, t'es devenue une moins-que-rien, achetée par le pouvoir et les crédits. Une lâche. Tu mériterais le Bourbier. », s'énervait-il, se retenant de la gifler encore.

Liam était littéralement stupéfait du comportement d'Ythaq. Jamais il ne l'avait vu autant énervé, lui d'habitude une source inépuisable de quiétude. Le voir se défouler ainsi rassura un peu Liam sur sa santé mentale, mais cela l'inquiéta aussi, craignant qu'il ne commette l'irréparable. Helen, de son côté, remarquait-il, était hésitante, plus inquiète pour leur situation que pour les actions d'Ythaq. Elle n'avait clairement envie que d'une chose, c'était de partir.

Et, elle, pleurait, encore et encore.
« Mais, nous ne sommes pas sur Turvess. », finit-il, se redressant de toute sa hauteur, puis il se tourna vers Helen. « Pourrais-tu copier l'intégralité de son terminal de bureau, le plus rapidement possible. J'en déduis que tu en es capable, vu que tu as piraté cette porte et sauvé mon ami. Après quoi, nous partirons sans délai. »

Puis il regarda de nouveau Ranem'Tha. Sa colère grondait encore, comme un volcan se réveillant, l'éruption naissante. Il tendit la patte vers Liam, tout en conservant son regard sur la tête baissée de sa prisonnière.
« Donne moi ton arme. »
« Quoi ? », lâcha-t-il, interloqué.
« Ton arme, Liam. »
« Ythaq, fais pas le con ! On va en faire quoi après ? »
« Ne m'oblige pas à te la prendre. », insistait-il sans broncher.

Après un petit laps de temps, Liam consentit à donner son arme de poing à Ythaq, qui immédiatement l'arma et pointa le bout du canon sur la tête de Ranem'Tha, qui, alors, releva les yeux afin d'affronter du regard, bien qu'embués de larmes, celui d'Ythaq.
« Ythaq... »

Ythaq releva ses yeux et planta son regard saphyr dans ceux de Liam. Derrière lui, il voyait Helen trafiquer le terminal, faisait de son mieux pour accéder à la requête d'Ythaq.
« Dans un mois, je deviendrais un paria aux yeux de mon peuple, un traitre. Je me ferais rejeter par ma famille et amis, car ils n'auront pas le choix. Je serais alors seul. Alors, que ça soit maintenant, ou dans un mois, peu m'importe. Aviana doit payer. Elle a fait son choix, elle a choisi. Elle va donc mourir. »
« Imagine si Aviana l'utilise comme prétexte pour lancer l'offensive. »
« Ils ne le feront pas. Car ils n'auront pas de preuves. Quand bien même ils m'identifieraient, je suis déjà actuellement considéré comme un fugitif, et déjà fiché dans les territoires de l'Alliance. N'est-ce pas ? »

D'évidence, il faisait référence à leur escapade explosive de Vancouver. Liam restant silencieux, avec le regard dur, Ythaq'Fi pencha la tête sur le côté, afin de mieux voir la hackeuse travailler. Puis, il lui demanda.
« C'est bon ? On peut filer ? Oublie pas de tout effacer derrière toi. »
Il eût une réponse affirmative venant d'Helen. Il baissa la tête vers Ranem'Tha, qui continuait de le regarder depuis qu'elle avait relevé la tête, son bec touchant presque l'extrémité du canon de l'arme de poing.

« Pour Xenda et Sahrell. »
Puis il fit feu, froidement. Le corps, désormais inerte, s'affaissa sur le sol, roulant sur le côté pour s'immobiliser sur le flanc, entre les jambes de Liam. Ythaq'Fi tendait déjà le pistolet à Liam qui le récupéra instantanément. L'éclaireur-guerrier ne s'attarda qu'une seule seconde pour observer Ranem'Tha, gisante sur le sol désormais tacheté de sang. Puis il détourna le regard en se dirigeant vers la porte.
« Fonçons au Lightbringer. On s'organisera là-bas, et on vous expliquera ce qu'il se passe, si vous le désirez encore. », disait-il en s'adressant à Helen. « On va emprunter les petites ruelles. On laisse le corps ici. »

Il passa le pas de la porte, réajustant son épaulette à petites franges de Rash'an comme si de rien n'était.

***



« On l'a perdu ! Merde ! », disait-il, regardant autour de lui.
« J'envoie un message a Ar'ika, concernant Harwick et... l'autre humaine. Et aussi pour les dégâts qu'on a eu. Il vaudrait mieux changer de planque. », continua-t-il, se penchant sur son omnitech.
« C'était pas l'asiatique. Enfin. Je crois. Elle portait un masque. Elle était futée, la petite. »

Ils retournaient à l'appartement.
« Sans blague. », interrompit-il, sarcastique. « Toi, tu te mets en chasse, je reste à l'appartement pour les manifestations. Si t'a besoin d'aide, tu fais signe. »
« Bonne chance Ultir. »
« De même. Fais gaffe si tu tombes sur Hyasin. On sait jamais. »

***



Ils prirent un peu plus de temps, mais ils arrivèrent relativement rapidement au dock du vaisseau de Liam. Alors que Liam et Helen rentraient dedans afin de panser leur plaies et se reposer quelques minutes. Ythaq'Fi fit le guet pendant un moment, le temps de s'assurer qu'ils n'avaient pas été suivis.

Puis, il alluma son omnitech afin de transmettre à Dahl, qui devait certainement se trouver dans les Terminus à ce moment-là :
Sommes tombés dans piège à la Citadelle. Faites attention où vous mettez les pieds. Ils sont au courant.
Voici la liste :
- Roya Fairq - Zéphyr (pro-conseil cependant)
- Verne Dox - Aviana (non achetable)
- Direhm'Gün Salem - disparu (achetable, plutôt convaincu)
- Nelar'Fi Güyri - Zéphyr (avec nous)
- Qasxi'Fi Hyasin - Aviana (très dangereux, non achetable)
- Poupa'Gün Ksheirl - Aviana (scientifique, achetable)
- Maori Treîto - Sur Oméga, pas d'autres infos, a priori achetable.
- Gyp Youan - Aviana (non achetable)
- Ultir Youan - Aviana (achetable)

Faites en bon usage.


Il ne signa pas. Au cas-où. Puis il rentra dans le vaisseau. Il était venu le temps des explications et du repos.



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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 19 Juil 2015, 19:44




Helen hocha la tête et suivit la directive d’Ythaq’Fi, il semblait avoir repris du poil de la bête et mieux valait en profiter pour sortir vite d’ici, de plus, pirater un ordi, ça c’était son rayon. Lion des magouilles et des meurtres, loin des tragédies, juste des lignes de codes. Elle survola rapidement des dossiers sans importance, rendez-vous et rapports, et finit par trouver ce qu’elle cherchait, un disque sécurisé. Elle attaqua le verrou pour en tester la complexité et maugréa intérieurement en se retrouvant face à une sacrée muraille. Elle s’apprêtait à longuement percer le code mais ses doigts stoppèrent au-dessus du clavier holographique.

Son regard glissa de Ythaq’Fi à l’ambassadrice alors que la question de son cas semblait prête à se régler dans le sang. Avec une lenteur étrange, ses doigts entrèrent cinq lettres dans la zone de déverrouillage, le disque s’ouvrit. Elle copia tout ce qu’elle trouva, beaucoup de choses qu’elle ne comprenait pas aux sujets de guerriers éparpillés et d’éradication. Il y avait aussi beaucoup de journaux personnel de l’ambassadrice, elle hésita avant de les mettre de côté, elle verrait plus tard.

Ses doigts glissaient frénétiquement sur le clavier écoutant d’une oreille distraite l’échange de ses compagnons, visiblement les tentatives de Liam ne faisaient que percuter un mur, il fallait se rendre à l’évidence, le Raloi avait fait un choix. Elle hésita à relever la tête à lui dire ce qu’elle savait, à l’empêcher de presser la détente. Mais alors qu’Ythaq’Fi tournait son regard vers elle, le sien croisa celui de l’ambassadrice, qui avec de l’émotion dans ses immenses yeux émeraude lui fit un non de la tête. Alors elle se tût et ne fit que confirmer au Raloi qu’elle avait ce qu’il voulait. Elle en profita pour griller tous les enregistrements des caméras de l’ambassade sur la journée, personnes ne les aurait su sur place. Le coup de feu la tétanisa un instant, mais elle refoula loin d’elle sa répulsion pour cette mort. Elle ne fit qu’enclencher la surchauffe des circuits, dans une minute tout le système informatique de l’ambassade Raloi serait mort, et son vol noyer dans la masse fumante de circuit.

Elle suivit sans un mot le duo, son regard se posa sur le corps sans vie de l’ambassadrice alors qu’elle franchissait la porte. Ythaq, son mot de passe c’était Ythaq.

************************
Ils finirent par rejoindre un petit vaisseau à quai, le fameux Lightbringer, entre le grand chasseur et la petite corvette, il semblait être le parfait petit engin pour une équipe. Discret et pourtant bien équiper à première vue. Elle suivit Liam à l’intérieur, Ythaq’Fi resta en retrait occuper à envoyer un message à dieu sait qui. Elle eut un instant l’idée de l’intercepter, mais elle avait eu sa dose de piratage et d’action pour la journée. Elle entra donc dans la salle commune du Lightbringer, et s’affala sur un des sièges, ses bras et sa tête posé sur la table centrale. Elle jeta négligemment un petit disque de mémoire sur la table, tout ce qu’elle avait pris à l’ambassade, sauf les notes intimes de l’ambassadrice. Ythaq’Fi ou Liam s’en chargerait, ils savaient sans doute ce qu’ils cherchaient dans ces données, peut être rien, peut être tout.

Le raloi les rejoignit enfin, alors que Liam avait eu la bonne idée de leur servir un remontant. Le moment était venu d’avoir des réponses, au moins celle qui lui permettrait d’avoir l’impression que cette journée n’était pas parmi les pires de sa vie. Elle regarda Liam, mais se tourna directement vers le volatile pour poser ses questions, visiblement, c’était le meneur et le plus concerné.

-Alors, qu’elle est le fin mot de l’histoire ? Deux Raloi aux allures guerrières kidnappe Liam, une ambassadrice officiellement nommée tente d’assassiner un membre de sa propre espèce. J’ai eu droit à une vague remarque sur un peuple à sauver et une quête de justice, mais j’avoue que je vais avoir besoin d’un récit détaillé sur le pourquoi de tout cela.

Elle avala cul sec le verre devant elle et le retendit à Liam qui le remplit sans sourciller.

-Commençons par le commencement, vous êtes qui Ythaq’Fi ?



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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 19 Juil 2015, 22:23

De nombreuses pensées traversaient la tête d'Ythaq. Il n'avait pas eu cette impression depuis longtemps. C'était un guerrier, entraîné a tuer, a se défendre, a survivre dans des milieux hostiles, a pister, a traquer... on apprend cependant rarement a un guerrier a contrôler ses émotions. Certes, on lui apprend la maîtrise de soi, mais pas comment gérer ses émotions. Surtout quand il faut de sang froid, par justice, tuer une personne qu'on apprécie, et qui nous aime. Quand il rentra dans le Lightbringer après avoir envoyé le message d'information et d'alerte à Dahl, il fit une brève introspection sur ce qu'il s'était passé dans l'ambassade. Il le confirmait : quelque chose s'était brisé en lui. C'était loin d'être la première fois qu'il tuait, quelque soit les circonstances.

C'était la première fois qu'il tuait... quelqu'un qu'il aimait.

D'où la soudaine colère, cette perte, l'espace de trente secondes, de sa maîtrise de lui-même. Non, il n'était pas devenu incontrôlable. La colère avait prit le pas sur la raison. Il haït sur le moment Aviana, et cette guerre stupide, basée sur le pouvoir et les crédits. Cela durait depuis des siècles... Il fallait que cela cesse. Ythaq'Fi était presque déçu que la solution provienne de l'extérieur. Comme si les Ralois étaient incapables de s'entendre et de s'unir d'eux-mêmes. Il avait besoin d'extérioriser tout ça. Malgré ce qu'ils avaient traversé avec Liam, il ne pouvait pas encore lui parler de ça.

Il se rendit compte qu'il avait probablement tué la seule personne a laquelle il aurait pu se confier.

Quand il rentra dans le salon du Lightbringer, où Helen et Liam l'attendaient, se reposant comme ils le pouvaient en cet instant, il lâcha un long soupir d'exaspération, relâchant ainsi quelque peu la pression et l'adrénaline asséchant encore sa force. Son visage avait encore triste mine, et il s'affala lui aussi sur un des bancs. Un verre de whisky versé par Liam l'attendait déjà, et le vida d'une traite, malgré les bourbons déjà enfilés plus tôt.

Liam lui fit une tape amicale sur l'épaule, qui se voulait plus moins réconfortante. Il demeura aussi silencieux. Helen, comme à son habitude, Ythaq dut croire, rompit à nouveau le silence rapidement après qu'il se soit assit.
« Commençons par le commencement, vous êtes qui Ythaq’Fi ? »

Une question tout à fait banale, mais logique, si l'on voulait bâtir une explication qui balaie l'ensemble du problème. Il se resservit un nouveau verre de whisky, car il aurait beaucoup a parler. Encore. Ça faisait la troisième fois en trois jours qu'il balançait toute l'affaire. Pour deux fois, à de parfaits inconnus. Il préféra presque retourner sur Oméga accomplir des contrats en freelance...
« Je suis un éclaireur-guerrier, j'étais un représentant de notre race dans la galaxie, autrefois aux ordres de l'ambassadrice que je viens de tuer tout à l'heure. Les éclaireurs-guerriers, aussi appelés Rash'ans, sont au nombre de dix, et écumaient la galaxie tout en suivant les ordres, allant çà et là, pour défendre les intérêts et représenter notre race. Depuis et même avant l'attentat dans lequel est mort le chef du Zéphyr, ma nation, et une délégation Aviana, la seconde nation et seule interlocutrice avec la galaxie, les Rash'ans se sont fragmentés, les loyautés achetées, et alors ont commencé entre les deux nations ainsi que chez les éclaireurs les coups bas, trahisons, double-jeux, sabotages et espionnages divers et variés. Sur le terrain, des escarmouches ont lieu, des observateurs font leurs rapports jours et nuits, et des plans sont mis en branle. En bref, le début d'une guerre tout ce qu'il y a de plus classique. »

Il but alors une gorgée du whisky. L'alcool absorbé depuis tout à l'heure commençait à lui monter à la tête, profitant de l'état apaisant et calmant de l'éthanol, ayant presque la sensation de s'enfoncer encore sur le banc.
« Donc les deux ralois qui m'ont attrapé sont des éclaireurs-guerriers ? »
Ythaq acquiesça de la tête.
« Oui. Gyp et Ultir Youan. L'un est de conviction Aviane, l'autre a été acheté par Aviana pour son effort de guerre. Les services secrets Avians sont très persuasifs. Je ne le sais que trop bien. »

Il se rappela, alors, quand il avait été capturé et ramené a Aviana par ces fameux services. De douloureux souvenirs remontèrent dans ses pensées, qu'il écartèrent aussitôt, continuant son récit.
« En bref, deux nations. Aviana la moderne, imbriquée dans la communauté galactique et son modèle sociétal tout ce qu'il y a de plus classique. Et le Zéphyr, plus traditionnel, archaïque. Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin. Si Aviana attaque, Zéphyr sera rayé de la carte, malgré ses forces de défenses équipées technologiquement pour pouvoir parer a certaines attaques. », Ythaq fit une pause, buvant encore.

Liam eût un regard qui fut alors proche de la pitié pour son camarade et ami. Lui aussi buvait, pour oublier ses blessures, et par solidarité avec Ythaq.
« On a enquêté, on a fouillé, on a observé... Ça ne servait a rien. Il fallait trouver une solution venant non pas de l'intérieur mais de l'extérieur. Prouver que l'assassinat du Thul'Odin eût été fait par Aviana n'aurait servi a rien non plus. Alors, nous sommes allés sur Illium, pour trouver de l'aide. Le pire, c'est qu'on l'a trouvée. », avait-il poursuivi, ses paroles venant un peu plus difficilement, bien qu'intelligibles, a cause de l'alcool.

« Dahl Terminus. C'est Dahl Terminus qui a accepté deux choses en contrepartie d'une : faire connaître le Zéphyr aux yeux du Conseil Galactique, et protéger Zéphyr contre une agression plus ou moins imminente par Aviana, si ce n'est une annexion. En contrepartie... Dahl Terminus a l'exclusivité totale d'exploitation des ressources vierges du Zéphyr, ce qui fait une immense superficie, et des milliards de milliards de crédits, car mon peuple ne les ont pas exploités depuis leur existence, a cause de leur mode de vie. »

Ythaq'Fi expira un long coup, ce qui ressemblait davantage a un soupir qu'autre chose.
« Je rends Dahl Terminus riche qu'il pourrait s'acheter des cuirassés, et moi, j'évite une guerre, et je perds ma réputation et mon rang. Car le Zéphyr prendra cette intervention extérieure comme une trahison des leurs, des chefs seront accusés, et ils m'accuseront, car j'étais le responsable. Ils auront alors tout à fait raison. Le Zéphyr sera alors protégée par des butariens, des pirates, des mercenaires... C'est un fait tout à fait intéressant, quand on pense qu'Aviana est en relations avec le Conseil. Enfin. L'étaient. Mais ils ne tarderont pas a rétablir les discussions. Pour eux, Ranem'Tha était probablement dispensable. »

Ythaq'Fi posa son verre sur la table, et pencha sa tête en arrière jusqu'à heurter la paroi du vaisseau, et ferma les yeux. Il arborait ainsi un visage plus tranquille, reposé.
« Je pense vous avoir tout dit. Si vous avez des questions, posez-les, sinon, je vous écoute. A votre tour. »

***



Ultir était donc rentré dans l'appartement, constatant là qu'il y avait un sacré bordel. Débris de mur et de verre, résidus de fumée, les dispositifs incendies goutant encore, du sang, et un foutu trou dans le mur. Une odeur de cendre. Comme si une tornade était passée faire son affaire depuis le mur pour partir par les fenêtres du balcon. Ou l'inverse.

Les autorités ne tarderaient pas a se demander ce qu'il s'était passé. Et a enquêter. Mais il disposait de la sécurité d'Ar'ika, l'ambassadrice. Immunité diplomatique, protection, ressources, ce genre de choses bien utile dans son métier qui était désormais le sien : espion. Il avança sur le balcon, écrasant au passage des débris de verre qui craquèrent sous ses pattes armurées. Il s'accouda alors sur la rambarde, constatant que la manifestation était toujours là.

