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 Primus inter pares

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Crédits : Essence-Of-Rapture

MessageSujet: Primus inter pares   Mar 25 Avr 2017, 01:02
Intervention MJ : OuiDate : 24 avril 2202 RP Tout public
Artérius Vorasen ♦ Maccharius Dorn ♦ Larius Malnis
Primus inter pares


Trebia se levait sur Cipritine, et Artérius avec elle. Il n'avait jamais été un lève-tard, mais aujourd'hui d'entre tout les jours, il avait fort à faire et pas de temps à perdre. Aujourd'hui arrivait à son terme un plan, une résolution, entamé depuis bien plus d'un an maintenant. Aujourd'hui, il allait réveiller la Hiérarchie, et tout les Turiens en son sein.

Le Général commença sa journée comme toutes les autres, l'IV du manoir lui lisant ses nouveaux messages pendant qu'il effectuait ses tâches quotidiennes. Tous - ou presque - étaient intéressant, mais il était à l'affut d'informations particulières. Et il les obtint au fur et à mesure du discours monotone de l'IV. Ainsi, ils seraient tous là. Évidemment, les vingt avaient confirmé leur présence il y a de cela plusieurs jours déjà, mais personne n'était à l'abri d'un empêchement de dernière minute.
Artérius nota mentalement les plans de vol et les différents détails qui venaient de lui être donnés et une fois que l'IV eut fini de lui lire tout ses messages, il lui dicta divers ordres afin de dépêcher des escortes de Hastatims aux différents arrivants, Malgor excepté. Deux hommes pour chaque seraient plus que suffisant, il s'agissait juste de montrer que le Général avait les choses bien en main.

Ceci fait, et sa routine matinale étant terminée, Artérius se dirigea vers son armurerie. Bien des gens pourraient penser qu'une telle pièce, surtout de cette taille-là, n'avait pas sa place au sein d'une maison mais, après tout, c'était là la demeure ancestrale d'une famille de soldats et de généraux illustres dont Artérius était l'héritier. Au centre de la salle se trouvait un mannequin d'obsidienne représentant un turien. L'effigie portait une superbe armure de cérémonie et avait au côté une épée qui, bien qu'ouvragée, était solide et mortellement tranchante, ce qui en faisait un outil de mort diablement efficace pour qui savait s'en servir.
Ignorant tout le reste de la salle, le Général s'approcha de la statue, et effleura du doigt l'armure qu'elle portait. C'était un bien précieux au delà des mots pour lui, mais les occasions de la porter étaient hélas trop rares. C'est perdu dans ses pensées qu'il commença à l'enfiler, tout en automatismes et en heures de pratique. Une fois le fourreau et son épée sécurisés, il attrapa la cape pourpre posée à coté du mannequin, et l'accrocha aux attaches sur ses épaules.
Il était fin prêt. Quoi qu'il arrive aujourd'hui, la Hiérarchie allait devoir s’éveiller de sa profonde léthargie. Le sort d'Artérius, lui, n'était pas encore déterminé …

Comme prévu, son aide de camp l'attendait devant le manoir, au volant du véhicule du Général. Si le jeune turien était loin de tout savoir, il était en revanche bien au courant de l'importance de ce jour pour son officier supérieur et savait précisément où il devait l'emmener. Le trajet ne fut guère long, et l'esprit d'Artérius était encore en train de vagabonder, de prévoir et d'anticiper quand son aide de camp lui fit savoir qu'ils étaient enfin arrivés. Artérius refit surface, remercia le turien, sortit du véhicule et le congédia jusqu'au soir. Alors qu'il levait les yeux pour suivre le départ de son chauffeur, le regard d'Artérius s'arrêta un moment sur la silhouette du Palais du Primarque.
Ah, le Palais ! Ancien palais impérial, il était, pour ainsi dire, la représentation physique de l'esprit turien. Doté d'une base solide aux formes géométriques, il s'étendait vers le ciel par le biais de flèches ordonnées, chacun remplissant une fonction particulière. Ainsi, le palais était l'un des édifices les plus grands de Cipritine, couvrant de son ombre même le nouveau temple scellé des prêtres Valluviens. L'histoire des Turiens s'était maintes fois écrite dans ce palais, et aujourd'hui, elle s'y écrirait une fois encore.

Artérius finit de franchir le pont qui l’amenait aux portes privées du palais, et, après avoir salué les gardes en faction, il en franchit le seuil. Bien qu'elle fusse rarement utilisée, le Général connaissait parfaitement le chemin qui menait à la salle du Conseil. Si le Palais représentait parfaitement l'esprit turien, la salle du Conseil, elle, était l'incarnation du gouvernement. C'était une très grande pièce ronde, assez sobre, avec en son centre une table en métal qui formait un icosikaihenagone parfait. En face de chaque côté de la table se trouvait une chaise, qui, si elle était confortable, n'avait rien de luxueuse. Ainsi, tous étaient égaux. Enfin, presque … Seul le fauteuil du Primarque de Palaven, qui tournait le dos à l'unique porte d'entrée, était plus ouvragé que les autres, montrant ainsi son statut supérieur.
Le seul décorum que l'on trouvait ici se présentait sous la forme de trois statues de pierre, représentant chacune un ancien Empereur Turien. Celui situé directement en face de la porte d'entrée était l'Empereur Averis, sous le règne duquel les Turiens avaient pris leur essor parmi les étoiles. A sa courte honte, Artérius avait oublié les deux autres … Enfin, si l'on exceptait les quelques lampes murales, la salle était majoritairement éclairée par l'immense plafond vitré, par lequel se déversait les rayons de Trebia, écrasant la pièce de sa présence. Et pour cause, puisque la salle du Conseil se situait au sommet de la tour centrale du Palais.

Sans passer plus de temps à admirer la pièce, Artérius vérifia que la salle était correctement pourvue. La tradition voulait qu'en cas de Conseil, les portes restent closent jusqu'à la résolution des débats, ou jusqu'au soir, si un consensus n'avait pu être atteint dans la journée. Il y avait donc assez d'eau et de nourriture pour vingt-et-une personne pour une journée. Parfait. Ses confrères ne devraient plus tarder maintenant. En temps normal, il aurait été normal que le Général s'asseye à la droite de son Primarque, étant son second. Mais compte tenu de son rôle dans tout cela, et ses demandes à venir, Artérius jugea judicieux de venir s'installer en face du siège de Malgor, devant la statue d'Averis. Il ne s'assit pas encore, attendant ses collègues.

Ces derniers ne furent effectivement pas longs.
Un à un, il pénétrèrent dans la vaste pièce, tous salués par un Artérius respectueux, et, progressivement, par les autres militaires qui s'installaient. Malgor arriva en dernier, et se fit attendre quelques minutes. En entant, il eut un regard pour son second, mais Artérius fut bien incapable de le déchiffrer. Colère, tristesse, déception ? Il n'aurait su le dire.
Tout le monde s'était à présent assis, et on entendit les Hastatims qui avaient escorter les généraux et Primarques clore la porte. Alors que certains turiens avaient commencés à parler entre eux, Artérius se leva, attirant les regards sur lui et faisant taire les discussions. Le Général laissa flotter le silence quelques secondes, puis prit la parole :

    - Mes frères et mes sœurs, je tiens à vous remercier d'avoir répondu présent à mon invitation. Vous connaissez tous les problèmes qui affligent la Hiérarchie, autant à l'intérieur de ses frontières qu'en dehors. Après la Grande Guerre, si la reconstruction, pour notre peuple, a été plus aisée que pour nombre d'autres, nous ne sommes pas pour autant sortis indemnes ni même renforcés. Les innombrables morts qu'à fait cette guerre ont créé autant de vacances dans les postes à responsabilités de notre nation. Nous en avons tous profité. Mais nous sommes Turiens, et nous avons tous accepté ces postes parce que nous nous en sentions capable, et que nous bénéficiions de l'appui de nos pairs. Et nous avons fait mentir les prédictions et avons gagné la guerre !

Artérius fit une pause, et balaya du regard l'assemblée. Tous l'écoutaient, et certains hochaient la tête à la mention de la victoire turienne.

    - Mais après la guerre vient la paix, et les hommes de paix sont bien souvent d'une autre trempe que les guerriers. Nous avons été formés aux deux aspects, mais il ne faut pas se leurrer, personne ne peut exceller dans les deux domaines. C'est pourquoi certains Primarques ont préféré, suite à la guerre, démissionner de leur fonction. Que tous m'entendent : il n'y avait là rien de déshonorable, bien au contraire ! Cela demande sagesse et humilité que de prendre une décision pareille. Certains d'entre vous, frères et sœurs Primarques, doivent leur poste actuel à un pareil démissionnaire, et, si dans vos mondes, vous avez brillamment réussi à stabiliser et à améliorer la situation, ici, sur Palaven, nous avons eu à souffrir de nombreuses démissions. Palaven est, et cela me peine de l'avouer, moribonde. Des vols de technologie militaire, des désertions, et, bien sûr, l'attentat.
    Tout les jours, de nouveaux problèmes éclatent, mais aucun ne se règle. Pire encore, en plus d'ignorer nos problèmes, les problèmes de notre peuple, notre dirigeant préfère s'occuper des problèmes secondaires du Conseil. Il préfère aller tout offrir au Conseil, espérant qu'il nous renvoie une fraction de ce que nous avons investit, alors même que ce Conseil nous crache au visage et insulte nos milliards de morts en créant cet organisme de protection de l'Espace Concillien, rôle que nous avons toujours joué avec honneur et efficacité.

Le Géréral fit une autre pause, et plongea son regard dans celui de Malgor, toujours aussi indéchifrable.

    - Mes frères, mes sœurs, je suis tiraillé. Ma loyauté indéfectible va et est toujours allée à la Hiérarchie et à son peuple. Elle se doit donc, par extension, d'aller au Primarque que je sers. Mais depuis trop longtemps maintenant, ces deux allégeances sont opposées. Nous avons là un Primarque qui, chaque jour, par ses actions et ses paroles, affaiblit notre Hiérarchie et notre peuple. Nous ne pouvons laisser cela continuer ! Aujourd'hui, mes frères et sœurs, doit être le jour du réveil des Turiens ! Aujourd'hui, toutes les voix doivent être entendues afin de rendre à notre peuple sa grandeur, et de l'élever plus haut encore !
    Aujourd'hui, je demande à cette noble assemblée la démission du Primarque Malgor de Palaven.

Artérius se rassit.
Un réveil n'avait jamais été aussi silencieux.


Anton dresse mon portrait fidèle.

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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Mar 25 Avr 2017, 18:54
Le légionnaire, inflexible vétéran de la célèbre Légion, régiment d’élite aujourd’hui voué à traquer et punir les traitres au sein de la Hiérarchie, marchait d’un pas pourtant peu assuré. En ce jour, cet instant, il savait que tout allait changer, que ce fut pour une bonne ou une mauvaise raison, que cela apporte un changement bénéfique ou non, que l’action soit réussie ou non, tout allait changer. Et l’architecte majeur de tout ceci l’attendait. Enfin attendait que le plus grand moment de l’histoire turienne moderne lui soit bien assuré.

Et tel allait être, car personne au sein de la Légion n’aurait envisagé de dire non à celui que tous considère comme un père, celui qui avait méticuleusement choisi chacun d’eux, les cherchant jusque dans les bas-fonds d’une colonie, ou les hautes demeures d’une grande et glorieuse lignée. Tous lui devaient la chance d’être devenu les légionnaires au palmarès le plus impressionnant des colonies, et tous lui devaient la survie au court de la Grande Guerre.

Toutefois, le légionnaire n’était malgré tout guère assuré, sachant pertinemment pour quelle raison son père de substitution avait porté une frégate de la Légion en orbite de Palaven, et le turien n’avait aucun souhait de voir leur général se ruer dans un traquenard politique, lui qui avait la dernière subit la pire des injures par un exil inique pour des raisons de politique extérieure. Néanmoins, et bien que ses pas le portaient sans envie, il arriva bel et bien devant le centre de méditation du général, et son bras, devenu presque un automate, actionna l’ouverture de la porte lui laissant apercevoir la pièce.

Dépourvue de la moindre décoration, et vidée de tout meuble hormis une table d’une simplicité frisant le ridicule, la pièce était presque vide. Hormis un turien extrêmement massif assis en tailleur à même le sol, et cette dite table, rien ne faisait vivre l’esprit des lieux ce qui troubla le légionnaire habitué à ressentir ces esprits militaires et fraternels le soutenir dans toutes ses actions. Mais ce qui déstabilisa le plus le vétéran ce fut l’immense baie vitrée qui prenait la place de la coque du vaisseau. Le tout donnait une vue si magnifique sur l’espace que le turien en eut le souffle fugacement coupé.

Ainsi fut-il pleinement surpris lorsque la voix grave et plus dure que la cuirasse d’un turien de son général résonna dans la pièce.

« Oui Telhius ? »

Honteux de son sursaut, et encore un peu aveuglé par la lumière intense provenant de Trebia, le Colonel Telhius se reprit en main et se figea dans une posture martiale plus seyante à son rôle.

« Le général Vicarius Maro indique qu’il arrive à l’instant dans l’espace de Palaven. »

Les mandibules de Maccharius s’agitèrent aussitôt pour indiquer sa bonne humeur et son excitation, puis le colosse se releva et agita ses mains, aussitôt l’IV de la frégate teinta la vitre, révélant au légionnaire le corps totalement nu de son supérieur. Mais cela ne déstabilisa nullement le colonel qui connaissait les habitudes de son général.

« Prévenez Vicarius que je le rejoins à l’entrée du palais du Primarque. Le temps de la patience est terminé. »

Aussitôt Telhius quitta les lieux pour porter son précieux message. De son côté, Dorn avait déjà oublié le fidèle colonel et laissa son esprit vagabonder sur l’évènement à venir. Mais aussi et surtout aux différentes surprises. Finalement il n’était pas celui qui avait lancé la procédure mais un autre général, de Palaven. Artérius Vorasen, général admirateur de l’Empire selon les quelques rumeurs, excellent épéiste et gérant sa légion selon des techniques proches de celles de Maccharius. Très proches, ils étaient pourtant assez éloignés par leurs ascendances. En effet, Artérius était un pur turien de Palaven, tandis que Maccharius représentait le meilleur des colonies.

Une chose signifiant beaucoup en ce jour, car des deux Artérius était le plus proche de pouvoir succéder à Malgor, aussi il allait falloir jouer serré. Mais il y avait aussi le manque de nouvelles concernant l’Amiral Larius Malnis, cet ambitieux et compétent turien qui avait eu la malchance de récupérer la pire position du gouvernement Malgor. Toutefois il était encore difficile de comprendre si l’amiral avait été si affecté à l’idée de prostituer les avantages de la Hiérarchie ou s’il était une vipère.

Toutefois l’heure n’était plus au doute, le général Vorasen avait lancé l’opération en avance, soit mais Dorn n’y jouerait pas la figuration pour autant. Aussi Maccharius commença à s’équiper, de sa plus belle armure de parade, un savant mélange de pièces d’armure de la Garde Noire et de la Neuvième légion, le tout agrémenté d’une cape massive touchant le sol. Dans le dos de la cape se trouvait le symbole de la Hiérarchie surplombant une couronne de laurier et une phrase. Proche du symbole de la Nouvelle Hégémonie, Maccharius avait eu vent de toutes les moqueries que ses soldats avaient eu à subir.

Une fois complètement équipé, de pied en cape, le Général d’Invictus se rendit sans attendre dans la soute de la frégate et y trouva quatre légionnaires, ceux s’étant auto proclamés garde du corps de leur supérieur, en parfaite alignement. Deux turiens et deux turiennes qui tenaient leurs armes avec une perfection qui parvint presque à émouvoir un Dorn pourtant très occupé par ses pensées. Ce vent de fierté raffermit encore plus la volonté du général et ce dernier pénétra la navette sans un regard en arrière, ni le moindre mot. Rapidement suivit de ses quatre soldats.

Le reste du voyage se fit dans le plus grand silence, chaque soldat comprenant l’importance du moment, et surtout la mine terriblement sérieuse de Maccharius. Même la vue, sublime, de Palaven se présentant à eux ne produit la moindre remarque, et encore moins de regard de la part du turien le plus gradé du lieu. De longues minutes plus tard, la navette atteignit sa destination et s’ouvrit pour révéler quatre légionnaires Hastatims, les soldats du général Vorasen organisateur de l’évènement, mais aussi un turien équipé d’une armure presque aussi magnifique que son homologue général venant d’atterrir.

Maccharius attendait que ses quatre gardes eurent terminé leur manœuvre et s’exfiltra enfin de son véhicule pour rejoindre d’un pas décidé son ami et allié. Le général Vicarius Maro, stratège de génie et le plus proche pour hériter du titre de Primarque de Digéris.

Un « Vicarius. » sonore et sincèrement amical résonna dans les lieux, rapidement suivi d’un « Macccharius » dans le même acabit, puis les deux amis se serrèrent dans les bras dans une accolade pas si brève.

« Alors, tu es prêt à voir la Hiérarchie regagner sa dignité ? »

Lâcha les yeux pétillants un Vicarius guère connu pour son art à dissimuler son plaisir.

« Le Général Vorasen s’est déjà rendu au sein du palais, nous sommes attendus. J’espère que tu es prêt mon cher ami, parce que moi je n’ai jamais été un grand orateur. »

Et cela était tristement vrai, Vicarius n’avait pour ainsi dire aucun talent pour lever les foules, mais son génie militaire avait plus que suffit à lui attirer la fidélité de sa légion, et même de la Hiérarchie dans son ensemble. Et bien évidemment l’amitié de Maccharius, qui se devait de répondre quelque chose tandis que les soldats de Vorasen guidaient le duo vers leur destination.

« Tu sais bien que je suis né prêt à ce genre de situation. C’est dans la lutte contre l’ennemi que je suis moi-même. »

Le regard flamboyant de Dorn fit sourire Maro, bien qu’il ne puisse s’empêcher de jeter un regard mi curieux mi inquiet vers les soldats du mystérieux général Vorasen.

« Tu devrais garder ce genre de déclaration pour ailleurs mon …. »

Et il ne continuer car déjà la troupe arrivait à l’entrée du superbe palais du Primarque, qu’ils ne purent guère prendre le temps d’admirer car ils arrivaient en même temps qu’une autre troupe constituée de quasiment tous les autres invités. Y compris le Primarque Bestarius Dorn, père intransigeant mais juste de Maccharius. Accompagné du deuxième général d’Invictus, l’inutile et sans ambition Abavus Accola, qui suivra sans doutes requis la voix de son maître.

Les intentions de Bestarius dans ce procès étaient inconnues de Maccharius, mais ce dernier connaissait l’hostilité de son père pour les « nantis de Palaven » et particulièrement Malgor qu’il avait souvent qualifié de « plus grand idiot utile de ce siècle ». Toutefois Bestarius était un politique né et rien ne pouvait se mettre entre lui et son idée de la protection d’Invictus. Et remplacer Malgor par Artérius Vorasen, Larius Malnis ou un autre général de Palaven pouvait tout à fait le laisser indifférent.

Néanmoins, son soutien serait vital aussi Maccharius s’avança jusqu’à lui et les deux se scrutèrent quelques secondes avant de se saluer d’un signe de tête discret, mais sincère, de respect.

« Primarque Dorn. Il est temps de montrer l’union qui règne au sein des colonies. » Lâcha Maccharius d’un ton neutre. Le Primarque répondit d’un simple, « fils » et agita ses mandibules d’amusement en voyant son enfant attendre une suite qui ne vint jamais. Bestarius n’avait jamais eu de cesse de s’amuser des habitudes froides de son fils à son égard et répondait toujours en omettant le titre de ce dernier. Taquinerie, incapacité à juger son fils digne d’un tel rang, mépris, tout était possible tant les deux turien étaient éloignés l’un de l’autre.

Puis sans un regard supplémentaire, mais en affichant un sourire énigmatique, Bestarius entra dans le palais, laissant son fils et son soutien perplexes. Toutefois un général prit rapidement la place du Primarque, tout sourire, mais le regard cruel, Attrebus Terentius se plaça face à son allié et lui présenta ses respects d’un discret signe de tête.

