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 Trinité

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MessageSujet: Trinité   Ven 31 Mar 2017, 20:32
Intervention MJ : NonDate : 27 Mars 2202 RP Tout public
Erika Longhorn ♦Kydra Lifith ♦ Beeythia Moraios
Trinité




Trinité
La Forêt au matin s’embrasant, aux mille flêches de diamant. N’oublie jamais son tranchant.
C’est ce qu’avait dit une poète asari sur le monde d’Illium. Une description simpliste, mais juste. Ancrée tel un phare à la bordure du système Terminus, elle se voulait être la lumière de cet océan d’obscurité. Une idée noble, et puérile, qui avait depuis longtemps perdu toute véracité. Non Illium n’était pas un phare. C’était le sommet émergé d’un immense récif qui ferait couler n’importe quel navire n’y prenant pas garde. Et le nombre de voyageur échoué ici avait depuis un moment déjà perdu tout sens commun.

Longtemps Erika avait pensé que ce monde était la réponse à ses espoirs, la possibilité d’un monde gris offrant un avenir à tous. Mais ce n’était qu’une immonde machine basé sur la loi du plus fort, ou en l’occurrence, du plus riche. Esclavagisme, piraterie, drogue, vente d’arme, un bon endroit où s’amuser, mais le pire exemple de société. Pourtant c’est encore une fois ici qu’Erika avait atteri pour remplir sa mission, au moins cette fois-ci était-elle payée pour y venir.

L’UCIP était en plein boum, sa première mission réussie, mais avec un succès plus que mitigé, elle devait à présent réussir à renforcer ses bases. C’était dans ce but que l’humaine avait été affectée à cette mission. Protéger la vie d’une jeune PDG. L’information avait filtré parmi les terminus au point de remonter aux oreilles des espions de l’UCIP. Un groupe de pirate en voulait à la vie d’une asari nommée Beeythia Moraios, dirigeante de Lumiena, une entreprise spécialisée en conception d’amure et étude d’I.V.

Plus qu’à sa vie, ils en voulaient en réalité à ses ressources. Un enlèvement des plus basiques, contre une grosse rançon de matériel. Simple, surement trop, aucune subtilité, surtout si on le criait sur tous les toits avant que cela n’arrive. La jeune femme suivait donc l’asari depuis près de 48h, sans l’en avoir informé, et à bonne distance. Une civile était rarement naturelle quand elle se savait menacer, et Erika avait besoin de passer inaperçu pour la protéger. Mais pourquoi ?

Parce que Lumiena, malgré ses déboires récent profiter d’une réelle réputation dans la caste économique et gouvernementale asari, suffisamment pour être précieuse pour plusieurs matriarches influentes. Et donc un parfait moyen pour l’UCIP de se faire quelques alliées parmi elle en sauvant leur petite protégée. Beeythia en elle-même avait tout de la demoiselle que ses cent vingt-trois années lui permettaient d’être. Une éternité pour un humain, mais tout juste de quoi se clamait adulte dans la société asari. Vive, curieuse, l’esprit aiguisé et attentif, la jeune asari courait en tous sens pour faire fonctionner un commerce qui lui tenait visiblement à cœur. Au moins avait-elle fournis à Erika un spectacle divertissant au cours de ses dernières heures.

L’humaine se demandait en l’observant depuis le coin de la rue si Beeythia était aussi pure qu’elle semblait l’être, ou si ce n’était là qu’un subterfuge afin de mieux manipuler ses partenaires d’affaires. Car on voyait beaucoup de visage innocent aux mains couvertes de sang sur Illium.

-Hum ?

Beeythia s’éloignait dans la zone industrielle qu’elles venaient d’atteindre, Erika lui emboita le pas. Moins d’une dizaine de minute plus tard, elle la vit s’engouffrait dans hangar isolé qu’elle savait être un dépôt de la Lumiena. Erika se mordit la lèvre avant de soupirer, c’était malheureusement l’endroit idéal pour que des pirates puissent agir. Et le grondement sonore de deux navettes survolant la zone d’ombre dans laquelle elle s’était dissimulée confirma son inquiétude. La militaire longea rapidement la paroi du hangar et se faufila à l’intérieur par un passage latéral alors que les véhicules venaient d’atterrir.

A l’intérieur, Beeythia venait de congédier avec une autorité surprenante un employé quelconque qui s’éloigna en s’excusant platement, la laissant seule au milieu du bâtiment. Les pirates s’étaient mieux renseigné qu’elle l’aurait cru, le lieu, l’isolement. Ils savaient même qu’elle ne serait pas accompagnée de ses gardes du corps habituel apparemment. Erika vérifia l’accès à son arme dissimulé sous sa cape et se faufila entre des caisses afin d’arriver près de l’asari.

Un mouvement sur sa gauche la fit stoppé son mouvement alors qu’elle s’apprêtait à émerger près de celle qu’elle devait défendre. Une silhouette féminine venait de se glisser dans l’enceinte du bâtiment par l’entrée opposé. Bien qu’encapuchonnée, la forme fut étrangement familière à Erika qui sentit son cœur se serrer sans en comprendre la raison. Mais à l’entrée principale, un groupe bruyant et désorganisé d’une demi-douzaine d’hommes entrait dans le hangar.

Feat. Kydra & Beeythia

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Estomac Tendre
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MessageSujet: Re: Trinité   Ven 31 Mar 2017, 23:58


Une jambe qui pendouille, le lit émit un instant un grincement de protestation face à l'équilibre précaire du poids qu'il devait supporter. Sous la masse de couverture, une poignée de mèches noires dépassent à un endroit, et un regard vert scintille en son centre. L’œil ensommeillé de Kydra fixait la vue par delà la baie vitrée. Plusieurs vaisseaux avançaient à travers le vide de l'espace, quittant l'orbite d'une planète aux nuances ambrées et particulièrement vives. Très friande de ce genre de panorama, la jeune femme avait voulu déplacer son lit jusque dans la salle de commandement, afin d'en avoir un meilleur aperçu lors de son réveil. Quoi de mieux que de commencer une nouvelle journée avec tant de magnificence.

Flavia travaillait sur la carte de la galaxie à quelques mètres de là, ignorant le lit, imperturbable face aux caprices de l'humaine qu'elle ne connaissait que trop bien. Une nouvelle manie qui durerait sans doute quelques jours avant d'être remplacée par une nouvelle. Le bruit occasionnel des machines n'était perturbé qu'en de rares occasions par les claquements de mandibules de Flavia ou les gesticulations soudaines de Kydra sous sa couette.

Commandant !

La porte s'ouvrit sur un humain visiblement essoufflé après avoir sans doute courut pour atteindre les ponts supérieurs. La turienne ne quitta pas son travail des yeux et indiqua d'un hochement de tête le lit qui se situait le long de la baie vitrée au fond de la pièce. L'homme eut un instant d'hésitation avant d’avancer de manière indécise vers le lieu indiqué. Il tendit un datapad avec un air interloqué. L'instant d'après, un bras surgit du lit et engouffra le présent sous la couette sans crier gare. L'humain se dirigea alors de nouveau vers la sortie et sa disparition fit reprendre un calme des plus irréguliers à l'endroit.

Quelques minutes plus tard, Kydra sauta au pied de son lit avec un cri énergique et pointa la turienne du doigt.

Il me faut une navette prête à partir pour Illium dans une heure !

Pour la première fois, le regard de Flavia quitta son travail.

Seule ?

Je vais prendre quelques pacificateurs avec moi, juste un petit commando, je te laisse le commandement en mon absence.

Peu importe les raisons, Kydra avait pris sa décision, et Flavia était bien placée pour savoir que personne ne pouvait la faire changer d'avis dans ces moments là. Ce qui pouvait s'apparenter à un sourire se dessina sur le visage de la turienne.

J'espère que tu ne comptes pas y aller dans cet accoutrement.

L'humaine n'avait pour tenue qu'une petite culotte noire et rien ne recouvrait le haut de son corps.

Euh... Non, en effet.

***

Les nordiques. Ce nom évoquait un souvenir qui semblait lointain, celui de l'infiltration d'un casino et de son explosion sur Oméga. Kydra avait fait équipe avec les meilleures troupes d'Anton pour punir ceux qui avaient osé trahir et remettre en cause son autorité à l'époque. Un groupe de fanatiques vénérant le Walhalla associé à ceux qui se faisaient appelés les égyptiens. S'ils avaient tenté un coup de maître sur la station, la vengeance d'Anton avait rapidement rôti leurs ardeurs. Mais jusqu'à aujourd'hui, Kydra ignorait qu'il existait encore des survivants de cet ordre.

Et ces survivants s'étaient grillés d'une bien belle manière pour faire fuiter une information aussi capitale. Il s'agissait d'une opportunité double pour Kydra, celle de les exterminer, et de faire passer la mort de leur cible comme étant de leur fait. Une asari de cette importance, voilà bien une occasion à ne pas manquer.

Lorsque des véhicules se mirent à survoler l'endroit indiqué dans les rapports, l'humaine comprit qu'il s'agissait du bon moment. Elle donna rapidement ses ordres à sa troupe, un butarien, un turien et deux commandos ardat yakshi. Ils devaient se positionner autour de la zone industrielle pour couvrir toute retraite éventuelle de l'une des cibles, pour le reste, c'était à Kydra de jouer.

La jeune femme s'approcha alors du hangar de Lumiéna qui semblait représenter le point de contact. Elle n'eut même pas besoin de pirater l'une des entrées auxiliaires bien trop frêle pour résister à une omnilame. Kydra se forgea donc une entrée de cette manière et pénétra dans l’entrepôt. Des bruits de pas se faisant de plus en plus proches, le regard vert de la jeune femme aperçut alors une asari fort bien vêtue qui observait une troupe en armure pénétrant dans le bâtiment. Le moment opportun, l'instant propice.

Kydra plongea en avant et se retrouva à la hauteur de la bleutée. Elle retira sa capuche, dévoilant ainsi son visage et écarta les bras.

Devinez qui est lààààà !

La troupe se figea. L'humaine éclata de rire.

Ooooh, je suis vraiment navrée de constater que je n'ai pas été invitée à cette petite fête. C'est pas parce qu'on vous a déjà mis une branlée qu'il faut se montrer aussi timide vous savez ?

L'un deux la braqua de son arme mais Kydra fut plus rapide. Elle fit glisser son canon lourd dans sa main et le pointa sur la tête de l'asari.

Oh non, je ne ferai pas ça si j'étais vous. Il serait dommage de verser la cervelle de celle que vous êtes venus chercher n'est ce pas ?

La jeune femme tira un instant sur l'une des joues de la bleutée.

C'est pas ton jour de chance ma belle, toutes ces brutes qui s'en prennent à toi... Quelle horreur.

Kydra fit un signe étrange des doigts à la troupe en armure.

Vous en faites pas, je m'occupe de vous après.

Elle fit s'agenouiller l'asari de force et posa le bout de son canon lourd sur le haut de son crâne. Souriante, elle pencha la tête sur le côté.

Rien de personnel chérie, tu ne m'en veux pas hein ?

Il allait falloir faire vite. Son bouclier lui permettrait d'encaisser les premiers tirs et dans son autre main glissait déjà une grenade incapacitante. De quoi se bouger un peu le corps, voilà qui lui avait manqué.





Dernière édition par Kydra Lifith le Mer 05 Avr 2017, 01:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trinité   Sam 01 Avr 2017, 14:13

Erika Longhorn & Kydra Lifith
TRINITÉ
Devant les paroles peu réconfortantes de l’Asari qui me faisait face, je m’effondrais sur une chaise non loin, plongée dans mes pensées. En face de nous, au milieu d’une table arrondie se trouvait un schéma flottant doucement en trois dimensions. Malgré l’éclairage qui filtrait de l’extérieur, la pièce avait été volontairement assombrie pour que l’on puisse distinguer les moindres détails. Divers chiffres, diverses statistiques et autres graphiques qui auraient, sans aucun doute, paru bien barbares au premier venu, s’affichaient maintenant. Rendues opaques, les vitres donnant sur le couloir qui desservait cette pièce coupaient la vue aux regards qui n’étaient pas bienvenus.
La tête nonchalamment posée sur ma main accoudée à la table, je contemplais d’un air dépité ce que me présentait, non sans une certaine gravité, ma conseillère financière. Daestma T'eave me regardait avec une certaine anxiété pointant dans ses yeux. Du haut de ses trois cents années, elle me dominait largement en âge et en sagesse. Sa peau, à mi chemin entre le bleu et le violet, était éclatante et son visage fin ne dérogeait pas aux standards de beauté asari. Légèrement angulaire, des yeux en amande, bleus eux aussi, et un nez aquilin, cela décrivait avec vérité la personne que j’avais devant moi.

- Tu es sûre de ce que tu dis ? Et tu es sûre que ça n’est pas en rapport avec nos récentes difficultés ? Enfin… Notre matériel est de qualité ! – lançai-je avec une voix découragée.

Daestma était définitivement plus à l’aise que moi avec les chiffres et le traitement de données. Je relevais la tête vers elle et croisait son regard qui me fixait avec gravité. Je lui faisais confiance et elle savait que je ne remettais pas en doute la véracité de ses simulations.

