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 Henry Wuornos

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Messages : 11
Crédits : K. Callaghan

MessageSujet: Henry Wuornos   Dim 10 Sep 2017, 00:12
Registre Galactique des espèces
HENRY WUORNOS

Informations primaires

Sexe : Masculin
Espèce : Humain
Âge : 34 ans
Faction : Alliance
Poste / Grade : Sergent-chef sur le SSV Guadalcanal
Parenté : Howard Wuornos (père – décédé) / Abigail Wuornos, née Sullivan (mère – en vie) / William Wuornos (frère – en vie) / Julie Wuornos, née Simons (belle-sœur – en vie) / Thomas Wuornos (neveu – en vie) / Hal Sullivan (oncle – décédé)
Situation maritale : Célibataire
Planète d'origine : Lowell City - Mars


Histoire



La tension était à son comble. C'était comme si le temps venait de s'arrêter. Comme si les filtres à air dispersés à intervalle régulier le long des murs du couloir de la clinique retenaient soudain leur souffle. Pourtant ils continuaient à bourdonner doucement. Un son léger qui se fondait dans celui des néons. Un imperceptible bruissement devenu inaudible pour les Martiens, habitués à vivre dans l'air constamment recyclé des installations humaines. L'homme assis sur l'une des chaises alignées devant les portes des différentes salles était penché en avant. Il avait les coudes fermement plantés dans ses genoux, et le menton appuyé sur ses mains légèrement tremblantes. Le sourd claquement du talon de sa chaussure droite battant le sol accompagnait le concert des néons, de la ventilation, et des quelques annonces effectuées par le personnel de la clinique dans les hauts-parleurs. Puis soudain, un bruissement pneumatique rompit le silence. Dans l'encadrement de la porte, la silhouette d'une infirmière se découpait dans la lumière pâle venant de l'intérieur de la pièce. L'homme assis se redressa pour examiner le visage fatigué de la femme qui se tenait face à lui. Elle était plus jeune que lui, mais sa voix trahissait toutes les heures passées à rassurer des patients et des familles.

" Lieutenant Wuornos ? Howard Wuornos ? "

L'incertitude clairement affichée sur le visage de l'infirmière malgré son sourire se mua en soulagement lorsque l'homme se leva en acquiesçant, sans qu'elle n'ait besoin de vérifier de nouveau le nom sur sa tablette. Le Lieutenant Wuornos semblait encore plus inquiet et pâle que lorsqu'il était encore assis, quelques secondes plus tôt. Mais il suivit l'infirmière sans un mot, tandis qu'elle tournait les talons pour retourner dans la salle d'où elle venait.

À l'intérieur, tout était d'un blanc immaculé. Sur la droite, seule une table en acier et un évier contrastaient de leur teinte grise. Sur la table étaient disposés des boîtes de gants et du petit matériel médical divers, selon une organisation parfaitement maîtrisée. Au fond du sas se trouvait une porte sur laquelle un écriteau en plusieurs langues interdisait l'accès à toute personne ne faisant pas partie du personnel médical. C'est donc sans surprise qu'un médecin en sortit, pour venir se laver longuement les mains dans l'évier, avant d'en tendre une à Howard. Ce dernier la serra fermement en restant silencieux, retenant sa respiration. Il n'osait même pas tourner la tête sur sa gauche, là où une baie vitrée donnait vue sur le bloc opératoire. Dès lors, c'est le médecin qui, un peu gêné, prit la parole.

" Votre femme se porte bien. Elle est très fatiguée et nous allons l'emmener dans sa chambre pour qu'elle se repose. Mais avant cela je pensais que vous voudriez voir votre fils. "


Le Lieutenant hocha vivement la tête, serrant les dents pour retenir les quelques larmes qui commençaient à lui monter aux yeux. Le médecin leva un bras en direction de la vitre, invitant le père à observer ce qu'il se passait de l'autre côté. Il ne se fit pas prier et fit un pas en direction de la fenêtre, plissant un peu les yeux pour se débarrasser du reflet des néons.

Dans le bloc, une équipe médicale s'activait pour nettoyer la salle et déplacer Abigail Wuornos afin de la reconduire dans sa chambre. Sur la gauche, l'un des infirmiers tenait dans ses mains l'enfant qui venait de naître. Howard soupira de soulagement et respira profondément en observant le ballet de l'équipe médicale qui s'affairait derrière la baie vitrée. Seule la voix du médecin fut en mesure de détourner son attention.

" Mira va vous reconduire dans la chambre de votre femme. Nous vous amènerons votre fils après une série d'examens complémentaires. Je n'ai qu'une dernière formalité à vous demander. "

Le médecin tendit une tablette au militaire, qui la prit dans ses deux mains pour consulter le contenu affiché. Parmi de nombreuses données pré-remplies, les cases Prénom et Signature ressortaient en surbrillance. Howard hésita un moment, se remémorant les longs débats qu'il avait eu avec sa femme au sujet du prénom de leur second fils. Finalement, il écrivit Henry, apposa sa signature ainsi que son empreinte, et rendit la tablette au médecin, avant de quitter le sas à la suite de l'infirmière prénommée Mira.



On a tous connu ces moments où notre mère nous engueule et où on lui demande de ne pas nous crier dessus. En général, elle nous répond qu'elle ne crie pas, mais qu'elle parle fort. Eh bien c'était un peu un de ces instants magiques en famille que je vivais. Sauf que ce n'était pas moi à qui on passait un savon. J'étais dans ma chambre et j'entendais mon père ruminer alors que ma mère partait de plus en plus dans les aigus.

