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 Dane Wesson : Détective privé

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Personnage RP
Faction : Aucune
Rang : Détective privé
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Messages : 6

MessageSujet: Dane Wesson : Détective privé   Sam 02 Sep 2017, 14:45
Registre Galactique des espèces
DANE WESSON

Informations primaires

Sexe : Masculin
Espèce : Humain
Âge : 42 ans
Faction : Indépendant
Poste / Grade : Détective privé
Parenté : Aucune de connue
Situation maritale : Techniquement marié – Voir histoire
Planète d'origine : Terre


Histoire


« Avance, abruti ! »

Je grimace, la tronche fourrée dans un sac opaque, tandis que le gorille derrière me pousse en avant, sans ménagement. Sous l'épais tissu, l'air est de moins en moins respirable, chargé de mon haleine aux relents du whisky de la veille. Pour autant, je mise sur mon légendaire self-control pour conserver mon calme... Une seule phrase tourne en boucle sous mon crane : gagner du temps.

Une porte coulisse, sifflements pneumatiques caractéristiques d'un mécanisme bas de gamme. Encore une fois, le singe aux allures d'homme qui me sert de geôlier me bouscule. Je reprends ma progression, un pas devant l'autre, lentement, sans assurance, m'attendant à embrasser à pleine bouche une cloison. Parce que, faut être franc : ce n'est pas la confiance envers mes tortionnaires qui m'étouffe. Ces enfoirés pourraient tout autant me conduire directement vers le sas le plus proche pour me catapulter dans l'espace en se tapant une barre de rire monumentale... Mais contre toute attente, ce n'est pas mon front qui rencontre un quelconque objet solide... Mais mon tibia. Il me faut plusieurs secondes avant réaliser qu'il s'agit de l'assise d'une chaise. Une nouvelle voix retentit. Froide, avec un fort accent slave :

« Asseyez-vous Monsieur Wesson... Rah, et enlevez-lui ce sac, ça devient ridicule ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait. D'abord aveuglé par la lueur agressive des néons jaune pisse, je plisse les paupières, mes yeux devenant des fentes à peine visibles. Mais après quelques douloureuses secondes où je m'efforce, question de survie, à m'accoutumer à cette crue luminosité, je découvre un grand gars tout sec, en costard trois pièces, sagement assis derrière une table rudimentaire sur laquelle repose tout mon matos : Omnitech, drone, mes fringues, quelques gadgets sortis de mes poches... Ainsi que Pénélope, mon M-3 Prédator. A coté de ceux-ci trône un dossier rangé dans une chemise cartonnée rouge sang. Il me regarde, droit dans les yeux, sans prononcer le moindre mot. Méthode de déstabilisation que je ne connais que trop bien. Si je m’étais réveillé ici après une cuite, j'aurais réellement pu me croire dans la salle d'interrogatoire d'un commissariat de police... Pas à bord d'un cargo appartenant à la pègre locale. Assis, menotté, je lui fais face, tandis que la montagne de muscles, gueule patibulaire, crâne rasé, ne me quitte pas d'une semelle, les mâchoires serrées comme un chien prêt à me sauter à la gorge.

« Monsieur Wesson... J'espère que mon ami ici présent ne vous a pas fait trop mauvaise impression... Ces méthodes sont quelque peu rustres, je le reconnais... Mais c'est un mal nécessaire pour m'assurer de l'identité de mes invités. »

Je grimace, lèvre fendue, moitié gauche du visage tuméfié par les coups de poings. J'ai comme un goût de sang dans le fond de la gorge, et l'impression que l'on vient de me passer la face sur une bande de toile émeri. M'enfin j'ai connu bien pire. Je lui réponds, direct, feignant la nonchalance :

« Aucun problème... Ça m'a rappelé ma dernière engueulade avec ma femme... »

Évidemment, l'autre enfoiré n'est biologiquement pas capable de comprendre un sarcasme. Je me mange aussitôt un direct du droit en plein visage. Le coup est rude. Je grogne, avant de cracher un mollard imbibé de sang frais à mes pieds.

« Allons, allons... Ne sommes-nous pas, ici, entre êtres civilisés ? Épargnons nous tous ces désagréments Monsieur Wesson. Répondez simplement à mes questions, et tout se passera sans heurts... »
« Hé minute ! Je suis sérieux ! Ma femme est Krogan... Je vous laisse imaginer les scènes de ménage... »


Le type ouvre de large yeux, soudain muet, visiblement stupéfait... Mais comme je sens la prochaine mandale arriver, j’enchaîne directe :

« Oui, voilà... C'est une histoire con hein... Une soirée de beuverie sur Illium, pas longtemps après la grande guerre. Je me suis réveillé un matin, trou noir total, avec une Krogan dans mon pieu, et une migraine carabinée entre les tempes. Sur le coup j'ai explosé de rire, n'y croyant même pas... Mais quand j'ai vu la bague à mon doigt, là j'ai vraiment flippé. Quand j'ai voulu me tirer en douce, elle m'a sauté dessus, mis la tête au carré... J'ai réussi à me sauver... Mais à chaque fois que je la recroise, ça a fini toujours avec ses poings dans ma tronche. »

Techniquement, je suis toujours marié à cette furie, vu que je n'ai jamais fait les papiers du divorce. En même temps, l'aurait fallu qu'elle sache lire et écrire pour les signer... Je me console en me disant qu'elle vit dangereusement, et qu'elle va forcément y passer un jour ou l'autre.

Visiblement, cette anecdote ne fait rire personne. J'imagine qu'ils ne savent pas si je déconne ou pas. Poker face qu'on m'appelle dans le milieu hein. Sauf que pour le coup cette histoire est cent pour cent véridique, à mon plus grand désarroi. L'espace d'un instant, je me dis que je vais en manger une autre. Mais non, le mafioso continue son interrogatoire :

« Je me suis renseigné sur vous, Monsieur Wesson... »

Il baisse les yeux sur son dossier, qu'il ouvre délicatement, avec une lenteur qui m'irrite les nerfs. Sur la première page, je distingue des notes manuscrites, ainsi qu'une photo de moi gosse, avec mes parents. Une sourde colère me monte aux narines, j’aboie :

« Où avez-vous eu ça ?! »
« Vous seriez surpris de tout ce qu'on trouve lorsque l'on tape le nom d'une personne sur l'extranet. Surtout une personne qui commence à se faire une solide réputation dans certains milieux. »


Pfff.

