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 N7: Expérimentations sous les tropiques

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MessageSujet: N7: Expérimentations sous les tropiques   Dim 03 Sep 2017, 23:22

Intervention MJ : NonDate : 01/09/2202 RP violent
Ada J. Raikes ♦ Alec Sykes
N7: Expérimentations sous les tropiques

L’Humanité a longtemps cherché l’incarnation sur Paradis sur Terre, un lieu où il fait bon passer l’éternité et être récompensé d’une existence vertueuse. A travers des millénaires de civilisation, nombreuses furent les cultures et entités à revendiquer la découverte d’un tel lieu, appelant unanimement à protéger les sanctuaires de leur monde. Hélas, l’Histoire est une maîtresse volage, et la nature de l’Homme est l’outil le plus ravageur de son caprice et sa méprise des créations de Gaïa. Ce triste état de fait n’avait malheureusement pas changé à l’aube du vingt-troisième siècle. Les exemples de gâchis ne manquaient pas au sein du monde berceau de la Bulle Locale, encore que ses natifs soient parvenus à limiter les dégâts, voire les contenir et en contrer les effets dans une moindre mesure. A la veille de s’élancer dans les étoiles, les humains n’avaient ainsi plus à craindre les conséquences de siècles d’exploitation sauvage de leur planète, la technologie des plus grandes nations ayant mis un terme aux plus gros problèmes de pollution.

Restait la question de la misère et des inégalités sociales, toujours existantes entre ses habitants, problème aggravé par la sortie du conflit le plus important de l’histoire du dernier cycle galactique des Moissonneurs. Si certains cherchaient également à l’éradiquer avec ardeur, telle l’Alliance au travers d’investissements et programmes d’aide, d’autres virent sur ce sujet des moyens de s’enrichir et prospérer. Les vieilles tares de la dernière arrivée des races au sein du Conseil se réveillèrent d'ailleurs dès leur système natal quitté pour le première fois, se répandant à travers l’espace comme une trainée de poudre. L’expansion rapide et parfois incontrôlée de cette jeune entité qu’était l’Humanité à l’époque entraina l’apparition de multiples occasions de développement, non sans de nombreuses dérives que l’on retrouve encore de nos jours.

Parmi toutes ces itérations, il est un monde à la beauté ensorcelante qui illustre de façon flagrante ce propos…

Trident, planète océan nommée en référence à l’arme et symbole du Dieu des Mers Poséïdon, aurait pu être un havre de paix et de tranquillité pour ceux fuyant les mégalopoles surpeuplées des Systèmes Conciliens. Sa position particulière, en bordure du disque galactique et à la frontière des Systèmes Terminus, interdit malheureusement à jamais une telle éventualité. Située au voisinage d’un système riche en ruines Prothéennes et elle-même abondante en ressources minérales, elle attire la convoitise des investisseurs et consortiums nébuleux depuis sa découverte. On ne compte plus les exploitations sauvages de ses trésors naturels. Les autorités locales, plus sollicitées que de raison par rapport à leurs moyens d’actions limités, se trouvent très souvent démunies et incapables d’agir. Les premiers à en pâtir sont ainsi les habitants de ce monde recouvert à 95% d’eau, mais aussi et surtout sa faune extrêmement riche.

Pourtant, ce ne sont pas de vulgaires considérations sociales ou écologiques qui poussèrent les Opérations Spéciales de l’Alliance à intervenir. Bien qu’à dominante humaine, la région ne représentait aucun intérêt stratégique pour elle. Les données de recherche qu’on lui avait volée en revanche…

Deux semaines plus tôt, un analyste du renseignement militaire remontait la piste de communications suspectes au départ d’un laboratoire de Terra Nova sous contrat exclusif avec l’entité dirigeante des colonies humaines. Contenu du message ? De fréquents rapports cryptés sur l’activité des lieux, un compte-rendu des arrivées de biens et personnes au sein de l’installation, mais aussi et surtout des bribes de recherches. Le tout revenait à intervalles réguliers depuis plusieurs mois, glissé dans des messages et flux de données en apparence anodins. Pourtant le danger était bel et bien présent, en particulier si l’on considère le fait de voir des éléments classifiés de l’épineux domaine de la biotechnologie tomber entre de mauvaises mains… Avec le savoir-faire adéquat, tout ceci pouvait aisément amener au développement d’armement bien plus retors que de banales « bombes sales », ou bombes radiologiques, ce que l’Alliance Interstellaire ne pouvait se résoudre à voir se produire.

La nature même des données volées se trouvaient assez incriminantes sur le plan de l’éthique pour lui nuire si de telles informations fuitaient plus loin que le seul destinataire de ces communications. Il revenait alors aux soldats des Opérations Spéciales de faire le nécessaire en se basant sur les éléments découverts par le Renseignement. Chacun sa part de linge sale à laver dans cette histoire : Alec et ses hommes traiteraient le problème à la racine, tandis que les Affaires Internes se chargeraient volontiers de traiter le cas de la taupe au sein du labo… Destination Trident donc, monde refuge pour industriels peu scrupuleux, criminels en tous genres et dans le cas présent refuge parfait pour des expérimentations contre-nature. Cerberus y avait jadis entretenu des installations pour expérimenter sur les créatures locales puis l’homme. Nostalgie, caractère inspirant de ce passé peu glorieux pour les contrevenants ? Allez savoir… Ce qui était certain en revanche, c’est que les scientifiques en charge de ce projet pouvaient tout à fait être qualifiés de « tordus ».


1er septembre 2202, surface de Trident
Complexe souterrain de recherche « K-28 », Opération Evening Light
Localisation : Classifiée, H+22

La deadline pour rejoindre la ZA se voyait maintenant dépassée de presque 17 heures… Prévue de nuit, l’insertion sur site et l’infiltration du complexe n’avait pas posée de problème. Aidé par la technologie furtive de sa navette, le commando avait quitté le Midway pour rejoindre la surface d’un îlot isolé en pleine mer sans déclencher l’alerte. La pression mise par l’Alliance sur les autorités locales pour éviter que l’affaire ne fuite et laisser à ses forces la priorité sur l’assaut n’avait également pas été de trop. De cette façon, l’équipe du Commandant ne risquait pas de voir débarquer des trouble-fêtes un peu trop zélés dans le cas où l’intensité des combats se faisait trop forte pour ne pas éveiller les soupçons.

Entrée par les quelques puits de ventilation qui parsemaient la surface du rocher insignifiant au sein duquel l’installation avait été creusée, la SO-21 n’avait dans un premier temps rencontrée qu’une opposition limitée. Deux sentinelles furent discrètement neutralisées dans les premières minutes de la mission, permettant à l’unité de pirater à distance les systèmes de détection de mouvement des conduits par lesquelles elle s’introduisit dans le réseau de souterrains. Le secret de leur présence ne pourrait néanmoins durer bien longtemps : le silence radio de leurs victimes à l’issue de leur ronde finirait par se remarquer, sans parler de l’étendue de l’installation. Un paramètre inconnu, mais qui risquait de leur porter préjudice lorsqu’il s’agirait de collecter les données tant convoitées. L’effet de surprise, voilà l’arme la plus puissante de ces soldats d’élite… Ils pouvaient compter dessus pour frapper vite et fort, mais il ne s’agissait que d’un avantage temporaire, surtout durant une mission avec autant d’inconnues comme celle-ci. Les directives de missions à elles seules reflétaient la question : pénétrer le site furtivement, saisir toutes les données et ressources de valeur –personnel de recherche compris – puis balayer toute force d’opposition armée ou non (si élément sans valeur), en condamnant le site pour de bon.

L’escouade se trouvait ainsi largement fournie en matériel, munitions et explosifs, ce qui allait très certainement sauver la vie de ses membres à en juger la tournure des évènements…

A H+1, le secret de leur présence se trouva compromis. Un fait prévu et attendu par le leader de l’assaut lorsque l’absence de réponses des sentinelles de surface entraina la multiplication des patrouilles en attendant de faire la lumière sur la question. S’ensuivit alors un jeu du chat et de la souris d’une demi-heure supplémentaire dans les coursives lugubres, l’unité usant de camouflage optique pour passer les points les plus « chauds ». Quelques sentinelles de moins plus tard, ils avaient été en mesure d’obtenir un plan des lieux et des bribes de recherches en infiltrant momentanément le réseau informatique de la section des serveurs. L’alarme fut cependant déclenchée pour de bon lorsque l’on retrouva les corps sans vie de deux hommes dans un local technique, entrainant le branle-bas de combat général dans tout le complexe.

La sécurité arma de suite tous ses effectifs pour retrouver les fautifs et les châtier comme il se doit, mais aussi et surtout pour assurer la pérennité des installations. Dès lors, les combats gagnèrent en intensité, les silencieux faisant place aux GSS et explosifs de moyenne puissance pour se frayer un chemin jusqu’à l’objectif. S’il disposait de l’avantage de l’entrainement, le contingent de l’Alliance se trouva confronté à un effectif bien plus important de mercenaires et porte-flingues en tous genres équipé de matériel standard mais à l’efficacité éprouvée. S’ajoutait d’ailleurs au tableau quelques mécas LOKI déclassés qui, s’ils ne constituaient pas à eux seuls une force bien dangereuse, représentaient une manne supplémentaire de bras armés pour les dirigeants de cet avant-poste.

Qui étaient-ils d’ailleurs, ces commanditaires aux agissements ténébreux ? Sykes lui-même n’en savait strictement rien. Disposant pourtant des plus hautes accréditations possibles pour un officier de terrain, il n’avait pas été mis dans la confidence. Un mode opératoire somme toute classique lorsqu’il s’agissait d’affaires aussi sordides que celle-ci. Et de toute façon, un tel renseignement ne lui était pas utile à l’heure actuelle. C’est plutôt de dénicher ce pourquoi ils étaient tous venus qui importait. Leur prochaine démarche consistait donc à prendre d’assaut la section des laboratoires, voisine de celles où ils se trouvaient à H+2 : la section technique avec notamment les data centers. C’est là qu’ils trouveraient les données les plus sensibles, mais aussi d’éventuels prototypes et quelques chercheurs confinés à leur poste le temps que l’alerte soit levée. La zone des quartiers de vie serait l’objectif secondaire du commando, des fois qu’il leur soit encore possible d’y accéder.

Seulement, tout ne se passe pas toujours comme prévu au sein d’un briefing…

Les réalités du terrain s’imposent bien souvent au soldat, qui doit alors en tenir compte s’il souhaite survivre. Et ici, c’est la planète elle-même qui allait se retourner contre tous ceux qui évoluaient en son sein. Connue pour la fulgurance de ses tempêtes, certaines impossibles à prédire avec certitude tant elles sont soudaines, Trident n’est pas une destination de rêve tout au long de l’année. Alors que l’on entrait dans la saison des ouragans, c’est l’un de ses monstres météorologiques qui fit sa loi en surface et changea les plans de la SO-21. L’avant-poste s’en trouva coupé de monde, incapable de recevoir la moindre visite ou communication extérieure. Pris au piège, l’officier tenta le tout pour le tout en jouant un coup de poker des plus osé. Depuis le PC de la section technique, sécurisé dans les premières minutes de l’assaut sur les serveurs, il ordonna à son expert en piratage informatique d’intervenir sur la procédure de verrouillage automatique du complexe.

Découpés en plusieurs zones suivant des applications bien précises, les lieux se trouvaient automatiquement verrouillés en cas de tempête. Cela permettait au PC central de connaître la position de chacun durant les accès de rage de Dame Nature et de limiter les dégâts si les éléments se déchainaient avec trop d’intensité. Une partie du centre de recherche étant sous-marine, il aurait été dommage de voir ce petit antre de la fourberie se retrouver inondé, non ? Une telle procédure, bien que drastique par son déploiement, garantissait donc une certaine sérénité aux occupants. L’escouade de Sykes fut dès lors isolée au plus profond du complexe, la section technique se trouvant scellée et impossible d’accès le temps que durerait l’ouragan. Ils ne seraient alors opposés durant ces longues heures qu’aux « quelques » éléments présents au moment de l’instauration de la procédure. Ikeda était parvenu à isoler les commandes du processus pour qu’il ne réponde qu’à un ordre local. La ruse avait toutefois un revers : une fois l’alerte tempête levée par les mesures des capteurs de surface, le verrou sauterait automatiquement. Il s’agissait donc de jouer la montre en espérant qu’une ouverture s’offre à eux. Ils allaient se retrouver sur la défensive pour un temps indéfini…

Le guerrier en armure, dont la bande rouge et la mention N7 reflétaient le statut, résuma de façon très brève ce qui allait suivre aux siens.

- « On se retranche en attendant la fin de la tempête… Ils sont tout aussi acculés que nous le temps qu’elle dure. Le verrouillage de l’installation va réduire leur liberté de mouvement. On reprendra l’initiative à ce moment… »

Un silence de mort accueillit ses premiers mots. Tous savaient qu’ils jouaient là un jeu dangereux. Aucune certitude ne pouvait leur être offerte, la plus probable semblant quand même être la possibilité de quitter les lieux les pieds devant… Mais ils étaient formés pour faire face aux pires situations, non ? On ne rejoignait pas les Opérations Spéciales sans avoir ce qu’il faut. A eux de le faire comprendre à l’ennemi et de lui faire payer chaque mètre de coursive gagné.

- « Sørensen, minez-moi les accès. Charges anti-personnel à fragmentation. Déclenchement et neutralisation manuelle sur fréquence omnitech. Vous penserez ensuite à placer vos charges sur les serveurs. Je veux qu’il n’en reste rien une fois que l’on décolle. Vous rejoindrez aussi Markov. Etablissez-moi une position de tir sur l’accès Nord. Vous prenez l’indicatif Eagle 2. Hamilton et Ziegler, flanc Ouest. Eagle 3. Ne poussez-pas de contre-attaque… »

Son avertissement était particulièrement destinée à la biotique, dont la rage au milieu des combats pouvaient parfois s’avérer… déstabilisante.

- « Flores, en retrait avec Ikeda. Eagle 4. Trouvez-vous un endroit où installer un poste de soins sommaire et faites l’inventaire de nos moyens en attendant… Va falloir que l’on tienne un bon moment avant de voir débarquer les copains… Rapports radios toutes les dix minutes. Brewer avec moi. Exécution. »

Et ce fut tout. Pas même des encouragements ou quoi que ce soit de la sorte. Des ordres et une petite remarque empreinte de cynisme. Fidèle à la façon de commander et d’être d’Alec. Il n’avait de toute façon pas besoin d’en dire plus. Le N7 connaissait la valeur et le professionnalisme de ses hommes. Chacun s’exécuta donc sans mot dire. Prenant quant à lui l’accès Est, Alec s’aménagea une position de tir plus ou moins confortable depuis le couvert qu’il dénicha à la bifurcation du couloir. Bientôt rejoint par celui qui correspondait le plus à la définition du « bleu » de l’équipe, le duo tomba dans une immobilité et un silence angoissants. Ils ne dérogèrent à la règle que pour entrer en communication avec les autres binômes et vérifier l'état de leurs armes et munitions. Le Commandant porta ainsi une attention toute particulière à son fusil d'assaut Saber et au pompe Piranha qu'il emportait en soutien, prêt à faire usage au moindre signe de l'ennemi. Une routine morbide s'installa alors, ponctuée d'explosions modérées lorsque leurs opposants tentaient de progresser et recevaient en contrepartie des tirs peu nourris mais extrêmement précis. Privée de l'effet de surprise et de sa mobilité, élément clé des techniques de guérilla, l'escouade se reposait désormais sur une longue et harassante tactique de retranchement en fortifiant ses positions...

Ils ne pourraient pas sortir de là seuls, quand bien même ils représentaient l’élite des combattants de la Terre. Remplir certains de leurs objectifs paraissait encore jouable, mais se frayer un chemin jusqu’à la ZA et opérer une extraction en urgence ? Infaisable, même pour eux. Une fois l’effectif ennemi libre de se mouvoir à nouveau comme il l’entend, le piège se refermerait sur eux. Une aide extérieure… C’est le seul et unique espoir auquel ils pouvaient encore se raccrocher. Ces données étaient trop précieuses pour voir l’Alliance y renoncer de la sorte. Le Midway saurait plaider la cause de ses effectifs déployés au sol auprès de l’Amirauté…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mar 12 Sep 2017, 01:55
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes






- 1er septembre 2202, Travée de l'Attique, Bordure de Kepler, Système Newton, environs d'Ontarom
- Pont 1 de l'Okinawa, cabine de l'officier commandant

Je faisais toujours le même genre de cauchemar pendant mon sommeil lorsque j'étais agitée, éreintée ou mal dans ma peau. Je portais mon armure de combat et je me retrouvais dans Londres dévastée et déserte, non loin de Big Ben. J'avais vu de mes propres yeux les dégâts des Moissonneurs après la bataille pour reprendre la Terre, la voir dans mes rêves en est une autre. Il n'y avait pas âme qui vive, seul le vent bruissant doucement sur les décombres des bâtiments en soulevant des nuages de poussière et de cendres, le crépitement des flammes de quelques incendies et le bruit de mes bottines de combat troublait le silence de mort qui y régnait. Je faisais quelques pas parmi les ruines d'une frégate de l'Alliance qui s'était écrasée sur la rive de la Tamise et j'y vis ma sœur cadette, Emilie, blottie dans les bras de mon père John également en armure et à leurs côtés, aussi étrange que cela puisse être possible, mon frère Gary. Je les voyais mais eux ne me voyaient pas et m'ignoraient totalement. Ils semblaient vouloir se cacher de quelque chose mais quoi ? J'avais toujours ma réponse quelques secondes plus tard. Un grondement assourdissant bien trop familier à mes oreilles retentit et un Moissonneur écrasa de toute sa masse Big Ben avant de diriger son canon vers les trois Humains qui se cachaient dans les débris de la frégate. Bouche bée et médusée par ce qui se passait, je leur criai de se cacher ailleurs pour échapper au rayon meurtrier du Moissonneur mais personne ne m'écoutait. L'énorme vaisseau alien cracha la mort qui s'abattit sur les membres de ma famille et ils disparurent sous mes yeux stupéfaits et ma mine effondrée. Le Moissonneur devait ensuite s'apercevoir de ma présence car je sentais son arme dévastatrice se pointer sur moi. J'étais bien trop choquée et paralysée pour esquisser le moindre geste et le vaisseau de ligne synthétique me vaporisa comme ma famille. Je me réveillai toujours à cet instant où dans mon cauchemar, la mort me prenait.

Je jetai un regard vers le réveil sur mon chevet qui m'indiqua 06:00. Maugréant contre moi-même et ma psyché qui me jouait des tours, je pris une douche pour me réveiller pour de bon et attaquer cette nouvelle journée de surveillance. Je venais à peine de m'habiller d'un uniforme d'officier renforcé propre que l'on m'avertit que quelqu'un m'attendait devant ma porte. J'autorisai la porte à s'ouvrir et Haver vint à ma rencontre en posant un mug de café sur le bureau puis de me saluer. Plus en forme que la veille, je lui répondis prestement, une mèche de mes cheveux courts s'agitant légèrement alors que mon bras se mit en mouvement pour saluer.

Lieutenant-Commandant. Je vous ai apporté du café, je me disais que ça vous ferait du bien après votre nuit. Mais je viens aussi vous avertir que l'on a reçu de nouveaux ordres. J'aurai normalement demandé à Hannigan d'utiliser l'intercom mais je voulais vous voir. L'Amiral O'Neill vous attend via la salle de com. Et... l'appel de l'Amiral est passé en prioritaire sur le canal de com, c'est que ça doit être important.

Merci Lieutenant. Et avec un peu de chance, on nous envoie ailleurs. Peut-être aura-t-on enfin l'occasion de faire quelque chose d'utile et de le faire bien.

Lieutenant-Commandant, permission de vous parler franchement.

Accordé, Lieutenant.

Vous devriez vraiment éviter de vous taper des journées de travail de dix-huit heures, vous n'avez pas pris un instant de pause hier pendant ce laps de temps. Et ça se voit.

Je sais bien, Lieutenant mais c'est cette mission de surveillance d'Ontarom qui me tape sur le système, je n'ai pas oublié Fehl Prime ni nos derniers accrochages. Bref, ne faisons pas attendre l'Amiral.


- Pont 2 de l'Okinawa, CIC et centre de commandement

En compagnie de ma commandant en second, je pris donc la direction du centre de commandement tout en avalant en vitesse mon café légèrement brûlant mais la boisson chaude me revigora un peu plus et je me sentis même d'attaque pour encaisser les ordres de ma supérieure. Je laissai le mug au portique de sécurité, y retrouvant le quartier-maître de la veille que je saluai enfin et avec Haver sur les talons, je fis un salut aux quelques opérateurs du centre de commandement avant de me planter dans la salle des communications. Ma subalterne s'arrêta comme d'habitude à l'entrée pour empêcher quiconque de me déranger. Je vérifiai que mon col était bien visible et mes manches retroussées réglementairement puis je lissai le haut renforcé de mon uniforme avant de prendre l'appel du contre-amiral O'Neill. L'irlandaise apparut peu après, son visage fermé et habituellement sévère mais il y avait comme une perplexité dans son regard. Je la saluai, droite et sérieuse avant que ma supérieure ne me le rende d'un air moins sec que d'habitude. Quelque chose la préoccupait et cela ne me rassurait pas trop.

Amiral. Au rapport.

Lieutenant-Commandant. Je reviens d'une réunion avec l'état-major de la Cinquième, Hoffmann à sa tête, un des Amiraux représentant le Conseil de Défense ainsi qu'un des officiers supérieurs commandants du Renseignement. Je peux vous dire que c'était tendu entre les huiles. Elles ont peur.

Qu'est ce qui se passe, Amiral ?

Il faut que vous sachiez une chose, Lieutenant-Commandant, la mission que je vais vous confier revêt une importance capitale aux yeux de l'Alliance. Qu'il y ait l'état-major de la Cinquième au complet, c'est normal, ça arrive. Qu'on ai un officier du Renseignement, passe encore. Mais qu'un des Amiraux du Conseil de Défense s'implique directement dans la discussion, là c'est inhabituel. Ce n'était pas l'Amiral Shepard mais on en était pas loin. Une opération a mal tournée.

Hm... Le Renseignement, un des Amiraux du Conseil de Défense... Ce serait une opération du genre non publique même au sein de l'Alliance ?

En effet. Je n'en sais pas tout mais je vous fais transmettre les informations nécessaires sur votre terminal du centre de commandement. Une unité des Opérations Spéciales a été envoyée dans la Travée, dans le Nexus d'Hadès, planète Trident pour y effectuer un raid dans un complexe souterrain. Pour quelle raison, je n'en sais foutrement rien mais quoi qu'il en soit, ils ont une bonne raison pour y aller. L'ennui c'est que cette équipe aurait dû rejoindre son point d'extraction et que la deadline de l'opération est dépassé de 22 heures, le temps que les hauts gradés ne se bougent. Vitrifier la zone a été envisagé mais les huiles veulent d'abord savoir ce qu'il est advenu de cette équipe. Vos ordres sont les suivants : vous découvrez ce qui est arrivé à cette unité et s'ils sont encore en vie, mettez vous sous les ordres de leur officier commandant, aidez les à accomplir leur mission puis dégagez avant que les OS ne fassent tout sauter ou qu'on ordonne un bombardement orbital. En clair, c'est vous qui serez leur ticket de sortie s'ils sont encore en vie mais ces foutus ouragans sur cette planète empêchent toute communication. Selon nos renseignements, il y a une éclaircie qui se présentera sous peu, c'est votre porte d'entrée. Je vous fais aussi transmettre un code d'identification propre aux OS. Vous éviterez les tirs amis et vous pourrez contacter l'unité. Le nom de code de votre mission est Restore Evening Light.

Compris, Amiral. Qui est l'officier qui les commande ?

Le Commandant Alec Sykes. Il commande le SSV Midway, actuellement en orbite autour de Trident. Ce nom vous dit quelque chose ?

... En effet, Amiral. J'ai déjà rencontré Sykes à une réunion d'officiers. Il était à l'époque Lieutenant-Commandant. C'est un N7 si je ne m'abuse ? Et il commande donc une frégate. Furtive, je présume ?

Tout juste Raikes. Vous serez sous ses ordres le temps de cette mission.

Bien pris, Amiral.

Une dernière chose, Raikes. Comme je vous l'ai dis, cette mission est de la plus haute importance pour l'Alliance. Je sais ce qui vous est arrivé depuis le début de l'été et le moins que je puisse dire, c'est que votre bilan à la tête de l'Okinawa est plutôt contrasté. Mais je compte sur vous pour me montrer que j'ai eu raison de vous mettre à la tête d'une frégate, c'est pourquoi c'est vous que je charge de ramener Sykes et ses soldats en vie ou de finir leur mission, le cas échéant. L'erreur n'est donc pas permise, Lieutenant-Commandant, ne me décevez pas, vous êtes leur dernier espoir de s'en tirer en vie. Foirez votre coup et je prendrai les mesures qui s'imposent à votre encontre et l'Okinawa. Réussissez votre mission et vous aurez une belle mention dans votre dossier. Vous visez le N7, c'est précisément le genre de mission que vous devez accomplir avec succès si vous voulez espérer et être autorisée à porter un jour ce N7 sur votre uniforme. Suis-je bien claire, Lieutenant-Commandant ?

Claire et limpide, Amiral.

Bien, tenez-moi informée. O'Neill, terminé.

L'appel se coupa et je me tournai vers Haver, le visage fermé mais déterminé. Ma subalterne me rendit le regard, en attente de mes ordres.

Ordonnez à l'équipe d'intervention au complet de se réunir en urgence au centre de commandement, les informations de l'Amiral viennent d'arriver sur le terminal. Briefing dans cinq minutes. Faites démarrer Snakeshit pour le Nexus d'Hadès et déclenchez l'opération Restore Evening Light, faites passer l'Okinawa en code rouge Delta, situation de combat, état d'alerte maximal à bord. À partir de maintenant, nous sommes en mission. Il y a des soldats de l'Alliance en danger et à sauver.

Mon lieutenant me salua d'un air enjoué mais sérieux et partit donner mes ordres. Quant à moi, j'examinai avec attention les informations envoyées par ma hiérarchie, toute trace de préoccupation ou d'inquiétude avait disparue, j'étais maintenant pleinement concentrée sur la mission. Bien entendu, aucune information concernant le véritable but du raid de Sykes et de ses hommes, mon objectif prioritaire était de le faire sortir lui et son unité. Je notai donc de m'en remettre à Sykes lorsque je le verrai, en espérant qu'il soit encore vivant. En revanche, les OS avaient clairement préparé avec minutie l'opération car un plan du complexe souterrain m'avait été donné et les lieux étaient plutôt étendus, de la taille d'une base. J'eus l'information de la dernière communication de l'unité de Sykes vers le Midway, juste avant qu'un ouragan ne s'abatte sur la zone et ne brouille tout. Il y eut une présentation très sommaire des membres de l'unité de Sykes, rien de surprenant lorsqu'il était question des OS et mon regard s'attarda légèrement sur Sykes, mes yeux se plissant légèrement. Du peu que je me rappelle de notre rencontre, elle s'était plutôt bien déroulée. J'étais déjà N5 à notre rencontre et voir le N7 sur son uniforme m'avait remplie de fierté et d'admiration car j'avais rencontré le genre de soldat que je voulais devenir. Je ne le connaissais pas assez pour le considérer comme un modèle mais du peu que j'en savais, je devais admettre que j'aurai volontiers servi sous ses ordres. Pour le coup sur cette mission, j'allais certainement agir sous son commandement direct. Combattre avec un N7... Les huit soldats de l'unité d'intervention firent leur arrivée au sein du centre de commandement, Haver à sa tête et chacun me salua avant de se mettre en place pour le briefing. Quelques nouveaux se trouvaient parmi eux.

Soldats. La mission que nous avons aujourd'hui revêt une importance capitale pour l'Alliance. Nous avons pour la plupart d'entre nous, eus notre lot de missions classifiées, celle-ci est particulièrement cruciale, elle nous vient d'en haut, voire de très haut. Quoi qu'il en soit, voici la situation : nous avons une unité des Opérations Spéciales du nom de SO-21 dirigée par le Commandant Alec Sykes qui est présumée portée disparue dans un complexe souterrain sur la planète Trident dans le Nexus d'Hadès. Comme vous pouvez le voir sur les informations transmises par l'état-major de la Cinquième, le complexe souterrain est assez étendu, présence hostile confirmée, armée et nombreuse. Un ouragan est actuellement sur zone et d'après le Renseignement, voici d'où est venue la dernière communication de SO-21. Notre objectif est de découvrir ce qui est arrivé à nos collègues des OS. S'ils ne restent rien d'eux ou sont introuvables, l'unité sera classée KIA et nous n'aurons d'autres choix que d'évacuer leurs restes ou leurs plaques si l'on en retrouve avant de bombarder depuis l'orbite le complexe. En revanche s'ils sont encore en vie, notre mission sera de faire la jonction avec eux, leur porter assistance dans la mesure du possible et les évacuer. Voici nos règles d'engagement : on n'attaque que si l'on est d'abord attaqué ou si l'on a pas d'autres choix pour avancer, le but est de se frayer un chemin vers Sykes et ses soldats, les OS se chargeront de tout faire sauter avant qu'un éventuel bombardement orbital ne termine le boulot. Le plan est le suivant, il est inutile de s'infiltrer, ils savent déjà qu'ils sont attaqués, nous allons donc privilégier l'attaque en force. Parmi plusieurs entrées disponibles qui dépassent du sol, nous mènerons un assaut ici, à ce petit poste de garde, il débouche ensuite dans le complexe. Une attaque massive ici là où nous pensons que la position est la moins défendue. Nous progresserons ensuite vers les zones en surbrillance ici et là, à l'aide de nos OmniTechs pour ensuite chercher ce qu'il est advenu de SO-21. L'idéal serait d'attaquer rapidement le poste de garde et les empêcher de les alerter sur une seconde attaque puis de prendre l'ennemi à revers si jamais SO-21 est assiégé quelque part. Une fois dans la base, nous essaierons de communiquer avec eux.

Pendant que je fis le briefing, Haver se chargea d'animer les informations à notre disposition sur le terminal du centre de commandement.

Nous avons un code d'identification afin de pouvoir communiquer avec les OS, il va falloir l'intégrer dans vos OmniTechs. Notre unité est désignée sous l'indicatif ON-01, nous nous en tiendrons à SO-21 pour eux. Des questions ?... Très bien. Il va sans dire, soldats, que cette mission doit être une réussite. Je ne vais pas vous mentir, c'est une opération extrêmement risquée. Certains d'entre nous n'en reviendront pas. Mais nous savons pourquoi nous portons cet uniforme. Vous n'êtes pas des OS mais vous êtes des soldats et vous devez vous montrer digne de la confiance que l'Alliance a placé en vous pour la défendre. Je refuse d'admettre que ces soldats sont morts, il est donc de notre devoir d'aller les tirer de là car ils courent un danger de mort. Ils ont signés pour ça tout comme nous mais cela ne veut pas dire qu'ils doivent obligatoirement en crever. Ils ont comme nous de la famille, des amis, des conjoints et si nous les tirons de là, ils pourront revoir les êtres qui leur sont chers et cela grâce à notre intervention. Allons sauver ces soldats, ramenons-les. Départ dans dix minutes.

Chaque soldat me salua en quittant le centre de commandement et je fus la dernière en partir, Haver était partie d'abord pour organiser le rassemblement. Comme mes soldats, j'intégrai le code d'identification dans mon OmniTech avant d'y faire rentrer toutes les informations puis je quittai également la pièce. Je fis rapidement un passage au cockpit où mon pilote de frégate entra en communication avec le vaisseau de Sykes, le SSV Midway. L'Okinawa, de taille plus imposante que la frégate furtive vint se placer non loin de cette dernière et nos deux vaisseaux se synchronisèrent en orbite, l'une proche de l'autre. L'opérateur du Midway nous prévint qu'il y avait une éclaircie sur la zone du complexe, c'était le signal que j'attendais. Confiant l'Okinawa à Snakeshit, je descendis immédiatement au hangar.


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, en orbite autour de Trident
- Pont 5 de l'Okinawa, hangar et armurerie

Mes pensées remuant sans cesse les informations acquises pendant ce briefing et j’eus une pensée pour Daichi et ma mère. La légère bouffée de stress à cet instant se dissipa alors que je repris mes esprits et que je sortis de l'ascenseur, aussitôt saluée par Reeves. Je me mis en tenue au milieu de mes hommes dans l'armurerie, vérifiant qu'armes et munitions soient parées. À compter de cet instant, rien ne me détourna de ma mission, je pensai beaucoup aux enjeux et aussi à moi-même. Cette mission était l'opportunité pour moi de redresser la barre et retrouver du crédit aux yeux de ma hiérarchie, j'allai la saisir à n'importe quel prix. Machinalement, mon corps se mut et enfila de lui-même les pièces d'armure alors que mon esprit me martela que cette opération devait réussir. En rejoignant peu après la navette d'Atkinson, ma pilote me salua et entra immédiatement dans le cockpit, prête à décoller tandis que je me postais à l'entrée du Kodiak. Nul mot ne fut échangé avec mes soldats, nous nous contentions uniquement de poignées de mains franches comme geste de solidarité. Haver fut la dernière de la file et les yeux rivés dans les siens, notre poignée de main fut ferme et virile avant que je ne lui donne un coup sur son arrière-train et je fus la dernière à embarquer. Personne ne pipa mot et alors qu'Atkinson décollait, mes soldats vérifièrent mutuellement leur équipement et leurs armes. La carlingue du Kodiak secoua légèrement alors que l'on quittait l'Okinawa. Dans nos oreillettes, Snakeshit nous souhaita bonne chance alors que j'ordonnai à Atkinson de prévenir le contre-amiral O'Neill que la mission débutait. La rentrée dans l'atmosphère de la planète nous secoua bien plus mais je me tenais au plafond du Kodiak, quelques pas derrière ma pilote qui s'énerva toute seule contre les mauvaises conditions climatiques. Cela faisait presque vingt-quatre heures que Sykes et ses soldats devaient être coincés dans le complexe et je demeurai plutôt inquiète de leur sort.