- Oui, Beeythia… Nous avons certainement une place dans le marché asari mais notre position n’est pas encore assez forte pour le marché galactique. Dans le domaine des armes et armures, nous sommes l’outsider et certainement pas en position de nous insérer de suite. Ce n’est qu’une question de temps.

Les contraintes temporelles, j’avais pourtant l’habitude avant. Dans le domaine scientifique, rien ne s’effectue en un claquement de doigt. La plupart du temps, j’étais dépendante d’autres recherches, dépendantes d’une simulation particulièrement longue et des budgets que l’on décidait de m’allouer ou non. Mais là, depuis que je me trouvais, et c’était encore très irréaliste dans mon esprit, à la tête de la Lumiena Corporation, j’avais acquis l’impression tenace que je pouvais faire bouger les choses vite. Mais ce n’était pas le cas et je ressentais un léger malaise devant Daestma, pêchant d’inexpérience.

Elle reprit d’ailleurs la parole, avec une voix qui se voulait calme et moralisatrice.

- Mais tout n’est pas perdu. Si nous ne pouvons affirmer notre place maintenant, cela ne veut pas dire que notre futur est fixé ! Je vous conseille de revoir votre budget en recherche et développement. L’innovation sera votre meilleur atout face aux entreprises déjà en place. De plus, nous pourrions envisager un léger dump…

- Non. Pas de ça chez moi. – dis-je d’une voix cassante.

Depuis plusieurs mois, j’avais intégré certaines notions qui ne m’étaient pas familières auparavant. Tel que celle de dumping ou comment, en brisant l’éthique morale et commerciale, vendre à perte pour obliger nos concurrents à faire de même et ainsi espérer tailler notre place. Et non. Je n’en voulais pas, pas du tout même.
La conseillère parue réaliser la portée de ses paroles et se ravisa en quelques secondes, engageant un long silence entre nous. Un fin trait de lumière, se frayant un chemin à travers les rideaux presque clos, venait s’écraser sur ma jambe droite attirant mon regard par la même occasion.

- Bien. - repris-je après quelques minutes silencieuses. – Nous ferons ainsi alors, je me chargerai d’obtenir le soutien du CA pour le budget en R&D. – concluais-je avec un ton qui se voulait déterminé.

D’un signe de tête entendu, Daestma appuyait vivement sur la console qui se trouvait au bout de la table et les schémas disparurent en quelques secondes avec un bip caractéristique plongeant la pièce dans le noir presque complet. Je discernais un léger mouvement en ma direction puis l’asari se dirigea vers la porte, à l’extrémité droite.

Seule dans le noir d’une vulgaire pièce de réunion, qu’avais-je l’air, moi Beeythia Moraios, nouvelle tête d’une entreprise de cette importance. Je me retrouvais face à mon échec.
Dans mon ancienne vie en tant que scientifique, l’échec était de tout les instants mais celui-ci donnait l’envie de repartir de zéro et de repousser les limites de notre connaissance. Ici, l’échec avait un goût bien différent, amer et décourageant. Les montagnes de la bureaucratie ne bougeaient que lentement, à force d’essais et d’érosion.

Mon OmniTech, jusque là étrangement silencieux, se mit à clignoter avec vigueur. Signe d’un message d’une certaine importance, je pianotais fébrilement tout en me préparant mentalement pour une éventuelle mauvaise nouvelle.
La Déesse ne m’écouta pas, cette fois-ci. Une cargaison venait d’être livrée dans l’un des discrets hangars de la Lumiena et le matériel, issu des dernières recherches de l’entreprise, affichait d’étranges problèmes. Je compris aisément, sans lire la suite du message, que ma présence était requise.

***

D’un pas rapide, je venais de passer le portique de sécurité à l’entrée de la tour, adressant un bref et respectueuse signe de tête aux deux employés apparemment débordées à l’accueil, qui interrompirent leur manège incessant pendant quelques secondes, surprises à l’idée de me voir ici.
Je dus, par la suite, dans la cour d’entrée, avec le responsable de la sécurité qui n’approuvait certainement pas de me voir sortir seule dans Illium. Je balayais les inquiétudes de celui-ci d’une voix calme et compréhensive, soulignant que le seul danger qui me guettait serait ma maladresse de tomber en m’entravant. Pris au dépourvu, il esquissa un sourire entendu et entrepris de me laisser passer.

Le taxi que je pris, non loin des locaux de l’entreprise, me menait, tant bien que mal vu l’état de l’appareil qui méritait une certaine remise à neuf, vers une rue adjacente à la zone industrielle. Malgré mon aversion pour quelque sport que ce soit, j’entrepris donc de traverser la zone, regorgeant d’une foule aussi hétérogène qu’éclectique réunie dans le but commun des affaires commerciales. D’un œil plus précis, je classais environ 60% de la marchandise qui s’offrait à ma vue comme à la limite de la légalité voire totalement illégale.
Je soupirais et continuait ma marche résignée. Le bon point était la lumière chaleureusement que le soleil descendant projetait sur la planète, dessinant de larges ombres derrières les gratte-ciels. J’avais toujours vécu, plus ou moins, dans un environnement confiné et intérieur et je ne manquais pas de me délecter de ces visions embaumantes. Ralentissant légèrement le pas pour profiter un peu plus de cette atmosphère qui, en faisant abstraction des cris et lamentations qui s’élevaient de par et d’autre, apparaissait comme presque relaxante, la chaleur enveloppant ma peau.

A l’approche d’une usine désaffectée sur ma gauche, je prenais la ruelle opposée en direction d’un hangar un peu vieilli que l’on pouvait distinguer une centaine de mètres plus loin. La sécurité extérieure, pour éviter de rendre ce pauvre bâtiment pourtant important alléchant aux regards envieux extérieurs, était réduite voire inexistante. Dépassant d’un pas rapide la grande porte, je sermonnais l’homme, humain celui-ci, qui venait à ma rencontre. En effet, celui-ci, chargé de superviser la qualité des transactions effectuées ici, avait maintenant bien failli à sa tâche. Cette autorité ne m’était pas coutumière mais, sur les conseils avisés de Niezi, était nécessaire. Je fus néanmoins attristée de voir le visage décomposé de l’employé qui, d’une main tremblante, pointait du doigt l’endroit désiré avant d’engager ses excuses et de retouner à son poste habituel.

Prise d’un nouveau soupir de lassitude, je recommençais à marcher. Seule au milieu de l’entrée, j’entendis un fouillis de cris et un martellement de bottes désordonnés provenant de l’entrée principale, maintenant dans mon dos.
Je me retournais, d’abord calmement avant d’apercevoir la troupe de six hommes, emmitouflés dans leurs armures à la qualité douteuse, se diriger de manière non équivoque vers moi. Un frisson descendit le long de mon échine qui me rappelait, alors que je restais pétrifiée à leur vue, que leur présence n’était pas la bienvenue et encore moins signe de l’absence de danger imminent.
Alors que je tentais, tant bien que mal, de prendre la fuite en courant lentement et gauchement, me maudissant intérieurement de la rencontre avec le responsable de la sécurité à peine une heure plus tôt, ma stupidité tournant à la dérision ses conseils, je sentis une nouvelle présence à mes côtés. Je n’aperçus pas, au premier abord, qui était cette présence et je priais, une deuxième fois en cette journée, la Déesse pour celle-ci soit positive, largement étonnée que l’un parmi cette troupe ait pu se glisser à mes côtés si vite ou que l’un de leur comparse ait emprunté un autre chemin, pourtant tous bouclés.

Une voix féminine qui ne rappelait malheureusement personne à ma cause, entreprit de faire sauter un battement à mon cœur déjà mis à rude épreuve. Cette voix paraissait enjouée, presque chantante à l’opposé de l’idée que je me faisais de la situation actuelle. Je me risquais, piquée par ma curiosité maladive, à tourner la tête pour découvrir un visage des plus singuliers. Des cheveux mi-long noirs descendait en une mèche rebelle sur son front, ne parvenant toutefois pas à cacher les deux yeux d’un vert intense dirigé vers le groupe à quelques mètres. Son visage, exprimant au son de sa voix, une certaine… folie ne faisait que renforcer l’appréhension qui montait exponentiellement en moi. Je réalisais soudainement la taille de la femme qui se tenait à mes côtés, pour le meilleur ou pour le pire. Elle me dépassait aisément d’une dizaine de centimètres.

A l’instant même, je supposais que mon visage devait afficher un mélange d’une anxieuse surprise et d’une incompréhension de la situation des plus totales. Lorsque, dans un mouvement rapide, l’un des hommes en armure braqua son arme vers la femme, je lâchais un soupir, pour la troisième fois, de soulagement intense. Cela voulait dire que, qui qu’elle soit, elle n’était pas avec eux. Dans un mouvement de mes lèvres relativement incontrôlé, je m’apprêtais à remercier cette personne avant de sentir un objet, froid et dur, appuyer sur ma tempe gauche. D’un rapide coup d’œil, je distinguais la main de la jeune femme sur la crosse de l’arme qui pouvait sans grande difficulté éparpiller ma tête sur le sol crasseux de l’hangar qui était encore silencieux quelques dizaines de minutes plus tôt. Une intense vague de panique m’envahit, me pétrifiant de la tête au pied. Je fus incapable de tenter le moindre mouvement rendu impossible par la crise de tétanie. Des larmes s’amoncelèrent à l’orée de mes yeux avant de couler le long de mes joues violettes. J’étais en danger de mort et voilà que la seule chose que je parvenais à faire avec succès était de pleurer ! Je jurais intérieurement de ma faiblesse renforçant ainsi le flot de larmes. Je tentais, dans un dernier effort salutaire, d’approcher ma main de l’Acolyte dissimulé, soi-disant pour de telles situations, à ma ceinture.

Mon regard fut attiré par un mouvement dans l’ombre, à l’opposé de la scène. Je clignais plusieurs fois des yeux pour chasser les larmes de mes yeux embués et distinguait difficilement une silhouette. Un meurtrier de plus ou de moins… Mes épaules s’affaissèrent alors que je comprenais le drame dans lequel je me trouvais et sa seule conséquence possible : ma mort, si bête, si stupide. Mes genoux commencèrent à s’affaisser et ma tête me pris d’une douleur violente au moment où la géante me sommait de m'agenouiller. Un bruit, omniprésent, sifflait à mes oreilles et ma vue se perdit dans le noir, pourtant persuadé que mes paupières étaient ouvertes. Ne supportant guère plus longtemps le poids de mon propre corps, je tombais en direction de la femme sur mon côté gauche.
Beeythia Moraios


Dernière édition par Beeythia Moraios le Dim 02 Avr 2017, 01:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Trinité   Sam 01 Avr 2017, 18:15


Trinité
Parfois une fourmi se rend compte qu’un pied immense est sur le point de l’écraser. Elle se dit donc que sa journée commence plutôt mal. Mais ce qu’elle ignore c’est que la chaussure appartient à un crétin qui vient de provoquer un éboulement quelques mètres plus haut qui s’apprête à raser la zone. Sans parler de cette fichue météorite qui se trouve à quelque millier de kilomètres de la planète de notre petite fourmis et va anéantir dans quelques seconces, toute vie sur cette planète. On pourrait sans trop de doute dire que le sort s’acharne sur cette pauvre fourmi. Et beaucoup comprendrait qu’arrivait à ce niveau de malchance, l’inconscience soit un choix des plus logique pour éviter d’y faire face.

C’est ce genre d’enchainement de catastrophe qui fit défaillir la jeune asari. Mais étrangement, au lieu de s’écrouler au sol, son corps pendouilla dans le vide, les bras ballant. L’instant suivant, le camouflage optique d’Erika se désactiva, elle se trouva ainsi, nez à nez avec la sauvage Kydra, qui pour le coup eut l’air franchement surpris. Erika lui sourit malgré elle, comme si tout le danger de la situation, et même le fait qu’elle veuille surement la tuer, ne pouvait miner son plaisir de la revoir.

-Bouh.

Sa main libre vint percuter son ancienne élève à l’épaule à l’instant où elle activé sa surcharge, le bouclier de Kydra grésillant avant de s’éteindre et de la laisser vulnérable. Mais l’impulsion de son geste suffit à la faire reculer presque à couvert. La militaire de l’Alliance ne pris pas le temps de s’assurer qu’elle y resterait. Bandant ses muscles, elle hissa brutalement l’asari encore évanouie sur son épaule alors que ses jambes les propulsaient à l’opposé de Kydra, entre deux caisses. Bien que le tout se déroula en à peine quelques secondes, il n’en fallut pas beaucoup plus aux pirates pour réagir. Mais avec la stupidité qu’Erika espérait. Un mur de balle s’abattit à l’endroit où elles se tenaient toute il y a un instant, séparant la militaire et son colis de Kydra.

Erika savait que cela ne la retiendrait pas longtemps, son bouclier se rechargerait bien vite, et elle était de toute façon capable de tenter un acte fou rien que parce qu’elle était ce type de femme. Elle ne se fit donc pas prier, et couru entre les colis et autres étagères avec l’asari chargée sur son épaule. Les tirs s’espaçaient déjà, les pirates comprenant qu’il était risqué de tirer à tout va sans savoir où était leur proie. L’humaine fonça vers le mur le plus proche, elle n’avait pas le temps de faire dans la finesse. Sa main libre avait enclenché une grenade qui roula contre la paroi avant d’exploser, éventrant la façade du bâtiment. Une seconde plus tard, Erika émerger du nuage de poussière à l’extérieur du batiment. Sa main vint claquer violemment le fessier rebondit de son colis.

