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 Ces ténèbres qui sont nôtres

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Estomac Tendre
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MessageSujet: Ces ténèbres qui sont nôtres   Dim 30 Avr 2017, 22:13
Intervention MJ : NonDate : 20 Avril 2202 RP Tout public
Kydra LifithErika LonghornAnton Ardak
Ces ténèbres qui sont nôtres





Un pas, l'un après l'autre, lents, mais assurés. Un goût amer lui restait dans la bouche au moindre déplacement, rendant sa salive pâteuse et envahissant la moindre de ses pensées, peu importe à quel point elle souhaitait y réchapper. Elle se sentait faible, fragile et à la merci de la moindre adversité qui s'opposerait à elle. Son corps en morceaux, elle ne pouvait utiliser que sa simple volonté, mais elle savait pertinemment que c'était dans la plupart des cas parfaitement insuffisant.

Kydra fit un nouveau pas en avant. Ses jambes tremblantes et peu stables, elle s'appuyait sur un autre support. Un faisceau ambré partait de son omnitech et s'élargissait avant de toucher le sol, offrant ainsi un appui solide à la jeune femme. Son bras droit servait ainsi de support tandis que son bras gauche était toujours enroulé dans des bandages et collé à sa poitrine. Pathétique situation.

La boiteuse s’avança jusqu'à un siège roulant. Narak y était installé, possédant sur la moitié de son crâne la marque de brûlure due à l'explosion, qui s'étendait à son torse et sans doute bien plus bas encore. Son omnitech était allumé et diffusait un morceau de vieux jazz humain tandis qu'il laissait sa tête dodeliner d'un côté puis de l'autre.

Ils formaient une sacré paire, paire qui semblait de plus en plus abîmée avec le passage du temps. Presque comme un vieux couple.

Je me demande parfois sérieusement comment on a pu réussir à rester en vie, depuis le temps.

Narak enleva la cigarette de sa bouche et expira la fumée avant de jeter ce qu'il en restait au loin.

J'imagine qu'on a pas terminé ce pourquoi nous sommes venus au monde.

Sur ces mots, le sas s'ouvrit et laissa apparaître Erika. La jeune humaine s'avança dans la pièce et salua le butarien avant de rejoindre Kydra dans une étreinte, suivie d'un baiser. La rouquine se glissa autour de sa taille pour la soutenir et Kydra se sentit ainsi plus sure d'elle. Le trio se mit alors en route, à une vitesse relativement lente entre les boitements de Kydra et les caprices du siège de Narak, quittant l'hôpital pour rejoindre le QG des pacificateurs, la destination finale de l'entreprise qu'ils avaient commencé il y a des mois de cela. Kydra avait hâte de revoir son père.

C'est dans l'enceinte de ces murs, gorgés des souvenirs d'autrefois, que Narak les quitta pour retrouver son vieux poste, au milieu des terminaux et des consoles, là où l'on avait tant besoin de ses compétences. C'est avec un pincement au cœur que Kydra le vit s'éloigner, le bruit du moteur de sa chaise s'affaiblissant petit à petit. C'était de sa faute si le butarien était désormais marqué ainsi. L'incarnation de l'élite de l'alliance avait détruit son ancienne enveloppe corporelle et même si Narak refusait de l'admettre en sa présence, elle sentait bien que la douleur et les traitements avaient grandement fait chuter son humeur d'ordinaire si énergique.

Le prix qu'une meneuse devait payer pour la victoire était un fardeau bien souvent beaucoup trop lourd à porter. Mais Kydra n'était plus seule, sa chérie était à ses côtés. En sa présence, elle se sentait de pouvoir affronter la tête haute tout ce qui pourrait entraver le nouveau chemin qu'elle parcourait.

Viens ma puce, je vais te présenter le futur seigneur d'Oméga.

Les deux femmes se dirigèrent vers la fameuse salle où Anton siégeait. Deux butariens en armure intégrale en gardaient l'entrée et les stoppèrent à leur arrivée. Ils firent rapidement comprendre qu'ils n'étaient pas disposés à laisser Erika pénétrer à l'intérieur de la pièce. Kydra leva les yeux au ciel. Il allait falloir leur faire rapidement changer de comportement à son égard, elle était encore blessée et elle ne pouvait rien leur infliger. Mais elle n'était pas certaine de pouvoir se retenir une fois entièrement rétablie.

Kydra se tourna donc vers la rouquine et passa délicatement sa main le long de sa joue.

Attends quelques instants mon cœur.

C'est donc seule que la jeune femme à la chevelure de jais pénétra dans la pièce avec désormais pour seul support sa béquille ambrée. Anton était là, comme à son habitude affalé sur un trône. Mais sa tenue avait changé. Il arborait désormais une armure imposante décorée de deux crânes de varrens sur ses épaules. Un style qui correspondait à sa réputation et à la hauteur de ses ambitions.

Je suis de retour père.

Cette phrase possédait une sonorité bien étrange.

J'imagine que les nouvelles ont été plus rapides que moi.

Kydra avança jusqu'au bureau en boitant, plongeant son regard dans celui du butarien. Une scène si banale et ordinaire la remplissait pourtant d'une immense joie. Elle était heureuse de revoir Anton, de le savoir toujours ici, là où était sa place, prêt à fondre sur ses adversaires avec la même redoutable efficacité dont il avait fait preuve durant le crépuscule.

Elle voulut s'appuyer sur le bureau, mais elle était hélas dans l'incapacité de le faire.

La piste est tracée, il ne reste plus qu'à attendre que le chasseur la suive.

Elle eut un léger rire.

Mon état empire après chaque mission, je ne sais pas si je serai encore en un seul morceau après la prochaine.

Puis elle recula d'un pas.

Mais j'ai quelque chose d'important à faire, j'aimerai te présenter quelqu'un, une personne sans qui je ne serai pas debout devant toi aujourd'hui, une personne qui a fortement contribué à cette réussite... Une personne que j'aime.


Kydra tourna la tête et lanca un regard noir sur la porte derrière elle.

Du moins... Si tes molosses acceptent de la laisser rentrer un jour.

Un tapotement sur son omnitech et une poignée de mots plus tard et le sas s'ouvrit, faisant apparaître la rouquine qui se mit à avancer de sa démarche féline à l'intérieur de la pièce éclairée comme toujours par la lueur ambrée d'Oméga.



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Lun 01 Mai 2017, 10:01
L’humeur d’Anton n’était clairement pas au beau fixe, loin de là même.

Et tout cela était naturellement dû aux mauvaises nouvelles qui s’accumulaient, le retard dans la construction de l’arène, la gestion en demi-teinte des superviseurs de moindre importance dans les différents quartiers, les finances à peine bénéficiaires, les actions d’autorité abusive de quelques patrouilleurs à l’égard des civils, et bien sûr l’état pitoyable dans lequel était revenue Kydra.

Alors même que le retour du seigneur de guerre aurait dû être grandiose, les choses avaient été tout autre et déjà les exécutions s’enchainaient. Rien que ce matin, deux comptables avaient été écartelés pour avoir détourné de l’argent, une décimation avait été organisée dans les rangs des patrouilleurs corrompus et un superviseur avait été démis de ses fonctions et gardé comme esclave de combat pour l’inauguration de l’arène.

Bien sûr ces séries de punitions exemplaires avait remis dans l’ordre dans tout ce merdier et déjà les travaux de l’arène avait repris avec une ferveur sans pareil. Mais une chose était évidente, en l’absence de Solan, Gorbag, Jazza, et bien sûr Jagaht’Ei, l’organisation avait du mal à se dépêtrer de ses habitudes de gang. Pour bâtir une nation, Anton allait devoir éduquer sérieusement ses Pacificateurs et leur faire entrer dans le crâne qu’ils avaient désormais un but autre que gérer un réseau de mercenaires ou de drogue.

Néanmoins, un rayon de soleil dans cette mêlasse venait déjà de ramener un peu de joie dans l’esprit bouillonnant du butarien. Sa fille s’était suffisamment rétablie pour se présenter à lui, toutefois une inquiétude dont Anton ne parvenait pas à se débarrasser prenait le seigneur de guerre aux tripes. Qui était donc cette femme, cette humaine collant sa protégée telle un vorcha colle son seigneur de guerre krogan ?
Bien sûr, l’ancien chasseur de prime allait devoir attendre la réponse de Kydra, aussi réussi-t-il à attendre patiemment sans faire emporter l’humaine dans une salle de torture quelconque afin de s’assurer personnellement que sa chère protégée n’avait pas fait entrer une erreur dans sa station. De toute manière la réponse n’allait pas tarder puisque déjà Kydra se présentait au QG, toujours sa suivante et son ami butarien à sa suite.

Quelques minutes d’attente suffirent pour voir enfin sa chère fille passer la porte et se présenter à nouveaux, plusieurs mois après la précédente rencontre entre ces quatre murs, à lui. Aussitôt Kydra apparut si fragile, si faible qu’Anton hésita à se lever et aider l’humaine à parvenir jusqu’à la chaise la plus proche, toutefois le butarien ne pensait nullement qu’une telle chose fut une aide, bien au contraire. Si Kydra désirait devenir un objet de faiblesse, qu’elle retourne vivre au sein de l’Alliance, ici Anton n’aurait de cesse d’en faire une force de la nature, et quelqu’un n’abusant jamais du soutien d’autrui.

L’aide doit venir uniquement lorsque l’on est incapable de se soutenir tout seul.

Aussi le seigneur de guerre se contint, et se contenta d’observer sans la moindre chaleur, le visage parfaitement neutre tandis que ses pupilles dardait sur Kydra un regard patient et ne cillant jamais jusqu’à ce que l’humaine atteigne enfin le bureau, et échoue à s’y appuyer. Laissant ainsi sa protégée parler toute seule, il observa plus précisément l’état de cette dernière. Affaiblit à tel point qu’un enfant pourrait la vaincre, elle avait totalement perdu de sa superbe et n’aurait guère intimidé un volus.

Toutefois, malgré cet état de profonde faiblesse, Anton ressentit un amour plus profond que jamais pour ce corps si fragile et pourtant si capable. Bien sûr le compte rendu de l’attaque sur la colonie n’était pas fameux, et les pertes avaient été plus sérieuses qu’escomptées mais qu’importe la mission avait été accomplie, et Kydra revenait en vie. Le reste pouvait bien aller se faire voir.

Un jour, Anton allait devoir faire son introspection pour comprendre son curieux attachement à cette humaine si éloignée de lui dans tant de points, mais cela ne serait pas aujourd’hui. Après tout il était trop occupé à ne pas paraitre inquiet pour réussir à plonger en pleine interrogation métaphysique dans le même temps. C’est à cet instant précis que la surprise survint. En effet, Kydra déclara soudain que la sangsue la suivant dans tous les coins, cet être louche n’était autre que sa découverte personnelle de l’amour.
Une femme.

Anton eut un tique nerveux au bon moment, sa bouche se tordant à la fois d’amusement et de surprise, tandis que Kydra était trop occupée à envoyer un message à sa … dulcinée. Déconcerté, et curieux, Anton rebondit sur une déclaration de sa protégée afin de se donner le temps de se reconstruire une façade.

« Ce ne sont pas des molosses, Kydra. Et tu vas faire preuve de respect à leur égard, car ils sont les soldats les plus dévoués à ma personne que compte cette organisation. Ne leur porte donc pas rancune d’ordres que j’ai personnellement donnés. »

Puis l’autre humaine entra. Aussitôt le seigneur de guerre comprit le choix de sa fille. La rousse était vraiment magnifique, quoique possédant toujours une seule pair d’yeux. Néanmoins, il était toujours difficile au seigneur de guerre d’envisager sa protégée avec une autre femme. Pas qu’il soit dérangé par cela, mais ce genre de relations n’étaient guère courante ou acceptée sur Anhur, que ce soit dans la communauté humaine ou butarienne.

Mais après tout, nombre de femelles finissaient en couple avec des asaris. Cette idée en tête, Anton parvint rapidement à gommer ses aprioris vis-à-vis de ce couple surprise.

Une fois remis de sa surprise, le butarien se leva avec une rapidité que ne laissait préjuger sa corpulence et son armure, et s’avança rapidement jusqu’à sa fille et sa … conjointe.

