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 L'absente

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MessageSujet: L'absente   Sam 11 Nov 2017, 18:10
Intervention MJ : OuiDate : Novembre 2202RP Tout public
Henry Wuornos ♦ Scipio Sempronia ♦ Kori'Penyo Nar Tarek
L'absente






Loin dans ses souvenirs, Kori se remémora son arrivée sur la Citadelle. Un voyage pour le moins mouvementé durant lequel lui et sa sœur dirent halte dans une station de carburant prise en otage par une bande de mercenaire. A cette pensée, le quarien vit naître un léger sourire sur ses lèvres.
Près de deux ans qu'il n'avait quitté Rannoch, enchaîné par un boulot sans intérêt qu'il ne lui permettait même pas de s'offrir une petite semaine de vacances.
Alors, quand l'occasion lui fut accordé de partir loin de sa vie trop bien rangé, la destination la plus naturelle qui lui vint fut de revenir sur cette station.
Non parce qu'elle possédait une beauté ou une ambiance particulière, pour ça, les paysages de Rannoch suffisaient amplement et Kori n'avait jamais été trop adepte de ces étendues métalliques, bien que la Citadelle puisse se targuer d'allier nature et technologie dans ses plus beaux quartiers.

Non, si le quarien revenait ici aujourd'hui, il ne le devait qu'au souvenirs qu'elle lui offrait. La sensation de liberté qu'elle lui rappelait, celle d'un jeune adulte dont le seul rêve était de quitter sa planète en quête d'aventure. Et quel pèlerinage ce fut ! Tant de personne rencontrée, d'amis avec qui il avait partagé la meilleure période de sa vie, et voilà qu'il revenait vers eux aujourd'hui.

- Qu'est-ce que t'as à sourire comme un abruti ? Demanda Naki alors que le vaisseau entamait son atterrissage.
- Rien, répondit son jumeaux sans s'offusquer de la moquerie de sa sœur. Je suis content de revenir, pas toi ?

Elle sourit, laissant apparaître une fine ombre derrière son masque opaque.

- Si ! Ca fait tellement longtemps, je regrette quand même de ne pas avoir donné de nouvelle à Naïla depuis un moment...On aurait dû la prévenir. T'imagines si elle n'est plus sur la Citadelle ?
- Je pense qu'elle nous l'aurait dis si elle avait quitté les secteur, non ?
- Va savoir...Lança Naki avec une pointe d'appréhension.

Des légers vrombissement suivit une voix féminine annonçant l'arrivée à destination. Peu à peu, l'habitacle du vaisseau s'emplit du brouhaha des passagers pressé de quitté l'inconfort des sièges de classes moyennes pour se dégourdir les jambes et rentrer chez eux.
Dans la chenille organique qui défila jusqu'à la porte de sortie, Kori parvint à attraper son sac et celui de sa jumelle, lorgnant dans tous les coins dans l'espoir un peu vain d'éviter d'attaquer involontairement une personne à proximité.

- Au pire on lui enverra un message si jamais elle ne travaille plus au bar. C'est toi qui voulait lui faire la surprise, non ?
- Ouais, ouais...


***


Les secteurs de la citadelle préservaient cette aura particulière de technologie et de lumière qu'offrait la Citadelle, à ceci près que l'ambiance générale différait grandement des beaux quartiers et de leurs grands espaces. Ici, tout le monde errait dans des couloirs parfois bondés, s'arrêtant devant les multiples boutiques s'alignant bien gentiment.
Une ambiance animée en somme, mais qui laissait libre court à tout type de petits malfrats et voleur à la tire. Oh bien sûr, rien de bien méchant quand on avait eu l'occasion de visiter Oméga, mais tout de même ! Le quarien se remémora particulièrement une nuit ou quelqu'un avait tenté d'entrer chez eux alors que Naki demeurait seule à l'appartement. Fait rare, sans doute, d'autant plus que les jumeaux pataugeaient dans une histoire pour le moins compliqué à cette époque là.

Au détour d'une ruelle beaucoup plus fréquentée que dans leur souvenir, l'enseigne lumineuse bien commue leur apparu comme un appel.
"Le Parigo des secteurs"

- Quel nom pourri ! Ricana Kori qui l'avait toujours pensé sans jamais le dire.
- Tu m'étonnes ! Je sais même pas ce que c'est qu'un Parigo...
- Un truc d'humain sûrement.

