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 Bras de fer

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MessageSujet: Bras de fer   Dim 19 Juin 2016, 16:27
Intervention MJ : NonDate :  première quinzaine de janvier 2201 RP Tout public
Kydra Lifith ♦ Dashanxa T'Pradma
Bras de fer


Bras de fer
Par une belle journée, sur Oméga...

Quel était le défaut d'Oméga ? Exister. Quelle était sa qualité ? Exister. Oméga était, Oméga n'était pas ; Oméga était bigarrure, rêve, cauchemar, plaque tournante de tout ce qu'il était possible d'imaginer, et pourtant, le tabou voulait qu'on ignorât cette richesse tant qu'aucune explosion, menace pour les honnêtes gens, ne venait ébranler le monde. Du moins, en théorie. Le bon monde serpentait lui-même dans les veines d'Oméga pour l'empoisonner insidieusement... ou pour son propre profit.

Oméga, au moins, n'était pas hypocrite. Vous vouliez vivre ? On vous fournissait le nécessaire pour cela. Vous vouliez tuer ? Idem. Vous vouliez mourir ? Vous connaissiez les risques.

Dashanxa avait tué un homme la veille.

Aujourd'hui, elle errait dans les rues d'Oméga à la recherche d'une occupation. On s'habitue à tout, même à tuer régulièrement des gens pour prolonger sa propre vie. Dashanxa avait opté pour du maquillage ; elle n'était pas fardée comme un clown, mais elle était suffisamment poudrée pour paraître rajeunie. Une sage Matriarche sur la station de la dépravation ? On aurait tout vu – ou alors elle était là pour s'en prendre à nous ! Elle avait aussi abandonné sa sempiternelle robe, trop peu pratique et trop voyante. A la place, une chemise, une veste légère de coton – tissu humain qu'elle avait appris à apprécier – et un solide pantalon, tous partant dans diverses teintes de mauve.

Dashanxa avait besoin de ce séjour sur Oméga. Elle en avait besoin car, malgré le danger qui régnait ici, c'était aussi la place où elle serait la plus tranquille, surtout depuis les évènements de Tuchanka. Et certes, elle en avait besoin pour réguler le bouillonnement de son sang d'Ardat-Yakshi, mais aussi pour faire travailler son esprit ; et quoi de mieux que la marche et l'exercice de la prudence constante pour cela ?

Frapper la galaxie ; elle le devait pour que les gens comprissent. Mais l'Azur Stellaire était composée de, quoi, deux cents membres ? Dashanxa mourrait pour eux, ces gens était excellents chacun dans leur domaine et cela serait utile en temps voulu, mais elle ne pouvait que reconnaître leur faiblesse numérique. Aussi, par où commencer ?

La Matriarche entra dans un bar, but un verre en donnant un faux nom – qui s'en souciait, de toute manière ? – et ressortit. Avait-elle dormi la nuit dernière ? Que ce fût le cas ou non, elle n'éprouvait aucune fatigue ; elle se sentait jeune et encore mercenaire, et pourtant comme extérieure aux problèmes d'Oméga. Ce qui était le cas, en fait : Dashanxa savait que la station était comme un vase prêt à déborder que des forces allaient préférer briser, mais elle ne s'en souciait pas. Elle profitait, comme tout le monde, de l'instabilité intrinsèque du lieu ; peut-être l'explosion était-elle plus probable en ce début d'année, mais alors c'était une instabilité encore meilleure pour quelqu'un de passage, et donc oubliable, comme elle.

Elle allait bientôt de nouveau disparaître après s'être détendue sur Oméga. Le bénéfice était double, et elle en sourit.

Le Patriarche, son vaisseau, l'attendrait d'ici à demain, aussi Dashanxa marchait-elle un peu partout, et ne se pressait pas. Elle s'arrêta un instant pour s'accouder à une balustrade, qui donnait sur un marché en pagaille, car son chemin à elle était bien trop bondé. Autant attendre un peu. Dashanxa détestait la lumière rouge qui caractérisait pourtant Oméga ; il ne manquait que de la fumée, et c'était l'endormissement total. Endormir, frapper, repartir. Quand on a un coup de prévu, c'est parfait, mais quand ledit coup nous vise, c'est simplement frustrant.

Aussi, en regardant les néons rougeâtres au-dessus des étals, Dashanxa ne cessait de soupirer. Elle devrait bouger ; aller voir ce que proposait les vendeurs ne serait pas une mauvaise idée, même si elle doutait de pouvoir acheter quoi que ce fût : la transaction ne serait pas des plus discrètes, et elle avait besoin de beaucoup. Il fallait qu'elle trouvât un autre biais pour préparer ses plans futurs. Mais elle pouvait déjà prospecter.

Ou alors, observer les gens, comme cette grande humaine aux cheveux noirs et brillants assise, au milieu du passage, sur les escaliers à gauche. Le hasard fit que leurs regards se croisèrent, comme cela arrive très souvent dans la foule.

Pour une raison que Dashanxa ne pouvait deviner, celui de l'humaine était glacé, et pourtant elle souriait. La Matriarche apprécia immédiatement la jeune femme, avant de détourner les yeux ; c'était ainsi, au milieu de la presse, on jugeait bien vite, et on repartait tout aussi vite dans sa propre vie.


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MessageSujet: Re: Bras de fer   Lun 20 Juin 2016, 22:30

Le corps sans vie s'écrasa au sol, n'étant plus désormais qu'une masse, un simple objet qui devait bien reposer son poids quelque part. Il s'étala confortablement, prenant ses aises, écartant ses membres, un vrai pacha qui prenait autant de place qu'il le pouvait sans se soucier des autres. Mais ce n'était pas encore assez pour lui apparemment. Il se décida à secréter un liquide rouge qui s'étendit tout autour de lui, un mucus sur lequel se reposer tranquillement et l'isolant du froid rudimentaire du sol, imprégnant ainsi l'endroit de sa présence, le dégradant égoïstement.

Ce n'était décidément pas un bon comportement en public, surtout quand on était accompagné d'une dame. Une humaine en armure légère grimpa à califourchon sur le corps s’emparant de ses mains pour les poser sur ses yeux vitreux, encore grands ouverts. Et elle se mit à rire simplement à la vision de cette scène, le mort couvert de honte cachant son propre visage au reste du monde. Elle se pencha en avant et attrapa le morceau de métal qui était encore enfoncé dans son torse. Kydra leva sa lame au niveau de ses yeux et contempla le sang qui la recouvrait. Elle se mit à lécher le liquide des deux côtés du couteau avant de le rengainer au niveau de sa cuisse. 

Elle se releva en un bond et sautilla d’un bout à l’autre de la pièce, fouinant un peu partout dans les affaires personnelles du monsieur au sol. Rien de bien intéressant globalement, mais en cherchant un peu, on finissait toujours par tomber sur quelque chose de particulier parmi cette ribambelle d’objets en tout genre. En ouvrant un tiroir, elle tomba sur un holo rubik’s. La jeune femme n’en avait pas vu depuis ses années lycées sur Terre. Il s’agissait d’un moyen simple et efficace pour faire passer le temps, même pour ceux qui arrivaient à le résoudre rapidement. Mais Kydra n’avait jamais réussi à en finir un seul. 

Elle posa ses fesses sur le cadavre qui s’avérait bien plus confortable que le sol métallique et entreprit de le résoudre. Il fallait connaitre les algorithmes spécifiques pour cela, mais elle ne les avait jamais appris par flemme et s’entêta à le faire ainsi sans aucune connaissance préalable. Kydra y passa quelques minutes, mais elle ne parvenait même pas à aligner les couleurs sur une ligne. La frustration envahit rapidement la jeune femme qui détestait ne pas pouvoir faire ce qu’elle voulait, particulièrement quand son adversaire était un simple objet. Bouillante de rage, elle balança l’holo rubik’s à l’autre bout de la pièce et dégaina son M-100, tirant dessus en riant. Le projectile toucha le sol et explosa, détruisant la moitié de la pièce et soufflant Kydra qui tomba à la renverse. 

Elle releva la tête avec un grand sourire, les cheveux ébouriffés. L’explosion venait de faire du boucan, et elle n’avait pas l’intention de rester ici plus longtemps. Heureusement, elle était désormais affiliée aux ravageurs ce qui lui permettait ce genre de folies sans en craindre les conséquences. Kydra envoya un message à Kurt, spécifiant que la cible avait été éliminé, et sortit du bâtiment. 

Anton l’avait prévenu que quelque chose de gros se préparait, Shoran aiguisait ses lames tout comme le butarien. Les rumeurs allaient bon train sur la station et pour une fois, elle n’étaient pas complètement fausses. Kydra allait pouvoir prendre part à ce conflit, elle qui était parvenue à s’extirper des bas fonds d’Oméga il y a quelques mois de cela seulement. Elle était prête à faire tout ce qui était nécessaire pour placer le butarien à la tête d'Oméga afin qu'il puisse bâtir cet empire qu'il lui avait promis. Mains derrière la tête, elle s’éloigna du bâtiment et laissa son esprit vagabonder. Empruntant la ruelle qui menait à l’avenue principale, elle s’assit sur les marches et pianota sur son omnitech. Elle était de bonne humeur. Il n’y avait aucune raison particulière à cela, mais elle se sentait pleine d’énergie.

OUAIS !

Les passants se tournèrent vers elle lorsqu’elle cria, elle venait de battre son propre record à Flappy Shepard. Kydra leva la tête de son jeu et regarda les passants. Elle croisa le regard d'un turien, d'une butarienne puis d'une asari. Une asari, voilà exactement de quoi s'occuper ! La dame en question continua son chemin parmi la foule. Kydra se leva et la rattrapa, passant son bras gauche par dessus ses épaules et se collant à elle avec un grand sourire.

Dis donc ma jolie, ça te dirait qu'on s'isole un peu toutes les deux ? Histoire qu'on s'éclate ensemble...

Une approche direct qui était pourtant étonnement suffisante chez certaines et qui provoquait une confusion chez d'autres, mais dans les deux cas, Kydra était gagnante. Son seul but était d'éloigner l'asari de la foule pour s'en occuper dans un coin et ces salopes bleues étaient généralement bien trop tentée pour se méfier de quoi que ce soit. Elle ne se serait jamais permise ce genre de choses il y a quelques semaines seulement, mais les ravageurs n'étaient plus à craindre.

La jeune femme emmena l'asari dans une rue qui menait vers chez elle, tout en lui expliquant à quel point elle avait craqué pour son visage et ses yeux neige. De plus près, la tentaculeuse s'avéra plus vieille que ce qu'elle croyait, une matriarche peut être ? Elle n'avait aucune idée des tranches d'ages asari et s'en fichait complètement, elles étaient toutes bien meilleures mortes. La ruelle changea d'orientation et Kydra en profita pour plaquer l'asari contre le mur. Elle glissa ses mains dans les siennes et les joignit dans son dos, approchant son visage à quelques centimètres. L'attention des deux femmes était dirigé vers ces lèvres entrouvertes qui pourtant ne se rencontrèrent pas. Une fois que l'humaine eut fini de mettre ses omnimenottes à l'asari, elle s'écarta avec un rire.

On va pouvoir s'éclater maintenant.

Kydra fit un tour sur elle même et dégaina son couteau.

Tu vois ça ? Certains le considère comme un simple outil, moi je dis que c'est l'une des plus belles créations de Dieu.

Elle leva sa main vers l'asari et commença un va et viens.

Non, non, non, je t'arrêtes tout de suite, c'est une expression, je ne suis pas une croyante, je ne fais pas partie de tous ces débiles qui se tournent vers Dieu lorsqu’ils n'ont plus rien. La folie vois tu, c'est l'exact définition de la folie ! Abandonner toute rationalité pour protéger son esprit faible et impuissant, se mettre à vénérer une entité qui aurait pourtant était l'origine de ton état actuel, c'est vrai quoi tant qu'on y est, autant lécher la boue sur la godasse qui te maintiens la tête sous l'eau. Mais je suis en train de m'égarer.

La jeune femme revint face à l'asari en sautillant.

Ce n'est rien de personnel contre toi bien sur, mais ton crime a été de naître avec ces protubérances à l'arrière du crâne. Et avec les asaris, y'a qu'une seule chose à faire.

Kydra plia sa main droite en forme de pistolet et la pointa vers son propre front avant de faire claquer sa langue.

Mais tu es chanceuse, je vais te laisser choisir.

Elle porta la lame juste devant les yeux de la bleutée.

Je te laisse choisir à quel endroit du corps je plante le couteau, et je ne le ferai pas ailleurs, tu as ma parole.

Un homme encapuchonné passa près d'elles et il se mit à marcher bien plus rapidement lorsqu'il aperçut la lame, quittant la ruelle. Kydra plongea son regard dans celui de l'asari, penchant sa tête sur le côté.




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MessageSujet: Re: Bras de fer   Jeu 23 Juin 2016, 17:57
Bras de fer
Une balle dans le barillet.

