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 Sur le chemin

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MessageSujet: Sur le chemin   Jeu 05 Nov 2015, 13:54
Intervention MJ : NonDate : 7 Mars 2200RP Tout public
Shannon O'Ryan-T'Siola
Sur le chemin



    Bureau des douanes

    L'officier en charge des douanes tenta de cacher sa nervosité alors qu'il tapait sur sa machine. En face de lui, la Kroganne ne desserrait pas des mâchoires. Elle n'avait pas l'air en colère - encore qu'il était toujours difficile à dire, avec cette espèce - mais cela n'empêchait pas l'Humain d'avoir envie de disparaître derrière son bureau. Le pire était sans doute la voix calme avec laquelle elle parlait. Ca couplée aux deux yeux bleus qui l'observaient calmement. Il aurait préféré qu'elle tonne, hurle ou le menace. Tout ce qui aurait pu lui permettre d'appeler la sécurité et la faire partir de sur Terre. Mais non, elle attendait, patiente.
    Normalement, Ivan aurait dû développer une sorte de respect pour les aliens. D'autant plus que les Krogans avaient sauvés sa fille, soldate dans l'Alliance, sur Epée. La pauvre avait tout de même fini avec une jambe en moins et plus de six mois sans service. Mais sans eux, la Brute aurait fait plus que lui arracher cela. Plus d'un parent et d'une famille avaient finis par se dire que les extraterrestres avaient été une bonne chose et qu'ils n'auraient jamais réussi à arrêter la guerre sans eux. Ce qui était, à proprement parler, des foutaises aux yeux du Russe. Shepard avait réussi à arrêter la guerre. Un Humain. Pas une armée de lézards sur deux pattes. Tout au plus lui avaient-ils donnés un peu de temps.

    Et maintenant que ce Héros était mort, on pensait que tout le monde avait travaillé ensemble et qu'on leur devait tout. La planète n'était toujours pas reconstruite et on permettait à tout et surtout n'importe quoi de venir. Il suffisait presque de se pointer aux douanes, la bouche en cœur, s'enregistrer et aller! C'était la fin de l'affaire.
    Vraiment, quelles saloperies.

    - Vous ne trouvez pas...?, demanda la voix douce mais ferme.

    En face, Ivan s'humecta les lèvres, évitant soigneusement de croiser les yeux turquoises diaboliques. Il n'avait jamais entendu une telle chose, mais il était sûr que la créature pouvait lire son esprit. Les biotiques étaient bien capable de faire léviter des objets de plusieurs fois leurs poids, ils devaient bien pouvoir faire ça. C'était la spécialité des Asaris après tout. Si ça se trouvait, les Krogans pouvaient le faire aussi...

    - Voulez-vous que je répète?, questionna à nouveau la Chamane, plus fermement encore.

    Derrière son écran, l'Humain maugréa un temps avant de finalement rassembler son courage et tenter de faire preuve d'autorité.

    - Ecoutez, je ne trouve aucune Kalant Jix et...

    - Kalank Vix, le coupa-t-on.

    Il replongea son nez sur son ordinateur, maugréant tout seul. Foutus aliens, il leur montrerait bien. Malgré tout, il était heureux d'avoir l'épaisse plaque en plexiglas qui le séparait d'elle. Et de ses deux compagnons, juste à un pas derrière elle. En armure évidemment. De foutus barbare, voilà ce qu'ils étaient! Il avait presque honte de voir l'Humaine derrière la femme, qui considérait la lézarde comme sa chef. Une honte pour la Terre, voilà ce qu'ils étaient!
    Quant au Butarien, il prenait soin de l'ignorer royalement depuis le début. Chose que le Quat'Zyeux lui rendaient bien et qui ne faisait qu'accroître la colère et la frustration d'Ivan. Mais au moins, ici, dans son petit bureau, il était le maître incontesté! Et il pouvait bien les faire attendre encore un peu.
    Le raclement de gorge lui convainc du contraire.

    - Oui, donc, finit-il par grommeler. Kalank Vinx. On a bien eu une Krogane qui est venue ici il y a deux ou trois jours. Elle a pris un vaisseau pour l'Amérique. 'Refusé de répondre aux questions sur le but de son voyage.

    Il renifla d'un air méprisant pour bien vite s'arrêter face aux yeux réprobateurs. Il gronda doucement une nouvelle fois.

    - 'Besoin de votre identité pour vous laisser passer, finit-il par cracher.

    En face de lui, il sentit le regard azuré se poser sur son visage, le détaillant avec un dédain que l'extraterrestre ne cachait plus.

    - J'ai abandonné mon identité il y a longtemps. La femme qui m'accompagne se nomme Eléa Héranie. Le Butarien est Jarod Kerg.

    Ahah! Enfin il la tenait! Un sourire éclatant resplendit sur le visage de l'Humain alors qu'il prit un air royal.

    - Sans votre identité, je ne peux pas vous laisser passer.

    Il déchanta une nouvelle fois lorsqu'une main lourde s'abattit sur le comptoir, provoquant un court moment de panique de la part des autres voyageurs qui attendaient derrière elle.

    - Alors appelez-moi Chaman. Maintenant, cessez de me faire perdre mon temps, Mâle.

    En face, un déglutissement peu assuré lui répondit.

    Bidonville, États-Unis



    La constante universelle "On ne fait pas chier un Krogan" s'appliquait partout. Surtout quand ledit Krogan en était une, et qu'elle affichait un air encre plus revêche qu'un mâle en pleine rage du sang. Et même sans en avoir déjà rencontré un, on l'évitait. C'était tant mieux. Si elle n'était pas si en colère, Vix en aurait lâché un sourire goguenard. Mais ce qui la préoccupait surtout, c'était de retrouver son voleur. Un petit Humain, que les terriens appelaient "enfant", à la peau brunie par le soleil et aux cheveux noirs.
    Il avait osé lui dérober ses affaires. Il paierait. C'était aussi simple que cela. De toute façon, elle avait pu rapidement constater que les meurtres n'étaient pas si importants ici. Dans la ville, oui. Un seul pet de travers et la police perdait ses sens, courant après le moindre délinquant comme s'ils étaient des criminels de renommés mondial.
    Mais ici? Elle avait vu des hommes en menacer d'autres sans provoquer le moindre émoi. Au contraire, les habitants de ces taudis faisaient demi-tour ou baissaient le nez dès que possible. Sauf si on tombait sur un gang. Là, les conflits se finissaient souvent en bain de sang, avec deux voir trois camps qui tiraient dans tous les sens.

    De quoi lui rappeler la maison.