Dès leur entrée, tout à l'intérieur leur paru différent. Différent, et pourtant étrangement identique, comme s'ils avaient fait un bon dans le passé, comme un rêve où l'on sait que quelque chose cloche sans pouvoir mettre la main dessus. C'était sûrement ça, vieillir.
C'est alors qu'une voix revenue d'entre les méandres des souvenirs parvint aux oreilles des quariens.

- Naki et Kori ! S'exclama un homme devant atteindre le quart de siècle tout au plus.

Ce fut Naki qui remit le plus vite l'humain qui arrivait, après tout, les deux tourtereaux avaient plus d'une fois flirter ensemble.

- Tristan ! Annonça-t-elle à son tour avec un sourire non feint.

Le jeune humain et sa sœur s'enlacèrent amicalement avant qu'il ne vienne à son tour le serrer dans ses bras. Maladroitement, Kori lui rendit son accolade, passablement étonné que le fils du gérant soit autant content de les voir.

- Alors ? Demanda l'humain sans vraiment avoir de question précise. C'est fou depuis le temps ! Venez vous asseoir au comptoir, je vous offre quelque chose à boire, vous faîtes un peu partie de la maison !

C'est ainsi que les quariens se retrouvèrent au bar, un verre à la main, entouré d'hommes et de femmes habitués ou de passage à discuter des dernières nouvelles. Ton père est là ? Non, il est pas bien en ce moment, je gère un peu la boite. Et Esteban ? Toujours là ? Mon dieu ! Il a quel âge maintenant ? Au moins soixante ans !
Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'une question vint naturellement sur le tas. Les quariens prenaient visiblement plaisir à se remémorer de vieilles anecdotes, et même si certains avait quitté les lieux pour d'autres horizons, la plupart des employés qui avaient travaillés à leurs côtés semblaient rester fidèle à ce lieu.

- Est-ce que Naïla travaille aujourd'hui ? Demanda Naki en jetant des regard autour d'elle. On a voulu lui faire la surprise.

Etrangement, le sourire constamment collé sur le visage de Tristan sembla se ternir quelque peu.

- Elle travaille toujours ici ? Questionna Kori à son tour.
- Ben...Ouais, hésita Tristan. Enfin officiellement en tout cas.
- Comment ça ? S'interrogea la quarienne, une moue perplexe.
- Ben...C'est à dire que ça fait un moment qu'on ne l'a pas vue en fait. Ca fait quelques semaines qu'elle ne s'est pas pointée au boulot.

La réponse atterrit sur les jumeaux comme un choc.

- Plusieurs semaines ?? S'inquiéta la quarienne.
- Mais vous êtes sûrs qu'elle va bien au moins ?
- A priori oui, on a reçu un mail de sa part il y a quelques temps, elle disait qu'elle partait se changer les idées quelque part. Je sais pas trop où...

Naki lança un regard empreint d'inquiétude et d'incrédulité à son frère.

- Ca ne lui ressemble pas du tout...
- En même temps...Convint Kori dont l'inquiétude n'avait jamais été une faculté innée. Elle en avait déjà marre de sa vie à la Citadelle quand on était là alors...
- Oui mais quand même...Songea la quarienne. J'aurais pensé qu'elle m'en parlerai...

Etrangement, ce lieu qui leur parut si familier quelques instants à peine, leur sembla tout à coup moins jovial, presque triste sans la bonne humeur illuminée de leur amie de longue date.
Amie que le temps avait égarée dans un coin oublié, tant et si bien que les jumeaux en vinrent à se demander si la relation qu'ils entretenaient avec la jeune quarienne en combinaison rose existait encore.
Dure retour à la réalité pour ces vacances qui s'annonçaient sous de meilleurs auspices !



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Dernière édition par Kori'Penyo Nar Tarek le Sam 25 Nov 2017, 10:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'absente   Dim 12 Nov 2017, 14:14


L’enseigne bleu et blanche clignotait a un rythme irrégulier, indiquant des mots vagues et dénués de sens. C’est quoi encore, un Parigo ? Sûrement un animal qui vit sur Terre, les humains adorent parler de leur planète d’origine. Scipio passa un appel, ne recevant de nouveau que le doux son d’un répondeur, avant de s’engager de quelques pas dans le bar. Le turien put se rendre compte que l’intérieur semblait lui même issu d’une autre planète, jurant avec le reste des secteurs. Enfin, il aurait pu penser ça s’il était sur une planète.

