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 Le Nom de la Ronce

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MessageSujet: Le Nom de la Ronce   Mer 13 Juil 2016, 21:49
Intervention MJ : NonDate :  Mai 2201 RP Tout public
Krelek Aelos ♦ Shannon O'Ryan-T'Siola
Le Nom de la Ronce


La Citadelle était comme le cœur de la galaxie. Il y avait une certaine force évocatrice dans ces mots, qu'il fallait aller gratter sous la dimension « toute faite » de cette expression humaine. Pour Shannon, ce n'était pas nécessaire ; elle était de ceux qui ressentaient plus que de ceux qui raisonnaient, bien qu'elle, son corps et son esprit, eussent cherché à trop comprendre ces sentiments alors qu'il n'y en avait pas nécessité.

Elle avait appris à équilibrer son tempérament. Elle savait aussi quand simplement réfléchir ou quand simplement apprécier le moment présent. Ce qu'elle faisait en arrivant sur la Citadelle en ce mois de mai.

D'autant que bientôt, elle allait devoir se mettre au travail.

La jeune femme se rappela l'ordre de mission qu'elle avait reçu quelques jours auparavant. Quelqu'un dont on ignorait tout à supprimer. Un surnom seulement : la Ronce. Il ou elle agissait sans problème des Systèmes Terminus à la Citadelle, mais les différents remous galactiques des derniers mois l'avaient fait se replier sur la station, selon des sources plus que douteuses. Il était temps de faire cesser ses atrocités ; il se plaisait à agripper ses débiteurs dans ses épines, avant de les laisser s'y débattre pendant parfois des semaines. Jolie métaphore, dont Shannon n'avait pas cherché à comprendre le sens caché. Elle était un pistolet loué, après tout. La mort de la Ronce semblait justifiée – et justifiable après coup. C'était suffisant.

Shannon grimaça alors qu'un petit drone tournait autour d'elle ; elle le fit disparaître. Jamais la Citadelle n'aurait accepté qu'elle se promenât avec. Après des mois de mercenariat, elle avait bien compris que cette activité n'était pas sa raison d'être, à l'inverse d'un Krogan. Elle continuait car elle s'y débrouillait. Elle faisait le nécessaire ; elle était efficace ; cela suffisait pour une majorité d'employeurs. Ah, si, elle continuait car elle sentait le besoin de s'exercer et de se défouler pour garder un certain contrôle d'elle-même.

Au poste de contrôle de la Citadelle, Shannon dut déposer toute arme en sa possession. Adieu, pistolet, couteau, omnilame. L'humaine ne pouvait pas éviter cette perte. Cependant, elle l'espérait temporaire : même sur la Citadelle, il devait être possible de se procurer de quoi se battre, sinon comment expliquer crimes et présences de criminels ? Et de toute manière, il lui restait toujours sa biotique et ses aptitudes au corps à corps. Ceci dit, c'était la première fois qu'elle se retrouvait lâchée seule ; il fallait qu'elle se débrouillât, en plus, en un lieu étroitement surveillé. Elle avait assez peu côtoyé les mondes de la légalité ces derniers mois, sans pour sa part se faufiler dans l'illégalité. Le statut de la Chamane mercenaire qui l'avait entraînée était plus que bancal, mais moralement, elle n'eût pas accepté que sa disciple s'accointât avec la pire des engeances.

Pour le moment, Shannon faisait profil bas. Elle devait trouver ses marques et réfléchir un moment. Aussi s'assit-elle sur un banc, au Présidium. Avait-elle déjà traversé la station jusqu'ici ? Son esprit s'était égaré ; on ne la changeait pas. La Citadelle. Le climat artificiel était au beau fixe, littéralement. Il ne faisait pas froid ; elle supportait sans problème la nudité de ses bras, et elle n'étouffait pas dans son treillis et ses bottes. Les fontaines coulaient, l'eau d'un bleu océan parfait.

Désormais, elle était plus ou moins libre de ses mouvements. Pourquoi avoir choisi ce contrat, alors ? Pas de nom, un commanditaire flou, un lieu d'action surveillé et donc un champ d'action limité, aucune donnée précise sur la localisation exacte dans les secteurs ou le Présidium... Ce contrat n'était ni plus ni moins que du vent, même si la paie était bonne. Mais du vent de tempête. Il arrivait que sa propre jeunesse exaspérât Shannon : elle avait 22 ans. Elle avait développé ses capacités, mais au vu de l'inconnu qui l'attendait, cela ne signifiait rien. Au moins, savoir qu'elle avait été acceptée pour le travail avec son petit curriculum vitae dans le milieu la rassurait quant à la difficulté de la mission... Mais rien n'était prédéfini. Si ça se trouve, tout n'était qu'un immense écheveau de pièges dans lesquels elle risquait de tomber. Un peu plus aguerrie, elle aurait appréhendé cette mission avec plus de sérénité, sans doute. Shannon aimait le calme ; s'il y avait des complications, elle aimait les prévenir. Là, elle ne savait rien. Sûrement qu'elle n'avait accepté que par nostalgie. Elle aimait la Citadelle. Elle n'était pas venue depuis quatre ans.

Elle inspira ; qu'avait-elle espéré ? Elle n'aurait pas le temps de faire la touriste. Il était temps de se mettre au travail et de cesser de se plaindre. Il y avait une autre Ronce, et elle était dans son esprit. Chasser son piquant. Se faire confiance.

Concentration.

Le contrat commençait. La chasse commençait.

Le meilleur endroit pour débuter des recherches était le Secteur Zakéra. Grand, cosmopolite, classes moyennes jusqu'aux désœuvrés. En somme, on trouvait de tout, et peut-être des armes et surtout des informations. A défaut d'en obtenir sur la Ronce, Shannon en obtiendrait peut-être sur son arrivée sur la station (et elle n'espérait sur son départ, c'était le genre de personne capable de bouger), d'éventuels disparus ou sur des gens louches qui travailleraient potentiellement pour sa cible.