La curiosité, cette force étrange...

Dashanxa avait vu cette étrange humaine se rapprocher ; celle-ci l'avait aguichée, et elles s'étaient engagées ensemble dans les rues d'Oméga. La Matriarche avait accepté de déambuler plus par l'effet de cette fameuse curiosité que par envie de prendre du bon temps, d'une part car c'était une chose qu'elle avait déjà faite, et d'autre part parce que l'humaine avait comme une âme rigide derrière un corps souple ; rien ne se passerait comme elle l'avait annoncé, et, pour avoir remarqué cela, Dashanxa avait bien voulu la suivre. N'était-ce pas elle qui cherchait à s'occuper il n'y a même pas cinq minutes ?

Il fallait le faire, réussir à paraître plus étrange et plus sombre qu'Oméga toute entière.

Elles finirent dans une ruelle – classique. Et Dashanxa l'admettait, elle avait hâte de voir la suite, peut-être même sentait-elle des pulsions mortelles s'éveiller.

Et, elle devait le dire, elle s'était attendue à beaucoup de choses, même à mourir en un instant, mais pas à se retrouver attachée, les mains liées dans le dos, après un presque baiser.

« On va pouvoir s'éclater maintenant. »

Et un couteau apparut. Dashanxa ne dit rien. Elle était calme ; l'autre l'était aussi, et c'en était impressionnant, au vu du tumulte qui bouillonnait en elle.

La Matriarche resta silencieuse pendant que l'Humaine déblatérait, en s'agitant de plus en plus, mais en gardant le contrôle d'elle-même, comme si le mouvement la caractérisait et canalisait son énergie. La mention de Dieu – le Dieu des Humains, du moins de ceux qui y croyaient, bien sûr – fit tressauter l'un des cils de Dashanxa. Elle ne sourit pas, du moins pas encore. Il n'était pas bon de se dévoiler pendant la tirade de quelqu'un, et encore moins de quelqu'un prêt à vous tuer, tuer parce qu'elle était une Asari.

De la haine envers les Asari ? Fait commun dans la galaxie, certainement encore plus sur Oméga, sauf envers les danseuses et autres filles de joie. Laisser l'humaine poursuivre... Même si cela impliquait de se voir menacée du couteau précédemment cité. Arme archaïque s'il en était, et pourtant si évocatrice ! Elle rappelait la violence et la furie d'anciens temps, la facilité de faire couler le sang, et en même temps une noblesse digne !

Dashanxa, comme tout être vivant doué d'un peu de bon sens, suivait le couteau du regard, sans pour autant perdre de vue la main qui le tenait, le bras lié à cette main, et la tête qui dirigeait l'ensemble. Parce que ce n'était pas une menace sortie de nulle part : cette femme, face à elle, semblait frapper comme un éclair, aléatoirement, mais un but plus grand se cachait derrière.

« Je te laisse choisir à quel endroit du corps je plante le couteau, et je ne le ferai pas ailleurs, tu as ma parole. »

Impassible, comme l'était Dashanxa. Pour elle, d'ailleurs, le moment de la parole lui était donné. Il ne fallait pas le gâcher.

Les yeux de l'humaine plongés dans les siens, elle s'autorisa un temps de réflexion qui devait être fort agaçant pour son interlocutrice. Un homme passa, sans leur accorder d'attention – ou, justement, en leur accordant trop d'attention au point de préférer fuir. Une fois qu'elle se fut posée mentalement, elle put offrir un sourire à l'humaine.

« C'est parce que vous ne croyez en aucun dieu que vous me laissez être maîtresse de mon destin ? Etre moi-même le Dieu dont j'ai besoin ? Au moins, vous êtes cohérente avec vous-même. Tous les fous ne peuvent guère en dire autant, aussi brillants soient-ils. » Pour la forme, elle tordit ses poignets afin d'espérer se libérer. « Il est bon de ne croire en aucun dieu. Ainsi vous n'avez pas à prendre part aux guerres qu'ils se livrent entre eux, ou à celles que leurs fidèles se livrent. Vous échappez aux grandes questions de la théologie, vous échappez aux conflits qui en découlent. Mais je suppose alors que vous croyez en autre chose. »

En la haine, en les armes, peut-être. Dashanxa continua d'être à la fois caressante et cassante. « Vous avez déjà dû l'entendre, mais on ne peut ne croire en rien. Moi, je crois en une Déesse. Pour autant, je sais très bien, comme vous dites, qu'il ne faut pas se laisser écraser. Ni par l'entité supérieure, ni par quiconque à l'enveloppe mortelle. Et cela vous inclut. »

Cette humaine ne se laisserait pas convaincre des bienfaits d'une croyance mesurée. Ceci dit, une croyance excessive, et contrôlée, produisait aussi des miracles. Mais cela ne marcherait pas non plus ; pas avec cette folle. En revanche, la Matriarche serait ravie de changer des vies par ce moyen.

Ses mains liées se tordirent encore, mais cette fois, un halo bleuté d'ezo l'entoura ; Dashanxa se contenta de s'approprier le couteau, et non pas l'humaine, par son pouvoir de lévitation ; et avant que les réflexes et la réflexion de celle-ci conduisissent à quelque réaction, la Matriarche se servit du couteau pour couper ses liens, puis le projeta sur un mur ; de vrai, elle visait vraiment ce mur, mais une Asari passait par-là, aussi fit-elle exprès de viser pile le dessus de son crâne. Sa congénère poussa un cri strident et s'enfuit, une main plaquée sur la tête ; si elle vivait encore, c'était parce que, malgré le désordre d'Oméga, il ne fallait pas se compliquer la vie avec un meurtre. Dashanxa attendit qu'elle disparût avant de se tourner de nouveau vers l'humaine.

Le son sec du couteau planté dans le mur résonnait encore, et dans la ruelle, et dans l'esprit de la Matriarche.

Elle secoua ses poignets libérés pendant que l'ezo s'évaporait autour d'elle. « Je dois dire que je suis d'accord avec vous. Ces excroissances sont peu gracieuses. Mais je ne suis pas sûre que je préférerais les échanger avec une longue chevelure comme votre espèce peut posséder. » Elle fit quelques pas, les mains dans le dos, un œil toujours posé sur celle qui avait voulu l'agresser. « Et je vous rejoindrai encore : ma propre espèce me déplaît. Enfin... Il serait exagéré d'entrer dans la généralité, à l'inverse de vous, mais vous voyez l'idée. Peu importe, l'heure n'est pas aux justifications. Je cherchais une occupation : en vous, je l'ai trouvée. »

Dashanxa partit en direction du couteau, et pu l'extraire du mur d'un geste qu'elle trouva quelque peu rustre, mais efficace. Elle revint vers l'humaine en lui tendant l'arme par la lame. « Vous aimez jouer ? C'est à qui fera le plus peur à une Asari. Je pense que j'ai assez bien réussi lors de mon tour. Voyons si vous pouvez faire mieux. » Elle hocha la tête pour elle-même. « Je m'appelle Dashanxa. Et vous-même ? »

Elle s'en était tirée par ses propres moyens... pour le moment ; mais elle savait que la Déesse la soutenait. Quitte à continuer à se mettre les autres Asari à dos. Désormais, elle attendait, sur ses gardes, la prochaine manœuvre de l'humaine.


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MessageSujet: Re: Bras de fer   Lun 27 Juin 2016, 23:14

C'est parce que vous ne croyez en aucun dieu que vous me laissez être maîtresse de mon destin ? Être moi-même le Dieu dont j'ai besoin ? Au moins, vous êtes cohérente avec vous-même. Tous les fous ne peuvent guère en dire autant, aussi brillants soient-ils.

Ouh là, Kydra était tombée sur un sacré spécimen apparemment. Au-delà du sang froid dont faisait preuve l’asari, elle ramenait sa situation à une simple réflexion, jugeant ouvertement l’humaine avec les quelques phrases qu’elle avait prononcé précédemment, y apportant même sa petite touche personnelle.

Il est bon de ne croire en aucun dieu. Ainsi vous n'avez pas à prendre part aux guerres qu'ils se livrent entre eux, ou à celles que leurs fidèles se livrent. Vous échappez aux grandes questions de la théologie, vous échappez aux conflits qui en découlent. Mais je suppose alors que vous croyez en autre chose.

Quoi ? C’était quoi la suite ? Elle allait lui demander de s’allonger au sol et de lui raconter ce qui n’allait pas dans sa vie ? Si elle n’avait strictement rien à foutre de ce que l’asari pouvait dire d’elle, l’humaine ne supportait en revanche pas du tout cette façon de parler, comme si elle lui donnait une leçon. Cette salope avait beau avoir des centaines d’années de vécu de plus qu’elle, le passé avait déjà maintes fois démontré que cette longévité exceptionnelle n’apportait pas spécialement sagesse et expérience aux asaris, une des multiples raisons d’ailleurs, qui faisait qu’elle détestait ce peuple, visiblement incapable de tirer profit de ce don que la nature leur avait pourtant offert. Mais dans le cas présent, Kydra se trouvait surtout face à une asari attachée qui commençait à sérieusement lui taper sur les nerfs. Une raison plus que suffisante pour terminer sa besogne.

Vous avez déjà dû l'entendre, mais on ne peut ne croire en rien. Moi, je crois en une Déesse. Pour autant, je sais très bien, comme vous dites, qu'il ne faut pas se laisser écraser. Ni par l'entité supérieure, ni par quiconque à l'enveloppe mortelle. Et cela vous inclut.

Oh oui, enfoncer des portes ouvertes, l’asari semblait vraiment douée pour cela. La colère de Kydra s’évanouissait petit à petit, laissant place à la curiosité, elle voulait voir ce que la bleutée allait lui déblatérer d’autre. Mais ce fut des actes et non des paroles qui s’ensuivirent. Son couteau s’envola de ses mains, coupant les liens de l’asari et allant se planter dans un mur un peu plus loin, proche d’une de ses congénères qui s’enfuit immédiatement. De la biotique bien évidemment, mais elle l’avait utilisé comme de rien n’était, ne se préparant même pas à une réaction de l’humaine, agissant en toute impunité, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Oh bon sang que Kydra détestait cette suffisance. 

Je dois dire que je suis d'accord avec vous. Ces excroissances sont peu gracieuses. Mais je ne suis pas sûre que je préférerais les échanger avec une longue chevelure comme votre espèce peut posséder.

La jeune femme grimaça, pour rien au monde elle ne se séparerait de sa chevelure noire, rien. Cette pétasse n’avait même pas de fierté envers ses attributs raciaux. 

Et je vous rejoindrai encore : ma propre espèce me déplaît. Enfin... Il serait exagéré d'entrer dans la généralité, à l'inverse de vous, mais vous voyez l'idée. Peu importe, l'heure n'est pas aux justifications. Je cherchais une occupation : en vous, je l'ai trouvée.

Kydra écarquilla les yeux avant d’éclater de rire. Voilà bien une chose à laquelle elle ne s’attendait pas du tout. Et sans vraiment le savoir, la bleutée venait sans aucun doute de se sauver la vie avec ces quelques mots. La concernée alla d’ailleurs retirer le couteau du mur et le tendit vers l’humaine. 

Vous aimez jouer ? C'est à qui fera le plus peur à une Asari. Je pense que j'ai assez bien réussi lors de mon tour. Voyons si vous pouvez faire mieux.

Etait elle en train de se foutre de sa gueule ?

Je m'appelle Dashanxa. Et vous-même ?

Kydra prit le couteau et le rengaina au niveau de sa cuisse. Elle s’approcha de cette Dashanxa et lui asséna un coup de poing au niveau du visage en un éclair. 

Désolée, mais ça c’est pour calmer mes nerfs, j’aime pas trop qu’on me prenne de haut tu vois ? Et j’ajouterais même…

Elle dégaina son omnilame et la plaça sous la gorge de l’asari.

Que je te reprenne pas à utiliser ta putain de magie sur moi, cette lame là tu pourras pas la faire voler. Mais reprenons nos elcors.

L’humaine se redressa et rengaina son arme, sortant un mouchoir et essuyant le sang sur les lèvres de Dashanxa. 

Tu as dit quelque chose de fort intéressant qui a été perçu comme une mélodie à mes oreilles, raison pour laquelle je ne souhaite pas t’esquinter davantage. Et je dois bien l'avouer, je suis curieuse de savoir ce qui t'a poussé sur cette magnifique voie. Mais j'imagine que tu préfères au préalable des actes à la parole comme tu me l'as si gentiment demandé. Pas que cette activité ne m’intéresse pas mais une certaine asari m'a dit de ne pas me laisser marcher dessus par les autres enveloppes mortelles, je prends donc soin de suivre ses conseils à la lettre.

Kydra attrapa son M-100 et tira une grenade en l'air, pile au dessus d'elles. L’atmosphère d'Oméga était dénuée de tout vent et empêchait donc toute catastrophe imprévue.