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Entrée du complexe souterrain

Comme prévu, Atkinson nous déposa à quelques pas de l'entrée que nous avions déterminé pour entrer dans la base. Nous n'étions pas encore repérés, c'était tout bon pour le moment. Je mis pied à terre la première, le Mattock en avant, aussitôt suivie par mon unité en formation d'attaque. Atkinson quant à elle, fila droit dans le ciel de Trident. Nous étions dans une petite clairière au sein d'une forêt de type tropical qui paraissait avoir miraculeusement résisté au passage de l'ouragan. Néanmoins, le vent que l'on ressentit tous et les quelques petits débris qui s'envolaient dans les airs étaient annonciateurs de la prochaine tempête qui allait s'abattre. Mon OmniTech m'indiqua que le poste de garde à l'air libre était bientôt en vue. Il apparut quelques minutes plus tard et les arbres couchés à terre non loin de l'entrée en forme de tunnel nous offrirent une bonne couverture. Il y avait une poterne ouverte dans le bout de mur qui dépassait du sol, un garde casqué se tenant à côté tandis qu'un autre de ses collègues balaya du regard les alentours. En relevant légèrement le regard, je vis une caméra de surveillance qui surplombait l'entrée. Par signes discrets, j'indiquai à mes hommes de se préparer à l'assaut et aux snipers de mon unité de se préparer à ouvrir le feu. Une bourrasque de vent souleva des branches à terre et comme si elle avait été guidée par une main invisible, l'une des branches heurta violemment la caméra de surveillance qui se fracassa contre le mur. Les deux gardes levèrent la tête et je saisis cette opportunité pour ordonner le tir de mes tireurs d'élite. Pour cette mission, Haver et une soldat du nom de Griest se chargèrent d'expédier ad patres les deux gardes, l'un d'eux la tête presque explosée. Les mercenaires furent tués sur le coup et j'ordonnai l'assaut vers la poterne. Assaut qui se déroula sans encombre jusqu'à ce que l'on entre dans le complexe par cette entrée. Je rentrai la première en m'assurant que l'endroit qui ressemblait à un petit vestibule avant un escalier qui descendait soit vide avant de refermer la porte derrière Griest. À cet instant, j'envoyai le code d'identification à l'OmniTech de Sykes puis je tentai une communication. S'ils étaient en vie, ils pourraient nous entendre.

SO-21, ici le Lieutenant-Commandant Raikes de la Cinquième Flotte de l'Alliance. Me recevez-vous ? ... SO-21, me recevez-vous ?... Ici le Lieutenant-Commandant Raikes, Commandant Sykes, si vous pouvez m'entendre, sachez que les renforts arrivent.





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Dernière édition par Ada J. Raikes le Jeu 15 Fév 2018, 16:22, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mer 20 Sep 2017, 01:30

L’Espoir. On le dit être la source de bien des accomplissements et parfois même miracles dans les situations les plus improbables. Il est la notion derrière laquelle nombre de gens se plaisent à canaliser leurs pensées et actions lorsque les choses tournent mal ou qu’ils ont de grands projets pour un avenir tout aussi incertain et impalpable que cette disposition de l’esprit. Il est commun à toutes les races, motivant les aspirations de grandeur pour les uns ou encourageant les actes qui entretiennent une meilleure entente entre les différents acteurs de cette galaxie pour les autres. Pourtant, s’il est véritablement un élément essentiel au développement et la construction de tout à chacun et de toute chose, il existe des individus qui ont depuis bien longtemps choisi de ne pas s’y fier. Alec faisait partie de ceux-là. Désabusé par la réalité du combat contre les Moissonneurs et tout ce qu’il entraina en termes de destructions, sacrifices et retombées sur le long terme, il était devenu par bien des aspects un homme cynique et parfois irascible. Cela pouvait se ressentir dans sa façon de commander et de combattre, pourtant il parvint très vite à gagner le respect et l’obéissance de ses hommes de par son efficacité et la façon qu’il avait de se soucier d’eux. C’est sans doute la raison pour laquelle son commando acceptait de le suivre les yeux fermés dans un guêpier comme celui-là. S’il avait abandonné la notion d’espoir pour son avenir et ses missions, ses subordonnées instillaient les leurs dans leur supérieur. Ce lien de confiance faisait donc la véritable force de la SO-21. Il permettait à l’unité de rester soudée, même dans les pires enfers où l’Alliance décidait de l’expédier…

Et soudée, elle avait grandement besoin de l’être dans cette situation. Ne serait-ce que pour survivre. Bloquée au plus profond du complexe souterrain, l’équipe ne pouvait compter que sur elle-même pour tenir assez longtemps avant de voir débarquer des renforts. Il n’y avait pas de vain espoir dans les attentes de l’officier. Les renforts finiraient par pointer le bout de leur nez, c’était certain. Quand bien même l’Alliance devait essuyer de lourdes pertes, elle enverrait quelqu’un à leur rencontre. Les informations que recelait ce lieu lui étaient trop précieuses. Ne serait-ce que pour ne pas entacher son image auprès de l’opinion publique et la scène politique. La nature des données qu’on lui avait dérobées était bien trop compromettante pour risquer de les voir filer entre de mauvaises mains. Quant à la question de bombarder la zone depuis l’espace quitte à tirer une croix sur les infos en question pour effacer toute trace de passage… Il n’y croyait pas une seule seconde. Les éléments dans les mains de l’Amirauté se trouvaient être bien trop fragmentaires pour motiver une frappe orbitale. A coup sûr une partie de l’édifice résisterait au déchainement de feu, plus particulièrement toute la section sous-marine. Ce qui signifiait d’éventuels survivants et d’éventuelles fuites qui vont avec. Un cas de figure inconcevable au vu des enjeux.

Il « suffisait » donc de patienter aussi longtemps que nécessaire. Ce qui relevait au mieux d’un doux euphémisme. Retranchés tant bien que mal autour de la salle de contrôle auxiliaire qu’ils occupaient, les soldats eurent fort à faire pendant la vingtaine d’heures que dura leur calvaire. Dans l’incertitude quant à l’identité réelle de leurs assaillants, les forces de sécurité de l’avant-poste commencèrent par engager le combat de façon quelque peu timide pour jauger l’adversaire. Une manœuvre prudente et adaptée à la situation, mais qui permit d’ores et déjà au commando de gagner une heure ou deux. Les échanges de tirs se firent ainsi dans un premier temps sporadiques, quelques mercenaires étant envoyés en éclaireur dans les coursives occupées par Alec et son unité. Usant à outrance de camouflage optique, ils retrouvèrent très vite leur créateur lorsque les assiégés remarquèrent leur approche. Aidés d’yeux formés à déceler la moindre déformation de l’horizon et de la vision thermique de leurs casques, le N7 et ses subordonnées n’eurent guère de mal à aligner ces imprudents de quelques salves bien placées. Le premier sang versé fut ainsi celui de quelques gardes assez malchanceux pour avoir été envoyés en avant sans réel espoir de réaliser une percée. Aussi discutable soit-il sur le plan éthique, ce stratagème permit au moins à chaque camp de d'évaluer l’autre.

- « Eagle Leader à tous. Maintenant ils savent que l’on a les moyens de riposter. Restez en position et laissez faire les mines dans la mesure du possible. Leur réponse sera bien plus musclée sous peu… »
déclara par radio le Commandant sitôt les derniers corps tombés au sol.

Faisant écho à ses mots qui relevaient davantage de l’évidence que de la prophétie, l’ennemi pressa ses forces à la rencontre des intrus sitôt leurs éclaireurs tombés et la situation un minimum analysée. Mais s’il savait avoir face à lui un opposant un minimum entrainé et avec du matériel en quantité et qualité, le degré d’exactitude de ces critères paraissaient encore échapper partiellement aux responsables de la zone. Ils ne devaient pas imaginer devoir combattre une unité de forces spéciales conciliennes. Dans le coin paumé que représentait Trident, on voyait rarement ce genre de visiteurs. Ce qui devait expliquer le mode opératoire borderline visant à traiter une force d’opposition composée de mercenaires quelconques plutôt que de véritables professionnels de l’art de la guérilla…

La SO-21, bien qu'elle aussi sous le feu d’opposants à l’identité encore bien floue, pu donc leur faire pleinement comprendre l’erreur commise dans la façon de mener ce premier assaut d’envergure. De toutes les directions des silhouettes humaines en armures convergèrent en vitesse sur la planque de l’Alliance, comptant très certainement les submerger sous le nombre plutôt qu’autre chose. Mais quand on se précipite tête baissée vers l’inconnu en jouant un coup de poker aussi hasardeux, il est courant de devoir ramasser les pots cassés de sa propre hardiesse. C’est ce qui arriva cette fois-là : confortés par le fait de n’attirer aucune riposte d’aucune sorte alors qu’ils parcouraient en vitesse les coursives vers l’objectif, les commandos improvisés pressèrent bien vite le pas pour mettre fin à cet « incident ». Hélas pour eux, des champs de mines et charges à mise à feu différée croisèrent la route de leur victoire annoncée. Ce qui devait être un assaut éclair se transforma alors en cauchemar de bruit, de flashs lumineux en tout genre et de corps et débris humains volant en tous sens. Dans la confusion la plus totale, ceux en queue de colonne paniquèrent et tentèrent de revenir en arrière en se ruant à la rencontre de leurs propres lignes. Certains y parvinrent tant bien que mal, couverts de shrapnels et le souffle court. Pour d’autres, la fin fut tout aussi brutale. Lorsque les tirs du commando ne les abattirent pas comme des chiens dans le dos, les quelques mines n’ayant pas encore détonnée firent le reste du boulot.

Ne restait alors que des coursives noircies par les explosions, des éclats par milliers, et restes humains en nombre. Du membre arraché aux corps fumants exposés aux flammes des charges incendiaires. Quelques blessés graves trainaient bien ça et là dans le no man’s land qu’était devenu ces couloirs si âprement défendus, mais personne ne prit la peine de venir les évacuer, les soigner ou même abréger leurs souffrances. Les Opérations Spéciales ne faisaient ni dans dentelle ni dans le propre lorsque la situation l’imposait…

Après cela, les choses tournèrent bien moins à l’avantage de l’Alliance. Désormais plus prudents, leurs opposants usèrent d’ingénieurs et de drones pour déceler et neutraliser les explosifs qu’ils rencontrèrent lors des attaques suivantes. Les feux des Enfers furent désormais remplacés par des coups de feu bien plus nourris, chacun usant du moindre atout de son arsenal. Le fusil d’assaut Saber de Sykes fut rarement aussi sollicité que durant ces interminables heures à soutenir un siège. Conçue sur mesure pour son propriétaire, l’exceptionnelle précision et puissance de sa munition se trouva être d’un grand secours pour la défense de la section dont il avait la charge. Un tir ou deux suffisaient généralement passer outre les boucliers cinétiques et ainsi nourrir le cimetière improvisé qui se dessinait devant lui et Brewer. Pourtant, la défense du périmètre devenait en plus complexe à chaque manœuvre de l’ennemi. Si ses tactiques s’espaçaient dans le temps du fait que ses effectifs ne cessaient de diminuer, elles étaient toujours plus efficaces à gagner du terrain et proches de réaliser une percée. Cette dure vérité s’illustrait parfaitement sur les fronts Est et Ouest, là où les biotiques de l’escouade étaient déployés. Toujours sur la brèche, leurs pouvoirs étaient sollicités avec une intensité et une fréquence qui dépassait de loin le raisonnable pour des sujets humains. S’en ressentait donc une fatigue de plus en plus croissante qui risquait de mettre en péril leur survie à tous…

Mais la délivrance arriva enfin après vingt-deux heures d’une résistance acharnée sous la forme d’une comm’ radio. Comme prévu, on venait donc les ramener au bercail… Eux ou les infos en leur possession. Une certaine Raikes était en charge de cette tâche ingrate s'il fallait en croire ses propres mots. Raikes ? Raikes. Raikes… Où avait-il déjà entendu ce nom ? Le vague souvenir d’une réunion stratégique de préparation d’exercices coordonnés entre les Quatrième et Cinquième Flottes refit très vite surface alors que le message résonnait dans son casque et qu’il vidait l’avant-dernière cartouche thermique à sa disposition sur une colonne d’infanterie progressant à couvert. Qu’ils connaissent ou non l’officier en question, tous captèrent la portée de ce signe, puisque Brewer redoubla d’efforts au péril de sa condition défaillante pour endiguer le gros de l’offensive afin de donner le temps à son supérieur de répondre. La hargne et la combattivité de ses hommes parvenait encore parfois à l’étonner par moments et malgré les années...

- « Sykes pour Raikes. Content de vous entendre, on y croyait plus vraiment. Mais cette unité répond au nom de code Eagle. Vous prenez l’indicatif Nomad pour le reste de la mission. Dites-moi que vous avez pensés à maintenir la liaison avec l’orbite ainsi qu’au ravitaillement. On va avoir besoin des deux d’ici très peu de temps... »
répondit-il dans un premier temps d’un ton qui trahissait l’impatience.

Munitions, fournitures médicales, rations d’urgence pour les biotiques de la SO-21… Du support au moins aussi nécessaire que les bras armés supplémentaires qui venaient à leur rencontre. Néanmoins des bruits de combat de plus en plus violents ponctuèrent ses dires, se faisant de plus en plus sonores à mesure qu’il expliquait la situation. Une oreille attentive remarquerait que les détonations de fusils d’assaut laissèrent la place à celles de fusils à pompe et armes de poing. Un signe révélateur de la distance d’engagement grandement réduite. Le point de rupture n’était pas loin…

- « ... Nous sommes retranchés dans ce qu’il reste de l’aile technique du complexe. Coordonnées transmises à la suite de ce message. La fin de la tempête a levé le verrouillage global de la structure. Vous rencontrerez une résistance armée conséquente qui converge vers notre position. On va faire le nécessaire pour tenir la ligne. Magnez-vous de nous rejoindre et signalez-vous avant d’approcher, sans quoi vous serez vaporisés par ce qu’il reste du champ de mines et des charges incendiaires de notre périmètre défensif. Eagle termi… GRENADES, A COUVERT ! » hurla soudainement une autre voix que celle du N7 alors qu'il s'apprêtait à clore sa transmission.

Suivirent des grésillements et un sifflement violent, puis plus rien. On prenait de nouveau d’assaut leur position, et cette fois avec bien plus de violence que tout ce qui s’était fait précédemment. Rassurés par l’arrivée de leurs propres renforts qui convergèrent vers eux suite à la levée du verrouillage général du complexe, les assiégeants survivants lancèrent un ultime raid coordonné sur les positions de l’Alliance. Usant à outrance de fumigènes, de grenades incapacitantes comme létales et de camouflage optique, ils progressèrent de façon bien plus soudaine et marquée qu’auparavant. Aidés en cela par la fatigue qui commençait à se faire ressentir dans les rangs du commando et les manques logistiques de l’unité, les mercenaires risquaient d’acculer pour de bon Eagle dans son ultime refuge : la salle de contrôle. Quant à Alec… Les choses étaient bien incertaines. Impossible de le contacter de nouveau pour s’assurer de sa situation. Sa position avait essuyé le gros de l’attaque, et les corps s’y comptaient en nombre. Quelques gémissements de douleur et tirs sporadiques étaient perceptibles, mais c’est bien l’épaisse fumée recouvrant la scène qui lui donnait cet aspect aussi sinistre…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Jeu 28 Sep 2017, 22:43
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes






- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Complexe souterrain clandestin

Pour le moment, tout allait bien, les deux gardes avaient été rapidement anéantis par le feu de Griest et de Haver et par un coup du sort - peut-être pas le dernier - la caméra de surveillance avait été détruite par une soudaine bourrasque de vent. Personne ne savait encore pour le moment que l'ennemi avait été amputé de deux autres combattants et personne ne nous avait vu entrer dans la base mais surtout, le contact avait enfin pu être instauré avec SO-21, l'unité du commandant Sykes. Une voix légèrement grésillante mais claire me parvint à moi à travers mon viseur intégré et micro-casque ainsi qu'au reste de mon unité qui elle était casquée mis à part Haver. Cette voix me revint maintenant en mémoire et j'y apposai immédiatement la tête avec le nom en dessous. Je n'étais lieutenant-commandant que depuis peu de temps lorsque j'avais rencontré Sykes, à l'occasion d'une réunion d'officiers mobilisant des effectifs de la Quatrième et de la Cinquième. Il y avait très peu de soldats issus du CFCI présents à cette réunion et Sykes était le seul à arborer le N7 sur l'uniforme. Entre membres du N7, l'on avait fait une sorte de réunion improvisée et je m'étais légèrement attardée avec l'ancien lieutenant-commandant. Je ne me rappelai plus du contenu exact de notre discussion mais ce n'était pas le plus important pour le moment, des vies de soldats de l'Alliance étaient en péril et la potentielle mention qu'un soldat de grade N7 soit mort dans mon dossier où j'avais maintenant toutes les peines de la galaxie à rendre irréprochable me fit gronder de frustration. Je me mis à écouter attentivement.

À entendre la voix de Sykes, la situation était dramatique, non loin d'être désespérée. Le N7 maitrisait très bien sa voix pour ne pas céder à la panique mais j'y sentis une impatience qui allait croissante. Nous étions pour le moment tous postés dans l'espèce de vestibule de garde avant l'escalier qui menait au niveau inférieur, Baird et King montaient la garde aux premières marches et l'on écouta attentivement les mots de Sykes. J'eus un regard pour tout mes soldats lorsque Sykes nous ordonna de prendre l'indicatif Nomad à la place de la désignation standard de notre unité, mon index et mon majeur droit apposés sur l'oreillette de mon micro-casque, une manière de faire comprendre à tout le monde que le message devait être passé. Lorsque notre supérieur fit mention de la liaison avec l'extérieur, Haver me leva le pouce en me montrant son OmniTech. En posant les yeux sur l'interface holographique, j'y vis que nous étions en liaison radio avec le centre de commandement de l'Okinawa puis vint la question du ravitaillement. Pour le coup, nous étions légèrement pris en défaut. À part nos propres réserves et celle de Cole, nous n'avions pas d'autres fournitures et Stroud n'avait que quelques vivres pour les biotiques. Fronçant les sourcils assez contrariée, je répondis alors au N7.

Bien pris Eagle. La liaison avec l'extérieur est établie pour le moment, nous avons quelques heures d'éclaircie et de battement sur la zone avant le prochain ouragan. Je suis venue avec mon unité de huit soldats, nous ne sommes pas tous venus avec une cantine de ravitaillement chacun mais nous allons vous donner ce que nous pouvons. Tenez bon, Commandant !

Je perçus ensuite les mots suivants assez difficilement à cause des bruits de la bataille qui pour le moment ne nous parvint qu'à travers nos oreillettes ou nos casques et je reçus les coordonnées de la position de Sykes et de ses soldats. Il ne put finir sa communication car un cri prévenant d'un lancer de grenade coupa la liaison, n'envoyant plus de son dans les oreilles et je tentai de joindre à nouveau le N7 mais sans succès. La frustration ainsi qu'une fureur froide s'empara de moi alors que je fixai chacun des soldats de mon équipe d'un regard dur et belliqueux.

Bon... selon les coordonnées, on a deux niveaux à franchir avant de parvenir au niveau où ils sont et obliquer vers l'aile technique. Je vous les transmets à vos OmniTechs. Baird, calculez le meilleur itinéraire possible, vous avez quarante secondes.

Compris, Lieutenant-Commandant...

On progresse en formation de progression et d'attaque. Rappelez-vous, il faut rallier le Commandant Sykes et ses soldats le plus rapidement possible, on se fraie un chemin jusqu'à eux, on va au plus vite. Je prends la tête, Griest et Stroud, derrière moi. Cole, Baird et Anderson, le flanc gauche. Carter, King et Watanabe le flanc droit. Vous allumez le moindre connard qui essaie de nous prendre de flanc. Haver vous fermez la marche et vous assurez nos arrières. Des questions ? ... Bien où ça en est Baird ?

Ouais, ouais voilà Lieutenant-Commandant, j'ai un itinéraire. Si j'en crois le plan et en admettant que les pirates soient concentrés dans l'aile technique, on peut rallier les OS en moins d'une demi-heure.

On a pas le choix, il va falloir qu'ils tiennent mais on devra faire tout notre possible pour les sauver. Atkinson, vous me recevez ?

La liaison est assez mauvaise mais je vous capte, Lieutenant-Commandant.

Mettez-vous en relation avec le Midway avec Snakeshit si ce n'est pas déjà fait et voyez quel soutien aérien vous pouvez nous fournir, je pense que nous en aurons besoin plus tôt qu'on ne le pense. Si l'on arrive à sortir du complexe, ils ne vont certainement pas nous laisser filer comme ça. C'est là que j'aurais besoin de vous. Donc concertez-vous avec le Midway et armez les Kodiak. Armes lourdes montées en plus des double-canons à l'avant.

Bien reçue, Lieutenant-Commandant, je vais chercher Lathrop pour l'autre Kodiak. Vous n'avez juste qu'à dire quand on doit s'amener pour sauver vos miches. Bonne chance, chef !

Merci, Lieutenant. Terminé. On a pas trop le choix, on va vite être à notre tour à court de cartouches thermiques si on leur file ce que l'on a. Ça ne me plait pas mais ramassez des chargeurs quand vous le pouvez. Nos collègues en auront besoin, peut-être que nous aussi. Allez soldats, on bouge !

En quelques secondes, l'Okinawa Combat Team s'élança vers la position des soldats des OS de l'Alliance. Le premier niveau fut facilement franchissable malgré le fait que l'alerte retentissait au sein du complexe. Le couloir que l'on avait emprunté débouchait directement au sein de l'armurerie des pirates qui bien évidemment était quasiment vide, seuls ça et là, trainaient quelques chargeurs de cartouches thermiques aussitôt ramassées par Cole. L'armurerie était grande ouverte et l'on progressa très vite vers l'escalier menant au niveau d'en dessous en passant à travers deux salles communes de repos. Un couloir menait vers les dortoirs des gardes, l'autre vers le personnel non militaire du complexe tandis que le dernier renvoyait vers l'escalier. Deux autres gardes furent surpris par mon unité et conformément à mes ordres, il n'y eut pas de tirs de sommation. L'un des deux tenta de nous stopper mais il fut cueilli par un tir du Viper de Griest puis le feu conjoint de mon Mattock ainsi que celui d'Anderson et de Carter. Son projectile rata sa cible et le pirate s'effondra à terre. Son copain était en train de prendre la fuite lorsque Stroud fit parler sa biotique. Seuls quelques mètres nous séparaient mais l'attaque lancée par ma subordonnée atteignit sa cible, nous laissant le temps d'aligner l'aminche qui tâcha de crier dans son casque sûrement pour prévenir les autres mais nos cartouches l'empêchèrent de parler davantage. L'on reprit notre progression en piétinant les cadavres des pirates sans vergogne en empruntant l'escalier conduisant au second niveau. Selon un écriteau au mur, le niveau comportait surtout des salles de recherche, informatisées et de réunion. Inquiète quant au sort de Sykes et de ses soldats, j'ouvris le canal de communication vers lui. Par chance, il y avait une réception mais personne ne répondit avant que je ne me mette à parler pour informer mon supérieur de ma situation s'il m'écoutait.

Eagle, ici Nomad. Avons franchit le premier niveau sans rencontrer grande résistance. Unité au complet, allons nous engager au second niveau. Terminé.

La progression au second niveau du complexe fut bien plus difficile. Le niveau était bien plus étendu que le précédent et de par la mobilisation des pirates contre les soldats des OS, la présence ennemie y était plus nombreuse. Il y avait aussi du personnel non combattant, mais certains des mercenaires du complexe le firent immédiatement évacuer tandis que leurs copains se chargeait de vouloir nous anéantir. La résistance fut plus vive mais chacun d'entre nous s'y attendait. Les premières salles furent très vite inspectées, les parois qui les séparaient étaient en verre mais l'on vérifia tout de même chaque pièce. Les pirates se mirent à ouvrir le feu alors que l'on débouchait parmi les salles de réunion qui étaient les salles les plus grandes. Anderson vit ses boucliers se réduire comme peau de chagrin en voyant le feu ennemi et était légèrement blessé car il avait pu se mettre à couvert à temps. J'ordonnai un feu de couverture pour permettre à mes soldats de prendre place pour engager l'ennemi. Le feu des mercenaires était brouillon, désordonné mais imprévisible et non moins dangereux. Griest, coincée contre l'embrasure d'une porte aligna quelques imprudents qui avaient osé passer la tête au dessus de leurs couverts. Stroud, Carter et King empêchèrent les pirates de nous prendre de flanc en passant par une salle remplie d'ordinateurs, l'ennemi s'étant approché d'un peu trop près à leur goût. Dans l'autre salle, les pirates se mirent en mouvement pour arriver à notre contact et ce fut le rire de Cole qui attira l'attention de tout le monde mais aussi le bruit si caractéristique de son Cimeterre. L'ennemi s'était comme figé en entendant cette réaction si hors du coup mais c'était la fenêtre d'intervention qu'il nous fallait. Le feu de l'Alliance se déchaîna et quelques uns d'entre nous, moi compris, arrivèrent au contact. Coups de crosse et OmniLame furent assénés, j'y allai d'un cri de rage en trucidant l'Humain en face de moi qui écarquilla les yeux de surprise en me voyant arriver. L'ennemi dans cette salle fut rapidement anéanti et notre unité se retrouva de nouveau au complet afin de poursuivre la progression à ce niveau. Nous étions maintenant à un quart d'heure de la salle de contrôle où se trouvait certainement assiégés les soldats des OS. En arrivant au dernier embranchement, trois chemins s'offrirent à nous. En face, nous avions une salle de recherche, à droite l'infirmerie et à notre gauche, l'escalier descendant vers le troisième niveau, là où il y avait un hangar avec des véhicules et une voie d'accès vers l'extérieur, les systèmes de survie, les générateurs, les salles de stockage et la salle de contrôle, précisément là où SO-21 s'était retranché.

Eh Lieutenant-Commandant, on pourrait piller leur infirmerie ? Si tout ces cons sont là bas, y a des chances qu'on puisse mieux aider les OS. On a déjà des munitions de rab, on va leur trouver des gros pansements pour leurs gros muscles. P'tet même qu'on tombera sur des grosses rations pour leurs gros biotiques. Ça va être Noël pour eux avant l'heure.

Le timing était serré pour parvenir à l'aile technique et d'où l'on était, on pouvait entendre des coups de feu et des explosions. Le regard déterminé, j'approuvai néanmoins la suggestion de Cole et je désignai du regard Watanabe et Carter.

En espérant que ça leur suffira. Carter, Watanabe, vous l'accompagnez, on va tenir cette position. Prenez tout ce que vous pouvez, vous avez une minute.

Ma major opina du chef et d'un signe de tête, fit bouger le colosse et le médecin. Pendant ce temps, moi, King, Anderson et Griest nous placèrent aux premières marches pour garder la descente d'escaliers tandis que Haver et Baird se mirent à fouiller la salle de recherche. Il y eut des bruits sourds de coups et un bruit de verre brisé lorsque mes trois soldats entrèrent dans l'infirmerie d'un pas fracassant mais Carter nous prévint que tout allait bien et qu'ils venaient d'assommer le médecin qui se trouvait là. Ils avaient moins d'une minute pour dépouiller l'endroit mais les secondes me parurent une éternité car les tirs allaient sans discontinuer. Puis, alors que je jetai un regard vers l'infirmerie pour en voir Cole sortir, King m'attrapa le bras et me tira contre l'angle du mur avant l'escalier et Anderson se mit à crier qu'une grenade apparut. Au lieu de l'explosion tant redoutée, il y eut un bruit ressemblant à un cri strident et je fus aveuglée pendant un temps. Des tirs beaucoup plus proches retentirent ainsi qu'un grognement de Cole réprimant un éclat de rire me tira de ma léthargie quelques minutes après. Lorsque ma vue revint, je vis Watanabe examiner et soigner King et Carter à l'aide de son OmniTech tandis que Baird se mit à maugréer contre l'un des pirates à terre. Ce fut Haver qui me fit reprendre les esprits en agitant la main devant mon visage. Elle se mit à parler mais je ne compris pas immédiatement ce qu'elle disait. Je grimaçais légèrement avant de me donner une tape sur la joue et la voix de ma lieutenant me parvint clairement, le ton à moitié inquiet et à moitié furieux.

Hein ? Quoi ?

Lieutenant-Commandant ! Je disais qu'il faut qu'on bouge, ils envoient déjà d'autres types nous attaquer ! Sykes n'est qu'à quelques minutes !

Merde ! Repoussez-les ! Il faut à tout prix que l'on garde une voie jusqu'aux OS ! Avec moi !

Sans plus attendre, mon Mattock se chargea de parler à ma place et l'un des pirates à terre qui s'était relevé mourut sous mes cartouches en gargouillant. Je m'étais relevée et élancée dans l'escalier, seule pendant une fraction de seconde avant que Stroud et King ne me suivent. Il n'y eut pas de pirates dans l'escalier, en revanche en bas, on nous attendait. Trois pirates nous barraient la route mais un bruit étrange se fit entendre et je sentis un brusque courant d'air à côté de moi qui me fit frissonner avant qu'il ne se matérialise devant moi. Stroud avait de nouveau fait parler sa biotique et les pirates, surpris purent être neutralisés par moi et mes deux autres soldats derrière moi. Mon unité suivit peu après moi et l'on déboucha au dernier étage du complexe, au niveau du hangar. Il y eut des caisses et un véhicule de transport blindé non loin de l'escalier qui nous servit d'abris car malgré le barrage de l'escalier forcé, des tirs de tourelle se mirent à nous accueillir. Selon l'itinéraire de l'OmniTech, il nous fallait tourner immédiatement après l'escalier pour arriver dans l'aile technique. Deux couloirs plus tard, c'était l'une des voies d'accès vers la salle de contrôle, là où Sykes et son unité s'était retranchée. Mais pour le moment, il fallait que l'on se débarrasse de la tourelle qui nous empêchait d'aller plus loin mais aussi des soldats à côté de l'arme automatique.

Baird ! Enlevez nous cette putain de tourelle, je me contrefous de comment ! Griest, vous alignez le premier ingé qui essaie de les réparer, je les veux en miettes ! Haver donnez lui un coup de main ! ... NON KING ! Vous gardez votre cul contre la roue, vous êtes déjà blessée, je refuse que vous deveniez un cadavre ! TIR DE COUVERTURE !

Mes soldats opinèrent avant que l'on ne déclenche un feu nourri en direction de la tourelle ennemie et des quelques mercenaires à côté. Du coin de l'œil, je vis Baird en profiter pour changer de couvert sous les tirs tandis que Griest sortit la tête de son couvert pour atteindre l'ingénieur ennemi qui essayait de parvenir à la tourelle dans l'ordinateur embarqué qu'il avait dans le dos. Sous les tirs de la tourelle et après deux tirs du fusil de précision, l'ordinateur explosa, déstabilisant l'ingénieur et Baird en profita pour balancer une surcharge vers la tourelle qui dirigea son tir sur lui. Griest s'était néanmoins prise une cartouche dans le bras, le projectile ayant atteint l'armure, forçant la sergent à se remettre à couvert. Haver empoigna à son tour son fusil de précision pour aligner l'ingénieur qui mourut une fois à terre. On se mit encore à arroser la zone et la tourelle vola en éclats peu après tandis que Baird revint auprès de nous cahin-caha en se tenant le bras. Il n'y avait plus que quelques tirs sporadiques dans notre direction, bien plus inoffensifs que la tourelle et les quelques pirates restants se replièrent dans une pièce attenante au hangar. Watanabe examina Baird au bras et lui administra quelques soins puis je reportai le regard sur le reste de mon unité. Globalement, tout le monde allait bien malgré les blessures récoltées par mes soldats, la plupart d'entre elles des coupures ou des traces de coups dues aux impacts des cartouches sur les boucliers ou encore des cartouches ayant réussis à atteindre l'armure. Anderson gardait la porte grande ouverte menant au couloir indiquant une salle de stockage et la salle de contrôle tandis que Carter échangeait avec Stroud en examinant l'OmniTech de la biotique. Watanabe finissait ce qu'il avait à faire pour rétablir le bras de Baird qui se taisait mais je pus aisément sentir qu'il était irrité. Griest rechargea son arme aux côtés de Haver derrière Anderson. Cole quant à lui avec King à ses côtés, examinait son sac de munitions ainsi que celles récoltées et distribuait à Watanabe et Stroud des rations dans un sachet bleu, des rations de secours pour biotiques ainsi que quelques fournitures médicales. Les bruits d'une fusillade nous parvinrent à nouveau et je me relevai de mon couvert. Je m'étais à peine redressée que chaque soldat braqua son regard sur moi, je rejoignis ensuite Anderson, rechargeant prestement mon Mattock et portant la main à l'oreille.

Eagle, ici Nomad. Si vous m'entendez, nous avons franchi le second niveau, plus forte résistance. Sommes au dernier niveau, non loin de la salle de contrôle. Des blessés mais tout le monde est toujours en état de combattre. On progresse vers vous. Terminé.

