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 Diplomacy at its finest

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MessageSujet: Diplomacy at its finest   Dim 25 Juin 2017, 17:27
Intervention MJ : NonDate : 1 juin 2202 RP Tout public
Ada J. Raikes ♦ Urdnot Ante ♦
Diplomacy at its finest



Diplomacy at its finest
- Londres, Spatioport de l'Alliance, quai C27
- Salle d'embarquement, hall d'entrée

J'étais assise sur un des sièges dans la salle d'embarquement du quai, là où l'on attendait normalement patiemment que l'on vienne annoncer que le vaisseau à bord duquel on est censé embarquer, soit enfin prêt à recevoir ses passagers. Dans mon cas en revanche, je commandais le vaisseau en question et pour le moment, il était cloué à la baie d'embarquement du quai. Cela faisait un peu moins d'un mois que je commandais le SSV Okinawa, dernier vaisseau à rejoindre la flottille de frégates de la Cinquième Flotte de l'Alliance et comme il n'avait encore jamais eu de véritable accrochage, les mois suivant son lancement étaient destinés à s'assurer que la frégate toute neuve ne vienne pas causer des problèmes inattendus. Malheureusement, une batterie de problèmes s'était annoncée lors d'une patrouille non loin du relais de Charon et le contre-amiral O'Neill m'avait sur-le-champ ordonné un retour au spatioport afin de régler ces soucis d'ordre technique et mécanique au plus vite. En discutant avec les techniciens de l'Alliance, je m'étais aperçue que les ennuis semblaient un peu plus graves que prévus initialement et allait nécessiter une immobilisation plus longue qu'escomptée, de l'ordre d'au moins soixante-douze heures minimum. Je donnais quartier libre à mon tout nouvel équipage pendant cette période de permission inopinée et le lieutenant Haver, ma commandante en second, avait pris congé de moi il y a peu en me laissant seule avec mes pensées et ma légère frustration. À peine la blondeur -fait rare à notre époque- des cheveux de Haver quittait la salle d'embarquement que j'ouvris mon OmniTech pour le consulter.

Ce fut donc non sans une certaine irritation que je perdis pour l'instant mon temps dans la salle d'embarquement à vérifier et à suivre en temps réel l'avancée des travaux via mon OmniTech et à lire les différents rapports envoyés par les techniciens ou de lire les messages de l'état-major de la Cinquième. Même clouée au sol, je ne cessais de me focaliser sur mon rôle d'officier commandant alors que les membres du personnel de l'Alliance, qu'il soit militaire ou civil continuaient de déambuler autour de moi sans véritablement me prêter attention et de vaquer à leurs occupations. J'avais auparavant prévenu ma mère et Daichi que j'étais en ville pour deux jours et l'on se mirent toutes d'accord pour se retrouver du côté de St James's Park à la fin de leur journée de bureau chez Hahne-Kedar. Constatant avec dépit que j'avais encore plusieurs heures à tuer devant moi et fermant mon OmniTech après que je ne reçus rien de nouveau depuis plusieurs minutes, je commençai véritablement à me demander ce que j'allais faire et je me levai de mon siège pour quitter la salle d'embarquement, réajustant au passage ma veste d'officier d'uniforme quotidien et la lissant légèrement de mes deux mains alors que je me mis donc à marcher vers la sortie de la salle d'embarquement. Mes pensées tournèrent dans mon esprit, je repensai sans cesse à mon propre vaisseau. Une fois passée l'euphorie de la promotion à la tête de la frégate, -la cérémonie avait été tout ce qu'il y avait de plus formel et militaire- la réalité était bien moins enchanteresse et je ne m'attendais pas à me retrouver avec déjà de tels problèmes sur les bras. Les constructeurs de la frégate avaient mal fait leur boulot et cela se répercutait maintenant sur moi et mon équipage, quelqu'un ou plusieurs quelqu'un avaient foiré leur coup pendant la fabrication de l'Okinawa et j'avais du mal à le supporter car cela me rendait inactive. Il était vrai, j'étais contente de revoir ma famille même pour quarante-huit heures mais j'étais censée me trouver dans un autre coin de la galaxie et non dans ma ville natale.

Quelque chose vint me tirer du fil de mes pensées alors que j'arrivais dans le hall d'entrée bondé du spatioport de l'Alliance. Ce fut mon OmniTech qui se mit à clignoter et dans un geste mille fois répété, je l'ouvris en tendant le bras pour y lire avec une petite surprise, un message provenant d'une assez vieille connaissance, un Krogan du nom d'Urdnot Ante. Mon esprit ne mit que quelques millisecondes pour savoir de qui il était question et l'image d'un Krogan en costume légèrement trop petit me revint en mémoire. Riant légèrement pour moi-même au risque de passer pour une timbrée aux yeux de quiconque posait les siens sur moi à cet instant, je me rappelais alors la dernière fois que j'avais rencontré le représentant du clan Urdnot pendant que je sortis à l'air libre. La rencontre s'était déroulée à bord du SSV Saipan, la frégate de ma supérieure, le contre-amiral O'Neill qui y avait installé le centre de commandement de sa flottille et de fait, le lieu de la rencontre avec la délégation krogane. L'un des deux vice-amiraux de la Cinquième s'y était pointé et la réunion portait sur la présence militaire de l'Alliance dans la DMZ krogane, la zone démilitarisée instaurée par le Conseil suite aux incessantes guerres kroganes. C'était donc à l'occasion de cette réunion que je faisais connaissance avec l'ambassadeur des Urdnot, Ante. Pour un Krogan, il était étonnamment ouvert et pacifique. Pour avoir combattu des Krogans durant mes missions, j'en étais stupéfaite de voir que cette race pouvait aussi avoir des êtres bien plus paisibles que la plupart de leurs pairs et Ante faisait partie de ceux-là. Pendant le dîner donné au terme de la réunion afin de sceller l'accord entre Krogans et Humains, au dam de certains officiers haut gradés de l'Alliance, j'avais pu accaparer une majeure partie du temps du diplomate krogan et la discussion qui s'en était ensuivi était fort intéressante.