Inutile d'essayer d'utiliser ta biotique dessus, elles sont spécialement conçues pour que ce soit impossible.

La grenade s'immobilisa avant de retomber, l'humaine fit tourner son canon lourd sur son doigt par frime avant de tirer en l'air. La balle rencontra le projectile qui explosa instantanément, l'explosion était trop haute pour les atteindre mais le souffle le pouvait. Kydra fléchit les jambes et les écarta pour être plus stable tandis que Dashanxa faisait son possible pour ne pas tomber.

Allez une dernière !

La jeune femme inséra une nouvelle munition et tira exactement dans le même angle, mais cette fois ci lorsqu’elle tira avec son canon lourd, elle fit exprès de rater, la grenade fonçant vers les deux femmes.

Oh quel dommage.

L'asari fit un bond en arrière et dressa une barrière biotique tandis que le projectile tombait à leur pied. Kydra commença à se tordre de rire lorsque la grenade, au lieu d'exploser, se mit à répandre une brume dense.

C'était une grenade fumigène ! Hahaha !

La jeune femme shoota dedans pour qu'elle aille répandre sa fumée ailleurs et reporta son attention sur Dashanxa, lui tendant la main.

Moi c'est Kydra Lifith ! Humaine au grand cœur qui vous fournira divertissement et bonne humeur si ma haine des asaris vous partagez ! Quelle que soit votre race d'ailleurs hein, je voudrai pas que ça paraisse ironique même si je vous en ai collé une, on a qu'à dire que c'était un accident.

Un silence s'ensuivit et aucune des deux femmes ne bougea. Finalement, Kydra se pencha en avant et secoua sa main.

Vous êtes censée me la serrer en fait, c'est un salut humain. C'est pas que c'est gênant de rester le bras tendu mais...




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MessageSujet: Re: Bras de fer   Jeu 30 Juin 2016, 19:19
Bras de fer
Il ne manque qu'un coktail pour apporter joie et bonne humeur.

N.B:
 

Le poing de l'humaine percuta le visage de Dashanxa sans qu'elle eût pu voir venir le coup. Sa tête partit en arrière. La douleur s'insinua dans les os de sa mâchoire, dans ses dents, jusque dans son crâne. Dans un réflexe que tout le monde avait, sa main vint saisir son menton pour s'assurer que tout était encore en place ; c'était le cas, mais il n'empêchait que cela restait douloureux.

« Désolée, mais ça c’est pour calmer mes nerfs, j’aime pas trop qu’on me prenne de haut tu vois ? Et j’ajouterais même… »

Oh, fantastique, Dashanxa était désormais sous la menace d'une omnilame. « Que je te reprenne pas à utiliser ta putain de magie sur moi, cette lame là tu pourras pas la faire voler. Mais reprenons nos elcors. »

Etait-ce une menace due à une fierté égratignée ? Ou à une peur lointaine soudain réveillée ? Dashanxa n'arrivait pas à deviner. Elle avait du mal à cerner l'humaine ; et plus qu'atteinte de frayeur par la menace, elle était... impressionnée. Dans tous les cas, l'autre ne voulait pas jouer – du moins pas selon les règles de la Matriarche. Très bien. Dans un dernier signe ostentatoire d'une volonté de l'humilier, l'humaine s'approcha et essuya l'unique filet de sang que Dashanxa sentait couler le long de son menton.

« Je suppose que c'est mérité, articula-t-elle, la main toujours autour de sa mâchoire. Mais soyons sérieuses un instant. Vous méritiez tout autant ce que je vous ai fait. Vous avez voulu me tuer. »

Bien sûr, l'humaine ne releva pas. Mais peu importait, car pour être tout à fait honnête, Dashanxa n'avait pas envie de se justifier elle ; elle serait plutôt ravie d'entendre ce qui avait poussé cette étincelle sanglante à replacer son arme dans sa gaine, au lieu d'essayer de la placer entre ses côtes d'Asari – ou où que ce fût ailleurs.

S'ensuivit un discours alors même que l'humaine semblait ne pas apprécier cette méthode d'expression. Qu'est-ce qui l'avait intéressée ? Le fait que Dashanxa se plaçait en adversaire de son propre peuple ? Sans doute, c'était à ce moment-là qu'elle avait ri. Mais la Matriarche n'eut pas le temps de porter sa réflexion très loin : non sans une nouvelle pique ironique, l'humaine sortit des grenades et se délecta en les faisant exploser dans les airs avec un canon lourd. Cela changeait des couteaux, pour sûr.

Le souffle de la première explosion les atteignit ; l'humaine donna une illusion de stabilité qu'elle se devait bien d'avoir, puisque c'était elle qui faisait son numéro ; quant à Dashanxa, elle fut forcée de faire deux pas en arrière. Aussi, quand une seconde grenade s'envola mais retomba, la Matriarche s'entoura de sa barrière biotique sans une pensée – du moins compatissante – pour l'humaine.

« Oh quel dommage. »

Mais seule une fumée grise s'échappa de la « grenade ».

« C'était une grenade fumigène ! Hahaha ! »

Très, très drôle.

La jeune femme fit disparaître l'objet d'un coup de pied. Il alla se perdre dans le marché de tout à l'heure, ce qui déclencha une série de cris suraigus, et, il faut bien le reconnaître, c'était fort amusant à entendre. Dashanxa laissa se dissiper sa barrière et chassa la fumée restante de quelques revers de main.

Elle avait été spectatrice un temps qui lui avait paru bien trop long, elle qui avait pourtant attendu des siècles patiemment que son pouvoir ne s'accrût de façon stable. Peut-être était-ce parce qu'elle était au cœur d'une action pure, et non parce qu'elle observait du dehors. L'humaine, malgré tout ce qu'il s'était passé, lui tendit la main.

« Moi c'est Kydra Lifith ! Humaine au grand cœur qui vous fournira divertissement et bonne humeur si ma haine des asaris vous partagez ! Quelle que soit votre race d'ailleurs hein, je voudrais pas que ça paraisse ironique même si je vous en ai collé une, on a qu'à dire que c'était un accident. »

Elle s'était impunément jouée de Dashanxa. Divertissement, oui, bonne humeur, oui, mais pas pour autrui, pour elle-même. Et pourtant, la Matriarche esquissa un sourire ; cette Kydra s'était impunément jouée d'elle et...

Depuis combien de temps Dashanxa n'avait-elle pas été malmenée physiquement ainsi ?

En cette année 2201, elle allait fêter ses 879 ans d'existence ; et c'était maintenant, après des siècles d'une paix relative qu'elle avait voulue, qu'elle retrouvait le plus la période de sa vie où elle avait été mercenaire, libre... folle. Complètement folle. Une période qu'elle avait appréciée, mais qu'elle avait occultée au profit d'une vie, disons, plus saine. Elle avait un ordre à instaurer parmi les siens à l'Azur Stellaire, elle avait une image d'Ardat-Yakshi paisible à montrer à Thessia – pour que le gouvernement ne l'en oubliât que mieux. Il ne fallait pas croire ; ce temps de réflexion et de mise en place avait été très profitable.

Mais aujourd'hui, elle avait besoin de renouer avec un ressort de folie. Après toutes ces années, avec toutes années qu'elle se traînait, c'était une humaine, très jeune en plus il semblait, même selon les standards de son espèce, qui la secouait ?

Bien.

Elle avait besoin de cela.

De la fraîcheur.

La main de Lifith qui s'agitait devant ses yeux lui fit légèrement secouer la tête ; facile de se perdre dans ses pensées quand le temps, pour soi, passe avec lenteur. Luxe que les humains n'avaient pas, et cette agitée encore moins. Jamais une seconde de tranquillité. Déesse ! « Vous êtes censée me la serrer en fait, c'est un salut humain. C'est pas que c'est gênant de rester le bras tendu mais...
— ... Oh, mais je vous arrête tout de suite, je connais assez votre espèce pour aussi connaître votre légendaire poignée de main. En revanche, vous pouvez blâmer mon moment d'absence. » Dashanxa lâcha enfin sa mâchoire et serra la main de l'humaine. « Enchantée, mademoiselle Lifith. »

Quelle étrange sensation ! La poignée de main, c'était comme un pacte, pour les humains ; elle venait d'accepter de se lier, même sans savoir comment, même si le lien ne se imiterait qu'à cet échange, à quelqu'un qui venait d'essayer de lui ôter la vie. Sa joie fut totale. Il pouvait certainement sortir beaucoup de choses de cette rencontre fortuite et malsaine. Dashanxa n'était pas une grande amie des Systèmes Terminus, mais ils regorgeaient de surprises bienvenues.

Elle ne lâchait pas la main de l'humaine et renforça même son emprise dessus, jusqu'à ce que Lifith tentât de se dégager en tordant le poignet. Une vengeance, aussi petite qu'elle fût, pour tout le cirque qu'elle venait de lui faire, ne faisait pas de mal. Ce n'est que là que Dashanxa retira sa main – avant que l'humaine ne s'en prît à elle de nouveau. « Pardon. C'était aussi un accident... N'en parlons plus, vous avez raison. »

C'est là qu'une voix tonitruante se fit entendre. Si forte que même Aria devait la percevoir depuis l'Au-Delà. C'en était ridicule. « C'est quoi ce bordel ? Cette fumée ? Putain, si y'en a un qui en a profité pour voler un truc, il est mort ! Qui a lancé ça ?
— Hm, intéressant. » Lifith avait visé le mauvais endroit avec sa grenade. Un turien armé sortit du nuage gris, et, vu le bruit qu'il faisait, il ne resterait pas seul longtemps. « Vous vous satisferiez bien de vous jeter dans la mêlée, j'en suis sûre, mais si vous voulez vraiment que nous parlions, nous ferions mieux de filer. »


*


Moins d'une heure plus tard, l'improbable duo se retrouvait sur un toit d'un des districts supérieurs. Au moins, personne ne viendrait les déranger. Elles se « dérangeraient » sans doute assez entre elles, de toute manière.

Sur le chemin, Dashanxa avait reçu un appel et ouvert son omnitech. Evaza, le capitaine de son vaisseau et une de ses plus anciennes alliées, se demandait ce qu'elle faisait.

« Je me fais des amis, avait répondu la Matriarche, laconique.
— Tu as la lèvre fendue, Dashanxa.
— Ah? » Elle ne s'en était pas rendu compte, mais, en y passant son doigt, elle avait en effet trouvé une boursouflure sur le coin de sa lèvre inférieure. « Je te raconterai, mais plus tard. Attendez-moi encore un peu.
— C'est ça... Et puis ce n'est pas comme si on allait partir sans toi. » Evaza, toujours blasée. Quelqu'un pourrait mourir près d'elle qu'elle se contenterait de soupirer.

L'endroit où Dashanxa se trouvait avec Lifith était vide, gris, mais heureusement éclairé par la sempiternelle lueur rouge-orangée d'Oméga. Pour une fois que cet éclairage était utile... Dashanxa marchait au hasard, autant qu'elle le pouvait sur la petite surface. L'escalier pour rejoindre ce toit était brisé sur la fin ; elles avaient dû grimper. Ce n'était certainement pas autorisé, mais qu'est-ce qui était autorisé sur Oméga?

Dashanxa finit par se tourner vers Lifith. « Avant que nous passions aux questions... J'ai des remerciements à vous faire. » Son visage était sans expression, mais sa voix était – étrangement – sincère. « Je vous déteste, mais j'adore en même ce que vous avez fait. Et je dois dire, vous m'impressionnez. J'aime votre... volonté. Surtout pour votre âge, humaine. » Oui, Lifith avait un parler franc, direct, relâché, dément, et il en était de même pour ses actions, ce qui les rendait totalement désagréables. Ce que recherchait Dashanxa. « Votre esprit s'agite. Sans cesse. A croire qu'on vous l'a volontairement passé à l'essoreuse, si vous me permettez d'emprunter cette expression. Les Asari vous ont fait quelque chose? ... Non, ne répondez pas, c'est vous d'abord qui m'avez posé la question. »

Elle guettait la réaction de l'humaine pendant qu'elle cherchait ses mots. Un autre rire, sans doute.

« En ce qui me concerne, disons que je suis différente. De corps et d'esprit. » Lifith en tirerait les conclusions qu'elle voudrait. « Athamé et non pas Siarisme. Une Déesse a une dimension unificatrice qu'un grand vide qui se veut grand tout n'a pas. Enfin, je passe les détails. Je suis à la tête de l'Azur Stellaire, une secte de la Déesse selon les gouvernements asari. On nous a craché dessus et poursuivi pendant des siècles. Aujourd'hui, la situation est stable sans l'être. Les coups de poignard dans le dos, vous savez... » Non sans référence aux évènements de tout à l'heure ; Dashanxa plaça ses mains dans son dos. « Ah, les Asari! Gouvernement branlant et fierté farouche. Il faut que ça change. Les Asari doivent changer. Quitte à ce que le remplacement se fasse dans le sang. »

Elle alla s'adosser à un mur, soudain lasse. C'étaient de grands mots. L'entreprise était encore plus grande. Ecrasante pour une seule Asari et un petit nombre de suivants. Vaine? « En somme, voici la version courte. Désormais, j'aimerais vous retourner la question. Non, avant, j'en ai une autre: qui êtes-vous vraiment? »

Dashanxa ferma la bouche et sentit une douleur parcourir sa lèvre fendue. Ce n'était pas grave, mais même une petite blessure peut tirailler la chair au point de croire qu'on la fouille d'une lame de couteau. La Matriarche espérait que son silence pendant la parole de Lifith calmerait la chaleur de sa plaie.