« Tu as donc sauvé ma fille. »

Déclara d’une voix grave et peu encline à l’amicalité, un Anton scrutant de pied en cap sa nouvelle invitée. Toujours une beauté, même de prêt. Soit. Puis le butarien détourna son regard vers Kydra et lui attrapa le menton avec douceur pour plonger ses deux yeux inférieurs droit dans les siens.

« Ton retour sera apprécié à sa juste valeur, et sache que pour l’instant tu n’as plus besoin de te mettre autant en danger. Désormais les pièces sont en place et la partie débute, nul besoin de missions suicides … et plus l’envie de te voir dans un tel état. »

La dernière phrase avait été lâchée d’une voix si faible que les deux humaines pouvaient très bien ne pas l’entendre. Puis Anton relâcha sa protégée et commença à marcher en faisant le tour de cette humaine mystérieuse. Etudiant avec intérêt sa posture, ses réflexes, sa morphologie.

« Une guerrière sans aucun doute. » Déclara pour lui-même un Anton absorbant et interprétant chaque réaction de celle lui faisant face, ou parfois lui tournant le dos. « De bons réflexes. Un maintien sur le qui-vive permanent. » Puis le butarien s’arrêta net face à la rouquine.
« Indéniablement tu n’es pas un chiot perdu. »

Nul sourire, nulle moquerie, la voix et le visage d’Anton restaient désespérément neutres alors qu’il étudiait cette inconnue.

« Je t’écoute. »

La déclaration n’était pas destinée à quelqu’un en particulier, peu importe que Kydra ou cette inconnue réponde en premier. Après tout une explication en valait une autre.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mer 03 Mai 2017, 12:20


CES TÉNÈBRES QUI SONT NÔTRES


Elle avait anticipé cet instant longuement, la présentation officielle au pouvoir d’Oméga, ou du moins à celui ayant une chance réelle de l’obtenir. Elle ne savait pas ce qui la travaillait réellement à ce sujet. Le fait qu’une soldat de l’Alliance jusqu’à il y a peu rencontre un baron du crime local, ou que Kydra lui présente cette personne qui semblait si importante dans sa vie. Elle avait peur de ce quasi fanatisme qu’elle lisait dans les yeux de son ange déchu quand le nom d’Anton Ardak était prononcé près d’elle. Elle-même avait eu du mal à lui expliquer ce que représenter vraiment ce butarien pour elle, elle devrait donc se faire une idée sur le moment.

Du moins, quand on la laisserait entrer, car une fois de plus elle faisait le pied de grue devant une porte fermée de la station. Sa relation avec Kydra avait accélérer certaines choses, mais la confiance s’acquière par la durée et les actes, et non par les coucheries des soldats. Elle restait ainsi appuyée contre le mur à fixer la porte derrière les deux gardes, une pointe d’inquiétude au ventre. Pas pour elle, mais pour son petit démon personnel. Kydra était dans un triste état qui aurait dû lui faire prendre du repos quelques jours encore, et elle n’avait pas voulu patienter plus pour ce moment.
Elle soupira avant de porter son attention sur les gardes.

-Vous la connaissez celle du varren et du hanari sur Thessia ?

L’un des deux pouffa, autant de surprise que d’amusement, visiblement il la connaissait. C’était la première blague qu’elle avait apprise dans la travée, et sans aucun doute l’une des plus réputée. Aussi bien salace qu’amusante, elle plaisait à tout soldat digne de ce nom, peu importe l’armée. Elle s’apprêtait donc à la raconter pour elle-même et les deux gardes silencieux quand la porte commença à s’ouvrir.

-Ah, la prochaine fois messieurs, on m’attend.

Elle se redressa prestement et s’avança d’un pas sûr vers les gardes qui s’écartèrent de son passage, pour la laisser entrer. La salle était grande, mais pas extravagante. Elle était décorée chichement, si l’on omettait le trône à son extrémité, celui sur lequel était posé les fesses de leur hôtes. Rien que ça, un trône. Son regard se posa sur Kydra rapidement pour s’assurer de son état mais ne s’y attarda pas. Elle savait que son âme-sœur détestait se sentir vulnérable, et son regard inquiet avait tendance à lui rappeler. Elle se concentra donc sur la raison de leur venue.

Le butarien était massif, mais en muscle uniquement, un guerrier dans l’âme, et les mains calmes et stables d’un tueur. Un œil lui manquait, sans pour autant diminuer l’intensité de son regard. Elle crût voir passer un micro sentiment de surprise sur ses traits quand son regard se posa sur elle, mais ce fut si bref qu’elle ne put l’affirmer. Son armure lourde avait la particularité étrange d’être munie de deux crânes de varren en guise d’épaulières. Là ainsi, assis sur son trône imposant, il avait l’allure d’un roi barbare d’antan. Erika aurait pu en rire en d’autres circonstances. Mais elle du admettre que l’aura de puissance que dégageait Ardak suffisait à compenser cette touche d’ego, voir même à l’expliquer.

Elle vint se positionner près de Kydra, mais avec suffisamment d’espace pour un examen qui allait sans aucun doute arriver. Le butarien se levait déjà, avec une vitesse surprenante, pour s’approcher d’elle. Erika ne répondit pas à sa première phrase, qui n’était même pas vraiment une question. Et Kydra et elle ne pourrait bientôt plus tenir les comptes de qui avait sauvé l’autre et combien de fois. En tout cas, il la considérait au moins comme sa fille, et malgré tout le contrôle dont il faisait preuve, l’humaine cru voir un réel attachement entre eux quand il la toucha. Elle fut rassurée de savoir que Kydra pourrait récupérer, mais ne saisis pas entièrement les derniers mots d’Anton avant qu’il ne porte de nouveau son attention sur elle.

Elle se laissa examiner, le butarien tournant autour d’elle, gardant une pose détendue, mais instinctivement prête à agir au moindre geste menaçant. Elle avait l’impression de sentir l’énergie destructrice de ce chef de guerre pesait sur elle comme pour l’ensevelir, une sensation à la fois désagréable et grisante dans sa perception. Une lutte de volonté. Elle sourit à l’idée du chiot abandonnée, et pris la parole quand on l’y invita, même si elle sentit que cette invitation était plus générale que ciblée.

-En effet, je suis un molosse de guerre, dressée pour sauter à la gorge de tous ceux qui se trouvent sur cette station, et plus encore à la vôtre...

Son regard se posa sur Kydra.

-…Jusqu’ici.

Car elle avait fait son choix. Elle ne pouvait pas aimer Kydra tout en rejetant le monde dans lequel elle vivait, et qu’elle semblait aimer parcourir. Non elle devait l’accepter pleine et entière, elle, son monde, et les gens qui lui importaient. Elle reposa son regard dans les yeux du butarien.

-Ma volonté est sienne, et visiblement, la sienne est vôtre. Je ne me soucis que de son bien-être. Et si cela doit passer par l’accomplissement de vos objectifs, alors…

Et elle fit une chose dont elle se serait cru incapable il y a peu. Elle s’agenouilla devant ce butarien, seigneur de guerre, et maître en devenir de la station. Non pas en courbant l’échine, mais en acceptant que sa volonté soit guidé dans le sens de celui de sa bien aimée.

-Ma vie et mes armes sont vôtre Anton Ardak. Faîtes en ce que bon vous semble.

Feat. Kydra et Anton



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mer 03 Mai 2017, 18:29
Etrange personnage.

Cette humaine sans nom, puisqu’aucune des deux souhaitaient présenter une telle chose, avait une manière bien amusante de répondre, tout en étant un peu mièvre avec ses déclarations d’amour sans intérêt. Après tout, toute trahison débutait par une telle annonce. Amour, fidélité, amitié, famille, partenaire, coéquipier, tout n’était en vérité que les mêmes faces d’une même pièce et il y avait bien des années que les mots, entourant ces sentiments et relations, ont perdues tout sens pour Anton.

Seuls les actes décrivent avec exactitude les sentiments.

Malgré tout, il était indéniable que la manière de parler de l’humaine plaisait au butarien qui lâcha, sans faire réellement attention, un petit sourire qui illumina le coin de ses lèvres, sans atteindre les yeux néanmoins. Ceux-ci étaient trop occupés à jauger et comprendre l’inconnue qui s’était adjoint au calcul.

Puis, tout en reprenant sa ronde autour de l’humaine adoptée par Kydra, Anton reprit enfin la parole, tandis que l’humaine terminait de poser genou à terre en signe, non de soumission, mais de bonne volonté. Un geste qui amusa grandement le seigneur de guerre, la gestuelle était très antique, souvent raccrochée au Moyen âge ou aux arènes de combat. Quel était donc son sens ?

« Tu me donnes donc ta vie. Amusante et anachronique façon de faire. Qu’allons-nous donc faire désormais ? Occire les envahisseurs ? … »

Soudain un vieil holo que Yassin lui avait autrefois montré revint à la mémoire du butarien. Il était question d’un vieillard difforme acceptant un apprenti après que ce dernier eu trahi sa patrie. Amusante similitude.

« … Renverser la République pour apporter ordre et sécurité à la Galaxie ? »

Alors qu’il se remémorait de mieux en mieux l’histoire de ce holo que Yassin lui avait présenté comme la meilleure saga galactique de tous les temps, avec un nombre infinie de suites, préquelles et spin-off d’ailleurs. Sur le moment, Anton manqua de peu de poser ses mains devant l’humaine et la proclamer comme son apprentie, en lui donnant un nom bien cool.

Mais, bien qu’enclin à l’humour depuis qu’il avait appris le retour de sa fille, le butarien se contint et se contenta de cesser ses rondes en se positionnant juste en face de l’inconnue.

« Toutefois j’apprécie l’offre. »

Commença par déclarer le seigneur de guerre avant de se positionner du « squat russe » et fixer son regard froid droit dans celui de l’étrange concubine de Kydra.

« Par égard pour ma fille, je vais t’éviter les classiques menaces concernant la trahison et autres palabres, et je vais aller droit au but.

Ton passé saute aux yeux, et ne me dérange pas tant que tu comprends ce que nous faisons ici. Ta morale passée n’a plus court, tes remords n’existent plus, et bien sûr n’imagine pas recevoir de traitement de faveur par ta relation avec Kydra. »


Le maigre sourire d’Anton avait totalement disparu.

« Tes actes auront des conséquences, et pas que pour toi, car Kydra va répondre de chacune de tes actions. Je suis certes un père aimant ma jolie, mais rien ne ralentira mes ambitions, et sûrement pas des sentiments aussi éphémères que l’amour.

Et je ne parle même pas de ce qu’il se passera si j’avise que tu te joues d’elle. Sache simplement que je suis très imaginatif lorsque je me venge... »
Soudain Anton éclata fugacement de rire. Un rire froid, dépourvu de joie, sans résonner faux pour autant, simplement discordant pour les oreilles non habituées. « Excuse moi, je crois être malgré tout tombé dans les menaces. »

Puis le butarien se révéla et se frotta les mains en scrutant, sans la moindre froideur, sa fille adoptive. Kydra désormais quelqu’un d’importance pour Anton, et tout comme ses rêves, l’humaine avait maintenant toute assurance que le seigneur de guerre ferait tout pour la protéger, et aussi d’elle-même s’il le faut. Néanmoins, l’humaine ne semblait pas pour l’heure être une gêne aussi nulle purge n’était à organiser pour l’instant.

« Désormais, puisque tu te remets à moi, nous allons tacher de faire de toi une Pacificatrice. Kydra s’occupera de l’armure, et de l’équipement.

A moins que tu aies déjà des plans la concernant. Qu’en dis-tu ma fille ? Quel avenir ton molosse de guerre doit-il entrevoir ? »


Tout en posant ses questions, Anton regagna tranquillement son trône et s’y rassit avec un soupir de plaisir. Posant une jambe sur un accoudoir et le coude sur le second, clôturant sa pose en déposant sa tête ornée d’un grand sourire sur son poing fermé, l’ancien chasseur de prime scruta tour à tour l’inconnue sans prénom et sa protégée.

Après tous les réactions de cette dernière allait réellement définir la véritable importance de son sentiment, et la marge de manœuvre d’Anton en cas de nécessité.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Ven 05 Mai 2017, 01:38


Quelle sensation étrange. Tandis que Kydra observait le ballet d'Erika et d'Anton d'un air désormais distrait, elle était envahie d'une sensation particulièrement étrange en contemplant la scène. Elle avait en effet l'impression de voir son ancienne et sa nouvelle vie s'affronter, Erika représentant l'alliance et celle qu'elle avait pris comme modèle lorsqu'elle en faisait encore partie, et Anton, le butarien qui l'avait pris sous son aile et lui avait offert une chance de rédemption.