" Dis-lui quelque chose, Howard ! Il refuse de m'écouter, et toi tu restes tranquillement assis dans ton fauteuil ! "

" Tu le connais presque mieux que moi, chérie. Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ? De ne pas faire ce qui lui plaît ? Mon père était aussi dans la Marine et il ne m'a pas empêché de m'engager. Au contraire. Maintenant s'il te plaît arrête de me hurler dessus. Je voudrais bien profiter de mes quelques jours avec vous sans dispute. "

" Je ne crie pas, je parle fort ! Et je ne sais pas si tu te rends compte mais ton cher fils veut faire ses bagages et descendre sur Terre pour s'engager dans l'armée ! Si tu veux profiter de lui, dis-lui de choisir un métier où il ne risque pas sa vie tous les jours ! Il y a plein de travail ici, sur Mars ! Il pourrait... je ne sais pas... étudier les technologies trouvées ici. Ou cultiver des salades. Peu importe. Mais juste... pas ça. "

Ma mère semblait s'être un peu calmée après ces paroles, parce que je n'ai pas entendu la suite de la conversation. Mais l'avantage était que je pouvais reprendre ma lecture. Il n'y a pas grand-chose à faire sur Mars à part s'instruire. Je ne pouvais pas vraiment sortir dehors comme le font les enfants sur Terre. D'une part parce que ma mère est une vraie mère-poule, et d'autre part parce que l'importance stratégique de Mars en a fait un endroit très fortement militarisé. Il ne faudrait pas que toute cette technologie prothéenne tombe entre de mauvaises mains...

À la différence de mon frère, je ne comptais pas m'engager dans l'armée. À force de croiser des militaires j'en avais assez de cet univers très formel. Mon frère aîné, William, lui c'était tout le contraire. Il était fasciné par tout ça. Les uniformes, les valeurs de l'armée. De mon côté je regardais les vaisseaux par la fenêtre, mais l'équipage ne m'intéressait pas. À nous deux, on représentait assez bien la population de Mars. Des cerveaux et des muscles. Malheureusement mon père n'était pas de cet avis et nous racontait en douce quelques exploits militaires plus ou moins récents. Quand j'étais plus jeune, il n'y avait pas un soir où mon père, quand il n'était pas en mission, ne me contait pas de grandes épopées d'exploration spatiale pour m'aider à m'endormir. Tout ça c'était avant qu'il ne rapporte des brochures vantant les mérites de la Marine concilienne. Ça avait de quoi énerver ma mère. Et honnêtement je la comprenais. Tout en comprenant aussi comment tout le monde devenait soudain militaire dans ma famille depuis plusieurs générations. S'ils avaient tous cette méthode, ça n'avait rien d'étonnant. Et bien qu'à l'époque cette dispute au sujet du départ de mon frère m'avait agacé, avec le recul je suis bien content d'avoir eu une famille de militaires à l'époque. C'est sans doute un peu morbide comme pensée. Mais la guerre nous pousse à faire des choses bien peu morales. Et à en penser tout autant.



S'il y a bien une chose que j'ai toujours détestée, ce sont les adieux. Ou ne serait-ce que les au revoir. Ça vient sans doute du fait que j'ai toujours lu énormément. À la fin d'un bon livre, on ressent une profonde tristesse. On sait que c'est terminé. Que l'on ne retrouvera plus jamais ces personnages que l'on a accompagné durant leurs aventures. Pourtant certains feraient presque partie de la famille. Si bien que je suis bien incapable de dire au revoir à mon propre père. À mon propre frère. Quelque chose de grave était en train de se passer. Et on refusait de me dire quoi. Je ne sais pas si c'est parce que je n'avais pas le droit d'en apprendre plus, ou à cause de mon refus d'entrer dans la Marine de l'Alliance. Mon père était devenu froid avec moi depuis que je lui avais dit que je n'étais pas intéressé par tout ça. Et pourtant j'ai eu droit aux beaux discours sur le fait de représenter l'espèce humaine dans la galaxie et bla et bla et bla. Certes c'est une idée intéressante. Mais à quel prix ? Passer ma vie à obéir à des gens qui me crient dessus, et les respecter pour ça, ce n'était pas vraiment dans mes priorités. Je préférais encore cultiver des salades. Cependant, même ça je n'en ai pas eu l'occasion.

" Tu m'écoutes, Henry ? Sois sage et prends soin de ta mère. Aide-la, et fais tout ce qu'elle te demande. Même chose avec ton oncle. "

La voix de mon père me fit sortir de ma torpeur. Je détestais vraiment ça. Le voir en uniforme. Avec mon frère qui essayait tant bien que mal de consoler ma mère, dont les larmes coulaient sur son propre uniforme neuf. Aucun de nous quatre n'avait envie de se séparer. De quitter Mars. Je ne comprenais pas pour quelle raison on s'infligeait ça. Alors je hochai simplement la tête, évitant soigneusement de croiser le regard de mon père. Je ne sais pas ce qui me faisait le plus peur. Retrouver dans ses yeux la déception de ne pas me voir à ses côtés ? Ou bien voir à quel point il était inquiet. Pas seulement pour ma mère. Mais aussi pour moi. J'avais l'impression de le décevoir depuis plusieurs années déjà, et pourtant en cet instant je sentais que quelque chose était différent. Comme s'il avait besoin de moi. Alors je tâchai de faire bonne figure, jusqu'à ce que nous nous installions, ma mère et moi, dans une navette en direction de la station Omega.