-C’est pas le moment de dormir !

L’esprit d’Erika fonctionnait à cent à l’heure. Une partie de celui-ci se demandant si le message que son omnitech avait transmis à celui de Kydra lors de sa décharge pousserait la jeune femme au dialogue. Des coordonées et une heure, accompagnée du mot « seule ». Leur dernière rencontre laisser un gout amer dans sa bouche, plein de regret, et elle doutait sérieusement de ce que pouvait encore ressentir son ancienne élève et amante pour sa personne. Il fallait à présent s’éloigner, ou du moins, essayer.

Feat. Kydra & Beeythia

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MessageSujet: Re: Trinité   Sam 01 Avr 2017, 20:34


L'asari commença à tourner de l’œil. Elle sombrait lentement tandis que son esprit semblait fuir la situation aux côtés d'une Kydra visiblement dubitative. Sa mort était nettement moins amusante ainsi, pourquoi fallait il qu'elle réagisse de cette manière ? L'humaine s'apprêtait à rattraper le corps déjà flasque de la bleutée mais un événement des plus inattendus l'en empêcha.

Face à elle se matérialisa un visage qu'elle ne connaissait que trop bien et qui provoqua chez Kydra une stupeur qui la figea instantanément. Un choc, la jeune femme fut projetée plusieurs mètres plus loin et percuta l'une des caisses. Elle eut à peine le temps de voir Erika emporter l'asari qu'un concert de tirs résonna à l'intérieur de l’entrepôt, un rideau de balles recouvrit la zone où elle se trouvait quelques secondes auparavant. Le sang de Kydra ne fit qu'un tour. Elle attrapa son M-100 et commença à décharger ses munitions sur la petite troupe.

Les explosions firent littéralement voler quelques mercenaires dont le hurlement parvenait presque à couvrir le bruit de la déflagration. L'un d'eux arriva à la hauteur de Kydra, et la jeune femme se fit un plaisir de l’accueillir, le charcutant à l'omnilame. Après un échange qui fut relativement court, elle s'apprêta à affronter un autre adversaire tandis qu'elle laissait tomber le cadavre du précédant combattant un peu trop téméraire. Mais elle se figea. Le plus grand de la bande, un homme sans doute aussi massif que Tychus pointait un fusil à pompe dans sa direction.

L'esquive de Kydra ne fut pas suffisante, une partie du tir vint se loger dans ses côtes et lui arracha un cri de douleur. La jeune femme retomba derrière l'une des rangées de caisse, à l'abri du mastodonte, pour quelques instants seulement. Elle devait agir vite, l'arme de son adversaire était redoutable dans ces circonstances et si sa blessure ne semblait pas handicapante, elle le serait sans doute bien plus avec le temps et la perte de sang. Le liquide rouge commençait d'ailleurs déjà à couler le long de son armure.

La masse de l’égyptien provoquait un pas lourd et bruyant ce qui permit à la jeune femme de le surprendre parmi le dédale de caisses. Elle apparut entre deux rangées de conteneurs et plongea sur l'humain pour le désarmer. Le premier coup porta au but, envoyant voler le fusil à pompe au loin. Kydra enchaîna avec une attaque directe de sa main droite qui portait la fameuse lame cérémonielle qu'Anton lui avait confié, mais le mastodonte arrêta son coup sans sourciller. La jeune femme avait visiblement sous estimé sa vitesse, et dans cette situation sans l'effet de la surprise, elle était en net désavantage. L'homme n'eut aucun mal à lui faire lâcher son arme et à plaquer l'humaine au sol de toutes ses forces.

Ses énormes mains se placèrent alors sur le cou de Kydra qu'elles commencèrent à broyer. La douleur mêlée à l'incapacité de respirer figèrent un instant le corps de la jeune femme. Sa main droite parcourut alors compulsivement le sol à la recherche de sa lame. Elle espérait que ses artères tiendraient le coup le temps qu'elle attrape son arme. Sa vision commença à s'assombrir sur l'expression haineuse de son adversaire, mais ses doigts effleurèrent un objet métallique. Dans un ultime effort, Kydra ramena son bras et la lame transperça le crâne du mastodonte de part en part.

Son corps massif s'effondra alors lentement sur le côté et ses mains libérèrent le cou de Kydra qui tenta de reprendre une grande goulée d'air.

Mais elle n'y parvint pas.

Prise de panique, elle ramena ses mains à son cou, tentant désespérément de reprendre son souffle, mais elle ne parvenait plus à respirer. Ses gesticulations se firent plus vives tandis qu'elle glissait sur le sol ensanglanté et que seuls des gargouillis sortaient de sa gorge. Kydra se frappa la tête contre le sol, dans une tentative désespérée de débloquer ses voies respiratoires. Elle cracha un massif amas de salive et put enfin savourer l'air envahissant de nouveau ses poumons. La jeune femme se mit alors à respirer de manière effrénée, tentant de rattraper son retard en oxygène.

Le silence s'empara alors de l’entrepôt, une douce mélodie aux oreilles de l'humaine qui gisait encore sur le sol, sous le choc. Le reste des mercenaires avaient dû périr sous les explosions, ou bien ils s'étaient lancés aux trousses de leur cible. Un liquide recouvrait le visage de Kydra, mais il ne s'agissait pas de sang. Elle avait versé des larmes pendant la strangulation sans même s'en rendre compte. La jeune femme s'essuya le visage et entreprit d’appliquer de l'omnigel sur sa blessure au ventre. C'est à cet instant qu'elle remarqua la présence d'un nouveau message sur son omnitech.

Kydra commença à le lire et malgré son état actuel, cela déclencha immédiatement un rire nerveux chez elle. L'humaine commença alors à transmettre à son groupe après une quinte de toux.

Ouvrez l’œil, l'alliance est dans le secteur. Restez sur vos gardes et rejoignez la navette. Ne m'attendez pas, il me reste quelque chose à accomplir.

Elle. Elle était apparue comme ça, comme par magie, transformant ce qui devait être une intervention de routine en cauchemar. Après l'avoir ridiculisée, elle avait au moins eu la décence de lui donner ses coordonnées. Kydra n'aurait jamais imaginé la voir ici, surtout dans cette situation, mais ce n'était pas plus mal au final. Leur dernière rencontre avait laissé un goût d'inachevé. Et Erika portait bien plus d'intérêt à la vie de cette asari qu'à la sienne, ce qui ne laissait aucun doute sur ses intentions. Le cœur de Kydra se serra atrocement. De la jalousie ? De la haine ? Conne comme elle était, elle avait espéré inconsciemment que l'humaine à la chevelure cuivrée éprouverait encore quelque chose pour elle. Un espoir infime, désespéré, mais balayé aussi violemment que sa gorge ne venait d'être broyée.

Une chose était certaine, lorsque la nuit tomberait sur Illium, seule l'une des deux femmes serait encore en vie, jugée digne par le destin de continuer à poursuivre son idéal. Kydra puisa dans ses forces pour se relever. Elle devait quitter l'endroit qui ne tarderait pas à attirer du monde avec tout le boucan qui s'y était déroulé.

Elle récupéra ses armes et commença alors à se diriger vers l'entrée qu'elle avait emprunté en titubant.



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MessageSujet: Re: Trinité   Dim 02 Avr 2017, 00:50

Erika Longhorn & Kydra Lifith
TRINITÉ
Tout était noir et diffus. Les bruits environnants, nombreux et stridents, semblaient accentués au centuple et vrillaient inlassablement mes tympans. Puis une douleur d’une source inconnue au niveau de mes fesses. A grands renforts de grommèlements mécontents, je repris doucement contact avec la réalité que j’avais involontairement abandonnée un temps indéterminé plus tôt.

Réalité ? Oui ! La réalité ! Peu à peu, la tête encore endolorie et un mal étrange au niveau de mon postérieur, les souvenirs des récents événements revinrent rapidement en mémoire et ma respiration commença à s’accélérer de nouveau. L’arrivée dans le hangar, le groupe d’hommes en armure, une femme armant son arme sur ma tête… Puis plus rien. Je réalisais alors que mon cerveau avait pris les décisions à ma place et, submergé par la panique, avait ni plus ni moins décidé de « couper le courant », familièrement parlant. Ainsi, je m’étais sans doute écroulée sans autre forme de procès alors que j’étais en danger de mort. Brillant idée, cerveau. Merci…

Il me fallut quelques secondes pour comprendre que mes pieds ne touchaient pas le sol et que, vraisemblablement, je tressautais comme transportée par quelqu’un ou quelque chose. Ma vue n’était pas encore correctement revenue et je ne distinguais qu’un amas flou de couleurs défilantes et sombres. Je vérifiais alors l’intégrité de mon corps en bougeant différentes parties ce qui fit apparemment réagi ce sur quoi je voyageais actuellement. Les tressautements stoppèrent progressivement et je retrouvais bientôt le sol et la vision par la même occasion.

Tel une caméra, mes yeux firent une mise au point de fortune pour analyser le visage saisi par l’intensité de la situation. Je ne connaissais absolument pas cette personne. Une jeune fille aussi, différente de celle à qui j’eus à faire auparavant. Ses cheveux longs étaient d’un roux harmonieux, ébouriffés par l’action récente. Son visage était fin et pointu et ses yeux arboraient aussi un vert intense qui me fixaient dans une expression à la fois triste et paniquée.
Je ne comprenais que vaguement ses paroles mais je supposais, à la façon dont elle gesticulait, que le temps pressait et que je n’étais pas évanouie depuis longtemps. Ma vie était toujours en danger. Je prenais une grande respiration, tant bien que mal, pour me calmer et articulait péniblement :

- Je pense pouvoir marcher… M… Mais, peux-tu me soutenir ?

Celle-ci acquiesça rapidement, pressée de repartir alors que nous n’étions arrêtées que depuis à peine une minute. La situation était donc toujours critique. Alors que son bras passait derrière le mien, à ma gauche, et me soutenait avec une force assez surprenante pour une jeune femme, j’eus le temps de voir le signe de l’Alliance.
Etonnée, je n’osais pourtant amener le sujet alors que notre situation semblait encore trop précaire pour que je tente de comprendre quoique ce soit. L’Alliance… Qu’est-ce que les Humains venaient faire ici, en plein milieu d’un hangar appartenant à une entreprise Asari à l’étrange exact moment où ma vie se trouvaient indéniablement mise en péril. Mon cerveau ne put démêler les informations et abandonna finalement, trop concentré sur le mouvement de mes jambes encore faibles.

Nous longeâmes donc une ruelle adjacente à l’hangar alors que je ne contrôlais pas la direction. Ma vie se trouvait actuellement entre les mains de cette jolie humaine qui, agissant tel mon ange gardien, m’avait permis de vivre ne serait-ce que quelques minutes supplémentaires.
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MessageSujet: Re: Trinité   Dim 02 Avr 2017, 12:40


Trinité
Erika haletait en se pressant à travers une ruelle proche du hangar où les bruit de tir avaient déjà cessé. Elle espérait malgré son devoir que Kydra était saine et sauve, et concentré son esprit sur sa mission pour résister à l’impérieuse envie de faire demi-tour et s’en assurer. L’asari sur son épaule commença à remuer de plus en plus indiquant à sa porteuse qu’elle émergeait enfin, bien qu’elle ne soit pas très lourde, ce serait tout de même un soulagement de s’en libérer. Elle stoppa sa course et la fit lentement descendre afin qu’elle retrouve terre.

La jeune Beeythia semblait perdue, elle avait vraiment perdu tout contact avec la réalité et Erika imaginait son désarroi. Elle tenta de lui laisser un instant pour reprendre ses esprits, mais le temps pressée, surtout en ignorant la situation de leur poursuivant. Elle commença à tenter convaincre l’asari de leur situation précaire, mais visiblement c’était un peu trop tôt. Elle indiqua une direction en prononçant ces mots lentement.

-On doit bouger.

Elle sembla enfin comprendre l’idée, et demanda simplement de l’aide pour avancer. Erika acquiesça, soulagée de se remettre en route, et ne releva pas le tutoiement, qui lui paraissait presque normal dans cette situation. Elle passa un bras autour de l’asari et pris un des siens derrière sa nuque, et elles purent repartir. A un rythme moindre, certes, mais soutenu. Contrairement à ce qu’elle craignait, elles ne furent pas rattrapées. Et une fois Beeythia capable de marcher plus vite, elles atteignirent le point de rendez-vous qu’elle avait fixé avec Kydra. Un immeuble en construction mais dont le chantier était délaissé depuis plusieurs jours à cause d’un souci administratif quelconque. Erika en avait donc fait sa planque en attendant. L’ascenseur déjà actif sur une partie de celui-ci l’emmena dans les étages supérieurs.

