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 Tout finit par changer

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De Sang et d'Acier
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MessageSujet: Tout finit par changer   Dim 01 Nov 2015, 22:32
Intervention MJ : NonDate : 17 Juillet 2200 RP Tout public
Ravilla Aper ♦ Adrien Annaz
Tout finit par changer




    Les ressorts du lit grincèrent alors que Ravilla se laissa tomber sur le matelas, étouffant un grognement. On l'avait autorisé à sortir de l'hôpital voilà quelques jours, estimant qu'il n'était pas nécessaire de la garder plus mais ce n'était pas pour autant que sa blessure était totalement guérie. Enfin, techniquement, si. Les chaires s'étaient refermées, notamment grâce à une application parcimonieuse de médigel. Mais son corps avait encore besoin de se réadapter et de recouvrir son endurance d'avant. Pour ce faire, elle subissait un entraînement quotidien à la clinique en guise de rééducation, qu'elle complétait par une marche quotidienne. Qu'importait la destination, l'essentiel était de pousser un peu plus chaque jour et forcer son corps à suivre un rythme au moins naturel. Ses efforts payaient, mais trop lentement à son goût. Tant qu'elle ne serait pas rétablie et prête à repartir au combat, elle resterait coincée sur la Citadelle. Et c'était quelque chose qu'elle souhaitait éviter pour... ses raisons.

    L'Omnitech bipa, annonçant qu'un nouveau message venait d'arriver. Un soupir fusa des mandibules alors que la Turienne activait la lecture automatique. La voix, froide et mécanique de la machine, se mit à lire le contenu du mail. Il venait d'Adrien, évidemment. Lequel s'enquerrait de son état, lui souhaitait de se rétablir, réitérait son invitation de la dernière fois à se voir pour un repas ou n'importe quoi, tant qu'elle savait qu'il était là si elle en avait besoin et... Agacée, la femme arrêta la lecture, se redressant vivement. Elle passa les huit secondes suivantes, pliée, à se tenir le flanc en regrettant son geste d'humeur. Puis, lorsque la douleur eut reflué et qu'elle put se concentrer, les mandibules cliquetèrent.
    Cette situation la contrariait fortement. S'il n'avait encore s'agit que de la douleur et de l'affaiblissement, Aper en aurait pu s'accommoder, au moins pour quelques semaines. Mais il y avait l'Humain et ses tentatives désespérées et incessantes pour que les choses deviennent... d'autres choses. Depuis le moment où ils s'étaient retrouvés et avaient recommencé une relation, c'était devenu évident qu'il tenterait de pousser un peu plus loin, cherchant à relancer leur vie d'avant la guerre. C'était désormais d'autant plus vrai depuis que la nouvelle Lieutenante avait été blessée et qu'elle ne pouvait plus le fuir, ou au moins l'esquiver. Ou en tout cas, maintenant qu'elle ne pouvait ni fuir, ni l'esquiver, elle se rendait compte de tous ses sous-entendus et ses tentatives qui se voulaient subtiles sans vraiment l'être.
    Ce n'était pas tant ce qu'il disait qui était irritant, mais plutôt l'image que tout cela renvoyait. La militaire était capable de se montrer forte en situation de combat. Cependant, dès qu'il s'agissait de sa vie personnelle, elle tentait de prendre la poudre d'escampette et de fuir ses responsabilités, ou un véritable dialogue. C'était pitoyable. Un comportement d'enfant voir de lâche qui n'assumait pas. De quoi faire rugir de colère et de honte les Esprits de sa famille. Et ce n'était pas continuer de laisser lettre morte à chaque message qui allait arranger les choses. Il était temps de prendre le Varren par les pics, comme disait l'expression, et de se faire violence.
    Et cela commençait par envoyer enfin une réponse à Adrien. Une simple, concise, qui ne laissait pas le place à la supposition, ni au doute. Un mot qui disait, en sommes, ceux-ci:

    J'arrive dans une heure. Nous avons à parler.

    Et rien de plus.

    C'était certes violent, mais c'était l'une des rares choses dont la Turienne savait faire preuve en termes de relations sociales. Toujours abrupte, en retrait, montrant les crocs sans le vouloir. Jusqu'à présent, cela avait toujours été justifié. Elle était coupable, avait honte, préférait éviter d'avoir un lien avec les autres. Depuis sa révélation, tous ses arguments s'étaient effondrés, laissant place à l'effroyable vérité.
    Ravilla avait fini par reconnaître en partie son traumatisme. En tout cas, que les choses ne pouvaient plus rester ainsi. Au départ, c'était pour son frère qu'elle avait réalisé ce postulat. Puis, lorsqu'elle avait reçu son nouveau grade, celui de Lieutenante. Elle ne pouvait plus se permettre de fuir ses responsabilités personnelles, si elle voulait pleinement pouvoir remplir celles professionnelles. Et, maintenant que son frère avait Danora, elle ne pouvait plus se permettre de se montrer aussi gauche avec les siens.
    Bien évidemment, tout ceci ne changerait pas en un jour. Les mauvaises habitudes avaient la peau dure, comme disait l'expression, et il lui faudrait lutter contre ses envies ou ses réactions habituelles. Se forcer aussi un peu parfois. Et tout ceci commençait donc par mettre les choses à plat avec Adrien. Savoir ce que chacun voulait, notamment. Si c'était presque évident pour l'Humain, ça l'était beaucoup moins pour la femme.
    Peut-être qu'en parler l'aiderait à mieux se décider. Qu'importe sa décision.

    Elle finit par se lever délicatement, tentant de ne pas réveiller sa blessure. Puis, elle agrippa une nouvelle tenue qu'elle revêtit, histoire d'être un peu plus propre sur elle. Un instant, elle regarda un des rares robes qui pendaient dans sa penderie, l'examinant avec un air dubitatif. Cela ne dura pas longtemps avant qu'elle ferme la porte, se changeant rapidement avant de sortir.
    A la marche, elle préféra un taxi, plus rapide et moins épuisant pour elle. Cependant, elle ne se fit pas déposer directement de l'immeuble, mais une station plus loin. Elle ignora son épuisement maladif ainsi que la douleur dans ses côtes, se forçant un peu à chaque pas. Une fois arrivée à destination, montant à l'étage grâce à l'ascenseur, la volonté d'Aper se mit à s'effriter partiellement. Elle n'était plus très sûre que son idée était bonne, ni même de la pertinence de celle-ci. Pourtant, il n'y avait pas à s'en faire réellement. Au pire, ils se sépareraient. Au mieux... Y avait-il vraiment un mieux? Pour le savoir, il aurait fallu qu'elle ne doute pas tant.

    Elle se tint un instant face à la porte, regardant la sonnette sur laquelle elle aurait dû appuyer depuis voilà déjà quelques secondes.

    Cela aurait dû être simple. C'était fou à quel point tout ce qui était censé être simple ne l'était jamais. Qu'importe ce qu'il s'agissait de faire, à partir du moment où on estimait que "c'était censé être simple", ça ne l'était pas. Si on demandait à un technicien moyennement doué de faire son travail, il y avait des chances qu'il réussisse. En tout cas, plus que le technicien chevronné qui se retrouvait à faire un travail "Qui aurait dû être simple". Cette phrase semblait tout simplement maudite, comme si quiconque la prononçait se retrouvait condamner à se foirer. C'était tout simplement mathématique. Il y avait fort à parier que, lorsque les règles de l'Univers avait été décidées, les Esprits s'étaient réunis, avaient convenus qui quiconque dirait "ça sera simple" ou "ça ne devrait pas poser de problèmes" était condamné à échouer. Puis, ceci fait, ils étaient repartis voir comment les mortels se débrouillaient avec cette règle. Et le constat était simple: ils ne se débrouillaient pas, puisqu'ils échouaient. Ce n'était cependant pas une constante et l'échec n'était pas forcément l'unique solution.
    Mais ce qui était sûr, c'était que bizarrement, les choses simples demandaient toujours plus d'efforts qu'elles n'auraient dû en recevoir.
    Cette réflexion faite, la Turienne finit par rassembler sa volonté et finalement écrasa cette foutue sonnette. Un moyen de se venger de l'une des plus frustrantes lois de la Galaxie.

    Il fallut attendre un peu avant qu'on ne lui ouvre finalement. Derrière la porte, Adrien semblait s'être pressé. Le message qu'il avait reçu l'avait possiblement pris de court. Peut-être s'était-il angoissé à l'idée de leur discussion, où peut-être avait-il considéré cela comme étant l'acceptation à son invitation.

    - Bonjour Adrien.

    Elle le remercia d'un signe de tête lorsqu'il l'invita à entrer, marchant dans ces lieux si familiers avec un peu moins d'assurance que normalement. Elle luttait contre son envie de tourner les talons et de laisser les choses dans ces non-dits rassurants. A la place, elle s'assit sur le canapé, attendant que son hôte en face de même. Elle cliqueta des mandibules, trahissant sa nervosité qu'elle cachait derrière une sérénité feinte. Elle avait l'impression de passer le point de non-retour, mais il le fallait.

    - Comme je vous l'ai dit, nous avons à parler.

    Elle refusa d'un signe de tête le café qu'il lui proposa. Lorsqu'il venait le temps de se montrer abrupte, elle n'y arrivait pas... Quelle ironie. Pourtant, elle se fit violence, une nouvelle fois. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

    - Qu'est-ce que vous attendez de tout ça? De ces messages que vous envoyez, de l'impact que vous espérez qu'ils aient?

    C'était une question presque rhétorique. Elle connaissait déjà sa réponse, et il n'y avait pas à douter que l'Humain savait qu'elle savait. Ce n'était pas une réponse qu'elle attendait réellement. C'était plutôt une occasion qu'elle lui offrait. De vider son sac, dire les choses clairement. Et c'était une chance assez unique pour que l'intéressé la saisisse sans hésiter.