J'eus à cet instant un regard pour mon unité.

Nous ne sommes pas loin de notre objectif mais on a encore des pirates en travers de notre route. On épargne personne, ils veulent faire la peau à nos collègues, on les en empêchera. Prêts ? GO !

On s'engagea donc dans le couloir à côté d'un bureau de vigile. Selon l'OmniTech, nous n'étions qu'à quelques mètres mais je n'avais même pas besoin de le consulter, je n'avais qu'à suivre le bruit des explosions de grenades non loin. Des soldats ennemis s'étaient massés devant l'accès de la salle de contrôle, assez nombreux au demeurant mais nous le prenions à revers. C'en était presque trop facile et grisant. Je ne hurlai même pas de faire feu, nos armes se chargèrent de répandre la mort parmi nos ennemis. Complètement pris par surprise, on fit un massacre dans les rangs des pirates complètement désorganisés par la violence et la rapidité de l'attaque. Rares furent parmi eux qui tentèrent de nous résister mais ils furent rapidement anéantis par notre puissance de feu. Cole ramassa un des boucliers anti-tirs au sol et prit la tête en se protégeant des quelques tirs. Parvenus devant l'entrée vers la salle de contrôle, on se déploya pour finir les quelques mercenaires survivants. Cole se mit même à massacrer un des soldats portant lui aussi un bouclier avant que King ne l'achève. Je dus finir moi-même un type aussi costaud que l'ancien rugbyman à l'OmniLame, mon adversaire ayant réussi à me causer une coupure sur la joue gauche, me zébrant presque le front. De rage, j'éventrai mon ennemi avant de lui loger une cartouche de Mattock à bout portant en pleine tête.

Eagle, ici Nomad... Sommes parvenus devant votre position, prévenez nous quand la voie sera libre pour nous. Terminé.

La joue marqué par l'estafilade laissée par mon dernier ennemi qui était maintenant mort et la main sur l'oreille droite, j'attendis une réponse au milieu des cadavres ennemis. Je n'eus pas de communication pour le moment avant qu'une voix ne me réponde. Ce n'était pas Sykes mais l'un de ses soldats qui me dit que le chemin était maintenant sûr. Soulagée d'entendre une voix amicale, le fusil d'assaut néanmoins en avant, je m'engageai vers la salle de contrôle, mes soldats sur mes talons. Il y avait une épaisse fumée dans la salle de contrôle ainsi qu'un calme relatif très inquiétant, uniquement brisé par des tirs d'armes de poing et les cris de quelques blessés. L'un de ces blessés eut un timbre de voix très caractéristique et je reconnus sans peine, un Butarien qui criait sa douleur là devant moi. Il avait la jambe arrachée et le ventre en charpie, le visage à moitié brûlé. Il leva une main ensanglantée vers moi et implora ma pitié lorsqu'il me vit le braquer. Malheureusement pour lui, il était tombé sur la personne la moins conciliante de l'Univers envers les Butariens et alors qu'il continuait de gémir plus fort que les autres, je le fis taire d'un coup de bottine rageur en plein visage, les dents serrées avant de lui administrer une cartouche en plein dans l'un de ses yeux du dessus.

Ta gueule... Commandant Sykes ? Vous êtes là ?

La fumée n'arrangeait rien mais je vis des formes se mouvoir devant moi, j'espérai ardemment que les soldats des OS se signalent pour éviter les tirs amis à cause de cette foutue purée de poix. Mais je me tenais prête, même à d'autres ennemis.


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Dernière édition par Ada J. Raikes le Ven 05 Jan 2018, 13:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mer 11 Oct 2017, 22:37

Un avertissement. Un bruit sourd, suivi de plusieurs détonations. Une onde de choc qui balaie le couloir et change en un instant les choses de façon dramatique… Jusqu’ici sur la brèche, les forces spéciales de l’Alliance virent leur situation dégénérer dès lors que des mesures extrêmes furent prises pour les déloger de leur repaire. Prise à l’ennemi voilà presque vingt-quatre interminables heures, la zone n’était plus qu’un champ de bataille jonché de corps, ses murs et sols n’étant plus quant à eux qu’impacts de tirs et traces d’explosions en tous genres. Tandis qu’il rendait compte des évènements à ceux dépêchés pour les sortir de ce bourbier, Alec se trouva pris par surprise par la dernière riposte adverse. Jusqu’ici impénétrable, la ligne de défense formée par le N7 et son subordonné s’effondra lorsque plusieurs ceintures de grenades furent projetées dans leur direction. A bout de souffle, épuisé par le surrégime imposé à sa biotique, Brewer ne put gérer à lui seul la pression imposée par l’ennemi.

Expert en biotique défensive, que ce soit au moyen de ses barrières ou de bulles biotique impénétrables, formé à Grissom et soldat reconnu des forces spéciales, il n’en restait pas moins un homme. Et un seul. Au plus haut de son potentiel au début de la mission, le traquenard qu’elle était devenue avait pourtant fini par drainer une bonne part de ses forces. Mais comme tout membre de terrain des Opérations Spéciales, il lui était inconcevable de renoncer dans une telle situation. Repoussant ses ultimes limites, celui que ses camarades surnommaient affectueusement « le bleu » puisa dans les dernières forces qu’il lui était possible de rassembler afin d’offrir un semblant de défense à leurs opposants. Plus par réflexe et instinct de survie que tout autre chose, il parvint à renvoyer une partie des projectiles ennemis à l’envoyeur grâce à une onde de choc bien placée, ce qui ne manqua pas de surprendre l’autre camp. C’est tout un peloton qui se trouva pris au dépourvu par la manœuvre, se faisant faucher brutalement par ses propres grenades alors qu’il s’apprêtait à monter à l’assaut. Très vite hors de combat, la formation ennemie n’en fut pas moins immédiatement remplacée par un nombre au moins équivalent d’assaillants, qui s’acharnèrent avec une combattivité redoublée afin de réaliser une percée.

Leurs efforts se trouvèrent couronnés de succès lors de la tentative suivante, le recours aux explosifs permettant de venir à bout du duo. Sous la puissance des multiples déflagrations, le champ de force biotique déployé par le Caporal céda brusquement. A bout de forces, il fut violemment projeté sur le mur le plus proche dans un bruit sourd qui ne parvint jamais aux oreilles des protagonistes de la scène tant le vacarme ambiant était impressionnant. S’ensuivit un violent retour de flammes accompagné d’un nuage d’éclats et de fumée. Le Commandant, noyé dans cet enfer, se retrouva dès lors à lutter seul contre plusieurs tireurs ayant pris position au niveau du dernier embranchement avant son couvert. Au cours des interminables minutes suivantes, personne n’osa en premier lieu s’aventurer dans l’inconnu tant l’issue du combat était incertaine. Les quelques tirs sporadiques qu’il était en mesure d’offrir en guise de résistance suffirent un temps à garder les propriétaires des lieux en respect. Car s’ils se savaient en position de force après cette démonstration de puissance, les mercenaires ne pouvaient qu’amèrement compter le nombre des leurs morts et blessés. Les trois quarts de leurs effectifs dépêchés sur zone pendant l’ouragan se trouvaient hors de combat ou manquait à l’appel, tandis que les renforts se trouvaient amputés d’une part de leurs ressources du fait de l’apparition soudaine de l’escouade de l’Okinawa.

C’est peut-être cette incertitude quant à la nature exacte de la situation qui poussa les porte-flingues à patienter quelques instants supplémentaires afin de cerner l’état des défenseurs. Et lorsqu’il parut évident que plus aucune riposte efficace ne viendrait du côté des assiégés, les plus hardis se hâtèrent de partir en éclaireur. Il furent précédés par un énième lâché de grenades, qui eut cette fois raison de l’officier de l’Alliance. Incapable de quitter son couvert sous la pression des tirs et de l’avancée ennemie, et privé du renfort bien pratique d’une couverture biotique, Sykes fut à son tour soufflé par les jouets des forces de sécurité locales. Son salut ne fut au final assuré que grâce à l’épais mur anti-souffle que constituait sa couverture et la qualité supérieure de son armure…

Mais lorsqu’il émergea de l’inconscience, les environs avaient encore changés de configuration… Plusieurs départs de feu mettaient en péril la sauvegarde des coursives, tandis que la fumée se faisait de plus en plus épaisse. Une voix aux mots déformés et saccadés par l’état très approximatif de ses systèmes de communications se faisait entendre dans son casque, ce qui finit très certainement par accélérer son réveil et raviver ses capacités d’analyse et d’appréhension de la situation. Etalé de tout son long au milieu du couloir, cerné de cadavres et armes abandonnées çà et là, le Commandant discerna très vite le bruit caractéristique de bottes s’entrechoquant sur le sol glacial et maculé de sang de ce lieu de passage autrefois si commun. Quelqu’un approchait. Quelqu’un qui ne pouvait avoir qu’une chose en tête : finir le boulot de reprendre pour de bon le contrôle du complexe.

Conscient qu’il se trouvait dans position qui le désavantageait grandement, le soldat d’élite choisit de recourir à un stratagème aussi basique que maintes fois éprouvé depuis la nuit des Temps : faire le mort. Ce qu’il est difficile de voir comme autre chose qu’une marque de couardise eut néanmoins pour avantage de limiter la méfiance des nouveaux venus, qui progressèrent d’un pas assuré en direction des deux hommes qui leur avaient coûtés tant des leurs.

- « Il est mort ? »
- « J’crois bien… Ces enfoirés avaient peut-être la peau dure, mais ils pissent le sang comme n’importe qui une fois troué en fait… » constata de façon macabre une voix rauque à quelques mètres de lui.

Un bruit de coup, suivie d’une lamentation de souffrance permit au « défunt » de se faire une grossière idée de la situation…

Deux mercenaires en armure dominaient de leur hauteur un Caporal Brewer à l’article de l’inconscience, voire de la mort. Toujours aussi combattif, le jeune homme s’accrochait aux dernières onces de vie qu’il lui était possible de trouver, bien que la capacité à se mouvoir, ou même à émerger semblait devoir lui être refusée. On lui avait donc asséné un violent coup de pied dans les côtes afin de s’assurer de son trépas, une expérience dont le résultat ne devait pas convenir aux prospecteurs envoyés sur place pour s’enquérir de l’état des lieux…

- « Je te l’avais dit qu’il bougeait encore ! Finis-le ! »
- « On le ramène pas pour interrogatoire ? »
- « On a bien assez à faire avec ceux qu’il reste et les macchabés à ramasser ! Finis-le ! »

Le bruit d’une arme que l’on prépare à tirer fit alors écho à ces propos, annonçant la fin prochaine du soldat de l’Alliance aux abois. Ce fut certainement le coup de fouet dont eut besoin le N7 pour se décider à agir. Affalé dans une position qui n’avait rien de naturel, il lutta contre l’endolorissement de ses membres et les multiples douleurs qui parsemaient son corps pour se redresser avec une fulgurante rapidité. Un troisième porte-flingue, chargé de s’assurer de sa propre disparition, en fit aisément les frais… Le malheureux, en apparence fasciné par le sigle peint sur l’armure d’Alec, s’était approché au plus près afin de le contempler dans une malsaine fascination pour ce qui constituait un trophée de premier ordre au sein d’une macabre collection. L’envie de se saisir du plastron décoré des deux caractères symboles de l’élite de l’Alliance le poussa à se porter au chevet du soldat, ce qui ne fit que raccourcir l’espérance de vie du mercenaire. En l’espace d’une demi-seconde, le buste de sa « victime » s’était redressé de moitié, tandis qu’une omnilame maniée avec une précision peu commune vint se loger dans son cou et mettre fin à ses jours avec une violence peu commune.

Aucun râle d’agonie ne s’échappa de la gorge profondément entaillée, et par endroit sectionnée, de l’infortuné. Pourtant ses deux camarades firent brusquement volte-face. Alarmés par des bruits de lutte, il saisirent de façon instinctive leurs armes en vue de se défendre, mais ne purent opposer de résistance bien conséquente face à un N7 passablement énervé et aux envies sanguinaires après en avoir tant bavé… Leur collègue décédé servit d’ailleurs de bouclier de fortune au soldat tandis qu’il couvrait les quelques mètres le séparant du duo, le cadavre essuyant plusieurs impacts de Mattock et d’Avenger. Déstabilisé sous la pression et face à une telle hargne, les gardes virent l’armure sans vie être projetée sur eux sans aucune considération pour le défunt. L’un deux s’en trouva ainsi déséquilibré, s’effondrant lourdement au sol sous le poids de cette arme « inhabituelle », quand l’autre, bousculé dans la mêlée, fut désarmé sans autre forme de procès. Hélas, toujours capable de se mouvoir, il s’empressa de retrouver la direction de son camp au pas de courses, faisait fi des suppliques de son camarade qui l’invectivait en vue de gagner son aide.

Le braillard étalé au sol fut donc exécuté sans autre forme de procès qu’un autre coup d’omnilame, cette fois asséné en plein cœur par manque de temps plus qu’autre chose. Car s’il avait besoin de faire payer quelqu’un, Alec n’en gardait pas moins en tête certaines priorités, à commencer par son subordonné blessé et le fuyard qui risquait de lui échapper. Ce dernier n’alla cependant pas très loin, puisqu’un tir de Carnifex, arme de poing dérobée sur le corps tout chaud de son compagnon, traversa son genoux droit pour l’envoyer s’étaler lourdement au sol. Nulle parole ou gémissement ne purent le soustraire à son funeste sort, le Commandant déchargeant le reste de la cartouche thermique dans le crâne du miséreux au cours d’une pulsion libératrice plutôt que pour un quelconque soucis pratique…

On dit parfois que le pire de l’homme se révèle dans les pires situations de crise. D’autre voient dans les moments les plus désespérés l’occasion de voir renaitre les valeurs les plus simples et saines qui nous définissent afin d’assurer la survie du plus grand nombre. Je dirais au final que tous détiennent plus ou moins une part de vérité à leur manière…

- « Raikes, au rapport. Ordre de mission et état de situation. »
ordonna-t-il finalement d’un ton étonnement calme, froid selon les points de vue, en émergeant de la fumée, flingue toujours en main.

Son armure anthracite avait quelque peu perdu de sa superbe au cours des combats, mais restait dans un état globalement correct en dépits des épreuves qu’il avait surmonté. Quelques traces résiduelles de brûlures, des tâches de sang éparses et plusieurs microfissures sur la visière rétroéclairée de son casque témoignaient tout de même de l’ambiance mouvementée de ces dernières heures. Et s’il ne laissait rien filtrer de son état d’esprit dans le cas présent, il est évident que son soulagement d’avoir réussi la jonction avec les renforts envoyés sur place pour les épauler existait bel et bien. Mais il ne pouvait se laisser aller à la moindre émotivité… Du moins, par dans l’instant. Des mesures devaient être prises dans l’urgence, toute comme le mode opératoire de cette mission se devait d’être révisé…

- « Florès, sur ma position, immédiatement. Brewer est dans un sale état. A tous les autres : on clôture le périmètre, on récupère ce qui peut l’être, puis repli sur Eagle Leader. » lança-t-il sur la fréquence radio désormais commune à tous les éléments de l’Alliance.

D’un signe de tête, il invita l’officier commandant de l’Okinawa à le rejoindre un peu plus loin afin de se livrer à un briefing très sommaire tandis qu’il œuvrait à stabiliser l’état du biotique.

- « Tiens bon, gamin. Pas question que tu me lâche dans ce bourbier. » murmura-t-il à l’intéressé qui avait replongé dans l’inconscience alors que son supérieur le défendait à son tour.

Chacun venait juste d’assurer la survie de l’autre voilà quelques instants, alors il était inconcevable de voir le Caporal sombrer de la sorte. Et pourtant, son état n’était pas vraiment encourageant : épuisé par des heures d’effort et de concentration intenses, balayé par plusieurs explosions et le flanc droit criblé de dizaines d’éclats de tailles diverses en dépit de son armure lourde, il n’en ressortirait pas indemne, voilà un fait certain. A charge de ses compagnons d’assurer sa survie en plus du succès de la mission…

Certains objectifs se trouvaient d’ailleurs toujours d’actualité, et il convenait de les mener à bien avant de s’exfiltrer du trou à rat qu’était devenu le complexe souterrain. Les deux officiers en charge de l’opération disposaient désormais de précieuses minutes pour se briefer l’un l’autre et aviser quant à la marche à suivre. Leurs hommes profiteraient de ce temps mort pour reprendre leur souffle, soigner du mieux possible les blessures de chacun et répartir au mieux vivres et munitions pour ce qui s’annonçait être un rodéo ô combien mouvementé…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Lun 16 Oct 2017, 13:07
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes






- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Complexe souterrain clandestin

Il fallait dire que le champ de bataille était plutôt une boucherie et ressemblait plus à une déchetterie doublée d'un charnier que d'une salle de contrôle comme indiqué sur le plan dans nos OmniTechs. De petits incendies crépitaient ici et là, causant certainement la fumée qui enveloppait les lieux mais surtout l'atmosphère était lourde. À voir le nombre de cadavres de pirates et les dégâts causés, l'affrontement avait dû être âpre et inégal, je ne distinguai fort heureusement, aucun soldat de l'Alliance mort parmi les corps à terre mais les pirates étaient nombreux. Je grommelai entre mes dents en me demandant combien de pirates étaient déployés ici et l'on progressait doucement avec mes soldats. Soudain, une lueur orangée dans la fumée attira à tous notre attention et celle-ci disparut dans quelque chose avant d'en ressortir sous une forme qui m'était familière de loin et je reconnus une OmniLame. Je n'avançai plus à cet instant et des bruits de pas vinrent dans notre direction. Prête à ouvrir le feu, je n'eus aucunement besoin de le faire car quelqu'un d'autre s'en chargea pour moi sous la forme d'un double coup de feu. Le propriétaire des bruits de pas fit apparaître sa silhouette devant nous alors que le premier tir retentit, causant l'effondrement du pirate qui prit la fuite. Il n'eut même pas le temps de crier sa douleur qu'un second coup de feu, quasi-simultané, se fit entendre et le front du pirate s'ouvrit dans une gerbe de sang. Surprise de voir une telle mise à mort aussi rapide, mon Mattock se baissa légèrement et je relevai le regard pour voir une autre silhouette émerger de la fumée, une silhouette légèrement tassée mais qui paraissait en bien meilleur état que le pauvre aminche qui venait de se faire exécuter sans coup férir devant moi.

Sykes fit enfin son apparition et le moins que l'on puisse dire, c'est que son entrée en scène fut marquante. Ses ordres retentirent à peine que nos armes se baissèrent et mon Mattock s'atrophia dans mon dos dans un geste répété des milliers de fois. Le soldat de l'Alliance paraissait être dans un sale état, du moins esthétiquement parlant car il ne me semblait pas grièvement blessé au vu de sa démarche et et de son allure. Tout comme l'état de la salle de contrôle, la bataille pouvait aisément se deviner sur son armure. Crasse, traces de coups et taches de sang éparses se voyaient sur son armure ainsi que sur son casque où je ne pus même pas distinguer le visage. Il s'était bien évidemment retrouvé en première ligne pour arrêter l'assaut des pirates qui avait dû être violent et brutal. Quelque chose attira immédiatement mon attention sur l'armure du commandant de l'Alliance et c'était bien entendu, le N7 floqué sur l'armure de combat. Je me mis à rougir légèrement, un peu plus embarrassée plutôt que par la chaleur des petits feux dans la salle et pendant une fraction de seconde, je fus intimidée par le combattant devant moi. Il fallait admettre que le N7 métallique ainsi que l'attribut rouge soulignant le grade d'élite parmi les forces spéciales, tacheté de sang et d'un peu de crasse en jetait beaucoup. Loin d'être jalouse, mon intimidation passa rapidement pour regarder le sigle que je convoitais depuis des années avec fierté. Je me redressai bien droite devant Sykes et malgré la situation s'y prêtant peu, je le saluai comme en attente d'une inspection de ma tenue. De mon œil droit, mon viseur m'envoya diverses informations sur les lieux via les données de mon OmniTech mais je n'en tins pas compte, mes deux yeux étaient à présent fixés sur la visière de mon supérieur et je pris un air grave et sérieux. Entre membres de la même élite et officiers de l'Alliance, nous nous comprenions très vite, précisément ce que j'appréciais lorsque je devais travailler avec un autre soldat ayant un grade de commandement comme un officier décoré du sigle N7, en l'occurrence Sykes.

Commandant Sykes. Mes ordres sont avant tout de vous extraire vous et vos soldats d'ici le plus rapidement possible mais le cas échéant, de vous porter assistance dans la mesure du possible dans votre mission si vous n'avez rempli tout vos objectifs. Ma priorité reste néanmoins votre évacuation ainsi que celle de votre unité. Équipe Nomad au complet avec quelques blessés mais en état de combattre, résistance acharnée de l'ennemi à mesure de notre approche à la salle de contrôle. Ingénieurs, armes lourdes présumées et effectifs nombreux côté ennemi. Je dis présumées car nous avons vu des blindés dans le hangar en arrivant à ce niveau mais je pencherai plutôt pour des transports blindés que des Makos, monsieur. Liaison établie avec l'extérieur, notamment le centre de commandement du SSV Okinawa, la frégate sous mes ordres.

Le ton employé était aussi calme que celui de Sykes, me calquant sur celui employé par mon supérieur, aucunement par provocation mais par simple professionnalisme. Ma voix était claire et directe, le timbre militaire et mécanique, dans mon rôle de subalterne obéissante à un grade supérieur. D'un signe de sa tête, je quittai ma posture de garde-à-vous pour ensuite observer mes soldats obéir aux ordres de Sykes. Cole, de son air de bonhomie habituelle contrastant avec le carnage et le boxon régnant ici, distribua des munitions récoltées pendant notre progression ainsi que quelques rations de survie récoltées à l'infirmerie des pirates aux soldats des OS tandis qu'il donnait quelques rations dans leur sachet bleu à ceux qui se déclaraient biotiques alors que Stroud avait déjà les siennes. Le soldat que Sykes avait appelé Florès se porta au chevet d'un jeune soldat inconscient, la femme soldat aussitôt épaulée par Watanabe, mon propre médecin de terrain s'étant proposé pour lui prêter main forte afin de stabiliser le blessé. Laissant les deux infirmiers faire leur boulot, mon regard se porta sur mes soldats se mêlant avec les éléments des OS. Baird s'énerva légèrement sur son OmniTech tandis qu'Anderson, Carter et Stroud étaient en grande discussion avec un type barbu ressemblant à un viking et une femme blonde. Griest lorgna sur le Valiant de celle que je présumai être la sniper de l'unité de Sykes tandis qu'avec le reste de l'OCT, Haver fit le tour du secteur, accompagnée d'autres soldats de SO-21 afin de sécuriser le périmètre comme ordonné par le commandant Sykes plus tôt.

Du coin de l'œil, je vis Sykes me faire un mouvement de tête pour me signifier de le rejoindre un peu à l'écart, certainement pour décider de la marche à suivre car en effet à l'heure actuelle, il était le plus gradé sur le terrain et était le seul à assumer le commandement de la force de l'Alliance ici bas. Puis il reporta son attention sur le blessé à terre qui était encore inconscient. Je ne pus entendre ce qu'il disait, plutôt occupée à voir ce que faisait mes propres hommes. Mon attention fut surtout captée par Baird qui à force de s'énerver sur son propre OmniTech reçut l'aide d'un homme qui ressemblait beaucoup à Watanabe mais qui paraissait plus doué avec un OmniTech que du medigel. Je ne pus non plus entendre ce qu'ils se disaient mais apparemment, les mots de l'homme de l'unité de Sykes purent apaiser mon spécialiste en technologie. Sans plus longtemps m'attarder sur eux, Sykes vint dans ma direction et me désigna un coin légèrement à l'écart pour l'y retrouver. Cole, faisant le tour des soldats de l'Alliance présents comme s'il distribuait des cadeaux dans le rôle d'un Père Noël arriva près de nous, l'air respectueux quoique enjoué. Il donna quelques chargeurs de cartouches thermiques au N7 ainsi qu'à moi avant de partir ravitailler Stroud qui avait laissé Anderson et Carter et qui observa de son air impassible habituel l'une des sorties de la salle de contrôle jonchées de cadavres. Je suivis alors Sykes d'un pas rapide quoique légèrement raide. Le lieu choisi était un angle de la salle de contrôle, d'où l'on était on pouvait voir tout ce qui se passait dans la salle et l'on pouvait parler entre officiers sans être dérangés. Le regard sombre et dur de l'officier N7 se fixa dans mes propres yeux et durant une fraction de seconde, je fus frappée par la détermination dans son regard mais loin de me démonter, cela m'insuffla une bouffée d'encouragement. Même dans cet état, un soldat d'élite ne se démontait pas et quoique qu'il puisse penser, il devait inspirer ses hommes et ne montrer aucun signe de faiblesse. Lui rendant son regard, je mis mon bras gauche devant moi et mon OmniTech apparut. Sans mot dire, je fis apparaître un plan holographique du complexe du moins dans la mesure dans laquelle on m'avait renseignée. Me plaçant de façon à ce que l'on puisse avoir tout deux une bonne vue sur l'hologramme, j'entrepris de lui donner des explications supplémentaires. Il était celui qui nous commandait, je devais donc lui donner le maximum d'éléments pour l'aider dans sa prise de décision. Allait-il poursuivre ou évacuer immédiatement ?

Voici le plan du complexe fourni par mon état-major. C'est ce dont je dispose pour le moment. Nous sommes entrés par cette entrée là. De toutes celles à notre disposition, c'était la moins gardée. C'est en entrant dans ce hall que je vous ai contacté, on s'est ensuite engagé dans le premier niveau, là où il y a l'armurerie et les dortoirs. Nous n'y avons surpris que deux gardes très vite neutralisés. Le second niveau avec toutes ses salles de recherche, de terminaux informatiques et de réunions a été bien plus corsé. Plus forte présence ennemie et bien mieux armée. C'est aussi là que nous avons vu du personnel non combattant, je suppose que ce devait être les scientifiques du complexe. Aucun n'a été blessé mais ils ont été emmenés ailleurs par les pirates. Nous avons veillé à ne toucher à rien mais ces foutus pirates ont fait le maximum pour y mettre un beau bordel quand ils ont vu qu'ils ne pouvaient pas nous arrêter. On a récolté nos premières blessures en forçant le passage vers le troisième niveau. Là, l'ennemi s'est montré beaucoup plus acharné à nous arrêter. Tourelle automatisée, ingénieurs et les véhicules blindés. On a eu la chance de ne pas avoir vu de drone nous tomber dessus et je pense avoir vu l'ombre d'un lance-roquettes. Après qu'on ai détruit la tourelle, ils se sont repliés et on est parti vous rejoindre. Y en avait encore toute une armée qui attendait juste devant l'entrée, on a aussi dû y aller de notre massacre d'autant plus qu'on les a pris à revers.

Comme tout à l'heure, le ton était direct, militaire et professionnel, nulle jubilation d'avoir anéanti l'ennemi, seulement l'impression d'avoir fait mon boulot. Alors que je me lançai dans mes explications, mes doigts gantés montrèrent les points d'intérêt sur l'hologramme du plan alors que l'itinéraire emprunté par mon unité apparut en surbrillance. Mon supérieur ne pipait mot pour le moment, je le sentis extrêmement concentré sur ce que je disais et montrais. J'eus un autre regard pour lui alors qu'il était plus proche de moi, le ton un peu moins professionnel et trahissant une certaine appréhension quoique la mission ne me fichait pas la trouille, j'étais plutôt légèrement fébrile quant à la suite pour voir comment on allait s'en sortir. Nous avions fait notre jonction, nous devons maintenant sortir.

Je ne connais pas tout les détails de votre mission, Commandant et au vu du haut niveau hiérarchique duquel nous avons reçus nos ordres dans la Cinquième, je suppose donc que je ne saurai jamais pourquoi vous êtes là mais on m'a ordonné de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider si votre mission n'est pas finie et de vous faire sortir de ce trou et je le ferai, vous n'avez qu'à donner votre ordre, Commandant. Si l'on doit s'occuper des scientifiques, je ne sais pas où ils les ont emmenés, mais je dirais qu'ils doivent être à ce niveau du complexe. Le hangar à l'entrée de ce niveau a des véhicules et offre un accès direct vers l'extérieur, c'est là que je les mettrais si je voulais les faire sortir de la base avant que l'Alliance ne mette la main dessus.

À peine avais-je fini ma phrase que mon oreillette grésilla, signe qu'une communication tâchait de se faire. Instinctivement, je cherchai Haver des yeux. Ma commandant en second croisa mon regard quelques secondes plus tard et opina, signe qu'elle captait aussi la communication. Certainement l'extérieur.

Eagle et Nomad leader, vous me recevez ? Ici Kilo leader.

Atkinson ? Je vous reçois Kilo leader.

Elle-même, chef mais on a reçue cette désignation pour cette mission pendant qu'on taillait la bavette avec le Midway. Bref, pour vous dire qu'on est prêts à intervenir, le Midway s'est gentiment joint à nous avec ses deux navettes. Lathrop a monté la tourelle sur son Kodiak comme vous l'avez ordonné, je serais surtout là pour vous évacuer au point d'extraction prévu. On a réarmé les Cafards. On sera donc 4 Kodiaks pour le soutien aérien, ça aura pas autant de gueule qu'un Gunship mais si vous êtes poursuivis on pourra leur péter la gueule.

Bien reçu, Kilo leader. Restez en stand-by.

Bien pris Nomad leader. Ah et une dernière chose, Nomad leader : la Contre-Amirale se pointe à bord, elle est en route. Selon ce que m'a balancé Hannigan, elle a reçu ses ordres des huiles, ils veulent un gradé pour suivre l'opé au plus près.

... Bien reçu Kilo leader. Terminé.

Bien pris, Eagle et Nomad leader, terminé.

La présence de ma supérieure hiérarchique à bord de mon propre vaisseau m'instilla une légère pression supplémentaire. Je savais que je jouais déjà gros sur cette mission, savoir qu'O'Neill suivait la situation de près augmenta quelque peu mon stress. Fermant mon OmniTech la mine sombre mais concentrée, je regardai alors Sykes en attente de ses ordres pour nous sortir de ce gros merdier infâme.



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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mer 01 Nov 2017, 22:37


La tournure prise par les récents évènements était au moins aussi foireuse et merdique que la raison de leur présence à tous en ces lieux. Si les choses s’amélioraient plus ou moins du fait de la jonction effectuée entre les soldats de l’Alliance, ce qui suivrait s’annonçait au moins tout aussi périlleux. Raison de plus pour être donc préparés au mieux à tout le foutoir qu’ils devraient affronter sous peu. A cette fin, le briefing express auxquels se livrèrent les deux officiers en charge de l’opération devait grandement aider. Car si tous les enjeux de la mission ne furent pas abordés en cette occasion, secret défense et niveaux d’accréditation obligent, la réalité stratégique du terrain se devait d’être abordée avec précaution et toute la justesse possible en dépit de l’urgence. Le duo s’exécuta donc, quelque peu à l’écart de leurs hommes affairés à préparer le départ immédiat de la position devenue tombe de nombreux mercenaires.

L’état de Brewer faisait d’ailleurs partie des préoccupations premières du N7, qui souhaitait plus que tout éviter de subir des pertes sur une mission de ce genre. Si perdre des hommes constituait une dure vérité de la vie de soldat qu’il avait embrassé voilà maintenant deux décades, l’éventualité de perdre un des siens sur une opération clandestine de ce type n’était pas acceptable. Car si faire le sale boulot de l’Alliance constituait la majeure partie de son travail depuis son entrée au sein des Opérations Spéciales, la raison de sa présence en ces lieux devait bien faire partie des cas de figure les moins honorables de sa carrière. Quelqu’un avait sévèrement merdé en haut lieu, tant au niveau de la fuite de ces données sensibles qu’en autorisant des recherches de cette nature…

Mais tout ceci restait pour le moment une notion bien vague, voire totalement inconnue, pour son interlocutrice à en juger le discours qu’elle lui fit concernant son ordre de mission. Alec nota par ailleurs les moindres réactions de l’intéressée, particulièrement attentif au fait de devoir cerner au mieux celle qui allait le seconder pour la suite des opérations. Formé à utiliser certaines techniques relevant du comportementalisme lors de ses multiples passages au sein du CFCI, le Commandant se trouva ainsi en mesure de se faire une certaine idée de ce dont la jeune femme était faites. Il ressortit de cette brève analyse qu’il avait face à lui un officier capable de mener les siens en toutes circonstances. Il nota toutefois une certaine appréhension quant à la suite des évènements, et plus particulièrement lorsqu’il fut question de recevoir la visite de sa supérieure au sein de la Vème. Il dut néanmoins juger que cela ne nuirait pas outre mesure à la poursuite de leur tâche, puisqu’il n’y fit aucunement référence.

A la place, celui qui dirigeait la SO-21 préféra plutôt évoquer le bordel soulevé par leur déploiement dans ce complexe planqué au beau milieu d’un trou perdu…

- « Un superviseur de plus… Cette mission fait frissonner assez d’huiles de Vancouver pour motiver une guerre d’influence sur le sujet… Mais passons. » déclara-t-il avec une certaine amertume qu’il ne chercha même à dissimuler.