Deux parts d'elle qui se jaugeaient du regard, s'observaient, se testaient. Le premier contact semblait en tout cas se faire en douceur, même si elle savait parfaitement qu'une partie du ressenti restait sous silence. Les deux prédateurs n'avaient pour lien que l'existence de Kydra et leur volonté respective de la respecter leur empêchait de se sauter à la gorge. Elle se sentait égoïste. Mais son puissant attachement envers les deux personnes face à elle ne lui laissait aucun choix.

Erika alla même jusqu'à s'agenouiller devant le butarien, chose que Kydra n'aurait jamais cru possible venant d'elle. Son amour était-il donc si fort qu'elle choisissait d'enterrer sa fierté pour faire bonne figure face à son père ? Cette image lui serra atrocement le cœur car Kydra s'imagina devoir s'agenouiller face à un officier de l'alliance. Elle avait parfois l'impression d'agir par pur égoïsme en ce qui concernait la rouquine. Peut être souffrait elle de son nouvel environnement bien plus que ce qu'elle ne laissait croire, le camouflant simplement par amour. Il allait falloir songer à aborder délicatement le sujet un jour.

Anton réagissait en tout cas extérieurement d'une façon très ouverte, ce qui rassurait pas mal la jeune femme.

Erika est bien plus que mon molosse de guerre Anton, je le crains.

Kydra se dirigea vers sa moitié tandis qu'elle se relevait.

Si ma détermination et mes armes sont tiennes, mon âme et mon cœur lui appartiennent entièrement. Si elle cesse d'exister, je disparais également, c'est aussi simple que cela.

Le visage d'Erika se tourna vers le sien et Kydra se pencha légèrement en avant, posant ses lèvres sur les siennes. Un moment extrêmement gênant, elle sentait le regard d'Anton sur elle, mais elle avait l'impression qu'il s'agissait d'un acte symbolique d'une importance cruciale.

Elle rompit alors le contact et se dirigea lentement vers le trône d'Anton en boitant.

Je lui ais offert ma vie, elle pouvait me la prendre, mais elle a décidé de trahir les siens pour vivre à mes côtés et aux côtés de tout ceux qu'elle combattait jadis. Et elle m'a sauvé la vie bon nombres de fois, sa seule existence justifie ma présence en ces murs aujourd'hui.


Kydra atteignit enfin le bureau et son regard qui était resté ancré jusque là dans les yeux du butarien se fit voyageur, suivant les merveilleuses lignes de lumière ambrée qui traversaient la pièce.

J'embrasse ta cause de tout mon être, Anton. Cependant, je me dois d'être franche avec toi sur un point.

Puis de nouveau dans les trois yeux de son seigneur de guerre.

J'aime à penser que je ne suis plus l'âme perdue et emplie de désespoir qui avait trouvé un sens à ses ambitions au sein même de cette pièce. Erika m'a offert la possibilité de m'accrocher à quelque chose d'autre que la recherche de mes propres limites. Je ne suis désormais plus disposée à me jeter corps et âme dans cette lutte sans prendre garde à moi. Il y a quelqu'un qui tient à ma vie autant que je tiens à la sienne.

La jeune femme dégaina la lame cérémonielle qu'Anton lui avait offert de sa main valide et serra sa poignée.

Mais je ne veux pas que ces mots résonnent comme une quelconque félonie à tes oreilles. La simple présence de cette femme à mes côtés doit éveiller une grande méfiance chez toi, qui sait, peut être qu'elle est capable de faire changer ta fille ou pire, de la manipuler vers une éventuelle trahison.

Kydra posa la lame sur la table en fermant les yeux.

Et rien ne peut démentir ces pensées si ce n'est le temps et les actes. Si tu as besoin des ces deux éléments pour pouvoir de nouveau me faire pleinement confiance, je comprends. Nous prendrons nos distance jusqu'à ce que nous ayons fait nos preuves. Mais je refuse de te servir en voyant une lueur de méfiance dans ton regard.

La jeune femme lâcha la poignée de l'arme et se redressa.

Le choix est tien Anton Ardak, et quel qu'il soit, gardes à l'esprit que Kydra Lifith ne trouvera pas le repos tant que tes petites fesses ne seront pas confortablement installées sur le trône de Shoran.



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Ven 05 Mai 2017, 15:36


CES TÉNÈBRES QUI SONT NÔTRES


Les lèvres de Kydra sur les siennes avaient été un baume des plus revigorants suite à son acte d’humilité forcée. Elle avait offert sa vie au butarien, et son amante lui en avait rappelé la raison de la plus douce des façons. Oui, elle avait fait ce choix pour elle. Elle ne prit pas la peine de rendre ses menaces au butarien, bien qu’elle aurait pu lui répéter ses propres mots. Non, s’il venait à faire souffrir Kydra, elle préférait ne pas le prévenir de son courroux.

Elle fut surprise de la réaction de sa belle. Surprise et émue, bien qu’elle n’en laissa rien paraître afin de ne pas rendre la situation plus gênante encore pour elle. Alors qu’elle venait d’offrir sa vie au service de la cause que Kydra défendait, celle-ci déclaré à son père et maître, sa volonté nouvelle d’avoir une vie pour elle-même, une vie dont Erika serait l’un des éléments centraux. Elle avait envie de la serrer contre elle. Mais se contenta de s’avancer pour se tenir à ses côtés, là où était sa place.

Elle aurait bien rit au titre de pacificatrice, surtout au vu de leurs actes récents, mais sans en connaitre les origines, elle préféra éviter de se moquer. Surtout en comptant sur le fait que malgré son manque d’amabilité, Anton lui offrait honnêtement une chance de faire quelque chose d’utile pour Kydra. Avoir un but à atteindre, même au-delà de ses convictions, lui semblait bien plus attrayant que de tourner en rond sur la station, tel un fauve en cage.

De plus, elle pourrait veiller sur Kydra plus aisément. Elle fut surprise d’apprécier la sensation qu’elles commençaient enfin à bâtir le début d’une vie ensemble. Malgré la tension qu’elle ressentait à cet instant, l’idée qu’elles vivent la suite ensemble était un doux nectar dans son esprit. Elle repporta son regard sur Anton, affalé sur son trône. Un jour il dirigerait surement Oméga, il en avait la force, l’ego, et la volonté. Mais ses ambitions ne semblaient pas se limiter à cela, et c’est là selon elle que le bas blessé. Son regard semblait se porter au-delà des frontières de la station. Et les actes de Kydra sur la colonie de l’Alliance semblaient aller dans ce sens.

-Vous verrez bien vite que je serais une force aussi bien pour Kydra que pour vous. Sa fidélité et son efficacité n’auront pas à pâtir de ma présence.

Elle serra la main de Kydra qui venait de poser une épée dont la symbolique concernait visiblement le lien entre le père et sa fille. Elle sentait les efforts que cela lui avait couté de simplement la poser, dans l’attente du jugement d’Ardak.

-Aucun d’entre nous ne peux garantir l’avenir, ni prouvé ce que nous avançons. En attendant que le temps prouve nos dires. Pourrais-je en savoir un peu plus sur cette cause pour laquelle vous luttez, et que je viens de rejoindre.

Shoran est donc la personne à la tête d’Oméga ? Et vous deux, vous souhaitez l’évincer ? D’où l’attaque ?


Elle se souvenait parfaitement des corps et des insignes laissés volontairement sur la planète lors de leur fuite. Un piège tendu dans lequel l’Alliance tomberait probablement, et s’attaquerait à leur cible pour eux. Si elle ne décidait pas de vaporiser la station.

-Suis-je sur une fausse piste ?

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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Ven 05 Mai 2017, 17:20
Etrange, et légèrement malaisant. Bien sûr, Anton avait grandi dans un milieu conservateur, esclavagiste et profondément ancré dans la culture butarienne. Et sa première rencontre avec le monde humain ne l’avait pas aidé à s’épanouir dans l’ouverture d’esprit, après tous les humains d’Anhur avaient tendance à être extrêmement religieux et difficiles avec le changement.

Evidemment, les voyages galactiques, le métier de Chasseur de prime et d’assassin de la pègre avaient grandement aidé le butarien à découvrir un monde lui étant jusque-là inconnu. Il avait ainsi découvert des attachements que sa famille aurait hait, que sa nation aurait mis au ban voir réduit en esclavage. Mais qu’importe, car Anton n’avait pas hérité de cette pudibonderie familiale et se moquait des attachements de tout à chacun.

Enfin il était évident qu’il était toujours mal à l’aise devant de tels actes. Observer sa protégée embrasser goulument cette femme sans nom le laissait sans voix. Les voir se tenir la main, tout autant. Mais qu’importe après tout, le seigneur de guerre ne faisait pas partie de ces fanatiques de l’héritage d’un empire à une descendance. Aussi le temps de deux échanges finalement banals suffit pour qu’Anton accepte définitivement les amours de Kydra.

Après tout c’est ce qu’une personne aimant réellement ses enfants ferait.

Puis il y avait des choses plus importantes à traiter que la tendance sexuelle des deux humaines. Comme cette symbolique amusante du retour de couteau. Tribal, l’acte plaisait néanmoins énormément à Anton qui voyait là le miroir de sa propre mise en scène. Difficile pour quelqu’un d’aussi égocentrique que le seigneur de guerre des Pacificateurs de détester la chose après tout.

Aussi Anton attrapa le couteau de Kydra et l’observa quelques secondes, parfaitement silencieux, laissant dans le même temps l’inconnue reprendre la parole pour exprimer ses opinions. Un temps qui permit au butarien de prendre sa décision.

« Il n’est pas ici question de doute Kydra, ni même de confiance. Je t’ai choisi comme ma fille, pas par calcul, car sache qu’une humaine comme protégée m’apporte moins qu’il ne me coute. Je t’ai choisi parce que je ressens quelque chose en toi, une lueur qui a réussi à m’indiquer une route. Le rôle que j’ai choisi d’endosser pour toi, celui de père ne s’arrête pas aux histoires de confiance et de doute, c’est un chemin sans retour.

Maintenant tu es ma fille, tes actes parleront pour toi, les actes de ton amour aussi. Notre relation doit dépasser le stade de la remise en question, mon but n’est pas de te forger un avenir, pas plus qu’il est de te contrôler, mais je dois m’assurer de te protéger, y compris de toi-même. Sache Kydra … »


Court regard vers l’humaine sans nom.

« … Et cela vaut pour toi aussi, qu’à terme de mon plan de conquête d’Oméga, vous aurez à vous forger votre propre demeure. Car vous n’êtes pas destinées à rester éternellement dans mon ombre. »

La déclaration pouvait sonner comme un exil, et pouvait être interprétée comme tel, mais Anton n’avait ni l’envie ni l’intérêt de laisser un tel doute s’implanter dans l’esprit des deux humaines. Surtout dans celui de sa fille.

« Mais je vais mieux m’expliquer pour répondre à ta demande, humaine sans non. »

Un sourire amusé illumina les traits d’Anton qui tentait de faire comprendre à sa fille qu’elle trainait beaucoup trop pour présenter sa conjointe.

« Actuellement Oméga est divisée. Les trois Mercenaires règnent sur la station et se partagent une bonne partie du butin. Pour éviter les révoltes et les problèmes de gestion, ils ont découpé la station en cinq parties. Une pour chacun d’eux, une pour Shoran et une pour moi.

Shoran est l’image officielle d’Oméga, pour occuper les éventuels assassins, les tentatives de Putsch, etc, … . Toutefois tout pantin qu’elle soit, Shoran a les mêmes ambitions que moi et ses forces sont assez conséquentes pour rendre la partie plus que corsée.

Aussi je dois me préparer pour l’Apocalypse à venir, et pour ce faire j’ai besoin des meilleurs lieutenants qui existent. Kydra est actuellement la maîtresse des flottes, mais il y a bien d’autres postes, et l’économie des Pacificateurs est florissante. »


Puis Anton commença à faire tourner la lame qu’il avait récupérée entre ses mains, scrutant tour à tour les deux femmes.