« Vous avez eu un sacré parcours. Né sur Terre, parti vivre sur Mindoir avec vos parents lorsque vous aviez huit ans. Rah, les prémisses de la colonisation humaine. C'était une sacrée époque... Nous pensions tous que nous pourrions rapidement décrocher une place privilégiée au sein de la société galactique que nous découvrions à peine. »

Je hausse les épaules, incapable de comprendre où va nous mener tout ça. Pour autant, sans le savoir, cet enfoiré joue mon jeu. Il me fait gagner un temps précieux.

« Pour être franc, je ne me rappelle plus grand chose de cette époque. C'est comme... Une autre vie. »

J'étais qu'un gosse insouciant gâté par des parents idéalistes. Ils voulaient vivre dans les étoiles. Idiots je dirais même, avec le recul. Ils ont été parmi les premiers à y rester lorsque les Butariens ont fondés sur la colonie deux ans plus tard. Enfoirés d'aliens à quatre yeux. Je me suis retrouvé orphelin, pris en charge par une association d'aide aux victimes de guerre, qui m'a trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil, sur notre bonne vieille Terre. Retour à la case départ. A chaque fois, je faisais le nécessaire pour rendre complètement tarés mes parents d'adoption. S'en était même devenu un jeu.

Je me rappelle aussi qu'a cette époque, les tensions entre nos deux espèces touchaient à leur paroxysme. Une guerre d'influence pour la colonisation de la Travée de l'Attique. A chaque fois que j'en entendais parler, je pétais littéralement les plombs. Jusqu'à ce que je dérape complètement. Une nuit, j'ai fugué, pour ne plus jamais revenir. Je me suis retrouvé seul dans les taudis de la banlieue londonienne. Là ou se terrent encore aujourd'hui les pires parias que notre société humaine a su produire. Rapidement, pour survivre, j'ai rejoint un gang de gamins aussi paumés que moi. Au début, on était juste une bande de gosses sans repère qui jouaient aux caïds dans les taudis. On rackettait les gens, on tapait sur les clodo pour s'amuser. On piquait de la bouffe et de l'alcool dans les magasins... Rien de bien méchant. Mais, avec le temps, avec la maturité, tout est devenu plus sérieux. Armes, drogues, arnaques en tout genre. On a fini par être absorbé par un plus gros cartel, et on est encore passé à la vitesse supérieure. Très franchement, je ne peux pas dire que je suis fier de cette époque. Mais je n'en ai pas honte non plus. J'ai fait ce qu'il fallait pour survivre, c'est tout. N'importe qui aurait fait de même.

« Je dois bien avouer que n'ai pas grand chose vous concernant avant vos dix-huit ans, Monsieur Wesson... »
« C'est parce qu'il n'y a pas grand chose à dire. »
« Et ce tatouage sur votre épaule ? C'est bien celui des London's Pariah ? »
« Effectivement... »


Instinctivement, mes yeux plongent sur mon épaule dénudée. Je l'ai reçu au lendemain de mon rite d'initiation dans une branche plus violente du gang, après mon premier meurtre de sang froid. Je m'en souviens à peine, tout c'était passé si rapidement. Je devais braquer une épicerie, vider la caisse... Et liquider le gros lard qui refusait de payer la taxe de protection. D'habitude on se contentait de mettre le feu en cas de refus, mais cette fois le boss avait décidé de faire un exemple. Je m'étais porté volontaire. J'avais seize ans. C'était seulement quelques jours après l’annonce du Raid Skyllian dans les médias. Cette histoire m'avait rendu complètement dingue, sentiments de frustration et d'humiliation qui me firent revivre, à grand renforts de cauchemars apocalyptiques, ce qui s'était passé sur Mindor. Les Butariens, tous des fils de pute. Résultat, j'étais passé à l'acte sans aucune hésitation. Suffisait de presser la détente.

« Après vos dix-huit ans, on trouve plus facilement des informations sur vous. Surtout dans les registres de l'Alliance. Un gamin des rues qui s'engage du jour au lendemain... Tellement cliché. »
« Ouais, et alors ? La rue, c'est pas vraiment un plan de carrière. A un moment, je me suis regardé dans le miroir, et je me suis demandé si j'allais continuer ces conneries encore longtemps. Sans aucun bagage, y'avait pas trois milles possibilités. »


Oui, j'ai toujours su rebondir. Si certains appellent ça la chance, moi je dis que c'est juste l'une des facettes de mon instinct de survie aiguisé par ces années de galère. Etre au bon endroit au bon moment, c'est un don. C'est comme ces bêtes sauvages qui sentent le vent tourner... J'ai appris par les médias à sensation qui traînaient partout en vitrines que l'Alliance se préparait à rentrer dans le lard des Butariens. Toute cette haine et cette colère qui bouillonnait en moi depuis des années, celle-là même qui m'avait poussé à faire tant de conneries, me poussait à présent m'engager. Je sentais que c'était le truc à faire. Oui, je le sentais, dans mes tripes. Je pensais pouvoir agir pour le reste de l'humanité. Qui sait, peut-être que grâce à moi, d'autres gamins ne connaîtraient jamais mon sort ? Et je l'ai fait : je me suis porté volontaire. Non sans manquer de me faire trucider par mon propre gang, quand j'ai tenté de mettre les voiles. Depuis, je ne suis plus jamais retourné sur Terre. Je suis bien placé pour savoir que les London's Pariah ont la rancune tenace.

« Mais voilà qu'au bout de trois ans, vous démissionnez...»