Omega n'est pas l'endroit le mieux fréquenté de la galaxie. Mais c'est là que vivait mon oncle Hal. Le frère de ma mère. Il avait un petit atelier de mécanique et passait ses journées à bidouiller des appareils qui allaient du simple pad au vaisseau cargo. Il avait beaucoup de travail et s'endormait souvent dans son arrière-boutique. Pas le temps pour une vie de famille. Malgré tout, il se libérait volontiers pour ma mère. Si bien qu'à notre arrivée sur Omega, il nous attendait sur les docks. Je ne l'avais jamais vu en vrai. Il était à peu près aussi grand que moi, et ne ressemblait pas du tout à ma mère. Que ce soit ses cheveux blonds, ses yeux verts, ou encore ses vêtements crasseux, alors que ma mère portait toujours des couleurs vives. Surtout quand elle déprimait. Si bien que lors de notre débarquement, tout le monde la remarquait dans sa robe orange fluo. Tandis que moi, je me faisais discret, admirant la station tout en essayant d'empêcher mon déjeuner de finir par terre. Je n'avais pas l'habitude des voyages dans l'espace, et mon estomac me le faisait bien comprendre.

" Eh bien, mon grand, on dirait que mes écrans sont mal réglés. Tu parais moins vert en vidéo ! "

Ma mère sourit à cette blague de son frère aîné pour m'accueillir, tandis que lui s'était mis à rire à gorge déployée. Du moins jusqu'à ce que je vomisse sur ses bottes.



Sur Omega, on a eu la chance de ne pas être touché directement par la guerre. Néanmoins, ses effets se sont faits ressentir dans toute la station. Les gens baissaient les yeux. Il chuchotaient. Tout le monde se demandait non pas si Omega allait être attaquée, mais quand. Et lorsque ce jour arriva, la seule surprise a été l'identité de l'envahisseur. La prise de la station par Cerberus avait laissé des traces à la fois dans les murs et dans l'esprit de tout le monde. Il n'y avait personne qui ne connaissait pas quelqu'un qui avait été directement frappé par ces événements. Même ma mère avait changé, alors que nous faisions profil bas, évitant de croiser le regard des hommes qui avaient pris toute la station en otage. Ses cheveux avaient rapidement viré au gris. Toute la fatigue du monde s'accumulait sous ses yeux. Elle restait cloîtrée chez nous, à prier pour mon père et mon frère. Sans doute pour nous aussi, tout particulièrement suite aux violents affrontements qui ont permis la libération de la station. Et moi, dans tout ça, je n'avais pas supporté cette situation bien longtemps. Si bien que malgré les événements, j'avais décidé de travailler avec mon oncle dans son atelier. Ça me permettait de me changer les idées, et d'aider à nous nourrir tous les trois tant bien que mal. Pendant que je m'occupais des réparations officielles, Hal tenait la partie plus officieuse du boulot. Pour les clients qui glissaient quelques billets sous le comptoir. Puis petit à petit, on a alterné. Et ce jusqu'à la fin de la guerre. Avec le retour de mon père et de mon frère à Lowell City, il était certain que nous n'allions pas restés sur Omega. Sans compter que nous y avions des souvenirs que, d'un accord tacite, nous nous étions interdits d'évoquer entre nous. Et alors que je pensais que ma mère allait me parler de notre retour sur Mars, ce ne fut pas le cas.

J'étais penché sur des soudures, le front en sueur, quand Hal entra dans l'arrière-boutique. Par habitude, je n'ai pas levé la tête. Je savais qu'il passait simplement prendre du matériel avant de retourner auprès des clients qui l'attendaient. Mais quand il se racla la gorge pour signaler sa présence, j'ai bien été obligé d'abandonner mon travail et de me redresser. J'en profitai pour m'étirer un peu sur ma chaise, aussi confortable qu'une caisse en bois, après avoir posé mon fer à souder. Puis je me retournai pour faire face à mon oncle. Il affichait un air si sérieux que même les traces de mes lunettes de protection autour de mes yeux ne parvinrent pas à lui arracher un sourire. Il se força tout de même à croiser mon regard tandis qu'il tirait une chaise qui grinça lourdement au sol pour s'asseoir dessus. Je reculai dans mon propre siège, fronçant les sourcils.

" Qu'est-ce qui se passe ? "

Pas de réponse. Il se contenta de me tendre un document. Un peu hésitant, je regardai d'abord tour à tour ses mains et son visage, essayant de décrypter la situation. Cependant, pour ce faire je dû me saisir de sa tablette et lire le message qui était affiché dessus. A priori, des centres de formations sur Terre cherchaient à recruter des étudiants. Il fallait former vite et bien une main d'œuvre qualifiée pour se relever au plus vite des ravages de la guerre. Je ne compris pas tout de suite pourquoi Hal me montrait ça.

" J'ai pensé à toi. Et on en a discuté ta mère et moi. On pense que tu devrais y aller. "

" Et si je ne veux pas ? Je suis bien ici, à t'aider avec ton atelier. Qu'est-ce que j'irais faire sur Terre, entouré de militaires ? J'ai déjà connu ça assez longtemps, tu crois pas ? À Lowell, puis... ici. "

" Je sais, Henry, je sais. J'étais là moi aussi et... ce n'est pas la peine d'en reparler. "

Le silence s'installa de nouveau dans la petite pièce, nous plongeant, mon oncle et moi, dans des souvenirs que nous préférions enfouir et oublier. Le tout accompagné de la douce musique incessante de la ventilation, dont le filtre à air devrait bientôt être changé, à en juger par le léger grincement émis au niveau de la grille d'aération.