    Revêche, elle attrapa une jeune rousse qui passait par là. Sans lui laisser le temps de comprendre, elle la fixa de son œil bleu, l'étudiant de bas en haut. Il était évident qu'elle n'était pas son voleur, mais les Humains avaient tous la même gueule.

    - Toi? Un mâle, petit, cheveux noirs et peau brune. Il tenait un sac. Où s'est-il barré ce petit con?!



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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Sam 07 Nov 2015, 23:27
7 mars 2200, Terres-Mortes, Etats-Unis. Le désert.


Shannon était quelque part, c'était évident. Shannon marchait, c'était évident. Shannon était perdue, c'était évident. Shannon ignorait tout cela, c'était évident.

Partout, il y avait de la poussière. Elle avait enfilé sa cape et mis sa manche vide devant sa bouche et son nez. Le vent fouettait, le soleil brûlait, la poussière tranchait la peau qui avait le malheur de n'être pas protégée. Le ciel était bleu.

Oh, oui, parce que quand le ciel est bleu, tout va bien, tout est beau.

Le paysage était couleur ocre. Les petits fourrés qui parvenaient à pousser étaient rachitiques, les feuilles plissées et foncées ; afin de vivre ici, ils puisaient dans toutes leurs forces. Comme Shannon ne le faisait plus depuis longtemps.

De jour comme de nuit, il lui revenait des images de ces scènes de torture sous drogue auxquelles elle avait assisté... Auxquelles elle avait pris part... En tant que victime. Son doigt, brisé à coups de marteau, l'élançait parfois encore. Et par réflexe, il lui arriver de tâter ses côtes brisées, pourtant ressoudées.
L'homme masqué, les armes, les outils de torture... Elle criait si leur souvenir remontait dans sa mémoire. Et Roth et J'ango... Cela faisait deux mois.

Shannon s'était arrêtée. Oh, mon Dieu... Je suis où ?

Soudain, il fallait qu'elle se concentrât sur cette question. Ne pas penser aux autres, à ses sauveurs et compagnons d'infortune, c'était ne pas souffrir. Un, deux, trois, quatre... Elle ne comptait plus les gens, famille et connaissances, auxquels elle ne pensait plus. Puisqu'elle n'y pensait plus. Eux aussi revenaient, malgré tout, impromptus, dans son esprit, de temps en temps. Mais jamais elle n'avait repris contact.

Son esprit fatigué appréciait le calme ; il n'y avait que les étoiles dont il appréciait la conversation. Elles étaient silencieuses, brillantes, chaudes ; elles défiaient le néant ; elles étaient l'espoir. L'apaisement de l'âme. Shannon ne se perdait pas en ces vaines considérations. Elle se sentait simplement mieux la nuit, assise contre un rocher, la tête levée, l'esprit vagabond, les yeux emplis d'étoiles.

Au loin, la jeune femme aperçut un bidonville. Encore un. Elle avait de mauvais souvenirs de son dernier passage dans un gros bidonville comme celui-ci. Mais un passage à tabac peut-il être autre chose qu'un mauvais souvenir ?

Les deux mois précédents, Shannon s'était ravitaillée et avait travaillé dans de plus petites communautés, lorsqu'il l'avait fallu. Elle avait évité au maximum la civilisation. Mais même dans des groupes réduits, il y avait des tensions ; plus fortes même que dans les grands. Alors elle partait. Sa routine.

Mais là, cela faisait des jours qu'elle marchait dans le désert, et qu'elle vivait sur ses maigres réserves. Rien à proximité... hormis ce bidonville. Elle savait encore apprécier sa situation quand elle était à la limite. Quand même.

Ce qui ne l'empêcha pas d'hésiter. L'Irlandaise se mordait la lèvre ; en fait, elle décida sans décider. Ce furent ses pieds, qui, machinalement, l'emmenèrent vers ce lieu, certainement aussi bestial que les autres bidonvilles des Terres-Mortes. L'humanité dans toute sa splendeur. Shannon comprise.


*


Dans le bidonville.


Sale, bruyant dans ses larges rues et silencieux dans ses petites, sauf quand un coup de feu s'y faisait entendre, une odeur de friture douteuse, tel était le bidonville.

Comme les autres...

Shannon se fit bousculer ; au moins cette-fois ne la tabassa-t-on pas. Elle regardait, le regard froid, et à la fois prostré, toutes ces « habitations » qui l'entouraient. Tôle, planches, métal tranchant. Et ainsi débutait le vingt-troisième siècle.

L'humaine allait pleurer. Mais elle se retint et passa son sac sur le devant, afin de le surveiller. On ne lui referait pas le coup de glisser quelque chose dedans pour l'accuser de vol... Non. Et le cauchemar ne recommencerait pas.

Une plus vieille blessure, reste d'un tir à la tête, la stoppa un instant. Elle respira, passa sa main sur son crâne. Elle sentait toujours une cicatrice, résultat de comment cela avait été soigné en premier lieu. Ses cheveux avaient repoussé par-dessus.

Shannon devait, dans l'ordre, trouver des anti-douleurs, de quoi manger, un coin pour se nettoyer, elle et ses vêtements, et un coin pour dormir. Et peut-être un travail...

Ils revinrent encore. Les souvenirs. Les cauchemars. Les hommes qui s'avançaient vers elle étaient ceux qui la frappaient. Mais non, ils se contentèrent de passer à côté d'elle, certes en lui jetant un regard interrogateur.

Elle avait vécu pire que ça. Ou pas. Mais des choses pas agréables, c'était clair. Mais cette torture... Ç’avait été l'évènement de trop.

Une poigne ferme, beaucoup trop ferme, la saisit et l'attira à elle.

Une Krogane. Pas commode, comme certainement une majorité d'entre eux. Shannon perdit son souffle, parce que son sac avait claqué sur son dos.

« Toi? Un mâle, petit, cheveux noirs et peau brune. Il tenait un sac. Où s'est-il barré ce petit con?! »

Shannon soupira encore. De dépit, cette fois-ci. « Je ne sais pas. Je ne suis pas d'humeur. Lâchez-moi, s'il vous plaît. »

Elle ne se doutait pas de ce qu'elle venait de faire. Là, elle n'avait pas eu peur. Elle en avait juste assez de tout ça. Elle se libéra (ou plus vraisemblablement, la Krogane la laissa partir), et partit, la main dans la poche, tête basse.

Les cauchemars continuaient, alors que Shannon était éveillée. Elle marchait, le sol poussiéreux étant la solution à tous ses problèmes. La poussière. Explication à tout. Car si tout redevenait poussière, le monde entier pouvait s'expliquer dans la poussière. Ou pas.

