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 La rage de vaincre

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MessageSujet: La rage de vaincre   Mar 28 Juin 2016, 02:26

Le sang mauve coule des jointures de mes mains lorsque je retire les bandages les recouvrant, souillés et salis. L'adrénaline s'estompe, la douleur s'installe. La rage s'est libérée en un délicieux instant de ferveur sanguine avant de s'envoler sitôt la fin des hostilités, ne laissant en mon for intérieur que la froide sensation d'un vide profond.

Un vide que la douleur vient peu à peu combler, telle une berceuse calmant mes ardeurs. Mes doigts endoloris crient souffrance à chaque mouvement des articulations, et pourtant je laisse le mal apaiser ma colère et mon chagrin. Je sais comment le diriger désormais lorsque nulle cible ne se présente dans mon sillage vengeur. Est-ce suffisant pour ne pas me transformer en monstre assoiffé de sang ? Je n'en sais foutre rien, et je ne me pose plus la question. Il y a longtemps que mon âme ne s'interroge plus sur ce qui peut encore me tenir en vie, sur ce qui me permet de m'accrocher à cette sombre existence.

Au moins, mes poings parlent, ils s'expriment par le biais de ma rage bouillonnante. Cette chaleur inextinguible tourmentant mon esprit, j'ai trouvé comment la dompter. Du moins pendant un temps. Sans tuer. Du moins pas encore. Je sais, au fond de moi, que je dois trouver une solution avant le point de non retour. Je dois les trouver. Les traquer. Les tuer.

---

Quelques heures plus tôt

La Fosse. Un lieu sordide, même pour Omega, regroupant la lie de la vermine dans des joutes clandestines où la violence demeure maîtresse absolue. Dans ce chaos d'os brisés et de sang séchés, des combats s'organisent chaque semaine, pour calmer les ardeurs des plus virulents d'entre les criminels et autres ordures notoires. Des gens de toutes sortes s'adonnent à ce sport pour passer leurs nerfs sans compromis et sans limites pour espèces sonnantes et trébuchantes. Le plus fort et le plus fourbe de ces gladiateurs des temps modernes peut se permettre de gagner sa vie en laminant sans vergogne ses adversaires, à coups de poings, de pieds et parfois même de dents. Ou pire encore. Pas de règles vraiment définies, et la mort peut si vite arriver.

J'ai entendu parler de cet endroit en diverses conversations, rumeurs et caquets. Que ce soit lors de mes expéditions punitives ou pendant mes rares virées discrètes en civil, voire par le biais de l'Extranet, nul sur Omega ne peut nier l'existence de ce trou à rat changeant constamment d'endroit. Encore plus depuis que l'annonce avait été faite de la construction d'arènes, pouvant alors mettre sérieusement à mal ce business profitable aux organisateurs mafieux. Artus y voit un moyen de libérer ce qui brûle en moi, cette hargne qu'il aperçoit dans mon regard. Oser me proposer d'obtenir un sauf conduit dans la Fosse et une place au coeur de ce bousier pour casser des crânes, je reconnais bien là ce foutu Soleil Bleu. Je sais cependant qu'il fait cela pour mon bien. Enfin surtout en mémoire de Mère, à moins qu'il essaie d'attirer mes faveurs. Aucune chance, mon coeur est mort depuis l'explosion de l'Au-delà, ce jour où ma vie a basculé.

Artus m'emmène au détour d'un labyrinthe de couloirs menant aux bas-fonds d'Omega, traversant avec prudence un vivier de Vortchas qui ont la présence exceptionnelle d'esprit de connecter leurs deux seules neurones afin de les empêcher de faire des conneries face à deux personnes surentraînés et armés. J'entends d'ici les tumultes de la foule avide de sang et de spectacle barbare alors que nous nous approchons de ce qui semble être à n'en pas douter la Fosse. Le Turien me laisse là, ne pouvant s'approcher davantage, ne souhaitant pas se mêler de la lie de la station. Je ne lui en veux pas, et peut-être au fond de lui pense-t-il que je n'ai plus rien à perdre.

Et il a raison. Alors je plonge droit dans la gueule du monstre.

Un krogan me barre le passage, je soutiens son regard et lui donne le mot de passe. "Morituri te salutant". J'ignore complètement ce que ça veut dire, ni de quelle langue ça vient. Et au pire, je m'en contrefiche allègrement, du moment que le mastodonte me laisse passer - sans armes, forcément. Délestée de mon pistolet et mon poignard, le module Omnilame désactivé, je me retrouve désormais à la merci de quiconque désire un bout de viande d'Asari mal grillée, en plein coeur de la décharge humaine d'Omega. Ce foutu krogan me montre du doigt la personne que je dois contacter pour participer aux combats. Sans surprise, il s'avère que cet individu qui répond au nom de Lankast est un Butarien aux yeux de veau mort et à la face aussi rigide qu'un varren en pleine digestion difficile.

- "Alors comme ça, t'es là pour te battre, sang-bleu ?"

Non, je fais du tourisme, connard !

Réfrénant mon envie de lui foutre un coup de poing dans la gueule, je me contente de hocher la tête.

- "Combat libre, pas de règles. Si tu te relèves pas au bout de dix, t'as perdu. J'te fais pas un dessin concernant les risques que t'encours à participer à la petite sauterie. Si t'as ce qu'il faut pour t'imposer, t'empoche une partie des paris. Tu perds, on te jette dehors et tu te débrouilles pour retrouver la sortie. Aussi simple que ça. Alors, toujours partante, la cramée ?"

Calme-toi, Vala... Surtout reste calme...

- "Oui."
- "Parfait ! T'as un quart d'heure pour te préparer, pas une minute de plus. Vu que t'es nouvelle dans l'milieu, tu vas commencer en bas de carte. Mais fais gaffe, sang-bleu ! Ton adversaire sera pas un tendre. Hammerhead a déjà sorti une bonne dizaine de bleu-bites croyant pouvoir rouler sur l'or les doigts dans l'nez. Crois-moi, tu vas déjà en baver. Mais avant, te faut un nom de scène, sang-bleu. T'as choisi quoi ?"
- "Sol."
- "Quoi, c'est tout ? T'as pas trouvé plus clinquant comme blaze ?"

Devant la lourdeur de mon regard, le butarien lève les mains et les épaules.

- "Bah ! On s'en fiche en fait ! C'est pas le nom qui fait le gladiateur ! Allez, file te changer ! On s'voit plus tard... enfin si tu restes pas sur le carreau d'ici là ! Hahaha !"

Ainsi, le sort en est jeté. Bandages grossiers protégeant les mains, un débardeur et un pantalon noir pour tous vêtements, me voilà prête à libérer toute ma colère, toute cette rage accumulée. La flamme peut enfin s'exprimer librement et assouvir sa soif de sang.

Mon adversaire est butarien, et costaud de surcroît. J'entends la foule scander son nom, elle a clairement choisi son favori. Je reste de marbre, debout face à lui, mon oeil valide fixant son visage buriné et martelé par des années de violentes bagarres. Il sourit avec malice - le genre de sourire que seul un buto fanfaron peut décocher - et essaie de m'intimider. Je me contente de décocher un sourire en coin, continuant de braquer mon regard sur lui. L'animateur de la soirée fait les présentations, et comme je m'en doutais, aucune de ces vermines spectatrices ne compte sur ma victoire pour s'en mettre plein les poches.

Tant mieux. Une première étape de satisfaction personnelle lorsque me réjouirai de leur déception et leur frustration de s'être fait plumer. La cloche sonne, le combat commence.

---

Avance rapide

Une cabine minuscule, de l'eau froide dans un seau, de quoi grignoter et du Médigel pour panser les plaies et soulager ecchymoses et os cassés. Sans oublier un paquet contenant le résultat de mon âpre victoire. Ce butarien m'a vraiment donné du fil à retordre, sa vision du combat demeurait affûtée par des années de baston. Je ressens encore l'impact lourds de ses poings sur mon corps, d'une puissance brute dépassant de loin la mienne. J'ai encore dans la bouche le goût âcre de mon propre sang mauve coulant de mes lèvres fendues et mon arcade sourcilière déchirée. Sans parler de la douleur lancinante à chaque mouvement au niveau de mes côtes, de mes épaules et de mes genoux. Pourtant, je ne me souviens pas avoir eu mal sur le moment. En fait, je n'arrive pas à me rappeler de tout le combat. Tout ce dont je me souviens, ce sont le bruits que font ses os se brisant à la force de mes poings, enhardie par la rage.

Et ces hurlements à chacun de mes coups. Telle une bête sanguinaire. Ces hurlements provenant de ma bouche.
La flamme avait pris possession de moi. Comme si je m'étais évanouie sur le moment. Comme si mon corps n'était plus sous mon contrôle, un pantin manipulé par un feu crépitant en guise de marionnettiste.

Je l'ai laissée faire. Est-ce que je le regrette ? Je me pose encore la question. Une arme se doit d'être aiguisée pour demeurer efficace, et ce genre de distraction me donne l'occasion d'entretenir mes capacités martiales. Mais à quel prix ? Cet endroit suinte la pourriture de l'âme et du corps, transpire la corruption et pue la merde noire à plein nez. Un endroit que je note au fond de mon esprit comme une cible potentielle pour une purge par les flammes. Je m'en donne la promesse.