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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Lun 02 Nov 2015, 21:45


Penché sur ses valises, Adrien ajouta la pile de vêtements qu’il venait de prendre avant de fermer le conteneur. Il préparait ses affaires pour un voyage sur Terre, suite à un message qu’il avait reçu. Ses supérieurs l’avaient prévenus d’une ‘‘surprise’’ suite à sa dernière mission sur Antirumgon, et ils n’avaient pas mentis. Son terminal extranet lui avait signalé un nouveau message, dont l’expéditeur était l’académie N7 à Rio. Il avait été officiellement invité par l’organisme à une session d’entrainement, c'est-à-dire deux semaines en enfer. Ca n’en restait pas moins un grand honneur, l’entrée dans l’académie ne se faisant que sur invitation officielle de l’organisme, et peu de personnes ne pouvaient y prétendre.

Cette invitation était une surprise pour Adrien. Sa dernière opération sur Antirumgon n’était pas vraiment un succès. Il avait atteint son objectif de mission, c'est-à-dire déloger un gang de pirates d’une installation sur la planète, mais c’était à peu près tout ce qui avait été réussie. Il y avait eu des blessés, un de ses hommes étant encore à l’hôpital, et le major Turien qui l’accompagnait avait frôlé la mort. Ce dernier point lui avait valu des soucis : déjà, la Hiérarchie le tenait pour responsable, ce qui était logique vu qu’il avait le commandement de la mission. Cela ne poserait pas de problème dans sa vie, mais il était peu probable qu’il soit toléré comme commandant d’une nouvelle mission de ce type. Ensuite, le Turien en question était une Turienne, et il s’agissait de la femme que fréquentait Adrien. Ravilla avait été plus que surprise (et sans doute un peu agacée) de le voir en tant que supérieur, mais son esprit Turien avait pris le dessus et elle avait obéit aux ordres. Le lieutenant avait essayé, comme à chaque fois qu’ils étaient ensemble, de lui faire comprendre de manière plus ou moins subtile ses sentiments, mais sans succès. Puis elle avait été poignardée, à l’article de la mort, avant d’être ramenée sur la Citadelle.

Là-bas, elle avait été opérée et soignée. Les dégâts étaient certes importants, mais son état avait été stabilisé assez longtemps pour que des professionnels la prennent en charge. Elle allait mettre un peu de temps pour retrouver la pleine possession de ses facultés, mais la médecine moderne lui permettait de ne pas avoir de séquelles. Pas physique, en tout cas. Mentalement, c’était autre chose. Adrien l’avait trouvé changée quand il était allé lui rendre visite à l’hôpital. Elle était toujours aussi renfermée et maladroite dans ses relations sociales mais en même temps… Pour la première fois depuis qu’il l’avait retrouvée, il avait l’impression qu’elle essayait de faire mieux. Peut-être parce que Vindex et sa fille adoptive étaient là, mais Adrien pensait qu’il s’agissait d’un changement plus radical. C’était aussi pour ça que, depuis qu’il l’avait vu la dernière fois dans la chambre, il harcelait la Turienne de message. Car oui, il fallait dire les choses comme elles l’étaient : c’était du harcèlement. Sous couvert de s’informer de son état et d’affirmer être prêt à l’aider, il en profitait pour lui rappeler sa présence, de manière plus définitive. Il ne doutait pas qu’elle n’était pas aveugle et qu’elle voyait clair dans ce petit jeu, mais c’était aussi le but. Mais pour l’instant, le stratagème ne fonctionnait pas.

Adrien se redressa avant d’aller chercher encore quelques vêtements à entasser. Il n’allait pas partir dans l’immédiat, son rendez-vous à Rio n’étant que dans une dizaine de jour, mais il allait en profiter pour passer quelques temps sur Terre, pour déconnecter. Il quitterait la Citadelle dans la semaine, pour n’en revenir que dans un petit mois. De quoi souffler un peu.
Alors qu’il sortait une chemise de son placard, son omni-tech vibra. Délaissant ce qu’il était en train de faire, il consulta la notification pour constater qu’elle venait de Ravilla. Ce qui constituait déjà une surprise, tant ses réponses étaient rares. La deuxième surprise était le contenue du message. Bref, concis, sec. Comme souvent.

« J'arrive dans une heure. Nous avons à parler. »

Le genre de message qui veut tout dire sans rien révéler. Mais Adrien n’allait pas dire le contraire : ils avaient à parler. Beaucoup de sujets étaient en suspens, soit à cause de la manière qu’avait Ravilla de se refermer, soit à cause de la manière qu’avait Adrien de s’ouvrir. Et ces non-dits commençaient à être nombreux, il fallait crever l’abcès. Et au moins, les deux seraient fixés. Une discussion à cœur ouvert ferait du bien, même s’il y avait une chance non nulle pour qu’au final, les choses finissent mal.
Ayant une heure devant lui, Adrien ne se pressa pas. Il continua de se préparer petit à petit pour son départ, et pour l’arrivée de Ravilla. Une tasse de café prête à être remplie, l’appartement rangé, il prit le temps pour se faire couler une douche. Il n’avait pas tout à fait fini de se préparer que la sonnerie de son appartement résonna, signe que son invitée imposée venait d’arriver. Adrien se dépêcha de terminer de se préparer tout en allant ouvrir la porte.

- Bonjour Adrien.

Il l’invita à entrer et à s’installer sur l’un des canapés, tandis qu’il prenait l’autre. Face à face, la tension qui habitait la Turienne était visible. Sans compter sur les divers signes extérieurs, comme ce claquement de mandibule. Il ignorait si sa propre appréhension était visible ou non. Une partie de son avenir se jouait ici, dans les prochaines minutes.

- Comme je vous l'ai dit, nous avons à parler.

Adrien approuva en silence avec un signe de tête. Il allait la laisser mettre le sujet sur le tapis, puisqu’elle semblait vouloir le faire. Sans se décider. Il essaya de gagner du temps pour qu’elle forme son discours en lui proposant un café, qu’elle refusa. Bon. Silencieux, il attendit le début des hostilités.

- Qu'est-ce que vous attendez de tout ça? De ces messages que vous envoyez, de l'impact que vous espérez qu'ils aient?

Voila une entrée en la matière qu’il n’attendait pas. Est-ce qu’elle se posait vraiment la question ou est-ce qu’elle voulait confirmation ? Dans tous les cas, le discours n’allait pas changer. Mais il ne doutait pas qu’elle avait comprise toute seule ce qu’il espérait vraiment, et qu’elle ne voulait que l’entendre clairement de sa bouche. Pas de sous entendu cette fois, juste la vérité, plus ou moins brusque. Mais pas question de faire dans le flou maintenant.

« Je pense que tu sais parfaitement ce que j’attends. Mais soit, je vais parler clairement, sans rien cacher.
Ce que j’espère de ces messages, c’est te faire comprendre à quel point je tiens à toi. C’est sans doute idiot dit comme ça, mais c’est le cas. Depuis qu’on s’est retrouvé, j’essaye de te le faire comprendre, et plus généralement de te faire prendre conscience que tu n’est pas seule. Tu t’es découvert un frère que tu traite comme un étranger. Vos relations ne me regarde pas, mais je regrette de voir comme tu traite Vindex. Ou plutôt comme tu le traitais. Car j’ai l’impression que tu commence à admettre que tu ne vis pas seule.
Ce que je cherche à obtenir à travers ces messages, c’est une prise de conscience de mes sentiments envers toi. Tu sais que je t’aime, ou alors tu est très douée pour t’aveugler. Je ne demande pas une relation comme celle que nous avons vécue il y a quinze ans, je sais qu’une partie de toi est morte sur Terre, même si j’ignore ce qui c’est passé. Je sais que c’était suffisamment grave pour que tu décide de t’isoler, voir même de te suicider socialement. Au final, j’ai retrouvé une Ravilla qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et une femme qui cherche à trouver une cause pour mourir. Mais je sais que ce n’est pas ce que tu veux, car tu t’es enfin rendue compte que des gens comptaient sur toi.
L’impact de ces messages ? C’est simple. Je cherche à te faire comprendre que je t’aime et que je veux te retrouver.
Mais ça, je suppose que tu l’avais deviné, au moins en partie. La question que je me pose, c’est surtout ce que toi tu veux. Est-ce que tu veux continuer dans cette relation où on se retrouve uniquement pour un soir ? Est-ce que tu veux quelque chose de plus sérieux ? C’est cette question qui importe. Moi je sais ce que je veux, et toi ?
»



Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Mar 03 Nov 2015, 22:46

    D'habitude, le silence lui plaisait. Il était reposant, bien que propice au réveil de ses démons. Il signifiait qu'elle était seule, ou au moins au calme, loin des discussions mondaine qu'elle détestait ou des commérages inutiles dont raffolait certains. D'habitude...
    Oui, mais ce moment-là n'était pas comme les autres. Il s'agissait de l'appréhension avant le moment fatidique. Et même les mots ne seraient pas reposants. Bien au contraire. Mais elle avait décidé de se lancer dans l'aventure, alors autant assumer jusqu'au bout. Cela ne l'empêchait pas de tapoter nerveusement des griffes contre sa cuisse.

    - Je pense que tu sais parfaitement ce que j’attends.

    Oui. Evidemment. Bien sûr même, bordel, depuis le temps qu'il la harcelait avec ça. Ce genre de réplique aurait toutefois été malvenu, aussi la militaire la garda-t-elle pour elle. A la place, elle écouta, les mâchoires serrées, et les mandibules claquant silencieusement de façon régulière.
    Il avait tout déballé. Clairement, crûment, évitant pour une fois de tourner autour du pot. Oui, il l'aimait encore, mais il ne courrait pas après l'idée de refaire leur vie comme elle avait été avant. Elle avait changé, il le comprenait et l'acceptait. C'était un aveu rassurant, il fallait le reconnaître. Même avec la meilleure volonté du monde, on ne pouvait pas refaire ce qui était brisé. Bien sûr, on pouvait le reconstruire, ou tenter de le réparer. Mais dans le meilleur des cas, ça devenait "presque semblable", mais jamais exactement le même. Ainsi, leur idylle passée n'était plus, mais il en voulait une nouvelle.
    Le discours continua, évoquant rapidement Epée, son changement à elle ces derniers temps... Et surtout, ce qu'elle voulait elle. Le véritable problème commençait.

    Le silence reprit sa place dans le salon, s'installant pour un temps. En face de l'Humain, les griffes tapotaient toujours, de même que les cliquètements s'efforçaient de meubler, à défaut de mots. La femme résista à l'envie de tourner les talons mais hésita fortement entre nier, prétendre savoir ce qu'elle voulait, à savoir son refus de s'attacher ou avouer. Et Esprits savaient que le premier choix était tentant. Mais là encore, ce n'était pas l'origine de sa démarche.
    Elle finit par soupirer, prenant sa tête entre ses mains.

