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 Chasse à la vermine

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MessageSujet: Chasse à la vermine   Dim 16 Avr 2017, 21:13

Intervention MJ : NonDate : 3 avril 2202RP violent
Abbadon Bynare ♦ Ravi Vertax ♦ Alec Sykes
Chasse à la vermine

Illium, porte d’entrée et de sortie de deux mondes aussi différents que complémentaires au sein de cette galaxie… Au-delà de son espace s’arrêtaient les innombrables et souvent incompréhensibles notions du droit concilien pour laisser la place à la loi du plus fort, du plus malin ou du mieux armé selon les contextes. Etre les trois à la fois se révélait bien souvent la clé du succès pour les malfrats et corporations en tout genre opérant dans les Terminus. Un succès qui se terminait bien souvent en queue de poisson, toute œuvre potentiellement durable au sein de cet espace mourant très vite dans l’œuf, écrasée sous la botte d’un rival à l’affût.

Mais même s’il était possible de bâtir quelques chose au sein de ces systèmes, même éphémère, ce fut leur capacité à corrompre ce qui est déjà qui motiva le détachement d’une mission spéciale de l’Alliance sur la colonie Asari…

En ce début avril, le gouvernement martial de la Terre et ses colonies poursuivaient ses efforts d’enquête et de purge au sein de ses rangs. On ne comptait désormais plus les soldats et officiers mis à pied, voire arrêtés, pour manquement au devoir, collaboration avec des entités étrangères prohibées et autres activités louches. En tant qu’agent N7 et officier rattaché à l’UCIP, Alec faisait depuis de longues semaines partie de cette campagne de grand nettoyage. Son unité revenait d'ailleurs d’un raid sur une plaque tournante du trafic d’armes d’origine militaire, sur cette bonne vieille Pragia de l’Etendue Nubienne, lorsque la nouvelle tomba par holoconférence.

- « Vous avez le feu vert. Le Midway est redirigé vers Illium. Préparez vos hommes au briefing à H-3… » lui avait déclaré son officier de liaison auprès du QG d’Arcturus II.

La suite s’était déroulée plus ou moins comme l’attendait le Commandant depuis quasiment trois mois entiers. A force de persuasion auprès de sa hiérarchie, et devant le cruel manque d’avancées que faisaient les services de renseignements sur le sujet, on dépêchait son bâtiment vers les sources d’informations les plus fraiches : les Terminus. Quant à savoir la raison pour laquelle le choix de l’Etat-Major se portait sur lui et ses hommes… Sans doute l’année passée y avait-elle jouée son rôle. L’explosive crise du pénitencier de Nalisin gérée en collaboration avec la Hiérarchie Turienne, la neutralisation du – toujours aussi – mystérieux terroriste sur Haratar et sa participation – aussi infime soit-elle – à l’attaque sur le repaire de Machiavel devaient y être pour quelque chose.

Sa mission principale consistait désormais à investiguer sur toutes les ramifications encore existantes du réseau mises en place par le terroriste. Pour cela, toutes les pistes à sa portée seraient les bienvenues. Et justement, l’une d’elle s’avérait du plus grand intérêt… A la fois fraiche et pleine d’enjeux : la mystérieuse et soudaine disparition, et le vraisemblable décès, d’un officier primé de l’Alliance.

- « Erika Longhorn, Lieutenant-Commandant à la tête du SSV Arnhem, agent N5 détaché sur Illium pour le compte de l’UCIP. Son omnitech a cessé d’émettre il y a une semaine au beau milieu de Nos Astra. La procédure automatique d’urgence a été respectée : suppression immédiate de toutes ses accréditations, invalidation de ses codes d’identification et renvoi de toutes les données de son omnitech vers un relai crypté de l’Alliance au sein de la ville. Récupérez ces données et renvoyez-les nous pour analyse. La disparition du corps de Longhorn est également suspecte, c’est une piste à creuser… »

Pensif alors qu’il fixait la silhouette holographique en uniforme qui consultait avec attention un datapad posé non loin, Sykes commençait déjà à imaginer tous les cas de figures envisageables.

- « Vous opérerez sans filet. L’Alliance ne peut être impliquée publiquement dans une affaire de collusion avec un acteur étranger. Encore moins au sein des Terminus… Votre appareil sera officiellement en représentation diplomatique auprès des hautes instances de la planète. La délégation que vous recevrez à bord durant votre voyage étayera cette couverture. Le Midway servira alors de QG opérationnel, relais de communication et laboratoire de fortune en cas de besoin. Votre équipe sera là en renfort et se chargera de trouver un appareil pour quitter la planète si vous étiez amenés à bouger. Les fonds alloués à cette opération sont conséquents. Tachez de les utiliser avec parcimonie… »

Les opérations spéciales et leurs caisses noires… On ne pouvait en deviner le nombre ou même le montant global, mais bon dieu qu’elles servaient bien sur certaines missions ! Celui-ci en ferait assurément partie tant les possibilités de recherche et les ressources qu’il faudrait mobiliser étaient importantes. Il conviendrait bien vite d’évoluer dans toute sorte de lieux et milieux peu recommandables pour le citoyen concilien lambda. Les Bas-Fonds de Nos Astra en première ligne, probablement. Le genre d’endroit où les crédits ouvrent bien des portes… ou vous coûtent la vie pour peu que vous vous retrouviez du mauvais côté de la prime.

- « Une dernière chose… Vous êtes libre de vous adjoindre le soutien de tout élément jugé nécessaire à la poursuite de cette enquête. Tout individu jugé non fiable et qui pourrait soupçonner votre affiliation réelle ou mettre en danger le secret de cette opération devra néanmoins être supprimé. Transferts des accréditations et ressources en cours. Vous avez vos ordres. Rapport une fois les données en votre possession. Terminé. » conclut de façon toujours aussi protocolaire la jeune femme aux traits tirés par des années d’angoisse pour ses équipes et des nuits bien courtes.

L’hologramme disparut dans la seconde suivante pour laisser place à la représentation d’une personne encore inconnue pour Alec : Erika Longhorn telle que son dossier militaire la représentait. Le N7 n’eut ainsi pas besoin de la confirmation de la passerelle concernant la réception du paquet d’informations transmises par l’Amirauté. Entre les états de services de la disparue et la ribambelle de fausses identités imaginées pour lui par le QG en cas de besoin, il eut de quoi potasser le reste du voyage. Mais l’humain n’en perdait pas pour autant de vue la raison première de son déplacement dans des régions aussi hostiles aux siens : Machiavel.

La rousse n’était que l’une des pistes mises à sa disposition par l’Alliance, bien que prioritaire du fait des interrogations que cette histoire soulevait. C’est sans doute motivé par le soucis d’aller jusqu’au bout des choses que le Commandant décida sur le trajet d’honorer une promesse faites plusieurs mois plus tôt, alors qu’il se remettait toujours de la nuit passée sur Zanéthu...

Enfin sur Illium… Plusieurs pistes à disposition. Investigations commencées. Priorité : dossier 12-B-43G. Le consulter si intéressé et répondre sur le même canal pour connaitre les modalités de prise de contact.

Voilà le message au contenu aussi léger que crypté qu’il fit parvenir à un Galarien de sa connaissance. A lui d’en faire ce qu’il voulait… La recherche de la référence l’enverrai en tous les cas vers le dossier UCIP de Longhorn, ainsi que les directives de son ultime mission. Pas mal d’éléments à assimiler pour qui est étranger à cette affaire, mais ne vante-t-on pas les capacités d’apprentissage et d’analyse des natifs de Sur’Kesh ? L’offre ne tiendrai évidemment pas indéfiniment dans le temps, si bien que sans réponse passé un délai précis dans la tête du commanditaire, il se mettrai à l’œuvre seul.

Mais en premier lieu, une fois sur place, Sykes commencerait par s’éloigner de son vaisseau pour trouver un point de chute plus discret. Le marché de l’immobilier sur Illium ne manquait pas d’occasions à saisir pour qui sait où chercher. Un petit appartement miteux dans un recoin sombre, suffisamment éloigné des zones d’affluence et dans un quartier où sortir armé n’inquiétait personne ferait l’affaire. Si son armure ne porterait pas cette fois de sigle N7 ou la caractéristique bande rouge sang, mieux valait la jouer prudent sur l’endroit où s’établir.

Une fois installé, sûr de son choix et son équipement, ainsi qu’avec une navette à disposition, il pourrait se mettre en chasse de ces fameuses données. Première étape vers qui sait quel genre d’emmerdes…




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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Lun 17 Avr 2017, 23:12

Chasse à la vermine
3 Avril 2202

Oméga



Musique assourdissante, danseurs et danseuses endiablées, néons rouges et spots blancs transformant la boîte de nuit en une antre à la fois blafarde et sanglante. Abbadon est sur une table légèrement en retrait, accompagné d'un humain anonyme et d'un verre déjà à moitié vide. Le barman est bon, découvrir les arômes cachés du cocktail présente plus d'intérêt que d'écouter les élucubrations de l'humain. Mais le galarien reste assis.

La piste semblait bonne, à la base. Un type qui avait répondu juste à plusieurs questions d'Abbadon, comme la description de la vidéo portant sur la mort de Machiavel. Un gars lambda, anti Alliance, anti Conseil, blindé d'armes, drogué, un projectile prêt à être utilisé par un individu charismatique. Un gars qui disait « avoir été contacté », à qui on avait « confié une mission », une mission « d'escorte ». D'où à où ? Plusieurs endroits : Novéria, Illium, Oméga. Escorter quoi ? Des convois ou des individus. L'idéal. Sauf que l'humain mentait.
Le galarien analysait les tics sur le visage du « mercenaire ». Il y avait des choses vraies – il faisait sans doute parti des individus faisant allégeance au terroriste – mais les escortes n'étaient que du flan. Le type n'avais vu ni Novéria ni Illium autrement que sur des holos. L'agent spécial décida de mettre fin à l'entretien.
Il leva une main, arrêtant le déballage d’ineptie du mercenaire. Celui-ci se tût, le regard légèrement brillant. Il attendait sa récompense. Abbadon la sortie de sous son manteau : un bocal hermétique, transparent, où se reconnaissait un liquide d'un bleu clair, quasiment glacial au toucher. L'agent sortie aussi une seringue et un élastique, les laissant à portée de l'humain.
« Comme conclu. »
L'homme ne se fit pas prier. Un drogué en manque, et une drogue luxueuse qui faisait baver d'envie car impossible à synthétiser sans un laboratoire d'une qualité exceptionnelle. Un trip royal où l'individu sentait son esprit s'élargir et où le virtuel devenait quasi-réel, un rêve à une époque où tous disposent d'un omnitech capable d'accéder aux plus sombres désirs du vivant. Pour ceux la testant, la réalité devenait, le temps de l'effet, un kaléidoscope de possibilités, et le tout sans nuire aux capacités de l'individu : le réel devenait l'une des nombreuses perception que le drogué prenait en compte.
Abbadon regardait l'humain, tout en roulant son tabac. Une roulée, millimétrée par l'habitude, qui prit forme dans les doigts du batracien tandis que l'humain plongeait la seringue dans son bras. Une roulée qui s'enflamma doucement sous l'action du briquet, tandis que la bave commençait à couler de la bouche de l'autre drogué. Abbadon prit une longue inspiration, puis récupéra la seringue et le poison des mains du cadavre. L'autre n'était qu'un pion, mais au vu de l'enquête, il refusait que qui que ce soit puisse raconter l'avoir rencontré. Il refusait également le risque de laisser à un type qui avait déjà accepté de travailler pour Machiavel la possibilité de recommencer.
Le galarien rouvrit son omnitech, sa cigarette entre les lèvres. Deux messages l'attendaient : le premier de Hilados, avec qui il était régulièrement en contact. Le galarien le laissa de côté, se concentrant sur le second, provenant de Alec Sykes, le N7. Moins attendu.

« Enfin sur Illium… Plusieurs pistes à disposition. Investigations commencées. Priorité : dossier 12-B-43G. Le consulter si intéressé et répondre sur le même canal pour connaître les modalités de prise de contact. »

Un dossier sur une humaine suivait : Erika Longhorn, N5, portée disparue, et autres informations complémentaires. Le genre d'individu dont Sykes et Abbadon avaient parlé des mois auparavant. Le genre à être des taupes.
«  En est-ce une ? ». Mais évidemment, le cadavre ne répondit pas. «  De toutes façons, Illium revient souvent. On dirait bien qu'il faut que j'y passe. Hum. ». Illium, le pont entre l'espace concilien et les Systèmes Terminus, une planète libéralement pirate avec le verni asari par dessus. Le royaume du Commerce, une vraie surprise que la colonie ne soit pas volus. Mais les asari avaient toujours été meilleures pour gérer leur développement dans la galaxie. Trêve de digression.
Illium pouvait receler des secrets intéressants mais aussi mortels. Au moins le galarien avait il conscience des dangers qu'elle recelait. Et Erika Longhorn ? Savait elle ce qui l'attendait, sur Illium ?
Quelques écrans plus loin, le galarien en savait davantage. Commandant une nouvelle boisson, continuant de tirer des bouffées régulières, il absorba les connaissances écrites. N5, admise au sein de l'UCIP, une mission d'escorte sur Illium et... Disparue. Pas un échec, la dénommée Beethya Moraids étant en pleine forme. Longhorn avait été déclarée morte, mais sans corps il était impossible d'en être certain. Et elle était de l'UCIP... Si c'était une traîtresse, l'assaut sur Machiavel pouvait-il être une embuscade ? Une blague sinistre où l'ennemi prévoyaient de perdre toute une ligne de défense juste pour caser autant de bombes dans les rangs adverses ? Il y avait mieux... Mais Machiavel avait montré ne pas se préoccuper de la survie de ses hommes.
Longhorn était elle une taupe ? Était elle en vie ? Si oui, saurait elle donner une piste sur les recherches de Machiavel ? Avec tant de ''si'', les probabilités étaient infimes. Mais dans tous les cas, Illium était une destination intéressante. Abbadon renvoya donc une réponse, laconique, au N7.

« Cas intéressant. Serait sur Illium demain. Rencontre à votre convenance. »

Le galarien ouvrit ensuite le message d'Hilados.

« Galarien, une nouvelle petite évaluation, et tu ne vas pas aimer : on va te donner une collègue. Vertax est dans ta situation aussi, mais avec plus d'expérience concilienne. Moins dans les Terminus, en revanche. Tirez en parti, et montre moi que tu sais travailler avec quelqu'un sur les gros coups. Tchao ! »

Le galarien grimaça. Il n'aimait pas travailler en groupe. Mais semer la dénommée Vertax n'étant pas une option, il devait faire avec. Et puis, une habituée des systèmes conciliens... Cela pouvait être utile, sur Illium. D'autant qu'une recherche rapide lui apprit que Vertax était anciennement une membre des Superviseurs. Plutôt encourageant. Mais il faudrait quand-même voir si elle était digne de confiance.

« Vertax, je suis Abbadon. On m'a informé que nous devions nous rejoindre. J'arriverai sur Illium demain. Avertissez moi quand vous y serez. »

L'agent referma son omnitech, puis le rouvrit. Dernière opération à faire, louer une place sur une navette pour Illium, heureusement assez communes. Plus qu'à récupérer ses affaires. Il dormirai en chemin.
Le galarien se leva de la table et laissa un pourboire. Saluant une dernière fois son comparse silencieux, pour toujours avachi sur sa banquette, il quitta la boîte et se mêla à la foule d'Oméga.




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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Ven 21 Avr 2017, 23:20
Chasse à la vermine
Elle bailla. C'était un bâillement lourd de sens; celui qu'on sortait alors que le poids d'une fatigue accumulée par les jours finissait par déborder et s'étendre à tout l'être, chuchotant des promesses suaves de repos et de confort. Surtout si on imaginait se pelotonner dans un canapé avec une couverture bien chaude, un holo quelconque sous les yeux et qu'on se laissait emporter par la voix des acteurs jusqu'à sombrer dans un sommeil réconfortant.
La Turienne secoua la tête en grimaçant, essayant vainement de chasser ces pensées. Il ne fallait pas qu'elle cède; pas tout de suite. Elle reporta ses yeux verts sur les lignes du livre, le parcourant avec plus de minutie qu'avant.

"Chapitre dix : La biotique et l'être.... Depuis tout temps les Asaris ont concilié spiritualité et biotique, estimant qu'il s'agissait d'un don de la Déesse. Les Temples étaient un moyen d'entrer en communion avec leur nature profonde et ...". Par les Esprits. Comment Lymuciir faisait-elle? Sa mentor lui avait passé ce bouquin indigeste, d'au bas mot huit cent pages, et lui avait vivement conseillé de le lire en entier. Une façon de "mieux appréhender la biotique et pouvoir développer ses capacités". Développer ses capacités... Ses mandibules oui. Il n'y avait vraiment qu'un peuple capable de vivre plusieurs millénaires pour décider de passer deux cents ans à réfléchir sur les tenants et les aboutissants de la biotique, plutôt que de s'entraîner.
Oh, c'était intéressant, dans un certain sens, de voir comment les autres espèces pouvaient percevoir la maîtrise de l'ézo. Mais Ravi n'avait jamais été très théorie; du moins depuis qu'elle était chez les Cabales. La pratique était à son sens la seule vraie façon de travailler et de se perfectionner. Une observation minutieuse des failles, une réflexion qui suivait et voilà, merci au revoir.

Par habitude, elle laissa ses doigts filer jusqu'au bol le plus proche, agrippant une petite poignée de noix séchées qu'elle avala goulûment. Elles craquèrent sous ses dents plus habituées à déchirer qu'à broyer et c'est sans surprise que, quelques secondes plus tard, la biotique se retrouva à tousser comme elle pouvait, cherchant à désencombrer sa trachée. Il fallait sans doute être masochiste pour recommencer, mais bon sang que c'était addictif ces petits machins. Une petite merveille Quarienne à laquelle elle ne pouvait pas résister.
Sa crise de toux maintenant diminuées, la femme reprit sa lecture.