Le rire gras de Lankast me félicitant allègrement, pleinement satisfait de cette nouvelle acquisition potentiellement fructueuse, me donne toujours envie de foutre mon poing dans sa face de veau mort. Une fois encore, je m'en abstiens, la colère s'étant estompée après ce combat. Il compte sur moi pour que je revienne combatte et faire du profit tout en donnant du spectacle bien sanglant, et repart s'occuper de son affaire, me laissant de nouveau seule.

Ordure. Un jour, tu regretteras d'avoir croisé mon chemin.

Le médigel fait son effet, mes blessures se referment, la douleur s'estompe. Tout n'est plus que silence et morne plaine. Je n'ai plus besoin de rester une seconde de plus dans de foutoir. Alors je me rhabille après m'être lavée et me prépare à sortir. Le krogan de tout à l'heure me redonne mes armes et me fait passer par une porte de service, plus sûre - du moins dans la norme d'Omega. Alors je tente de me remémorer cette soirée, ce que cela m'a vraiment apportée.

Satisfaction ? Soulagement ? Simplement la sensation d'avoir contribué à rassasier une bête affamée depuis des jours. Si je me sens mieux ? Non, pas au point d'en être guérie. Pire encore, le doute s'empare de moi. Je me demande encore si je n'ai pas ouvert la porte à une métamorphose dans le mauvais sens. Une porte menant à la déchéance plutôt que la rédemption.

Pour l'heure, j'ai surtout besoin de me reposer.

Pendant que je m'apprête à m'extirper des bas-fonds, une sensation dérangeant s'empare de tout mon être. Comme une impression d'être observée de loin. En fait, je suis presque sûre que quelqu'un me suit depuis la sortie de la Fosse. Plongée dans mes interrogations existentielles, je ne l'avais pas vraiment remarqué jusqu'à présent, mais depuis, mes sens reprennent du service, guettant le moindre mouvement, le moindre bruit suspect. Mains dans les poches, le capuchon de ma veste rabattue sur ma tête, je feins l'insouciance.

L'instinct me parle, elle me souffle à l'oreille que quelque chose, ou quelqu'un, me suit. Qui qu'elle soit, elle est suffisamment douée pour masquer sa présence. Au bout d'une longue marche, prenant soin de me détourner du chemin menant à ma planque, je finis par m'arrêter. Je ne joue plus. Ma main posée sur la crosse de mon Phalanx, je tourne légèrement la tête, guettant le moindre bruit me prévenant d'une éventuelle attaque.

- "Je suis pas d'humeur à jouer à cache-cache. Montre-toi !"


Dernière édition par Vala Cyrus le Lun 04 Juil 2016, 11:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Mer 29 Juin 2016, 00:42

Bien loin de la splendeur de ce que voulaient construire Kyre et Anton via leurs arènes, il existait toujours sur Oméga ce genre de lieux moisis, cachés de la vue de tous dans des profondeurs que beaucoup se savaient devoir éviter. Si à l’heure d’aujourd’hui Kydra regardait tout cela de haut en riant, elle y avait pourtant fréquemment pris part autrefois. C’était alors une jeune femme brisée par la torture physique et psychologique qu’elle avait reçu, bien loin de l’ex militaire de l’alliance venue chercher des alliés dans les Systèmes Terminus, la période qu’elle avait passé en tant qu’esclave s’en était assurée. N’étant devenue qu’une enveloppe vide, elle s’était tournée vers ces combats clandestins, combattre étant la seule chose qu’elle était alors encore capable de faire. Heureusement pour elle, son entraînement militaire lui avait permis de battre ses adversaires, et elle avait gagné ainsi suffisamment de crédits pour pouvoir manger le soir, sous la plaque de métal rouillée qui lui servait de maison. 

Elle s’était fait ainsi quelque peu connaître, et on avait commencé à lui proposer des contrats, transformant peu à peu sa vie en celle d’une mercenaire, s'extirpant des bas fonds d'Oméga. Elle avait même pu se payer son propre appartement. Mais ce n’est que récemment, lors de la guerre, qu’elle avait réussi à se reconstituer mentalement à la suite de son craquage psychologique. Kydra était redevenue véritablement quelqu’un, cherchant à rattraper toutes ces années perdues. Et là voila désormais, assassin de l’un des suzerains d’Oméga. Un parcours peu valorisant, mais qui rendait la jeune femme plus que fière de ce qu’elle était devenue. 

Pourquoi alors dans ce cas, être revenue dans ce lieu symbolisant un passé révolu et qu’elle préférait garder enfoui ? La curiosité. Elle voulait savoir comment elle y réagirait désormais en étant saine d'esprit, mais pas seulement. Elle souhaitait voir si l'excitation d'un tel combat était comparable à celle qu'elle avait ressenti en affrontant Rhys. Mais au final, rien d'exceptionnel. Certains participants l'avaient reconnus et on l'avait même mis face à l'un de ses anciens adversaires, pensant que depuis le temps, elle avait perdu en niveau. Et pourtant, c'était tout le contraire, combattre fréquemment l'élite de la station l'avait endurci à un point qu'elle s'en étonnait elle même. Le combat fut donc bref, inintéressant, et idéaliser les futures arènes n'aidait pas à apprécier ce genre d'endroits. Kydra reprit tout de même un rite qu'elle effectuait à l'époque, à savoir arracher avec les dents une partie du perdant. Ce fut donc l'oreille cette fois ci, un processus qui s'avérait assez lent avec des dents humaines, mais c'était bien là tout l'intérêt. Une punition juste pour la raclure qui avait pensé pouvoir battre l'assassin d'Oméga.

Kydra était donc postée près de la sortie, sur un bâtiment en hauteur. Elle grignotait des morceaux de varrens séchés en contemplant les alentours. Les bas fonds d'Oméga lui faisaient remonter tellement de souvenirs. Cette puanteur ambiante qui suintait dans l'air, et les structures collantes à cause de la condensation ici bas. Elle avait fait une sacré progression mine de rien, tout le monde ne pouvait pas en dire autant. La jeune femme avait surtout eu la chance de parier sur la bonne monture, Anton. Si ce n'avait pas été le cas, elle serait sûrement morte pendant la guerre, mais avec le butarien, elle s'épanouissait comme elle le souhaitait. Ne restez plus désormais qu'à le mettre à la tête d'Oméga. Insensé ? Pas vraiment. Anton était passé de ravageur à suzerain, il ne pouvait pas y avoir vraiment de surprise avec une autre ascension de ce type.

Une autre personne sortit de la fosse, Kydra y jeta un œil depuis son observatoire. Il s'agissait d'une asari et alors qu'elle reprenait son équipement, l'humaine vit qu'une bonne moitié de son visage était brûlé. La personne qui lui avait fait ça n'avait pas fini correctement son travail, laissant une créature qui devait sans doute avoir des séquelles psychologiques au moins aussi impressionnantes que ses cicatrices et qui se retrouvait ici bas, parmi les pires raclures que pouvait compter la galaxie. Ce n'était pas une vie, Kydra était bien la première à le savoir, mais au moins, cette bleutée ne passait pas son temps à exposer son corps à la foule pour gagner sa vie, il s'agissait d'une combattante et même à en juger par ses cicatrices, d'une survivante. Alors que la concernée reprenait sa route, l'humaine rangea sa bouffe et s'étira, elle venait de trouver une nouvelle occupation pour aujourd'hui.

Kydra se mit alors à suivre aussi discrètement que possible l'asari, se déplaçant avec souplesse et agilité parmi les structures d'Oméga qu'elle ne connaissait que trop bien. Une traque comme une autre, dissimulant sa présence à sa cible insouciante qui perdait en vigilance au fur et à mesure que le temps passait, un jeu d'enfant. Pourtant, la silhouette encapuchonnée s'immobilisa tout à coup.

Je suis pas d'humeur à jouer à cache-cache. Montre-toi !

Ah. Elle avait réussi à détecter sa présence, fascinante créature. Une fois repérée, Kydra n'avait pas l'intention de rester cachée indéfiniment. La jeune femme sauta dans la rue et se retrouva accroupie à quelques mètres de l'asari. Elle leva la tête vers elle avec un grand sourire.

Coucou ! Je dois te féliciter chérie, tout le monde ne peux pas se vanter de réussir à me repérer lorsque je traque quelqu'un.

L'humaine se leva et prit une mèche rebelle qui venait d’obscurcir son champ de vision avant de la passer derrière son oreille. De près l'asari était assez différente. Elle était grande déjà, au moins aussi grande qu'elle, fait rare surtout pour ces salopes bleues. Et son visage... Il était triste de constater qu'une charmante créature puisse se faire ainsi défigurée, et la cicatrice était d'autant plus impressionnante que Kydra se demandait comment elle y avait survécu. Mais le reste était classique, la partie du visage non touchée était tendre et féminine, et bien que son corps ne soit pas visible, il était sûrement très similaire à celui des humaines. C'est à cet instant que Kydra remarqua la main de l'asari sur son arme.

Ah non, non, non, je ne suis pas là pour ça. En réalité, je te suivais pour voir où tu te dirigeais, une asari à la tête brûlée qui sort de la fosse c'est pas vraiment commun tu vois.

Elle se pencha en avant.

Tu as attisé ma curiosité.