    - Honnêtement? Je n'en sais rien, finit-elle par avouer.
    Tout est... compliqué et confus à la fois.

    Au final, elle n'était peut-être pas venue pour mettre les choses au clair, mais peut-être pour simplement se confier.... Adrien avait été là pour elle, le jour où elle pleurait la mort d'Hécarion, et même après. Il était plus que probable qu'une partie d'elle s'en rappelait encore. Sauf que... Même si elle en avait ressenti le désir, elle n'était pas capable de tout raconter. Juste la partie la moins sensible, et encore.
    Mais ouvrir totalement son coeur, ses idées, ses doutes...? Non. Pas encore. Pas maintenant.

    - Je crois que nous en avons déjà parlé. Je ne sais plus, c'est fort probable. J'avoue ne pas vouloir vraiment me rappeler de la scène que j'ai faite au bar, lors de nos retrouvailles, ponctua-t-elle d'un rire amer.
    Mais oui, il y a eu... quelque chose du Terre. Quelque chose dont je ne veux pas et ne suis pas prête à évoquer. Même maintenant... C'était une chose... Que j'ai essayé d'ignorer, qui m'a bouffé pendant longtemps. Je suis morte en partie ce jour-là.
    J'aurai sans doute dû être plus forte, plus...


    Elle ne termina pas.

    - Même sans ça. La Guerre m'a laissé seule Aper encore en vie. Vous pouvez me trouver mièvre, je considère ce que je vais dire comme tel, mais je n'avais pas envie de perdre encore quelqu'un... C'est entre autre pour ça que j'ai fait ceci. J'ai préféré m'isoler, vous quitter en vous sachant en vie plutôt que mort.
    Et puis, j'ai voulu trouver un moyen d'échapper à mes pensées, mes souvenirs...
    L'alcool, la drogue, les coucheries... Si ça pouvait m'occuper, c'était bon à prendre. Surtout ces dernières années. Mais sans jamais m'attacher. Ou presque.


    Xern... Maintenant qu'elle était devenue Lieutenante, la Turienne avait coupé tous les ponts. Il n'empêchait pas qu'à un moment, elle s'était laissé séduire, prête à renier ses serments. Et la seule nuit qu'ils avaient passés ensemble, où elle l'avait frappé lors d'un moment d'égarement, avait fini de la recadrer.

    - Le vouvoiement, finit-elle par continuer, était un moyen. Garder de la distance, même dans l'intimité. Même pour le dernier homme avec lequel j'ai pensé à me rapprocher un temps.
    Même Vindex. Jusqu'à il y a deux semaines, je vouvoyais mon frère vous savez? Même l'appeler mon frère m'a pris du temps.


    Manquer de mourir l'avait changé, il n'y avait pas à dire.
    Ravilla ferma les yeux, claquant des mandibules. Elle ne savait plus ce qu'elle disait exactement. Confusion de l'esprit et des paroles. Elle tenta de se recentrer, profitant du calme.

    - Je crois que j'ai besoin de me confier. Vous étiez une oreille attentive auparavant. C'est sans doute pour ça que je m'épanche autant.

    Pardonnez-moi. Je n'avais pas en tête de venir ici pour vous parler de tout ça. Mon passé n'est pas le sujet.


    Elle se sentait pourtant un peu mieux. En tout cas, elle avait moins l'envie de fuir qu'auparavant. Il fallait avouer que la présence d'Adrien restait rassurante, au moins en partie. Il était une compagnie agréable lorsqu'il ne tentait pas de lui forcer la main.
    Des souvenirs plus doux lui revenaient.

    - Je vous apprécie Adrien, continua-t-elle avec beaucoup de douceur dans la voix. Sans ça, je n'aurais sans doute pas proposé que nous nous retrouvions si souvent. Vous n'auriez été qu'un souvenir parmi tant d'autres.
    Et c'est bien la seule chose que je sache à propos de nous deux.


    Tout redevenait difficile. Délicat à dire, à faire comprendre et accepter.

    - J'ai passé quinze ans à fuir la moindre relation, sauf en de rares exceptions. Et encore, j'ai fini par partir rapidement pour éviter que ça n'arrive. Ça ne s'efface pas comme ça. Ces habitudes, ces retraits... Leurs raisons.
    Mes problèmes ne sont déjà pas faciles à vivre pour moi, je n'ai pas à cœur de les imposer aux autres.

    Et puis, je pense que vous avez déjà pu le constater. Je ne sais plus vraiment comment interagir avec les autres.

    ...

    Vous avez quelque chose à boire? Ou vous voulez qu'on sorte?
    Je crois que j'ai besoin d'un verre.


    Elle sourit doucement, cachant le léger tremblement qui agitait ses mains.






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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Mar 10 Nov 2015, 02:00


Le bruit des griffes tapotant la cuisse de Ravilla était le seul bruit qui troublait le silence dans la pièce. Sans doute était-elle en train de digérer tout ce qu’Adrien venait de lui dire. La vérité n’était peut-être pas telle qu’elle aurait voulu l’entendre, mais l’heure n’était plus aux cachotteries. Et au moins, les choses étaient claires entre eux, pour la première fois depuis plusieurs mois. Restait à entendre la réponse de Ravilla pour être définitivement fixée pour l’avenir de leur relation. Une réponse qui se faisait désirer, la Turienne semblant ne pas vouloir relancer la conversation et répondre à Adrien. Par conséquent, le bruit entêtant des griffes était le seul son dans la pièce.

- Honnêtement? Je n'en sais rien
Tout est... compliqué et confus à la fois.


Ca, Adrien n’en doutait pas. Ravilla ne faisait jamais les choses simplement quand il s’agissait de sa vie privée, comme il avait pu le remarquer. Il ne fit cependant aucun commentaire, la laissant mettre de l’ordre dans ses idées.

Comme il le savait, il s’était passé quelque chose sur Terre, quelque chose dont elle ne voulait pas parler mais qui l’avait marquée à vie. Aujourd’hui encore, elle restait silencieuse sur le sujet, mais elle acceptait pour la première fois d’en parler. C’était un début. Elle essayait encore de s’accuser de tous ses maux, mais au moins elle s’ouvrait.
Toujours sans intervenir, Adrien l’écouta raconter comment le fait de devenir la seule membre de sa famille encore en vie l’avait changée, et son envie de couper court à tous ses sentiments. La séparation après la Guerre venait aussi de ça, et du fait qu’elle préférait le quitter vivant plutôt que d’assister à sa potentielle mort. Une réflexion particulière mais encore une fois, il restait muet. C’était à elle de vider son sac, et ça ne pouvait lui faire que du bien.
Elle parla enfin de son frère, et de la difficulté qu’elle avait eu à le tutoyer. Ca, Adrien s’en était rendu compte, de même que son incapacité à le traiter comme un membre de sa famille pendant un moment. Mais il supposait qu’elle y arriverait mieux bientôt, si ce n’était pas déjà le cas. Elle avait effectivement changée depuis sa blessure et son tête à tête avec la mort.

- Je crois que j'ai besoin de me confier. Vous étiez une oreille attentive auparavant. C'est sans doute pour ça que je m'épanche autant.

Pardonnez-moi. Je n'avais pas en tête de venir ici pour vous parler de tout ça. Mon passé n'est pas le sujet. Je vous apprécie Adrien. Sans ça, je n'aurais sans doute pas proposé que nous nous retrouvions si souvent. Vous n'auriez été qu'un souvenir parmi tant d'autres.
Et c'est bien la seule chose que je sache à propos de nous deux.


Au moins, c’était un point positif. Malgré le message plutôt dur qu’elle avait envoyée une heure avant, elle semblait comprendre l’acharnement d’Adrien à la contacter, et la mesure de ses sentiments. Et même si elle n’ouvrait pas complètement son cœur, elle lui accordait une place dans ses souvenirs. Un grand pas en avant.

J'ai passé quinze ans à fuir la moindre relation, sauf en de rares exceptions. Et encore, j'ai fini par partir rapidement pour éviter que ça n'arrive. Ça ne s'efface pas comme ça. Ces habitudes, ces retraits... Leurs raisons.
Mes problèmes ne sont déjà pas faciles à vivre pour moi, je n'ai pas à cœur de les imposer aux autres.

Et puis, je pense que vous avez déjà pu le constater. Je ne sais plus vraiment comment interagir avec les autres.

...

Vous avez quelque chose à boire? Ou vous voulez qu'on sorte?
Je crois que j'ai besoin d'un verre.


Sans répondre, Adrien se leva jusqu’au canapé de Ravilla avant de la prendre dans ses bras.

« Je me doute que tout n’a pas dû être simple, même si j’ignore ce que tu as vécu. Mais comme je te l’ai déjà dis, si tu as besoin de parler ou d’autre chose, je suis là. Je ne te demande pas d’oublier ce que tu as vécu car je sais que ce n’est pas possible, mais sache que je suis là pour t’aider à aller de l’avant. »



Vingt minutes plus tard, ils étaient dans un bar, assis devant un verre. Chacun avec un cocktail différent, bien sûr, Adrien ne voulant pas revivre le jour de sa première rencontre avec Ravilla et la mort qu’elle avait frôlée à ce moment là. En plus du bar fort accueillant et des cocktails divers, l’établissement était pourvu d’une petite piste de danse, à quelques mètres des tables, afin de permettre aux consommateurs de se laisser tenter sans être dérangés par la foule. A tout point de vue, l’Electron Libre était un bon établissement.

Leurs boissons venaient d’arriver, et ils n’y avaient pas encore touchés. Adrien regardait la Turienne, dans l’attente de voir si elle allait faire un premier pas pour essayer de se rapprocher de lui, physiquement ou métaphoriquement. Elle qui n’était de base pas très à l’aise dans les relations sociales dans l’intimité, le montrer en public semblait lui être encore plus difficile en temps normal.