Une nouvelle fois, je hausse les épaules, me surprenant presque par ma soudaine franchise. Faut croire que ce type a l'art de délier les langues :

« La hiérarchie, c'est pas mon truc. Du moins celle de l'armée, genre tu fermes ta gueules et tu obéis aux ordres d'un vieux con qui n'a jamais mis un seul orteil sur un vrai théâtre d'opération. Dans la rue c'était différent, on venait tous du même milieu, même si certains commandaient, on était tous des frères. Mais dans l'armée, j'ai bien senti qu'il y avait deux types de personnes : ceux destinés à obéir, et ceux destinés à donner des ordres, parce qu'ils sortaient de je ne sais quelle école d'officier, ou qu'ils étaient des fils à papa. Bref, j'estime avoir fait ma part du boulot. Et quand ça m'a trop gonflé, je me suis tiré. »

Pour être franc, j'ai pas fait grand chose dans l'armée. Moi qui avait espéré trucider du Butarien à la pelle... En trois ans, j'avais tout juste eu le temps d'être formé au maniement des armes usuelles, d'apprendre les bases de plusieurs techniques de corps à corps. En plus, dès le départ, ces conneries de tests psychologiques avaient détectés chez moi une potentielle instabilité, du coup je m'étais retrouvé dans un régiment de soutient technique, plutôt que sur le terrain, en première ligne, comme j'en avais rêvé. Adieu mes espoirs de vengeance. Au moins, pendant cette période, j'ai appris à me servir de drones, on ne peut pas dire que je le regrette aujourd'hui vu mon job de détective. Je secoue la tête, plante mon regard dans celui de mon interlocuteur. Franchement, ça rime à quoi toutes ces questions ? Je commence à prendre patience. Je devrais jouer le jeu, et continuer à gagner du temps... Mais c'est plus fort que moi ! Alors je lui fais, sèchement :

« C'est bon ? C'est fini ?! »

Nouvelle claque en pleine gueule. Le coup est encore plus rude que le précédent. A ce rythme, je vais y laisser toutes mes dents.

« Monsieur Wesson... Monsieur Wesson... Vu votre métier, j'aurais pensé que vous étiez un homme patient. Mais comme vous ne supportez visiblement pas de tourner autour du pot... Jouons cartes sur table : je sais parfaitement pourquoi vous vous être introduit sur mon cargo. Vous recherchez le hacker qui a réussi à voler des données cryptées sensibles au Courtier de l'Ombre. Combien vous paie-t-il pour ce job ? »

Je me contente de ne rien dire. Je ne parle pas de mes honoraires avec des inconnus !

« Ce geek binoclard est sous ma protection Monsieur Wesson. Je sais que vous ne faites que votre boulot... Je ne peux pas vous en vouloir. Retrouver des objets et de gens, c'est votre spécialité à ce que j'ai cru comprendre. Et d'après ce que j'ai pu lire, vous êtes plutôt doué pour ça. Alors plutôt que de vous jeter dans le premier sas venu, je vous offre une opportunité unique : renoncez à votre contrat, et travaillez pour moi à la place. »

C'était donc ça, un entretien d'embauche. Putain, fallait le dire ! J'aurais mis une cravate ce matin !

« Mais pour m'assurer que vous êtes une... Personne de confiance, j'ai besoin d'en savoir un peu plus sur vous. Vous comprenez ? C'est aussi simple que ça... »

Mouais. Tout ce cinéma pour ça. Quel guignol. Pour autant, je hoche la tête.

« Ouais, je vois. Je suis pas donné, j'espère que vos finances suivent. »
« En échange de votre vie, Monsieur Wesson, je suis sûr que nous trouverons un bon compromis. »
« Dit comme ça... Bon... Vous voulez quoi ? Que je vous déballe le reste de ma vie en version accélérée, pour qu'on en finisse ? J'imagine que votre temps est précieux. »
« Je vous que nous nous comprenons... Je vous écoute. »


Je m’éclaircis la gorge, avant de reprendre. C'est parti pour les confessions intimes :

« Après l'armée, j'ai eu un passage à vide. J'avais vingt-et-un ans, aucun diplôme, je ne savais pas faire grand chose de mes mains, à part cogner sur des types. Comme j'avais nulle part où aller, j'ai tenté ma chance sur la Citadelle. Je me suis dis : au moins je serais au centre de la galaxie, je tomberais bien sur une opportunité. Au début, j'ai bossé comme docker, mais rapidement on m'a proposé quelques pots de vins pour fermer les yeux sur certaines marchandises. Ça arrondissait bien les fins de mois... Jusqu'à ce que le SSC me tombe dessus. Ils m'ont sacrément bien cuisinés les salauds. Mais j'ai tenu bon, j'ai fermé ma gueule. Ils m'ont relâché, faute de preuves, non sans me garder quelques temps à l’œil. J'ai perdu mon job, mon appart... J'étais sur le point de tout lâcher et de quitter cette foutue station. Sauf que la veille de mon départ, deux types louches sont venu me trouver. Un blanc et un black. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait de gros bras, que j'allais avoir des ennuis. Mais non, c'était deux privés. Arnold et Spencer... D'Arnold et Spencer. Ouais, je sais, c'est pas l'imagination qui les étouffe. Ils m'ont proposé d'être leur indic, de jouer l'infiltré. Ils voulaient user de leur relations pour me faire retrouver mon job, en échange de quoi j'allais les aider à démanteler le cartel de contrebande dont le SSC n'arrivait à se débarrasser depuis plusieurs années. Comme j'avais fermé ma grande gueule, ils pensaient que je pourrais rapidement gagner la confiance des gros poissons derrière ce trafic. Franchement, je ne suis pas une balance. Mais j'avais rien à perdre, bien au contraire. Alors je me suis dis... Merde, je tente le coup. En moins de six mois, on a fait tomber le Volus à la tête de tout ce bordel. J'ai même eu le droit à une poignée de main du directeur du SSC en personne. Finalement, comme on formait une bonne équipe, Arnold et Spencer m'ont proposé d'être leur associé, d'apprendre les ficelles du métier de détective. J'ai sauté sur l'occasion, me disant que ma connaissance des milieux louches serait un plus indubitable, que j'avais enfin l'opportunité de devenir quelqu'un de respectable, en quelque sorte.

Sauf que... Après quelques mois seulement, j'ai déchanté. La plupart des affaires n'avaient rien à voir avec ce que je venais de vivre. On bossait sur des trucs merdiques... Adultères, vols à l'étalage, harcèlements... Et le peu de gros coups qu'on arrivait à dénicher, c'était pour se retrouver avec le SSC dans les pattes, qui n'aimait pas que des privés marchent sur leurs plats de bandes, surtout des privés humains. Ça m'a vite gonflé, mais j'ai serré les dents, me disant que ça finirait par changer... J'ai tenu comme ça plus d'un an. Pour finalement me prendre littéralement le chou avec mes mentors. Faut dire qu'ils appréciaient pas tout le temps mes méthodes... musclées. Plus d'une fois j'ai failli finir au trou à cause de ça. Mais voilà, pour moi c'était une question de survie : en cognant sur un suspect, on résolvait les affaires bien plus rapidement que le SSC ! Et on empochait le pognon ! Sauf qu'ils ne l'entendaient pas vraiment de cette oreille...