À l'époque où nous nous étions rencontrés, je n'étais lieutenant-commandant que depuis un an et j'en étais encore à devoir commander aux côtés des commandants à bord mais aussi aux côtés d'O'Neill. Je connaissais étonnamment bien le contre-amiral pour quelqu'un de haut gradé mais j'en étais au final satisfaite car s'il y avait bien un officier avec qui j'étais heureuse de servir, c'était bien l'irlandaise. Quant à Ante, j'appréciais beaucoup le temps passé avec lui et la vision qu'il voulait donner à la galaxie, des Krogans. J'étais heureuse intérieurement de voir que cette race si belliqueuse voire dangereuse avait à sa tête, un chef qui voulait guider son peuple vers une ère bien plus pacifique que par le passé et un diplomate aussi enthousiaste et motivé à l'idée de devoir représenter sa race et de donner une autre image. Cependant, je savais pertinemment qu'en cet être si bienveillant sommeillait un monstre comme dans chaque Krogan et je me gardais bien de devoir contrarier le diplomate bien que je partageais pas entièrement tout ses points de vue sur beaucoup de question. Certainement pour reprendre de telles discussions, le Krogan m'invitait à le retrouver dans un bar assez chic et huppé non loin de Buckingham Palace, au pied d'un building, un hôtel de plusieurs étoiles reconstruit peu après la guerre contre les Moissonneurs. Mon hilarité de tout à l'heure passée, j'écrivis une réponse positive au Krogan en lui indiquant l'heure à laquelle je serais dans ce bar tout en espérant secrètement que le Krogan me payerait bien un verre ou deux par galanterie. Esquissant un fugace sourire à la pensée de cette idée, je me mis à foncer à toute vitesse à l'Okinawa qui bien qu'en maintenance, restait ouvert aux membres d'équipage et je me préparais pour le rencard proposé par le diplomate krogan.


- Londres, Spatioport de l'Alliance, quai C27
- Cabine de l'officier commandant, SSV Okinawa

Sortant toute rafraîchie de ma salle de bains, je m'habillais dans une tenue dans laquelle il ne m'avait encore jamais vu mais que je connaissais très bien. J'enfilais un de mes tailleurs que je portais en civil, de couleur noire mais avec le chemisier blanc, laissant un joli décolleté et seyant bien à mon tatouage de collier en dentelle, la jupe noire moulante avec une échancrure à mi-cuisse avant de compléter par une paire d'escarpins noirs mat sans reflets ou brillance. Je ne fis pas de folies sur le maquillage, un discret passage sur les sourcils et les joues, un léger coup sur les lèvres et je ressortis quelques minutes plus tard de ma cabine, le bruit de mes talons se répercutant doucement contre les parois de l'Okinawa alors que je vérifiai une dernière fois mes manches de veste dont celles du chemisier ressortaient légèrement. En prêtant un peu plus attention si quelqu'un venait voir de plus près, on pouvait voir quelques bouts de mes tatouages de roses noires que j'avais sur tout le bras droit qui dépassaient discrètement. Ne regardant aucunement les regards qui se tournaient vers moi sur mon passage, je me mis alors en route pour le bar cossu où Ante m'avait invité.


- Rues de Londres, non loin de Buckingham Palace

Mes pieds ne mirent que quelques pas pour se réhabituer à l'esthétique et à la démarche avec des escarpins, les légères douleurs à chaque pas occultées par mon esprit qui retrouvait une situation plantaire qu'il connaissait bien. Le temps à Londres était aujourd'hui radieux, les passants semblaient même vouloir profiter de ce beau temps au dehors et je ne pus que les comprendre. Je me surpris même à fermer un instant doucement les yeux en sentant les rayons du soleil chauffer doucement la peau de mon visage avant de repartir pour ma destination, toujours suivie par quelques regards sur mon passage. Le palais du souverain anglais, reconstruit depuis un certain temps après la guerre contre les Moissonneurs se trouvait un peu plus loin, derrière une série de bâtiments, le drapeau britannique flottait au dessus du palais et entre les bâtiments, les grilles de Buckingham pouvaient être aperçues malgré le fait que l'endroit attirait toujours autant de monde. Je prévins Ante via mon OmniTech que j'étais en route avant de traverser une rue remplie d'étudiants du lycée voisin qui se déplacèrent vers le parc voisin afin de profiter du soleil de l'après-midi. Les jeunes adolescents s'écartèrent sur mon passage, certains intimidés, d'autres étonnés, d'autres encore... assez intrigués si je pouvais ainsi le qualifier mais j'ignorais complètement leurs regards et je marchais encore pendant quelques minutes avant d'arriver au rez-de-chaussée d'un building.


- Hôtel Four Seasons

À l'entrée, une portière asari m'ouvrit la porte avec un grand sourire et l'agitation et le bruit de la ville de Londres s'estompèrent presque comme par enchantement alors que je pénétrais dans le hall d'entrée de l'hôtel chic. Les réceptionnistes, une Humaine et une Asari étaient occupées sur leurs terminaux tandis qu'un Humain était en train de pianoter sur son OmniTech tout en s'adressant aux deux employées de l'hôtel. Un groom attendait dans un coin avec des bagages, le temps qu'une femme humaine termine de discuter avec un Turien, ce dernier m'accordant un regard froid pendant quelques secondes avant de regarder son interlocutrice. Une légère musique de jazz cool humain était diffusée via des enceintes invisibles et le sol dallé ainsi que les tapisseries datant d'il y a plusieurs décennies donnait un côté calme, riche mais aussi assez sobre au cadre de l'hôtel. Plus loin il y avait des tables basses et quelques datapads ainsi que des gros fauteuils moelleux de couleur bordeaux, posés sur des tapis un peu plus sombre et contrastant avec la couleur des dalles qui tendaient vers du marbre ocré. Je levais légèrement le regard pour apercevoir une inscription sur un des murs de la même facture que le sol dallé indiquant le bar de l'hôtel. Souriant en coin pour moi-même, je partis donc pour le bar, mes talons résonnant un peu plus fortement que lorsque je marchais dans les rues de Londres ou dans le spatioport.

Parvenue à l'entrée de l'établissement de débit de boissons, je m'annonçais alors qu'un employé de l'hôtel s'occupait de réceptionner les clients qui se pointaient au bar.

Bonjour, madame. Navré de vous arrêter de la sorte mais le bar est strictement privé et réservé aux clients de l'hôtel à moins que vous ne soyez invitée ou cliente. Vous êtes ?

Bonjour, je suis invitée par le Krogan Urdnot Ante, je suis le Lieutenant-Commandant Raikes, de l'Alliance.