Les gens ne semblaient pas se soucier plus que ça du couple, ce qui n’était guère étonnant. Même si le bar n’était pas vide, il était loin d’être bondé, et même si un duo Humain/Turienne restait parfois surprenant, il y avait de plus grosses surprises sur la Citadelle. Les consommateurs semblaient plutôt se concentrer sur leurs boissons pour les personnes seules, ou leurs discussions pour les groupes. La piste de danse était elle aussi occupée, mais sans que personne ne se marche sur les pieds. L’heure de pointe n’était pas encore arrivée, donnant une atmosphère assez calme à l’endroit.

Ravilla ne semblait pas motivée à faire le premier pas. Elle n’avait pas encore ouvert la bouche, et semblait perdue dans ses pensées. Peut-être par rapport à la discussion de tout à l’heure, ou peut-être se souvenait-elle des dernières fois qu’elle avait fréquentée un bar en compagnie d’Adrien : elle avait failli frôler la mort, et la fois suivante avait été tout aussi gênante puisqu’elle s’était faite harceler par l’Humain et par son propre frère. Ce qui n’avait pas été une expérience très agréable, sans aucun doute. Dans tous les cas, elle n’avait pas encore fait le premier pas, et Adrien décida de prendre les choses en main. Il se leva et contourna la table, afin de se mettre aux côtés de Ravilla.

« Une danse ? » Demanda t-il, en tendant la main.

Sans lui laisser le temps de répondre, il la kidnappa et l’emmena sur la piste. Après tout, si il lui laissait le temps de réfléchir, elle risquait de se défiler. Autant ne pas lui en laisser l’occasion et profiter du moment.



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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Lun 16 Nov 2015, 23:33

    Appartement d'Adrien

    Le silence perdura alors que les minutes s'égrenaient. Durant tout le monologue qu'elle avait fait, Adrien n'avait pas fait mine de vouloir intervenir. Parfois, il eut l'air surpris, ou bien il avait semblé relever quelque chose. Mais il s'était toujours tenu coi, attendant qu'elle finisse de s'épancher. Finalement, il avait bien fait. Avec le recul, la Turienne se rendait compte qu'elle n'avait pas besoin d'être écoutée, comprise ou rassurée. C'était le manque de parole, son renferment constant qui l'avait poussé.
    Au final, plus que tout, elle avait ressenti la nécessité de parler. Aussi ironique cela pouvait être, c'était elle qui avait monopolisé la conversation, et lui qui avait attendu. Voilà que changeait de d'habitude...

    Puis, toujours dans le plus grand des calmes, il était venu jusqu'à elle pour s'asseoir à ses côtés, et surtout l'enserrer. Ravilla se laissa faire, enroulant les vêtements de son amant entre ses doigts alors qu'elle enfouissait sa tête dans son épaule. Cela lui permettait de cacher le soubresaut de ses mains et de se couper du monde.
    Il était chaud, et sa voix était apaisante. Presque suave, maintenant qu'elle s'y attardait un peu plus et qu'elle ne faisait que l'écouter les yeux fermés. C'était agréable. Réconfortant. Elle aimait bien son odeur, aussi. C'était tant de petits détails qu'elle n'avait jamais pris la peine de remarquer avant. Ou sur lesquels elle avait tout simplement refusé de se pencher, préférant des rapports aussi minimes que froids entre elle et l'Humain. Mais à présent qu'elle les découvrait, elle se surprit à apprécier l'embrassade qu'il lui offrait. Elle l'attira un peu plus à elle, doucement, sans vouloir le forcer.

    - Je me doute que tout n’a pas dû être simple, même si j’ignore ce que tu as vécu. Mais comme je te l’ai déjà dit, si tu as besoin de parler ou d’autre chose, je suis là. Je ne te demande pas d’oublier ce que tu as vécu car je sais que ce n’est pas possible, mais sache que je suis là pour t’aider à aller de l’avant.

    - Merci, répondit-elle d'une petite voix à moitié étouffée dans le T-shirt du Lieutenant.

    Merde. Elle se laissait attendrir. Pas à cause de son remerciement, mais de la situation générale. Si on lui avait dit en juin qu'elle finirait blottie dans les bras du Lieutenant, la militaire ne l'aurait jamais cru. Et même il y a une heure, elle aurait considéré un tel geste comme hautement improbable.
    Son comportement voulait dire ce qu'il voulait dire... Elle ne voulait pas y penser, ou compliquer la chose. Ça l'était déjà bien assez. Pour le moment, Ravilla se contentait de continuer l'étreinte et de profiter d'un acte qu'elle s'accordait rarement: accepter un peu de tendresse, loin de l'idée de finir dans le stupre et la luxure. Malgré tout, elle se sentait troublée; sa respiration se faisait petit à petit irrégulière; elle sentait sa poitrine se serrer et...

    - Adrien, finit-elle par souffler, vous m'écrasez les côtes....


    Bar - L'Electron libre




    Dans le verre, la baie flottait sagement entre une couche de jus de fruits issus de sa parenté et une bonne dose d'alcool. On avait jugé bon de lui planter un de ces pics en plastique fluorescent afin qu'elle soit plus facile à repêcher. Bien évidemment, la couleur s'accordait avec les néons bleus qui illuminaient la salle ainsi que le sol de la piste de danse. C'était d'autant plus logique que le cocktail portait le même nom que le bar et pouvait être considéré comme la "spécialité" de celui-ci. Le fruit devait donc représenter l'électron, lequel se baladait tranquillement d'un bord à l'autre du verre, ce qui le rendait libre. Electron libre, donc, déclinable en plusieurs versions afin de satisfaire tous les clients, de toutes les espèces. La version Krogane remplaçait un bon quart du jus et la totalité de l'alcool par du Ryncol, avait spécifié la carte.

    C'était à partir du moment où on faisait mine d'être intéressée par un simple cocktail qu'on comprenait que la situation commençait doucement mais sûrement à nous échapper.

    Une vingtaine minute auparavant, Adrien la lâchait, bafouillant des excuses pour lui avoir fait mal avant de l'inviter à se lever et lui proposer de sortir dans un bar. Elle avait évidemment accepté et ils étaient partis, en taxi pour une partie du chemin, à pied pour le reste. Leur marche avait été lente, à cause d'elle, évidemment. Ses efforts répétés étaient bons pour sa santé, mais elle finissait par manquer de souffle au bout d'un moment. Et malgré sa fatigue ou les rares fois où elle avait pu ressentir le besoin de prendre appui sur quelque chose, Aper avait toujours gardé une distance entre eux deux, même si elle était plus infime qu'auparavant. Elle n'était pas assez à l'aise avec leur relation toujours aussi floue, ou même la foule, pour se montrer affectueuse en public. Et puis, on n'effaçait pas quinze année de repli comme cela, avec une simple conversation. Encore moins quand ladite discussion ne faisait que souligner cette impossibilité.
    Néanmoins, si elle avait tenue à marquer un éloignement physique, même minime, elle ne s'était pas comportée d'une façon particulièrement agressive. Ferme lorsqu'il lui proposait de l'aide, mais rien de plus. A expliquer calmement et pacifiquement que ça irait, qu'il fallait juste qu'elle reprenne un peu son souffle.

    Dans la rue, avec le monde, ça avait été plus facile. Il n'avait pas insisté, se montrant gentleman. Maintenant, ils étaient presque en tête à tête, chacun assit au bout de la minuscule table carrée. Et il n'y avait pas vraiment de quoi faire semblant d'être captivée par quoique ce soit. Il n'y avait que peu de danseurs sur la piste et ils n'étaient pas assez bons pour vraiment capter son attention.
    Il allait lui falloir prendre son courage à deux mains.

    En attendant, elle préféra agripper le bâtonnet au bout duquel se trouvait la baie et croquer dedans. Ses mandibules frémirent tandis que le goût acide lui picota la langue. Après quoi, elle sirota quelques gorgées. Tout pourvu qu'elle s'occupe et puisse repousser le moment de parler, même de quelques secondes.
    Et ce, même si boire de l'alcool n'était pas la meilleure idée, au vue de sa situation.

    - Une danse ?

    Elle releva le regard pour croiser le sien. Il était franc et déterminé; elle n'eut même pas le temps de trouver une excuse qu'il l'agrippait déjà et l'entraînait sur la piste. Il ne voulait pas qu'elle se défile, apparemment. Et c'était compréhensible. S’il lui en avait laissé l'occasion, elle aurait prétexté sa blessure pour éviter qu'ils dansent tous deux.
    En attendant, Adrien semblait s'amuser, quoiqu'il dansait toujours aussi mal. De petits pas, comme un ersatz de duo peu travaillé. A vrai dire, de l'extérieur, le Lieutenant devait donner l'impression de faire ce qui lui passait par la tête. Et la Turienne, toujours dirigée, le suivait comme elle pouvait face à ce chaos artistique. Il devait le faire exprès. Ce n'était pas possible autrement.
    Déjà, quelques curieux les regardaient. Elle pouvait percevoir - à moins que ça ne soit par paranoïa - des pouffements étouffés. La militaire claqua des mandibules. Elle ressentait l'envie de partir, retourner à sa table et boire en paix. De toute façon, elle ne danserait pas aussi bien que d'habitude. De l'autre... L'Humain avait vraiment l'air de vouloir s'amuser. Ou l'amuser, c'était au choix.

    ....

    Tss...

    Elle glissa sa main dans la sienne, reprenant le contrôle.

    - Vous dansez mal Adrien...

    Ce n'était pas aussi vif qu'elle était capable de faire, mais déjà bien, bien plus coordonné que lorsque son amant menait la danse. C'était tout de suite plus harmonieux et, Esprits merci, largement moins chaotique. Même si elle restait avec des pas simples et peu coûteux en énergie. Les badauds se désintéressaient d'eux, retournant à leurs propres mouvements, couple ou que savait-elle encore. Tant mieux.
    Ils finirent par s'arrêter, quelques minutes plus tard. A cause d'elle, toujours et encore. Elle et son foutu poumon crevé, à moitié guéri mais pas totalement, qui continuait à saper doucement ses forces vitales. Et sa respiration.
    Malgré tout, elle se sentait plutôt... bien. Elle sourit à Adrien, un peu en coin, avant de regagner sa place, avec autant de grâce que possible. Elle se calma vite, néanmoins. Elle n'était tout de même pas arrivée au stade où elle suffoquait; juste celui où elle cherchait à respirer avec un peu moins de peine.