"Chapitre dix : La biotique et l'être.... Depuis tout temps les Asaris ..."... Elle l'avait déjà lu ça, non? Merde, ça faisait la troisième fois. Les neufs derniers chapitres avaient été, si ce n'est agréable, au moins facile à lire eux. Elle les avait même retenus plutôt facilement. Mais là ... Elle coinçait. Autant s'accorder une pause bien méritée et reprendre plus tard plutôt que de forcer bêtement.
La couverture de cuir s'abattit lourdement sur les pages après que le cordon de tissus rouge ait marqué l'emplacement. Rien que l'apparence laissait supposer entendre le prix qu'avait du coûter l'ouvrage; aussi c'est avec moultes précautions qu'elle le reposa délicatement sur une étagère assez haute pour éviter toute éclaboussure malheureuse ou renversement de thé impromptu. Puis, vaincue par la fatigue, Ravi se laissa tomber sur son canapé, attrapant le premier plaid qui lui venait sous la main, avant de s'enrouler dedans dans la position dites du "Burritos de Turienne", celle qui laisse à peine une partie du nez dépasser. Après quoi, elle s'endormit instantanément, bien partie pour rester comme ça deux bonnes heures.
Ou en tout cas elle aurait adoré, si son omnitech n'avait pas sonné cinq minutes plus tard. Les Esprits lui en voulaient. Sans doute Calida qui l'estimait traîner au flanc et était bien décidée à secouer sa fille depuis l'au-delà.

- Ouais, grogna-t-elle?

- Vertax, ici Lymuciir.

Et meeeeerde ...

- Vertax, au rapport. Que puis-je faire pour vous, questionna-t-elle en se redressant. D'un geste de la main, elle tenta d'essuyer discrètement le filet de bave qui avait coulé sur une partie de sa mandibule. Grand Seigneur, l'Asari ne fit ni remarque, ni commentaire.

- Vous partez en mission. Départ demain par la navette de 5h30 pour Illium. L'esprit de Machiavel n'est pas aussi mort qu'on avait pu le croire.

C'était toujours comme ça avec Lymuciir. Ni préambule, ni perte de temps; elle allait droit au but. Pire qu'un Krogan. A y réfléchir, elle avait sans doute un père Krogan. Ouais... ça pouvait expliquer bien des choses.

- Un de vos ... collègues - tiens, c'était pas une pointe de dédain ça? -, le Galarien - on pouvait entendre les italiques dans sa voix - d'Hilados - d'accord... C'était sans doute un autre Spectre. En tout cas, il avait intérêt à faire gaffe à lui parce que Lymuciir avait l'air d'autant l'apprécier qu'un Varren malade - a déjà commencé son enquête. L'Alliance a aussi envoyé une de ses "forces spéciales" - qui l'avait mise de mauvais poil ? Quelqu'un qui n'aurait pas à en faire les frais à coup sûr -. Un de leur N5 a disparu et ils soupçonnent qu'il puisse s'agir d'une taupe. Je vous joins le dossier par canal sécurisé.
Il est hors de question que nous nous retrouvions une nouvelle fois écartées de cette affaire.


Ravi abandonna l’idée de suggérer qu’elles n’avaient pas spécialement écartées de quoique ce soit. Avec le temps, elle avait appris que sa mentor supportait mal ce qu’elle prenait pour de la défaite, et voyait plusieurs choses comme un défi.

Plusieurs fenêtres s'ouvrirent à côté de l'hologramme, indiquant tour à tour un dossier militaire portant sur une rousse, les vidéos de la mort de Caelus... Elle n'avait jamais pu les voir tiens. Encore maintenant elle regrettait de ne pas avoir été là. Que son ancien Khabalim meurt de sa main, avec honneur, plutôt que dans le noir, son nom honnis de tous.
Le rapport d'un certain Abbadon Bynare - le clan qui était à l'initiative de la Guerre Civile? Aoutch - figurait aussi. La Turienne le parcourut rapidement en diagonale, amassant uniquement les informations nécessaires. Il y avait aussi une place pour la première navette, tel qu'indiqué auparavant. Adieu repos, je t'aimais bien.

- Bien reçu Madame. Départ demain, dûment noté. Équipement discret et ... J'essayerais de collecter plus d'information qu'Abbadon, hasarda-t-elle.

- Ne me décevez pas.

La conversation s'éteignit sur ses mots, laissant la Turienne seule avec elle-même. Dans un soupir appuyé, dû au regret d'une sieste qui ne verrait jamais le jour, elle rouvrit les pages, laissant soigneusement de côté la vidéo de la mort de Caelus. Elle le regarderait plus tard. Mais... pas tout de suite. Rien que les rapports l'avaient fait grimacer. Les explosions et la folie... Elle regrettait de ne pas avoir été là pour son vieil ami, au moins une dernière fois.
Mais les regrets n'étaient que cela. Une action que l'on aurait souhaité réaliser mais qui avait avorté avant l'heure. Il était désormais temps de se tourner vers l'avenir si l'on voulait rester efficace.

Erika Longhorn donc. Ancienne Lieutenante de l'Alliance, N5, donc promise au glorieux poste des N7 et membre de l'UCIP. Disparue sans laisser de traces sur Illium et sans le moindre indice. D'elle on n'avait retrouvé ni corps, ni témoignage, ni rien qui ait pu laisser présager des raisons de son évaporation soudaine du monde. En tout cas, pas jusqu'à présent. L'enquête ne faisait que commencer, par ce N7, Abbandon et elle même. Trois élites pour une simple disparue aurait pu paraître incongru, si les soupçons n'étaient pas aussi lourd.
La N7... Impossible de se rappeler son nom; il avait dû passer dans un rapport tout au plus mais ... bah. Cette humaine donc avait trahi les siens, rejoint Machiavel sciemment et abandonné ses collègues, non sans en avoir blessés plusieurs; qu'une seconde N quelque chose disparaisse, sur une planète où il y aurait eu des activités d'un groupuscule ayant survécu à la mort de Caelus...

A y réfléchir, il y avait beaucoup de "Si". Si elle avait été juste tuée, Si elle avait disparue, Si les activités étaient confirmées - ce qui d'après le Galarien était peut probable -, si, si, si si si si ... Trop d'hypothèses, trop peu d'éléments. Ce n'était pas la peine de faire comme d'habitude et de prévoir plusieurs chemins avant d'éliminer les plus improbables au fur et à mesure qu'ils trouveraient des indices.
La meilleure chose à faire était de voir trois pistes, dont les ramifications se dévoileraient lors de l'enquête :

Erika avait été juste tuée ; Erika avait trahi pour Caelus ; Erika avait trahi mais pour une autre raison.

La biotique coupa son omnitech, jeta un regard envieux à sa couverture et se leva pour préparer son nécessaire de mission. Elle aurait le temps de dormir plus tard .... Comme toujours.





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Illium était toujours aussi.... Illiumesque. Très... Asari, même dans la bordure de la légalité ou de l'illégalité, selon comme on voyait la chose. Certes, l'ancienne Superviseure n'avait pas une grande expérience des Terminus, mais Illium restait une planète où le Conseil pouvait laisser traîner un bras, ou du moins un petit doigt, sans que tout ne remue trop. Et certains hôtels se vantaient comme possédant les meilleurs spa en dehors de Thessia. Pour qui aimait cuir comme un homard dans son jus en tout cas.
La ville lui était inconnue. Elle n'avait pas la même sensation que sur la Citadelle, où chaque passerelle avait un son familier et les ruelles un petit "je ne sais quoi" comme à la maison. Ici tout était ... nouveau. Même le bruit des pas était différent de ce à quoi elle était habituée. Une petite nouveauté avec laquelle elle allait composer sans soucis mais avec une pointe de regret. En cas de course poursuite, elle n'aurait pas les avantages de sa station. Au moins les choses n'en deviendraient que plus excitantes.

Ce constat fait, elle laissa son regard traîner sur la foule, cherchant des yeux son comparse. Elle finit par le trouver, adossé contre un mur, un peu à l'écart du reste du monde. Il observait lui aussi, roulant entre ses doigts une fin de cigarette qu'il portait de temps en temps à ses lèvres. Il avait les habitudes d'un vétéran; yeux toujours en mouvement, analyse des détails, ne jamais perdre de temps sur quoique ce soit d'inutile. Il l'avait sans doute remarqué d'ailleurs. Dommage, elle aurait voulu le surprendre.
Elle lui adressa un petit signe de la main, tout sourire, avant de se diriger vers lui.

- Hey, Abba c'est bien ça, piailla-t-elle joyeusement une fois arrivée à proximité. Ravi, enchantée.

Son air enjoué s’effaça, le temps pour elle de renifler l'air ambiant. Une grimace lui enlaidit les mandibules, dramatisée au possible.

- C'est du tabac Butarien ça, non? Urgh, j'ai toujours trouvé qu'il fallait être masochiste pour aimer ce genre de choses.
...
Hey, ne me fixez pas comme ça, je vais finir par croire que vous voulez autre chose que mon pedigree.


La Turienne dévoila ses mandibules. Elle lui laissait mener la danse. Après tout, c'était pour le moment elle qui faisait irruption dans son enquête, et non l'inverse. C'était la moindre des politesses.



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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Mar 25 Avr 2017, 18:33

Les quartiers les plus mal famés de Nos Astra… Certains rivalisaient dit-on avec Oméga quant au degré de criminalité et dangerosité que l’on pouvait y connaitre. Que ce soit vrai ou non, cartels divers et variés, gangs à ne plus savoir comment les nommer et factions mercenaires d’envergure s’y côtoyaient dans un savant mais indigeste mélange aux propriétés pyrotechniques maintes fois éprouvées. Le genre d’endroit dont la plupart des citoyens conciliens ne faisaient qu’entendre parler à travers d’obscures nouvelles des chaines d’informations de l’extranet en somme.

Pour d’autres, vivre en des lieux du genre relevait d’un combat quotidien pour la survie, l’habitude et parfois l’ambition. Il y avait pourtant, dans ces quartiers abandonnés de toute notion de droit, quelqu’un qui y évoluait pour tout autre chose, le genre de raison que l’on ne rencontrait que rarement par ici : une insatiable soif de vérité. En armure intégrale de la tête aux pieds, casqué et armé comme pour un mercenaire ayant vécu son lot de combats, un individu à la carrure imposante et la démarche assurée se traçait une route parmi un dédale de ruelles sans fin.

Un regard inquisiteur posé sur son omnitech activé, l’inconnu semblait chercher quelque chose dans ce labyrinthe où impasses et coupe-jarrets pullulaient autant que les maladies vénériennes dans les bordels du royaume autrefois dirigé par Aria T’Loak. L’étranger n’était pourtant nullement déstabilisé par le caractère oppressant et gigantesque des environs, suivant une piste déjà toute tracée pour lui. Entre deux ou trois bandes savamment esquivées pour éviter de faire du grabuge superflu et quelques petites frappes intimidées par son allure peu engageante, le N7 finit par parvenir à destination sans embûche majeure.

Là, au plus profond de ce réseau obscur de constructions en tout genre se trouvait le relais secret de coms qu’il cherchait depuis maintenant une bonne heure. La seule et unique raison de s’être aventuré si loin dans les entrailles de la cité Asari. Des centaines de mètres au-dessus de sa tête, des millions de citoyens aux origines cosmopolites vaquaient à leurs occupations sans grande importance, dialoguaient sur des sujets tout aussi cruciaux… Mais ici, là où les rayons du soleil ne venaient que rarement, quelque chose de bien plus gros se jouait…

Le dispositif de sauvegarde des données de l’Alliance, installé en milieu hostile depuis un moment par des agents de terrains, fonctionnait à merveille en dépit de l’identité véritable de son propriétaire. Conçu pour télécharger des données en attente de récupération par un élément de passage, le dispositif ne payait véritablement pas de mine. Dissimulé au sein d’un petit local technique accolé à une immense tour résidentielle, l’engin, qui faisait à la fois office de balise et de boite noire cryptée, n’avait d’ailleurs jamais attiré l’attention. Le cas de figure parfait pour qui souhaite ne pas voir ébruitées certaines infos.

Une fois ses codes d’identifications, fournis par l’état-major, communiqués à l’appareil, il suffit au Commandant de réceptionner les fichiers en mémoire pour disposer de l’historique des dernières actions entreprises par Erika Longhorn avant l’arrêt définitif de son omnitech. Du moins… en théorie. Car par mesure de sécurité, ces logs si précieux se trouvaient encore dissimulés sous la coupe d’une énième technologie d’encryptage. Le genre de code que son propre omnitech ne saurait cracker en quelques minutes.

Comme prévu depuis le briefing, l’officier de l’Alliance, incognito jusqu’ici, transmit donc ces données à son vaisseau posés à plusieurs kilomètres de là. A charge de son équipe technique de déverrouiller l’accès grâce aux clés de décryptage fournies par l’Amirauté. Le traitement prendrait cela dit de nombreuses heures d’un travail minutieux effectué par les analystes à bord du Midway. Un laps de temps suffisant pour permettre au soldat de se rencarder davantage sur les environs et de préparer la suite depuis son point de chute récemment déniché…

***

Le chemin du retour ne fut au final pas plus mouvementé que le précédent. Il faut dire que dans ce genre d’endroit, quiconque souhaitait vivre longtemps faisait généralement en sorte de se faire discret. Alors s’en prendre à quelqu’un d’aussi équipé que semblait l’être Sykes… Sans doute une petite bande mercenaire un peu ambitieuse aurait-elle pu faire du vague si le N7 n’avait pas mis un point d’honneur à éviter les attroupements et points les plus sensibles le long de son trajet. Il était inutile de se faire remarquer plus que nécessaire… du moins pour le moment.

La rencontre avec une certaine Asari, sujette de la mission de la disparue, donnerait certainement l’occasion de le faire au besoin…

Mais si Alec espérait pouvoir rentrer sans accrochage, bien mal lui en prit d’imaginer pareille chose possible. Ainsi, alors qu’il retournait auprès de sa navette, l’humain eut la surprise d’apercevoir trois silhouettes rôder autour de son moyen de transport. Furetant autour pour probablement tenter d’y pénétrer, les Vortchas, car il s’agissait bel et bel de représentants de cette race ignoble, vociféraient à n’en plus finir. Motivés par une cupidité à toute épreuve et une ingéniosité tout juste plus élevée que celle d’un varren, le trio cherchait probablement à s’emparer du vaisseau pour son propre compte.

Malheureusement pour eux, ils auraient difficilement pu faire pire en terme d’engin sur lequel poser leur dévolu… En effet, il est inutile de mentionner que c’est un Sykes passablement hors de lui qui marche droit sur les importuns. Profitant de l’état d’excitation des trois larves, il se retrouva très vite dans leur dos sans vraiment faire d’effort pour rester discret. En laisser un d’eux faire le guet ne leur était même pas venu à l’esprit tant l’impatience les gagnait à mesure que les minutes d’un échec cuisant pour forcer le vaisseau s’accumulaient…

- « Vous cherchez les clés peut-être? Quoiqu’il en soit vous avez trouvé le proprio… » lançât-il sur un ton mesquin et suffisamment fort pour être entendus entre deux jurons.

Guidé par ses réflexes, le plus grand tenta de dégainer son arme de poing et de se retourner, ce qui sonna le début de ses souffrances. Trop loin pour couvrir la distance qui le séparait de son agresseur, Alec fut néanmoins plus rapide à dégainer son Phalanx dont il déchargea la cartouche thermique chargée dans les genoux de la vermine. Sous le coup de la douleur, cette dernière rejoignit son arme tombée au sol en se tortillant dans tous les sens. Un autre, peut-être le plus stupide des trois, chargea quant à lui tête baissée et couteau en main le tortionnaire de son collègue recroquevillé à ses pieds.

Loin d’être une vraie menace, le Vortcha fut aisément esquivé puis désarmé par le N7 grâce à une clé de bras des plus simple. S’étant saisi du couteau, il en fit goûter la morsure à l’infortuné alien en lui plongeant une unique fois dans les côtes avant d’envoyer voler l’arme au loin. La victime alla ainsi rejoindre son compagnon sur le sol glacé, tandis que le dernier le fit de lui-même. Larve sans aucun amour propre ou sens de la mesure, le plus lâche du trio se perdit en vaines suppliques pour que le mystérieux bourreau en armure épargne son existence.

Stratagème inutile puisque le concerné n’avait aucunement pourprojet de mettre fin à la misérable vie du pantin ou de ses acolytes… du moins pas dans l’instant. Depuis le début, Alec avait en effet vu dans ce contretemps une occasion inespérée d’obtenir quelques nouvelles sans trop se risquer dans des recherches ou milieux très évasifs. Voilà pourquoi il n’avait fait que blesser suffisamment ses voleurs du dimanche pour leur ôter toute volonté de résistance.

Ils allaient lui être utiles sous peu, si bien qu’il se contenta de saisir avec une poigne de fer le crâne du dernier du groupe pour le précipiter violemment sur la paroi métallique de son vaisseau. Dans un « dong » des plus caricaturales, le Vortcha s’écrasa sur l’obstacle, avant de s’effondrer, assommé. Inutile de dire que les charger en soute ne fut pas bien compliqué…

***

RDV à l’adresse ci-jointe pour prendre connaissance du lieu de rencontre. Code d’entrée fourni à la suite.
Fut le message envoyé à par le Commandant au Galarien avec lequel il serait bientôt amené à coopérer.