Contrairement à ce qu'elle se serait attendue, le regard de l'asari n'était pas froid, mais brûlant. Ce n'était pas celui d'une tueuse regardant sa victime, mais celui d'une bête sauvage retroussant les babines, et prête à mordre. Kydra ignorait l'affiliation de l'asari ou ses objectifs, les mercenaires véritablement indépendants étant de plus en plus rare vu ce qu'était devenue la station, mais si tel était son cas, peut être pouvait elle en faire quelque chose. Une bête féroce pouvait être apprivoisée et devenir ainsi un puissant allié, mais si les flammes qu'elle voyait danser dans les prunelles de l'asari étaient celles d'un esprit brisé et à jamais irréparable, alors dans ce cas, seul la mort pouvait venir l'apaiser. Mais l'heure du jugement approchait, l'humaine attendait que la douce mélodie des mots s'échappe des lèvres de sa partenaire bleue. Kydra s'approcha d'elle en sautillant et positionna son visage juste en face du sien, mains dans le dos et souriant de nouveau.

Alors dis moi, où est ce que tu te rendais ?

Derrière cette apparence naïve, Kydra avait ses muscles bandés, prête à dégainer omnilame ou canon lourd, voir à parer une attaque qui lui serait directement destinée.




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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Mar 12 Juil 2016, 12:11


- "Chez moi. Et tu n'y es pas invitée."

Aussi simple et direct qu'un troupeau de varrens en pleine charge frontale. L'air suffisant qui émane de cette humaine commence déjà à faire bouillir mon sang, comme une envie soudaine de lui foutre mon poing dans sa figure pour effacer ce sourire qu'elle déteste déjà. Et je l'aurais sans doute déjà fait si je n'avais pas remarqué son positionnement, préparée pour une éventuelle ocntre-attaque. La qualité de son approche furtive lui a permis de me suivre à une distance suffisamment longue pour ne pas être détectée, et sa corpulence taillée pour le combat ne fait aucun doute quant au type de personne qui se tient là, devant moi, n'attendant qu'un mouvement de ma part pour réagir en un quart de seconde.

Cependant, même si cette envie de lui pulvériser sa tronche ne m'a pas quittée, l'heure n'est plus à la baston. J'ai assez donné, j'ai assez évacué ma rage pour aujourd'hui. L'ombre de la folie furieuse me guette, n'attendant qu'un instant de faiblesse de ma part pour s'emparer de mon esprit et l'asservir. Contrôler cette bête en moi s'était avérée une terrible épreuve, voyant les chairs déchirés et les os brisés de mes mains, le sang gicler à chaque coup de poignard et la peau s'assombrir et griller à mesure que le lance-flamme enveloppait les corps de mes cibles de sa langue de feu. Oui, une vraie bête sauvage, que certaines rencontres ont permis d'enchaîner et apprendre à la maîtriser pour en faire une véritable force de frappe.

L'existence de la Fosse est en soi une aubaine comme un vrai piège pour celui qui ne connaissait pas Omega et son mode de vie particulier comme sa poche. Pour y vivre, il fallait certainement une bonne dose de courage, à moins d'y voir là une totale inconscience ou même une envie d'en finir avec la vie. Et j'avoue que cette dernière option a maintes fois traversé l'esprit, fermer une bonne fois pour toutes le rideau sur ces cauchemars qui me hantent encore maintenant, ces visages déformés par la douleur insupportable des morsures du feu, quand ce n'était pas les corps qui volaient en éclat par la formisable explosion qui m'a pris tout ceux que j'aimais, ainsi qu'une bonne partie de mon âme - sans parler de mon corps.

Non, l'heure n'est pas à un nouveau déferlement de rage dirigé vers les ordures.

J'allais me retourner et reprendre mon trajet lorsque je remarque une anomalie dans mon environnement. Plus précisément loin derrière cette surprenante casse-couilles. Une ombre mouvante, et la clarté d'un objet métallique. Une lueur soudaine dans mon seul oeil valide.

Focus

Un coup de feu retentit soudain, la balle sifflant droit vers sa cible, traversant son flanc. Un cri de douleur, plusieurs jurons. Puis le silence suivant une deuxième déflagration, le bruit d'un corps lourd s'effondrant sur le sol achevant la symphonie d'un épisode paraissant tout à fait banal dans les entrailles crades de la station Omega. Le canon de mon Phalanx fume encore, le bras qui le tient encore tendu à l'horizontale, les muscles bandés, juste à côté du visage de l'humaine. L'instinct et les réflexes aiguisés par des siècles d'entraînement, de combats et d'horreurs ont parlé en une seconde, l'oeil braqué sur l'agresseur - portant un bandage sur une oreille, fraîchement maculé de sang - qui voulait réclamer son dû par le sang. Je me fiche royalement de la raison pour laquelle il voulait faire la peau de cette humaine, son approche tenait plus de la tentative d'assassinat que d'une véritable action désespérée. En cet instant où j'ai fait feu, les flammes de ma colère se sont concentrées dans mon esprit, accentuant mes réflexes, aiguisant ma visée. Une fois encore, en ce moment précis, j'ai libéré la bête, d'une autre manière.

J'ai permis à cette bête de s'exprimer. Je l'ai contrôlée.

Après coup, je sens comme un picotement électrique le long de mon cou. Les réflexes de l'humaine semblent être aussi aiguisés que les miens, aussi tranchant que l'Omnilame qu'elle vient de dégainer, collée à même la peau pourpre de ma gorge. Pour autant, la peur n'a jamais été mon amie, bannie à jamais de mon corps et mon âme. Seuls mes yeux se braquent vers le visage de la jeune femme, mon oeil valide n'exprimant aucune crainte malgré la lame menaçant de trancher mon cou à tout instant. Chose étrange, à chaque fois que la mort est en passe de frapper, lorsqu'il n'existe aucune issue possible pour m'en sortir, le calme prend une place prépondarante, la sérénité inonde mon corps, calmant mes ardeurs les plus incandescentes pour ne garder que cette lueur de détermination brillant de mille feux au fond de mon regard. Dans ma tête, j'ai toujours été prête à rendre mon dernier souffle. Je ne suis en fin de compte qu'une morte en sursis.

Tout se joue maintenant. Rejoindre Raena au royaume de la Déesse, ou continuer à arpenter le chemin de la rédemption.

- "Qu'est-ce que tu attends ?"

Le bras toujours tendu, le pistolet prêt à faire feu à nouveau sur un homme à l'agonie, poussant des râles, crachant son sang, le torse et le flanc maculés de son propre fluide vital, il me suffit d'un geste, d'une pression du doigt pour l'achever. Mais je ne le fais pas.

Pas un sourire, pas une once d'expression sur mon visage, seulement le masque froid d'une brûlée vive qui a vu un pan de sa vie arraché en un instant.

Magne-toi, j'ai pas toute la journée.

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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Jeu 14 Juil 2016, 00:16

Chez moi. Et tu n'y es pas invitée.

Évidemment. Impossible d'établir la véracité de ces propos. Peut être disait elle la vérité, peut être ne prenait elle pas de risques en camouflant son affiliation. Mais dans tous les cas, elle ignorait que Kydra savait s'inviter chez les gens à la perfection quand elle le voulait, et cela, avec ou sans l'autorisation préalable. Une réponse dure, ferme et sans touche d'humour. Les soupçons de Kydra se confirmaient quant à la nature de l'esprit de l'asari. Et même malgré cette carapace apparente, il lui fallait creuser plus loin, essayer d’apercevoir ce qu'il y avait en dessous. Il serait ensuite temps de juger de son utilité ou non. Mais parvenir à atteindre véritablement cette partie s'avérait fastidieux face à un dur qui ne laissait rien paraître ou qui avait des habitudes solitaires. Fastidieux, mais pas impossible.

Un mouvement capté du coin de l’œil détendit instantanément les bras de Kydra. Elle avait volontairement tendu ses muscles pour réagir avec plus de réflexes à toute tentative à son encontre, et le mouvement de l'asari était beaucoup trop rapide pour ne pas être animé de mauvaises intentions. Dégainant son omnilame pendant sa course, le bras gauche de Kydra visa la gorge de la bleutée, mais l'humaine s'arrêta avant de trancher la chair. En effet, l'asari avait dégainé un phalanx mais ne la visait pas elle, mais quelque chose dans son dos. Le tir retentit tout près de l'oreille de la jeune femme qui fronça les sourcils à la violence de la détonation si près de son tympan. Un deuxième tir s'ensuivit puis un corps tomba au sol.

Si elle n'y avait pas réfléchi dans le feu de l'action, Kydra fut tout de même étonnée après coup de la vitesse de réaction de l'asari. Rares étaient les gens en possédant autant, son adversaire dans la fosse avait du bien morfler. Et fait plus surprenant encore, elle n'avait pas chercher à la neutraliser elle. Quelqu'un d'autre avait visiblement suivi la jeune femme et elle ne l'avait pas remarquée. Elle pensait être temporairement libérée de cette contrainte dans les bas fonds et s'était concentrée entièrement sur sa proie, mais ce n'était pourtant pas le cas. A croire que son intervention avec Tori quelques mois plus tôt n'avait servi à rien.

Qu'est-ce que tu attends ?

Kydra se rendit compte qu'elle n'avait toujours pas retiré sa lame de la gorge de l'asari. Cette dernière n'affichait aucune expression alors que la mort lui chatouillait la peau. Décidément, l'humaine avait rencontré nombre de personnes affichant un parfait sang froid lorsqu'elle les menaçait, si bien que cela ne l’impressionnait plus du tout au contraire, elle trouvait cela ennuyant. Mais la bleutée n'avait pas essayé de la tuer et l'avait « aidé » face à un mal qu'elle ignorait et puis de toute façon, la jeune femme avait d'autres projets pour elle pour le moment. Toujours prudente cependant, elle rengaina son omnilame et baissa le bras.

Comme je te l'ai dit plus tôt, je ne suis pas là pour ça.