La Citadelle, cette gigantesque station spatiale, l’avait accueillie environ dix jours avant son arrivée en face du bar. Mal organisé et sans vraiment de repère, Scipio avait fini par passer la nuit dans la rue, le premier soir. Naïla n’avait pas daigné répondre à ses appels, et le lendemain n’apporta pas d’autres nouvelles d’elle. Après s’être trouvé un petit hôtel miteux dans lequel il put louer une chambre qui avait du mal à tenir le lit trop petit pour lui, il s’était lancé dans la recherche de la quarienne. « Le parigo » ne voulant pas dire grand-chose, il avait passé un temps fou à chercher le bar, malgré l’assistance de Midas. Au moins, il avait pu visiter !

Les secteurs ne ressemblait pas à ce qu’il avait vu jusque là, et ça l’étonnait un peu. Comparé à sa vie tranquille sur Oméga où tout le monde était ivre, en colère, fatigué ou les trois en même temps, les secteurs semblaient déborder de vie. Les habitants semblaient travailler d’arrache pied, toujours affairés à une broutille de laquelle leur vie semble dépendre. Peu de résidents prenaient le temps de parler, que ce soit aux étrangers ou entre eux, et les seuls à se tenir calmement au coin d’une rue étaient des groupes de racailles de pacotille même pas foutus de soutenir le regard calme mais froid du turien.

Et si on souhaitait comparer les secteurs à sa vie sur les planètes de la Hiérarchie, autant dire que c’était décevant. L’architecture hybride avait son charme, mais même cette qualité se perdait au bout de la quatrième ruelle bondée traversée. Pas de vrai ordre établi, une notion d’urbanisme existante mais dont les habitants semblaient se contrefoutre, et bien entendu, beaucoup trop de néons ! Enfin, ça, Oméga avait presque rendu les néons supportable à Scipio.

Le bar, lui, transpirait le rustique et le kitch, dans cette avalanche de couleurs dissonantes et inharmonieuses que seuls les humains ou les vortchas sont capables d’arranger. C’était quand même un lieu assez moche, soyons honnête, mais il avait du caractère, et les vieilles photos qui trônaient au dessus des bouteilles derrière le bar faisait écho à des temps apparemment lointain mais heureux. Enfin ! Qu’importe l’alcool, tant qu’on a l’ivresse. Scipio avait besoin d’un boulot et il n’allait pas faire la fine bouche. Le fait est qu’il tenait dors et déjà la jambe à un serveur depuis quelques minutes.

-Absente ? Mais elle m’as dit qu’elle travaillait au Parigo, c’est bien ici, non ?
-C’est que, heu…

Le pauvre ne savait que répondre à ce turien qui offrait un spectacle aussi étrange, avec son bonnet mal ajusté sur la tête, ce drone qui voletait derrière lui, et une rappe à fromage qui dépassait d’un sac recousu de parts en parts. Au dessus de son épaule, la lanière s’effilochait dangereusement, menaçant de lâcher à n'importe quel instant.

-J’ai des clients à servir monsieur, je…
-Dîtes moi juste où est Naïla, je verrais tout ça avec elle.
-Mais je vous dit que je n’sais pas où…
-Alors qui sait ?
-Monsieur s’il vous plaît…
-Dîtes moi qui saurait et je vous laisse tranquille !

Le barman tendit un de ses doigt coincés sous le plateau vers le bout du bar, autour duquel discutaient deux quariens et un jeune homme, chacun armé d’un verre à moitié vide. Scipio lâcha un remerciement au barman paniqué avant de se jeter dans leur direction. Sans réfléchir, il pausa une main sur l’épaule de la quarienne et lui demanda :

-Naïla ?


Dernière édition par Scipio Sempronia le Mar 28 Nov 2017, 23:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'absente   Mar 28 Nov 2017, 22:14



Après une longue série de bips monotones, Naki abandonna l’idée de joindre son amie par omnitech.