Aux abords d'une rue, près d'une poubelle, elle vit un enfant en train de farfouiller dans un sac. La Krogane lui revint en mémoire. La description de l'enfant aussi. A la Krogane, quand elle y repensait. C'était lui, le voleur.

Et l'Irlandaise comprit soudain que ce petit garçon était la proie d'une Krogane en furie. Elle comprit aussi la façon dont elle avait réagi. Voleur ou pas, il était trop jeune, et en mauvaise posture. Elle aussi, qui sait...

Elle s'avança vers lui, lasse. « Hey. » Il eut un mouvement de recul. « T'inquiète, je viens pas te faire chier. Plutôt l'inverse. Y'a une Krogane qui te cherche. Non mais ça va pas d'avoir volé un sac à cet espèce de bloc de béton armé vivant ? »

L'enfant ne répondit pas et ne bougea pas ; il baissa simplement les yeux. Shannon, elle, repartit aussi vite qu'elle s'était arrêtée, dans son grand talent relationnel lorsqu'elle n'avait pas bon caractère et que son esprit s'envolait.

Bon, ça, c'est fait.

Maintenant, se trouver un coin calme où se poser. Elle avait vu assez de monde pour la journée. Avait retrouvé la civilisation. Et en moins d'une heure, elle détesta de nouveau le monde, et apprécia d'autant plus la solitude.

Surtout après avoir répondu à une Krogane...


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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Dim 08 Nov 2015, 17:59

    Bidonville, États-Unis - Côté Vix

    - Je ne sais pas. Je ne suis pas d'humeur. Lâchez-moi, s'il vous plaît.

    Le grognement rauque lui répondit, alors que les yeux bleus la fixaient avec méchanceté. Les lèvres se retroussèrent, dévoilant les dents ivoires, aussi pointues qu'épaisses. La petite tenta de se dégager lorsque Vix la lâcha. Elle n'avait pas de temps à perdre avec une gamine rousse. De toute façon, son voleur était un mâle, aux cheveux d'ébènes de surcroît.
    C'est en grognant que la Krogane se détourna de son témoin inutile, continuant sa route en martelant le sol de son poids. Dans le même temps, son regard balayait la foule, cherchant celui qui ressemblait au pickpocket. Elle qui avait voulu voir la Terre, cette fameuse planète où s'était déroulée la dernière ligne contre les Moissonneurs... Tout la décevait. Les champs de bataille couverts du cadavre des ennemis avaient été nettoyés, balayés. Les villes commençaient à être reconstruites, et ceux qui n'avaient pas pu trouver un logement habitaient des taudis tout juste bons à résister au vent. Des fiers combats, il ne restait que des faibles geignards qui se roulaient en boule en pleurant au moindre coup de violence. Oubliés, les combattants qui célébraient la victoire dans les hurlements de joie, en écrasant le crâne de leurs ennemis de leur pied. Il ne restait qu'un peuple incapable, souillant ce qui avait été une arène sacrée de leur présence.

    Et elle s'était laissée voler son sac par un moins que rien. Voilà qui l'enrageait encore plus que tous ces imbéciles. Par un enfant qui plus est! Oh, il ne lui avait pas pris son arme, encore qu'il avait fait mine de. Un seul beuglement de rage avait suffi à le faire décamper. Mais il avait coupé les lanières de son sac de son petit couteau rouillé, puis avait décampé à toutes jambes, emportant tout dans ses sales petites mains. Ses crédits, son datapad, ses vêtements... Même son petit artefact, caché au fond de sa sacoche. Ce fichu collier qu'elle aurait déjà dû jeter milles fois, mais où elle n'avait jamais trouvé le temps.
    Il payerait. Elle le ferait souffrir, jusqu'à lui en arracher les cordes vocales. Les Humains réapprendraient à craindre les Krogans et à ne pas les prendre pour de sympathiques Asari.

    Puis, elle brûlerait sa babiole. Où elle la jetterait du haut du premier ravin. Elle le donnerait à manger aux rats. Le balancerait dans un lac sans fond.

    La prochaine fois.


    Bidonville, États-Unis - Côté Dralot



    On s'écartait face au trio. Quelques minutes plus tôt, il y avait eu une violente dispute entre deux hommes, lesquels en étaient venus aux mains. Le cadavre du perdant était d'ailleurs toujours au sol. C'était assez de violence pour la journée; les habitants ne voulaient pas en subir plus. Alors ils s'effaçaient devant la Chamane et ses hommes, se repliant dans leur cabane, empruntant de nouvelles ruelles ou se faisant petits dans un coin, attendant qu'on passe. Même les plus féroces, les gangs et autres criminels abandonnaient leurs airs bravaches. Surtout parce que les étrangers étaient en armure, mieux armés et a l'air féroce. Et aussi parce qu'ils ne semblaient pas en vouloir à leur territoire. La chef, celle qui était en tête, semblait chercher quelque chose ou quelqu'un. Elle étudiait chaque rue du regard, s'adressait parfois à quelques femmes, demandant si on avait vu passer une Krogane, qu'elle décrivait comme plus petite qu'elle, à la carapace brune et à la peau jaunâtre. Lorsqu'on lui répondait non, elle remerciait d'un hochement de tête et d'une petite phrase, puis continuait sa route. Lorsqu'on lui indiquait le chemin qu'elle avait pris, un éclair de rage semblait passer dans ses yeux, mais elle remerciait une nouvelle fois, suivant la route qu'on lui avait donné.

    Derrière elle, Eléa suivait d'un air plus nonchalant. Elle observait, une moue dégoûtée et désolée sur le visage. Elle était Terrienne elle aussi. Enfin, elle avait vécu ici durant son enfance, ainsi qu'un bout de sa vie de jeune adulte. Avant qu'elle ne parte, suivant un colon dans les Systèmes Terminus. Ils avaient vécus heureux quelques années, avaient survécus aux Récolteurs - en étant pas pris pour cibles, certes -, aux Moissonneurs - ils avaient dû se cacher, se déplacer sans cesse, mais cela restait une victoire - puis les Butariens étaient arrivés. Elle était devenue leur esclave avant d'être sauvée. Et durant ces années noires, où elle avait vendue et revendue, ses souvenirs de la Terre lui avaient permis de tenir. Surtout de la France, puisqu'elle y était née. Voir ces bidonvilles et cette pauvreté lui brisait un peu le cœur. Enfin, c'était les Etats-Unis... Dès qu'ils auraient récupérés Vix, elle demanderait à la chef de faire un détour par Paris. Il y avait un Spatioport dans cette région, et elle voulait voir si les alentours étaient aussi touchés. De plus, ils survoleraient sans doute la Normandie.
    Enfin, pour ça, fallait-il encore qu'ils retrouvent - encore - Vix, et que celle-ci ne rechigne pas une nouvelle fois à les suivre. Hélas, la réaction de la "jeune" serait sans doute habituelle. Injures, menaces, duel entre les deux pour qu'enfin la cadette se soumette...