« Ma cause est simple. Je veux faire d’Oméga une nation, avec des règles unifiées, un dictateur au sommet et une armée puissante. Une ambition classique mais comme me disait un ami très cher. Bis Repetita placent.

Toutefois, je souhaite faire de ma nation un reflet de pureté de ce qui vivote dans l’espace concilien. Il n’y aura pas cette faiblesse, ces castes politiques, ces abominations de républiques prétendument démocratiques. La règle sera ma voix, ma voie sera la règle.

Dura lex, sed lex. Ainsi nous formerons une société nouvelle, une dictature éclairée et militaire. Plus d’héritage filial, de valeur de naissance. Ce sera un monde modulé à mon image, selon ma vision. Une ode à ma personne. »


Un sourire carnassier fit son apparition et le couteau se figea, sa lame portée vers le haut.

« Projet mégalomaniaque s’il en est. Et ce que j’attends de vous, c’est de combattre à mes côtés, de saigner pour moi.

Lorsque ce projet sera terminé, par la victoire ou autre chose. Oméga changera, totalement. Et par amour pour ma fille, une impératrice en devenir, un joyau d’une valeur immense à mes yeux, Kydra ne méritera pas de croupir dans mon ombre.

Dès lors, le projet n’en sera qu’à ses débuts. Nous bâtirons un empire pour toi, sûrement pour vous deux. Et alors je combattrai pour vous, je saignerai pour vous. »


Le sourire joyeux réapparut aussitôt.

« A moins que nous mourrions tous trois, mais après tout le mort ne peut se plaindre de ce qu’il n’a pas eu. Ou à moins que vivre dans le rêve d’un autre vous satisfasse complètement. Auquel cas, deux reines pourront vivre sur mes terres. »

Anton jeta alors sans prévenir le couteau sur la table, et ce dernier glissa jusqu’au bord, manqua de peu de tomber.

« Ma fille n’aura jamais à se démunir de sa lame. Ce n’était pas un cadeau que l’on peut reprendre. Désormais tu as accepté un lien qui transcende le sang, assume tes décisions jusqu’au bout. »

Puis le seigneur de guerre se leva et marcha jusqu’à sa protégée. S’arrêtant juste à ses côtés, le butarien posa une main sur la tête de l’humaine si faible et lui caressa fugacement les cheveux.

« Tu fais ma fierté Ky. Alors essaye de ne pas rejetter pas aussi aisément l’amour d’autrui. Tu dois encore apprendre que l’amour n’est pas exclusif, et que la famille peut cohabiter avec le reste. Ton humaine sera pour moi une fille si c’est ce que tu désires. »

Regard amusé vers cette dernière.

« Tout du moins si l’idée de suivre un dictateur n’effraie pas notre ancienne gardienne de la démocratie. »

La pique était ironique mais dépourvue de méchanceté, Anton ayant déjà décidé d’oublier ce passé trouble. Après tout, tout le monde n’a pas la chance d’une belle fille de bonne fréquentation …

A cette idée, un vraie rire jailli de la gorge du seigneur de guerre. Court mais salvateur, ce rire allait sûrement étonner les deux humaines mais qu’importe, s’imaginer un seigneur de guerre outré des mauvaises fréquentations de sa fille pirate s’amusant à sortir avec une militaire, était après tout réellement drôle. Qu’importe les incompréhensions parfois.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Lun 08 Mai 2017, 03:22


Tout était dit, plus que tout même. La réaction d'Anton avait été bien différente de ce à quoi Kydra s'était attendue. Elle avait craint le seigneur de guerre, le butarien ambitieux et implacable, mais elle avait eu la réaction d'un père, d'un butarien attaché à elle et à son avenir. Et il ne concevait pas un seul instant cet avenir sans la merveille rousse à ses côtés. Aurait elle pu croire que cet instant se déroulerait aussi parfaitement ? Sans doute pas. D'autant plus qu'il faisait clairement comprendre sa vision du futur, plaçant Kydra a un sommet dont elle n'était désormais plus certaine de pouvoir supporter le poids.

Le lien du sang, une sensation qu'elle avait complètement oubliée, ses parents morts et son frère hors de vue, Kydra avait du apprendre à grandir sans le soutien d'une famille et en oubliant ces liens qui pouvait en unir ses membres. Mais en contemplant le butarien aujourd'hui, elle comprenait à nouveau ce que faire partie d'une famille signifiait. Qui aurait pu le prédire ? Un meurtre de routine sur la station l'avait conduit à le rencontrer, et elle avait choisit de parier sur ses ambitions, lui parmi tous les autres.

Elle avait longtemps douté oui, douté de ses réelles capacités, ou de la véracité de ces merveilleux propos qu'il aimait tant à lui sortir. Mais le temps avait transformé imperceptiblement ce lien purement professionnel en quelque chose de plus fort, un lien dont la nature ressortait dans toute sa splendeur en cet instant. Un seigneur de guerre éprouvant de l'affection pour une jeune subordonnée ? Inhabituel ? Malsain ? Sans doute oui, ce lien pouvait il paraître ainsi pour la populace grasse et ignorante qui peuplait cette galaxie. Mais elle s'en fichait royalement, ses émotions étaient la seule vérité qu'elle acceptait.

Avec un gloussement, la jeune femme se rendit compte que la même chose s'était produite concernant Erika. Là où le seigneur de guerre avait offert une nouvelle chance à une âme brisée, l'officier de l'alliance avait été un modèle et un guide pour une jeune femme tout juste sortie de ses études qui se découvrait petit à petit. Erika lui avait non seulement implanté en tête son idéal de guerrière mais elle avait également été son premier véritable amour, faisant s'éveiller chez elle sa passion pour les femmes.

Deux êtres qui l'avait construit et qui en ce jour alors qu'elle avait frôlé un nombre incalculable de fois les abysses de la folie, là où toute rédemption devenait impossible, était réunis face à elle, montrant chacun ouvertement l'affection qu'ils éprouvaient à son égard. Elle avait essayé de nombreuses fois de se suicider, en proie à des crises de panique, prête à tout pour échapper à cette douleur qui la rongeait de l'intérieur. Mais elle n'avait jamais abouti, son instinct, lui hurlant de ne jamais aller jusqu'au bout. Et elle s'était haïe pour cela, un monstre incapable de trouver le courage de mettre fin à sa propre vie. Mais grâce à Anton et Erika elle avait trouvé la voie de la rédemption, la parcourant pour s'ouvrir timidement à la lumière.

Une larme s'écoula sur l'une de ses joues et la jeune femme la chassa immédiatement.

Anton s'était mis à rire, ni froidement, ni méchamment, c'était un rire naturel qui lui était venu, chose rare à observer de sa part. Kydra attrapa la lame et la rengaina dans son fourreau.

Je ne le rejette pas Anton, je ne le rejette plus, j'ai appris à ne plus faire cette erreur. J'assumerai le choix que j'ai fait, où qu'il puisse me mener. Mais en tout cas, je sais qu'on y sera à trois.

Elle bougea sa jambe pour la première fois depuis plusieurs minutes et un éclair de douleur la traversa. Son genou se bloqua et elle perdit l'équilibre, tombant à la renverse. La jeune femme tenta de se retenir à quelque chose de sa main valide et elle ne rencontra que le bureau, forçant de tout son possible sur son bras. Elle ne put s'empêcher de chuter mais parvint à en contrôler l'angle, tombant ainsi sur ses fesses.

Rouge de honte, elle tendit son bras devant elle avant que l'un des deux ne vienne l'aider.

Non !

Sa main retrouva une prise solide sur le bureau et elle tenta de se hisser avec une grimace. Au delà de la fierté, il s'agissait surtout d'une question d'honneur. Ses blessures étaient une douleur qu'elle et elle seule devait combattre. Elle l'avait toujours fait, et elle continuerait de le faire par honneur pour ceux qui étaient tombés. Ses adversaires avaient péris, laissant à jamais leur marques sur son corps. Leur imprégnation était douloureuse mais nécessaire et Kydra devait vivre fièrement avec cette souffrance. Ces marques, autant physiques que mentales, représentaient son histoire.

Le sourire narquois de l'homme qui l'avait violée et qui s'apprêtait à faire de même avec sa mère.

Le flot d'insultes de la pirate asari qu'elle avait du traquer jusque dans la Travée.

L'air supérieur de ses deux propriétaires lorsqu'elle était esclave.

Le grognement provocateur du champion de la fosse qui résonnait dans l'arène.

Le regard furieux et déterminé de Rhys lorsqu'il essayait de lui broyer la gorge.

Le rire moqueur de Jikew après que son tir l'ait faite chuter de plusieurs étages.

Les yeux froids et inexpressifs de la probatrice fixant la terroriste ensanglantée à ses pieds.

La probatrice respirait toujours d'ailleurs, et sans doute allait elle frapper un jour dans l'espoir de retirer tout ce bonheur que Kydra venait récemment de retrouver. Hors de question. Cette pensée redonna un regain d'énergie à la jeune femme qui se redressa totalement. Elle reprit son souffle un instant avant de se caler le long du bureau s'asseyant par dessus pour se reposer. Elle reprit alors comme si de rien n'était.

Je ne pense pas me tromper en affirmant que les deux êtres qui me sont les plus chers sont rassemblés ici, dans cette pièce. Et puis ce que tu sembles si ouvert en ce qui concerne Erika, Anton, pourquoi ne pas essayer de mieux la connaître ? C'est une petite merveille tu verras. Par contre chérie, je ne te garantis pas qu'Anton sera aussi fascinant à découvrir... Du moins, pas tant que tu n'auras pas passé toutes les couches de propagande avant.

Elle gloussa un instant avant d’enchaîner sur une nouvelle grimace.

Mais quoi que vous décidiez de faire, j'espère que ça ne demandera pas de beaucoup marcher.



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Lun 08 Mai 2017, 13:34


CES TÉNÈBRES QUI SONT NÔTRES


-Les dictateurs sont plus courant que les soldats dans l’Alliance.

Son sourire accompagna le rire étrange d’Anton, cette rencontre se passait visiblement plutôt bien. Même Kydra semblait surprise du manque d’hostilité de la situation. Alors certes on ne pouvait pas tout à fait parler d’entente amicale, mais toute de même, il y avait au moins une entente.

Alors qu’elle allait reprendre la parole, Kydra chuta. Le cœur d’Erika fit un bond, et elle voulut se précipiter à son coté, mais son geste autant que son ton la stoppèrent dans son élan. Elle la regarda lutter pour se redresser, les poings si serrés qu’elle sentit un de ses ongles mordre sa chair. Ce qu’elle pouvait être butée !

Elle se sentait en colère, en colère contre elle-même, de n’avoir pas réussi à pénétrer cette barrière, cette armure de solitude dont Kydra s’était entourée. Elle avait beau se montrer présente à chaque instant, toujours cette limite s’avérait infranchissable, et elle devait regarder celle qu’elle aimait souffrir et se punir pour une raison qui lui échappait. La déesse d’Oméga combattait seule.

Erika sentit un froid mordant lui croquer le cœur, mais elle encaissa cette douleur encore inconnue pour elle. Ni Anton, ni Kydra n’étaient apte à la comprendre à cet instant, elle attendit patiemment que sa belle se redresse, son regard s’assurant que la chute n’avait pas causé de dégâts sur ses blessures en pleine cicatrisation. Une fois debout elle reprit la parole comme si rien ne s’était passé. Le pic de glace s’enfonça de quelques millimètres de plus. Mais elle renchérit par-dessus Kydra.

-Un repas peut être ? Je sais que c’est cliché, mais je crois qu’à cette heure, aucun de nous n’a mangé.

Elle fixa Anton, tout en s’approchant de Kydra d’un pas, pour prévenir toute nouvelle chute.

-Même un roi en devenir doit se nourrir non ? Nous pourrons discuter, et Kydra reprendra quelques forces une fois installée.

Après quelques échanges supplémentaires, il fut donc convenu qu’ils partageraient la même table. Heureusement, celle si n’était pas si loin. Une immense table correspondant parfaitement à l’homme s’asseyant sur un trône. De nombreuses chaises permettant presque un banquet, mais dont ils n’occupaient que les trois du fond, Anton en maître de table, Kydra a sa droite, et Erika juste à côté d’elle. Elle aurait pu s’asseoir en face pour simplifier les échanges, mais elle refusait de s’éloigner de Kydra, même si elle refusait son soutien.