Venait ensuite comme indiqué une adresse et un code d’entrée faisant office de clé pour pénétrer dans la planque choisie par l’humain. Le tout pointait vers un vieil immeuble d’habitation insalubre des bas-fonds, vidé il y a déjà plusieurs semaines par une des rares descentes réalisées par les forces de l’ordre locales dans ce genre de quartier. Les occupants précédents n’étant plus en mesure de réclamer les lieux avant un moment, Alec s’était installé dans un petit appartement des derniers étages. De là, il avait une vue dégagée sur les immeubles alentour, mais surtout un accès très pratique aux toits tout proches.

Laissé à l’abandon, l’endroit était loin de coller au standing que l’on peut attendre d’Illium, mais cela s’avérait suffisant pour ce qu’il avait à faire ici. Moisissures et autres fissures lézardaient les murs en tous sens, encore que le tout n’était pas encore destiné à s’écrouler dans la minute. En bref, un parfait petit nid d’amour pour tout chercheur en microbiologie ou agent à la recherche d’un endroit où planifier ses actions sans attirer l’attention d’yeux et d’oreilles trop à l’affût.

Le N7 avait néanmoins réarrangé les lieux à sa sauce, déplaçant le mobilier pour avoir plus d’espace. Certaines ouvertures étaient calfeutrées pour ne laisser passer qu’un minimum de lumière et des éléments qui ne devraient pas y être se trouvaient là. Parmi eux, des caisses de cartouches thermiques et grenades de toutes sortes, plusieurs fusils d’assaut, à pompe et de précision dénichés au marché noir, des pièces d’armures visiblement bricolées par ses soins, quelques datapads… mais surtout trois cadavres bien amochés.

Sur un canapé gisait l’un des Vortchas rencontrés plus tôt par Alec, la tête tournée de côté et formant un angle pas vraiment naturel ne pouvant signifier qu’une chose : la nuque brisée avec une force peu commune. Non loin, assis contre le mur donnant sur l’extérieur, se trouvait celui dont les genoux avaient été vaporisés à l’arme de poing… Lui aussi ne pourrait plus vraiment parler ou voler quiconque, la lame encore plantée dans sa gorge lui interdisant de se relever un jour. Quant au dernier, celui-là même qui l’avait noyé sous une pluie de suppliques, on pouvait deviner sa présence au beau milieu de la pièce centrale de l’appartement. Attaché à une chaise par des menottes holographiques, tête baissée et menton sur la poitrine, il ne donnait pas plus de signes de vie. La raison de sa mort ? Difficile à dire sans s’approcher de plus près…

Un cadre accueillant dans lequel finit par se dessiner la silhouette filiforme d’un Galarien à travers l’entrebâillement de la porte d’entrée. Malgré la faible luminosité qui régnait dans la pièce, le nouvel arrivant pourrait aisément deviner une forme humaine attablé non loin à ce qui ressemblait à un bar. Caché dans l’ombre, le N7 aiguisait machinalement un couteau de combat déjà bien assez tranchant comme ça, tout en regardant défiler une liste sur un écran lui faisant face.

- « Bienvenue dans les Bas-Fonds. Voici Ashrak, Terok et Krek… qui se sont attaqués à la mauvaise navette. Mais ils ont été plus utiles que je ne l’aurai imaginé. L’un d’eux s’est avéré bien plus bavard que les autres… » déclara-t-il en guise d’accueil tout en désignant tour à tour du bout de sa lame les infortunés natifs d’Heshtok.

Se retournant en direction d’Abbadon dans la seconde qui suivit, Alec discerna à sa grande surprise une autre présence derrière lui. En même temps, était-il compliqué de discerner une Turienne dernière un Galarien ? Autant tenter de dissimuler un Yagh derrière un Hanari…

- « Il était implicitement question d’opérer seuls aux dernières nouvelles… » fit-il en remarquer sans même chercher à dissimuler la pointe d’agacement qui germait dans ses propos.




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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Lun 01 Mai 2017, 22:42

Chasse à la vermine
4 Avril 2202

Illium



La turienne arrivait, tout sourire, vers un Abbadon encore bien embêté de la situation. Qu'allait il pouvoir dire à l'humain qui l'attendait ?

« Abbadon oui, Enchanté. Et oui, butarien. On fait avec ce que l'on trouve dans les Terminus. »

L'agent tira une longue bouffée avant d'écraser la cigarette et de la recycler dans son omnitech.

« Que savez vous de l'enquête ? »

Ravi plissa le nez, autant que possible pour un Turien, et tira la langue. Il le faisait exprès, c'était sûr.

« Vous voulez la version longue en public, ou la version codée et raccourcie ? »

Il la prenait pour une bleue ou il était fou/inconscient/autre, normalement ça sera de toute façon pas visible ?



Prudente, mais en même temps, la disparition de Longhorn n'avait rien de si secret. La turienne devait donc savoir que derrière, c'était la possibilité d'une taupe qui méritait cette enquête. Mais pourquoi maintenant ? Hilados avait largement eu l'occasion de lui mettre des bâtons dans les roues plus tôt, si tel était son souhait.

« Jamais venue sur Illium ? Le moindre bâtiment est truffé d'espions, ou de robots espions. Un bon tiers concilien, d'ailleurs. Il n'y a pas d'endroits où donner les versions longues. Mais bref. La vraie question, c'est surtout pourquoi nos professeurs ont décidé de nous mettre ensemble sur ce coup. On va en discuter en chemin. »

Le galarien quitta son mur pour s'approcher d'un taxi loué plus tôt, invitant la turienne à l'y accompagner puis lançant un trajet déjà enregistré. Trajet qui laisserait largement le temps de discuter. Il repris rapidement la parole.

« Sérieusement. beaucoup de gens biens, et bons, sont morts. Bien plus qu'il n'y aurait dû en avoir. Cette enquête... est dans son sujet même, plus risquée qu'habituellement, et je suis loin d'en voir le bout. Donc est-ce que vous savez pourquoi nous enquêtons sur l'humaine disparue ? Et si oui, êtes vous sûre que vous voulez vous lancer dedans ? »

Le galarien regardait directement la turienne, à l'affût de signes révélant une surprise, ou un mensonge, ou quoi que ce soit d'autre pouvant paraître intéressant.



Elle haussa les épaules, suivant son confrère de son pas décidé. Lymuciir lui avait joué un sale coup sur le ... coup justement. En tout cas, une blague qui n'était pas à son goût. Une loucherie louche qu'elle s'expliquerait plus tard, quand la mission, ainsi que son goût pour les alitérations, seraient passés.

« Ouais, Longhorn, N7, l'affaire Machia, tout le bordel...
On peut se tutoyer? Je déteste l'idée de vouvoyer un collègue. Et puis ça m'emmerde surtout. »


Elle souffla du nez, essayant de dégager l'odeur forte et entêtante du tabac. C'était ... écoeurant, puissant et légèrement intriguant à la fois. Mais elle était sûre que le simple fait de poser une lèvre dessus allait la tuer sur le champs. Ou en tout cas lui coller une migraine qui la mettrait hors course pendant un moment.
Qu'avait donc certaines espèces avec l'idée de s'encrasser les poumons? Elle ne le comprendrait jamais.


« Pour résumer ce que je sais de l'affaire : on suppose que Machiavel n'est pas mort - Hey, je n'ai pas encore regardé le holo - soit que son organisation a pu lui survivre. Suite à une trahison de N7 auparavant, Erika pourrait avoir tout plaqué pour le rejoindre.

Donc ... Oui, je sais, et oui, j'ai envie de vous rejoindre. »


Ses mandibules sautillèrent alors qu'elle réfléchissait. Jouer franc jeu, ne pas jouer franc jeu? Bah, il valait mieux effacer toutes les suspicions dès à présent plutôt que de reculer. Pour une fois, elle allait tomber le masque.

« Je suis Cabale. Si tu le sais pas, c'est le cas maintenant. J'étais conviendrait mieux en fait. Enfin, bref.
Du coup... Disons que je considère ceci comme une affaire de famille. »


Tiens, maintenant qu'elle y pensait, ceci pouvait bien expliquer cela quand au comportement de Lymuciir... Ainsi, elle l'aurait fait exprès? L'Asari avait donc un cœur?!
Chez le Galarien, un tressautement de sourcil lui indiqua que son cerveau filait déjà à toute vitesse.


« Il a été, fut-ce une époque, mon Khabalim. Non, je ne l'admire pas, oui, je considère que le tuer de mes mains aurait été - ou serait - un service rendu à un vieil ami, non je ne rêve pas de le rejoindre, oui je suis prête à le prouver, non, on a beau être comme une famille, les Cabales n'approuvent pas ces actes.
Honneur Turien, si tu veux. »


Son esprit tapota inconsciemment un début du rythme du bout des doigts
Quitte à subir un interrogatoire, autant devancer les questions



Une réponse plus longue, plus sérieuse, et ne faisant plus preuve d'autant de prudence parce que dans un véhicule. Abbadon ne s'en préoccupa pas, connaissant le loueur. Il suffira d'aller le voir pour s'assurer que les enregistrements de potentiels appareils que le galarien aurait pu manqué ne dévoilent jamais leurs secrets. tant qu'à la turienne... elle était déjà impliquée. Profondément. Au moins, elle ne tentait pas de le cacher, ni ne mentait dans ses propos.

« Je vois. ». Le galarien la regardait toujours, quoique moins intensément. Le pilote automatique poursuivait son chemin. « Je comprend ce que tu veux dire, le service que tu voulais lui rendre. Beaucoup de monde voulait porter le dernier coup. Mais personne n'aurait pu. Machiavel s'est détruit de lui-même, et c'est moche à voir. »

Un silence, à nouveau. OK, la turienne était impliquée. Mais qu'était elle prête à faire ?

« Nous ne sommes pas certain que les recherches de Machiavel, ou plutôt de ses scientifiques, lui ait survécu. Mais si c'est le cas, il n'y a qu'une seule solution possible : les faire disparaître. Entièrement. Y compris si cela revient à supprimer une personne les ayant vu et retenues. Elles sont... Bien pire que dangereuses. Je n'ai pas connaissances de telles horreurs depuis les Moissonneurs et Cerberus. Et encore. Si tu n'en es pas convaincue, tu ferais bien de regarder la vidéo, la boucherie qui a été commise. »

Abbadon se pencha sur le tableau de bord du véhicule, modifiant le trajet. Les réponses de la turienne lui convenait, il pourrait accepter de travailler avec elle. Ne restait qu'à convaincre son associé humain.

« Nous allons rejoindre un collègue à moi. Au-delà de tous soupçons. Il est officiellement responsable de l'enquête sur Longhorn, mais lui comme moi cherchons surtout à déterminer si, oui ou non, elle représente un risque de survie du réseau de Machiavel. As-tu déjà enquêté sur Illium, en tant que Superviseuse ? »



« Ne me spoile pas, je n'ai encore pas vu le holo comme je disais. »

Il aurait été difficile de rater le cynisme cinglant de la réponse. La phrase avait claqué, sauvage, fougueuse, comme un fouet qui mordait la chaire, à moins que le Galarien ait décidé que ce n'était pas son affaire.
La Turienne se renfrogna légèrement, un court instant, avant de reprendre son masque de légèreté. Elle sourit, dévoilant toutes ses dents, à Abba. Que ce soit son tour de se sentir mal.


Enfin, il lui suffisait de parler lui même des recherches de Caelus pour ne pas se sentir bien. Et bien, même mort cet enfoiré la devançait....

« Tu m'excuseras, je vais éviter de le faire maintenant. Mais promis, c'est la prochaine sur ma liste, juste après "Hanari d'une nuit d'été", il paraît que c'est une bonne adaptation de la pièce humaine là. »

Évidemment, c'était un pieu mensonge. "Hanari d'une nuit d'été" arrivait en troisième de la liste, après "Histoire d'une Légion" et "Mort de Caelus: le Prime".

« J'ai aidé un autre Superviseur, lors du Bal d'Illium. Enquête et protection. L'affaire ne me revenait pas, du coup je n'ai pas eu beaucoup de marges de manœuvre.
Sans ça... Quelques affaires de col blanc, tout au plus. Rien qui dépasse le stade de "Je débarque, j'esquive un ordinateur tombé d'une tour et je me frotte les mains. »


Elle dévoila une nouvelle fois une rangée de dents étincelantes



La turienne ne prenait pas vraiment bien les remarques sur le turien. Soit. Si elle voulait prendre toute la surprise et l'horreur de l'événement dans la gueule sans y être préparée, c'était son choix. Abbadon se désintéressa de ce point.
En dehors, elle était souriante. trop, au vu du contexte. Une défense, un réflexe, Abbadon ne saurait dire. Mais une nouvelle fois, ça n'était pas son affaire.

« Je vois. Et bien, il nous faudra rester discret. Nos Astra n'apprécie pas les enquêtes conciliennes, même avec des Spectres. Espérons que nous n'auront pas à devenir spectaculaire. »

L'agent revit sa dernière enquête sur Illium. Le butarien ayant prévenu de l'attentat, assassiné en pleine rue, par le même fusil qu'utilisait maintenant Abbadon. Une collaboration avec Aelos, éminence grise de la ville et agent du Courtier de l'Ombre. Et la capture de l'agent de l'Ordre, qui avait permis d'apprendre l'attaque que Machiavel préparait sur Ontarom. Et maintenant... retour sur Illium, pour voir quelles traces le turien aurait pu laisser derrière lui. La plaie.

« Nous arrivons bientôt. Je parlerai en premier. Il n'était pas prévu que je sois accompagné. »



Le duo arriva peu après au point de rendez vous. Alec Sykes l'accueilli comme pouvait s'y attendre le galarien : sans aucune chaleur.

« Il était implicitement question d’opérer seuls aux dernières nouvelles… »
« Changement de dernière minute. Mais elle est bien de notre côté. Et nous savons tous deux que nous pourrions avoir besoin d'aide. »



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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Jeu 04 Mai 2017, 23:28
Chasse à la vermine
L'interrogatoire avait été, au final, bien plus concis que ce que la Turienne avait imaginé. Le Galarien avait accepté tout ce qu'elle avait dit sans broncher, ni même essayer de mettre en doute ou d'avancer que, quand même, ce que tu venais de dire là... Tu développerais? Certes, ils étaient collègues, mais vu le raffut qu'une N5 disparue faisait, Ravi s'était imaginée considérée comme hautement suspecte. Après tout, une ancienne Cabale, connaissance de Caelus, propulsée dans une enquête dont elle ne devait sa place qu'à une demande de renfort... Même elle - et Esprits savaient qu'elle se connaissait innocente - aurait eu un brin de soupçons. Enfin, elle n'allait pas s'en plaindre. Mais quelque chose lui disait qu'Abbadon n'était pas franchement issus de la branche des enquêteurs.
Plutôt que de s'intéresser d'avantage à Bynare, la femme préféra regarder par les vitres du taxi, enfonçant son menton dans sa main. Par moment ses mandibules s'agitaient doucement, signe qu'elle réfléchissait dans sa contemplation.

Les Terminus étaient le monde à l'envers. Il suffisait de prendre tout ce qui appartenait aux conciliens, de réfléchir à la chose la plus logique en sachant cela puis de décider de faire tout l'inverse. Des drogues ? Par ici s'il vous plaît, voici votre licence, merci beaucoup et bonne journée. Des armes ? Du poing ou du lourd ? Tuer un homme ? Au troisième recours à nos services, nous vous offrons un Hanari en peluche gratuitement.
Et elle allait devoir s'y habituer dans un temps record. Bordel, même le son des pas ou la sensation que lui renvoyait le sol dans ses pieds étaient... différentes de la Citadelle. On ne lui demandait pas d'apprendre à connaître chaque fissure, chaque passage ni chaque rue mais d'improviser à la volée et de réussir. Tenter de visualiser ce que l'architecture des lieux devait plus ou moins être et prier qu'elle ait raison si elle devait se jeter d'une fenêtre pour ... aller, disons une course poursuite soudaine? C'était faisable, évidemment. Mais elle aurait tout de même aimer un peu de familiarité. Allez, qu'elle se rassure: Au moins les matériaux pour construire tout ce bordel étaient eux aussi issus de la table des périodiques. C'était universel ça au moins.

- Nous arrivons bientôt. Je parlerai en premier. Il n'était pas prévu que je sois accompagné.

La biotique se contenta d'hocher la tête, gardant ses yeux verts sur le paysage qui défilait plus lentement à mesure que le taxi amorçait sa descente. Ils allaient rire.

*******

Aussi étonnant que cela pouvait paraître, même les bas-fond d'Illium avaient leurs ordures. A moins qu'on ne dusse dire "surtout"? En tout cas, loin dans les entrailles de la ville étincelante, de l'apparat et du luxe on trouvait nombre de taudis et bâtiments abandonnés, cadavres sur lesquels reposaient les fondations de l'empire Asari. Encore et toujours plus haut, quitte à écraser ce qui fut pour laisser apparaître ce qui sera. A défaut d'être moral, cette philosophie avait le bon goût d'être pratique ; le crime illégal pouvait être réalisé loin des yeux et les enquêteurs auraient un pied à terre le temps de fouiller. Un petit nid douillet qui fleurait bon l'humidité, les cafards et obsolescence.
Ils retrouvèrent leur contact au dernier étage sans ascenseur, s'il vous plaît. Caché dans une semi obscurité, renfermé comme une bête blessée, il avait tout bonnement fortifié l'abri de fortune comme s'il s'attendait à un assaut ou, plus professionnel, ne souhaitait pas révéler sa présence par une ombre passante ou une silhouette malencontreusement exposée. Il avait aussi refait la décoration intérieure, si elle en croyait la forme attachée qu'elle percevait un peu plus loin.