... Hmmm... Je... suis désolé madame mais... nous avons bien monsieur Ante parmi nos résidents mais pas de Lieutenant-Commandant Raikes... Je ne vous trouve pas sur la liste.
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Dernière édition par Ada J. Raikes le Ven 14 Juil 2017, 00:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Diplomacy at its finest   Mar 04 Juil 2017, 21:19
On lui avait fait une fleur en logeant Urdnot Ante au Four Seasons, l'un des hôtels les plus anciens et les plus prestigieux de Londres. Si le Diplomate n'était pas habitué à un tel luxe, il n'y était pas réfractaire et la proximité de l’hôtel avec les hauts lieux de la ville, comme Buckingham Palace et le centre-ville, était un plus non négligeable.
Mais la mission qui avait amené Ante sur Terre touchait à sa fin et il n'avait plus qu'une journée avant de repartir. Journée qu'il décida d'employer à prendre des nouvelles de ses contacts humains qui pourrait se trouver à proximité. La première personne qui lui vint à l'esprit fût une soldat de l'Alliance, le lieutenant-commandant Raikes. Une humaine que le Krogan avait rencontré lors d'une visite protocolaire à bord d'un vaisseau militaire. Ada et Ante s'était assez bien entendus, ils avaient échangés leurs idées, leurs opinions et leurs points de vue sur la Galaxie, l'avenir des races mais aussi sur leurs tracas quotidien. Ils avaient partagés et disserté, refait quinze fois le monde et avait eu plus d'accords que de désaccords. Cette discussion avait été une véritable bouffée d'air frais, un entracte bienvenu au milieu d'une réunion un peu guindée. A la fin de la journée, le duo avait convenu de se revoir, mais les emplois du temps chargés des deux avaient pas mal retardés ses retrouvailles. Dans l'espoir de rattraper le temps perdu Ante lui avait envoyé une invitation à le rejoindre au bar du Four Seasons. Après les évènements de ces deux semaines, Ante avait bien besoin de quelque chose de calme, doux et spirituel...


... Hmmm... Je... suis désolé madame mais... nous avons bien monsieur Ante parmi nos résidents mais pas de Lieutenant-Commandant Raikes... Je ne vous trouve pas sur la liste.

Une imposante patte atterrit en douceur sur l'épaule du groom :

-Pas de soucis mister Torrance, cette admirable jeune femme est sur la mienne.

Ante venait tout juste de surgir derrière l'humain, haletant. Le Four Seasons était un hôtel fantastique, mais ses ascenseurs n'étaient pas destinée à une clientèle... imposante. Si bien que Ante devait utiliser les escaliers en permanence ; ne voulant pas être en retard et faire attendre Ada, il avait dû courir et se ruer. Ce qui n'était pas aisé lorsque l'on portait un large kilt vert...



Londres avait toujours été une ville cosmopolite. Déjà avant le Premier Contact, une flopée d'ethnies humaines si était rassemblée et la mixité de la métropole avait atteint des sommets lorsque la Citadelle était apparue dans son ciel.
Après la Guerre, une large communauté Krogan s'était installée, temporairement au départ, pour aider à la reconstruction, puis de manière plus permanente lorsque un nombre important de sauriens avaient trouvé un cadre de vie plus agréable que la toujours austère Tuchanka.

C'était ces expatriés que le Diplomate était venu rencontrer. Pour voir comment ils s'étaient intégrés à la communauté Londonienne.
Dix jours durant, Ante avait écumé les conférences multi-raciales, les réunions entre les représentants Krogans et les autorités locales et les exposés sur la vie quotidienne de son peuple au sein de la cité.
Ante avait un rapport bien propre à présenter à ses supérieurs, remplis de beaux discours fédérateurs, de chiffres tous plus positifs les uns que les autres et de citations enjouées de Krogans bien assimilés. Tout le monde était bienveillant et très heureux que les originaires de Tuchanka aient rejoint la métropole. Le parfait petit séjour qui brossait bien dans le sens des écailles les Clans. Ce rapport aurait surement un impact très positif pour l'image des Krogans, mais Ante avait surtout l'impression que le travail lui avait été mâché et que la vérité n'était pas aussi blanche, surtout connaissant son peuple. S'il rêvait de pouvoir présenter un tel document positif sans scrupule, il savait que la vérité en était malheureusement éloignée. Restait au Diplomate à sortir du sentier battu, enquêter pour savoir ce qu'il en était vraiment...
Ante savait que si l'on voulait réellement prendre la température d'un peuple, il fallait passer outre les formalités et plonger dans le quotidien.
Grimé pour ne pas sortir du lot, Ante c'était mêlé à la population, il avait été voir où et comment les Krogans travaillaient, mangeaient et surtout, ce qu'ils faisaient pour se défouler...
Les ressortissant de Tuchanka s'étaient installés dans un vieux quartier du Nord Ouest de Londres, Kilburn, un endroit où ils cohabitaient avec une population tout aussi fascinante et agitée qu'eux : les Irlandais.

Et alors Ante comprit pourquoi les autorités étaient si promptes à louer son peuple. Les deux groupes, aux mœurs communes, trouvaient dans l'autre un parfait exutoire et se canalisaient, évitant au reste de la populace de subir leurs foudres et leurs caprices. Partageant un gout prononcé pour la querelle et la boisson, les soirées de Kilburn étaient devenus légendaires dans la ville, retentissantes de cris et de rires. Du coup, dans le seul but de peaufiner son rapport et d'offrir une version plus véritable et authentique de la vie des Krogans de Londres, Ante avait dû prendre quelques jours de plus, à titre de complément d'enquête purement professionnel bien entendu.

Si comme il le soupçonnait tout n'était pas aussi rose qu'on avait voulu lui faire croire, la communauté Krogan s'en sortait assez bien : ils étaient reconnus, avaient des amis et des habitudes, n'étaient pas en colères ou particulièrement violents avec les autochtones.
Concours de coup de boule, concerts et tournées des pubs, Ante se mêla aux activités culturelles. Si bien que lui aussi finit par s'intégrer rapidement et se faire une bonne tripotée de camarades. Quand il annonça son départ imminent, il y eu des larmes, des jurons en argots, des échanges de présents, des tables renversées, du vomi, et un Krogan plus verdâtre que de coutume endormit contre le mur de son hôtel luxueux.

Et le voilà le lendemain, un peu plus dans son assiette, le cœur un peu lourd et le souffle un peu court. Pour faire honneur à ceux qui avaient accueillis les siens il avait décidé de se draper de cette longue étoffe de laine verte qui couvrait sa taille et barrait son torse imposant, par dessus une de ses chemises blanches.
Le matin il avait été réveillé par les jappements des corgis virtuels liés à l'IV Elisab II de sa chambre d’hôtel. Ante s'était lavé, habillé et avait envoyé son message à Ada Raikes, espérant qu'elle ne serait pas en mission dans un des quatre coins de la galaxie.
Et le voilà donc maintenant, glissant quelques crédits dans la poche de l'agent d'accueil.

-Ada ! Je suis content de te voir !