Kydra en profita également pour poser sa main sur le phalanx de l'asari afin qu'elle range son arme. L'humaine se tourna et se dirigea là d'où provenaient les gémissements. Elle grimpa rapidement sur sa position et atteignit l'homme allongé sur le sol, agonisant. Il était en tenue de civil ce qui la surpris, elle s'attendait à le voir en armure ravageur. Il s'agissait d'un déguisement sans doute, ou d'un moyen de mieux camoufler ses intentions. Cela expliquait aussi pourquoi l'asari lui avait fait autant de dégâts avec deux tirs d'une arme légère. L'homme n'était pas encore mort, mais au vu des blessures, il ne s'agissait sans doute plus que d'une question de temps. Kydra grimpa sur lui à califourchon et lui pinça le visage.

Alors dis moi trésor celui qui t'as envoyé, c'est quoi son petit nom ? Je peux rendre ça plus long ou plus court selon si tu coopères ou pas, à toi de voir.

L'homme fut pris d'une toux et cracha du sang, mais rien ne suivit.

Bon.

Kydra se pencha en avant et commença à enfoncer ses pouces dans les orbites de l'agonisant. Il se mit tout à coup à hurler tandis que l'humaine sentait ses doigts s’enfoncer dans sa chair.

Krolok ! C'est Krolok qui m’envoie !

Les mots crachés sous la douleur, il était évident qu'il ne mentait pas. Elle dégaina son canon lourd et lui tira dans la tête. Krolok ? Comment était ce possible ? Le butarien était pourtant mort sous sa lame, Kydra avait senti sa vie s'échapper par cette faille béante. Restait deux possibilités. Il avait menti sur son nom et avait pris celui d'un autre esclavagiste, ou quelqu'un se faisait passer pour lui. Dans les deux cas, le « nouveau » Krolok souhaitait apparemment lui faire la peau et ce sans laisser de trace, d'où la tenue de l'homme qui gisait à ses pieds. Si les morts se mettaient à leur tout à venir la faire chier, elle n'avait pas fini. Mais pas de temps à consacrer aux caprices de cet usurpateur présumé, l'asari un peu plus loin dans la rue était bien plus importante et... Elle avait disparu. Continuer sa route sans elle, ha ! Elle ne savait pas à quel point Kydra pouvait s'avérer collante quand elle le voulait.

L'humaine se lança à sa poursuite et l'aperçut un peu plus loin, la tentaculeuse n'avait pas eut le temps de s'éloigner davantage. Kydra parvint à sa hauteur et passa sa main autour de son épaule.

Écoutes, j'vais pas te lâcher tant que je serai pas satisfaite d'accord ? Donc soit t'essayes de me buter, soit tu me supportes.

Lorsque son regard croisa à nouveau celui brûlant de l'asari, Kydra comprit qu'elle devait réagir comme face à une bête sauvage, tenter de la dompter, trouver le comportement qui la tranquilliserait le plus. Mais quand la bête sauvage en question était une asari armée et visiblement bien entraînée, il ne pouvait y avoir de deuxième chance si un faux pas venait à se produire.

Dis moi, tu as réagit tellement rapidement tout à l'heure, il est impossible qu'une simple mercenaire puisse posséder autant de vitesse. Qui es tu réellement ?

« Réellement ». Ce mot avait tellement peu de pouvoir en ce bas monde. Mais Kydra continuait de l'utiliser espérant à chaque fois que son propre franc parler puisse persuader les autres d'en faire autant. Toutefois dans le cas présent, mensonge ou réalité, cela faisait peu de différence tant qu'un début de communication était instauré. Enfin, pas entièrement. Si l'asari était affiliée au conseil mercenaire, elle était un élément bien trop dangereux pour que Kydra la laisse vivre, et cette hypothèse était plus que probable étant donné que l'humaine ne l'avait jamais vu chez les pacificateurs. Un élément indépendant ? Impossible. Vu les capacités de la bleutée elle était sans aucun doute consciente qu'une unité indépendante était vouée à la destruction dans la nouvelle Oméga. Il était possible cependant qu'il ne s'agisse d'aucun des cas de figures précédents ce qui attisait davantage la curiosité de l'humaine.

Kydra s'écarta d'elle et attendit sa réponse en penchant la tête, toujours sur ses gardes. Elle contemplait le visage cramé de l'asari et ces flammes qui lui servaient d'yeux. Quelle magnifique créature elle avait devant elle, la jeune femme en frissonna. Il fallait qu'elle réussisse.




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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Lun 18 Juil 2016, 00:13


J'ai comme l'impression que le destin ne veuille toujours pas se décider à m'enlever la vie. Pourtant, l'occasion en était trop belle, une lame contre ma gorge, avec un geste, un seul pour que tout s'arrête. Une opportunité de rejoindre enfin Raena au royaume de la Déesse, et de me reposer après des années d'un enfer réel entouré des flammes de cauchemar. Mais l'humaine retire son Omnilame, m'incitant par sa main posée sur mon arme braquée sur l'agresseur à terre à faire de même. Apparemment, je vais devoir supporter un autre jour noir en tant qu'être vivant happé par le feu de la vengeance. Elle dit ne pas vouloir ma mort, mais quelque chose dans son attitude, son regard, tout en elle me pousse à me méfier de cette humaine.

Aussi, lorsque celle-ci reporte son attention sur la victime de mes coups de feu, j'y vois l'opportunité de passer à autre chose. Après tout, j'ai neutralisé une menace, et selon toute vraisemblance, il existe un contentieux entre ces deux individus. Conflit qui ne me regarde absolument pas. J'ai simplement mis en déroute une tentative d'assassinat, j'ai mis hors d'état de nuire un criminel. Mon devoir est accompli pour ce cas précis, inutile de perdre mon temps en palabres inutiles et futiles. D'autant plus que j'ai besoin de repos, de changer d'air. La Fosse est un de ces lieux dans lesquels il ne vaut mieux pas s'attarder au risque d'être corrompu par son environnement pourri.

Juste une autre journée dans l'enfer d'Omega. Une journée banale, en somme.

J'entends encore des bribes de leurs conversations, pendant que je m'éloigne de la scène maculée de sang. Règlement de compte, tortures physiques pour faire cracher le morceau. Une détonation pour achever ce charmant échange de propos en toute civilité. Il l'avait attaquée, il est tombé sur plus fort que lui. Il a perdu. Un jour viendra où je croiserai sûrement cette femme, peut-être même devrai-je la mettre également hors d'état de nuire. Peut-être que les flammes parleront à nouveau, enveloppant ce corps féminin dans un maelström vengeur d'une justice expéditive. Le destin est ainsi fait, moqueur, farceur et manipulateur, à tel point que les amis d'hier deviennent les pires ordures d'aujourd'hui. Et inversement, paraît-il. Foutaises. Une ordure reste une ordure. Un élément à purifier par le feu.

Et dire que je croyais m'en être débarrassé...

Les mains dans les poches, la capuche de mon blouson rabattue, je pensais être tranquille, marchant hors des bas-fonds d'Omega, extirpée de la merde pour respirer un air moins pourri. Je croyais pouvoir réfléchir à tête reposée à la planification des prochaines sorties armées à effectuer. J'ai comme l'impression que les ennuis ne font que commencer lorsque l'humaine pose sans aucune gêne son bras autour de mes épaules, comme si nous étions les meilleures amies du monde. Il me faut un grand effort de concentration pour ne pas lui balancer allègrement mon poing dans sa tronche de jeune enfant à peau rose. Mais l'heure n'est plus au défouloir, mes poings ont versé assez de sang, brisé assez d'os, et mes phalanges en ressentent encore cette sensation douloureuse d'une rage libératrice, d'une poussée d'adrénaline destructrice mais autant vivifiante. L'évacuation d'un trop plein de colère et de frustration à point nommé, une porte dérobée vers un mince havre de paix dans un tourbillon néfaste m'incitant à m'enfoncer dans la folie. une menace que je combat en mon for intérieur, une bataille incessante.

Qui je suis ? Vraiment ? A ce jour, même moi n'ai pas réellement de réponse claire et précise.

Je la regarde, les yeux dans les yeux, la dévisage de pied en cap, une nouvelle fois. Son attitude provoque en moi une de ces sensations désagréables qui poussent mon corps à réagir dans la violence à l'état pur. Assurance désinvolte, à la limite de l'arrogance, mais à la contempler de plus près, c'était plus que cela. Elle pue le danger, ce genre de lame acérée pouvant sortir brusquement d'une cachette pour vous planter sans que vous puissiez vous en rendre compte. Tout son corps finement sculpté suinte d'un solide entraînement martial, et ses yeux verts cherchent une faille, quelque chose à exploiter. Ou une raison suffisante pour m'embrocher.

- "Une ancienne Chasseresse."

Une réponse simple. Une vérité qui plus est. Je n'ai plus rejoint à nouveau les rangs de l'armée Asari depuis l'explosion de l'Au-delà, lors du Blackout d'Omega. A quoi bon réintégrer les corps d'élite des forces de Thessia lorsque tout ton esprit ne voit que les flammes, les chairs brûlés, les interminables cris de souffrances, et les corps déchirés de ceux que tu as aimés. Une partie de moi s'était envolée ce soir-là, en un instant. Je tourne les talons, arrêtant là une discussion que je trouve aussi inutile qu'un éboueur Vortcha dans les bas-fonds d'Omega, et entreprend de m'éloigner de cette femme qui ne m'inspire pas confiance. Mais avant de faire mes premier pas, je tourne légèrement la tête vers elle, adressant mon profil le plus hideux.