Du coup j'ai claqué la porte, et décidé de me mettre à mon compte. Je ne savais rien faire d'autre... Ça c'était en 83, j'avais vingt trois ans... C'était quelques semaines seulement avant l'attaque des geth sur la Citadelle. »


Je soupire, yeux dans le vague, me remémorant cette journée de dingue.

« En fait, tout ce chaos a été une véritable aubaine. Après le passage des Geth, le SSC était débordé, en effectifs réduits. Le taux de criminalité a explosé. J'ai rapidement pu trouver quelques affaires juteuses pour me lancer. Malgré ma jeunesse et mon manque d'expérience, j'ai commencé à me faire un petit nom... Et quelques ennemis, comme mes anciens associés. Ces enfoirés. Dès qu'ils ont pu me foutre dedans, ils l'ont fait. Un soir, le SSC m'a choppé, j'ai passé 48h en garde à vue, parce que j'avais tabassé plusieurs gars pour retrouver un type. Ok, c'était pas très malin. Au final, j'ai pas eu d'autre choix que de me tirer de la Citadelle, je ne pouvais plus agir, on me surveillait trop. »

Cette fois encore j'ai eu du bol. Trois mois plus tard, les moissonneurs débarquaient. Je serais resté là bas, je ne serais plus là pour en parler. Enfin j'imagine. L'année 86 a été encore pire que les autres. Foutue guerre. Je me suis planqué sur Illium le temps que ça passe. L'armée j'avais déjà donné, et franchement, je ne suis pas du genre à me sacrifier pour les autres. Ma gueule d'abord. Là bas, j'ai pas mal picolé pour oublier que c'était l'apocalypse... Et je me suis retrouvé marié par accident avec une Krogan. Quelle connerie.

« Franchement, personne ne pensait qu'on s'en sortirait. Sur Illium, ca a été l'anarchie la plus totale pendant plusieurs mois. Les gens se sont lâchés, ont claqué tout leur pognons, ont tenté d'assouvir tous leurs fantasmes et désirs, même les plus sombres, dans l'espoir de profiter du peu de temps qu'il leur restait avant que la moisson nous fauche. J'ai été aussi con que les autres. Sauf que... Bah, vous connaissez l'histoire hein. Les moissonneurs ont été détruits... Et on s'est retrouvé isolé du reste de la galaxie. Un matin je me suis réveillé, en vie... Mais avec une tonne de dette à éponger. J'ai presque regretté de ne pas y être resté.»

Malgré moi, je laisse échapper un soupir. C'est clairement pas les meilleures années de ma vie.

« Sur Illium, c'est marche ou crève. Là bas, toutes les grosses boites ont leurs armées privées. Même si l'isolement n'a pas duré bien longtemps, les ressources se sont d'un seul coup trouvées limitées. Alors j'ai fait ce qu'il fallait pour survivre et rembourser mes créanciers : j'ai bouffé à tous les râteliers. Y avait des vols de matériels, de l'espionnage industriel, des gars qui trahissaient et vendaient des informations aux concurrents, et j'en passe. Moi, je ne posais pas de questions : on me filait le taff, j'enquêtais et je trouvais le ou les responsables. La suite de l'histoire de m'intéressait pas.

Même lorsque le relais du système a été remis en état, j'ai été obligé de continuer ainsi plusieurs années. J'aurais pu tenter de prendre la poudre d'escampette. Mais j'suis pas aussi stupide. Avoir un gang terrien sur le dos, franchement c'est anecdotique... Mais des créanciers au bras tellement long qu'on en distingue les doigts, non merci. Sur ce coup, j'ai été réglo : j'ai remboursé mes dettes. Ca m'a aussi appris à être prudent, et à pas fourrer mon nez partout. Dans cette galaxie, y'a des entreprises tellement puissantes qu'elles pourraient vous écraser comme si vous n'étiez qu'une mouche à merde.

Après ça, j'ai bougé. J'avais perdu le goût de me poser quelque part. Il y avait du taff un peu partout. La galaxie était en reconstruction et les opportunités ne manquaient pas pour les types n'ayant peur de se mouiller. Je me suis rapproché de plusieurs groupes de mercenaires, de pirates, de politiciens véreux aussi. C'est dingue ce que les gens sont prêt à dépenser pour conserver une longueur d'avance sur leurs concurrents directs. Espionner, collecter des informations, retrouver des types ou des objets... J'étais dans mon bain.

C'est comme ça que je me suis taillé une petite réputation. Le bouche à oreille ça fait des merveilles quand on est bon. Maintenant les contrats viennent à moi, j'ai même plus besoin d'aller les chercher. C'est pratique, non ? »


Et c'est comme ça que je me suis retrouvé en contact avec un intermédiaire du Courtier de l'Ombre, qui m'a proposé un joli pactole pour retrouver un hacker l'ayant doublé. J'ai suivi sa piste sur Eden Prime, où il cherchait la protection d'un parrain de la pègre locale... Oui, le même type qui se trouve devant moi, à jouer au bon flic pour me faire causer. Tout ce que j'ai pu apprendre, c'est que les informations piquées au Courtier, ont assez de valeur pour que des gens y laissent leur peau. Ce geek est planqué quelque part à bord de ce Cargo, je le sais, je le sens même... C'est pour cette raison que je suis monté, en mode clandestin, juste avant qu'il ne décolle. Faut que je me suis fait rapidement topé quand j'ai commencé à fouiner un peu partout.

« Voilà. La suite de l'histoire j'imagine que vous la connaissez déjà... »

Spoiler:
 


Apparence



Le matin, je passe jamais plus de dix minutes dans la salle de bain. Juste le temps de mater ma tronche dans le miroir, voir si je suis toujours le même que la veille. Et quand je mate mon visage, j'y vois rien d'exceptionnel. Je suis loin d'être moche, mais pas franchement un canon de beauté non plus... Même si pas mal de poulettes apprécient mes traits basanés, burinés par les années de débrouillardises douteuses, ma mâchoire carrée. Mes yeux noisettes sont profondément enfoncés dans leurs orbites. Mon nez, cassé à de multiples reprises, témoigne des bastons auxquelles j'ai participé. Comme souvent, je suis mal rasé. Je déteste me laisser pousser la barbe, les démangeaisons me rendent dingue. Pour autant je suis pas du genre à me pouponner quotidiennement. Dans mon haleine, y'a toujours comme des relents de tabac froid et de whisky. Parait que c'est pas bon pour la santé. Mais d'un autre coté, tout ce que je fais risque de me tuer...