Lui qui n’avait pas pipé mot durant l’exposé de la situation fait par Raikes, se concentrant comme il en avait l’habitude sur le moindre élément qu’elle pouvait lui fournir, ne mâcha donc pas ses mots quant à cette nouvelle. Habitué à son franc-parler et à jouer carte sur table lorsque la situation s’imposait, le soldat d’élite ne se fit pas prier pour livrer son ressenti. D’une certaine façon, cela permit au final à celles et ceux qui purent l’entendre de mesurer pleinement la gravité des évènements. Il ne chercha toutefois pas à développer davantage le sujet, préférant revenir à la priorité que constituait le fait de décoller de cette foutue position. Adossé à une console de commande désormais complètement grillée, où il avait posé son casque à la visière endommagée, Sykes s’employa à mettre à jour l’état de la situation et à informer le Lieutenant-Commandant sur ce qui allait suivre. Ce fut cette fois son propre omnitech qui servit de support visuel, l’hologramme s’en détachant présentant une version bien plus massive et détaillée du complexe au sein duquel ils se trouvaient tous plongés.

- « Les ressources et infos dont vous disposez en matière de renseignements sont désormais aussi inutiles que celle dont j’ai hérité pour préparer cette opération. Les sections que vous ou moi avons été amenés à traverser pour arriver ici ne nous intéressent pas. Pas plus que le personnel qui pourrait s’y trouver. Les données que nous avons pu tirer de ce datacenter indiquent qu’il existe une aile enfouie bien plus loin que ce à quoi on pouvait s’attendre. La section en question est en partie sous-marine, ce qui exclut une destruction totale par le biais d’un bombardement orbital. La profondeur et la pression ne feraient que dissiper de façon prématurée l’impact et l’onde de choc qui résulteraient de l’usage d’un canon AM. »

La projection zooma plus en détail sur la zone concernée, qui devait bien se trouver vingt à trente mètres plus bas que leur position actuelle à en croire les relevés. L’endroit ne paraissait pas spécialement fortifié à l’exception des portes anti-souffle que l’on trouvait partout dans la base souterraine. Rien ne permettait toutefois de présumer ou non de la dangerosité des lieux, les forces de sécurité de l’endroit ayant toutefois eu plus qu’assez de temps de se préparer à une intrusion depuis le retentissement de l’alerte. Ils seraient attendus d’une façon ou d’une autre, c’était certain, alors autant s’y préparer eux aussi. La suite du discours d’Alec trahissait donc ce fait.

- « Et de toute façon, j’ai ordre d’y récupérer certains éléments. On va donc faire en sorte de pénétrer la zone de la façon la plus directe possible avant que tout cet endroit ne parte en fumée. Les labos et le personnel qui s’y trouvent sont notre priorité. On verra pour s’extraire de là avec les modules sous-marins que se trouvent dans le hangar annexe. Déploiement en colonne d’assaut le long des couloirs jusqu’à l’objectif. Sørensen sera le moteur avec son omnibouclier. Vous et moi serons en couverture derrière lui pour assurer l’appui feu de tête. Ikeda et Hamilton se relaieront en queue du dispositif pour transporter Brewer du mieux possible, secondés par Florès des fois que son état nécessite davantage de soins. Ziegler et Markov s’occuperont de la couverture de nos arrières. Vous connaissez mieux que moi les forces et faiblesses et vos hommes, à vous de combler les trous dans la formation. Les règles d’engagement ne changent pas : tirer pour tuer tout ce qui viendrait à porter une arme ou adopterait un comportement menaçant. On épargne tout ce qui pourrait s’apparenter à du personnel civil tant que les identités des sujets n’est pas confirmée. Allez… Deux minutes pour briefer et répartir vos hommes. » lança-t-il d’un ton pressant qui n’invitait plus à la discussion mais bien à l’action.

Le N7 laissa Raikes s’exécuter tandis que lui faisait de même avec son commando. Déjà bien amoché, l’unité n’en restait pas moins au meilleur de sa forme et son professionnalisme compte tenu des épreuves qu’elle avait affronté. C’est bien en ce genre d’occasion que le militaire pouvait se féliciter de servir avec des éléments de leur trempe. Jamais l’un des siens n’aurait eu à l’esprit de se débiner ou même de discuter les ordres. Même les enjeux discutables de cette mission ne pourraient les y résoudre, bien au contraire. Sans compter le fait de savoir l’un des leurs blessé, qui ne faisait que renforcer leur détermination à clore cet épisode de la façon la plus efficace et concise possible. Au revoir les demi-mesures, place à des actions plus… radicales.

Une fois paré, tous se mirent donc en marche comme le Commandant l’avait détaillé plus tôt, progressant à une allure soutenue si l’on garde en tête qu’ils avançaient au beau milieu d’un nid de vipères qui pouvaient se poster en embuscade au moindre recoin ou croisement. Les cartouches thermiques se comptaient désormais avec soin, tandis que les vivres apportés par l’unité de l’Okinawa avait été consommés dans l’instant. Ne restaient que quelques fournitures médicales de surplus, qui risquaient de servir très bientôt si l’état du blessé le plus important s’aggravait ou qu’un autre le rejoignait...

Mais ces cas de figure ne semblaient pas devoir se produire tout de suite, loin de là. En effet, aucune résistance ne leur fut offerte tandis qu’ils rejoignaient la section qui constituaient leur destination finale. Pas âme qui vive ne croisa leur route, uniquement des cadavres de toutes sortes et espèces. Il y avait même çà et là des corps d’espèces animales de plusieurs mondes. Pour la plupart carnivores, les spécimens en question avait été abattus dans le feu de l’action. Les impacts de tirs sur les carcasses et les murs témoignaient de la violence de la scène. Assurément, les efforts combinés de la tempête et des multiples intrusions de l’Alliance étaient parvenues à profondément perturber les systèmes et le personnel du complexe. Encaissant des défaillances multiples, les labos avaient vu leurs cobayes s’échapper et semer la panique parmi les résidents. Armés ou non, ceux-ci avaient alors été livrés en pâture à des animaux passablement affamés et énervés par les nombreuses maltraitances à leur égard. On faisait décidément mieux comme plan de licenciement…

Et si un tel cas de figure pouvait s’annoncer bénéfique pour leur progression, l’éventualité de voir une précieuse source d’information être dévorée par un varren l’était beaucoup moins.

Mais tout n’était pas mort dans la zone semblait-il. Au détour du dernier croisement avant leur destination finale, les soldats de la Terre tombèrent nez à nez avec une silhouette chétive et recroquevillée dans un coin. Apeuré, ce qui s’apparentait à un gamin de dix-huit ou vingt ans cherchait à se faire le plus petit possible pour ne pas attirer l’attention. Un réflexe de préservation certainement dû à l’horreur qu’il avait entraperçu en parcourant ces couloirs jonchés de cadavres. Mais cette précaution bien évidemment inefficace ne le protégea pas de l’attention pleine et entière du commando qui très vite le cerna de toute part. Sur ordre du N7, ils se déployèrent de façon à couvrir toutes les directions pendant qu’il gérait cet imprévu.

Malingre, il ne cessait de répéter :

- « Je… Je ne suis pas armé ! Je ne suis pas avec eux ! »

Ses vêtements, qui ressemblaient aux restes d’une combinaison stérile déchirée par endroits, témoignaient de sa place au sein de ce complexe. Un chercheur extrêmement jeune, peut-être surdoué, ou plus vraisemblablement un cobaye échappé du labo des horreurs à en juger son état. Hélas prit par le temps, Alec ne fit pas dans la dentelle avec lui, allant droit au but. Il le remit sur ses pieds avec force, chercha à capter son regard et par la même occasion son attention du mieux qu’il put, se livrant au passage à un étrange cérémonial en l’examinant sous bien des coutures. Puis il se mit à le questionner sur un sujet dont bien peu devaient connaître la nature au sein du commando.

- « Le Kraken... Où l’ont-ils emmené ? »

- « Je… Je ne sais pas de quoi vous parlez ! Ils m’ont capturé avec ma famille il y a des semaines. Aidez-moi à les retrouver ! J’ai assisté à des scènes affreuses et on m’a fait subir plein de tests depuis que je suis i… » déclara-t-il à toute vitesse, effrayé par l’allure intimidante de tout ce petit monde armé jusqu’aux dents.

Aucun son ne traversa toutefois ses lèvres pour boucler cette phrase. Tout juste quelques gouttelettes de sang perlèrent-elles tandis que le malheureux poussait un râle d’agonie. Une grimace de douleur et surprise mêlées se figea à jamais sur ses traits enfantins tandis qu’il s’effondra lourdement au sol, après avoir brièvement tenté de se rattraper à l’armure de son bourreau. Bourreau, oui tel était le mot, puisque c’est la lame du couteau de combat particulièrement acéré du N7 qui trouva le chemin du cœur du pauvre garçon. Dégainé en toute discrétion de son étui, l’arme avait frappée avec une précision quasiment chirurgicale, épargnant une longue souffrance à sa victime. Hélas, l’acte n’en restait pas moins… inhumain ? Peut-être Sykes cherchait-il à peser le poids de son acte tandis qu’il détaillait avec une attention malsaine le corps qui reposait désormais à ses pieds ? Difficile à dire pour un quelconque observateur… Mais après de longues secondes d’un sinistre silence qui semblait ne plus finir, il y mit fin de façon abrupte.

- « Ne le touchez pas si vous tenez à la vie. En avant… » ordonna-t-il sans guère de cérémonie et d’un ton las.

Il s’arracha enfin à cette vision et s’en éloigna le pas lourd, comme décidé à passer à autre chose. Le bilan de conscience devrait attendre…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mar 14 Nov 2017, 21:52
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes






- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Complexe souterrain clandestin

Le commentaire que lâcha Sykes ne m'arracha même pas un rictus dans notre situation. Si l'on aurait servi à bord du même vaisseau, je lui aurai décoché un sourire légèrement sinistre en l'entendant se plaindre de sa hiérarchie mais ici, je lui fis une imperceptible œillade de reproche. Certes les grosses légumes de l'état-major avaient merdé mais ce n'était pas le moment de s'en plaindre, on pouvait toujours le faire après s'être sorti de ce trou. Alors que je lui finissais d'exposer les informations en ma possession, mon supérieur enleva son casque et le visage qu'il dévoila me parut bien familier. L'espace de quelques secondes, je revis notre réunion d'officiers et je le visualisai avec son uniforme et ses barrettes. Puis, le retour à la réalité amorcé, je fermai mon OmniTech pour le voir allumer le sien et me présenter une version plus détaillée du plan du complexe souterrain. Constatant avec une pointe d'amertume ce fait que même à une unité de secours on cachait des informations importantes, je me mis à observer le plan, attentive. La section cachée et donc décrite par le commandant Sykes était une aile bien plus importante. Elle faisait à elle seule quasiment la surface du hangar non loin de la salle de contrôle à ce niveau et était située à plusieurs dizaines de mètres sous nos pieds, vingt à trente mètres selon le plan de Sykes. Un autre hangar, plus petit, se trouvait collé à l'aile secrète, et portait la mention "modules sous-marins". L'endroit certes grand, présentait une salle de contrôle ouverte, un peu comme la nôtre puis des laboratoires et une salle de survie juste à côté du hangar des modules sous-marins. Mes sourcils se froncèrent légèrement, trahissant ma concentration et le léger stress que je ressentais toujours avant de repartir au combat. Je relevai peu après les yeux sur mon supérieur, l'entendant débiter ses ordres et l'ordre de la formation de colonne d'assaut. Les noms des soldats de son unité me firent faire l'aller-retour entre les soldats que je pouvais voir et Sykes. Le colosse Sørensen était le barbu qui ressemblait à un viking, auparavant en conversation avec mes deux sous-officiers de l'OCT, Ikeda était facilement reconnaissable car je le trouvai des yeux en compagnie de Watanabe. Ces deux derniers échangèrent des salutations particulières qui m'échappèrent quelque peu, sans doute une manière de saluer propre à eux, peut-être se connaissaient-ils déjà avant cette mission. Je reconnus sans peine Florès, la jeune soldate étant tout à l'heure épaulée par mon médecin d'unité pour soigner le dénommé Brewer. En revanche, je ne pus dire qui était Ziegler ou Markov ou encore Hamilton. Sykes terminant ses instructions, j'opinai en lâchant un sérieux "Commandant" avant de vite rejoindre mes soldats.

Pour le coup, nos unités cessèrent de se mélanger et l'on se retrouva chacun de notre côté. J'eus tôt fait de laisser Sykes rejoindre ses soldats que je rejoignis les miens et sur un geste mille fois répété de ma main gauche, je rassemblai mon équipe. Ils se mirent bientôt tous autour de moi et ils attendirent mes consignes.

Soldats. On a de nouveaux ordres. Le Commandant n'a pas fini sa mission, il va falloir l'épauler. Il y a une aile secrète qui n'était pas sur notre plan, le Commandant doit y récupérer des données et apparemment, on doit même escorter des otages. Cette aile est sous-marine, ce qui signifie que l'extraction se fera au moyen de modules dans un hangar attenant à cette aile, on devra ensuite rejoindre la terre ferme jusqu'à la zone d'extraction. Le Commandant veut former une colonne d'assaut. Sørensen, le barbu sera en tête avec un OmniBouclier. Je serai derrière lui avec Sykes pour le couvrir, le reste de l'unité SO-21 assurera nos arrières, le blessé occupera deux d'entre eux tandis que les dénommés Ziegler et Markov formeront l'arrière-garde. Ce qui signifie que nous serons le gros de la force, déjà que nous sommes plus nombreux qu'eux. Voici notre formation : Stroud, Griest derrière moi et Sykes, Cole derrière. Puis Carter, Baird et King, vous vous couvrirez mutuellement. Haver, vous fermez la marche avec Anderson et Watanabe. Watanabe, je veux que vous vous teniez prêt à intervenir au moindre bobo ou si Florès a besoin d'assistance. Stroud, ça va aller ? Vous tiendrez le coup ?

Ça ira, Lieutenant-Commandant. Je me suis empiffré une bonne partie de mes rations, je peux encore vous balancer une paire d'attaques biotiques mais j'en abuserai pas, ça m'a déjà assez épuisé.

Économisez-vous Adjudant, je refuse que vous perdiez connaissance en plein combat, j'ai besoin de vous.

Bien pris, Lieutenant-Commandant.

Bien. Vérifiez vos munitions et votre équipement. Les règles d'engagement sont les mêmes, on tire pour tuer donc visez bien. Des questions ?

Génial, des civils à extraire. On a un ratio autorisé d'otages/dommages collatéraux, Lieutenant-Commandant ?

Ils doivent tous rentrer en vie, Baird. Et avec de la chance, vous vous retrouverez peut-être même avec une jolie scientifique à sauver et qui vous supportera.

Eh oui petit Baird, peut-être que tu trouveras quelqu'un qui sera sympa avec toi, ça va te faire un choc, je te préviens.

Cole déclencha des rires dissimulés et même Baird se mit à sourire mais je fis aussitôt taire tout le monde d'un toux discrète. M'assurant que personne ne voulait poser d'autres questions, je prodiguai quelques derniers mots alors que les soldats des OS se mirent en place selon la formation ordonnée par le commandant Sykes.

Prenez la formation ordonnée. Faites attention à vos munitions et n'ouvrez le feu que si moi ou le Commandant Sykes ne tire. Nous l'aidons à accomplir sa mission mais surtout protégez-vous les uns les autres. Certains sont déjà blessés mais personne ne doit sortir d'ici les pieds en avant, c'est bien compris pour tout le monde ? ... Stroud, Griest avec moi.

Mes soldats se répandirent en poignées de main de rapides voire de tapes sur l'épaule de la part de Cole avant que l'on ne rejoigne les OS, à la tête de mon unité. Je pris place derrière le dénommé Sørensen, couvrant son flanc droit, le Mattock levé. Jetant un dernier regard en arrière vers mes coéquipiers, je pus remarquer que tout le monde était prêt. Watanabe échangea quelques mots que je ne pus entendre à la soldate Florès avant de prendre place entre Haver et Anderson. Ma dernière œillade fut pour mon lieutenant qui opina avant que je n'eusse un dernier regard pour Sykes. Peu après, la force de l'Alliance au sein de ce complexe se mit en route vers son objectif final avant de devoir lutter pour sortir.


- Complexe souterrain clandestin, aile secrète sous-marine

Il fallait admettre que le viking de l'unité de Sykes en imposait par sa carrure mais je trouvai cela aussi plutôt rassurant. Le type faisait même une tête de plus que moi, c'en était impressionnant, j'avais l'impression d'avoir un rempart de château fort ambulant devant moi. L'OmniBouclier généré par l'OmniTech de Sørensen en rajoutait à l'apparence d'obstacle ambulant, d'une inquiétante lueur orangée se dessinant dans la semi-pénombre des locaux du complexe. L'éclairage depuis l'alerte avait foutu le camp, c'était principalement les lumières de secours qui fonctionnaient, complétées par quelques plafonniers qui envoyaient de manière désespérée leurs dernières lueurs blafardes sur les pièces qu'ils devaient éclairer. La progression jusqu'à l'aile secrète se fit sans plus d'encombre et cela eut le don de m'interpeller. À voir la configuration des laboratoires, il aurait été fou d'essayer de défendre ces endroits aux multiples failles et ce n'était pas une vitre renforcée qui allait arrêter un assaut de l'Alliance. De plus, si les pirates avaient deviné les raisons de la présence de SO-21, je présumai alors qu'ils nous attendaient à l'aile secrète sous-marine. Encore heureux que leur système de sécurité était aussi naze qu'une PME terrienne... Cependant, malgré le calme des lieux, nous fûmes témoins du chaos qui avait régné ici. Il y avait des cadavres mais personne ne se risqua à aller les fouiller ou les examiner, j'avais de toute manière interdit à mes soldats de quitter la colonne d'assaut ne serait-ce que quelques secondes. D'ailleurs il y avait des corps d'animaux parmi ceux du personnel du complexe. Notre attaque ainsi que les multiples perturbations au sein du bâtiment souterrain avait sans doute dû dérégler les cages qui retenaient les animaux prisonniers et ceux-ci avaient dû s'en donner à cœur joie une fois dehors, les membres du personnel ayant dû en faire les frais. Certes ils devaient y être pour quelque chose dans le mauvais traitement des animaux -pas mal d'animaux portaient des traces de coups ou des blessures que je présumai antérieures à l'attaque du complexe- mais je ne pus m'empêcher d'éprouver une pointe de pitié pour ces gens morts d'une manière assez affreuse.

Oubliant mes considérations d'ordre morale, je continuai la progression derrière Sørensen et à côté de Sykes. Personne ne pipait mot durant la progression, pas même Baird qui avait cessé de ronchonner comme à son habitude ou encore Cole qui d'ordinaire chambrait sans hésitation le second-maître. Je sentis dans mon dos la présence discrète de Griest qui, passé le léger moment d'égarement depuis nos premiers affrontement avait l'air bien plus concentrée sur la mission. Savoir que le canon de son Viper était prêt à aligner le premier ennemi qui m'aurait échappé me rassura un peu plus. J'entendis le léger souffle de Stroud, déjà fatiguée mais dotée d'une volonté de fer, une soldate hors du commun qui savait s'accrocher longtemps, surtout en mission. On allait bientôt arriver au dernier escalier qui mena à l'aile secrète selon l'OmniTech de Sykes lorsqu'une silhouette recroquevillée derrière un plan de travail nous apparut. Personne ne prit le temps d'analyser le nouvel arrivant, les réflexes militaires inculqués par des années d'entraînement et d'expériences reprirent le dessus et l'inconnu vit très vite ses issues bouchées, nos armes braquées sur lui. Juste derrière Sykes, moi, Stroud et Griest pointèrent nos armes sur l'inconnu qui était un Humain n'excédant pas la vingtaine. À voire la dégaine du jeunot, il ressemblait à un type qu'on avait enlevé sur une colonie mais qui servait de cobaye au lieu d'avoir été vendu à des esclavagistes. Il fallait aider ce jeune homme, pas continuer de le braquer comme un vulgaire mercenaire. Je fis un pas vers mon supérieur mais je ne pus rien faire, c'était le commandant qui avait le dernier mot et visiblement, au vu de sa manière à remettre le cobaye sur ses pieds et son interrogatoire, Sykes n'avait pas du tout l'air de vouloir l'aider alors que c'était pourtant l'une des choses les plus évidentes à faire. Toutefois, alors que l'on suivit la conversation entre le soldat et le cobaye, mon sang se glaça et certainement aussi celui de mes soldats lorsque Sykes fit mention d'un "Kraken". J'échangeai un regard perplexe mais aussi à moitié incrédule avec Stroud et Griest qui me le rendirent. La planète était certes une planète d'eau mais est ce que cela signifiait que le complexe avait créé un monstre marin ? Avec dépit, je constatai encore qu'il me manquait beaucoup d'informations sur cette foutue mission des OS et baissant son arme, je me postai derrière Sykes. Malgré mon grade inférieur, je voulus poser une main sur l'épaule de mon supérieur et lui demander à ce que mon médecin lui vienne en aide mais à peine ma main se mouva que Sykes tua de sang-froid le jeune cobaye. Sans dire un mot, ma main retrouva mon Mattock et mes yeux s'écarquillèrent doucement devant ce meurtre exécuté sans aucune hésitation. Je n'avais même pas remarqué la sortie du couteau de son fourreau du commandant, beaucoup plus occupée à vouloir essayer de lui faire entendre raison.

Fallait-il vraiment devoir tuer ainsi un être sans défense pour devenir N7 ? Fallait-il vraiment n'en avoir rien à faire à ce point d'épargner une vie ? Nous avions certes déjà un blessé mais nous ne pouvions tout de même pas laisser un pauvre jeune homme ainsi. Malgré mes questions, je me gardai bien de faire tout commentaire à mon supérieur. J'aurai été un commandant moi aussi, je n'aurai pas hésité à lui faire savoir ce que j'en pensais à fortiori si j'étais aussi une N7. Mais ce n'était pas le cas, bien que je sois la plus gradée après lui, je lui étais toujours subordonnée. Dans ce cas, il valait mieux ne rien dire, ce genre d'évènement pouvait plutôt être consigné dans un rapport que dit à vive voix. Le corps du cobaye s'était affaissé aux pieds de Sykes et je le détaillai avec un regard rempli de pitié et de désolation. Il n'avait pas mérité un tel sort au sein de ce complexe et de la part de Sykes... Au moins pour ce dernier, il avait tué le cobaye quasi-instantanément et ne causant aucune souffrance à ce pauvre hère. De plus, le ton las et blasé employé par le commandant pour nous ordonner de quitter les lieux sonna pour moi comme une manière à lui d'exprimer le fait que ce meurtre n'avait pas été une partie de plaisir pour lui, Sykes n'était pas un sadique. Mais en l'observant, je vis qu'il était déjà passé à autre chose, son langage corporel exprimait déjà la reprise de la marche en avant et il attendit qu'on fasse de même. Du coin de l'œil, j'observai Baird se prendre un léger coup dans les côtes de la part de Cole sous l'œil désapprobateur d'Ikeda. Sans doute le colosse noir de mon unité avait tâché de calmer mon expert technologique d'ouvrir sa grande gueule à l'encontre du commandant. Stroud donna un coup dans l'épaule de Griest pour la remotiver et je croisai le regard de la jeune sniper. Il y avait de la peur dans ce regard mais je tâchai de lui envoyer un regard concentré et sérieux pour lui inciter à se ressaisir et d'oublier ce qu'elle venait de voir. Griest prit une légère inspiration et reprit place derrière moi. Stroud quant à elle, affichait le même air blasé que Sykes, à croire que ce genre de situation lui était familier. Me reconcentrant sur la mission et tâchant de ne plus prêter attention au corps fraichement tué, notre colonne reprit sa progression plus bas.

Lorsque l'on déboucha à l'aile secrète, il y eut le comité d'accueil que j'attendais. Un feu nourri se déclencha dans notre direction, essentiellement encaissé par l'OmniBouclier de Sørensen. Je serrai les dents en entendant le feu d'enfer envoyé dans notre direction et je pus même déceler le souffle précipité du viking de l'unité de Sykes qui devait résister aux impacts des cartouches. Fort heureusement, aucun d'entre nous n'étions des civils ou des soldats peu habitués aux combats. Mon unité n'était pas aussi chevronnée que celle de Sykes mais chacun d'entre nous tous autant que nous étions, même Griest ou King, avions connu l'épreuve du feu et nous étions déjà retrouvées sous les cartouches ennemies. Dû à nos entrainements et à nos expériences respectives, personne ne rompit la formation de colonne et tout le monde serra les rangs derrière Sørensen. Les premiers couverts, sous la forme de consoles, de plans de travail et de bureaux étaient encore trop éloignés pour pouvoir nous déplacer sans trop de risques. Si la formation se rompait trop tôt, nous nous retrouverions à découvert et c'était le massacre assuré dans nos rangs. Notre OmniBouclier ambulant pressa le pas, aussitôt imité par tout le reste de la colonne. J'estimai désormais les couverts assez proches pour pouvoir éclater la colonne et ordonner à mes soldats de me suivre pour se mettre à l'abri des tirs.

OCT, AVEC MOI !

Parfaitement consciente que je serais prise pour cible une fois hors de la couverture de l'OmniBouclier et avec un grognement de colère, le fusil contre mon plastron d'officier, je m'élançai vers un plan de travail à quelques mètres de là. Pendant une seconde, je levai la tête pour observer les positions ennemies mais une nuée de rafales de fusils d'assaut me fit à nouveau baisser la tête avant de me jeter contre le plan de travail. Calée contre mon abri, je pus voir le reste de mes soldats se démener pour rejoindre les couverts. Carter, King et Stroud opéraient un feu de couverture pour les retardataires comme Anderson ou Watanabe. Malheureusement, un de mes officiers suppléants en la personne de Haver lâcha un cri de douleur en se touchant l'épaule et se plaqua à terre alors que le bureau contre lequel elle s'était abrité vola en éclats sous les tirs d'une tourelle. L'engin avait dirigé son feu meurtrier vers nous, forçant chaque membre de l'OCT à rester à couvert tandis que Haver se traîna péniblement vers nous. C'est avec un mélange de colère et de peur que je vis ma plus fidèle subalterne ainsi blessée et je planifiai déjà d'aller sauver ma commandante en second des multiples projectiles ennemis.

CONTINUEZ LE FEU DE COUVERTURE, ATTIREZ LEUR FEU ! HAVER, MAGNEZ-VOUS, ALLEZ VOUS Y ÊTES PRESQUE ! JE VOUS INTERDIS DE CREVER !

Au bord du plan de travail et aux pieds de Stroud qui vidait son Vindicator, me fichant complètement des tirs ennemis, je tendis la main vers Haver. Mon officier blonde maugréa entre ses yeux et m'envoya un visage déformé par la douleur et la détermination, continuant sa progression. Des tirs m'obligèrent à rentrer la main mais je refusai d'abandonner ma lieutenant. Haver arriva à deux bons mètres du couvert et ignorant le cri de Cole qui me hurla de rester à couvert, j'attrapai la main tendue de Haver et tira de toutes mes forces la soldate blonde qui lâcha un cri. Je ressentis des impacts sur mon bras mais la force que je mis pour tirer Haver me fit sur le moment, ignorer les cartouches ennemies. Carter vint me donner un coup de main pour ramener Haver à l'abri et l'on put donc protéger notre coéquipière. La douleur des impacts me revint et je grimaçai de douleur tandis que Watanabe se mit immédiatement au chevet de Haver. Mon poing se serra dans le sien, restant auprès d'elle mais ce n'était cependant pas le moment de faire montre de faiblesse et bien qu'un de mes soldats soit blessé, je repris mon Mattock et je cherchai Sykes des yeux. Envoyant chier les signaux de douleur que mon cerveau me transmettait, je devais maintenant être en attente des ordres.


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Dim 03 Déc 2017, 01:16

Il faut parfois faire fi de l’opinion de ceux qui vous entoure, être prêt à passer pour la plus grosse ordure imaginable afin de parvenir à ses fins… Alec l’avait très vite compris et accepté lorsqu’on lui avait annoncé qu’il ferait bientôt partie des Opérations Spéciales de l’Alliance. Bien qu’il n’était pas à cet époque celui aux commandes, devant en premier lieu répondre aux ordres d’un certain Commandant Füller, un bout de femme qui en aurait même fait baver à un Krogan de par son caractère et sa discipline, le N7 fraichement « diplômé » d’alors n’en était pas à son coup d’essai. L’horreur des combats dans une Londres dévastée par les bombardements et combats, en cette maudite année de conflit 86-87, représenta d’ailleurs le prélude à la philosophie du combattant qu’il allait devenir. Ravaler sa fierté et éviter d’engager l’ennemi au maximum pour survivre un jour de plus, poser une bombe sur un complexe où se massait une population endoctrinée ou apeurée attendant d’être « récoltée », réquisitionner des ressources vitales pour tous en vue de continuer le combat, parfois au détriment des plus faibles… Tout cela avait formé son quotidien de souffrances dans les ruines britanniques.

Pas le genre d’épisode dont on aime se vanter, donc, mais au moins l’occasion de s’endurcir et d’avancer si l’on parvient à vivre avec les sacrifices humains et moraux auxquels on doit consentir. Sykes avait, pendant un temps, eu du mal à apprendre à vivre avec la question. Plus particulièrement une fois le conflit achevé, et que la moindre journée supplémentaire ne relevait pas du parcours du combattant pour vivre une aube de plus se levant sur un champ de bataille fumant et désolé. Sa longue convalescence, suite aux derniers combats avant la « victoire », fut ainsi pour lui l’occasion d’importants questionnements sur la nature et la raison de sa survie. Cauchemars et sentiment de culpabilité firent longtemps partie de son quotidien, même une fois l’hôpital laissé loin derrière lui… Pourtant, il finit par apprendre à vivre avec ce poids sur la conscience, bien que des questions sur l’existence véritable de cette dernière lui parvenaient quelques fois.

Sa relation naissante avec une femme rencontrée au beau milieu de la désolation, ou encore la nouvelle de la survie de l’autre membre de la fratrie Sykes, l’aidèrent très certainement à faire le deuil de ces évènements. Le suivi psychologique de rigueur, offert par l’Alliance, finit par faire le reste. Hélas, tandis que les décombres laissaient peu à peu la place au renouveau, l’officier s’enfonçait de plus en plus dans les basses besognes du régime des colonies humaines, au point que certaines exactions faisaient désormais partie intégrante de son travail. Le meurtre de sang froid de ce gosse ne dérogeait pas à la règle. Le Commandant n’en ressortait jamais véritablement indemne d’un point de vue moral, mais cela évitait au moins à d’autres de vivre en paix sans se voir confrontés à des choix de ce genre.

Ce triste évènement ne constituait donc pas une première pour celui en charge de l’opération, et probablement aurait-il de nouveau à se livrer à ce genre d’exaction s’il sortait vivant de ce lieu contre-nature…

Le commando et tireur d’élite eut de toute façon bien d’autres sujets auxquels penser alors qu’il donnait le rythme à la longue colonne de soldats qui traversait des coursives abandonnées au silence et le chaos. Ils croisèrent ainsi un certain nombre de corps supplémentaires en avançant, sans pour autant leur permettre de deviner où d’éventuels rescapés se seraient réfugier. La tension et le stress imposés par cette mission firent le reste, imposant un silence de rigueur tandis qu’ils serpentaient parmi les dépouilles d’anonymes. L’oppressant mutisme dans lequel ils se complurent vola néanmoins en éclats alors qu’ils atteignaient la zone faisant l’objet de toutes les convoitises de l’Alliance. Enfoncée si profondément dans le sous-sol de la planète que même les scans orbitaux les plus précis n’en avaient pas trahi la présence, cette aile regroupait les recherches les plus précieuses – et dangereuses – du complexe. Y rencontrer une résistance supplémentaire, malgré tous les mercenaires envoyés ad patres précédemment, ne constituait donc pas une surprise. La nature, l’intensité ou même le moment où interviendrait cette riposte, en revanche… voilà un aléas qu’ils durent très vite apprendre à gérer tant bien que mal.

Le déluge de feu qui s’abattit sur l’omnibouclier du viking de l’équipe les ramena tous à la réalité des combats en l’espace d’une demi seconde. Mais fort d’un professionnalisme acquis au prix de nombreux accrochages, personne ne céda à la panique ou ne rompit la formation jusqu’à ce qu’une telle éventualité soit stratégiquement envisageable. C’est d’ailleurs le commando de l’Okinawa qui s’exécuta en premier, se jetant derrière les couverts les plus proches dans l’espoir de s’abriter des tirs de leurs opposants. Si la manœuvre se fit avec une rapidité extraordinaire, tous n’en ressortirent pas indemnes à en juger les cris et injonctions qui se mirent à fuser dans le couloir livré à la furie des attaquants. La confusion qui s’installa dès lors au sein des défenseurs de l’Alliance ne gagna toutefois pas assez en importance pour saper leur combattivité ou même toute possibilité de riposte. Car, s’ils restèrent plus longtemps cantonnés au milieu du champ de bataille, les soldats du Midway s’organisèrent avec une efficacité peu commune en vue de sortir du guêpier dans lequel ils se trouvaient désormais fourrés.

Sur un simple mot de leur leader, ils se mirent à couvert de façon somme toute plutôt coordonnée en dépit des « sollicitations » ennemies. Il leur fallut un certain temps pour cerner au mieux les positions adverses et offrir une résistance efficace. Fidèle à sa façon d’opérer, Alec n’ordonna de riposte qu’une fois la situation analysée, le tout en usant d’un calme étonnant tandis qu’il utilisait la fréquence radio commune à toute l’unité au lieu de s’égosiller pour passer outre le vacarme des combats.