- Bienvenue dans les Bas-Fonds. Voici Ashrak, Terok et Krek… qui se sont attaqués à la mauvaise navette. Mais ils ont été plus utiles que je ne l’aurai imaginé. L’un d’eux s’est avéré bien plus bavard que les autres…

Des Vortchas sur Illium? Était-ce seulement envisageable? Bien sûr, la réponse était oui; comme les cafards, on retrouvait des représentants de cette espèce dans les coins sombres, humides et cachés du reste de la galaxie. Mais ça restait... surprenant. Ils n'étaient sans doute pas arrivés ici tous seuls; on les y avait aidés.
Une nouvelle fois, le cerveau de la Turienne commençait à lister les hypothèses, classant chaque idée de la plus réalisable à la plus loufoque. A titre d'information "Catapultés / Largués depuis les égouts" ne se retrouvait étonnamment pas en tête de liste.

Sur un registre totalement différent, maintenant qu'elle y pensait, la voix lui semblait un peu familière...

- Il était implicitement question d’opérer seuls aux dernières nouvelles…

- Changement de dernière minute. Mais elle est bien de notre côté. Et nous savons tous deux que nous pourrions avoir besoin d'aide.

- Salut, Ravi, magnifique Turienne, biotique, cherche indices célibataires et probants; méchants s'abstenir.

Elle s'apprêtait à dévoiler ses dents dans un sourire quand l'expression de l'Humain - laquelle lui rappelait méchamment un Krogan qui se serait fait tirer dans le carré, à savoir un mélange de surprise et peut être d'une légère peur sous-jacente - avait quelque chose de ... familier. Lui... Elle l'avait rencontré quelque part. Il avait subit ses moqueries. Ce n'était pas possible qu'il réagisse comme ça si c'était la première fois.

- ... Lieutenant-Commandant Sykes?
...
Vous me devez toujours un verre, vous savez?


Elle croisa les bras sur sa poitrine, le regardant dans un claquement de mandibule taquin. Cette enquête allait être bien plus intéressante qu'elle aurait pu le croire en amont. Un Galarien bourrin et un Humain qui devait maudire son collègue en guise de compagnon... Sans doute qu'Alec le maudissait réellement ; l’ancienne Superviseure avait gardé de lui un souvenir très... Disons un côté assez impérialiste humain, dans la veine du "On a pas besoin que le foutu Conseil s'occupe de nos affaires, on peut très bien gérer tout seul". Bon, il avait finit par mordre à ses piques et les lui en renvoyer, quitte à parier sur un verre, mais au final, ça ne s'était jamais fait. En même temps, ni l'un ni l'autre n'avait donné son numéro pour se recroiser. Un peu sa faute à elle d'ailleurs, elle s'était barrée comme une voleuse vers la fin, son rapport à taper.

- Finissons notre enquête, et c'est moi qui vous offrirais le premier ; il paraît qu'il y a un bar très sympa en haut.

Elle écarta ses mandibules pour un sourire carnassier, laissant entendre que si elle payait le premier verre, les autres seraient au nom du N7. Bien évidemment, Abbadon était cordialement invité à la petite sauterie.

- Enfin, des promesses, des promesses... On sait ce que c'est. Pardon... je passe. Elle est étroite cette entrée, non?

Plantant ses deux collègues sur le pallier pour les laisser s'engueuler tout leur saoul, la femme se glissa dans l'appartement, furetant pour prendre ses marques. Elle évitait soigneusement les caisses de munitions et cartouches qui avaient glissés ça et là, évita de se prendre les pieds dans un tapis mité mais vicieux pour arriver finalement aux cadavres. Du bout d'une griffe prudente, elle souleva la tête du dernier. La coupure sous la gorge était nette et précise; Sykes s'était moins bagarré avec celui-ci que les deux autres. Son histoire pouvait donc concorder.

...

Hey, elle n'avait jamais dit qu'elle lui faisait confiance non plus, n'est-ce pas?

En tout cas, la mort avait été presque douce par rapport aux frères d'armes du cadavre. Moins qu'un signe de pitié, l'Humain s'était simplement débarrassé de ce qui était devenu un poids mort. Avec le recul, il lui avait aussi paru professionnel la première fois qu'ils s'étaient vu. Mince, l'Alliance formait aussi des hommes compétents? Quand certains bas du front l'apprendraient, ils allaient rager.
Par habitude, l'enquêtrice inspecta les affaires des Vortchas, des poches jusqu'à l'absence de botte en passant par la bouche. N'importe quoi qui pourrait révéler qui les avait envoyé.

- C'est de la vermine, les plus gros rats que vous trouverez sur Illium, mais rien d'intéressant sur eux...

Les deux hommes avaient semble-t-il finit de converser, et ils venaient d'approcher. Alec en avait profiter pour confirmer ce que Ravi savait déjà; sa tentative était vaine. Au moins sa conscience professionnelle était-elle satisfaite.
La biotique haussa des épaules, cliquetant des mandibules. Sa rangée de dents dévoilés indiquait déjà que son cerveau en ébullition avait trouvé de quoi répliquer.

- On ne sait jamais; parfois on peut retrouver des pièces d'or et du stuff sur certains rats.

Elle opéra un demi-tour gracieux, tapotant ses mains sur son pantalon comme si elle cherchait à retirer la salissure que les cadavres lui auraient transmis.

- Bon, sans ça, qu'est-ce que notre ami le Rat Géant vous a apprit? Je doute qu'on trouve le réseau ou votre N5 en restant ici, alors autant être productifs.

Elle croisa les bras, balançant ses hanches sur le côté pour une pose parfaite.



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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Dim 07 Mai 2017, 22:10

De toutes les surprises que pouvait lui réserver son collaborateur Galarien sur ce coup, celle-ci se posait aisément parmi les plus mauvaises. Le seul fait de devoir partager ses informations et ressources avec un troisième élément relevait déjà d’un fardeau en soit, alors quand le N7 prit connaissance de l’identité de la concernée… La turienne ne lui avait pas spécialement laissé un très bon souvenir durant leur unique et brève collaboration. S’il lui reconnaissant une certaine efficacité en situation de combat, le détachement dont elle faisait preuve par moments lui avait valu de rompre plusieurs soupapes de sécurité…

Oui, elle lui tapait littéralement sur le système, ce qui n’annonçait pas une collaboration sous les meilleurs hospices. Fallait-il vraiment que le Conseil embarrasse son camarade d’infortune, qu’était devenu Bynare depuis Zanéthu, d’un tel poids ? Etait-ce une nouvelle façon d’avoir un œil sur les agissements de l’Alliance tout en surveillant également ceux de l’ancien Agent de terrain du GSI ? Alec était porté à le croire tant ses aprioris sur les derniers agissements discutables de la première instance galactique se trouvaient conséquents.

Il ne fallut donc pas s’étonner de l’accueil « chaleureux » que réserva le Commandant à celle qu’il considérait davantage comme une pièce rapportée qu’autre chose…

- « Il ne sera plus question de grade ou même de noms véritables dès lors que nous quitterons cet appartement. J’ai carte blanche de l’Alliance pour opérer au sein des Terminus aussi longtemps que ma véritable identité n’est pas découverte… Et j’aimerais autant qu’elle le reste... Et évitez de poser vos mains n’importe où, il serait dommage de voir cette collaboration se finir de façon brutale… » lança l’officier d’un air morose en guise de salut à la Turienne et sans même mordre à l’hameçon que représentaient ses petites piques.

Il venait tout juste de saluer le Galarien et d’échanger quelques banalités de rigueur dans un tel contexte avant de se tourner vers elle. Peu enjoué à l’idée de se promener dans Illium avec une personnalité si… spéciale accrochée à ses basques, l’humain avait pointé la direction de Vertax de la lame qu’il tenait toujours en main, comme avec les Vortchas. Mais ce qui aurait pu sonner comme une menace ne l’était pas réellement.

En effet, la pointe de l’arme ne désignait pas directement l’envoyée du Conseil, qui prenait pourtant pas mal de place (au propre comme au figuré), mais plutôt la chaise où reposait encore sa dernière victime. Là, sous les pieds de la vermine qu’il avait égorgée, clignotait la lueur discrète d’un voyant lumineux rouge. Le signal qui témoignait du bon fonctionnement des explosifs que le soldat avait déployé ici et en divers autres endroits de l’appartement. Des charges incendiaires qu’il avait cru bon de prendre et disposer en guise d’ultime précaution vis-à-vis de tentatives pour le traquer.

Lorsqu’il quitterait cette planque et Illium pour de bon, le tout se déclencherait, effaçant par le feu toute preuve matérielle de sa présence. ADN, séries d’empreintes, identification des corps impossible… Son boulot était bien trop important pour risquer de laisser des traces. Au pire croirait-on à un squat vétuste et théâtre d’affrontements un peu trop violents entre factions rivales des Bas-Fonds…

- « L’avantage des rats, c’est qu’ils sont en mesure de se glisser partout et de laisser trainer leurs oreilles sans qu’on ne les remarque. Ce que celui-ci a manifestement fait… » poursuivit le N7, cette fois-ci à destination des deux nouveaux occupants de l’endroit.

Se dirigeant vers l’alien qu’il avait « proprement » vidé de son sang voilà déjà de cela plusieurs heures, l’officier de l’Alliance Interstellaire commença l’exposé du mode opératoire qu’il comptait suivre en faisant les cent pas devant le cadavre.

- « Les données de l’omnitech de la demoiselle trahissent ses derniers agissements avant de disparaitre. Elle a transmis un message pour donner rendez-vous à une personne encore non identifiée dans un chantier de construction de Nos Astra. Un chantier qui se trouve non loin d’une zone industrielle où des tirs et des combats ont été entendus voilà de cela une semaine. Ces éléments suspects sont suffisants pour motiver des actions plus directes dans cette enquête. Dans le doute, j’ai donc fait mettre tout l’équipage de l’ancien vaisseau du Lieutenant-Commandant, le SSV Arnhem, aux arrêts en attendant de tirer l’affaire au clair. La dernière chose dont on a besoin c’est de laisser des contacts à une éventuelle traitresse. Et Moraios étant toujours vivante, ça signifie forcément que la mission de Longhorn a pris une tournure inattendue… »

L’humain laissa échapper un profond soupir de lassitude, signe que toute cette affaire puait beaucoup trop les emmerdes à son goût, avant de poursuivre.

- « Mais avant de la voir, j’ai besoin de toutes les preuves matérielles et circonstancielles possibles. Et c’est là que mon "ami" Krek m’a donné davantage d’informations. Il a été en mesure de me livrer l’adresse de l’entrepôt, au nom de l’Asari, où le gros de l’affrontement entre deux factions pirate semble-t-il, s’est déroulé. Apparemment ses petites manies de trainer dans les bars à la recherche de bruits de comptoirs à revendre au plus offrant lui a permis de se faire une petite réputation dans les environs… En temps normal je n’aurai donné aucun crédit à la parole d’une Vortcha, mais ses infos se recoupent avec ce que j’ai déjà obtenu. Ça vaut le coup d’aller voir… »

Une main sur l’épaule de son informateur, qui n’était plus vraiment très frais, il le dégagea de son siège d’une tape nonchalante tandis qu’il parlait. Le macchabée rejoignit le sol dans un bruit sourd tandis qu’il concluait sur une note étonnement plus détachée et positive qu’auparavant.

- « Lorsque l’on en aura terminé ici, vous pourrez piocher dans les réserves que j’ai pu trouver au marché noir… Cette planète est un vrai supermarché, on y trouve de tout lorsque l’on cherche des trucs en particulier. Et même sans chercher à vrai dire, mais surtout des emmerdes dans le second cas. » dit-il avec un regard étonnement appuyé à destination de Ravi.

Un message particulier à interpréter ? Quoi qu’il en soit, à défaut d’être enrichissante, cette coopération serait… pleine de surprise(s) ?




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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Lun 15 Mai 2017, 12:24

Chasse à la vermine
4 Avril 2202

Illium



Sykes n'étais pas heureux d’avoir une collaboratrice supplémentaire, ce que comprenait aisément Abbadon. Mais il semblait en plus connaître cette turienne, et ça n'augurait rien de bon pour la suite. Visiblement, Ravi ne déparait jamais de son comportement taquin.

L'humain n'avait pas perdu de temps, retrouvant l'adresse du dernier lieu où s'était rendue Longhorn. Le galarien fit une rapide recherche sur son omnitech, histoire de vérifier si d'autres enquêtes avaient commencé à dégager le chemin. Mais rien n'avait suffisamment attiré l'attention, peut-être parce que l'implication de l'Alliance dans les troubles n'était pas connue.

« On connaît notre destination. Rien de spécial dessus, les forces de l'ordre ont simplement mis ça ça sur le dos des gangs. Ça sent le constructeur qui ne voulait pas voir son chantier ralenti. »

C'était là l'une des raisons pour lesquelles Abbadon n'avait jamais choisi de s'installer sur la planète : la corruption. Les crimes étaient aussi courant que sur Oméga et les lois conçues pour avantager ceux qui en avaient les moyens. Mener une enquête légale sur cette planète était l'une des choses les plus frustrantes qui soit.

« Une semaine. Une partie des traces risquent d'avoir disparu. Il faut y aller au plus tôt. Comme maintenant. ». Le galarien haussa les épaules. « De toutes façons, demander un mandat est une perte de temps ici. On peut aussi attendre la nuit. Ça laisse le temps de faire des achats, si vous en avez besoin. J'ai déjà ce qu'il me faut. ». Abbadon se tût un instant, bref. « Je vais commencer à observer le lieu, histoire de voir s'il y a une surveillance ou non. On s'y retrouve quand vous serez prêts. Contactez moi si besoin. ».

Un signe de tête, puis le galarien s'en fut.

***



Le chantier pouvait se résumer en un mot : rentabilité. Les ouvriers étaient peu nombreux par rapport à la masse de travail que percevait Abbadon, la surveillance sur leur dos était forte mais quasiment absente lorsqu'il s'agissait de protéger le chantier ou les travailleurs, et les horaires sans doutes infernales. Et évidemment, l'objectif du chantier semblait être une tour de bureaux laide à en crever. Le genre de bureaux où galarien avait attrapé un quarien, quelques mois auparavant...

L'important était l'absence de réel système de sécurité. Quelques mécas, sans doute un ou deux organiques quelque part, mais rien qui ne pourrait être surmonté facilement, par la discrétion ou par le bluff. Des chemins de ronde prévisibles, et d'après les scans qu'avaient fait le galarien, pas de caméras. Abbadon transmis les informations à ses collègues, avant de quitter les lieux rejoindre cette fois-ci le hangar où des coups de feux avaient été entendus.

D'après les informations préliminaires, le hangar appartenait à Lumnia, l'entreprise de la cible protégée par Longhorn. Assez isolé, il était aussi peu protégé, chose surprenante au vue du domaine de l'organisation. Pas de gardes, et le galarien pénétra en toute tranquillité dans le bâtiment. Celui-ci était quasiment vide, ce qui expliquait peut-être l'absence de surveillance. Mais pourquoi ? À cause des coups de feu ? Des traces apparaissaient encore, ici et là, ainsi que des marques montrant que des cargaisons, beaucoup de cargaisons, avaient été déplacées récemment.

Reprise des scans, mais cette fois-ci en essayant de recréer la scène. L'omnitech projeta quelques hologrammes, collant plus ou moins bien avec les traces laissées. Il y avait visiblement plusieurs personnes, il y avait eu un bref affrontement et des morts, mais les informations manquaient pour identifier le nombre exact, et moins encore les caractéristiques des individus. Impossible d'être certain que cet affrontement était lié à l'humaine, même si la proximité des lieux était troublante. Seule l'interrogatoire de Moraios permettrait d'y répondre. Abbadon laissa échapper un grognement de frustrations. Il renvoya un message.

« Le hangar ne mène à rien sans l'apport d'autres informations. L'asari devrait pouvoir nous apprendre ce qu'il s'est passé ici, mais j'ignore si c’est lié à l'humaine.
Le chantier sera bientôt vide. Quand vous voulez. »



____________INFOS HRP____________


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Voilà ! J'ai choisi de bouger un peu la scène, histoire qu'on avance dans les actions. Si ça gêne ou que vous voulez faire des dialogues avec Abba, n'hésitez pas. x)



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MessageSujet: A   Mar 30 Mai 2017, 20:55
Chasse à la vermine
Alec n'avait pas changé. Toujours le même genre d'homme pour ce qu'elle s'en souvenait ; en retrait, mordant, à se méfier de toute le monde ... Il ne devait même pas faire confiance à son propre reflet, des fois que celui-ci aurait une idée derrière la tête. La bougeotte, c'était nouveau par contre. A force de faire les cents pas, il lui avait presque donné le tournis.
Malgré ses réticences, il partagea les informations. Silencieusement, Ravi l'écoutait, notait ce qui semblait intéressant et ce qui l'était moins. Pour le moment, l'affaire était effectivement louche mais... Ce n'était pas la façon de procéder de quelqu'un qui aurait rejoint Machiavel. La dernière en date était partie d'une façon qu'on pouvait poliment qualifier de "flamboyante" comparé à la disparition de cette Longhorn. Et il y avait cette mission qu'elle aurait dû faire, qui avait été un peu réalisé, en tout cas l'Asari n'était pas morte, mais en même temps il y avait eu ces coups de feu... La Turienne fronça ses sourcils, tapotant une mandibule du bout de la griffe. Pour le moment, Miss Moraios était leur seul élément vivant qui était rattaché à l'affaire. Bien sûr, les murs pouvaient parler, pour peu qu'on s'y connaisse en balistique ou qu'on pirate les systèmes de sécurité mais il n'y avait pas toute la foule de petits détails, d'odeurs, d'interprétations que le vivant savait se remémorer. Il n'y avait pas ces petits tics, ces yeux fuyants quand on mentait, cette façon de tourner les pouces ou de se pincer la lèvre...

Le problème de faire parler ce qui ne le peut pas, c'est qu'ils se cantonnent purement aux faits. Ça en devenait même très ennuyeux.

- Cette planète est un vrai supermarché, on y trouve de tout lorsque l’on cherche des trucs en particulier. Et même sans chercher à vrai dire, mais surtout des emmerdes dans le second cas.