« Maccharius, je ne savais pas que tu roulais pour le général Vorasen. Tu aurais pu me prévenir. » Le ton du turien était autant interrogateur que critique, mais le sourire ne disparut pourtant jamais de son visage.

« Attrebus. Le général Vorasen m’a autant surpris que toi, il a convoqué le conseil bien plus tôt que j’avais envisagé. Mais cela est aussi à notre avantage, nous pourrons servir de soutien à une force déjà existante. Reste à espérer que l’amiral Malnis sera bel et bien de notre côté. »

Le regard de Terentius resta froid mais le sourire parut soudain moins artificiel. Le général Maro s’avança alors et salua cordialement son homologue, mais il était trop tard pour une longue discussion, aussi le trio ne perdit guère de temps et suivit la masse s’engouffrant dans l’immense et superbe palais. Dans le flot des généraux, amiraux et Primarques il devint impossible de repérer Malnis ou quiconque aussi Maccharius abandonna l’idée de retrouver son allié avant le départ des discussions.

Puis enfin tout le monde pénétra dans la pièce destinait à voir se jouer la plus belle ou terrible part de l’histoire moderne de la Hiérarchie. La victoire ou la déchéance du pire dirigeant de la première puissance militaire de la galaxie. Et tout cela sous le regard de trois anciens empereurs turiens au passé glorieux, mais sans grand importance pour Dorn, n’étant que des empereurs provenant de Palaven.

Très rapidement, les seize généraux, amiraux et les cinq Primarques s’installèrent, et chose peu étonnante des clans se firent encore plus rapidement. Très rapidement, l’esprit de tous se plongea dans les calculs et les tractations intérieures, qui se plaçaient à côté de qui ? Malgor s’installa dans une position aisément repérable et clairement en hauteur pour indiquer la valeur de son rang. Le général Vorasen lui indiqua ses intentions d’entrée en se plaçant face à lui, au même niveau.

Les autres clans se répartirent les différents niveaux. Maccharius se plaça à mi-chemin des deux rivaux sur la gauche de la table. Rapidement suivit par le général Maro et Terentius, mais aussi, grande surprise, par le Primarque Bestarius Dorn et son bras droit le général Accola. Sur le flanc droit, un large groupe se forma, principalement de jeunes généraux ou les plus anciens, se plaçant autour du Primarque d’Oma Ker, militaire de renom très connu pour sa sagesse et son ouverture d’esprit. Le clan des neutres espéra Maccharius.

Du côté de Malgor, se pressaient quelques généraux mais aussi et surtout le Primarque de Digéris connu pour son intransigeance et son zèle à appliquer les décisions des Primarques de Palaven. Les autres clans se centraient autour du général Vorasen et de l’amiral Malnis. Il était évident que la victoire du camp rebelle allait se jouer sur le soutien du clan neutre. Mais pas le temps de faire quoique ce soit car déjà l’organisateur de l’évènement décidait de se lever et de prendre la parole. S’ensuivit un discours qui intéressa grandement Dorn et l’excita fortement car il s’agissait ni plus ni moins que du lancement officiel de la tentative de destitution.

Mais le plus émouvant fut l’instant ou le général Vorasen conclut magnifiquement sa tirade d’une très touchante demande de destitution de Malgor. Si la majorité des généraux avaient deviné l’intention, la salle sombra dans un silence de mort durant quelques secondes, jusqu’à ce qu’un claquement de mains retentisse dans l’immense salle. Résonnant encore après qu’il eut terminé d’applaudir, les bruits donnèrent un aspect presque divin à Maccharius lorsqu’il se leva, révélant sa corpulence impressionnante lui ayant valu le surnom de Demi-Krogan, et par certain incarnation de l’esprit de la guerre.

De nombreux généraux et Primarques furent grandement étonnés de voir un général des colonies agir ainsi, mais aussi et surtout se permettre d’applaudir, habitudes nettement plus humaine que turienne. Toutefois la chose avait été longuement préparée par Dorn, sachant la résonnance des lieux, et l’étonnement de ses pairs. Mais le pire dans l’histoire fut qu’un général se permette de répondre avant même Malgor, défiant ainsi ouvertement le droit à ce dernier de se défendre en premier.

« Nous savions tous que ce jour viendrait. » Le regard d’airain de Maccharius se posa sur tous ses homologues et supérieur dans la pièce, les défiants de le contredire.

« Mon frère le général Vorasen a correctement décrit la situation qui nous a mené en ce lieu, pour tout ceci, toutefois il est évident que même ainsi je pense que mon frère a usé d’euphémisme la situation actuelle. Alors je me permets de prendre la parole, moi Maccharius Dorn général de la Neuvième légion d’Invictus que personne ne peut accuser d’organiser un tel acte dans une ambition personnelle. »

Le primarque d’Oma Ker indiqua rapidement de la tête que sa curiosité avait vaincu son étonnement et qu’il souhaitait écouter l’avis de l’ancien exilé. Un accord qui suffit amplement à Dorn, aussi reprit-il aussitôt, sans un regard pour Malgor.

« Palaven n’est pas la seule à être moribonde, loin de là. Et même si nos colonies doivent encore masquer les traces du passage des Moissonneurs, il existe un mal bien plus insidieux et dangereux qui empoisonne nos mondes et notre empire. La sédition, le sécessionnisme, le terrorisme n’ont pas disparu, et si Taetrus a connu la fureur des Moissonneurs ce sont bien les traitres qui ont mis à terre ce monde.

La Légion ne passe pas une journée depuis sans mettre aux arrêts un terroriste, un traitre, un pirate pourtant tous des citoyens de la Hiérarchie, tous des individus ayant combattu à nos côtés comme des frères, des sœurs. Et l’on me dit que la mort de Machiavel est notre plus grande victoire, la victoire du bien contre le mal et qu’il faut pour ça remercier l’UCIP, parfaite vision de la coopération galactique.
Magnifique, superbe, nous avons vaincu la sédition et la piraterie. Nous avons vengé l’honneur mis à mal de Palaven. »


La fureur commença à transparaitre sur le visage de Maccharius alors qu’il préparait la suite de sa tirade.

« Connerie. Machiavel n’était qu’un symptôme d’un mal bien plus insidieux, et je vais vous dire aujourd’hui très clairement quel est-il. » Quelques secondes de silence, le général scrutant à tour de rôle chaque participant de la pièce hormis le camp de Malgor. « C’est que la Hiérarchie a atteint la limite de sa dégénérescence. Désormais les cellules nécrosées s’attaquent au reste du corps dans une folie auto destructrice. »

Maccharius posa ses deux poings sur la table de la pièce.

« La Hiérarchie est plus proche de la mort que vous ne le pensez. La signature de l’UCIP n’en est que le dernier exemple. La Hiérarchie n’est plus qu’un corps vieillissant se délestant de ses responsabilités les unes après les autres dans l’espoir de prolonger la félicité et repousser les charognards. La Hiérarchie ne produit plus rien de bon depuis très longtemps maintenant. La Hiérarchie ne cesse de se replier sur elle-même, de se satisfaire d’un rôle sans cesse remis en question. La Hiérarchie perd ses forces vives. La Hiérarchie se meurt. La Hiérarchie est déjà du passé. »

La longue tirade fit grogner nombres de généraux et attira les regards furieux d’autres.

« Toutefois c’est ce qui arrive tant que nous déciderons de continuer cette voie destructrice, cette voie de rabaissement permanent, cette voie d’avilissement. Car ne vous fourvoyez pas, il ne s’agit pas ici d’intégration mais dilution de ce qui sommes, de ce que nous représentons.

D’abord, nous avons accepté que tout le monde accepte que l’Alliance nous ait vaincues à Shanxi, puis nous avons accepté de trahir l’Hégémonie pour la punir de son comportement plutôt que d’agir directement, puis nous avons laissé l’amiral Han’Gerrel ignorer nos frontières et nos réprimandes, puis nous avons ignoré les agressions systématiques des hérétiques Geths contre les colonies humaines, puis nous avons ignoré les preuves de l’existence de ces Moissonneurs, puis nous avons ignoré les troubles au sein de l’Union, puis nous avons ignoré les déflections de nos soldats les plus instables, les laissant se réfugier et proliférer au sein de Terminus sur armées et belliqueuses..

Ces choix répétés de se concentrer sur nos propres frontières ont logiquement conduit la galaxie à comprendre que la Hiérarchie armée concilienne était un passé lointain, et nous avons-nous même produit la pire injure dans l’histoire moderne turienne qu’est l’UCIP. »


Maccharius fouilla alors dans son omnitech et afficha pour tous un compte rendu.

« Le Conseil désire une armée pour renforcer la sécurité dans notre espace, pour lutter plus efficacement contre les actes terroristes et criminels. Quelle pitié, nous avons-nous-mêmes creusé la tombe de notre rôle par notre inaction.

L’UCIP a le rôle que la Hiérarchie tenait autrefois. Alors je conçois son utilité mais je vais simplement vous parlez d’une chose qui m’a marqué. La première opération de l’UCIP s’est effectuée sous le commandement du Courtier de l’Ombre. »


La nouvelle choqua quelques généraux ignorant la chose, énerva d’autres pourtant au courant, et laissa de marbre d’autres encore.

« Spectre, GSI, Garde Noirs, N7 et le Conseil a jugé que le commandement devait revenir au courtier de l’ombre. Et dois-je rappeler que si l’opération fut un succès il en a résulté un carnage dans nos rangs ? Mauvais commandement, mauvaise préparation, méconnaissance du terrain. Tout cela alors que le Courtier de l’ombre est officiellement le maître des secrets et des informations.

Est-ce cela l’avenir et le prix de la sécurité du Conseil ? Des opérations mal préparées, des broyeuses à forces spéciales ? »


Une courte pause qui permit à Maccharius de comprendre qu’il tirait trop sur son temps de parole.

« Je vais conclure ici, que voulons-nous ? Une Hiérarchie finissant dans les poubelles de l’Histoire ? Pour éviter cela j’appuie la demande du Général Artérius Vorasen. Que soit votée la destitution immédiate du Primarque Malgor. »

Et Dorn se rassit. Sa gorge presque asséchée, et sa volonté n’ayant jamais été aussi affutée.


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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Mer 26 Avr 2017, 03:09

Une réunion extraordinaire et commune au collège des officiers et au Conseil des Primarques… Le genre d’occasion qui ne se présente que rarement en une décennie de tractations sur Palaven. Tandis que les cicatrices visibles de la Guerre disparaissaient petit à petit de la surface du monde capital des Turiens, celles bien plus profondes qui gangrénaient la société martiale qu’était la Hiérarchie ne semblaient décidemment pas prêtes à se refermer complètement. Cette journée permettrait-elle de palier à ce problème une bonne fois pour toute et de démarrer un long mais nécessaire processus de guérison ? Les prochaines heures seraient assurément décisives pour le déterminer, à n’en point douter.

Que l’initiative provienne du second du Primarque en exercice s’avérait de toute façon révélateur du malaise et de grogne qui montait des rangs. Quant à savoir s’il s’agissait d’une pure manœuvre politique motivée par l’ambition en vue de quitter le navire Malgor avant qu’il ne sombre ou d’un réel sursaut de la part de Vorasen…
Nul doute qu’il allait dans tous les cas falloir la jouer serrée pour le patriarche du clan Malnis.

Conscient de ce fait plus que de raison, l’Amiral rompu aux affaires de stratégie comme de politique ne pouvait pourtant que prévoir les éventuelles associations et clans qui se formeraient durant les discussions, rien de plus. Avec des enjeux aussi importants et tant d’inconnues dans l’équation, la fin des tractations ne pourraient se solder par un résultat prévisible à l’avance. Comme dans les antiques arènes qui parsemaient encore certaines paysages de la planète, un camp sortirait vainqueur de ces échanges, l’autre n’y gagnant que disgrâce et peut-être l’exil.

Mais si le risque permettait d’apporter du renouveau à la Hiérarchie, de la remettre sur les rails, alors il aucun Turien se présentant comme tel ne pouvait refuser de le courir…

L’Atteren et son groupe de combat étaient en cale sèche depuis maintenant 3 jours et Larius avait laissé le commandement de la 7ème à son fidèle lieutenant Caster Drako pour se présenter en lieu et place du Palais du Primarque. Faisant ses préparatifs depuis le luxueux domaine familial, reconstruit à l’identique puis embelli après la Grande Guerre, l’officier détaillait avec une attention toute particulière un datapad présentant la liste complète des « invités » du rassemblement. Personne n’avait été oublié parmi les officiers supérieurs de la Hiérarchie, de Palaven aux colonies, toutes les grandes instances étaient là. A n’en point douter, l’organisateur de ces évènements tenait à montrer qu’il avait la situation sous contrôle.

Le Général serait-il toujours aussi à l’aise face à une assemblée prête à mettre en exergue tout défaut dans le moindre de ses propos ? La réponse viendrait sous peu, à n’en point douter.

Cette impression que Vorasen souhaitait « marquer le coup » de façon agressive ne quitta pour ainsi dire pas l’esprit en éveil de Larius lorsqu’une escorte de deux Hastatims se présenta de bon matin devant le portail ouvragé de sa propriété. Réel marque de respect, volonté d’intimider ou autre chose ? Encore une question à élucider au cours des débats qui s’annonçaient. Le duo de soldat des escadrons de la mort du en tous les cas cohabiter avec 4 marines de la 7ème dépêchés sur place pour assurer les devoirs de protection et de garde d’honneur de leur supérieur. Et si des regards hostiles furent pendant un temps échangés, cette coopération des plus brèves s’effectua sans accrochage.

Malnis rejoignit ainsi la dizaine de dignitaires déjà rassemblés au sein de la vénérable salle du Conseil, abandonnant son escorte aux portes de la pièce. Vêtu de son armure de cérémonie des plus classique et sobre, il faisait bien pâle figure en terme de style face à certains des éléments rassemblés ici. Pas de cape, d’insignes autres que ceux de sa flotte ou de grappes de médailles, simplement cette armure qui témoignait de son rang. Ce genre de fantaisies, il les laissait volontiers aux Généraux les plus soucieux du protocole. Si on pouvait parfois lui reprocher de trop honorer les Esprits de ceux l’ayant précédé au sein de sa lignée, le fait de se perdre dans ces méandres de l’étiquette n’était décidément pas son truc.

Après un bref regard en direction de celui qui pouvait s’avérer pour lui un allié de choix comme un ennemi intraitable suivant les prises de positions qui seraient bientôt défendues, à savoir Dorn, Larius prit rapidement place auprès de ceux dont il savait avoir en grande majorité le soutien : les représentants de Palaven et Digéris, mondes de la Crête Apienne. Assis à seulement quelques places à la gauche de Malgor, il fixa longuement ce dernier entre deux échanges avec ses homologues, avant de porter tour à tour son attention sur les deux orateurs qui se succédèrent. Et quels orateurs ! Des réputations qui n’étaient plus à faire, des propos auxquels l’Amiral adhérait dans les grandes lignes, un cérémonial qui relevait presque du défi entre eux… Amusant, mais également révélateur du malaise régnant au sein du collège des Généraux. Les pourparlers ne manqueraient pas de s’annoncer musclée…

- « En tant qu’Amiral de la Septième Flotte et membre du Triumvirat de l’Unité Concilienne d’Intervention et de Protection, ou UCIP, je tiens à m’exprimer avant que d’autres voix ne se fassent entendre pour motiver ou protester contre ce vote. Que certains voient en moi l’incarnation de la déchéance de la Hiérarchie si cela les amuse ou leur convient, mais j’ai également des éléments à ajouter sur cette affaire. » lança brusquement le Turien aux tatouages faciaux blancs une fois son homologue d’Invictus de nouveau sur sa chaise.

Après s’être levé et avoir gratifié Dorn d’un unique signe de tête respectueux, mais peut-être aussi reconnaissant, et faisant fi de ses détracteurs qui lui présentaient des visages peu amicaux, il détailla l’assemblée dans son ensemble d’un air grave.

- « En premier lieu, je ne peux qu’adhérer aux propos tenus ici devant vous par mes deux prédécesseurs. La Hiérarchie est malade, et il est temps de la soigner pour de bon, par des actes et non des mots comme cela a été pendant trop longtemps le cas. Il est néanmoins nécessaire que j’intervienne quant à la question de notre position au sein de cette galaxie et les évènements qui s’y déroulent pendant que nous débattons.

L’UCIP tient le rôle qui revenait jusqu’ici de droit à la Hiérarchie, c’est vrai, je le reconnais pleinement. Mais savez-vous seulement à quel point la chose pourrait-être pire qu’elle ne l’est actuellement ? Durant les négociations qui précédèrent sa création, il m’a fallu batailler pour ne pas voir des projets encore plus farfelus et irrévérencieux germer de terre. Car si les Galariens restèrent tapis derrière leur ligne de conduite qui prône la non-ingérence, à l’exception de leur GSI, se sont des Asaris qui provinrent les idées les plus incongrues. Parmi elles, celle de transformer cette force d’intervention en force armée commune et permanente, avec à disposition des cuirassés construits aux frais des races participantes… »

En tant qu’expert de la stratégie navale, le vieux Turien était assurément dans son élément en abordant la question…

- « Si l’espèce millénaire connue pour son sens de la diplomatie, et accessoirement la fourberie de certains de ses agissements, cherche à nous évincer en contrevenant par la même occasion au Traité de Farixen, comment ne pas comprendre que notre régime actuel n’impose plus le respect à quiconque ? De même pour Machiavel, qui fit usage avant de disparaitre d’un nouveau type d’armement, si sophistiqué que même les analystes Galariens se gardent bien d’en déchiffrer le fonctionnement. Sa disparition n’est que le fruit d’un concours de circonstances extrêmement coûteux en vie et en fierté pour les nôtres. Car en prenant la décision de laisser la main au Courtier de l’Ombre sans même en informer le Triumvirat, le Conseil a joué une carte de trop, celle qui risque de lui rester pendant un temps en travers de la gorge. Il est temps d’agir intelligemment pour pallier à ce rejet. »

Soucieux de défendre sa ligne de conduite qui prônait l’action sur deux fronts, à savoir purger la Hiérarchie de l’intérieur tout en récupérant sa place de première puissance militaire sur la scène galactique, Larius poursuivit sur une mise en garde. Négliger un aspect au détriment de l’autre ne ferait que mener à un échec encore plus grand que celui de Malgor, il en était persuadé.

- « Car voulons-nous suivre la voie de l’Union Galarienne ? Allons-nous laisser les nôtres se recroqueviller sur eux-mêmes, se couper de la moindre interaction en dehors de notre espace dans un soi-disant effort de reconstruction et de remise en ordre de nos rangs ? Allons-nous laisser notre peuple se déchirer pour porter la vérité que chaque groupe pense être la meilleure ? Voir ce qui était la glorieuse Hiérarchie, née des cendres de la Guerre de l’Unification, se diviser sur la voie à suivre et prendre les armes frères contre frères ? N’avons-nous pas déjà assez d’éléments séditieux à traiter pour en plus nous mettre notre propre peuple à dos ? »

Car c’est la voie que nous suivons en poursuivant la politique qui est la nôtre à l’heure actuelle. Depuis des mois j’entends les rangs de nos officiers gronder, depuis des mois je perçois le mécontentement de Cipritine et toutes les agglomérations de notre planète mère. Depuis des mois les hautes instances conciliennes se jouent de nous. Les Volus eux-mêmes, à qui nous devons protection en échange de leur savoir-faire économique et financier, ne se sentent plus en sécurité dans leur espace. Il est de notre devoir de faire avancer la Hiérarchie, même lors d’une période de changement, pour ne pas la voir sombrer et devenir moribonde sur la scène galactique comme l’est Sur’Kesh à l’heure actuelle. »

Il était de notoriété publique que l’Amiral entretenait d’excellentes relations avec le Protectorat. C’est sans doute pourquoi personne ne se sentit de le contredire sur ce point en particulier, lui permettant d »en arriver à la dernière partie de sa prise de parole déjà bien longue.