L’air était plus frais ici, malgré les boucliers magnétiques protégeant des vents violent à cette hauteur et sans aucune vitre. Erika guida Beeythia jusqu’à une zone plus ou moins aménagée, plusieurs poutre et autre planche avait été disposé en un demi-cercle autour de son campement afin de fournir une couverture correcte dans la direction de l’ascenseur et des escaliers. Elle ne tiendrait pas face à une pluie de balles continues, mais éviterait tout de même de se faire tirer comme des lapins. Le camp en lui-même ne comptait qu’une couchette sur laquelle Erika fit s’asseoir l’asari, et diverse ration et gourde, ainsi qu’un dossier éparpiller sur Lumiena et sa PDG, qu’Erika ne tenta pas de cacher. Il était plus qu’évident qu’elle ne s’était pas retrouver là par hasard. Elle s’accroupit face à la belle bleue.

-Alors, alors.

Elle attrapa une gourde et la tendit à Beeythia.

-Tout d’abord, buvez. Vous en avez besoin. Ensuite je vais essayer de faire aussi simple et clair que possible.

Vous êtes dans la merde. Les gars en armure, ce sont des pirates, ils veulent vous capturer pour obtenir de l’équipement de votre entreprise, et vu leur réputation, ils ne seront pas tendre avec vous si ça arrive. La demoiselle qui vous à menacée, et bien disons… Qu’elle cherche simplement à vous tuer tous, autant par plaisir que par efficacité. Et malheureusement, je pense être aussi sur sa liste.


Elle prit la gourde des mains de Beeythia après qu’elle ait bu, et en avala une longue rasade qui revigora ses muscles.

-Je la connais. Et elle va venir ici. Pourquoi ? Parce que je l’ai invitée. J’espère qu’elle viendra seule, et qu’on pourra parler. Sinon ça fusera de tirs dans peu de temps, et cette fois, vous n’aurez pas le temps de tomber dans les vapes. L’arme que j’ai sentie à votre ceinture devra être dans votre main, et il faudra vous en servir.

C’est à cet instant que le bip de l’ascenseur résonna dans l’étage vide. C’était plus tôt qu’Erika ne l’escomptait.

-Restez à couvert tant que je ne vous ai pas dit de sortir.

Erika se colla à la barrière de fortune et jeta un œil par-dessus. Elle était là, et apparemment seule. Elle s’apprêtait à lui sortir une petite pique sur le temps qu’elle avait mis à arriver. Mais son regard se porta sur les côtes de son ancienne amante. Une perforation dans son armure qui n’était pas là il y a une heure, et une trace de coulure de sang séché. Même sa démarche si fluide habituellement porté le poids de la douleur récente, malgré la totale détermination.

-Merde…

Oubliant toute retenue, grade, danger, mission, Erika bondit par-dessus la barrière qui l’a protégé d’un possible tir mortel. Et se porta droit à la rescousse de Kydra qui n’avait pourtant surement pas besoin d’elle, comme d’habitude. Elle aurait surement rit en voyant la situation de l’extérieure, une militaire accourant auprès d’une ennemi mortelle, soulevant son bras pour examiner la blessure avec précision sans même prendre garde à sa sécurité. Bon elle avait mis une dose d’Omnigel suffisante pour arrêter le saignement et enclenché la guérison, mais sans un traitement approprié elle aurait une cicatrice de plus. Erika soupira avec soulagement, et repris enfin conscience de la situation. Elle sentit ses joues s’empourprer sous le regard intense de Kydra dont elle n’osait déterminé le sens. Et sans avoir décidé de prononcer ces mots, ils jaillirent de sa bouche.

-Je suis désolée…

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MessageSujet: Re: Trinité   Dim 02 Avr 2017, 15:25


Qu'est ce que tu fais ici toute seule ma jolie ? T'as pas l'air en forme dis moi...

Quelle idée. Kydra avait voulu emprunter des ruelles discrètes afin de brouiller sa trace, mais elle avait oublié que les bas fonds d'Illium étaient tout aussi corrompues que ceux d'Oméga. Deux hommes étaient apparus, de part et d'autres de l'étroit passage, et ils avaient vraiment choisi le pire moment pour la faire chier.

Quelques coups d'omnilame plus tard, Kydra sortit de la ruelle, seule. Ses jambes s'affaissèrent tout à coup sous son propre poids sans prévenir et elle tomba à genoux. La douleur de sa blessure et le choc physique encore présent après la strangulation ne lui laissaient aucun répit, et particulièrement lorsqu'elle forçait sur ses muscles comme elle venait de le faire. L’énergie lui manquait, et elle devait reprendre son souffle bien plus fréquemment que d'habitude.

Mais il s'agissait là de son destin, celui d'encaisser, de serrer les dents, et de continuer d'avancer, quelque soit l'adversité, jusqu'à son dernier souffle. Et celle qui se trouvait au bout de ce chemin qu'elle arpentait aujourd'hui n'était autre qu'Erika. Quelle ironie. Kydra avait affronté parmi les plus redoutables guerriers que la galaxie pouvait porter, en y survivant, à chaque fois. Et celle qui désormais menaçait le plus de lui prendre sa vie n'était autre que l'être qui lui était le plus cher.

La jeune femme se releva et continua sa route, se dirigeant vers le lieu de rendez vous. Malgré sa souffrance, elle souriait. Elle voulait sourire, rester positive et ce même jusqu'au dernier instant, celui où elle pourrait éclater de rire face à la faucheuse. Une attitude constante de défi malgré les doutes et les peurs qui lui rongeaient l'intérieur. Et elle en avait vraiment besoin, particulièrement en ce jour où son cœur était mis à si rude épreuve.

Kydra arriva finalement au niveau du chantier. Elle commença à pénétrer dans son enceinte, mais elle fut interrompu.

Ouais ! Bravo, ça c'est ma puce !

Les yeux de Kydra s'écarquillèrent en entendant la voix. Elle se tourna vers son origine et aperçut son père qui se dirigeait vers elle. Il lui tapota le haut du crâne.

Je sais que tu deviendra une grande chanteuse un jour ma chérie.

Les mots exact qu'il avait prononcé lors de l'une des premières prestations de Kydra en public sur Terre durant son enfance. C'était la première fois qu'elle avait vu cette lueur de fierté dans son regard. Et la petite fille était prête à tout pour pouvoir la contempler à nouveau.

Des coups de feu retentirent, et Kydra aperçut sa mère un peu plus loin. Elle tira quelques rafales derrière elle avant de reprendre sa course.

Vite Kydra, on doit partir !

Plusieurs zombies apparurent alors et se lancèrent à sa poursuite tandis que le vrombissement insupportable d'un énorme moissonneur retentit. Frissonnante, Kydra se mit alors à courir du mieux qu'elle le put et pénétra à l'intérieur du bâtiment en construction. Scott, son frère, l'y attendait. Il se tenait devant la tombe de leurs parents et son visage d'ordinaire si illuminé était recouvert de larmes. La jeune femme ne put observer la scène plus longtemps et continua d'avancer.

Son ancienne section de l'alliance apparut alors face à elle, et ils se mirent au garde à vous à son arrivée. Hommes et femmes aux nombreux desseins qui avaient tous perdu la vie le jour où Kydra avait trahi l'alliance. L'humaine avança alors en contemplant les visages de ceux qui lui avait jadis voué une confiance absolue. Mais ils disparurent à leur tour. Seul restait un homme, assis sur le sol, ses vêtements en lambeaux. Il tourna son visage barbu vers la jeune femme.

C'est l'heure, ne t'en fais pas, je suis avec toi.

John... Lui et Kydra étaient devenus esclaves à bord du même vaisseau. Il s'étaient serrés les coudes durant les corvées et les séances de torture mais lorsque l'humaine était parvenue à s'affranchir par le sang, il n'avait pas survécu. Une douleur et une souffrance qui avait amené Kydra à frôler les abysses de la folie. Non, elle ne serait plus jamais esclave, quoi qu'il arrive, elle ne serait plus jamais enchaînée. PLUS JAMAIS !

La jeune femme se mit à courir et tomba nez à nez avec un butarien. Le natif de Khar'shan posa alors ses mains sur ses épaules.

Bien joué Kydra, merveilleux ! Celui là va nous rapporter gros ! Mais je pense que ce n'est pas suffisant, il te faudrait un nom de scène, et une attaque que tu serais la seule à maîtriser, je ne sais pas, une façon spécifique d'achever tes adversaires peut être ?

Ce butarien avait été son sponsor lorsque Kydra était devenue gladiatrice. Il avait parié sur le bon poulain et l'avait alors entretenue pour engendrer de succulents bénéfices. Les souvenirs s’enchaînaient, tous plus marquants les uns que les autres.

Kurt se frappa la poitrine un peu plus loin.

Jusqu'à ton dernier souffle Kydra.

Dashanxa qui lui tendait un verre, Kyre écoutant de la musique qui lui fit un clin d’œil, Narak, Tori, Vala, Constantin, Yrd, Vira, Varto, Flavia, Goliath, Tychus... Et enfin, devant les portes de l’ascenseur, se tenait Anton. Le butarien ouvrit ses trois yeux et se mit à contempler Kydra quelques instants avant de s'écarter. En passant à sa hauteur, la jeune femme posa une main sur la poitrine de son père adoptif avant de rentrer dans l’ascenseur.

C'était donc ça cette fameuse sensation ? Celle de voir toute sa vie défiler devant ses yeux ? Kydra était la somme de toutes ces rencontres, de tous leurs rêves et désirs qui avaient forgé son être en ce produit final qu'elle représentait aujourd'hui. Mais parmi toutes ces personnes, une en particulier manquait à l'appel.

Les portes de l’ascenseur s'ouvrirent et Kydra attrapa sa lame dans sa main. Il pouvait s'agir d'un piège, d'autres soldats de l'alliance prêts à la cribler de balles dès qu'elle montrerait le bout de son nez, mais elle espérait qu'Erika ferait preuve d'un minimum d'honneur. La jeune femme avança alors, tentant de camoufler sa souffrance et son épuisement du mieux qu'elle le pouvait, tentant tout simplement de maintenir sa fierté intact.

Erika surgit alors et fonça droit sur elle, mais elle ne portait aucune arme. La rouquine arriva à sa hauteur et observa sa blessure d'un air inquiet avant de se figer. Pour le coup, Kydra ne s'était pas du tout attendue à ce genre d’accueil.

Et elle s'excusa.

A cet instant Kydra comprit, elle comprit qu'elle était parfaitement incapable de se battre contre elle, parfaitement incapable de lui faire le moindre mal. Elle lâcha son arme et sa main vint délicatement se poser sur l'une des joues de son ancienne compagne. Ce visage, cette odeur, ce regard la rendait totalement impuissante. Sa seule certitude du moment était l'immense bouffée d'affection qu'elle éprouvait envers elle. Peu importait le reste après tout, peu importait le rejet qu'Erika lui avait fait subir quelques mois plus tôt. Kydra l'aimait et elle n'était même pas capable de faire semblant de la haïr.

La jeune femme se pencha en avant et déposa un baiser sur les lèvres chaudes et douces de la rouquine. Un dernier moment d'intimité auquel Kydra tenait énormément. Puis, elle s'agenouilla face à elle et baissa la tête.

La voie que tu empruntes nous fera nous affronter un jour ou l'autre Erika et je sais que tu es prête à tout pour atteindre ton idéal, même à enjamber mon cadavre. Mais moi, je n'en serai pas capable. Alors, fais ce qui doit être fait. La mort ne m’effraie pas si elle vient de ta main.

Une bourrasque de vent s'engouffra dans l'immeuble et la chevelure rousse d'Erika se déploya en un magnifique éventail. Kydra releva la tête et se mit à sourire.

Je veux que ce visage soit la dernière chose que je puisse voir avant de rejoindre ceux qui sont tombés.



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MessageSujet: Re: Trinité   Dim 02 Avr 2017, 21:57

Erika Longhorn & Kydra Lifith
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Je continuais d’avancer, complètement inattentive à ce qui m’entourait, uniquement bercée par l’envie de m’asseoir et de finalement pouvoir mettre de l’ordre dans cette journée. Et quelle journée ! Mes pensées tourbillonnaient dans un flot incompréhensible, mes yeux désespérément fixé sur le sol, le bras rédempteur de la jeune femme dont je ne connaissais même pas le nom soutenant mes pas.

Encore sous le choc des événements récents, je n’apercevais qu’au dernier moment que nous nous trouvions dans un ascenseur, au sein d’un grand bâtiment en construction. Le rythme soutenu de la marche imposée à notre duo de fortune n’avait pas manqué de laisser des traces et les muscles de mes cuisses me lancinait déjà, ne demandant qu’un repos. Cette expérience aurait peut-être, si je parvenais à en sortir vivante, pour conséquence de me pousser au sport histoire d’éviter ces douleurs…
Nous arrivions finalement dans un espace aménagé précairement, sans doute par l’humaine qui me déposait alors sur une couchette de fortune. Vivait-elle vraiment ici ? Etait-ce provisoire ? Qui était-elle ? Elle avait pourtant l’insigne de l’Alliance sur son armure, il était peu probable qu’un soldat allié puisse vivre dans ces conditions.

La jeune rousse, dans un geste précis, me tendit une gourde. J’esquissais un regard suspicieux, plus par stupidité que par réelle suspicion, après tout… celle-ci m’avait sauvé la vie. Ce ne fut qu’au moment où le liquide frais coula dans ma gorge que je réalisais la soif qui me tiraillait. Alors que je buvais avec avidité, j’écoutais ses paroles. Toujours ignorante de sa véritable identité, j’haussais les épaules. Merci de me préciser que tout ce monde était là pour avoir ma peau, ce qui c’était précédemment passé n’était sans doute pas assez univoque pour que je puisse réaliser cela.