    Bien attablée, le militaire en face d'elle, Ravilla finit son cocktail en quelques gorgées, faisant signe au serveur de lui en servir un second.
    Elle ne voulait pas être raisonnable ce soir. En tout cas, moins que d'habitude. Peut-être que se lâcher un peu lui ferait du bien... Si elle y arrivait. Néanmoins, tout espoir n'était pas perdu; elle était relativement moins mal à l'aise que tout à l'heure. Quand bien même elle ne savait pas vraiment quoi dire, caressant son verre vide du bout de la griffe.

    - Faites-moi penser de ne plus jamais vous laisser mener à partir de maintenant, ironisa-t-elle.

    Elle garda le silence un court instant, appréciant le contact froid sur le bout de son doigt, alors qu'elle le pressait contre son gobelet.

    - Ce n'était pas désagréable néanmoins...

    Sa commande fut déposée devant elle. D'un signe de tête, la militaire remercia le serveur avant de siroter quelques gorgées.
    En temps normal, elle tenait bien l'alcool. Mais le premier commençait déjà un peu à lui embrumer l'esprit et lui délier la langue, quoiqu'elle eût encore la pleine portée de ses sens.
    Elle en avait besoin, que ce soit pour se délier la langue ou oublier au moins en partie les mauvais souvenirs. A moins que ça ne soit pour se décider, en laissant son esprit libre de son propre frein.
    Non. Pas possible.
    Elle n'était définitivement pas assez bourrée pour ce dernier point.

    Elle soupira, regardant une Asari au décolleté provoquant assurer le service. Elle n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait les trouver attirantes, ou bien joli. C'était vraiment quelque chose qui lui échappait.

    La Turienne reprit quelques gorgées. Elle ne savait toujours pas ce qu'elle voulait ou non. Et plus le temps passait, plus elle doutait de trouver la réponse au fond de son verre.

    - Je suis vraiment mauvaise pour ça..., ricana-t-elle un peu pour elle-même, contemplant la baie qui flottait dans ce qu'il restait de liquide.
    Avant de relever les yeux vers son amant.

    - Vous voulez parler de quelque chose...?

    Autant déléguer...






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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Sam 21 Nov 2015, 02:23


Cette idée de danse pouvait paraitre intéressante de prime abord. Un moyen simple de se vider la tête et d’échapper à une conversation délicate et hachée, personne ne sachant trop quoi dire. Donc, un petit passage sur la piste pour penser à autre chose, le temps de remettre ses idées en place… Ca aurait pu être une très bonne idée. Sauf qu’en fait, Adrien dansait horriblement mal. Et c’est un magnifique euphémisme. Sans surprise, sur la piste de danse, ils finissaient par attirer les regards. Souvent moqueur, d’ailleurs. L’Humain se trémoussait comme il savait si bien le faire, dirigeant sa compagne qui semblait se laisser trainer.

- Vous dansez mal Adrien...

Sans blague ? Il n’avait pas besoin qu’elle le lui dise pour qu’il s’en rende compte. Néanmoins, cette petite phrase marqua le début du réveil de la Turienne, qui reprit petit à petit les choses en main. D’un enchainement de mouvements sans cohérences, la danse devint un peu plus ordonnée, sans être compliqué. Ce qui convenait parfaitement aux capacités d’Adrien. Les regards se détournèrent du couple, lorsqu’il devint évident qu’il ne serait plus divertissant de regarder l’Humain se ridiculiser. La danse continua encore quelques minutes, le temps que la musique se termine. Ravilla fit un petit sourire à Adrien avant de quitter la piste, sans doute fatiguée par l’effort. C’était aussi une raison pour laquelle la danse était une idée à la con : il valait mieux éviter de faire faire trop d’exercice à une convalescente. Mais au moins, elle semblait s’être amusée, ce qui était aussi l’un des objectifs de l’Humain.

- Faites-moi penser de ne plus jamais vous laisser mener à partir de maintenant.Elle laissa passer un court silence. Ce n'était pas désagréable néanmoins...

Et une nouvelle fois, ils se retrouvèrent attablés devant leurs boissons. Et sans que la discussion ne soit beaucoup avancée, au final. Encore une fois, ni l’un ni l’autre ne savait vraiment quoi dire pour faire disparaitre le silence. Ravilla semblait déterminée à vider la réserve d’alcool du bar, vu la vitesse à laquelle elle vidait son verre. Plus modéré, Adrien ne consommait pas autant, et regardait la descente de la Turienne. La deuxième tourna arrivait avant qu’elle ne se décide à prendre la parole, les yeux regardant le fond de son verre.

- Je suis vraiment mauvaise pour ça... Relevant les yeux, elle observa Adrien.
- Vous voulez parler de quelque chose...?

Belle façon de déléguer. Adrien n’en savait trop rien. Il se voyait mal demander comment elle allait : ce n’était pas forcément très délicat après les récents événements. Et les banalités de ce genre sont plutôt difficiles à placer dans ce genre de circonstances. Il avait beau se creuser la tête, il ne voyait pas vraiment de quoi il pouvait parler. Il en fut donc réduit à parler de la pluie et du beau temps, ce qui est assez délicat sur la Citadelle où il n’y a pas de climat. Il avait aussi voulu parler de Vindex et de la nouvelle nièce de la Turienne, mais estima que ce n’était peut-être pas le moment.


Quelques dizaines de minutes plus tard, ils quittèrent l’Electron Libre. Si Adrien n’avait aucun souci, Ravilla semblait… Joyeuse. Conséquence de la quantité d’alcool absorbé jusqu’à maintenant. Sans être complètement saoule, elle était plus exubérante que d’habitude. Enfin, pas au point de perdre sa retenue Turienne ou de s’ouvrir au monde non plus. Mais c’était toujours plus qu’en temps normal. Côte à côte, ils se dirigèrent (ou plutôt, Adrien dirigeait le duo) vers les baies d’amarrages des vaisseaux. Il se tenait proche de Ravilla surtout pour s’assurer qu’elle suive le rythme sans trop de soucis.

Ils s’installèrent sur un banc en face d’une des baies vitrés. Il n’y avait pas particulièrement de monde, en tout cas pas plus que les autres jours. Ce qui n’en faisait pas une place énormément fréquenté. Bon, Adrien aurait sans doute pu trouver plus calme et intime, mais c’était l’un des premiers endroits auquel il avait pensé. Et on faisait pire.
Ils observèrent donc en silence les vaisseaux aller et venir de leur baie d’amarrage, et s’en aller dans quelque part dans l’espace. De leur point de vue, ils ne voyaient pas la Terre, ce qui n’était sans doute pas plus mal pour les nerfs de la Turienne. Même trop alcoolisée, Adrien doutait qu’elle soit en état de supporter la vue de la planète.

« Alors Ravilla. Est-ce que tu as trouvée une réponse au fond de ton verre aujourd’hui ? Ton esprit est un peu plus clair ? Est-ce que tu pense que… Nous avons… Un avenir, ensemble ? » Demanda t-il d'une voix douce.



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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Sam 28 Nov 2015, 12:47

    Etrangement, la discussion se déroulait d’une façon plaisante. Certes, ils ne faisaient qu’échanger des banalités, mais c’était suffisant. Tout ceci avait le mérite de lui occuper l’esprit. L’alcool jouait un rôle, c’était indéniable. Il continuait de lui faire lâcher prise, de la rendre plus bavarde qu’à l’habitude. Certes, elle n’était pas pour autant une pipelette, mais au moins la Turienne décrochait plus facilement ses mâchoires.
    Elle avait, pour une fois, l’impression que tout allait plus ou moins bien. C’était faux, évidemment. Une partie d’elle s’en souvenait, même ensevelie sous l’éthanol et les jus. Mais pour une fois, elle n’écoutait pas cette petite voix perfide qui profitait de ses moments de faiblesse pour lui renvoyer le reflet de ses doutes et de ses peurs. Elle l’ignorait royalement, aidée par la conversation incessante de son amant.
    Elle était là, au milieu de ce bar et avec une charmante compagnie. Il lui fallut éviter de penser à leur relation floue, évidemment, mais ce n’était pas si difficile. Juste une femme donc, se remettant de ses blessures et se soignant à coups de cocktails. Ce n’était certes pas le meilleur des remèdes, mais il lui allait très bien.
    Ce n’était pas si mal, un peu de normalité.

    Ravilla hocha la tête, soulignant ce que venait de dire Adrien d’un autre exemple après avoir bu une gorgée.

    Quand remontait la dernière fois où la militaire s’était autant lâchée ? Impossible à dire. Même si elle gardait sa dignité toute palavienne, il n’empêchait pas qu’elle effaçait un peu de sa retenue habituelle. Difficile à voir, même pour ceux qui la connaissait bien, mais elle connaissait son propre état. De quoi lui faire cliqueter des mandibules – en même temps que lever une nouvelle fois le coude.
    Il fallait juste qu’elle évite de penser à eux, ou de vouloir donner une réponse définitive quelle qu’elle soit. C’était le secret. Oublier ses emmerdes, profiter de l’instant présent, faire semblant de s’intéresser à la météo de la Citadelle. Trouver quelque chose à dire en retour. Ignorer l’Asari qui lançait des clins d’œil langoureux à tout le monde ou son flanc qui lui lançait de temps à autre malgré l’effet anesthésiant de l’alcool.
    Elle s’entendait converser avec légèreté, bien qu’elle ne se souvenait plus l’instant d’après de ce qu’elle venait de dire. Ce n’était pas si important au final. L’essentiel était de ne pas se concentrer sur des choses trop négatives. Et un peu empêcher le Lieutenant d’amener la conversation sur eux. Ou ce qu’ils étaient. Ou étaient censés être.
    Elle le laissait pourtant mener leur échange. Tout au plus elle le redirigeait un peu quand elle sentait qu’il commençait à dériver en des eaux plus troubles. Et si ses interventions étaient plus fréquentes qu’à l’accoutumées, elles n’étaient pas non plus constantes. Elle préférait écouter. C’était dans sa nature.