- « Vous trouverez peut-être étrange d’entendre pareil discours venant de celui à la tête de l’initiative qui fait tant de mal à la Hiérarchie et est perçue comme un affront à notre rôle millénaire dans cette galaxie… Peut-être certains d’entre vous se préparent-ils à saper cet argumentaire de toutes leurs forces… Mais si je m’exprime de la sorte, c’est avant tout car cette nomination sur ordre express du Primarque de Palaven ici présent s’est avérée être une piètre tentative d’exil à mon encontre. Au mieux il parvenait à éloigner un opposant et contentait le Conseil par son ouverture d’esprit et sa volonté de coopérer, au pire l’échec de ce mouvement me retombait-elle sur les épaules. La démission aurait-elle été préférable ? Peut-être, mais l’a-t-elle été en nous donnant notre Primarque actuel ? Notre seule présence en ces lieux semble dire que non. Mais assez de justifications… »

Un mince silence s’installa alors qu’il conclut en plongeant son regard aussi profond que les eaux de Palaven dans les prunelles peu engageantes de Malgor.

- « Pour mettre fin à ma prise de parole, j’annonce appuyer pleinement le vote d’une motion de censure à l’égard du Primarque Malgor, avec application immédiate résultant sur sa démission, et encourage tout Turien en mal de changement à faire de même. »

Il imita ensuite ses prédécesseurs en retrouvant sa place assise, laissant à d’autre le soin d’argumenter, ou peut-être même de contre-attaquer et de défendre le bilan de l’individu jugé ici… A moins que ce dernier ne souhaite prendre lui-même la parole ?
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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Sam 29 Avr 2017, 00:41

Primus Inter Pares
24 Avril 2202

Palaven - Cipritine



Le Primarque Malgor se présenta en dernier.
Sur le chemin, il ne s'était pas pressé. Il savait, bien sûr, pourquoi les généraux et Primarques avaient été rassemblés. Il savait ce qui pouvait en découler, le comportement qui devrait être adopté, mais aussi les conséquences possibles, pour lui comme pour son peuple. Et de nombreux dilemmes se posaient à lui. Mais Malgor était turien, quoique l'on puisse en penser. Il accomplirait son devoir, jusqu'au bout.
Il franchit la porte, croisant du regard les hauts dignitaires et notamment l'instigateur du concile, le Général Artérius Vorasen, tentant d'identifier les raisons exactes l'animant. La haine, que le turien manifestait occasionnellement face aux aliens ? La fierté, l'ultime baroud d'honneur d'un Général vieillissant ? Le patriotisme, sincère et sans concession ? Ou simplement l'ambition ?

La réunion commença pour de bon, avec l'intervention de l'instigateur. Direct, droit au but. Palaven devenait faible et moribonde, Malgor privilégiait le Conseil sur son peuple, il devait démissionner. Puis vint Dorn, dans la droite lignée. Sans réelle surprise, celui-ci appuyait le Général Vorasen : terrorisme, sédition, sécession. Des termes à la fois modernes et anciens, datant aussi bien des dernières années que des Guerres d'Unification. Pourtant, le message n'était pas en accord parfait : là où Vorasen exigeait le retrait car le Primarque était trop centré sur les affaires conciliennes, Dorn considérait à l'inverse que la Hiérarchie s'était trop cantonnée en ses frontières.
Enfin vint le Général Malnis. De nouveau en faveur de la démission, ce qui surpris davantage le Primarque de Palaven. La Hiérarchie devenait faible et moribonde, secondaire sur le plan politique, l'UCIP était une insulte, mais par dessus tout, c'était un complot pour l'écarter. Malgor ne cacha pas un regard franchement dubitatif envers le Général, et se leva à son tour.

« Bien entendu, Général Malnis, vous faire représenter la Hiérarchie auprès du Conseil et vous permettre de présider à l'UCIP était un évident moyen de vous écarter. Nous pouvons voir ici à quel point vous êtes affaiblis. ». Malgor écartait les bras, rappelant à tous le lieu de la rencontre, et le statut primordial des individus présents.

« Trêves de plaisanteries. Car oui, vous avez dit vrai en un point : la galaxie change, la Hiérarchie n'a pas l'unité qu'elle a eu. Nier le terrorisme nous ayant frappé serait d'une stupidité sans nom. »

Un point pour ses adversaires, Malgor le sentait dans les mouvements des officiels présents. Mais pas un point de perdu s'il devenait un gambit.

« Mais ces blessures ne doivent pourtant pas nous faire oublier la réalité : nous sommes conciliens. Nous travaillons avec les autres espèces, nous vainquons nos ennemis ensembles.
Auriez-vous oublié notre histoire récente ? La Grande Guerre, où seule l'union nous a permis de vaincre ? Plus anciennement, la Rébellion kroganne écrasée, avec le génophage galarien ?
Le temps vous fait il devenir nostalgique ? L'arrivée de l'UCIP n'a pas fait partir les flottes turiennes de la Citadelle, et nous restons la première force militaire de la galaxie. L'arrivée de l'UCIP n'a pas dissout nos forces spéciales, dont les opérations continuent et continueront. L'arrivée de l'UCIP n'a pas ôté de prérogatives à la Hiérarchie : nous ne sommes jamais intervenu sur les territoires de nos alliés.
Général Vorasen, vous me reprochez mon implication concilienne. Général Dorn, vous au contraire vous plaignez du recul dont la Hiérarchie a fait preuve sur les décennies passées. Général Malnis, je cerne moins votre critique : la division se développe, vous reprochez la politique d'ouverture menée, mais vous refusez également la fermeture sur soi ?
Avez vous des argumentations concrètes ou n'êtes vous ici que pour exprimer votre frustration ? »


Le ton du Primarque était monté. Jusqu'ici, ses opposants critiquaient mais sans être d'accord sur quoi critiquer, sans avoir de points communs autre que le fait de le désigner coupable. Il devait montrer leurs incohérences, puis rassembler les siens. Le turien baissa à nouveau la voix.

« Nous traversons des temps troublés. C'est un fait. Mais ça n'est pas par le renfermement sur nous mêmes que nous nous renforcerons. La Hiérarchie doit retrouver sa stabilité en donnant un idéal à son peuple ; ses citoyens doivent retrouver leur cohésion grâce à un objectif.

Durant les quinze dernières années, cet objectif était la reconstruction. Mais aujourd'hui, il convient d'en trouver un nouveau. Je l'avoue, j'avais songé que l'UCIP pourrait être le début de quelque chose de plus grand, le début d'une collaboration toujours plus intense avec nos alliés, un nouveau moyen de s'étendre qui ne passerait pas uniquement par l'affrontement militaire, mais aussi par la progression des nôtres dans une société concilienne toujours plus diverse. Un nouvel avenir où nous n'aurions pas été limité au rôle de soldats des autres espèces, mais aussi scientifiques, politiciens, entrepreneurs. Où nous aurions apporté aux aliens notre faculté à nous unir, ce en quoi et malgré les dissensions, nous leur restons supérieurs. L'Alliance compte plus de déserteurs que jamais, les Républiques ont à leur tour subit une attaque terroriste et voient leurs principes vaciller, l'Union se perd dans le marasme de ses intrigues politiques. Je voyais en l'UCIP le début d'une ère plus commune où nous pourrions non seulement nous réunir nous, mais également réunir toutes les espèces.

Il se peut que ce soit une erreur. L'ingérence du Courtier de l'Ombre est une insulte. Le Triumvirat a vocation à diriger cet organisme, et doit exiger des explications au Conseil, si ce n'est déjà fait. »




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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Sam 29 Avr 2017, 11:26
Maccharius bouillonnait intérieurement.

Cette chaleur interne atteignait un degré que n’avait jamais connu le général malgré ces années comme Garde Noir, comme colonel ou comme général. Même lors des combats au corps à corps avec des pirates désespérés, des Berserkers krogans, la passion n’avait pas étreint l’esprit guerrier de Dorn avec cette ampleur quasi palpable.

Malgor écœurait Maccharius au-delà des mots, au-delà même de la compréhension, chacune de ses paroles était un monceau de conneries politiciennes. Il n’y a pas la moindre once de passion dans le discours du premier turien, pas la moindre once de patriotisme, juste un calcul froid de ce qu’il devait dire, ou pouvait dire. En quelques secondes, le général de la Légion se retrouvait propulsé des années en arrières lors de son exil.

Le Primarque d’alors, au nom effacé de la mémoire de Maccharius, avait eu le même discours devant ses généraux obséquieux, annonçant ce qu’il devait annoncer pour calmer ses confrères volus et du Conseil. Maccharius avait été brisé, lui le soldat le plus farouchement loyal de la Hiérarchie, jugé non par son mérite mais par calcul. A nouveau, la Hiérarchie présentait sa face la plus ignoble à Dorn, et ce dernier, au plus profond de son esprit, là ou même la colère n’avait prise, une douleur profonde, une fissure se fit.

Etait-ce là la Hiérarchie pour laquelle il vivait, tuait et mourrait sûrement ? Une nation bâtie sur le calcul et non la logique, bâtie sur le calcul plutôt que la passion, bâtie sur le calcul immédiat plutôt que la stratégie visionnaire ? Non, jamais, nulle part. Maccharius mourrait pour ça, il en était sûr. Aussi le général décida de prendre sur lui, il coupa le droit de réponse de l’amiral Malnis, pourtant le plus ciblé par un Malgor frappant d’entrée de jeu.

Tout le monde entendit soudain la chaise, pourtant massive, de Maccharius être violemment repoussée tandis que le colosse se levait, le rouge de la fureur dans les yeux. Cette fois-ci, Dorn scruta le Primarque Malgor directement, ou plutôt le darda de son regard courroucé.

« Trêves de plaisanteries vous dites ? Alors pourquoi nous faire injure avec vos laïus sur le fait d’être concillien ? »

La colère de Maccharius se tassa quelque peu alors que les mots sortaient de sa bouche asséchée, créant une voix encore plus rauque et gutturale que d’habitude.

« Parlons-en donc de notre histoire récente. De notre grande capacité à combattre ensembles contre les menaces communes.

Qu’avons-nous fait lorsque la Dalatrace Bynare a tenté de placer son peuple sous la coupe d’un régime dictatorial anti Conseil ? Malgré mes demandes répétées pour intervenir aux côtés de nos frères galariens, Palaven a maintenu mon exil. Parlons donc de la relation avec les Clans Krogans, que nous avons décidé de libérer du poids terrible du Génophage. Qu’avons-nous fait en échange du sacrifice de milliers de krogans sur Invictus, Oma Ker, Digéris, Taetrus et Palaven ?

C’est simple, nous n’avons strictement rien fait. Notre Primarque parle de dépasser le stade militaire mais je peux vous dire moi, ce que j’ai vu de cette coopération actuelle. »


Et Maccharius eut un sourire moqueur en direction des autres généraux et Primarques de l’assemblée.

« Comme tout ce qu’a produit la Hiérarchie dans son histoire réellement récente. Rien. Les mots de notre estimé Primarque de Palaven, sonnent aussi creux que ses capacités à tenir sa charge.
Je vais vous dire moi ce qu’est l’histoire moderne de la Hiérarchie. Pas des victoires contre un peuple Rachnis, pas un Génophage, deux évènements que les espèces récentes de la galaxie n’ont même pas connues.

L’histoire moderne c’est l’inaction. La stagnation. Nous avons renégocié Farixen pour équilibrer les flottes, réduisant l’avantage militaire turien. Nous avons abandonné le peuple galarien dans un conflit fratricide résultant une nation brisée qui ne s’implique plus dans la politique galactique. Nous avons abandonné Urdnot Wrex dans une guerre civile alors même que nous savons pertinemment qu’il est le seul espoir d’une union.

Nous avons abandonné le peuple Ralois à son sort, laissant l’Hégémonie tenir un rôle qui revenait de droit au Conseil. Nous avons laissé l’UCIP traquer le plus grand criminel moderne sous prétexte qu’une union des services de renseignement rendraient la chose plus facile. Mais la mission n’a été possible que par l’achat des renseignements du Courtier de l’Ombre. »


Répéter des erreurs terribles était toujours un moyen à moindre frais de raviver une juste colère.

« Qui pourrait se targuer de renfermement estimé Primarque de Palaven ? Qui pourrait estimer qu’agir moins que vous serait un moyen de rétablir la juste et légitime place de la Hiérarchie au sein d’une galaxie troublée ?

La réponse est simple, personne. Durant ces quinze dernières années l’on nous a rabâché la reconstruction comme sacro-saint prétexte à l’incompétence, l’inaction.

Nous. Devons. En. Finir. »


Les deux points d’acier de Maccharius s’abattaient sur la table à chaque mot prononcé avec la force d’une colère justifiée et sincère.

« Il n’y a plus de justifications à attendre, plus d’excuses à donner. Malgor, et j’omets avec conviction et souci d’honnêteté un titre qui n’est plus mérité, a spolié la Hiérarchie de son destin. Malgor a abandonné sciemment la réelle coopération pour des calculs politiques hasardeux et un carriérisme qui ne sied plus à la Hiérarchie.

Notre nation est une société MERI.TO.CRA.TIQUE, et il apparait clairement que ce terme ne peut s’accoler aux compétences, décisions et actions de notre Primarque de Palaven actuel.

Aussi le départ immédiat de Malgor est la seule alternative envisageable à tout changement profond de notre cap actuel. Puis la Hiérarchie doit comprendre que ce n’est pas en reniant sa fonction, son identité, le talent inné d’un peuple fier et courageux qu’il apportera sa pierre à l’édifice galactique, à l’édifice concilien.

Le peuple turien est l’esprit martial du Conseil, acceptons ce rôle, acceptons enfin de protéger nos enfants, mais aussi les enfants de toute la galaxie. Mettons de côté les freins qui nous maintiennent dans le passé.
Devenons ce que la nature a fait de nous, un roc infaillible, dévoué totalement à sa cause. Mais faisons-le en admettant qu’une vérité a été tout de même évoquée par notre Primarque de Palaven. Un nouvel avenir sans limite nous attend, la coopération doit s’étendre et nous devons apporter aux autres espèces ce que nous seuls sommes à mêmes de produire. »


Puis Maccharius attrapa sa chaise, la replaça comme originellement et se réinstalla non sans une dernière tirade.

« Malgor doit être démis de ses fonctions. »


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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Dim 30 Avr 2017, 21:10
Ce conseil commençait mieux qu'Artérius ne l'avait espéré. Évidemment, il s'était grandement renseigné sur les participants, leurs idées et leur potentiel alignement, et si les positions du Général Dorn étaient attendues - et appréciées -, la surprise venait de l'Amiral Malnis. Relativement présent sur la scène politique actuelle, il semblait plus agir par opportunisme que par véritable et profond patriotisme, et s'il avait plutôt bien défendu la Hiérarchie dans les négociations iniques de l'UCIP, il avait fait preuve d'un manque de diplomatie flagrante et, aux yeux d'Artérius, d'une stupidité crasse lors de la cession de Gellix. Mais qu'importe. Aujourd'hui, ils étaient du même côté, et chacun de ses alliés plus ou moins inattendu semblait apporter avec lui son lot de "suiveurs". Après tout, un général ou un amiral n'était pas nécessairement un animal politique, et une confiance gagnée sur le champ de bataille pouvait donner lieu à une confiance rendue tout autre part.

A gauche du Général, donc, se trouvait le Général Dorn, un Turien massif et puissant. Les deux s'étaient croisés à quelques occasions, mais n'avait guère plus partagé que les salutations d'usage. Bien que très différents aussi bien physiquement que dans leur approche des choses, on les disait assez proches dans leurs opinions, si bien qu'ils avaient chacun créé leur Légion à l'image des anciens Hastatims presque simultanément, et sans avoir connaissance de l’intention de l'autre. Il était lui aussi arrivé en grande pompe, et accompagné de quatre autres turiens. Cela, additionné aux regards et diverses expressions que firent se compagnons lors de son soudain applaudissement et du discours qui suivit pouvait déjà permettre à Artérius d'affirmer que le camp de son allié de circonstance comptait déjà trois membres, lui compris. Son père, le Primarque Dorn, et son second, s'ils semblaient pencher du bon côté, ne paraissaient pas entièrement convaincus.

Plus à gauche encore se tenait l'Amiral Malnis. Lors des premiers instants, Artérius le trouva pas vraiment à sa place. Arrivé seul, il ne semblait pas avoir d'affinités particulières avec qui que ce soit. Pour tout dire, il avait l'air quelque peu hors de son élément. Mais bien vite, il montra cependant qu'il était bien à sa place, et qu'il n'était décidément pas prêt à se laisser marcher sur les pieds. Après tout, il pouvait prétendre, tout comme Artérius, à la succession de Malgor. Il convenait donc de ne pas le froisser, de le garder à ses côtés ... au moins jusqu'à la destitution du Primarque.

Artérius, quant à lui, avait pour sûr un allié : le Général Veorus Kaseo de Palaven. Il s'agissait d'un officier très compétant, qui secondait Artérius dans la gestion des troupes de la planète-mère, et, s'il s'acquittait parfaitement de son travail de meneur d'homme, ses compétences politiques et d'orateur laissaient quelque peu à désirer. Ce serait donc une voix en sa faveur, mais sans grand répondant, hélas. Il y avait bien sûr d'autres personnes que le Général avait sollicité - après tout, il n'avait pas chômé pendant cette dernière année -, mais si la plupart avaient écouté ses discours et ses arguments, aucun n'avait manifesté son soutien direct. Il allait donc s'agir de les convaincre, eux qui feraient pencher la balance.

Les deux premières interventions avaient donc fait leur effet, et nombres de Turiens autour de la table avaient maintenant dépassé le stade de la curiosité pour devenir complètement attentifs. Il y eu, comme lors du discours d'Artérius, des hochements de tête d'approbation, surtout lors de la mention du Courtier de l'Ombre. Si tous s'accordaient qu'il pouvait s’avérer utile en des circonstances bien particulières, le fait même qu'il se soit visiblement décidé une ligne "politique" et participe maintenant directement ou ouvertement aux opérations concilliennes n'était décidément du goût de personne. Bien sûr, Artérius n'était pas d'accord avec tout ce qui se disait, mais pour l'instant, les trois officiers visaient le même but, et il serait toujours temps de corriger et de préciser certaines déclarations plus tard.

Puis le silence se fit à nouveau, et les regards se tournèrent vers Malgor qui s'était levé. Enfin. Commencer par une pique n'était peut-être pas la meilleure solution, même si sa remarque était finalement assez pertinente. Mais la suite ... Il tentait désespérément de se justifier, de justifier ses actions. Ses arguments sonnaient creux, et même s'il parvenait peut-être à croire à ses mensonges bien-pensants, les trois voix qui avaient commencé à s'élever savait qu'il en était rien, et bientôt, tous le sauraient également. Mais il avait raison sur un point. Si Maccharius, Larius et Artérius, sur le fond, voulaient la même chose, leurs voix n'étaient pas accordées, et Malgor pourrait en profiter pour les séparer, les affaiblir. Au moins, cela montrait à tout le monde qu'il ne s'agissait pas là de l'embuscade de quelques officiers avides de pouvoir, mais bien d'un cri d'alarme, pour le bien de la Hiérarchie, poussé depuis Palaven comme depuis les colonies.

Mais à peine Malgor eut-il fini sa tirade que Dorn explosa, montrant bien qu'il méritait son surnom de "demi-krogan". Et il se montra aussi dur dans son discours que sur un champ de bataille, démontant les "arguments" de Malgor un par un, et surprit le Général lorsqu'il refuse d'utiliser le titre de Malgor. Oh, bien sûr, Artérius était le premier à appeler le Primarque par son nom seul, mais c'était dans des cadres privés, à l'abri des oreilles étrangères. Ici, c'était comme cracher directement au visage de Malgor. Évidemment, Artérius ne pouvait qu'approuver, tant l’omission du titre que le discours dans sa globalité, mais Dorn se laissait emporter par les provocations de Malgor, et chargeait sans se préoccuper du reste. Mais il s'agissait de ne pas se poser en agresseurs. Il fallait se faire entendre, et non se faire remarquer.

Une fois Dorn rassit, Artérius s'assura qu'il le regardait, et lui fit signe de la tête. Il ne devait pas être trop ostensible pour rester relativement inaperçu des autres mais suffisamment clair pour que Maccharius comprenne : il fallait garder son calme, ou Malgor gagnerait. Puis, avant que qui que ce soit ne puisse reprendre la parole, Artérius se leva.