" Tu te souviens quand je t'ai emmené réparer un vaisseau sur les docks pour la première fois ? Tu étais fasciné. Et je sais que tu l'es encore. C'est triste à dire en un sens, mais la guerre t'a offert la chance de ne pas passer ta vie ici. Ce n'est pas un endroit pour toi. J'aurais bien aimé pouvoir en dire autant. "

" Je n'ai pas dit que ce n'était pas tentant. C'est juste que... "

" On t'a déjà inscrit. "

Il ne m'en fallait pas plus. Je n'avais aucun argument pour ne pas profiter de cette occasion. Ce qui me faisait peur, en réalité, c'était la Terre. Non pas tant parce qu'elle est bien différente de Mars. Mais surtout parce qu'après ce qui s'était passé, tout devait avoir changé. Comme sur Omega. Encore pire que sur Omega. Si bien que j'en avais la boule au ventre. Et ce sentiment, je l'ai gardé jusque dans la navette qui nous conduisait, ma mère et moi, dans notre bulle locale. Elle retournait sur Mars, auprès de mon frère et de mon père, alors que moi je continuais ma route en direction du berceau de l'humanité.



Malgré les ruines, la destruction et le chaos provoqués par les Moissonneurs, la Terre parvenait à rester une planète magnifique au charme incomparable. Du moins de mon point de vue. Après tout, je n'avais connu jusqu'à lors que des espaces confinés, tels que Lowell City ou la station Omega. Me retrouver à l'air libre m'avait, au début, donné le tournis. Mais petit à petit je m'étais habitué à la gravité naturelle de la Terre, à ses grands espaces, et à la présence militaire grandement renforcée autour de moi. Même durant mes études d'ingénierie spatiale, mes professeurs étaient issus, pour la plupart, de l'armée. Et aujourd'hui encore, trois ans après la fin de mon cursus, je me retrouvai seul devant une table, dans une pièce sombre, stressant comme jamais devant une feuille blanche faiblement éclairée par un néon bourdonnant. La femme assise devant moi, quant à elle, restait stoïque, bien calée dans son siège, en me fixant comme si elle voulait fouiller dans les tréfonds de mon âme. Et c'est précisément ce qu'elle cherchait à faire.

" Monsieur Wuornos. Henry. J'ai besoin que vous m'expliquiez. Votre père et votre frère ont servi dans la Marine de l'Alliance pendant la guerre. Il y a trois ans, vous êtes sorti diplômé de votre école avec les félicitations du jury. Votre spécialité en ingénierie en gravité nulle vous a offert un poste hautement qualifié sur les chantiers navals de Terra Nova. Et pourtant, vous voilà ici, avec moi, dans cette pièce. "

En fin de compte, cette femme me faisait plus flipper que mes examens de fin d'année. Mais je la regardai à peine. Mes yeux étaient rivés sur son acolyte, un Turien posté sur la droite de mon interlocutrice, se tenant dos à la porte de la pièce, droit comme un piquet, les mains croisées derrière lui, le regard sévère. S'il n'avait pas été là, j'aurais certainement répondu à la femme par une blague. Cependant, j'avais peur de m'en prendre une. Ce que cette mystérieuse femme remarqua sans doute. Alors, d'un signe de tête, elle invita son partenaire à quitter la pièce, nous laissant vraiment seuls, elle et moi.

" Je ne suis pas votre ennemie, Henry. Bien au contraire. Je pense vraiment que vous avez un dossier formidable, et que l'Alliance a de la chance de vous compter dans ses rangs, et non dans ceux des terroristes qui gangrènent notre galaxie. Vous êtes... "

" Oh ça va, je sais ce que vous essayez de faire. Passez tout de suite à la partie où vous me dites ce que j'ai fait de mal, plutôt que d'essayer de me soudoyer avec vos pseudo-histoires de patriotisme et de nation reconnaissante. "

Je dois dire que pour le coup, je me surprenais moi-même. Ce qui m'énervait, en réalité, ce n'était pas tant son interrogatoire que ma présence ici, menotté autant aux poignets qu'aux chevilles. Comme si j'allais tenter quoi que ce fût alors que de l'autre côté de la porte se tenaient des flics et un Turien de deux mètres dix au bas mot, tous prêts à me mettre par terre en me fracturant quelques os au passage. Dans cette situation, je n'avais qu'une envie, c'était d'en finir au plus vite. Et la femme devant moi sembla adhérer à cette idée, car elle ouvrit un dossier sur le pad qu'elle avait devant elle.

En première page, je pu voir ce qui ressemblait au résumé de ma propre vie. Les deux pages suivantes étaient consacrées à ma famille. Cette femme avait retenu tout ça à la perfection, sans montrer le moindre signe de doute en m'en parlant. Et elle avait encore des choses à me dire, vu le nombre de pages qu'elle tournait. Je pouvais y voir des photos de pièces détachées de vaisseau. Certaines en gros plan avec des repères tout autour. D'autres en miniatures floues dans le coin d'une plus grande image sur laquelle j'étais présent, avec deux ou trois autres personnes. L'armée avait vraiment des yeux partout. Mais la femme en face de moi tourna encore quelques pages, s'arrêtant sur le portrait d'un Krogan borgne et balafré sur le côté droit de son visage. Elle tourna la photo et la poussa dans ma direction.