N'ayant pas fait que boire lors de son séjour, il avait aussi pris quelques leçon, alors en "GentleKrogan", le lieu s'y prêtait, il proposa son bras droit à la jeune femme afin de l'accompagner vers le bar de bois massif orné de motifs dorés. La pièce richement décorée était baignée dans la chaude lumière de l'après-midi. Il y avait peu de clients dans les gros fauteuils du bar mais lorsqu'Ada et Ante entrèrent, tout les regards se tournèrent vers eux. A cause de l'élégance de la jeune femme ou de l'incongruité de la tenue du diplomate...
L'impeccable serveur derrière son comptoir lui-même ne put retenir son flegme tout britannique et afficha un sourire, charmeur ou moqueur, Ante ne savait pas, et n'en avait pas grand chose à faire d'ailleurs, trop occupé qu'il était à essayer de formuler un compliment pas trop maladroit...

-De ce que je sais des humains, je dois dire que ta tenue te va aussi bien que ton uniforme.


Après avoir indiqué discrètement au serveur que tout ce qui serait commandé devrait aller sur le compte de sa chambre, Ante proposa de se mettre à une des petites tables rondes dans un coin de la pièce, assez loin pour ne pas être dérangé mais assez proche pour être servit rapidement.

-Alors, en parlant d'uniforme, comment vas-tu ? J'ai entendu dire que tu avais ton propre vaisseau maintenant ?


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

Make Tuchanka Great Again !


Couleur de dialogue : #ff6600
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MessageSujet: Re: Diplomacy at its finest   Jeu 06 Juil 2017, 02:10

Diplomacy at its finest

- Londres, Hôtel Four Seasons
- Bar de l'hôtel, une des tables rondes réservées

Ce ne fut qu'une demi-surprise que de voir l'impressionnante patte du Krogan qui lui servait de bras, se poser sur l'épaule du réceptionniste du bar. La voix de mon ami diplomate me parvint aussitôt, l'air essoufflée et haletante. Je fis alors un pas de côté pour apercevoir Ante qui arrivait de je ne sais où pour être derrière le groom qui filtrait les entrées du bar, légèrement étonnée. Mais ce qui m'étonna le plus fut l'accoutrement du Krogan et passé mon étonnement, je ne pus retenir un léger rire. Ante portait en effet ce que je crus d'abord être un kilt de couleur verte mais à voir en plus l'étoffe qui lui barrait la poitrine avec en dessous une large chemise blanche, je penchai plutôt pour un tartan. Je ne m'attendis pas vraiment à voir le diplomate du clan Urdnot dans une telle tenue mais je pus stopper mon hilarité en le voyant afin qu'il ne croie pas que je me moquais de lui. Mon rire n'avait rien à voir avec la moquerie, l'apparence d'Ante était juste tellement incongrue, surtout dans ce lieu plutôt huppé où tout le monde portait soit les dernières robes asaris à la mode ou encore d'assez vieux costumes qui dataient de la même époque que le style de mon propre tailleur ou veste. Le Krogan avait décidément le don pour se faire remarquer, je gageai que s'il allait dans un pays d'Asie, il s'habillerait comme un moine Shaolin ou s'il allait en Amérique Centrale, il serait vêtu d'un poncho et d'un sombrero. Mon esprit ne fit pas un énorme effort d'imagination pour affubler mentalement le diplomate krogan d'un large chapeau de type sombrero puis avec une grande pièce de tissu d'une couleur assez criarde comme un poncho et je me remis à rire, toujours aussi discrètement cela dit, le lieu ne se prêtait pas tellement à une grande démonstration de joie, je dus me ressaisir alors qu'Ante me clama sa joie de me revoir. Il en était de même pour moi et je lui souris respectueusement comme je le faisais à chaque fois que je voyais un ami.

Je voyais alors Ante qui me proposa son bras droit, comme lorsqu'un homme humain se proposait d'accompagner une femme dans un endroit plutôt guindé, un peu comme cet hôtel. Je ne m'attendais pas vraiment à un tel traitement de faveur de la part de mon ami krogan mais je pris donc son bras sans trop hésiter. Je supposai alors que durant son séjour ici à Londres, peut-être lui avait-on appris des manières de gentleman. Cela fut néanmoins assez hilarant de voir ce Krogan faire de grands efforts pour agir comme un être humain tout en trouvant cela gratifiant et respectueux. Il était ici dans une ville humaine sur Terre et s'adaptait donc en conséquence malgré le fait qu'il appartienne à une espèce différente, habituellement bien plus belliqueuse et bien moins subtile sur ce qui est à propos de l'étiquette. Urdnot Wrex avait véritablement choisi le Krogan idéal pour en faire son ambassadeur c'était certainement pour ça que mon premier contact avec lui à bord du SSV Saipan s'était aussi bien passé. J'avais besoin d'une bouffée de relâchement après cette réunion sur la frégate de ma supérieure et heureusement que la conversation avec le Krogan m'avait été bénéfique. Alors que l'on marchait dans le bar, je sentis plusieurs regards se poser sur moi et loin de me mettre mal à l'aise, j'arborai mon subtil sourire en coin en sachant que plusieurs paires d'yeux me fixaient avec le diplomate. Peut-être les autres clients de l'hôtel dans le bar imaginaient que j'étais la maîtresse ou la partenaire d'Ante mais honnêtement je m'en balançai. À nous deux, on contrastait déjà beaucoup dans ce tableau un peu trop propret du bar du Four Seasons qui était pourtant ravissant à observer. Le bar était en bois massif avec des motifs imitant le style et les couleurs du logo de l'hôtel, les tables et les chaises étaient dans un style assez ancien de mobilier, datant d'une époque qui devait se trouver un peu avant le début du vingt-et-unième siècle. Je sentis contre mon bras et sous ma main, l'épais muscle de sa patte écailleuse qui se contracta légèrement en arrivant devant le barman. Ce dernier fit un sourire étrange en croisant mon regard mais je ne changeai pas mon expression pour autant et préféra rire légèrement en entendant Ante.

Flatteur... Merci Ante. Je dois dire que ce tartan te sied aussi, il va bien avec ta couleur de peau.