Shannon s'y rendit donc. Elle retint ses soupirs en prenant les ascenseurs. Le temps d'attente et ensuite le transport était interminable. Elle regarda avec défiance le reste de la foule, ainsi que les agents du SSC, aussi discrets qu'ils pullulaient.

Une phrase de son employeur du moment lui revint alors en mémoire, avec sa voix éraillée par le micro de l'omnitech.

« La Ronce a de nombreux ennemis. Le SSC cherchera peut-être à s'en occuper lui aussi. Moi, je ne veux que voir payer cette crapule. D'autres le veulent sûrement aussi. Comme moi. D'une façon plus radicale que ce que proposeraient les autorités. Vous ne serez peut-être pas la seule freelance sur ses traces. Mais étant donné que l'on veut sa mort, il se peut qu'il n'y ait pas conflit avec les autres agents. Si encore il fallait le ramener vivant à tel ou tel endroit de la galaxie ! Mais non. Collez-lui juste une balle entre les deux yeux et ne vous éternisez pas dans le coin. »

Quelqu'un d'autre ? songea Shannon en sortant du dernier ascenseur à emprunter.

Au fond d'elle-même, cela lui convenait de ne pas avoir à accomplir cette besogne seule, si jamais quelqu'un venait vraiment ; si jamais elle arrivait à s'entendre avec cette personne. Sous un vernis de concentration et de sérieux se cachait une légère peur et, encore, de l'immaturité.

Le Secteur Zakéra s'offrit à elle, avec ses bars, ses marchés et ses immenses baies d'observation.


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MessageSujet: Re: Le Nom de la Ronce   Jeu 14 Juil 2016, 17:03

    Au sein d'un vaisseau de commerce


    Krelek était assis à l’intérieur d’un conteneur rempli de caisses aux tailles et formes diverses. Il y faisait froid, l’odeur était nauséabonde, sans doute en partie due à la présence de moisissure sur le sol et les murs, et l’espace confiné était sale de ses nombreuses et interminables utilisations. Il n’y avait pour seule source de lumière l’omnitech du Drell, qui défiait l’obscurité de son aura orangée. Il était clair que la propreté de la boîte métallique n’était pas la priorité de ses propriétaires ; ce qui importait était d’amener la cargaison à destination, et non pas qu’elle restât propre. Il ne s’agissait très probablement pas de nourriture, de toute manière. A dire vrai, il était possible que certains des articles présents ne fussent pas vraiment autorisés à la vente. Il se pouvait qu’il y eût certaines drogues facilement dissimulables cachées dans certaines des caisses. Krelek ne pouvait savoir et il ne chercherait pas à en obtenir les réponses, il n’en tirait aucun intérêt.
    Cette situation peu désirable était le prix à payer pour s’introduire dans la Citadelle sans être détecté et, surtout, sans avoir à déposer ses armes. Le Drell ne se séparait de ses précieux outils que très rarement, il préférait les avoir à portée de main. Dans sa profession, ils lui évitaient un grand nombre de soucis et le gardaient en vie, au dépend d’autres. Il n’était pas rare d’entendre la phrase « un chasseur de prime sans armes est tel un homme sans bras ». De ce fait, il n’avait eu d’autre choix que de faire appel à un contrebandier. Il avait choisi avec précaution la personne, cherchant la plus fiable et la plus qualifiée à mener à bien sa mission. Cela avait pris un peu de temps, plus que ce que Krelek aurait souhaité, mais il avait finalement mis la main sur ce qu’il cherchait, avait contacté l’intéressé et s’était arrangé pour s’introduire dans sa cargaison et entre amené à la Citadelle sans autre problème. S’il avait voulu du confort, il ne s’y serait pas pris de cette manière, et n’aurait pas pu garder ses armes. Tel était le prix à payer pour s’introduire dans la plus grande station de la Galaxie sans être repéré. Il possédait également un permis de port d’arme, pour s’éviter toute altercation avec le SSC. Le papier était bien entendu falsifié, mais il n’y avait aucun moyen de le savoir ; le chasseur de prime l’avait obtenu des meilleurs fournisseurs et s’en était servi plus d’une fois. Ce n’était en effet pas la première fois que le Drell avait un contrat là-bas. Le dernier remontait à quelques années.
    Ce n’était pas une visite courtoise qui amenait Krelek à la Citadelle, mais bel et bien son travail, comme c’était le cas la plupart du temps. La mission était on-ne-peut-plus simple, un bête assassinat. Mais, parce qu’il y a toujours un « mais », il n’allait pas être seul à traquer sa cible ; cette dernière avait plus d’un ennemi et avait plus d’une rançon sur la tête. Il allait y avoir de la compétition. La paie était modeste, plus basse que ce que le fils de Rakhana demandait normalement, mais elle avait l’avantage de lui servir de défi, de remise à niveau. Il n’avait pas encore totalement récupéré de son long coma, bien que ses conditions physiques fussent très proche de ce qu’elles avaient été par le passé. Du sport, voilà ce qu’était ce contrat pour lui, un divertissement. Il comptait bien être celui à remporter la prime.

    Il y eu un choc, le conteneur vibra quelque peu, déplaçant très légèrement les différentes caisses à l’intérieur et tirant Krelek de ses réflexions. Le cargo était arrivé à destination. Il n’y avait plus qu’à attendre que le contrebandier ouvrît les portes et libérât son passager. Il allait cependant falloir attendre que le vaisseau fût scanné et analysé avant que sa cargaison ne fût autorisée à l’intérieur de la Citadelle. Tant de protocole, si peu d’efficacité. Le mercenaire trouvait cela pour le moins triste. Le cœur cosmopolite de la Galaxie, et pourtant, incapable d’empêcher efficacement la contrebande. C’était inévitable, de toute manière. Il n’y avait pas un endroit dans la Voie Lactée où l’illégal n’arrivait pas à s’immiscer. Là où il y avait des lois, il y avait toujours des personnes pour les défier. C’était dans la nature des choses. Même les Turiens, aussi droits fussent-ils, étaient sujet à ce cancer.
    Après de longues minutes qui semblèrent être des heures au Drell, les portes du conteneur s’ouvrirent enfin, laissant un flot de lumière inonder l’intérieur miteux et aveuglant son seul habitant. Se protégeant les yeux de sa main, Krelek se releva et se dirigea vers la sortie, où l’attendait une Asari, apparemment impatiente.