Je prenais une longue inspiration. Injuste. J’étais injuste. Toute cette tension accumulée semblait tenter de s’échapper alors que nous nous trouvions enfin dans un endroit où ma mort n’était pas imminente. Malgré les explications vagues de la personne en face moi, j’avais du mal à comprendre le fin fond de l’histoire, encore particulièrement opaque à mes yeux. Des pirates venus pour me capturer ? Une autre jeune femme venue pour s’amuser et ces deux se connaissaient apparemment…
Alors que la rousse reprenait la gourde que j’avais égoïstement et involontairement gardé jusque là, je détournais mon regard vers l’autre côté de la pièce, si toutefois il était possible d’appeler cela « pièce ». Ouvert aux quatre vents, l’endroit n’était réellement pas aménagé. Encombré de poutres et de poussière que l’on voyait flotter dans les rayons du soleil couchant, l’ambiance paraissait surréaliste pour cette journée. Deux heures plus tôt, je quittais, souriante et insouciante, les quartiers de la Lumiena au milieu d’une journée routinière. Et maintenant, après avoir vu la mort dans les yeux, je trainais en haut d’un immeuble quelconque avec une personne inconnue et des inconnus au trousse. Surréaliste n’était même pas assez puissant pour décrire le déroulement de la journée…

Je toussais doucement et j’aperçus des documents où le logo de la Lumiena sautait aux yeux. Surprise, je m’apprêtais à demander l’identité de la jeune femme ainsi que des explications supplémentaires qui seraient les bienvenues alors que mon assassin avait été délibérément invitée ici au moment où l’ascenseur brisa le silence d’un bruit caractérisque. Quelqu’un montait.

Mes yeux s’écarquillèrent. Etais-je une nouvelle fois tombée dans un piège, idiote que j’étais ? Pourquoi me sauver pour me tuer plus tard ? Je me terrais alors derrière quelques poutres qui m’offraient une protection de fortune et me dissimulait à la vue de l’ascenseur pendant que la soldate bondissait agilement vers les portes chuintantes de celui-ci.

Les yeux fermés, la main serrée sur l’Acolyte dans un besoin inutile de m’accrocher à quelque chose, je me préparais mentalement à entendre une rafale de détonations… qui n’arriva pas. Tremblante, je me relevais pour voir une scène des plus déconcertantes !
À genoux gisait la demoiselle des griffes de laquelle je m’étais échappée à l’aide de la seconde. Aucun coup de feu mais une vilaine blessure à demi séchée sur son flanc. Récente et sans doute douloureuse. Puis un faible « je suis désolée » emplit la pièce alors qu’un scénario de science-fiction n’aurait pu être plus particulier. Totalement debout, j’observais maintenant la scène, les joues humides tant que la jeune femme au cheveux noirs demandait la mort. La mort ! Des mots sans suite s’enchainaient dans mon esprit désespérément perdu au milieu d’un océan d’incompréhension. Comment… Pourquoi… Q… Non…

Je me mis à avancer précautionneusement dans leur direction, de sorte que les deux jeunes femmes pouvaient maintenant me voir, les habits salis et les yeux rougis. Je ne savais que faire et mon instinct pris le dessus sur la situation.
Je posais doucement la main sur l’épaule de la rouquine au visage empreint de tristesse. Une main qui se voulait réconfortante, qui se voulait chaleureuse, qui se voulait emplie d’une gentillesse infinie. Les mots parvinrent à ma bouche inconsciemment :

- Je ne sais pas… Je ne vous connais pas… Mais… Ma courte vie m’a appris une leçon que je garde dans mon cœur. Aucune action ne peut justifier de prendre la vie de quelqu’un – dis-je en direction de la jeune soldate.

Les larmes coulaient le long de mes joues. Je me baissais alors, dans un mouvement lent et douloureux et j’attrapai la main posée par terre de l’autre personne l’incitant à se relever.

- Ne faites pas cela… - arrivais-je à peine à articuler.

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MessageSujet: Re: Trinité   Lun 03 Avr 2017, 13:01



Trinité
Ainsi, là était la solution ? Aussi simplement présentée à elle ? Oui, bien sûr que oui. Elle ne pouvait pas rater une occasion pareille. Eliminer l’une des personnes les plus dangereuses de la galaxie, protéger l’espace concilien, et envoyer un message fort aux Terminus. OUI ! Elle dégaina son arme et la pointa sur la chose à ses pieds, le coup feu résonna un temps infini à ses oreilles. Puis le néant.

Pourquoi le néant ? Pourquoi son monde était-il devenu ainsi, obscur, sans source de lumière, sans avenir ? Pourquoi chaque fois qu’elle regardait au-delà de la mort de sa victime, elle trouvait simplement un vide infini. Pourquoi ! Sa main refusait d’obéir à son cerveau, restant tremblante près de sa hanche, son cœur tambourinant sa poitrine alors que son sang semblait glacé et immobile dans ses veines. Quelle faiblesse ! Elle se maudit elle-même de son impuissance. Elle s’était pourtant juré de parvenir à ses fins, quels qu’en soit le coût. Pourquoi alors que sa détermination hurlait dans ses oreilles, était-elle soudainement devenue sourde à ses appels. La pirate était toujours là, agenouillée devant elle, attendant d’elle qu’elle la fasse disparaitre avec une telle résignation que le cœur Erika sembla se déchirer dans sa poitrine.

POURQUOI ?! Elle le devait, elle le pouvait, elle le savait. Mais rien ne se passait. Un contact chaud sur son épaule. Son regard vide se posa sur sa source. Des mots, vide de sens à ses oreilles, elle avait déjà pris trop de vies pour penser aux couts de chacune d’elle.

…Kydra…

Ce nom s’imposa à son esprit, la brisant, une douleur incommensurable l’envahit, une chaleur intense, destructrice, salvatrice. C’était donc simplement ça. Un sentiment qu’elle pensait perdu, oublié, effacé. C’était Kydra, et elle aimait Kydra. Malgré tous ses choix, toutes ces morts, tout ce travail. Elle ne pouvait faire autrement que de l’aimer. Son humanité se rappelait à elle, s’imposant au devoir. Elle ne pouvait imaginer prendre la vie de ce qu’elle aimait, car plus rien n’aurait de sens ensuite. Elle sentit ses genoux ployés sous le poids de cette vérité qu’elle avait trop longtemps ignoré. Son corps à bout force parvenant à peine à la maintenir à genoux. En face d’elle Kydra était encore là, étrangement floue, mouvante. Il lui fallut quelques instants pour comprendre que ses yeux étaient emplis de larmes.

-Tu es vraiment stupide…

Elle ne sut pas vraiment si cette remarque lui était adressée à elle ou à la jeune femme qui se tenait devant elle. Elle se jeta à son cou, la serrant presque violemment contre elle. Au point de lui faire mal sans doute car elle l’entendit grogner contre son oreille. Elle relâcha prestement la pression, se souvenant la blessure imposante et encore en train de cicatrisé de Kydra. Elle essuya maladroitement ses joues humides et tourna son regard vers l’asari qui avait accepté sans raison d’être à leurs coté à cet instant, sans obligations, ni arrières pensées. Elle lui était reconnaissante, mais les remerciements attendraient, son esprit était entièrement tourné vers Kydra.

-Aide moi à la relever, il faut qu’elle s’allonge un peu.

Chacune glissant sa tête sous un de ses bras, elles guidèrent lentement Kydra jusqu’à la couchette sur laquelle Erika imposa à sa…. A sa quoi ? Elle devrait réfléchir à cela aussi. Elle la fit donc s’allonger malgré un grognement de plus. Elle entreprit de défaire son plastron afin de pouvoir dénuder le flanc meurtri de la jeune femme. Et installa son petit module de soin portable près de la blessure. ça ne valait pas un hôpital, mais c’était toujours mieux que l’omnigel seul. La petite machine se mit en marche, l’IV contrôlant le système analysant déjà la blessure. Des lasers d’un orange rappelant celui de leur omnitech commencèrent à jaillir des petit bras articulés commencèrent à suturer la plaie.

-Reste immobile un moment ma belle. Tu en as besoin.


Erika se sentit chuter sur son postérieur, à bout de force. Ses yeux avaient finis de pleurer. Elle allait devoir penser à beaucoup de chose. Mais pour le moment ça attendrait. Elle fixa Kydra, puis l’asari à tour de rôle.

-Mettons tout ce qui est meurtre politique de côté pour l’instant. Kydra, je te présente Beeythia. Beeythia, Kydra. Et moi je suis Erika, dit-elle à l’attention de la jeune violette.

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MessageSujet: Re: Trinité   Lun 03 Avr 2017, 20:08


Un frisson. Une goutte de sueur. Un claquement de mâchoire. Un bruit strident. Le sang se répand, désormais libéré de sa prison charnelle. Le combat n'était pas le seul endroit où la mort pouvait frapper. Nombre de fois, Kydra avait tenu la vie d'autrui au bout de son canon. Elle avait autant épargné qu'elle avait tué, mais jamais encore elle ne s'était retrouvée ainsi de l'autre côté de la barrière sans se battre. Son existence allait s'arrêter brusquement, elle n'aurait sûrement même pas le temps de prendre conscience de son passage dans l'au delà.

Elle souriait, mais elle était en réalité complètement terrifiée. Quoi de mieux pour détruire l'image de la redoutable guerrière qui n'abandonnait jamais que de la voir tremblante en cet instant, fragile humaine apeurée à l'idée d'être privée à jamais des doux plaisirs que la vie avait encore à lui offrir. Mais le visage d'Erika lui rappelait pourquoi elle était là. Elle avait choisi le néant plutôt que d'avoir à combattre son âme sœur. Kydra était fière de ce choix et il ne lui restait au final qu'un seul regret, celui de ne pas avoir pu dire au revoir à Anton.

Le temps était horriblement long lorsque l'on attendait sa mort. Comme si la faucheuse le faisait volontairement, un dernier supplice pour que le condamné ait tout le temps du monde pour pouvoir réfléchir à sa condition. La main d'Erika se rapprocha de son arme, Kydra ferma les yeux et serra les poings. Une préparation inutile pour encaisser une balle, mais une aide mentale plus que nécessaire.

Cependant, ce ne fut pas un coup de feu qui interrompit le silence, mais la voix d'une asari. L'humaine rouvrit les yeux et comprit que cette voix appartenait à la petite violette qu'elle avait voulu tué un peu plus tôt. Des paroles emplies de naïveté et d'inexpérience, mais qui s’appliquèrent tel un baume sur le cœur à vif de la jeune femme. Lorsque l'asari lui prit la main, Kydra voulut la rejeter, mais sa voix débordante d'émotions l'en empêcha. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas croisé quelqu'un d'aussi pur et elle en fut stupéfaite.

Soudain, le corps d'Erika contre le sien, une violente étreinte passionnée et l'âme de Kydra se retrouva en proie à un véritable éclair d'émotions lorsqu'elle comprit qu'Erika avait fait le choix de ne pas la tuer. Malgré la douleur, les larmes furent son seul moyen d'évacuer ce trop plein émotif qui l'envahissait. Mais la journée avait été rude, et les nombreux chocs, physiques comme mentaux, avaient fini par avoir raison de sa résistance. Elle fut pris de vertige et était à peine consciente lorsqu'elle fut déposée sur une couchette un peu plus loin.

Kydra mis quelques instants avant de réellement revenir sur terre. Les deux femmes étaient assises près d'elle tandis qu'une IV s'occupait visiblement de sa blessure. Erika fit de rapides présentations entre la pdg et la jeune femme blessée. Le regard de cette dernière se posa alors sur l'asari.

Tu es une merveilleuse petite chose la violette. Encore surprenamment gorgée d'innocence malgré le monde dans lequel tu vis et la place que tu y as. Mais je pense que tu es digne d'admiration. Je sais à quel point il peut être dur de pardonner, mais c'est une épreuve que tu as franchie sans le moindre effort. Et je dois dire que je me sens quelque peu gênée.

« Quelque peu ». Kydra était rouge de honte de voir que la situation avait dégénérée ainsi mais aussi que l'asari ait assisté à la scène qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt. Elle eut un léger rire rauque.

En tout cas sache que tu n'as plus à craindre mes balles. Si la mort te frappe un jour, elle ne viendra pas de ma main.

Les yeux de Kydra se posèrent alors sur Erika. Lorsque son regard croisa celui de la rouquine, son cœur se mit à battre la chamade, cette même sensation que lorsqu'elles s'étaient livrées toutes les deux au jeu de la séduction pour la toute première fois, avant de finir dans le même lit, il y a bien longtemps de cela. Elle se sentait toute petite face à elle, une enfant penaude sur le point d'être jugée.

Kydra tendit sa main et attrapa celle d'Erika en la serrant très fort. Elle venait de lui faire une ultime preuve d'amour, revenant sur sa décision, la faisant passer avant ses propres ambitions. Quelque chose que les mots ou les pensées mêmes ne pouvaient décrire. Les yeux de Kydra s'illuminèrent d'une affection et d'un amour des plus fous. Un lien si magique, qu'il continuait de les rapprocher l'une de l'autre, même là où tout les séparait.