- « Eagle, on se coordonne. Hamilton, Ikeda, en retrait pour protéger Florès et Brewer. Tir de suppression pour appuyer Nomad et ses blessés. Les autres, avec moi. »

L’œil dans le viseur ultra performant de son M-99, le N7 balaya le front ennemi du canon de son arme pour prendre connaissance de l’ensemble des cibles à sa portée. Face à eux devait se trouver une dizaine ou vingtaine de mercenaires retranchés derrière une barricade de fortune. Caisses et containers en tous genres avaient été jetés en travers du couloir pour offrir un semblant de couverture aux défenseurs et d’obstacle aux intrus, qui se situaient tout au plus à une cinquantaine de mètres de leurs opposants les plus éloignés. S’il ne constituait donc qu’une défense organisée à la va-vite, le dispositif mis en place par le personnel de sécurité survivant n’en restait pas moins diablement efficace pour fixer sur place leurs cibles. Devant ce triste état de fait, le Commandant décida alors dans un premier temps d’enlever à l’ennemi ce qui constituait très certainement son plus gros avantage pour gagner du temps et faire des victimes.

- « Markov. Contact, 35 mètres, ingénieur opérant ses tourelles. A mon signal, tir de neutralisation sur dispositif de contrôle, bras gauche. Elimination à ma charge. Sorensen, GSS sur position ennemie pour les en déloger. Ziegler, en soutien, prête à intervenir. Feu à volonté une fois la manœuvre exécutée. Tirer pour tuer. » lança t-il d’un ton froid et monocorde qui résonna dans les casques et oreillettes de tous.

Les éléments cités se mirent sans broncher à l’action, se mettant tant bien que mal en position et préparant le matériel, tandis que leurs camarades continuaient d’assurer la couverture pour leur permettre d’opérer et de mettre les blessés à l’abri. Au bout de longues secondes d’angoisse, une sensation somme toute normale face à toute manœuvre risquée, Sykes reçut de ses hommes la confirmation qu’ils étaient prêts à passer à l’action. Il n’en fallut dès lors guère plus à l’officier pour donner le signal d’un signe de tête - et de main – affirmatif annonçant le début des festivités.

Markov, l’experte Sibérienne du tir de précision de la SO-21, aligna dans la lunette de son Valiant l’ingénieur désigné par son supérieur, qui s’affairait visiblement à bidouiller son omnitech pour booster la cadence de tir de ses tourelles. Conformément à ses ordres, elle ne décocha cependant pas de tir mortel en direction de l’intéressé, se « contentant » de lui arracher la moitié du bras en visant le dispositif qui servant au contrôle des défenses automatiques de la barricade. Un morceau de chair conséquent – et en partie carbonisé – s’échappa de l’armure du malheureux compte tenu de la faible distance qui séparait la tireuse et la victime d’une arme aussi puissante utilisée en espace confiné. Cela ne permit toutefois pas de mettre un terme aux jours du spécialiste, dont l’aller simple vers l’autre monde fut délivré par un tir synchronisé d’Alec à destination de la tête du blessé. L’homme en charge de la clef de voûte du périmètre défensif s’effondra donc en l’espace d’une seconde, avant même d’avoir pu crier ou même se rendre compte qu’’il était grièvement touché. Cibler d’une telle façon l’expert, au moyen de deux tirs tout aussi précis que coordonnés, permit ainsi aux envoyés de l’Alliance d’être débarrassés des tourelles adverses. Sans compter sur la neutralisation de l’omnitech du bonhomme, qui interdisait toute tentative de réparation immédiate…

Mais tout champ de bataille, aussi évolué soit-il, ne se résume pas uniquement à des artifices technologiques. Et quand bien même ils avaient privés leurs opposants d’un avantage conséquent, les membres du commando avaient toujours face à eux une force d’opposition composée soldats en chair et en os. D’où l’existence d’une deuxième partie au sein du plan de l’officier supérieur en charge de l’opération…

Sitôt l’ingénieur tombé face contre terre, Sorensen lâcha son omnibouclier et la sécurité de son couvert pour faire étalage de toute la force allouée par sa carrure imposante. Laissant dépasser son torse du pan de mur émietté qui lui servait de couverture, il fit preuve d’une allonge peu commune en balançant vers l’avant la ceinture de grenades flashs qui habillait jusqu’ici le plastron de son armure. Aidé par Ziegler, la biotique encore en état de combattre parmi les rangs de Sykes, son lancer se trouva prolongé de dix ou quinze mètres supplémentaires grâce à une projection aussi puissante qui précise. Le cadeau empoisonné finit ainsi sa course juste derrière la barricade qui leur cachait la vue du gros de l’effectif ennemi, qui se trouva dans l’incapacité de combattre pendant de précieuses secondes après la détonation du dispositif. A défaut de disposer encore de charges létales, le recours aux GSS autorisa une riposte plus efficace aux assaillants. Ceux-ci purent ainsi aisément aligner les têtes sortis des couverts, mains sur les yeux ou les oreilles et jurons de rigueur, pour se protéger d’une lumière aveuglante qui n’était déjà plus. Le nombre de mercenaires se réduisit au final de moitié à la suite de cette manœuvre, les quelques survivants préférant se replier une énième fois que de subir une contre-attaque d’un ennemi désormais supérieur en nombre et armement.

Grand bien leur en prit, du moins sur le moment, puisque l’Alliance ne se lança pas à leur poursuite. En effet, décidé à ne pas s’éterniser plus que de raisons en ces lieux maudits, Alec décida qu’il était plus que temps d’obtenir les éléments pour lequel il était venu, puis de déguerpir en faisant le plus de dégâts possible avec les charges qu’il lui restait à disposition. Sur son ordre, ils se remirent tous immédiatement en marche une fois un état des lieux fait au niveau des blessés, dépassant très vite la barricade qui leur avait causé tant de soucis. Le Commandant ordonna cependant, en sous-main, de miner l’endroit. Des fois que les survivants ne décident dans un élan de lucidité de revenir sur leurs pas pour s’occuper de leurs blessés, reprendre position ou récupérer du matériel abandonné sur place. Sykes, Raikes et les leurs ne devaient de toute façon plus revenir sur zone…

***

- « Vous savez tous pourquoi nous sommes là… Vous avez tous travaillés sur le Kraken à différents niveaux. Alors si vous voulez sortir d’ici vivants, livrez-nous le nom du directeur de recherches et l’emplacement du prototype. Sans quoi aucun de vous ne pourra espérer mieux que trouver le chemin d’une tombe sous-marine dans les minutes qui suivront… » balança d’un ton menaçant une silhouette dont l’armure et la prestance imposaient le respect chez les siens et la peur chez ceux à qui elle s’adressait.

Il y avait là, au beau milieu d’un laboratoire ravagé par une fouille minutieuse et quelques traces de combats, une dizaine de scientifiques en blouses blanches agenouillés les uns à côté des autres sur deux rangées se faisant face à face. Disposés de façon à pouvoir fixer dans le blanc des yeux un collègue, voire un proche, ces civils représentaient l’élite du personnel de recherche du complexe. Pourtant, leur potentiel et si brillants cerveaux ne leur étaient d’aucune utilité ici, recroquevillés qu’ils étaient et mains sur la tête. Mais après tout, ne pouvaient-ils se douter qu’un tel jour se devait finalement d’arriver ? La nature bien particulière de leurs recherches, et la source de certaines de leurs données, ne faisait que conforter l’idée qu’ils finiraient un jour par se faire avoir.

Un triste jour qu’ils étaient en train de vivre…

La principale question désormais était de savoir s’ils devaient coopérer ou non. Car au beau milieu de ce labo où s’amoncelait un matériel de pointe à plusieurs millions de crédits, l’officier commandant cette opération était bien décidé à mettre ses menaces à exécution. Arme de poing en main, il faisait les cents pas entre les prisonniers pour leur mettre la pression tout en cherchant à déceler chez eux la moindre faiblesse. Il n’avait guère le temps ni les ressources pour se livrer à un interrogatoire poussé, si bien que ses méthodes se devaient d’être plus directes en de telles circonstances. Pas de place pour les demi-mesures avec de tels enjeux. La visière opaque et colorée de son casque détaillait donc un à un les visages de ses captifs, le tout dans un silence oppressant uniquement troublé par quelques sanglots et les gesticulations de ses hommes fouillant la pièce en quête de réponse.

Ainsi, tandis qu’à l’entrée ils avaient rassemblé leurs blessés pour les prendre en charge et leur accorder un bref repos, les soldats de l’Alliance s’organisèrent tant bien que mal pour écourter la dernière ligne droite de cette mission. Ikeda se trouvait donc à l’œuvre pour craquer le code des serveurs locaux, où certaines données précieuses devaient se trouver, tandis que les autres retournaient les lieux où s’occupaient de faire un état de leurs munitions et armement.

C’est finalement après de longues minutes de ce petit manège que le N7 se décida à interpeller celle qui était devenue par la force des choses son second sur cette opération.

- « Lieutenant-Commandant, organisez les recherches pour mettre la main sur ces foutus modules sous-marins et sécurisez-les à tout prix. Prenez Ziegler et Markov avec vous. Florès restera ici pour s’occuper de l’ensemble des blessés. Sitôt la situation maitrisée ici, nous ferons en sorte de vous rejoindre dans les plus brefs délais. »

Avant que les concernés ne disparaissent pour se mettre à l’œuvre, le Commandant toujours armé s’approcha toutefois au plus près d’Ada, décidé à lui faire passer un message dont tous n’avaient pas besoin de connaitre la teneur.

- « Et que les choses soient claires… J’ai besoin de l’ensemble de ces modules Raikes. Pas de demi-victoire ou échec à ce niveau, c’est compris ? Les places sont d’ores et déjà chères pour remonter à la surface. Pas question en plus de devoir laisser quelqu’un derrière pour embarquer un de ceux-là si vous deviez échouer... » murmura-t-il d’un ton ferme en désignant brièvement d’un signe de tête les prisonniers rassemblés non loin.

Il n’était ainsi nullement question d’échouer. Déjà que le nombre de modules ne permettait qu’à un nombre restreint de personnes d’évacuer le complexe dans les meilleurs conditions possibles… En perdre un seul signifierait des complications qu’il serait difficile, voire impossible, de gérer dans le temps qui leur était imparti. Sykes lui faisait donc clairement confiance pour mener cette tâche cruciale à bien au plus vite. Pour sa part, il lui restait encore à mettre la main sur la raison de sa présence, tirer les vers du nez des scientifiques avant de décider quoi faire de tout ce petit monde…

Encore une tâche ingrate en somme, et dont il préférait savoir l’équipe de l’Okinawa la plus éloignée possible si une telle éventualité s’imposait à lui.


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Jeu 07 Déc 2017, 21:41
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes




- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Complexe souterrain clandestin, aile secrète sous-marine

La main de Haver se serra dans la mienne et je détournai momentanément mon attention sur elle. Elle paraissait assez mal en point et Watanabe la scruta avec son OmniTech pour avoir un état de ses blessures tandis que l'ordinateur embarqué dans l'armure de combat de ma commandante en second envoya les ordres pour disperser le medigel sur les zones blessées. Watanabe s'attarda à stabiliser l'état de ma seconde via son OmniTech et Haver m'assura du regard que ça irait malgré ses blessures. Je me mordis doucement la lèvre tandis qu'une rafale passa à quelques centimètres au dessus de ma tête. Ce fut la voix de mon supérieur dans mon oreille droite qui me rappela à la bataille et lâchant la main de ma lieutenante, j'empoignai mon Mattock avant de me caler entre Carter et Anderson qui avait prit la place de Stroud pour assurer une puissance de feu légèrement accrue. Je me redressai pour viser et quelques cartouches partirent en direction de l'abri le plus proche. Néanmoins, les ordres de Sykes retentirent dans nos dispositifs de communication et bien qu'ils ne s'adressèrent qu'à son unité, je pus comprendre ce que le commandant attendait de ses troupes et j'en pris de la graine en matière de commandement en combat malgré mon grade d'officier passé surtout par le CFCI.

Je pus donc identifier qui était Hamilton, un des soldats en compagnie d'Ikeda. Ces derniers empoignèrent d'ailleurs leurs armes et se joignirent aux tirs de Carter et d'Anderson, forçant l'ennemi d'en face à rester à couvert. Le reste de l'unité de Sykes se mit à couvert et bien que je ne pus avoir une vue d'ensemble sur le champ de bataille, je présumai que la soldate que je vis du coin de l'œil avec le Valiant était la dénommée Markov à en juger par les ordres du plus haut gradé de l'Alliance présent, le canon menaçant du fusil de précision calé entre un bureau renversé et un petite pile de caisses. Je ne pus encore identifier l'ingénieur ennemi que leur sniper allait prendre pour cible. Personne n'agit encore pour le moment et retenant mon souffle, je visai un endroit particulier sur une pile de caisses. À cause de plusieurs balles perdues, l'une d'elle était en mauvais état et tint de façon précaire. Je n'étais visiblement pas la seule à l'avoir remarqué et l'un des deux soldats de Sykes envoya une rafale à cet endroit, suivi par mes balles. La caisse s'effondra derrière un groupe d'ennemis qui sursauta, l'un d'eux sortant de son abri. Sykes choisit cet instant pour déchainer la supériorité militaire de son unité et je devais admettre que j'étais impressionnée de voir le résultat. Markov put trouver un angle de tir dans un mouchoir de poche et aligner l'ingénieur qui perdit un bout du bras avant de perdre un morceau de son casque et de sa tête. Quittant la sniper des yeux, je vis alors quelque chose de très intéressant. Sørensen lâcha la ceinture de grenades qu'il portait sur l'ennemi et l'un des soldats de Sykes à silhouette féminine, peut-être Ziegler, fit parler sa biotique et lança une projection qui amena les grenades précisément à un endroit placé au milieu des rangs ennemis. Stroud et moi échangèrent un regard admiratif mais chacun de mes soldats en position de combattre contre un abri se mit à couvert derrière l'abri pour se protéger des éclats qui allaient se propager mais au lieu des explosions auxquelles je m'attendis, il y eut des détonations moindre et à entendre les cri des mercenaires ennemis, je reconnus donc des grenades flashs. Sans un mot, on se levèrent tous de notre abri et l'on se mit à se joindre au feu de l'unité de Sykes pour faire un carnage chez les mercenaires. Le support métallique de la tourelle vola en éclats sous le feu de mes deux sous-officiers responsables de mon unité et mon Mattock, accompagné par d'autres tirs mit fin aux existences de certains pirates. Sous notre attaque, l'ennemi se replia et je cessai vite le feu dès que l'ennemi enclencha sa retraite.

Après la bataille, je revins immédiatement au chevet de ma seconde qui se releva avec un peu de difficulté. Watanabe me fit rapidement un rapport sur son état et à part l'épaule et le bras, la soldate blonde allait bien. Mon médecin avait néanmoins fabriqué un support de fortune pour Haver, comme si elle venait de se casser le bras, le bras replié et tenant avec un bandage. En espérant que ma seconde s'en sorte comme nous tous, Rebecca prendrait bien mieux soin d'elle. Haver avait rangé son fusil d'assaut dans son dos et Watanabe lui donna son Predator. Haver étouffa un juron avant de se saisir de l'arme de poing et d'opiner dans ma direction pour signifier qu'elle était prête. Chacun de mes soldats vérifia son stock de munitions qui diminuait à vue d'œil avant de s'assurer que tout le monde allait bien, je vins notamment m'enquérir auprès de King dont la blessure récoltée sur sa jambe la fit souffrir mais elle demeurait déterminée à combattre. Cole était en train de rassurer Griest en plaisantant sur le fait qu'elle en aurait une plus grosse que Markov très bientôt. Ma soldate pouffa d'un discret rire avant de se taire. Cole, Baird et Carter se mirent un peu plus tard à fouiller les cadavres ennemis en compagnie d'une paire de soldats des OS et Stroud donna un coup de main au minage du chemin par lequel l'ennemi s'était replié. Le reste de la force de l'Alliance put trouver les scientifiques recherchés par SO-21, recroquevillés dans un coin et abandonnés par les mercenaires dans leur débandade. Ils furent bientôt alignés en rangées et se faisant face. Sørensen, Sykes, Ziegler gardaient les captifs tandis qu'en compagnie de Stroud et de Carter, on observait la scène de plus loin.

Nos armes bien en vue pour les non-combattants, Sykes se remit à parler de son fameux "Kraken" et bien qu'il dissipa plus ou moins mes doutes sur le fait que nous devions faire face à un monstre marin lorsqu'il fit mention d'un prototype, je demeurai toujours perplexe sur la nature de ce "Kraken". Je détournai bien vite mes yeux du menaçant Sykes pour reporter mon attention sur mes deux blessées, Haver et King. Cole revint à cet instant et avec un sourire exaspérant, il nous remit des chargeurs de cartouches thermiques pour soulager nos réserves. Nous n'avions guère plus qu'un voire deux chargeurs de plus mais chaque munition dans cette mission était bonne à prendre. Quelques fournitures médicales vinrent compléter les trouvailles et l'on put dresser notre inventaire. Puis, Sykes m'interpella d'un regard et d'un signe m'intimant de le rejoindre. Mon Mattock en main et le canon pointé vers le bas, je rejoignis mon supérieur, un peu à l'écart du groupe de scientifiques et il me donna ses ordres. J'espérai pouvoir mettre rapidement la main sur les modules d'évacuation et Sykes m'en donnait l'occasion par ses instructions. Je lui opinais en lâchant un sec "Oui, Commandant" avant de me préparer à repartir lorsque Sykes vint au plus près de moi, presque à mon contact mais je compris qu'il voulut me transmettre quelque chose discrètement. Ses ordres me firent froid dans le dos à en juger par le ton sinistre qu'il employa mais je compris tout l'enjeu crucial de ma mission qui ne souffrait d'aucun échec.

Bien pris, Commandant.

Mon ton était froid et sérieux mais absolument pas par méchanceté envers mon supérieur, j'étais surtout bien trop concentrée sur les ordres auxquels obéir pour faire le moindre sentiment vindicatif. Je pris alors congé du commandant Sykes en tournant les talons pour rejoindre mes soldats. Sur ma gauche, Markov que je reconnus avec son Valiant et donc Ziegler qui avait donné un coup de projection à Sørensen tout à l'heure, se mirent à ma suite sans un mot sur ordre de leur chef.

Haver, King, vous restez là, Florès s'occupera de vous, Watanabe, j'aurai besoin de vous avec moi. Nous allons sécuriser les modules d'évacuation. Normalement, on ne devrait y trouver personne mais je préfère emmener une unité prête à combattre plutôt que deux soldats s'imaginant trouver des modules vides. Anderson, vous restez ici pour commander le reste de l'OCT, Baird vous l'assisterez. Le hangar des modules est juste après, n'est ce pas ?

Ouais affirmatif Lieutenant-Commandant. Le hangar se trouve après le couloir juste par là et vous devriez déboucher sur le hangar. Après, ce foutu OmniTech ne veut pas m'en dire plus sur ce qu'il y a dedans et la zone devait être trop profonde pour les scans. J'espère juste que vous tomberez sur une zone vide et seulement les modules. Eh bonne chance, chef.

Merci, soldat. Carter, Stroud, Griest, Watanabe, Cole avec moi. Les soldates Ziegler et Markov vont nous accompagner. On se remet en colonne, le couloir est étroit. Cole en tête, je serai juste derrière vous. Ziegler, Stroud et Griest dans cet ordre, Markov derrière. Watanabe ensuite, Carter vous fermez la marche.

Chaque soldat prit la position que j'avais indiqué et nos armes en avant, la colonne se mit en route en suivant le couloir. Il n'y eut aucun obstacle sur le chemin jusqu'à ce que l'on débouche dans le hangar des modules. Contrairement à ce que l'on pouvait penser, la pièce était beaucoup plus grande qu'escomptée, ressemblant presque à la salle que l'on venait de quitter. Les lieux étaient calmes mais une tension régnait dans les lieux. Quelqu'un se trouvait ici et nous attendait, c'en était viscéral. La colonne se rompit sur mon ordre et l'on s'aligna à l'entrée du hangar, nos armes levées et pointées devant nous. Je relevai légèrement le regard, comme si je m'attendais à voir un ennemi tomber du plafond mais il ne se passait rien alors que chacun d'entre nous retint son souffle. Je tournai la tête sur ma droite pour pointer mon arme vers le haut et j'y vis une espèce de plate forme, accessible uniquement par un escalier à quelques mètres de moi. Baissant mon arme, j'indiquais par signes à Griest et à Markov de prendre position sur cette hauteur. La rambarde était renforcée par des tôles en acier, offrant un abri temporaire aux deux snipers. Une fois les deux soldates en place, je repris lentement ma progression jusqu'à ce qu'un groupe de soldats ne surgissent d'une porte en face de nous faisant trois fois ma hauteur. L'ennemi, plus nombreux que nous commença à se déverser hors de l'ouverture et malgré les trois premiers soldats ennemis, tués par nos tirs notamment l'un d'eux aligné par le Valiant de Markov en pleine tête, l'on du se mettre à couvert. Il y eut néanmoins un bruit qui me figea derrière le container contre lequel je m'étais calé. Stroud et Ziegler à côté de moi, l'on échangea un regard perplexe. Une pensée horrible se matérialisa dans mon esprit et je relevai la tête. Un méca YMIR se déplaçait par l'ouverture causée par les soldats en écartant violemment une des portes et le pas lourd du robot de combat retentit dans le hangar. Les pirates se mirent à ouvrir le feu en même temps que l'impitoyable arme automatique de l'YMIR. Je me mis à rouler des yeux avant de me planquer contre le container mais je ne maugréai pas, il fallait vite l'éliminer.

Bordel, je déteste avoir raison...

Sous l'œil inquiet et impatient de mes soldates, il fallait absolument mettre sur pied une tactique alors que l'autre aberration mécanique continuait de déverser ses balles dans le vide et nos abris de manière toujours aussi violente. Je me rappelai de ce qu'avait fait Sykes tout à l'heure, sans hurler dans son micro et donnant froidement ses ordres. L'heure était venue de prouver que j'avais au moins autant les épaules pour coordonner une contre-attaque de soldats entraînés de l'Alliance.

Markov, munitions antigrav, concentrez-vous sur cette saloperie et faites voler en éclats ce bouclier. Les articulations ensuite. Griest, interdisez tout mouvement ennemi. Watanabe, couvrez notre flanc droit. Munitions incendiaires ou antigrav, ouvrez le feu juste après moi.

Je fus moi-même surprise de l'absence d'émotion dans ma voix lorsque j'ordonnai de faire pleuvoir la mort sur nos ennemis. L'YMIR tirait sur les snipers et je sortis la tête de mon abri pour ouvrir le feu sur le méca. Par peur de toucher leur bestiole ou non, les pirates avaient cessés de tirer et de toute manière, de par la position de l'YMIR, leur allié mécanique leur bouchait la vue pour avoir une bonne vision du terrain. L'YMIR tourna sa tête vers nous et je m'attendis à prendre une roquette en pleine gueule mais la main du lance-roquettes pendit bizarrement et ne paraissait pas active. Je fis un bond sur le côté pour éviter les rafales du méca ce qui donna l'occasion aux snipers de vider leurs chargeurs antigrav sur l'YMIR. J'entendis Cole hurler des insanités à l'YMIR en vidant son Cimeterre à toute vitesse, le bruit si particulier du fusil à pompe se déchargeant le plus rapidement possible alors que le méca ne réagit pas. L'YMIR fit un bruit bizarre et le bruit du Valiant au milieu du tumulte déchira l'air. Le méca fit un pas en arrière en manquant de se renverser alors que Cole poussa un énorme et sonore cri de joie.

YOOHOOOO boucliers foutus, Lieutenant-Commandant !

Munitions incendiaires tout le monde, on l'allume !

Mon ordre fusa sur un ton impérieux et je fis signe à Ziegler et Stroud de rester là où elles sont. Je bondis de mon couvert pour rejoindre Cole et la tête de l'YMIR se tourna vers moi une seconde après le début de ma course. Le méca eut un mouvement comme s'il avait un haut-le-cœur et enclencha sa mitrailleuse à nouveau mais de manière désordonnée, comme s'il était devenu ivre. Poursuivie par les balles meurtrières, je courus à toutes jambes vers Cole qui me tendit la main. Watanabe, derrière le colosse noir de mon unité, abattit un pirate qui s'était pointé sur notre flanc d'une paire de rafales de son Avenger. D'un calme olympien même de Griest, les tireuses d'élite de l'Alliance déchargèrent à nouveau leur feu meurtrier, surtout Markov qui m'impressionna par la précision de ses tirs. Les balles du Valiant entamèrent une des articulations de l'YMIR qui courba soudainement l'échine. Des impacts enflammés firent leur apparition sur le blindage du méca sous le feu de l'Alliance alors que les pirates derrière se mirent à tirer mais encore masqués par leur robot, leurs cartouches ne purent qu'atteindre le méca qui se retrouva prit entre deux feux. Aux côtés de Cole, je vis celui-ci recharger et j'enclenchai un mode de tir sur mon Mattock. J'échangeai un regard avec le géant noir et celui-ci fit un sourire mauvais avant de relever la tête et de tirer sur l'YMIR. Quant à moi, un tir percussif partit vers le méca qui n'était qu'à quelques mètres de nous. Le blindage maintenant très entamé, une des snipers vida encore une cartouche, cette fois en pleine tête causant un autre mouvement de recul à l'YMIR. Un second tir percussif venant des snipers fusa et l'YMIR bascula en arrière. Cole se remit à couvert et je choisis cet instant pour vider mon Mattock aussitôt suivie par Carter, planquée sur notre flanc gauche et Stroud et Ziegler. L'YMIR voulut se relever mais la puissance de feu coordonnée par l'Alliance finit par avoir raison de notre ennemi synthétique qui ne bougea plus. La structure du méca commença à bien enfler, signe annonciateur et prémonitoire de la prochaine violente explosion.

Pas le temps de gamberger, les pirates allaient certainement attendre l'explosion. Au bord de mon abri, je fis signe à Stroud de se mettre immédiatement en mouvement pour prendre les pirates de flanc. Mon adjudante opina et je me mis en route en tête de mes hommes. Protégés par par un amas de caisses qu'une explosion de méca ne pouvait, je l'espère, pas bouger, je me mis à charger immédiatement l'ennemi. L'YMIR explosa dans un vacarme assourdissant juste avant que j'arrive au contact du premier pirate. L'ennemi, complètement surpris, se laissa faire alors que je le transperçai de part en part avec mon OmniLame. Me servant de mon ennemi comme d'un bouclier humain, pour me protéger, Cole surgit de mon dos et ouvrit le feu avec son Cimeterre. L'ennemi suivant était à moins de trois mètres de nous et se prit une violente double salve en faisant un bond arrière. Nos snipers en haut prirent en tenaille par leurs tirs l'ennemi désorganisé qui voulut battre en retraite, l'un d'eux jetant même son arme. Je jetai d'un air nonchalant le cadavre du pirate m'ayant servit de bouclier avant d'empoigner le Mattock et de réaliser ce qui s'apparentait à un tir au pigeon, Stroud, Ziegler et Carter surgissant de l'autre de côté s'en donnant également à cœur joie. En quelques secondes, la position pirate, attaquée par les deux côtés en même temps, rompit et céda sous notre assaut. Signe que personne ne voulait laisser le moindre mercenaire en réchapper, le dernier pirate fut tué quasi-simultanément par nos deux snipers. Le malheureux avait essayé de prendre par le chemin par lequel nous étions arrivés en jetant son Avenger. De par ma position, j'avais une vue parfaite sur la mise à mort de l'ennemi, Griest lui avait tiré dans la jambe alors que dans sa chute, Markov lui logea une cartouche en pleine tête et le mercenaire s'effondra de tout son long en glissant sur quelques mètres sur du sang.

Je n'avais pas vraiment pu rêver mieux après cet accrochage. Les blessures récoltées avaient été mineures et l'ennemi défait et exterminé, dont un méca YMIR qui avait malgré tout, l'air en mauvais état et pas pleinement opérationnel. Je levai néanmoins mon pouce en signe de reconnaissance pour leur soutien aux deux snipers avant d'entraîner le reste de l'unité dans la section d'embarquement des modules, juste derrière la porte par laquelle les ennemis étaient venus. D'un signe de tête, j'ordonnai à Ziegler et Carter de vérifier les modules avant de regarder de mon côté. Je sortis mon OmniTech pour faire l'inventaire de ce qui était à notre disposition et je constatai avec soulagement que tous les modules étaient là et opérationnels. Après l'affrontement que nous venions d'avoir, c'était une juste récompense selon moi. Lorsque l'on s'en rendit compte, j'échangeai une poignée de main avec Carter, comme celle que l'on avait faite avant d'embarquer dans le Kodiak tandis qu'avec Cole on se tapait dans la main d'un air vigoureux mais nulle joie ne se lisait sur mon visage. Les modules étaient tous là mais la mission était loin d'être finie. Je fis à nouveau fonctionner mon oreillette et je m'étais aperçu que ma plaie sur ma joue gauche récoltée juste avant de rencontrer Sykes s'était rouverte. Faisant une simple moue pour manifester ma petite frustration, je me mis ensuite à parler à Sykes d'un ton sérieux et neutre malgré la situation.

Eagle, ici Nomad leader. Avons rencontré forte résistance ennemie, notamment un méca YMIR. Forces hostiles éliminées. Avons retrouvés les modules d'évacuation, tous au complet et opérationnels. En attente de nouveaux ordres.

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Dernière édition par Ada J. Raikes le Mer 31 Jan 2018, 00:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Sam 23 Déc 2017, 21:39

Le Kraken. Une créature de légende, qui inspira l’imaginaire et la crainte de nombreux marins durant les siècles d’obscurantisme qui minèrent la riche histoire terrienne. Redouté tout particulièrement dans les sagas scandinaves, ce qui s’apparente à un monstre gigantesque aux nombreux tentacules ne fut pourtant jamais véritablement observé. C’est tout juste s’il était encore possible de lire, à travers d’antiques collections d’ouvrages d’époques sur Terre, l’existence d’un tel mythe. Pourtant, certains semblaient toujours accorder une certaine importance à ces histoires qui font la force et la richesse de la culture humaine. Car si toutes les espèces de la galaxie avaient leurs monstres et autres chimères, toutes n’accordaient pas forcément la même attention à leur passé, glorieux ou non.

Hélas, dans le cas présent, « l’hommage » ne rendait pas véritablement justice au folklore. Si l’on pouvait s’attendre à imaginer la création d’une nouvelle classe de vaisseau capital dévastatrice de par sa puissance de feu ou une super-arme aux dimensions titanesques derrière ce nom de code, la réalité était toute autre. Mais à quoi fallait-il donc de toute façon s’attendre dans ce genre de complexe spécialisé dans la biotechnologie ? Et bien à la mise au point d’une arme microscopique. Ou plus exactement nanoscopique…

Si l’on en croit les fragments de compte-rendus craqués par Ikeda, derrière ce pseudonyme se cachait un composé nano-technologique capable de venir à bout d’un vaisseau de toute taille. Pour faire simple, des nano-robots conçus et créer en laboratoire se trouvaient plongés dans un composé volatile, capable de se mélanger à des isotopes particuliers de façon à entrainer une réaction en chaine une fois activés. Pensés pour s’activer lors de la combustion d’Hélium-3 et de deutérium, ils étaient donc en mesure de cibler les systèmes de propulsion subluminiques basés sur le principe de torche à fusion. Tous les appareils concernés, pour la plupart des engins civils allant de la navette aux gigantesques navires de ligne et super transporteurs, se verraient victimes de dysfonctionnements voire d’une surchauffe de leurs réacteurs arrivés à un point critique, amenant à la destruction complète de ces vaisseaux. Déployée dans les nombreux dépôts de carburant qui parsèment l’espace concilien jusqu’au Systèmes Terminus, cette arme, indétectable par des moyens conventionnels, pourrait alors se répandre à un nombre non négligeable de vaisseaux avant d’être clairement identifiée. Y recourir au sein de la Travée pourrait même menacer la liaison entre les différents cadrans de la galaxie.

Le Kraken prenait alors tout son sens : non pas dans son aspect, mais bien dans son rôle et ses capacités. Détruire et conduire à leur perte des vaisseaux avec d’innombrables victimes dans le processus, comme le faisait jadis le monstre de légende avec les navires parcourant les mers du globe…

Fruit d’antiques recherches menées par l’Alliance alors qu’elle commençait tout juste à explorer l’espace, cette idée n’avait pourtant jamais véritablement abouti. A cette époque, tandis qu’elle cherchait à se prémunir d’un possible contact hostile avec une race inconnue, l’entité dirigeante de l’Humanité à travers l’espace n’avait pas manqué d’imagination pour se protéger. Certains projets laissés au placard suite à l’entrée de la Terre et ses colonies au sein de la communauté concilienne, comme le développement d’IA ou ce genre d’armement, refaisait donc immanquablement surface lorsque l’on savait où chercher… Nul doute que le SGR et le COSA auraient ainsi fort à faire pour diagnostiquer et traiter l’origine de cette fuite majeure une fois tout ce petit monde ramené à la maison avec des « jouets » et « lectures » pas vraiment destinées aux enfants. De même que d’avoir le fin mot de l’histoire sur la raison de recréer et achever ces travaux d’ailleurs. Visées terroristes ? Ambition de mener une guerre économique sur le marché des carburants ? Ou peut-être un vulgaire appât du gain motivé par la revente de cette arme de guerre asymétrique au plus offrant ? Le mystère restait pour le moment entier. Et si le prototype demandait encore de très nombreux efforts de recherches, se comptant sans doute en années de développement pour être viable, ils ne pouvaient être autorisés à poursuivre sur leur lancée.

Les deux scientifiques que le N7 devait désormais escorter en surface, responsables du projet et principaux contributeurs à son développement, aideraient les services de renseignement à tirer l’affaire au clair une fois entre leurs mains. Les deux concernés, dont Sykes avait obtenu les rôles et identités au cours de ses « interrogatoires » et par quelques pirouettes technologiques de son spécialiste en piratage, furent rapidement mis à l’écart du groupe de leurs collègues abandonnés à un sort funeste.