Épaules larges, je mesure pratiquement un mètre quatre vingt-dix. Je suis grand, sans être immense. J'ai jamais été adepte des salles de sport. Alors on peut clairement dire que j'ai une belle couche de graisse par dessus les muscles que j'ai développé par nécessité, non pour le plaisir des yeux. Du coté forme physique, on ne peut pas dire que je suis à mon apogée, voilà quelques années déjà que je décline. L'entrée dans la quarantaine ne fera qu'accélérer ma perte d'endurance. Pour autant, j'ai passé tant d'années à courir à droite et à gauche que j'ai de très bons reste, je ne me plains pas. Si je déconne pas, je peux encore faire ce métier une bonne vingtaine d'années sans y laisser trop de plumes. Après, faudra sûrement que je revois mes... Méthodes. Qui sait, peut-être embaucher un petit jeune qui fera le sale boulot pour moi.

Souvent, je me balade en imperméable long. Oui, c'est assez cliché pour un privé. Mais d'un autre coté, les poches multiples de ce genre de manteau sont sacrément utiles. Mes poches, c'est pire que le sac à main d'une femme. Y'a tout un tas de chose là dedans, la plupart totalement inutiles. C'est ironique quand on pense au nombre de blagues misogyne que je peux sortir à la minute... M'enfin, c'est ainsi.



Caractère



Sans me vanter, je crois bien pouvoir dire que je suis un gars complexe, pas facile à cerner et à appréhender. Ma sainte horreur de l'autorité me rend particulièrement imprévisible. Suffit de me demander quelque chose avec un peu trop d'insistance pour que je prenne un malin plaisir à faire le contraire. Surtout que je suis du genre à juger les gens eu premier coup d’œil. Si une gueule ne me revient pas, bah, je ne ferai aucun effort.

Pour autant, je suis loin d'être un handicapé social. Au contraire même, j'ai un sens de l'humour de bas étage qui ferait exploser de rire le plus patibulaire des piliers de comptoir. J'affectionne particulièrement les blagues racistes et misogynes. Bref, tout ce qui est politiquement incorrect. De part mon job, je me dois d'être capable d'aborder des gens, de leur poser des questions sans les faire fuir. Alors même si j'ai mes accès de connardise, la plupart du temps je sais me montrer parfaitement cordiale.

J'ai pas mal bourlingué, j'en ai vu des saloperies. Ma curiosité insaisissable m'a souvent fait plonger dans les emmerdes jusqu'au cou. On ne peut pas dire que j'ai eu une vie facile et reposante. Ça m'a forgé un caractère de survivant, prêt à tout pour sauver sa peau. Ma morale est souple, et je n'hésite pas à faire usage de la violence si j'estime que cela me sera bénéfique. Je n'éprouve aucun plaisir à tirer sur quelqu'un, sauf quand c'est un Butarien... Mais pour autant, je n'éprouve que rarement des remords. Dans la vie, faut savoir se salir les mains et assumer ses choix.

D'un point de vue professionnel, je me suis taillé une réputation de type fiable. Je suis capable de mettre ma curiosité de coté le temps de résoudre une affaire sensible... Et lorsque je commence un job, je fais ce qu'il faut pour le terminer, d'une manière ou d'une autre. Je crois que ce qui m'excite le plus c'est l'adrénaline, et l'idée de toucher une belle somme de crédits. Oui, j'aime les crédits, et je l'assume. Ceux qui disent le contraire sont soit stupides soit sacrément hypocrites. Autant la thune c'est plutôt facile à obtenir lorsqu'on est bon... Autant pour l'adrénaline. Elle me pousse à prendre parfois des risques stupides, à bouger en permanence. Je ne sais pas rester en place, pépère. La routine est pour moi la pire des tortures. Bref, je suis né pour être freelance.



Compétences / Profil


Profil :

Profil : Fantôme 6/0/8
Équipement :

Armes : Un pistolet lourd M-3 Prédator surnommé « Pénélope »
Armurerie :
- Un autre pistolet lourd M-3 Prédator, lui aussi surnommé « Pénélope », au cas où la première Pénélope rende l'âme.
- Une armure de combat légère achetée d'occasion au marché noir sur Omega. De marque Elkoss Combine, elle a été rafistolée plusieurs fois. Vendue sans son casque, les traces de sang incrustées dans les plaques de protection au niveau du cou ne laissent aucun doute quand au destin tragique de son précédent propriétaire. Dane ne la porte que rarement, lorsque ses enquêtes l’emmène dans les pires coupe-gorge de la galaxie.

Compétences :

Militaire :
- Combattant moyen : Dane sait se défendre, mais n'a jamais été formé par des experts du combat au corps à corps.
- Maitrise avancée du combat à distance : Dane utilise des M-3 Prédator depuis plus de quinze ans. Bien qu'il ait reçu quelques formations sur des armes plus lourdes lors que ses classes, il est loin d'être à l'aise avec un pistolet mitrailleur ou un fusil d'assaut.

- Grenades incapacitantes (2 pts)
- Munitions cryo (2 pts)
- Munitions antigrav (2 pts)

Au fil de ces années d'expérience, Dane a appris à se préparer à toutes les éventualités. Ennemis lourdement protégés par des armures, biotiques, détenteurs de boucliers cinétiques. Il n'excelle contre aucun ennemi, mais aura toujours une carte dans sa manche pour espérer se tirer d'une situation imprévue.

Biotique : Non

Technologie :
- Hacker débutant : Sans divers gadgets pour l'aider à passer les sécurités les plus élémentaires, Dane est incapable de pirater quoi que ce soit.
- Drone (1 pt) prénommé « Aziz », équipé de : Distraction (1 pt) ; Caméra (1 pt) ; Scanner (1 pt) ; ainsi que d'une lampe torche frontale : mais ça c'est du bricolage fait maison.
- Extincteur intégré (2 pts)
- Omnipoing (2pts)

Encore une fois Dane dispose d'une panoplie de gadgest technologiques autant capables de l'aider dans l’exercice de son travail, que de le tirer des mauvais pas dans lesquels il fonce régulièrement tête la première. C'est dans l'armée qu'il a appris à utiliser et réparer les drones.