    - Allez, magne-toi, j’ai pas envie qu’on te voie sortir de là ! lâcha-t-elle, nerveuse.

    Le mercenaire ne se fit pas attendre et sauta hors de sa prison. Il s’étira, fit craquer son dos et sa nuque et tenta de faire passer les douleurs nées de l’inconfort auquel il avait été sujet pendant le trajet. Toujours ébloui, il se tourna vers la contrebandière et lui tendit sa main pour serrer celle de la femme.

    - Merci de ton aide, déclara-t-il. Le payement a été effectué, sur le compte que tu as demandé. Je te retrouverai ici dans trois jours.

    L’Asari le remercia en retour et lui souhaita bonne chance pour sa quête, avant de retourner à ses occupations et livrer ses marchandises. Krelek, lui, se dirigea vers la sortie du hangar. Il était temps de se mettre au travail. Il lui fallait identifier sa cible, la localiser et l’abattre, le tout avant que tout autre concurrent ne pût le faire. Cela ne devait pas être d’une difficulté extrême, le Drell possédait de nombreux contacts et, surtout, une grande expérience dans le domaine. Il n’était pas un amateur et savait comment procéder à sa tâche.
    La prime reposait sur un individu répondant au nom de la Ronce. Apparemment dangereux, il était connu pour offrir une mort atroce à ses victimes, dont on ne retrouvait que très rarement les morceaux. De toute évidence, il avait fâché les mauvaises personnes et était déjà un homme mort. Une chasse à l’homme ouverte ne se finissait jamais bien pour la proie. On ne savait pas grand-chose d’autre sur lui, son identité était inconnue. Tout ce que les sources indiquaient était qu’il semblait opérer près du secteur Zakera. Ce n’était probablement pas le cas, mais c’était la meilleure piste à suivre pour le moment, et c’était celle que Krelek suivrait. Ainsi donc commençait la traque.











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MessageSujet: Re: Le Nom de la Ronce   Dim 17 Juil 2016, 00:17
« Tiens. » L'omnitech de Shannon brilla de tout son orange, et les crédits furent transférés sur l'appareil du Galarien ; assez pour obtenir des informations, assez pour garder le silence. « Vas-y, dis-moi ce que tu sais sur la Ronce. »

Elle était tombée sur ce Galarien totalement par hasard, après être sortie bredouille d'un débit de boissons. Elle était fascinée par le fait que, même la restauration de la Citadelle achevée, les quartiers de dépravation restassent ce qu'ils étaient. Il fallait de tout pour faire un monde. Impossible d'atteindre la perfection.

Le Galarien traînait à l'extérieur du bar ; il tournait en rond en agitant les bras avec frénésie. Même quand Shannon l'avait abordé et qu'il s'était soudain arrêté et tenu droit, il était pris de soubresauts et de tremblements. On l'aurait cru prêt à bondir mais aussi, dans le même temps, à s'effondrer au moindre contact. Il n'était pas alors difficile de trancher, en ce qui concernait son comportement, entre peur et substances illicites ou alcoolisées.

C'est peut-être tout ça à la fois...

Shannon lui avait tapoté l'épaule en lui demandant si le nom de la Ronce lui disait quelque chose. Ses bredouillements avaient manqué de la dissuader, mais ils semblaient aller dans le bon sens ; et le Galarien en avait encore assez, de bon sens, pour exiger qu'un paiement lui fût versé. Dommage. Mais au vu du peu que Shannon avait obtenu jusque-là, elle était prête à tenter le coup.

Entre deux reniflements et claquements de langue, le Galarien lui fit comprendre qu'un Humain avait voulu faire rentrer des drogues en quantité sur la Citadelle, grâce au financement de la Ronce en majorité. Le transfert de la marchandise avait été un échec ; tout était retombé sur l'Humain, et la Ronce en profitait pour réclamer le retour de ses fonds. L'Humain traînant des pieds, la Ronce allait sûrement en faire sa prochaine victime.

« Et comment tu sais ça ? » Shannon offrait un air circonspect à son interlocuteur. Perdre des crédits ne faisait jamais plaisir. Tomber dans un piège encore moins. « Et tu es sûr de ça ?
— Ouais! » Le Galarien était outré. « C'était moi... moi qui étais derrière les caisses ! Quand ils ont tout saisi... j'étais là... ! … En plus, même avec la Ronce sur le dos... le patron veut récupérer la cargaison... ! »

Et avant que Shannon eût pu lui demander comment il était au courant des menaces de la Ronce, il s'effondra. Dans un élan de bonté surgi de la Shannon de tous les jours et non de la Shannon en mission, elle appela l'hôpital du Mémorial de Huerta, en disant qu'elle avait trouvé un Galarien inconscient à la sortie du bar. Cependant, elle disparut avant l'arrivée des secours ; elle n'avait pas que ça à faire, et jouer la témoin éplorée n'était pas son genre.

Aller dans l'entrepôt des biens saisis par le SSC ? C'était de la folie pure. Est-ce que l'Humain, dont le Galarien n'avait pas voulu – ou pu – cracher le nom serait prêt à faire ça ? Non ; il enverrait sûrement un sous-fifre. Ce que Shannon ne pouvait pas faire. Elle secoua la tête, et dut remettre en place ses mèches par la suite. Celui qui irait là-bas était sa seule piste, mais il était hors de question qu'elle s'y glissât ; ce n'était qu'une bonne façon de finir dans les geôles du SSC.

Elle attendrait à l'extérieur. Elle verrait bien si quelqu'un viendrait. Si quelqu'un ferait quelque chose. Peu importait quoi.


*


Devant la porte de l'entrepôt, deux agents du SSC. Shannon attendait dans un couloir adjacent, en faisant semblant d'écouter avec attention les informations sur un écran installé contre le mur. Elle jetait de temps en temps un coup d’œil à ce qui requérait véritablement son intérêt ; rien ne bougeait.