" Cet homme s'appelle Gildgoth Kerlan. D'après nos informations, il serait l'un des plus importants fournisseurs de vaisseaux volés de la nébuleuse d'Omega. Les pirates viennent le voir pour vendre leurs appareils. Et des organisations terroristes les lui rachètent après modifications pour transporter des personnes et du matériel à travers la galaxie. Ainsi il serait indirectement responsable de la mort de centaines de personnes. "

" Euh... D'accord. Et qu'est-ce que j'ai à voir avec votre Gigot Machin-Chose ? "

" Nos services ont pu tracer certaines des pièces utilisées jusqu'à Terra Nova. Et certains de vos clients sont plus bavards que vous ne le pensiez sans doute. "

" Attendez, donc si je comprends bien vous voulez m'envoyer en prison en m'accusant de terrorisme pour avoir revendu quelques câbles et deux ampoules tombés d'un cargo ? "

" Non. Ça c'est ce que les gens à l'extérieur de cette pièce veulent faire. Moi, je vous propose juste de me donner les noms de tous vos clients sur Terra Nova, et de ceux de votre oncle sur Omega, en échange de votre liberté. Après tout, comme vous dites, vous n'avez fait que ramasser quelques câbles et deux ampoules tombés d'un cargo. "

Je ne sais pas ce qui m'a convaincu. Notre complicité qu'elle simulait à la perfection, ou bien son sourire rassurant ? Dans les deux cas, nous savions tous les deux que j'étais coincé. Mes activités sur le marché noir d'Omega me rattrapaient. Et mes mauvaises habitudes m'ayant suivi, j'avais pensé que je pouvais continuer à faire la même chose sur Terra Nova. C'était la pire idée que j'avais jamais eu. Et pourtant, je parle d'un homme capable de manipuler des outils tranchants dans une gravité nulle, alors qu'à tout moment il peut y avoir un accident. Malgré ça, cette femme m'impressionnait. Alors je me suis contenté de soupirer et d'écrire tous les noms que j'avais en tête. Deux jours plus tard, je sortais libre, avec une simple peine de travaux d'intérêt général à effectuer sur les chantiers où l'on m'enverrait. Je n'ai jamais su le nom de cette femme, néanmoins une chose était sûre, elle avait le talent et le pouvoir. J'en ai encore des frissons.



Après la livraison d'un vaisseau en mars 2196, j'avais fait mes valises pour Omega. Je voulais passer un peu de temps avec mon oncle, histoire de changer un peu de mes allers-retours entre Lowell et Terra Nova. La station avait bien changé depuis la dernière fois que j'étais venu. Une certaine tension régnait, et même mon oncle, qui avait fréquenté des gens plus que louches en toute décontraction, commençait à se méfier de tout le monde. En un sens, il avait déjà commencé quelques années plus tôt, lorsqu'un mystérieux message lui avait fourni la liste de tous ses clients au marché noir, en l'informant que son nom risquait d'apparaître s'il ne cessait pas ses activités parallèles. Je m'en voulais un peu à ce sujet, mais j'étais contraint de faire comme si je n'étais au courant de rien. Ça valait mieux pour tout le monde. Et un peu moins d'un an après mon arrivée, ce qui valait mieux pour tous, c'était de quitter Omega. Les tensions étaient à leur comble et il aurait suffit d'une simple étincelle pour faire exploser la bonbonne de gaz qu'était devenue la station. J'avais passé le nouvel an terrien avec Hal, et j'essayais de le convaincre de prendre une navette avec moi pour s'installer avec mes parents sur Mars. Mais je me heurtai à chaque fois au même mur.

" Je deviens trop vieux pour voyager sur d'aussi longues distances. Tout ira bien, ça va se calmer, ne t'en fais pas pour moi. "

Comme si c'était le genre de discours capable de rassurer quelqu'un. Ainsi, j'avais émis le souhait de rester un peu plus longtemps sur Omega. Histoire d'aider mon oncle, et de lui éviter des problèmes. Cependant, les choses ne se passent jamais vraiment comme on le souhaiterait.

Il était environ quatre heures du matin quand mon réveil sonna. Je tapai dessus pour l'éteindre. Mais il ne voulait rien entendre. Sa sonnerie stridente continuait à retentir dans ma chambre. C'est seulement quand je lui ai lancé mon oreiller dessus que je me suis rendu compte que l'alarme venait de mon terminal personnel. Me redressant sur mon lit, je me suis assis au bord, prenant l'appareil dans mes mains en plissant les yeux pour tenter de voir quel imbécile pouvait bien m'appeler à cette heure tardive. Mon frère. Évidemment. Je soupirai en prenant l'appel.

" Sérieusement t'as rien d'autre à foutre que de m'appeler en plein milieu de la nuit ? "

" Je sais, je suis désolé, mais c'est important. "


" Quoi ? "

" C'est papa. Il est... "

Il faisait beau ce jour-là. L'air était frais, mais seuls quelques fins nuages osaient s'aventurer quelques minutes dans le ciel avant de disparaître. J'ai toujours détesté les adieux. Et là encore j'avais cette boule au ventre qui me maintenait immobile, alors que j'entendais quelques pleurs autour de moi, tandis que nous faisions face à la tombe de mon père. De notre père. Il avait sa place dans un cimetière militaire sur Terre. Lui qui était né ici. Lui qui avait servi l'Alliance sans jamais faillir. Lui qui ne me parlait presque plus depuis mon arrestation. Il avait voulu, une dernière fois, me forcer à m'engager pour m'apprendre à bien me conduire. Puis suite à mon refus, je n'avais plus eu de nouvelles de lui qu'une ou deux fois par an. Sur l'initiative de mon frère ou de ma mère. En même temps j'avais bien conscience de ne pas être à la hauteur. De jeter l'opprobre sur une famille de tradition militaire. Je me donnais moi-même envie de vomir. Je serrai tellement fort les dents qu'elles auraient pu se souder ensemble. Ou alors peut-être était-ce l'effet du froid, alors que je venais de passer deux heures dans l'immobilisme le plus total. Sans doute un subtil mélange des deux. Néanmoins, je refusai de bouger, jusqu'à ce que l'on m'envoie un signe. Quelque chose pour me dire que je pouvais y aller. Reprendre ma vie là où je l'avais laissée. Continuer comme si de rien n'était. Mais à la tombée de la nuit, ce signe se faisait toujours désirer. Dès lors, la seule chose que je pouvais faire, la chose que je devais faire, me semblait évidente.