- « Votre participation à l’élaboration et au développement d’une arme de ce type, au mépris du droit concilien sur la question, et ce à partir de recherches volées à l’Alliance Interstellaire, ne nous laisse qu’une alternative pour mettre un terme à tout ceci… Vos données vont être saisies et remises à qui de droit, votre complexe détruit et toutes traces de ces évènements effacées. Vous constituez une menace, et, conformément à ma directive première, ne pouvez être considérés comme des civils ou prisonniers auxquels s’appliquent les lois conciliennes en matière de traitement et protection de ces catégorie d’individus. En conséquence de quoi… » avait-il ainsi déclaré d’un ton étonnement froid et détaché aux huit malheureux qui le fixaient, blottis les uns contre les autre.

Sur ces mots annonçant une destinée affligeante, Hamilton et Sorensen vinrent s’aligner de part et d’autre de leur leader. Fusil d’assaut en main, ils pointèrent leurs armes dans la direction et à hauteur des captifs sur l’injonction du Commandant, qui fit de même avec son M-99. Leurs « cibles » choisirent pour certaines de se morfondre dans une profonde résignation, tête baissées et les larmes aux yeux. D’autres, étrangement courageux face à leur fin, décidèrent de regarder leur bourreaux en face, tandis que plusieurs se complaignirent en suppliques et insultes diverses face au sort infâme qui leur était réservé. Un lourd silence s’ensuivit, chacun campant sur ses positions, immobiles, jusqu’à ce que le dénouement de cette triste scène s’impose de lui-même sur l’ordre d’Alec.

Il avait fait ce genre de choses tellement de fois depuis la Guerre… Des rues de Londres où des civils endoctrinés s’opposaient aux efforts de résistance, jusqu’aux opérations classifiées qu’il menait aujourd’hui… Toutefois, cela ne le laissait jamais réellement de marbre. Il y avait sur lui un certain impact moral et psychologique qu’il s’efforçait de gérer depuis toutes ses années. Mais ce sale boulot, cette façon de faire, il avait fini par accepter de s’y plier, et ce pour que d’autres puissent vivre en paix sans avoir à faire de genre de choix lourds de conséquences.

Néanmoins, c’est sans le moindre scrupule qu’il exécuterait ses cibles aujourd’hui… Ayant mis leur savoir si chèrement acquis au service d’une cause aussi détestable que celle-ci, le N7 ne pouvait véritablement les considérer comme innocents. Tous désarmés et suppliants qu’ils pouvaient être, ils n’en restaient pas moins pour lui des éléments ennemis et dangereux de par leurs compétences. Des éléments qu’il fallait faire disparaitre sans tarder. Partisan d’une logique qui pouvait parfois être perçue comme froide et calculatrice, le N7 préférait encore appuyer lui-même sur la gâchette ici et maintenant qu’imaginer les cerveaux responsables de tels travaux vendre leurs recherches au plus offrant. Quant à savoir quel sort serait réservé au duo qu’il venait de faire prisonnier… L’officier ne doutait pas que l’Alliance saurait leur trouver l’occasion d’une « réhabilitation » dans l’une de ses stations de recherches ultra secrètes. Du sale boulot en somme, et ce du début jusqu’à la fin, mais il ne lui appartenait pas de juger la question. Tel était son rôle depuis qu’il avait rejoint les Opérations Spéciales, et il se devait de s’y tenir tant qu’il en ferait partie.

Du moins tant qu’il n’était pas promu à un poste avec une marge de manœuvre et d’action plus… « large ».

Trois tirs s’échappèrent ainsi du canon de son arme, venant trouver le crâne de ses cibles à bout portant. Les frêles silhouettes en blouse blanche s’effondrèrent lourdement au sol, suivies dans l’instant de leurs confrères, sacrifiés sur l’autel de la barbarie et du secret des affaires conciliennes. Des projections de sang et débris humains variés souillèrent la pièce et les armures de leurs bourreaux, ainsi marqués de l’infamie à laquelle il venait de se livrer tandis que leurs victimes se vidaient du peu de matière grise et d’hémoglobine irriguant les restes de leur cervelle.

- « Eagle pour Nomad. Préparez les modules pour le départ. Le complexe sera bientôt noyé sous les eaux. Je veux ces engins prêts à recevoir la cargaison et les prisonniers sous 10 minutes. Nomad Leader, passez sur fréquence prioritaire pour mise au point et briefing avec l’orbite. Eagle, terminé. »
répondit immédiatement le N7 par radio au message de Raikes une fois cette consternante corvée effectuée sans qu'il n'en soit troublé le moins du monde à en juger sa façon de s'exprimer.

Ils quittèrent ensuite rapidement les lieux, emportant les captifs, un serveur informatique et un volumineux caisson capable de léviter de lui-même et de se mouvoir sous la simple action d’une commande par omnitech. Long de 2 mètres par 1,50 , le container était équipé d’un système anti-gravité alimenté par un noyau d’élément zéro, probablement conçu pour un futur test sur le terrain du Kraken. Car c’est bel et bien du prototype de cette étrange arme dont venait de s’emparer la SO-21. Déployée en formation autour de l’objet, le commando se hâta d’acheminer la cargaison à destination, adoptant cependant une allure adaptée à une progression avec des blessées.

Nettoyé au préalable par l’effectif de l’Okinawa, le chemin permit à Sykes de prendre pour de bon contact avec les deux frégates en orbite, qu’il voulait prêtes à les appuyer dès leur retour en surface. Le caractère classifié du sujet de cette mission fit toutefois que le nombre d’interlocuteurs concernés par cette communication fut plus que réduit : lui seul, Raikes et leurs seconds respectifs à bord, voilà tout. Pour les autres… La satisfaction d’avoir mené à bien la mission devrait suffire…

- « Eagle Leader pour stations de soutien. J’ai à charge un composé chimique volatile hautement instable dans une enceinte de confinement mobile. Propriétés toxiques et explosives avérées, capacités de destruction certaines. Risque majeur pour l’environnement de la planète et les bâtiments qui croisent à proximité s’il venait à être libéré. Réaction en chaine critique si exposé à l’hélium-3. Que nos pilotes soient informés des précautions à prendre pour le ramassage. Celui-ci aura pour destination finale Eagle One, et ce pour la totalité de l’effectif déployé, jusqu’à débriefing. Prévoyez mesures NRBC et mise en quarantaine pour l’arrivée à bord… Potentielle exposition à de multiples agents pathogènes en cours de mission… Faites passer le mot à Vaylee. Plusieurs blessés sur site, dont une probable amputation membre supérieur à pratiquer. Que l’équipage se prépare en conséquence. Transmission des coordonnées pour récupération. Eagle Leader, terminé. » exposa-t-il en hâte.

Comme il venait de l’expliquer, l’extraction se ferait uniquement à destination du Midway. C’est la frégate des Opérations Spéciales qui se chargerait de traiter au mieux les blessés et d’éviter tout risque de contamination suite à l’exposition aux cobayes en liberté du complexe. Tous seraient confinés un moment, et une fois le débriefing de rigueur effectué par le haut-commandement, alors chacun pourrait retrouver son « chez-soi ». Mais en attendant… Et bien il faudrait cohabiter un peu plus longtemps.

***

Les soldats de l’Alliance ne s’attardèrent guère sur les quais dès lors qu’ils effectuèrent leur jonction. Conformément aux ordres de l’officier en charge de l’opération, les modules sous-marins, au nombre de quatre, furent apprêtés du mieux possible à l’évacuation. Le N7 prit soin de monter dans celui où le prototype fut chargé, tandis que son officier en second se chargeait de superviser les prisonniers depuis un autre engin. La totalité de l’effectif, blessés compris, se répartit ensuite de façon égale, sans véritablement tenir compte de l’unité de chacun. Cette façon de faire quelque peu singulière sur la forme, constituait en réalité un souhait du Commandant, qui voulait avant tout garder la main l’ensemble de l’effectif, soldats de l’Okinawa. Le soldat des OS voyait certes en Raikes un officier prometteur et dévoué, mais le fait de lui imposer de ne pas retourner de suite sur son bâtiment laissait supposer une éventuelle opposition quant à cet ordre. Raison pour laquelle il préférait dispatcher son équipe de façon égale sur l’ensemble des appareils…

Appelez ça de la parano ou non, mais Sykes savait d’expérience qu’imposer ce genre de contrainte à certains éléments en pleine mission, plus particulièrement à la veille de son accomplissement, pouvait entrainer un défaut de commandement. Voire une tragédie si on leur opposait encore une résistance conséquente en surface.

***

Cette dernière éventualité s’imposa d’ailleurs d’elle-même, comme le démontra le message radio qui accueillit leur remontée en surface, après dix longues minutes d’un silence pesant au sein d’un habitacle exigu et sombre.

- « Eagle One pour unités au sol. Cinq bandits prennent la direction de la ZA. 2 Cannonières Mantis et 3 transports attendus sur site dans les 2 minutes. Arrivée sur zone du soutien aérien et de votre ramassage sous 5 minutes. Conseillons de vous retrancher parmi les débris de la tempête en surface d’ici là. Terminé. » lui lança à tous l’opérateur des communications à bord du Midway.

Un dernier combat les attendait avant de pouvoir songer à une évacuation. Tandis que leurs modules évoluaient désormais en surface, se hâtant de rejoindre l’île qui avait été à tous leur point d’insertion voilà de nombreuses heures, chacun se préparait au mieux à ce fait. Ici et là on s’assurait du bon fonctionnement de ses armes, de l’état des blessés, des stocks de munitions restants, ou encore, pour ce qui est d’Alec, de l’état de l’enceinte de confinement de son chargement.

- « Vous avez entendu nos anges gardiens là-haut... Le service de ramassage va avoir du retard... Il vont probablement tenter de nous encercler et de nous écraser avant l'arrivée de nos renforts. Formation en essaim et regroupement sur la position la plus fortifiée que l'on pourra trouver. Les blessés et les prisonniers au centre. Balayage complet de l'horizon, autorisation d'engager tout contact se révélant hostile. Raikes, supervision de nos renforts aériens à votre charge. Désignation des cibles et de la ZA suivant l'évolution du terrain et de la situation. Déploiement tourelles et munitions incendiaires pour ceux qui le peuvent... C'est parti... » lâcha le N7 comme premières instructions face à l'avertissement envoyé de l'orbite.

Mais déjà, la terre se rapprochait de plus en plus, laissant entrevoir les ravages causés par l’ouragan qui avait balayé l’îlot minuscule en comparaison de l’immensité de l’océan. Des palmiers ou du moins des végétaux s’y apparentant, étaient couchés de toutes parts, certains pans de falaises effondrés sous la force des vents, et la mer ne cessait de rejeter sur les plages de multiples débris. Un paysage de désolation, qui allait cette fois en connaitre d’un autre type. Une désolation amenée par la folie et les armes des hommes et femmes de deux camps, dépêchés sur ce minuscule caillou pour se disputer le contrôle d’une arme capable de faire des dégâts encore plus grands en de mauvaises mains…

Tandis que le bruit de réacteurs fendant l’air dans leur direction se fit entendre, ils mirent enfin pied à terre, s’apprêtant à mener une dernière résistance avant d’espérer pouvoir quitter Trident pour de bon, et en vie, il fallait l’espérer…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Jeu 04 Jan 2018, 20:23
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes



- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Complexe souterrain clandestin, aile secrète sous-marine

L'index et le majeur de ma main droite gantée plaqués contre mon micro-casque qui m'occupait la moitié du visage, je pus observer ce qui se passait autour de moi alors que les ordres de mon supérieur fusèrent dans mon oreille. Ziegler et Carter finirent de vérifier les quatre modules d'évacuation et ma major leva son pouce pour me confirmer que tout était OK lorsque nos regards se croisèrent. Le reste des soldats de l'Alliance patientèrent dans la salle d'embarquement tandis que Griest et Markov montèrent la garde à l'entrée défoncée de la salle d'embarquement. Je fis signe aux autres de se tenir prêts à embarquer pendant que j'intégrai le reste des ordres de Sykes. L'officier supérieur de la mission avait visiblement déjà accompli ce qu'il devait faire de son côté et je ne pus retenir un inquiétant frisson me parcourant l'échine lorsque je l'entendis m'ordonner de tenir les modules prêts sous les dix prochaines minutes. De l'autre côté, lorsqu'il parla de cargaison, je me dis que ma curiosité allait être satisfaite pour enfin savoir ce qu'était ce mystérieux Kraken. Un picotement venant de ma joue gauche fendue me rappela ma blessure et Watanabe, voyant ma blessure, vint mettre une dose de medigel sur ma joue. Pendant ce temps, conformément à l'ordre de Sykes, sur une manipulation express via l'écran holographique de mon viseur, ma radio bascula sur une fréquence prioritaire, servant d'ordinaire à transmettre des ordres ou des messages urgents, un canal sécurisé que les autres soldats moins gradés ne pouvaient entendre. Bien piquée par la curiosité, j'attendis d'autres explications.

Watanabe termina ce qu'il avait à faire avant de me laisser et je fronçai les sourcils en me concentrant sur les paroles du commandant de l'Alliance. L'écran holographique de mon viseur m'informa du nombre restreint des soldats de l'Alliance à l'écoute de la transmission qui était au nombre de quatre : moi, Sykes, une dénomination codée indiquant Eagle One et une dernière basée sur le même modèle mais qui indiquait Nomad One. Sachant que ma supérieure, la contre-amirale O'Neill était à bord de l'Okinawa, je présumai que c'était cette dernière qui était à l'écoute. Les informations que j'appris lorsque Sykes donna ses ordres pour la récupération me firent froid dans le dos tout en fermant davantage mon visage. Kraken était bien entendu un nom de code malgré les doutes que j'ai pu ressentir mais la véritable désignation de ce Kraken fut simplement effrayante. À en juger par les explications du commandant, le Kraken désignait une arme biologique extrêmement dangereuse, menaçante pour l'environnement et les vaisseaux notamment par son exposition à l'hélium-3, le carburant universel pour chaque vaisseau de cette galaxie. Toute l'ampleur de la menace à laquelle nous faisions face et pour laquelle l'Alliance avait dépêché une puis deux frégates m'apparut, je réalisai pleinement pourquoi l'opération était remontée jusqu'au plus haut niveau du commandement militaire de l'Alliance, jusqu'au Conseil de Défense lui-même qui faisait dans son froc et espérait de toutes ses forces que ses soldats allaient mener à bien sa mission. Si cette arme était libérée, chaque vaisseau infecté pouvait sauter à cause de cet agent qui se mettrait à exploser en présence d'hélium-3 qui sait ce qu'il pouvait faire d'autre... L'arme pouvait également certainement infecter n'importe qui, peu importait l'espèce et peut-être même réduire des planètes en cendres. Heureusement pour le moment, l'arme non conventionnelle était confinée dans un caisson d'isolation solide que l'on pouvait déplacer. L'inquiétude fit place à un stress qui augmenta mon rythme cardiaque mais devant les autres soldats, je n'arborai pas d'autre expression qu'une concentration teintée d'une légère irritation. Il était vital de ne donner aucune raison de s'inquiéter à mes subordonnés. S'ils apprenaient la véritable nature de ce Kraken, ils poseraient des questions ou paniqueraient de colère. L'opération serait bien plus que compromise. Juste après la fin de communication de Sykes, le canal resta ouvert pendant quelques secondes et la voix d'O'Neill me parvint à l'oreille de son ton sec habituel.

Nomad Leader, ici Nomad One. Je vous retrouve pour le debriefing à bord d'Eagle One. Terminé.

Bien pris, Nomad One. Terminé.

Une chose néanmoins, m'apporta un peu de réconfort dans ce flot d'informations sinistres. Le nom de Vaylee fut prononcé et mes pensées se tournèrent immédiatement vers ma meilleure amie au sein de l'Alliance, la lieutenante médecin Sara Vaylee. Je savais qu'elle était déployée à bord d'un vaisseau dirigé par un soldat issu du N7 selon ce qu'elle avait bien voulu me dire mais j'étais loin de me douter que son vaisseau serait le Midway. J'allais voir un visage amical qui m'était cher lors de l'évacuation pour le Midway et cela me remonta le moral. Je ne perdis cependant pas de vue la mission pour laquelle j'étais venue et bientôt, Sykes et le reste des soldats de l'Alliance firent leur apparition au sein du hangar et se portèrent à la salle d'embarquement. Très vite, mon regard nota les détails envoyés par les autres soldats. Haver bien que blessée, resta près de King qui grimaça de douleur en boitant tandis que Baird avait le visage barré par une fureur silencieuse, les yeux de temps à autre dirigés vers Sykes dans son dos. Anderson regardait le second-maître de mon unité d'intervention avec vigilance, comme pour l'empêcher de faire la moindre connerie, en somme rien d'inhabituel. Un autre détail me fit légèrement arquer un sourcil en voyant les soldats des OS et je compris sans aucune peine pourquoi ils revenaient avec seulement deux blouses blanches, le dit-caisson contenant cette arme biologique et la sourde colère de mon subalterne. Sykes et ses soldats avaient exécutés les autres scientifiques à en juger les taches de sang plutôt fraiches sur leurs armures et mon regard prit durant quelques secondes la même teinte que celui de Baird mais je retrouvai mon visage de militaire concentrée et alerte. Contrairement à Baird et malgré moins d'entraînement que Sykes, j'arrivai à masquer mes émotions mieux que mon second-maître. C'est pourquoi j'accueillis l'arrivée de nos coéquipiers en silence en supervisant l'embarquement des modules. L'un des scientifiques épargnés par les soldats de l'Alliance, une femme, chercha comme un secours des yeux et les posa sur moi. Son visage était envahi par la tristesse et la peur et je ne pus rien faire pour la réconforter. Mon visage lui disait simplement "avancez madame" et comme si elle l'avait compris, elle baissa la tête et avança. Je tournai la tête vers ma gauche et je fis taire Baird d'un froncement de sourcils. Mon expert technologique allait parler et voyant mon expression ainsi que celle d'Anderson, mon soldat préféra se taire. Je savais pertinemment ce qu'il allait me dire et je n'avais pas besoin de l'entendre davantage. L'exécution des scientifiques étaient des ordres qui n'étaient pas de notre ressort mais de la flotte de Sykes, nous ne pouvions de toute façon rien y faire et Sykes était le plus haut gradé présent sur le terrain, ici-bas.

Les effectifs du Midway et de l'Okinawa se mélangèrent dans l'embarquement des modules. Cela m'apparut comme pertinent et par ailleurs, j'avais espéré que cela puisse se faire. Nos soldats avaient combattu ensemble et repartiraient ensemble malgré la différence d'expérience et de combat entre nos deux unités. Soldats d'unité spéciale et soldats de l'armée régulière se retrouvèrent donc ensemble dans les modules. Outre le fait que je voyais d'un bon œil le mélange des unités, je compris également que le commandant désirait parer à toute éventualité. Si nous étions copieusement accueillis à la surface et si nous avions concentré les grades supérieurs ensemble ou centralisé trop de choses, la mission pouvait prendre un tour dramatique. Il aurait suffi d'un tir ajusté pour décapiter la force de l'Alliance et faire échouer la mission puis détruire la galaxie à terme. Rien que cette pensée me donnait presque la nausée. Mon supérieur de mission monta dans le même module que le caisson de l'arme biologique et je fus quelque peu soulagée qu'il ne m'impose pas de faire de même, je n'avais pas une envie débordante de monter dans le même module que ce truc. Sous la supervision des deux plus hauts gradés de l'Alliance à savoir Sykes et moi, tout le monde prit place dans les modules. Je fus la dernière à monter dans mon module celui-ci occupé par la scientifique implorante de tout à l'heure, l'air résignée, Cole, Baird et Ziegler. Je fermai le module derrière moi avant de m'assurer que tout le monde était bien harnaché, donnant au passage un coup de main à Cole qui eut du mal avec sa protection de module à cause de sa carrure massive. Une fois que tout le monde était bien attaché, je pris ma place et je m'harnachai à mon tour avant le départ du module.


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Surface de la planète Trident, plage de la zone d'évacuation

Le trajet jusqu'à la surface fut lugubre et silencieux, uniquement brisé par les pleurs plutôt discrets de la scientifique. Parvenu à la surface, une communication parvint à tout le monde, envoyé par un des opérateurs du Midway et nos réactions illustrèrent bien notre état d'esprit. Baird tira une tête exaspérée, Cole soupira en faisant un bruit étrange avec ses lèvres et Ziegler afficha un visage assez furieux. Quant à moi, je demeurai calme quoiqu'irritée. Comme nous le craignions tous, l'ennemi allait nous poursuivre jusqu'au bout et ne pas nous laisser nous barrer ainsi. D'ailleurs comment est ce que ces fumiers avaient fait pour découvrir notre zone d'évacuation ? Cette question flotta dans mon esprit durant une paire de secondes avant d'être balayée pour remettre immédiatement en marche ma cervelle de militaire. La présence des deux Gunships ennemis était problématique. Nous aurions certes plus d'appareils pouvant attaquer qu'eux mais les Gunships étaient dotés d'une plus grande puissance de feu que nous. Il allait falloir jouer serré, si je me débrouillais bien, les Kodiaks pouvaient se débarrasser des Gunships rapidement. Nos navettes étaient bien plus maniables et rapides que les appareils mercenaires et connaissant Atkinson, ma pilote allait sûrement soigner son entrée en scène, surtout s'il y avait deux Gunships en face et qu'elle était accompagnée.

Ce module va un peu trop vite...

Il va pas assez vite. On sait pas ce qu'il y a comme bestioles dans toute cette flotte. Pas envie qu'une saloperie comme un Kraken nous rattrape...

Peut-être qu'il s'économise, hé. Et puis je crois pas que ça se prononce Kraken, j'ai toujours entendu dire Krayken.

Quoi avec un Y ?

Uhuh, ouais.

Naaan nan nan nan nan à l'origine ça se dit Kroken, c'est scandinave.

Ouais mais nous on est pas d'origine scandinave...

Oh ! Vos gueules, y a le Commandant qui parle.

Un regard sévère tourné vers mes deux soldats si justement rappelés à l'ordre par Ziegler, j'intégrai les ordres de mon supérieur et prit un air déterminé lorsqu'il fit mention de ma personne. Sykes venait de me donner un ordre direct et je devais diriger l'appui aérien dont nous allions bénéficier. Alors que le module s'approcha de la plage, la dévastation des lieux apparut à chaque soldat de l'Alliance présent mais nous n’eûmes pas le temps de la contempler davantage. Nos soldats débarquèrent sur la plage au milieu des débris de la tempête sur l'îlot servant à l'évacuation mais un bruit attira l'attention de tout le monde. Au loin, les deux Gunships arrivèrent à vive allure, le bruit de leurs réacteurs occultant celui de la mer et du vent qui se levait. Il fallait agir vite et c'était à moi de le faire, conformément aux ordres donnés par le commandant des OS. Je fis volte-face vers les autres qui avaient pu tous débarquer. Le caisson était étonnamment sec après l'avoir vu flotter à quelques centimètres au-dessus des vagues de la marée. L'autre scientifique avait quant à lui fait une chute dans l'eau, ayant sûrement mal estimé la hauteur de l'eau et fut extirpé de la marée par Ikeda. Ignorant tout d'abord le bruit des Gunships, je me mis aussitôt en route, suivis par les soldats de mon module et organisant l'expédition. Par signes, mes soldats comprirent ce que j'attendais ici.

Bien pris, Commandant. Vous avez entendu ? En essaim, la ZA est à environ 300 mètres droit devant nous ! Stroud, Cole, Baird en tête avec moi

Le centre de commandement de l'Okinawa venait de m'envoyer sur mon OmniTech les résultats du dernier scan réalisé en surface sur l'îlot réservé pour l'évacuation. Selon les opérateurs et en tenant compte des paramètres nécessaires pour la meilleure évacuation possible, le site d'évacuation secondaire fut transféré ailleurs qu'initialement prévu et nous avions plusieurs centaines de mètres à faire à découvert en essaim. Les Gunships au loin se contentaient de décrire des cercles autour de l'îlot et n'attaquaient pas encore. En dehors des soldats expressément nommés par moi, Sykes organisa le reste de la force de l'Alliance, le reste de mon unité compris et l'on adopta la formation ordonnée par notre officier en charge de l'opération. Mon supérieur protégea du mieux qu'il put le caisson et à raison, nous avions l'équivalent d'une arme ayant une capacité de destruction supérieure à l'explosion de tous les relais cosmodésiques de la Voie Lactée. Notre progression ne fut qu'entravée par les quelques débris végétaux parsemés sur la plage de sable blanc, le caisson manquant de s'écraser à terre une paire de fois mais il demeura sous la vigilance des soldats des OS. En pleine progression, l'heure était venue de coordonner l'appui venant des airs, il était absolument nécessaire que les Kodiaks de l'Alliance aient la supériorité aérienne sur la-dite zone d'évacuation secondaire.

Nomad Leader à Kilo 1 Leader. Où vous en êtes ?

En chemin, Nomad Leader ! Les deux Kodiaks d'Eagle One sont là, Kilo 2 Leader et Kilo 2-2. Ça canarde déjà ?

Négatif Kilo 1 Leader mais l'ennemi pointe déjà le bout de son blair. On a les deux Gunships qui sont pas loin.

Merde ! Va falloir qu'on leur perce le derche avant de vous ramasser, pas moyen qu'on se pose sous leur feu !

Avec Kilo 2, attaquez massivement les Gunships en formation d'attaque, vos cibles sont en priorité les appareils ennemis. Vos 4 double-canons doivent faire mouche. Binôme 1 Kodiak evac, 1 Kodiak appui aérien. Votre premier passage doit faire un maximum de dégâts. Décrochez par binôme dès que possible pour passages suivants. Ordre de rester par binômes, vous aurez l'avantage du nombre et de la surprise, cramez ces fumiers, ne vous dispersez que dans la plus extrême des nécessités. Coordonnées de la ZA envoyées. Terminé.

Bien pris Nomad Leader ! Kilo 1-2 avec moi ! Vous allez nous entendre arriver, soyez prêts parce que ça va chier ! Terminé !

C'est moi ou Ela est surexcitée, Lieutenant-Commandant ?

Elle doit être bien la seule, Cole. J'espère qu'elle n'arrivera pas en nous jouant du AC/DC, c'est mal choisi.

Selon mon OmniTech, nous étions sur un site qui me semblait être le meilleur pour l'évacuation mais qui me rappelait aussi quelque part, un horrible souvenir. La falaise se dressait devant nous, la structure rocailleuse construite par les éléments nous surplombant de toute sa hauteur et barrant la plage qui se termina en un chemin qui se réduisit peu à peu jusqu'à s'enfoncer dans la mer. La plage était jonchée de rochers sûrement ôtés de la falaise, de troncs de palmiers arrachés et des souches d'arbres tropicaux extraites de la jungle située à quelques mètres plus loin. Des résidus de feuilles de palmier et de végétation étaient ici et là, tachetant la plage de vert et remplissant l'air d'une fragrance végétale fraîchement coupée. Un soleil de plomb nous tapa, pauvres humains en armure sur la plage, un temps idéal pour faire bronzette mais dangereux car un lagon pouvait se transformer en une baie en quelques heures. Compte tenu de notre timing serré et de notre situation urgente, la position était la meilleure possible. Nos arrières et notre flanc droit étaient protégés par la falaise, le gauche était couvert par la mer et les troncs de palmiers arrachés étaient étendus de façon à ce qu'ils puissent agir comme une barrière naturelle. En effet, les troncs étaient suffisamment longs et épais pour encaisser des tirs, ils n'étaient pas tous alignés l'un à côté de l'autre mais dans leur globalité, le passage de la dernière tempête nous avait été bénéfique, les troncs pouvant même protéger plusieurs soldats. De plus, les rochers, certains de bonne taille, offraient une protection suffisante pour les blessés. Les Kodiaks avaient un espace suffisant pour l'évacuation, à cheval entre la terre ferme et la marée qui s'écrasa inlassablement sur la plage. L'ennemi, à moins de disposer de plongeurs ne pouvait que nous attaquer de face et la jungle encore debout était suffisamment loin pour que l'on puisse voir les bandits arriver. Seuls les Gunships pouvaient nous poser une véritable menace. Ils n'avait pas la place pour manœuvrer entièrement comme ils l'entendaient car la falaise paraissait vraiment être massive mais ils pouvaient aisément envoyer leurs tirs et leurs roquettes sur notre position.

Griest, calez-vous entre les rochers là-bas. Mettez les blessés contre les rochers ici ! Ils devront être évacués en premier ! Haver, King, protégez-les. Watanabe, avec elles. Vous me défendez ce caporal comme si c'était votre frère. Cole, en première ligne ! Prenez vos positions contre les palmiers, on doit opposer la ligne de feu la moins distendue possible ! Votre repère de tir est le gros tronc éventré là-bas, atteignez chaque pirate qui le franchit, priorité aux cibles les plus proches. Eh merde... À couvert !

Je lâchai involontairement un juron en voyant les deux Gunships en position au loin alors que les trois navettes annoncées se posèrent plus près de nous mais pas encore à portée de nos tirs. Seules les snipers pouvaient espérer atteindre une cible et d'ailleurs, les deux snipers de nos unités ouvrirent le feu sur un groupe de bandits ayant débarqués sur la plage à partir des navettes. L'une d'elles partit avant les deux autres tandis que ses comparses prirent un peu plus leur temps pour se retirer. Les Gunships se rapprochèrent de notre position alors que l'on se mit à couvert et déclenchèrent un tir de barrage dans notre direction. À côté de moi, Carter voulut lever la tête pour jeter un œil au-dessus de son abri mais je l'empêchais de faire d'une main en tirant fort sur son bras. Ma major lâcha un juron alors qu'une nuée de balles se déversa là où Carter avait mise sa tête quelques secondes plus tôt. Sans regarder, j'entendis les deux aéronefs lâcher chacun une paire de roquettes. Elles s'encastrèrent dans le sol en soulevant des gerbes de sable et de morceaux de végétation tandis que l'une d'entre elle explosa contre un rocher derrière nous, projetant des cailloux un peu partout. Le tir de barrage continua encore plusieurs longues secondes, n'accordant aucun répit aux soldats de l'Alliance. Le bruit des impacts de balles contre les palmiers ou la roche ainsi que celui des tirs vrillèrent mes tympans alors que j'entendis soudainement Anderson crier. Watanabe hurla quelque chose au milieu du tumulte mais un nouveau lâcher de roquettes m'empêcha d'entendre quoi que ce soit même dans le casque, l'une d'elle s'écrasant même juste devant mon palmier. Je crus entendre la voix de mon commandant mais un bruit affreux le fit également taire, comme si les balles envoyées par les Gunships voulaient tuer nos mots en plus de nos propres personnes. Maugréant entre mes dents mais inquiète, je me mis à ramper vers les blessés regroupés dans le coin que j'avais indiqué, au mépris même des tirs des Gunships. Haver s'était recroquevillée sur elle-même tandis que Watanabe faisait de son mieux pour protéger le caporal inconscient avec l'aide de Florès. Cachée derrière la souche d'un gros palmier juste à côté, Griest essayait de rester à l'abri mais je voyais des larmes couler sur son visage. Ne supportant pas de voir une de mes soldates ainsi craquer, je bondis vers elle en évitant une volée de balles s'écrasant contre la souche et prit la main de la jeune soldate. Elle leva un visage embué de larmes vers moi avant qu'elle ne se serre de toutes ses forces contre mon corps. Protégeant ma sergente, je me calai du mieux que je pouvais contre la souche alors que Griest serra toujours autant contre moi. Le déluge me parut durer une éternité tandis que ma soldate essaya de se calmer, son souffle saccadé.

Le tir de barrage cessa et mon propre esprit me hurla de me secouer afin de rester alerte. Au prix d'un effort éreintant, je levai la tête pour m'apercevoir avec horreur que les pirates étaient désormais plus proches. De plus, le barrage avait réduit en charpie des palmiers et des obstacles, dégageant un peu plus la voie pour les soldats au sol. Anderson était blessé et Baird s'occupait déjà de le couvrir et de le tirer derrière un palmier effondré servant d'abri temporaire. De ce que je pouvais voir, les soldats des OS n'étaient pas en meilleure posture que nous. Sykes était non loin de moi mais un tir, venant des pirates, déchira l'air et nous rappela notre posture d'assiégés. Les Gunships avaient mis les voiles un peu plus loin et se préparaient à attaquer de nouveau. King, calée contre le gros rocher protégeant les blessés, sortit la tête de son abri et empoigna son Avenger dans un grognement de fureur tout comme je pris mon Mattock dans mon dos, prête à ouvrir le feu. Devant nous, une horde de pirates, se mit à tirer dans notre direction mais contrairement aux Gunships, les cartouches envoyées furent moins dangereuses. C'était le moment que je choisis pour connaître l'état de mes troupes, à coup sûr encore engourdies par le bombardement ennemi. Donnant une petite claque sur la joue de Griest pour la remettre d'aplomb, je la déposai contre la souche pendant qu'elle se releva, la blessure de son bras la lançant quelque peu dans le mouvement.

Du nerf, Griest, j'ai besoin de vous. Empêchez ces fumiers d'arriver à nous, vous êtes bien meilleure qu'eux !

Oui, Lieutenant-Commandant !

Cole ! Stroud ! Carter ! Au rapport !

*teuheuheuheu* C'est tout ce qu'ils ont ? Présent chef !

Quelle merde... Au rapport, Lieutenant-Commandant.