- Rien, déplora-t-elle en lançant un regard lourd de sous entendu à son frère et au patron du bar.
- Ca va aller, tenta de la rassurer Tristan. Elle doit être entrain de se la couler douce quelque part. Hein Kori ?
- Mmpf…

Le Quarien n’eut rien d’autre à répondre qu’un vague grommellement. Il n’était pas doué pour rassurer les gens et encore moins lorsque lui même doutait de la véracité de l’hypothèse de son camarade. A en juger par sa dernière question, celui-ci ne paraissait pas beaucoup plus convaincu…
Tandis que sa jumelle laissait un énième message à leur amie, Kori sirotait son cocktail tout en réfléchissant aux raisons pouvant expliquer cette absence de la jeune quarienne. Des vacances…Pourquoi pas. dans le meilleur des cas, mais le quarien ne pouvait s’empêcher d’imaginer les pires scénario. la faute à son imagination sans doute, ainsi qu’à un brin de pessimisme.
Tout autour d’eux, le brouhaha incessant du boui-boui allait en s’accroissant, on arrivait à la fin de matinée et les clients arrivaient petit à petit pour venir se restaurer. De ce que pouvait constater Kori, Tristan était parvenu à rehausser le nombre de clients. Il s’imagina un instant derrière sa plonge, à récurer deux fois plus d'assiette qu’il n’avait à le faire par le passé. Sûrement aurait-il craquer beaucoup plus vite !
Kori prit alors quelques secondes pour se féliciter d’avoir survécu à un job aussi horrible ! Un peu d’autosatisfaction ne pouvait pas faire de mal !

- Et si on appelait ses parents ? Insista la quarienne, décidée à ne pas laisser tomber.
- Ils sont pas en froid ? Rétorqua son jumeau.
- Si...Mais je vois pas qui d’autre pourrait savoir où elle est. A part nous je ne lui connaissais pas d’autre amis proches…
- Elle fréquentait pas un Krogan des fois ? Se rappela Tristan avec la grimace de celui qui pense raconter une annerie plus grosse que lui.

Il fallait avouer qu’il était difficile d’imaginer la petite quarienne rose avec l’un de ces mastodonte !

- Varik ! S’exclamèrent les jumeaux à l’unisson.

Alors le Krogan leur revint en mémoire. Ils avaient eu l'occasion d'avoir affaire à lui lorsqu’un individu tenta d’entrer chez eux par effraction il y avait quelques années de cela. Un chic type, enfin autant que pouvait l’être un Krogan…

- Mais oui ! Assura Naki, un nouvel entrain la gagnant. Ils se connaissait déjà sur Omega, lui doit savoir où…
- Naïla ?

La jeune quarienne sursauta lorsqu’une main inconnue vint se poser sur son épaule. Instinctivement, Naki eut un geste de recul en se retournant. Non pas qu'elle craignait de se faire attaquer, mais plutôt de peur de se retrouver nez-à-nez avec un lourdaud pochtron à moitié poché.
Au lieu de ça, ses yeux se posèrent sur le visage d’un jeune Turien, bien que Naki ai toujours eu quelques difficultés à discerner un Turien d’un autre et encore moins déterminer leur âges en fonction de leur visage !

- Euh...Non, désolé. Mais c’est une amie à nous. Vous aviez deviez la voir aujourd’hui ?

D’un simple regard, Naki et Kori échangèrent ce qu’il ressentait à cet instant précis. Pourquoi Naïla aurait-elle donné rendez-vous à quelqu’un si elle était censé “se la couler douce quelque part” comme le disait si bien Tristan.
Deux hypothèses s’offraient à eux : Soit l’inconnu face à eux cherchait leur amie sans vraiment qu’elle soit au courant, ce qui semblait probable puisque le Turien ne semblait même pas connaître la couleur de la tenue de Naïla, ce qui demeurait le trait le plus visuellement caractéristique chez un Quarien, soit il était arrivé quelque chose d’autre.
Quelque chose que le pessimisme de Kori tentait de faire entrer en force dans son cerveau.
Quelque chose qui ne leur plairait sûrement pas...



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MessageSujet: Re: L'absente   Mer 29 Nov 2017, 21:53



-Naïla ?

Le recul était naturel, logique même. Scipio aurait du s’y attendre, et il l’aurait vu venir s’il avait un tant soit peu réfléchi. Mais sur le coup, qui aurait réfléchi ? Plus de dix jours sans nouvelles, personne n’aurait réagit autrement. Pas Scipio en tout cas, et désormais il s’en sentait stupide.

-Euh… Non, désolé. Mais c’est une amie à nous. Vous deviez la voir aujourd’hui ?

Bien entendu, le mouvement de la quarienne en avait dit long, mais qu’elle énonce aussi clairement l’absence de Naïla confirmait tous les sous entendus. Quant aux coups d’œil que se jetaient les clients autour de la table, ils ne faisaient que soulever d’autres sous entendus. Enfin, les clients, d’après le jeune serveur ils ne l’étaient pas. L’humain attablé devait être le gérant du bar, ou au moins un accoutumé, un tel pilier de bar que les employés avaient l’habitude de lui faire confiance.