Ravi prit son air le plus innocent et le plus farouchement effaré lorsque le N7 la fixa d'un regard lourd de sous-entendu.

- Comment ? Des emmerdes qui vous tombent sur le râble ? Allons, quel genre de MONSTRE pourrait-ce être ? Sans doute un de ces trucs mandibuleux là... Vous savez là... Les Rachnis, acheva-t-elle avec un sourire sarcastique.

Oh, elle n'avait rien contre Alec. Elle l'appréciait même et lui payerait avec plaisir un verre, si toute fois il acceptait un jour son offre. Mais en attendant... Ravi était Ravi(e). Elle aurait été folle de pousser à côté d'une si belle occasion de l'embêter. C'était comme tapoter une fourmilière avec un bâton. Et courir vite ensuite, si jamais les fourmis se révélaient être un Humain armé et passablement en colère. Mais sans jamais oublier de rire.
Ce n'était sans doute pas très professionnel. Mais en l'occurrence, la situation ne demandait pas d'être d'un sérieux mortel. Et puis, répondre à une pique par une autre, ce n'était que la plus pure des politesses.

Abba, lui, n'avait pas quitté son objectif des yeux. Il était Galarien après tout; il devait s'accorder une seconde pour rire, et 3 mois pour travailler. Il eut toute son attention dès qu'il parla, la détournant d'un Alec qui devait bouillonner d'une sainte rage. Ou sérieusement hésiter à prétexter une arme mal sécurisée pour lui tirer dans le pied.

- J'ai ce qu'il faut, répliqua-t-elle en tapotant sa hanche, là où ses vêtements civils cachaient une arme de poing dissimulée. Elle n'en avait théoriquement pas trop besoin, ayant plus tendance à se baser sur sa biotique pour se défendre. Néanmoins, un avantage restait un avantage. Et la sécurité d'Illium était manifestement inexistante, pour qu'on ne pense pas à vérifier ce qu'elle portait.

La Turienne adressa un signe de la main à Bynare au départ de celui-ci, se retrouvant seule à seule avec l'Humain. Du moins pour un temps.

Elle leva ses bras vers le haut, croisant les mains alors qu'elle levait son corps pour s'étirer. Dans sa tête, une foule de possibilités dansaient, virevoltaient, s'étreignaient pour mieux se séparer par la suite. Elles vivaient et bouillonnaient, mais petit à petit, elles se retrouveraient triées et une seule serait choisie. Ou pas plus de cinq ou six, sans compter les plans de secours.
Quoiqu'il en soit, il n'y avait qu'une seule façon de les rôder.

- Bien... Notre sage et estimé collègue étant parti observer l'entrepôt... Je vais aller faire un peu de tourisme, claqua-t-elle, toutes dents dehors, alors qu'elle se retourna dans une pirouette.

Derrière elle, elle sentit le poids d'un canon métaphorique se poser sur sa nuque. A défaut de lui braquer une arme - quoique ... La femme ne se retourna pas pour vérifier - les yeux de Sykes était devenu des revolvers dont elle était la cible. Elle soupira. Pas une minute pour se détendre, hein ? Les Humains, vraiment... Enfin, Alec plutôt. Il lui rappelait ceux de sa race. Oui, bien sûre, elle passait elle-même pour une extraterrestre aux yeux des siens. Mais quand apprendrait-on à voir au-delà des apparences ? Certes, elle se dissimulait derrière elles pour s'arranger. Il n'empêchait que cela restait frustrant. Sykes devait vraiment avoir une mauvaise opinion d'elle.

- Ce qui, en des termes plus sérieux et sans doute rassurants pour vous, signifie que je vais me renseigner sur cette Moraios ainsi que sur Lumenia Corporation, ses branches, ses alliances, les affaires dans lesquelles elle trempe ou ne trempe officiellement pas et ainsi de suite... Rassuré ?

Elle se retourna, affichant un air sérieusement agacé. Dans les mains de l'Humain, point d'armes. Aucune de visible tout du moins.

- Sérieusement Sykes... Dès que cette affaire est bouclée, je vous offre ce foutu verre. En fait, vous savez quoi ? Je vous paye la bouteille, l'entonnoir et le tuyau si vous le souhaitez. Vous avez VRAIMENT besoin de vous détendre.

Elle partit à son tour sur ses mots, sans un regard en arrière.



******************************


L'après-midi tirait vers la fin; les hautes tours d'Illium se teintèrent de sang, métaphoriquement parlant, et peut-être un peu littéralement. Le soleil finissait de lécher les immenses vitres étincelantes, renvoyant sa couleur mordorée sur une nouvelle tour, laquelle la passa à une consoeur et ainsi de suite, dans un jeu de lumière qui finissait par éblouir. La cité de métal se couvrait de l'éclats du ciel mourant, sombrant petit à petit dans des tons plus obscurs alors que la lune se levait et avec elle son armée d'étoiles. Ensemble, elle réclamerait le ciel et ne le quitterait plus avant le lendemain matin. Encore que, au vu des myriades d'installations électriques qui recouvraient les villes, son putsch ne servait à rien. La lumière qu'elle chassait du firmament brillait avec d'autant plus d'éclat au sol, repoussant les étoiles.
Sur la place, on retrouvait encore du monde qui arguait, cherchait les meilleurs prix ou bradait des articles "trouvés là sur le sol, bah mince alors, une navette entière de ces produits, à ce prix là j'me tranche la gorge vous savez". Une expression très humaine ça, et pas très vrai. Elle n'avait pas vu un seul humain le faire réellement, tout au plus se coller vaguement le pouce le long de la carotide pour illustrer leur propos. En plus, ils faisaient mal le geste. Aucune chance d'ouvrir la peau avec un mouvement aussi mou et peu appuyé. Et s'ils y arrivaient, l'ouverture serait trop fine pour être efficace. La sang coagulerait et avec une prise de soin pas trop tardive, ils auraient une grosse majorité de chance de s'en sortir. Pas très efficace en somme. Il aurait fallu suivre la trachée en long et légèrement en diagonale pour être sûr du résultat.

La main de la biotique piocha dans un sachet brun sur ses genoux, farfouilla à la recherche de survivants potentiels et finit par attraper un morceau de viande séchée qu'elle jeta entre ses dents. Les mâchoires se refermèrent dans un claquement révélateur pour la viande, mais très poli pour le reste du monde. Elle mâchonna consciencieusement alors que son dos s'appuya à nouveau sur le banc. La place était devant elle, un vide immense derrière, séparant leur bâtiment d'un autre à presque deux kilomètres. Dans le doute, elle s'était placée de façon à ce que son omnitech ne soit pas visible et que les seuls angles qu'elle laissait ne montraient qu'une partie minime du contenu. On ne savait jamais, dans les Terminus.

A un kiosque dressé à quelques pas de l'entrée du spatioport, un Volus clamait vendre les meilleures informations nécessaires pour quelques crédits. Le tarif le moins cher se soldait par un "toujours payer le juste prix pour une information... Et les vérifier" et les plus chers amenait à la même conclusion, mais avec un aiguillage en plus. Une belle entrée en matière pour le requin de la finance qu'était la planète.

Sur l'écran éclairé au bras de la Turienne défilaient lentement diverses informations sur Beeythia Moraios. Grâce à sa position d'apprentie Spectre, un message autoritaire et quelques contacts, elle avait réussit à obtenir le parcours de sa cible. Et, il fallait bien le dire, la jeune Asari avait un petit je ne sais quoi de déroutant.
Plus elle lisait, plus celle-ci s'affirmait comme une enfant modèle, un croisement entre une enfant surdouée et une... Elle n'arrivait pas à trouver d'analogie. A vrai dire, la biotique n'arrivait même pas à comprendre le cheminement qui avait mené Moraios à choisir Illium. Si on exceptait l'idée qu'elle avait rejoint une entreprise qui l'intéressait. Mais c'était comme un poisson hors de l'eau; incongru, et la seule question qu'on pouvait se poser sur le moment, c'était comment il avait pu arriver là.
Malgré son jeune âge - lequel pouvait se traduire par l'équivalent d'un enfant de 15 ans aux yeux d'autres espèces - l'Asari avait réussi à se retrouver à la tête d'une entreprise composée uniquement de ses soeurs et avec, il n'y en avait nul doute, des consoeurs bien plus âgées, qualifiées et ayant des dents longues avec lesquels batailler pour le poste. Il semblait évident que la jeune et innocente femme n'était qu'une apparence, laquelle cachait un esprit bien plus retord. Et dans le même temps... La politique de l'entreprise avait changé sous sa tutelle. Meilleure sécurité de l'emploi, une entreprise humaine au coeur des Terminus en somme. Sans oublier qu'elle affichait son désir de soutenir les autorités en cas d'incidents produit par ses utilisateurs. Une tactique qui lui avait coûté une partie de sa clientèle mercenaire, et augmenté celles concilliennes.

En somme : Qu'est-ce qu'elle foutait là. C'était impossible que l'entrepreneuse soit si douce et innocente qu'elle le prétendait. Et de l'autre côté, l'essai semblait valoir le coup. Son parcours modèle, ses directives humaines et basées sur la légalité, sa jeunesse naïve et son - elle l'espérait - ignorance pour les ficelles du métier... Tout semblait indiquer une coopération possible. Alors pourquoi pas? Ravi était une flic de métier après tout, alors autant tester une méthode avec laquelle elle se retrouvait à l'aise.
On ne parlait pas là de débarquer au sein de l'entreprise pour dire "Coucou, je suis Spectre, je peux vous voir pour vous parler d'une affaire dont je vais bien énoncer tous les détails à haute voix en plein milieu du hall ? Merci". Parce que si Moraios pouvait être vraiment une perle de douceur et de gentillesse dans un monde de requins, son entourage pouvait être plus enclin à vouloir utiliser la méthode dite de "Je te fais sauter la tête comme un bouchon de champagne et ensuite on voit". Mais approcher d'une autre façon et glisser, comme ça dans la conversation se déroulant dans un boudoir loin du monde un petit "Bien, et si on abordait ce sujet sans aucun rapport pendant que je ferme la porte et que je vous conseille vivement de poser les mains bien à plat sur ce bureau, ce serait dommage que je puisse penser que vous avez une arme ou que vous souhaitez appeler la sécurité, ahah, vraiment... Et sinon?". En moins que plus menaçant selon la situation. Si jamais l'Asari se braquait, il y avait toujours moyen de se retirer en souriant. Dans l'esprit de l'ancienne Superviseure se dessinait déjà un plan de secours.

Maintenant qu'elle y pensait, ça rendrait Alec vert, qu'elle utilise ses méthodes. Et ça, ça n'avait pas de prix.


******************************


Ravi tira le col de ses nouveaux vêtements. Dans une poubelle à plusieurs rues d'ici se trouvait les anciens et, encore un peu plus loin, une vendeuse se frottait les mains, heureuse de son affaire conclue. La Turienne se retint de soupirer. Elle était à peu près sûre que la boutique "Honoris" ne faisait plus des T-shirt comme celui qui gisait abandonné de tous et qui feraient, elle ne le savait pas encore, le bonheur d'une autre. Mais bon, on ne pouvait pas arriver en rendez-vous d'affaire, encore moins quand le rendez-vous n'était pas pris et qu'il se ferait sur le caprice d'une seule femme, en tenue civile. Il fallait un minimum de classe Sans compter qu'elle savait à peu près comment rentabiliser son costume si un jour, quelqu'un dont elle ne citerait pas le nom, se décidait à l'inviter dans ce petit restaurant très chic de la Citadelle réputé pour servir des plats à se damner. L'une des rares exceptions pour laquelle la biotique était prête à payer un rein et, plus exceptionnel encore, à déguster, quitte à repartir en ayant encore faim et achever son appétit ailleurs. Ce n'était pas parce que ses capacités biotiques lui creusaient le ventre qu'elle n'avait pas un minimum le sens du goût.

Enfin bref, là n'était pas le débat. Lumiéna Corporation, objectif, concentration. Mais d'abord... Elle tapota rapidement sur son omnitech afin d'envoyer le message suivant à Abbadon, lequel avait envoyé une missive à peine quelques minutes plus tôt :

"Parfait, j'allais justement m'en occuper. Je suis devant Luminéa Corporation, je vais interroger Miss Moraios, si elle s'avère interrogeable et non hostile. Si jamais, je joint l'adresse de son appartement. Des fois qu'il lui prendrait l'envie, après notre petit rendez-vous, d'effacer des données ou de rassembler ses affaires, ce genre de choses.

PS: Si Sykes est avec toi et que tu lis ce message à voix haute, rassure le. Cet Humain est plus stressé qu'un Hamster à qui on aurait filé un double café. "


Elle remonta la rue et franchit les portes d'un pas rapide et déterminé. C'était simple, quand on voulait imiter un homme d'affaire. Il suffisait de prendre l'air important et de s'imposer. Et de parler comme si on avait toujours fait ça. Ici, l'éducation à la Vetrax jouait un rôle essentiel.

L'Asari qui tenait la réception releva la tête et afficha un grand sourire. Sourire qui lui fut rendu par une rangée de dents aiguisées.

- Bonjour et bienvenu à la Luminéa Corporation. En quoi puis-je vous être utile ?

- Bonjour, Madame Vetrax, de l'industrie Vetrax. Je viens vous voir pour une affaire... dont j'évoquerais les détails avec votre PDG. Miss Moraios est disponible ? Avant que vous ne posiez la question, je n'ai pas de rendez-vous, mais ce n'est qu'un détail j'imagine, mmh? Bien.
Ne vous en faites pas, je peux attendre... au moins un peu
, acheva-t-elle en regardant l'heure sur son omnitech.

Elle prit place dans la salle d'attente, croisant les jambes.

Second secret : Ne jamais laisser le temps à son interlocuteur d'en placer une. Des fois qu'il lui viendrait l'idée d'avoir une autre réaction que cligner des yeux.



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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Jeu 01 Juin 2017, 00:39

RAVI VERTAX - ALEC SYKES - ABBADON BYNARE
CHASSE À LA VERMINE
Les conseils d’administrations… Obligatoires, je ne pouvais nier leur utilité mais… ils étaient longs et je n’en voyais jamais la fin. Nous étions peut-être une vingtaine assis au centre de cette imposante pièce, ici dans nos locaux d’Illium. Située au sommet de la tour, le soleil cru de l’après-midi avait rendu l’air ambiant lourd et pesant à la différence de la froideur des discussions à venir. Je n’étais guère au courant de l’ordre du jour. J’avais délaissé le message d’invitation sur mon Omnitech ce que mes assistantes ne manquaient pas de désapprouver. De toute façon, je ne m’accordais pas de préparation, je ne cherchais pas à calculer mes paroles lorsque l’on me posait des questions. Parce que oui, j’étais au centre de l’attention. En tant que nouvelle PDG et image de l’entreprise, j’avais de nombreux comptes à rendre.  
 
Le conseil comptait les différentes têtes de l’entreprise, les directeurs des chantiers et, officialisé depuis quelques mois maintenant, des représentants ouvriers. Attirants les faveurs de ceux-ci, je m’attirais les « foudres » des dirigeants, assumant que leur présence nuirait à une prise de décision sensée au sein de l’entreprise. Du profit, je veux bien à la rigueur. Mais au péril total des travailleurs écorchés à la tâche à longueur de journée, il en était hors de question. Si jusqu’ici, la présence de ces représentants s’était faite timide et limitée, son officialisation, décision qui ne dépendait que d’un accord de ma part, avait permis d’affermir leur position et d’améliorer leurs conditions de travail.
 
Pour cette raison, entre autre, les séances du conseil d’administration s’étaient faites plus intransigeantes à mon égard sur mes actions et décisions. Si je devais me justifier de manière précise, le conseil ne faisait pas preuve d’animosité non plus. L’entreprise restait très honorablement à flot et, à la vérité, ces mesures rayonnaient sur la réputation. C’était donc des clients rassurés et satisfaits. Couplés à notre nouvelle politique de recrutement et à nos réponses systématiques aux appels d’offres, le conseil d’administration s’avouait heureux dans l’ensemble. Il restait l’uniquement point « noir » : des finances qui subissaient le contrecoup de ces mesures phares. Je jouais donc sur une vision sur le long-terme approuvée, pour le moment.
 
***
 
Je passais d’un pas pressé la porte de la salle d’où la dense chaleur faisait transpirer tout le monde, emmitouflés que nous étions dans nos apparats. L’air plus frais de la climatisation des couloirs vint frapper mon visage et je m’autorisais une pause, quelques mètres plus loin, cachée du regard des autres dans un détour. Le dos appuyé contre le mur blanc, mes épaules s’affaissèrent d’un mouvement uniforme comme si les responsabilités pesaient lourd… et c’était vraisemblablement le cas. Mais je tenais le coup et cela me motivait lorsque, à l’occasion, un employé reconnaissait mon visage et apparaissait la seconde suivante devant moi pour m’exprimer son approbation et cela arrivait de plus en plus souvent même. Un sourire effleura mon visage. Si je n’arrivais peut-être pas à satisfaire tout le monde, mes actions étaient positives pour certains et cela faisait chaud au cœur. Je réajustais mon col remontant, lissait machinalement quelques plis rebelles et retournait vers mon bureau d’un pas à l’ardeur renouvelée, mes talons claquants presque… harmonieusement sur le sol brillant.
 
Ce fut lorsque, à peine assise sur mon fauteuil, le dos retombé sur le dossier penché et les yeux fermés dans la douce lumière de l’après-midi qui avait maintenant commencée à décliner, que le datapad situé sur mon bureau sonnait. C’était si agressif en cette journée que je ne voyais pas finir et, c’était la dernière chose que j’aurais voulu entendre. J’attendais de longues secondes en espérant qu’un signe du de la Déesse vienne le faire taire mais, à croire que non. Je me décidais donc, rouvrait les yeux et appuyait lourdement sur une touche.
 