Après un temps qui lui avait semblé long, un homme se présenta aux gardes. Il put entrer, il put sortir ; mais à chaque fois, l'échange avec les agents avait été houleux. Shannon se rongeait les ongles. Etait-ce la bonne personne ? N'importe qui s'étant fait confisquer sa marchandise avait de quoi être désagréable.

Elle décida, comme avec le Galarien, de tenter sa chance. Elle suivit l'homme.

Retour à la case départ. Secteur Zakéra. Elle garda son amertume dans sa gorge. Rester concentrée et ne rien tenter tant que l'homme était entouré par la foule. Il était grand, caucasien, brun, vêtu d'un manteau gris, et surtout, il était sorti les mains vides de l'entrepôt.

Un couloir plutôt malfamé mais désert.

Merde.

L'homme s'était retourné et pointait une arme sur Shannon ; comme elle continuait de marcher, par un réflexe qui l'étonnait toujours après coup, elle se précipita sur les derniers mètres, et, avec sa prothèse, écarta le bras armé de l'adversaire avant qu'il eût pu réagir ; du bras droit, qu'elle avait placé sur son cou, elle le colla contre le mur le plus proche.

Merde.

Shannon y avait mis trop de force ; elle l'avait assommé. Elle se pinça les lèvres. Sa propre force lui échappait encore, parfois. Oh, elle ne valait pas un champion de boxe butarien, mais l'homme en face d'elle n'était clairement pas un combattant.

Elle le déposa au sol et entreprit de le fouiller, faute de mieux. Dans un quartier pareil, on ne chercherait sans doute pas trop à creuser ce que ce type avait subi – surtout qu'il n'était qu'inconscient. Par contre, Shannon espérait qu'il resterait comme ça assez longtemps pour qu'elle accomplît son contrat en toute tranquillité. Ou alors, qu'il ne pourrait pas la reconnaître si on lui demandait. Voire, qu'il l'ait oubliée. Si non, elle devrait filer le plus vite possible de la Citadelle. Non. Elle allait le dissimuler quelque part.

Accroupie, elle accéda à l'omnitech de l'homme. Des ordres reçus depuis divers endroits. Présidium : les Quartiers de la Favorite, les comptoirs divers. Le Secteur Zakéra : les marchés et les quais de débarquement. Il devait bien y en avoir un qui servait de base ! Mais impossible de démêler le vrai du faux.

Un bruit derrière Shannon la fit se redresser ; elle avait saisi le pistolet de l'homme. Elle le pointait sur un Drell, et heureusement, il ne semblait pas prêt à lui faire subir ce qu'elle avait elle-même à ce pauvre agent. Il ne semblait pas non plus n'être que quelqu'un qui passait par hasard. Au contraire, il avait un air beaucoup trop intéressé au goût de Shannon. Sourcils froncés, son regard passant du corps inanimé au Drell, elle ne disait rien. Est-ce qu'il avait vu toute la scène? L'erreur involontaire de la jeune femme?

Elle remarqua le bras mécanique du Drell ; peut-être est-ce cela qui la fit parler. « Qui êtes-vous ? » Question secondaire au fond. « Vous êtes là pour la Ronce ? »

De suite plus intéressant.

Cependant, d'un regard, elle fit comprendre au Drell que ce n'était pas son désir de s'éterniser ici.


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MessageSujet: Re: Le Nom de la Ronce   Jeu 21 Juil 2016, 02:20


    Krelek avait décidé de se rendre dans un des innombrables bars du quartier pour obtenir des informations sur la Ronce. Son choix ne s’était pas fait au hasard, il savait spécifiquement dans quel établissement il trouverait ce qu’il cherchait : « La Lame Blanche », un lieu modeste pour des gens modeste. On n’y trouvait pas l’extravagance et le côté de branché de « L’Etoile Noire », sa clientèle n’était pas particulière, elle était même fondamentalement banale, et sa localisation n’avait rien de spécial. Un pub normal pour des gens normaux, ni plus, ni moins. Alors qu’est-ce que le Drell pouvait bien y chercher ? Il s’agissait de ce genre d’endroit où rien ne se passait ! Eh bien c’était là que se cachait un ancien partenaire du chasseur de prime, qui faisait profil bas depuis quelques temps déjà, mais restait actif dans son domaine : l’espionnage. S’il y avait bien un individu dans le quartier qui sût ce qu’il s’y passait ait eût la moindre information sur la Ronce, c’était bien lui.
    Lorsqu’il entra dans le bar, les regards se tournèrent vers Krelek ; il était inhabituel qu’un homme en armure y entrât. Mais les clients ne tardèrent pas à se retourner vers leur verre. Une musique discrète jouait dans un coin, presque couverte par les bavardages, les lumières étaient réduites au minimum de leur intensité et une odeur de tabac remplissait l’air. L’ambiance était loin d’être celle d’autres établissement. Elle était bien plus calme, privée. Ceux qui venaient boire une bière ici étaient des habitués, des têtes connues du propriétaire, il y avait peu d’étrangers.
    Un coup d’œil de la salle permit au Drell de localiser celui qu’il cherchait. Il s’approcha et vint s’asseoir face à un Humain. Dans la quarantaine, il avait une large barbe peu entretenue et des cheveux roux, courts, bouclés et gras. Son visage était parsemé de taches de rousseurs et son teint était pâle, pas seulement parce que c’était une caractéristique qui allait de pair avec sa couleur de pelage, mais également parce qu’il s’exposait visiblement peu à la lumière du soleil. Difficile, sur la Citadelle, en dehors du Présidium. Des marques de vieillissements se faisaient apparaître aux coins de ses yeux et de sa bouche ; il devait avoir une quarantaine d’années. Il avait également pris un peu de poids, depuis la dernière fois que Krelek l’avait vu, mais il restait celui qu’il avait connu lors de son dernier passage sur la station. Il portait encore sa ridicule salopette en jean. Il avait l’air d’un véritable paysan.