Ultir attendait la confirmation de l'accusé réception d'Ar'ika, comme il était de convenance pour chaque rapport. Surtout qu'un potentiel danger traînait pour elle, même si elle était protégée dans les ambassades. Après un certain temps de non-réponse, il s'inquiéta, et appela alors son frère.
« Gyp. Gyp tu me reçois ? », continua-t-il, se penchant sur son omnitech.
« Oui, oui. Je n'ai rien trouvé encore pour l'instant, et de ton côté ? »
« Tu pourrais passer voir Ar'ika ? J'ai un problème de liaison, je voudrais savoir si tout va bien. »
« Mais enfin, Ultir, c'est une ambassadrice, et donc, une femme occupée. »
« La confiance n'exclue pas le contrôle. Va, et rappelle moi quand tout est O.K. »

Gyp coupa la liaison sans répondre, comme à son habitude.

***



Gyp n'eût le temps que de s'approcher des ambassades pour constater que quelque chose n'allait pas. De suite, son instinct l'alarma : des Turiens du SSC avaient rappliqué, qui analysaient et interrogeaient des gens. L'hypothèse la plus évidente lui frappa l'esprit, mais il préféra aller voir par lui-même. Il grimpa alors les marches, puis passa les gens, qui tournèrent un instant leur regard sur lui, car il était un Raloi, d'autant plus en armure. Un humain du SSC tenta de l'arrêter un instant pour lui parler, mais il le repoussa gentiment, se contentant d'avancer jusqu'à l'ascenseur.

Quand il en sortit, deux personnes se serraient dans leurs bras, l'une pleurant, l'autre, la réconfortant. Probablement des gens travaillant ici, étant donné leurs habits. Il bifurqua, et constata alors que le SSC n'avait pas chômé : des bandes virtuelles étaient censées interdire le passage. Mais il n'en eût que faire, il les traversa quand même, un garde en poste lui demandant s'il était en rendez-vous ou un proche de l'ambassadrice.

Il ne lui répondit même pas.

Puis, bien que freiné par le garde qui tentait tant bien que mal de lui maintenir l'épaule, il passa le pas de la porte. Puis, il la vit. Gisante sur le sol, des taches et traces de sang autour d'elle, et les liens qui la menottaient, ainsi que trois officiers du SSC qui scannaient la zone, ou inspectaient le corps. Tout d'un coup, l'ouïe lui revient, entendant alors les réprimandes du garde désolé qui ne faisait alors que son travail.

Gyp lui dit qu'il s'en allait. Personne ne l'interrompit.

Il ne tarda pas plus d'une seconde avant de déployer son omnitech, et de lancer rapidement :
« Ils l'ont tué, Ultir. Il l'a tué. »

***



« Ils l'ont tué, Ultir. Il l'a tué. »

Ultir eût un moment d'hébétement. Il s'était attendu a cette éventualité. Cependant, pas de conclusions hâtives. Rien n'indiquait, à part leur déduction basée sur aucune preuve que leur instinct, que c'était bien Hyasin qui l'avait assassinée.
« Tu m'entends ?! Elle est morte ! », s'impatientait-il
« Oui, j'ai entendu. », il sembla trifouiller dans son omnitech. « J'envoie un rapport à Aviana. Essaie de savoir s'ils sont partis avec les données de son terminal, ou encore de son omnitech. Je pense aussi savoir quoi faire de cette information. »
« Je me ferais passer pour un associé de l'ambassadrice. Tu vas en faire quoi ? »

Ultir esquissa un sourire qui se voulait sournois, il observait la foule massée en bas, faisant un brouhaha impossible.
« On va retourner cette situation à notre avantage. On va donner une vraie raison de manifester à ces braves gens. »
Il n'entendit de Gyp qu'un bref rictus a travers l'omnitech.



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MessageSujet: Re: Rouages   Lun 20 Juil 2015, 00:01




Helen fixa un long moment son verre, réfléchissant à tout ce qu’elle venait d’apprendre, bien qu’elle failli pouffer à la mention de Dahl Terminus, elle avait trop d’autres éléments à digérer pour si attardé. Elle nota juste dans un coin de sa tête que cette info intéresserait fortement Saskia, le volus jouait sur un plateau de plus en plus grand. Elle finit par s’ébrouer pour chasser la somnolence qui la prenait à force de réfléchir.

Une ambassadrice Avianne morte alors que les avians couraient après un moyen d’éliminer pour de bon le zephyr, et ça en pleine période de manifestation, du pain bénit pour celui qui en profiterait. Il fallait agir vite. Et pourtant elle-même n’était strictement pas concernée par tout ça ! Bon elle avait piraté l’ambassade et aider au meurtre de l’ambassadrice, mais jamais par intérêt ! Elle pourrait se lever, les saluer et partir ! Qui le lui reprocherait ? Personne !

Pourtant elle restait assise là, devant son verre vide, à chercher son utilité dans tout ça. Elle leva le regard vers Liam puis revint sur Ythaq’Fi, qui attendait sa réponse, qu’il s’agisse d’autres questions ou alors de se dévoiler elle-même. Elle n’avait pas mieux pour se permettre de réfléchir que de lui parler en attendant. Elle se resservit encore, elle-même cette fois, remarquant que la bouteille se vidait vite.

-Je suis donc Helen, Helen Parr. Hackeuse de métier et sauveuse de crétin à l’occasion.

Son regard se porta sur Liam un instant et elle reprit.

-Je travaillais pour une « amie » ici sur la citadelle, une histoire de réputation à détruire, et je suis tombée sur vous, débarquant de ce vaisseau. Pour tout vous dire je pensais Liam mort, alors le voir sur ses deux jambes m’a surprise. Je suis malheureusement trop curieuse, alors j’ai voulu comprendre ce qu’un type comme lui pouvait à voir avec un Raloi. Vous êtes peu nombreux, et en général pas du genre à vous déplacer inutilement.

Grand mal m’a pris car j’ai assisté à la capture de Liam, et après une libération parfaitement contrôlée, on a fui droit vers vous, pour s’enfoncer encore un peu plus dans ce merdier. Bon on pourra toujours dire que j’ai sauvé deux vies et perdu seulement une aujourd’hui, c’est pas si mal.


Elle s’enfila son verre pour effacer l’amertume qu’elle avait soudain en bouche.

-Contrairement à vous je ne crois pas que l’abattre comme vous l’avez fait était la chose la plus intelligente à faire, mais je ne me permettrais pas de dire que je ne comprends pas l’acte.

Oui elle comprenait le tir, un mélange de devoir, de vengeance, et d’une blessure, mais cela restait un choix trop rapidement pris à son goût.

-Si j’ai bien tout compris vous venez d’offrir aux avians une sacrément bonne opportunité pour mener sa guerre. D’ici vingt-quatre heures au mieux tout le monde entendra parler de ces Zephyriens contre le progrès qui ont sauvagement tué la seule femme qui se battait ouvertement pour leur droit galactique.

Tout comme je pense que baser la défense de votre nation sur une armée de mercenaire, ça ne va pas améliorer vos chances d’avoir une image autre que celle des méchants. Je vois déjà les gros titres, Aviana se défend contre une faction extrémiste se servant des terminus pour les attaquer.


Helen avait fait un mouvement des mains dans l’air comme pour dessiner la banderole avec cette phrase. Elle regarda Ythaq’Fi.

-Je sais très bien que ma vision est simpliste de votre point de vue, mais malheureusement c’est la vision que tout le monde verra. Et on applaudira même Aviana quand ils vous extermineront à ce rythme.

Elle s’était levée agacée d’être mêlée à un plan tordu contre son gré et de ne pas vouloir en sortir sans avoir fait au moins quelque chose. Ythaq’Fi dans l’espoir de sauver son peuple avait pactisé avec ce qu’il y avait de pire, un homme d’affaire, et était en train de mettre en branle une guerre hypothétique qu’il semblait pourtant vouloir éviter. Elle soupira, à son niveau à elle, elle n’avait pas beaucoup de choix.

-Ythaq’Fi, seriez-vous prêt à tenter autre chose avant continuer sur cette voie ? Je comprends parfaitement vôtre empressement, mais si vous m’accordez une promenade, juste vous et moi, alors j’aurais quelqu’un à vous présenter, quelqu’un qui pourra au moins vous donner l’impression que tout ceci peut être évité. Ma fameuse amie.


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MessageSujet: Re: Rouages   Lun 20 Juil 2015, 16:54

Ythaq'Fi conserva ses yeux fermés alors qu'il écoutait Helen parler. Non pas qu'il s'agissait là d'un manque de respect. Non, Ythaq'Fi appliquait une sorte de méditation active, se concentrant sur son environnement, afin d'apaiser son corps et son esprit. Il entendit alors les paroles d'Helen, les écouta même. Évidemment, il ne fut guère surpris de ses hypothèses établies à la va-vite, car ne connaissant pas la situation dans son ensemble. Lui, il le savait. Liam avait le regard plongé dans son verre, a moitié actif dans ce qu'il se passait autour de lui. Ythaq'Fi avait remarqué cependant, un très bref instant, qu'à son élocution de Dahl Terminus, une ombre était passée sur son visage. Elle avait probablement déjà eu affaire avec lui, de près ou de loin. Ce qui n'était guère étonnant, car ayant traînée à Oméga...

Il verrait cela plus tard.
« Contrairement à vous je ne crois pas que l’abattre comme vous l’avez fait était la chose la plus intelligente à faire, mais je ne me permettrais pas de dire que je ne comprends pas l’acte. »
Encore heureux que tu ne portes pas de jugement vindicatif là dessus, tu n'aurais eu alors qu'un mur comme réponse. Personne n'a le droit de se préoccuper de ce que je fais ou de ce que je pense., pensa-t-il.

« Je sais très bien que ma vision est simpliste de votre point de vue, mais malheureusement c’est la vision que tout le monde verra. Et on applaudira même Aviana quand ils vous extermineront à ce rythme »
« Ce que vous ignorez peut-être, c'est que le Zéphyr n'existe pas à l'heure actuelle aux yeux de l'espace concilien. Aviana a tout mis en œuvre pour cacher son existence au Conseil. Je compte bien corriger cela à l'avenir, d'où l'appel à Dahl, mais cela présente aussi quelques avantages : Aviana n'a donc pas de bouc émissaire a désigner, ne se risquant pas de dévoiler un ennemi qu'elle compte bien enfouir dans les limbes de l'histoire. Cela ne paraîtra donc que comme un meurtre à l'encontre de la race Raloise, au lieu d'une attaque directe contre Aviana. »

Ythaq'Fi alors ouvrit les yeux, plus alerte. Il semblait cependant encore en pleine réflexion, comme s'il réfléchissait à l'avenir.
« Ce que vous dites fonctionnera quand la guerre éclatera, et j'espère bien que depuis le temps Zéphyr sera prête, car ce ne sera pas nous qui attaquerons les premiers. Et ça, ça sera de notoriété publique. »

« Ythaq’Fi, seriez-vous prêt à tenter autre chose avant continuer sur cette voie ? Je comprends parfaitement vôtre empressement, mais si vous m’accordez une promenade, juste vous et moi, alors j’aurais quelqu’un à vous présenter, quelqu’un qui pourra au moins vous donner l’impression que tout ceci peut être évité. Ma fameuse amie. »

Ythaq'Fi tiqua un moment sur le "vous et moi". Comme si Liam représentait un danger pour cette fameuse entrevue. Elle, aurait probablement le droit de rester, accompagnant sa "fameuse amie", probablement plus puissante qu'elle, étant donné qu'elle était là sur son ordre. Ythaq'Fi demanderait donc la présence de Liam. Il n'y a pas de raisons, et il serait intransigeant. Il avait déjà vendu son honneur pour sa nation, il était hors de question de vendre son amour propre et son libre arbitre au profit du reste.
« Votre "amie". », dit-il simplement, comme s'il réfléchissait davantage. « Votre "amie" a intérêt d'avoir de puissants arguments... Mais, soit. Je viendrais. Accompagné de Liam, et ceci n'est pas négociable. »

Après tout, il ne perdait rien a la rencontrer, même si rien n'était dit. Il récupéra en même temps les fameux disques posés sur la table, contenant tout ce qu'il y avait dans le bureau de Ranem'Tha, sauf si la douteuse Helen Parr avait fait son propre tri. Quoi qu'il en était, il ne le saurait jamais. Mais c'était tout ce qu'il restait d'elle.

« Non, non, c'est bon, je reste. », intervint alors Liam, surprenant ainsi Ythaq. « Je veille sur le vaisseau, j'ai eu ma dose aujourd'hui. », termina-t-il en s'enfonçant de nouveau sur le banc.

C'était parfaitement logique. La journée avait, d'une façon ou d'une autre, jusqu'à présent éprouvé chacune des personnes réunies autour de cette table.
« Bien, quand vous serez prête, faite moi signe. », dit-il, malgré qu'il voyait clairement qu'Helen était sur le départ, car debout.

***



Dans certains des endroits de la Citadelle, commençaient a résonner en une, l'assassinat d'une Ambassadrice d'une race de la Travée, affiliée aux espaces du Conseil, les Ralois. Dans les endroits de la station-capitale où des manifestations avaient été montées, la nouvelle eût l'effet escompté par Ultir Youan, qui observait tout ceci, et passait de nombreux appels par Extranet pour rajouter son grain de sel. Les manifestants étaient alors emplis de colère, la mort de Ranem'Tha Ar'ika, connue comme l'Ambassadrice Raloise sur la Citadelle, était alors présentée comme un attentat contre la race.

Tout ceux qui critiquaient, étaient désormais systématiquement insultés, voir molestés. Des actes de violence, contre les personnes ou les biens, étaient reportés de minute en minute. De petites boules de chaos étaient nées dans la station, créant ainsi de véritables bastons entre groupes militants et gardes du SSC alors venus calmer les foules. Les infos, en plus de diffuser la mort d'Ar'ika, relataient en direct ce qu'on commençait a appeler les "révoltes Raloises". Seuls les secteurs les plus reculés, loin du Présidium, étaient concernés. Seule une manifestation, la plus grande par ailleurs, dans le secteur Zakéra - un des plus fréquentés - représentait une menace pour le SSC et la stabilité de l'ordre public. Tous hurlaient au complot, à la mise en danger de la communauté galactique, montant tous sur leurs grands chevaux, dans une escalade impressionnante.

Ultir attendait la réponse de son coéquipier et frère Gyp, cette fois-ci depuis un autre balcon, d'un autre appartement afin de s'éviter les questions indiscrètes et dangereuses des enquêteurs du SSC sur l'explosion de leur ancienne planque. Il avait bien sûr trouvé un autre endroit proche d'un lieu de manifestation. Son omnitech était branché sur Galaxy News, qui diffusaient en direct les évènements des manifestations et informations liées. Il était toujours appuyé contre son balcon, comme il l'avait fait sur son précédent, cette fois-ci, le bâtiment était trop loin des manifestants pour pouvoir constater de ses propres yeux l'avancée des évènements. Il avait donc des jumelles, incrémentées dans un viseur tech accroché à ses excroissances osseuses crâniennes.

« Nous assistons actuellement a une véritable représentation de rixes entre les forces du Service de Sécurité de la Citadelle et des manifestants contre la mise des Ralois en dehors de la sphère d'influence, considéré par les leaders comme une véritable trahison des préceptes de ce qui fait les valeurs fondamentales du Conseil Galactique... [...] »

Un bip. Son frère.
« Ultir ? »
« Je t'écoute. »
« J'ai fais ce que tu m'as dit. Tu aurais vu la réaction du SSC... »
« Oh, ne t'inquiète pas, je le vois aux informations. Tu as fait du bon travail. Tu n'as pas terminé cependant, il te reste deux endroits. Mmh. Non, un seul en fait, va directement a Zakéra, et fais ce que je t'ai dit. »
« Très bien. J'y vais. »

« Apparemment, les forces du SSC affrontent des manifestants qui auraient pris des armes artisanales, telles que des grenades percussives, ou encore des engins explosifs improvisés... Les Ambassades ont été bouclées jusqu'à nouvel ordre. Nous rappelons que tout ceci vient de l'annonce faite de la mort de l'Ambassadrice Raloise Ranem'Tha Ar'ika, en poste depuis 2186 à la Citadelle... [...] »

Ultir souriait, visiblement satisfait. Il glissa sans sa bouche un peu d'une boisson inconnue contenue dans une tasse proche de lui. Il regarda alors de nouveau dans son viseur, faisant office de jumelles, en direction de la manifestation au loin.
« Bien, bien, écoutez nous. Défendez-nous, faites-nous connaître. Soutenez Aviana la Grande. Nous aurons besoin de vous. »



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MessageSujet: Re: Rouages   Lun 20 Juil 2015, 18:30




Helen fut soulagée que Liam décline l’invitation de son ami. Emmener avec elle le représentant officieux d’un peuple était une chose, un paria, même son ami en était une autre. Elle le remercia d’un hochement de tête, même si elle pensait que sa dure journée était elle aussi pour beaucoup dans ce choix. Elle fixa Ythaq’Fi de longues secondes, il ne serait pas un contact facile. Trop guerrier, trop déterminé. Mais pour lui comme pour elle cela valait le coup d’essayer.

-Allons-y alors.

Elle se permit de contourner la table et de déposer une bise sur le front de son ami. Avant de s’en aller droit vers la porte, le Raloi sur ses talons. Même avec ses pas rapides, le volatile la suivait sans le moindre effort, ses grands pas avalant la distance. Pas étonnant que celui de l’appartement ait failli les rattraper en moins d’une minute. Elle le guida a coup de chemin détourner, les manifestations avaient pris une mauvaise tournure comme elle s’y attendait après la mort de l’ambassadrice. Elle évita soigneusement les attroupements et ne s’arrêta qu’une unique fois pour acheter un datapad vierge. Tout en marchant elle se mit à tapoter à une vitesse folle, résumant tous les détails qu’elle avait sur la situation, qu’il s’agisse de sa propre participation, ou bien du récit du Raloi. Elle se mit en même temps à parler par-dessus son épaule.

-Il y a de bonne chances qu’elle vous paraisse arrogante, et vous lui ferez surement le même effet, mais par pitié, ne l’insulter pas ouvertement. Elle est très susceptible et je suis trop jeune pour mourir.