    L'Humaine réprima un soupir, enjamba un clochard qui dormait à moitié sur la route, et jeta un œil sur la ruelle à sa droite. Pas tellement dans l'espoir d'y voir la Tuchankienne (on l'entendait bien avant de l'apercevoir souvent), mais plutôt pour s'occuper l'esprit. Elle s'arrêta net, un bras nonchalamment posé sur son fusil d'assaut qu'elle portait en bandoulière. La petite rousse ne l'avait pas vu. Elle semblait dormir à moitié, la tête posée sur le mur auquel elle s'adossait, à demi cachée derrière une poubelle - heureusement pour elle - vide. De temps en temps, elle gémissait faiblement, laissant supposer qu'elle avait mal.
    On pouvait distinguer assez facilement que c'était une femme.

    - Capitaine...?

    Lorsque la Krogane se tourna, ce fut pour mieux apercevoir sa seconde, immobile au milieu de la rue, pointant du doigt la voie qui se trouvait à sa droite. Elle la rejoignit, observant un court moment ce qui avait attiré l'attention de son alliée. La Chamane écouta les gémissements, perçut ce qui lui sembla être d'infimes parcelles d'ezo, presque inexistantes, que l'organisme relâchait parfois sans le vouloir. Puis, elle hocha la tête.
    Doucement, Eléa déplaça la poubelle, puis posa sa main sur l'épaule de la jeune, la secouant doucement pour la réveiller. Elle attendit de voir les yeux s'ouvrir pour parler, l'aidant à se lever, souriant de la façon la plus tendre et douce qu'elle pouvait.

    - Surtout, n'aies pas peur.

    Pour la seconde fois de la journée, une lourde main agrippa Shannon par ses vêtements, la soulevant du sol, pour mieux la reposer sur l'épaule massive de la biotique. Elle était placée de telle façon que ses jambes se trouvaient à l'avant de sa porteuse, et qu'elle puisse faire face à sa comparse humaine. A côté, Jarod observa le trio de femme, clignant de ses quatre yeux en même temps. Mais il ne semblait pas choqué par un tel comportement. Loin de là, il semblait même être habitué.
    Puis, le désormais quatuor reprit leur marche. De son côté, Eléa fouillait son sac en même temps, prenant la parole pour les membres du Straskan.

    - S'il te plaît, ne bouge pas tant, je ne vais pas réussir à appliquer le médigel sinon.

    Dralot plaqua les jambes de l'irlandaise sur son torse, l'empêchant de ruer d'avantage après que celle-ci ait heurté son visage. Pourtant, elle n'agissait pas comme si le coup lui avait fait mal, ou même qu'elle l'avait senti. Tout au plus adoptait-elle le comportement d'une femme qui avait été poussée doucement sans qu'on le veuille.

    - Fais attention, Petite Flamme, dit-elle simplement.

    Elle n'avait pas été agressive dans ses paroles, loin de là.

    Eléa finissait d'appliquer un peu de médigel sur la blessure que la jeune fille portait au front.

    - Je m'appelle Eléa. Notre Capitaine ne te veut aucun mal, ne t'en fais pas. Nous souhaiterions savoir si tu avais aperçu une Krogane à la carapace brune et aux yeux bleus.
    Nous n’avions pas le temps de nous arrêter, aussi nous avons été obligés de t'embarquer avec nous pour te soigner et te le demander.


    Elle lui tendit un petit cachet blanc soigneusement emballé.

    - Tu as besoin d'un antidouleur?


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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Dim 15 Nov 2015, 15:05
« What the f... Lâchez-moi ! »

Telles avaient été les seules paroles de Shannon à partir du moment où des inconnus l'avaient attrapée et emmenée la Déesse savait où.

Elle s'était débattue ; qui ne l'aurait pas fait ? D'autant plus quand le souvenir d'une prise en otage effleurait encore l'esprit... Elle avait toujours la migraine, mais elle cessa de bouger ; du peu qu'elle comprenait des paroles de ceux qui l'avaient embarquée, ils n'étaient pas agressifs. Autant essayer de comprendre ce qu'il se passait.

Une Krogane, un Butarien, une Humaine. Et ils la soignaient.

Sa blessure n'était pas grave ; ou plutôt, elle ne l'était plus. Mais un petit coup de médigel lui rappelait à quel point une balle dans le crâne, ce n'était pas anodin. La douleur disparaissait. Eléa, avait dit se nommer l'Humaine, penchée sur elle.

D'accord, ce ne sont pas des psychopathes qui enferment des gens dans une cave.

Contrairement à la Krogane de tout à l'heure. Et apparemment, ils la cherchaient. Shannon se redressa, se saisit de l'anti-douleur que lui tendait la femme et l'avala sans eau. Elle évitait le regard des trois.

« Vous avez des méthodes bizarres. » Elle posa le bras sur son genou, la main sur le front. « Mais ça reste au stade bizarre. Vous êtes pas des malades. »

Du moins, elle l'espérait.

Shannon réfléchit un instant, et se dit que s'ils recherchaient la Krogane qui elle-même recherchait son voleur, ils étaient au moins moins violents qu'elle n'en avait l'air.

« Je... Moi, c'est Shannon. Merci. J'ai vu votre Krogane. Elle est dans le bidonville, elle cherche un gamin qui lui a volé son sac. »

Bon résumé. « Ils auront tous les deux bougé, mais si vous voulez je peux vous amener là où je les ai vus pour la dernière fois... »

Et après, on me fichera la paix.

Elle comprenait bien qu'ils ne lui voulaient pas de mal, mais elle traînait son traumatisme, cette torture, qui ne lui laissait aucun répit. Elle voulait juste dormir, pour l'instant.

Le groupe se mit donc en route vers ce qui devait être le centre du bidonville, sur ce qui devait être une place, là où Shannon avait aperçu la Krogane. Plus là, évidemment. Un peu hébétée encore, elle les traîna dans les rues, à la recherche de celle à la poubelle, avec le gamin. Pendant tout le temps de leur marche, elle ne demanda ni nom, ni raison. Elle en mourait d'envie, mais sa curiosité était refrénée par la règle des endroits miteux, comme ici ou Oméga : on se tait, on ne fait chier personne.

Et lorsqu'ils trouvèrent la rue...

« Là ! » Elle ne saisit pas qui avait parlé.