Il a fallu attendre un peu avant que le turien ne lâche une réponse. Sa bouche restait entrouverte, ses mandibules pendant mollement de chaque côté. Elles tressaillirent très légèrement, presque imperceptiblement, avant que Scipio ne s’explique :

-Je, elle, euh…


Bon. L’explication ne venait pas d’elle même. Il pris une profonde inspiration. Les lumières qui se reflétaient sur les heaumes des quariens le perturbaient. Un néon clignotait avec insistance au fond de la salle, et il claquait contre la vitre de celle qu’il avait confondu avec Naïla. Il se surprit à la « dévisager ». Elle avait l’air jeune, mais elle portait mieux sa jeunesse que Scipio. Ses habits étaient propres, au moins, et le voile qui couvrait son casque était d’un certain goût. Machinalement, il grattait son bonnet, et il fut tiré de sa rapide torpeur par Midas, le drone qui voletait près de lui.

-Il semblerait que cette dame ne soit pas Naïla, caporal.
-Oui, euh, pardon. Je peux ?

Il tira une chaise inutilisée vers lui et pris place entre l’humain et la quarienne. Après avoir déglutit, il continua :

-On se connaît, oui. Pas de… Enfin, on se connaît un peu. J’espérais la trouver ici, il me semble qu’elle travaille comme serveuse. Ça fait des jours qu’elle ne me répond pas. J’espère qu’elle n’a pas eu de problèmes. C’était vraiment dure de trouver ce bar. Elle bosse encore ici au moins ? Ah, et désolé pour la confusion, de dos, j’ai pas… La différence est pas flagrante. Sans vouloir vous vexer.

L’inquiétude montait. Il avait été maladroit, très maladroit, et sa rigueur naturelle n’avait rien arrangé. Il se tenait droit sur sa chaise, enchaînant des phrases confuses, courtes et monocordes. Par les ancêtres ! Il pouvait sentir les deux paires d’yeux quariens à travers les masques, le jaugeant. Il ne savait pas trop s’il y voyait du mépris, de l’incompréhension ou de la moquerie.

Il ne savait pas lire dans les yeux des quariens.
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MessageSujet: Re: L'absente   Ven 08 Déc 2017, 16:30



Les jumeaux observèrent le Turien avec étonnement. Le garçon paraissait s’empêtrer dans une explication brumeuse et quelque peu incohérente. Oui, non, peut-être ? Kori ne parvenait pas réellement à déterminer si ce gars connaissait Naïla ou non.
Ce qui était sûr, restait qu’il ne savait pas où elle se trouvait actuellement.

- Je dois retourner bosser ! Annonça soudain Tristan plus pour combler le silence gênant qui s’installait, chacun semblant se regarder dans le blancs des yeux sans trop savoir pourquoi.

D’un signe, il indiqua aux Quariens qu’il repasserait plus tard pour discuter avec eux dans de meilleurs conditions, à savoir sans client ni Turien.
Des deux Quariens, seule Naki observait le nouveau venu avec un oeil méfiant. L’avantage de vivre dans une combinaison intégrale, était que peu de monde pouvait voir concrètement les émotion d’un Quarien. Bien sûr, ce peuple avait fini par identifier d’autre caractéristiques, la position du corps, le mouvement des mains...Tant d’indices que les autres races ne s’embêtaient pas toujours à identifier, mais qui se relevait très utile lorsque l’on vivait chaque jour sans voir les yeux de son interlocuteur.
Et ces caractéristiques criaient que la jeune Quarienne se méfiait du Turien. Non pas une méfiance catégorique de celle qui catalogue directement quelqu’un au titre d’ennemi de la nation, mais plutôt une de celle que les meilleures amis réserve à un péquenaud qui tournerait trop autour de Naïla. Tout cela en ajoutant bien sûr l’inquiétude qui lui pesait du fait que personne ne semblait savoir où elle pouvait bien se trouver.
Et tout ça grâce à des mains !

“Pourquoi engager des profilers à la noix. Prenez un Quarien plutôt !” Songea Kori en riant à part lui.