Ils finirent par arriver dans un des secteurs, plus épargné que les autres car plus sélectif, le quartier des personnalités en sommes. Elle entraina Ythaq’Fi droit vers un restaurant luxueux, et pourtant désert, seules deux asaris se tenaient devant l’entrée de la salle principale. Un regard examinateur se porta sur le Raloi, mais on les laissa passer. Dans la salle, une seule table était occupée, face à une immense fenêtre donnant droit sur le vide spatial entourant la citadelle. Assise à celle-ci une asari observée la vue, un verre d’un alcool orange vif à la main. Un peu partout dans les ombres de la salle on pouvait distinguer des formes, et Helen sût qu’à partir de cet instant, un geste trop brusque et ce serait la mort. Elle pria secrètement pour que cela n’arrive pas.

Ils avancèrent d’un pas tranquille mais prudent jusqu’à la table à laquelle Helen s’assis sans attendre, invitant Ythaq’Fi à faire de même.

-Quatre heure de retard, un compagnon Raloi, et une ambassadrice morte. Pourquoi ne suis-je pas étonnée ?

Bien que la voix fut froide d’émotion, elle ne dégageait pas de jugement, ni de condamnation, ce qui soulagea la jeune humaine. Elle tendit le datapad par-dessus la table, et Saskia s’en saisit, daignant enfin tourner son visage vers eux. Elle se mit à lire les données, sans un son dans la pièce. Helen jeta un coup d’œil au Raloi, lui implorant la patience de son regard. Les asaris avaient un rythme à elle, et celles qui avaient le pouvoir de leur côté étaient encore pire. Finalement elle releva les yeux du texte, ses mains brisèrent net le datapad en deux et le posa négligemment sur la table. Ces informations resteraient le plus secrète possible. Saskia s’empara de nouveau de son verre et bu une gorgée.

-Fi, de la branche du feu donc, et j’en juge à votre présence que vous n’êtes pas un bâtisseur. Je me présente, Saskia T’zela, Théméssianne et Générale du peuple asari. Helen, je te remercie de ces précieuses informations, je n’aime pas quand on joue une partie qui m’est inconnue juste sous mes yeux. Je pense que vous l’avez remarqué, mais depuis votre acte il y a quelques heures, quelqu’un prend un malin plaisir à attiser les foules. Les Ralois, victime d’agressivité raciale. Au moins sont-ils suffisamment malin pour mettre à profit cette perte, et je parierais que ce n’est pas fini.

Elle jeta un coup d’œil désapprobateur à Helen.

-Je suppose qu’elle vous a amenez ici avec la promesse d’avoir une chance différente de celle des mercenaires, ou du moins en vous évoquant la possibilité de cette chance. Je connais moi-même Dahl Elkoss, ainsi que son entreprise. C’est un choix raisonnable vu vos cartes. Mais je suis assez d’accord avec la conclusion de la demoiselle. Il vous mènera à la guerre aussi vite que vous voulez l’évité. J’en sais certainement plus sur votre peuple que la plupart, j’étais moi-même sur l’Azedes à l’époque, et je suis votre « ouverture » à la galaxie depuis lors. Ma conclusion c’est que les Ralois sont surement les plus cachotier des oiseaux.

Je ne connais moi-même du Zephyr que sa superficie et ses valeurs générales. Vous êtes une épine dans le pied de l’évolution Raloi, et Aviana souhaite l’arracher. Cependant…..


Elle prit un temps de réflexion, son cerveau analysé la situation avec pragmatisme, une guerre entre Raloi n’était pas gravissime en soit pour son camp, l’idée d’une intervention extérieure au conseil l’était déjà plus, sans pour autant être une vraie gêne. Le conseil ne se laisserait pas ravir un joyau sans réagir, et les tensions galactiques reprendraient de plus belle, mais en fin de compte il aurait le dernier mot, soit par accord, soit par la force. Mais à quoi bon en arriver là ? La guerre était parfaitement évitable à condition de jouer les bonnes cartes le plus vite possible.

-Cependant disais-je, un génocide futile n’est pas vraiment annonciateur d’un futur radieux, et je suis certaine que le Zephyr embrassera lui aussi l’évolution à sa manière, si on lui laisse le temps. Je ne peux pas venir mener une guerre pour vous Hyasin, ni pour votre pays. Il est par contre tout à fait envisageable que je sois profondément touchée par le malheur qui accable votre peuple dans ces heures sombres.

Helen la fixa avec un air dubitatif.

-Partons du principe que nous soyons alliés dans cette affaire. Voilà quel serait mes objectifs premiers. D’abord, couper l’herbe sous le pied de ceux qui manipule les foules, il faut limiter l’impact de leurs paroles, en apportant un soutien officiel au peuple Raloi. Ensuite, faire connaître rapidement et largement le Zephyr à la galaxie. Il nous faudrait donc un événement marquant. Heureusement vous nous en avez fourni un sur un plateau.

Saskia avala une nouvelle gorgée de son verre.

-Ranem’Tha, le vent si je ne m’abuse. Une Zephyrienne pur souche sauvagement assassinée ici.

Un simple suffixe pourrait leur fournir une occasion en or d’agir.

-Imaginons la chose suivante. D’ici une heure, je déclarerais officiellement être profondément affectée par la perte innommable qu’a connue votre peuple. Et m’engagerait officiellement à apporter tout mon soutien lors de cette épreuve. Prenant moi-même en charge le rapatriement du corps de l’Ambassadrice jusque Turvess avec tous les honneurs dus à son rang. Je parlerais officiellement de l’importance de ramener sa dépouille sur la terre de ses ancêtres, le Zephyr. Aviana ne pourra refuser le soutien officiel d’un représentant concillien de mon envergure sans perdre une part de son soutien dans la populace. Les asaris sont les premières à soutenir l’union galactique, personne ne sera surpris de me voir agir de la sorte.

Si t’en est-il que nous le faisions, le convoi serait en route dès demain, vous à mon bord. Et la troisième armada asari encadrerait notre voyage dès le passage du relais, pour la gloire autant que pour la sécurité disons. Une arrivée en grand pompe sur le territoire Zephyr, mais avec l’humilité du deuil. Nous inviterions volontiers quelques représentant Avians à se joindre à la marche funèbre, et ce via l’extranet, afin de contrer toute possibilité pour eux de se dire mit à l’écart.

Plusieurs discours sur l’importance du respect des coutumes et la beauté de cette splendide Zephyr auront tôt fait de scindé la vision unique que donne Aviana de vôtre monde.


Elle regarda Ythaq’Fi plusieurs secondes avant de conclure cette partie du spectacle.

-Il ne s’agit bien entendu que d’une mise en bouche, la troisième armada ne pourra tenir indéfiniment les frontières du Zephyr sans justifications. A peine gagneront nous quelques mois en multipliant les séjours diplomatiques, que je justifierais par une profonde volonté de connaître le peuple Raloi. C’est donc là qui faudra aborder le sujet de votre avenir Ythaq’Fi, à vous et votre peuple.

Un dernier mot.

-Mais tout cela reste conditionnel à votre volonté d’alliance bien entendu. Pourrions-nous être alliés Ythaq’Fi ?


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MessageSujet: Re: Rouages   Lun 20 Juil 2015, 20:16

Ils partirent donc rapidement, Helen étant visiblement pressée. Liam lui souhaita bonne chance, et il sut, qu'au fond de lui, il en aurait grandement besoin. Car ce qui se présentait comme une banale rencontre pourrait encore plus changer la donne concernant la situation Raloise. Quand il sortit du Lightbringer et qu'ils commencèrent a déambuler dans des chemins plus ou moins tortueux afin d'éviter les manifestations, il se rendit compte des conséquences de ses actes. Kean lui avait dit un jour qu'elle avait reconnu en lui quelqu'un lié par le Destin à la vie de son peuple. Ythaq'Fi, à ce moment-là, lui avait rit au nez, estimant que lui, petit guerrier dans cette grande galaxie, ne pouvait avoir autant d'influence vis à vis de milliards d'individus.

Il se trompait allègrement. Les morceaux se recomposaient, tel un puzzle, dans son esprit. La mort de Ranem'Tha, le contrat avec Dahl, les manifestations tournant au vinaigre, l'implication éventuelle donc du Conseil, et Aviana, toujours plus entreprenante que jamais. Il était évident que ce soudain engouement des foules était du aux ficelles tirées par les Avians. Pour l'instant, il n'y voyait là qu'un effet secondaire sans importance. Il fallait se méfier de l'effet papillon. Ythaq'Fi jouait vraisemblablement avec des forces qui le dépassaient. Terriblement. Il pouvait tout arrêter, bien sûr. Un étrange sentiment le convaincu du contraire. Il avait son rôle a jouer, l'éviter entraînerait inévitablement des morts inutiles.

Ils s'éloignèrent donc des foules en quittant les secteurs les plus peuplés à raison d'un secteur plus huppé, lui rappelant quelque peu certaines zones d'Illium, brillant par la richesse de leurs propriétaires.

Il se rendit donc que de ce rendez-vous découlerait beaucoup de choses. Tout le monde pouvait se prélasser dans ces hôtels luxueux., mais très peu pouvaient l'avoir vidé pour se l'avoir réservé, et avoir en prime une garde à l'entrée afin de filtrer qui entraient et sortaient pour leur compte.

Helen lui fit un très bref briefing sur le chemin. Derrière ses airs de pirate anarchique ne respectant que sa loi informatique débridée, se cachait là un atout stratégiquement joué par celle qui la commandait. La personne semblait être hautaine, arrogante, et puissante. Sans doute une Asari. Ythaq'Fi ne portait pas vraiment les Asaris dans son coeur. Elles lui rappelaient trop les Avians par bien des traits. L'éclaireur-guerrier se résolu a se dire qu'il deviendrait à son tour un pion, et ce, tôt ou tard.

Dans l'hôtel, un lieu où le seul luxe d'avoir de l'espace pouvait renseigner sur la puissance de son propriétaire, une énorme baie vitrée donnait sur l'espace. Son instinct avait vu juste, car il s'agissait bien là d'une Asari, seule, telle une reine assise sur son trône. Ythaq suivit Helen, et, conformément à ce qu'elle lui avait dit, se tut, laissant les choses filer quand elle lui donna le datapad, signe qu'il avait bien raison de l'avoir traité comme une espionne. Tout était sensiblement bien renseignée.

Elle a même rompu le datapad., pensa-t-il. Je n'ai pas affaire à une amatrice.

L'Asari - qui se nommait Saskia T'Zela, n'était ni plus ni moins que la Thémessiane de Thessia et générale des Armées Républicaines. Liam lui rirait probablement au bec quand il lui racontera ça. L'alcool faisant encore son effet, bien que diminuant au fil du temps, il se calma et resta passif, écoutant simplement tout ce qu'elle eût à dire. Ythaq'Fi fut en revanche déçu de ne pas s'être fait servir a boire. A quoi bon avoir du pouvoir et de l'argent si ce n'est pas au moins ravir ses invités - prévus ou non. Au moins étaient-ils assis.

Saskia connaissait son sujet, et faisait même partie du croiseur Azedes, que tout Raloi digne de ce nom avait entendu parler, dans les histoires ou les cours dispensés aux plus jeunes, ainsi que pour ceux ayant vécu les cérémonies de rencontre. Ythaq'Fi apprécia la démarche, ayant plus qu'assez de devoir sans cesse tout expliquer a tout le monde. Cette conversation s'annonçait intéressante, du point de vue d'Ythaq.

Elle avait ainsi déjà deviné l'implication d'Aviana dans les manifestations. Au fur et a mesure qu'il parlait, le Raloi eût l'impression qu'un étau se resserrait sur lui. Ce n'était d'ailleurs pas qu'une impression : de furtives ombres, sûrement des commandos Asaris, se tapissaient discrètement aux quatre coins de la salle, prêtes à intervenir si leur générale se retrouvait en danger. Ythaq'Fi ne douta pas d'ailleurs qu'elle sache se défendre seule, même contre un Raloi guerrier bien entraîné.

« [...] Il vous mènera à la guerre aussi vite que vous voulez l’éviter. [...] », avait-elle dit, parlant de Dahl. Au moins avait-elle jugé bon ton de le définir comme "un choix raisonnable vu ses cartes. Il commençait peu à peu a définir quelle personnalité il avait en face de lui. De plus en plus, elle s'affirmait comme une adversaire pour Ythaq'Fi que comme une alliée, le ton non chaleureux n'était pas la seule raison. Elle ne comprenait d'ailleurs pas que, dans tout les cas, la guerre aurait éclater. Avec ou sans son intervention.

« [...] Ma conclusion c’est que les Ralois sont sûrement les plus cachotier des oiseaux. ». Sur ce point-là, Ythaq'Fi brûlait d'envie de l'exprimer, c'était un point sur lequel il était on ne peut plus d'accord. Déjà qu'entre le Zéphyr et Aviana, ce n'était pas le grand amour, alors envers la galaxie, cette manipulation ou omission d'informations se vérifiait d'autant plus.

Elle continua de parler. Jusqu'à prendre une pause, réfléchissant à ses futures paroles. Ythaq'Fi bouillonnait d'envie de parler. Il n'eût que pour seule interjection Helen qui lui jeta un nouveau regard, l'intimant de se taire. Bon sang, Ythaq'Fi était quelqu'un d'on ne peut plus patient, mais dans ces cas-là, la patience ne résolvait rien. Il se laissait manipuler comme jamais, et il détestait cela d'autant plus. Dahl avait au moins eu le bon ton d'avoir joué de la même façon, d'une manière plus enrobée. Ythaq'Fi avait fait une promesse, a savoir d'aller le voir après tout ce remue-ménage. De plus en plus, il savait qu'il y retournerait pour lui affirmer qu'il deviendrait ermite dans une vallée reculée de Turvess, si elle ne serait pas jonchée de cadavres, ou, pire, pleine de machines d'excavations.

Bien qu'elle lui affirma qu'elle ne pouvait lancer une guerre pour lui, elle lui proposa en revanche des arguments bien plus convaincants, avec un plan plutôt persuasif. Ses connaissances des Ralois l'aidèrent a échafauder une éventualité qu'il n'avait pas envisagé jusqu'à présent. Il ne sut cependant si c'était du lard ou du cochon. Comme si le rapport d'Helen l'avait indiqué, elle joua peut-être sur les mots en utilisant Ranem'Tha comme fer de lance de son projet, qui paraissait tout à fait bien pensé.

« Mais tout cela reste conditionnel à votre volonté d’alliance bien entendu. Pourrions-nous être alliés Ythaq’Fi ? »

Alors qu'il sentait le profond regard de Saskia sur lui, ainsi, curieux, de celui d'Helen, il demeura silencieux. Comme s'il avait été frappé par le ciel. Ses pensées se chamboulaient, son cerveau travaillait alors à vitesse grand V. Puis, doucement, se montèrent les pièces. Jusqu'à formuler des idées et, enfin, des phrases. Cela ne prit bien entendu pas plus de deux-trois secondes. Il devait choisir son camp...

Il releva alors la tête vers Saskia, plongeant alors à son tour ses yeux saphir dans les siens.
« Votre proposition est très alléchante, je vous le reconnais. », commença-t-il, calant alors son dos plaqué d'os contre le dossier de la chaise, qu'il trouvait assez confortable. « Néanmoins, je vous le dis d'emblée : si j'accepte votre proposition, étant donné les rouages déjà en place, nous ne créerons pas une guerre entre Aviana et le Zéphyr - qui de toute façon, selon moi, arrivera - mais entre les Terminus et le Conseil Galactique.
« La raison est simple. D'ici deux ou trois semaines a peine, débarqueront Dahl Terminus, haut et fier de ses forces achetées pour l'occasion, toutes rassemblées pour des milliards de crédits, a Zéphyr, afin de commencer l'excavation des ressources. Dahl a reçu l'ordre de renforcer la frontière, armant les Zéphyrons dans le cas d'une défense, et vous, de votre côté, arriverez afin aussi de faire force tampon, considérée par les Avians comme une force sur laquelle elle pourrait s'appuyer. Il y aura sûrement un statu-quo qui ne pourra s'empêcher tôt ou tard, de s'envenimer. Pour milles raisons. »

Il fit, alors, lui aussi une pause de quelques secondes, tout en manifestant son envie de garder la parole. Il devait faire un choix, bon sang, planter une épée dans le dos de Dahl en rameutant une armada républicaine ou refuser cette aide et se retrouver avec une Aviana gagnant inévitablement en puissance, quitte à renforcer son lien avec le Conseil en profitant du chahut. Il n'avait pas de verre a se glisser dans le bec pour gagner du temps de réflexion, il fallait qu'il parle, il fallait qu'il parle ! Il puisa au fond de lui-même et son entraînement pour garder son sang froid et sa maîtrise de soi. Paraître confiant.
« Je pense que nous pouvons être alliés. A une condition. Vous laissez Dahl et ses mercenaires faire leur boulot. Vous ne servez que de force d'interposition. Et, surtout, vous ne me mêlerez pas à vos affaires. Je ne monterais pas avec vous, si je veux encore avoir la tête sur mon corps une fois arrivé là bas. »

Comme ça, ça te passera l'envie de nous la mettre profond en te liguant avec Aviana, ou pire, en me revendant à eux., pensa-t-il, se cachant bien de le lui cracher à la figure.

« Alors, comme vous dites, nous discuterons de moi et du sort de mon peuple. J'imagine cependant que cela ne se fera pas sans contrepartie, ou valez-vous mieux que Dahl Terminus ? »

De ce qu'il avait compris d'après la réaction d'Helen et du monologue de Saskia, elle connaissait Dahl Terminus. Il fit exprès de le mentionner ainsi, car il était curieux de savoir à quel point.

***



Ultir avait rarement été autant occupé avec des appels extranet de toute sa vie. Entre Gyp, Aviana, et d'autres sources plus ou moins douteuses, il n'arrêtait pas depuis la mort d'Ar'ika. Aviana, en retour, l'assiégeait de tâches, de missions et d'objectifs a remplir. Sans qu'ils ne lui disent quoi que ce soit. Cela le frustrait énormément. Il savait qu'il était testé. Cela faisait moins longtemps que beaucoup d'autres qu'il servait ainsi Aviana la Grande. Son frère, par exemple, s'était rangé du côté d'Aviana dès le début.