    - Aelos, je ne pensais pas te revoir un jour, lâcha-t-il, sans même prendre la peine de saluer son interlocuteur.
    - Moi non plus, Finn, mais me voilà, répondit l’intéressé.

    L’homme leva la main pour faire signe au barman d’apporter une bière, puis il rapporta son attention sur le chasseur de prime.

    - Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-il.
    - La Ronce, qu’est-ce que tu sais de lui ? lança Krelek.

    Le barbu baissa les yeux, et sembla réfléchir. Au bout d’un petit instant, à marmonner le nom en question, il finit par répondre :

    - Ouais, je vois qui c’est. Enfin, pas littéralement, personne ne l’a vu en vrai. Mais y’a ce type qui pourrait le connaître, on raconte qu’il est en contact avec lui et qu’il serait en train de récupérer un truc que le SSC lui aurait pris. Tient, je te donne les infos que t’as besoin sur ton Omnitech. On est quitte, maintenant. La prochaine fois, tu paieras comme tout le monde. Et ne pense même pas partir d’ici sans boire cette bière.

    Le Drell remercia son collègue et accepta la boisson qui lui avait été offerte. Il n’était pressé au point que chaque minute comptât.


    ***


    Krelek s’approchait de l’entrepôt privé du SSC. Il suivait à distance l’homme mentionné par Finn. Si ses informations étaient exactes – ce qui était pratiquement toujours le cas -, le suspect allait rentrer chez lui après sa ronde dans les affaires confisquées par les forces de l’ordre de la Citadelle. Ce serait le moment opportun de l’interroger en toute discrétion sans que personne ne les dérangeât. Là, le Drell pourrait tout apprendre de lui, même le nom de sa première petite amie, s’il le voulait ; il était de ceux qui savaient se rendre persuasif.
    Cependant, en arrivant à destination, le chasseur de prime remarqua une personne qui n’aurait pas dû être là, un élément étranger au tableau : une jeune femme aux cheveux roux et portant une prothèse cybernétique au bras. Il s’agissait très certainement d’un mercenaire rival cherchant également à mettre la main sur la Ronce. Un obstacle sur sa voie. Devait-il s’en débarrasser ? Il jugea que cela serait trop risqué. Son attention se dissiperait et sa cible pourrait s’échapper. Cela n’en valait pas la peine ; il n’avait qu’à prendre de vitesse l’Humaine et la laisser s’embourber dans sa propre inexpérience. En effet, une observation plus approfondie de la personne lui indiqua qu’elle était très jeune. Elle ne devait donc pas être dans le domaine du mercenariat depuis longtemps et, de ce fait, n’avait pas l’expérience qui lui aurait fallu par représenter un réel danger aux yeux de Krelek. Elle était d’ailleurs tellement prise par son observation du hangar qu’elle n’avait même pas remarqué être observée. Le Drell décida donc de faire profil bas et de se rendre invisible, tel que les membres de son espèce savaient si bien le faire. Et puis peut-être la jeune femme savait quelque chose qu’il ignorait. Il resterait aux aguets et la suivrait.

    Au bout d’un moment, l’homme réapparu. La rousse se mit à le suivre discrètement, Krelek en fit de même. Cela dura jusqu’à ce qu’il s’engageât dans une petite allée sombre, celle du genre qu’on évitait la nuit. La jeune mercenaire en fit de même et le Drell continua à observer. Qu’allait-elle faire ? Il fut surpris de la voir assommer la cible contre le mur lorsque celui-ci se fût retourné pour lui mettre une balle entre les deux yeux. Il aurait pensé qu’elle le neutraliserait et l’interrogerait. Elle l’avait neutralisé, certes, mais il n’était plus en état d’être sujet à une interrogation en bonne et due forme. Elle sembla également étonnée de ce qu’il venait de se passer ; elle n’avait pas voulu contrattaquer avec autant de force, elle était bel et bien une novice.
    Elle entreprit de fouiller son Omnitech et c’est à ce moment que Krelek se révéla. Elle se retourna brusquement, l’arme de sa victime en main, dirigée vers l’intéressé. C’est tout naturellement qu’elle lui demanda son identité, mais elle lui demanda également s’il était là pour la Ronce. Question étrange, car directement liée à son contrat. S’il avait été un homme de main du criminel, il aurait eu tôt fait de neutraliser l’ennemi de son employeur. Mais il décida de garder cette remarque pour lui, il ne la connaissait pas, il n’allait pas commencer à lui donner des leçons de survie. De plus, elle ne désirait pas rester dans la ruelle et le Drell partagea cet avis.

    Les deux mercenaires s’éloignèrent et Krelek prit la tête. Il n’avait plus d’utilité pour l’homme qu’il avait suivi, la jeune femme possédait à présent toutes les informations qui pouvaient l’intéresser. S’ils voulaient discuter, il allait falloir le faire dans un lieu où personne ne les entendrait. Quoi de mieux qu’un bar pour apprendre à mieux connaître une personne et ne pas se faire entendre ? L’humaine lui demanda où ils se dirigeait et il lui répondit simplement qu’il allait dans un endroit « où ils pouvaient parler ».
    Son choix s’était porté sur un bar branché des bas-niveaux du secteur Zakera. Il y avait de l’ambiance, avec de la musique au volume presque trop élevé et une clientèle de toute évidence pas très sobre. Personne ne ferait attention à eux. Les lieux étaient sombres, éclairés par des lumières bleues et rouges bougeant follement à travers la pièce. Des hologrammes défilaient autours du comptoir, affichant les boissons et leur prix. Il y avait peu de place, mais Krelek trouva une table libre, dans un coin de l’établissement, où le brouhaha était moins puissant.

    - Vous devriez mettre moins de force dans vos parades, cela vous éviterait d’assommer les gens, lâcha le Drell, une fois assis. Qu’est-ce que vous voulez à la Ronce ?

    Il n’avait répondu à aucune des deux questions de la jeune femme. Il préférait d’abord savoir si elle était un ennemi, ou un potentiel outil qu’il pourrait utiliser à son avantage.