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MessageSujet: Re: Bras de fer   Lun 04 Juil 2016, 23:36

Enchantée, mademoiselle Lifith.

Étrange. Pour un peu, on aurait presque pu croire qu'il s'agissait là d'une poignée de main officielle scellant une affaire. Une frivolité à laquelle Kydra ne s'était jamais vraiment prêtée, sauf par jeu. Mais au moment de rompre le contact, Dashanxa serra sa main et la tordit. L'humaine releva immédiatement son regard vers l'asari. D'autres personnes avaient déjà joué à ce petit jeu avec elle et avaient perdu. Si elle utilisait généralement des techniques pour maîtriser des hommes ou des aliens massifs, elle possédait en revanche généralement bien plus de force que les autres femmes, et encore pire en ce qui concernait ces salopes bleues. Elle était parfaitement capable de mettre Dashanxa à terre avec une seule main.

Pardon. C'était aussi un accident... N'en parlons plus, vous avez raison.

Oh, elle essayait de se hisser à son niveau, intéressant. Mais les poings de Kydra avaient peu de tolérance face à une attitude provocatrice, ce que l'asari allait découvrir si elle continuait sur cette pente. Et les coups pouvaient s'avérer bien plus violents et plus vicieusement placés que celui qu'elle lui avait offert précédemment. Le hurlement d'un turien les interrompit, la grenade avait visiblement atterrit chez lui et ce dernier vociférait sur cette fumée menaçant quiconque en aurait profité. Une bagarre gratuite, voilà bien de quoi détendre la jeune femme. L'asari en revanche ne l'entendit pas de cette oreille et quitta les lieux en l'emmenant avec elle.

***

Les deux femmes se retrouvèrent sur le toit d'un des nombreux bâtiments dans les quartiers supérieurs, pour parler apparemment. Si Kydra avait accepté de la suivre, c'était pour deux raisons. La première c'était que Dashanxa haïssait visiblement les siennes pour une raison qu’elle ignorait et la deuxième c'était que c'était marrant. L'asari se tournait justement vers l'humaine et commença à lui parler.

Avant que nous passions aux questions... J'ai des remerciements à vous faire. Je vous déteste, mais j'adore en même ce que vous avez fait. Et je dois dire, vous m'impressionnez. J'aime votre... volonté. Surtout pour votre âge, humaine.

Kydra ne s'attendait pas du tout à des éloges, se faire détester oui, elle y était habituée, mais des remerciements beaucoup moins. Rajoutant à cela le sang froid dont elle avait fait preuve précédemment, Dashanxa s'avéra être une créature très surprenante. Était elle habituée à ce genre de lieux et de personnes ? Ou était ce simplement l'âge qui la rendait ainsi ? La jeune femme n'en avait absolument aucune idée et elle ne savait pas comment faire pour différencier les deux.

Votre esprit s'agite. Sans cesse. A croire qu'on vous l'a volontairement passé à l'essoreuse, si vous me permettez d'emprunter cette expression. Les Asaris vous ont fait quelque chose? ... Non, ne répondez pas, c'est vous d'abord qui m'avez posé la question.

Une vengeance. Un traumatisme. Évidemment. Sinon, pourquoi se mettre à haïr une race toute entière ?

En ce qui me concerne, disons que je suis différente. De corps et d'esprit. Athamé et non pas Siarisme. Une Déesse a une dimension unificatrice qu'un grand vide qui se veut grand tout n'a pas. Enfin, je passe les détails. Je suis à la tête de l'Azur Stellaire, une secte de la Déesse selon les gouvernements asaris. On nous a craché dessus et poursuivi pendant des siècles. Aujourd'hui, la situation est stable sans l'être. Les coups de poignard dans le dos, vous savez... Ah, les Asaris! Gouvernement branlant et fierté farouche. Il faut que ça change. Les Asaris doivent changer. Quitte à ce que le remplacement se fasse dans le sang.

Kydra haussa un sourcil. Il était facile d'imaginer le passé d'une telle asari et les raisons qui pouvaient l'avoir poussé à détester non pas sa race, mais le système qui la régissait. Et Dashanxa ne se contentait pas seulement de la haine, elle souhaitait le changement et se donnait apparemment les moyens pour cela, chose qui plaisait beaucoup à l'humaine. Cependant, elle n'était pas certaine de partager son point de vue. S'il s'agissait visiblement de conflits idéologiques en ce qui concernait Dashanxa, pour Kydra, la source du problème se trouvait dans la mentalité même de la race. Sa compagne était elle capable de la changer en en modifiant la tête ? Pas sur. Mais elles étaient là pour discuter de toute manière. L'asari alla s'adosser à un mur avant de reprendre la parole.

En somme, voici la version courte. Désormais, j'aimerais vous retourner la question. Non, avant, j'en ai une autre: qui êtes-vous vraiment ?

Question très étrange.

Eh bien , je ne suis qu'une humaine parmi tant d'autres qui tente de changer les choses. Rien de bien intéressant ou de très folichon crois moi. Pour ce qui est des asaris en revanche, j'aimerai qu'il s'agisse là d'une question rhétorique mais malheureusement on en est très loin. Pourquoi donc haïr les belles et gracieuses asaris ?

Kydra cracha au sol.

Et bien c'est très simple, prenons des exemples, les butariens ou les krogans, des races puissantes et guerrières qui façonnent leur réputation par les combats, par la force, par la puissance. Des races fières qui mériteraient une place de choix au sein de la communauté galactique ne serait ce que par le respect que l'on pourrait éprouver pour eux n'est ce pas ? Mais ils ont refusé de devenir les toutous du conseil, et pour ça on les a renié. Quoi c'est vrai, une race qui refuse de ramper aux pieds des conseillers c'est pas une vrai race hein ? Et qu'est ce qu'on a à la place ? Des asaris. Des traîtresses qui ont menti à toute la galaxie même pendant ses heures les plus sombres et dont la grande majorité des individus se dandinent autour d'une barre pour gagner leur vie. Et avec ça, elles ont l'une des meilleures places au sein de la communauté galactique.

Kydra se rapprocha de Dashanxa, posant une main sur ses hanches et l'autre sur son épaule, elle l'écarta du mur et entama quelques pas de danse avec elle.

Je hais le conseil, je hais leur système. Mais en ce qui concerne les asaris, c'est une haine raciale. Elles peuvent vivre plusieurs centaines d'années, accumulant un nombre incroyable de connaissances, d'expériences, de sagesse, et elles l'utilisent pour coucher à droite à gauche avec tout ce qui bouge, enfin, ce n'est pas le cas de certains individus.

La jeune femme esquissa un sourire.

La liste des raisons est longue et elle me paraît évidente. Je ne comprends pas par quelle logique elles peuvent mériter la place qui leur est attribuée. Mais de toute façon, il n'y a pas grand chose de logique quand on y réfléchit.

Kydra fit virevolter Dashanxa avant de la rattraper.

Les quariens par exemple. Lors de la guerre de l'éveil ils étaient au bord de l'extinction et ont demandé de l'aide, mais tout le monde leur a tourné le dos et le conseil les a chassé. Et finalement, après toutes ces années d'errance, ils parviennent à reprendre Rannoch et à faire la paix avec les geths, pouvant ainsi faire renaître leur magnifique civilisation et devenir une puissante faction. Mais pour une raison inconnue, ils décident de s'agenouiller de nouveau devant le conseil et de lécher leurs godasses avec entrain pendant que celui ci leur demande de ne pas devenir trop puissant.

Kydra se mit à rire et lâcha Dashanxa, se tournant et levant la tête vers la lueur orangée de la station, elle écarta les bras.

Ici vois tu, nous sommes dans une véritable oasis. Les conciliens nous regardent de haut avec dégoût comme si nous étions des animaux, et pourtant nous, nous montrons notre véritable nature. On ne s’embarrasse pas de courbettes à n'en plus finir en tenant fermement un masque, on montre qui on est réellement, ce que l'on a au plus profond de nous, tout aussi horrible et répugnant cela puisse t il être. On ne se ment pas, on ne se cache pas, on est libre. Ce n'est pas celui qui s'incline le plus bas qui monte dans la hiérarchie, c'est celui qui tape le plus fort, chaque place est méritée et on ne survit que si on en est digne.

L'humaine se tourna vers l'asari avec un grand sourire, les mains dans son dos.

Et un jour, j'écraserais les conciliens pour y instaurer ce système. La c'est le moment où tu me regardes en écarquillant les yeux et en riant très fort. Mais, les choses sont pourtant déjà en route. Il faut pour l'instant dégager le cul de cette catin bleue du trône d'Oméga et y mettre à la place un puissant allié. Puis, il faudra s'étendre, s'étendre encore et encore jusqu'à atteindre le niveau des conciliens et les détruire. Et s'occuper des asaris aussi évidemment. Soit je réussirai, soit je mourrai en essayant.

Kydra se rapprocha une nouvelle fois de l'asari et lui tapota le visage.

Est ce que cette réponse vous convient madame ?

Elle avait dévoilé sa vision des choses, à voir maintenant comment sa compagne allait y réagir et Kydra allait ainsi pouvoir décider de ce qu'elle allait en faire.




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MessageSujet: Re: Bras de fer   Ven 08 Juil 2016, 16:56
Bras de fer
Les corps et les mots dansent.

« Eh bien , je ne suis qu'une humaine parmi tant d'autres qui tente de changer les choses. Rien de bien intéressant ou de très folichon crois moi. Pour ce qui est des asaris en revanche, j'aimerais qu'il s'agisse là d'une question rhétorique mais malheureusement on en est très loin. » Au moins, Lifith savait comment éluder une question ! « Pourquoi donc haïr les belles et gracieuses asaris ? »

Dashanxa tendit l'oreille, les bras croisés. Dans le fond, seule cette question – ou plutôt sa réponse – compterait pour la suite. Et il était vrai que qui elle était importait peu... pour le moment, du moins. Comme la Matriarche l'avait remarqué, c'était la volonté qui était à prendre en compte, et Lifith semblait en avoir à revendre, pour ce qui était de sortir d'un immobilisme asari et concilien.

Elle la laissa donc poursuivre. Et les arguments avancés lui parurent convaincants, mais quelles paroles ne l'étaient pas lorsqu'elles étaient exprimées avec autant de... passion ? Une partie du discours retint particulièrement son attention.

« Quoi c'est vrai, une race qui refuse de ramper aux pieds des conseillers c'est pas une vrai race hein ? Et qu'est ce qu'on a à la place ? Des asaris. Des traîtresses qui ont menti à toute la galaxie même pendant ses heures les plus sombres et dont la grande majorité des individus se dandinent autour d'une barre pour gagner leur vie. »

Un léger rire secoua les épaules de Dashanxa. Vrai, tout cela ; quoique certains mensonges eussent été inculqués eux-même par des mensonges, certes bien utiles, des Prothéens. La Déesse elle-même en était un... Mais, fausse ou non, elle avait su unir un peuple pendant des millénaires et ce qui en découlait était bien réel. Sa réalité dans l'histoire ne pouvait être contestée.

Avant que Dashanxa eût pu ouvrir la bouche, Lifith l'entraîna dans une danse. La Matriarche fut surprise de la voir s'avancer, et par-dessus tout, de la voir faire preuve de la douceur, de la célérité, du dynamisme et de la légèreté propres à ce qui ressemblait à une valse humaine. Enfin, « ressemblait ». Il s'agissait tout au plus de quelques pas de danse gracieux mais improvisés.

Taral.

Le nom apparut, clair, brillant, dans son esprit, et Dashanxa se prit alors au jeu et suivit le mouvement. Elle laissait Lifith poursuivre également son développement – qui n'en était pas vraiment un, en réalité, les mêmes idées revenaient, même si elles et leurs exemples étaient justes – et le gravait dans un coin de son esprit, car, pour le moment, elle ne pouvait pas formuler de réponse. La seule pensée qui la préoccupait se résumait à ce nom.

Taral.

Kydra Lifith lui rappelait l'être qu'elle avait aimé, il y avait presque huit siècles de cela, à une époque où les Asari n'avaient pas autant étendu leurs champs de connaissance galactique ; à une époque où les couples de deux asari étaient chose commune. Alors qu'elles dansaient, ses yeux se portèrent sur le bracelet de la disparue, à son poignet. Probablement le seul qu'elle n'avait jamais volé et qui lui avait appartenu de plein droit. Bien sûr, Dashanxa était loin d'aimer Lifith, et elle ne la connaissait que depuis quelques heures, trop peu pour affirmer quoi que ce fût... mais la ressemblance était frappante. Elle ne savait que dire.