- "Je ne suis pas un mercenaire."

Et je repars, non sans lâcher quelques mots supplémentaires, dans un murmure. Non, pas un de ces mercenaires prêts à vendre son âme pour quelques crédits. Pas un de ces criminels pourrissants les veines de la station.
La vérité, c'est que je ne suis qu'un soldat.

- "Juste quelqu'un qui se bat pour Omega."

Je sais pertinemment que je n'attendrai jamais ma destination sans que l'humaine ne s'interpose à nouveau. Je m'attends même à une attaque, au mieux une prise de bec, voire des coups de poings qui volent. Je reste vigilante, mes sens aiguisés, les muscles prêts à réagir au quart de tour.

Un petit pas de plus.

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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Jeu 21 Juil 2016, 22:03
Réponse courte, situation oblige.


Une ancienne Chasseresse.

Si l'asari ne mentait pas, cela expliquait pas mal de choses. Toute haine envers les asaris qu'elle avait, Kydra savait parfaitement que les chasseresses étaient de puissantes guerrières, au même titre que les N7 ou que la garde noire, et au vu des réflexes dont elle avait fait preuve, ça paraissait tout à fait plausible. La cicatrice qui lui parcourait la moitié du visage était sans doute la raison pour laquelle elle se retrouvait ici, dans les bas fonds d'Oméga avec l'esprit sans doute bien plus atteint que son enveloppe extérieure à cause d'un événement qu'elle ignorait. La jeune femme ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement avec elle, mais la bleutée semblait bien plus atteinte que Kydra ne l'avait jamais été. L'asari en profita pour se détourner et commença à repartir de nouveau.

Je ne suis pas un mercenaire.

Puis d'une voix bien plus faible à peine audible.

Juste quelqu'un qui se bat pour Oméga.

Puis elle reprit sa route, lui tournant le dos et ne lui accordant de nouveau plus aucune attention. Kydra serra ses poings. S'il y avait bien une chose qu'elle ne possédait pas, c'était de la patience et particulièrement contre ces catins bleues. L'asari l'avait ignoré superbement et ce trois fois de suite, l'humaine pensait pourtant avoir trouvé quelqu'un d'utile mais il semblerait que ce n'était pas le cas. Trop tard pour elle en tout cas, Kydra sentait la rage monter et il fallait qu'elle se défoule d'une manière ou d'une autre.

Putain mais t'as de la merde dans les oreilles ou quoi ?

L'humaine la rattrapa et se plaça face à elle.

T'as entendu ce que j'ai dit ? Tu me supportes ou t'essayes de me buter, c'est pourtant simple mais on dirait que t'es trop conne pour comprendre.

Le visage de l'asari n'atténua en rien son élan.

Ah mais non c'est vrai, madame est juste beaucoup trop arrogante, madame est une ancienne chassereeeeeeesse alors madame veut pas se rabaisser à parler à la vermine d'Oméga.

Kydra se rapprocha et plaqua son front contre celui de l'asari.

Moi aussi j'suis une ancienne militaire tu vois.

L'humaine se recula et écarta les bras.

Mais moi je ne me considère pas au dessus de ceux qui peuplent cette station. Oméga fourmille d'individus très intéressants, bien plus que tous ces connards de concis mais malheureusement, tu n'en fais pas partie.

Elle soupira.

T'es qu'une perte de temps, j'aurais du te buter tout à l'heure, mais je compte bien rattraper mon erreur.

Kydra dégaina son canon lourd et visa l'asari. C'est elle qui s'était fourvoyée après tout, les personnes qui se rendaient à la fosse ou dans les autres endroits similaires ne pouvaient correspondre à ce qu'elle cherchait.

Puisque tu tiens tant à crever, je vais te rendre ce service.




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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Jeu 21 Juil 2016, 23:27


C'était prévisible, il ne fallait pas une heure pour que l'humaine se place devant moi, et ne tarde pas à sortir son arme et la braquer devant ma face cuite à point. Elle fulmine, elle n'apprécie pas le peu d'intérêt que je porte à une parfaite inconnue comme elle, et ne semble pas du genre à laisser passer une once d'impolitesse qui l'amenait à être vue comme un de ces péquenots de bas étage quémandant quelques crédits pour s'acheter des cigarettes au lieu de quoi se sustenter pour la journée. Oh que oui, j'ai très bien entendu, abrutie. Il n'y avait pas foule quand tu m'as interpellée. D'ailleurs le seul autre individu qui pouvait en témoigner s'est fait trucider par toi après que je lui ai collé deux balles dans le buffet.

- "Tu as fini ?"

Elle était militaire. Ca, je m'en suis bien douté, et elle vient de confirmer ce qui m'a sauté aux yeux. Et je m'en balance complètement. Tout juste cela m'apprend qu'elle n'est pas du genre à rater son tir, surtout à cette distance de sa cible. Les mains toujours dans les poches, je fixe le canon du flingue sans sourciller, puis braque mon regard clair sur ses yeux verts frétillants de colère.

- "Pourquoi je dois te tuer, au juste ? J'aurais laissé ce type tenter de le faire si ça avait été le cas."

Et après on se demande qui des deux est la plus conne. La charité, ou l'hôpital qui se fout d'elle ? Et voilà qu'elle me fait le coup de la victime frustrée de l'ignoble asari arrogante, et vas-y que j't'embrouille. pourquoi faut-il que j'attire les foldingues dans mon sillage ? Je n'ai pourtant pas exterminé sa troupe de mercenaires, que je sache. En fait je n'en sais rien. J'ignore vraiment ce qu'elle cherche en moi, et sa face ne me dit absolument rien.

- "Je fais partie de ce peuple. J'ai passé toute mon enfance ici, à Omega. Je me suis battue ici, toute ma vie. C'est ma maison, mon pays. Et je ferai tout pour qu'Omega ne sombre pas de nouveau. Pour qu'il n'y ait pas un nouveau Blackout ou un nouveau Crépuscule. Plus JAMAIS !"

Mon sang bouillonne, plus par irritation qu'autre chose, et cela a ravivé en moi les souffrances du passé, les pertes qui me hantent encore. Les flammes se réveillent, la vengeance réclame du sang.

Mais je suis lasse et fatiguée. Fatiguée de devoir rendre des comptes à des personnes qui pensent tout savoir sur moi et ma vie. Qui se contredisent lourdement. La colère, par la fatigue, s'empare facilement de moi, m'approchant sans hésitation de son arme pour m'arrêter à quelques centimètres de son canon. Peu importe l'issue de cette confrontation, je ne me défilerai pas. Dans le pire des cas, je rejoindrai Raena. Dans le meilleur, je trouverai ces enfoirés qui me l'ont prise et les tuerai lentement, à petit feu. Le bruit tremblant de l'omnilame matérialisée autour de ma main gauche sortie de la poche se fait entendre.

- "Je vais être claire. Si tu es de ceux qui ont détruit l'Au-delà pendant le Blackout, alors tu mourras avec moi. Et ça, ce n'est pas de l'arrogance. C'est une promesse."

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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Ven 22 Juil 2016, 01:14

Encore et toujours une parfaite indifférence face à la situation, et ça répondait en plus cette saloperie. C'était quoi le but ? Faire en sorte de paraître plus fort ? Toutes ces personnes qui ne réagissaient quasiment pas aux menaces, Kydra en avait vraiment ras le bol. Tu veux faire croire à une force de caractère que tu ne possèdes pas ? Dans ce cas meurt. Il ne fallait pourtant pas être débile pour comprendre que personne ne pouvait être indifférent face à sa propre mort. Dans un combat, le contexte était différent, comme Rhys qui avait combattu jusqu'à ce que Kydra lui décolle la tête du corps qui en était le parfait exemple. Mais apparemment, l'asari n'était plus si pressée de mourir, elle avait réussi à enchaîner une deuxième phrase, incroyable, Kydra n'aurait pas cru cela possible.

Et ça sortait l'incident un peu plus tôt, feignant de ne pas comprendre. Ah. Il était étonnant d'ailleurs de se rendre compte que si un butarien se tenait en face d'elle, elle n'aurait sans doute même pas dégainer une arme. Mais cette simple peau bleue et cette bonne gueule de merde sans cheveux qu'elles avaient toutes... Kydra ne se lasserait jamais de les buter. Oh moins celle ci avait le mérite de ressembler plus à quelque chose, plus à une guerrière qu'à une strip teaseuse, mais l'intérieur était dans un état lamentable. L'asari n'avait cependant pas terminé et elle enchaîna même plusieurs phrases à la suite. Bah voilà elle pouvait faire un effort quand elle le voulait, le canon braqué sur elle devait tout de même y être pour quelque chose, bien plus qu'elle n'essayait de le faire croire. Malheureusement, il était un peu tard pour commencer la causette.

Je fais partie de ce peuple. J'ai passé toute mon enfance ici, à Omega. Je me suis battue ici, toute ma vie. C'est ma maison, mon pays. Et je ferai tout pour qu'Omega ne sombre pas de nouveau. Pour qu'il n'y ait pas un nouveau Blackout ou un nouveau Crépuscule. Plus JAMAIS !