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MessageSujet: Re: Le Nom de la Ronce   Dim 24 Juil 2016, 22:51
Tacitement, Shannon et le Drell se mirent d'accord pour quitter les lieux. Il n'avait pas répondu à ses questions, ce qui eut pour premier effet de la frustrer, pour second de l'intriguer et pour troisième d'accepter de le suivre. Il n'était pas hostile, et s'il était lui aussi à la poursuite de la Ronce, Shannon accepterait toute aide. Restait à déterminer si vraiment, quelque chose pouvait sortir de cette rencontre fortuite. Elle glissa le pistolet de l'homme dans une couture renforcée de son haut.

Elle remonta un instant à hauteur du Drell. « Où est-ce qu'on va ?
— Dans un endroit où nous pourrons parler.
— Super... », glissa-t-elle en aparté.

Pourquoi ce genre d'affaires nécessitaient-elles toujours autant de mystère et de voies détournées? Elle chassa cette question de son esprit ; après tout, elle en connaissait la réponse, et elle était bien arrangeante : pour la tranquillité et la sûreté. Ce que Shannon appréciait par-dessus tout. Elle ne devrait pas se plaindre d'être, pour une fois, dans la partie sombre d'un secret. Et puis, ce n'était que pour parler. Rien de bien désagréable, à première vue.

Elle continua donc de suivre le Drell. Leur marche rapide les mena jusqu'à un bar assez huppé pour le bas du panier de Zakéra. Son accompagnateur connaissait visiblement le coin.

Le bar en lui-même jouissait d'une ambiance feutrée... Aussi feutrée qu'elle pouvait être avec son espèce de musique électronique et lourde qui jouait en fond sonore. Mais malgré le bruit, elle n'explosait pas aux oreilles. Le bar était rempli, et il y faisait sombre, et par manque d'éclairage et par des murs violacés ; rien qui n'eût pu leur porter malheur.

Ils n'attirèrent aucun regard et prirent place dans un recoin isolé du bar. Les banquettes étaient d'un rouge passé, mais elles étaient agréablement molles. Shannon s'enfonça dans la sienne en se tordant les épaules. Elle avait bien besoin de les dénouer. Le Drell était installé face à elle.

« Vous devriez mettre moins de force dans vos parades, cela vous éviterait d’assommer les gens. Qu’est-ce que vous voulez à la Ronce ?
— Je sais », asséna-t-elle sèchement, avant de se rendre compte du ridicule de son attitude. Etre ou paraître forte, ce n'était pas passer pour une malpropre. « Pardon, c'est la première fois que je fais une mission si... délicate. La Citadelle et sa sécurité, ça me met à cran. Enfin. Ça ne m'a pas aidée jusque-là. »

L'homme qui devait toujours gésir dans sa ruelle lui revenait à l'esprit. Agir sur la Citadelle, ce n'était pas agir sur une planète quasi désertique ou dans un complexe rempli de hors-la-loi. Se vouloir maîtresse de ses pensées, très bien, mais elle s'était trop concentrée là-dessus, au point de trop en faire. Il fallait simplement qu'elle suivît l'action, qu'elle la fît. Elle entendait encore Dralot lui répéter cela. Et elle entendait aussi Eléa et Jarod la fustiger pour l'erreur qu'elle venait d'accomplir.

Shannon inspira après qu'elle eut mordu sa joue. Allez, il était temps de se reprendre. Le serveur, un humain râblé et à la voix caverneuse, vint prendre leur commande. La jeune femme choisit une simple bière, pour sa part. Une fois de nouveau seuls, elle croisa les bras après s'être ébouriffé les cheveux avant de répondre au Drell.

« Rien de personnel contre la Ronce. Comme un mercenaire, quoi. En fait, on pourrait dire que je fais ça... par envie d'exercice. Et comme vous l'avez vu, j'en ai besoin. Avec mon bras et ce type, tout à l'heure... Et puis, les crédits, c'est toujours utile à la fin. » Elle marqua une pause bien aigre. « Je ne chasse pas l'argent à tout prix, mais j'ai été sans le sou. J'ai à peu près atteint un équilibre aujourd'hui, mais je me méfie. Et merde, pourquoi je m'étale comme ça? »

Le serveur revint, le plateau chargé de leur commande. Shannon en profita pour se taire. Elle saisit son verre à bière et en but une gorgée.

Elle observa le Drell. Sa peau – ses écailles – tiraient plus sur le jaune que le vert, il n'était pas de beaucoup plus âgé qu'elle, et pourtant, il semblait... presque assagi, comme s'il avait tout vu de l'univers, et le considérait posément.

Son verre reposé, Shannon revint sur la Ronce : « Si vous voulez aussi notre homme, je peux partager ce que j'ai trouvé sur l'omnitech de son agent. Il n'y a pas grand-chose sur la Ronce, mais il y a des lieux de prédilections qu'il fréquente. Je suppose que le pauvre type devait le retrouver à l'un d'eux, puisqu'il a reçu ses ordres d'un peu partout. Certains messages provenaient du Présidium – les Quartiers de la Favorite, les comptoirs divers, volus surtout. Et d'autres de ce secteur – les marchés et les quais de débarquement. Autant dire partout... Enfin, et c'est que mon idée, mais je pense que s'il fréquente la Favorite et sa suite, il doit y aller régulièrement, alors qu'il doit se contenter de superviser le reste. J'aurais tenté par là en premier. »

Shannon prit de nouveau son verre et but à grandes goulées. Elle n'était pas une habituée des longs discours. Elle ne visait guère l'éloquence et en était tout à fait satisfaite. Ses phrases étaient le plus souvent courtes et ses paroles se contentaient du nécessaire à l'échange. D'où son étonnement précédent face à sa propre prolixité.

Comme elle anticipait la réaction de son interlocuteur, elle ajouta néanmoins, avec un sourire qui tirait sur la grimace : « Pourquoi est-ce que je vous dis ça alors qu'on se connaît pas ? … Je ne dirais pas non à un coup de main. Au pire, comme je disais, la récompense, peu importe. Moi, c'est Shannon O'Ryan. »

Elle avait pris l'habitude de ne pas donner le nom de sa famille vivante pour éviter de leur attirer des ennuis ou de les prévenir de sa nouvelle activité.