    L’Humain tenta une plaisanterie. Pas mal, mais pas particulièrement drôle, d’un point de vue Turien au moins. Pourtant, Aper ria. Pas d’une façon franche et sincère, pas plus que du petit ricanement poli de ceux qui ne veulent pas froisser. Non, c’était un de ces rires trop rares, qui échappent à leur propriétaire, retentisse un instant avant de disparaître dans le néant.
    C’était sans doute le signe qu’elle avait trop bu. Mais ça ne la dérangeait pas. Elle continua de parler comme si rien n’était arrivé, un sourire aux lèvres avant de finir le contenu de son verre. Pendant ce temps, la musique retentissait toujours, les danseurs se déhanchaient, et la serveuse se faisait remballer par un Turien pas intéressé, d’ailleurs très vite rejoint par son petit ami. Le couple partit, laissant l’Asari ramasser son honneur brisée avec une moue mesquine sur le visage. Puis elle fila se chercher une nouvelle proie, comme si de rien était.

    Ravilla et Adrien finirent eu aussi par quitter les lieux sur la proposition quasi-exclusive de l’homme. Sa compagne s’était contentée de hocher de la tête et de le suivre, d’un pas bien plus guilleret et bien moins militaire qu’en temps normal. Et un peu moins sûr aussi, bien qu’elle faisait des efforts pour le cacher. Elle réussissait néanmoins à marcher droit.
    Evidemment, en parfait gentleman, Annaz continuait de s’inquiéter sans le montrer, se tenant assez proche pour la rattraper si elle venait à déraper. Cela n’arriverait pas. L’alcool lui était rapidement monté à la tête – c’était impossible de le nier – mais ce n’était pas pour autant qu’elle était saoule. Ou en tout cas qu’elle l’était trop.

    Après quelques temps de marches au travers des lumières tamisées de la Citadelle, ils arrivèrent sur la baie des embarquements. Celle-ci connaissait un niveau de fréquentation qu’on pouvait qualifier de normal pour l’heure, bien que la population soit largement moindre qu’aux heures pleines.

    La militaire fut tirée jusqu’à un banc ; elle se laissa faire. Durant plusieurs minutes, ils se contentèrent de regarder le balais lent des vaisseaux qui s’amarraient et décollaient, que ce soit à ce port ou à un autre, situé dans une autre parcelle des secteurs. Face à eux, il n’y avait que l’immensité de l’espace et les étoiles, ainsi que les planètes les plus proches et visibles. Au loin, en plissant les yeux, il était possible d’apercevoir un astre tirant vers un marron clair, qui lui sembla être Jupiter, à moins qu’il ne s’agisse de Mars. Elle n’était pas très sûre et de toute façon elle n’avait pas l’esprit assez clair pour réviser ses connaissances du système solaire. Et même au-delà de ça, elle ne le désirait pas en temps normal. Alors, dans ces conditions….
    L’atmosphère, outre le calme qu’elle dégageait, était presque accompagné du silence. Cependant, la présence des nombreux individus ne le permettait pas d’être total. Les sons leur venaient comme une vague tandis que les discours s’animaient ou se calmaient à plusieurs mètres d’eux, que les contractuels se renseignaient, qu’on passait près d’eux en des bruits de pas décroissants. Quelqu’un avait désactivé les effets sonores qui s’enclenchaient lorsque l’un des véhicules s’approchait ou s’éloignait. C’était bien mieux sans.

    - Alors Ravilla. Est-ce que tu as trouvé une réponse au fond de ton verre aujourd’hui ? Ton esprit est un peu plus clair ? Est-ce que tu penses que… Nous avons… Un avenir, ensemble ?

    Evidemment, il revenait dessus. Ces palabres insouciants au bar n’avaient été qu’un temps de répit offert. Il ne voulait pas rester plus longtemps dans l’ignorance. Elle aurait dû s’en douter.
    La Turienne claqua doucement des mandibules, entre-ouvrit la bouche… pour mieux soupirer.

    Il y a moins de quelques jours, voir quelques heures de cela, elle aurait pu se lancer dans un grand discours. Un qui expliquait que c’était impossible, qu’elle était dévouée aux siens et prête à se sacrifier pour eux. Voudrait-il vraiment courir le risque qu’on lui dise un jour qu’elle était morte en mission ? Pire, qu’il l’apprenne de Vindex ? Déjà qu’il avait mal supporté de la voir blessé, est-ce qu’il voulait vraiment cela ? Sans compter qu’ils venaient d’armées et d’espèces différentes.
    Et puis, au-delà de ce simple fait, elle n’était pas femme à rester à un homme. Pas après autant de temps à papillonner d’un endroit à l’autre. Ce n’était pas pour autant qu’elle ne pouvait pas se contraindre à être fidèle. Mais elle finirait par s’ennuyer et vouloir partir. Même sans ça, il aspirait à une vie posée et calme, ce qu’elle ne serait jamais en mesure de lui offrir.

    Après quoi, elle se serait levé, aurait souhaité à Adrien le meilleur du monde et ils ne se seraient plus jamais revus. Rideau, fin de l’acte et à jamais.

    Maintenant… C’était autre chose. Et elle n’était pas en mesure de pousser d’avantage sa réflexion, d’avancer pour reculer, d’hésiter, vouloir y aller et puis non. Plutôt que de continuer à se torturer l’esprit avec tout ceci, elle accepta de laisser une partie de ce qu’elle cachait s’exprimer.

    Au lieu de répondre directement, elle se contenta de poser sa tête sur l’épaule de l’humain et de fermer les yeux. Si cela pouvait sembler anodin pour ceux qui passaient à proximités, le Lieutenant devait avoir saisi toute l’importance de ce geste. Elle prit la parole après quelques secondes de silence absolu.

    - Honnêtement ? Il n’y avait rien au fond de mon verre. Pas même un début d’indice. Quand à avoir l’esprit clair, je pense que c’est tout l’inverse, ricana-t-elle avant de vite reprendre son sérieux.

    Je ne remplirais pas vos attentes, vous le savez. La femme présente et aimante, ce n’est pas pour moi. C’est encore pire sachant que nous sommes tous deux militaires. Déjà que ce n’est pas évident pour ceux issus de la même armée, alors pour nous venant d’espèces différentes…

    Mais, malgré ça… On peut toujours essayer. Voir si ça nous mène quelque part, au moins en partie.


    Elle se tut, en partie blottie contre lui, à attendre sa réaction, faisant de son mieux pour que son aveu caché le reste. Et à ne pas s'endormir ainsi. Sa dignité en prendrait un coup.






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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Jeu 03 Déc 2015, 20:44


Comme il s’en doutait, sa question faisait dessaouler Ravilla plus rapidement que n’importe quel médicament. Et la plongeait dans le trouble. Elle lui faisait la totale : soupir, claquement de mandibules… Il avait l’habitude de ces manifestations extérieures de son trouble, les seules qu’elle se permettait. Ou qu’elle laissait échapper malgré elle, difficile à savoir. Dans tout les cas, elle ne semblait pas savoir quoi répondre. Ou comment l’annoncer. Il attendit donc la sentence en silence.

A sa grande surprise, montrée par un léger sursaut, la Turienne pose la tête sur son épaule. Une véritable révolution, tant elle était réfractaire à ces démonstrations de proximité en public. Est-ce qu’Adrien avait surestimé ses capacités à la faire revenir à la réalité loin de la boisson et qu’elle était encore à moitié sous les effets de l’alcool ? Ou endormie ? Ça semblait peu probable mais… La scène était tellement surprenante que toutes les raisons, même les plus idiotes, lui venaient en tête. D’autant que le silence s’éternisait.

- Honnêtement ? Il n’y avait rien au fond de mon verre. Pas même un début d’indice. Quand à avoir l’esprit clair, je pense que c’est tout l’inverse. Un ricanement.

Je ne remplirais pas vos attentes, vous le savez. La femme présente et aimante, ce n’est pas pour moi. C’est encore pire sachant que nous sommes tous deux militaires. Déjà que ce n’est pas évident pour ceux issus de la même armée, alors pour nous venant d’espèces différentes…

Mais, malgré ça… On peut toujours essayer. Voir si ça nous mène quelque part, au moins en partie.


Et voila, ils étaient fixés. Après trois mois de tâtonnement et de fréquentations ponctuelles, de sous-entendus et de craintes, les choses étaient enfin posées. Une relation stable, peut-être durable selon l’évolution des événements, mais déjà plus claire que récemment. Bien sûr, elle pensait toujours ne pas convenir, être incapable d’être une femme aimante, et tout ce qui va avec. La même rengaine depuis plus d’une décennie. Adrien finissait par connaitre le refrain.

« Je ne te demande pas une déclaration éternelle, Ravilla. Je sais parfaitement que ce n’est pas possible. Un jour, peut-être. Mais je sais qu’actuellement… Quand à ton argument sur notre race, je crois que ça ne nous a jamais gênés. Je sais à quel point la vie de militaire peut être difficile pour un couple, mais nous sommes tout les deux capables de surmonter ça. » Dans un geste relevant de la témérité, il osa passer une main autour de la taille de Ravilla. Qui accepta après un temps de surprise. « Tu dis que tu ne sera pas une femme présente et aimante et que par conséquent, tu ne remplira pas mes attentes… Je pensais que tu avais fini par comprendre. Ce n’est rien de tout ça que je veux. C’est toi. J’ai vécu aussi des histoires pendant ces treize ans, tu t’en doute autant que moi. Et pourtant, il manquait toujours quelque chose. Alors même si nous ne seront pas toujours collés l’un à l’autre, je sais ce que j’attends. »

Quitte à mettre les choses aux clairs, autant y aller franchement. Comme ça, l’un comme l’autre était fixés. La relation pourrait commencer pour de bon sur des bases saines. Ils restèrent ainsi un moment, s’attirant parfois un regard interrogateur de la part des badauds qui passaient par là. Adrien s’en fichait royalement, il profitait du moment. Pour une fois que la Turienne effectuait un geste d’affection en public… Mais ils n’allaient pas rester ainsi pendant toute la journée.

« On rentre chez moi ? » Une question qui n’en était pas une, puisqu’il se leva en compagnie de la Turienne. Après tout, il fallait bien quitter leur point de vue à un moment où un autre. Ce fut en taxi qu’ils retournèrent au logement de l’Humain, afin d’économiser la santé de Ravilla. Un trajet globalement silencieux mais beaucoup moins froid que l’aller. Sans être ouverte, la Turienne acceptait plus naturellement des démonstrations d’affections, comme être proche d’elle. C’était déjà pas mal.