La gémellité des Quariens y était peut-être pour quelque chose aussi…

- Excusez-moi...Se lança la Quarienne avec une voix légèrement suspicieuse. D’où connaissez-vous Naïla au juste ? Parce qu’on la connaît depuis quelques années déjà, et il ne me semble pas avoir entendu parler de vous.
- En même temps, remarqua son jumeau, ça fait un bout de temps qu’on a pas eu de ses nouvelles non…

Naki lui asséna un violent coup de pied, à mi chemin entre la discrétion et l’agacement de le voir encore ouvrir sa bouche.
Malgré tout, Kori ne se démonta pas, à quoi bon tourner autour du peau, ce Turien était juste un gars qui traînait sur la Citadelle, pas un assassin, Naki voyait le mal partout…
Et ce gars était peut-être le dernier à lui avoir parlé, même si Kori soupçonnait leur amie de s’être simplement offert des vacances loin de la station, histoire de se changer les idées.

- En fait, avoua Kori sur le ton de la confidence, on ne sait pas vraiment où elle se trouve...Elle travaille toujours ici mais même le gérant n’en sais rien. Oh, et excuse là, poursuivit-il en montrant sa soeur du doigt, elle est un peu parano parfois. Mais du coup, si tu lui parlais depuis quelque jours, elle t’aurait pas dis où elle comptait aller par hasard ?

Alors que le Turien paraissait réfléchir à la question,un nouveau grabuge monta près de l’entrée du bar, mélange de stupéfaction et d’indignation venant des clients, des serveurs...D’un peu tout le monde en même temps en fait et les Quariens eurent à peine le temps de lever le nez qu’une explosion semblait avoir éclaté sans que personne ne s’en rende compte tant l’agitation avait gagné en amplitude en seulement quelques secondes, et lorsqu’un voix tonitruante, grave et visiblement hors d’elle résonna dans tout l’habitacle, l’intégralité des personnes présentes se stoppèrent, comme bloquées devant ce mastodonte. Un effet que faisait presque tous les représentant de cette race. Et pour cause ! A voir la démarche chaloupée de ce monstre s’approcher de soi à toute allure, il y avait de quoi prendre peur ! Et pourtant, les jumeaux avaient déjà eu l’occasion de voir un dévoreur de près ! Son cerveau alluma tout de même un signal d’alarme, fort et vibrant, tenant en un seul mot : Krogan !

- Toi ! Rugit le mastodonte en pointant un doigts accusateur sur le petit groupe, ne sachant ainsi s’il s’adressait à Kori, Naki, ou au Turien dont ils ignoraient encore le nom.

Rapidement, et par pure force de l’habitude, Kori passa en détail rapide tout ce qui aurait pu, d’une manière ou d’une autre, mettre en rogne un Krogan. Il ne s’agissait certainement pas d’un acte causé par sa soeur, il ne restait que deux choix, lui, ou le Turien.

“Faîtes que ce soit le Turien…”

D’une rapidité étonnante au vu du poids qu’il devait peser, le Krogan se jeta en avant, bras tendu prêt à accrocher tout ce se trouverait sous ses mains, alors que le petit groupe effectuait une dispersion sommaire et particulièrement mal organisée, renversant tabouret et verre au passage.
Alors le choix du mastodonte se porta sur l’un des trois.
Pauvre Turien.

- Où est-ce qu’elle est ! Grogna-t-il à nouveau avant d’empoigner le pauvre gars par les épaules.

Et le carnage commença, un carnage à la sauce Krogan, de celle ou peu de personne peuvent se targuer d’en être sorti indemne. Et personne autour ne semblait avoir le courage de s’interposer entre eux.
C’est alors qu’une toute petite voix fluette s’extirpa de la masse de cris, celle de sa soeur.

- Varik ! Hurla-t-elle entre supplication et étonnement.

En entendant ce prénom, Kori remit immédiatement le mastodonte, ami de Naïla avec qui il avait fait connaissance lors de leur pèlerinage.
Alors le Quarien n’eut plus d’hésitation et se lança sur le dos du Krogan tandis que Naki tentait de se mettre en évidence en espérant accrocher le regard de la bête.

- Varik ! Stop ! Hurla le Quarien à son tour avant de recevoir un malheureux coude perdu dans le casque.

Soudain, le mastodonte se stoppa, les mains toujours agrippées à la carcasse du Turien.

- Je vous reconnais vous deux, observa Varik d’une voix grondante.
- Oui, confirma Naki les mains bien en évidence. Naki et Kori, les amis de Naïla.
- Elle a disparu depuis quelques jours, et c’est de sa faute !

Et ce fut reparti pour un tour, les membres gesticulant dans tous les sens, les cris de rage, la violence. Et un Kori toujours accroché au dos du mastodonte.