Le gamin était en train de tout remballer à la va-vite. Pour une bonne raison : la Krogane était à l'autre bout de l'étroite rue, et elle se précipitait sur lui.

Shannon ne sut que faire, immobile ; pourvu que le reste du groupe fût plus paré qu'elle à sauver l'enfant.


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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Ven 04 Déc 2015, 18:13

    Bidonville, États-Unis

    Eléa reboucha le goulot de sa gourde, qu'elle remit dans sa besace. Elle n'avait pas eu le temps de lui proposer à boire que la Petite Flamme de son Capitaine avait déjà englouti l'antidouleur. C'était à la fois bon et mauvais signe. Bon, car elle avait encore la volonté de contrer la douleur, de vouloir continuer à se battre. Mauvais, pour la simple et bonne raison qu'elle avait assez mal pour se jeter dessus. La situation sur Terre était vraiment préoccupante. Il fallait espérer qu'un politicien finisse par s'élever, ou un leader, n'importe qui pourvu qu'il puisse redonner aux Terriens leur gloire d'antan.

    - Vous avez des méthodes bizarres. Mais ça reste au stade bizarre. Vous êtes pas des malades.

    Dralot reposa la rouquine par terre, s'assurant qu'elle puisse marcher sans trop de soucis. Elle ne disait rien, le visage fermé, le regard dur, se contentant d'observé la pauvresse. Sa bras droit savait ce que tout ceci signifiait. La chef abordait la même expression que lorsqu'elle l'avait trouvé, roulée en boule dans un coin, les mains levés sur son visage tuméfié, implorant que l'inconnue ne lui fasse rien. C'était le regard d'une femme qui avait trop vu la cruauté des Mâles et qui soutenait ses sœurs, quel que soit leur race, quelle qu'ait été leur vie auparavant. Pour le moment où elles feraient routes ensemble, la Krogane protégerait la petite, sans qu'elle ait besoin de le savoir.
    Et après... Après se déroulerait sans doute la même chose qu'à chaque fois. C'était comme une routine, une partition de musique parfaitement orchestrée à l'inlassable tempo. Ce n'était que les dernières notes qui changeaient, à chaque fois, lorsque l'air se mettait à être écrit à quatre mains. Il était rare qu'il en soit autrement, même si c'était possible.
    Comme à son habitude, l'Humaine avait hâte de voir comment le morceau se finirait. C'était à la Petite Flamme de le décider, dès lors qu'elle se verrait proposer un choix. Et cette fois-ci, il y aurait un interlude, avec le concerto de grosses caisses et de bois que formait la tempétueuse Vix.

    Si elle avait pu, la mercenaire aurait été une musicienne accomplie. Mais son violon était depuis bien longtemps réduit à l'état de petit bois, quelque part dans les ruines d'une colonie.

    Elle sentit les yeux de Jarod se poser sur elle; sa collègue lui répondit avec un sourire. Il ne dit rien, se contentant d'hocher la tête avant de reprendre sa garde silencieuse.
    En face d'eux, la Krogane et la petite discutait.

    -Je... Moi, c'est Shannon. Merci.

    - On me nomme Chamane ou Capitaine, selon qui s'adresse à moi, répondit l'aînée après un court silence.

    - J'ai vu votre Krogane. Elle est dans le bidonville, elle cherche un gamin qui lui a volé son sac.

    Les pupilles de la biotique se rétractèrent doucement. Derrière le duo, l'Humaine et le Butarien s'échangèrent un regard lourd de sens. Eléa ne put s'empêcher de grimacer alors que le mercenaire gardait son air le plus calme, bien que teinté de détermination.

    - Où les as-tu vu pour la dernière fois?, interrogea poliment Dralot.

    - Ils auront tous les deux bougé, mais si vous voulez je peux vous amener là où je les ai vus pour la dernière fois...

    Kalank hocha de la tête. Il était inutile d'en dire plus. Alors, sans un mot, ils suivirent leur jeune guide. Leur attitude avait cependant changé. La mine désormais grave, les deux portes-flingues tenaient leur fusil, même si ceux-ci restaient posés sur leur corps. Pourtant il ne fallait pas se douter qu'ils seraient prêts à s'en servir si l'occasion se montrait ou que le besoin s'en faisait ressentir. Même Chamane paraissait désormais plus dure, plus vive. Elle marchait à moins de deux pas de la Petite Flamme qui éclairait son chemin vers Vix. C'était un exercice plus difficile qu'on ne voulait croire; garder cette distance supposait ne faire qu'une enjambée là où la Terrienne en faisait trois. Ils avancèrent ainsi jusqu'à une sorte de place, vide d'autres présences que celles humaines. Shannon afficha une moue renfrognée. Il semblait qu'elle avait hâte d'en finir avec sa tâche, qu'on la laisse à nouveau tranquille. On ne pouvait que la comprendre, mais leur "mission" était trop importante pour la repousser. Surtout si la jeune Krogane poursuivait un enfant.
    Ils continuèrent d'errer, suivant la rousse qui se perdait aux tours et détours de ruelles et de rues, comme si elle cherchait son chemin. En attendant, ceux qui la suivaient continuaient de tendre l'oreille, épiant le moindre cri de rage typique.
    Ils finirent par l'entendre alors qu'ils venaient d'arriver dans une énième rue sans noms, sous la forme d'un "Là" puissant et sauvage.

    Au bout du chemin, Vix commençait à charger. Non loin du quatuor, un enfin remballait tout à toute vitesse avant de se précipiter sur eux. Il n'eut pas le temps de les dépasser; Jarod l'attrapa d'une main, serrant le T-shirt déchiré de l'enfant de sa main gauche. Il ne lui adressa pas un regard, le secouant.

    - Lâche, fut le seul mot qu'il grogna.

    Le petit compris, lâchant le sac qu'il tenait, se faisant lâcher dans le même temps. Il détala loin, disparaissant dans la foule sans que personne de l'équipage ne lui jette le moindre regard. D'un coup de pied habile, le Butarien ramena la sacoche entre ses jambes, l'empêchant d'être à nouveau volée.
    Dans le même, le bras d'Eléa était passée devant Shannon, qu'elle poussa fermement derrière elle, faisant de son corps une barricade. Contrairement à son habitude, elle ne tenta pas de rassurer l'enfant par le son de sa douce voix. Elle gardait ses yeux marron vers l'avant.
    Devant eux encore se tenait Dralot. La jeune de Tuchanka pilla devant elle, une expression de haine et de dégoût farouche affichés sur son visage. Le mépris ne savait plus où se placer sur sa face; aussi dégoulina-t-il dans chacune de ses paroles.