Compléments

Signe(s) distinctif(s) : Tatouage des London's Pariah sur l'épaule gauche, qui représente une fille nue léchant le canon d'un fusil d'assaut. Ce tatouage est de qualité médiocre, monochrome.
Relations avec les autres : Nada
Des liens prédéfinis ? : Nada
L'objectif de votre personnage à long terme ? : Gagner assez de crédits pour s'acheter un petit coin de paradis ou passer ses vieux jours, quand il ne pourra plus parcourir la galaxie... Et aussi, pourquoi pas, passer le flambeau à un petit jeune.


Hors Personnage

Célébrité sur l'avatar : /
Comment avez-vous connu le forum ? Via un Topsite, je ne sais plus lequel :/
Est-ce un double compte ? Négatif
Des remarques ? Je kiff le design du forum Smile



RP d'introduction


Un silence pesant s'installe entre nous, rapidement broyé par le claquement des mains de mon maffieux d'interlocuteur.

« Bravo, quel exposé, quelle vie palpitante. Dire que moi j'ai été coincé sur Freedom's Progress pendant toute la période qui a suivie la guerre... Imaginez comment je me suis ennuyé comme un rat mort avec tous ces pecnots de colons... »

Je me demande surtout ce qu'il a été faire là bas. Après le passage des récolteurs, y'a bien quelques colons qui s'y sont réinstallés, mais ça reste le trou du cul des systèmes Terminus, d'après les critères humains. A vrai dire, je m'en fou.

« Maintenant que les présentations sont faites, nous allons pouvoir passer aux... »

Soudain, une détonation tonitruante retentit. La coque vibre, crissements à vous défriser les poils du cul. Dans l’œil de mon interlocuteur, je peux lire un bref instant de panique. La mine de son homme de main se décompose également... Il tourne la tête vers son patron, inquiet. J'agis aussitôt.

Dopé par l'énergie du désespoir, je me redresse d'un bond, saute sur le gorille. Il n'a pas le temps de se retourner, que la chaîne des menottes qui me lient les mains passent par dessus sa tête, pour se refermer sur son cou de taureau. Par réflexe, il porte les deux mains à sa gorge, mais déjà le métal s’enfonce profondément dans ses chairs, comprimées par tout le poids de mon corps. Le big boss est pris de court, il met plusieurs secondes avant de réagir. Sa main osseuse plonge vers la crosse de Pénélope posée sur la table, dont il se saisit, tremblotant. Sans même prendre le temps d'ajuster sa visée, il presse la détente. La balle s'échappe du canon... Pour pénétrer le torse de son sbire, dont je me sers comme d'un bouclier.

Au même instant, la semelle de ma botte s'écrase contre la tranche de la table. J'y mets toute ma puissance. Celle-ci, dans un crissement strident, glisse d'un bon mètre. Le parrain est frappé au niveau de l'estomac, pris en sandwich entre l'acier de la table, et le froid métal de la cloison dans son dos. Le choc est si rude, que je crois même entendre ses cotes flottantes craquer sous l'impact. Il lâche Pénélope en gémissant, mal en point. Cette fois, je ne fais rien pour retenir mon sourire en coin. Le gorille est un devenu poids mort, que je libère rapidement de mon étreinte. Puis, avec une assurance quasi théâtrale, je m'empare de mon pistolet, pose le canon sur le front du mafioso. Il sue à grosses gouttes, les pupilles dilatées comme jamais :


« Attendez !! Je peux vous... »
« Désolé mon pote. Rien de personnel, c'est juste mon job hein... Je suis sûr que tu comprends »


Je presse la détente. La balle se loge entre ses deux yeux, à bout portant. Sa tête est propulsée en arrière. Je me dis : ça fait toujours un salaud de moins dans cette galaxie, je suis un peu comme un justicier non ? Sans perdre plus de temps que nécessaire, je récupère mes affaires. J'enfile mon inusable imperméable, y refourre tout mon bordel jusque là éparpillé sur la table, non sans avoir pris le temps de trouver les clés me libérant de ces saloperies de menottes. L’adrénaline coule dans mes veines, comme un torrent de lave qui me brûle de l'intérieur. J'ai eu chaud cette fois... J'ai bien cru que les charges explosives que j'avais placé avant de me faire chopper n'allaient jamais s'activer... J'ai quand même le cul bordé de nouilles comme on dit. Si cet enfoiré n'avait pas insisté pour nouer le dialogue, j'aurais fini dans un sas. M'enfin, c'est pas le moment de cogiter, j'ai un job à finir.

J'active mon drone. Aziz que je l'appelle. Il bip, flotte à un bon mètre cinquante au dessus du sol. Ses systèmes redémarrent. Usant des commandes intégrées à mon Omnitech, je lui ordonne un scan complet de cette section du vaisseau. D'après mes renseignements, le hacker n'est pas loin. Et effectivement, après moins d'une minute, il repère sa signature thermique.

« Ok, c'est pas loin. Il sait sûrement qu'on arrive... Ne le décevons pas. »

Ouais, je parle à un drone. Je parle aussi à Pénélope de temps en temps. Je suis comme ça, je m'attache à mes petits gadgets. Faut savoir communiquer, c'est important, non ?

J'active la commande de l'unique porte coulissante de la salle d'interrogatoire, passe la tête prudemment dans l'encadrement, Pénélope bien en main. J'entends au fond des éclats de voix, des claquements de bottes. Aziz me confirme que pratiquement toutes les formes de vie à bord se sont agglutinées à la poupe, pour éteindre les incendies déclenchés par mes explosifs placés sur les bobonnes d'oxygène du système de recyclage d'air. Un grand classique. Aussi, profitant de cette diversion pyrotechnique, je m'engage sans plus attendre dans l'étroit couloir en direction de l'avant du cargo. Il n'est pas bien long, se terminant par une porte. Celle du cockpit, scellée par les sécurités automatiques. Sur la console d'ouverture une loupiote rouge témoigne de cet état de fait. Mais là n'est pas mon objectif. Sur la gauche s'ouvre une spacieuse cabine. Celle de feu le big boss des lieux j'imagine. A l'intérieur, la lumière éteinte m'interdit toute analyse des menaces auxquelles je risque de m'exposer. Blotti contre la cloison, n'osant passer la tête dans l'ouverture au risque de me le faire arracher par une balle, j'ordonne :

« Aziz ! Lumière ! »