- Varik ! Varik attendez !! Est-ce que vous êtes sûr qu’il s’agit bien de ce Turien au moins ?

Profitant d’un moment de répit, Naki parvint à se placer entre les deux protagoniste, craignant que le Krogan ne finisse par foncer tête baissée en l’emportant avec elle.

- Qu’est-ce que ça change ? Ils sont tous pareils. Parle maintenant ou je te fais bouffer tes mandibules !

Décidément, il ne fallait que quelques secondes pour que tout parte en vrille quand le Quarien était dans les parages ! et tous ces regards braqués sur eux. Kori ne serait pas étonné de voir débarquer la sécurité sous peu !
Seulement voilà, une petite partie de son cerveau avait accepté les informations lancées par le Krogan.
Naïla avait disparu, et malgré toute la discrimination que Varik semblait porter pour les Turien, c’était à celui-ci qu’il était venu s’en prendre.
Mieux valait le garder sous la main !



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MessageSujet: Re: L'absente   Sam 09 Déc 2017, 21:00


Les nouvelles étaient inquiétantes, et Scipio comprenait lentement que sa récente connaissance risquait de lui causer des problèmes. Il se met à fréquenter quelqu’un, et pouf, elle disparaît ? Sachant qu’il traînait sa carcasse jusque là sur Oméga, il faudrait peu de temps avant que le SSC ne fasse la connexion. Lui restait deux options : se tirer, ou retrouver Naïla. Bien entendu, le second choix était celui vers lequel il comptait se porter. La quarienne ne lui faisait pas franchement confiance, mais son collègue semblait plus ouvert à la conversation. En croisant leurs informations, peut être trouveraient-ils une piste.

Puis vint le Krogan. C’était quoi déjà les deux options ? Chercher Naïla et se tirer, c’était ça ? Bien entendu, le second choix était toujours le meilleur...

- Où est-ce qu’elle est !
- Caporal, ce monsieur souhaite vous parler.

Soulevé du sol, Scipio n’était plus capable de choisir pour quelle solution opter. A vrai dire, il ne voyait plus vraiment quelles solutions existaient. Sous les grognements (des grognements krogans, des hurlements donc) de son adversaire, il était projeté sur la table, qu’il entendit craquer, avant d’être frappé au visage, puis soulevé de nouveau. Quand son épaule heurta le sol, la vive douleur fut accompagnée d’une fort adrénaline. Avant qu’un coup de pied ne le force à faire parti de la décoration, Scipio se releva, bondissant sur le côté. L’instant d’après, un crochet du droit fonçait vers le crâne du Krogan.

Pas sûr qu’il l’ait senti. Bon. Soyons honnête, le coup suivant était peut être un peu mérité et le Turien aurait du le voir venir, mais il avait au moins le mérite de les avoir un peu écarté. Par contre, Scipio n’entendait plus qu’un fort vrombissement entre ses oreilles, et, incapable d’ouvrir l’oeil gauche, il percevait à peine le Quarien qui avait bondit sur le dos du Krogan. Tiens, le Quarien s’approchait étonnamment vite… Et voilà de nouveau un Turien envoyé dans les airs, se réceptionnant, pas franchement exprès, sur le comptoir, à quelques mètres de Tristan.

Quelle bête, ce Krogane ! Ça faisait longtemps que Scipio n’avait pas eu aussi mal, mais ça faisait aussi longtemps qu’il n’avait pas eu peur pour sa vie. Et c’était assez enivrant. Tremblant et les tempes brûlantes, il descendit du comptoir juste à temps pour recevoir un coup de poing dans le visage. Bon, c’était mieux que la cible originale, au moins… Et il n’était plus question de se laisser faire ! Décochant quelques frappes au torse du Krogane, Scipio reprit de la hardeur, parvint à esquiver une attaque, puis une autre, et la trois… Pas la troisième. Mais la quatrième ! Et c’était reparti pour quelques crochets, puis un uppercut, et enfin, finir sur un coup de boule pour le spectacle !

Le coup de boule était de trop. Vraiment de trop. Une tache bleu sombre maculait la plaque crânienne du mastodonte qui faisait face à Scipio. Et autant rappeler que le sang krogan tire plutôt sur le rouge.

- Varik ! Stop !
- Arrr… arrrgh...
- Je vous reconnais vous deux.
- Berr… arrh… Jva...
- Oui. Naki et Kori, les amis de Naïla.
- J’vais… argh… J’vais b-leuargh...
- Elle a disparu depuis quelques jours, et c’est de sa faute.
- Ca va, j’vais bien, arrh… Ma quoi ?