-   Oui ? – vint sortir ma bouche d’une voix proche du chuchotement.
-   Mme. Moraios. Une Turienne du nom de Vertax attend actuellement. Elle… hum… est arrivé et a demandé à voir… de manière rapide.
-   Mme. Vertax ? Je ne connais pas ce nom. – Il fallait bien qu’une personne inconnue arrive maintenant.
-   Elle dit venir de la part de Vertax Industries. – La secrétaire laisse une seconde passer. – Et n’a pas de rendez-vous.
 
Vertax Industries. Ce nom ne m’était pas plus familier et je ne me souvenais d’aucun appel d’offre, ou offre, récente qui aurait pu justifier une telle visite impromptue.
 
-   Pourquoi vient-elle ?
-   Eh bien… ahem… elle ne me l’a pas dit et… ne m’a pas laissé le temps de le faire, Mme. Moraios.
-   Pas demandé… - Je ne pus réprimer un râle bruyant. – Bon, bref. Dites lui d’attendre. J’arrive. Plus vite ce sera fait, plus vite nous en serons libérés.
-   Oh… euh… Oui.
 
J’appuyais une nouvelle fois sur la touche qui coupait la communication d’un bip sonore avant que la secrétaire ne puisse évoquer une information qui n’améliorerait pas mon humeur. Enfin, humeur. J’étais à vrai dire de bonne humeur mais fatiguée. Le genre de fatigue mentale qui vous vrille le cerveau, qui vous embrume vicieusement les pensées jusqu’à que vous puissiez dormir. Il allait falloir attendre encore une peu pour ça.
 
Cinq minutes d’ascenseur plus tard et quelques marches, je retrouvais non sans plaisir l’air extérieur qui me changeait volontiers de l’air recyclé dans ces salles fermées. La secrétaire parut sincèrement soulagée de me voir arriver et détourna son regard vers la Turienne assise non loin. Celle-ci paraissait raffinée et sa stature était vraisemblablement imposante, même dans cette position. Son visage, très caractéristique, était noir et des tatouages bleus étaient harmonieusement disposé de ce qui pourrait s’apparenter à ses temps jusqu’à ses joues proéminentes, descendant même, après une observation plus minutieuse, le long de ses mandibules. Son visage se tourna alors et deux magnifiques yeux verts, d’une forme d’olive parfaite, se posaient sur moi et dardait un regard presque léger mais perçant.
 
Nous avançâmes rapidement l’une vers l’autre d’un mouvement presque synchrone.
 
-   Mme. Vertax ? – Elle acquiesçait. – Je suis Beeythia Moraios. Vous pouvez m’appeler Beeythia, PDG de cette entreprise. J’ai cru comprendre que vous veniez de la part de l’Industrie Vertax. – Je n’osais pas lui demander si c’était son entreprise. Elle aurait tout le temps de m’évoquer les détails elle-même. Ç’aurait été une forme d’impolitesse de ma part. – Ravi de vous rencontrer ! – dis-je en tendant une main chaleureuse.
 
D’un coup de tête, je dirigeais ensuite ma main vers l’extérieur, pointant le portique, et continuait :
 
-   Que diriez-vous que nous allions marcher dehors pour parler, hmm ? Nous serions bien mieux, je vous assure que la chaleur est insupportable dans cette tour infernale. – lançais-je en riant. Nous serons mieux dehors.
 
Au diable les bonnes manières même si j’agissais sans doute avec une trop grande légèreté, au vu du regard éberlué que me lançait la secrétaire. Encore une fois, le garde parut courroucé que je sorte sans prévenir, surtout lorsque l’on repense aux conséquences de la dernière fois. Je lui adressais un regard qui ne laissait place à la discussion, décidée à ne pas être dérangée. De toute façon, nous ne nous éloignerions pas de la foule environnante, il y avait même des bancs disponibles. Quitte à discuter sérieusement, autant discuter à l’aise. En bonne hôte que je pensais être, je laissais tout le loisir de la conversation à cette Turienne ainsi que la direction que nous prendrions. 
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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Dim 11 Juin 2017, 21:35

Cette Turienne aurait sa peau… A moins qu’il n’agisse avant et fasse le nécessaire pour ne plus subir son infâme caractère ? Si l’envoyée du Conseil prenait la situation à la légère sur certains points, il en était tout autre pour Alec. Depuis Zanéthu, le N7 entretenait une certaine rancune à l’égard des instances dirigeantes de la Citadelle, et les fuites qu’il fallait depuis colmater dans les rangs de l’Alliance et même au-delà n’aidaient pas à ce qu’il se détende. Là où Vertax ne semblait voir qu’un énième devoir de sa nounou Asari pour faire ses preuves, l’officier humain y voyaient des enjeux bien plus conséquents.

Des enjeux qui faisaient de cette collaboration contrainte un véritable calvaire.

Le Commandant ressentit donc poindre un certain soulagement lorsque l’objet de ses doutes et frustration quitta les lieux, mais non sans une certaine crainte de la voir ruiner tous ses efforts mis en place. Il avait bataillé sévèrement pour reprendre les efforts d’enquête au sein des Terminus et disposer d’une marge de manœuvre suffisamment conséquente pour agir. Alors imaginer voir tout ceci ruiné par une « originale » qui ne prenait pas spécialement l’affaire au sérieux…

Mais soit, son boulot consistait aussi et surtout de faire avec les aléas… Au moins avait-il le renfort d’un agent confirmé du GSI en cas de pépin.

Sykes rejoignit ainsi ce dernier non loin du chantier qui serait pour eux une mine d’or, bien que ne soit pas encore porté à leur connaissance. Comme le Galarien l’avait observé plus tôt dans la journée, la sécurité laissait grandement à désirer, ce qui n’allait pas être pour leur déplaire. Sans doute le commanditaire de l’édifice n’apportait-il pas une grande attention à ce qu’il considérait comme un bien immobilier classique tel que l’on en compte tant sur Illium. Un ou deux Butariens engagés pour assurer la sécurité de l’immeuble et quelques mécas, le tout aisément esquivés à coup de camouflage optique constituaient le plus gros obstacle qu’ils rencontrèrent sur leur route.

Entre deux coups d’œil furtifs pour éviter de s’engager dans une voie sans issue ou sur un chemin particulièrement bien surveillé, le duo finit par atteindre sa destination à force de gravir les étages. Là, au niveau de la cage d’ascenseur, se trouvaient de discrets impacts de tirs et les traces encore apparentes d’une violente mêlée. On s’était battu ici, mais ce n’était pas ce qui importait le plus pour certifier la présence de celle après laquelle ils courraient. Non, mais la couchette renversée qui se trouvait non loin, ainsi que les diverses fournitures éparpillées autour (rations, munitions, et fragments de documents « papier ») attestaient d’une occupation ponctuelle du lieu.

Longhorn avait vraisemblablement employé l’endroit comme point de repli et de planification pour mener à bien sa mission, ce que lui-même faisait avec le squat dont il avait pris possession lors de son arrivée. Si une preuve de la présence du Lieutenant-Commandant existait sur la planète, ce devait être ici. Le fait que le tout n’ait pas été évacué dès l’incident notifié auprès des ouvriers signifiait bien une chose : on préférait passer l’affaire sous silence. Des gros bras sans trop de cervelle, peut-être même ceux engagés pour surveiller l’endroit, avaient simplement retourné l’étage sans rien trouver de concret d'autre que du sang, des corps, des cartouches thermiques vides et un semblant de campement. Ils avaient saccagé ce dernier sans trop se poser de question, attendant que quelqu’un vienne débarrasser les lieux ou habitués à voir l’endroit occupé illégalement. Seules les traces de combat devaient avoir attiré leur attention au point de les forcer à véritablement faire quelque chose à ce propos.

Un constat évident, mais que le N7 fit tout de même à voix haute, sans doute plus pour lui-même que son camarade batracien.

- « Le type qui s’est occupé du nettoyage de cet endroit est un amateur… Et n’a pas fini le boulot… Surement un contremaître chargé par son patron de nettoyer les lieux pour ne pas voir le chantier arrêté par les forces de sécurité locales. On ne trouvera peut-être aucun corps, mais les traces présentes devraient suffire… »

Sur ces mots, il mit son drone à l’œuvre, l’enjoignant à quadriller le périmètre le plus proche à la recherche d’éléments compromettants. Le petit assistant holographique lui remonta ainsi certains points troublants, comme des traces de sang grossièrement nettoyées tout autour du refuge de Longhorn. Le sol en était par maculé par endroits, ce qui lui donnait une base solide pour obtenir un début de réponse. Aussi fit-il part de ses découvertes à Bynare après plusieurs dizaines de minutes passés à ratisser les alentours.

- « Deux profils ADN autour de la couchette… Mais de multiples près de la cage d’ascenseur. Le labo de mon vaisseau pourra nous en dire plus d’ici quelques heures. Le traitement des images de vidéosurveillance des rues où l’on a signalé des activités suspectes le jour de la disparation de Longhorn nous aideront peut-être également. J’ai un hacker qui s’est occupé de la question… Vous avez des nouvelles de… ? »

Sa question fut néanmoins tuée dans l’œuf par le signal lumineux qui s’activa sur l’omnitech de l’Agent. Quelqu’un entrait en communication avec lui, et compte tenu du peu d’interlocuteurs qu’ils pouvaient avoir sur Illium, l’identité de l’intéressée ne faisait pas vraiment de doute. Alec interrogea donc le Galarien du regard à défaut de le faire par la parole, et finit par prendre connaissance du contenu de ce message des lèvres du destinataire.

- « Elle est… » commença-t-il avec frustration et quelque peu incrédule. « La dernière chose dont j’ai besoin c’est de voir cette enquête fuiter. Moraios est considérée comme suspecte aussi longtemps que la question n’est pas éclaircie. Si elle entre en contact avec un tiers suite à cet entretien… La vie de cette Asari est entre les mains de votre ‘collègue’ désormais. » déclara-t-il froidement.

Allusion à peine dissimulée au fait que si la bleue s’avérait dangereuse, le N7 ne se priverait pas d’orchestrer sa disparition. Il s’agissait de toute façon de ses ordres, et même de la directive première quant au secret de cette opération. Peu importe le profil de sa cible, les circonstances l’imposaient. Mais pour qui se prenait cette illuminée de Vertax ?!

Du point de vue d’Alec, la Turienne agissait ici davantage comme le Superviseur qu’elle était jadis que comme une candidate au rang de Spectre. Il était davantage question d’un mode opératoire de flic que celui d’un espion ou soldat comme celui que le N7 s’employait à suivre depuis son arrivée sur Illium. Et si une telle façon d’agir pouvait porter ses fruits dans l’instant, les retombées sur le long terme pouvaient s’avérer bien plus embarrassantes que bénéfiques. Ce genre de comportement collait davantage au cadre légal de l’espace Concilien, mais ici… à la lisière des Terminus… Allez savoir ce que cela déclencherait.

Et bien évidemment, ce ne serait certainement pas à la native de Palaven de payer les pots cassés. Conscient de cela, le Commandant se décida à préparer une solution en back-up des fois que le tout ne prenne une tournure peu encourageante. La petite « escapade » de l’apprentie Spectre se devait d’être surveillée, et y adjoindre un filet de sécurité n’était pas du luxe. Voilà pourquoi il entra en contact avec le second de son escouade, restée en réserve des fois que la situation n’impose un déploiement de forces plus conséquentes.

Prenez Markov avec vous. Rendez-vous au QG de Luminéa Corporation et trouvez-vous une position depuis laquelle observer l’objectif et intervenir au besoin. Tenez également à l’œil la Turienne qui sera avec elle. Rapport sous 30 minutes. Ecrivit-il de façon très succincte au Lieutenant.

Enfin, le N7 reporta de nouveau son attention sur son comparse, qui deviendrait sous peu son complice pour un petit cambriolage… Si le cœur lui en disait, bien évidemment.

- « Que dites-vous de visiter l’appartement de Mademoiselle Moraios ? Je n’aime pas comment cette Turienne opère, mais cela pourrait être l’occasion de glaner d’avantage d’informations. Et à défaut d’y trouver quelque chose, il sera toujours possible de faire passer un message… »
proposa-t-il avec une certaine idée en tête.

HRP:
 






Dernière édition par Alec Sykes le Ven 23 Juin 2017, 01:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Mer 21 Juin 2017, 15:30

Chasse à la vermine
4 Avril 2202

Illium



Le bâtiment s'avérait plus riche en informations que le hangar. Des combats avaient eu lieu, laissant de nombreuses traces. Le laboratoire de Sykes s'occuperait de confirmer si parmi ces traces ont trouvait celles de Longhorn.

Le message survint ensuite. La turienne partait donc directement interroger l'asari. Pour Abbadon, il s'agissait d'une étape obligatoire, mais possiblement prématurée. Il aurait aimé avoir le temps d'accumuler des preuves avant, pour corroborer les dires de l'asari. Sykes en revanche, prenait la nouvelle au plus mal, se préparant de sitôt à éliminer la bleue avant de pianoter sur son omnitech et d'accepter finalement le plan de la turienne, à savoir d'infiltrer l'appartement de Moraios. Quel curieux changement d'attitude.

« L'interrogatoire est une étape logique, et Vertax sait parfaitement les mener. Si Moraios lui ment, alors il aurait fallu de toutes façons passer par des manœuvres illégales. Illégales pour vous, en tous cas. Tâchez donc de ne pas créer des ennemis à l'Alliance en voulant éliminer ses traîtres. »

Le galarien jette un coup d’œil à son omnitech, étudiant le quartier où vit Moraios, mais aussi remontant la piste du propriétaire du bâtiment actuellement fouillé et des individus y travaillant.

« Vous avez raison, le nettoyage ici est un travail d'amateur. Rien à voir avec le hangar de Luménia corp. En d'autres termes, il n'est pas certain que Morarios sache ce qu'il s'est passé ici, même en ayant connu Longhorn. Il faut retrouver et interroger celui ou ceux qui ont nettoyé l'endroit. Nous séparer permettrait d'agir plus rapidement et plus discrètement.
Je vais m'occuper de l’appartement de la PDG. Chargez vous de celui qui a ''nettoyer'' les traces ici présentes. »
. Le galarien envoie la liste des individus ayant travaillé dans le bâtiment sur la dernière semaine, avec leurs postes et informations personnelles. « Ces individus n'ont strictement aucun droit et aucune influence sur Illium, il vous sera plus simple de les interroger. Et il n'y a eu qu'un seul contremaître cette dernière semaine, il doit savoir quelque chose. Quant à moi, si on me voit dans l’appartement, j'ai mon poste pour me couvrir. Et il vaut mieux que ce soit moi qui travaille avec Vertax, au vue de vos relations.
Nous nous tenons au courant. »


Abbadon quitta les lieux.

*****



L'appartement de la PDG était comme on pouvait s'y attendre : en haut d'une tour, dans un quartier chic, et bien protégé. Le galarien eu un petit rire avant d'infiltrer tranquillement les lieux. La sécurité ne valait pas celle de la Citadelle.

Quelques minutes plus tard, il entra dans un bel habitat de plusieurs dizaines de mètres carrés. Des baies vitrées rendaient le lieu lumineux, une terrasse extérieur disposait d'une piscine, la décoration montrait le goût d'un ou d'une architecte professionnelle, et la sécurité était discrètement visibles par les reflets bleutés des boucliers. Le galarien émit un hochement de tête appréciateur.

Un rapide tour des lieux lui permit de trouver la chambre, le salon, la cuisine, ainsi qu'un bureau. Abbadon commença par ce dernier, s'installant devant l'ordinateur, passant rapidement la sécurité pour étudier les documents à la vitesse familière des galariens.

Mais la chasse se révélait peu fructueuse. L'asari avait bien reçu l'escorte de l'Alliance, mais rien n'indiquait une relation particulière avec l'un des membres, encore moins avec Longhorn. En fait, cette absence d'informations était même troublante, Moraios n'ayant visiblement pas pris la peine d'envoyer un message à l'Alliance concernant la mort de l'humaine. Ce pouvait être attribué à un mépris envers les subalternes, plutôt répandu chez les asari d'importances, mais cela ne correspondait pas au caractère habituelle de la jeune femme. Au contraire, elle montrait plutôt de l'intérêt et du soucis pour ses employés, chose rare sur Illium.

Abbadon téléchargea un virus espion dans l'ordinateur, effaça ses traces puis l'éteignit. Il reprit ensuite sa visite de l'appartement, scan en main, à la recherche d'un omnitech de rechange, de documents oubliés, d'un journal. Dans le salon, rien ne se trouvait d'intéressant à part quelques rapports d'entreprise sur lesquels il ne s'arrêta pas. Poursuivant son chemin dans la chambre, il eut le loisir d'admirer le grand lit et la qualité des vêtements exposés dans la penderie, avant de s'intéresser au datapad posé sur la table de chevet. La liste des comptes du mois écoulé. Abbadon la parcourut rapidement, tiquant sur la date du 28 mars 2202 : une facture d'hôpital pour deux personnes. Deux humaines.

« Sykes, Vertax : Morarios a payé l'hôpital pour deux humaines à la date où Longhorn a disparu. J'ignore si vous avez déterminé l'origines des traces, Sykes, mais s'il s'agit du sang de la disparue, alors Moraios pourra sans doute nous en dire plus. Je vais enquêter à l'hôpital, voir s'ils ont un dossier médical. »

Le galarien referma le datapad après avoir copié les données. Il s'assura n'avoir rien laissé derrière lui, puis quitta le bâtiment.


HRP : je trouve qu'il n'est pas pratique d'enquêter à deux au même endroit, du coup je nous ai séparé Alec x) si tu veux faire l'hôpital, n’hésite pas ! Et si ça te dérange que abbadon ait enquêté seul dans l’appartement, je peux modifier.