Jsuis là, Lieutenant-Commandant !

Baird ! Anderson ! Au rapport !

Anderson est dans les pommes, Lieutenant-Commandant, j'y avais pourtant dit de rester contre le palmier comme si c'était sa mère ! Le medigel est en train d'agir, je le couvre.

Malgré les balles qui sifflaient autour de nous, je cherchai Sykes du regard pour le retrouver aux côtés du caisson et celui-ci avait l'air d'aller. Certains d'entre nous s'occupaient déjà de riposter aux tirs des ennemis et j'empoignai mon Mattock pour faire de même. Visant un trio de pirates qui voulut se rapprocher pour changer d'abri, je lâchai une volée de cartouches en visant avec mon viseur. Le mercenaire de tête vacilla avant que plusieurs rafales ne l'accueillent et ne mettent fin à son existence, son armure percée par nos projectiles. Les deux autres furent forcés de se précipiter à terre. Quelques autres pirates tâchèrent d'imiter le dernier tué de leurs rangs en espérant pouvoir se rapprocher mais suivant les ordres que j'avais donné, les soldats de l'Alliance capturèrent dans leur viseur l'ennemi désigné et d'autres victimes s'ajoutèrent au tué de tout à l'heure, blessés comme morts. Alors que la fusillade s'enclencha, les deux Gunships commençaient à revenir à toute vitesse vers nous. Soudainement, un son se mit à être diffusé dans mon oreille et l'écran holographique de mon viseur m'indiquait que le canal utilisé par ma pilote Atkinson était ouvert. Une musique que je ne pensais pas du tout entendre en pareille situation se fit entendre et malgré les tirs des pirates, j'échangeai un regard avec Stroud et Carter qui d'un signe de tête me confirmèrent qu'elles entendirent la même chose. Étrangement, la mélodie me parut familière comme si je l'avais déjà entendue quelque part et des bruits très caractéristiques emplirent l'air par-dessus les tirs des armes. Un riff de guitare électrique percuta mon tympan pendant que les Gunships continuèrent de nous foncer dessus. Médusée par ce qui se passait, la mélodie de la musique rock devint d'emblée plus rapide, la guitare se mettant à jouer un air plus brutal et la batterie battant un rythme rapide. Au moment même où ce nouveau rythme s'imprima, de puissantes détonations nous parvinrent de la mer et les quatre Kodiaks de l'Alliance ouvrirent le feu de leurs double-canons sur les Gunships. Ces derniers arrêtèrent leur trajectoire et commencèrent à se tourner vers les nouveaux arrivants. Seulement, nos Kodiaks furent plus rapides que les appareils ennemis et le feu combiné de huit canons percuta de plein fouet l'un des Gunships. L'aile de queue fut atteinte et le Gunship endommagé se mit à décrire des cercles sur lui-même, le pilote perdant peu à peu le contrôle de l'appareil. Les Kodiaks se scindèrent en deux en décrochant non loin de l'autre Gunship. Le canal ouvert par Atkinson baissa le volume de la musique et la voix de ma pilote fut là, transmise à tout le monde.

Ici Kilo 1 Leader, on dirait qu'on est arrivés juste à temps ! Kilo 2 Leader, faites gaffe, il vous prend en chasse ! Kilo 2-2, je me porte sur votre gauche, on va le prendre à deux ! Kilo 1-2, va les arroser avec la sulfateuse, je donne un coup de main à Kilo 2 ! Eagle et Nomad, va falloir encore tenir une poignée de secondes, je viens vous chercher pour l'evac !

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Dernière édition par Ada J. Raikes le Mer 31 Jan 2018, 00:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Lun 15 Jan 2018, 00:41

Un décor de carte postale, voire de paradis tropical si l’on ne tenait compte des multiples et violentes tempêtes balayant la surface de la planète, s’étalait sous leurs yeux. Mais tout aussi attrayant un paysage puisse-t-il être, l’endroit n’en restait pas moins une zone de guerre en devenir. Le son de réacteurs fendant l’air pour abattre sur eux la mort et les souhaits de vengeance de quelques porte-flingues, passablement énervés par la destruction de leur complexe, rappelait d’ailleurs de façon flagrante cette terrible vérité. Payés pour garder et protéger le fruit de multiples et longues recherches, ils ne laisseraient sans doute pas filer la raison motivant leur paye si juteuse sans se battre âprement. Et hélas, s’ils n’avaient pour eux la qualité de l’armement ou l’entrainement, celle du nombre et de la puissance de feu au sol leur donnait un avantage conséquent dans les premières minutes de l’affrontement. Dépêchés en renforts pour ne pas voir filer le si précieux prototype, ces mercenaires furent très logiquement déployés sur la seule terre immergée à des kilomètres à la ronde… La seule zone propice à une extraction rapide compte tenu des circonstances.

Alec recevait en temps réel le suivi de leur progression au travers de son casque, aidé en cela par les multiples relevés réalisés en temps réel par son appareil en orbite. Un regard anxieux lorgnant de façon répétée sur le timer lui indiquant les précieuses secondes restantes avant l’arrivée de l’ennemi, l’officier en charge de la mission progressait à vive allure en tête de colonne au sein de sa formation. A ses côtés, Ikeda et Sørensen couvraient les flancs, tandis que Markov se chargeait de leurs arrières. Le maudit caisson renfermant la raison de leur présence à tous ici occupait le centre, chacun d’entre eux devant tout faire pour empêcher leurs opposants de s’en emparer à tout prix. Les soldats des Opérations Spéciales devaient certainement être ceux ayant le plus conscience de ce fait, mais pourtant tous se trouvaient sur un pied d’égalité face à ce qui les attendait. Coincés entre le relief de l’îlot et la mer dès lors qu’ils prirent position, les combattants de l’Alliance se trouvèrent prisonniers d’un lieu qu’il fut à leur charge de fortifier du mieux possible pour éviter que la plage ne leur serve d’ultime lieu de repos.

Ce faisant ils ne perdirent donc pas de temps et s’exécutèrent du mieux possible. Tandis que l’effectif de l’Okinawa se déployait en vitesse, les hommes de Sykes en firent autant, trouvant pour la plupart une place propre au rôle dont qu'ils avaient l’habitude de remplir dans pareil situation. Après tout, et quand bien même la situation se trouvait délicate, c’était loin d’être leur premier ou dernier rodéo… La beauté glaciale de l’équipe prit ainsi position sur le point le plus élevé de la zone, se trouvant quelque peu en retrait de la ligne de feu un couvert discret mais solide sous la forme d’un rocher. Probablement éboulé de la falaise tout proche, le cadeau de dame Nature constituait une planque parfaite pour aligner l’ennemi. Elle déploya donc sans autre forme de procès le bipied de son Valiant, prête à recevoir quiconque aurait la stupide idée d’entreprendre un seul mouvement dans la lunette de son arme. Les prisonniers, sommairement ficelés à grands renforts d’omni-liens, furent laissés à sa charge, face contre terre, sans véritable possibilité de faire le moindre geste. La SO-21 s’assurait ainsi que l’ennemi ne puisse récupérer aucun d’entre eux, même en réalisant une éventuelle percée. Toutefois, le raisonnement inverse s’appliqua à l’insidieux moyen de destruction qu’ils avaient contribué à concevoir. Réglée sur son omnitech, la garde du prototype fut laissée au N7 de l’équipe, bien décidé à faire le nécessaire pour s’assurer que sa cargaison serait livrée à qui de droit. En cas d’ultime recours, le protocole de purge du container devait lui permettre d’empêcher toute récupération par l’adversaire. Mais avec une arme de ce genre… Qui sait si une telle procédure se révèlerait réellement efficace ? Le plus « sûr » restait encore de transmettre l’arme aux labos de l’Alliance, même si une telle éventualité n’avait rien de spécialement rassurant. Le maudit « colis » resta donc de la responsabilité du Commandant durant tout l’affrontement, bien qu’Ikeda se chargea d’en contrôler l’état entre deux cartouches thermiques de son Mattock vidées en direction de leurs assaillants.

Car ceux-ci ne manquèrent pas de faire part de leur présence sitôt leurs navettes posées, se ruant sur les positions de l’Alliance en profitant sereinement de l’appui feu conséquent représenté par leurs Mantis. Les engins, aussi versatiles que mortels, décrivirent plusieurs cercles avant de se mettre en position de tir, délivrant sur eux un tir de barrage suffisamment puissant pour dégager la voie à leurs troupes et clouer sur place les soldats de la Terre. Incapables de lever la tête sans risquer de la voir exploser sous la puissance des projectiles ennemis, les assiégés furent incapables, pendant d’interminables secondes, d’opposer une résistance efficace. Un cas de figure qui profita à leurs opposants, qui purent gagner sur eux de précieux mètres sans avoir à livrer le moindre combat. Le déluge de balles sembla durer une éternité de par sa puissance, donnant à la situation déjà critique un caractère oppressant. Il y avait là une véritable composante de guerre psychologique en plus des destructions engendrées, ce qui risquait de peser lourdement sur le moral bien entamé des défenseurs. Certains risquaient de craquer s’ils ne trouvaient pas le moyen d’inverser la vapeur, des signes en ce sens se manifestant déjà dans l’unité de l’Okinawa.

La riposte ne se fit donc pas attendre, chacun alignant dans son viseur les silhouettes en armures se précipitant de couverts en couverts vers leur position. Bien qu’aidés par la fumée, les mercenaires ne manquèrent pas d’être la cible de tirs nourris et plus ou moins précis suivant les circonstances et l’acuité de chacun en la matière. Pour sa part, Alec descendit deux éléments détachés sur leur flanc gauche pour tenter de les prendre en tenailles. Bien exécutée, la manœuvre devait profiter des multiples débris parsemant l’orée de la plage pour permettre l’arrivée jusqu’aux défenseurs. Le mince couloir, employé pour avancer et leur servant de tête de pont afin de submerger la ligne, ne vit cependant pas le jour. A la place, les deux porte-flingues faisant dans la furtivité reçurent chacun un puissant impact dans le crâne, et s’étalèrent lourdement dans la végétation et le sable, un mélange de d’éclats de leurs casque, de cervelle et de sang imprégnant les alentours des dépouilles. La puissance du M-99, couplée au mod perforant lui étant adjoint, en faisait une arme incroyablement précise et mortelle dans les mains d’un tireur chevronné.

Mais ce revers n’était qu’une infime et bien piètre victoire dans le chaos des combats. L’ennemi n’en gardait pas moins une supériorité numérique sérieuse qui ne pouvait être comblée d’une quelconque façon leur étant accessible dans l’immédiat. L’extraction devait se faire au plus vite, sans quoi toute la mission finirait dans un bain de sang. Non loin de là, les hommes de Sykes vidaient leurs dernières cartouches thermiques, signant une résistance de plus de vingt-quatre heures depuis le début de leur insertion sur site. Les quelques fournitures et munitions emportées il y a plus d’une journée avaient depuis longtemps laissé la place à des efforts de récupération et partage entre les effectifs de l’Alliance, ne leur permettant qu’un répit très mince avant de voir leurs réserves fondre pour de bon. La relève elle-même ne semblait pas être dans un meilleur état, les hommes d’Ada luttant vaillamment pour chaque pouce de terrain gagnés par l’adversaire.

En clair… Tous se trouvaient plus ou moins au bout du rouleau lorsque la cavalerie pointa enfin le bout de son nez en fendant l’air à une vitesse supersonique. Dans le chaos qui s’ensuivit, le N7 ne distingua dans un premier temps que les projectiles qui fusèrent en direction des appareils adverses, amenant l’un d’entre eux à aller s’abîmer en mer à plusieurs centaines de mètres de leurs positions. Si le pilote n’avait pas été tué, peut-être la faune marine déciderait-elle de s’en charger d’elle-même… En plus de permettre de relâcher la pression sur leur position, cette victoire de leur soutien aérien apporta sans aucun doute un coup de boost immense au moral des assiégés. Certains se fendirent même de quelques hourras au son d’un musique d’un autre temps, mais apparemment appréciée par la pilote star de l’Okinawa. Ainsi, s’il ne céda pas à bonne humeur générale face à ce coup d’éclat, Alec s’autorisa tout de même un profond soupir de soulagement face à la nouvelle. Car s’ils la jouaient fine et tenaient encore quelques instants, la mission pourrait s’achever sur une note positive. Restait donc à effectuer un dernier baroud d’honneur en encaissant tout ce que les forces de sécurité du complexe étaient encore en mesure de leur balancer à la gueule.

En l’occurrence, c’est l’ensemble de l’effectif ennemi restant qui monta à l’assaut, persuadé de pouvoir prendre de vitesse les Kodiak de l’Alliance en réduisant à néant la poche de résistance au sol. Ils déchantèrent toutefois de façon très brutale lorsqu’une rafale des canons mitrailleurs de soute des UT-47 du Midway les cueillirent sur place, ajoutant une dizaine de mercenaires passablement lacérés et en charpies aux cadavres parsemant déjà la plage et la jungle. L’aide apportée par la plateforme de tir mobile fut néanmoins de courte durée, puisqu’un combat aérien s’engagea entre le Mantis restant et les navettes, interdisant tout vol stationnaire tant que l’engin ne serait pas descendu. Les échanges de tir au sol reprirent donc de plus belle pendant une longue minute, les pirates gagnant inlassablement du terrain tandis que l’officier en charge de la mission se rabattait sur son arme de poing, la seule à encore disposer d’un minimum de munitions. Il en descendit finalement un ou deux de plus, désormais assez hardis pour se ruer par-dessus l’obstacle que représentait le tronc lui servant de couvert, avant de se ruer sur sa radio. Le tout risquait de se transformer en corps à corps d’ici peu, ce qu’ils ne pouvaient se permettre au vu de leur état…

- « Raikes, on a besoin de tous vos hommes encore en état de se battre, du n… » commença le commando sur la fréquence commune aux deux équipes.

Hélas, son appel à galvaniser les soldats sur le point de flancher ne trouva jamais sa destinataire, pas plus qu’il ne fut d’une quelconque utilité pour quelqu’un d’autre. En effet, ses mots se noyèrent dans le tumulte causé par le crash du dernier Gunship. Prit en chasse par deux Kodiak, le pilote dut réaliser que s’en était fini de lui, puisqu’il se lança dans ce qui ressemblait à une attaque suicide sur les positions qu’ils occupaient sur l’îlot. L’engin déchargea sa dernière roquette sur leur ligne, les survola au ras du sol, la puissance de ses réacteurs endommagés en clouant plusieurs au sol, avant de heurter violemment la falaise qui couvrait leurs arrières. L’infortuné aux commandes ne parvint donc pas à emmener de soldats dans son crash, mais le projectile qu’il lâcha quelques secondes auparavant causa de sérieux dégâts au périmètre défensif. Sonné par l’explosion qui intervint à une vingtaine de mètres de lui, Alec prit de longues secondes pour recouvrer ses esprits. Adossé au tronc de l’arbre qui l’avait protégé de tant de tirs ennemis, le Commandant ne put se mouvoir de façon efficace qu’après un petit temps d’adaptation, Markov lui évitant de peu de trépasser en alignant un tir dans le torse d’un assaillant qui enjambait déjà son corps.

- « Le Lieut’… Comm… touchée… » bredouilla soudain une voix déformée dans son casque.

Endommagée par la force de l’explosion et un shrapnel planté à quelques centimètres de la visière, la pièce d’armure n’était plus véritablement d’une quelconque aide pour son porteur. Le système de communication embarqué n’était plus fonctionnel, tandis que sa perception des alentours se trouvait par moments brouillée par les soubresauts de l’interface graphique de l’armure. Sykes, allongé au sol et le souffle court, s’en débarrassa donc sans autre forme de procès, le casque valdinguant non loin pour ne plus jamais être porté par quelqu’un. Le visage ruisselant et les traits tirés par la fatigue et l’effort, le N7 n’abandonna portant pas pour autant, puisqu’il finit par rallier ses hommes à la seule force de sa voix tandis que leurs appareils rejoignaient enfin la Z.A.

- « ON RECULE! HAMILTON, SORENSEN, A VOS LANCE-FLAMMES ! FAITES-MOI BRULER CES RATS… DECROCHEZ-TOUS VERS LES NAVETTES. » hurla-t-il entre deux salves de fusil d’assaut tirées dans leur direction.

Ses hommes, ceux-là même qui représentaient les éléments les plus létaux au corps à corps de son unité, prirent position le long de la ligne de front, s’approchant au plus près qu’il leur était possible de leurs opposants. Là, ils firent alors usage d’un renfort peu commun mais ô combien efficace face à une résistance acharnée : deux M-451 Firestorm dérobés plus tôt dans l’armurerie adjacente aux labos du complexe souterrain. Destinés à contenir et détruire les cobayes en fuite les plus dangereux dans le cas d’un confinement brisé, ils n’en restaient pas moins diablement utiles dans le cas présent. Plutôt que de l’utiliser comme moyen de destruction, les OS employèrent le feu comme un obstacle. En vidant les réservoirs de combustible de leurs armes, ils dressèrent une barrière suffisamment imposante pour dissuader une attaque de masse et garder les mercenaires en respect quelques instants de plus.

- « Eagle Leader pour unités Kilo. On s’en tiendra à ça pour le sens du spectacle… Je veux un passage à basse altitude sur le flanc Nord de notre position. Survol pleins gaz de la ligne de flammes que vous apercevrez. Attisez-moi cet incendie. Eagle Leader, terminé. » beugla à la suite de cette manœuvre un officier essoufflé qui cherchait la cause de l’ultime communication radio avant l’explosion.

L’idée était de faire partir un incendie en direction de l’ennemi tandis qu’ils évacuaient tous. Aidées par le puissant souffle des réacteurs d’une des navettes, les flammes ne demanderaient qu’à se propager en direction de leurs assaillants, dévorant végétation et corps sur leur passage. Un stratagème somme toute élémentaire dans son concept et son exécution, mais qui pourrait s’avérer d’une aide précieuse pour ce qui suivrait. Puisque, alors qu’ils décrochaient tous un à un en direction de la ZA, Sykes s’était quant à lui dirigé vers le flanc droit de leur « forteresse », cherchant au travers de la fumée et des corps étalés l’officier de la Cinquième Flotte. Il tomba sur elle et une de ses subordonnées, probablement celle nommée Griest selon ses souvenirs, recroquevillées derrière un imposant rocher, un palmier brisé en deux et effondré non loin. Raikes avait certainement cherchée à protéger la jeune femme de l’explosion récente en se jetant avec elle derrière un couvert, prenant au passage plusieurs balles perdues. Néanmoins, alors que la fumée se faisait moins épaisse, un mercenaire profita de la confusion pour se jeter sur eux. Ayant dépassé leurs lignes durant le bordel monstre causé par la disparition du dernier Mantis, il devait chercher des éléments parmi les corps à défaut de pouvoir cueillir ceux déjà sur le point d’évacuer.

Grand mal lui en pris, puisque même désarmé, Alec n’en restait pas moins un opposant de taille. Avec pour lui la distance d’engagement, il le maitrisa rapidement après quelques passes d’un violent de pied dans la rotule droite, lui faisant perdre l’équilibre et lâcher son arme au sol sous le coup de la surprise plus que de la douleur. L’armure de son opposant ayant probablement amortie le gros du choc, ce dernier ne s’en trouva pas moins en difficulté, et Sykes l’étala très vite au sol d’un puissant coup porté à la gorge. Son omnilame vint de suite achever le travail, lui transperçant un poumon et le foie, ne laissant sur la plage plus aucune résistance sérieuse pour eux. Du moins s’ils se dépêchaient de décoller.

- « Emmenez-la à la navette… » lâcha finalement le Commandant, essoufflé, après quelques instants passés à examiner d’un œil attentif le duo pour juger si elles pouvaient être déplacées.

Là-bas les attendaient déjà les deux tiers de l’effectif, ainsi que les prisonniers et le prototype laissé à la charge d’Ikeda. Griest opina du chef pour signifier qu’elle n’avait rien et était prête à s’exécuter, chargeant celle à qui elle devait la vie sur son dos. Les flammes couvrant leur flanc, ils ne connurent comme difficultés que des tirs sporadiques pendant leur avancée vers les navettes, qu’ils atteignirent au soulagement de tous. Serrés les uns contre les autres dans deux Kodiak, les soldats de l’Alliance n’en était pas moins soulagés d’avoir échappé au pire. Sous peu ils retrouveraient des visages amis, et, il fallait l’espérer, aucun d’eux ne trépasserait aujourd’hui…

***

Orbite de Trident, UT-47 C3 "Kilo 2-Leader", Opération Evening Light


- « Eagle Leader pour Eagle One. Ordre de tir aux coordonnées ci-jointes. Positionnement en orbite basse, multiples salves canons Lancer sur positions ennemies pour opération de pilonnage et destruction. Renvoyez-moi ce caillou au fond de l’océan… »
ordonna Sykes tandis que leur navette finissait de quitter l’atmosphère de Trident.

- « Eagle One pour Eagle Leader. Ordre reçu. Veuillez confirmer pour poursuite de la procédure de tir… »

- « Affirmatif Eagle One. Ordre de tir confirmé. Code d’identification APLHA-ROMEO-ECHO-SIERRA-8-1-3. »

- « Code reçu et confirmé. Ordre transmis au poste de tir. Surveillez vecteur d’approche pour ramassage. Procédure de quarantaine effective et prête pour vous recevoir. Bienvenue à bord… Eagle One, terminé. »

Conformément aux ordres, la frégate se plaça en orbite géosynchrone au-dessus de son objectif, l’Okinawa la couvrant de près. L’équipage s’affairait comme jamais pour préparer le double canon principal à faire feu sur le pont 3, tandis que la soute débordait de fournitures médicales pour accueillir les nombreux blessés. On avait d’ailleurs transporté en renfort le personnel médical de la frégate de Raikes sur le Midway de façon à traiter au mieux tout ce petit monde tout en respectant la quarantaine imposée. Le vaisseau des Opérations Spéciales déchaina à cinq reprises la puissance de son armement sur l’îlot désolé ayant vu tant de combats, signifiant par ce pilonnage la fin d’une longue mission aux enjeux si conséquents. Les quelques mercenaires survivants et leurs navettes furent balayés de la surface sans autre forme de procès, des centaines de tonnes de gravats venant ensevelir pour de bon l’entrée du complexe et ses niveaux supérieurs. Sous peu, les tempêtes ou la mer auraient raison de la zone, ne laissant plus aucunes traces du déluge de feu et de l’hécatombe qui prit place en ces lieux.

Seules resteraient les mémoires de celles et ceux ayant participé à ces évènements, sans oublier les récits couchés sur les rapports de chacun. Mais avant cela, un important travail de prise en charge attendait le personnel du bord, qui serait occupé à traiter bien des blessures différentes. Pour sa part, et tandis que l’on déchargeait les navettes de leurs blessés les plus graves, Alec fit quelques pas dans la soute, cherchant du regard un quelconque interlocuteur qui pourrait lui être utile. Il finit par mettre la main sur une Enseigne en combinaison NRBC, à laquelle il servit ses ultimes ordres avec une hâte étonnante compte tenu de son état de fatigue.

- « Emmenez ce truc et les prisonniers au confinement sitôt la décontamination terminée. Que l’on s’occupe des blessés les plus graves en priorité… Faites mettre le cap sur la station Gagarine. Et dites à Benneth d’informer le Conseil de Défense…»


La jeune femme acquiesça avant de s’éclipser pour transmettre le mot, laissant le Commandant errer quelques instants parmi la foule qui s’affairait en tous sens. Epuisé par ce qu’il venait de vivre et les efforts consentis, il prit finalement place quelque peu en retrait contre un container de la soute. Il s’y appuya, s’y effondrant presque, tombant dans une semi-léthargie assortie d’épisodes de somnolence tandis qu’un mince filet de sang coulait lentement le long de sa tempe droite…


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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Dim 21 Jan 2018, 22:44
Experimentations under the tropics

Ada J. Raikes - Alec Sykes


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Surface de la planète Trident, plage de la zone d'évacuation

L'arrivée du renfort aérien mené par ma lieutenante Atkinson était fidèle à la réputation de ma pilote de navette : rock & roll et spectaculaire. Je m'étais toujours faite la réflexion que les pilotes d'appareils militaires comme les navettes Kodiaks étaient tous un peu tarés dans leur tête et pas seulement dans l'Alliance mais j'étais quasi certaine que de tels énergumènes étaient aussi présents dans les autres armées conciliennes et Atkinson ne dérogeait pas à la règle. Elle était peut-être légèrement fracassée mais d'un autre côté, pour piloter un engin gros comme un UT-47 au milieu de la bataille à l'épreuve des cartouches thermiques voire des tirs de roquettes, quelqu'un d'entièrement sain d'esprit ne s'y serait jamais risqué. Un soldat arrivait déjà à un certain niveau d'instabilité alors un pilote... Cependant, malgré son sens de la mise en scène pour son entrée, Atkinson était efficace et la première salve de tirs avait faite mouche, l'un des Gunships s'écrasa dans l'eau. Les binômes de Kodiaks se mirent aussitôt au contact du Gunship restant mais à quatre contre un, l'ennemi n'allait certainement pas faire long feu. De l'autre côté, il fallait aussi bien l'admettre, la voix d'Axl Rose -encore potable à l'époque du titre- ainsi que le riff de guitare épique du monstre du rock Slash envoyait pas mal à cet instant et je me sentis presque l'envie d'aller charger les pirates pour tous les tuer à moi seul, le sentiment d'invincibilité et de force octroyé par la musique était puissant et grisant. Il fallait toutefois communiquer avec Ela.

Kilo 1 Leader, contente que vous soyez là ! Toujours à temps et dans le bon tempo ! Dépêchez-vous de bousiller cet oiseau de merde !

Toujours là pour sauver vos miches, Lieutenant-Commandant ! On s'en occupe, il va aller faire mumuse avec les bestioles dans la flotte !

Toujours auprès de King et de Griest, j'aidai à tenir ce coin de notre ligne de défense, la plus proche de nos blessés. L'intervention des Kodiaks avait certes déstabilisé l'ennemi mais les pirates s'étaient encore plus rapprochés de notre position en profitant de la confusion engendrée par le crash d'un des deux Gunships. Mes cartouches partirent en direction de ces maudits pirates, je ne pouvais clairement pas les rater à la distance où ils se trouvaient mais je n'allais pas aller les chercher. Deux pirates moururent sous les tirs de mon Mattock et du Shuriken de Griest, l'arme dont elle se servait à courte portée mais cela ne stoppa même pas leur assaut et ces pourritures arrivaient au contact. Un bref coup d'œil vers ma tireuse d'élite suffit pour me convaincre qu'elle n'était pas en état de pouvoir encaisser une charge frontale d'un mercenaire en armure et qu'un combat au corps-à-corps pouvait lui être fatal bien qu'elle déchargeait son Shuriken avec parcimonie. King s'était repliée aux côtés de Watanabe et Florès et s'occupait de canarder les pirates qui levaient un peu trop la tête de leurs palmiers ou de ceux qui échappaient à la vigilance des autres. Déterminée à protéger la vie de ma jeune soldate comme si elle avait été ma propre sœur, je remisai dans mon dos mon Mattock qui s'atrophia grâce à un geste des milliers de fois répété et mon OmniLame apparut dans ma main gauche tandis que dans le même temps, je dégainai mon Predator avec la droite et était prêt à faire feu sur le premier salaud qui oserait pointer le bout de son sale groin par dessus le palmier éventré en deux.

Une salve de cartouches accueillit d'ailleurs le premier mercenaire qui essaya de passer par-dessus le palmier nous servant d'abri. De par la proximité du vaurien, les balles le renvoyèrent en arrière. Je le cueillis alors qu'il était en l'air, seulement appuyé sur sa main sur le tronc renversé du palmier et mes balles le firent chuter d'où il était venu en causant un grognement sonore de frustration de derrière l'autre côté du palmier. L'absence de cri de douleur de la part du malheureux abattu me fit signe que mes tirs avaient dû lui être fatals. Aussitôt un autre pirate prit sa suite une seconde plus tôt que je ne le pensais et au lieu de lui tirer également dessus, j'écartai son Avenger d'un geste brusque de mon OmniLame avant de lui administrer une série de violents coups de pied circulaires, le premier coup donné pour le sonner avant qu'un second ne vienne cogner férocement la tête. La force imprimée dans ma riposte physique était suffisante pour faire basculer la pourriture de mercenaire de l'autre côté, aussi un peu aidée par la disposition du tronc de palmier. Un juron sonore sous la forme d'un "MERDE !" dans mon dos me surprit et je vis Griest déjà aux prises avec un pirate. Je ne pouvais pas aligner la raclure de mercenaire car je pouvais à tout moment risquer de toucher ma subordonnée. Grognant de fureur, je fonçai tête baissée vers le pirate que Griest obligea à bouger pour qu'il soit sur ma trajectoire et je le heurtai de plein fouet. Ce dernier, étonné, lâcha son arme et Griest avant de manifester sa surprise par un juron étouffé. Le pirate percuta le gros rocher servant d'abri aux blessés et chancela. Griest s'était emparée de l'Avenger du pirate et le vida sur un autre qui essaya de franchir le palmier. Quant à moi, j'écrasai la jambe du pirate le plus durement possible afin de l'estropier le plus possible puis je m'en servis comme bouclier humain. Griest me rejoignit alors que deux pirates nous faisaient face. Sans réfléchir davantage, je vidai mon Predator sur eux tandis que ma tireuse d'élite jeta le fusil d'assaut à la face d'un des pirates. Son pote mort, je projetai son copain dans le coma qui me servait de bouclier sur l'autre pirate avant de l'empêcher de se relever en l'achevant par un coup d'OmniLame le transperçant de part en part et le clouant au sol. Pour l'instant, plus d'ennemi ne se pointait ici.

Je levai la tête pour observer la plage et je vis que l'un des Kodiaks de l'Alliance décrivait des cercles autour de la zone tandis que le bruit caractéristique d'une mitrailleuse lourde montée à bord de la navette se fit entendre. Au sol, des cadavres en plus grand nombre parsemèrent la plage mais mon oreille grésilla à nouveau sous l'effet d'une communication qui venait droit des pilotes de l'Alliance.

Décrochez Kilo 2 Leader ! On a une fenêtre de tir avec Kilo 2-2 !

Eh merde, ce fumier me lâche pas ! Je décroche !

Kilo 2-2, on le fume ! ALLEZ MANGE ! ... OUAIS DANS TON CUL ! ... Hein ? Mais que... Merde, Nomad Leader, il vous fonce dessus ! VIRE LATHROP, VIRE ! NOOON PLANQUEZ-VOUS CHEF !! IL VA VOUS ÉCRASER !!

Tout se passa très vite. Le Kodiak de l'Alliance en train d'arroser les pirates depuis quelques secondes obéit et fonça pour éviter ce qui allait arriver. Le Gunship ennemi, fumant et crépitant, fondit à une vitesse folle vers notre position. Absorbée par la vue de l'appareil ennemi, je me pris une rafale alors que par réflexe, je protégeai Griest qui se trouvait dans mon dos. Les cartouches firent tomber mon bouclier et une série de projectiles entamèrent l'armure avant d'atteindre mon corps. Poussant un cri, je fus déstabilisée et mes jambes manquèrent de se dérober. Sachant que le Gunship n'était plus qu'à quelques mètres, je me jetai avec Griest derrière le gros rocher en l'enveloppant de mon corps, priant de toutes mes forces pour que l'aéronef ennemi ne nous emporte pas et que ma sergente ne soit pas blessée. La force du crash me fit perdre connaissance et je n'entendis même pas King crier dans son casque que j'étais touchée et à terre. Je ne vis rien pendant mon inconscience, rien de ces conneries mystiques lorsque l'on se trouvait dans un état second. Certainement, j'avais vu la mort m'assaillir mais ma vie ne défila pas sous mes yeux, il n'y avait que l'obscurité.

Les ténèbres me parurent d'une infinie durée mais je revins à moi alors que je sentis mon corps se balancer. Une intense douleur me transperça la poitrine et un gémissement franchit mes lèvres. Je remarquai que quelqu'un me portait avec difficulté et j'étais certaine que mon porteur allait chuter à terre en m'entraînant.

Re...re... reposez moi...

Oh, Lieutenant-Commandant ! Vous êtes consciente ! Oh putain, eh tout le monde ! La Lieutenant-Commandant est vivante ! Merde vous êtes grièvement blessée chef, on va à la navette, je vous emmène !

Re... *teuheu* reposez-moi Griest, c'est un ordre ! ...

Du coin de l'œil, je vis le regard inquiet de ma sergente qui obéit et me reposa sur mes pieds mais par réflexe, elle enroula mon bras gauche autour de ses épaules. La manœuvre m'arracha un grognement de douleur qui m'irradia le haut du corps mais bizarrement pas les jambes à part les douleurs habituelles d'un corps soumis à d'intenses efforts physiques. Me déplaçant avec précaution et mon autre bras autour de mon ventre, je laissai Griest m'amener vers le Kodiak en attente devant nous. La zone déterminée pour l'atterrissage de nos vaisseaux était maintenant occupée par deux navettes de l'Alliance dont celle d'Atkinson. À présent bien consciente -la douleur était suffisamment vive pour me maintenir éveillée- je jetai un regard circulaire en voyant un autre de nos Kodiaks passer en rase-mottes au dessus d'un impressionnant mur de flammes. La question de la provenance de cette barrière enflammée trouva sa réponse lorsque je vis deux soldats de Sykes revenir vers nous et je reconnus l'un d'eux comme étant l'immense Sorensen qui se débarrassa d'un lance-flammes Firestorm. Je fis une grimace, à la fois à cause de mon mal mais aussi à la vue du Firestorm, même vide, ce machin ne m'inspirait vraiment pas mais une faible impulsion de la part de ma tireuse d'élite me rappela qu'il fallait rallier la navette d'Atkinson. Une silhouette se précipita hors de la carlingue du Kodiak et vint immédiatement se poster à mon côté, c'était Stroud.