« Vous avez l'air expérimenté, même si vous êtes assez jeune. » Quoique, dans le mercenariat, un an de carrière, c'était de la bonne ancienneté. « A moins que vous vouliez que je reste en dehors de votre route. Mais franchement, malgré mon erreur, je me débrouille. Alors, maintenant que vous connaissez mon nom, ce serait sympa si vous me donniez au moins le vôtre et qu'on étudie tout ça, ou qu'on se lance. Vous n'avez pas répondu, tout à l'heure. J'ai répondu à votre question, répondez aux miennes. C'est le jeu. »


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MessageSujet: Re: Le Nom de la Ronce   Lun 01 Aoû 2016, 18:58

    Comme Krelek l’avait deviné, la jeune femme manquait d’expérience, elle était une débutante dans le domaine du mercenariat. La Ronce était son premier contrat. « Délicat » était le mot qu’elle avait employé pour décrire sa mission. Elle voulait s’améliorer, elle voulait sans doute pouvoir vivre de ce métier si particulier et, la plupart du temps, très ingrat. Elle avait connu la misère et, très clairement, elle ne voulait pas en souffrir à nouveau, ce qui était logique lorsqu’on y pensait un peu. Cette mission était de ce fait une occasion en or pour elle ; c’était en forgeant que l’on devint forgeron, comme le disait le dicton. Elle ne connaissait pas la Ronce, il n’était qu’un nom qu’elle devait faire disparaître. Le Drell savait exactement ce qu’elle voulait dire, ce qu’elle vivait, il était lui-même passé par cela, il y a plusieurs années de cela. Son histoire était en revanche bien différente et il avait très vite su se faire un nom. Mais avant d’obtenir ce dernier, il avait lui aussi dû traverser les difficultés du domaine, et son impitoyable loi du plus fort.
    Cependant, malgré le discourt « émouvant » de la jeune femme, Krelek souligna intérieurement un défaut qui l’agaçait au plus haut point : elle parlait trop. Son monologue durait, durait, et durait encore. Elle en disait même tellement que s’il avait voulu se montrer cruel, il aurait pu simplement partir à cet instant précis, avancer dans son enquête grâce aux précieuses informations que la novice partageait, et emporter la prime pour lui. Il hésitait même à le faire en ce moment même. Il ne savait pas pourquoi elle révélait autant de ces éléments qu’elle avait personnellement collecté. Pensait-elle acheter sa coopération grâce à sa bonne volonté ? Ce n’était pas comme cela que fonctionnait le monde du mercenariat. La gentillesse tuait, faisait perdre de l’argent, elle était le pire ennemi d’un mercenaire, en particulier celui des chasseurs de prime et des assassins. Il s’agissait d’une faiblesse trop facilement exploitable ; elle n’avait pas lieu d’être dans cet univers sanglant et impitoyable. La jeune humaine était naïve, tout simplement. Elle pensait qu’elle jouait à un jeu dont les règles étaient équitables. Elle pensait que partager son savoir et son nom – ce qu’elle n’aurait jamais dû faire en premier lieux – obligeait le Drell à en faire de même, à coopérer. Mais ce n’était pas le cas. Non, en face d’un autre individu, elle se serait très certainement pris une balle entre les deux yeux à la fin de son monologue. Elle avait de la chance d’être en train de discuter avec un chasseur de prime qui n’avait rien à prouver à qui que ce fût et qui possédait suffisamment d’argent pour ne plus rien avoir à faire pendant le restant de ses jours pour vivre confortablement. Cela le rendait plus disposé à l’aider, même s’il n’appréciait pas coopérer avec d’autres mercenaires.

    - Tu ne devrais pas en révéler autant, Shannon c’est la combine à bêtement se faire doubler, déclara Krelek. Il n’y a pas de règles dans ce jeu. Il y a deux types de joueurs : ceux qui se font voler leurs cartes, et ceux qui se créent leurs propres cartes. »

    Puis il se leva, avant d’ajouter :

    - Je suis Krelek. Allons voir les quartiers de la Favorite. »

    ***


    Pour rejoindre le Présidium, Krelek avait dû faire un détour pour retrouver un contact à qui il avait confié ses armes ; même avec son permis de port d’arme, il était strictement interdit de venir armé à l’intérieur des quartiers plus chics de la Citadelle. Il fallait être un Spectre ou un membre du SSC pour avoir ce « privilège ». Il y avait toujours des gens qui sussent passer entre les gouttes, mais ils étaient très peu nombreux et le Drell n’en faisait pas partie. Il n’allait pas prendre le risque de compromettre sa mission juste pour emporter quelques pistolets ; cela n’en valait pas la peine. S’il se sentait nu, vulnérable, sans son équipement, il se répétait que son corps était une arme à part entière. Ses capacités, son entrainement et son expérience faisaient de lui un ennemi mortel qu’il valait mieux éviter. Mais il n’était de toute manière pas un amateur des grands pugilats spectaculaires comme on en voit dans les films. Il favorisait la discrétion, l’effet de surprise ; il était encore plus dangereux lorsqu’il se rendait invisible aux yeux de ses ennemis. Mais il ne comptait pas s’attirer d’ennuis pour le moment, s’il le pouvait, il ne ferait couler le sang que d’une seule personne.
    Un problème s’était en revanche ajouté au tableau : la présence d’un novice à ses côtés. Il allait devoir faire attention à ce qu’elle ne gâchât pas tout. Krelek ne savait pas ce que Shannon valait, et cela le dérangeait fortement. Il commençait déjà à regretter sa décision de l’aider.

    A l’entrée des Quartiers de la Favorite, le chasseur de prime stoppa la jeune femme et lui demanda :

    - Est-ce que l’on sait quoi chercher, pour atteindre la Ronce, ou le fait qu’elle fréquente la Favorite est notre seule piste ? »











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MessageSujet: Re: Le Nom de la Ronce   Dim 07 Aoû 2016, 16:22
« Krelek », répéta Shannon.