Taral et Lifith avaient toutes deux ce côté sauvage. Pas sauvage dans le sens d'insubordonné, non. Jamais subordonné, plutôt. Sauvage au sens de... naturel. Certes, la première était une voleuse grinçante et la seconde une... tueuse des coins de rue, mais aussi visiblement professionnelle, au vu de comment elle avait réagit face à Dashanxa. Mais elles partageaient ce sourire cynique, et surtout cet air de relâchement amusé. Taral et elle avaient pour habitude de faire des escapades, sur Thessia, et bien souvent elles finissaient aussi par traînasser sur des hauteurs désertes.

Elles avaient dansé, aussi, et plusieurs fois, sur ces toits. Le corps de Dashanxa, par quelque réflexe en sommeil soudain réveillé, suivait les gestes qu'elle avait accomplis il y a des siècles pour poursuivre décemment sa danse avec Lifith. Ce n'était pas le moment de l'arrêter ; l'humaine continuait de livrer son ressenti et son ressentiment sur la galaxie et les Asari. Il fallait en profiter pour comprendre.

Lifith finit par la lâcher, et se plaça face au paysage d'Oméga comme une reine en terrain conquis. L'humaine cadrait parfaitement avec la station. Elle était à sa place. Eh bien ! Cela faisait au moins une heureuse dans la galaxie, même si elle était armée jusqu'aux dents et portait facilement le doigt sur la détente. Encore une fois, l'image de Taral triomphante, surplombant Thessia sur les toits, se superposa à celle de Lifith. Elle avait l'habitude de faire cela pour montrer qu'aucune demeure n'était à l'abri de sa visite.

Lifith se tourna ensuite vers elle, souriante.

Une phrase avait cependant fait tiquer la Matriarche, et deux autres allaient bientôt suivre.

« Ici vois-tu, nous sommes dans une véritable oasis. » Et, peut-être une minute après : « Et un jour, j'écraserais les conciliens pour y instaurer ce système. La c'est le moment où tu me regardes en écarquillant les yeux et en riant très fort. »

C'était tentant en effet. Mais Dashanxa se contenta de sourire, tête vers le sol. Elle laissa Lifith conclure ; celle-ci vint ensuite, sans-gêne, volontairement provocatrice, lui tapoter le visage. « Est-ce que cette réponse vous convient madame ? »

Et maintenant, la parole était à l'Asari. Elle se départit de son sourire et écarta les mains de l'humaine de son visage avec son avant-bras.

« Mieux que vous ne l'imaginez. »

Avait-ce été l'effet du mouvement de la danse ? Son cerveau se repassait le discours de Lifith, et chaque pensée que Dashanxa pouvait en tirer était féconde. Elle répondit point par point.

« Le Conseil est une énorme plaisanterie, nous sommes d'accord. Plaisanterie qui tient en main la galaxie. C'est bien pour cela que certains essaient de le respecter. Et les autres... » Elle ne se prononcerait pas sur les Butariens. Elle avait un contentieux avec eux. « … Ils ont bien raison de ne pas le faire. La loi est dure mais c'est la loi, comme on dit chez vous, humains ; mais pourquoi ignorer ce qui est profitable, comme vous dites ?

Je pense que je ne vous apprendrai rien, mais le Conseil a peur. Il a été aveugle pendant trop longtemps, mais il n'en avait pas conscience ; depuis la Grande Guerre, il sait qu'il l'est. Et c'est sans doute pour cela que rien ne change. Il veut avoir l'illusion qu'il maîtrise quelque chose, et ce quelque chose doit rester fixe. C'est pour cela que tout ce qui a été fait par les Krogans n'a pas ou peu été pris en compte. »
Elle se rappelait avec amertume de la bataille de Tuchanka, l'an passé. Si Gorx avait gagné, les Krogans auraient été libres. « Le Conseil a peur de ceux qui tentent des actions. Ces gens sont prêts à faire des erreurs, comme les Krogans encore une fois. Ils se relèvent. Ce n'est pas le cas du Conseil. Regardez les conséquences du génophage... Peu de conciliens sont prêts à les dénoncer.

Les Quariens, eux, ont besoin d'une aide extérieure. Leur ''magnifique civilisation'', même avec le concours des Geths, ne peut renaître de ses cendres et briller de mille feux dans l'instant. Leur monde est en pleine reconstruction... Je veux dire encore plus que tout le reste de la galaxie. La solution la plus efficace est malheureusement le Conseil. D'autant plus que je pense que les Quariens veulent montrer patte blanche. Montrer qu'ils sont dignes après l'échec geth d'il y a deux siècles. C'est fou, le Conseil a réussi à faire culpabiliser une race entière au point qu'elle se sente subordonnée à lui. Une alternative doit naître. Ou il faut faire table rase et faire repartir son système de zéro. »


Dashanxa saisit la main de Kydra et elles entamèrent une nouvelle danse. « Quant aux Asari, elles sont ce qu'elles sont, comme chaque race est ce qu'elle est. Notre défaut – ou notre avantage, cela dépend du contexte – est, il est vrai, de vivre mille ans. Mais c'est vous qui ne comprenez pas, ou ne voulez ou ne pouvez pas comprendre : votre vie passe trop vite, et vous ne voyez que peu de ce que peuvent accomplir les Asari – en bien comme en mal. Vous ne verrez pas cette strip-teaseuse devenir une Matriarche respectée, vous ne verrez que ses sous-vêtements se remplir de pourboire. C'est ainsi. Oui, je peux prendre la défense des Asari, quand la seule chose qui dicte leur comportement est la nature. » Elle approcha Kydra du bord du toit, et elles firent quelques figures périlleuses en effleurant le vide. « Ceci étant dit, je vous rejoins sur de nombreux points. Ce que les Asari arrivent à acquérir, elles s'en servent mal. Pourquoi demeurer aussi bornées quand tout évolue autour d'elles ? A une époque, j'aurais dit que c'était aussi une question de passage du temps ; mais quand je regarde les Galariens et leur espérance de vie de quarante ans, je me dis que je suis dans l'erreur. Ils devraient mieux saisir ce qu'il se passe et accompagner le changement, mais il n'en est rien. A croire que c'est un problème inhérent aux conciliens.

Sauf peut-être vous, les Humains. Mais c'est certainement parce qu'on vous a ''promus'' très vite. Vous avez été plus ou moins forcés à voir ce qui allait et ce qui n'allait pas. C'est une force et une faiblesse. Mais, sans vouloir vous vexer, les attentes placées en vous sont devenues trop fortes. Du moins, à l'échelle légale. Ici, c'est une autre histoire. »


Elles glissèrent de nouveau au milieu du toit. Dashanxa s'amusait bien. Exercice physique et mental. Un esprit sain dans un corps sain. Elle abandonna un instant Lifith et sortit un mouchoir de sa poche ; elle le passa sur son visage pour chasser ce qu'il restait de maquillage, ce dernier déjà mis à mal par le coup de l'humaine et les souffles des grenades.

Elle hocha la tête en souriant avec défi. « Moi aussi, suis-je vraie, maintenant ? Suis-je une part d'Oméga ? » Elle secoua le mouchoir et le fit disparaître là d'où il venait et reprit la danse avec sa partenaire. « Où en étais-je ? Ah, oui, la station. Lifith, vous êtes paradoxale ! Instaurer un système similaire à Oméga à la place du Conseil ? Autant dire à la galaxie tout entière ! En somme, vous voulez instaurer le chaos à la place de l'ordre. Et par définition, le chaos ne s'instaure pas. Que se passerait-il après ? Même sur Oméga, il y a l'équivalent d'une organisation : vous parlez de la ''catin bleue''... et n'oubliez pas les gangs. Votre oasis est une illusion, comme souvent dans le désert. Attention ! » Elle leva la main pour prévenir toute réaction de l'humaine. « Nous sommes toujours d'accord qu'il faut écraser le système du Conseil. Mais je dirais que... le chaos est un moyen, non pas un but. Enfin, un chaos organisé, donc. Quelque chose me dit qu'Oméga survit et... prospère car il s'agit d'une petite structure. Je ne suis pas sûre qu'un trône et des vérités sanglantes courant de partout permettent à la galaxie entière de supporter son propre poids. Ou alors, puisque vous parlez de refaire Oméga, le nouveau dirigeant devrait alors mieux équilibrer les forces de chaque faction. Ce qui serait ensuite à copier sur le système concilien... »

Dashanxa s'arrêta et attendit une réponse de Lifith en reprenant son souffle. Mine de rien, la danse, c'était épuisant.


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MessageSujet: Re: Bras de fer   Lun 11 Juil 2016, 00:43
Je m'excuse par avance si le post est médiocre (plus que d'habitude quoi Trollface), j'ai l'esprit en compote et il est possible qu'il y ait des étourderies x)


Mieux que vous ne l'imaginez.

Dashanxa reprit certaines parties de son discours et y ajouta sa propre vision. Si cela ne se voyait pas forcément dans son comportement, les paroles de l'asari en revanche elles transpiraient le vécu et l'expérience. D'une certaine manière, cela rappela à Kydra que sa partenaire ne connaissait même pas encore l'humanité dans sa jeunesse, et en voir une jeune représentante sortir de si grandes phrases pouvait s'avérer assez risible de son point de vue. Pourtant ça n'avait pas été le cas et Dashanxa continuait de lui parler sur un ton d'égalité, et cela pour une raison bien précise. Tout aussi grand soit l'écart d'âge entre les deux femmes, elles avaient toutes les deux le pouvoir de changer les choses, le temps ne permettait simplement qu'au fur et à mesure des expériences, de juger avec une meilleure précision ses désirs et ses limites, mais il n'affectait aucunement le reste. Chose qui permettait à un galarien et à un vieux krogan de discuter d'un sujet de la même manière, avec la même passion et chose qui permettait également à Dashanxa de s'en tirer sans blessures supplémentaires.

L'asari la rejoignit sur certains points avant de clarifier rapidement les choses. Le conseil et sa stagnation, elle n'avait pas besoin de justifications, le système était ce qu'il était, et il allait bien falloir qu'il change un jour. Les quariens, les asaris, au fil de son discours Dashanxa imita l'humaine et se livra à quelques pas de danses. Si ce genre d'activités était habituellement rapidement jugé ennuyant par Kydra, cette fois ci elle écoutait attentivement, curieuse de savoir ce que pensait cette bleutée assez différente de ses sœurs. Au final il ne s'agissait que d'un constat, calqué sur les espérances de vie et les systèmes des différentes espèces, elle tendait à clarifier cet illogisme que Kydra avait soulevé à grands coups de faits, faits dont elle était bien évidemment consciente, mais qui ne le rendaient pas pour autant plus normal. Comme elle le disait elle même avec les humains, sa vision altérée par son âge rendait le tout bien moins problématique. Kydra en frissonna. Si avoir une vie courte pouvait s'avérer déprimant quelquefois, au moins elle n'aurait pas à avoir l'esprit aussi raide que celui de Dashanxa. Il ne s'agissait pas d'une divergence d'opinions, mais d'une divergence de perspectives. Et cela, même le meilleur discours de la galaxie ne pouvait rien y changer, ce qui n'empêchait tout de même pas Kydra de s'expliquer, surtout sur la dernière partie.

En ce qui concerne les quariens, je peux t'assurer que peu importe à quel point tu me ferais culpabiliser, si tu me laisses à moitié morte dans un coin, c'est pas à toi que je demanderai de l'aide. J'ai déjà dit ce que j'avais à dire sur les asaris, il est de toute façon naturel que nous soyons en désaccord sur ce sujet, mais je crois que tu n'as pas vraiment bien compris sur la dernière partie.

Kydra fit un tour sur elle même avant de continuer.

L'ordre, le chaos, ce ne sont que des mots, il est facile de les manipuler et de les utiliser de manière théorique, mais je ne parle pas de cela, je parle d'une réalité bien précise. Comme tu le dis toi même, le système d'Oméga fonctionne car il s'agit d'une structure unique et indépendante. Et bien, il suffit de le copier et de l'appliquer à chaque planète. Et même si chacune de ces parties serait indépendante, elles auraient tout de même besoin des autres pour évoluer. Les relations commerciales, l'apport matériel et logistique, chercher chez les autres ce qui nous fait défaut et inversement. Une cargaison a été attaquée et volée par des pirates ? C'est que la faction à qui elle appartenait n'avait pas assez investi pour la défendre et ne peut s'en prendre à elle même. Une faction a été anéantie par une autre ? C'est qu'elle était trop faible pour subsister. Le chef fort devient ainsi plus puissant et s’épand de plus en plus, mais plus on possède, plus on a à perdre. Bientôt, un groupe dans sa propre faction sera mécontent de son système et se rebellera contre lui, en instaurant un nouveau, ainsi de suite... Tu vois où je veux en venir ? Aucune stagnation, la galaxie serait en évolution constante, tout se construit, tout change, tout s'écroule. Un dynamisme hyper évolutif qui permettrait une explosion de la croissance galactique comme sa chute inattendue. Et puis... Ça serait quand même vachement marrant.