Ils avaient dû redoubler de patience et de moyens pour convaincre Ultir. La mort du Thul'Odin en début d'année changea tout, car Aviana lui avait vendu la mèche, et il était ainsi persuadé que c'était l’œuvre des Zéphyrons, prêts a massacrer son propre chef au profit d'accusations et d'avantages politiques. Qu'ils n'avaient au final que peu utilisés. Ils n'avaient pas d'alliés, Aviana, elle, était en liens avec le Conseil.

Par ailleurs, il avait reçu, quelques heures plus tôt, la mise a mort officielle d'Ythaq'Fi Hyasin et de Liam Harwick pour trahison et attentat contre la nation. Désormais, tout les chasseurs croisant sa piste se mettraient à sa recherche. Ultir lâcha un rictus en voyant le message, c'était un message automatique envoyés à tout les concernés par ce genre de choses. Il envia presque Ythaq d'être ainsi mis en avant, bien que pour de mauvaises raisons. Au fond de lui, il se convainc de le juger sur ses actes et non sur ce qu'il avait pu être avant.

La dernière requête d'Aviana lui était des plus troublantes. Il dépêcha un nouveau message en quête d'informations puis il retourna auprès de son frère, qui venait probablement d'accomplir son énième tâche de cette journée chargée.
« Gyp ? Écoute moi très attentivement... Tu vas aller à l'adresse que je viens de te donner, et te fournir ce véhicule avec l'immatriculation affichée dans le message. Ensuite, et seulement ensuite, tu rappliques aux ambassades. Fais au plus vite, je t'y attendrais. »
« Compris. », il y eut un temps de latence, comme s'il regardait le message en question. « C'est bien ce que je pense ? »
« Va. », coupa-t-il en éteignant son omnitech.

Il tourna les talons et ainsi son dos à la manifestation en arrière plan, pour rentrer dans l'appartement. Il rassemblait alors ses affaires.



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MessageSujet: Re: Rouages   Lun 20 Juil 2015, 21:58




Saskia écouta patiemment Ythaq, elle avait volontairement laisser le Raloi sans moyen de gagner du temps, elle voulait ses réactions les plus vives. Elle admirait le courage dont il faisait preuve, il n’était ni politicien, ni diplomate, pas même un simple orateur. C’était un guerrier devenu malgré lui voix de son peuple, et pourtant il bataillait bec et griffes pour défendre le peu de pouvoir qu’il avait dans sa conversation. Mais ce n’était hélas pas suffisant, la réalité se confrontait à sa vision de l’avenir, et elle s’émiettait déjà dans ses arguments alors qu’il essayait d’imposé ses règles à la partie.

Elle le laissa pourtant finir sans l’interrompre, elle devait au moins ça à cet étranger. De soldat à soldat elle le comprenait, mais elle était Théméssianne à présent, et elle devait balayer sa défense pour qu’ils puissent vraiment avancer.

-Je sais….

Elle inspira calmement et repris d’un ton plus calme, voulant éviter de paraître agressive.

-Je sais que vous espérez un tant soit peu de contrôle sur ce qui arrive, vous êtes pile à l’endroit que vous voudriez éviter, mais il n’y a personne d’autre pour tenir cette place.

Comprenez bien que tout ce que je vais vous dire n’est qu’hypothétique, et non pas des menaces déguisée. Je connais parfaitement Dahl Terminus, ses moyens, ses méthodes, et une chose est certaine, il n’est pas capable de faire front seul à Aviana, et encore moins au conseil. Il n’a ni les hommes ni les ressources pour cela. Il aura donc l’obligation de faire appel à des alliés. De ce que j’en sais, même le plus puissant d’entre eux ne prendra pas le risque d’une guerre ouverte avec l’armée concillienne. Les butariens, car il s’agit d’eux, sont brutaux et conquérant, mais d’une grande intelligence militaire. Si ils peuvent écraser Aviana, ils n’ont pas les troupes pour mener une guerre totale, ni une occupation efficace. Si la guerre éclate et que le conseil s’en mêle, ils reculeront et patienteront encore avant d’agir quand leur temps sera venu. Quant au mercenaires et autre pirates, les plus nobles s’en iront, les pires pilleront les restes si bataille il y a.

Ce que je veux vous faire comprendre Hyasin, c’est que vous n’avez simplement pas la mise pour un bluff. Vous pouvez bien sûr espérer que l’attaque d’Aviana soit suffisamment médiatique pour que le conseil se décide à fermer les yeux, mais c’est sans compter sur leur propre cupidité, ils sont lâche mais envieux. Mais vous n’avez pas le pouvoir de le décider, ni le pouvoir de négocier notre alliance, où le rôle que vous voulez y jouer. C’est parce que contrairement à vous je crois dans une issue diplomatique que je vous tends la main.

Mais demain cela pourrait être votre tête qui se trouve au pied du cercueil de l’ambassadrice. Aviana m’accueillerait en amie, et la troisième armada imposerait la présence concillienne dans tout le cadran de Turvess. Dahl ne décollera même pas d’Oméga, et le Zephyr disparaitra dès que Aviana aura eu suffisamment de raisons de l’annexer, brutalement ou non. Je me laverais les mains de cette affaire en retirant la même gloire et le même butin. Tout cela rien qu’en vous tuant dans l’instant et vu votre regard entrainer, vous savez que vous n’y pourriez rien pour l’empêcher.

Les ressources de Zephyr partagées équitablement, et un allié de plus, cela est parfaitement viable pour moi non ?


Elle repoussa son verre loin d’elle, se mettant, mentalement du moins sur un pied d’égalité avec le Raloi. Elle avait été clair, aider le Zephyr était une option, la victoire elle cependant se faisait à chaque instant un peu plus crédible. Bien sûr elle ne pouvait tout prévoir, les butariens se lanceraient peut être à corps perdu dans la bataille et Dahl pourrait convaincre suffisamment de mercenaires pour devenir une menace à eux tout combiner. Mais ça ne correspondait pas au génie militaire de l’Argonar qu’elle avait connu, il était patient et méticuleux. Et Dahl tenait trop à sa vie pour la risquer sur des crédits potentiels uniquement en cas de victoire. Surtout en la sachant impliquer.

-Et pourtant je suis là à vous proposer de l’aide, car je pense qu’il est plus intelligent d’essayer de régler cela à l’amiable, dans une certaine limite. Je ne tiens pas précisément à ce qu’Aviana dirige le peuple Raloi dans son ensemble, mais je ne tiens pas à la voir disparaître non plus. Mais le Zephyr va avoir besoin d’être guider, par la force ou par la ruse. C’est là votre seul vrai pouvoir dans cette situation, un pouvoir que je vous laisse. La force ou la ruse Hyasin.

Elle se leva de sa chaise et alla se planter devant l’immense fenêtre, les bras croisé dans le dos par habitude. Tant de monde si petit vu d’ici, des points de lumière dans l’immensité. Elle inspira tranquillement avant de reprendre.

-Si vous le souhaitez Hyasin, et pour vous montrer ma bonne foi, je n’interviendrais pas, je laisserais simplement cette affaire de meurtre se réglée d’elle-même, sachant que vous avez tout de même un sérieux retard sur vos adversaire, qui sont surement encore entrain d’agir alors que nous parlons. Je ne bougerais pas d’ici.

Elle se tourna de nouveau vers Ythaq.

-Mais si Aviana cri à l’aide car vos alliés menace sa survie, et cela même si ils sont à l’origine de l’attaque, alors quand le conseil hésitera, je me proposerais pour agir en son nom, et j’écraserais le Zephyr comme Aviana pour éviter plus de mort. Sept siècles de vie m’ont appris que parfois la violence est réellement la réponse, si elle est suffisamment brutale et définitive.

Encore une fois elle n’avait pas de menace dans la voix, elle préférait simplement trancher net un membre gangréné.

-Mais d’ici là, vous aurez tout le temps d’essayer votre méthode, et je croiserais les doigts pour vôtre réussite. Alors Hyasin, prendrez-vous la peine de me faire confiance sans garantie ? Je ne puis que vous donner ma parole d’agir dans l’intérêt des Ralois, d’où qu’ils soient. Et seul vous pouvez donner à cette parole une chance d’aboutir.

Si cela peut vous permettre de tenir votre propre parole, j’offrirais prochainement à Dahl et ses alliés le moyen de sortir eux aussi gagnant de notre arrangement.

J’en reviens à ma question, voulez-vous être mon allié Hyasin ?





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MessageSujet: Re: Rouages   Lun 20 Juil 2015, 23:05

Selon toute vraisemblance, Ythaq'Fi perdait la main dans cette discussion. Il ne faisait clairement pas le poids face à Saskia T'Zela. Il fallait admettre que d'un autre côté, elle savait pertinemment qu'il lui forçait la main. Certes, il avait le choix de dire non, mais les conséquences pourraient être désastreuses. Un "oui" ou un "non", pourrait presque changer le cours des choses. S'il avait déjà ressenti ce sentiment avec Dahl, il le ressentait davantage avec cette Asari. Décidément, il aimait de moins en moins les êtres bleus. Un millénaire de longévité, et elles se permettaient alors cette condescendance, presque naturelles chez elle, car transpirant le pouvoir par le seul cours du temps dont ne jouissaient que peu de gens dans cette galaxie à part elles.

Une fois encore, il l'écouta attentivement, tentant de mettre a bas ses arguments, et d'imposer les siens. Elle se montrait intransigeante et sûre d'elle, comme attendu. Aucune négociation ne semblait possible, et pour cause, elle lui démontra par A plus B les conséquences de chaque de ses choix. Ythaq'Fi se tendit compte qu'il avait, d'ores et déjà, échoué. Il avait mal misé ses cartes, et s'était trompé de cheval. Nelar'Fi ne lui pardonnerait probablement jamais.

Il ne serait d'ailleurs pas le seul.

Le Rash'an savait qu'il s'adressait a une alliée de fait a Aviana, et que son choix pourrait entraîner un statu-quo gagné de quelques mois. Cependant, il le savait, c'était une chose inéluctable, lui qui avait apprit l'histoire de son peuple. Un conflit serait inévitable. Le but d'Ythaq était de faire en sorte qu'il fasse le moins de morts possible avant sa résolution. Tout le monde tentait de le convaincre qu'éviter la guerre était possible, au lieu de se résoudre a accepter le fait et tenter de la minorer. Décidément, ils ne comprendraient jamais les Ralois. Zéphyr en paierait les conséquences, et les tentatives d'Ythaq'Fi n'auraient probablement fait qu'empirer le phénomène.

Quand bien même Saskia affirmait pouvoir leur faire une proposition suite à l'arrangement présent, il savait que jamais Dahl et ses alliés ne reculeraient devant les richesses promises. Autant cacher un os qu'on aurait agité devant un chien très joueur.

Non, Ythaq'Fi était allé trop loin dans ses démarches. S'il disait non, alors Dahl s'installerait, Aviana serait retardé dans ses préparatifs, mais tenterait alors, une fois Zéphyr mis à la lumière, d'en faire un bouc émissaire, et la guerre éclaterait. D'autant plus que pour le coup, Saskia non plus ne lâcherait pas l'affaire, et pourrait se retrouver du côté d'Aviana. De l'autre, s'il disait oui, Dahl et ses alliés passeraient de l'autre côté de la barrière, créant ainsi trois camps à la place de deux pour les richesses de Zéphyr. Malgré les forces d'interposition des Républiques, Aviana forcerait les négociations avec Saskia, et ferait mains basses sur Zéphyr et ses ressources, quitte à les partager avec Saskia. Tout ceci avec Dahl, les Butariens et alliés qui observeraient la moindre brèche pour prendre leur part du gâteau.

Autant dire qu'il fallait choisir entre la peste et le choléra. Il se résolu presque a penser égoïstement, quelle solution lui serait, pour lui-même, la moins pire. D'un côté, il respecterait ses engagements envers Dahl et conserverait alors un job à la sortie, malgré qu'il devienne un paria; de l'autre, il perdrait la face vis à vis de Dahl et du reste, se retrouvant en tenaille entre eux et Aviana avec ses chasseurs, alors aidée de Saskia.

« J’en reviens à ma question, voulez-vous être mon allié Hyasin ? »

C'est presque qu'elle serait impatiente. Pourtant, les Asaris n'étaient-elles pas considérées comme maîtresses dans ce domaine, étant donné leur longévité ?

Il la regardait, alors qu'elle était de dos, contemplant les étoiles. Il eût presque envie de se lever et de sortir comme si de rien n'était, la laissant seule avec ses espoirs.
« De toute évidence, vous avez bien choisi vos arguments, m'acculant au mur a choisir entre deux maux. La place que vous dites qui est mienne, vous me forcez à m'y mettre afin de vous trouver du côté qui vous arrangera le plus. Vous n'avez que faire des gens qui habitent cette planète verte. Vous êtes comme eux, finalement. Peut-être même pire. Je m'y attendais, je vous avoue. », lança-t-il, pensant à Dahl et Cie.

Il s'adossa de plus belle sur sa chaise, posant ses pattes à griffes sur la table. Désormais, une fois ses pensées bien triées, et s'étant rendu compte de ses erreurs, les avoir admises le mettait dans le meilleur des états. Serein et posé, il ne craignait plus rien, car il savait qu'il était perdu. Il aurait presque sourit, s'il ne se trouvait pas en pleine discussion avec Saskia.
« Le problème, en forçant les gens au désespoir, c'est qu'on crée une énergie malsaine, qui fait faire des choses malsaines. Heureusement pour vous, ce n'est pas mon cas, je ne pourrais cependant pas en dire autant des trois milliards de personnes qui habitent cette planète. Mais, après tout, vous avez l'air d'avoir bonne conscience de ce fait là, du haut de vos sept siècles. »

Il avait pris sa décision. Il était certain, désormais, de faire le choix qui lui était juste.
« Je vous aiderais. », conclut-il, finalement. « Je retournerais sur cette terre qui n'est plus la mienne, et je ferais le pied de grue pour vous. Et, alors, je vous observerais piller a votre tour, partager le gâteau avec Aviana et Dahl. Nous ne sommes pas des alliés. Je vous ne vous considérerais jamais comme tel, tout comme vous ne me m'auriez jamais considéré comme le votre. »

Je vais avoir du mal a expliquer ça a Dahl... Et encore moins aux castes. Autant dire que c'est peine perdue. Qu'ils se battent pour cet os perdu, et qui l'était déjà à la base.



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MessageSujet: Re: Rouages   Sam 25 Juil 2015, 17:36




Saskia soupira intérieurement, bien qu’elle y fût habituée, elle avait toujours dédaigné le rôle qu’on lui donnait sans cesse. On ne voyait d’elle qu’une femme avide de pouvoir et orgueilleuse. Peu de gens prenaient le temps voir les conséquences de ses actes, ils préféraiant la juger sur la méthode tout en ignorant l’objectif. Ythaq’Fi faisait partie des moins gênant de ceux-là, car sa réaction était plus dû à son propre désespoir qu’à elle-même. Il était pieds et poings liés, avec juste le choix de la torture à subir. Elle ne l’empêcherait pas de la juger, elle avait accepté le fardeau de sa croix comme disaient les humains. Quand elle se tourna de nouveau vers eux, Helen affichait un visage triste et désolé, jetant des coups d’œil fréquent au Raloi. Elle l’avait emmenée ici et regretter semble-t-il de voir le guerrier souffrir ainsi en silence. Après tout il était plus de son monde à elle que de celui de Saskia, et pourtant il était là à se sacrifier pour cette cause.

Saskia se rapprocha de la table, et elle reprit, ignorant totalement les remarques acerbes du Raloi, elle ne pourrait le convaincre du contraire par de simple mots, mais elle espérait quelque part qu’un jour le Raloi verrait que malgré la politique, malgré le pouvoir, elle avait sincèrement essayer de l’aider. Tout comme elle agissait encore et toujours pour le bien concilien. Ythaq lui avait apporté sa solution sur un plateau.

-Bien, l’affaire est entendu. Occupons-nous alors de la suite, parlé moi de Turvess, et de ce que vous avez promis à Dahl et ses alliés.

Ils passèrent donc la demi-heure suivante à discuter, Ythaq’Fi donnait malgré son état une description détaillée de sa planète, répondant aux questions de Saskia avec professionnalisme et rigueur rajoutant même çà et là sa propre vision des lieux, un agent de terrain compétent et intelligent, zone démographique, terrain naturel, gisement non exploité, frontière, sanctuaire majeur et autres, tout y passait. Helen rentrait toute les données dans son omni Tech et petit à petit une carte holographique apparaissait sur la table, s’affinant et se détaillant à chaque minute. Pendant se temps, Saskia tapait elle aussi quelque chose s’arrêtant seulement pour demander un détail au Raloi, puis reprenait. Elle finit cependant par lever la main pour stopper les deux autre membres de la discussion.

-Helen, détoure cette zone, depuis cette vallée jusqu’à la chaine de montagne externe, oui voilà. Cela me semble correct.

Loin des zones de population, le secteur marquer couvrait une importante part des ressources non utilisée tout en se glissant entre deux lieux important avant de s’élargir dans l’arrière-pays, finissant sur les montagnes les plus riches en minerais. Saskia rajouta quelques mots à son texte.

-Voilà la solution que j’envisage sur le long terme pour la survie du Zephyr.

Elle inspira et se mit à lire à voix haute.

- Par ce traité, le Zephyr reconnait en son âme et conscience la demande d’un protectorat économique et militaire au peuple asari. Dès la signature et l’imposition des sceaux effectué, le Zephyr entrera officiellement sous la protection des républiques asaris comme ami et protéger. La gouvernance de la colonie du Zephyr est et restera à la convenance du peuple Zephyron, cependant les républiques se donnent un droit de veto sur toutes lois et directives concernant les sujets suivants :
Condamnation à mort, Esclavagisme et ses alternatives, et entrée en conflits.

Le non-respect de ce droit entrainera l’annulation ferme du protectorat.

Se traiter offre aux Zephyrons la protection et le soutien des Républiques dans les crises actuelles comme à venir. Toute attaque, menace ou pression sur le Zephyr sera considérée ouvertement comme un acte hostile envers un allié des Républiques, et recevra réponse appropriée. Par son droit d’élection en tant qu’espèce membre du conseil, les Républiques asari nommeront le Zephyr à liste des régions classée comme patrimoine culturel des espèces galactique, et les Zephyrons auront donc tout pouvoir quant à la préservation et l’évolution du Zephyr sur le domaine religieux, culturel et environnemental.