Merde Lieutenant-Commandant vous nous avez fait peur. Ça va aller ?

J'ai... la tête de quelqu'un qui va bien ?

Vous m'avez sauvée Lieutenant-Commandant, ça m'aurait fait chier de savoir que vous en seriez morte. Merci.

Vous me remercierez... quand on sortira de ce merdier !

Arrose Kilo 1-2, on a récupéré le Lieutenant-Commandant et elle s'en est tiré. Maintenant on la couvre, personne ne passe la ligne de flammes, c'est compris ? Allez embarquez ! Bordel, y a les gugusses des OS qui se barrent déjà !

La douleur était frappante et implacable mais non moins familière. Durant un moment d'apaisement, je me rappelai la première fois que j'avais expérimenté une telle douleur. C'était en plein pendant la session N1 du programme N7, c'était lors de cette formation pointue de l'Alliance que j'avais le plus souffert. Les instructeurs parlaient de cet élancement du corps humain comme d'étapes à franchir pour devenir parmi les meilleurs guerriers de l'humanité et jamais à cet instant, je ne m'étais autant dite que les mots de mon instructrice de l'époque, le major Yamashita, soient aussi vrais. Je me fichai des tirs, du bruit du crépitement des flammes ou même encore de celui du Kodiak d'Atkinson en vol stationnaire, Sykes aurait tout aussi bien pu me donner un ordre à cet instant que je ne l'aurai pas écouté. D'ailleurs Stroud et Griest s'étaient mises à parler mais je ne les écoutai même pas. Je mobilisai toutes les ressources restantes de mon esprit pour résister à la douleur et rester en vie. Je serrai les dents sous mon effort, faisant de mon mieux pour ignorer les signaux du mal qui me meurtrissait et j'avançai, aidée par mes deux soldates. L'écran holographique de mon viseur devant mon œil droit m'envoya des informations venant de mon ordinateur embarqué à propos de mes blessures. Outre des bleus à cause des coups ou de l'onde de choc du crash, une cartouche m'avait atteinte au côté droit ainsi qu'une autre à l'abdomen. Mes blessures n'étaient pas aussi graves que je ne le craignais mais elles étaient suffisamment préoccupantes pour qu'elles nécessitent des soins tout en me causant la dite-douleur. Plus rien d'autre ne comptait pour moi à cet instant, je devais rejoindre le Kodiak et me retrouver au milieu de mes hommes pour vite déguerpir.


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, planète Trident
- Kodiak UT-47 "Fighting Falcon" "Kilo 1 Leader", orbite de la planète Trident

Avec l'aide de Stroud et de Griest, je pus embarquer sans problème à bord du Kodiak. Comme à son habitude en mission, de mon siège, je pouvais entendre la musique de tout à l'heure dans le cockpit de ma pilote, entrecoupée de communications radio avec Hannigan et Snakeshit mais ce n'était que des bruits épars et inintelligibles pour moi, j'étais encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Cole avait ponctué mon arrivée par un cri de joie partagé par King qui se faisait soigner par Watanabe mais hagarde, j'avais du mal à partager la joie de mon subalterne noir. Ce fut seulement lorsque je fus assise et que Griest vint s'assoir à côté de moi que je réalisai enfin que l'on venait de sortir tous vivants de cette mission à haut risque. Un immense soulagement s'empara de moi en même temps qu'une forte émotion. Reprenant mon souffle, je me débarrassai de mon micro-casque en le posant sur le siège d'à côté et je reportai mes yeux sur la jeune soldate à mes côtés. Ses prunelles sombres me fixaient sans discontinuer, comme si elle avait peur de mourir rien qu'en me lâchant des yeux mais loin de me mettre mal à l'aise, je compris ce qu'elle se disait par le regard bien que son expression soit presque indéchiffrable. Elle m'était à jamais reconnaissante de lui avoir sauvé la vie au détriment de la mienne bien que je sois son officier supérieur. Griest fit un mouvement de bras comme si elle voulait m'enlacer mais elle s'arrêta en esquissant à peine un geste. Nullement gênée, j'attirai Griest contre moi malgré un grognement de douleur et je la réconfortai contre mon corps endolori. Griest ne le savait pas mais j'avais moi aussi besoin d'une étreinte, d'un contact rapproché pour me sentir vivante sans devoir ressentir la douleur et me dire que tout allait bien. J'avais besoin que l'on me dise que tout allait bien. Mais bien sûr, étant la plus haute gradée à bord, personne n'allait me le dire, c'était même à moi de le faire.

Tout va bien Griest, tout ira bien... Je suis toujours vivante et vous aussi. Vous avez fait ce qu'il fallait quand il le fallait, que ça soit contre l'YMIR ou sur cette foutue plage... Merci...

Non, c'est vous que je remercie, Lieutenant-Commandant. Je n'y serai pas arrivée sans vous. J'y serais sûrement restée... Et peut-être que je n'aurai pas été la seule.

Je te l'avais dit petite, la Lieutenant-Commandant est une dure à cuire.

Eh Griest la ramène pas. Putain tout le monde est vivant en plus.

Le timbre de voix autoritaire de Stroud fit taire tout le monde alors que j'étais front contre front avec Griest. Ne lâchant pas la jeune franco-écossaise des yeux, je la vis qui se calma et devint un peu plus rassurée. Je la relâchai peu après pour jeter un regard dans l'habitacle du Kodiak d'Atkinson. Mes soldats étaient certes tous en mauvais état mais chacun s'en était sorti. Stroud et Carter ainsi que Cole étonnamment étaient encore les seuls valides sans d'autres blessures que quelques coupures et ecchymoses. Anderson était inconscient, allongé sur le plancher avec Watanabe penché sur lui, mon médecin militaire également indemne. King était assise sur un siège, sa jambe blessée tendue et apparemment raide, je la vis qui grimaçait de son mal, Carter vérifiant la bonne administration du medigel à l'aide de son OmniTech. Griest était donc à côté de moi et caressait son Viper de sa main valide, l'autre étant blessée, d'un air absent. Baird comme à son habitude, même en retour de mission, râlait sur son OmniTech. Avec le temps, chacun s'était habitué à entendre ses jérémiades entre ses dents, l'on avait tous plus ou moins compris que c'était la manière du second-maître de se remettre de ce qui venait de se passer. Cole s'esclaffait des déboires de Baird, on aurait dit que rien ne pouvait atteindre le colosse noir de mon unité, comme si tout l'amusait. Tout comme Baird, je présumai que l'hilarité débordante ou même juste la positivité du sergent était sa manière d'encaisser les retours de mission. Enfin, Haver était sous la surveillance de Stroud, elle au moins aussi blessée que moi mais elle n'avait pas mangé les soubresauts d'un crash de Mantis. Mon adjudante gardait ma seconde éveillée pour éviter qu'elle ne s'endorme. Chacun regardait après l'autre en silence.

Ces combattants humains ont suivis mes ordres et ont combattus parce que je le leur avais ordonné mais aussi pour sauver leur propre vie. Tuer ou être tué, l'essence même de la guerre. Personne d'autre ne se mit à parler car mis à part Cole, l'hilarité ne domina pas à l'intérieur du Kodiak. Chacun remuait ses propres pensées par rapport à l'enfer dont on venait de s'arracher. Moi-même j'avais encore du mal à réaliser que tout le monde s'en était sorti et que les OS avaient pu accomplir leur mission. Tous ces tirs, toutes ces explosions... J'avais été entraînée, même durement éprouvée pour non seulement encaisser toutes ces perturbations sur un champ de bataille mais aussi diriger et coordonner mes soldats pour leur permettre de se battre de la meilleure des manières possible mais aussi pour les aider à rester en vie. Un mauvais commandant était plus dangereux qu'une attaque coordonnée de l'ennemi pour une unité de combat. Néanmoins, cela n'était jamais une partie de plaisir de manger un tir de barrage ainsi que des fusillades de toutes parts. Aujourd'hui encore, la mort ne me prendrait pas et j'avais encore du temps à partager avec les gens qui dépendent de moi et qui me sont chers. Nous avions eus une chance inouïe de n'avoir aucun mort. Malheureusement, mon esprit ne me laissa pas tranquille et l'image de ce jeune garçon tué de sang-froid par Sykes revint encore. Je n'avais pas pu le sauver, personne ne le pouvait et Sykes avait certainement fait ce qu'il fallait mais une part de moi-même restait convaincue qu'il y avait moyen de pouvoir épargner ce jeune homme et de le sauver. Je me remis à penser aux autres vies qui avaient été abrégées là-bas, occultant celles des mercenaires. Eux je ne m'en souciai pas du tout. Mais je ne pouvais pas laisser un tel combat entre deux parts de moi-même subsister et repenser encore aux morts comme un bleu après sa première bataille. J'étais expérimentée, je savais faire la part des choses et laisser les morts me hanter n'entrait pas en ligne de compte malgré le fait que je les laissais parfois faire dans un accès de faiblesse. Malgré tout, l'on s'en était tous sortis et l'on devait en être fier. Chaque soldat ici devait être fier de ce que nous avions accompli aujourd'hui.


- Travée de l'Attique, Nexus d'Hadès, orbite de la planète Trident
- Pont 5 du Midway, soute, zone médicale d'urgence et de décontamination

Notre arrivée à bord du vaisseau de Sykes était attendue, c'était peu dire. Le commandant avait ordonné que les équipes médicales du Midway et de l'Okinawa soient prêtes à bord de la frégate furtive pour accueillir et s'occuper des unités rescapées de l'Alliance. Pour le coup, les pertes se trouvaient surtout du côté des OS. En effet, l'un d'eux était en très mauvaise posture et inconscient depuis le début de notre opération sans compter ceux parmi eux qui étaient blessés, Sykes avait aussi parlé d'une amputation ce qui me faisait froid dans le dos. De mon côté, nos pertes avaient été moindres mais non moins importantes. Nos navettes se posèrent en douceur à bord du Midway. Lorsque les portières des Kodiaks se levèrent, la soute du Midway, identique à celle de l'Okinawa quoique moins grande, s'offrit aux soldats combattants de l'Alliance. Toujours soutenue par Stroud et Griest, j'en fus extraite en marchant mais je regardai ce que j'avais devant moi.

Toute la soute avait été tapissée de bâches sombres, même le sol était recouvert de ces bâches étranges et nos pas firent un bruit de plastique que l'on piétinait. Un éclairage inhabituel illumina la soute, légèrement aveuglant alors que l'on sortait de l'habitacle de la navette mais aucunement gênant une fois passé l'adaptation des yeux à la dite-lumière. Devant nous, des lits médicaux s'alignaient, des instruments et des appareils d'hôpital accompagnaient les lits, prêts à recevoir les soldats blessés sous la lumière étrange dressée pour l'occasion. Enfin, il y avait les équipes médicales de l'Alliance en tenue de protection anti-contamination qui vinrent immédiatement nous chercher. Ils portaient aussi des casques mais leurs visages étaient aisément reconnaissables et ma médecin de bord, Rebecca fonça sans hésiter vers moi en me soutenant aussi, prenant la place de Griest. D'autres médecins et leurs assistants vinrent auprès des autres pour les prendre en charge. La douleur, légèrement calmée dans la navette, se réveilla de plus belle lorsque je fus amenée à l'infirmerie de campagne à bord de la soute et je grimaçai sous cette sensation insupportable. Mes considérations d'ordre moral se dissipèrent de toute façon lorsque je mis un pied hors du Kodiak d'Atkinson. Pendant ma marche laborieuse jusqu'au lit désigné par Rebecca, je tournai la tête pour regarder parmi la foule des médecins et des soldats, tâchant d'y reconnaitre une tête dans le corps médical. Mes yeux tombèrent sur une femme affairée à s'occuper du blessé grave des OS en compagnie d'autres personnes et je pus donc apercevoir Sara en plein travail. Elle ne m'avait pas vu mais elle avait plus urgente à faire que de me saluer de loin. Stroud s'éclipsa pour aller se faire examiner via un scan par l'un des assistants de Rebecca tandis que cette dernière me fit m'assoir sur le lit et avec l'aide d'un autre des infirmiers, elle s'employa à retirer mon armure après un scan.

Vous avez méchamment morflé Ada... Mais vous avez eue beaucoup de chance aussi. Le poumon et l'estomac n'étaient pas loin...

J'ai fais de mon mieux... pour vous faciliter la tâche, Reb...

Faites attention avec le plastron, c'est lourd... Ça va aller Ada, c'est moins grave que je ne le pensais. Vous n'allez pas faire le debriefing en lit d'hôpital. Vous êtes au courant que la Contre-Amirale est à bord ?

Ouais elle me l'a dit elle-même... Eh, faudrait envoyer quelqu'un pour le Commandant, qu'est ce qu'il fout tout seul ?

Ouais bien vu, Ada. EH ! Allez cherchez le Commandant là-bas ! Ne le laissez pas se vider de son sang, allez !

GNNN ça fait mal putain !

Je vous avais dit de faire attention, vous avec ce plastron ! Bon... maintenant que ce truc a été viré, voyons... Déjà on n'a pas d'hémorragie, le medigel a bien agi... Mais va falloir agir. Ça va aller Ada.

Merci Reb... Il y en a d'autres aussi, occupez vous d'eux. Prenez soin d'eux Reb, ils ont tous eu une dure journée...

Ne vous inquiétez pas Ada, tout le monde ici sera pris en charge... Eh le Commandant faites gaffe là, c'est pas un vulgaire sac ! Occupez-vous en sur le lit là-bas ! ... Je m'occupe de vous d'abord Ada, allongez-vous, douuuucement...

Rebecca me fit m'allonger sur le lit et du coin de l'œil, je pus voir les fenêtres qui donnaient sur la soute depuis le pont 4 de la salle des machines. J'aperçus une silhouette qui m'était familière et je présumai que ma supérieure observait ce qui se passait dans la soute. Les soins de Rebecca m'arrachèrent un grognement de douleur avant de ressentir une onde de soulagement me traversant tout le corps.

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Dernière édition par Ada J. Raikes le Jeu 01 Fév 2018, 23:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Mer 31 Jan 2018, 14:43

N7: Expérimentations sous les tropiques
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Qu’est-ce qui était aussi voire parfois plus stressant que d’aller sur le terrain ? Entendre tout ce qui se passait sans pouvoir rien faire. Le Lieutenant se torturait l’esprit à chaque fois que la SO allait sur le terrain mais se tenait à cette habitude pour préparer aux mieux leur arrivée une fois leur mission terminée, car il se pouvait, parfois, que le temps soit leur ennemi en fonction des blessures. Alors, c’était une Sara qui tournait en rond dans le CIC, tel un animal en cage, attendant des nouvelles du sol pour agir en conséquence. La crainte de les savoir blessés la rongeait de l’intérieur alors qu’elle se montrait parfaitement stoïque. Et que c’était long vingt-deux heures sans nouvelles. Ils auraient déjà dû être rentrés au bercail. L’ouragan avait coupé les communications à peine la mission commencée. La rouquine avait attendu quelques heures avant de finir par demander à ce qu’on la tienne informée s’il y avait du nouveau.

Dès la deadline dépassée, le Midway signala l’absence de nouvelles et l’état-major envoya des renforts. Le SSV Okinawa. Leur commando avait aux commandes, le Lieutenant-Commandant Raikes. Une amie de longue date qui portait le titre de « meilleure amie » surtout après avoir vécu ce qu’elle considérait comme un enfer. Si la SO avait eu un souci pendant leur mission, Sara savait que les renforts les ramèneraient à bon port. Lorsque l’ouragan s’apaisa, ils partirent immédiatement. Le Midway n’arrivait toujours pas à communiquer avec l’équipe au sol et le temps parut encore plus long.

Somnolent dans un coin, elle se réveilla en sursaut lorsqu’elle entendit la voix de Sykes, leur faisant un bref rapport de la situation. Hochant de la tête par réflexe, elle jeta un regard à Benneth.

S’il y a une mesure NRBC, il va me falloir l’équipe de l’Okinawa et de l’aide pour tout installer.

Au vu du lieu, le risque biologique pouvait s’avérer être vrai et il était dangereux de laisser les membres du SO interagir avec le reste de l’équipage tant qu’il n’y aurait pas de confirmation de l’absence de germe. Ils seraient encore confinés plusieurs heures ce qui allait augmenter la difficulté, car il lui faudrait déplacer une grosse partie de son matériel au pont 5 pour opérer.

Ils se mirent rapidement en contact avec l’équipe médicale afin de s’organiser. Sara leur demanda de ramener du matériel puis une fois d’accord sur les mesures à prendre, elle partit faire la liste du matériel à récupérer dans l’infirmerie. Des membres du Midway, dont les rôles n’étaient pas essentiels en cas de problèmes, arrivèrent pour transporter ce qu’il y avait sur la liste. Pour faire simple, ils déménagèrent l’infirmerie au pont 5. Brancard, matériel chirurgical, désinfectant, plusieurs machines pour faire des examens, tout y passa.

Une fois au pont 5, l’installation débuta avec un espace suffisamment grand pour faire le tri entre les différents blessés, le tout coupé par des bâches qui permettaient de cloisonner les zones. Des douches étaient installées avec des rigoles pour récupérer les eaux contaminées avec en amont une zone où les deux escouades allaient se dévêtir. Une dernière zone était coupée en trois, une pour les blessés nécessitant une intervention chirurgicale, une seconde pour les blessures légères et la dernière pour la dernière catégorie. Elle avait demandé à préparer des sacs mortuaires, mais le médecin n’avait pas eu vent de mort au sein des deux équipes. Du moins, pas pour l’instant.

L’équipe médicale de l’Okinawa arriva rapidement sur le Midway après la demande spéciale du médecin. Au vu des dégâts et des risques encourus, il faudrait agir vite et de manière efficace. La possible amputation risquait de lui prendre du temps et elle refusait de laisser quelqu’un d’autre s’en occuper. Parce que c’était ses gosses et si elle pouvait se dédoubler pour pouvoir être à deux endroits en même temps, elle le ferait. Elle les accueillit au côté de l’XO qui les présenta et qui s’adressa directement à l’Amiral O’Neill pour lui donner toutes les informations et la tenir au courant des dernières nouvelles qu’ils avaient. L’état-major devait réellement craindre les retombées d’une telle situation pour la vouloir à bord.

Le médecin de l’Okinawa suivi Sara à travers la soute réaménagée pour lui présenter son équipe médicale et les différents points d’installation. Miyazaki fit plusieurs propositions pour améliorer son système et accroître son efficacité et elle l’en remercia. Elles recréèrent un environnement le plus sain possible afin d’opérer sans apporter de germes mais ce n’était pas évident dans un endroit pareil.

Une fois que tout était installé, Sara ordonna à tous ceux qui n’avait plus rien à faire de sortir de l’espace où de se vêtir des tenues pour tout risque de contamination. Et dieu qu’elle détestait ses tenues tant elles étaient étouffantes et incommodante.

Les soldats finirent par arriver sortant les uns après les autres. Les ordres fusaient pour leur indiquer le chemin. Ils devaient se dévêtir, prendre une douche et attendre dans les espaces prévus à cet effet pour recevoir des soins mais aussi pour faire des prises de sang et d’autres petits examens afin de s’assurer de leur état de santé. S’ils avaient été contaminés par une bactérie ou un virus, ils devaient le savoir rapidement. Ce seraient ces examens qui ralentiraient leur sortie. Des vivres avaient été prévus pour qu’ils puissent se nourrir.

Tous semblaient exténuer, mais Sara ne s’attarda pas longtemps sur ce détail. Elle jeta un bref coup d’œil à Sykes pour s’assurer qu’il n’avait rien de grave, chercha rapidement Ada mais malgré sa grande taille, elle ne l’aperçut pas. Brewer arriva porter par deux membres du SO. Sara leur ordonna de l’installer sur brancard. Avec Vogel, l’infirmier qui les assistait elle et Wilson, ils dévêtirent le pauvre homme pour le décontaminer avant de s’attaquer à la partie chirurgicale. Fermant les rideaux plastifiés opaques, elle scanna son bras pendant que Wilson lui poser un cathéter et prenait plusieurs tubes de sang qu’il donna à examiner.

Son bras était brûlé par endroits. L’absence d’irrigation avait lentement mais sûrement commencé à faire nécroser une partie de l’avant-bras. Elle n’avait pu voir ce qui s’était passé mais le choc avait été suffisamment violent pour couper net les artères radiales et cubitales. Un syndrome de Volkmann s’était installé. Elle pourrait essayer d’enlever la pression mais le petit avait sûrement trop forcé sur ses pouvoirs biotiques. Qu’est-ce qu’il cherchait ? À les impressionner ? Elle était furieuse et désolée à la fois.

La mâchoire crispée par la colère, Sara n’avait d’autres choix que d’amputer ce pauvre homme. Regardant son assistant, elle ordonna de sortir le matériel chirurgical. L’intervention allait être longue et délicate surtout avec ces foutus tenus. Couper les nerfs, bloquer les vaisseaux et recréer une circulation pour éviter une nouvelle gangrène, disséquer le muscle pour ne garder que le muscle sain, suturer les différentes couches musculaires et du périoste. L’intervention dura moins de deux heures, on ne pouvait entendre que les ordres calmes et calculés du médecin à la tignasse rousse, et les bruits des appareils et des monitorings. L’amputation serait haute afin de lui permettre d’obtenir une prothèse par la suite.

À côté, s’activait le second médecin qui gérait les blessures légères tandis, auscultant, scannant et agissant en fonction de la gravité pour soulager les blesser, tandis que le médecin de l’Okinawa s’occuper des blesser un peu plus lourd. Les premiers résultats apparurent et les tests étaient négatifs à tous les germes connus.

La rouquine s’assura une dernière fois que son patient dormait puis alla voir Miyazaki pour voir si tout allait bien de son côté. Elle avait fini depuis longtemps et discutait avec des membres de son vaisseau. Elle échangea quelques paroles pour être au courant de ce qu’elle avait fait puis s’arrêta non loin du lit où était le Lieutenant-Commandant Raikes.

T’es increvable, Ada, dit-elle un sourire aux lèvres en checkant son omnitech et regarder les résultats de sa prise de sang. Du sang perdu mais elle s’en remettra. Elle était entre de bonnes mains et cela l’a rassurée. Merci de me les avoir ramenés. Je passe te voir plus tard, j’ai encore à faire.

Sara passa voir les différents blessés et termina par son vieil ami allongé sur un brancard. S’asseyant sur le côté, elle attendit qu’il y ait un léger stimulus sur son visage pour parler.

On se réveille Commandant. Vous dormirez quand vous serez mort, lança-t-elle en vérifiant les scanners et les bilans biologiques, puis s’assurant de son état de conscience elle continua : La prochaine fois que tu as une mission sur une planète avec des ouragans, je te tue avant d’accord ?

Elle lui adressa un sourire avant de reprendre sérieusement pour parler de l’état d’un des membres de la mission mais de sorte que lui seul puisse l’entendre.

L’intervention sur Brewer s’est bien passé, il est sédaté pour l’instant mais son avenir au sein de ton escouade est limité si ce n’est pas terminé. J’ai fait en sorte qu’il puisse obtenir une prothèse lorsqu’il aura cicatrisé.

Il sera arrêté pour les six prochains mois, au minimum mais cela, Sykes l’apprendra plus tard. Le temps de cicatrisation, de rééducation et des différentes évaluations psychologiques, le jeune caporal risquait d’être mis sur le banc de touche pendant un moment. Voyant qu’elle avait reçu les derniers résultats des prises de sang faites sur les deux escouades, elle se leva et s’adressa à tout le monde.

Les analyses sont terminées et la quarantaine aussi. Vous êtes clean. Sortez d’ici et allez-vous reposer, vous l’avez bien mérité.

Le briefing attendrait leur arrivée à la station. Une sorte de soulagement traversa le pont. Otant le haut de sa combinaison colorée, elle rêvait de prendre, en cet instant, une douche mais elle savait d’avance, que les prochaines heures qu’elle allait passer serait au chevet de Scott, à attendre qu’il se réveille afin qu’il ne se réveille pas seul.

La rouquine discuta avec le médecin de l’Okinawa et d’un commun accord décidèrent de garder tous les blessés à bord du Midway jusqu’à ce qu’ils arrivent à la station. Le pont se vida lentement, tandis que l’équipe médicale ramenait les blessés dans l’infirmerie. Une fois le pont libéré des installations mis en place pour la quarantaine, Sara libéra Vogel et Wilson puis s’installa sur une chaise à côté du lit du caporal et entama une lecture comme elle l’avait toujours fait depuis qu’elle connaissait Sykes et que l’état du patient nécessitait sa présence.






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MessageSujet: Re: N7: Expérimentations sous les tropiques   Lun 12 Fév 2018, 23:09

La douce étreinte du sommeil, ou peut-être de l’inconscience, avait de peu manquée de l’emporter. Après une mission aussi longue qu’intense dans son déroulement, le Commandant ne demandait qu’à se reposer. Les multiples tirs et explosions encaissés par son unité durant cette journée n’aidaient pas à combattre cette envie, encore que tous s’en sortaient mieux qu’on avait pu l’espérer en premier lieu. C’est d’ailleurs ce fait, illustré par les propos de son amie venue s’enquérir de son état, qui ramenèrent le soldat à ouvrir les yeux. En dépit d’un mal de crâne extrêmement violent, souvenir de l’explosion qui avait ruinée son casque, lui-même s’en sortait bien. Quelques côtés cassées ou fêlées par-ci par-là se faisaient aussi ressentir lorsqu’il respirait de façon trop appuyée sous le coup de l’épuisement, mais rien de bien insurmontable.

- « Qu’est-ce que j’y peux ? Je préfère encore affronter un ouragan que ta colère… Ou tes petits plats… »
se permit même de répondre entre deux quintes de toux le N7 passablement épuisé, un sourire aux lèvres à l’attention de sa toubib et petit sœur de substitution.

Son état lui épargna heureusement toute forme de représailles – sur l’instant – si bien qu’une fois pris en charge, il ne s’attarda pas plus que nécessaire au sein de la soute. Ses multiples contusions et fractures bénignes furent traitées en express, lui permettant de rejoindre les ponts supérieurs sans trainer. S’attarder auprès de ses hommes ne pourrait de toute façon pas être d’un grand secours dans l’immédiat, pas même auprès de Scott toujours sous sédation. Il avait encore un rapport à faire auprès du Conseil de Défense par le biais de l’ansible embarquée, ainsi que le devoir de s’assurer que toutes les mesures avaient été correctement prises pour prendre en charge le prototype et garantir une arrivée rapide au sein de la Bulle Locale.

Vêtu de l’habituel uniforme de service courant au sein de la Marine, Sykes ne tint pas une seconde compte des multiples regards étonnés ou curieux qui suivirent sa progression au sein des coursives si souvent arpentées par le maitre à bord. Il faut dire que les longues heures de silences, seulement entrecoupées de rapport diffus et inquiétants, n’avaient pas aidé à détendre l’atmosphère à bord. Et même si tous remerciaient le ciel du retour de leurs camarades, certaines questions et rumeurs ne manqueraient pas de circuler pendant quelques jours après un tel rodéo…

***

10 heures venaient de passer, mais le repos n’avait pas spécialement été un compagnon fidèle pour le Commandant. Au lieu de ça, après une entrevue rapide mais intense avec Vancouver, l’officier se retrouva cantonné à la seule option envisageable : prendre du repos... ordre du médecin… Merci Sara !

Hélas, comme rapporté par le narrateur de cette histoire, le sommeil ne trouva que de façon très anecdotique ce bon vieil Alec. Au lieu de cela, c’est un homme aux traits tirés qui accueillit Raikes en salle de briefing, sa supérieure directe étant encore retenue pour quelques minutes au sein du CiC tout proche. Similaire à celle de son illustre ancêtre le Normandy SR-2 par ses proportions et son aménagement, la pièce était totalement vide à l’exception du duo d’officiers. Une imposante et longue table de bois massif les séparait. Au-dessus flottait les projections holographiques de deux corps célestes : d’un côté on devinait les relevés orbitaux d’une sonde lâchée en orbite de Trident par le Midway juste après le bombardement. De l’autre, le profil allongé de la station Gagarine et son anneau supérieur virevoltaient tandis que le N7 lui tournait le dos. Son regard se perdait à admirer les volutes bleutées et chaotiques du vol en SLM, que laissaient deviner les hublots de l’endroit.

- « Le Midway et son équipage vous remercient pour votre assistance Lieutenant-Commandant. Sans votre arrivée, nous extraire de ce complexe aurait pu s’avérer bien plus critique et coûteux que le résultat auquel nous sommes parvenus aujourd’hui… Le Conseil de Défense est satisfait. Quant à Brewer, il est certes le moins chanceux d’entre nous, mais il va s’en sortir. Je m’arrangerais pour qu’on lui trouve une place de choix comme instructeur à Grissom ou au sein de la Division Biotique le temps que le processus de clonage permette de remplacer son bras… Quant à vous, vous rejoindrez votre appareil sitôt arrivée sur la station Gagarine. Et une fois les multiples séances de débriefing terminées. Ce qui devrait prendre tout au plus… Quelques jours…» lâcha-t-il d’un air pensif en réfléchissant à ce qui les attendait tous.

On ne ressortait pas d’une mission aussi sensible sans subir l’habituel lot d’entrevues avec plusieurs experts psychiatres et officiers du renseignement. Les uns devaient s’assurer de la santé mentale des rescapés, tandis que les seconds chercheraient à obtenir le maximum d’informations sur le déroulement de l’opération. Analyse des décisions de chacun, récit des combats, témoignages sur la nature des lieux et récit de tout ce qui pourrait être utile à mieux cerner l’ennemi et le degré d’avancement/dangerosité de ses ressources, recherches et personnels… Voilà qui serait leur quotidien à tous pour les prochains jours.

Pas vraiment la récompense que l’on espère après une telle épreuve, mais la dure réalité d’une vie au sein de l’Alliance ne devait plus vraiment les étonner…

- « Je sais et suis conscient que certains choses dont vous avez pu être le témoin au cours de cette journée ne font certainement pas partie de vos… convictions… Mais sachez que nous n’agissons pas par simple soif de sang ou besoin d’appliquer une justice expéditive et libératrice… Cette mission… était et reste une sale affaire. L’Alliance ne pouvait se permettre de voir certaines choses s’ébruiter, disparaitre oui fuiter. En particulier concernant la nature des travaux de ce complexe. » déclara-t-il cette fois d’un ton plus posé.

Le tout devait même en être troublant d’une certaine façon. Qu’il évoque les exactions commises ces dernières heures avec un calme aussi plat relevait sans doute de l’étonnement, voire du glauque suivant la nature de ceux qui pourraient être amenés à entendre son discours.

- « Pourtant, vous avez fait preuve de discernement et choisi de ne pas contester les ordres que je vous donnais, quitte à rabrouer vos hommes à ce propos... Le patriote moyen s’abriterait derrière le fait qu’un ‘soldat se contente d’obéir aux ordres’, mais je pense qu’il y a plus que ça… Vous m’avez évité l’option de mettre aux arrêts un élément récalcitrant, et sachez que j’apprécie. »

Visiblement honnête, le Commandant se retourna en direction de celle de quelques années la cadette pour lui adresser ce qui ressemblait à une grimace de reconnaissance. La fatigue se lisait sur son visage et sa façon de parler/d’être, mais il n’en restait pas moins étonnement éveillé lorsqu’il s’agissait d’évoquer des faits et de les analyser.

Sykes fit ainsi quelques pas pour s’arracher à la vision contemplatrice du vide de l’espace défilant à une vitesse superluminique pour s’appuyer de ses deux mains sur la table les séparant. Il laissa planer un silence pesant entre eux, comme pour trouver ses prochains mots et laisser à son homologue le temps d’encaisser ce qu’il venait de lui déclarer, avant de poursuivre. Ce qu’il avait à dire était peut-être le sujet le plus crucial de leur entrevue. Et sensible…

Toutefois, n’étant pas homme à mâcher ses mots, Alec enchaina sans hésitation aucune, décidé à évoquer son feedback sur leur coopération. Aidé en cela par les retours faits par ses propres hommes, à commencer par Ziegler qui avait passé le plus de temps avec l’officier en charge de l’Okinawa, il fit au mieux pour résumer le tout de façon succincte.

- « Votre unité et vous avez du potentiel Raikes, peut-être même celui de décrocher le sigle sur votre armure… Mais si je dois me permettre une analyse sur cette mission… Vos hommes doivent encore gagner en cohésion et discipline. Se fendre d’un commentaire sur chaque fait du champ de bataille, votre pilote qui balance sa musique en pleine opération de récupération sur les fréquences radio… Votre équipe est jeune et certes moins expérimentée que mon commando, et je ne vous dit pas d’en faire des machines de guerre inexpressives. Mais en travaillant ces points, vous gagneriez assez en efficacité pour vous hisser en tête de votre flottille… ça et… Pensez à vous munir d’un casque sur le terrain. Ça pourrait vous sauver la mise à plus d’un titre à l’avenir… »

Il avait lâché le tout sans même sourciller ou en se montrant hostile. Il s’agissait là de véritables conseils, encore qu’il n’adopta pas un registre moralisateur, s’en tenant au strict minimum de l’échange protocolaire. S’ils n’avaient que quelques instants pour échanger entre eux avant l’arrivée d’O'neill, autant que cela leur soit utile. A l’un, comme à l’autre…


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N7: Expérimentations sous les tropiques

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