Les premières victuailles arrivaient doucement, et Erika découvrit qu’elle avait faim en réalité, le stress de la rencontre avait sans doute fait taire son estomac, mais une fois installée, et dans une ambiance quelque peu plus détendue, il s’était réveillé. Elle s’inclina vers Anton.

-Alors, si j’avais le droit à un de ces petits discours plein de propagande que m’a promis Kydra. Qui est Anton Ardak ?


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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mar 09 Mai 2017, 18:55
Anton était perplexe.

Un changement majeur était survenu chez Kydra, et si le fait qu’il fut hautement positif pour l’humaine était impossible à nier, le seigneur de guerre n’en pensait néanmoins pas moins qu’il était à la fois important et gênant. Désormais il allait être plus difficile de mener Kydra dans des missions extrêmement risquées, car elle n’était plus la seule voix dans sa vie, mais aussi parce qu’Anton allait avoir plus de remord à risquer sa vie.

Mais qu’importe, maintenant la protégée du butarien commençait à se bâtir plus sainement, et c’était désormais le rôle du protecteur que de s’assurer que cette construction se fasse correctement. Ne restait plus qu’à espérer que sa compagne en pense de même, ou ne devienne pas un boulet émotionnel. Le pire restait toutefois que l’humaine craque et tente naïvement de revenir à son ancienne vie. Sur ce point néanmoins, Kydra avait joué d’une main de maître en poussant sa bien-aimée à rompre le cordon de son ancienne vie par la violence et le sang.

Difficile de frapper à la porte de son ancienne maison lorsqu’on a les mains pleines du sang du voisinage.
Puis soudain, Kydra s’effondra au sol après avoir surestimé ses propres forces. Devant un spectacle aussi pitoyable, Anton ne bougea pas d’un centimètre, attendant de voir la réaction de sa protégée, et cette dernière parvint à rester digne même dans la faiblesse. Indiquant son refus de toute aide, l’humaine se remis par elle-même sur ses pieds, comblant son père de substitution de fierté. Toutefois un regard vers la prénommée Erika suffit à assombrir immédiatement l’esprit du butarien.

Cette dernière semblait si inquiète que cela en devenait risible, l’amour n’est pas une interdépendance pathétique mais un soutien de tout instant à ce que chaque partie se surpasse. Ici se ronger les sangs pour une chute bénigne était au mieux ridicule au pire handicapant pour la suite. Puis sans prévenir, les pensées du seigneur de guerre se radoucirent. Lui aussi avait été amoureux, elles n’étaient qu’au départ de leur relation, la partie ou l’intelligence et la compréhension ne sont qu’une lointaine amie qui ne vous rend que rarement visite.

« Si je me clamais roi ma chère Erika, alors je pourrais répondre à une telle question. »
Petit sourire taquin de la part d’Anton en direction d’Erika après que les deux femmes aient détourné leur attention sur le colosse butarien en attente de son accord pour la proposition de repas.

« Toutefois un repas me semble une excellente idée, allons y avant que Kydra ne se mette en tête servir une nouvelle fois de serpillière. »

L’esprit à nouveau joyeux, le seigneur de guerre décida de conserver sa bonne humeur en lâchant çà et là quelques petites phrases taquines ou ironiques, jusqu’au moment du repas ou Erika décida de poser une question assez amusante. Ainsi Kydra avait cette vision des discours de son père.

« Kydra promet donc mes discours de propagande. Amusante perspective. Ma chère fille considère donc mes discours comme un divertissement ? »

Le regard d’Anton était à mi-chemin de l’ironique et du curieux, mais il n’attendait pas vraiment une réponse de la part de sa Kydra, aussi tourna-t-il à nouveau son intérêt vers celle qui l’avait comparé à une putain d’un quelconque média concilien.

« Qui suis-je. La réponse est d’une telle simplicité et complexité entremêlées que je ne sais pas réellement par quel bout la prendre. Que veux-tu ? Le soldat, l’assassin, le chasseur de prime, le ravageur, le Pacificateur, le mercenaire, le diplomate, le seigneur de guerre, je suis tout cela en même temps, et à la fois séparément. »

Pensif, Anton caressa son menton tout en fronçant ses arcades sourcilières.

« Je dois donc réfléchir à un discours plein d’idéologie, d’une longueur à même de faire pâlir d’envie un théâtre elcor. Par chance je suis plutôt bon pour improviser, allons donc observer les méandres de mon esprit. »

Le butarien scruta tour à tour les deux femmes à sa table et lâcha un grand sourire sardonique.

« Ne venez toutefois pas vous plaindre par la suite. »

Puis il avala une longue gorgée d’Edgaarden, déchiqueta un morceau de viande, fixa son regard sur les deux infortunées spectatrices en même temps, et débuta son discours improvisé.

« Déjà, il faut savoir que je suis à votre image à toutes deux. Je ne suis pas né dans les Terminus, je n’ai pas grandi dans la haine du Conseil, et surprise pas même dans la haine de l’espèce humaine. Je suis né sur le seul monde butaro-humain de la galaxie. J’ai été pendant les vingt première de ma vie un parfait citoyen, dans la parfaite vie.

Ecole militaire pour officiers, histoire d’amour, amitié et autres habitudes de ces vies-là, Mon premier amour a d’ailleurs été une humaine, Anna, mais qu’importe. Lorsque mon monde fut ravagé par la guerre civile, le jeune officier que j’étais, fraichement promu, entra dans le conflit avec une grande fierté. J’ai tué mes premières personnes d’ailleurs, j’ai aussi connu la douleur de tout perdre. Mon frère ainé est mort, une grande partie de ma famille aussi. Mon père et ma mère sont devenus des junkies sans intérêt.

La guerre fut perdue, et j’ai croupi une année complète dans une prison sordide ou j’ai dû apprendre à être cruel, à me faire obéir. L’inverse aurait fait de moi un cadavre, ou pire encore. »


Le discours fut entrecoupé d’une lampée d’Edgaarden.

« Revenu chez moi, je suis devenu un animal que l’on présentait à chaque discours, à chaque apparition publique d’un politicien influent. J’étais le parfait représentant du fils prodige qui rentre à la maison. Promu colonel, j’étais la bête de foire. Je devais me marier à la fille d’un général, devenir le symbole de ma nation brisée.

Mais j’ai fui. »


Sourire taquin en direction d’Erika.

« J’ai rejoint le monde décharge de Korlus, ou j’ai manqué de mourir un nombre incalculable de fois. J’ai connu la faim, la soif, j’ai été torturé, et j’ai appris à aimer ôter la vie à mes ennemis. J’y ai connu mon deuxième grand amour, j’ai appris le code d’honneur mafieux, la violence sans logique. Je suis devenu ce jour-là un butarien nouveau.

Puis l’attrait du changement, l’envie d’explorer la galaxie m’a à nouveau envahi et j’ai quitté sans un regard Korlus. Je suis devenu chasseur de prime. D’abord sanglant et anarchique, puis mes compétences ont attiré l’attention d’une guilde ou j’ai appris à me pondérer et je suis devenu un chasseur de prime très prisé, ma côté est montée très haut. Pour l’anecdote j’ai même combattu pour le gouvernement Volus, et j’ai d’ailleurs eu l’occasion de combattre côté à côte avec un général turien.

C’était une période glorieuse, j’ai touché une vraie fortune. J’aurais pu prendre une retraite dorée à la maison et disparaitre de toute cette merde galactique. Mais tu l’as deviné, je suis un grand mégalomane. Tu devrais voir les statuts de moi que je fais construire sur la station, je rigole toujours en les regardant. »


Un sourire amusé conquit les traits du butarien habituellement austère.

« Aussi j’ai décidé de faire comme toutes les bonnes poires des Terminus, j’ai rejoint Oméga. Le reste est assez classique, j’ai combattu Cerberus lors de la Grande Guerre, de vraie salopard ceux-là d’ailleurs. Je me suis fait un ami, un frère à mes yeux, et il a été trahi et assassiné par son bras droit, cette sacrée garce de Shoran.

Du coup j’ai fait ce que j’avais à faire. J’ai rejoint l’armée de Shoran, je suis rapidement monté en grade et j’ai pris le commandement des forces d’élite de sa petite armée. J’ai méthodiquement retourné ses meilleurs éléments contre elle, me permettant de recruter petit à petit des éléments fidèles à ma personne dans différentes branches des Ravageurs.

Puis la guerre ouverte, et nous sommes désormais là. »


Scrutant maintenant un morceau de viande, Anton se rappela soudain qu’il devait normalement faire un discours de propagande.

« Hum je me rends compte qu’il n’y a pas vraiment d’éléments de propagande classique. Mais contrairement à ce qu’aime clamer la tendre Kydra. Je n’accroche pas tant d’intérêt à l’enjolivement, ou la vantardise. Je dis ce que je pense, si les autres voient cela comme de la propagande, qu’il en soit ainsi.

Ainsi est Anton Ardak. Un butarien qui tente de modeler le monde à son image, qui estime, à tort ou à raison, que son image est une chose à même de fonder un endroit qui le satisfera enfin. Je ne cherche pas à bâtir un empire héréditaire, une monarchie consanguine vouée à s’effondrer sur elle-même. Non je cherche à construire quelque chose qui transforme cette galaxie anémique en quelque chose capable de rassasier le prédateur que je suis.

Ceux qui prendront le flambeau derrière moi devront user de leur propre force pour prendre le contrôle. Si mes successeurs s’en trouvent dignes, un empire millénaire prendra vie, sinon l’étincelle de grandeur s’éteindra comme toutes les autres, ramenant les ténèbres qui sont nôtres comme seule maîtresse.

Je suis une flamme solitaire, et je veux bâtir un immense bucher pour éclairer tout ce qui m’entoure. Je ne crèverai pas dans le noir, je ne crèverai pas à genou, je refuse pareil destin. A vous deux de choisir si vous désirez prendre une autre voie, si vous désirez faire ce choix que je n’ai pas fait. Prendre une retraite loin de tout, vieillir toutes les deux apprendre à sortir de la violence. J’assurerais ton confort financier Kydra.

Si vous désirez vous éloigner des rêves mégalomaniaques, mener une vie simple. Je peux faire de vous de vrais chasseurs de prime. Kydra tu as les compétences pour une telle vie. Si vous désirez, le vaisseau est à toi Kydra, partez écumer l’Espace comme pirates.

Mais si vraiment vous désirez bâtir quelque chose. Si vous comprenez ma vision, si l’idée de combattre aux côtés d’un dictateur psychopathe n’est pas au-dessus de vos forces. Ou tout simplement pour le plaisir de dire, j’y étais. Alors je pense que vous pourrez pleinement comprendre qui est Anton Ardak, et surtout ce qu’il peut faire. »


Puis Anton, envoya sans prévenir, voltiger son bout de viande droit dans la bouille surprise de Kydra.

« Ce discours était suffisamment propagandiste ma belle. »

Puis le seigneur de guerre mis un autre morceau de viande dans sa bouche et mâchonna lentement en observant son projectile terminer sa course sur les genoux de sa protégée.


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mar 09 Mai 2017, 21:30







Je sais que tu peux y arriver !

Sérieux kyre! C'est trop hasardeux!

Mais non mais non ! C'est la qu'elle est géniale mon idée ! Hein MiyuMiyu ?!

Franchement....

Voila !

ELLE A PAS REPONDU !!!!


Le Krogan courrait à toute vitesse dans des couloirs étroits dans lesquels rebondissait les balles sur les murs tout juste après qu'ils soit passé, dans son élan il piétina un Vortcha tentant de l'arrêter dans sa course folle et passa au travers d'une paroi en matériaux recyclés en faisant attention de protéger un paquet de bonne taille dans ses gros bras. De son côté Kyre adossée contre un mur dans une rue remuait les épaules et dodelinait de la tête au rythme de sa musique préférée dans ce genre de moments.


Ah ! Tu y est presque ils sont tous à tes trousses ! plus qu'un petit virage à droite ! Ah Oops ! à Gauche !


Le Krogan avait rebondis contre le mur de droite pour se jeter à gauche à toute allure en tenant le paquet à bout de bras tandis qu'une horde de vortchas se bousculaient les uns les autres pour être celui qui toucherais le Krogan avec son arme.


P'tain Kyre !! Ca vas foirer j'le sens !!