En échange du soutien et de la protection des Républiques Asari, le Zephyr devra s’acquitter des points suivants :

° Une zone d’exploitation naturelle sera confiée aux Républiques, couvrant les zones définies par avance, pour un total approximatif de dix pour cent du territoire Zephyron. L’utilisation, l’industrialisation et l’exploitation de cette zone sera à l’entière disponibilité des Républiques. La population de cette zone si elle est réelle, sera déplacée aux frais de l’exploitant. Cette zone n’aura pour loi que les réglementations concillienne obligatoire et celles exigées par les républiques.

° Le Zephyr devra inclure à son enseignement aux plus jeunes, qu’il soit scolaire ou non, un programme d’éveil aux relations galactiques, par la méthode de voyage imposé ou d’intervenant pluriculturel.

° Un pourcentage établi de Zephyron, repésentatif numériquement des tendances du Zephyr devra faire ses classes au sein des écoles Thessienne, une fois par génération Raloi, pour un total de 1% de la jeunesse Zephyron.

° Le Zephyr s’engage à titre diplomatique à ne pas concurrencer le système de commerce spatial de son voisin et ami, Aviana, et ceux pour une période de dix années renouvelable. Ainsi toute voie commerciale nouvellement établie sur Turves aura pour obligation les réglementations douanières Avianes, ainsi que le respect de ses procédures d’approches.

° Le Zephyr s’engage à fournir son propre représentant défenseur de ses intérêt au sein de l’ambassade concillienne, et ce en parallèle du représentant Avian. Le représentant choisit aura pour tâche d’agir au mieux dans les intérêts Zephyron et plus globalement Ralois.

Si l’une de ces closes devaient être entachées par une quelconques actions, les deux parti de ce traité seraient en droit de réclamer la cassation de celui-ci.

Par tranche de dix années, ce traité pourra se voir renégocier, tant sur les quantités que sur l’obligation. A l’instant de sa signature, le protectorat sera validé pour une période fixe d’un siècle, renouvelable en cas d’accord des partit.

Ainsi son définit les termes du protectorat asari.


Saskia finit à l’instant où une asari déposée une bouteille plein à leur table, pleine de gratitude pour une boisson à cet instant, elle servit cependant trois verre avant d’entamer grandement le sien.

-Le protectorat est le pendant asari du système féodal Turien, en plus diplomatique, Il n’a pas été utilisé depuis plus de deux millénaire de ce que j’en sais. Mais rien dans la loi concillienne ou asari n’empêche son utilisation sur un peuple non-asari. Le Zephyr étant encore une nation libre pour le moment, il serait juridiquement dans son bon droit avec cette demande.

Elle fixa Ythaq’Fi.

-C’est beaucoup je le sais, un sacrifice passif de votre liberté, et une perte d’un dixième de vos territoires. Mais le Zephyr survivra, pas juste son nom. Sa culture et ses traditions perdureront. Malgré ma « toute puissance » comme j’aime le faire croire, j’ai des limites d’action, je ne peux protéger le Zephyr seule, mais les Républiques soutiendront toujours leurs alliés. Vous offrir la possibilité d’en faire partie est l’une de mes seules cartes jouables.

Aviana aura la main mise sur toutes les taxes commerciales de la planète, qui seront exponentielle quand l’exploitation de la zone fermée aura commencée. Elle aura un os à ronger et un peuple membre du conseil comme ami de son voisin. Dahl et ses compagnons auront leurs droits d’exploitation, et si la zone est à moitié aussi riche que vous le pensez, Turvess deviendra la planète la plus rentable de la Travée, même sur cette zone limitée. Ils n’auront donc aucune raison de s’allier à Aviana, ce qui nous évitera de nombreux problème.


Une nouvelle gorgée, de nouvelles paroles.

-Le Zephyr aura l’occasion de s’ouvrir à son rythme, et aura un véritable ambassadeur ici sur la citadelle pour défendre ses intérêts. C’est peu mais c’est un début. Et vos frontières seront les nôtres. Notre armée sera à vos côtés, pas pour conquérir, ou piller, mais comme frères d’armes. La nomination au patrimoine vous permettra de refuser toutes installations non Raloi en dehors de la capitale, où il faudra certainement accueillir quelque dignitaires asari fréquemment. Quand cet accord ne vous satisfera plus, alors nous entameront sa cassation.

Les asaris sont prétentieuses et orgueilleuses, mais malgré nos tares nous aimons nos mondes alliés et leurs citoyens. Je souhaiterais avoir votre avis Ythaq’Fi, mais je veux aussi que vous puissiez prendre le temps d’y penser, sans croire que je vous mets le couteau sous la gorge. Ma solution est imparfaite, mais c’est la meilleure que je puis vous proposer. Si vous le souhaitez, rentrer à votre vaisseau, parlez-en avec votre ami, ou méditez sur mon offre. Demain à l’aube cette porte vous sera ouverte et j’écouterais vos paroles.

De mon côté j’effectuerais ce que nous avons établi, nous faire gagner du temps. Et sachez que si demain personne ne se présente à cet endroit, je ne vous traquerais pas, ni ne romprais ma parole.



Elle se resservit, laissant au Raloi la possibilité de partir ou de poursuivre, elle voulait qu’il choisisse la voie qu’il prendrait pendant les mois à venir et cela par sa propre volonté. En attendant elle devait s’occuper des deux gêneurs et de leurs amis. Elle fit signe à un de ses hommes qui s’approcha pour qu’elle murmure à son ouïe. La soldat hocha la tête et partit avec ses instructions mettre en place l’appât, il était temps de voir si un Raloi s’attraper comme les autres volatiles.




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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 26 Juil 2015, 10:52

Étrangement, Saskia n'avait pas réagi aux propos acerbes du Raloi. Peut-être était elle tout simplement une habituée de ce genre de remarques, ce qui confirma aux yeux d'Ythaq sa position et son type de personne. Helen, bien que silencieuse, paraissait compatissante. C'est alors qu'elle retourna auprès du duo, afin d'entamer les choses sérieuses. Ythaq'Fi expliqua tout ce qu'il savait, les zones stratégiques, celles a éviter, les frontières, le relief... La carte projetée par omnitech se modelait, Ythaq se rendait compte a quel point ils jouaient avec la vie d'autrui.
De quel droit me prends-je pour la main de dieu ? Il est trop tard pour reculer, désormais. Viendra le temps d'assumer. Plus tard.

Le temps de l'introspection et de la réflexion était terminée pour Ythaq. Il était temps d'agir. Cependant, Saskia aborda un dernier point. Celui qu'Ythaq ne s'attendait pas trop a voir venir maintenant. Surtout pas à lui, lui qui n'a aucune responsabilité dans les castes Raloises. L'Asari lui présenta ce qu'elle appelait un protectorat. Ythaq'Fi aurait d'abord cru a une mise sous tutelle, mais, a moins qu'elle ne lui mente largement, l'idée de base lui paraissait presque... presque convenable.

Le point intéressant aux yeux d'Ythaq, c'était qu'elle ne voyait pas seulement en ce protectorat une simple protection contre autrui en contrepartie de ressources. Elle y voyait quelque chose de plus social. Évolutif. Qui a un but. Dahl lui avait déjà dit que le Zéphyr serait, d'une façon ou d'une autre, métamorphosée par ce contact prématuré avec les civilisations galactiques. Le guerrier Raloi était d'accord ; peut-être que ce traité permettrait d'exécuter une transition plus douce.

Il réfléchissait ainsi quelques secondes pendant qu'elle en parlait, de la réaction d'Aviana. Selon elle, le traité appliquant le principe d'alliance, jamais Aviana ne se risquerait a attaquer sans appui. Elle aurait même a profiter de ce traité par le simple fait de l'ouverture des ressources de la zone fermée du Zéphyr. Ythaq'Fi ne le croyait pas. Les Avians sont têtus et belliqueux de nature. Ils trouveraient un autre moyen, Ythaq en était sûr. Restait a savoir lequel.

Saskia lui demandait donc son avis. Le Rash'an fut assez perturbé l'espace de deux-trois secondes. Puis il rassembla ses idées, et s'exprima.
« C'est... une solution intéressante. », fit-il finalement. « Je doute pourtant qu'Aviana s'arrête là par simple prétexte du traité. Cela fait des siècles que le Zéphyr et Aviana s'affrontent tant bien que mal. Ils trouveront un autre moyen. »

Ythaq'Fi prit plaisir a se glisser un peu d'alcool dans le gosier, servi plus tôt par Saskia.
« Vous savez aussi bien que moi que ce ne sera pas moi qu'il faudra convaincre, mais les castes du Zéphyr. Je pourrais éventuellement vous y aider, mais je ne peux rien garantir. Aviana pourrait d'ailleurs sauter sur l'occasion afin de vous rallier de son côté. »

« Je reviendrais demain comme convenu, afin de régler mes petites affaires avant de partir à vos côtés. », il termina ce qu'il restait de son verre d'une traite, avant de repartir dans la direction opposée, quittant ainsi le bâtiment.

***



Il ne sut alors combien de temps ils étaient dans ce bâtiment. Une heure ? Deux heures ? Quoi qu'il en fut, il prit la direction du Lightbringer. Il remarqua sur le chemin que les manifestations faisaient toujours rage, bien qu'endiguées par le Service de Sécurité de la Citadelle. On entendait sur Galaxy News que la manifestation de Zakéra avait été la plus violente après le meurtre de Ranem'Tha Ar'ika. Son œuvre. Son choix. Il savait qu'Aviana en avait profité afin de détourner l'attention ou, au contraire, d'attirer l'attention des gens sur Aviana au lieu du Zéphyr. Ythaq'Fi se dit que Saskia avait son idée là-dessus, sachant quand intervenir et comment.

Quand il arriva au vaisseau, Liam était presque endormi sur la petite table du salon qu'ils avaient quitté plus tôt. Son horloge biologique avait du le rattraper, car, malgré les lueurs éternelles de la Citadelle, il faisait nuit. La bouteille précédemment ouverte et bien entamée était désormais vide. Ythaq'Fi s'assit à côté de son camarade, ce qui le réveilla. Il ne bougea cependant pas.
« Oh... Désolé, j't'ai pas laissé de whisky. Tu comprends... »

Il posa une patte sur la plus proche épaule de Liam, le regardant tête penchée.
« Je pars, Liam. »
« On pars où ...? », dit-il, encore dans le coaltar.
« Non, non. Je pars avec les nouvelles forces que j'ai contractées. »
« Contraquoi... ah. Oh. », s'interrompit-il, comprenant soudain ce que voulais exprimer Ythaq. « Comme ça, tu m'abandonnes ? Après ce qu'on a vécu... tu me déçois. Tu-. »
« Shhht. Arrête tes bêtises. Je t'abandonne pas. Au contraire, on va se retrouver. J'ai besoin de toi. C'est très important. Alors écoute moi bien. »

Il espéra que l'alcool ne lui ferait pas tout oublier. Il l'espéra vivement.
« J'ai besoin que tu retrouves Dahl Terminus, il doit être sur Oméga ou pas loin. J'ai des informations qui lui seront extrêmement utile, il faut que tu le retrouves le plus rapidement possible, sans quoi on se retrouvera dans une impasse.

Il faut que tu lui dises que Saskia T'zela, générale Asari des Républiques, va intervenir dans la partie. Pour Zéphyr en proposant un protectorat aux castes.
»

Devant l'incompréhension de son collègue et ami, Ythaq'Fi lui raconta tout ce qu'il s'était passé dans l'hôtel, avec les moindres détails.
« Bordel de dieu... Ythaq, qu'est-ce que t'a branlé. Dahl va vouloir t'étriper. »
« Il comprendra. Dis lui que je le contacterais dès que possible sur Turvess afin de définir un rendez-vous pendant les négociations de Saskia avec les Castes. Je le retrouverais à ce moment-là. »
« Et toi, tu vas faire quoi ? »
« J'ai un compte a régler avec des frères Avians. Ensuite je partirais sur Turvess avec Saskia. »
« Tu leur en mettras une... pour moi. Hein ? »

Ythaq'Fi s'était levé et dirigé vers la porte, il tourna la tête vers Liam avant de sortir.
« C'est promis. »



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MessageSujet: Re: Rouages   Dim 26 Juil 2015, 16:14




Alors que Ythaq passait la porte elle confirma mentalement ses propos. En effet elle ne pensait pas une seconde non plus qu’Aviana serait aussi bonne joueuse qu’elle l’espérait, mais au moins lui laissait-elle une chance. Entre temps elle préparerait ce qui devait l’être afin de la mater le jour venu. Tout commencer par les frères, elle aurait besoin d’eux, ou d’au moins l’un des deux. Heureusement pour elle, ils avaient mal choisis leurs terrains de jeux. Ils étaient enfermés dans une immense volière qu’elle n’aurait qu’à réduire petit à petit, si jamais ils ne se jetaient pas eux même dans la gueule du loup dans les heures à venir. Ses doigts tapotèrent sur son Omnitech, et il ne lui fallut que quelques instant pour retrouver les deux rapport sur les fameux agents avians, le Conseil semblait bien plus au courant que ce qu’il laissait croire, le spectre avait déjà fait sa petite enquête sur eux. Elle envoya un résumé de la discussion sur le canal sécurisé que le conseil lui avait accordé, signalant l’importance de la capture. La Citadelle serait bientôt une prison hermétique pour les deux guerriers. Pendant ce temps elle allait s’occuper de son piège. Si Aviana agissait au moins aussi directement qu’elle l’avait fait jusqu’à présent. Il lui suffirait de tendre la main et d’attendre tranquillement que le duo s’y pose.

Elle se leva prête à rejoindre le lieu du piège. Helen attendait toujours, visiblement indécise. Saskia soupira, la jeune femme n’avait rien à faire dans une histoire si compliquée. Pourtant elle avait encore besoin d’elle.

-Je ne sais pas exactement ce que tu me caches, ni ce que tu lui veux, mais dépêche-toi de lui donner. Ce soir j’aurais besoin de ton talent.

Avec un hochement de tête soulagé, Helen quitta la pièce en courant, à la poursuite d’Ythaq.

************************

La morgue n’était aux premiers abords gardés que par deux soldats du SSC, la localisation du corps de l’ambassadrice avait été gardée plus ou moins secrète, et les manifestations avaient été subtilement écartées de cette zone. Saskia ne doutait pas que les frères avaient fini par trouver l’adresse. Restait à voir si comme elle l’espérait, Aviana aurait l’audace de récupérer en urgence le corps pour éviter qu’on s’en serve contre eux. Saskia avait positionné les forces à l’intérieur et dans le quartier, patientant simplement, elle avait déjà programmé son discours, et voulait simplement savoir si elle pourrait faire plus de dégâts qu’elle n’allait en faire. Avoir ou non les frères en sa possession changerait radicalement ses paroles.

Le Conseil avait confirmé que des mesures étaient prises pour refermer l’étau, et Saskia espérait sincèrement qu’il n’avait pas envoyé de spectre à leur trousses, au moins l’un des deux l’intéressait vivant. Elle était assise tranquillement sur les marches de la morgue, découpant entre ses mains une pomme humaine qu’elle coupait en fin quartier. Elle offrait une occasion à Aviana en s’affichant ainsi. Quelqu’un savait, et quelqu’un voulait discuter. Elle avait bien entendu veillé à sa sécurité, juste au cas où, Aviana avait tendance à faire dans l’excès. Alors qu’elle patientait, elle se demanda si Ythaq’Fi ne risquait pas de mettre à mal ses tentatives de paix, il avait abattu l’ambassadrice, et ses sentiments pour les frères devaient être bien moins amicaux. Elle craignait sa vendetta personnelle, même si elle prévoyait déjà un moyen de l’exploiter, elle préférerait qu’il se tienne tranquille jusqu’au lendemain. Mais elle avait vu ses yeux, les yeux d’un guerrier et non d’un soldat.

Pendant ce temps Helen patientait devant le vaisseau de ses compagnons du jours, un peu mal à l’aise. Cependant Ythaq’Fi finit par sortir à nouveau. Elle n’avait pas osé se faire remarquer, et se sentait encore plus petite face aux yeux immenses du Raloi. Elle finit par lui tendre le petit disque de données contenant les mémoires de Ranem.

-Je ne sais pas ce que j’aurais dû en faire, mais je crois qu’elle aurait voulu que tu les lises.


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MessageSujet: Re: Rouages   Jeu 30 Juil 2015, 16:08

Quai du Lightbringer

Ythaq sortait d'une démarche assez ralentie du Lightbringer, comme s'il exprimait une sorte de regret a abandonner Liam à son propre sort. C'était devenu quelqu'un de proche pour lui, et, après ce qu'ils avaient traversé, il était presque désolé de le quitter de la sorte. Alors qu'il avait ses pensées ailleurs, ce fut la silhouette de la jeune Helen qui l'interrompit dans le fil de ses idées. Il s'immobilisa alors, tournant la tête vers la proche pirate, qui lui tendait un simple datapad. Ythaq'Fi reconnut de suite qu'il s'agissait là du disque de données récupéré chez Ranem'Tha. Il la contempla de ses grands yeux saphir, une patte ayant déjà activé son omnitech plus tôt. L'autre patte posa ses griffes sur le datapad alors qu'elle disait :

« Je ne sais pas ce que j’aurais dû en faire, mais je crois qu’elle aurait voulu que tu les lises. »

Il eût une brève seconde d'hésitation, avant de finalement saisir plus fermement le datapad, que laissa échapper Helen. Ythaq'Fi ne savait pas s'il voulait vraiment découvrir ce qui était là dedans. Helen la savait proche de lui, et elle avait probablement voulu faire un geste afin de cesser au long terme les remords d'Ythaq. Le Raloi pensait plutôt que cela ferait revivre des souvenirs et des sentiments qu'il aurait préféré disparus. Néanmoins, tôt ou tard, le guerrier devrait faire face à son acte. Cela commençait déjà par le repentir. Il lirait le datapad. Un jour. Plus tard.

« Je te remercie. Je ne sais pourquoi, mais j'ai l'impression que nous nous reverrons très bientôt, alors, je te dis à plus tard. », termina-t-il, reprenant sa marche en gardant le datapad dans sa main.

Alors qu'il s'éloignait d'Helen et du Lightbringer, il avait allumé son omnitech et débutait le transfert de données. Il ne voulait s'encombrer du disque.
« Tu devrais aller le voir, il a peut-être besoin de toi. », lâcha-t-il finalement, toujours s'éloignant d'Helen.

***



Présidium, proche des Ambassades.