La torche frontale du drone d'active. Le rayon lumineux, puissant, révèle une silhouette d'abord floue qui se déplace aussitôt, tentant désespérément d'échapper à mon regard en se jetant derrière le plumard. Un objet dans ses mains me fait réagir aussitôt. Je bondis dans la pièce, bascule en mode munition cryo et balance la sauce. L'inconnu est fauché en pleine poitrine. Il se fige, regard vitreux, avant de tomber au sol, face la première. Cette chute semble durer un temps infini alors que je réalise qu'il s'agit de l'homme que je recherche. Il laisse échapper une tablette tactile qui se brise au sol, vomissant ses composants électroniques dans toutes les directions. Merde. Le Courtier de l'Ombre le veut vivant. J'ai pas le droit à l'erreur si je veux toucher la prime ! Ses membres parcourus par de spasmes réflexes me filent des frissons d'inquiétude. Je grimace, me précipite sur lui, pour poser deux doigts sur sa gorge froide. Je ne sens aucun pouls

« Aziz... Dis moi que je ne viens pas de faire une connerie... »

Le drone s'approche, lâche un bip rassurant. Je soupire. Ses signaux vitaux sont faibles, mais stables. La balle est entrée dix centimètres sous son cœur, pour ressortir de l'autre coté, congelant les tissus au passage... Mais avec un peu de Medi-Gel, il ne devrait pas me claquer entre les doigts. Sans perdre plus de temps, je l'attrape et le passe par dessus mon épaule pour le transporter. Il doit peser cinquante kilo tout mouillé. Une vraie crevette geek.

« Aziz, calcule moi le chemin le plus sûr pour rejoindre la capsule d'éjection la plus proche... »

Évidemment, la plus proche se trouve de l'autre coté de la porte verrouillée du cockpit. Ca aurait été trop beau. Les autres ne sont pas accessibles, du moins pas sans prendre le risque d'alerter la dizaines d'hommes armés qui ne se doutent toujours pas de mon évasion. Bon... Je retourne dans le couloir, prudent, puis m'autorise quelques secondes de réflexion, le regard perdu sur le tableau de contrôle permettant d'ouvrir la porte du cockpit. Pas d'autre choix que de tenter de le pirater.

Je repose le geek au sol, m'approche du terminal. Modèle classique, il n'a pas l'air spécialement sécurisé. Ça pourrait le faire. D'un geste brusque, j'en arrache la trappe de maintenance, d'où pendouillent des dizaines de fils de toutes les couleurs. Je plonge une main dans les poches de mon imperméable, à la recherche du bon gadget. Mes doigt se referment sur tout et n'importe quoi. Tickets de cinoches, factures impayées. Je jette tout au sol, de plus en plus stressé. Merde, il est où ?! Je palpe mes poches intérieures... Jusqu'à ce que je le trouve enfin : un appareil pas plus gros qu'un téléphone portable oldshool, ceux que l'on qualifiait de smart y'a cent cinquante ans. D'une pression de l'index sur l'écran tactile, je l'active. Un menu déroulant s'ouvre, avec comme titre :

// Bienvenue dans le programme d'assistance du Hacker débutant ! Que souhaitez-vous pirater ?! //

Je le remonte jusqu'à mon visage, et prononce, articulant précautionneusement pour que la commande vocale me comprenne du premier coup :

« Terminal standard d'un cargo de classe Kowloon »

L'appareil me répond direct, stupide comme à son habitude :

« Désolée, il n'y a pas de cargo de classe Clown dans la base de données... »
« Putain, pas Clown ! KOW LOON »
« Correspondance trouvée... Veuillez suivre le mode l'emploi.. »


Raaah enfin ! Des lignes et des lignes d'instructions s'affichent à l'écran... Couper le fil vert, le rouge... Connecter le cordon rouge sur le fil rouge, le cordon vert sur le fil vert. Rien de bien compliqué, mais l'opération me prend plusieurs minutes. Craignant de me faire capter, je demande à Aziz :

« Retourne dans la soute. Planque toi derrière une pile de caisse... Si quelqu'un vient par ici, j'sais pas... Improvise, fait une diversion ! »

Je ne suis pas certain que l'I.V. du drone soit réellement capable d'improvisation. Mais après toutes ces années de bons et loyaux services, les systèmes pseudo-intelligents de l'engin on fini par traduire mes instructions humaines en données exploitables. Alleeeeez. Les secondes s'égrainent encore, de plus en plus menaçantes. Soudain un bip me fait sursauter. Le voyant du terminal passe du rouge au vert. Les verrous magnétiques claquent. La porte coulisse, révélant un cockpit spartiate, fonctionnel, occupé par seulement une personne. Un Butarien visiblement surpris. Je n'éprouve même pas l'ombre d'une fraction d'hésitation. Je lève mon arme, presse la détente. Pénélope lui refait le portrait façon tableau d'art abstrait. La balle pénètre une orbite avant de faire voler la boite crânienne en une multitudes de fragments osseux. Le liquide céphalo-rachidien, lui, est propulsé en une gerbe infâme sur la verrière du cockpit. En résumé : c'est moche à voir.

Cette fois, la détonation n'est pas sans avoir éveillé des soupçons. Plusieurs cris remontent de la soute. Merde ! Sans perdre la moindre seconde, je range Pénélope dans son holster, pour traîner le geek à bout de bras. J'entre dans le cockpit, et d'un coup d'épaule, presse le bouton d'ouverture de la capsule de survie. Elle s'ouvre, je balance aussitôt mon colis dedans. Dans mon dos, les voix se font de plus en plus précises :

« Il est là ! »

Plusieurs coups de feux retentissent. Par réflexe, je fais volte-face, Pénélope déjà en main. Mais rien, personne ne me menace directement. C'est Aziz qui projette certainement des hologrammes un peu partout pour faire paniquer les maffieux armés jusqu'aux dents. Brave Drone. Dire que je l'ai récupéré dans une casse sur Omega. Ce jour là, j'ai eu une bonne intuition.