Aucune remarque raciste ou déplacée là dedans, je trouvais simplement que le tartan était bien raccord avec la couleur de ses écailles et l'on s'installa à la petite table ronde que le Krogan avait désigné. Je m'installai de manière élégante alors qu'Ante me tira le siège afin de m'assoir. Décidément, le diplomate avait fait un grand effort pour bien se comporter. Peut-être essayer de m'impressionner ? Je n'en demandai pas autant mais je devais reconnaître que c'était louable. Bien adossée contre le siège et les bras posés sur les accoudoirs, assise confortablement avec les jambes croisées, je regardai le Krogan s'installer. Le siège était un peu trop petit pour... l'arrière-train bien plus imposant qu'un être humain normal du diplomate. Le serveur à qui Ante s'était adressé tout à l'heure le remarqua et entreprit de donner un siège plus large pour le reptilien afin que ce dernier soit bien plus à l'aise pour notre échange. L'homme de l'hôtel annonça nous apporter la carte des boissons, il se mit à parler dans un anglais avec un accent typiquement british londonien. Pour être née et pour avoir vécue dans cette ville, son accent me renvoya aux quartiers du sud de Londres mais je ne saurai dire de quel quartier. Je lui répondis brièvement également en le remerciant. Lorsque je parlais, c'était un peu plus différent. Si le serveur du Four Seasons paraissait n'être jamais sorti de l'Angleterre malgré l'évolution de notre planète depuis plus de deux siècles, j'étais issue d'un brassage inter-ethniques bien plus important et mon accent était bien plus américanisé lorsque je m'exprimais. Mes deux parents étaient tous les deux anglais mais mon père avait sa famille dans le New Jersey tandis que ma mère avait vécue à Shanghaï puis à Chinatown dans Londres, j'imagine que je tenais la majeure partie de mon accent du côté américain de mon père avec un léger soupçon d'asiatique, presque imperceptible par ma mère alors que j'avais passé une bonne partie de ma vie à Londres. Le serveur disparut alors pendant quelques minutes, nous quittant d'un pas rapide mais digne, certainement mû par l'habitude de son métier car l'homme ne paraissait pas très jeune. Je quittai néanmoins très rapidement la vue du serveur qui partait pour regarder mon ami krogan qui rentra dans le vif du sujet. J'accueillis sa question de mon sourire en coin taquin et je fixai pendant quelques secondes le bord de la table avant les yeux d'Ante, pupilles lumineuses qui ne me lâchaient pas de leur attention.

Les nouvelles vont toujours aussi vite à ce que je vois... En effet, je suis maintenant aux commandes de ma propre frégate de l'Alliance. Mais qui dit vaisseau neuf dit aussi ennuis potentiels, pour le moment ma frégate est immobilisée et en maintenance jusqu'à nouvel ordre. Pas de réaffectation pour le moment donc permission disons... forcée.

Mon sourire demeura sur mes lèvres, quoique teinté d'une petite moue mais je ne fis pas d'autres commentaires sur ma situation et le serveur revint avec la carte du bar. Inutile de dire que les prix des consommations m'auraient faite sauter au plafond mais ici, je me maîtrisais. C'était le tarif habituel pour la maison et je gageais que ce devait être une habitude pour Ante. Je pris alors quelques dizaines de secondes en parcourant rapidement la carte des vins, ma main gauche tenant entre mon pouce et l'index la carte donnée par le serveur, les doigts de la main droite passant de façon négligée sur mon tatouage de collier en dentelle autour du cou avant de finalement opter pour un verre de vin rouge, un Pinot noir de Bourgogne produit et mit en bouteille quelques années avant la guerre contre les Moissonneurs. Je ne fis pas attention au prix demandé en crédits, certaine qu'Ante allait m'offrir la consommation. Il était vrai que cela était pour me dépeindre comme étant une profiteuse de la situation du diplomate krogan mais c'était lui qui m'avait invité et dans ce bar, personne ne savait que j'étais officier de l'Alliance, mes ID tags habilement dissimulées. Tout le monde devait être persuadé que j'étais sa maîtresse ou une escort mais cela m'arrangeait, je préférais donner le change. Moins d'autres savaient ma véritable condition, mieux je me portais et notre conversation fut assez couverte par celle des autres. Le serveur opina à ma commande avant de prendre celle du Krogan et repartit à nouveau. Alors qu'Ante le regardait partir, je tirais un peu plus sur la manche droite de ma veste pour dissimuler un peu mieux le tatouage qui s'étendait sur tout mon bras. Relevant alors la tête, je m'installai de nouveau confortablement, la jambe droite posée sur la gauche, mon pied en suspension balançant légèrement mon escarpin.

À part ma nomination à la tête d'un vaisseau, qu'est ce qui doit bien intéresser la galaxie en ce moment ? Il se murmure quelque chose parmi les hautes sphères de la diplomatie galactique ? Et puis à propos de murmures...

Je regardais Ante droit dans ses yeux, un sourire un peu plus sournois sur les lèvres sans aucun mépris ou moquerie, je ne réservais ma moquerie que pour les gens que je détestais. Je savais en revanche faire usage de sarcasme mais Ante me connaissait assez pour savoir que je lui posai la question d'une manière assez originale et non pas pour me foutre de lui. Du coin de l'œil j'aperçus le serveur qui attendait avec impatience que le barman lui fasse sa commande pour nous.

J'ai... entendue une rumeur qui circulait dans les Flottes de l'Alliance et certainement ailleurs.

Je quittai ma position pour me redresser sur mon siège et m'approcher un peu plus de la table pour engager sur un ton un peu plus discret et confident. Je fus d'abord interrompue par l'arrivée du serveur qui vint apporter nos consommations à Ante et à moi, l'homme posa un dessous de verre à vin sur la table avant de poser le verre à pied rempli de vin rouge puis il s'occupa d'Ante. Pas de sourire ou de trace de joie n'accueillit l'arrivée de l'employé et je le remerciai d'un simple signe de tête puis j'attendis que le serveur nous laisse tranquille et aille prendre une autre commande avant de poursuivre, un peu plus sérieuse. Il n'y avait pas de désir de soutirer des informations à un représentant d'une race alliée dans l'espace concilien car contrairement aux apparences, nous étions deux amis qui discutions sérieusement autour d'une verre. Une amitié peut très bien signifier parler et évoquer des sujets importants et graves, voire un peu sensibles.

Il parait qu'on a découvert un nouveau secteur à partir du relais du Nid du Milan et qu'un détachement de l'Alliance y a été déployé dont des biotiques. Tu en sais un peu plus ou c'est encore des conneries ?
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MessageSujet: Re: Diplomacy at its finest   Mer 12 Juil 2017, 12:50
Le rire avait de beau qu'il était universel dans la galaxie et lorsque Ante vit Ada lutter pour contenir son hilarité après son apparition, il en fût à son tour amusé. Il n'ignorait pas que lorsqu'il faisait preuve d'originalité vestimentaire, ses initiatives étaient souvent la cible de plaisanterie. Mais au moins cela donnait une image un peu moins bestiale de son peuple, quitte à se tourner en ridicule. L'important pour Ante était de ne pas offenser, voilà pourquoi il ne portait que des cadeaux.
On donnait rarement matière à outrage et Ante tachait toujours de mettre en valeur les cultures qui l'accueillaient.
Le rire d'Ada ne lui posa donc aucun problème, au contraire, Ante savait que même si elle riait de lui, ce serait avec bienveillance. C'est pourquoi lorsqu'il vit l'humaine se retenir de rire, il lui fit un clin d'oeil complice, comme si elle avait son appui pour se laisser aller, alors qu'Ada lui retournait son compliment.