L'heure était bien avancée, et les manifestations avaient petit à petit perdu en ampleur, rapidement dissolues par un rapide raid d'agents du SSC. Des stigmates des mouvements laissées çà et là rappelaient qu'il y avait eu ici des affrontements, et beaucoup de carnage. Quelque chose de très peu propre pour un lieu aussi luxueux et travaillé que le Présidium. Des gardes de la paix et quelques officiers traînaient çà et là, recueillant des indices sur ces manifestations ayant un caractère plutôt louche. Aux informations, cela parlait déjà d'une attaque directe envers les Ralois. Le Thul'baal, profitant de cette occasion pour se faire voir aux yeux de la galaxie, avait alors envoyé un message disant que cette attaque ne resterait pas impunie et qu'une enquête était en cours. Un ambassadeur avait d'ailleurs déjà été sélectionné afin de remplacer la défunte Ar'ika.

Ythaq était dans un bâtiment commerçant, faisant justement face aux ambassades. Il était sur une sorte de passerelle qui surplombait un faux fleuve en contrebas, donnant un air paisible à la scène. C'était sans compter les évènements passés et les marques qu'ils avaient imprimés sur la grande place qui donnait accès au bâtiment principal. Il réfléchissait, attendait un signe. C'était tout l'intérêt d'Aviana de récupérer le corps, officiellement ou officieusement. Étant donné le message du chef de la nation Aviane, il était désormais certain que le corps de Ranem'Tha serait ravi au SSC. Saskia était probablement déjà sur le coup. Cependant, elle ne savait peut-être pas a qui elle avait a faire. Les frères Youan ne sont pas des anges et encore moins inexpérimentés. De temps en temps, il allumait son omnitech, comme s'il voulait lire le contenu du disque que lui avait donné Helen. Cela l'avait tenté plus d'une fois depuis lors.

S'il attendait trop, il louperait le coche. Mais il devait être sûr des agissements des frères Youan. S'il se trompait, Saskia ne pourrait probablement pas récupérer le corps afin d'organiser le cortège funéraire qui débuterait leur coopération avec Zéphyr. Ythaq'Fi ne comprenait pas ce qu'attendait Aviana pour attaquer sa rivale, c'était le moment ou jamais.

Décidément, il ne comprenait rien a la stratégie.

Puis il se rapprocha davantage. Observer, se renseigner, établir des conclusions, agir. Tel était le plan. C'est à ce moment-là qu'il remarqua qu'une étrange navette était alors posée sur un des petits docks réservés aux ambassadeurs...

***



Docks des Ambassades, dix minutes plus tôt.

« Gyp. J'avais dit rapidement. », s'était impatienté Ultir Youan.
« Tu parles. Tu m'as envoyé a l'autre bout de la Citadelle pour traiter avec un volus louche pour cette foutue navette. Dans les Secteurs. Du coup, comme par hasard, on s'est fait attaquer et-. », répliqua Gyp.
« Je m'en fiche. On a du pain sur la planche. », coupa Ultir, bras croisés. « Pendant que tu faisais je-ne-sais-quoi, raclure de Lyre, j'ai réussi a me faire accepter aux ambassades en me faisant passer pour l'intendant de l'ambassadrice Raloise, en attendant le nouveau. Il faut qu'on récupère le corps, et on file direct pour Aviana sans délai. Tu seras ici mon assistant. »

Gyp se tut, visiblement froissé. Il venait de sortir de la navette, alors content d'avoir une fois encore obéi aux ordres d'Ultir. Si Gyp se laissait faire ainsi, c'était parce qu'il était le plus jeune et son frère, naturellement plus sage et avisé. Gyp était quelqu'un de puissant et de compétent, mais il fallait contrôler son tempérament, et il n'y avait personne de plus qualifiée pour cette tâche que son frère de couvée. Gyp s'était toujours demandé comment Aviana avait fait en sorte de le rallier a leur côté, lui d'ordinaire fidèle à ses principes et à ses vœux - d'autant que les vœux de Rash'an n'étaient pas anodins.

Ils se déplacèrent le long des petits docks luxueux, se rapprochant de l'entrée qui les feraient pénétrer dans le bâtiment principal et aux différentes annexes.
« Calme-toi et tout se passera bien. Il faut juste que l'on agisse rapidement. Si on ne récupère pas ce corps, tout les plans d'Aviana pourraient prendre un autre bord. »



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MessageSujet: Re: Rouages   Sam 01 Aoû 2015, 20:20




La jeune asari se laissa tomber silencieusement quelques mètres derrières le Raloï, elle ne doutait cependant pas d’avoir était détectée. Saskia l’avait prévenu que Ythaq’Fi était un guerrier d’expérience, et le léger gonflement de ses plumes sur sa nuque lui indiqua qu’il avait inspiré plus profondément à l’instant où ses pieds avaient touchés le sol. Elle se décala donc d’un petit mètre, brisant son angle d’attaque afin d’ôter tout doute au volatile, elle était une alliée. Elle s’avança donc jusqu’au muret dissimulant le raloi et pris place à côté de lui. Sans un réel salut elle commença à parler, la situation était pressée.

-Ils sont arrivés il y a un petit quart d’heure, apparemment l’information sur le déplacement du corps n’a pas encore fuité jusqu’à eux. Ou alors ils cherchent autre choses. J’ai contacté la général, elle n’a pas décidée de modifier ses plans, donc il n’y a pour le moment pas de réelle force de soutien à l’ambassade, et le SSC n’est pas suffisamment au courant de la situation pour arrêter le nouvel intendant. Alors la question c’est comptez-vous agir ou on se replie ?

Malgré la gravité du moment, son ton était léger, elle s’était assise dos contre le mur et jouait avec un bout de ficelle qu’elle tourniquotait entre ses doigts. Le danger ne l’avait jamais vraiment atteinte, le risque de mourir n’était pas beaucoup plus inquiétant que celui de s’ennuyer pour son esprit tordu. Saskia lui avait dit de suivre le Raloï comme son ombre du moment où elle tomberait dessus, ça avait été plutôt facile puisque sa surveillance des ambassades lui avait permis de tomber dessus sans même le chercher. Elle était donc à ses ordres pour un temps, et elle espérait quelque part que le fameux Ythaq’Fi veuille régler cette histoire d’une manière plus définitive, cependant elle avait des consignes. Elle leva son visage vers le guerrier qui la regardait étrangement et lui sourit.

-Celui qui mène, il nous le faut vivant, au moins un temps.

Dans sa manche le contact de sa lame lui donnait envie de trancher quelque chose.

********************

Elle ne savait pas réellement pourquoi elle laissait la situation évoluer ainsi, un respect martial pour le Raloï peut être ? Elle avait simplement à prévenir le SSC de l’imposture qui se déroulait aux ambassades et les frères seraient dans ses griffes sans efforts. Quand Lilith l’avait contacter au sujet de deux Raloï rentrant aux ambassades, puis de la présence d’Ythaq’Fi, elle avait immédiatement vérifier et trouver une falsification un peu grossière concernant l’arrivée d’un intendant sortit de nulle part. Le SSC avait laissé faire, soulager qu’une autorité se présente pour cet incident, ils seraient surement déçu quand les derniers agents sur places les informeraient que le corps avait déjà été enlevé.

Ils fonceraient tout droit ici, ou ils fuiraient, et les forces du conseil aux docks leur mettraient la main dessus. Un plan huilé qui demandait simplement de la patience et de l’attention, pourtant en laissant Ythaq’Fi et Lilith vadrouiller elle prenait des risques, un règlement violent semblait être la seule conclusion logique vu le peu qu’elle savait sur Ythaq, elle espérait se tromper, mais n’y croyait pas. Stupide compréhension militaire, elle s’en voulait parfois de faire montre de tant de patience vis-à-vis des guerriers. Ils ne savaient pas comment mener ce genre de combat, et pourtant s’y lançaient toujours.

Saskia soupira, elle devait finir de mettre au point son discours, l’heure tournait, et elle devait à présent prévoir un contre coup d’un esclandre de plus aux ambassades. Elle avait une petite idée de commente le mettre à profit au besoin.

-Ne me déçoit pas Lilith…


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MessageSujet: Re: Rouages   Mar 04 Aoû 2015, 20:04

A l'extérieur des Ambassades

Vis à vis des compétences et de son statut de Thémessiane, Ythaq'Fi était presque certain qu'elle allait le faire suivre, étant donné l'atout qu'elle voyait probablement en lui. Elle lui avait donné un créneau de 24 heures pendant lesquelles elle n'allait certainement pas chômer, elle avait d'autres chats a fouetter, et notamment récupérer le corps de l'ex ambassadrice. Quand le guerrier sentit la présence Asari dans son dos malgré l'usage de ses talents, Ythaq'Fi soupira longuement. Il ne pouvait désormais plus rien faire seul, en ces temps troubles. Ici un œil l'épiant, là un espion observateur, là encore quelqu'un pour l'accompagner alors que ce n'aurait probablement pas été nécessaire. Peu importe, il se résolu a accepter la présence de l'Asari, contre laquelle il n'aurait apparemment aucun moyen de s'en défaire.

Elle vint se positionner a côté de lui, alors accoudé à la rambarde, regardant dans la même direction, et entama un monologue concernant les frères Youan, qu'elle avait déjà repéré, et aussi, le subterfuge déjà mis en place afin de subtiliser le corps avant même qu'ils n'arrivent.
Elle était décidément pleine de ressources, cette Saskia. Elle lui posa alors une question, agir ou se replier étant donné l'inutilité de la présence des frères Youan. Cependant, a cause de ces nouvelles informations, des questions émergèrent de son esprit. Dans l'éventualité où ils savaient que le corps n'était pas là, que cherchaient-ils ? Qui était cette Asari ? Où Saskia a-t-elle emmené le corps ?

Il fut alors tenté de les laisser retourner toutes les ambassades pour se moquer d'eux, sachant le corps absent, ou bien les traquer et les tuer après les avoir torturés comme il se doit. Surtout le plus jeune frère, Gyp. Le grand frère Ultir est plus raisonnable. La nouvelle arrivée a d'ailleurs exprimé une requête intéressante concernant ce dernier : il était être maintenu en vie. Une nouvelle question grimpa, évidente : pourquoi diable ?

Ythaq'Fi ne bougea pas d'une plume, se contentant se tourner la tête lorsqu'elle lui parla, puis, reposa son regard d'aigle sur les ambassades. D'ici, on ne voyait pas ce qu'il se passait sur les docks, mais il avait visuel sur la majorité du bâtiment principal ainsi que de ses nombreux balcons. Des passants allaient et venaient dans la rue, rentraient et sortaient du bâtiment. Ythaq'Fi jeta un dernier coup d’œil à sa nouvelle partenaire, semblant contenir une excitation presque morbide.

« J'ai bien prévu de leur trancher leur petit cou. », dit-il, calmement. « Mais il n'est pas question de laisser en vie qui que ce soit. Soit ils sont venu retrouver le corps, soit ils font le ménage pour le nouvel ambassadeur, qui ne tardera pas à venir, connaissant mes ennemis. »

Il tourna la tête vers l'Asari, qui n'avait elle aussi pas bougée d'un pouce.
« Pourquoi voulez-vous Ultir en vie ? Parce que c'est le plus raisonnable des deux donc avec le plus d'informations, alors qu'ils l'ont recruté en dernier après l'avoir retourné ? Et, enfin, où notre amie commune a-t-elle emmené le corps ? », demanda-t-il, une pointe d'agacement dans la voix.

***



Ambassades

« Oui, je suis Ultir Youan du nouveau cabinet du nouvel ambassadeur Raloi, et, accessoirement, nouveau responsable de sa sécurité. », se présenta Ultir.
« Très bien, monsieur, c'est noté. Les bureaux sont par ici. Parcontre, j'ai mal compris votre demande sur le récépissé. Vous voulez avoir le corps de la défunte ? », demanda en retour l'officier du SSC, un Turien au regard sévère, comme la majorité des Turiens.

Pendant ce temps, Gyp déambulait a droite a gauche, restant dans le secteur., cherchant un moindre indice de ce qu'ils cherchaient. Il cherchait son chemin vers le bureau de l'ambassade Raloise.
« Très bien, je le conçois. », répondit le Turien après acquiescement d'Ultir. « Je ne sais pas à vrai dire où il est. Probablement encore dans le local, dans un sac mortuaire en attendant une expertise approfondie. »
Le regard d'Ultir sembla soudainement lancer des éclairs. « L'autopsie est absolument hors-de-propos. », lança-t-il en accentuant précisément sur les trois derniers mots. « Nous le voulons maintenant pour rapatriement sur notre planète. »

Cela faisait déjà près d'une quinzaine de minutes qu'ils étaient dans le bâtiment. Trop de temps perdu, et toujours pas de corps. C'était mauvaise signe. Il congédia l'officier après que celui-ci, moins loquace, décida de donner crédit à son interlocuteur afin qu'il cesse de l'importuner avec le fameux corps de la défunte. L'officier était ici en poste comme chaque jour que les esprits faisaient. Des inspecteurs spécialisés feraient leur boulot en temps et en heure. Ultir pressa la cadence, quand Gyp l'interpella.
« J'ai posé des questions, et apparemment ça fait déjà un moment que le corps n'est plus là. », affirma-t-il.
Il n'eût pour réponse d'un grommellement négatif, cachant certainement un juron.
« Sûrement ces chiens du SSC. », dit-il, alors qu'il se dirigeait vers l'ambassade Raloise, toujours scellée par une pauvre banderole holographique défilante : "SSC - DO NOT CROSS". Sans gêne, Ultir et Gyp passèrent la banderole qui, de son état non palpable, ne bougea pas d'un cil ni de fit de bruit.

« Je vais vérifier son ordinateur, occupe toi du salon. Et aussi, pendant que tu y es, envoie un message a Aviana sur le fait que c'est probablement le SSC qui a le corps. On va avoir du mal a le récupérer. »
Ils se séparèrent, Ultir se plaça sur la chaise faisant face au grand bureau ovale. De nombreux objets comportaient des étiquettes holographiques avec un numéro dessus, servant de repère de pièces à conviction. Tout avait apparemment été soigneusement inspecté afin de récupérer n'importe quelle preuve. Gyp avançait presque sur la pointe des griffes s'il l'avait pu, s'occupant seulement de rechercher dans les coins les plus improbables quelconque présence d'objet intéressant à leurs yeux. Puis, pendant avoir fait le tour, il envoya le message précédemment ordonné.
« C'est fait. »
« Rien sur le terminal. Soit le SSC a tout saisi, soit Hyasin a tout supprimé avant de partir. On a même pas les enregistrement d'holovid. »
« On a qu'a en laisser. Pour le faire accuser. »
« C'est une excellente idée, ça, Gyp. », dit-il, esquissant ce qu'on pouvait interpréter comme un sourire. « On va faire ça. Allez, ne perdons pas de temps. »



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MessageSujet: Re: Rouages   Jeu 06 Aoû 2015, 20:22




Lilith soupira en entendant Ythaq’Fi lui répondre avec tant de vengeance dans la voie, il prenait tout cela comme une attaque personnelle, mais il n’était au final qu’un grain de sable dans les rouages, embêtant certes, mais un grain de sable tout de même.

-Et si vous évitez de tuer encore sous le coup de la colère, et d’approfondir la merde dans laquelle vous êtes ?

Et que ferez-vous une fois qu’on vous accusera d’avoir tué de sang-froid l’ambassadrice Raloï, car ce qui est sûr c’est que même si ils vont mal vivre la disparition du corps, ils vont au moins essayer d’en profiter. Quoi de mieux que de laisser une bonne grosse piste menant à un membre du Zephyr, un attentat provoquer par un groupe armé aussi conservateur que le pays d’où ils viennent. Ythaq’Fi assassin et terroriste en mission pour le Zephyr. Ça c’est de la pub.


Lilith ricana.

-Et quand on vous aura attrapé, et que vous vous défendrez en disant que tout ça c’est un complot, et que pour le prouver vous avez laissez les trois ralois au courant de la situation sur la citadelle dans une mare de sang, je suis certaine que ça sera bien crédible. Allons Ythaq, vous êtes intelligent de ce qu’on m’a dit, alors prouvez le.

Retournons ce plan contre eux. On y va, on voit ce qu’ils ont foutu, on le corrige autant qu’on peut, et on fait accuser l’un des deux. Soit on tue le coupable, soit on le laisse courir pour que le SSC le chope et que la paperasse dure encore un peu. Ça en fait toujours un à questionner en vie. C’est pas si idiot non ?


Lilith ne se voyait pas comme une stratège, mais elle pensait savoir comment agissaient les salopards, en faisant elle-même parti. Ythaq’Fi était trop honorable à son gout pour cette affaire, mais un guerrier avait en général l’intelligence de choisir l’attaque appropriée à l’ennemi.

-Pour répondre à vos questions avec les infos que j’ai, le corps a été déplacé dans une morgue privée, une toile d’araignée spéciale Raloi est en place là-bas, et l’info devrait arriver un moment ou un autre à nos deux amis. S’ils y vont, c’est fini, pour nous en tout cas. Pour le reste je dirais que notre fameuse générale a dans l’idée de se servir d’un fidèle d’Aviana d’ici à son départ pour Turvess, pourquoi exactement, je n’ai pas demander, je m’en fiche un peu je dois l’avouer.

Lilith regarda les ambassades, un certain chaos régnait, normal après la mort de l’un d’entre eux. Il serait assez simple de s’y déplacer, et au pire des cas, elle avait un ordre d’autorisation du conseil pour agir sur la zone de crime. Saskia travaillait donc main dans la main avec le Conseil, et vu la vitesse avec laquelle elle l’avait eu, ce n’était pas une discussion récente. Quand la générale de la bordure était au service de la plus puissante des instances galactiques, les étincelles n’étaient pas loin.

-Alors Ythaq, comment agis-t-on ? Je vous suivrais même si vous décidez de simplement les buter en espérant que tout ira tout seul. Je m’en fiche un peu, mais je crois qu’on a plus à y gagner en la jouant plus finement.

Elle lui donnait du Ythaq, zappant le Fi sans hésitation, une marque de respect se méritait selon elle, et pour l’instant le Raloi n’avait pas gagné le sien même si elle le trouvait très classe. Son premier Raloi vu de près.