Je déteste les hôpitaux. C'est un constat à tel point général qu'il vient se répercuter même en ce qui concerne les simples infirmeries. Comme celle du SSV Guadalcanal, la frégate sur laquelle je servais depuis ma sortie de l'école de sous-officiers, presque deux ans auparavant. Les choses étaient assez tranquilles, et je m'étais presque habitué à la vie dans la Marine. Il faut dire que j'en avais déjà eu un large aperçu tout au long de ma vie, si bien que la transition s'était faite en douceur. Malgré quelques réveils difficiles certains matins. Ce qui me permettait de tenir le coup, c'était autant le fait que je faisais ça pour mon père, que la possibilité de bricoler des vaisseaux de classe SN comme celui sur lequel je me trouvais. Certes il y a sans doute mieux dans la galaxie, mais par rapport aux cercueils volants que j'ai pu réparer lorsque j'étais plus jeune, j'avais affaire à de véritables bijoux de technologie. Au point qu'on me jetait parfois quelques regards en biais quand je parlais au Guadalcanal en le bichonnant.

La plupart du temps, je vérifiais que j'étais seul avant de faire ça. Mais une fois, juste une fois, j'ai fait l'erreur de laisser ma radio enclenchée. Si bien que tout le monde sur ma fréquence pouvait m'entendre. Et bien que cet événement était pour le moins embarrassant, ça m'a permis de me rendre compte que les militaires pouvaient parfois avoir le sens de l'humour. Finalement j'étais content de faire partie de cet équipage. Sauf quand j'ai dû rester une semaine entière à l'infirmerie.

Les deux premiers jours, je les avais passés dans un coma plus ou moins artificiel. À partir du troisième jour, je commençai à recevoir des visites. Mais rien de bien réconfortant. De la paperasse à remplir. Des discussions avec un psy. Et surtout le rapport d'incident à effectuer auprès de mes supérieurs. J'avais la désagréable impression que l'on me reprochait d'avoir fait mon travail. Puis le sixième jour, c'est le Commandant en personne qui est passé me voir. J'aurais pu me dire que c'était un honneur, mais honnêtement il n'avait même pas encore ouvert la bouche qu'il me saoulait déjà. Je le voyais déjà me réprimander. Mais à ma grande surprise, il se contenta de prendre une chaise pour s'asseoir à côté de mon lit en me faisant un signe de la main pour que je ne prenne pas la peine de me redresser. Il n'eut pas besoin de me le répéter deux fois. Rapidement, un silence gêné s'installa.

" Commandant, je... "

" Je sais déjà ce qu'il s'est passé, Second-maître. J'ai lu le rapport. "

" Ah. "

J'hésitai à demander la raison de sa présence au commandant du SSV Guadalcanal. Non pas que j'en avais peur. En vérité il était tout sauf effrayant. C'était un petit homme du Panjab à la moustache fournie qui blanchissait de plus en plus à mesure que les jours passaient. Son léger accent qui lui faisait rouler les R prêtait presque à sourire, mais sa voix était grave, après des années à hurler des ordres à tout va. Ce n'était pourtant pas le genre d'homme à crier sur son équipage. Plus maintenant en tout cas. Il se contentait d'être ferme et de fixer intensément de ses yeux ambrés quiconque avait le moindre doute sur l'ordre qui lui était donné. Et comme il me lançait ce regard, je baissai les yeux, sentant mes côtes encore légèrement douloureuses ployer sous le poids de ma culpabilité.

" Il y a encore un peu de travail à faire, mais d'après les premiers résultats de l'enquête, il se trouve que vous aviez raison. "

Je ne savais pas si c'était une blague. Et je n'osai pas le demander.

" Le conduit de refroidissement que vous avez pris l'initiative de réparer à l'extérieur du vaisseau aurait pu être bien plus endommagé si vous n'étiez pas sorti vous en occuper. "

" Et donc... "

" Et donc vous avez bien fait de ne pas obéir à votre supérieur. "

" Techniquement, je n'ai pas désobéi. Il m'a juste dit ne rien faire de stupide pendant qu'il... "

" Effectuer une sortie extravéhiculaire de votre propre chef pour procéder à des réparations essentielles n'est pas stupide, en effet. Mais c'est dangereux. "

Le Commandant soupira, alors que je serrai un peu les poings dans l'attente de la suite de son discours. J'avais peur de me faire renvoyer de la Marine et de décevoir encore plus ma famille. Mais d'un autre côté, je ne regrettai pas de m'être pris un débris qui aurait pu endommager encore plus le conduit que j'avais réparé. Certes, sans le soutien de ma hiérarchie, la manœuvre était dangereuse. Mais j'ai l'habitude de ce genre de travail, et le temps que le Commandant prenne sa décision après avoir entendu les arguments de mon supérieur, l'incident était presque clos. Il a juste fallu dépêcher deux hommes pour me ramener à l'intérieur du vaisseau. C'est ce que le médecin m'avait dit quand je m'étais réveillé à l'infirmerie.