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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Lun 26 Juin 2017, 19:27

- « …Tâchez donc de ne pas créer des ennemis à l'Alliance en voulant éliminer ses traîtres. »

Vraiment ? S’agissait-il là du seul conseil que l’on pouvait véritablement lui donner dans cette situation ? Celui de se contenir et de "laisser faire les professionnels" ? Et que devait-il donc faire lui, celui qui n’était visiblement bon qu’au nettoyage et autres basses besognes de la sorte ? S’asseoir dans un coin, attendre que les grands finissent leur boulot, pour peut-être le tenir au courant des résultats obtenus ? La réponse semblait toute trouvée apparemment…

- « … Chargez-vous de celui qui a ''nettoyer'' les traces ici présentes. Ces individus n'ont strictement aucun droit et aucune influence sur Illium, il vous sera plus simple de les interroger… »

Alec devait-il accepter de se retrouver cantonné au gentil rôle de l’assistant auquel on laisse les miettes et que l’on relègue suffisamment loin pour à la fois ne pas être gêné par sa présence mais l’avoir tout de même à l’œil ? Non, cela il en était hors de question… Il s’agissait en premier lieu d’une affaire propre à l’Alliance, en dehors du cadre concilien le plus strict, et ceux avec qui il "travaillait" étaient avant tout présents en tant "qu’invités". Des "invités" que l’esprit de coopération ne semblait habiter qu’à des moments bien précis… Car pouvait-on encore réellement avoir l’audace de qualifier les efforts de recherche entrepris jusqu’ici comme le fruit d’une coopération ?

Si le N7 avait plus ou moins pris sur lui d’évoluer auprès d’éléments n’employant pas les mêmes méthodes que lui, le fait de voir TOUTES les principales pistes à la charge des envoyés du Conseil était trop lourd à digérer… Un entretien avec la principale suspecte organisé en plein milieu de ses locaux et de façon trop rapide pour disposer de la moindre preuve ou moyen de pression, un ex Agent du GSI qui préfère opérer purement et simplement en solo sur les questions d’infiltration et la récolte d’informations… Voilà qui commençait véritablement à mettre à mal toute notion de coopération.

Ajoutez à cela le fait qu’on le taxait implicitement de soldat tout juste bon à orchestrer un assassinat, et vous comprendrez aisément pourquoi l’humain du trio ne se sentait pas vraiment à l’aise dans toute cette histoire…

Ses ordres eux-mêmes étaient clairs, à savoir obtenir la vérité sur cette affaire, et ne laisser aucun obstacle l’empêcher d’obtenir le maximum de renseignements sur la question. Alors s’il faisait savoir dans son rapport que toutes les données en question provenaient d’une autre source... Il n’était d’ailleurs pas le seul à se méfier des agissements du Conseil depuis leur choix de travailler en collaboration directe et sous la supervision du Courtier de l’Ombre lors de l’assaut du Zanéthu. Les suppositions en tous genres ne manquaient pas d’entretenir un climat tendu au sein de l’Amirauté. Si la galaxie paraissait calme depuis la mort de Machiavel, sans doute n’était-ce qu’une trompeuse apparence… Des Galariens toujours isolés, une Alliance tentant de se purger du mal représenté par le terroriste et ses sbires, une Hiérarchie sur le point de remettre en question ses dirigeants, un Conseil qui outrepasse ses propres directives et joue aux apprentis sorciers...

Le terreau parfait pour une nouvelle crise.

Et avec tout ça, on tentait de le court-circuiter dans ses efforts pour avoir le fin mot de l’histoire ? Une chose se trouvait certaine au moins : il n’était pas prêt de "coopérer" à nouveau avec les concernés une fois Illium derrière lui.

Amer, voilà le mot qui traduisait le mieux son ressenti au final. L’idée de donner suite sur le terrain à ces échanges tenus en convalescence dans une clinique de la Citadelle ne paraissait plus si bonne après tout. La possibilité de quitter en catimini la planète pour poursuivre son enquête en d’autres lieux sans une quelconque influence autre que celle de sa hiérarchie lui traversa même l’esprit au départ de Bynare. Car au final, ne disposait-il pas de déjà suffisamment de pièces du puzzle concernant cette histoire ? Les heures qui défileraient lui donneraient raison quant à cette ultime supposition : des réseaux de vidéo surveillance - piratés puis effacés - qui montraient les fugitives déambuler avec précipitation dans les rues du quartier, deux profils ADN bien connus de l’Alliance extirpés d’une scène de combat et les rapports et notes de l’hôpital (là encore dérobés à distance par la magie du digital malgré de fausses identités) où le trio avaient fait sensation… Des preuves plus que suffisantes pour déclarer l’affaire momentanément classée, éditer de nouveaux avis de recherche aux multiples chefs d’inculpation et placer une certaine entrepreneuse Asari sur la liste des personnes à garder à l’œil par l’Alliance.

Après tout, au vu de la gravité de l’affaire et du caractère explosif de leurs retrouvailles, sans doute les fuyardes ne pouvaient-elles pas espérer pouvoir tromper longtemps les forces armées humaines… Longhorn n’avait au final gagné que le répit suffisant pour sa disparition dans les Terminus, guère plus.

***

Mais hélas, Sykes ne serait conscient de cela que de nombreuses heures plus tard. Ce qui retardait toute mesure drastique pouvant éventuellement le conduire à laisser en plan ses « coéquipiers ». Il allait devoir faire avec, le temps que les résultats de son labo lui parviennent. Alors peut-être prendrait-il une décision de la sorte, une fois ses traces effacées de façon suffisamment sérieuse pour empêcher toute traque d’un tiers, ami comme ennemi. Le tout était déjà en place depuis quelques jours maintenant… Ne manquait plus que l’occasion de s’en servir.

C’est donc aussi bien pour passer le temps que pour avoir bonne conscience vis-à-vis de sa mission que le N7 se décida à suivre la « piste » laissée à son attention par le Galarien reparti en chasse. Le Commandant se chargea ainsi du contremaître en poste cette nuit-là, comme tous les soirs depuis maintenant plusieurs semaines. Butarien reconnu comme alcoolique notoire par ceux qui le côtoyaient, c’est dans un état d’ébriété avancé qu’un certain soldat progressant parmi les ombres du chantier lui tomba dessus. La tâche ne représenta pas vraiment un défi en soi tant l’absence de vidéosurveillance était risible. De même que le gardien des lieux à vrai dire… A demi assoupi dans ses relents d’alcool qui fuitaient dans tout la rotonde de garde qu’il occupait, le natif de Khar’shan n’opposa pas vraiment de vive résistance…

Il en fut d’ailleurs de même avec les propos qu’il tint lorsque l’humain le questionna. Entre deux délires, envies de vomir ou coups dans la tronche pour le garder éveillé, il obtint ainsi un semblant d’histoire crédible quant à la question du nettoyage des lieux. Visiblement, le sac à vin qu’il était n’avait fait que refourguer les nombreux corps de pirates trouvés dans l’ascenseur à un tiers des Bas-Fonds, connu pour raffoler des charognes en tous genres. Quant à savoir ce qu’il en faisait véritablement, personne n’avait réellement posé la question. Ce qui était certain en revanche, c’est que l’on entendait plus jamais parlé des macchabés dans l’heure, et jamais une trace de sang ou de chair n’avait trahi son petit manège.

Une impasse donc, mais qui confortait à l’heure actuelle le fait qu’aucune femme ne se trouvait parmi les morts. Moraios, Longhorn et l’inconnu bientôt identifiée, avaient pu quitter les lieux saines et sauves. Un petit exploit à leur reconnaitre vu le nombre d’opposants auxquels elles devaient avoir fait face… Un exploit que le témoin improvisé de Sykes, tombant à moitié dans une léthargie propre à un début de coma éthylique, ne parvint pas à égaler. En effet, on retrouva mystérieusement sa dépouille imbibée d’alcool le lendemain matin au pied du chantier. A moitié pulvérisé sous l’effet d’une chute de plusieurs dizaines d’étages, le malheureux était apparemment tombé de là-haut durant son tour de garde.

Triste accident que celui d’un honnête travailleur un peu trop éméché durant son service, et dans un état tel qu’il était difficilement possible d’imaginer un autre cas de figure pour cette histoire… Quand on vous disait qu’il s’agissait là de basses besognes… Mais n’était-il pas de toute façon qu’un simple exécutant bon à cela ? Les prochaines heures donneraient ou non raison à cette affirmation…




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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Jeu 20 Juil 2017, 18:07
Chasse à la vermine
Ravi souriait, regardant la secrétaire. Elle faisait bien attention à garder son rôle jusqu'au moindre détail, que ce soit dans sa façon de se tenir, de tapoter ou d'attendre ; une pratique qui lui était venu avec le temps. Elle appréciait ce genre de petits jeux, car elle ne le voyait qu'ainsi ; une partie de Lokili, d'échec ou quoique ce soit d'autres dont le but se retrouvait à peine modifié. A la place des pièces, c'était des informations qu'on échangeait, en prenant grand soin de n'en délivrer que le moins possible en échange.
Le résultat d'une vie passée à enquêter diraient certains. Un esprit plus retord qu'on voulait le croire, en affirmeraient d'autres.

La Turienne se leva rapidement lorsque sa cible arriva, se dirigeant vers elle d'un pas svelte. Ne pas laisser le temps à l'autre de réfléchir, damner les pions, attraper la plus petite opportunité en évitant les pièges. Le jeu commençait dès la rencontre. L'espace d'un instant, elle s'en voulu presque de penser ainsi. L'Asari avait le regard de sa jeunesse ; bien qu'âgée de presque cent ans de plus qu'elle, il y avait une certaine candeur comme on en retrouvait plus dans la galaxie. Difficile de l'imaginer en requin de la finance, manipulatrice ou rusée renarde prête à dissimuler ses plus sombres secrets. Comme les informations l'avaient laissé entendre, elle représentait plus une première de la classe, désireuse de toujours bien faire. Un bébé chaton qui tentait d'agiter les griffes dans un geste maladroit alors qu'on avait juste envie de lui dire "Ooooh kisélemignonpetitchaton? C'est toi ! Oui c'est toi".
Néanmoins, la Spectre en avait trop vu, trop fait pour céder. Elle repoussa l'idée de lui faire confiance. En plus, le chaton pouvait se révéler être un tigre prêt à vous dévorer les mandibules à la première remarque.

- Miss Beeythia, c'est un honneur de vous rencontrer. Croyez bien que j'ai hâte de collaborer avec vous et que j'espère, pour le bien de nos deux entreprises, que cette discussion sera fructueuse.

Qu'elle propose de discuter dehors... Mince, voilà qui semblait confirmer l'idée que Moraios n'avait rien à faire sur Illium. Au mieux la proposition était inconsciente, au pire il s'agissait d'un piège. Rien que Vertax ne saurait défaire, se persuada-t-elle. Elle la suivit jusqu'à la place en face des immenses immeubles, embrassant la foule qui se mouvait en face d'elles. Constituée de peu de membres, elle restait trop compacte aux yeux de l'agente. En même temps, un seul étranger était de trop dans cette affaire.

- Puis-je proposer de vous offrir une boisson ?, proposa-t-elle en désignant un stand quelconque d'une griffe. Vous semblez souffrir de la chaleur.

Ah. La question piège. Mon professionnalisme m’hurlait de refuser mais… mais…

- Je sais que je ne devrais pas accepter… mais ce serait avec plaisir. Je ne sais pas vous mais là chaleur et moi nous supportons mal.

Son sourire se voulait plus cajoleur. Parfois, elle se sentait différente lorsqu'elle jouait ses rôles. Soit une humeur était accentuée, soit elle se réinventait un passé. Ici, Ravi se sentait la furieuse envie de se comporter comme un Turien. Elle parlait bien du mâle et non pas de l'espèce. Impossible de s'expliquer le comment du pourquoi; peut-être qu'elle imitait inconsciemment son frère, désormais plus rodé qu'elle à diriger une entreprise et à négocier. Ou peut-être, et était-ce plus probable, en tant qu'hétérosexuelle, elle ne se voyait pas flirter - pour gagner quelques miettes de confiance - en tant que femme avec une autre, fut-ce l'intéressée issue d'une race agenre.

Le stand n’était pas loin, rien qui ne paraisse dangereux surtout venant d’une possible partenaire commerciale. Je suivais donc l’ombre plus grande que la mienne de la Turienne et commandait un thé glacé très frais. Il n’en fallait pas plus pour me rasséréner qu’un brin de fraicheur et une compagnie différente. J’étais toute ouïe. A peine assise sur le banc difficilement épargné par la lumière, Vertax à mes côtés, les yeux à demi-clos que le gobelet en question s’était déjà dangereusement vidé.

- Beeythia, si je peux me permettre, vous êtes une femme étonnante. N'y prenez pas ombrage, mais je ne m'attendais guère à devoir discuter affaire devant votre Q.G. Je n'ai que peu l'habitude de traiter avec des entreprises d'Illium, mais je connais sa réputation. Jusqu'ici, je suis persuadée avoir vu trois personnes s'attarder un peu trop près de nous. Et je pense que ça va continuer tout au long de cette conversation.

- Oh, je ne suis pas habituée non plus à discuter affaire ici, vous savez. Mais bon, je ne sais pas vous mais j’ai une folle envie de briser la routine qui s’installe. Illium, malgré sa réputation, est une magnifique planète même le nombre d’égoïstes qui œuvrent ici est effarant… Je ne me lasserai jamais des couchers de soleil depuis les terrasses en hauteur. Vous devriez voir !
Il en coûterait bien à ces personnes de venir s’attarder ici. Même si je le trouve personnellement étouffant avec ses consignes de sécurité, Gab, le garde là-bas, a parfois raison.
Et il ferait tout pour me protéger. Et vous protéger également en l’occurrence bien sûr. Mais, si vous êtes mal à l’aise, nous pouvons rentrer !


- Dites moi... Savez vous bien choisir vos alliés ?
Ne voyez pas cette question comme une menace
, ajouta-t-elle doucement avec un soupçon de tendresse. Mais les Terminus sont un lieu dangereux, auquel je ne suis que peu habituée. Vous avez la réputation d'avoir mis cette entreprise dans le droit chemin, une raison pour laquelle moi et l'entreprise, conciliens jusqu'au bout des ongles, avons le désir de collaborer avec vous.

- Choisir mes alliés ? Que voulez-vous dire ?
Je mets tout en œuvre pour une meilleure traçabilité de toutes mes ventes pour prévenir au maximum des utilisations illégales. Une entreprise, même gigantesque comme peut l’être la Lumiena, mérite de garder un sens de l’humanitaire que ce soit en interne comme en externe et j’œuvre sans relâche pour que cela se construise à l’encontre des Systèmes Terminus. Nous n’envisageons d’ailleurs aucune vente avec qui que ce soit dans cet endroit.
Et je suppose qu’on ne peut rechercher un partenariat sans vouloir faire soi-même preuve de conciliation, de compréhension et d’honnêteté. Mais… pourquoi cette question ?


Elle avait beau tourner et retourner dans tous les sens ce qu'elle percevait de la jeune Asari, il était impossible pour Ravi de trouver une once de ruse. Pourtant, elle cherchait bien derrière son sourire affable et sa mine encourageante. Elle désossait les mots, étudiait les phrases et leur sens, cherchait les tics, les mensonges cachés derrière l'air angélique. Elle restait bredouille pour l'instant.

- Miss Beeythia, je suis une Turienne issue tout droit de Palaven. Le mensonge est pour nous une chose encore étrange et les Terminus sont les maîtres en ce domaine. Vous êtes un pari, Miss Beeythia. Et j'aime savoir là où je met les pieds. Qui accorderait sa confiance dans des affaires délicates au premier venu ? Peu de monde, je le crains.

Une phrase qui pouvait se lire tant par rapport à ce pseudo marché que pour son enquête. La Cabale aimait jouer sur les mots. Ils étaient d'une malléabilité exquise; le demi mensonge était un art qu'il fallait savoir maîtriser pour son métier.

- Je… veux bien vous croire… mais je… je ne ment pas. La Lumiena ne conclura absolument rien avec les Terminus tant que je serais à ce poste…

- Vous êtes une femme remarquable, Miss Beeythia. Une dont je suis prête à accorder ma confiance. Toutefois ...

Elle désigna d'un geste de la main une personne qui s'attardait un peu trop près d'elles.

- Je continue à me méfier de ceux-ci. Je suis désolée de devoir couper à notre excursion "champêtre", mais pouvons nous discuter en privé je vous prie ? Dans votre bureau par exemple ?

- Je… euh… Oui bien sûr. Venez, montons.

Nous repassions en sens inverse, j’en profitais pour déposer le gobelet dans une poubelle et nous dirigeais vers l’ascenseur sous le regard curieux des secrétaires d’entrée à qui j’adressais un signe de tête rassurant, comme un « il n’y a pas de soucis, ne vous inquiétez pas ».
Quelques minutes plus tard, le temps qu’il fallu pour monter les nombreux étages heureusement grâce à un ascenseur dont la rapidité écourtait les temps d’attente, nous étions assises, face à face, dans mon bureau de fonction.

- Je vous écoute. 


L'Asari ne feignait pas l'incompréhension, ou si c'était le cas le jouait d'une façon divine. Chaque mot était hésitant, ses yeux fuyaient alors que son cerveau cherchait à comprendre la situation à laquelle il n'était pas habitué. Son manque d'expérience la desservait au profit de la Spectre. Malgré tout, cette dernière avait hâte de connaître le fin mot de l'histoire et d'arrêter là l'interrogatoire.
A ce niveau, c'était presque crève-cœur de jouer avec l'innocence et la candeur de Moraios. Et pourtant... Dans le métier, il n'y avait pas de place pour l'émotion. Tout au plus la Turienne acceptait de faire preuve de douceur, mais s'il fallait mordre et déchirer, elle n'hésiterait pas. Le reste dépendait au final de la bonne volonté de la dirigeante; si elle était si décidée à collaborer, les choses se passeraient bien, et avec le moins de heurts possibles.