Erika Longhorn. La plus belle merveille que l'humanité ait pu engendrer. J'ai l'impression que je ne te mérite pas. J'ai été très lente à m'en rendre compte, mais du moment que je peux être proche de toi, le reste m'importe peu. Et je peux me rattraper, dire ce que j'aurais dû avouer il y a déjà plusieurs mois de cela.

Sa main s'éleva et vint caresser avec une tendresse extrême le menton de la rouquine.

Je t'aime Eri. Alliance, Conseil, Terminus, peu importe. Tu as, et tu garderas à jamais, une place spéciale dans mon cœur.

Comme pour donner une dimension physique à ses paroles, Kydra plaça son autre main sur sa poitrine tandis qu'un sourire se dessinait sur son visage.



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MessageSujet: Re: Trinité   Lun 03 Avr 2017, 23:42

Erika Longhorn & Kydra Lifith
TRINITÉ
Les larmes continuaient inlassablement de s’échapper, sans que je puisse les retenir. Je ne savais pas au milieu de quoi j’étais… Voulais-je réellement le savoir après tout ? Au cœur de cette lumière naturellement orangée, au sein d’un décor délabré se déroulait l’un des moments les plus particuliers, les plus intenses et les plus émouvants auquel j’eus l’occasion d’assister.

Je m’éloignais, étrangère que j’étais. Et je frissonnais, entièrement, de tout mon être. Je n’avais absolument pas froid, mais je frissonnais de peur, d’émotion. Une nuée de désespoir m’envahit soudainement alors que la main de la rouquine se crispait au-dessus de son arme. Je ne voyais pas son visage. Le temps s’étira, comme déformé par l’intensité de la relation si paradoxale entre ces deux êtres, ennemis un peu plus tôt, fiers combattantes et maintenant, toutes deux effondrées, en proie à des sanglots qui me brisaient le cœur avec la force d’une main de fer. Mais… Mais je restais un peu en recul, la respiration courte et les bras autour de ma taille, dans un pitoyable tableau.

J’aperçus l’équilibre fragilisé de la jeune soldate alliée, pourtant d’aplomb quelques minutes plus tôt, puis un faible marmonnement que je ne pus comprendre. D’un coup, celle-ci étreignit la jeune femme au cheveux noirs avec toute la force de la passion, toute la force des souvenirs passés et présents. Toute la force de l’affection… J’observais silencieusement la scène, soucieuse de ne briser ce moment pour rien au monde. Puis, alors que je pêchais d’hébétude, aussi inutile que je le fus toute cette après-midi folle, j’entends une supplication, presque, en ma direction. La rouquine me regardait, avec un mélange de panique et de désespoir.
Je me précipitais et offrait l’aide nécessaire pour transporter l’inconnue vers la couchette où je me trouvais auparavant. J’entendais, comme soufflés à mon oreille, ses gémissements d’une douleur éreintante. Nous traversâmes la pièce prestement, décidé à la poser au plus vite dans le confort précaire disponible.
La pauvre rouquine s’affairait au chevet, déployant même une I.V. que je ne relevais même pas, qui put prodiguer les premiers soins aux vilaines blessures.
Inutile face à cette situation qui me dépassait, je rattrapais pourtant la jeune femme qui flanchait. Mes grands yeux attentifs fixés sur son visage pâle, j’apportais la gourde, vaguement lancée un peu plus loin et la portait à ses lèvres. Je savais pertinemment que cela n’aiderait pas beaucoup mais faute d’une autre attention, j’optais pour soutenir son dos de ma main.

Enfin, celle-ci brisa le pesant silence qui régnait depuis de longues minutes.
Erika… Kydra… Je n’avais jamais entendu ces prénoms. J’entendis également le mien, je comprenais alors que la dénommée Erika effectuait les présentations qui n’avaient pu être faites jusqu’ici. J’hochais faiblement la tête en direction des deux jeunes femmes, le visage empli de gratitude en direction de la jeune soldate, un léger sourire qui se voulait rassurant au lèvres.

Puis virent les paroles de Kydra. Accroupie, je m’effondrais en larmes à l’écoute de ses mots, le visage enfouie dans mes mains sales. J’eus beau tenter de me rattraper, de faire bonne figure, de montrer une Beeythia autrement qu’une pleureuse. Ce fut plus fort que moi. Les mots ne venaient pas, coincés dans ma gorge serrée. En guise de réponse, j’attrapais sa main à mes côtés et je la serrai, comme accrochée à une bouée de sauvetage, mes grands yeux verts plongés dans les siens effaçant le pouvoir de la parole.
Je compris également le fondement de leur relation. L’amour. L’amour qui prouvait une nouvelle fois sa force. Et je me laissais aller à les écouter, happée par leur fabuleuse histoire.
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MessageSujet: Re: Trinité   Mar 04 Avr 2017, 16:13



Trinité
Les doigts chaud de Kydra se serrant autour des siens provoqua une étrange douleur chez Erika. Une douleur agréable, de celle d’un muscle reprenant conscience, de la clarté de la lumière à la naissance. Elle sentait l’émotion l’envahir et l’apaiser à chaque mot de celle qui comptait temps pour elle.

Je t’aime…

Les mots qu’elle aurait voulu s’entendre lui prononcer des années auparavant alors qu’une navette de transport l’éloigner d’elle. Elle s’était contentée d’un « bonne chance » maladroit, trop craintive d’avouer et de se voir rejeter. Et Kydra venait de prendre ce risque, blessée par sa faute, ennemi de sa cause, et pourtant elle l’avait dit, et c’était merveilleusement agréable, bien plus qu’elle ne l’aurait cru. A cet instant, en cet endroit, elle se sentait complète. Sa solitude et ses doutes envolés.

Elle serra la main de Kydra contre sa poitrine, et se pencha pour la jeune femme pour l’embrasser avec tendresse, et plus que tout, avec amour. Elle écarta doucement une mèche de sa joue, la caressant au passage.

-Je t’aime Ky, pardonne-moi d’avoir était si longue à le comprendre. Peu importe le reste de cette galaxie, c’est toi que je veux, toi et rien d’autre. Plus jamais je ne serais loin de toi.

Son cœur battait à tout rompre, d’une joie simple et brutale. Un bruit lui fit cependant quitter les yeux magnifiques de Kydra. L’ascenseur montait, droit vers eux, mais qui ? Les pirates ? Les avaient-elles suivis ? ou Kydra ?Kydra n’était pas en état de combattre, pas sans rouvrir sa plaie, et Beeythia n’était pas une militaire. Si un groupe sortaient de cet ascenseur, elles seraient des proies faciles derrière cet abri. Non, ils ne pouvaient pas tout gâcher, pas lui prendre ce qu’elle avait enfin obtenu. Elle refusait ce caprice du destin. Elle posa doucement la main de Kydra, et fixa intensément Bee du regard.

-Veille sur elle. Si n’importe qui d’autre que moi sort de cet ascenseur dans les minutes à venir. Tu tires, sans réfléchir.

Et elle courut, droit sur l’ascenseur, alors que ses portes commençaient à s’ouvrir. Son instinct ne l’avait pas trompé, elle reconnut l’écusson qu’elle avait déjà vu dans le hangar. Quatre pirates armés, un turien, et trois humains. Ils semblèrent bien surpris de la voir au contact alors même que les portes n’étaient qu’entrouvertes. Son omnilame jaillit alors qu’elle plaquait le premier entrainant le groupe vers la paroi du fond. Son pied vint frapper la console de commande, entrainant la fermeture des portes alors qu’elle lardait de coup le ventre de sa première cible. Le reflet d’une arme sur sa gauche. Son TechnoBlindage eut le temps de s’activer partiellement avant que le tir n’atteigne son flanc, le faisant exploser, elle sentit la douleur caractéristique d’une côte qui se brise mais l’ignora en serrant les dents. Elle écrasa son front sur le nez du tireur, le faisant exploser dans une gerbe de sang.

Le premier corps s’effondra à leurs pieds alors qu’un poing s’écrasait sur sa tempe. Elle vit des étoiles un instant, mais saisit le poignet qu’elle brisa d’une violente torsion. Un coup la colla aux portes de la cabine, lui offrant par la même occasion une vue d’ensemble approximative. Un mort, deux meurtris, et le turien qui l’avait repoussait et qui comme elle analysait la situation. L’homme au nez brisé tendit à nouveau son arme vers elle. Elle la dévia d’un revers du bras et le tir alla perforait le mur. Elle dégaina son paladin, et plaqua son canon contre le buste de l’ennemi, les balles perforant son armure pour lui broyer le torse. Elle tenta ensuite de pointer le turien de son arme. Mais le dernier humain avec le poignet brisé la plaqua en hurlant, l’immobilisant contre la paroi. C’est à ce moment que le Turien choisit d’agir. Une lame courbe apparut entre ses doigts et il l’abattit dans un mouvement ample droit sur son visage. Ses bras immobilisé, elle vit sa mort.

Elle glissa sa main contre ses grenades, prête à tous les emmener avec elle. Ce n’était pas grave, Kydra l’aimait, ça lui suffisait. Elle avait longtemps craint d’avoir une mort inutile, sans n’avoir rien changé ou apporter à cette galaxie. Mais tout cela lui semblait si futile maintenant qu’elle se savait aimer. Elle ferma les yeux.

- Plus jamais je ne serais loin de toi.

Non ! Pas comme ça, pas loin d’elle ! Au dernier instant, Erika plaqua ses pieds contre le mur et poussa de toutes ses forces, emportant avec elle celui qui la ceinturait. La lame frôla son visage pour se planter profondément dans son épaule, lui arrachant un hurlement de douleur et de rage. Mais elle continua à pousser, jusqu’à déstabiliser son agresseur qui lâcha prise. Son bras armé put se courber et vider le reste du chargeur à l’aveugle dans celui-ci. Son autre main alla saisir l’avant-bras qui tenait l’arme enfoncé dans son épaule et l’arracha avec un gémissement plaintif. Lachant son pistolet pour saisir à deux main le poignard du turien et pointer vers lui la pointe, à lui en tordre le bras. Il n’y eu que des halètements et des grognements de lutte pour combler l’espace de longues secondes. Erika frappa de sa paume sur le manche, la pointe perfora légèrement l’armure du Turien qui grogna de douleur. Elle réitéra l’opération, encore et encore, jusqu’à ce que la douleur fasse faiblir la résistance du Turien. Elle se projeta de tout son poids, et la lame s’enfonça enfin dans la cage thoracique du pirate dont le visage afficha une étrange expression de surprise, avant de se vider de toute vie.

Erika se redressa, glissant à plusieurs reprises dans la mare de sang qui se répandait sur le sol de la cabine, elle finit par trouver un appui sur la paroi. Son sang battait dans ses tempes, et la douleur de son épaule se répandait dans tout son corps par vague. Elle appuya à tâtons sur les commandes, et l’ascenseur remonta. La porte s’ouvrit quelques instants plus tard, elle n’était pas descendue si loin…

Elle avança en trainant une jambe. Parmis toutes les couleurs qui défilait devant ses yeux, elle crut voir le visage de Beeythia, et ses mains tremblantes sur une arme. Elle crut même la sentir près d’elle un instant, mais elle était trop concentré sur son avancée pour en être certaine. Enfin elle la vit, Kydra, toujours allongée, ou assise ? Tout remuait trop. Elle s’agenouilla, se laissa tomber plutôt, et saisit sa main. Elle sentit le flot de sang qui s’écoulait de sa plaie glisser sur la main de sa bien-aimée et voulu sans excuser, mais elle avait du mal à articuler. Elle sourit simplement à Kydra.

- Plus jamais je…

Et les ténèbres l’emportèrent.

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MessageSujet: Re: Trinité   Mar 04 Avr 2017, 23:00


Si le bonheur pouvait avoir une dimension physique, Kydra en serait certainement l'incarnation en cet instant. Elle voulait pouvoir prendre Erika et la serrer contre elle sans plus jamais la relâcher, mais son corps était encore trop meurtri pour cela. Elle ressentait sa douce présence à ses côtés et même ces quelques centimètres qui la séparait d'elle étaient de trop. Mais ce fut la rouquine qui brisa cette distance, déposant sur ses lèvres un baiser passionné pour le plus grand plaisir de la blessée. La douce caresse qui s'ensuivit la fit vibrer. Et les paroles d'Erika, plus encore.

Un avenir heureux les attendait. Quel avenir ? Peu importe. Erika en ferait partie, et c'est tout ce qui comptait. Mais Kydra avait malheureusement oublié un détail d'une importance cruciale. Elle était le pantin du destin, et ce dernier ne s'était pas encore suffisamment rassasié pour aujourd'hui. Tout se passa tellement vite. Son petit cocon venait d'éclater, un bruit, un danger, un ordre et tout à coup, le vide. Erika partait combattre un danger, sans elle. La rouquine était forte, mais le souvenir un peu trop réel de deux épaisses mains sur son cou alerta dangereusement Kydra. L'image de sa compagne gisant au sol, la gorge broyée se forma alors dans son esprit, et la jeune femme se redressa immédiatement.