Faim. Elle avait faim. Kydra haussa un sourcil, humant l'air à la recherche de la moindre odeur susceptible de lui permettre de localiser un festin. Elle avait pourtant un magnifique steak sur patte face à elle, mais elle n'avait pas passé autant de temps à lui parler pour rien. L'humaine se rapprocha du bord du toit, elle pencha la tête pour observer la structure. La descente était largement faisable, mais vu qu'elle avait quelqu'un qui l'observait, autant en profiter pour faire un peu de spectacle. Elle tourna le dos au vide et se laissa tomber en arrière. Kydra réagit rapidement et positionna ses mains sur le mécanisme ventral de son armure tandis qu'elle commençait à prendre de la vitesse dans sa chute. Attendant la ligne d'intersection qui séparait les étages, elle activa le mécanisme et le crochet se lança, s'attachant fermement à la structure métallique. Ce dernier était relié par un câble à l'armure de l'humaine, c'était le système qui permettait aux soldats de l'alliance d'escalader ou de descendre en rappel, et Kydra avait installé le mécanisme sur sa nouvelle armure. Le câble était conçu pour supporter le poids de plusieurs personnes lors d'une exfiltration de civils ou autres, aussi le poids de l'humaine en chute n'était pas un problème. Sa vitesse se transféra horizontalement car le câble ne s’allongeait pas et Kydra plia ses jambes pour encaisser l'impact de la vitre sur laquelle elle se dirigeait.

Avec la force de l'impact, le verre se brisa et l'humaine décrocha en vitesse son câble avant de s'écraser sur une table. Parfait, elle était parvenue à pénétrer dans l'appartement sans se manger un mur au passage. Elle releva la tête et s'aperçut qu'elle avait atterrit sur un repas. Plusieurs galariens s'étaient éloignés de la table et la regardait, terrifiés. Bon, au moins elle n'aurait pas besoin de fouiller pour trouver ce qu'elle cherchait. Avec un grand étonnement, Kydra vit parmi la nourriture qu'elle n'avait pas écrabouillé en arrivant un poulet rôti dans un plat. Comment ces galariens avaient réussi à en s'en fournir alors que l'humaine avait arpenté sans cesse le quartier commerçant à la recherche de cette perle rare ? Même Yrd n'utilisait pas cette viande. Mais au moins, cela confirmait qu'elle n'avait visiblement pas encore tout arpenté.

Kydra s'empara d'un morceau et voulut repartir lorsqu'elle entendit un clic familier. En se tournant, elle constata que l'un des galariens tenait un pistolet en tremblant et le pointait vers elle.

Ah oui j'allais vous oublier.

La jeune femme attrapa une de ses sacoches contenant des crédits sous forme physique et la balança au pied des cornus.

Tenez, c'est pour la vitre brisée.

Son armure était dans un sale état, recouverte de morceaux et de sauce. Un de plus ou un de moins, Kydra attacha le poulet au niveau de sa ceinture et se mit à escalader la paroi. Elle avait réagit suffisamment rapidement pour se retrouver un seul étage en dessous du maximum, l'humaine mit donc peu de temps à atteindre de nouveau le toit. Elle s'y hissa et épousseta ses gants avant de reprendre le morceau de poulet. Kydra en arracha une partie avec une féroce bouchée et se tourna vers Dashanxa.

T'en veux un bout ?

Elle n'attendit pas sa réponse et lui en enfourna un morceau dans la bouche.

T'en fais pas, c'est lévo, ça vient de chez nous.

Bon sang, cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas mangé de poulet, quel qu’en soit l'origine, il allait forcément falloir qu'elle la trouve. Mâchouillant la viande, elle jeta un œil à l'asari. Kydra arracha de fines lamelles et commença à les lui jeter au visage en riant, marquant sa peau de la graisse qui les recouvrait.

Manque plus qu'un peu de sang, et tu seras une « vraie » qui fait partie d'Oméga !




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MessageSujet: Re: Bras de fer   Mer 13 Juil 2016, 00:10
Bras de fer
Un début d'entente?

Revenir à un état plus sauvage. C'était du moins ce que Dashanxa comprenait du discours de Lifith. Mais l'humaine saisissait-elle cela elle-même ?

Une utopie où le plus fort régnerait. Le respect du pouvoir comme fondement de tout. Ledit pouvoir qui ne s'interdit rien ni ne cache rien, peu importe ce que cela implique ; l'opposé du pouvoir concilien et même de tout pouvoir organisé soi-disant pacifiquement depuis l'aube de l'univers. La paix, de l'ambre : jolie, mais ce qui se cache dessous n'en reste pas moins des insectes écrasés. Ce que proposait Lifith, c'était d'exhiber la sanie de l'univers comme un trophée d'or.

Et pourquoi pas, après tout ? L'ambre perdurait au travers des siècles. L'ambre était vue comme beauté. L'ambre brillait.

Rien ne marcherait comme prévu ; ce n'était pas une critique de la vision du monde de Lifith. Rien ne marchait jamais comme prévu. Ce que Dashanxa avait en tête ne se déroulerait pas comme prévu.

Au moins n'y avait-il pas de compromis dans la vision de l'humaine. Les compromis décevaient tout le monde et tout le monde le faisait savoir. Là, on penchait la balance d'un seul côté. Les mécontents plieraient. Ils n'auraient pas le choix.

Un équilibre fragile. Mais finalement, si tout s'écroulait, ce serait dans la continuité d'un monde sans cesse changeant. La chute ne différerait pas de l'ordinaire. Tout serait à recommencer, mais il n'y aurait pas une impression de faille entre deux périodes. Pas d'âge d'or, pas d'âge sombre.

Ce n'était pas beau. C'était une société idéale comme une autre, peut-être un peu plus anarchique. Mais c'était l'idée fixe de Kydra Lifith. Des mondes séparés, avec chacun, sans doute, leur dirigeant unique.

Et pourquoi pas, après tout ? Dashanxa voulait bien redresser Thessia, en premier lieu ; elle serait sûrement seule ; en tout cas, elle paraîtrait la seule tête. Si elle y parvenait. Elle voulait secouer la galaxie, même si ses moyens n'étaient pas encore au mieux.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par la disparition de Lifith – et ce, de façon non silencieuse. Des bruits de verre brisé, de l'agitation et quelques contorsions plus tard, l'humaine était de retour... avec un poulet bien doré. L'inattendu avait un nom. Kydra Lifith.

Cette pensée se confirma quand elle lui fourra sans sommations un morceau de viande dans la bouche. Puis quand elle lui en balança d'autres à la figure.

C'est cela, l'avenir du monde ?

Dashanxa recracha le morceau de poulet. Elle avait sa fierté ; elle la sentit se faire écorcher par les bouts de poulet qui atterrissaient sur son visage. Elle ne pouvait pas esquiver, l'autre la collait presque.

« Manque plus qu'un peu de sang, et tu seras une ''vraie'' qui fait partie d'Oméga ! »

Dashanxa finit par repousser le bras de l'humaine, avant de s'essuyer le visage avec le mouchoir qui lui avait servi précédemment pour enlever son maquillage.

« A choisir, je préférerais le sang seul. Sans la graisse qui l'accompagne. » Elle saisit la main de Lifith et lui plaqua un stick de rouge à lèvres sur la paume, avant de refermer les doigts de l'humaine dessus. « Prenez donc ça ; il est dangereux de ne savoir que donner du poing, parfois. C'est rouge. Comme vous. » Et, comme l'humaine la regardait comme si elle était une sorcière venant de lui tendre un poison: « Dans le pire des cas... Bariolez vos victimes avec. »

Avant de quelconques représailles, elle disparut, vive comme au temps de Taral. Elle avait sauté les échelles et était de nouveau sur la terre ferme. Lifith la regardait depuis le toit ; et la Matriarche distinguait la vitre brisée. A ses pieds, d'ailleurs, s'étalaient les bris de verre.

« Montrez-moi Oméga, si vous tenez tant à cette place ! lui cria-t-elle. Et continuons donc notre conversation. »

Elle connaissait déjà plus ou moins les lieux, mais un regard neuf apportait toujours de la découverte. Et Lifith était ce regard neuf.

Pendant qu'elles marchaient, Dashanxa répondit à ses paroles précédentes, en lui faisant part de ses premières pensées de tantôt.

« Ce que vous proposez se tient. La question qui subsiste est : comment feriez-vous ? » Elle tourna la tête vers l'humaine. « Je veux frapper. Une question de force à montrer, comme vous le sous-entendiez. Quand je parlais du chaos comme moyen... Ceci dit, j'apprécie énormément votre idée qui est en fait une action : l'anarchie continue. Avec un peu d'habileté, ce serait presque plus facile de garder le pouvoir comme cela... »

Elles passèrent devant un groupe de Vortchas agités – pléonasme. Le silence revenu, Dashanxa poursuivit : « J'apprécie votre désintéressement. Vous ne voulez pas le pouvoir, semble-t-il. Vous voulez simplement le meilleur selon vous. Mais qui allez-vous suivre ? Je doute que vous puissiez rester neutre ou solitaire si vous voulez prendre part à un changement à grande échelle. En ce qui me concerne, je veux le pouvoir. Je ne m'en cache pas. Une Théméssiane unique, un chef unique, comme vous le souhaiteriez. Ainsi, il serait plus facile de tout gérer. De redresser la barre des Asari. De faire montre de ce que l'on sait faire. Et moins de conflits. Je donnerai aux Asari une meilleure raison d'être... Bien sûr, je ne suis pas pleine de confiance ; ce ne sera pas facile. J'ignore votre influence réelle, mais il est sûr que vous avez des capacités. Je suis sûre que nous pouvons nous entendre sur de nombreux projets. Ne riez pas. » Elle tourna de nouveau la tête, mais vers l'extérieur. « J'aimerais beaucoup voir ce qui vaut tant la peine sur Oméga. Sur Thessia aussi, tout n'est pas beau, mais certaines choses valent le coup. A propos, où m'emmenez-vous exactement ? »


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MessageSujet: Re: Bras de fer   Sam 16 Juil 2016, 00:43

A choisir, je préférerais le sang seul. Sans la graisse qui l'accompagne.

Dashanxa attrapa une main de Kydra et y plaça un stick de rouge à lèvres.

Prenez donc ça ; il est dangereux de ne savoir que donner du poing, parfois. C'est rouge. Comme vous. Dans le pire des cas... Bariolez vos victimes avec.

L'humaine contempla l'ustensile qu'elle avait désormais dans sa main. Elle n'utilisait généralement pas de maquillage, il n'avait absolument aucun intérêt au combat et son but n'était pas de paraître la plus belle ou la plus gracieuse possible. Il lui arrivait cependant quelque fois d'en mettre une version noire ce qui lui donnait un aspect plus sombre, mais globalement son appartement était dénué de toute coquetterie féminine de ce genre. Et Kydra n'avait jamais pensé à une utilisation comme le lui avait suggéré l'asari, bien que cela ne paraisse pas aussi amusant que ça au final. Ou peut être lorsque le corps était destiné à être retrouvé ? Dessiner pleins de trucs dessus et observer la réaction des autres.

Lorsqu'elle releva la tête, Dashanxa avait disparu. La jeune femme se pencha vers le bord et l'aperçu plus bas, sur le sol.

Montrez-moi Oméga, si vous tenez tant à cette place ! Et continuons donc notre conversation.

Kydra rangea le stick et entama sa descente. A sa grande surprise elle appréciait parler avec l'asari et elle n'aurait pas pensé trouver quelqu'un d’intéressant parmi ses victimes bleutées qu'elle choisissait aléatoirement. Alors qu'elle la rejoignait, l'asari reprit la parole.

Ce que vous proposez se tient. La question qui subsiste est : comment feriez-vous ?

Elle se tourna vers elle.

Je veux frapper. Une question de force à montrer, comme vous le sous-entendiez. Quand je parlais du chaos comme moyen... Ceci dit, j'apprécie énormément votre idée qui est en fait une action : l'anarchie continue. Avec un peu d'habileté, ce serait presque plus facile de garder le pouvoir comme cela...

Kydra écarquilla les yeux. Dashanxa était elle en train de dire qu'elle appréciait son point de vue ?