Ravi prit soin de fermer la porte et d'activer un brouilleur sur son omnitech. On était jamais trop prudent. Après quoi, elle fit glisser une petite insigne sur le bureau tout en parlant. Durant toute la manœuvre, la femme était restée debout.

Dès que nous avions passé la porte du bureau, je le ressentais. Quelque chose changeait, quelque chose n’allait pas. C’était cliché, sans doute. Mais vous le sentez dans vos entrailles, quand une personne n’agit plus de la même façon. Des petits détails, une « aura » changeante. Et, d’un son maintenant plus grave, les paroles de la Turienne, Ravi Vertax, résonnèrent dans le bureau maintenant clos. Mes yeux, mêlant la surprise et l’incompréhension la plus totale s’ouvrirent avec un mouvement crispé. 

- Miss Beeythia, je vous prie de pardonner ce petit jeu. Et si vous pouviez éviter d'appeler votre service de sécurité, je vous en remercierai. S'il vous plaît, gardez les mains sur la table et laissez moi finir de parler, sinon je crains que vous ne paniquiez et que des choses qui auraient pu se régler simplement ne s'embrouillent.

Nous allons refaire les présentations :

Ravi Vertax, envoyée du Conseil. Rien à voir avec l'entreprise Vertax donc, bien que j'en partage le nom.

Miss Beeythia, croyez moi si je vous dis ne pas vous avoir menti ; les informations que j'ai pu obtenir sur vous, ainsi que la politique que vous avez mené au sein de la Lumenia Corporation sont les raisons qui m'ont poussé à vous parler désormais en face à face.
Croyez moi, certains de mes collègues seraient moins... délicats et plus prompts à voir en vous une menace qu'une alliée. Et à agir en conséquence.

Et en gage de ma bonne foi...


La Spectre sorti son arme de sa cachette, prenant bien soin d'en tourner le canon vers elle. Si le coup partait, l'Asari n'en serait pas visée.

La vue de l’arme sur mon bureau m’arracha un hoquet de surprise et un frisson particulièrement morbide naissait à la base de ma tête pour descendre pesamment le long de ma colonne. Comment ? Ici même… au milieu de mon propre bureau. Ravi fit sauter une cartouche et déposait le tout devant moi. Depuis… cet épisode, là-bas sur Noveria, duquel la seule pensée ramenait des images que je voudrais oublier pour toujours, je m’étais promise de ne plus jamais toucher une arme et… à sa vue, mes doigts se crispèrent, toujours sur le bureau, les articulations légèrement blanchies. 
Le sourire que m’adressait la représentante du Conseil me rendait si perplexe que je ne comprenais absolument rien à ce qui se déroulait devant moi. Etais-je en danger de mort ? Etais-je arrêtée ? Pourquoi ? Ma vie se résumait à tenter la moindre de mes forces pour le bien pourtant… Cette visite non prévue, non annoncée par quelque moyen que ce soit, quel était son but ? 


- Promis, je ne cache rien d'autre. Interprétez ce geste comme un signe de bonne volonté ; je suis désormais seule, désarmée et en plein dans une entreprise dont la sécurité, je n'en doute pas, doit posséder un équipement assez conséquent pour abattre une intruse. Si vous vous sentez menacée, vous avez liberté totale de vos gestes.

C'était une vérité. Ce que Vertax n'avait pas avoué, il était vrai, étaient d'une part sa capacité biotique et son habilité à se défendre sans armes. Et que l'étroitesse de la porte offrait un bel engorgement pour une petite onde de choc bien placée. Assez pour faire lâcher une arme et la récupérer. Oh, et ses boucliers évidemment. Ainsi que sa certitude à pouvoir s'enfuir si jamais les choses tournaient mal.
Un tas de petits détails que son interlocutrice n'avait pas besoin de connaître en somme.

« Vous avez la liberté totale de vos gestes ». Mes yeux étaient resté grands ouverts jusque là et ils commençaient à piquer, laissant échapper une petite larme humidifiant l’oeil au passage alors que je clignais enfin des paupières. Soucieuse, je pinçais à intervalles réguliers ma lèvre inférieure et reprenais un rythme respiratoire normal, quoiqu’un peu rapide. 
 
C’était si fataliste. Si… univoque. Répondre à la question « soit vous collaborez, soit vous m’abattez », les propositions étaient tellement limitées. Je n’étais ni capable de prendre l’arme de base, ni de m’en servir. Mes réflexes combatifs étaient inexistant et ma biotique n’avait pas été utilisé depuis tant d’années que ne serait-ce que tenter de l’utiliser reviendrait à m’évanouir sans autre forme de procès. 
Le silence tomba pesamment sur la pièce. Pourtant spacieux et décoré, le bureau me paraissait maintenant fermé et si petit, si terne… 


Que son instinct ne se soit pas trompé, c'est tout ce que la Turienne demandait. Sinon, elle allait devoir compléter un foutu rapport une fois échappée.

- Je vous l'ai dit, Miss Beeythia. Vous êtes un pari ; vous pouvez soit collaborer avec moi et me laisser partir, soit m'abattre et dire que vous ne m'avez jamais vu. Pour cette raison, vous comprendrez que je préfère faire ce genre de proposition à des personnes dont j'essaye de m'assurer un minimum la confiance.

La Spectre attendit un moment dans le silence avant de tousser.

- C'est le moment où vous vous décidez entre me tirer dessus et me promettre votre collaboration.

- J’aurais… et… euh… je veux collaborer avec vous avec… plaisir pour ce que vous voulez mais…- Elle marqua une pause - P… pourquoi n’avoir pas prévu Madame Vertax ? Je vous aurai accueilli avec l’honneur… de… de recevoir un membre représentant le Conseil, je… je veux dire… 
 
La phrase ne se terminait pas et je pêchais totalement par le manque d’information sur la situation. Je n’arrivais à prendre aucune décision et mes paroles étaient ponctuées d’un piteux bégaiement involontaire et d’une voix rendue faible et aigüe. 

- Miss Beeythia, comme je vous l'ai dis, je ne met pas en doute votre parole. J'aurais souhaité pouvoir vous annoncer qui j'étais et vous exposer l'affaire. Néanmoins, d'autant plus à la lisière des Terminus, j'ai à coeur de garder secret l'affaire qui m'amène, autant que protéger mon identité. Si vous êtes prête à collaborer - et ce n'était pas une certitude au moment où je vous ai contacté - des gens dans votre entourage proches, qu'ils soient amis, simples collaborateurs ou espions, peuvent ne pas le même sentiment.

C'était sans compter le fait que l'excès de confiance en l'autre pouvait vite arrêter la carrière d'un Spectre. D'une façon tragique pour lui et pas vraiment meilleur pour l'accomplissement de la mission. Mais elle était persuadée que le préciser ne ferait qu'entraîner une montée de larme chez la jeune Asari, qui ne comprendrait pas comment les choses pouvaient être si tranchées.

- Quoiqu'il en soit, reprit-elle plus fermement, l'affaire qui m'amène concerne une jeune femme de l'Alliance. Nous avons toutes les raisons de croire qu'elle a pu être capturée par un réseau terroriste lequel, comme vous vous en doutez, n'a pas des projets tendres.

Certes, ils avaient plus l'idée que Longhorn les avait rejoint qu'elle n'avait été capturée, mais la Cabale préférait présenter les choses le plus délicatement possible. Sans compter qu'il pouvait toujours y avoir le cri du coeur si elle dévoilait une information fausse. Comme "Quoi, elle ? Non, elle les a rejoint, je l'ai vu".
L'image d'Erika Longhorn apparut sur l'écran de son omnitech, tourné vers Moraios pour qu'elle la voit. Dans le même temps, elle activa discrètement le système d'enregistrement vocal. Un "oubli de précision" de sa part, si jamais l'entrepreneuse venait à le remarquer. Ou mieux "un réflexe d'enquête, veuillez m'excuser".

- Pouvez vous me dire quand et dans quelles circonstances vous avez aperçut le Lieutenant-Commandant Longhorn pour la dernière fois ?

J’étais paniquée, ce qui aurait pu justifier que je me mette à parler vite. Cela me surpris moi-même lorsque d’une voix d’une infinie tristesse, je me mis à parler presque en chuchotant, les yeux baissés. La seule vision de l’image de la jeune femme…

- Je… Une attaque. Je visitais un simple entrepôt, rien de spécial. Lorsque je fus attaquée par un groupe. C’est diffus, c’était le chaos. Je… Je me suis évanouie rapidement et je me suis réveillée dans les bras d’Erika. Le reste aussi est encore flou… Un bâtiment en ruine, une autre jeune femme. Puis une nouvelle attaque des mercenaires qui blessèrent gravement Erika. Nous sommes partis à l’hôpital. Tant bien que mal. Toutes trois encore sous le coup du choc et de la souffrance. Physique et mentale. Réglant les frais de l’hôpital à celle à qui je devais la vie, je ne les revis plus alors que je passais la porte de sortie.
Quelques temps plus tard… sa mort… elle…


Je ne pus refreiner cette fois les larmes qui montèrent avec la force d’un torrent. Je tressautais faiblement sur le fauteuil, mon visage enfouie dans mes mains humides.


La Turienne aurait eu pitié d'elle si ses paroles ne l'avaient pas fait tiquer. Erika, morte ? Difficile à croire ; l'Alliance était dans le flou et la disparition une piste probable. Effectivement, la mort avait été une piste, mais rien que cela ; une piste. Hors, si l'officier avait réellement passer l'arme à gauche, dans un hôpital de surcroît, les Humains auraient été au courant. Le corps aurait été rapatrié, personne n'aurait laissé une civile signer des papiers, sans vérifier le décès ou attester de l'identité de la défunte. Même pour les Terminus, il y avait anguille sous roche.

- Bien... Je sais que ce doit être dur pour vous, mais pouvez vous me parler de ce que vous savez de sa mort ? J'aimerais aussi savoir tout ce dont vous vous rappelez quant à la femme qui vous accompagnait.
Je crois que nous en aurons fini après ça, ne vous en faites pas.


Si sa voix se montrait douce, son esprit gardait la distance.

Finalement reprise après plusieurs dizaines de secondes uniquement ponctuées par des hoquets que la Turienne ne troubla pas. Dans un silence pesant, je sentais son regard inquisiteur. Je ne savais que penser de ma situation. Témoin? Suspecte? Un subtil mélange des deux? A travers sa réponse, je ressentais sa froideur. Je me sentais blessée, blessée d'un épisode fragmenté mais aussi, avec une certaine honnêteté, dans ma fierté.

Je n'étais pas une Asari fière et l'égo était des choses qui comptaient le moins pour moi. Mais je sentais le doute de Vertax. Ce doute insidieux qui lançait silencieusement "Tu ment peut-être et quoique tu dises, je le saurai." Et ce doute m'entamait.

- Très peu de choses... - ajoutai-je au bout d'un moment. Tout allait bien puis, quelques jours plus tard après mon départ de l'hôpital, on m'annonçait des complications dans un vocabulaire médical qui m'était opaque. Je n'y comprends rien... - Je laissais échapper un sanglot. Puis une simple signature. Une autorisation apparemment. Puis plus rien...


La Turienne hocha la tête. Moraios n'avait pas l'air d'en savoir plus que cela. L'affaire restait évidemment louche, mais c'était vers l'hôpital que les réponses seraient vraiment trouvé. Quant à cette inconnue qu'elle avait évoqué... Elle était sans doute à l'origine de l'extraction de Longhorn, voir même de la "mort"... Une agent de Machiavel ? Non, le plan était trop grossier, il suffisait d'enquêter un peu pour se rendre compte que la disparition était suspecte. Difficile de croire qu'un gang tel que celui de Caelus ait pu se montrer si négligent.
Alors... Qui ? Il y avait trop de zones d'ombres pour trouver une réponse en cet instant. Et de toute façon, rester planté là dans le bureau de la jeune Asari n'allait pas l'aider à trouver des pistes.

Ravi fit un signe de tête polie.

- Miss Moraios, je vous remercie pour votre collaboration. Croyez moi, votre désir de nous aider ne sera pas oublié. J'espère que la prochaine fois que nous nous verrons, les circonstances ne seront pas aussi... délicates.
Miss Moraios.


La biotique récupéra son arme avec un sourire, la remettant dans les plis de ses vêtements. Après quoi elle adressa un immense sourire, comme pour dissiper l'air vicié de la gêne et du doute qui avait occupé l'espace restreint jusqu'à maintenant.

- S'il vous plaît, plaisanta-t-elle, pas un mot à votre sécurité. Ils vont tellement avoir peur que la moindre plante verte qui voudra entrer dans le bâtiment sera déterré sans la moindre sommation ! Néanmoins... Montrez vous plus prudente à l'avenir. Surtout dans les Terminus.

A ce propos...


Elle s'arrêta face à la porte.

- Si je peux me permettre, je doute qu'Illium vous convienne. Vous êtes une véritable fleur en ce monde, et je crains que cela ne se retourne contre vous un jour.
Pensez à la Citadelle
, lâcha-t-elle alors que les portes s'ouvraient. Le système de sécurité est top, croyez moi !

Elle se hâta de gagner la sortie et l'air frais de la planète. Alors que ses pas la dirigeaient vers les taxi, ses doigts eux s'étaient pris pour mission de tapoter le message suivant :

"Interrogatoire fait, j'ai l'enregistrement sur moi. Moraios a juré avoir signé l'acte de décès de Longhorn après l'avoir quitté en parfaite santé. Elle avait quitté Longhorn avec une femme. Evidemment, elle ne se souvient de rien. A ce niveau, je la crois, elle était clairement troublée. La simple vue d'un pistolet déchargé suffit à la faire tourner de l'oeil. Plus de détails quand on se voit ! Surveillance conseillée pour les prochains jours, par mesure de prudence.
J'attends les coordonnées du lieu de chute.

Ps : Alors, cette photo de Skyes ?"



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MessageSujet: Re: Chasse à la vermine   Dim 06 Aoû 2017, 14:31

Chasse à la vermine
4 Avril 2202

Illium



Le reste de l'enquête d'Illium se déroula avec une précision très professionnelle. Abbadon parti pour l'hôpital, travaillant avec l'équipe du N7 pour obtenir les dossiers précis des deux humaines qui y avaient été soignées. Un subtil mélange où le galarien laissa planer des soupçons sur son allégeance – membre du gang s'assurant que rien ne serait répété concernant les deux femmes – en rappelant ce qu'il arriverait au médecin si jamais la moindre autorité était mise au courant – accueil de criminels recherchés, corruption, incompétence, et une vendetta discrète et mortellement efficace. Dans le même temps, l'équipe de l'humain investissait les réseau de l'hôpital et donnait au galarien de quoi augmenter la pression en temps réel. La médecin asari ne tarda pas à céder et à dévoiler l'ensemble des informations et à remettre toutes les traces du dossier médical.

Le dossier se montrait surprenant : un rétablissement complet avant de se conclure sur une mort soudaine et imprévue. Le médecin expliquait avoir déjà été menacé par les deux femmes et récompensé pour le service rendu – les faire passer pour mortes – grâce à un don privé et à une facture particulièrement plus élevée que prévue pour Moraios. La doctoresse jurait n'avoir rien raconté, ne rien vouloir raconter, n'espérer qu'oublier. L'agent fini par la laisser, lui confirmant que c'était ce qui était attendu, puis il transmit en copie l'intégralité des dossiers au N7 et à la Spectre turienne.

Eux non plus n'avaient pas chômé : Sykes avait retrouvé le contremaître, confirmant que les cadavres des deux femmes – et notamment celui de Longhorn, rouquine facilement reconnaissable – ne faisaient pas parti de ceux jetés. Son équipe confirmait également la présence du sang de Longhorn sur les lieux de l'affrontement, mais aussi celui d'une autre connaissance de l'Alliance : Kydra Lifith, une déserteuse reconvertie dans la piraterie, qui s'était récemment fait connaître sur Oméga pour l'assassinat de Rhys, l'un des hauts gradés de Shoran. Tant qu'à Vertax, l'interrogatoire de Moraios allait dans le sens des autres traces trouvées : Longhorn avait rejoint une pirate, les deux avaient été hospitalisées aux frais de l'asari avant de se faire passer pour morte. Si la PDG semblait clairement manquer de prudence – curieux au vu de son poste – elle ne semblait pas non plus faire partie d'un réseau spécifique. Une entreprise sur laquelle garder l’œil, mais une parmi d'autres.

Une enquête rondement menée. Mais qui ne plaisait pas réellement à Abbadon. Pour une raison assez simple : si Longhorn était donc confirmée en tant que déserteuse, rien n'indiquait cependant un lien quelconque avec le réseau de Machiavel, la véritable cible du Spectre. L'association avec Kydra Lifith allait même dans le sens opposé, celle-ci travaillant pour Anton Ardak, ennemi officieux – et quasiment officiel – de Shoran, dont le lien avec Machiavel était certain. Les Pacificateurs étaient-ils réellement à la botte des Ravageurs, comme le prétendait la propagande de Shoran ? Machiavel avait il des liens avec les deux gangs ? Son réseau s'était-il éclaté en plusieurs cellules d'allégeance différentes ? Ou tout ceci n'avait-il rien à voir avec le turien ?

Abbadon fit part de ses questionnements à ses collègues, puis conclu sur son retour imminent sur Oméga. D'une façon ou d'une autre, c’est là-bas qu'il trouverait Lifith, Longhorn, et les réponses à ses questions.


____________INFOS HRP____________


Couleur Abbadon : #ffcc00

Désolé pour le retard ! ><



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Chasse à la vermine

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