    - Toi! Laisse-moi passer, chienne! J'ai un voleur à étriper.

    La Chamane commençait à être entourée d'ézo, signe qu'elle était prête à lutter.

    - Tu sais comment cela va finir, dit-elle simplement. Épargne mon temps, et cesse ce manège ridicule.

    - Ah, ricana Vix. Encore tes pouvoirs de lâches? Montre toi telle une vraie Krogane, et bats toi à mains nues, si tu l'oses.

    Face à la provocation, Dralot ne bougea pas. Elle attendait, simplement. Les deux adversaires se jaugèrent du regard, puis la plus jeune chargea, tête baissée, dans un hurlement. Face à elle, son ennemie concentra sa biotique, puis se projeta en avant. Elle heurta sa cadette avec force, la faisant reculer. Puis, sans lui laisser le temps de se rétablir, elle lui attrapa le col. Son adversaire tenta de lui écraser les doigts, mais la poigne ne faiblit pas. Puis, l'inexorable coup de boule arriva. Vix fit quelque pas en arrière, avant d'être chargée à nouveau, puis projetée contre un mur. Elle sentit le bras de Dralot venir se placer sur sa gorge, appuyant fortement. L'autre main venait de projeter au loin le fusil à pompe de basse qualité que la jeune portait.

    - J'ai encore gagné. Comme toutes les dernières fois, et comme les prochaines.
    Maintenant, arrête ton jeu ridicule et viens. Tu es attendu sur Tuchanka.


    Il y eut un instant de silence, très vite rompu.

    - Un jour j'aurais ta peau, chienne, cracha la jeune entre ses dents.

    Eléa ramassa l'arme sur un signe de tête, puis Jarod poussa Vix devant lui, la pointant de son fusil d'assaut. Même si elle n'avait jamais montré de signes de rébellion une fois vaincue, le Butarien préférait se montrer prudent. Ils ouvrirent la marche, après qu'il lui ait rendu son sac. Il n'eut le droit qu'à un regard méprisant en guise de merci, qu'il rendit bien.

    La femme rejoignit sa consœur rousse, qu'elle poussa doucement vers l'avant avec un grand sourire.

    - On va aller jusqu'à notre navette, maintenant que cette histoire est terminée. Tu veux bien nous accompagner jusqu'à là-bas?

    Ce n'était pas encore le moment de lancer les dernières notes. Mais bientôt...


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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Ven 11 Déc 2015, 21:46
Un Krogan qui charge, c'est déjà impressionnant. Alors, quand un second riposte...

Tout était allé très vite, et pourtant la scène s'était déroulée au ralenti. L'enfant qui détale, le Butarien qui l'attrape et le relâche, les deux Krogannes prêtes au combat, l'Humaine qui protège Shannon...

… et la victoire fulgurante de la fameuse Dralot, la chef de cet étrange groupe.

« Un jour j'aurai ta peau, chienne. »

Hm....

C'était étrange ; qui était la jeune pour l'aînée ? Pourquoi toute cette rage et pourquoi, d'un autre côté, la poursuivre ? La curiosité de Shannon fut refrénée par le regard meurtrier de la première. Le Butarien était prudent, et ne montrait aucune faiblesse face à celle traitée comme une prisonnière.

Shannon avait oublié le petit voleur, elle avait oublié le bidonville.

« On va aller jusqu'à notre navette, maintenant que cette histoire est terminée. Tu veux bien nous accompagner jusqu'à là-bas? »

Et ils lui revinrent en mémoire. Eux, et les jours précédents, et les semaines précédentes, et les mois précédents, et les années précédentes. Elle avait rencontré quelques gens bien, dans les Terres-Mortes. Et trop, beaucoup trop... d'autres.

Les questions « Pour quoi faire ? » et « Pourquoi alors qu'on se connaît depuis une heure ? » se secouèrent dans sa boîte crânienne, mais elle passa outre. Une navette, c'était la possibilité de partir. Là, elle avait des « compagnons » sympathiques qui lui offraient leur aide... étrangement, elle ne voulait pas s'en aller, tourner le dos comme elle l'avait fait avec Roth et les clones J'ango. Sans le savoir, elle voulait se faire pardonner son départ précipité. Et échapper aux Terres-Mortes.

Après un grand nombre d'expériences difficiles depuis le début de son errance, celle du mois de janvier...

Un nouveau départ, ailleurs...

Encore.

« Oui... Oui. »

Shannon était étrangement calme, comme toujours au moment de prendre la décision du départ. L'instant d'avant, l'instant d'après, elle retournait et retournait la question, mais il fallait bien choisir. Un instant, elle avait de l'assurance.

Ils se mirent donc en route. Cette navette était un espoir métallique, qui l'emporterait loin, elle ne savait où ; hors du désert, ce serait bien. Elle s'accommoderait, ensuite ; elle l'avait toujours fait. D'une façon plus ou moins brillante, mais elle l'avait toujours fait. Elle n'avait rien d'autre en tête, sa sortie prochaine, et plus que tout, providentielle. Une fois elle remerciait Dieu, la fois d'après elle remerciait la Déesse.

Aucune parole ; en marchant, seuls les grognements de la jeune kroganne et le choc des casseroles de Shannon, pendues au sac, faisaient du bruit. Les regards se tournaient, puis se détournaient sur leur passage.

La Kroganne plus âgée, elle, jetait parfois un regard étrange à Shannon. La jeune fille était incapable de l'interpréter. Elle ne regardait pas vraiment, de toute façon. Ses yeux reflétaient ses pensées, ou plutôt leur brouillon.

Enfin, le groupe parvint à la navette, et s'organisa pour accueillir tout le nouveau monde. L'enragée fut mise en cale, sans pour autant finir tel un forçat. Shannon, discrète, s'assit dans la première chose qui lui sembla être un siège, et griffonna quelques mots dans son journal. Le temps que tout se mît en place, elle resta tranquille. Puis, comme l'équipage défila près d'elle, elle demanda : « Vous pourriez me déposer à votre prochaine escale ? Peu importe où c'est. »

Ils n'avaient pas encore démarré, ces gens, ces gens qui au fond, l'impressionnaient encore, qu'elle ignorait s'il fallait les révérer ou les craindre. Par le hublot, Shannon voyait la Terre et la terre, partout, aride, dans un état déplorable.

Elle avait faim ; elle était fatiguée ; mais elle n'était plus dans cet état dans le désert. Même s'il était deux mètres au-dessous d'elle. Dans son esprit usé, la différence n'était pas.