Elle médita ce nom tout autant qu'elle médita les paroles de celui qu'il désignait. Elle-même avait bien eu conscience de son erreur ; pourquoi s'y était-elle enfoncée ?

Peu importe. Il était temps d'aller retrouver la Ronce. Shannon se leva à la suite de Krelek, et ils partirent ensemble au Présidium.

Il était temps de réellement se concentrer. Dralot l'aurait tancée depuis son arrivée sur la Citadelle, si elle avait été là.


*


Les Quartiers de la Favorite étaient discrets. Une simple ouverture dans un mur d'un bleu uni, pas d'enseigne ni aucun signe distinctif. Ils étaient paraît-il réputés, mais il n'y avait personne aux alentours ; les gens les plus proches discutaient sur les ponts qui menaient aux ambassades.

Shannon prit une pose plus détendue, mais fut arrêtée devant l'entrée des Quartiers par Krelek. Sa question était pleine de justesse, mais la jeune femme ne pouvait y apporter une réponse satisfaisante. Il semblait de surcroît que le mercenaire ne lui fît pas confiance, ce qui la mettait mal à l'aise. Non pas qu'elle lui en voulût ; plutôt, elle avait parfaitement conscience de ce qui lui était reproché, et que ce fût un point avéré ou non, elle y était sensible.

Le Drell allait se méfier, et malgré la sécurité apportée par sa présence, malgré ses pensées précédentes, Shannon sentit finalement un petit aiguillon de rancœur naître en elle. Elle le mit vite de côté. Ils avaient un même contrat à exécuter, et, qu'ils le désirassent ou non, ils travaillaient désormais ensemble.

Shannon revenait au même point : répondre à Krelek, oui, mais elle n'avait rien à lui répondre de concret. L'omnitech de l'agent avait été avare en informations. Il n'y avait plus qu'à émettre des hypothèses, à se perdre en conjectures.

Elle eut une idée, née de son esprit bouillonnant.

« Et si... Et si la Ronce ne fréquentait pas la Favorite et ses suivantes, mais était justement une des suivantes ? »

Une suivante, car la Favorite n'avait pas réputation d'agir comme la Ronce le faisait. Oui, cela avait une certaine logique – l'esprit trouve toujours des liens logique quand il désire se conforter dans une idée ou une opinion.

Une place dans les Quartiers offrait la sûreté – la Favorite était intouchable et discrète et se débrouillait pour le rester, pas étonnant qu'on ne trouvât pas la Ronce ainsi – tout en assurant un flux régulier de clients potentiels, et, par le biais du bouche-à-oreille, des clients de clients ou des proches de clients étaient attirés eux aussi par les services que proposait la Ronce en douce.

Elle était simplement très susceptible, avec une âme de rapiat. Elle devait profiter de son statut discret pour éliminer ceux qui pensaient doubler une fille de joie, certes versée dans d'autres arts, mais selon eux, une fille de joie tout de même. Et rafler tout ce qui lui était dû. Ce qui pourrait expliquer le surnom de « la Ronce ». Belle, mais qui s'agrippe, et finit par déchirer la chair si l'on tente de se débattre. Il ne s'agissait pas ici d'une Rose sensuelle et innocente que l'on manipulait à loisir, quitte à la faire passer pour une Ronce à l'origine de tous les maux, pour pendant ce temps s'en tirer sans dommages. Mais tout le contraire. C'était une Ronce qui s'était affirmée, et qui se faisait passer pour une Rose.

Elle devait passer par des intermédiaires, comme plus tôt ; dans les cas les plus extrêmes, elle devait s'exposer elle-même, pour exercer sa vengeance. Shannon se demandait si son allié Drell pouvait les faire entrer dans les Quartiers, mais ce ne serait en fait pas une bonne idée : ils devaient tuer la Ronce, et cela ne se ferait pas sans attirer l'attention, et – à n'en pas douter – sans grabuge. Le SSC allait leur tomber dessus au moindre piaillement qui sortirait de là.

Et cette donnée était immuable, que la Ronce fût une suivante ou un client. Si, du moins, c'était bien ici que le duo avait une chance de la trouver. L'Humaine fit part de son raisonnement au mercenaire.

Shannon attendit une réponse de Krelek, avant de baisser la tête et d'ajouter : « Enfin, peu importe. On devrait se poster dans les parages et voir ce qui se passe. En attendant, on pourrait voir si ce fichu omnitech a d'autres choses à cacher. »

Ils partirent donc ; au-dessus des Quartiers de la Favorite était une plate-forme qui donnait vue sur le Présidium. En dehors de l'intérêt évident que l'on pouvait y trouver pour les fontaines, les cours d'eau artificiels, et la blancheur des allées où les arbres dénotaient par leur verdoiement, le point de vue permettait de surveiller les allées et venues aux Quartiers. D'autant que, accoudée à la barrière, Shannon passait tout à fait pour une voyageuse de passage.

Krelek et elle n'eurent pas le temps de vraiment se poser. Un Humain, en costume bleu marine, se présenta et put entrer. Sa sortie fut plus longue à venir, mais bien plus intéressante. Il n'était pas seul ; il se dirigea vers la borne d'appel transport rapide la plus proche, une courtisane à son bras. Vêtue d'une robe rose moulante et de petits gants mauves, elle était tout ce qu'il y avait de plus humaine avec sa chevelure blonde tressée. Il y avait de plus en plus d'Humaines qui travaillaient pour la Favorite depuis une décennie.

Elle fit un signe d'au revoir à quelqu'un derrière elle, sans doute à une consœur, comme si elle avait fini sa journée.

« Krelek ! », fit Shanon en commençant de se diriger le plus naturellement possible vers les escaliers.

Une filature à mieux réussir que la précédente ; Shannon était prête à suivre les directives de Krelek si nécessaire. Le taxi s'envola avec les suspects à bord. Il quittait le Présidium.


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