    - Le Primarque Malgor nous parle de coopération concillienne et m'accuse de ne pas en vouloir. Mais là encore, notre "dirigeant" n'entend que ce qui lui plaît et peut lui servir. Ce dont je l'accuse, ce n'est pas d'avoir de bonnes et saines relations avec le Conseil. Ce dont je l'accuse, c'est de donner, petit à petit, nos libertés, nos droits, et ce qui fait de nous des Turiens au Conseil en échange d'une éventuelle récompense. Ceci, mes frères et sœurs, n'est pas de la coopération. Et pour cela, j'ai peur qu'il n'y ai que des explications possibles : l'aveuglement, ou la stupidité. Et je pense avoir suffisamment travaillé aux côtés de notre Primarque pour vous affirmer que la stupidité n'est pas un de ses défauts. Il fut autrefois un homme compétent, et si je ne saurais dire ce qui a changé, le résultat est là devant nos yeux : il n'est pas digne de diriger la Hiérarchie.

Artérius marqua son propos d'un doigt accusateur en direction de Malgor.

    - Depuis qu'il occupe ce poste, notre Primarque ne raisonne à court terme. Je ne saurais dire s'il agit ainsi pour son propre bénéfice, ou s'il pense vraiment apporter quelque chose au peuple turien, mais ses efforts sont inefficaces. Depuis quinze ans, il est vrai, nous avons reconstruit. Mais face à la fureur de Trebia, les Turiens ont-ils construit un chiche abri en bois en espérant que la chaleur et les radiations passeront ? Non ! Nous avons changé jusque dans notre chair, et nous en sommes ressorti plus fort. Nous avons toujours procédé ainsi, en pensant aux générations futures, à comment leur léguer un héritage fort et prospère, et c'est ainsi qu'est né l'Empire, puis la Hiérarchie. C'est ainsi que nous nous sommes lancés dans les étoiles, à la découverte d'une communauté galactique nouvelle, pour en devenir des membres éminents. Et aujourd'hui, que sommes-nous ? Nous ne sommes plus garants de la paix galactique, la renégociation de Farixen et l'UCIP s'en sont assurés. Nous ne sommes qu'une voix de plus dans Conseil qui a perdu en efficacité depuis l'ajout d'un quatrième membre. Nous avons certes reconstruit, mais notre Primarque a oublié, dans sa hâte de rebâtir sa maison, que ce ne sont pas que nos planètes qui ont souffert pendant la guerre. Notre peuple, bien plus que tout nos bâtiments à été blessé. La Hiérarchie n'a certes pas été brisée, mais nombre de nos concitoyens ont été meurtris jusque dans leur esprits, oubliant ce qu'être un Turien signifie. Ces quinze ans ont peut-être soigné quelques plaies mineures, mais un nombre plus grand encore ont été infectées, et la gangrène s'est propagée.
    Des gens que j’appelais hier encore des frères sont aujourd'hui des pirates, pillant notre espace, l'espace de nos alliés, sans aucune considération et sans aucun remord. Ces personnes ne sont plus des Turiens, et une majeure partie d'entre eux ne pourront plus jamais l'être. Il convient donc d'arrêter ici et maintenant la maladie qui nous ronge de l'intérieur. Il nous faut changer en tant que société. Nos valeurs, si importantes autrefois, doivent être de nouveau appréciées, valorisées. Bien sûr, je ne préconise nullement un retrait de la communauté galactique, comme semble le penser le Primarque Malgor, mais, comme il l'a si bien dit, nous ne sommes pas les seuls à être atteint de ce mal. Mais tous, les Turiens, les Galariens, les Asaris, les Humains et tout les autres, nous sommes différents. L'aide dont nous avons besoin ne peut venir de l'extérieur. Il faut que chacun règle ses propres problèmes de société sans ingérence de l'autre.
    Une fois l'infection endiguée, alors il sera de nouveau temps de bâtir des ponts, de créer de nouvelles alliances et de réfléchir à un avenir ensemble. Mais aujourd'hui, nous sommes ici pour agir au nom et pour le bien de nos concitoyens, que nous nous sommes jurés de servir du mieux qu'il nous était possible.

Artérius se rassit, et espérait que ses homologues verraient raison.


Anton dresse mon portrait fidèle.

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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Lun 01 Mai 2017, 22:48

Des points de vues globalement convergents dans le camp des opposants à Malgor venaient d’être exprimés, ce qui dans l’instant présent s’avérait une bonne chose. Au moins pouvaient-ils s’accorder sur le fait que le Primarque n’avait plus sa place à un tel poste et qu’il devait très vite évacuer son siège… pour le bien de la Hiérarchie. Hélas ce fragile équilibre ne durerait pas longtemps, car si les orateurs du moment agissaient de concert, c’est bien l’assemblée qui écoutait leurs discours qui aurait le dernier mot.
Une assemblée devant laquelle il convenait de ne pas perdre la face une fois la décision du remplacement de Malgor éventuellement actée… Alors se laisser être mis en demeure par ce dernier de la sorte sans réagir ? Inconcevable.

Voilà bien pourquoi Larius prit tout naturellement la suite des deux autres détracteurs du Primarque, non sans avoir noté leurs points de vue. Si la ferveur de Dorn pouvait être salvatrice sur le champ de bataille, il convenait de nuancer la chose en ces lieux. Le Général avait ses idéaux, et son potentiel allié en partageait la plupart, mais les exprimer de façon aussi véhémente risquait de leur coûter l’approbation des plus modérés. Quant à Vorasen, sa ligne de conduite consistait plus ou moins à s’émanciper de son supérieur direct en vue de ne pas sombrer avec lui. Tout en se posant comme le candidat le plus à même d’incarner le changement si cher aux opposants de Malgor…

Du moins était-ce ainsi que l’Amiral concevaient les choses à l’heure actuelle, une vision qui influença sa prise de parole suivante.

- « Revenons-en à la si venimeuse question de l’UCIP un instant, et tentons de démêler le vrai du faux… » lança avec fougue Larius en guise d’accroche et en se levant, prenant en témoin l’assemblée histoire de gagner l’attention de tous ceux qui débattaient désormais à voix basse des différents points de vue exprimés jusqu’ici.

Debout, les bras grands ouverts, il posa sur chacun un regard grave avant de ne plus avoir d’yeux que pour son interlocuteur à venir qu’il prit à parti. D’une façon moins appuyée que le Général d’Invictus, certes, mais animée par la même ferveur patriotique.

- « Pensez-vous donc que j’oserais me présenter en ces lieux qui virent se dérouler les plus grands moments de notre histoire sans avoir fait ce qu’il convenait au moment précis de la mort de Machiavel, Primarque ? La Citadelle est une machine bureaucratique bien huilée, une machine où seul le temps permet d’obtenir un semblant de réponse… si vous êtes chanceux. Ce luxe, je ne pouvais me le permettre à l’instant même où j’appris le lancement de cette opération. Soit plusieurs heures après le départ d’effectifs censés être sous le commandement direct du Triumvirat. Le Conseil a tout simplement outrepassé ses prérogatives de commandement en vue de se prémunir de toute énonciation d’un doute ou d’un véto de la part de l’un de nous. En un sens, on peut au moins lui reconnaitre d’avoir été assez réfléchi pour ne pas nous parler de sa coopération avec le Courtier… » fit-il nan sans une pointe d’ironie amère dans la voix et en s’appuyant de ses poings sur la table séculaire.

Ici et là montait quelques échos de voix indignées par ce récit, mais pas suffisamment pour couper l’Amiral dans son élan.

- « A défaut d’obtenir des réponses dans l’instant, j’ai moi aussi fait fi de mes prérogatives, et décidé d’appareiller avec ma flotte pour rejoindre la frontière des Terminus dans l’heure. Déplacer une telle force dans la Travée pour rejoindre le point de rendez-vous fixé par le planning des opérations, une fois la mission terminée, et ce en allant à l’encontre du mandat de maintien de la paix concilienne qui m’était alors accordé, s’est ainsi avéré plus révélateur que tout autre chose. Les unités médicales de la 7ème n’ont eu que des soldats en lambeaux à soigner, quand il restait quelque chose d’eux, et les forces du Courtier manquaient bien évidemment à l’appel. Résultat ? Une mission en demi-teinte, planifiée sous la férule de bureaucrates avides de neutraliser au plus vite un élément dissident pour redorer leur blason, quitte à laisser des forces qui ne leur appartiennent pas aux mains d’une organisation connue pour n’agir que par intérêt… »

- « Ce désastre eut au moins le mérite de leur faire comprendre leur erreur, et le fait de voir deux cuirassés Turiens et la totalité de leurs groupes de combat quitter la Citadelle sans leur aval direct les fit réfléchir. Mais trop lentement. Depuis ces derniers mois, l’UCIP stagne, cherche à redorer un blason qu’il est trop tard pour sauver de la sorte… Nous nous devons d’agir pour que cette situation cesse. La Hiérarchie doit revenir sur le devant de la scène, la Hiérarchie doit changer au terme de ce conseil. »

Au lieu d’accabler plus que de raison Malgor en le qualifiant de lâche ou autre, ce que ses alliés du moment avaient déjà fait précédemment, le patriarche du clan Malnis déborda sur le second axe de sa prise de parole, le gros du sujet et pour lequel le reste n’avait été qu’une introduction explicative…

- «Alors si vous ne parvenez toujours pas à cerner le sens de ma critique, Primarque, permettez-moi de l’exprimer plus clairement… Ce que je veux, c’est une Hiérarchie qui se donne les moyens d’imposer le respect lorsqu’elle doit négocier avec un acteur étranger. Ce que je souhaite, c’est de ne plus lire dans des rapports à rallonge les noms de soldats qui dérivent pour rejoindre qui sait quelle faction des Terminus. Il y a encore peu, faire son service de quinze années au sein de la Hiérarchie était plus un honneur qu’un devoir pour nos jeunes. Aujourd’hui, il sert à certains d’entre eux de base d’enseignement pour se faire un nom sur Oméga ou qui sait quelle colonie crasseuse des systèmes avoisinants. »

- « Le Général Dorn vient malheureusement d’énoncer la trop longue liste de nos propres échecs à l’échelle galactique. Les Turiens ne sont plus respectés pour ce qu’ils étaient jadis et devraient continuer d’être tout en se dépassant d’avantage. J’ai entendu devant le Conseil de la Citadelle un Amiral des Républiques Asari comparer la contribution des siennes lors de la Grande Guerre aux pertes et efforts consentis les nôtres… Devant la première instance galactique ! Pouvez-vous croire une TELLE CHOSE !? »

Ce fût la première et unique fois depuis le début de cette réunion des grandes instances que l’Amiral s’emportait. Son aversion pour les Asari et leurs mensonges était légendaire, mais il n'en avait cure. Tapant d’un poing rageur sur la table, il ne fit qu’extérioriser pendant une brève seconde une frustration qui s’accumulait depuis des mois passés à son poste. Les dernières semaines avaient heureusement été l’occasion de grappiller des soutiens dans la Crête Apienne en vue de l’arrivée de ce jour. Et s’il était arrivé plus tôt que prévu grâce à l’intervention du second de Malgor, les faits prenaient une tournure intéressante…

Restait cependant pour Malnis à conclure sa prise de parole, ce qu’il fit sans se faire prier tant ce qu’il s’apprêtait à proposer et mettre lui tenait à cœur.

- « Et bien elle est vraie, et symptomatique de la vision que peut avoir de nous une puissance étrangère, même au sein de nos alliés les plus anciens… Voilà pourquoi jour doit être celui du changement. Non seulement à la tête du Conseil des Primarques, mais dans toutes les castes de notre société. Il est temps de réactiver les prérogatives qui étaient jusqu’ici celles des Hastatims, pour purger en notre sein les éléments dissidents avant qu’ils ne deviennent une menace. Il est temps de disposer d’une Légion fidèle capable de comprendre ce qui est le mieux pour la Hiérarchie. Voilà pourquoi, en prime de la destitution du Primarque Malgor, j’appelle celui qui viendrait à lui succéder à se donner les moyens d’instaurer un ordre nouveau au sein de notre société. Finies les demi-mesures ! Agissons vite et efficacement pour ne pas laisser le mal se consolider et se répandre d’avantage. Le Général Vorasen parlait d’infection, et en cela il a raison. Une infection si insidieuse par endroits qu’il convient de l’éradiquer… par le feu si nécessaire. Que ce vote ne soit pas que celui de la destitution d’un individu, mais aussi le début d’un nouveau chemin à emprunter pour Palaven et ses colonies.»

La proposition qui lui avait été faite par Maccharius à la veille de son départ pour la Travée, ni plus ni moins… Assez de faux-semblants en cherchant à se positionner auprès d’untel ou d’untel par grappiller des voies comme une prostituée Hanari… Si l’on devait se souvenir de lui en ce jour, ce serait comme l’incarnation d’une ligne dure et conservatrice.
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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Jeu 04 Mai 2017, 23:31

Primus Inter Pares
24 Avril 2202

Palaven - Cipritine



Des fous. Le Primarque Malgor avait du mal à concevoir la haine qu'il y avait face à lui.

Dorn, qui estimait que la tâche des turiens était de diriger la politique interne aux autres espèces. Ne voyait il pas que ce genre de comportements, même s'ils semblaient justifier en un jour – comme le fait de soutenir Urdnot Wrex – ne pouvait que créer des précédents aux guerres du lendemain ? Ou bien voyait il réellement en les turiens une espèce devant régner et diriger d'une main de fer la galaxie ? C'est cette vision qui semblait transparaître, celle d'une Hiérarchie se faisant l'unique bras armé du Conseil. Cette vision qui avait duré si longtemps et mis les turiens en première ligne fasse aux Moissonneurs.

Malnis, qui voulait supprimer les ''dissidents'' par le feu. Mais quels dissidents ? Les pirates, les innovateurs, les traîtres ? Comment savoir, face à temps de phrase et si peu d'exemples ? Malgor ne pouvait croire qu'il était le seul à voir la situation ainsi.

Mais peut être que leur point de vue était largement répandu, qu'une véritable grande partie des turiens soit devenue haineuse. Dictatoriale. Une idée qui faisait froid dans le dos du Primarque. Malgré tout, de toutes ces pensées, il ne laissa rien paraître. Car il savait qu'au final, c'était Vorasen qui était à l'origine de cette réunion, et le vieux Général restait encore bien modéré, en retrait, à côté de ses appuis. Il était temps d'avoir quelques autres avis.

« Primarques, généraux, je n'entends pas toutes les voix ici. Que pensez vous ? »

Comme sur un ressort, comme s'il n'attendait que cette occasion pour parler, le Primarque Ontros de Digéris se leva. Lui ne cachait pas sa colère en se tournant vers les trois généraux.

« Beaucoup de choses et peu de bien ! La sédition si ardemment désignée par mes collègues serait elle montée jusqu'au sommet de la Hiérarchie ? »

Le regard furibond, le vieux turien commença par fixer le ''demi-krogan''.

« Général Dorn, auriez vous oubliez votre respect en même temps que votre sang froid ? Auriez vous oubliez que tous, ici, avons combattu ensemble lors de la Grande Guerre ? Comment osez vous nier à l'un de nos frères le titre de son rang ? Et tout ça pour quoi ? Pour obtenir, enfin, votre autorisation d'envoyer vos légions sur les planètes de nos alliés, dicter notre politique et notre façon de faire à ceux qui nous précèdent comme à ceux qui nous suivent ? Comment aurait évoluer notre histoire si, lors de l'Unification, des aliens avaient décidé que nos colonies étaient dans leur droit et que Palaven devait être matée ? »

Sans s'arrêter, presque sans respirer, le Primarque repris sa diatribe, contre le Général de l'UCIP cette fois-ci.

« Et vous, Général Malnis ! De la sédition, partout ? Un besoin de l'éradiquer, par le feu si nécessaire ? Êtes vous certain que c'est le Primarque Malgor qui en est responsable, et pas un manquement dans la direction de ces hommes ? Car je n'ai pas des trahisons tous les jours sous mes ordres, je ne trouve pas une nouvelle cache de traîtres toutes les semaines. Le plus important rassemblement de dissidents que je connaisse, il se trouve ici, dans cette pièce. Dois-je prévenir mes gardes pour qu'ils fassent taire à jamais ces individus désirant renverser la Hiérarchie pour un ''ordre nouveau'' ? »

Ontros reprenait son souffle quand le Général Accola se leva, demandant à prendre la parole. Malgor lui accorda d'un signe de tête.

« Merci. Je pense que tous, ici, nous avons besoin de garder la tête froide. Beaucoup de cris » - son regard passa sur l'ancien reprenant son souffle et sur le général Dorn - « mais bien moins de preuves concrètes. Il est bien simple de parler de déserteurs et d'inactions, mais c'est faux. Le Primarque Malgor n'est pas inactif. La question est autre : ses actions, l'orientation qu'il donne à la Hiérarchie, sont elles les bonnes ?
Que la Hiérarchie ait perdu en influence, en unité, nous sommes d'accord. Peut-être bien à cause des politiques de notre Primarque. Mais si nous devons en changer, alors j'aimerais savoir ce pour quoi nous devrions changer. Concrètement. »


Le Général se rassit, jetant un regard vers le Primarque Dorn qui acquiesça silencieusement. Puis ce fut la Primarque Célix d'Oma Ker qui prit à son tour la parole.

« Le Primarque Ontros et le Général Accola ont bien résumé un certain nombre de choses - comme le fait que jusqu'ici, les grandes envolées ont été plus nombreuses que les vraies propositions. Mais j'en ai d'autres à ajouter, et quelques inexactitudes à corriger.
Général Dorn, contrairement à vos dires, le Conseil n'a pas acheté les informations ayant permis l'attaque sur Machiavel. C'est le Courtier lui-même qui a contacté le Conseil en posant ses conditions pour ces informations. Et le Conseil qui a prit la décision de céder à ce chantage. Si nous sommes tous d'accord, ici, pour affirmer que les Conseillers ont abusé de leur pouvoir, je pense que c'est surtout le Courtier qui s’est joué de nous sur cette affaire. Des enquêtes sont en cours, mais vous comme moi savez à quel point il est complexe d'étudier le Réseau. »


La Primarque laissa un instant de silence, laissant chacun s'imprégner des paroles. S'ils pouvaient espérer qu'il n'y ait pas d'agent du Courtier sur place – et encore – personne n'ignorait que le réseau étendait ses connexions jusque haut dans les hiérarchies de chacune des espèces.

« L'autre point que j'aimerai signaler est le cas de ces désertions. Je n'ai pas l'impression que tout le monde, ici, se rende compte de l'année actuelle. 2202. Quinze ans après les Moissonneurs. En d'autres termes, les déserteurs de ces quinze dernières années sont tous des pindividus ayant vécu l'horreur de la pire guerre que nous ayons traversé.
Ceci n'excuse en rien leur trahison. Mais c'est à prendre en compte, car oui, notre système a parfaitement fonctionné pendant des siècles, mais des siècles de paix. Nous pouvons décider de rester dessus – et nous attendre à ce que ce genre d'événement continue encore quinze années de plus, le temps que les jeunes ayant vécu la guerre durant leur enfance finissent leur service et qu'une nouvelle génération arrive dans l'armée sans avoir vécu cette horreur. Mais si une nouvelle guerre arrive, nous risqueront les mêmes désertions. »


Célix parlait à un rythme calme, s'assurant de maintenir l'attention de son auditoire. La situation était assez tendue, et naviguer entre les égos et ambitions de chacun relevait du défi.