A contrario son humeur s'assombrit le temps d'un battement de coeur, lorsqu'il constata que le fauteuil n'était pas adapté... Trois fois hélas, il ne se passait pas une semaine sans qu'il souffre d'inconfort dans des lieux où les espèces à la carrure plus imposante n'étaient pas souvent croisées. Il espérait qu'un jour il n'aurait plus qu'à se battre pour que tous les sièges de la galaxie soient adaptés à toutes les morphologies... Heureusement le serveur fut prompt à réagir et lui permit de s'installer confortablement dans une causeuse en bois sombre et en velours, assorti au reste du mobilier. Ante avait l'impression d'un peu moins déteindre dans le tableau avec un siège à sa taille.

La question du Diplomate fut reçu par un sourire en coin. Ce n'était pas une manifestation de joie ou de contentement, plutôt de la frustration masquée et contenue, la raison en devint évidente. Oui Ada avait son propre vaisseau, mais il n'était pas opérationnel. Bim, bravo Ante, en plein dans le mile...

-Je suis désolé d'apprendre ça, te voilà clouée au sol avant même de pouvoir vraiment profiter de tes nouvelles ailes... Mais je vais essayer de faire en sorte que tu ne regrettes pas entièrement ces vacances !


Avant qu'il puisse ajouter quelque chose le serveur arriva muni de la carte. Et si le cadre ne le montrait pas assez, les numéros en face du nom des boissons indiquaient bien que l'on était pas dans la dernière taverne des Secteurs... Si le Four Seasons s'appelait ainsi c'est surement parce que personne n'avait les moyens de rester dans l'hôtel plus d'un an...

Avec un nouveau sourire avenant, Ante glissa à sa partenaire pendant qu'elle faisait son choix, sa main glissant sur le tatouage ornant son cou. Un motif qu'il avait cru discerner la première fois qu'ils s'étaient rencontrés sous le col de son uniforme. Maintenant qu'Ada avait libérée son col, il pouvait admirer le fin motif de dentelle. C'était bien plus délicat que les marques guerrières qui décoraient sa carapace, mais ça n'en était pas moins admirable...

-Hum, ne t'inquiètes pas pour les prix, je me ferais surement un peu taper sur la bosse, mais Wrex me doit bien une avance de salaire, ou deux !

Les Krogans découvraient tout juste les notes de frais, et si Ante n'avait pas pour habitude d'abuser, s'en sortant toujours en minimisant les dépenses, il lui faudrait faire preuve de beaucoup de diplomatie pour justifier les comptes de son séjour à Londres... Les Krogans commençaient à aimer autant l'argent que la violence... Ils s'intégraient de plus en plus aux autres espèces !
Alors qu'Ada commandait un verre de vin humain, Ante opta pour une pinte d'Akantha. La douce eau-de-vie asari lui conviendrait parfaitement.

Après avoir fait montre de tout son registre de politesse d'usage envers le serveur, Ante reporta son attention sur Ada.
Elle avait assuré sa position sur son fauteuil, croisant les jambes. Son sourire s'était fait plus complice, un brin comploteur même, allant de pair avec son propos et sa question sur les murmures.
Ante aurait bien aimé répondre à Ada sur le même ton, jouer avec ses taquineries, mais la vérité était bien plate pour le pauvre Krogan, qui n'avait ni projet secret, ni complot, ni grosse négociation en vue.
Ces derniers temps, Ante avait surtout servi de porte parole et de représentant, un peu éloigné des décisionnaires.
Il se contenta alors d'un mince sourire franc.

-Je te rassure, pas de pression, ce n'est pas toute la galaxie qui s’intéresse à toi, juste un ami à écaille, un ami que les hautes sphères de la diplomatie laissent un peu de côté en ce moment...


Sur le même ton de confidence, la jeune femme se pencha vers Ante et mentionna une rumeur, mais elle fût interrompue par le groom qui apportait leur commande et ne put en dire plus. Cette fois-ci la tournure de la conversation semblait plus important qu'au début du rendez-vous, si bien qu'Ante resta concentré sur Ada, l'imitant dans la sobriété de sa réaction pour le serveur.
Un ange passa avant qu'elle ne lâche discrètement sa question sur le nouveau secteur.
Avant de lui répondre, Ante porta son verre à ses épaisses lèvres, l'Akantha ressemblait assez aux whisky tourbés, au gout légèrement fumé, mais avec un soupçon de douceur typiquement asari.

Le Diplomate en savait peu sur Nar'Jamon, on ne lui avait fait parvenir qu'un bref résumé, et les communications avec le secteur n'étaient pas faciles. S'il se demanda brièvement s'il devait partager ses informations, il se rappela très vite qu'il n'y avait aucune raison de ne pas le faire : il n'y avait plus de camp, aucun intérêt à faire de la rétention d'informations, et surtout il était avec une amie... Toutefois il se pencha lui aussi afin d'éviter les oreilles trop indiscrètes.

-Non, cette fois c'est pas des conneries.

Le Krogan laissa un petit couple de seconde en l'air le temps qu'Ada digère l'information, et un peu pour soigner son effet dramatique aussi...

-Nar'Jamon, au-delà de la Travée de l'Attique. Ouais, on a trouvé un nouveau système solaire, assez beau de ce qu'on m'en a dit. Mais surtout on y a trouvé une nouvelle race consciente apparemment. L'Alliance, mais aussi des Turiens et des Krogans y sont partis, établir un premier contact j'imagine...

Les Clans lui avaient d'ailleurs proposés de se joindre au corps diplomatique, et bien que l'idée d'aller découvrir une nouvelle planète l'avait enchanté, ses obligations étaient passées devant et il avait dû décliner. Il espérait toutefois faire partie de la seconde vague, au cas où il faudrait s'entretenir avec les habitants de ce secteur.

Ante savait aussi que des membres de l'Hégémonie y prenaient part, mais il avait eu un aperçu du peu d'affection que sa partenaire leur portait et préférait ne pas évoquer la présence des Butariens pour ne pas la froisser, rajouter une couche à sa frustration et assombrir un peu plus ça journée. Enfin, tant que le nom du système en lui même ne lui mettait pas la puce à l'oreille...

Avec un peu plus d'entrain qu'auparavant il murmura :

-J'espère que nous serons rapidement amenés à nous y rendre, je n'imagine même pas les répercussions que cette découverte va avoir sur le reste de la galaxie, tout ce qu'il va y avoir à découvrir, à bâtir...