Ils arrivèrent chez Adrien, sans trop savoir quoi faire. Après quelques minutes d’hésitations, ils décidèrent de se mettre d’accord pour un film : l’état de la Turienne ne lui permettait pas vraiment de faire beaucoup d’activité, entre son poumon et sa consommation d’alcool. Ils s’installèrent tout les deux dans l’un des canapés, profitant du moment.



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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Jeu 10 Déc 2015, 17:12

    Les yeux fermés, Aper écoutait, comme à son habitude. Elle avait dit tout ce qu'elle avait à dire et ne voyait pas quoi rajouter. Les grands discours n'étaient pas pour elle, ni même les déclarations enflammées. Elle était juste prête à essayer. Laisser une chance. La réponse dépendait évidemment d'Adrien mais... Par les Esprits! C'était tellement évident! Il allait accepter cette situation, toute entière, trop heureux qu’ils recommencent un semblant de vie commune. Qu'importe s'il se mordait les doigts, il voulait sa présence. Même s'ils ne se connaissaient plus tellement que ça. Entre ce qu'ils avaient été et maintenant, tout pouvait bien être différents. Ils allaient devoir apprendre à s'apprivoiser de nouveau.

    Il commença à parler, donnant ainsi son verdict. Comme c'était prévu, il acceptait. Il balaya les arguments sur leur différence de race d'un coup de main. Il oubliait sans doute que, s’il passait sa vie sur la Citadelle, ce n'était pas le cas de Ravilla. En dehors de ses permissions, elle n'y allait jamais, ou si peu. Toujours affectées à des bases ou des vaisseaux sur lesquels servir. C'était bien cela qu'elle entendait, lorsqu'elle évoquait la difficulté de la vie commune. Mais lui... Il était tellement sûr que tout irait bien, que l'éloignement ne les gênerait pas... Elle se demanda un court instant d'où lui venait une telle assurance.
    En même temps qu'il parlait, le Lieutenant avait déplacé son bras jusqu'à pouvoir le passer autour de la taille de la Turienne. La réaction ne s'était pas fait attendre; elle avait commencé à l'esquiver, s'écartant du contact. Par pure habitude. Elle finit par accepter de se laisser toucher, ses muscles encore raide alors qu'elle anticipait à nouveau le contact. Elle n'était pas à l'aise malgré l'alcool et ce qu'ils venaient de se dire. Il fallut attendre un peu avant qu'elle réussisse à se détendre et faire comme si tout était normal.
    Annaz reprit la parole tout juste après. Des mots touchants qui, il fallait bien le reconnaître, émurent quelque peu celle à qui ils étaient destinés. Il semblait tellement aveuglé mais toujours aussi déterminé.

    - J’ai vécu aussi des histoires pendant ces treize ans, tu t’en doute autant que moi. Et pourtant, il manquait toujours quelque chose. Alors même si nous ne serons pas toujours collés l’un à l’autre, je sais ce que j’attends.

    Elle ne répondit pas. Qu'est-ce qu'elle aurait pu dire en même temps? Les romances et les mièvreries n'étaient pas son domaine. Et même si elle était attendrie, la Turienne n'était pas familière avec ce genre de choses. Le remercier aurait été idiot, dire la même chose aurait sonné faux, tenter de rebondir sur autre chose aurait donné l'impression qu'elle fuyait... Non. Le silence était la meilleure chose à faire. Se taire et profiter du moment. Voilà quelque chose qu'elle arrivait à faire à peu près correctement.

    Son amant ne continua pas plus. Alors ils restèrent tous les deux sans rien dire, blottis l'un contre l'autre. Ravilla avait à nouveau fermé les yeux. Pour ne pas voir les regards curieux de ceux qui passeraient non loin, ne pas avoir à se sentir gênée et repousser une nouvelle fois son... devait-elle dire "petit ami" désormais?
    Bref. Elle n'avait pas envie qu'il le prenne personnellement, même si il savait qu'elle n'aimait pas cela. C'était stupide à dire mais ce genre de démonstration d'affection en publique lui donnait l'impression d'être... fragilisée en quelque sorte. Bien sûre, il n'y avait aucune raison de sentir les choses ainsi. Ce n'était pas parce qu'elle avait une vie privée que cela affectait ou diminuait ses capacités professionnelles, évidemment. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher de le croire un peu. Sans doute ses années à se jeter à corps perdue dans le travail et ignorer le reste.
    De toute façon, elle ne voulait pas y penser. Fermer les yeux, vider son esprit. Goûter l'instant présent. Ils restèrent ainsi quelques minutes.

    - On rentre chez moi ?

    Adrien se relevait déjà, l'invitant à en faire de même. Aper se laissa faire. Ils n'allaient pas rester ici, à la vue de tous. Oui. Rentrer serait mieux que s'offrir aux regards curieux des passants, fussent-ils honnêtes ou non.
    Ils reprirent une légère distance entre eux deux, qui étaient parfois coupées par un contact discret. Un peu comme dans le taxi où ils s'installèrent côtes-à-côtes, se frôlant parfois durant le trajet qui les ramenaient chez eux. Ce n'était rien de bien transcendant mais cela restait un rapprochement non négligeable. Le silence continuait, comme si l'un et l'autre avaient peur de briser quelque chose. Ils ne reprirent la parole qu'une fois arrivés chez l'Humain. Après quelques propositions, ils finirent par décider de passer le reste de la soirée à regarder un film. Ce fut au propriétaire des lieux de choisir lequel. Choix qui fut interprété comme un terrible manque de goût par sa compagne. En effet, sans doute pris dans un élan de romantisme mielleux, les deux se retrouvèrent à regarder "Flotte et Flottille". Un classique en matière de film romantique inter-espèce ce qui n'était pas, comme beaucoup pouvait s'en douter, un genre dont la militaire était particulièrement entichée. Elle supporta difficilement de voir les premières minutes, finissant par s'endormir à la fin de la chanson la plus connue du film.

    Ses yeux de chats finirent par se rouvrir sur le générique de fin alors qu'elle prenait conscience d'être à moitié allongée sur Adrien. Celui-ci s'était déplacé, sans doute doucement pour ne pas la réveiller alors qu'elle avait glissé contre lui, de telle façon à ce que les deux soient à moitié couchés. Elle dans ses bras, lui se servant de l'accoudoir pour mieux se caler.
    Elle se releva doucement afin d'être à nouveau assise.

    - Excusez-moi. Je crois qu'il est tard; je ferais peut-être mieux de rentrer...

    Elle n'en fit rien, restant là sur le sofa, sans avoir fait mine de ne serait-ce que vouloir se déplacer, les mandibules cliquetant doucement. Avant de tourner à nouveau son regard vers lui. On pouvait voir que quelque chose semblait la perturber. Elle finit par signifier son trouble, très simplement. Directe et claire, comme à son habitude.

    - J'ai vu que vous aviez sorti des valises. Vous comptez partir bientôt?

    Effectivement, dans un coin de l'appartement trônaient quelques malles qui semblaient prêtes à partir.






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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Ven 11 Déc 2015, 00:47


Le film était tout ce qu’il y a de plus classique pour un couple : Flottes et flottilles. Oui, Adrien n’avait pas forcément beaucoup d’imagination pour choisir le programme, et il aurait sans doute choisi autre chose si une autre idée lui était venue en tête. Mais sa tête semblait être aux abonnées absents pour l’instant, il finit donc par se débrouiller seul. En même temps, il savait que le film ne plairait pas à Ravilla, vu son manque flagrant de romantisme. Mais si cela la gênait autant, elle aurait objectée, ce qui n’était pas le cas. Sans doute faisait-elle un effort pour ne pas paraître froide alors qu’ils venaient juste de se remettre ensemble.

Installés dans le canapé, ils commencèrent donc à regarder le classique romantique. Et c’est vrai qu’au final, il était chiant. Pas mauvais, mais rempli de clichés et de mièvreries. Entêté, Adrien continua de supporter film en essayant de s’y intéresser. Difficile à faire cela dit, outre le fait qu’il l’avait déjà vu, par la présence de la Turienne à côté d’elle qui commençait à piquer du nez. Elle finit par s’endormir définitivement entre la troisième et quatrième chanson, soit après 20 minutes de film. A sa décharge, elle avait de quoi être fatiguée. Et rien pour la maintenir éveillée.

Adrien se déplaça de manière à lui permettre de se reposer le plus possible, s’allongeant à moitié et prenant appuie sur l’accoudoir pour qu’elle puisse être le plus possible en position horizontale, et utiliser son bras comme oreiller. Il regretta cette dernière idée après une dizaine de minutes quand il senti son bras s’engourdir, mais ne se déplaça pas pour autant. Après tout, il était un peu coupable de la fatigue de la Turienne : avec un temps de réaction plus rapide, il aurait peut-être pu l’empêcher de se faire poignarder, ou abattre la pirate avant qu’elle n’agisse… Bref, être utile. Mais puisqu’on ne peut pas défaire le passé, il revient au présent et se contenta de baisser le son du film pour ne pas la réveiller.

Dans cette position, Adrien n’avait pas grand-chose d’autre à faire que réfléchir. Ou se concentrer sur le film, ce qui était exclu. Sa nouvelle relation avec Ravilla était le sujet le plus important actuellement. Il réfléchissait à ce qu’elle avait dit, les diverses mises en garde, les tentatives de fuite… Il savait que cet engagement était beaucoup plus important pour la Turienne que pour lui. Elle qui fuyait tout ce qui ressemblait à une relation depuis une décennie venait d’accepter de se lier à quelqu’un pour une durée indéterminée. Et donc, de s’inquiéter pour lui, comme elle s’inquiétait de son frère. Ses tentatives de dérobades n’étaient qu’une manière de se protéger du bonheur. Par conséquent, elle devait se croire indigne d’être heureuse. Une piste à creuser.