« Mes frères et sœurs, nous devons changer, c’est un fait. Mais nous devons choisir comment. Le Primarque Malgor estime que nous devons devenir davantage conciliens, et quitter le rôle unique de force militaire, ce qui représente un changement profond dans notre société. Trop de changement, peut-être : nous sommes formés à être soudés et combatif avant tout, et plus long encore que notre éducation, ce sera notre image galactique qui aura du mal à se transformer.
Le Général Dorn nous propose l'inverse et nous voit en force armée unique et officielle – ce qui implique de renégocier Farixen, je suppose, et ça me semble complexe d'un point de vue politique.
Le Général Malnis parle de recréer l'unité en supprimant les dissidents. Nous aurons certes une pensée unifiée, mais nous risqueront aussi de nous passer de nombreux esprits jeunes et novateurs, qui auraient pu améliorer notre espèce et notre civilisation. Pire encore, ce genre de pratique peut les faire fuir vers nos ennemis.
Et enfin, le Général Vorasen nous propose de nous recentrer sur nos valeurs. De belles paroles, Général, mais pour moi, elles sont vides de sens. Je n'ai pas perdu mes valeurs, de même que l'immense majorité des turiens. J'en veux pour preuve le comportement de la foule lors de l'attentat sur Palaven : du recul, mais surtout de la retenue. »


De cette manière, la turienne souhaitait se montrer juste. Sa parole avait du poids, elle devait s'en montrer digne.

« De nombreuses voies donc. Il faut en choisir une, et également choisir qui saura la porter. Et pour l'instant, je ne vois personne qui semble en être capable, qui semble avoir un plan concret. J'espère me tromper. »

La Primarque se rassit, laissant la parole à qui voudrait la prendre.


____________INFOS MJ____________


Petit rappel des personnages !

Primarques : Malgor de Palaven, Ontros de Digéris, Célix d'Oma Ker, Dorn d'Invictus, X

Généraux & Amiraux : Vorasen, Dorn, Malnis, Viccarius, Terentius, Maro, Accola, Kaseo, 7X




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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Ven 05 Mai 2017, 10:08
Tout se déroulait plus ou moins comme prévu.

Bien évidemment, les Primarques se révélaient statiques, voir clairement conservateurs, à la nuance prêt qu’ils se plaisaient à croupir dans l’idéal qu’ils représentaient le progressisme, face aux trois têtes d’un cerbère agressif et violent. L’ironie de cette pensée fit sourire Maccharius, balayant subitement les ardeurs bellicistes du général d’Invictus. La situation n’était certes pas parfaite, mais elle n’était clairement pas en défaveur des trois défenseurs du changement.

Toutefois, il n’était pas encore temps de mettre tout en danger sur la supposition que les généraux soient de leur côté. Aussi Dorn se leva une fois de plus, présentant un visage apaisé, souriant et amical envers les deux turiens ayant pris la parole. La première prise de parole fut pour Ontros de Digéris.

« J’entends ici bien des choses. L’on me prête bien d’autres. Aussi généraux, Primarques, Malgor, je me dois de prendre une nouvelle fois la parole, alors que je suis persuadé que nous aurions tout à gagner à entendre d’autres voix. Mais soit, je vais défendre une nouvelle fois ma pensée. Mais d’abord une chose, que tous et toutes comprennent définitivement une chose.

Je ne fais rien de tout cela pour moi.

Bien maintenant je vais reprendre les allégations erronées prononcées à mon encontre. La Hiérarchie n’a et n’aura jamais pour vocation de combattre, sans l’accord explicite, sur les territoires de nos alliés. Personne ne posera les pieds sur Tuchanka, sur Sur’Kesh, toutefois abandonner les forces qui sont le pilier de la paix galactique, laisser les seigneurs de guerre désireux de vivre un passé de guerre galactique par la horde, sont autant de choses inenvisageables pour ceux qui veulent bâtir un avenir à cette jeunesse que vous mettez tant en avant.

Sous le règne éclairé de Malgor, qui n’aura plus jamais mon respect, car je le répète nous sommes une société méritocratique, dès lors qu’un individu n’a plus les compétences nécessaires pour tenir son rang, doit partir et perd de facto tout honneur qu’un titre lui donne. Nous ne sommes pas les humains vociférant pour élire quelqu’un que la masse rejettera d’emblée, ici le compétent reste, l’inapte part. »


Pas un regard pour Malgor

« Je disais donc, sous le règne éclairé de Malgor, la Hiérarchie n’a fait que régresser. Mais je dois annoncer pire, le Conseil n’a aussi fait que régresser. L’UCIP est son plus bel exemple, tentative pitoyable d’unifier quelque chose qui se brise. L’espace concilien n’a plus de sens actuellement, plus nous tentons de briser les liens passés, plus sa puissance se dilue.

Mais je vais faire plus simple, donnez-moi une chose que la Hiérarchie a entreprise récemment et qui soit une réelle avancée ? La reprise de la Citadelle ? La reconstruction ? La renégociation du traité de Farixen ? Tout cela est des actions du Conseil et non de la Hiérarchie, cette dernière n’a actuellement que pour seule vision le fait de se mélanger toujours plus dans une entité qui perd tout mérite.

Car je vais poser une question qui me blesse au plus profond de moi-même, Qu’à fait la Hiérarchie pour mériter sa place au sein du Conseil ? Force armée de la plus puissante nation de la galaxie, nous n’avons eu de cesse de reculer devant nos responsabilités, de stagner dans notre conviction que gommer nos différences étaient la voie à l’intégration pour découvrir à chaque fois que cela ne faisait que diminuer le prestige, le mérite et le respect de ce qui fait un turien.

Dites-moi une seule chose que l’Alliance ne peut faire à notre place dans cette vision de la galaxie que Malgor trouve si séduisante ? La réponse est simple rien du tout. Nous ne sommes plus à la pointe de l’innovation, nous régressons militairement, nos liens avec les autres nations s’étiolent en même temps que le respect de ces dernières. Alors non, je ne désire pas envoyer ma Légion sur les terres xénos, mon métier, mon mérite c’est de réduire à néant la sédition interne à la Hiérarchie.

Mon rôle, est de punir ceux qui estiment que frapper sa patrie est un crime envisageable. Les terroristes qui ont anéanti Vallum sont mes cibles, les terroristes qui ont soutenu Machiavel sont ma cible. Et c’est dans le cadre de ce rôle, que j’ai compris que ce n’est pas en traitant les symptômes qu’une maladie est exterminée. Et je dois le dis sans détourner le regard, sans me cacher derrière des doutes feints ou des critiques voilées.

La maladie actuellement est la tête pensante qui mène la Hiérarchie droit à la mort. »


Le long discours de Maccharius était à peine débuté mais déjà il ressentait l’envie de soupirer tant il avait l’impression de devoir répéter des évidences si grosses qu’un varren les auraient aperçues. Désormais il était temps de répondre au Primarque Célix et au général Accola. Le chef des neutres et un autre très respecté.

« Avant d’en venir à mes propositions concrètes je vais revenir sur deux points. Si, le Conseil a payé le Courtier de l’Ombre. Et je saigne en entendant quelqu’un d’aussi noble que vous, Primarque Célix, nier une réalité si terrible.

Alors oui, le prix n’a pas été édicté en crédits, mais à mes yeux le crime est bien plus grand encore. Le Conseil a payé cette engeance dégénérée par le sang de nos enfants. Combien des nôtres sont morts ? Humains, galariens, turiens, asaris, les vies perdues sont nombreuses et pour la plupart hautement dommageable. Des individus expérimentés, compétents et hautement loyaux sont morts sur un caprice du Conseil, pour satisfaire la cupidité et la curiosité malsaine sans borgne d’un réseau moins mystérieux que secret.

Et parlons donc de ces désertions massives qui touchent la Hiérarchie depuis de nombreuses années maintenant. Nous pouvons donc conclure ainsi je suppose. C’est la faute des Moissonneurs, après tout quelle magnifique excuse à l’inaction qu’une cause au-delà de tout soupçon. Mais alors ou sont les hordes de déserteurs terroristes asaris ? Les hordes humaines ? Les hordes butariennes ? Les hordes elcors, hanaris, volus.

Les terminus devraient crouler sous les renforts et les hardes assoiffées de sang, et nos terres rougiraient sous le sang d’un afflux constant de saints guerriers appelant la mort de leurs vœux. Mais une telle chose est fausse. Car la majorité des nouvelles menaces sont en vérité des individus connaissant des années de troubles, le pauvre turien blessé par la Grande Guerre abandonne les armes, devient barman. Se sent investi d’une mission sacrée et rejoint le SSC, les superviseurs, souffre de voir éternellement les terres gorgées du sang de ses frères et rejoint l’espace infini comme mercenaire ou chasseur de prime.

Ces individus qui deviennent des Machiavels sont des malades qui souffrent d’un mal bien différent. Les autres, ceux qui deviennent pirates, bandits, sont des individus qui rejettent l’ordre et la sécurité, ils ont existé, existent et existeront toujours, indépendamment d’une Grande Guerre.

Alors comment expliquer cette recrudescence de monstres ? La chose est simple, la stagnation actuelle. Des individus troublés par la Grande Guerre, par la maladie, la souffrance, cherchent au préalable dans leur communauté un salut. Cependant, lorsqu’on s’aperçoit que notre communauté nie cette souffrance, se cache dans l’inaction et les prétextes fallacieux, alors le désespoir prend racine. Le désespoir mes frères et sœurs est la racine de tous les mots.

Que vais-je devenir au sein de cette Hiérarchie qui n’évolue pas, qui ne me comprend pas ? Je veux de la différence, mais rien ne change ?

Croyez-vous que le seul changement ayant animé la Hiérarchie ces dix dernières années, qu’est l’UCIP, soit quelque chose capable de détruire le désespoir qui anime d’innombrables de nos enfants ? »


Le regard totalement apaisé de Maccharius scruta tour à tour divers généraux n’ayant jamais pris le temps de prendre la parole.

« J’ai rencontré des turiens et des turiennes qui ont fuis la Hiérarchie, pour diverses raisons. Telle un cabale préférant se réfugier au sein des superviseurs pour oublier sa douleur. Tel un chasseur de prime persuadé que la Hiérarchie n’avait aucune envie de l’écouter et qui s’est réfugié dans la traque de criminels pour faire taire sa culpabilité de fuir.

Je ne comprends pas vraiment ces fuites, mais je les pardonne. Je les pardonne parce que je sais qu’ils n’en sont pas les fautifs. Le doute m’a aussi assailli lorsque j’ai perdu mon troisième enfant. Et je puis vous assurez, Primarques, Généraux, que la perte d’un enfant est la plus terrible des douleurs, et source d’un incalculable désespoir.

C’est dans mon métier que j’ai trouvé le réconfort, l’espoir, et c’est à travers mon fils que j’ai aujourd’hui la force de me présenter devant cette assemblée. Car il est hors de question que je laisse un seul turien se dire que son avenir au sein de la Hiérarchie ne vaut pas la peine de souffrir, il est hors de question que je baisse la tête alors que nos enfants payent le prix de nos fautes. Il est hors de question que je laisse une génération de plus perdre ses repères, ses valeurs et son espoir. »


Un immense sourire, sincère et si rare que même Maccharius fut surpris, illumina les traits de Dorn alors qu’il se rendait compte qu’un poids immense pesant sur ses épaules était en train de disparaitre. Une image fugace de Rogal, son fils défunt, lui vient à l’esprit et le sourire se mua en agitation de mandibules à la fois tristes et joyeuses.

« Maintenant mes propositions.

Destitution de Malgor et mise en place d’un comité qui sera chargé de définir l’individu le plus méritant pour prendre la place de Primarque de Palaven. Car il est évident que choisir simplement le suivant sur la liste n'a pas été la plus grande réussite de la Hiérarchie au cour des années d'après guerre.

Puis je désire prendre les commandes d’une délégation spéciale qui se rendra sur Tuchanka afin de créer une alliance nouvelle et exemplaire qui balayera définitivement les conflits passés. Afin de reprendre son statut de première puissance, sans passer par une renégociation de Farixen, je propose une union militaire, stratégique, scientifique et culturelle avec les Clans. L’apport des krogans pour notre avenir sera décisif et vital pour nos trois peuples.

Dans le même temps, l’amiral Malnis prendra la tête d’une délégation pour rencontrer le Protectorat afin d’entreprendre un financement massif dans l’innovation militaire et civile. Il est temps que notre armée entreprenne une modernisation totale.

Le général Vicarius Maro prendra la tête d’une délégation pour rencontrer la Primauté, tandis que le général Attrebus Terentius mènera la sienne à la rencontre des Tribunaux de Dekuuna. Ces deux délégations auront pour but de renouer les liens avec ces peuples que les Républiques ont abandonnés durant la Grande Guerre. Il sera aussi évident que le but sera de ressouder les liens.

L’UCIP devra être revu et corrigé, sa fonction rendue plus spécifique et son commandement par les différentes nations renforcées. Des alliances contre nature avec des organismes privés seront donc mises au ban sauf accord de l’ensemble des commandants nommés. Le Conseil a assez de ses Spectres et du SSC pour se faire entendre, l’UCIP n’est pas un jouet mais une force militaire multiethnique qui aura un but et des têtes. La participation d’autres espèces xénos doit aussi être prise en compte.

Le Conseil doit aussi revoir son fonctionnement interne. L’ajout précipité et irréfléchi de l’Alliance a faussé son fonctionnement initial, désormais l’organisation concilienne doit se repenser pour éviter que sa parole se dilue et ne devienne inaudible. Oui j’estime que la Hiérarchie, et son allié Krogan, doit mener la branche militaire. J’estime aussi que l’Alliance a corrompu l’harmonie interne au Conseil et doit accepter une rediscutions de ses prérogatives. Bien sûr il parait tout aussi évident qu’étant donné le passé militaire glorieux du peuple humain, il ne peut être exclu de l’organisation militaire.

Mais cela n’est pas à moi, simple général, d’en décider seul.

Ce que je veux, estimés collègues, c’est ressouder le Conseil non pas sur l’idée d’une gouvernance supranationale, mais sur le respect des valeurs intrinsèques de chacun de ses membres. Le fanatisme des asaris concernant leur appétit du mensonge, la peur de l’étranger qui paralyse l’Union, le poids du passé qui pousse les gens à rejeter les Clans, la peur d’un nouvel abandon qui anime le retrait de la Primauté et des Tribunaux, le bellicisme hargneux de l’Alliance à méthodiquement éliminer toute nation ayant l’imprudence d’être ambitieuse, les tentatives d’ouverture de L’hégémonie contrecarrée par la mégalomanie de son dictateur.

Tout cela prend racine dans notre acceptation de gouvernements successivement incapables de se remettre en question. L’on me dit, manque de respect aujourd’hui à un Primarque c’est remettre son courage et sa force d’hier en question. Je dis et redis, non. Le général d’hier n’est pas le dirigeant d’aujourd’hui. Malgor est notre punition, car nous nous sommes enfoncés dans une satisfaction méprisante et pathétique de notre propre valeur. S’imaginant que rien ne changerait notre grandeur, pas mêmes les affres du temps.

En remettant entre les mains d’autrui notre détermination, nous avons manqué à tous nos devoirs. C’est pour cela qu’en ce jour, j’en appel à votre sagesse, votre patriotisme, votre bon sens. Je ne suis pas le grand dévoreur qui n’attend qu’une victoire pour noyer la Hiérarchie dans le sang, s’il est vrai que je manie une Légion implacable, je le fais avec la force de la conviction, avec l’amour de ma nation, de ma terre, de mes enfants. Mais comme l’a dit mon frère l’amiral Malnis. Nous devrons passer par une purge. Non par avidité vengeresse, ou par haine, mais avec la froideur méthodique de l’éleveur qui abat ses bêtes malades pour sauver le troupeau.

Et lorsque tout cela sera derrière nous, comme pour les révoltes passées des colonies, nous pourrons souffrir d’avoir tué des enfants pour assurer à tous les autres un avenir exempt de souffrances du passé. Car c’est le plus beau legs que nous pouvons assurer à l’avenir, que le passé entrave plus la voie. Mettons un terme à l’affaire du génophage, à l’abandon de nos valeurs, au sabotage inconscient de l’union concilienne, aux monstres qui rôdent dans notre maison.

Mettons face à la galaxie une Hiérarchie apaisée, un peuple confraternel mais juste. Alors oui, promouvoir plus d’interventionnisme fait peur, mais toute intervention n’est pas malveillante, ni militaire. Aider un peuple à se libérer d’un dictateur en soutenant la voix de l’amitié est un acte dont nous sommes capables, Renforcer un dirigeant extraordinaire à consolider son pouvoir et aider son peuple à retrouver une paix intérieure est une chose que nous sommes capables de faire, faire le premier pas en direction d’une nation brisée de l’intérieur aussi.

Nous sommes ceux qui peuvent faire ce premier pas. Alors faisons le dès ce jour, ce fameux premier pas. Marchons de concert en brisant les boulets qui nous enserrent. Démettons Malgor de son poste, et soyons enfin libres. »


Maccharius conclu ainsi sa très longue, peut-être trop d’ailleurs, tirade et se rassit sans attendre les réactions. Il n’était pas turien à aimer s’écouter de toute manière, et qu’importe l’adhésion ou le rejet d’autrui, l’important c’est qu’il soit compris.


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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Mar 09 Mai 2017, 21:50

L’atmosphère commençait à se faire pesante en ces lieux millénaires… Mais peut-être était-ce pour le mieux au final. L’échauffement des esprits permettait au moins de jauger ceux assemblés ici pour discuter de l’avenir de la société Turienne. Les lignes de conduite et idéaux de chacun se matérialisaient par la parole et les actions, autorisant les différents protagonistes de ces négociations à spéculer sur les différents camps qui allaient bientôt émerger. Les Primarques eux-mêmes venaient d’être mis à contribution sur la question, et si le bilan de leur intervention n’était pas à l’avantage des détracteurs de Malgor, les entendre prendre position annonçait un nouveau cap de franchi au sein de ces tractations.

Larius accorda une attention toute particulière à ces différents intervenants, mais il n’est pas étonnant de se dire que c’est Ontros, Primarque en titre de Digéris, qui « captiva » le plus l’Amiral. Si ce dernier disposait de bons nombre d’alliés sur Palaven et Digéris, mondes de la Crête Apienne, le représentant de la colonie n’en faisait apparemment pas partie. Et bien soit… Mais si son « opposant » se permettait de le menacer en ces lieux, lui ne s’abaissa pas à ce niveau. Le patriarche du clan Malnis préféra simplement fixer du regard l’intéressé tout au long des interventions qui suivirent, notant au passage les propositions faites par Dorn.

Le dirigeant de l’UCIP se reconnaissant dans une majorité d’entre elles, il s’employa à y donner du poids grâce à son crédit… Mais non sans clarifier les choses avec un certain Primarque auparavant.

- « Le Primarque de Digéris semble croire que je souhaite instaurer un régime dictatorial au sein de la société Turienne… A cela je réponds que la Hiérarchie n’est pas l’Hégémonie Butarienne, ancienne ou nouvelle. Aucun individu, tout Primarque de Palaven soit-il, ne peut aujourd'hui diriger seul les fiers Turiens. Cela nous l’avons appris depuis bien longtemps, et les cicatrices de l’Unification sont encore suffisamment fortes pour en témoigner… » commença-t-il en se levant et avec un calme qui tranchait avec la cible de ses propos.

Le vieux Turien dévisagea tour à tour les membres du Conseil avant de se recentrer sur celui dont il avait été la cible quelques instants.

- « Ce que je souhaite chasser, c’est le laxisme qui a permis certaines dérives. L’incompétence notoire qui a permis à certains de se glisser à des postes qu’ils ne méritent pas au point d’en faire souffrir d’autres. En cela, la Grande Guerre a révélé de nombreux talents parmi les survivants, comme elle a autorisé l’ascension d’éléments aux capacités discutables à des postes d’importance. L’ampleur de ce conflit auquel nous n’étions pas préparés a faussé pendant longtemps, et le fausse parfois encore, notre système qui se veut pourtant méritocratique… Ce que je souhaite voir disparaitre, c’est aussi toute pensée insidieuse de séparatisme qui pourrait germer dans les colonies. Voir disparaitre les notions qui pourraient amener à une action violente et même armée contre nos concitoyens et les instances de la Hiérarchie, qu’il s’agisse de structures de proximité ou des plus hautes sphères de notre gouvernement. »

L’amiral laissa planer un bref silence, histoire que tous pèsent le poids de ses mots, avant de reprendre.

- « Suis-je donc un traitre en voulant tout ceci ? En souhaitant replacer la Hiérarchie Turienne au premier plan de l’échiquier galactique tout en assurant la sécurité de ceux qui y vivent ? Si telle est la définition d’un traitre à vos yeux, alors soit, je suis coupable de trahison. Faites-donc ce qui s’impose… » déclara d’un ton grave l’Amiral, les poings liés devant lui dans un geste théâtral en direction d'Ontros.