Mais non ! Mais non ! Vas-y SAUTE !! Haha.. Yollo

REUUAAARGH


Le Krogan, comme un boulet de canon se jeta de toutes ses forces à travers la baie vitrée qui explosa en milliers de morceaux sous le choc de la bestiole d'une demi tonne. Dans le même mouvement il jeta le paquet dans la salle de laquelle il venait tout juste de s'auto expulser. Le paquet finit sa course dans la figure du premier vortcha de la horde maintenant entièrement rassemblée dans la pièce, c'est à ce moment la qu'un "BANG" tonitruant résonna à une cinquantaine de mètres, Miyuki avait fait feu. Le cadeau explosa sous l'impact de la balle tout juste tirée et la déflagration fut telle qu'elle balaya presque la totalité de l'étage. Dans le même temps Kyre qui attendait sagement en bas de la rue rattrapa le Krogan à l'aide de sa biotique à tout juste un mètre du sol.


Eh Bah voila ! Tu vois qu'elle était géniale mon idée !

Pourquoi s'être donné tant de mal pour les rassembler si la bombe était suffisante pour détruire l'étage dans sa totalité ?

Pour être sûre.. Et parceque j'aime bien. Ahhh ça faisait longtemps ! J'vous paie le resto on est dans la bonne rue, j'ai faim, j'ai la patate et j'ai un autre cadeau à faire.


Alors que Karrlog préféra rentrer chez lui se reposer, Miyuki elle suivit Kyreshorl jusque chez Anton, l'asari pétait la forme cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait rien fait sauter et cette bande de nuisible l'avait trop cherché. C'est la qu'elle aperçut le trio bien installés dans un coin, les deux femmes subissant le discourt du Mégalotonton ! Aussi elle approcha, Miyuki dans son ombre, Kyre levait les yeux en l'air à l'entente des paroles du Butarien. C'est lorsqu'il eut finit qu'enfin elle posa ses mains sur les joues du butarien pour les pincer.


Je suis vraiment frustrée que tu omet constamment de parler de celle qui est à tes côtés depuis tout ce temps sans qui tout n'aurait pas été aussi fun Anton ! Aurais-tu honte que cette femme soit une Asari ? mhhh ? Faut-il un Tango pour que tu parle de moi... Beau Papa ?


Kyreshorl affichait un large sourire en coin, tel une pointe, amusée, elle relâcha les joues de son ami et se tourna vers Kydra, changeant complètement de sujet.


J'ai un petit cadeau pour toi, depuis la victoire, mais c'est le genre de cadeau qui mérite d'être choisis avec patience, je pense qu'il te permettra de vivre une convalescence plus.. Amusante. Kyreshorl se décala d'un pas pour dévoiler Miyuki qui porte dans ses bras un Petit Varren habillé d'un harnais et d'une laisse. Miyu vint le déposer sur les genoux de l'intéressée tandis que la bestiole fit festin du morceau de viande traînant sur les genoux.


Bien sur ce j'embête pas plus la petite famille, Je dois nourrir la mienne sinon elle vas manger mon cannap' ! AH oui.. C'est un pur sang biotique ! Bisous ! Dit-elle voyant ses mains être repoussées alors qu'elle avait attrapé les cheveux de Miyuki pour en faire deux couettes sur les côtés. Elle attrapa Miyu et l’entraîna vers la sortie.



J'ai envie de Ramen.. Tu m'fais des Ramen ?!





.. Non.
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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Jeu 11 Mai 2017, 23:35


Unique, cette conversation l'était réellement. A vrai dire, elle s'était rendue compte en écoutant Anton qu'elle ne l'avait jamais vu s'ouvrir à ce point. Oui elle connaissait une partie de son passé, mais elle n’avait jamais vu le récit dans son intégralité franchir les lèvres du butarien lui même. Il n'y avait pas d'embellissement pas même la moindre trace de mélancolie ou d’ego mal placé. Un passé, simple, véritable, narrant les origines de ce qui avait construit petit à petit le seigneur de guerre qu'il était devenu.

Mais ce qui frappa le plus Kydra fut la similitude de certains aspects de son passé avec le sien. Non pas motivés par la même ambition ou les mêmes enjeux, mais par la même détermination, fuyant et reconstruisant. D'une certaine façon, le parcours d'Anton était exactement ce que la jeune soldate pleine de rêves et d'idéaux avait voulu accomplir, mais elle avait échoué là où le butarien avait vaincu. En résultait un seigneur de guerre et une femme brisée, que le destin s'était amusé à réunir.

Un pionnier, un précurseur, il souhaitait être l’instigateur d'un nouvel empire, d'une nouvelle ère. Kydra appréciait l'entendre ainsi, car elle n'avait jamais connu son avis sur ce qu'il construisait et sur l'avenir qu'il en envisageait après sa mort. Mais il y avait une chose qu'Anton avait du mal à se rentrer dans le crâne et elle le comprit à la fin de son discours.

Kydra s'éloigna donc un instant de son repas qu'elle avait sauvagement attaqué pour voir le morceau que son père venait de lui lancer s'écraser sur ses jambes. Elle prit la parole en fixant son regard sur le morceau en question.

Je suis surprise que tu ne le saches toujours pas Anton, mais il me semble qu'une certaine humaine t'avais juré fidélité absolue jusqu'à l'accomplissement de tes ambitions je me trompe ? Et tu devrais également savoir qu’elle n’est pas du genre à abandonner ou à revenir sur ses engagements.

Ses yeux verts se levèrent alors vers Anton.

Tu m’as habituée à discours plus rêveurs que cela père, mais je suis heureuse que tu te sois rattrapé sur la fin.

Un sourire sincère éclaira son visage.

J’adore te voir t’ouvrir ainsi, laisser apparaitre une fraction de la personne qui se cache derrière le seigneur de guerre, et j'aime à penser qu'il s'agit également d'une preuve que tu apprécies la présence d'Erika à mes côtés.

La main droite de Kydra vint trouver celle de sa chérie sous la table et la serra.

Je n'aurais pas pu rêver meilleur rétablissement sur Oméga.

La scène fut cependant interrompue par l'arrivée d'une Kyre pleine d'énergie tirant sur les joues du butarien. Il était vrai qu'elle avait joué un rôle majeur dans la station et dans l'obtention du statut actuel d'Anton. Mais Kydra ne se basait toujours que sur des suppositions en ce qui la concernait, elle ignorait la nature et la puissance du lien qui unissait réellement ces deux êtres.

Kyre semblait en tout cas être venue pour lui remettre ce cadeau qu'elle lui avait promis lors de l'inauguration. Une éternité, la jeune femme avait l'impression que cet événement remontait à des années, tellement de choses avaient changés pour elle en si peu de temps. Kydra s'en rappelait parfaitement maintenant, cet instant où elle avait annoncé à Kyre et Anton qu'elle ne pensait pas revenir de sa mission, peur qui s'était amplifiée jusqu'à l'instant fatidique. Mais comment aurait elle pu prévoir un seul instant à l'époque qu'elle retrouverait la seule femme qu'elle ait jamais vraiment aimée ?

Il existait sans doute quelque part une Kydra morte, ayant affrontée seule l'adversité jusqu'à ses derniers instants sans avoir eu la chance d'entrevoir la moindre lueur de rédemption. Les yeux vitreux, le corps raide, recroquevillée sur l'herbe ensanglantée de Fehl Prime, âme dont les ambitions avaient finalement réussi à lui faire rencontrer son destin inéluctable. Mais dans cette version de la réalité, une main s'était glissée contre la sienne et l'avait tirée hors de l'eau pour lui faire parcourir un nouveau sentier à ses côtés. Et chaque seconde de solitude et de souffrance qu'elle avait dû encaisser valaient la simple existence de cette possibilité. Au travers du temps ou même de la réalité, Erika était l'être qui lui était nécessaire pour qu’elle soit complète, pour qu'elle puisse vivre, un ange descendu des cieux, son âme sœur, tout simplement.

Kydra sortit de ses pensées lorsqu'elle aperçut Miyuki s'approchant d'elle, déposant un petit varren sur ses jambes. La bestiole happa goulûment le morceau de viande qui s'y trouvait encore. Kyre fit donc ses adieux au trio tandis que les yeux de Kydra commençaient à devenir ronds en fixant la petite bête sur ses jambes. La jeune femme passa une main délicatement sous le bébé varren pour le soulever et le déposer sur le plateau où il commença à faire un festin. Kydra approcha un doigt et le passa doucement sur sa crête, la bestiole leva ses yeux vers elle avec un piaillement.

La jeune femme tourna alors immédiatement sa tête vers Erika.

On peut le garder chériiiiiiie ?

Elle avait commencé à sautiller sur sa chaise mais la douleur la rappela à l'ordre.

Je vais l'élever correctement c'est promis ! Je veux le garder ! S'il te plaiiiit !



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Dim 14 Mai 2017, 18:00


CES TÉNÈBRES QUI SONT NÔTRES


Un sourire étirait les traits d’Erika. Elle avait écouté patiemment le monologue qu’elle avait elle-même demandé, et apprécia la sincérité relative qu’elle percevait dans celui-ci. Il avait beau affirmé le contraire, c’était bien là de la propagande, et parfaitement huilée, presque convaincante. Elle devait s’avoué que pendant un instant le rêve d’Anton Ardak avait profondément fait écho au sien, à un tel point que la frontière entre les deux s’était floutée l’espace d’un clignement.

Anton était un tueur, et un leader, un homme qu’elle aurait sans doute suivit aveuglément au sein de l’Alliance. Mais qu’en était-il à présent ? Loin de tout ce qu’elle avait connu, ses rêves n’avaient jamais été aussi proche de sombrer dans les abîmes. Pouvait-elle suivre un butarien menaçant l’existence même de ce pourquoi elle avait combattu ? Pouvait-elle à travers lui atteindre ce qu’elle avait voulu, la main de Kydra dans la sienne, et un monde nouveau à parcourir ? Il ferait de grand de chose, c’était certain.

Mais ce bûcher qu’il voulait allumer, cette lumière qu’il pensait fournir au reste de la galaxie. Combien s’en déclarerait légitime héritier après sa mort ? Combien de guerre allait-il falloir pour définir celui qui reprendrait le flambeau. Il avait la vision d’un homme pactisant avec la mort et la violence, les œillères formées par un chemin sanglant. Une vision qu’elle partageait bien trop souvent. Les personnes comme Anton et elle pouvait changer le monde, mais ne devaient surtout pas le guider.
Elle fixa Kydra qui avait glissé sa main dans la sienne. Elle se demanda si elle lui pardonnerait.

C’est à cet instant qu’une intruse s’invita au repas. Son intervention fut si brève et excitée, qu’Erika se demanda si elle avait bien existée. Mais la présence de la minuscule créature sur les jambes de sa compagne rendait la chose inévitable. L’animal dévorait à présent une bonne partie de leurs plats, l’obligeant à écarter son assiette pour espérer en manger une partie.

Voir ainsi Kydra au comble de la joie fit totalement oublié ses réflexions à l’ex-militaire. C’était ça qu’elle voulait voir, en permanence. Elle rit à sa demande, d’un rire franc et sincère, et particulièrement amusé.

-D’accord, mais j’ai un droit de veto sur le nom ! Je te connais, il aurait un patronyme bizarre si je te laissais choisir seule !

Une de ses mains vint caresser le dos de Kydra alors que l’autre rejoignait la sienne sur la créature qui faisaient une série de petit bruit étrange en ses contorsionnant d’aise sous leurs doigts. C’était plus mignon qu’elle n’aurait cru un bébé varren. Leur budget viande allait exploser.

Elle reporta son attention sur Anton Ardak. Lui et son étrange ami asari, sans parler de Kydra, étaient de sacré personnages, il fallait l’admettre. Et à présent elle était dans le même bateau qu’eux. Peut-être qu’un jour elles décideraient ensemble d’abandonner cette vie, mais en attendant, elle aiderait à tenir la barre pour que leur navire avance dans la bonne direction.

-Tu es une personne intéressante Anton Ardak, je dois bien l’admettre. Je ne peux pas te dire que je crois en ton rêve, ce serait un mensonge. Mais je crois au changement. Et je suis curieuse de voir celui que tu apporteras.

Elle attrapa son verre vivement alors que la queue du petit animal ne le renverse, et en but une ample gorgée.

-Alors, détruisons et bâtissons. Voir de quoi son capable nos mains.