Adrien quand à lui venait de retrouver la femme qu’il avait aimé dans sa jeunesse. Jeunesse toute relative, vu qu’il avait plus de 25 ans, mais jeunesse quand même. Il ne lui avait pas couru après suite à la rupture, même s’il n’avait pas compris le pourquoi d’une telle décision. Mais la question l’avait hanté pendant un moment, jusqu’à ce qu’il finisse par se faire une raison, sans oublier la Turienne. La retrouver avait été un sacré coup du hasard, mais la voir dans cet état de solitude était désolant. Il en avait eu mal pour Vindex, le jour de leurs retrouvailles. Sa froideur au combat était aussi perturbante, même si plus compréhensible.

L’Humain espérait, avec le temps, faire sortir Ravilla de sa carapace et faire en sorte qu’elle se montre plus chaleureuse. Pas non plus qu’elle saute sur le premier quidam venu, mais au moins qu’elle ait des discussions enjouées avec sa famille, en particulier sa nièce et son frère. Ils méritaient mieux qu’un détachement presque militaire quand elle leur parlait. Si, au passage, il pouvait lui faire comprendre qu’elle méritait aussi de vivre et de laisser ses démons derrière elle, ce serait un bonus non-négligeable. Mais le premier pas avait été fait avec leur remise en couple officielle. Et là-dessus, Adrien n’allait sûrement pas se plaindre. Au final, c’est ce qu’il cherchait vraiment.

Le générique de fin touchait à sa… Fin, quand Ravilla commença à bouger, au grand soulagement du bras d’Adrien. Elle ne semblait pas gêner plus que ça de sa crise de sommeil impromptue, et ne s’excusait pas précipitamment d’avoir utilisé l’Humain comme oreiller. Incroyable comme elle semblait plus conciliante. L’alcool devait y être pour quelque chose, ou alors elle se rendait compte que tout le monde ne lui voulait pas du mal. Dans tout les cas, c’était une avancée majeure. Elle se redressa jusqu’à être assise, et Adrien fit de même en reprenant sa position de début du film.

- Excusez-moi. Je crois qu'il est tard; je ferais peut-être mieux de rentrer...

Ha oui, bien sûr. Ça semblait trop beau pour être vrai, un tel relâchement. Et pourtant… Elle ne semblait pas si motivée que ça à partir. Elle semblait gênée par quelque chose, puisqu’elle se remettait à cliqueter des mandibules. Décidément, c’était un tic, elle ne pouvait pas le faire consciemment, c’était le même geste à chaque fois qu’elle était préoccupée. Elle finit par braquer son regard sur Adrien, avant de se jeter à l’eau et de mettre son problème sur le tapis. Il fallait s’attendre au pire avec elle.

- J'ai vu que vous aviez sorti des valises. Vous comptez partir bientôt?

Ha, ce n’était que ça. D’un côté, Adrien était soulagé, il s’attendait à un grand discours où elle essayait de se dérober encore une fois. Une question aussi innocente était inattendue mais agréable. Déjà parce que ce n’était pas la mauvaise nouvelle crainte, ensuite parce que cela montrait qu’elle s’inquiétait de son Humain. A cause de leur nouvelle condition ou par pure sollicitude, c’était une autre question dont il n’avait pas la réponse.

« Ho, ça ? Oui, je m’absente un moment. Je pars pour Rio dans deux jours. Sur Terre, à l’académie d’entraînement pour les forces spéciales, le programme N. J’ai reçu l’invitation à la prochaine session quelques jours après qu’on soit rentrés d’Antirumgon. Qui aurait cru qu’il suffisait de voir ses subordonnés à l’article de la mort pour se faire inviter dans les forces spéciales ? »

La dernière phrase avait été dite sur le ton de la plaisanterie, mais le cœur n’y était pas. Adrien se demandait vraiment pourquoi l’académie l’avait invité alors que sa mission sur la planète gelée avait failli tourner au désastre. Il ne pouvait pas vraiment demander la raison cependant, et ça resterait un mystère.

Ayant rassuré la Turienne, il la raccompagna jusqu’à la porte, la fatigue étant clairement visible sur son visage. Trop, d’ailleurs. Il n’était pas inquiet pour elle, mais un peu quand même. Entre l’alcool, sa blessure et maintenant la fatigue… Ca commençait à faire beaucoup pour la Turienne.

« Ravilla… Tu es sûr que tu ne veux pas plutôt passer la nuit chez moi ? Et tu sais que ça ne me dérangera pas puisque je te le propose. Je me sentirais plus rassuré si tu acceptais. »

Elle semblait hésiter, et Adrien craignait qu’elle refuse. Après tout, jusqu’à récemment, l’idée n’était même pas envisageable. Pourtant, elle se décida à accepter. Par peur de tomber de fatigue avant d’arriver chez elle ou pour faire plaisir à l’Humain, la question restait à débattre. Adrien prépara donc le lit pour accueillir une deuxième personne le temps que la Turienne fasse sa vie de son côté. Celle-ci finit par rejoindre le lit où s’installait l’Humain après s’être changé, et ils s’installèrent ensemble sous la couette.

« Bonne nuit Ravilla » dit Adrien en déposant un baiser sur le front de la Turienne, avant d’éteindre la lumière.


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MessageSujet: Re: Tout finit par changer   Dim 13 Déc 2015, 22:24

    - Ho, ça ? Oui, je m’absente un moment. Je pars pour Rio dans deux jours. Sur Terre, à l’académie d’entraînement pour les forces spéciales, le programme N. J’ai reçu l’invitation à la prochaine session quelques jours après qu’on soit rentrés d’Antirumgon. Qui aurait cru qu’il suffisait de voir ses subordonnés à l’article de la mort pour se faire inviter dans les forces spéciales ?

    - Ah. C'est... bien, finit-elle par lâcher après quelques secondes de mutisme.

    Oui, ça l'était. Vraiment et sans la moindre trace d'ironie. Le programme N permettait d'aboutir au N7, l'équivalent Humain de la Garde Noire. Y entrer soulignait les qualités du candidat. En l’occurrence d'Adrien. C'était sans doute un grand honneur pour lui; une façon de couronner sa carrière. Mais... malgré tout, la Turienne n'arrivait pas à se sentir réellement heureuse pour lui. Déjà car, vu la fin de son discours, l'Humain continuait de se sentir responsable pour sa blessure. Ensuite... C'était peut-être parce que cela signifiait qu'il allait partir.
    Bordel. C'était stupide et égoïste. Mais maintenant qu'ils avaient commencé à mettre les choses au clair, qu'elle tentait de jongler désespérément avec ce que leur relation signifiait et comment la faire marcher, son départ s'annonçait malvenu. Même s'il était prévu depuis longtemps. Elle avait l'impression qu'il allait la laisser seule avec toutes ses pensées alors qu'elle n'arrivait même pas à savoir par quel bout commencer. C'était...

    Non. Son esprit embrouillé n'était dû qu'à la fatigue et à l'alcool. Même dans les pires moments de sa vie, elle n'avait eu besoin tout au plus que d'un support pour la réconforter. Elle n'avait pas besoin de quelqu'un pour la guider, lui montrer comment les choses allaient se faire. Même pour quelque chose d'aussi compliqué que leur couple. Il fallait qu'elle dorme. Il serait plus facile pour elle de réfléchir le lendemain, à tête reposée.

    - Je vais vous laisser. Nous pourrons nous retrouver demain et avant votre départ si vous le souhaitez.


    Elle se releva soudainement, tituba un instant avant de reprendre un pas ferme, faisant comme si de rien était. Pourtant, le monde tournait un peu autour d'elle. Est-ce qu'elle avait mangé aujourd'hui? Ce matin, c'était une certitude. Ce midi... Sur le pouce, mais maintenant elle se souvenait que oui. Par contre, ce soir... Elle avait vraiment déconné. Entre son jeûne, l'alcool et ses médicaments, la prudence s'était vue balancée aux oubliettes.
    Il fallait vraiment qu'elle dorme.

    A côté d'elle, Adrien l'examinait, clairement inquiet. Elle tenta de fuir son regard, faire comme si rien était. Elle n'était pas encore habituée à ce que quelqu'un d'autre que Vin s'inquiète pour elle et d'une façon qu'on pouvait qualifier de "légitime". Elle mettrait bien du temps à s'y faire.

    - Ravilla… Tu es sûr que tu ne veux pas plutôt passer la nuit chez moi ? Et tu sais que ça ne me dérangera pas puisque je te le propose. Je me sentirais plus rassuré si tu acceptais.

    Non. Elle n'avait pas pris ses somnifères. La dernière fois qu'elle avait dormi ailleurs que chez elle s'était mal passée. Raison de plus pour se montrer raisonnable. Au moins une fois de toute la soirée. De toute façon, elle allait prendre le taxi et...
    C'était vraiment difficile pour elle de se concentrer. Elle était épuisée. Le contrecoup de la journée arrivait. Il ne manquait plus que sa blessure se remette à la faire souffrir pour que la nuit s'achève en apothéose.

    Ses yeux de chats glissèrent jusqu'à l'humain. Il avait vraiment l'air inquiet. Peut-être... Peut-être qu'elle pouvait rester pour ce soir. De toute façon, elle allait s'endormir immédiatement, une fois qu'elle se serait allongée. Ses somnifères ne seraient même pas nécessaires.

    - Très bien.

    Elle avait concédé à sa demande. Même elle, ça ne l'étonnait qu'à moitié. L'hôte des lieux prépara le lit pour elle, rajoutant un oreiller et tout ce genre de choses. Il n'avait pas de tenue de nuit mais c'était réellement le cadet de ses soucis. De toute façon les deux se fréquentaient, même de façon moins sérieuse que maintenant, depuis plusieurs mois. Il avait l'habitude de la voir (et l'avoir) à demi-nue à ses côtés. Une fois de plus ou de moins...
    Ils finirent par se glisser tous les deux sous la couette, pour une fois sans un but de luxure à la clef. La Turienne somnolait déjà à moitié alors que son compagnon lui déposait un timide baiser sur le front.
    Elle finit de s'endormir sans crainte. Son épuisement était trop important. Cette nuit se passerait bien.


    *******




    On put retrouver le couple le lendemain matin dans la cuisine. Ravilla évitait soigneusement le regard d'Adrien, le nez dans sa tasse. Elle semblait chercher à se noyer dans son café.
    L'Humain quant à lui faisait comme si de rien était. La trace des phalanges sur sa joue commençaient à s'effacer petit à petit....



    FIN DU RP







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