Kydra éclata de rire. Les dégâts mentaux étaient tout de même assez conséquent. Enfermée dans sa vision de petit soldat qui veut la paix ? C'était à vomir, tout simplement. L'humaine était horrifiée en s'imaginant un instant à la place de l'asari et de son esprit scellé dans sa folie. Espérer une paix ici, dans le plus grand rassemblement des ordures de la galaxie ? Comprenait elle seulement ce qu'était réellement Oméga ? Ou alors non, il s'agissait peut être d'une de ces personnes possédant une cause utopique et qui souhaitaient inconsciemment mourir en tentant de l'atteindre. Même en essayant d'expliquer à ce genre de personnes, elles ne comprendraient jamais.

En tout cas, si jamais l'asari survivait à cette rencontre, Kydra savait d'avance qu'elle assisterait donc au prochain « chaos » d'Oméga, lorsqu'Anton ou Shoran commenceront le combat final pour la maîtrise d'Oméga. Car le système actuel était certes très efficace à court terme, mais terriblement médiocre à long terme, incitant aux conflits et à la tentative de prise de pouvoir. Une nouvelle guerre était donc inévitable et ce n'était pas une asari qui faisait joujou dans la fosse qui allait pouvoir y faire quoi que ce soit, c'était même un événement nécessaire pour que la station entre enfin dans une période de paix prolongée, dirigée par Anton. Mais encore une fois, l'asari semblait beaucoup trop brisée pour le comprendre.

Mais la bleutée n'en avait pas terminé, bizarrement elle ne lui tournait pas le dos comme à son habitude en reprenant sa route. L'asari s'approcha de son arme et s'arrêta à quelques centimètres du bout du canon. Essayait elle de l'effrayer ? Le simple fait de réagir inhabituellement de la sorte prouvait que cette menace ne la laissait pas indifférente, avait elle seulement compris cela ? L'air émit soudainement ce léger vrombissement, celui qui se faisait entendre lorsqu'une omnilame était dégainée. Au moins elle n'allait pas se laisser tuer sans réagir en brandissant ses convictions et sa force de caractère, au vu de son niveau le combat serait sans aucun doute très amusant.

Je vais être claire. Si tu es de ceux qui ont détruit l'Au-delà pendant le Blackout, alors tu mourras avec moi. Et ça, ce n'est pas de l'arrogance. C'est une promesse.

Ah ? Sa cicatrice venait elle de là ? Kydra ne s'était jamais renseignée de près ou de loin sur ce qu'il s'était réellement passé pendant cet événement et à vrai dire elle s'en foutait royalement.

Eh quoi ? Ça te plairait que je te dise oui ? Histoire qu'on se lance dans une petite valse toutes les deux ? Je vais te décevoir chérie, mais je n'y suis pour rien, je n'étais pas sur Oméga quand c'est arrivé. Si tu ne me crois pas, tu peux toujours chercher dans la nébuleuse du Sablier, tu y trouveras quelque part la carcasse du vaisseau dans lequel on me maintenait esclave.

Des images défilèrent dans sa tête, des souvenirs atroces mais elle les chassa rapidement. Il s'agissait là d'une époque révolue et Kydra avait fait bien du chemin depuis, chemin qui la rendait fière.

Je suis sincèrement désolée que tu ne puisses pas faire de cela une affaire personnelle, mais je ne vais pas m'inventer une vie pour te faire plaisir, même pour te satisfaire de combattre un ennemi juré juste avant ta mort. Nan, ça restera une humaine qui avait cru faire un bon choix en te parlant.

Sa main porteuse tenait fermement l'arme et l'autre main faisait glisser délicatement son couteau dans sa paume s'y assurant une prise. Tout dépendrait de l'angle de l'attaque, il allait falloir s'y adapter pour pouvoir contre attaquer. Ça ne serait sans doute pas facile vu la vitesse que possédait l'asari mais au moins, ça serait bien plus divertissant que les petites merde de la fosse.




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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Ven 22 Juil 2016, 02:44


Et nous voici là, toutes griffes dehors, chacune prête à plonger sa lame dans le ventre de l'autre. Elle a l'avantage de son canon lourd pointé sur ma gueule cramée, mais la proximité de l'arme demeure défavorable à un tir réflexe de sa part si je prends l'initiative de l'attaque. La désister de son canon lourd me paraît une priorité pour équilibrer les forces et garder mon Phalanx comme joker si cela tourne mal. Mais si l'humaine décide de presser la détente avant que je ne fasse quoi que ce soit, je suis morte, point final. Encore une fois, dos au mur, je n'ai pas d'autre choix.

Mais je ne le ferai pas, car quelque chose dans ses propos me fait hésiter, quitte à y laisser ma peau.

Esclave...

Elle était une survivante, sortie de la crasse par sa seule volonté. Et si elle dit vrai, alors je n'ai aucune raison de la buter à moins qu'elle ne se décide à mettre ses propos à exécution et me mettre une balle dans la tête. Je ne ferai pas le premier pas de danse. L'omnilame se rétracte ne laissant plus rien paraître du mortel hologramme orangé. La flamme se dissipe dans mon regard, ne laissant là qu'une lueur vide d'un esprit fatigué. Pourtant, je décèle une infime hésitation, un voile dans son regard qui s'était installé un très bref instant avant qu'elle ne reprenne la parole. L'espace d'un même instant, un sourire en coin s'affiche, laissant aussitôt la place à un visage plus neutre, la colère de nouveau enchaînée au fond de moi. La bête ne sera pas libérée ce soir.

- "Tout le monde fait des erreurs. Je ne suis pas une exception à la règle."

Et les erreurs se paient cher à Omega. Je le sais, elle aussi. Je penche très légèrement la tête pour que mon oeil valide puisse mieux cerner son visage. Au point où j'en suis, qu'est-ce qui peut m'arriver de pire ? J'ai déjà tout perdu. Et elle ne m'a toujours pas tout dit. Et je ne bougerai pas.

- "Qu'est-ce que tu as contre les mercenaires ?"

Cette question peut sembler banale, dénuée d'intérêt. Elle ne l'est pourtant pas me concernant. J'ai un problème avec eux. Une faction, pour être précis. Est-ce que cela change quelque chose à la situation actuelle ? Non. Peut-être même est-il trop tard.

Je suis fatiguée. Alors la balle est dans son camp. je répondrai même à toutes ses petites questions si cela me permet de dormir. D'une manière ou d'une autre.

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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Sam 23 Juil 2016, 00:39

Le vrombissement dans l'air cessa. L'omnilame avait été rengainée. La posture de l'asari devint tout à coup plus molle, les muscles se détendirent, le regard s’éclaircit.

Tout le monde fait des erreurs. Je ne suis pas une exception à la règle.

Kydra écarquilla les yeux. Même après tout ce qu'elle avait vécu, il y avait toujours de temps en temps ce genre d'événements qui la prenait complètement par surprise, le genre de choses qu'elle n'aurait jamais pensé possible. Et même en se disant à chaque fois qu'elle ne pouvait être étonnée davantage, il y avait toujours plus derrière. Les systèmes Terminus avaient cette particularité de n'être jamais à court d'idées ou de surprises, la vie y était tellement plus appréciable.

Sortir sa rage et affronter ses adversaires était une chose, ranger les armes et avouer ses erreurs en était une autre. L'asari ne bluffait pas, il ne s'agissait pas d'un piège, pas après avoir montré autant de haine, il était impossible de la camoufler aussi rapidement. La bleutée était sincère et cela ne fit qu'étonner davantage Kydra. L'asari pencha légèrement la tête.

Qu'est ce que tu as contre les mercenaires ?

Si voir sa gueule en sang sur le sol était la seule chose qui l'avait motivé il y a quelques instants, elle n'en était plus vraiment certaine. L'asari avait eu une réaction hors du commun et l'humaine ne pouvait pas simplement la tuer suite à cela. Le mieux qu'elle pouvait faire, c'était de baisser les armes elle aussi, en l'honneur de cet incroyable geste de la bleutée. Elle lui était de toute façon bien plus utile vivante que morte. Un frémissement, un sourcil qui se hausse, Kydra baissa son bras et rengaina son arme.

L'humaine leva la tête un instant. L'air était devenu plus léger et les seuls sons véritablement perceptibles étaient les véhicules passant à quelques centaines de mètres d'ici ainsi que le léger vrombissement, profond et intemporel, qui venait des entrailles de la station. La lueur orangée si particulière d'Oméga venait baigner les alentours, les deux femmes se trouvant proches de la sortie des bas fonds. Kydra prit une longue goulée d'air, une bouffée fraîche et accueillante, avant de reporter son attention sur l'asari. Elle avait fait le vide elle aussi, elle s'y était forcée, car les enjeux étaient bien plus importants qu'une simple querelle. Maintenant que la bleutée était disposée à parler, les choses commençaient réellement.

Rien du tout, je n'en déteste qu'une partie, ceux qui travaillent pour enliser le système comme il l'est, pour rallonger cette stagnation et empêcher les choses d'évoluer.

Au point où elles en étaient, autant jouer franc jeu.

Je m'appelle Kydra Lifith, l'assassin d'Oméga, celle qui a tué Rhys et qui travaille désormais aux côtés d'Anton pour le mettre sur le trône. Sa volonté et la mienne sont les mêmes, éradiquer la vermine de la station et détruire la stagnation et l'incompétence qui se sont emparées d'elle. Mais là où il veut devenir le maître d'Oméga, je souhaite la rendre plus forte, plus puissante, plus dangereuse.

Elle croisa les bras.

C'est pour ça que je suis venue te voir à la base, savoir ce que tu faisais et si une coopération était possible.

Kydra soupira avant d'afficher un sourire.

Ça ne s'est pas aussi bien passé que prévu, mais comme tu l'as dit, tout le monde peut faire des erreurs.