Un cri de douleur lui échappa. Elle souffrait, mais plus que tout, ce fut l'énergie qui semblait manquer à l'appel. Elle n'avait pas le choix, elle le savait. Si Erika venait à mourir, elle ne le supporterait pas, pas alors qu'elle venait de la retrouver. Pourquoi ? Pourquoi le destin s'acharnait-il ? POURQUOI ? Une tentative de se lever s’échoua lamentablement au sol. Son corps ne lui obéissait plus et son âme hurlait au désespoir.

Il ne restait plus qu'une seule solution, et alors que Kydra allait s'y résoudre, les portes de l’ascenseur s'ouvrirent. Une vision d'horreur s'offrit alors à elle, son paradis transformé en enfer. La main ensanglantée d'Erika vint saisir la sienne avant qu'elle ne s'effondre.

Silence.

Kydra se tourna et fouilla dans son plastron avant d'y attraper un tube. Elle y ajouta les embouts nécessaire pour le transformer en seringue. La jeune femme s'injecta alors immédiatement son contenu dans un grognement. Une drogue des plus foudroyantes et extrêmement dangereuse. Elle amenait le cerveau du sujet à un tel niveau d'extase qu'il se déconnectait presque du corps. Et en l'absence de signaux sensoriels, il était alors possible de forcer sur ses muscles sans aucune limite, ce qui donnait bien évidemment lieu à des dégâts et des lésions internes pouvant aller jusqu'à entraîner la mort. Kydra avait déjà eu recours à cette solution d'urgence, une fois, sur Thessia, lorsqu'elle y avait combattu la probatrice. Mais aujourd'hui, ce n'était pas pour tuer.

Ma petite Bee... Je vais avoir besoin de ton aide.

La jeune femme se dirigea vers Erika et commença à enlever son armure.

Il faut la soigner le plus vite possible, je vais l'emmener dans un centre qui s'en occupera, mais je vais être défoncée, tu vas devoir me surveiller.

Kydra appliqua du médigel sur les blessures de sa compagne. Elle aurait pu l'amener jusqu'à sa navette pour qu'elle soit soignée sur le Mégalodon, mais il était beaucoup trop éloigné pour qu'il s'agisse d'une solution envisageable. Nos Astra avait l'avantage d'être une grande ville, les centres médicaux affluaient. Et c'était par ailleurs une tache qui lui incombait, la frêle asari ne serait pas en mesure de transporter la guerrière rousse rapidement sur une grande distance.

Je m'excuse par avance.

La jeune femme se sentait déjà planer. Elle tenta de à nouveau de se lever et y parvint avec succès cette fois ci, mais un craquement se fit entendre venant de sa jambe droite. Mauvais signe sans doute, mais elle tenait debout, c'était le principal. Kydra attrapa Erika et la souleva en passant un bras sous ses genoux et l'autre dans son dos.

Excuse moi chérie, je vais être un petit peu brusque, mais je ne peux pas me contrôler.

L'humaine et l'asari prirent alors l’ascenseur qui entama sa descente. Kydra laissa tomber un instant sa tête en arrière tandis que ses pensées se déversaient déjà dans son crâne tel un torrent. Mais elle devait rester concentrée, coûte que coûte, et quoi de mieux pour cela que de contempler le somptueux visage de sa chère et tendre qui semblait simplement assoupie.

Les portes s'ouvrirent. Kydra se mit alors à courir mais à une vitesse modérée de peur de ne pas pouvoir se contrôler et de tomber avec son précieux colis. Des pas amples et mesurés qui, elle l’espérait, n'épuiseraient pas toute l'énergie qu'il lui restait. La drogue avait beau être efficace, elle ne faisait pas de miracle.

Kydra se dirigea donc en pleine rue, suivie de près par la petite violette. Entonnement, elle parvenait à rester concentrée, sans doute l'importance de la situation lui permettait de conserver une part de raison sous tout le bordel qu'était devenu sa conscience. Ignorant les regards surpris voir inquiets sur son chemin, elle pénétra dans l'enceinte d'un centre médical.

Aidez là je vous en prie !

A la vue de l'humaine ensanglantée, les blouses blanches comprirent rapidement qu'il s'agissait d'une urgence. Asaris et galariens s'approchèrent alors pour transporter la blessée en l'arrachant aux bras de Kydra. La jeune femme rechigna quelque peu et commença même à être prise de panique lorsqu'elle les vit s'éloigner avec son précieux fardeau. Elle tenta de les suivre mais un galarien s'interposa.

Attendez madame, nous devons...

Un violent coup de poing l'envoya voler un peu plus loin. Kydra dégaina son canon lourd pour l'achever, mais Beeythia se jeta sur son bras pour l'empêcher de tirer. Son regard hagard se posa sur le visage de l'asari. Oui, elle devait leur faire confiance, la vie d'Erika en dépendait. C'était pour cela qu'elle était venue ici à la base non ?

Kydra se recroquevilla alors sur le sol, tenant sa tête entre ses mains, en proie à une crise de fou rire.

Oui, oui... Ils allaient la soigner, la remettre sur pied, elle allait pouvoir la revoir tout comme avant ! Elle n'avait qu'à attendre, attendre avant de tout brûler, de tous les tuer. Tuer tout ceux qui avaient voulu l'éloigner d'elle. ABSOLUMENT TOUS.

Un claquement de mandibule, un galarien se gratte une corne. Sa tête s'allonge, se tord puis se fige.

Je suis désolé, nous n'avons pas pu la sauver.

Pas pu la sauver.

Pas pu la sauver.

La tête se tord dans l'autre sens.

Je suis désolé, vous n'avez pas pu la sauver.

Kydra se mit à hurler. Il n'y avait plus âme qui vive autour d'elle, juste une scène des plus macabres. Un tas de cadavres se dressait à quelques mètres d'elle. Des cadavres étrangement ressemblants les uns des autres. Des cadavres aux cheveux roux.

Un choc. Le contact du sol froid ramène un instant Kydra à la réalité. Toujours recroquevillée et délirante sur le sol glacial du centre. Tremblante, frigorifiée, elle venait de découvrir que mélanger la peur à l'une des plus puissantes drogues de la galaxie n'était pas la meilleure expérience qui soit.

Elle releva sa tête recouverte de larmes et de mèches noires et parvint à peine à articuler.

S'il vous plaît, ramenez la moi en vie...



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MessageSujet: Re: Trinité   Mer 05 Avr 2017, 00:22

Kydra Lifith & Erika Longhorn
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Un moment de calme… Profond, intense et bienvenu. Nous sommes toutes trois exténuées, physiquement et mentalement. Assise sur une poutre délabrée, mes yeux douloureux ne pouvaient se décrocher du tableau idyllique devant moi. Les deux jeunes femmes, dans l’ombre d’un magnifique contraste baigné d’une chaleureuse lumière orangée, échangeaient un baiser d’une infinie douceur. Prompte à pleurer une nouvelle fois, j’essuyais rapidement une première larme, comme pour donner l’avertissement aux autres. Non, pas cette fois. J’appréciais le silence ambiant, les oreilles légèrement sifflantes. Incongru et imprévu, ce moment apparaissait comme un joyeux pied-de-nez à cette affreuse journée.

Un bruit sourd et étrangement familier se fit entendre alors que nous détournions toutes les trois la tête brusquement dans sa direction. Je comprenais très vite. L’ascenseur. Une fraction de seconde et Erika, pour la seconde fois, sautait prestement pour accueillir qui ce put être. Je descendais tout aussi vite de ma position, en retrait, pour venir me placer juste devant Kydra, en lançant un regard protecteur dans sa direction. Ma main s’était de nouveau accrochée sur l’Acolyte. Y apparaissaient des rayures alors qu’inconsciemment, je l’avais jeté pour rejoindre la jeune rousse quelques temps plus tôt.
Cette fois, ce ne serait pas pareil ! Cette fois, je ne serais pas le pantin désarticulé et faiblard, bonne qu’à pleurnicher quelques stupidités. Cette fois, je ne me cacherai pas derrière ma propre honte, surtout après avoir vu ce baiser. Non ! Accroupie, la peur me reprenait au ventre, doucement mais sûrement, insidieux poison paralysant. Je posais la main sur le bras de Kydra, peut-être plus anxieuse encore que moi.
Celle-ci, courageusement, tenta un vain mouvement pour se relever qui lui arracha une grimace. Je tournais la tête en sa direction, un sourire crispé sur les lèvres. « Tout ira bien » murmurais-je en sa direction. Ces paroles, bêtement prononcée, n’eurent pas l’effet escompté. Après tout, qu’est-ce je pouvais espérer… Erika et, par extension, nous toutes étions en danger de mort. Au même moment, des coups de feu et des grognements s’entremêlèrent dans un brouhaha fulgurants et furieux. Kydra et moi, immobiles, observions l’endroit d’où provenait le bruit. La poussière s’élevait en nuage, presque dérangée pour venir s’envoler sur le côté non terminé de l’immeuble.
Je resserrais mon étreinte sur l’arme. Les bruits avaient soudainement cessé laissant de nouveau place à un silence affreux et pesant qui s’abattit sur la scène dont nous ignorions encore tout.

Choquée, je poussais un cri qui sorti du fond de mes entrailles. Erika, ensanglantée et chancelante, apparaissait un peu plus loin. L’un de ses jambes trainait lourdement tandis que son épaule étalait une sérieuse blessure. Idiote ! Pourquoi ne te précipitais-tu pas sur elle pour l’aider ? De justesse, je retenais la jeune Erika au moment où sa main touchait le sol. Complètement inanimée, elle perdait beaucoup de sang.

- Je… Je suis là, ne t’inquiètes pas. Je… - commençai-je d’une voix tremblante mais assurée. – Nous la…

Je n’eus même pas le temps de finir qu’elle partait déjà, autant portée par cette drogue dure que par l’amour qui liait ces deux êtres. Je trottinais stupidement un peu en arrière, dans l’idée de rattraper au mieux la jeune femme au bout de ses forces. A une vitesse moyenne, nous parcourûmes en plusieurs dizaines de minutes la distance qui nous séparait de l’hôpital le plus proche. Nous voilà, déambulais au milieu des regards interloqués et curieux, auxquels nous ne prêtions guerre d’attention, les yeux rivés sur le visage sans expression d’Erika presque paisible si l’on ignorait la tâche écarlate qui s’était propagée imbibant ses vêtements.

Finalement, dans un ultime effort, je regardais Kydra déposer le corps inanimé sur un brancard. Plusieurs médecins s’agglutinèrent progressivement autour de la table, au chevet de la jeune rouquine en étant critique. Je ne pus, encore, m’empêcher de m’insulter intérieurement. Petite idiote sans défense que j’étais ! Mes années sur Noveria, survivant comme je le pouvais au saccage des Moissonneurs, n’avaient donc servi à rien ?! Pendant que je tombais dans les vapes, pendant que je pleurais, cette jeune femme n’avait pas hésité une seule seconde, jamais je n’oublierai le regard empli d’une farouche détermination qu’elle me lança juste avant de s’avancer vers ce maudit ascenseur, pour sauver la vie de la personne à qui elle vouait un amour sans limite. Pas une seule seconde de réflexion !

Je reprenais mes esprits devant une Kydra indomptable. L’arme pointée vers un médecin paniqué et à terre, je m’interposais d’un rapide saut et pris avec tendresse sa tête entre mes mains, collant mon front contre le sien, nos regards enchainés.

- Ecoute ma belle… Ecoute moi… Tu… - dis-je en ravalant un sanglot. – Tu... as tout fait et bien plus encore. Tout ! Elle n’est plus en danger maintenant, ils vont s’occuper d’elle. Calme-toi, ma belle.

Je déposais un baiser sur son front, dans l’espoir de calmer la panique croissante qui s’élevait en elle, conséquence des nerfs qui ne supportaient plus, c’en était trop pour eux, inhibés qu’ils étaient par la drogue…
Kydra assise sur le sol, je repartis en direction du médecin qui lissait piteusement les plis de sa veste.

- Vous ! – lançais-je avec un ton autoritaire que je ne me connaissais pas. – Je suis Beeythia Moraios, à la tête de la Lumiena Corporation ! – Il parut reconnaître à l’expression surprise qu’il afficha. – Je vous donne un feu vert complet, vous aurez tout l’argent nécessaire tout ce que vous voulez, mais je veux cette jeune femme en vie. Vous entendez, EN VIE ! – m’écriais-je maintenant, les larmes aux yeux. – Je veux le meilleur médecin d’Illium ic, de suite !

Déboussolé et apeuré par la posture que j’avais involontairement prise, il acquiesça vivement et tourna rapidement les talons. Je m’avançais un peu plus loin, en direction d’un poste de garde et demandait une couverture chaude qui me fut donnée avec un regard inquiet. Mon état devait bien évidemment être particulièrement affreux mais je n’en avais que faire de mon état et de leur avis.

Je m’approchais doucement de Kydra, frissonnante, pauvrement recroquevillée sur le sol, la tête cachée en prise à un rire forcé. Je l’attrapai par le bras, la serrant avec gratitude et confiance. Elle laissa échapper un cri perçant qui me brisa le cœur. Que la Déesse en soit temoin… Un tel lien… d’une telle puissance. Si Erika venait… Non ! Non et non ! Jamais. Elle ne peut pas mourir. J’entoure sa tête de ma main pour éviter qu’elle ne se cogne le temps que sa crise de panique passe, ma tête à côté de la sienne berçant légèrement.