J'apprécie votre désintéressement. Vous ne voulez pas le pouvoir, semble-t-il. Vous voulez simplement le meilleur selon vous. Mais qui allez-vous suivre ? Je doute que vous puissiez rester neutre ou solitaire si vous voulez prendre part à un changement à grande échelle. En ce qui me concerne, je veux le pouvoir. Je ne m'en cache pas. Une Théméssiane unique, un chef unique, comme vous le souhaiteriez. Ainsi, il serait plus facile de tout gérer. De redresser la barre des Asari. De faire montre de ce que l'on sait faire. Et moins de conflits. Je donnerai aux Asari une meilleure raison d'être... Bien sûr, je ne suis pas pleine de confiance ; ce ne sera pas facile. J'ignore votre influence réelle, mais il est sûr que vous avez des capacités. Je suis sûre que nous pouvons nous entendre sur de nombreux projets. Ne riez pas.

Elle tourna de nouveau la tête.

J'aimerais beaucoup voir ce qui vaut tant la peine sur Oméga. Sur Thessia aussi, tout n'est pas beau, mais certaines choses valent le coup. A propos, où m'emmenez-vous exactement ?

Kydra s'arrêta et l'asari en fit de même, la regardant sans comprendre. La jeune femme joignit les mains dans son dos et se pencha vers la bleutée.

Tu sais quoi Dashanxa ? Je t'apprécie beaucoup. Et je ne dis pas ça simplement parce que tu es de mon avis. Je t'ai menacé, je t'ai frappé, je hais ton peuple et malgré cela, tu as continué de parler avec moi comme si de rien n'était, analysant sérieusement mes ambitions de changement à l'échelle galactique, parlant de cela comme d'une recette de cuisine, prenant le tout très sérieusement. Et... je n'ai pas vraiment l'habitude que les gens réagissent de cette manière à mon encontre.

C'était toujours face à ce genre de personnes que la solitude qu'incombait la nouvelle vie de Kydra lui pesait lourd. Une simple gratitude prenait de grandes proportions, chaque sentiment était décuplé. Mais c'était ainsi que les choses étaient. Cette solitude faisait partie d'elle, une composante essentielle à ce qu'elle était devenue et à faire en sorte que tout soit un minimum stable. Si une telle barrière venait à être détruite, elle n'était pas sure de pouvoir résister aux abysses de la folie. Pourtant, une autre Kydra dans les tréfonds de son esprit se débattait en ce moment même, mais personne ne savait qu'elle était là, pas même la Kydra qui était au contrôle.

L'humaine se mit à sautiller autour de Dashanxa en reprenant la parole.

Je ne suis pas intéressée par le pouvoir non, en effet, mais ce n'est pas pour autant que je compte agir seule ou en étant neutre. Les choses se préparent à bouger sur Oméga et j'ai parié sur l'un des camps pour le faire devenir maître de la station. C'est cela le principe vois tu, je place à la tête d'Oméga quelqu'un en qui j'ai confiance et qui a les mêmes ambitions que moi à long terme, et le processus doit être le même partout. De mon côté je ne suis qu'un facteur, je fais pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.

L'humaine plongea en avant et attrapa l'asari, la plaçant sur ses épaules, les jambes de par et d'autre de sa tête. Kydra leva le visage avec un sourire.

Quand à savoir où je t'emmène, je ne suis pas certaine que cela te plaise vraiment, mais c'est une des facettes d'Oméga.

L'asari sur ses épaules, la jeune femme reprit sa route. Dashanxa était très légère et elle n'avait aucun mal à la supporter et à se déplacer avec. Elles s'enfoncèrent dans les profondeurs d'Oméga, atteignant rapidement les bas fonds avec cette puanteur humide et moisie qui les caractérisait tant. De nombreux souvenirs pas si éloignés que ça revinrent à l'esprit de Kydra.

Restes sur tes gardes, tu peux te faire agresser à tout moment et par n'importe qui, et eux ne vont pas te laisser le temps de parler, crois moi.

Elle fit descendre l'asari de ses épaules par soucis de sécurité, un meilleur champ de vision, et une meilleure capacité de réaction. Les deux femmes passèrent à côté d'un humain encapuchonné à la démarche étrange, d'une turienne allongée sur le sol et s'arrêtèrent un instant pour laisser passer un varren qui ne fit même pas attention à elles. Finalement, le duo atteignit un entrepôt dont l'entrée semblait être un gouffre menant tout droit dans les entrailles de la station. Un homme massif attendait devant, tenant plus du krogan que d'autre chose, il posa ses petits yeux sur les deux femmes qui s'approchaient. Tout imposant qu'il était, il du néanmoins lever la tête pour pouvoir croiser le regard vert de Kydra. Il continua de la contempler sans dire mot puis s'écarta. Cette petite pause était du au fait qu'il se demandait sûrement ce que Kydra venait foutre de nouveau ici, mais il ne formula pas la question, son cerveau atrophié reconnaissant simplement un ancien membre et le laissant passer.

Les deux femmes pénétrèrent donc dans ce lieu que l'humaine ne connaissait que trop bien. Cette dernière mena l'asari dans un couloir où résonnait déjà hurlement et vociférations, rebondissant sur le métal sombre et usé de cet endroit, faisant parvenir toute la folie de ce qu'y s'y déroulait aux personnes un tant soi peu saines d'esprits qui s'approchaient. Finalement, le couloir se termina sur une gigantesque salle remplie de monde et agressive pour l'oreille. Un galarien s'approcha d'elles.

PARI ! PRENEZ LES PARIS !

Ses deux yeux s'écarquillèrent lorsqu’il reconnut Kydra et il reprit sa route en vitesse. Les deux femmes se frayèrent un passage parmi la foule chaotique et bruyante. Une asari refusa de se déplacer et l'humaine lui fit changer d'avis avec un violent coup de poing qui l'envoya valser sur quelques individus. Quelques secondes après, une baston s'était déclenchée. Kydra amena Dashanxa sur un morceau de pierre en hauteur, leur permettant d'avoir ainsi une bonne vue d'ensemble.

Tu as devant toi, l'un des facettes les plus sombres d'Oméga.

L'intégralité de la foule était disposée en cercle en hauteur et le milieu de la salle était situé plus bas, séparé par une grille. Au centre de cet alcôve deux individus combattaient, une butarienne armée d'un poignard et un humain armé de gants ornés de pointes. Les deux saignaient et se foutaient sur la tronche avec envie. Finalement, la butarienne prit l'avantage et transperça l'homme avec sa lame. Une bonne moitié de la foule se mit à hurler encore plus fort et l'autre partie s'apaisa tout à coup. Bien évidemment, la scène était loin d'être terminée, venait le moment que beaucoup appréciait et attendait depuis le début du combat, la mise à mort. Ce n'était pas une règle définie bien sur, mais la foule voulait du sang et les gladiateurs faisaient en sorte de plaire au plus grand nombre en leur offrant une exécution gore et sanglante.

La butarienne attrapa la tête de l'homme et commença à lui découper la peau du visage avec sa lame. Il se mit à hurler, mais ses cris furent rapidement couverts par les sifflements et les hurlements du public. Kydra qui regardait les bras croisés depuis le début se tourna vers Dashanxa.

Vois tu, fut une époque, je faisais partie de l'alliance. Pour les raisons que tu connais, je l'ai quitté et je suis venue ici à la recherche d'alliés. Mais une ancienne concilienne sans aucun contact sur place, ça ne fait pas long feu dans les Systèmes Terminus. Mes rêves de gamine ont rapidement été détruit et j'ai fini par devenir une esclave. Je ne détaillerai pas les immondices physiques qui m'ont été infligé, mais mon entraînement militaire m'a permis un jour de pouvoir me débarrasser de mes « propriétaires ».

Kydra avait craché ce dernier mot.

Mais je n'avais plus rien, pas d'identité sur Oméga, pas d'argent, pas de possessions, même pas un cerveau fonctionnant normalement. Alors j'ai atterri ici, à combattre et à tuer tout ce qu'on mettait en face de moi afin de gagner suffisamment de crédits pour pouvoir manger quelques jours. Finalement, certaines personnes se sont intéressées à mes compétences et on a commencé à me proposer des contrats. Ma vie est ainsi devenu petit à petit celle d'une mercenaire et un beau jour, j'ai enfin pu m'extirper des bas fonds et même avoir mon propre chez moi. Et à l'heure d'aujourd'hui, je suis alliée avec une faction qui cherche à renverser Aria.

L'humaine se mit à rire.

Je ne suis pas aveugle, j'ai bien conscience que la chance y est pour beaucoup dans mon parcours, mais tu vois Dashanxa, cette femme avec laquelle tu parles de changer les choses, cette femme elle est née ici.

Elle fit un signe de tête indiquant l'arène en contrebas.

Tu sais désormais qui est vraiment Kydra Lifith. Est ce que ça te donne toujours envie d'en savoir plus sur moi ?

La jeune femme descendit de la pierre et leva les yeux vers l'asari.

Si ce n'est pas le cas, nos chemins se séparent ici mais sache que je ne te ferai rien, nous nous quitterons en "bons termes". Si c'est le cas en revanche, nous pourrions terminer notre discussion dans un lieu plus calme. Le bar Venereae, déjà entendu parler ?




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MessageSujet: Re: Bras de fer   Lun 18 Juil 2016, 17:16
Bras de fer
Choses sérieuses et autres joyeusetés.

Le numéro de Lifith n'en était plus un. Il avait viré en une pièce plus... tragique, et réaliste. Elle s'ouvrait davantage. Pour le meilleur, et pour le pire. Lifith était ce qu'elle était. Différente. Isolée, par conséquent, sans doute, bien plus que ce qu'elle laissait entrevoir. Oh, cela ne devait pas la déranger dans ses ambitions ; dans sa vie de tous les jours, ce pouvait être bien plus gênant.

Ses ambitions. Dashanxa aurait souhaité un nom, pour pouvoir se renseigner sur les mouvances du pouvoir d'Oméga ; mais tant pis. Un nom n'était qu'un nom ; Lifith pouvait très bien changer d'allégeance, du moment qu'elle trouvait un dirigeant qui correspondait à ses attentes.

Dashanxa retint une exclamation de surprise lorsque l'humaine la plaça sur ses épaules. « Quant à savoir où je t'emmène, je ne suis pas certaine que cela te plaise vraiment, mais c'est une des facettes d'Oméga. »

La Matriarche se laissa entraîner – porter. Ce n'était pas comme si elle avait le choix, mais c'était elle qui avait demandé. Elle resta de marbre ; les réactions viennent quand on a quelque chose à se mettre sous la dent.

Ce temps vint bien vite. L'humaine et l'Asari s'enfonçaient dans les bas-fonds d'Oméga. Les lumières vacillaient. L'humidité était omniprésente : sur les murs, sur la peau, comme une couche désagréable ; dans les poumons, comme une maladie qui pesait dessus et ne demandait qu'à se déclarer.

« Reste sur tes gardes, tu peux te faire agresser à tout moment et par n'importe qui, et eux ne vont pas te laisser le temps de parler, crois-moi. »

Phrase ô combien utile quand on croisait de véritables loques, des décharnés et des criminels en puissance qui aimaient jouer de l'omnilame. Lifith laissa glisser Dashanxa au sol, spectacle qui serait plus normal pour autrui, et elles avancèrent jusqu'à... un entrepôt ?

Des cris provenaient de l'intérieur. Dashanxa remarqua que son accompagnatrice connaissait les lieux – et qu'elle y était connue. Cela leur ouvrit avantageusement le passage.

Une arène clandestine.

Lifith leur trouva des places avec un point de vue dégagé. Le combat avait lieu en contrebas. La foule n'était que sa plus pure définition péjorative : nombreuse, agitée, voire en délire. Les hurlements couvraient les sons de brisure d'os dans l'arène.

Le combat, sanglant, manquant de peu d'être une éviscération, devint en tout cas sur la fin un spectacle boucher – plus qu'il ne l'était déjà. La Butarienne qui combattait détacha avec une précaution étrange la peau du visage de son adversaire. Dashanxa ne réagit toujours pas. Seule l'odeur l'incommodait. Il ne demeurait pas moins que le spectacle était saisissant.

Une vie exaltée. Sur le fil. Existence et Néant au coude à coude. Vivre ou mourir. Sans avoir le choix bien souvent. Lifith avait vécu ainsi.

L'humaine déroulait son histoire ; elle avait été une rêveuse, elle avait été une machine. Elle avait côtoyé les extrêmes. Pas étonnant qu'elle se fût forgée une personnalité si forte, mais à la fois terriblement instable. La souplesse et la joie oniriques le disputaient à la perte de contrôle et à l'envie de se battre.

Les plans de Lifith se justifiaient en cette arène. Ils étaient l'expression même de son envie de s'émanciper de tout cela tout en gardant les savoirs qu'elle avait acquis et en les réutilisant à sa manière pour changer l'ordre des choses.