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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Lun 14 Déc 2015, 16:02

    La Petite Flamme vacillait, hésitante. Un coup à l'air de vouloir dire oui, un autre non. En attendant de savoir, elle réfléchissait. Les genoux à moitié plié, Eléa attendait la réponse. Elle ne quittait pas son sourire. Sa Capitaine et Jarod étaient déjà partis en avant afin de fendre la foule et ouvrir la voie. Maintenant pacifiée, Vix se contentait d'injurier la Krogane, le Butarien et quiconque passait un peu trop près d'elle à son goût. Soit à moins de cinq mètres d'elle.
    Leur avancée n'était pas dérangeante. L'Humaine saurait les rattraper rapidement. La question était de savoir si la rousse allait l'accompagner ou non. Finalement, l'intéressée se décida. Bafouillant, elle finit par concéder à la demande, à la plus grande joie de son aînée. Cette dernière l'attrapa dans ses bras telle une princesse de contes de fées et couru rattraper ses camarades.

    - Pardon, excusez-moi... Poussez-vous s'il vous plaît! Bon sang, je t'ai dit de bouger! ALORS DÉGAGE MAINTENANT, grogna-t-elle envers un trainard.

    Malgré son bon caractère, l'ancienne colon restait une mercenaire, habituée à imposer son autorité à des Krogans, puisque Commandante en Second du Straskan. Craignant que cette démonstration de force n'ait faire peur à la jeune, ou qu'avoir élevé la voix ne l'ait refroidit, la blonde reprit des airs plus avenants.
    Elles finirent par rattraper le trio. Shannon put retrouver le contact du sol avec ses pieds.

    - Excuses-moi d'avoir dû faire ça, mais je craignais que tu te perdes dans la foule.

    Pas de traumatisme en vue. C'était tant mieux.
    Eléa continua à couver la jeune fille du regard alors qu'elle marchait juste derrière elle, évitant qu'elle ne se fasse attraper par quelqu'un de malintentionné ou quoique ce soit d'autre qui pouvait arriver. Une nouvelle venue dans la bande, c'était toujours un moment de fête. Et quand bien même ce n'était pas encore décidé... Au contact de Dralot, on apprenait à se soucier des femmes, même celles qu'on ne connaissait pas encore. Et puis de toute façon, la rouquine était adorable!
    Le sourire d'Eléa se fit plus félin. Elle avait tellement envie de la câliner, de lui parler, de la coiffer... Tout pour devenir les meilleures amies du monde! Pour une fois qu'il y avait... enfin, pourrait avoir une autre humaine qu'elle! Et venue tout droit de la Terre aussi. Si la seconde avait été un chat, elle aurait déjà commencé à ronronner.

    Devant elle, Jarod lui jeta un rapide coup d'œil. Il la connaissait trop bien. Immédiatement, la mercenaire se calma. Oui, rien n'était encore fait. Et même si cela arrivait, rien ne garantissait que la petite veuille ou appréciait d'être couvée comme cela.
    L'homme hocha la tête et reprit la surveillance de sa prisonnière alors que la femme soupirait. Oui, elle savait tout cela mais... la gamine était tellement adorable...

    Heratis resta plongée dans ses pensées durant le reste de la marche. Mis à part les désormais grognements occasionnels de Vix (ses injures étaient vite tombées à court, surtout après avoir vu que personne de l'équipage n'y réagissait) et un léger bruit de métal, la marche était silencieuse. Dralot ne parlait pas, comme à son habitude. Elle observait. La peur sur le visage des gens devant eux, la foule qui s'écartait, la Krogane qu'elle observait du coin de l'œil.... De temps en temps, ses pupilles glissaient en arrière - elle le pouvait, sa vision étant conçue pour cela - afin de regarder Shannon.
    Petite, perdue. Elle semblait réfléchir sans faire attention à ce qui l'entourait. La Flamme devenait une Plume, se laissant portée par le vent. Et un orage trop violent suffisait à la pousser vers des mers déchaînées, où elle ne tarderait pas à se faire avaler par les vagues. Elle était fragile, et même si elle était biotique, la petite semblait incapable de s'en servir. Rien n'était harmonieux. Son esprit était dans le trouble et son corps, faible, ne pouvait assurer pour lui. Elle avait besoin d'aide. Et Kalank ne laissait pas ses sœurs dans le chaos.

    Alors, quand elle leur demanda, d'une voix fluette, polie mais décidée s'ils pouvaient l'emmener au moins jusqu'à destination, l'immense Krogane posa un genou à terre, pour faire face à l'enfant.

    - Je peux faire mieux, Petite Flamme et t'emmener jusqu'aux confins des étoiles.
    Je ne laisse pas mes sœurs démunies, à souffrir la folie des hommes. Je peux faire de toi un roc, solide et inébranlable, capable de résister à la fureur même de Kalros. Je peux t'apprendre à connaître ton esprit et ses limites; t'enseigner les frontières de l'univers et la vanité de cette vie et des luttes futiles des mâles et que nous ne sommes rien que poussière dans les vents stellaires. Je peux t'apprendre à ouvrir ton âme au tout que forme la galaxie et à comprendre les secrets de la biotique. A ne faire qu'un avec l'ezo, jusqu'à en connaître les moindres couleurs et le moindre chant.
    Je suis Chamane, et celles qui sont sous ma protection le resteront jusqu'à ce que l'univers ne soit plus que poussière.


    Elle tendit sa main.

    - Viens avec moi, Petite Flamme, et je te jure d'être ton rempart, ma sœur, ma disciple, jusqu'à ce que tu puisses voler de tes propres ailes.


    Derrière elles, Eléa trépignait silencieusement. C'était le crescendo final, l'apothéose. Il ne manquait que la note finale, la plus belle, qu'importe qu'elle soit aigüe ou grave, qu'elle sonne vraie ou faux.
    Jarod venait de remonter de la cale, où il avait fait s'installer leur "invitée". Immédiatement, à voir Dralot et Shannon l'une en face de l'autre et sa collègue qui sautillait derrière, il sut que le moment était venu. Il se contenta de hocher la tête et prendre place à côté de la blonde.
    Ils attendaient.


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MessageSujet: Re: Sur le chemin   Mer 23 Déc 2015, 23:21
Il n'y avait rien, si ce n'est le silence, si l'on considère que le silence peut être une chose. La simple question de Shannon avait amené une sorte de cérémonie rituelle elle ne savait trop comment. La Chamane s'était mise à genoux devant elle, et Eléa attendait, derrière, comme si elle se doutait de ce qui allait se passer.

Shannon regardait les yeux de la Kroganne, et d'une certaine façon, elle comprit que ce n'était pas elle, la jeune humaine, qu'elle regardait. Ses yeux d'alien se perdaient non dans le vide, mais dans une sorte de cosmos.