Ante s'arrêta, jetant un regard autour de lui. L'information n'était pas confidentielle, mais il valait mieux éviter que n'importe qui l'entende.

-Et surtout c'est une grosse opération inter-espèce, je sais qu'un de nos meilleurs Chefs de Guerre y participe à la tête d'un groupe de Turiens, c'est un très bon signe pour mon peuple


Le Krogan prit un nouveau moment pour chercher dans sa mémoire, tentant de recouper les informations qu'il avait pu voir passer.

-Je crois que pour ce qui est de l'Alliance, et si mes souvenirs sont bons, c'est une certaine McAvoy qui dirige les troupes, ça te dit quelque chose ?


Urdnot Ante, Krogan Diplomate.

Make Tuchanka Great Again !


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MessageSujet: Re: Diplomacy at its finest   Dim 16 Juil 2017, 00:46

Diplomacy at its finest

- Londres, Hôtel Four Seasons
- Bar de l'hôtel, une des tables rondes réservées

Juste après ma question, mon verre de Pinot noir réapparut dans mon champ de vision et je m'en emparai pour l'observer quelques instants alors qu'Ante prenait ce laps de temps pour sa réflexion. La couleur du vin ou sa robe comme appelé dans le milieu viticole était d'un rubis vif et brillant. Au nez, plusieurs arômes s'en échappait me rappelant entre autres les fruits rouges et la cannelle. Je remuais très légèrement le verre avant d'en boire une gorgée. La boisson était fraîche, comme si la bouteille venait d'être ouverte. En bouche, le vin était un peu acide, signe que le contenu de la bouteille datait bien d'il y a déjà plusieurs années mais ce Pinot noir était affirmé tout en étant d'une grande délicatesse. Quelque part, je trouvais que ce vin me ressemblait beaucoup et je souris pour moi-même en sachant que mon choix était le bon. Mais il y avait plus important que de faire de l'œnologie, Ante me confirma une chose : que les rumeurs que j'avais entendu étaient bien fondées. L'apprendre me soulagea quelque peu intérieurement, je n'aimais pas trop que des rumeurs ne se répandent au milieu des soldats, à fortiori ceux qui étaient sous mes ordres. Ainsi donc on avait bien découvert encore une nouvelle zone de la galaxie à partir du Nid du Milan... Apprendre la nouvelle me fit me rassoir contre le dossier de mon siège, retrouvant la posture de tout à l'heure, la jambe droite sur la gauche, le bras droit posé sur l'accoudoir et la main gauche juste au dessus de ma bouche, l'index formant comme une alcôve, mon pouce sur la joue dans une gestuelle de réflexion. Je me demandai à cet instant si Ante ne voulait pas faire un effet dramatique comme une révélation incroyable mais pour le coup, il ne faisait que confirmer ce que je pensais. Le diplomate Krogan compléta sa confirmation de cette rumeur qui n'avait fait qu'enfler au cours de ces dernières semaines et mois.

Une force concilienne sans Asaris donc... Nar'Jamon...

Le style et l'origine du nom de ce nouveau système me firent soudainement bouillir de colère mais intérieurement, j'arrivai à me maitriser en présence de mon ami krogan mais aussi parce que ce n'était pas le lieu le plus approprié pour péter soudainement un câble. Ma main sur l'accoudoir se crispa sur celui-ci et heureusement que j'avais reposé mon verre à vin sur la petite table car je pense que je l'aurais brisé si je le tenais encore. C'est sans aucune peine que je sus donc que des Butariens étaient impliqués dans l'affaire. Si c'était un nouveau système qui avait été découvert et qu'il portait un nom pareil, il avait dû être renommé en un foutu honneur d'un putain de chef butarien. J'ignorai comment ce système avait été découvert mais il était évident qu'un gros bonnet butarien était compris dans cette histoire. Merde mais comment pouvait-on faire confiance à ces connards qui vendraient leur famille et leurs amis s'ils en avaient pour obtenir ne serait-ce que de l'avancement dans leur misérable existence ? Comment pouvait-on leur rendre hommage en nommant un système à partir de l'un d'entre eux ? Des charognards et des putains de terroristes tous autant qu'ils sont... Cela me dépassait. Si on déclenchait un jour une guerre contre les Butariens, j'aurais été la première à la rejoindre et à la mener. Qu'on affronte n'importe quel ennemi de la galaxie que je serais partisane d'épargner leur population civile dont les femmes et les enfants, de bien traiter les prisonniers s'ils se rendent et d'accepter de négocier une reddition mais si on affrontait les Butariens, je n'aurais eue aucune pitié à raser leurs villes entières et à massacrer leur population jusqu'au dernier membre. Cette haine qui était en train de me consumer se résorba et fut éteinte par ma raison qui nuança mon jugement car obscurci par la mort de mon frère. Je me ressaisis alors pour tenter d'oublier les Butariens et mon désir d'extermination de cette race de parasites, les mots d'Ante sonnant comme de doux appels à oublier ma haine. L'imitant, je me penchai à nouveau pour l'écouter continuer de m'expliquer.

Oui tu as raison. Rencontrer une nouvelle race est toujours intéressante, peut-être ont-ils eu la chance de n'avoir jamais rencontré les Moissonneurs si c'est une race ancienne, qui sait ce que nous pourrions découvrir et apprendre de leur part... En espérant que cette race ne soit pas hostile. Suffirait qu'ils nous voient comme des envahisseurs au lieu d'alliés et on serait mal barrés.

Mon ton avait le sérieux de mon rôle d'officier militaire mais je devais encore éteindre intérieurement les derniers brasiers de la bouffée de haine et de désir de mort que j'avais en moi. Je mis quelques secondes de plus pour sentir mon niveau de colère descendre pour de bon en dessous du seuil acceptable avant de continuer d'écouter ce que le diplomate du clan Urdnot avait à m'apprendre. Je repris à cet instant, mon verre de vin pour en boire une nouvelle gorgée, le liquide rubis sirupeux s'écoulant le long de ma gorge pour rejoindre mon estomac et le goût légèrement âpre de la boisson alcoolisée se transforma en une légère traînée de plusieurs arômes, les fruits rouges tels que la framboise, la mûre ou encore la cerise furent les plus révélés et ressentir cette petite explosion de saveurs en bouche me donna légèrement faim. Il nous fallait bien quelque chose pour accompagner nos verres... Je mis dans un coin de ma tête de demander au serveur de revenir nous voir mais pour le moment, le vin m'avait fait retrouvé un état plus calme et bien plus à l'écoute d'Ante. Encore une fois, il avait raison de souligner le caractère multi-racial de l'expédition dans ce nouveau système, cela montrait que le Conseil avait à cœur d'impliquer le maximum d'espèces de l'espace concilien. Je me disais bien maximum car Ante n'avait pas fait mention des Asaris ce qui me surprit un peu. Comment ces aliens que l'on considérait encore comme les meilleures diplomates malgré la méfiance que l'on éprouvait envers elles depuis la fin de la guerre contre les Moissonneurs en avaient été oubliées ainsi ? J'arquais rapidement un sourcil en détournant le regard quelques secondes avant de fixer à nouveau les prunelles brillantes du Krogan. L'un des siens à la tête du détachement turien ? Je n'y crus pas une seconde, on avait certainement envoyé un chef turien pour commander les siens. Certes les Turiens avaient la discipline et le professionnalisme requis pour cette expédition mais je doutai fortement qu'un Krogan puisse les commander. De plus, je me disais aussi que pour une telle opération, on n'envoyait pas des recrues ou des novices, ce devait être des soldats expérimentés qui devaient en être. Puis Ante en vint à parler de l'Alliance.