« Tu sais désormais qui est vraiment Kydra Lifith. Est ce que ça te donne toujours envie d'en savoir plus sur moi ? » Les deux femmes ne quittaient pas des yeux le spectacle. Lifith finit cependant par quitter la pierre surélevée où elles se tenaient avant de regarder Dashanxa. « Si ce n'est pas le cas, nos chemins se séparent ici mais sache que je ne te ferai rien, nous nous quitterons en "bons termes". Si c'est le cas en revanche, nous pourrions terminer notre discussion dans un lieu plus calme. Le bar Venereae, déjà entendu parler ? »

Dashanxa considéra les possibilités pendant une simple seconde. « Oui. Pour les deux questions. »

Lifith s'apprêtait à l'entraîner encore, mais cette fois-ci, Dashanxa campa sur ses positions. « J'ai été esclave, moi aussi. Je sais à quel point une expérience pareille transforme. Fait naître. Votre expression est bien choisie. J'étais une enfant, même en termes Asari. Qu'aurais-je pu être sans les pirates qui m'ont enlevée ? Aurais-je été mercenaire ? Aurais-je bien voulu du secours d'une divinité ? Aurais-je voulu soutenir d'autres victimes ? Aurais-je voulu m'en prendre au monde ? » Elle fit une pause. « Sans nos parcours respectifs, nous ne nous serions pas rencontrées. Nous pourrons certainement accomplir beaucoup à nous deux.  »

Un autre silence au milieu du tumulte de l'arène. Les deux femmes partirent pour le bar Venereae ; n'étaient-elles pas en « bon termes » ? Il aurait été dommage de se séparer dans une arène puant la sueur et le sang. Il était mieux, pour un au revoir, d'égrener quelques grammes d'alcool dans son sang.


*


« C'est ma tournée. »

Assises à une table à quelques pas du comptoir, où le barman, le célébrissime Harmitt, faisait sa star en imitant un Raloi avec sa voix monocorde. Un Galarien vint les servir, et Dashanxa fit tinter les crédits une première fois. Elle leva son verre, à moitié rempli d'un vin pétillant rosé de Thessia. Quelle ironie ! L'humaine avait pris un cocktail humain. Un « mojito ».

« A votre santé, mademoiselle Lifith. »

Elles trinquèrent. Dashanxa regarda les bulles remonter le long de son verre. Elle faisait tourner le liquide en même temps, histoire de pimenter leur course.

« Je parlais de choses à accomplir, commença-t-elle sans lever les yeux. Les arènes, plus que tout ce que vous m'avez montré dans la journée, m'ont convaincue de votre sincérité et de vos capacités : vous y avez survécu. Ce n'est pas la même chose qu'à l'armée. Vous disiez vous étonner de mon calme face à votre comportement : à quoi bon lutter, si c'était pour manquer tout ce que vous pouviez offrir ? » Elle but une gorgée d'alcool. Oui, une réaction immédiate n'aurait entraîné qu'un affrontement, et, quand on ignore ce que l'on peut retirer de la défaite d'un adversaire, ce n'était pas productif. Aurait-elle gagné face à une anti-biotique convaincue ? « Si jamais, un jour, nos routes convergent vers Thessia, que diriez-vous d'une alliance ? Bien sûr, j'entends que nous partagions nos ressources. J'ai confiance en votre capacité à en gagner, même si je doute que vous puissiez me promettre quoi que ce soit pour le moment, surtout si vous voulez renverser Aria, si ce n'est vos bras – ce qui est déjà un début. J'ai confiance, je mise sur l'avenir. »

Elle attendit la réponse de Lifith, nonchalamment appuyée contre le dossier de son siège, verre toujours à la main.


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MessageSujet: Re: Bras de fer   Mer 20 Juil 2016, 00:49

C'est ma tournée.

La musique entraînante faisait déjà sautiller Kydra sur sa chaise. Son regard vif scrutait le reste de la foule qui peuplait l'endroit, analysant rapidement chaque individu avant de passer au suivant. Elle avisa également avec envie le coin de danse mais il y avait potentiellement beaucoup plus important à s'occuper dans l'immédiat.

A votre santé, mademoiselle Lifith.

Kydra attrapa son verre et trinqua avec Dashanxa. Elle voulut le finir d'un seul coup comme à son habitude mais elle se savait très peu résistante à l'alcool, et il allait sûrement falloir parler sérieusement à l'asari par la suite, elle devait donc garder son esprit clair. L'humaine prit donc quelques gorgées seulement et écouta sa compagne.

Je parlais de choses à accomplir. Les arènes, plus que tout ce que vous m'avez montré dans la journée, m'ont convaincue de votre sincérité et de vos capacités : vous y avez survécu. Ce n'est pas la même chose qu'à l'armée. Vous disiez vous étonner de mon calme face à votre comportement : à quoi bon lutter, si c'était pour manquer tout ce que vous pouviez offrir ?

Kydra repensa immédiatement à sa rencontre avec Anton et au canon lourd qu'elle avait pointé sur lui. Mais il était facile pour Dashanxa de dire cela lorsque la situation lui donnait raison, avec quelqu'un d'autre, son sang froid aurait pu provoquer sa mort.

Si jamais, un jour, nos routes convergent vers Thessia, que diriez-vous d'une alliance ? Bien sûr, j'entends que nous partagions nos ressources. J'ai confiance en votre capacité à en gagner, même si je doute que vous puissiez me promettre quoi que ce soit pour le moment, surtout si vous voulez renverser Aria, si ce n'est vos bras – ce qui est déjà un début. J'ai confiance, je mise sur l'avenir.

Finalement, Kydra termina son verre cul sec. Le liquide lui brûla la gorge et elle posa le récipient sur le comptoir en secouant la tête. L'humaine dégaina son couteau de l'alliance de sa main droite et le fit tournoyer.

Tu as l'air optimiste mais je comprends que tu puisses émettre des doutes à ce sujet, mais quand je fais une promesse, si je ne la tiens pas, c'est que je suis morte. Et crois moi, je suis capable de t'apporter bien plus que deux simples bras mais pour cela, il faut du temps et du matériel. Un investissement vois tu c'est exactement de cela qu'il s'agit.

Kydra fit un signe au barman de lui resservir un verre.

Parce que oui Dashanxa je compte bien évidemment t'accompagner lorsque tu voudras réduire Thessia en cendres. Enfin, peut être avais tu posé cette question d'une façon rhétorique auquel cas ma réponse est assez conne car je ne l'avait pas pris en compte, mais le fil de la pensée et de la réflexion est tout aussi instable qu'une celui d'une peur parfaite... Je m'égare.

La jeune femme rengaina son arme et écarta une mèche de son champ de vision.

Tu as besoin de personnel ? Je ferai en sorte de recruter des personnes qui veulent casser du concilien. Tu as besoin de matériel ? Je regrouperai l'équipement nécessaire à une intervention de ce genre. Bien évidemment, je parle de cela à l'échelle d'une simple humaine, je ne pourrais t'être aussi bénéfique qu'une organisation toute entière. L'idée de déglinguer de l'asari est suffisamment alléchante mais...

Kydra se pencha en avant et tapota les tentacules de Dashanxa.

Comme tu le sais, je ne compte pas me limiter à Thessia et ça, ça demande pas mal de choses derrière... Je suppose que tu comprends qu'une aide de ma part ne se fera pas sans coût. J'imagine que nous partagerons ce que nous avons une fois sur place mais et après ? C'est ce passage là qui m'intéressera le plus te concernant.

Kydra ignorait complètement quels étaient les moyens réels de Dashanxa mais elle représentait un coup de pouce incontestable pour la suite des opérations une fois le tumulte sur Oméga terminé. L'humaine avait déjà Kurt et sa bande sous ses ordres, elle était persuadée de pouvoir recruter quelques troupes supplémentaires, le matos viendrait avec. Dashanxa semblait complètement ouverte à la participation de Kydra et ce sans méfiance apparente. L'humaine n'aurait aucun mal à piéger subtilement certains des équipements qu'elle lui fournirait afin de s'offrir une assurance en cas de coup bas ou si son sacrifice s'avérait nécessaire. C'est en touchant du bout des doigts ses rêves qu'une personne montrait sa vrai nature et il valait mieux minimiser les risques.

La jeune femme attrapa le verre de Dashanxa et le termina cul sec. Elle le reposa et s'étala sur son siège, posant ses pieds sur les jambes de Dash, mains derrière la tête avec un grand sourire.

Un simple coup de poing peut mener à des choses tellement merveilleuses.




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MessageSujet: Re: Bras de fer   Mer 20 Juil 2016, 17:09
Bras de fer
Autour d'un verre.

Tout n'était qu'alcool, paroles et danse de lame. Cocktail dangereux la plupart du temps, il ne gardait ici qu'un côté plaisant, car il faisait aller dans le bon sens. Lifith était partante, partante était Dashanxa.

L'humaine se fit resservir. La Matriarche, pour sa part, continuait de siroter tranquillement son vin pétillant. Son goût vif, fruité, et les picotements qu'il provoquait sur la langue correspondaient en tout point à l'humeur de Dashanxa.

Elle écouta Lifith en jubilant intérieurement. Son visage, lui, était impassible, comme d'habitude. La jeune humaine parlait de ne pouvoir agir qu'à une échelle limitée ; se rendait-elle compte que ce qu'elle proposait était déjà énorme, même si cela devait prendre du temps ? Du moins, si elle réussissait. Mais si Aria tombait, comme Lifith le lui avait fait comprendre, le champ des possibles était bel et bien ouvert, et même ne cesserait de s'élargir.

Dashanxa tiqua néanmoins sur deux points. Ne pas se limiter à Thessia. Coûts. Evidemment, cela n'avait rien d'étonnant. Mais s'avancer dans les projets à plus longs termes et les paies, c'était rappeler que des divergences pouvaient naître, et par la même occasion des conflits... et des trahisons. Ses lèvres se pincèrent. Elle était entrée dans le mode de pensée des négociants.

« Un simple coup de poing peut mener à des choses tellement merveilleuses. »

Oh, que c'était vrai, et que c'était cocasse ! Dashanxa passa les doigts sur sa petite plaie avec une légère grimace. « Il est vrai. »

Elle déposa son verre, où il ne restait plus qu'un fond de liquide, sur la table, avant de se redresser et d'y placer ses coudes. « Bien sûr, c'est avec plaisir que j'accepte ce que vous pouvez me proposer, bien que ce ne soit encore qu'hypothétique. Un investissement, oui.  »

Elle passa sous silence le fait que Thessia, si elle devait tomber, devrait pour elle rester intact un minimum. Mais l'on verrait cela en temps et en heure ; et de toute façon, il ne s'agirait pas d'un coup d'état « pacifique » où l'on rentrerait dans un bureau, dirait à son occupant de sortir, et prendrait sa place dans son beau fauteuil en cuir. Non, il y aurait un minimum de grabuge.

« J'attendrai avec impatience vos soutiens, de tous les types. Pour le moment, nous ne pouvons pas faire grand-chose... Et vous êtes, apparemment, assez occupée avec le sort prochain d'Oméga. » Dashanxa n'épilogua pas sur ce sujet et plaça ses mains sous son menton. « Je peux vous proposer la même chose, et de l'argent. Des gens en arme – si tant est que vous appréciiez les commandos asari – et du matériel. Mais... Si vous le désirez, et si vous en avez l'utilité – mais on leur trouve toujours une utilité – je peux mettre des espions à moi dans la balance. »

Et ainsi nous aurons nous aussi nos yeux sur vous, Lifith.

Ce serait utile surtout durant l'après-Thessia, s'il y devait vraiment en avoir un. L'humaine, dans ce qu'elle proposait, devait garder des mauvais tours – doux euphémisme – en cas de souci. Dashanxa ferait de même.

« Si nous parvenons à faire ce que vous savez, j'espère bien prendre les commandes de Thessia. Le combat sera un combat, et c'est tout. Impossible de s'organiser maintenant ; mais sachez que je ne vous briderai pas, tant qu'il en va de même pour vous envers moi. Si nous l'emportons, je serais ravie de vous laisser les Asari dissidentes. »

Quel paradoxe, quand c'était elle qui était aujourd'hui considérée comme telle ! Cependant, bien qu'elle accordât à Lifith d'agir comme elle l'entendait, il ne faudrait pas que cela virât à un massacre inutile. Ceci dit, beaucoup de gens se mettraient en travers de leur route. Agir de façon débridée – pas dans le sens « sans plan » mais dans le sens de « dans le plan, tout est permis » semblait indispensable pour libérer le passage.

Dashanxa se renfonça dans son siège. « Et bien sûr, d'ici là, nous devrions garder contact. Si cela vous convient, échangeons une poignée de main, buvons un dernier verre, et reprenons nos chemins respectifs. Je vous souhaite bonne chance... pour Aria. »

Car oui, les heures passaient, les vies défilaient, et les projets s'organisaient. Le temps pouvait se perdre, comme aujourd'hui, et mener à de bonnes surprises. Mais il fallait aussi savoir s'y contraindre pour préparer de grandes choses.

On devait désespérément attendre le retour de Dashanxa à bord du Patriarche. Mais elle décida de rester dans le bar, de perdre son temps encore une fois – peut-être pour la dernière fois avant un bon moment.


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