Elle leva son verre pour saluer le butarien. Elle avait pris une décision.

Feat. Kydra et Anton



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Lun 15 Mai 2017, 20:42
Anton observait d’un regard vide les deux humaines se trouvant à sa table.

Le passage de Kyre avait été extrêmement rapide, presque trop, et désormais un varren trônait sur les genoux de Kydra, boulottant avec appétit le morceau de viande que le seigneur de guerre butarien avait expédié sur un coup de tête à la face de sa protégée. Toutefois, la réaction extrêmement décevante de Kydra avait douché la bonne humeur apparente d’Anton.

Surtout après une si belle tirade de sa fille, observer les deux humaines se lancer dans des mimiques pathétiques de couples décérébrés termina d’achever sans pitié la bonhomie du butarien. Heureusement, Anton parvint à bloquer toute moue de dégoût qui aurait pu transparaître. Toutefois, profitant de l’inattention temporaire de ses deux invitées, le seigneur de guerre convoqua deux de ses superviseurs pour une réunion rapide.

Puis, à peine eu-t-il y terminé d’expédier la convocation, qu’Erika décida de reprendre la parole.
Scrutant quelques secondes, sans le moindre sentiment sa « belle-fille », l’ancien chasseur de prime réfléchissait en réalité à sa réponse. Puis il décida de revenir au préalable sur les réponses de Kydra.

« Ma chère Kydra, je suis heureux que tu choisisses de préserver ta parole, mais tu dois aussi savoir que dans ta vie tu émettras de nombreuses promesses. A Erika, à moi, à ton vaisseau, tes amis, tes ennemis. Et parfois, ces dernières seront opposées. C’est ainsi. Ne sois jamais si catégorique sur tes positions, car tu ne sais pas ce que tes choix vont t’amener à faire.

Peut-être que le refus de croire en ma vision, va mener Erika et moi vers la division. Alors tu seras déchirée, tu devras trahir ou être trahie. »


La voix d’Anton était assez dure, voir froide.

« Pour ce qui est d’apprécier la présence de ta … conjointe. » La voix du butarien se fit soudain moins froide, presque pensive. « Elle est amusante. Je ne décide pas aussi vite si j’apprécie ou non une personne, mais il est évident que tu ne pars pas sur une mauvaise voie Erika. »

Cette fois-ci Anton scrutait plus directement la nouvelle force en présence.

« Comme tu le proclames si bien, voyons donc de quoi sont capables vos mains à toutes deux. »

Et le butarien imita le geste de sa nouvelle potentielle alliée, levant son verre il prit une décision. Soudain l’omnitech d’Anton résonna du bruit apaisant d’un nouveau message, aussi le seigneur de guerre se leva et prit rapidement la parole.

« Je vais m’absenter quelques secondes, profitez donc de ce temps pour nommer cet adorable varren. »

Puis le fondateur des Pacificateurs quitta plus rapidement encore la pièce. Une fois hors de portée, il activa son omnitech et scruta lentement la réponse de ses deux lieutenants. Rapidement, un large sourire carnassier vint emplir les traits du seigneur de guerre, donnant presque l’impression pendant quelques secondes qu’il avait sombré dans la folie tant son expression sonnait comme une promesse de massacre sanglant.

Et enfin, Anton coupa les messages, expédia une rapide réponse puis gagna son bureau. A l’intérieur, il mit presque une demi-seconde avant de repérer la forme masquée dans les ombres de la pièce.

« Codhringer Bonhart. Quel plaisir de te revoir après tant d’années. Tu as donc accepté de me rencontrer. »

S’exclama avec une joie étonnement sincère le colosse butarien. Apparut alors le visage malsain de l’humain nommé. Codhringer Bonhart, meurtrier ayant connu le même cheminement qu’Anton mais dans un sens légèrement différent. D’abord chasseur de prime, puis assassin pour la pègre, l’homme était désormais recherché dans la quasi-totalité des systèmes solaires connus. Meurtres, viols, torture, kidnapping, mutilation, cannibalisme, nécrophilie, meurtres de masse.

Le joyeux luron était tout bonnement un putain de psychopathe de dernière génération. Mais un psychopathe sacrément drôle et somme toute très sociable. Lorsqu’ils étaient encore chasseurs de primes, les deux avaient manqué de peu de fonder leur propre guilde. Mais l’ambition avait corrompu Anton, et la soif de sang avait fait bannir Codhringer de la plupart des coins intéressants.

« J’ai hésité longtemps. Oméga c’est pas un coin pour des gens comme moi, trop de règles, trop de tout. Mais tu sais quoi ? J’me suis dit qu’on pourrait essayer de travailler ensembles tous les deux. »

Et Bonhart sourit. Le genre de sourire qui rendrait toute espèce autre que butarienne hautement mal à l’aise. Car le type avait en plus de sa carrière, un physique tout à fait atypique. Le crâne intégralement rasé, une large balafre lui labourant l’œil droit de part en part, prenant naissance sur le front et se terminant dans le coin des lèvres, une barbe courte et méticuleusement entretenue, et surtout un sourire ravageur. Car l’humain avait décidé de se limer méthodiquement chacune de ses dents en une belle pointe particulièrement aiguisées.

Toutefois, les butariens les ont naturellement ainsi, diminuant grandement l’impact psychologique de ces dernières.

« J’ai un repas de famille en court mon ami, aussi tu vas m’excuser quelques temps. D’ici là, un de mes gars va t’emmener dans un bordel du coin. Tu ne tues personne. » Annonça joyeusement Anton à son ancien coéquipier. Puis en voyant la moue boudeuse de ce dernier, il s’empressa d’ajouter. « Ne t’en fais pas tu auras largement de quoi t’occuper sous peu. »

Mais pas le temps d’ajouter quelque chose, le seigneur de guerre avait à faire, aussi il regagna sans un regard de plus la salle ou le repas était en train de s’achever.

« Désolé, les affaire sont ainsi faites qu’elles dédaignent les pauses repas. Pour me faire rattraper, j’ai commandé un dessert terrien reconnu comme proprement excellent. Enfin des desserts. »

Et un humain entra dans la pièce comme par magie, emportant avec lui un plateau contenant de nombreux desserts divers et variés.

« Alors, ce varren a un nom désormais ? »


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mer 17 Mai 2017, 23:30



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mer 24 Mai 2017, 16:01


CES TÉNÈBRES QUI SONT NÔTRES


Erika se demanda si Anton était mal à l’aise en la présence d’un couple. Ses yeux se vidant de toute expression lorsqu’elles manifestaient une marque d’attention trop claire en vers l’autre. Comme sous une volonté intense de contrôle pour ne pas exprimer son ressentit réel. Il s’agissait sans nul doute d’une attitude délibérée. Erika imagina le vieux bougre ayant décidé que l’amour était mauvais par nature, et que ce n’était pas pour lui, tout en faisant attention à ne pas froissé sa protégée car il… l’aimait ? La contradiction de ce genre de pensée la fit sourire.

Cependant il avait raison, les promesses que leur offrait Kydra a tout deux et à d’autres pourraient bien un jour s’opposer, et la détruire. Elle devrait agir avec précaution pour la protéger. Mais Anton était une butarien plus intéressant qu’elle n’aurait voulu l’admettre, il avait trinqué en retour, et semblait ouvert aux idées nouvelles, du moins tant qu’elles ne s’opposaient pas directement aux siennes. Elles le laissèrent à ses affaires, visiblement la simple détente le mettait à cran.

Elle sentit la main de Kydra près de son intimité. Ça elle ne s’y était pas attendue, mais le feu s’embrase presque instantanément dans son ventre, un désir puissant qu’elle ne savait pas combattre. Sans même y avoir pensé, elle était déjà en train d’allonger la jolie brune sur la table en écartant les plats. Le petit varren fit un bond sur le côté pour éviter la masse, et continua son repas. Elle dénuda sa bien-aimée et ses lèvres autant que ses doigts trouvèrent la douce moiteur de l’antre de sa femme. Le plaisir grimpa bien vite dans les soupirs de Kydra, au grand ravissement de son ouïe.

Le retour du Butarien et d’un humain faisant le service brisa le rêve bien vite, mais le cocasse de la situation fit ricaner la rousse alors que Kydra se débattait à moitié nue sous la table. Elle se rassit confortablement dans son siège en grignotant un bout de viande d’une main alors que la petite créature léchait avec avidité les doigts humide de son autre main. Elle regarda Anton avec des yeux innocent mais un sourire immense.

-Délicieux ce repas.

Elle n’éprouvait strictement aucune gêne, et se rendit compte que cela aussi était un changement chez elle. En abandonnant l’armée, elle avait accepté de vivre par et pour son plaisir et sa joie. Et ce n’était pas ici sur Oméga qu’elle allait se soucier de la bienséance. Au contraire.
Ce dont tu t’empares est tiens.
Une phrase d’un vieux film qui prenait peu à peu sens dans son esprit.

-Nova me plairait bien ! Ou Ardak, je trouve que son regard vorace te ressemble un peu.

Kydra parvint à se rendre convenable et regagna son siège les joues pourpres, ce qui était particulièrement charmant sur une personne de sa stature. Erika continua à piocher dans les plats, écartant le varren de ceux qui lui plaisaient le plus.

-Envie de nous parler de cette réunion urgente ? Je dois admettre que je m’ennuie sur la station, vu que je suis encore quelque peu assignée à domicile. Un peu de divertissement politique ou guerrier ne serait pas de refus si tu as ça en stock.

Sa main libre caressait lentement la cuisse de Kydra.

-Pour faire de ce lieu une nation, tuer Shoran ne sera qu’un premier pas. Vous avez tous les deux attirer l’attention de l’Alliance sur elle et ses troupes, ou cela sera bientôt le cas. Je suppose que tu as d’autres pièces en place. Pourrait-on en connaître une ou deux, par curiosité ?

Feat. Kydra et Anton



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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Sam 03 Juin 2017, 08:26
Les gens sont rarement surprenants.

Pour Anton, la chose a toujours été une évidence, car né dans le multiculturalisme et au sein d’une communauté à moitié xénos, il a très vite compris que la plupart des soit disant différences entres les espèces sont souvent de la poudre de perlimpinpin. Une expression bien merdique d’ailleurs. Ca au-delà du vernis de la différenciation génétique, les gens se révèlent tous semblables.

Après tout, quelles différences entre un narcissisme asari ou humain ? Entre une mégalomanie butarienne ou turienne ? Tout simplement aucunes, hormis les changements liés à l’éducation et la morale locale, les dictateurs sont les mêmes, les guerriers ? Des copies conformes, et que dire des soldats. Hormis une discipline fluctuante selon les nations, il n’y a pas plus ressemblant qu’un soldat dans cette galaxie.

Alors bien sûr, cette découverte avait largement déçu Anton, lui qui voyait dans son espèce une version supérieure de toutes les autres. Une culture forte, un respect de la puissance, un art militaire basé sur la victoire et non la politique. Mais non. Tout cela n’était qu’une vaste fumisterie, toutes les nations n’étant que des pâles copies korlusiennes les unes aux l’autre. Et malheureusement, c’est massivement la même chose pour ses citoyens.

Toutefois, aussi peu surprenants les gens peuvent être, personne n’est à l’abri de l’étonnement. Comportement suicidaire, culte du sacrifice, désir de rester dans l’histoire … ou simplement comportement animal totalement aléatoire. C’est, sans surprise, ce dernier qui intervint finalement pour étonner le seigneur de guerre tout juste revenu à la table.

Passant la porte, le butarien découvrit Kydra et sa conjointe en pleine position que les esprits pathétiquement pudiques clameraient comme impudique. Si la chose aurait dérangé, ou même déçu Anton quelques heures auparavant, l’évènement tira finalement un simple sourire amusé au seigneur de guerre qui avait vu bien pire. Que ce fut sa « fille » qui se cache désormais ridiculement sous la table avec une grande honte, ou Erika qui lance un sourire insolent au paternel autoproclamé, rien de tout cela ne dérangea le butarien.

Que la conjointe de Kydra place son territoire, que Kydra-elle-même succombe à ses pulsions originelles, qu’importe. Après tout, elles étaient encore jeunes, tout du moins dans cet univers sauvage et violent, alors qu’elles forgent par elles-mêmes leurs expériences et limites. Et puis, Anton avait déjà dû fuir bien des fois par le passé, nu à travers les fenêtres pour éviter qu’un père ne mette un terme à sa carrière militaire.