Un silence de mort s’installa, qu’il ne se décida à rompre qu’une fois assuré que personne ne l’interromprait. Ses mains vinrent par la même occasion se replacer dans son dos, signe qu'il entamait un sujet plus... "léger".

- « Je rejoins le Général Dorn sur ses propositions concernant les changements à apporter quant à notre politique extérieure. L’UCIP est dysfonctionnelle de par ses prérogatives, la façon dont le Conseil en abuse, mais aussi et surtout à cause du nombre limité de participants. Si les difficultés de gestion et d’accords augmentent avec le nombre, peut-on réellement prétendre à l’existence d’une force qualifiée de concilienne en l’absence des Galariens ? Leur GSI est certes un élément compétent, mais l’Union ne peut rester indéfiniment isolée et disposer d’une voix au Conseil. Voilà pourquoi je préconise d’engager de nouvelles prises de contacts avec Sur’Kesh, que ce soit à partir de nos ambassades ou d’un tiers, pour ramener les leurs à s’ouvrir davantage. Le retour des Krogans sur le devant de la scène n’aidera évidemment pas à cette manœuvre, mais si les Turiens peuvent aller de l’avant avec la race qui bombarda jadis leurs colonies à grands renforts de météores, alors rien n’est impossible.

A ceci je rajouterais également que la modernisation de nos forces doit être quelque chose allant de pair avec nos efforts diplomatiques. Qu’on le veuille ou non, les Turiens sont des soldats avant tout, ceux sur qui l’on doit pouvoir compter lorsque les choses vont mal. Voilà pourquoi, maintenant que la reconstruction touche à sa fin, il est temps de trouver un nouvel objectif sur lequel se pencher. Depuis l’invasion des Moissonneurs, nous reconstruisons nos flottes et unités au sol, mais à un rythme trop peu soutenu. Et nous le faisons d’ailleurs en nous appuyant sur de veilles bases, des technologies et concepts déjà bien éprouvés, mais qu’il conviendrait de remettre au goût du jour. Si nous avons pour nous la force brute et la combattivité, d’autres races peuvent se targuer d’avoir de leur côté l’innovation, le renouveau. Une part non négligeable de nos flottes se compose d’appareils survivants de la Grande Guerre, des engins réparés plus que de raison, tandis que ceux qui sortent de nos chantiers navals sont pour la plupart des versions à peine améliorées de ce qui se faisait auparavant. »


Peu lui importait d’être qualifié de belliciste ou d’extrémiste… Que le simple d'esprit n'y voit qu'un fou lancé dans une course à l'armement si ça l'amusait... La vérité voulait que lui, au contraire d’un certain nombre dans cette salle, occupait un commandement effectif en continu depuis la guerre. Il était conscient des réalités du terrain, mais surtout du caractère changeant des théâtres d’opération sur lesquels évoluaient les soldats Turiens et la Marine. Mais surtout du fait que des groupes avec des ressources moindres et des origines bien plus nébuleuses que ceux du régime Turien développaient en secret des armes et technologies qui dépassaient parfois de plusieurs décennies la compréhension concilienne…

Alors se reposer sur des acquis et stagner comme ils le faisaient depuis tout ce temps ? Non, c’était contre sa nature… Il se devait de mettre la question en avant.

-« S’ils ont la certitude d’y trouver leur intérêt, les Volus sauront financer les initiatives les plus à même de repenser nos forces. Vaisseaux furtifs du même acabit que ceux produits par les Galariens, nouveaux moteurs SLM pour améliorer notre mobilité et les temps de déploiement de nos forces, révision de l’équipement de nos soldats… Tout ceci a un coût. Un coût qu’il convient de négocier avec nos partenaires. Un effort supplémentaire consenti pour voir les nôtres prospérer et lutter contre les dangers qui pourraient un jour les menacer…

Mais tout cela ne viendra semble-t-il pas sous le mandat de notre Primarque actuel. La Hiérarchie a besoin d’avoir à la tête du Conseil quelqu’un qui comprend les enjeux et sacrifices que les années à venir nous promettent. Quelqu’un qui ne se cache plus derrière l’effort de reconstruction pour agir. Quelqu’un à même de faire des choix impopulaires au besoin, sans craindre le jugement que viendra porter sur lui l’Histoire… La Hiérarchie doit se délier de l’attentisme qui était sa ligne de conduite depuis ces dernières années, la Hiérarchie doit avancer en changeant le visage de son plus haut dirigeant. Que cela prenne des heures, des jours ou des semaines si nécessaire pour arriver au meilleur calcul concernant l’identité de cette personne, mais que cela débouche sur un changement réel, et non la simple continuité qui nous mena là où nous en sommes aujourd’hui… »


Et ce fut tout pour lui dans l’instant présent… A d’autres la charge de plaider leur point de vue ou tenter de démonter l’argumentaire déjà présenté jusqu’ici. L’Amiral saurait assurément faire de même si ce qu’il entendait dans les minutes qui suivraient ne lui plaisait point.

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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Dim 14 Mai 2017, 19:26
Jamais Artérius ne s'était imaginé que ce Conseil serait simple, mais il se heurtait là à une opposition qui n'avait aucun sens. Ses frères étaient donc si aveugles, pour ne pas voir la corruption qui s'était propagée dans la Hiérarchie, la traînant toujours plus vers le bas ? Cette folie ne pouvait plus durer. Il DEVAIT les convaincre. Les Turiens devaient voir la vérité, aussi terrible et blessante soit-elle.

    - Je vous remercie, Primarque Celix, d'admettre que nous devons changer. C'est, je pense, le premier pas vers ce changement que nous attendons tous. Mais vous m'avez, j'en ai peur, mal compris. Je vous ai, il est vrai, parlé des valeurs que nous avions perdues. Et si la plupart de nos concitoyens les possèdent encore, et c'est selon moi ce qui nous garde plus ou moins unis malgré la situation plus qu'alarmante, ce que je regrette, c'est la perte de ses valeurs par la Hiérarchie. Nous avons oublié ce que la Hiérarchie devait être. Pour nous, pour le Conseil et son espace, et pour la galaxie. Nous avons oublié d'être le flambeau de la liberté, d'être les protecteur du Conseil et de tous ses peuples. Je pourrais entre m'étendre là-dessus, mais je pense que mes collègues ont déjà suffisamment illustré ce propos ...

Le Général eut un regard appuyé sur la Primarque Celix. Après tout, elle était la chef de file des indécis, et c'était elle qu'il devait convaincre en priorité.

    - Concernant les propositions du Général Dorn, je vais mettre en suspens mon avis sur la première d'entre elles pour l'instant pour des raisons que vous comprendrez bien vite. Pour les diverses délégations que mon collègue souhaite envoyer, c'est une excellente idée qui aurait due être mise en place bien plus tôt. Ces peuples ont trop longtemps été mis à l'écart par le Conseil et les concilliens en général, et il est temps de les intégrer plus avant dans la politique galactique et de forger des alliances durables et solides. Il ne s'agirait cependant nullement de faire de l'ingérence, car, comme je vous l'ai dit avant, c'est à chacun de régler ses propres problèmes avant de chercher à s'immiscer dans ceux des autres. Je souhaiterais en outre envoyer une délégation auprès de l'Hégémonie Butarienne, délégation que je me propose de mener. Cela permettrait en effet de poursuivre le travail que l'Amiral Malnis et moi-même avons commencé lors des accords de Gellix, afin d'intégrer les Butariens à la communauté galactique

Des "discussions" indistinctes se laissaient entendre ça et là, comme si les généraux et amiraux étaient partagés sur la question des Butariens. Mais qu'importe, Artérius continua son discours.

    - Pour la question du Conseil, je suis en revanche partagé. Si ses propositions de changements ainsi que celles de l'Amiral Malnis pour l'UCIP ont tout mon soutien, je suis réservé pour la restructuration du Conseil. En effet, même si, et je pense que vous êtes tous au courant, je n'ai jamais tenu des propos très tendre à l'égard des humains, et que ma position rejoint celle du Général Dorn, je ne pense pas qu'il nous appartienne d'exiger du Conseil quoi que ce soit. Il nous est en revanche possible de nous faire entendre d'un seule voix unie notre avis, à travers notre Conseiller en qui, malgré toutes les erreurs du Conseil, je place toujours ma confiance.

Artérius fit le tour de la salle du regard, jaugeant ses frères et soeurs. Certains semblaient être d'accord avec ses propos, d'autres, plus visibles, pensaient l'inverse. Mais hélas, les indécis étaient encore trop nombreux.

    - Et maintenant, je vais revenir sur le point que j'avais précédemment laissé en suspens. Une fois Malgor démis de ses fonctions, je suis moi aussi d'avis qu'une élection doit être tenue, mais j'irais plus loin encore que le Général Dorn. Je pense en effet que notre gouvernement doit changer, doit évoluer pour rester cohérent avec son époque. Jamais auparavant dans l'histoire des Turiens une guerre ne nous avait frappée aussi violemment. Ni une paix, d'ailleurs. Si Malgor est un symptôme du mal qui nous frappe, et doit être combattu, il ne nous faut pas oublier de trouver la cause. Et il faut se rendre à l'évidence : le système ne fonctionne plus.

Un silence s'installa pendant quelques secondes.

    - Voici donc mes propositions : en temps de paix, à la mort ou à la démission d'un Primarque, un comité tel que celui-ci, composé des seize Généraux et Amiraux de la planète en question se réunira pour élire son remplaçant. En tant de guerre, toutefois, la chaîne de commandement sera suivi pour toute mort de Primarque, afin que nos forces puissent garder toute l'efficacité qu'on leur connaît. Ainsi, nous serrons sûr d'avoir à la tête de nos planètes un Turien fort et efficace dans les domaine qu'il devra gérer, qu'il s'agisse d'affronter des ennemis ou de pourvoir aux besoins de sa planète. Le remplacement du Primarque Malgor pourra donc être la première occurrence de cette nouvelle façon de faire, le premier changement précurseur d'un nouvel avenir plus radieux pour les Turiens.

Le plus facile était passé. Mais Artérius devait continuer, et c'est ce qu'il fit, plein d'espoir.

    - Mais ce n'est pas tout ce que je vous propose. En effet, j'ai remarqué une autre anomalie dans notre système. Tout les Primarques sont choisis parmi les plus hauts gradés de leur planète précisément parce qu'ils sont les plus à même de comprendre les besoins spécifique de cette planète, et de diriger et gouverner au mieux leurs frères et sœurs. Ainsi, la loyauté d'un Primarque se doit d'aller évidemment avant tout à la Hiérarchie en tant qu'entité, mais aussi à sa planète et ses citoyens, et s'il est confronté à un choix, il se doit de prendre la meilleure route pour sa planète. Nous savons tous cela. Or, il y a un Primarque qui est confronté à un autre choix. Il s'agit du Primarque de Palaven, bien sûr. Le premier d'entre les pairs. Lui se doit de choisir, pas toujours mais bien plus souvent qu'on ne pourrait être amené à le croire, entre le bien et la prospérité de la planète dont il a la charge, comme tout Primarque, et celui de la Hiérarchie dans son ensemble. Et bien souvent, les deux ne sont pas conciliables, car il est nécessaire de faire des sacrifices au niveau local au profit du global. Il y a donc là un conflit bien visible entre ses attributions de Primarque, et celle de dirigeant de la Hiérarchie. L'un n'est pas compatible avec l'autre.
    Voilà ma solution : une refonte de notre système politique, ou tout du moins du haut de l'état. Que le Primarque de Palaven redevienne ce qu'il est sensé être. Un gouverneur de planète et un chef d'armée, avec autant de pouvoir et de responsabilités que ses homologues. Que le Conseil des Primarques continue ce qu'il est, et conserve ses roulements afin que chacun puisse faire entendre sa voix mais le Primarque de Palaven, maintenant au même niveau que ses homologues, n'aurait pas de siège permanent. Mais si cela réglerait le problème de "loyauté" du Primarque, il manquerait toujours quelqu'un pour s'occuper du rôle de représentation de la Hiérarchie et des affaires tant intérieures globales qu'extérieures. Il nous faut donc un dirigeant fort et représentatif du peuple turien dans sa globalité. Et quoi de mieux pour ça qu'un Empereur ?

Le Général fit une petite pause afin que tous enregistrent bien ses paroles avant de continuer.

    - Avant de vous alarmer, laissez-moi vous préciser mon idée. Il ne s'agirait nullement d'un Empereur d'antan, doté des pleins pouvoirs et qui les donnerait à sa mort à sa dynastie. Il s'agirait d'un Empereur élu, au même titre que les Primarques, par ceux-ci, parmi les plus hauts gradés que la Hiérarchie, l'Empire, aurait à offrir. Tout comme les Primarques, il servirait jusqu'à la mort ou jusqu'à ce qu'il ne soit plus digne de servir, que ce constat vienne de lui-même ou d'un Conseil comme celui-ci. Mais, à la différence des Primarques, il ne servirait aucun planète en particulier, mais l'ensemble du peuple turien et de ses mondes. Il n'aurait pas plus de palais sur Palaven que sur Oma Ker, et n'aura pas non plus de tatouages faciaux de quelque monde que ce soit. Ainsi, le renouveau de l'Empire Turien, uni derrière un dirigeant neutre et impartial montrera à tous, que ce soit dans nos frontières ou en dehors, parmi nos alliés comme nos ennemis, que notre peuple ne se laisse nullement abattre, et est de nouveau prêt à assumer son rôle et à rayonner parmi les étoiles !

Après quelques instants de flottement suite à son envolée finale, Artérius se rassit dignement, prêt à affronter toutes les critiques comme les encouragements. Cette dernière idée, après tout, n'était clairement pas sûre de remporter toutes les voix parmi cette assemblée. Parmi sa Légion, sans aucun doute, mais ici ... Mais qu'importe. Si le retour de l'Empire Turien n'était pas possible - pour l'instant -, sans doute les esprits étroits et offusqués présents considéreraient la première proposition d'un œil moins sévère compte tenu de sa relative "innocence" par rapport à celle d'après.
Il ne restait plus qu'à voir ...


Anton dresse mon portrait fidèle.

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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Lun 15 Mai 2017, 17:11

Primus Inter Pares
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Palaven - Cipritine



Trois Généraux s'étaient dressés, réclamant la fin du mandat de Malgor. Les trois s'étaient également levés pour proposer leur vision de l'avenir. Mais pour le Primarque, ces visions n'étaient que des pièges, ne pouvant qu'entraîner la Hiérarchie faire la violence et la mort. Il devait résister et convaincre.

« On m'accuse de biens des choses. D'incompétence. De passivité. D'attentisme. À croire que la Hiérarchie n'a pas communiqué une seule fois avec ses alliés sur les quinze dernière années, qu'elle s'est contentée de dire oui au Conseil quand il le demandait. Croyez vous donc que nous ostracisons les elcors, les hanaris, les krogans, les galariens ? Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas envoyé pour discuter avec les autres espèces que nos ambassadeurs ne le sont pas. Nous maintenons des relations avec ces espèces, et même si elles peuvent être approfondies, vos mensonges ne sont pas tolérables. »

Une nouvelle fois, Malgor sentait poindre l'énervement. Le demi-krogan méritait, plutôt deux fois qu'une, son surnom, et ce dans le sens le plus négatif qui soit.

« Mais reprenons peu à peu vos dire, Général Dorn. Nous brisons des liens passés ? Le Conseil régresse ? L'espace concilien n'a plus de sens ? Mais à quoi vous référez vous ?
Pourquoi la Hiérarchie est au sein du Conseil ? La réponse est pourtant évidente : pour notre force militaire. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que nous sommes la seule espèce à avoir affronté les moissonneurs et tenu notre planète mère ? Ni du fait que malgré la pression, nous avons aussi participé à la défense de Irune ? C'est là le rôle que nous avons endossé : protéger l'espace concilien des menaces extérieures. Pas faire la police entre et au sein des espèces.
Une grande chose depuis la fin de la guerre ? En effet, nous ne pouvons nous targuer d'avoir accompli une avancée surprenante, une victoire militaire incroyable ou une découverte inattendue. Mais qui le peut ? Nous nous sommes reconstruits, comme les autres espèces. Comme les asari, les humains, les butariens. Et de tous, seuls les Républiques et la Hiérarchie sont à la fin de leur reconstruction. Je revendique cette volonté de reconstruction, et je ne changerai rien à mes actes même si je le pouvais. »


Un acte risqué, car la colère grondait. Mais le Primarque ne pouvait se permettre de retourner sur ses actes et de sembler incertain.

« Parlons maintenant des déserteurs ! L'Alliance vit une vague de désertion, le nombre d'asari à avoir rejoint les Terminus après un service militaire a explosé. Les butariens étaient majoritaires dans les Terminus avant même la guerre, et ce fait n'a pas changé. Les elcors, hanaris et volus, pirates ? Trois espèces biologiquement et physiologiquement très différentes des standards des équipements, des vaisseaux, de tout ce qui permet aux autres de se reconvertir en forces armées illégales ? Demandez vous vraiment où sont leurs hordes ?
Les déserteurs ne sont pas une force unie et ennemie. Beaucoup se battent entre eux, et meurent, ou restent dans les Terminus. Ou bien peut-être sont ils bien moins nombreux que ce que vous affirmez. »


L'avis de Malgor transparaissait là. Mais il était difficile de réellement évaluer un nombre.

« Et pour finir, ce prétendu laxisme. Que vous souhaitez corriger par des purges. Corrigez la déviance par la violence. Et vous osez dire que je ne m'intéresse qu'aux symptômes et non aux causes ? Mais au fond, pourquoi s'étonner de ces envies de sang venant d'un individu voulant rebattre toutes les cartes de la galaxie, modifier le Conseil, intervenir partout pour élever ce qu'il estime être le meilleur ?

Un individu qui se revendique partisan de notre méritocratie, mais qui ne réclame ni plus ni moins qu'une oligarchie ?

Car c'est cela que j'entends : des élections. Nous, le conseil des Primarques et Généraux, décidant qui devrait diriger l'ensemble de la Hiérarchie, offrant nos flancs à la corruption et les systèmes de castes. Si notre système doit évoluer, soit ; mais c'est en travaillant sur les critères qui désignent notre dirigeant que nous nous améliorons, pas en concentrant le pouvoir entre les mains d'une élite.

Réfléchissez, turiens ! Notre rassemblement est là pour servir de garde-fou contre un dirigeant, pas pour choisir de lui-même de diriger la Hiérarchie en choisissant son représentant ! Car ne nous leurrons pas : aussitôt que nous disposerons de ce pouvoir, les luttes politiques arriveront, les alliances se créeront, et notre Hiérarchie méritocratique deviendra un système de caste, dirigé par les plus hauts gradés s'octroyant les pouvoirs et héritiers qu'ils souhaiteront. Et quand bien même estimez vous être aptes à disposer de ce pouvoir, rappelez vous que nous ne sommes pas éternels. Un jour, un groupe comme le notre, dans une oligarchie, sera corrompu.

Et je n'envisage même pas sur la proposition du Général Artérius, qui ne demande ni plus ni moins que de retourner à la période des Guerres d'Unifications. Un Empereur sans planète, ne disposant de son autorité que lorsque le reste des Primarques et Généraux acceptent de lui obéir ? On ne parle là que d'un Empereur fantoche, incapable d'assurer l'unité à laquelle nous aspirons tous. »


Le Primarque évita de s'attarder sur la proposition de son ''second''. Des partisans de l'indépendance des colonies existaient toujours, oubliant les conflits traversés lorsque les colonies avaient exprimé cette volonté une première fois. En cela, Malgor restait traditionnel : Palaven régnait, point.

« La Hiérarchie a besoin d'une direction, et je ne puis me résoudre à laisser la main à ce que j'entends ici. Voici donc également ce que je propose.

L'UCIP doit en effet être réformée, comme l'a montré l'ingérence du Conseil. Elle ne doit plus répondre directement à ses ordres. Elle doit également inviter d'autres espèces en son sein, et sa force permanente doit organiser sa propre hiérarchie.