Bon, il serait temps de se casser non ? Je pianote sur les commandes holographiques de mon Omnitech, pour ordonner à Aziz de revenir fissa, puis je me jette dans la capsule. Mes grosses paluches solidement accrochées à la poignée rouge de largage, j'attends le retour de mon associé... Il apparaît soudain dans le couloir, fonçant à vive allure dans ma direction. Plusieurs balles le frôlent. Je serre les dents... Mais ce qui devait arriver, arriva. Un projectile le frappe de plein fouet. Et, dans bip strident d'agonie, il termine sa course folle en roulant au sol, venant littéralement s'écraser contre le tableau de bord du cockpit, aux pieds du Butarien écervelé. Je ne réfléchis même pas. Je bondis hors de la capsule, me jette sur lui. Les balles pleuvent, dans ma direction. Dans ma poche, je récupère une grenade fumigène, que je balance aussitôt dans le couloir. Voyant l'objet cylindrique rebondir au sol, mes assaillants reculent, craignant probablement la déflagration d'une grenade bien plus létale. Elle explose, libérant un épais nuage de fumée rouge, dense et irritant aux muqueuses. Respiration coupée, je récupère Aziz, le prends sous le bras et retourne enfin à l’abri de la capsule... Que je verrouille aussitôt derrière moi. Enfin, je tire sur la poignée d'éjection. Le minuscule module cylindrique est éjecté dans l'espace, happé par la gravité d'Eden Prime toute proche. Par expérience, je sais que ces boites de conserves sont trop petites pour être suivies avec précision par les capteurs bas de gamme d'un cargo civil. En bref, je suis tiré d'affaire. Je réalise alors que je n'ai pas respiré depuis plus d'une minute. Je me laisse tomber au sol, des points noirs dansant devant les yeux. Je constate que mon imper compte un trou de balle supplémentaire. C'est juste le huitième. Aziz est amoché, mais ce n'est pas la première fois. Avec le temps, c'est presque devenu comme un animal de compagnie. Oui, je sais, à la base c'est juste un assemblage de composants électroniques. Mais bon, je suis du genre à m'attacher aux objets du quotidiens. Je m'autorise quelques instants de somnolence, yeux mi-clos... Jusqu'à ce que le hacker commence à gigoter, recouvrant ses esprits et l'usage de ses membres. Il tente le tout pour le tout :

« Je... Je vous en prie ! Libérez moi ! Je... Je peux vous dire où je garde les données que j'ai volé au Courtier... Elles sont cryptées... Mais je... Je pourrais, avec le temps, réussir à localiser sa position ! Vous imaginez combien faudrait cette information ? »

Sûrement un beau paquet de crédits. Mais même si l'idée d'accepter me traverse fugitivement l'esprit, je garde les pieds sur terre. Enfin façon de parler vu qu'on dévire au milieu de l'espace. Pour toute réponse, je lui claque la crosse de mon arme sur la tempe. KO technique. Je ne suis pas d'humeur à papoter. Je soupire. Ouais, j'ai un sacré paquet de défaut. J'aime la clope, l'alcool, les soirées olé-olé au bras d'une asari ou deux. Mais, merde, j'suis pas un traître. Quand j'accepte un boulot, je le termine. C'est comme ça que je marche, c'est comme ça que j'ai gagné ma réputation.

Quelques heures plus tard, je retrouvais le contact du Courtier. Autant dire que plus personne n'a jamais entendu parler de ce hacker après ça. La vie, c'est qu'une question de calcul. Si le jeu n'en vaut pas la chandelle, alors faut pas se lancer, c'est aussi con que ça.




Dernière édition par Dane Wesson le Lun 04 Sep 2017, 00:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dane Wesson : Détective privé   Sam 02 Sep 2017, 23:51
Bonsoir Dane.

Les détails techniques comme l'avatar et le règlement sont réglés, passons à la fiche.

Je n'ai pas grand chose à dire, juste quelques petits points. Le premier, c'est l'engagement dans l'Alliance. A l'époque des contrôle par ADN et compagnie, c'est difficile de mentir sur son âge, qui peut être vérifié facilement. A la limite avec de faux papiers (et un faux historique Extranet) pourquoi pas, mais tu n'avais pas ça. Et oui, je sais, Kai Lang le fait, mais c'est pas un exemple du tout.
La deuxième chose, c'est Illium. Les relais sont reconstruit très vite (au passage ton "ami" parrain de la mafia aura pas pu passer 5 ans sur Eden Prime du coup), ce qui met un peu ton histoire de cartel au tapis. D'autant que c'est Illium, où chaque entreprise à sa sécurité privée presque.

Rien à redire pour l'apparence et le caractère.

Pour le profil, je te conseille de passer à un intermédiaire plutôt que du pro. Ca voudra dire modifier tes compétences, du coup.


Voila, c'est tout. Je te laisse faire les corrections, bon courage, et préviens moi quand ça sera fait.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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MessageSujet: Re: Dane Wesson : Détective privé   Lun 04 Sep 2017, 01:00
Salut Adrien !

- Pour l'age d'entrée dans l'Alliance, sache juste que je me suis fié aux données de la fiche de personnage, même si c'est vrai que je n'ai pas cherché à le justifier. Pour corriger ça, j'ai donné deux ans de plus à mon personnage et décalé sa naissance deux ans plus tôt. Ainsi, avec exactement la même chronologie, il s'engage à dix-huit ans, et non seize.

- J'ai corrigé la partie de l'Histoire (vers la fin) qui parle d'Illium. Mon perso, croyant à la fin du monde, s'est lâché, et a contracté des dettes. Résultat, même si le relais est rapidement rouvert, il doit passer y plusieurs années à les rembourser. Comme trou du cul de la galaxie pour le parrain, je parle à présent de Freedom's Progress, en restant très vague sur le temps où il y aurait été coincé.

- Pour le profil, je suis parti sur un "Fantôme". J'ai retiré la cryogénisation pour passer sur des munitions cryo. J'ai d'ailleurs modifié le RP, le moment où Dane use de la cryogénisation pour capturer le hacker. Cette fois il utilise une munition cryo et manque de le tuer. J'ai supprimé surcharge et pris Omnipoing pour retirer un point de compétence techno.

Il est un peu tard, j'espère que je n'ai rien oublié, ou que je n'ai pas calculé les points de compétence de travers !!

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MessageSujet: Re: Dane Wesson : Détective privé   Lun 04 Sep 2017, 10:34
Ça me semble tout bon.

Je te donne le lien pour trouver des partenaires RP : ->ici<-. N'oublie pas de bien respecter la fiche modèle.

Si tu veux chercher des liens avec les autres joueurs, je te conseil de lire les Journaux de Bord. et t'encourage à faire le tien.

Et bienvenue sur le forum.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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Dane Wesson : Détective privé

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