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MessageSujet: Re: Rouages   Mer 12 Aoû 2015, 17:29

ROUAGES

Citadelle ▬ Salle privée du Conseil

Ce 29 Juin semblait pourtant bien commencer. La matinée avait été routinière au possible : exercices matinaux à la salle de sport du Présidium, petite déjeuner au Café d'Ormandius, rendez-vous avec l'ambassade galarienne puis passage dans les bureaux du SSC pour régler quelques affaires. Et enfin, déjeuner tous frais payés avec un représentant d'Elanus Risk Control au Centre Iarshin. En sommes, rien d'inquiétant à l'horizon. Mais à peine sorti de là, le paysage s'était assombri : un crime avait atteint les ambassades. Ce n'était pas une première pour le SSC mais il était rare de constater un homicide dans la partie la plus tranquille de la Citadelle. Et qu'il s'agisse de l'ambassadrice des Ralois ou non, cela était plus que matière à scandale - surtout lorsqu'on savait que les derniers incidents répertoriés concernaient les manifestations en faveur de l'acceptation des Ralois au sein de l'espace concilien ; en dépit du fait qu'avoir une ambassade, même à caractère purement représentatif, était la preuve de la main tendue. Quoiqu'il en soit, cet évènement n'allait pas faire que du bien à la réputation des services de sécurité et dans cette optique, Thal Erani avait été mis au courant assez rapidement. Il avait acquis le poste de Superviseur depuis plusieurs années et avec ses antécédents au GSI, on le connaissais comme fiable, discret et efficace. Naturellement, il avait cru bon de croire qu'on lui confierait cette affaire délicate... Mais il n'en était rien. On lui avait préféré un humain, qui avait à peine un an de bouteille. La jalousie n'était pas dans le caractère du galarien. En revanche, il n'aimait pas savoir un bleu aux commandes d'un bourbier pareil ! Les risques d'échec ou de maladresse étaient trop élevés, peu importe ce qu'on disait sur ce Lleyton Benam : petit protégé de Moryn ou non, il n'en restait pas moins un homme robuste et aux manières assez peu conventionnelles. Alors en apprenant cette nomination express, il fallait comprendre que l'expérimenté avait pesté. L'idée d'en toucher un mot au Conseil lui avait bien sûr traversé l'esprit... Mais qui était-il pour remettre en cause le jugement du Conseil ? Personne.

Néanmoins, le hasard faisait bien les choses, il avait appris dans la foulée qu'il était convoqué par cette même autorité, qu'il adulait et respectait tant. S'il était excité comme une puce, une question le transcendait : que lui valait cet honneur ? Il avait, bien entendu, rencontré le Conseil - ou à défaut, un conseiller - à plusieurs reprises, sans pour autant devenir un maillon indispensable de la chaine. Se pourrait-il donc qu'une autre affaire plus urgente et plus épineuse encore requiert ses services ? Ou bien cela avait-il un rapport direct avec ce meurtre survenu plus tôt ? La spéculation était à son comble et il allait sans dire qu'il fallait qu'il en sache plus. Jonchant les murs et ponts avec vélocité et délicatesse, Thal avait atteint la Tour et son ascenseur si caractéristique. Le voyage fut d'une courte durée étant donné la proximité des nombreuses salles de réunion. Lui avait été convoqué dans une salle privée qu'il n'avait jamais atteinte auparavant. Comme n'importe quel galarien digne de ce nom, il s'était repéré avec une simplicité étincelante et n'avait plus qu'à attendre son heure calmement.

Une multitude d'idées parcouraient sa vive cervelle : qui allait-il voir ? Est-ce qu'ils allaient tous être là ? Et aurait-il encore la chance de les voir en chair et en os, de si près ? Après, c'était univoque, il trépignait à chaque fois qu'un tel retournement se présentait à lui. Et là, de manière plus que ponctuelle, la fine porte qui le séparait de son destin s'ouvrit devant lui. Il était désormais temps qu'il garde son sérieux et ne manque, en aucun cas, de professionnalisme.

La salle était cosy, assez étroite pour contenir du peuple. Au premier coup d'œil, on avait constaté la présence d'un terminal dans le fond ainsi que quatre sièges douillets où les dirigeants pourraient, sans doute, s'installer s'ils le souhaitaient. Il n'y avait pas grand chose en plus, si ce n'est un écran sur la Citadelle qui offrait une vue raisonnablement intéressante. Et bien entendu, les hôtes tant admirés... Qui n'étaient en réalité que deux : Hackett, le conseiller humain et Tevos, la conseillère asari. Thal était un peu déçu, il ne le cachait pas. Mais il ferait avec.

« Agent Erani ! Bienvenue à vous. Nous sommes reconnaissants de votre venue. »

Le galarien acquiesça et salua ses supérieurs, exprimant que c'était lui qui devait faire preuve de gratitude.

« Bien, entrons dans le vif du sujet : comme vous avez dû l'apprendre, il y a eu un incident plus que regrettable à l'ambassade raloise. Mais ce n'est que la surface d'un problème plus inquiétant encore... D'après nos informations, une guerre se profile sur Turvess. »

Les yeux du Superviseur s'écarquillèrent. Il n'y avait que très peu de documentation sur Turvess. Mais de ce qu'il en avait lu, les ralois formaient une espèce paisible et retranchée. D'un autre côté, il ne fallait pas être dupe. Personne ne connaissait réellement ce qu'il se passait là-bas et il suffisait de prendre l'histoire de n'importe quel peuple concilien pour se rendre compte qu'un point de rupture est toujours de mise.

« Nous ignorons à quel point la situation peut s'envenimer mais Turvess elle reste une planète d'intérêt qui provoque la curiosité de nombreux gouvernements et de nombreuses sociétés. Alors si ces informations sont véridiques, nous devons nous assurer à quel point cela peut être nocif. Pour eux comme pour nous. »

Oui, Thal voyait où ils voulaient en venir : il fallait quelqu'un pour prendre la température du pays, constater si le volcan est déjà en éruption ou non.

« Et le Premier Superviseur étant dans l'incapacité de pouvoir assumer une mission à l'heure actuelle, nous avons décidé de nous tourner vers vous. En tant qu'ancien du GSI, vous savez récolter des renseignements et analyser une situation plus vite que la moyenne et en définitive, vous avez le profil parfait. »

S'il avait les capacités de rougir, l'intéressé le ferait probablement.

« Et il va sans dire que vous vous rendrez là-bas en qualité d'enquêteur et non d'espion - auquel cas nous aurions envoyé un Spectre. Nous souhaitons juste prendre la température... »

Hackett se tourna alors vers sa collègue, laissant la fin de sa phrase aux fins fonds des abîmes.

« Vous partirez demain, à la première heure. Vous devriez avoir une copie du rapport préliminaire de l'agent chargé de l'assassinat de l'ambassadrice Ar'ika mais il est plus prudent d'attendre quelques heures, des fois qu'il nous offre plus de clés pour comprendre cette affaire. »

Le galarien s'inclina. Il ronchonnait intérieurement, croyant dur comme fer que le travail serait plus vite fait si on lui avait tout confié dès le début. Mais il ferait ce qu'on lui dirait ; ni plus, ni moins. « Conseillers, sachez que je ne vous décevrais pas. J'accomplirais la tâche que vous m'avez confié avec efficience et dignité. »





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MessageSujet: Re: Rouages   Jeu 13 Aoû 2015, 01:46

ROUAGES

Citadelle ▬ Ambassade raloise
QUELQUES HEURES AUPARAVANT

Dans les rouages complexes du SSC, les Superviseurs avaient un poste plus que particulier. Présents dans la première réforme d'après-guerre, ils n'ont eu qu'une vague importance qu'à partir de 2191. Et avec l'ampleur du poste, ils ont commencé à s'infiltrer dans toutes les branches. Ainsi, il est assez aisé d'imaginer que ces derniers sont des sortes de sous-Spectres, appelés à aller là où il n'est pas nécessaire d'utiliser une ressource aussi précieuse que cette élite légendaire et dans l'imaginaire collectif, c'était ce qui décrivait ces Superviseurs. Mais en réalité, chacun avait son domaine de prédilection et garantissait une expertise dans ce dernier, de manière à pouvoir redoubler d'efficacité en fonction de ce dernier. Il y avait donc des diplomates, des scientifiques, des ingénieurs, des agents de terrain, des commandos, des biotiques, des médecins et des enquêteurs. A quelques rares exceptions près, tous se rangeaient dans ces délimitations et tous avaient, la plupart du temps, un passif de militaire, de flic ou d'agent d'une organisation diverse - gouvernementale ou non. Bien entendu, plus il y a polyvalence, mieux c'est. Mais il fallait tout de même savoir se distinguer là où il faut. Et jusqu'à preuve du contraire, on avait rangé Lleyton dans la dernière catégorie : les enquêteurs. C'était pour cette raison qu'il se retrouvait avec des dossiers de crimes ou de fugitifs et qu'à l'instar de ses subordonnés, il passait le plus clair de son temps sur la Citadelle. Une nouvelle fois, le cliché voulait que ses collègues et lui soient tous ce qu'on pourrait définir par galaxy-trotter... Et pour cause, les Superviseurs n'avaient originellement que très peu d'autorité sur la station. Ce n'est que ces dernières années où ils savaient se rendre utile autre part qu'en restant coincé dans le bureau, à rédiger un rapport ou attendre qu'une affaire se présente. Ils n'intervenaient donc qu'en cadre de consultant ou lorsque le dossier était trop lourd pour un détective lambda.

Le meurtre d'ambassadrice en faisait légitimement partie. C'était là un crime inacceptable, délivrant une mauvaise publicité à la sécurité comme au Conseil, soit disant incapable de protéger ses concitoyens et ses propres politiciens. En soit c'était vrai, mais si un malade s'amusait à exécuter les diplomates sans qu'on sache pourquoi, ce n'était pas entièrement de la faute du SSC. Ce n'est pas comme s'il avait échappé à la vigilance de gardes ou qu'il y avait eu une prise d'otage. Non, là-dessus, la police locale n'avait pas merdé. Un homicide, c'est avant tout du fait du coupable et ce qui faisait réellement mal à la réputation des enquêteurs, c'était leur incapacité à attraper ce fameux coupable. Et si Lleyton se trouvait accroupi devant le corps inerte de sa victime, c'était justement pour ça : résoudre le crime. On ne pouvait pas non plus dire qu'il excellait pour ça ; il avait sans doute été choisi sur le tas, parce qu'il était présent et disponible. Et après tout, les Superviseurs devaient quand même avoir un minimum de talent d'investigation. Dans le fond, notre homme était juste en bas de l'échelle, dans le cercle basique.

Il se retrouvait quand même dans ce merdier. Le Présidium était l'un des endroits les plus protégés de l'espace et il n'y avait aucun indice : pas d'arme, pas de revendication, pas d'agenda, pas de vidéos de surveillance... Rien qui pouvait indiquer qui était présent au moment de ce malheureux incident. Il allait de soi que tout ce qui était filmé était envoyé au centre de contrôle et sauvegardé quelque part. Toutefois, le temps d'obtenir l'autorisation et d'aller le repêcher, le criminel aurait le temps de fuir sur Pragia pour se la couler douce avec son banquier. Tout ce qu'il y avait de disponible, c'était un cadavre au crane encore fumant, des bouts de cervelle répandus sur le sol. Des éclaboussures avaient peut-être atteint le poignet du tueur... Et encore, ce n'était qu'une hypothèse. Il ne restait que les témoins pour égayer sa journée mais là, pareil : nada. Le peu qui avait accepté de parler sans trop savoir quel est le sujet de base affirme que des ralois sont entrés et sortis du bâtiment. Ce qui est un peu le but de l'édifice donc retour à la case départ. Se caressant le visage et sa barbe mal rasée, l'ex-Lieutenant ne savait pas trop quoi penser de tout ça. « Vous en pensez quoi ? » souffla un des agents, par dessus son épaule. On tourna la tête pour voir un turien assez robuste, à première vue. « Ca m'a tout l'air d'être une exécution. » Pure et simple. « Et peu importe qui a fait ça, il a su effacer les traces de son passage. » « Un tueur à gages, peut-être ? » L'homme ricana. Ce n'était pas une mauvaise théorie, bien qu'elle était fortuite. « C'est possible mais ça ne ressemble pas tout à fait au travail d'un professionnel. Déjà, un meurtre en plein jour, ce n'est pas ce qu'il y a de plus discret. N'importe qui peut apercevoir le tueur. Et d'autant plus, ça a été fait sous une impulsion. Rien n'était prévu et tout a été laissé tel quel après le meurtre. Un habitué aurait au moins pris la peine de nettoyer la scène de crime mais là... C'est la foire aux indices. » Ce qui était bon signe, dans un sens. « Sauf que même avec nos technologies, cela mettra un certain temps avant d'avoir quelque chose de concret. » Moralité : ils n'étaient pas sortis de l'auberge.

Sur cette conclusion abrupte, Lleyton se redressa et secoua la tête pour effacer l'image de cette pauvre raloise qui en aura eu pour son bec. « Bon, je n'ai rien d'autre à voir ici. Vu que la scientifique fait le job et que le coroner doit être en route donc je vais fournir mon rapport préliminaire. » Les spécialistes étaient tous occupés sans faire trop attention à qui tournait autour d'eux. « En attendant, bouclez-moi tout. Que personne n'entre ici sans ma permission. » Le turien se mit au garde à vous. « Sans problème, Superviseur ! » clama t-il. « Euh. Par contre, le coroner nous a prévenu qu'ils ne pouvaient débarquer tant que les manifestations se maintiennent. » Tiens. C'est vrai qu'il y avait ça aussi. L'agent haussa les épaules. De toute évidence, la cause de la mort ne serait une surprise pour personne et le corps n'était pas à quelques heures près. Sans vergogne, il quitta la pièce, en route pour les bureaux.


Citadelle ▬ Ambassade raloise
MAINTENANT

Cette histoire chiffonnait Lleyton au plus haut point. Il avait écrit le peu qu'il savait ; à savoir qu'il ne s'agissait sûrement pas d'une crime accidentel et donc que c'était un homicide voulu mais pas forcément prémédité. Il en ignorait juste la cause. Il n'était pas au fait de la situation politique ou diplomatique des Ralois ; il savait juste, comme tout le monde, que leur place aux côtés du Conseil était discuté et qu'il y avait des partisans et des détracteurs virulents. Quant à Turvess, la documentation comme la médiatisation était assez restreinte mais rien ne pointait une situation alarmante. En outre, l'enquêteur avait établi une liste de théorie tout à fait probables. Parmi elles, l'œuvre d'un dissident anti-raloi ou d'un concurrent jaloux. Il y avait aussi le meurtre gratuit, pour une raison impromptue. Ou bien le crime passionnel, n'ayant donc rien à voir avec le travail de l'ambassadrice ou avec ce qu'elle pouvait bien défendre. Mais comme elle ne semblait pas avoir de vie propre et intégrée au reste de la Citadelle, il était compliqué d'émettre une histoire dans ce sens. Seule la thèse du suicide avait été écarté, vu l'absence d'arme ou d'indices extérieurs. Si c'était le cas alors cette Ranem'Tha Ar'ika était bien tordue. Il restait également l'hypothèse du professionnel. Hypothèse déjà presque révoquée avec son précédent dialogue avec le responsable de secteur dont il n'avait pas retenu le nom. Et là, de nouveau, si c'était le cas... Soit il s'agissait d'un amateur, soit de quelqu'un de très doué.

Mais peu importe. Quelque chose lui échappait et en réfléchissant longuement sur la question, une image lui était soudainement revenue, tel un flash. Le canapé de la victime... Et plus précisément un coussin, par terre, qui avait tout l'air d'avoir été chahuté. Cela n'avait pas l'air important sur le moment parce que... Parce qu'il y avait une diplomate assassinée d'un tir dans la tête et qu'un coussin n'y était probablement pour rien. Sauf que cette intuition pouvait tout changer. Cela pouvait être synonyme d'une lutte, ce qui rendrait la scène particulièrement différente. Fort de son intuition, le soldat était retourné au Présidium, évitant les quelques protestants hargneux qui avaient encore le courage de rester. Sans broncher, il se dirigeait vers le bâtiment, avant d'être intercepté avec un turien. Le même qu'à l'usuel, en fait. « Superviseur Benam ! » beugla t-il, aussi discrètement que possible. « Le corps a été déplacé, conformément à vos instructions ! » Voilà une désagréable surprise car, jusqu'à preuve du contraire, l'intéressé n'était pas assez vieux pour avoir des problèmes de mémoire. « Pardon ?! Quelles instructions ?! » Le turien était aussi surpris que lui. « Mais... Il y avait toutes les autorisations nécessaires... Et votre signature... » affirma t-il dans son museau. « Mais est-ce qu'il s'agissait du bureau du coroner au moins ? » rétorqua l'ex-Lieutenant, fermement. « Non, mais j'ai pensé que... » « Oh, bouclez-la. Vous croyez qu'on a le temps de s'amuser à transiter un corps par voie privée ? Ayez un peu de jugeote, bon sang ! » Les mains sur les hanches, il demeurait un peu perturbé. Perdre le seul indice qu'ils possédaient, cela n'avait rien de bon. « J'ai juste supposé que c'était pour le cacher aux ralois vu qu'on m'a dit de ne rien dire. » Lleyton haussa un sourcil. « Quels ralois ? » Il craignait le pire. « Ceux qui viennent d'entrer. » Et il avait dit ça le plus naturellement du monde, faisait chavirer son supérieur dans un état de colère particulier. « Bordel mais c'est pas vrai ! Je vous avais dit de ne laisser entrer personne ! » héla t-il, énervé. « Bon, allez me chercher du renfort et en vitesse ! »

L'instruction donnée, il s'approcha vivement de l'entrée de l'ambassade raloise. Il préférait avoir du renfort, quand bien même ce n'était trop rien. Car s'il s'engouffrait dans un duel à trois, cela pouvait mal se finir et il avait déjà eu assez d'expériences malheureuses avec Irune. Mais impatient d'en découdre, il avait sortit son arme de poing et avait pénétré à l'intérieur. Dans son viseur, il avait rapidement vu les deux suspects. Deux oiseaux de malheur en train de fouiller allégrement l'endroit. Ils venaient visiblement de conclure un dialogue et avait regardé la sortie d'un air satisfait... Juste à temps pour constater la présence d'un nouveau venu qui avait l'air assez peu sympathique. « SSC ! » annonça Lleyton, comme s'ils pouvaient en douter. « Surtout, pas de gestes brusques. » Et s'ils croyaient pouvoir jouer au plus malin et se targuer de transformer une scène de crime en champ de bataille, ils pouvaient toujours courir : le Superviseur avait connu Cerberus et ses méthodes donc il avait la gâchette facile. Et là, le duo ne l'inspirait pas confiance. Mais quand bien même : qui étaient-ils ? Et qu'est-ce qu'ils venaient foutre là, bon sang ?