Les négociations et accords seront poursuivies et maintenus avec les autres espèces. La question de l'Hégémonie reste cependant plus complexe que ne l'avancent les Généraux : devons nous participer à déstabiliser le régime butarien, quitte à plonger dans la guerre une espèce qui a été gravement blessée ? Devons nous négocier avec un dictateur ayant montré à plus d'une reprise, et récemment, son désintérêt pour les autres espèces ? À mes yeux, nous devons bénéficier de l'ouverture qu'il créé en pensant la contrôler : nous devons faire parvenir des idées différentes aux butariens, faire connaître plus à ce peuple. Selon la façon dont leurs mentalités évolueront, nous pourrons intervenir, ou non.

Enfin, l'avenir de notre peuple. »
. Malgor prit un instant pour poursuivre, hésitant à avancer sur cette pente si risquée. « Sur notre mode de gouvernement, je ne souhaite pas modifier notre méritocratie. Vous avez déjà entendu ce que je pense des propositions oligarques des Généraux Dorn et Vorasen.
Sur nos investissement, vous m'avez entendu. Mon cœur me pousse à croire que nous pouvons être plus que le bras armé, que diriger nos financements vers d'autres domaines nous permettra de briller technologiquement, culturellement, et pas seulement militairement. Mais j'entends ici des avis différents qui estiment que notre nature militaire est la seule qui devrait recevoir les honneurs, qu'elle devrait recevoir la priorité sur le reste, que nous devrions demander plus à nos concitoyens et à nos alliés pour mieux avancer sur cette voie. Ce n'est pas ce que dit mon cœur, mais je sais écouter, et je suis prêt à accomplir cette volonté si vous estimez que c'est nécessaire. »


Le Primarque Malgor se rassit, laissant le silence s'installer. Celui-ci s'étala plusieurs minutes, jusqu'à ce que la Primarque Celix se relève.

« Primarques, Généraux, un choix lourd de conséquence s'impose aujourd'hui. Prenons bien le temps de réfléchir et de poser nos questions. Nous n'avons pas pris de collation depuis le début de nos... discussions, et nos esprits s'échauffent. Faisons donc une pause. »

Et donnant l'exemple, la turienne alla se servir sur le buffet.


____________INFOS MJ____________


Petit rappel des personnages !

Primarques : Malgor de Palaven, Ontros de Digéris, Célix d'Oma Ker, Dorn d'Invictus, X
Généraux & Amiraux : Vorasen, Dorn, Malnis, Viccarius, Terentius, Maro, Accola, Kaseo, 7X

J'ai une demande pour les différents lecteurs du RP !
Au vu du nombre de PNJ présents dans la pièce, il est dur de tous les jouer. J'aimerai donc avoir vos avis sur la situation, sur quel personnage vous soutiendrez, si vous étiez parmi les Primarques et Généraux. Si possible expliqué, même si c’est juste pour dire « je sens pas Malgor, il m'a l'air de mentir ».
de la même manière, si vous avez des questions à faire poser aux personnages, n'hésitez pas ! ^^

Enfin, concernant mes joueurs, on peut reprendre les posts directement autour de la table, ou vous pouvez parler en privé à l'un des individus présents.

Voilà, je crois n'avoir rien oublié ^^





Dernière édition par Maitre du Jeu le Jeu 18 Mai 2017, 11:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Lun 15 Mai 2017, 18:41
Maccharius était parvenu à tenir son rôle.

Bien sûr, jouer la bête, le Demi-krogan, lui avait coûté, mais il avait tenu la ligne. Ici, maintenant, Maccharius n’avait qu’une seule carte à jouer, terrasser Malgor. Après tout il n’était pas le moins du monde envisageable pour le rôle de Primarque de Palaven, et sa naissance sur Invictus le rendait de toute manière trop loin dans la lignée de transmission pour espérer un jour hériter de ce rôle. Mais là n’étaient pas les ambitions de Dorn, et de toute manière elles n’étaient pas personnelles.

Ici, en ce jour, Malgor devait tomber. Et pour cela, Maccharius devait une fois de plus jouer son rôle de général intraitable, implacable et féroce, quitte à en pâtir personnellement. Mais n’était-ce pas là le rôle du véritable turien ? Savoir se sacrifier au profit d’un bien commun était la pierre angulaire de l’éducation et du patriotisme de la Hiérarchie, et cela Dorn l’avait bien assimilé. Aussi avait-il tenu fièrement son rôle.
Aujourd’hui, il était une bête.

Et cela avait marché, car Malgor s’était déchainé contre lui, martelant son opposition à la bête, son opposition à la férocité. Un véritable boulevard pour l’amiral Malnis et le général Vorasen. Bien sûr il était impossible de savoir vers qui l’avantage allait aller, les deux s’étant révélé d’excellents orateurs. Toutefois l’important n’était pas là, l’important était que Malgor eut cédé à sa haine de la bête, que le Primarque se soit abaissé à se dépêtré des accusations d’un général que tous qualifient d’extrême, de farouchement patriote.

Malgor avait décidé d’opposer sa logique à celle d’un individu sous-estimé, laissant le champ libre à ceux qui étaient réellement estimés. L’amiral Malnis et sa carrière parfaite, son implication dans la politique actuelle le rendant encore plus respectable, si bien sûr sa tirade complotiste n’avait pas ternie son image. Le Général Vorasen et son influence ancienne et respectée, une carrière particulière mais au résultat sans appel. Les deux gradés avaient eu le champ libre, et seul cela comptait.

Aujourd’hui, il était une bête.

Ce constat rappela à Maccharius le chemin qu’il avait parcouru. L’éternelle habitude de ses supérieurs et de ses pairs à le mépriser. Lui, le demi-krogan, lui, le boucher. Les gens avaient toujours assimilé sa corpulence musculeuse inhabituelle comme une preuve de son manque d’intelligence. Il était un animal, un varren enragé. Quelle ne fut pas la surprise de ses enseignants, de ses supérieurs, de ses frères, lorsque la brute se révélait douée de parole.

Lui, l’idiot sanguinaire montait en grade. Lui, l’implacable Garde noir était promu. Les gens étaient sidérés, bien sûr pas ceux qui s’étaient rangés sous la bannière du boucher, non ceux-là vouaient rapidement un respect sans borgne à leur supérieur. Ceux-là, comprenaient que la réflexion n’était pas la dernière des armes de Dorn. Non seuls les étrangers, les turiens du lointain, les parvenus de Palaven, les superviseurs imbus d’une idéologie à mille lieux des réalités du terrain, seuls ceux-là confondaient la bête et le prédateur.

Aujourd’hui, il était une bête.

Il en avait décidé ainsi, au plus grand regret de ses amis et soutiens. Vicarius Maro avait tout d’abord refusé. Pourquoi accepter de se sacrifier ainsi, Attrebus Trentius avait cru à une blague. Mais le matérialisme dialectique politique de Dorn avait réussi à vaincre les doutes et les incompréhensions de ses frères. Lui devait accepter sa croix pour que la voie vers l’avenir se révèle. Etre crucifié par ses frères n’étaient pas la pire fin qui soit, non l’horreur serait que Malgor traverse le conflit et s’en sorte indemne. Pire renforcé.

Alors il payerait bien pire que par l’exil ou la mort. Il payerait de la honte d’avoir perdu la face devant le pire Primarque de l’histoire de la Hiérarchie. Il finirait dans les livres d’histoires, comme une mention secondaire d’une histoire tragique. La vie et la mort de la bête qui a tenté de mordre son maître. Mais qu’importe en vérité, car maintenant la bête a aboyé, désormais il allait être curieux de voir la fin de tout ceci. Allait-on faire taire l’animal enragé, allait-on le libérer de ses chaines ou simplement l’expulser du récit ?

Aujourd’hui, et peut être à tout jamais, il est une bête.

« Allons donc manger quelque chose. » S’exclama Vicarius en scrutant avec une certaine tristesse ses deux amis.

« Oui, tu as raison. Et puis nous aurons peut-être la chance de discuter plus sereinement avec les généraux, amiraux et Primarques plus neutres. » S’empressa d’ajouter Attrebus pour venir en soutien à son confrère.

Sentant la raison dans les paroles de ses amis, Maccharius se leva et suivit sans hésiter les deux autres généraux jusqu’au buffet ou la quasi-totalité des autres officiels se trouvaient déjà. Bestarius, Primarque et père de Maccharius, fit un signe de tête et un petit sourire à son fils et reporta son attention vers son assiette et ce qu’elle contenait. Rasséréné par ce micro instant d’amour filiale, Dorn se dirigea droit vers le buffet, attrapa un amuse-gueule et remarqua qu’il se trouvait juste à côté de la Primarque d’Oma Ker, l’influente et hautement respectable Célix.

« Primarque. » La salua Maccharius tout en se plaçant de manière à tout à fait sérieux et respectueux. « J’espère que nous ne me portez pas rigueur de vous avoir contredit sur le prix payé par le Conseil. »

Commença d’un air presque contrit celui que l’on surnomme le boucher.

« Mais plus important. J’aimerais sincèrement discuter d’un point avec vous. » Maccharius scruta avec sérieux les alentours, observant qui était à portée ou non de voix, et adapta son ton de manière à ne pas alerter les individus qu’il ne souhaitait pas adjoindre à la discussion, et aux révélations.

« J’aimerais connaitre votre opinion vis-à-vis de nos relations avec les Clans. Mais avant cela, j’aimerais vous avouer une chose que j’ai osé commettre dans le but de juger de mes compétences. J’ai personnellement rencontré un émissaire du clan Urdnot. Et j’ai été surpris, les Clans sont différents de tout ce que nous pouvions imaginer. Un avenir radieux se dessine avec cette nouvelle directions qu’ils se sont choisis, et je sais maintenant à quel point nous pouvons sortir gagnant d’un retour des Clans sur la scène galactique.

Le … Primarque Malgor se trompe complètement lorsqu’il m’accuse de vouloir policier les autres nations. Il est incapable de juger de ma vision, comme il n’est plus capable de voir que la sienne n’est qu’un voile masquant le mur qui nous attend. J’ai compris cela lorsque je suis allé moi-même à la rencontre des autres espèces. J’ai visité la Citadelle, j’ai visité Tuchanka. Et je compte visiter d’autres nations. Là où Malgor entrevoit la coopération je ne vois que des inconnus se tenant la main.

Je veux que vous, plus que toute autre personne en ce lieu, compreniez que ma vision n’est pas celle d’un belliciste meurtrier. Je veux que nous redevenions une puissance militaire sans pareille, c’est exact, mais jamais je ne ferais en sorte de nous aliéner nos frères et sœurs xénos. Comprenez que mon patriotisme ne fait pas de moi le cerberusien que l’on essaye de dépeindre.

J’ai côtoyé plus de xénos que Malgor n’en a jamais vu, j’ai foulé la terre natale d’autres espèces, j’ai saigné pour défendre les volus, j’ai partagé le pain et le vin avec les krogans, les humains, les galariens, les asaris, les elcors. Et je sais ce que nous avons à gagner avec la coopération. Mais continuer sous l’ère Malgor, c’est confondre union politique et union fraternelle. Et à entendre la réponse du Primarque, je crains que ce dernier ne comprenne même pas la différence entre les deux. »


Puis soudain, Dorn comprit qu’il partait à nouveau dans un discours interminable, chose qu’il ne désirait pas le moins du monde. A la fois pour Célix, et pour lui.

« Mais je me perd Primarque. L’envie de me faire comprendre me fait confondre discussion et discours. »

Aussi Maccharius prit la décision de se taire et d’attendre sagement la réponse de l’estimée, et encore fort belle, Primarque d’Oma Ker. Après tout comprendre qu’il faut laisser à ses supérieurs le contrôle d’une discussion est une chose apprise dès le plus jeune âge aux soldats, alors autant en être un bon et appliquer la leçon.


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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Jeu 18 Mai 2017, 12:00

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La Primarque Celix buvait tranquillement un jus de fruit, prenant son temps. Temps rapidement partagé avec le Général Dorn. Celui-ci venait défendre ses propos, modérer sa posture. Un choix assez logique, mais aussi très... calculé, ne pouvait s'empêcher de penser la turienne. Mais elle répondit honnêtement à sa question.

« Mon opinion envers les clans, ou envers les clans sous l'égide d'Urdnot Wrex ? ». La turienne reprit une gorgée. « Il est bien évidemment un chef admirable, et les krogans sont en effet sur une pente extrêmement positive. Mais sans lui ? L'ambassadeur krogan à Farixen n'a pas su faire preuve de la discipline nécessaire pour obtenir une flotte. Une partie des clans se sont rebellés il y a deux ans. Un échec, oui, et Wrex semble destiné à toujours vaincre. Mais je vais être franche. ». La turienne baissa la voix, fixant Maccarius du regard. « Tant que le peuple krogan ne parvient pas à comprendre que Wrex représente leur meilleur avenir, tant que les chefs de guerres violents regrettant leurs empires continuent d'avoir du soutien, alors je ne les soutiendrai pas. Les krogans doivent parvenir à la raison d'eux-mêmes, car au delà du fait d'intervenir ou non, nous ne pouvons simplement pas garder le contrôle sur eux sans le génophage, ou alors uniquement en faisant un blocus sur leur planète. Et ceci deviendrait impossible s'ils obtenaient un poste à responsabilité au sein des forces armées galactiques. »

La turienne relâcha son regard, le perdant dans son verre.

« Je reste positive pour l'avenir. Malgré les troubles sur Tuchanka, les krogans restent relativement en paix depuis une quinzaine d'année, et ce alors que le génophage a été soigné et qu'ils ont choisi de rester sur leur planète pour ne pas demander d'autre monde. Quand le traité de Farixen a été proposé, j'espérais sincèrement qu'ils obtiennent le droit d'avoir une flotte commerciale. Je suis pour que ce point soit renégocié, car ce n'est pas en les isolant qu'ils pourront progresser. Mais il n'est pas encore temps de leur donner un pouvoir militaire à l'échelle galactique. »

La turienne acheva son verre et le reposa sur la table.

« En résumé, j'attends beaucoup d'eux, j'espère qu'ils sauront se faire apprécier de la galaxie en dehors des périodes de guerre, et que nous pourrons les compter à nos côtés en tant qu'amis et alliés en temps de paix. Mais à l'heure actuelle, l'union ''militaire, stratégique, scientifique et culturelle'' dont vous parliez me semble hors de propos. »



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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Jeu 08 Juin 2017, 16:44

Les détracteurs de Malgor se perdaient en propositions et discussions diverses, parfois à l’opposé les unes des autres. Si tous voulaient voir une Hiérarchie Turienne forte et au premier rang des puissances galactiques, ils ne semblaient pas s’accorder sur les moyens d’y parvenir. Mais au-delà même de ces tractations s’élevait une idée qui allait faire grincer beaucoup de mandibules, celles de Larius comprises...

Instaurer le règne d'un Empereur, vraiment ? Vorasen était-il sérieux ? Après des siècles, si ce n’est des millénaires depuis le dernier d’entre eux, le second du Primarque de Palaven en titre souhaitait voir renaître ce statut prestigieux et symbolique sur Palaven et ses colonies ? Non, c’était quelque chose d’inconcevable… Quand bien même la Hiérarchie rayonnait-elle de puissance en ces temps anciens, il était stupide de plonger dans une idéologie aussi suprématiste que rétrograde. L’éventualité de voir Malgor remplacé par des éléments nostalgiques d’une époque depuis bien longtemps révolue ne s’avérait pas viable pour le futur des Turiens. Le Général imaginait-il seulement que les colonies accepteraient un tel changement ? Impensable….

Au mieux cela ne ferait de « l’être élu » qu’une nouvelle cible à abattre pour des éléments dissidents et un peu trop ambitieux qui voudraient à nouveau nuire à la Hiérarchie.

Non, s’il fallait en effet réformer le régime de la Crête Apienne, cela ne pouvait se faire en s’appuyant sur des idées du passé. La galaxie se trouvait gangrénée par les retombées de l’invasion et les symptômes se manifestaient chez toutes les races intelligentes qui en avaient été la cible. Mouvements indépendantistes et sécessionnistes, attaques multiples sur les instances conciliennes, mise en retrait des Galariens ou politique agressive des Butariens afin de « préserver leurs intérêts » représentaient des preuves plus que conséquentes pour appuyer ce fait. Sans parler de la façon dont le Conseil traitait désormais ses problèmes au mépris des propres accords qu’il avait négociés…

Larius déroulait le fil conducteur qu’avaient suivi ces tractations depuis le commencement à mesure que Malgor s’exprimait. Encore une fois une tirade pour appeler à la mesure et défendre son bilan, bien que l’Amiral le rejoignait sur son avis concernant les propositions de Vorasen. Un fait qui agaça grandement le patriarche du clan Malnis, tout en le rendant soucieux. Au mieux cette divergence permettait-elle de séparer les deux soldats sur les projets qu’ils portaient pour superviser l’avènement d’une ère nouvelle sur Palaven… Au pire cela leur faisait perdre toute crédibilité auprès des partisans qu’ils pourraient gagner, en soulignant le fait que les détracteurs du Primarque n’étaient même pas capables de se mettre d’accord. Un camp divisé, morcelé, risquait de porter un coup décisif au sérieux et au caractère légitime de leur démarche.

Il allait désormais falloir jouer très serré pour parvenir à une destitution. Si la route avait été bien dégagée par les paroles et la ferveur de Dorn fils, mettant Malgor en difficulté pour un temps, il n’était pas viable de permettre à ce dernier de rebondir pour s’en sortir. La prudence dans le choix des mots et des actions s’imposait. A n’en point douter, Malnis jouait là sa plus grande bataille depuis quinze années d’une paix fragile.

Convaincu de cela, Larius décida qu’il était temps de prendre la température ailleurs qu’auprès des seuls politiciens et officiers de la Crête. Profitant de la pause proposée par le Primarque d’Oma Ker, l’officier de la marine Turienne jeta son dévolu sur l’individu qui pouvait peut-être être considéré comme le plus réservé. Ou tout du moins celui qui avait le plus de raisons de se méfier de tous ces beaux projets exprimés ici. Dorn senior, aka le Primarque Bestarius Dorn, serait son interlocuteur. Un défi ô combien périlleux pour l’Amiral compte tenu de l’animosité latente que pouvaient ressentir les natifs d’Invictus à l’égard des instances de Palaven… Si l’abandon de la planète, envisagé il y a des siècles par le Conseil des Primarques ne suffisait pas à cela, les motifs de tensions ne manquaient pas depuis la fondation de la colonie.

Mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles dit un adage Humain… Et il en était question aujourd’hui.

Tandis que de petits groupes se dessinaient à mesure que tous quittait la table des négociations, dessinant d’ores et déjà des semblants de partis et soutiens, Larius s’approcha seul du paternel du Général Maccharius Dorn. S’il n’avait jamais eu personnellement affaire à lui, Malnis disposait de quelques « bruits de couloirs » et autres sources pour se faire une première idée du personnage. Il en ressortait que le Primarque était un individu de valeur, prompt à défendre les intérêts des siens avant toute chose. Et que les intrigues et complots n’étaient pas vraiment à son goût avait-il cru comprendre. Il n’était donc pas question de jouer de tourner autour du pot. Autant jouer franc-jeu...