Shannon fut presque étonnée que les paroles de la Chamane lui fussent adressées.« Je peux faire mieux, Petite Flamme et t'emmener jusqu'aux confins des étoiles. Je ne laisse pas mes sœurs démunies, à souffrir la folie des hommes. Je peux faire de toi un roc, solide et inébranlable, capable de résister à la fureur même de Kalros. Je peux t'apprendre à connaître ton esprit et ses limites; t'enseigner les frontières de l'univers et la vanité de cette vie et des luttes futiles des mâles et que nous ne sommes rien que poussière dans les vents stellaires. Je peux t'apprendre à ouvrir ton âme au tout que forme la galaxie et à comprendre les secrets de la biotique. A ne faire qu'un avec l'ezo, jusqu'à en connaître les moindres couleurs et le moindre chant. Je suis Chamane, et celles qui sont sous ma protection le resteront jusqu'à ce que l'univers ne soit plus que poussière. »

Sa main se tendit aussi soudainement que lui était venu ce discours. « Viens avec moi, Petite Flamme, et je te jure d'être ton rempart, ma sœur, ma disciple, jusqu'à ce que tu puisses voler de tes propres ailes. »

Soudainement... Soudain... Oui. Shannon regardait la Chamane, puis Eléa, puis Jarod, qui les avait rejointes. On eût dit que le discours avait duré des heures ; des heures douces, aux accents poétiques. C'était étrange, trop étrange pour être vrai. Elle secoua la tête négativement.

Le silence était pesant. Il lui indiquait qu'elle devait faire un choix, et que ce simple mouvement de tête n'était pas suffisant. Oui ou non, de vive voix. Elle ne voulait pas prendre de décision, elle voulait s'en aller, elle voulait qu'on la laissât tranquille, comme elle l'avait toujours souhaité. Ce pourquoi elle s'apprêta à courir hors du vaisseau de la Kroganne, sans rien dire.

Pourtant, Shannon avait les yeux baissés, et tendait et détendait ses doigts, nerveuse. Les paroles, bien que nombreuses, lui revenaient en mémoire sans difficulté, contrairement à d'autres choses dont elle aurait dû se souvenir ; elles étaient aussi marquantes qu'une séance de torture dans le désert ou que deux course-poursuites sur Oméga.

Elle restait. Dix secondes avaient dû passer depuis que la voix de Dralot était retombée, mais l'éternité s'était installée dans le vaisseau, comme le cosmos dans les yeux de la Kroganne. De ce que Shannon comprenait... Aimerait-elle ressentir la même chose ? Aimerait-elle se rapprocher de ce qu'était cette femme ?

La réponse qui commençait à se former dans son esprit ressemblait à un oui. Elle ne réfléchissait même pas à l'apport mental que lui apporterait leur rencontre ; elle voyait déjà qu'elle pourrait continuer ses errances, mais qu'elle ne serait plus seule face au danger. Un temps, elle avait préféré la solitude, mais maintenant, elle savait le malheur que cela pouvait apporter.

Elle voyait aussi que la Chamane voulait lui apprendre à maîtriser sa biotique. Ç’avait été l'objectif de toujours de Shannon. Elle pouvait, en suivant la cheftaine, comprendre, s'approprier ce savoir qui lui avait toujours échappé. Elle pouvait apprendre à se défendre, elle pouvait ne plus...

… vivre ces choses, ni les revivre...

Se confier. Tout d'un coup, elle en avait envie, mais la situation présente l'en empêchait. Shannon ressentait sa faiblesse, de corps et d'esprit, elle ressentait une fêlure ; elle l'avait toujours sentie, mais souvent elle l'avait ignorée, elle s'était amusée, elle avait vécu comme si de rien n'était, et si elle l'avait ressentie plus fortement, ce n'avait jamais été à ce point.

Elle pouvait obtenir un soutien, elle pouvait obtenir une force. La vie semblait plus joyeuse, plus colorée, plus... maîtrisée, à regarder la Chamane et sa suite. Shannon avait sombré seule ; elle ne remonterait pas de la même manière, mais la décision d'agir ne pouvait venir que d'elle.

Comment... Comment j'en suis venue à réfléchir à tout ça ?

C'était à un point tel qu'elle crut défaillir, le poids du monde sur ses épaules. Mais non, elle ne bougeait pas.

La Kroganne avait sa main dans la sienne, mais elle n'aurait su dire si elle l'y avait placée ou si l'autre s'en était saisie.

« Je... Je viens. »

Avait-elle parlé ? Tout ce qu'elle voyait, c'était les gens avec qui elle s'était retrouvée dans des situations au mieux improbables, au pire mortelles, relevées d'un soupçon de miracle salvateur. Shannon voyait les possibilités de se rattraper. Peut-être même de se sentir assez forte pour oser se représenter devant sa famille adoptive.

Il n'y eut pas une parole ; Eléa la gratifia simplement d'une caresse maternelle dans le dos. On lui attribua une couche, et on la laissa seule. Il fallait digérer tout cela.

Vraiment ?

Shannon n'y croyait pas. Elle venait de changer toute sa vie en disant deux mots, après avoir côtoyé trois personnes pendant quelques heures, après avoir hésité, et en hésitant toujours. Elle s'assit sur la couche et fixa le sol pendant de longues minutes. C'était fuir, fuir encore, mais cette fois, pour mieux revenir. Elle ignorait toujours ce qui allait se passer, elle ignorait la route qu'elle allait suivre ; c'était une constante. Il était agréable de voir que quelque chose ne changeait pas.

Lasse, elle saisit son pad, dans son sac, et pianota un peu au hasard. Ses lèvres se pincèrent. Elle se sentait coupable de bien des choses, alors même que n'importe qui d'autre aurait compris qu'elle n'y était pour rien. Au moment de reposer le pad, elle avait envoyé un message unique à tous ceux qui pouvaient avoir son adresse. Dommage qu'il n'y ait pas eu J'ango et Roth dans le lot. Sinon, c'était sa famille, ses connaissances, ses rencontres improbables, comme Ravilla Aper ou Masha Narishkin. Le message tenait en une phrase. « Pour vous dire que tout va mieux maintenant. »

Elle l'avait écrit plus pour se convaincre elle-même qu'autre chose. Avant de se poser la question de si c'était vrai ou pas, elle s'effondra sur le lit, tira la couverture et s'endormit.

Malheureux est l'esprit obsédé par l'avenir, avait dit un jour quelqu'un qu'elle avait lu... Mais même le présent, elle voulait l'éviter pour le moment, car sa décision, elle ne la trouvait pas sûre ; son sommeil fut le seul néant qui pouvait être agréable.


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