Elle rengaina sa lame et épousseta son gant avant de tendre la main vers l'asari.

Je suis disposée à prendre un nouveau départ si tu l'es aussi. Et si jamais nous ne trouvons aucun arrangement et bien... Nous nous quitterons en bons termes.



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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Lun 25 Juil 2016, 18:13


Il faut croire que la Déesse ne souhaite pas me voir entrer dans son domaine universel. Du moins pas tout de suite. A bien y réfléchir, quelque chose doit intervenir en ma faveur à chaque fois que je me retrouve au seuil de la mort pour m'en sortir vivante. Ici, il a suffit de quelques mots, un aveu que je n'ai aucun mal à admettre. La colère m'avait aveuglée, une fois encore, et la raison m'a empêché de commettre une erreur provoquée par la rage. Ce n'était pas le bon soir, le bon moment, ni le bon contexte, et l'humaine avait effectué une approche pour le moins pressante et collante. Dois-je l'en blâmer ? Oui et non. Nous avons tous les deux fait une erreur, et elle propose d'effacer cet écart, prendre un autre départ plus conciliant.

Le début de son discours semble coller avec ma vision d'une Omega en proie au chaos, qu'il faut ramener de l'ordre et balayer la vermine qui ronge la station. Je me bats pour ça, certes à petite échelle, mais au moins j'ai la conscience de sauver quelques vies en mettant des ordures hors d'état de nuire. Cependant, la suite des propos que tient cette humaine - dont je connais enfin le nom - me laisse perplexe. Je n'ai pu que suivre de loin ce qu'il s'est passé lors de mon exil volontaire, mais certains de ces noms me sont familiers. Ainsi le régime d'Aria est tombé, trahie par les Ravageurs dont Rhys en était le lieutenant. Je vois à quels mercenaires Kydra fait allusion. La question est : est-elle dans le bon camp ? Son but est-elle réellement compatible avec le mien. Je n'ai que trop peu d'informations sur le Crépuscule pour m'en faire une idée bien précise.

L'Assassin d'Omega...

Tuer le lieutenant de Shoran n'était pas une mince affaire, pour sûr. Ne serait-ce que l'approcher s'avérait être une véritable épreuve en soi. Je me doutais que l'humaine cachait son jeu, ses véritables capacités. Elle se dévoile un peu plus au fur et à mesure de ses propos, me permettant de dessiner un portrait d'elle comparable au mien du point de vue des compétences martiales. Nul doute que si nous nous étions battus tout à l'heure, aucune de nous n'aurait pu en sortir indemnes, à n'en pas douter. Un combat à mort plus âpre et indécis que toutes les joutes sanglantes de la Fosse. J'ignore encore jusqu'où cette histoire va me mener, mais au moins des tripes ne seront pas répandues ce soir.

Choisir un camp, je l'ai déjà fait. J'ai choisi Omega. Reste à savoir si cette jeune femme est du même camp que moi. Je regarde cette main tendue de mon oeil valide un instant qui pourrait paraître une éternité tant les questions se bousculent dans mon esprit. On fait tous des erreurs, oui. Est-ce que je vais encore en faire une ? Ca, c'est une autre histoire. Et quelque chose me dit qu'en serrant cette main, je risque de voir tout un monde changer autour de moi.

Mais je tente le coup. Je me saisis de sa main.

- "Vala Cyrus. Seule rescapée de l'attentat de l'Au-delà, lors du Blackout."

Au point où j'en suis, autant se jeter à pieds joints dans la gueule du loup, si piège il y a. Et puis, tant qu'à être de mauvaise fois, je mettrai cela sur le compte de la fatigue.

- "Je n'étais pas présente lors du renversement de pouvoir. Je n'ai eu que des échos, pas de véritables infos. Raconte-moi ce qui s'est passé, dans les moindres détails."

Je me retourne, les mains enfouies dans les poches, relevant ma capuche pour masquer du moins partiellement mon visage brûlé, vers l'endroit d'où je venais. La Fosse.

- "Si possible loin de cet endroit."

Un endroit qui, si je reste trop longtemps dans les parages, va indéniablement me rendre folle.

- "Marchons un peu, Kydra."

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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Mar 09 Aoû 2016, 20:43

Il y eut un moment de flottement, moment pendant lequel Kydra se demanda si elle ne venait pas de sceller à tout jamais toute possibilité de coopération. Jouer franc jeu de la sorte pouvait s'avérer à double tranchant on ne pouvait jamais savoir si la personne en face allait vous apprécier ou au contraire, vous détester pour ce que vous êtes. Et cette main tendu pouvait à tout moment tomber au sol, tranchée par une omnilame. Mais ce ne fut pas une lame qui vint à sa rencontre, mais la main de l'asari.

Vala Cyrus. Seule rescapée de l'attentat de l'Au-delà, lors du Blackout.

Voilà qui expliquait déjà certaines choses.

Je n'étais pas présente lors du renversement de pouvoir. Je n'ai eu que des échos, pas de véritables infos. Raconte-moi ce qui s'est passé, dans les moindres détails.

Des détails ? Kydra n'était sans doute pas la personne la mieux placée pour cela, Anton aurait été plus à même de tout raconter à la dénommée Vala. Mais il allait falloir faire avec, au moins l'asari parlait avec elle, c'était déjà un bon début. La concernée se retourna d'ailleurs vers le chemin qu'elle avait toutes les deux emprunté pour s'éloigner de la fosse.

Si possible loin de cet endroit. Marchons un peu, Kydra.

La dessus, l'humaine était d'accord. Elles reprirent leur chemin côte à côte cette fois ci, quittant cette ruelle où elles avaient pourtant failli s’entre-tuer. Ah sacré Oméga.

Sous sa capuche, le seul œil valide de Vala semblait la fixer, attendant une réponse à sa requête. Expliquer le crépuscule ? Par où donc commencer ? Nul doute que l'asari se fichait complètement des problèmes internes que Kydra y avait vécu, elle voulait savoir qui était en tord, qui avait bien agi, dans l'optique de prendre sa décision de les rejoindre peut être ? Le bien, le mal, il s'agissait de notions qui n'existaient pas sur Oméga, ni même dans les Systèmes Terminus en général, mais pourtant Vala semblait y être accrochée, la militaire en elle n'étant pas totalement morte, celle de Kydra en revanche l'était depuis bien longtemps. Mais la jeune femme n'était pas là pour rassasier l'asari de récits héroïques avec deux camps bien définis, même dans une tentative de recrutement seule la vérité méritait d'être racontée, et il ne s'agissait ici que d'une meute de loups se battant pour le trône rien de plus rien de moins.

Shoran voulait renverser Aria et avec son armée de ravageurs c'était je pense la seule à en être véritablement capable. Lorsqu'elle a commencé sa marche funèbre vers l'Au delà, Anton l'a trahit, la privant ainsi d'une partie de ses troupes pour l'assaut. Le but était simplement de les laisser s’affaiblir entre elles. Il m'a envoyé supprimer les lieutenants de Shoran pour créer le chaos parmi ses troupes, j'ai donc infiltré son armée me faisant passer pour l'une des leurs.

Des souvenirs douloureux resurgirent, notamment ce moment où elle s'était retrouvée devant la tente de Jikew, prosternée face à cette patrouille de gardes, luttant de toute ses forces pour ne pas céder à la folie, événement qu'elle préféra garder sous silence, pour Vala comme pour elle.

L'au delà fut un piège mortel pour les ravageurs et les trois grands groupes mercenaires ont décidé de rejoindre Shoran pour accélérer l'issu du conflit. Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé dans les mines, mais c'est là qu'Anton a affronté les troupes d'Aria et cette salope a fini par trouver un moyen de s'échapper et de fuir la station avant le grand bombardement. Au final il n'y avait aucun gagnant, et ils ont eut la merveilleuse idée de séparer Oméga en plusieurs parties, copiant le système concilien et instaurant un « conseil mercenaire ».

Kydra cracha au sol.

Pas besoin d'être un érudit pour comprendre que ça ne tiendra jamais sur le long terme. Tôt ou tard, l'une des parties voudra devenir plus puissante que ses voisines et un nouveau conflit éclatera.

La jeune femme s'arrêta et se tourna complètement vers Vala.

C'est là qu'Anton compte agir, débarrasser la station de tous les troubles fêtes et en prendre le contrôle pour la faire rentrer dans son âge d'or. En ce qui me concerne, mes visions s'étendent bien plus loin qu'Oméga, mais j'imagine que dans ton cas, son objectif et le tien sont les mêmes.

L'humaine se gratta le menton un instant, se rappelant à quel point son recrutement chez les pacificateurs avait été chaotique.

Tu as toutes les données désormais, ou du moins, une grande partie. J'imagine que si tu es intéressée c'est Anton qui te donnera le reste des détails, mais sache que coopérer avec l'un des suzerains d'Oméga t'apportera bien plus que de fréquenter la Fosse.

Elle souffla sur l'une de ses mèches de cheveux avant de reporter son attention sur l'asari, attendant sa réaction.