- « Primarque Dorn… » commença-t-il d’un ton protocolaire de rigueur à la mention du titre pour se manifester. « Il est certain que les intérêts de votre monde vous sont chers. Tout comme le fait que vous êtes habile politicien. Mais faisons fi de la flatterie ou des discours partisans… Je ne cherche pas à vous convaincre en venant vous déranger de la sorte, mais quérir votre vision des choses sur le sujet qui nous préoccupe ici. Si votre fils s’est fait entendre avec force, j’aimerai autant connaître l’avis ou le jugement de la voix officielle d’Invictus… »

Sans même prêter attention aux mets et boissons disposés non loin, l’Amiral jouait un jeu dangereux. En choisissant de faire preuve de franchise auprès d’un individu aussi respecté que méfiant à l’égard de tout ce qui se déroulait dans les hautes sphères, Larius risquait de voir sa position ébranlée si les choses tournaient mal, que Bestarius faisait preuve d’hostilité à son égard ou même décidait de rester sur sa réserve. Mais il devait savoir. Un état des lieux s’imposait. A défaut d’obtenir des réponses, peut-être ce bref entretien serait-il pour lui l’occasion de jauger son interlocuteur : d’en déduire un semblant de tendance pour le vote à venir.
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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Jeu 15 Juin 2017, 22:57

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« Primarque Dorn… » commença Malnis d’un ton protocolaire de rigueur à la mention du titre pour se manifester. « Il est certain que les intérêts de votre monde vous sont chers. Tout comme le fait que vous êtes habile politicien. Mais faisons fi de la flatterie ou des discours partisans… Je ne cherche pas à vous convaincre en venant vous déranger de la sorte, mais quérir votre vision des choses sur le sujet qui nous préoccupe ici. Si votre fils s’est fait entendre avec force, j’aimerai autant connaître l’avis ou le jugement de la voix officielle d’Invictus… »

« Vous avez le mérite d'être direct. Je le serai aussi. Toutes les propositions entendues ne me plaisent pas. Qu'il s'agisse de Malgor ou de vous, les Palaveni n'ont jamais mis les colonies au premier plan. Que l'objectif du Primarque soit le civil ou l'armée n'y changera rien. »

Le primarque Dorn s'empara d'un fruit à coque. Le faisant craquer de sa poigne avant d'en ôter la peau, il commença à manger sa chair peu à peu.

« Mais il faut bien choisir, n'est-ce pas ? Peut-être qu'un peu de changement, peut-être qu'un grand changement, serait bon pour la Hiérarchie. Un nouveau système qui n’est plus centré sur Palaven. Peut-être l'idée de Vorasen ne me déplaît-elle pas. »


____________INFOS MJ____________



Désolé du retard ><

Bon, l'affaire traînant un peu trop, je propose que l'on retourne à la table. Je posterai ce week-end le spositions des différents généraux, sauf si vous souhaitez à nouveau parler avant.
Je précise que j'ai reçu assez peu d'avis des lecteurs. Donc s'il vous plaît, si vous voulez participez, envoyez moi un MP d'ici dimanche ! Smile



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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Lun 19 Juin 2017, 20:18

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La collation dura une bonne demi-heure, laissant le temps d'échanger quelques dires et de consommer suffisamment pour débattre à nouveaux. Les Primarques et Généraux se rassirent ensuite. Malgor repris la parole.

« Cette pause nous aura permis à tous de réfléchir. Qui souhaiterait exprimer son opinion sur les différentes propositions ? »

Un instant de flottement, puis l'un des plus jeunes généraux de l'assemblée prit la parole, le Général Vulcany.

« Sévir contre le laxisme. Je ne pense pas que nous soyons laxistes, Généraux. Je nous pense plus sévères et plus justes que l'Alliance et les Républiques, chez qui les désertions se comptent également en nombre. Chez qui il y a également eu des actions terroristes. Ces arguments ne tiennent pas, généraux. Le Primarque Malgor peut être critiqué, destitué, mais pas pour ces désertions.
Les élections proposées semblent aussi une mauvaise idée. Nous, plus que tout autre, devons êtres unis. Si des partis se forment pour désigner le Primarque, ce sera la fin de la Hiérarchie.
En revanche, le temps de la reconstruction est fini oui. Et l'Amiral Malnis a raison, nous avons cruellement besoin de nous moderniser. Après la reconstruction, la renaissance donc ! »


« Renaissance oui, mais comment ? » - la Générale Ditrayd - « Nous avons bien vu l'utilité d'avoir la flotte la plus puissante et la plus nombreuse face aux Moissonneurs. Les machines nous ont écrasé. Notre stratégie, écraser l'ennemi par notre force brute et notre discipline, est dépassée. Et ce n'est pas en renouvelant nos vaisseaux que nous y changeront quelque chose. Nous devons apprendre, des autres armées notamment. J'ai entendu les critiques à l'UCIP mais ne pensez vous pas aussi qu'il s'agit aussi d'une chance ? D'y faire participer nos éléments, d'apprendre le meilleur des aliens, pour intégrer leurs idées lorsqu'elles sont nécessaires ? D'étudier les méthodes de leurs techs, les tactiques de leurs forces spéciales, l'usage qu'ils font de la biotique ? D'apprendre et de faire évoluer notre armée ?
Je ne parle pas de renoncer à notre héritage militaire. Je parle de le sublimer par l'apprentissage des aliens. Il est plus que temps de diversifier nos manières de faire au lieu de s'accrocher à un passé où nous étions les meilleurs, car personne ne cherchait à nous concurrencer. »


Le calme revint un instant. Autour de la table, la plupart des hauts-gradés semblaient soient indifférent, cachant leurs pensées, soit hésitant, mais au parti à prendre ou à s'exprimer ? Le Primarque Ontros reprit la parole le premier.

« Je maintiens ma position. Le Primarque Malgor rempli parfaitement sa fonction. Les accusations faites me semblent être des manœuvres politiques indignes de nous. Les propositions d'élections me surprennent plus que tout – on dirait des idées asari ou humaines !
Je n'ai rien d'autre à ajouter. »


« Des idées asari ou humaines peut-être, mais après tout, ne parlons nous pas aussi de s'inspirer du meilleur des aliens ? ». Le Primarque Dorn arborait presque un rictus. « Le Général Artérius a raison en un point, la double fonction du Primarque de Palaven. Peut-être est il temps que notre dirigeant ne soit plus uniquement un Palaveni. Les colonies souhaitent elles aussi avoir l'occasion d'être récompensée selon leur mérite. »

« Et risquer des velléités indépendantistes en plus des terroristes ? Nous cherchons ici le bien de la Hiérarchie via une union renforcée, Primarque Dorn. Pas à nous diviser ». La Primarque Celix jetait un regard sévère sur son homologue, qui le soutint sans ciller. « Notre priorité devrait être de reprendre contrôle de l'UCIP. Tous ici ont raison : le Conseil ne doit pas avoir la possibilité de la diriger sans l'accord de ses dirigeants militaires. Et de manière générale, nous avons besoin pour les décennies à venir d'un individu apte à représenter la Hiérarchie dans la galaxie, à donner une image positive et respectable. »

Le calme retomba encore, mais de nombreux échanges se faisaient à voix basse. Finalement, Malgor décida de mener ces discussions à leur objectif.

« Nous ne parviendrons pas à une proposition unique, il n'y a que trop d'avis différents ici. Alors il est temps de décider : Primarques, Généraux, parlez si vous avez de nouvelles choses à dire, et choisissez de me défaire ou non. Pour ma part, je ne souhaite pas laisser la place de Primarque quand je vois les idées proposées. »


____________INFOS MJ____________


Petit rappel des personnages !

Primarques : Malgor de Palaven, Ontros de Digéris, Célix d'Oma Ker, Dorn d'Invictus, X
Généraux & Amiraux : Vorasen, Dorn, Malnis, Viccarius, Terentius, Maro, Accola, Kaseo, Vulcany, Ditrayd, 5X



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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Mar 20 Juin 2017, 14:47
La pause se termina après quelques échanges sans grand intérêts avec la Primarque Celix, et cela était une bonne chose. Il était plus que temps que toute cette histoire se termine.

Au préalable sage et silencieux, Maccharius écouta sereinement les différents discours, ne pouvant masquer un sourire lors de l’intervention de son père, ou un rictus lors de celle du Primarque actuel de Palaven. Puis vint le moment de vérité, ou chaque personne puissante de la Hiérarchie allait devoir choisir le destin de la nation tout entière.

Et le général Dorn ne pouvait s’empêcher d’intervenir une dernière fois.

« Primarques, Généraux, je souhaite m’exprimer une ultime fois. »

La demande fut bien heureusement acceptée, dévoilant qu’il n’était pas complètement hors-jeu.

« Je me dois de revenir sur une chose estimés pairs, nous ne sommes pas ici pour juger de la valeur de ceux qui peuvent prendre la place de Primarque de Palaven, mais bel et bien pour juger de celle de celui qui est actuellement à ce poste.

Nous n’étions pas ici comme candidats à une élection, et l’idée d’un vote ne me tient pas particulièrement à cœur, mais porteur d’un projet censé dévoiler l’immobilisme actuel de notre Hiérarchie. Au moment de décider notre avenir, dites-vous tous, est-ce que Malgor a produit une chose qui restera dans les annales ?

Est-ce que la Hiérarchie a impacté l’histoire galactique durant ce long mandat, bien trop long, de notre actuel Primarque de Palaven ? Nous sommes hors du temps mes frères et sœurs. Nous sommes hors de l’Histoire.

L’UCIP, grand chantier de notre temps, est un échec retentissant. N’ayons pas peur des mots. Machiavel a été découvert par le Courtier de l’Ombre alors même que tous nos services étaient unis. La première opération a été une boucherie sans nom. Et désormais ses agents sont dispersés pour traquer les éléments séditieux. »


Maccharius scruta une dernière fois Malgor, longuement.

« L’on m’accuse maintenant d’organiser des manœuvres politiques. Vraiment ? Est-ce que je suis ici face à des inconnus ? Je suis Maccharius Dorn, le « Demi-Krogan », que l’on surnomme le boucher. Cela fait bien longtemps que j’ai perdu toute possibilité de prétendre au pouvoir et quiconque me connait sait que je n’en ai cure.

Quelle autre accusation ? Que je possède des idées Asaris ou humaines, par pitié. L’on m’accuse de vouloir la guerre, de vouloir les purges, la dictature et maintenant la démocratie. Je m’exprime ici dans un seul et unique but, voir la Hiérarchie que j’aime revenir à ce qu’elle représente réellement. Le mérite, l’honneur et la protection des peuples frères.

Trois valeurs que nous oublions depuis bien trop longtemps maintenant. »


Maccharius arrivait à la fin de son discours, sachant qu’il n’avait de toute manière pas tout le temps du monde.

« Nous ne parviendrons certes pas à une proposition unique, mais c’est ainsi que le feu de la Hiérarchie se renforce. Les plus méritants s’élèvent tandis que les incapables sombrent.

Pour ma part, je juge qu’il est temps que la place de Primarque de Palaven se libère car il m’est évident que le mérite ne s’y trouve plus. »


Maintenant le destin n’était plus que dans les mains des autres. Maccharius sait quel vote il donnera, pour le reste l’important c’est d’avoir enfin tenté.


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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Dim 02 Juil 2017, 20:48

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Un grand silence accueilli les propos du Général Dorn. Puis les Primarques se levèrent, premiers à voter officiellement.

« Contre la destitution du Primarque Malgor, levez la main. »

Ontros fut le premier à la lever. Suivit Célix, puis les autres Primarques, un à un, jusqu'au Primarque Dorn. Les regards se portèrent sur ce dernier, qui se contenta de les soutenir sans bouger d'un pouce. Un hochement de tête, et tous se rassirent se rassirent.

« Les Primarques se prononcent contre la destitution du Primarque Malgor. Que les généraux se lèvent. Partisans de la destitution, levez la main. »

Le premier, sans surprise, fut le Général Dorn, suivit de près d'Artérius Vorasen et de Larius Malnis. Puis les Généraux Maro, Terentius, Accola, Kaseo. Le temps s'étira lentement, mais aucune autre main ne se leva.

« Les Généraux rejettent également la destitution du Primarque Malgor. Le conseil de la Hiérarchie est terminé. »


____________INFOS MJ____________


Coucou !

Si vous souhaitez postez une conclusion, n'hésitez pas. Dans tous les cas, je ferai aussi un petit épilogue. Prévenez moi si vous voulez que je le poste directement !

En dehors de ça, merci beaucoup de ce RP. Ce n'était pas simple, et c'était vraiment intéressant.



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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Mar 04 Juil 2017, 11:19
Une profonde et intarissable lassitude était à cet instant précis la seule et unique compagne de Maccharius.
Alors que les généraux et Primarques avaient l’opportunité de se faire la voix du changement, ils ont finalement choisi d’en avoir peur. Un final décevant mais peu surprenant au demeurant.

Aussi Maccharius prit rapidement sa décision, se leva avec lourdeur, et quelques difficultés.

« C’est donc ainsi que la Hiérarchie met un terme à plusieurs millénaires de méritocratie. Félicitation confrères généraux.

Il est désormais dans la logique de l’individu à la morale claire d’assumer les conséquences de ses actes. »


Et le général Dorn arracha sa cape, enchainant sans remords sur ses démailles.

« Moi, Maccharius de la lignée des Dorn. Natif d’Invictus, fidèle légionnaire d’une Hiérarchie méritocratique, refuse de servir un gouvernement inique et dépourvu de courage.

Moi, Maccharius de la lignée Dorn. Natif d’Invictus, fidèle légionnaire d’une Hiérarchie méritocratique, refuse de voir l’honneur d’une nation tout entière être bafouée par l’idiotie et l’incompétence d’un individu non méritant.

Moi, Maccharius de la lignée Dorn. Natif d’Invictus, fidèle légionnaire d’une Hiérarchie méritocratique, démissionne immédiatement de mon rang de général, de l’ensemble de mes mandats au sein de la Hiérarchie et condamne ainsi ma personne à l’opprobre et au déshonneur.

Je préfère cela à voir une seule seconde supplémentaire le chemin qui vous avez tracé en laissant la peur et le doute guider vos actes.

Que nos successeurs parviennent à redresser la barre de vos erreurs, que la Hiérarchie surmonte les épreuves de votre félonie, cela je le laisse aux générations futures.

Adieu lâches. »


Jetant toutes ses décorations au sol, Maccharius quitta la salle non sans un regard haineux en direction de ses anciens homologues.

Arrivé à l’extérieur, l’ancien général gagna rapidement l’emplacement ou se reposait ses anciens subordonnés.

« Je dois quitter Palaven au plus vite, et ce n’est plus en général que je vous le demande mais en tant que simple frère. »

Interloqués, mais bien entrainés, les légionnaires organisèrent au plus vite le départ de leur ancien supérieur. Ce n’est que bien plus tard qu’ils comprirent réellement le réel sens des propos de celui qu’ils idolâtraient. La Légion vécut très mal la nouvelle, de nombreuses démissions eurent lieu, et le reste fut muté dans les forces planétaires d’Invictus.

Servir un Dorn, père ou fils, était un honneur pour eux. Rapidement renommé de manière plus classique, la Légion revint à un général né sur Invictus et le passé glorieux rapidement assimilé par les nouvelles recrues.

Ainsi se termina l’histoire de Maccharius Dorn, le demi-krogan, le Boucher, devenu tenancier de bar sur Invictus durant quelques années, puis sage retraité tentant de voir un maximum de nouveaux mondes avant de mourir paisiblement sur son lit entouré de ses innombrables petits enfants, et des vétérans qui avaient servis sous ses ordres. Car de père spirituel, il devint le père de substitution de nombreux soldats d'ailleurs certains l'ayant même accompagné durant ses pérégrinations de retraite.

En quelque sorte, sortir de la vie militaire avait fait apparaitre l'autre facette de Maccharius, le père aimant, l'ami généreux et l'esprit aventureux. Il avoua d'ailleurs que son échec n'était qu'un demi regret. Mais cela il ne l'avoua qu'au tout dernier moment, à l'oreille de sa fille ainée. Et jamais elle ne trahit le secret de son père.




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MessageSujet: Re: Primus inter pares   Mer 05 Juil 2017, 03:48

Un air grave et dans un mutisme difficile à entretenir, voilà comment Larius accueillit les résultats de ce vote. En plus de lui être défavorable à lui et aux autres détracteurs de Malgor, le résultat mettait surtout en évidence les profondes dissensions qui habitaient la première puissance militaire galactique. Le Primarque d’Invictus n’avait appuyé le leader du conseil qu’à défaut d’avoir une alternative à son goût, tandis que la moitié du collège des officiers, moins une voix, s’était opposée à la poursuite des fonctions du Primarque de Palaven.

Par ailleurs, la Hiérarchie n’était pas une nation aux traditions démocratiques, mais bien un régime méritocratique composé de pas moins de 27 degrés de citoyenneté. Pouvait-on alors parler de réelle légitimité lorsqu’une telle proportion des chefs militaires les plus importants d’un régime millénaire exprimaient leur désaccord ? A vous de juger…

L’avis de Malnis sur la question était en tout cas très tranché. Aussi ne fut-il guère étonné par la réaction de Dorn fils, dont les mots et les actions étaient aussi forts que ses convictions. Fidèle à lui-même jusqu’au bout, il fallait le reconnaitre. Larius le suivit des yeux jusqu’à ce que les volumineuses porte de la salle se referment derrière lui dans une scène presque théâtrale. Après quoi il s’exprima à son tour, profitant du calme imposé par l’ambiance pesante qui régnait après le départ du Général.

- « Devant le résultat des tractations de cette journée et en connaissant la force des convictions de mon homologue d’Invictus, je peux comprendre sa réaction. Je tiens donc à saluer les années de bons et loyaux services qu’il a sacrifié à la Hiérarchie en la servant si efficacement. Ma réaction concernant ce vote se fera néanmoins plus nuancée. Si le résultat va à l’inverse de ce pourquoi j’ai milité, je note avant tout les divergences qui nous minent. Voilà pourquoi vous recevrez sous trois jours ma démission du Triumvirat dirigeant l’UCIP s’il ne m’est pas officiellement permis de durcir notre ligne de conduite auprès du Conseil pour réformer cette force… Qu’un général plus conciliant se charge alors de cela s’il s’en pense capable. »

Un profond silence accueillit ce qui s’apparentait à un ultimatum envers la politique de Malgor. Lui-même devait savoir que sa position ne se trouvait pas à si idéale que cela. Ses opposants se trouvaient certes identifiés, et il pourrait très certainement en remplacer une bonne part, mais à quel prix ? Bien des dents grinceraient dans les prochaines semaines, parmi les civils, les politiques comme les soldats. Était il cependant prêt à courir le risque de voir les siens plus déchirés qu’à l’heure actuelle en réalisant une soudaine « purge » afin d’écarter des hautes sphères ces éléments dissidents ?

L’officier qui s’exprimait était prêt à courir le risque de voir une telle crise pointer le bout du nez à en juger ce qui suivit…

- « La Septième Flotte fait néanmoins partie de moi depuis maintenant seize années. J’ai dirigé ses forces dans la protection du Creuset et dans l’après-guerre. Voilà pourquoi je ne renoncerai pas à ce commandement de façon spontanée ou sur un coup de sang. Il faudra m’en évincer publiquement dans le cas où ceux ayant voté ici la destitution devaient payer le prix de leur vote. »

C’est sur ces mots que l’Amiral, qui ne porterait peut-être plus ce titre dans peu de temps, quitta la vénérable table des tractations. Ses propos, pas vraiment très mesurés dans leur portée, avaient au moins l’intérêt de traduire son attachement à sa doctrine et aux hommes auprès desquels il servait depuis si longtemps. Que les imbéciles le taxent d’aveugle, d’extrémiste ou d’opportuniste si ça leur chantait. D’autres verraient très certainement dans son refus de démissionner immédiatement une marque de lâcheté ou de stupidité, mais Larius n’en avait cure. A défaut de poursuivre dans ses attributions, il se poserait comme le martyr d’un système sérieusement éculé par les années de la Reconstruction. Sa position n’en serait alors que renforcée auprès de ses partisans… Dans un cas comme dans l’autre, il y gagnait quelque chose.

Il quitta alors les lieux à la suite de l’ancien Général d’Invictus, non sans un ultime message à destination des partisans du « oui ».

- « Mais si vous souhaitez récupérer le tout dans l’immédiat, vous me trouverez là où est ma place : en orbite de la Citadelle, sur la passerelle de commandement du TSF Atteren à faire ce pourquoi j’excelle. Primarques, Généraux… »

Son avenir se trouvait en suspend, à la merci d'esprits plus ou moins échauffés par les discussions et le poids des mots prononcés dans ce lieu au passé si glorieux. Mais ces évènements ne représentaient au final qu’un contretemps. Il était l’heure d’œuvrer de plus loin, dans l’ombre si nécessaire, et de prendre le temps de mesurer les retombées de cette journée où la Hiérarchie venait de se perdre un peu plus. Malgor venait de remporter ce que les humains nomment une Victoire à la Pyrrhus, tout au plus…
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Primus inter pares

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