" Je vous aime bien, Wuornos. Vous avez un problème avec la notion de supérieur hiérarchique, mais je vous aime bien. "

Ça y est. C'est le moment où je me fais virer.

" Je dois rendre ma décision finale à votre sujet à la fin de la journée. "

Heureusement, je n'ai pas beaucoup d'affaires à ramasser avant de rentrer chez moi définitivement.

" Vous n'êtes pas à votre place et c'est pour cette raison que... "

" Commandant. Sauf votre respect je... "

Il leva la main en me regardant droit dans les yeux. Non pas avec de la colère, comme je m'y était attendu, mais avec une pointe de... de malice ?

" Comme je le disais, vous avez quelques problèmes avec l'autorité. Je suppose que c'est en partie dû au fait que vos supérieurs sont généralement plus jeunes que vous. Et que vous êtes plus expérimenté dans votre domaine d'expertise. Pour remédier à ça, je pensais qu'il serait bon de vous faire avancer dans votre carrière. "

" Est-ce que vous êtes en train de parler de ce que je crois que vous êtes en train de parler ? Monsieur. "

" Vous quittez l'infirmerie demain matin. Vous aurez une heure pour vous rendre sur la passerelle. Je vous y attendrai. À demain, Sergent-chef Wuornos. "

Sans attendre la moindre réaction de ma part, le Commandant se leva et marcha vers la sortie de l'infirmerie. Circonspect, je me mordis la langue pour vérifier que je n'étais pas en train de rêver. J'avais pris une initiative sans en parler à mon supérieur, et je m'en sortais avec une promotion ? J'avais du mal à le croire. Il y avait forcément un problème quelque part. Mais d'un autre côté, les arguments du Commandant n'étaient pas totalement faux. Du fait de mon engagement tardif dans les forces conciliennes, j'étais un petit vieux parmi des sous-officiers tous plus jeunes que moi. Difficile d'obéir à quelqu'un qui vous donne un ordre alors que sa voix est encore en train de muer. Et dans un second temps, j'avais quand même presque une quinzaine d'années de mécanique et d'ingénierie derrière moi, dont la moitié dans ma spécialité. Ce qui faisait de moi l'homme le mieux placé du vaisseau pour former le personnel qui travaillait avec moi. Cette évolution de carrière inattendue a été le point de départ d'une grande réflexion au sujet de mon avenir.



J'ai toujours l'impression d'avoir oublié quelque chose. J'ai beau vérifier la liste de mes affaires une bonne dizaine de fois d'affilé, il y a toujours un certain doute qui persiste. Et pour quoi ? Souvent pour rien. Ou pas grand-chose tout du moins. Un simple bouton de chemise par exemple. Rien d'irremplaçable. Mais mon sens du détail m'a apporté une sorte de sixième sens. Un instinct naturel pour sentir que j'ai oublié de ranger quelque chose, quelque part. Pourtant, mon sac est fait, bouclé, et je laisse mon lit au carré, comme je l'ai trouvé la première fois que je suis monté à bord du Guadalcanal. Je laisse donc échapper un léger soupir en passant la sangle de mon sac sur mon épaule, tournant les talons pour quitter la pièce. C'était sans compter sur mon supérieur qui m'attendait dans l'encadrement de la porte. Depuis combien de temps est-ce qu'il m'observe comme ça ? Aucune idée. Mais mon haussement de sourcil interrogateur semble avoir déclenché une réaction chez lui, car il me tend son terminal en souriant légèrement. Je ne saurais dire s'il s'agit d'un sourire satisfait ou compatissant. Là n'est pas la question, j'imagine.

Après avoir consulté le document affiché sur la tablette, je le signe en me retenant de ruminer, ne serait-ce que dans ma barbe. Pendant toute la durée de la révision du SSV Guadalcanal, je dois à partir de maintenant rester joignable à toute heure. Et ce afin d'être informé, comme l'ensemble de l'équipage, de la date de départ du vaisseau, qu'elle soit avancée ou reculée. Néanmoins, durant le laps de temps accordé au personnel par la mise en cale sèche de la frégate, nous sommes tous en mesure de profiter des petits plaisirs de la Citadelle. Tout en faisant en sorte de renvoyer auprès du public une bonne image de la Marine de l'Alliance. Évidemment, si au passage on est en mesure de recruter un ou deux matelots de plus, ça ne fait pas de mal ! La seule chose que j'apprécie face à cette idée, c'est que je peux faire des rencontres intéressantes. Ce qui est assez ironique, sachant qu'en général je ne suis pas le plus à l'aise des hommes en société. Sauf peut-être après quelques verres. Mais même dans ce cas ce n'est pas une science exacte.

Finalement, c'est en longeant les couloirs du SSV Guadalcanal, après avoir salué mon supérieur, que je peux enfin lâcher un long soupir de soulagement en regardant le plafond, comme si je m'adressais au vaisseau. Non pas que je ne me sente pas à ma place dans la Marine. Cependant toutes ces lourdeurs administratives ont tendance à me saper le moral. Si bien que je suis connu et reconnu pour mon caractère de... enfin bref ! Au moins, en attendant de reprendre du service à bord du Guadalcanal, je vais pouvoir prendre du temps pour moi. Et peut-être même me pencher sur mon avenir... Mais avant ça, je dois faire un rapide demi-tour pour aller récupérer ma brosse à dents que j'ai faillie oublier dans mes quartiers.