Elle me regardait, perdue et décrochée, en chute libre dans le puit sans fond de la tristesse. Mes doigts vinrent instinctivement se poser sur ses joues pour essuyer les larmes tandis que je gardais les miennes à grande peine.

- Oui… Je me suis assuré qu’elle dispose du meilleur, Kydra. Du… meilleur. Viens. Suis-moi. Elle t'aime d'une force, ça saute aux yeux. Elle ne te laissera pas tomber, promis. – la rassurais-je en me levant.

Je nous dirigeai, le pas lourd, vers un long banc dans un couloir non loin. Kydra paraissait trop épuisée pour protester. Je l’allongeai dessus et dépliai la couverture sur ses membres endoloris et fragiles. Soutenant sa tête d’une main, je vins m’asseoir au bout du banc, la tête de la jeune femme sur mes genoux, la main sur son front bouillant. Et nous restions ici, immobiles et interdites.

Kydra savourait maintenant un repos plus que mérité alors que je frottais frénétiquement mes avant-bras dans le frais des couloirs. Seule une lumière crue provenant de néons d’un blanc impeccable nous éclairait. De temps à autre, un médecin venait nous voir et nous annonçait, la voix grave, l’état de l’opération, le fait qu’Erika ait perdu beaucoup de sang et la gravité de ses blessures. Je lui assurai à chaque fois, dans un souffle perdu, que je mettais à leur disposition tout ce que j’avais, tout ce que la Lumiena avait auquel il répondait toujours d’un signe de tête affable et rassurant. Et ainsi, nous attendions, perdant complète notion du temps.

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MessageSujet: Re: Trinité   Mer 05 Avr 2017, 01:25


Trinité
La claret augmenta peu à peu derrière les paupières d’Erika. Au point d’en devenir gênante, l’extirpant d’un sommeil réparateur et sans rêves. Elle se retrouva aveuglée en ouvrant les yeux. La lumière vive d’une pleine journée sur Illium emplissait la pièce, la transformant en un monde d’une infinie blancheur. Il lui fallut de longues secondes pour que ses pupilles parviennent à s’acclimater, lui indiquant que cela devait bien longtemps qu’elle ne les avait pas ouvert. Une immense baie vitrée expliquait l’intensité lumineuse sur toute la façade ouest de la pièce. A peine consciente de son corps, une douleur aigue mais passagère traversa son épaule quand elle tenta de la déplacer. Son bras était bandé en écharpe contre sa poitrine.

Elle se souvint de l’ascenseur, du combat, de la blessure. Kydra ! Elle tenta de se redresser et s’arracha une autre grimace de douleur. Et se rendit compte qu’elle était incapable de bouger ses jambes. Elle baissa les yeux. Et un sanglot remonta dans sa gorge.

Mais aucune tristesse ne remplissait les larmes qui lui coulèrent sur les joues. Elle était là. A moitié allongée sur le lit, une jambe dans le vide, sa tête sur le ventre d’Erika. Sa cage thoracique se soulevant au rythme lent de son sommeil. Elle avait abandonné le haut de son armure, ne portant plus qu’un débardeur, ses bras nus encore couvert des bleus et marques de la bataille, et par l’ouverture sous son bras elle put voir ses côtes bandées. Elle était en vie. Et elle aussi. Un sourire étira ses lèvres. Elle se sentait sans dessus dessous, avait mal partout, avait faim et soif. Mais elle n’aurait échangé cet instant contre rien au monde.

Sa main valide vint se poser tout doucement sur la tignasse en bataille de son trésor faite femme. Elle caressa doucement son crâne de longues minutes, émerveillée qu’une si belle chose puisse lui accorder son attention à elle. Un mouvement finit par attirer son attention au fond de la chambre de ce qu’elle devinait être un hôpital ou une clinique. Beeythia Moraios, l’asari.

Celle qui devait n’être qu’un trophée pour l’UCIP est qui se retrouvait en passe de devenir ce qu’elle avait de plus proche d’une amie. Elles avaient échangé à peine quelques mots, mais elle avait été là pour elle, et plus que tout, pour Kydra, alors que rien ne l’y obligée. La jeune femme au teint violacé dormait elle aussi sur une chaise, la tête contre le mur. Elle était encore là. Décidément cette fille la surprendrait toujours. Elle s’éveilla d’ailleurs, surement la sensation d’être observée, l’extirpant du sommeil. Ses grands yeux se posèrent sur Erika, et s’emplir de tendresse et de joie, ce qui fit rougir la militaire. Se sentir responsable de la joie d’autre personne était un concept qu’elle ne maitrisait pas encore. Elle lui sourit cependant et murmura :

-Merci.

Dans sa direction. Très bas, pour ne pas réveiller Kydra. Car elle se sentait infiniment reconnaissante envers cette inconnue pourtant si proche. Son regard continua à parcourir la pièce, tentant d’échapper à ce regard trop bienveillant pour sa personne. Sur une chaise à côté d’elle, ses affaires, ou ce qui en restait. Des lambeaux pour beaucoup. Elle avait de la chance d’être en vie. Sur le haut de son armure l’épaulière droite était en morceaux, trou béant provoqué par le couteau turien.

L’écusson de l’Alliance qui y était gravé, était fendu et couvert de sang. Erika se demanda si c’était là un signe. L’avenir qu’elle avait tracé en suivant son cœur plus que son esprit. L’Alliance, détruite. Mais même si cela devait être le cas, elle dû admettre qu’à cet instant, elle s’en fichait. Seule Kydra importait. D’ailleurs sous ses doigts, le crâne se mit à remuer doucement. Et sa compagne leva doucement son intense regard émeraude vers elle. Qu’elle était belle.

-Je suis là.

Fut tout ce qu’elle parvint à dire avant que l’émotion ne lui serre la gorge.

Feat. Kydra & Beeythia

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MessageSujet: Re: Trinité   Jeu 06 Avr 2017, 00:33





Quelle agréable sensation. Kydra fut accueillie par le plus magnifique des visages à son réveil. Elle mis quelques instants à se remémorer l'intégralité des événements qui avaient eut lieu avant d'écarquiller les yeux. La jeune femme se replaça alors à califourchon sur Erika, une jambe de chaque côté de son corps et tendit ses bras pour les croiser derrière sa chevelure rousse, se serrant très fort contre elle.

Tu m'excuseras, mais j'aimerais éviter que tu disparaisse à nouveau dans un autre ascenseur.

Elle posa son front contre le sien et ferma les yeux.

Ne refais plus jamais ça, idiote.

Kydra vint alors fourrer son visage le long de la joue de sa compagne, profitant en silence de l'instant présent. Parler n'était pas nécessaire, l'étreinte qu'elles échangeaient était bien plus significative que des mots. Les doux rayons de lumière venaient se déposer sur la peau de la jeune femme, éclairant la scène de sa merveilleuse bénédiction. La sensation du corps chaud d'Erika contre le sien fit oublier à Kydra son horrible mal de crâne, un plaisir lointain qu'elle retrouvait enfin.

La jeune femme fit une prière silencieuse, remerciant le destin de lui avoir rendu Erika saine et sauve. La rouquine représentait tout ce qu'elle chérissait, un manque qui s'était fait omniprésent depuis bien des années, mais qui se retrouvait finalement aujourd'hui comblé à nouveau. Cette simple mission venait de placer sur son chemin le plus beau des joyaux et Kydra comptait bien en prendre le plus grand soin.

La jeune femme mordilla taquinement l'une des oreilles d'Erika avant de relever la tête et de plonger son regard dans celui de la magnifique créature à laquelle elle tenait tant.

Cette fois ci, je vais repartir avec toi Eri. Nous allons bâtir notre monde, toutes les deux.

Kydra ferma les yeux et lui tira la langue quelques instants.

Quel cruel sort peut donc bien attendre une officier de l'alliance enlevée par une reine pirate, mmmhhh ?

Kydra se redressa, désormais assise sur sa bien aimée, et glissa ses doigts dans l'une de ses mains. Ce contact était nécessaire, elle devait la garder près d'elle d'une manière ou d'une autre, s'assurer de sa présence, beaucoup trop terrifiée à l'idée de la voir disparaître à nouveau.

La jeune femme tourna sa tête en direction de l'asari qui les observait à quelques mètres de là.

Petite Bee... Tu possèdes désormais ma gratitude éternelle. Tu as sauvé la vie d'Erika, et tu as été présente à mes côtés pendant que je frôlais les abysses. Tu nous a aidé, nous, de parfaites inconnues, alors que tu as été entraînée dans cette histoire contre ton gré. Je ne sais pas comment te remercier. Mais sache que je serais présente si tu as jamais besoin de mon aide.

Une autre présence se fit sentir. Un turien en armure attendait près de la porte tandis qu'une guerrière Ardat Yakshi pénétra dans la pièce. Elle s’avança en silence jusqu'à l'endroit où été rassemblé toutes les affaires de la rouquine. La combattante posa un œil sur Kydra, attendant visiblement une directive.

La jeune femme se tourna alors vers Erika, les yeux brillants.

Es tu prête à venir conquérir les étoiles à mes côtés ?



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MessageSujet: Re: Trinité   Dim 09 Avr 2017, 23:05

Kydra Lifith & Erika Longhorn
TRINITÉ
J’avais désespérément tenté de lutter contre le sommeil qui m’envahissait sans relâche, profitant aisément de ma faiblesse actuelle. Engourdie, affalée sur une chaise très peu confortable, nous étions maintenant toutes trois dans cette pièce silencieuse, uniquement ponctuée par le métronome des appareils.
     
 
Lorsqu’une vingtaine de minutes plus tôt, un médecin à l’allure fatiguée, était arrivé dans le couloir pour nous annoncer le succès de l’opération, nos yeux se rencontrèrent instantanément au son d’un soupir commun. Supportant le poids d’une Kydra encore très faible, nous fûmes autorisées à entrer dans la chambre à la condition de ne pas réveiller Erika. Dans un mouvement calculé, je parvins à allonger la jeune femme sur le lit, aux côtés de la rouquine, en remarquant que celle-ci ne tardait pas à sombrer une nouvelle fois dans un sommeil réparateur.
Je m’éclipsais quelques minutes, remarquant le regard insistant de l’infirmière qui venait d’arriver. Tout travail mérite salaire. Il fallu une bonne dizaine de minutes pour remplir les papiers administratifs nécessaires au paiement des frais, exorbitants, de l’hôpital privé. Sans aucun regret, laissant même une vague de soulagement m’envahir, je signais virtuellement le bordereau pour autoriser la transaction depuis mon compte en banque personnel.
 
Je ne peux me souvenir d’un sommeil aussi profond que celui-ci. Sans rêve, sans aucune perturbation extérieure, je m’autorisais d’oublier tous les événements du jour. Vidée, exténuée, la longue journée touchait enfin à sa fin, pour le meilleur et pour le pire. Je ne pus me réveiller qu’un certain temps plus tard, je ne pourrais dire combien, pour retrouver l’apaisante atmosphère de la chambre, réchauffée par les rayons d’un soleil nouveau et éclairée d’une lumière chaleureuse. Clignant frénétiquement des yeux pour chasser la fatigue, je parcourus la pièce avant de tomber dans les yeux d’Erika, réveillée et apparemment en bonne santé, une larme sur la joue.
Nous échangeâmes un long regard, qui valait pour tous les mots. J’affichais un visage apaisé et illuminé. Je sentais malheureusement une gêne que je ne comprenais pas dans les yeux de la jeune rouquine, bien vite balayée par un « merci » des plus honnêtes. J’hochais la tête, toujours fixée avec un léger sourire avant d’entendre un grommèlement provenant de Kydra. Celle-ci revenait petit à petit parmi nous.
 
Du fond de la pièce où je me trouvais, je ne voyais que deux jeunes femmes dont j’ignorais presque tout, sauf leur nom. Je ne pourrais m’expliquer pourquoi j’avais agi ainsi, hier, mais les émotions avaient été nombreuses et fortes. Trop fortes pour moi… Je réalisais que je me trouvais au chevet de deux inconnus et que, malgré tout, c’était l’un des moments les plus tendre que j’eus l’occasion de voir. Je faisais volontairement abstraction de leurs paroles pour ne voir que deux visages angéliques, fondant de passion l’un pour l’autre, si éloignés de leurs apparence de la veille.
 
Les paroles de Kydra ramenèrent les larmes à mes yeux alors que je souriais bêtement en leur direction. En proie aux courbatures, je me levais difficilement de cette chaise pour m’avancer vers elle, déposant un léger baiser sur leurs fronts, séchant leurs larmes de mes doigts violets. Encore une fois, je manquais de mots.
 
-       Je… Je ne vous oublierai pas, sachez-le. Vous serez toujours les bienvenus sur Illium. P…Prenez soin de vous.
 
Dans un dernier regard, désireuse de ne pas déranger leur moment plus longtemps, je traversais la porte avant de la refermer doucement. De toute mes forces, je retenais pour la énième fois récemment mes sanglots, passant frénétiquement ma main pour sécher les larmes et poussait enfin la porte de l’hôpital, signant la fin de cette magnifique histoire.


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Trinité

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