Aussi, Anton prit place à la même chaise qu’avant son départ, et attrapa quelques morceaux de viandes que le serveur cramoisi tentait de déposer sur la table.

« Nova est parfait. Pour ce qui est d’Ardak, je ne serais pas étonné qu’un animal porte ce nom, après tout ce ne serait pas la première fois. »

Le fondateur des Pacificateurs renvoya un large sourire moqueur à Erika, puis dévora quelques morceaux le temps que l’humaine annonce quelques questions.

« Cette réunion d’urgente n’a rien de bien exotique. Une rencontre avec un vieil ami qui va désormais travailler pour moi. Lorsque tu désires bâtir quelque chose, il faut savoir s’entourer d’individus capables, et renouveler constamment le sang. »

Puis l’ancien chasseur de prime attrapa une pinte de bière et avala une bonne gorgée.

« Shoran n’est rien. Bien sûr elle est puissante, et c’est une menace certaine, mais elle reste du rien. Elle n’a aucun pouvoir, son secteur est parfaitement creux et ne se différencie en rien de celui d’Aria. Non pour bâtir une nation il faut éliminer les maîtres de la terre que l’on cherche à assimiler, pas les quelques bêtes sauvages qui s’y terrent.

La bête tu l’élimines pour gagner le respect des locaux.

Et actuellement, les véritables maîtres de la station sont les trois groupes mercenaires. Et si tu veux savoir quelque chose, les Triumvirat sont un problème. Dans toutes les histoires, le Triumvirat signifie la stagnation, la paralysie et surtout la paix. Si tu veux qu’un cerbère se dévore tout seul, coupe lui une tête, alors sa rage naturelle l’empêchera de concevoir qu’il ne partage qu’un seul corps.

Alors le premier pas pour ma nation, c’est un meurtre. Mais pas celui d’une personne mais d’une entité. Et pour cela il va falloir frapper fort, très fort. »


Un sincère et très large sourire carnassier emplit les traits d’Anton qui ne scrutait ni Kydra ni Erika en particulier.

« Et cela va très bientôt commencer. »

Puis le seigneur de guerre termina son verre et fit signe à l’humain de commencer à débarrasser.

« En effet, ce repas était délicieux. »

Et Anton se leva, fit signe aux deux humaines de le suivre et commença à quitter les lieux. Il menait la marche, se dirigeant vers l’infirmerie de son QG d’Oméga.


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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Dim 11 Juin 2017, 22:50


Enterré, oublié, recouvert de tout un tas d'immondices et jeté dans un coin sombre et éloigné de tout. Son esprit savait faire le travail, un tri méthodique, presque automatique par moment, qui lui permettait de se protéger. Ce qui avait été autrefois l'une de ses plus grosse erreur, se jetant elle même dans un tiroir fermé à double tour et laissant émerger quelqu'un d'autre, était désormais un avantage flagrant dont elle savait faire usage. Un atout qui lui permit d'enterrer l'immense honte survenue un petit peu plus tôt et de ne pas s'en formaliser.

Kydra avançait donc aux côtés de sa chérie après le repas, suivant l'immense butarien qui les menait à un endroit qu'elle n'avait déjà que trop fréquenté. Qu'il était frustrant de devoir être assistée, de se sentir si vulnérable si le danger venait à surgir. L'étape de la confiance, si elle n'en restait pas moins un exercice difficile après des années de solitude où elle n'avait été qu'un luxe rare voir quasi inexistant, était bien évidemment largement dépassée avec Anton et Erika.

Non, en ce qui les concernait, elle avait surtout l'impression de n'être qu'un boulet qui les alourdissait en cet instant, elle qui était tant habituée à être perpétuellement en première ligne, au contact, à prendre les coups à la place des autres et à affronter ses blessures seule, il lui était difficile d'être le maillon faible et de se laisser porter sans rechigner. Mais elle ne le fit pas montrer et se contenta de se serrer davantage à la rouquine à ses côtés. La jeune femme savait parfaitement qu'il s'agissait là d'un défaut qu'il lui fallait guérir. Son honneur n'était rien comparé à ce qu'elle éprouvait envers Erika, et jamais elle ne devait refuser ce que la rouquine était prête à lui offrir, quel que soit le prétexte.

Le trio arriva donc dans l'infirmerie, un endroit ô combien sollicité pour un gang d'oméga. Anton voulait vérifier l'état de santé actuel de Kydra et l'humaine à la chevelure noire ne rechigna pas malgré le peu d'enthousiasme qu'elle avait à se mettre à nu, au sens propre comme au figuré. Le médecin, un autre butarien possédant une étrange marque faciale, n'avait qu'à effectuer un simple scan sur l'intégralité de son corps, les écrans qui surplombaient l'intérieur de la pièce s'occupaient de transférer l'analyse des données et de faire apparaître les défaillances.

Kydra se tenait droite au centre de la pièce, simplement recouverte de ses bandages tandis que le butarien donna son accord à l'IV qui commença à scanner son corps. Les dégâts externes furent les premiers à déplorer, les plus récents évidemment, occasionnés sur Fehl Prime. Perforations des muscles de son bras gauche, sur le torse et le haut des jambes, la reconstruction interne s'effectuait à un bon rythme, particulièrement au niveau du ventre où la jeune femme possédait toujours ses anciens implants qui avaient favorisé sa guérison et sa cicatrisation. Sa jambe droite en revanche, toujours affaiblie depuis son affrontement avec Jikew, nécessitait de nouveau la présence d'une attelle robotique en attendant la guérison complète.

D'anciennes marques furent également de nouveau propulsées sous la lumière du jour, notamment certaines parties du bassin et de la colonne vertébrale renforcées avec quelques tissus synthétiques, des souvenirs de là où le jugement de la probatrice s'était abattu. La blessure interne au bas de son ventre que lui avait infligé le drell et qui la rendait parfaitement stérile. La jeune femme n'avait pas eu les moyens de se payer une opération de reconstitution de cette envergure à l’époque et l'avait alors pleinement accepté. Pour le reste, il ne s'agissait que de vestiges sans aucune incidence d'anciens combats et particulièrement de sa période d'esclavage.

Les Terminus n'étaient sans aucun doute pas le meilleur endroit pour prendre soin de son organisme. Mais Kydra pouvait s'estimer heureuse de posséder encore tous ses membres, même si certains commençaient sérieusement à rechigner, elle était encore en possession de tous les moyens dont elle avait cruellement besoin. Son corps racontait son histoire, l'histoire d'une guerrière, l'histoire d'une femme qui avait voulu changer les choses par ses propres moyens.

Le scan se termina aussi rapidement qu'il avait commencé, indiquant la fin de la procédure par une voix robotique sans réelle intonation. Malgré les nombreux essais de ses ennemis, elle était toujours en vie, et elle comptait bien profiter au maximum de cette chance qui lui été donnée. C'était le choix qu'elle avait fait au lendemain du Crépuscule, profiter de l'instant présent sans le laisser se faire entacher par la peur du passé ou du futur, et cette décision prenait tout son sens maintenant qu'Erika était à ses côtés et qu'elle avait fait passer son fanatisme au second plan.

C'est donc une fois rhabillée et le sourire aux lèvres qu'elle alla retrouver ses deux compagnons en boitillant. La jeune femme déhancha son bassin de part et d'autre de sa béquille lumineuse autant que ses blessures le lui permettaient et fixa son regard sur Anton.

Alors seigneur d'Oméga, le résultat vous plaît ?




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MessageSujet: Re: Ces ténèbres qui sont nôtres   Mer 28 Juin 2017, 08:15
Etrange ce qu’une affection peut vous faire commettre.

Lui qui avait ignoré la naissance de ses enfants, lui qui avait sacrifié l’amour filiale au nom de l’ambition et de la frustration. Le voilà désormais à s’intéresser au bien être d’une autre personne, sans que la relation tienne par la sexualité ou l’amitié. Étrange sentiment que celui d’un père vers son enfant, et si un grand nombre d’individus sont incapables d’associer pareil sentiment sans lien du sang, Anton n’en faisait clairement pas partie.

Bien sûr il y avait encore quelque chose d’étrange, une sensation que malgré l’adoption une barrière infranchissable existe encore, une pensée lancinante que la relation n’est qu’un mensonge savamment enjolivée par le besoin de se racheter comme père. Au fond de lui, Kydra est une menace, il le sait, chaque enfant passe un jour ou l’autre par le stade symbolique, ou non, du meurtre du parent.

Chose encore plus courante dans les Terminus, et chose fortement agaçant pour quiconque rêve de bâtir un empire. Voir ses rêves s’envoler pour la raison qu’un enfant ignore la valeur du symbolisme est chose enrageante … Puis il y a la peur de perdre l’autre. Au-delà des hypothétiques trahisons, réside la véritable angoisse, celle de voir les êtres que l’on aime disparaitre dans le ballet chaotique de la vie. Et si le plus probable avec Kydra était de la voir mourir prématurément, la vérité était simplement que cette probabilité était aussi forte à cause d’Anton.

Lui, le seigneur de guerre qui utilise ses armes avec abus, qui risque la vie de sa fille et protégée avec une régularité frôlant la tentative délibérée. Et pourtant, et bien que le monde entier ignora la chose, Anton n’en avait aucune envie, simplement qu’il utilise, malgré les réserves qu’il possède, ses éléments selon leur valeur et leur implication. Difficile d’envoyer un élément instable ou possédant des réserves dans une mission suicide, impossible d’envoyer celui ou celle qui doute dans une opération vitale.

Impossible aussi d’envoyer le secret des dieux non plus. Alors le calcul fait il ne reste plus que deux individus pleinement investis. L’une étant désormais occupée à materner ses récents cadeaux, se proclamant reine partout, l’autre maintenant en si piteuse état qu’il devenait difficile de l’envoyer ne serait-ce que faire les courses sans craindre pour sa survie. Et pourtant, Anton ne regrettait rien, pas même les innombrables blessures de sa protégée, car tout cela avait servi quelque chose de plus grandiose qu’eux deux.

Mais si le butarien ne regrettait rien, il n’en restait pas moins sensible quant à l’état de sa fille.

« Le résultat est tout à fait satisfaisant. » Un large sourire triste passa fugacement sur le visage du Pacificateur originel, qui invita par le geste sa protégée à le rejoindre jusqu’à un banc. Erika semblait pour l’instant étrangement silencieuse, aussi la laissa-t-elle à ses pensées. Une fois bien installé, le seigneur de guerre reprit la parole.

« Je vais te révéler plus de mes futurs plans. Bien entendu, tu connais déjà plus qu’il n’en faut ma haine à l’encontre de Shoran, mais le temps de la frapper n’est pas encore arrivé. Il y a d’autres affaires à régler auparavant. La station, et nos territoires sont agencés de sorte à éviter au maximum que les territoires de notre chère collègue du conseil soient le moins possibles en contact, c’est une excellente chose.

Grâce à cela, nous allons pouvoir nous occuper du problème le plus important pour l’instant, les trois Mercenaires. Ce sont la seule véritable barrière à notre domination, et jamais ils n’accepteront que la station retombe dans le chaos. Le problème est qu’un triumvirat est une chose trop stable pour être d’une aide quelconque, alors il faut qu’une des têtes du Cerbère disparaisse. Et ce au parfait moment.

Bien sûr j’ai un plan pour cela, mais il n’est qu’en phase de création aussi jusqu’à ce qu’il soit opérationnel, tu auras une mission extrêmement simple. Erika et toi allez devoir prendre, ce qu’on appel dans l’espace concilien, des vacances. Je ne te demande pas d’aller bronzer sur la plage, mais simplement de faire en sorte de revenir à pleine capacité. »


Puis Anton se leva et se dirigea vers une sortie. Juste avant de partir, il se figea et lança, toujours de dos.

« La plage est pas interdite non plus. Et c’est un ordre pour les vacances. »

Et le seigneur de guerre paternel quitta les deux femmes sans un regard en arrière. Il avait maintenant fort à faire, et les deux amantes avaient à discuter. Après tout le choix de la destination est une chose qui se fait à deux …


Je suis la fille d'Anton Ardak. Et accessoirement, reine pirate profitant actuellement de ses congés.
Kydra Lifith, 27 janvier 2202

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Ces ténèbres qui sont nôtres

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