Apparence

Henry a un physique assez banal. La seule chose qui le distingue réellement de ses principaux collègues humains se situant dans la différence d'âge qu'il affiche avec eux. De taille moyenne, il mesure un mètre soixante-dix-neuf, bien qu'il préfère dire " environ un mètre quatre-vingts ". Ses yeux bleu-gris sont la seule note de couleur au milieu de ses cheveux bruns, de sa barbe souvent mal taillée, et de son teint qui semble constamment bronzé de par son environnement de travail, malgré son type caucasien.

Quant au reste de son physique, Henry est assez mince et ne cherche pas particulièrement à travailler son corps, se contentant du minimum d'entraînement que la Marine lui impose. Seul son tatouage peut potentiellement attirer l'attention. Il représente de façon symbolique Mars et ses deux lunes, Phobos et Deimos. Néanmoins ce dernier n'est en général pas visible, puisqu'il se trouve dans le dos, au niveau de l'omoplate droit.

Henry porte toujours des vêtements comme le ferait un civil, c'est-à-dire de manière décontractée, y compris lorsqu'il est en uniforme. Veste ouverte, et chemise hors du pantalon sont de rigueur. C'est sa façon à lui d'être à l'aise pour travailler. Et personne ne le lui reproche, car il sait se faire élégant lorsque l'occasion se présente ou qu'elle s'impose. Quand il n'est pas en service, Henry porte des vêtements dans une gamme de tons assez restreinte, étant habitué à se salir dans son métier. Si bien qu'il se fond dans la masse sur des stations comme Omega, mais peut attirer quelques regards dans des milieux plus huppés.


Caractère

Henry est un homme discret de nature. Il ne cherche pas à se faire remarquer et passe la plupart du temps inaperçu. Perfectionniste, il aime que le travail soit bien fait, ce qui implique souvent une volonté de le faire lui-même. Ainsi il a parfois quelques problèmes avec la notion d'autorité et peut se montrer tranchant dans certaines de ses prises de paroles. Y compris lorsqu'elles s'accompagnent d'un trait d'humour, dont il se sert particulièrement dans les situations les plus délicates, voire inappropriées. D'où sa réputation d'homme difficile au caractère de... peu supportable.

Très professionnel, Henry est plus à l'aise lorsqu'il s'agit de parler avec des objets inanimés plutôt qu'avec des personnes. Cela provenant notamment de son échec à bien s'intégrer dans sa propre famille ainsi que de ses nombreux changements dans sa situation, entre Mars, Omega, la Terre, et Terra Nova. De ce fait, Henry est parfois considéré comme étant un peu dérangé. Sa légère tendance à la maladresse n'arrangeant pas les choses. Cependant, en le poussant un peu, il peut s'avérer très chaleureux et joueur, appréciant tout particulièrement de relever des défis et de faire des paris. Uniquement quand il est sûr de les remporter.

Altruiste, Henry a tendance à cacher ses sentiments et à faire passer les autres avant lui. Quitte à risquer sa propre vie dans le pire des scénarios.


Compétences / Profil


Profil :

Profil : Technologique – Intermédiaire – Fantôme (6 / 0 / 8)

Équipement :

Armes : M-77 Paladin
Armurerie : M-96 Mattock

Compétences :

Militaire : Maîtrise basique / Combattant moyen / Compétences militaires :
- Tir percussif (2)
- Munitions incendiaires (2)
- Grenades incapacitantes (2)

Biotique : Non

Technologie : Hackeur entraîné / Compétences tech :
- Tourelle volante (déplacement + scanner) (3)
- Omnilame (2)
- Surcharge (3)




Compléments

Signe(s) distinctif(s) : Tatouage représentant Mars et ses lunes dans le dos, au niveau de l'omoplate droit
Relations avec les autres : Plus à l'aise avec les vaisseaux que les personnes
Des liens prédéfinis ?  : Non
L'objectif de votre personnage à long terme ?  : Monter en grade et trouver sa voie dans l'armée (commandement, renseignement militaire, ou autre)


Hors Personnage

Célébrité sur l'avatar (seulement si besoin) : Ryan Robbins
Comment avez-vous connu le forum ? : Par Kathleen Callaghan et Alec Sykes
Est-ce un double compte ? : Non
Des remarques ? Rien de particulier



RP d'introduction

Si vous comptez faire un personnage puissant (militairement ou politiquement), vous devez faire un RP solo (au moins 700 mots) sur le sujet que vous voulez, en lien avec votre personnage. Ce RP n'aura aucune influence et n'existera pas dans la trame de votre création. Ce texte servira uniquement à la personne chargée de valider votre fiche.
Cette partie est facultative et ne concerne que les personnes ayant une grande ambition à terme (Spectre, Dirigeant d'une Espèce, Faction d'élite, etc, etc...)


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Crédits : Matt Bomer - Lleyton Benam

MessageSujet: Re: Henry Wuornos   Dim 10 Sep 2017, 23:46
Ça me semble tout bon.

Je te donne le lien pour trouver des partenaires RP : ->ici<-. N'oublie pas de bien respecter la fiche modèle.

Si tu veux chercher des liens avec les autres joueurs, je te conseil de lire les Journaux de Bord. et t'encourage à faire le tien.

Et bienvenue sur le forum.


Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que quelqu'un dit "avec tout le respect que je vous dois", j'entends "ta gueule" ?


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Henry Wuornos

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