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MessageSujet: Re: Rouages   Sam 15 Aoû 2015, 00:56

Ambassade Raloise

Gyp et Ultir Youan étaient sûrs de leur coup, bien que n'ayant pas trouvé le corps, ils avaient trouvé un moyen de rebondir sur leur perte de temps afin d'incriminer une épine dans le pied d'Aviana dans toute la situation Turvessi, en le nom d'Ythaq'Fi Hyasin. Une fois dans le bureau de feu l'Ambassadrice Ranem'Tha Ar'ika, ils avaient donc fait en sorte de disséminer preuves directes et indirectes de l'implication du Rash'an qui était - en plus, authentiquement - responsable de la mort d'Ar'ika. Des traces informatiques, des emails, des détails laissés dans l'appartement. Ca paraîtra bizarre, étant donné l'enquête préliminaire exécutée l'après-midi même, mais ce n'était pas grave. Ca sera compté comme un défaut d'attention. D'autant plus que les preuves en question se voulaient pas si évidentes que ça dans cet objectif là. Cependant, quiconque avec un minimum de sens logique retomberait sur Ythaq'Fi sans soucis.

« J'ai terminé, je te rejoins dehors. », lança Gyp, le jeune frère, en se relevant et s'époussetant les plumes.
« Je viens de finir ce que j'avais a faire sur le terminal, c'est bon pour moi. Je te suis. », répondit Ultir, terminant de tapoter quelques mots sur l'interface haptique du terminal du bureau. « Verne t'a répondu ? Ça fait un moment qu'on attend sa réponse. »

Gyp s'interrompit au milieu de la pièce, tournant la tête vers Ultir. Ensuite, instinctivement, il leva son bras gauche et son omnitech s'illumina sur son bras plumé. Après avoir tapoté quelque peu de ses grosses griffes, il hocha la tête.
« Oui. En l'absence de corps, la phase deux est déclenchée. Et le prochain Ambassadeur a déjà été nommé. Greïms'Tha Zagnir. »
« Excellent. Un Zéphyr'qun, bien joué. », dit Ultir, visiblement satisfait.

Enfin, ce dernier ce leva, et intima Gyp d'un signe de tête qu'il était temps de déguerpir. Jusqu'au moment où ils arrivèrent devant la porte en cercle, qui se déverrouilla sur un homme, en tenue paramilitaire, orientée sécurité. Comme ça, Ultir aurait dit le SSC. Mais, c'était plus que ça. C'était un Superviseur. De ce qu'il en savait, on ne les envoyait pas n'importe quand. Leurs chances venaient à la fois de s'amoindrir et d'augmenter tout autant. Apparemment, le Superviseur avait l'air plutôt remonté et tendu.
« SSC ! Surtout pas de gestes brusques ! », avait-il fait, levant son arme de poing pour mettre en joug les deux Ralois surpris.

Gyp, qui se trouvait directement devant lui, s'immobilisa directement. Ultir lui eût le temps de dégainer ce qui ressemblait à un Predator, visant par dessus l'épaule de son frère et ayant directement en ligne de mire l'épaule gauche de Lleyton ou encore sa tête. Son frère était devant lui, légèrement décalé sur la droite. Pendant quatre-cinq secondes, il y eût un silence complet, les deux frères dévisageant Lleyton du regard, tandis que lui devait être à la fois concentré et quelque peu surpris étant donné la nature des deux individus se trouvant face à lui.

Toujours son canon aligné sur Lleyton, Ultir glissa doucement :
« On va pas faire de conneries. L'un et l'autre. »

Puis Gyp laissa échapper, c'était plus fort que lui, un nom, car son regard avait dépassé Lleyton et fixait quelqu'un derrière lui, à une dizaine de mètres.
« Hyasin ! »

***



« J'ai bien prévu de leur trancher leur petit cou. »
« Et si vous évitez de tuer encore sous le coup de la colère, et d’approfondir la merde dans laquelle vous êtes ? »

Ythaq'Fi eût envie de répliquer qu'il n'en avait plus rien a perdre. A part Liam. Liam lui s'en tirait toujours, quoi qu'il arrive. Ce n'était donc pas un problème. Ythaq'Fi avait déjà fait le pire pour les siens et ceux qu'il appelait encore jusqu'à présent son peuple. Il avait déjà tué de sang froid aujourd'hui, rien ni personne ne l'empêcherait de le reproduire. Elle lui expliqua aussi le pourquoi du comment, les problèmes diplomatiques, les soucis vis à vis de sa survie ou même de son emprisonnement. Ythaq'Fi était de plus en plus convaincu qu'il était en fait ce qu'on appelait un agent à but unique. Une fois ce but, cet objectif atteint, il n'avait plus aucune raison d'exister. Peu importe ce qu'il se passerait. Il y avait des idées de ce genre qui circulaient chez les guerriers du Feu. Comme quoi l'on naissait pour un but, et qu'une fois ce but atteint, jeune ou vieux, malade ou en pleine forme, notre temps était venu. Après les évènements encourus, Ythaq'Fi était prêt à le croire.

Autant qu'il emmène autant de personne que possible avec lui dans sa tombe, si possible des ennemis, au pire, des alliés lui barrant la route. Il se rendit compte à quel point le meurtre de Ranem'Tha l'avait changé. Il secoua la tête une demi-seconde afin de se reconcentrer dans l'instant présent.

« Alors Ythaq, comment agis-t-on ? Je vous suivrais même si vous décidez de simplement les buter en espérant que tout ira tout seul. Je m’en fiche un peu, mais je crois qu’on a plus à y gagner en la jouant plus finement. » Tu parles. Comme d'habitude, vous ne m'offrez guère vraiment le choix, vous êtes tous autant répugnants les uns que les autres, quelque soit votre bannière et votre beau-parler.

« Faisons ce que notre chère générale a prévu... », lança-t-il, dépité. « Aller, ne perdons pas de temps, car peu importe comment je lui rends Ultir, tant que je le lui rends. »

Il s'élança, sauta par dessus la dite barrière et plana jusqu'à atterrir, quelques dizaines de mètres plus loin, sur la placette qui donnait l'accès aux Ambassades. Le grand bâtiment d'un blanc immaculé se présentait alors devant lui, avec quelques nuances de gris, cependant. Les cités urbaines avait ce chic du mauvais goût. Ythaq avouait préférer les arbres Turvessi. Après tout, c'était une question d'habitude. Il n'attendit même pas que Lilith le rejoigne, même si elle ne mit que peu de temps à se placer à ses côtés. Ythaq'Fi ne chercha même pas a pénétrer l'endroit ni même a chercher une issue particulière. Il entra aussi simplement que possible par la grande porte. Il savait où était le bureau, il savait que les frères Youan y étaient. Nul davantage de temps à perdre.

Quand il passa le pas de l'entrée, à cause de l'heure avancée, il n'y avait que peu de monde. Il y avait nécessairement une permanence, avec deux-trois gardes du SSC qui assuraient l'ordre. La standardiste qui accueillait tout le monde semblait avoir fait une pause, car il n'y avait personne au poste d'accueil. Soudainement, un Turien surgit d'en haut d'un des escaliers et courrait pour aller a l'extérieur. C'était un responsable du SSC. Il avait la main collée à ce qu'on considérer comme une oreille chez les Turiens, et ne cessait de beugler. « Demande de renforts immédiat, aux Ambassades, on a une intrusion, demande de renforts immédiat ! Je répète... »

Le regard d'Ythaq croisa alors celui de l'officier, qui cligna des yeux puis râla, en ayant marre de croiser des Ralois aujourd'hui. Dans ce début de soirée, il était logique de voir certains fonctionnaire partir en vrille. Vite la maison, vite les chaumières confortable avec la bonne femme et les gosses. Après qu'il ait dépassé Ythaq pour aller à l'extérieur, ce dernier jeta un œil vers Lilith, qui confirma son regard. Puis ils foncèrent tout deux vers le bureau de Ranem'Tha. Les choses s'étaient visiblement bousculées, et la fameuse confrontation avec le SSC était désormais inévitable. Malgré le regard réprobateur de Lilith qui voulait certainement attendre l'interpellation du SSC, Ythaq voulait être sûr d'avoir au moins un temps de libre avec les frères avant de les perdre dans l'enfer bureaucratique.

Ythaq couru de toutes ses forces, ce qui donnait un élan très rapide au yeux des autres espèces. Ayant des réflexes de survie et donc une physionomie adaptée, leur vitesse de course n'était pas anodine. Seuls les escaliers ralentirent un peu l'oiseau prédateur. Mais le duo arrivèrent en même temps dans le couloir de l'Ambassade Raloise. Ils bousculèrent quelques personnes au passage, les rares présents tentaient vainement de se plaquer contre les murs avant de repartir illico dans leur marche, voulant avertir la garde de tumultes dans cette aile des Ambassades.

Alors que le poulet et Lilith avaient vu sur l'entrée du bureau d'Ar'ika, celle-ci était ouverte, avec un homme, arme de poing chargée et tendue face aux frères Youan qu'il reconnut de suite. Ythaq n'avait cependant de vue que sur Gyp, et non pas sur Ultir, caché encore de sa vision.

« Hyasin ! », beugla-t-il dans le bureau. Apparemment, lui aussi l'avait reconnu.
Ythaq jeta un dernier coup d'oeil à Lilith. Les choses se compliquaient. Ythaq avait reconnu, Lilith aussi probablement, qu'il s'agissait là d'un Superviseur. Les renforts n'allaient d'ailleurs pas tarder.
« J'admets que cette fois-ci j'aurais du vous écouter. »



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MessageSujet: Re: Rouages   Mer 19 Aoû 2015, 14:35




Lilith haussa les épaules en simple réaction aux propos d’Ythaq, visiblement il n’était pas ravi d’être un outil, elle-même s’en fichait, du moment qu’elle pouvait s’amusée. Elle bondit à la suite du Raloï et tous deux pénétrèrent dans les ambassades, sans prendre la peine d’un chemin détourné, la confusion était bien trop grande et les gens trop pressé pour qu’on leur jette plus qu’un regard curieux.

La rencontre avec l’agent du SSC changea leur timing, visiblement ils étaient devancés, et leurs proies aller être sacrément moins simple à mettre de côté. Elle fixa Ythaq, le plus simple était de les laisser se faire prendre non ? Ou d’attendre à l’extérieur leur fuite possible ? Mais non, son compagnon à plume avait visiblement besoin d’un face à face immédiat et il partit à toute vitesse. Lilith roula des yeux et se lança à sa suite. Elle avait rarement besoin de faire des efforts dans une course, mais la vitesse du Raloi l’obligea clairement à redoubler d’effort pour ne serait-ce que le garder devant elle. Elle réussit néanmoins à revenir à son coté dans les derniers escaliers, apparemment moins pratique pour lui.

Ils bousculèrent plusieurs témoins, l’action discrète était visiblement a oublier. Ce qui se confirma alors qu’ils déboulaient tous les deux devant le bureau. Le superviseur le plus mignon de la station et un autre poulet se tenaient là, l’arme de l’agent pointer sur le Raloi. Lilith nota mentalement d’essayer d’avoir le numéro de l’humain et pouffa à la remarque d’Ythaq, le critique de la situation ne l’atteignant que très peu. Elle posa sa main sur l’épaule d’Ythaq, l’encourageant muettement à un peu de retenue, puis elle s’avança dans la pièce. Le Superviseur leur jeta un œil, celui à la recherche d’une arme ou d’une menace. Lilith aperçu alors le deuxième Raloï, juste derrière le premier, une arme à la main lui aussi, décidément cela ressemblait de plus en plus à un vieux western. Elle prit la voie parfaitement crédible de celle qui ne comprend pas bien la situation mais qui essaye.

-Que ce passe-t-il donc ici ? Je suis l’assistante de la matriarche T’zela, une bonne amie de feu l’ambassadrice, c’est elle qui s’est chargée de la paperasse concernant le corps.

Elle jeta un œil aux deux frères, cette information était plus pour eux que pour l’agent, Saskia voulait que Aviana sache, et si l’un d’eux s’échappait, il pourrait transmettre l’info. Elle reporta son regard sur le superviseur.

-Avec mon ami ici présent, qui était un intime de la défunte nous venions voir comment avancée l’enquête et voilà que nous tombons sur ce qui risque d’être une fusillade. Avons-nous vraiment besoin que toutes ces armes soient pointées ? Ou pourrions-nous discuter pour comprendre ce qu’il se passe ?

Elle jouait le bluff, simple et efficace, de plus elle n’avait rien dit qui ne soit pas vrai d’un certain point de vue, arrangeant simplement le tout en une raison cohérente. De plus en définissant un rôle à Ythaq, qui était lui aussi assez vrai selon ses infos, elle couvrait les possibles traces qu’il avait du laisser quelques heures plus tôt, ou qu’on avait voulu laisser pour lui pensa-t-elle en fixant les frangins. Bien sur sa lame inversée avait déjà glisser légèrement, prête à atterrir dans sa main au besoin et sa biotique était prête à l’emploi.

-Alors Messieurs ?




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MessageSujet: Re: Rouages   Ven 21 Aoû 2015, 00:39

ROUAGES

Citadelle ▬ Ambassade raloise
MAINTENANT

Depuis qu'il était Superviseur, Lleyton ne cessait d'enchainer ces situations plus complexes et sordides les unes que les autres. En une année, il s'était retrouvé à chasser une fugitive asari dans ses propres bureaux, à poursuivre un terroriste galarien dans les beaux quartiers d'Illium et à se retrouver à la merci d'un vil butarien, ancien ennemi avec lequel il croyait en avoir terminé. C'est sûr qu'il avait vécu des situations ardues lors de sa carrière dans l'Alliance... Ou même durant son bref passage chez Cerberus. La Citadelle, Rannoch, Eden Prime ou encore la Terre. Des terrains et champs de batailles qu'il avait foulé et au cours desquels il avait frôlé la mort de manières bien surprenantes. Et à chaque fois, il s'en était sorti. Parfois par sa seule volonté mais bien souvent car il avait su s'épauler des bonnes personnes. Certains peuvent parcourir leur chemin esseulé et s'en sortir. Mais pour survivre, Lleyton avait choisi une autre tactique. Et s'il s'agissait - par bien des sens - d'alliances opportunes, il avait l'habitude de tirer son épingle du jeu.

Alors avait-il vécu toutes ces mésaventures pour finir hacher menu au milieu d'une histoire de ralois ? Qui, n'en déplaise à cette charmante espèce, étaient aussi inconnus qu'insignifiants des mois auparavant. Et en l'espace de quelques heures, leur ambassadrice avait été froidement assassiné et l'humble enquêteur chargé de trouver son bourreau perdait son temps à devoir gérer une situation de crise. Deux intrus avaient donc ainsi pénétrés dans la pièce sans vergogne et on pouvait aisément percevoir un sentiment d'agressivité chez eux. Mais était-ce complètement dirigé vers l'agent ? Rien n'était certain car leur férocité était surtout passive au moment de l'interpellation. Mais depuis que le troisième larron, visiblement ami de feu la résidente des lieux, avait débarqué à l'intérieur, les positions de forces s'étaient équilibrés et le tout s'était transformé en impasse mexicaine.

L'asari, qui dépeignait un peu le décor, avait elle-même tenté de calmer le jeu. Or, jusqu'à preuve du contraire, tout se déroulait bien avant que les deux nouveaux convives s'invitent par eux-mêmes dans cette histoire. Et au lieu de tenir en joug deux ralois surpris dans leurs magouilles, il avait deux ralois sur la défensive dans son viseur. Pour ainsi dire, il n'aimait pas ça et encore une fois, il faudrait qu'il sorte un tour de sa manche. Ne baissant jamais sa garde plus d'une demi-seconde, il décida d'effectuer une translation vers la droite. « Vous êtes sur une scène de crime. » affirma t-il sur un ton ferme, mais évitant de crier au possible pour éviter les réactions trop brusques. Son déplacement avait eu pour objectif de pouvoir avoir un meilleur visuel sur les deux couples. Ils se faisaient face, la tension grimpant à vue d'œil. « Je me fiche de savoir qui vous êtes ou qui vous étiez pour l'ambassadrice. Si vous n'avez pas d'autorisation, je serais forcé de vous placer en état d'arrestation. » Pour obstruction à la justice et bla bla bla. Bon ils n'allaient pas leur sortir le baratin de base. Sans doute que ça les énervera encore plus. Surtout qu'autant qu'il comptait, il était seul contre quatre. Ou à la limite seul contre deux fois deux. Mais rien qui ne présageait un avantage quelconque, surtout qu'il jouait la carte du flic pas très arrangeant et à cheval sur les règles. Ce qui était habituellement son caractère, pour cause. « Et si vous croyez avoir une chance d'avoir le dessus, vous vous trompez. On est dans une des zones les plus surveillées de la station et des renforts sont déjà en route. » Il posait la situation. Il fallait juste prier pour que les officiers du secteur n'aient pas envie de glander deux minutes de plus. « Vous pourrez toujours tenter de vous enfuir mais tôt ou tard, on vous mettra la main dessus. » "On", signifiant subtilement que s'il se faisait tuer comme un con, il ne pourrait rien faire. Et qui plus est, cela s'adressait surtout aux deux premiers intrus et non aux seconds. L'ex-Lieutenant ignorait complètement s'ils étaient réellement ce qu'ils prétendaient être ; s'ils étaient des bons citoyens penauds et en dehors de toute implication ou s'il y avait anguille sous roche.

Mais quoiqu'il en soit, dans le doute, ils étaient tous potentiellement criminels. « On va donc gentiment suivre les conseils de l'asari... » dont il ignorait le nom. Mais en tout cas son travail semblait important puisqu'elle l'avait signalé avant toute chose. « On va poser les armes, ranger les griffes et se calmer. » Sous-entendant qu'il ne serait pas celui qui flancherait en premier. Face à un seul individu, il pourrait se le permettre mais là il y avait trop de variables. C'était un coup à faire confiance à un duo pour se faire avoir par l'autre. « Et le premier qui sera disposé à m'aider à éclaircir la situation aura le bénéfice du doute. » conclut-il, toujours aussi abrupt. Il avait dit ce qu'il avait à dire, offrant une porte de sortie au plus faible d'entre eux par la même occasion. Et en faisant confiance à la célérité du SSC.










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