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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Ven 14 Oct 2016, 15:24


Les mots de l'humaine résonnent comme autnt de bruits de pas sur le chemin de mon esprit. Attentive, je l'écoute parler du groupe auquel appartient la jeune femme, de leur objectif, de ce qui s'est passé en mon absence. Trop de choses, ce fut une véritable guerre civile qu'une seule personne ne pouvait de toute façon empêcher. Peut-être est-ce mieux ainsi, de laisser les groupes de mercenaires tenter de se tailler une part du gâteau aux dépens de la Reine trahie. Aria avait son caractère et ses intérêts personnels à défendre, mais elle avait su garder un semblant de cohésion lorsqu'elle dirigeait Omega, et elle défendait la station contre les menaces externes. Mais la Reine est tombée, fuyant un cancer qui rongait l'intérieur d'Omega. Et maintenant ne reste de la fuite d'Aria qu'un embryon de conseil mercenaire découpant la station en quatre sections. Un régime déjà fragilisé par les rivalités persistantes et les ambitions de pouvoir.

On ne changera pas l'habitude. Une des règles inhérente à Omega. Les forts finissent par se jeter à la gorge pour éliminer la concurrence et s'imposer comme seul maître à bord. Mais sont-ils suffisamment méritants pour bien diriger la Station et s'assurer d'un meilleur avenir ? Non, car chacun se bat avant tout pour soi. Les mots de Kydra reflètent bien cet état d'esprit. En fin de compte, qui se soucie réellement d'Omega ? De son évolution ? Ces leaders ne cherchent-ils pas surtout à modeler Omega à leur image sans prendre en considération ceux qui y vivent ? A moins que ce soit Omega elle-même qui décide qui doit vivre, régner ou mourir.

- "... sache que coopérer avec l'un des suzerains d'Oméga t'apportera bien plus que de fréquenter la Fosse."

La Fosse apporte un certain défouloir, mais demeure plus que cela pour moi. Il est un exutoire pour ce démon enfoui au fond de mon être. Une aire de jeu pour libérer ce feu dévastateur, tout cette haine contenue, cette boule de rage menaçant d'exploser telle une bombe à retardement. A l'instar de la station entière, sous cette crasse immonde se cache un atout, quelque chose d'intéressant et d'exploitable. Cette endroit m'a sauvé la vie à défaut de guérir mon esprit de la souffrance engendrée par ce désir immuable de vengeance.

Elle m'aide à rester en vie, tout simplement. A ce que cette douleur me rappelle ce pour quoi je me bats.

- "Faire allégeance envers un des chefs d'Omega, c'est comme jouer à la roulette russe."

Je la regarde, cette humaine affublée de'une étiquette d'Assassin. Je repense à cette trahison qu'a subi la Reine par son bras droit. Aux Ravageurs qui ont retourné leurs vestes. Et maintenant ? Un pseudo conseil de mercenaires, et une station coupée en quatre parts menaçant de s'entretuer à la moindre brise. Et une nouvelle guerre, un nouveau chaos, qui en amènera un autre. Alors pourquoi ne pas laisser Omega baigner dans ce chaos omniprésent ? Parce qu'à l'intérieur de la station, quelque chose mérite d'être sauvé. Elle n'est pas qu'un point noir dans la galaxie, crainte des Conciliens. Elle est une place où on peut vivre, un abri.

Et je fais partie des habitants qui pensent qu'Omega mérite d'être sauvée. Reste à savoir comment.

- "Alors je veux être sûre que les idéaux de ce Anton rejoignent les miens avant de me prononcer."

Sur ces mots, alors que nous continuons cette petite marche qui nous éloigne de la fange personnifiée par la Fosse, mon regard se perd dans l'architecture hétéroclite de la station. Je n'ai pas l'habitude de tenir une conversation, même avant l'attentat qui a détruit ma vie. Je préfère écouter, attentive à chacun des mots prononcés, en analyser les nuances dans le timbre de voix et les possibles interprétations qui en découlent. La proposition faite par l'humaine nommée Kydra m'interpelle, la question fait le tour de mon esprit. Toujours seule, ai-je vraiment besoin d'intégrer un groupe d'inconnus, même s'ils servent les mêmes buts ? Suis-je vraiment apte à donner ma confiance à ce point ? Il existe encore des zones d'ombres, des inconnus à l'équation.

Et toujours ce feu qui m'anime. Ce désir d'en découdre par la violence. La vengeance, ce carburant qui m'alimente constamment depuis que les flammes ont brûlé une partie de mon corps, et réduit ceux que j'aimais en cendres.

- "J'ai vaguement entendu ce nom. Mais j'ignore qui il est. Ce qu'il est. Dis m'en plus."

Il y a quelque chose dans l'air, alors que nous approchons des grandes rues fréquentées de la station. Quelque chose qui me dérange, comme des yeux qui nous fixent depuis que nous sommes sorties de la Fosse. Mon regard furète aux alentours, mais aucune anomalie ne frappe ma vue. Je m'arrête et me retourne pour scruter le paysage derrière moi, mais rien d'anormal. Gardant cette vigilance dans un coin de mon esprit, je reprends la marche, sans un mot, ouvrant mes sens à mon environnent.

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MessageSujet: Re: La rage de vaincre   Mer 16 Nov 2016, 00:11

Faire allégeance envers un des chefs d'Omega, c'est comme jouer à la roulette russe.

En cela, Kydra ne pouvait pas vraiment contredire l'asari. Son objectif premier dès son affranchissement avait été de trouver une figure sous laquelle se rallier, une personne puissante, excellant là où Kydra était médiocre, devenant son épée et son bouclier pour accélérer son ascension. Un principe simple sur le papier, mais dont l’exécution s'était avérée beaucoup plus complexe. Personne ne s'était avéré digne de confiance, personne ne s'était avéré posséder les mêmes convictions qu'elle, personne ne s'était avéré être assez compétent, et l'humaine n'aurait pu se permettre de se dévouer corps et âme à une cause perdue d'avance.

Je te rejoins entièrement sur ce point asari, j'étais dans la même situation de doute fut une époque. Mais il me fallait faire un choix, me jeter à l'eau et prier pour avoir parier sur le bon cheval. Coup du destin, c'est sur Anton que j'ai jeté mon dévolu.

Ses idéaux semblaient correspondre aux miens, et la situation sur Oméga devenait beaucoup trop instable, alors j'y suis allée en fermant les yeux. Et cette décision me fut bien plus que salvatrice.

La jeune femme croisa les bras et tenta de dresser un portrait fidèle du butarien à l'asari.

C'est un individu très étrange. Un butarien comme un autre à première vue, puis on commence à l'entendre parler, il va te dire qu'il va soulever cette montagne en invoquant une cause dont il va glorifier le nom, et rajoutant que cela siéra non seulement à ses objectifs mais également à ton épanouissement. On l'écoute circonspect au premier abord, puis tout à coup, il soulève cette montagne sous tes yeux.

Kydra se mit à rire.

C'est tout ce que je peux t'en dire concrètement. Je ne le connais pas plus que ça, mais j'en sais suffisamment pour savoir que j'ai parié sur la bonne monture.

L'humaine observa Vala se retourner un bref instant, l'air préoccupé. La jeune femme ne détectait rien de particulier, mais l'asari avait fait preuve d'une exceptionnelle capacité à la détecter alors qu'elle se camouflait. Ses sens d'observation étaient sans aucun doute bien plus développés que les siens, et bien que ne remarquant rien d'anormal, elle préféra rester sur ses gardes.

A toi de voir si tu souhaites toi aussi sauter le pas et parier à ton tour. Cependant, ta situation est moins urgente que ne l'était la mienne, nous sommes au lendemain d'un grand conflit, tu as tout le temps devant toi pour réfléchir à ce que tu voudrais faire.


Kydra s'arrêta un instant et se mit à réfléchir. La femme à la peau bleutée en face d'elle ne représentait pas une recrue comme une autre. C'était une survivante, issue de la même strate sociale que Kydra, une puissante guerrière à en juger par son passé et dont l'esprit était désormais ravagé par un trouble dont elle ne semblait pas parvenir à se dépêtrer. Bien que Kydra détestait les asaris, elle ne pouvait s'empêcher de se comparer à la tentaculeuse qui lui faisait face. L'humaine aurait apprécié qu'on lui vienne en aide durant sa longue période de folie mentale où elle avait perdu tout contrôle. Sans doute même aurait elle réagit avec la même violence. Mais toute asari qu'elle était, Kydra ne souhaitait pas à Vala d'avoir à passer par les mêmes souffrances pour tenter d'échapper à ses démons intérieurs, quels qu'ils soient. Et puis, le bleutée était une combattante d'exception, elle n'avait pas eu besoin de l'affronter pour s'en rendre compte. Elle ne pouvait rester là sans agir à ce sujet.

Kydra stoppa sa route et se tourna pour faire complètement face à Vala.

J'aimerais que tu saches une chose. Peu importe ta décision, essayes de ne jamais oublier que te renfermer ne fera qu'empirer le tout. Crois moi, j'en sais quelque chose. Je ne sais pas ce que tu as à endurer, mais j'ai vécu une expérience similaire, ça n'a pas été facile de m'en sortir, et j'en garderai les séquelles à jamais. Le plus important c'est de t'entourer d'autres personnes, profondément ou non peu importe, mais il ne faut pas que tu restes seule.

Bah, qui était elle pour donner des conseils, elle qui avait pourtant failli s'ôter la vie il y a quelques semaines de cela ? En réalité, c'était comme si Kydra pouvait parler à son ancienne elle, celle qui avait vécu dans les bas fonds toutes ces années. Peut être que Vala n'avait pas besoin d'aide, peut être que c'était elle même qui en avait besoin plus que tout, dans cette période où elle pensait pourtant avoir atteint une certaine stabilité. Mais elle se sentait bien mieux après en avoir parlé. Et il s'agissait de quelque chose de concret, pour une fois.



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