Attends, tu parles bien du Lieutenant-Commandant Shaun McAvoy ? Pas du contre-amiral Elisabeth McAvoy ? Elle n'est pas dans ma flotte, s'il y avait un contre-amiral McAvoy dans la Cinquième, je le saurais.

Ce fut la partie qui m'intéressa le plus car mon ami diplomate me fit une révélation à laquelle, en revanche, je ne m'attendais pas du tout. Accoudée à la table, les bras parallèles, tapotant d'un air absent dessus sans bruit avec mon index droit, à peine le nom de McAvoy fut prononcé que mon index s'arrêta net sur la table et j'écarquillai les yeux pendant une fraction de seconde, montrant une surprise non feinte. Il parlait bien de la McAvoy que je connaissais, il parlait bien de Shaun McAvoy ? Pendant encore un laps de temps court, mes joues devinrent doucement écarlates. Je demandai alors confirmation à Ante qui approuva et confirma sans trop d'hésitation qu'il était bien question de Shaun. Merde alors... Savoir que ma meilleure amie voire ennemie d'enfance s'était retrouvée à la tête de cette troupe me fit ressentir une sensation incompréhensible et ambivalente. J'éprouvais une espèce de détestation à son égard depuis ma plus tendre enfance, nous n'avons eues de cesse de nous retrouver opposées malgré le fait que nos parents s'entendaient très bien tout les quatre. Je n'avais gardé étrangement aucun souvenir du frère de Shaun mais à contrario, je me souvenais très bien de cette petite fille qui était devenue une femme adulte au même titre que ma personne, elle n'avait qu'un an de plus de que moi. C'était une biotique mais à mon instar, j'ai su qu'elle était devenue officier. Nous avons eues plus d'une fois l'occasion de nous retrouver au cours de différentes réunions interarmes au sein de l'Alliance ou par le hasard du temps et au gré de nos mutations. La revoir était quelque part rassurant, mis à part ma famille, c'était encore la seule témoin de l'époque d'avant les Moissonneurs, représentante d'un passé si lointain mais également si proche. Néanmoins notre rivalité et notre détestation reprenait inlassablement le dessus même si, toujours en oppositions de styles totales, elle affichait une froide indifférence alors que je partais en provocations et moqueries. Oh elle ne restait jamais bien longtemps de marbre et pétait assez souvent un câble, je la connaissais bien depuis le temps, à force de la taquiner. Je répondis alors à la question d'Ante, rougissante, le sourire presque jusqu'aux oreilles et me retenant de rire, tâchant de calquer mon ton sur le sien mais bien hilare à la pensée d'entendre parler de Shaun alors qu'elle était pourtant à la tête d'une expédition pour le compte de l'Alliance dans un système tout juste découvert.

Si je connais Shaun McAvoy ? Et comment que ce nom me parle, on se connaît depuis qu'on est gamines, on a grandit ensemble ou presque. Elle est... ce que je pourrais appeler de plus proche comme d'une amie d'enfance mais pas exactement. On se déteste mais... il y a quelque chose entre elle et moi comme si malgré notre détestation, on ne pouvait se résoudre à éliminer l'autre. Je la déteste mais si j'étais la seule à pouvoir être en mesure de la sauver et personne d'autre, je le ferais sans hésiter.

Je détournai le regard vers la fenêtre qui donnait sur la rue et je repris mon verre, absorbant une autre gorgée de vin tout en fixant la rue et enchaînant, avant de baisser le regard en cours de route sur mon verre de Pinot noir.

Je n'aime pas les méthodes de l'officier ni comment elle traite ses hommes, elle est... distante avec ses soldats comme si elle avait peur de se mêler à eux, froide et dure. Elle personnifie le rôle de l'officier poigne de fer dans un gant de fer si tu veux rien à voir avec moi, du moins, c'est comme ça que je me vois. En revanche, je n'ai rien à dire sur ses compétences de commandement et sur son aptitude au combat, c'est un très bon soldat, biotique qui plus est. Mais ça ne m'empêchera pas de la charrier et de me moquer d'elle.

Sur cette dernière parole, je fis un petit rire pour moi-même mais suffisamment fort pour que seul Ante puisse aussi l'entendre, c'était un rire assez sinistre avec très peu de joie à l'intérieur mais plutôt de la jubilation presque sadique. C'était toujours un plaisir de voir qu'elle essayait de me résister chaque fois que je la charriais mais je savais que ce n'était qu'une question de temps. Plus petites, on passait pas mal de temps à se battre entre fillettes, nos parents nous séparaient parfois mais on ne pouvait pas toujours s'en empêcher. J'aimais notamment lui claquer les fesses, ça avait au moins le mérite de la mettre hors d'elle alors qu'elle ne devait pourtant pas avoir honte de son beau fessier. Je comprenais néanmoins que se faire fesser surtout par quelqu'un que l'on détestait ne devait pas être très agréable mais j'aimais la faire sortir de ses gonds. Seulement dans le cas où nous travaillerions ensemble sur une mission, je mettais ma mesquinerie de côté pour me concentrer sur notre tâche. Sitôt notre mission achevée, je n'hésitais pas à remettre une couche de provocation envers elle. Je brûlais maintenant de retrouver ma souffre-douleur qui me rendait bien les coups mais je me devais de penser à autre chose. Au moins il s'était passé beaucoup de choses entretemps dans la galaxie dont cette opération dans ce nouveau système solaire.

J'espère que ça se passe bien pour eux si l'opération est toujours en cours. Si on doit y faire un saut, je serais toujours ravie d'aller retrouver cette bonne vieille Shaun... Bon et côté Krogan, comment on se porte ? Comment il va Wrex ?
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Diplomacy at its finest

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