Et aller qu’on remet le Turien sur la table, et aller qu’on lui en remet une sur l’coin du nez. Et aller qu’ses lunettes pètent sous l’impact, que ses vêtements se déchirent quand il se débat. Scipio se défendait désormais avec sa rappe à fromage, hâtivement ôtée de son sac, fracassant sans grande ambition le métal contre le crâne de l’agresseur. Il crût y voir une rayure avant que le Krogan ne relève la tête, et que le Quarien ne s’interpose. Scipio se laissa presque tomber de la table, se retenant de justesse de s’effondrer, tandis que les deux communiquaient dans une langue étrange. Ou bien était-ce juste le sang accumulé autour du trou auditif du Turien qui l’empêchait de saisir le sens des mots?

- Varis ! Varik attendez ! Est ce que vous êtes sûr qu’il s’agit bien de ce Turien au moins ?
- Qu’est ce que ça change ! Ils sont tous pareils. Parle maintenant ou je te fais bouffer tes mandibules !

Scipio chancelait, tenant à peine sur ses jambes endolories. Il ne sentait plus du tout l’un de ses bras, et son vague sourire semblait définitivement parti. Très loin.

- On s’calme là ! J’n’ai rien fait à Naïla, lâcha vainement le cuisto, se doutant que les deux neurones du Krogan ne se connecteraient pas pour si peu. C’est juste une amie. Pour autant que ça te concerne. J’devais la retrouvais ici, et j’suis aussi inquiet pour elle que toi. A moins qu’tu n’cherches juste une excuse pour taper sur du Turien ?

Un certain racisme envers les Turiens existaient chez les Krogans. La stérilisation de l’espèce entière était en jeu, mais ce genre de détail aurait du être oubliés avec le temps. C’était déjà de l’histoire ancienne ! Si les Krogans étaient un peu plus mesurés, ils se tourneraient vers le Voile de Persée, et admirerait l’entente naissante entre deux les deux peuples qui y vivent, pourtant mortels ennemis. Et peut être que ça les ferait un peu réfléchir, ces connards ambitieux.

Mais Varik ne semblait pas tout à fait prêt à faire valdinguer le Quarien juste pour pouvoir étriper Scipio, et ça lui permettait au moins de reprendre sa respiration. Et pourquoi il faisait ça, d’ailleurs ?

- Vert, laisse le passer. S’il veut Naïla, il ne me tuera pas.

Il poussa mollement le Quarien du bout de la main, puis regretta.

- Je crois.

Et c’est seulement là qu’il vit l’impact sur la vitre de Kori. Il était léger, mais si Scipio savait quelque chose sur les Quariens, c’est bien que leur combinaison était importante. Ce Krogan pouvait frapper Scipio autant qu’il voulait, mais là, il s’en était pris à un innocent (enfin, un second), et qui plus est, un innocent qui avait accepté Scipio a sa table. Ils auraient pu partager tranquillement un verre, discutant de leur connaissance commune… Et si les combinaisons quariennes ont un caractère sacré, la bibine l’est d’autant plus. Le Krogan avançait vers le Turien, mais celui ci planta son doigt dans son torse.

- Écoute Biceps, commençait-il avec une voix décidée. Tu rentres dans un bar pour me péter la gueule, soit, t’es pas l’premier, tu s’ra pas le dernier. Mais t’as joué au con.

D’un geste de la tête, Scipio indiquait l’évident désordre autour d’eux : La forme de Scipio imbriquée dans la table, la forme de Scipio imbriquée dans le sol, la forme de Scipio imbriquée dans le bar… Ce genre de désordre.

- Et tu me dois un verre!
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MessageSujet: Re: L'absente   Dim 17 Déc 2017, 18:14



Kori savoura la petite accalmie qui s'installa dans le bar, le tout perturbé par les regards assassins que lui lançait Tristan et la plupart des clients, comme si le carnage causé par le Krogan était entièrement de son fait.
Le Turien, de son côté, levait un doigt qui se voulait sûrement menaçant vers le Krogan toutefois quelque peu atténué par sa démarche plsu que chancelante.
Personne ne pouvait lui en vouloir au vu de la saucée qu'il venait de se prendre...

- Euh...Hésita le Quarien en captant les regard inquisiteurs de son ancien collègue. Je crois qu'on va aller dehors, hein ?

Kori décala largement le Krogan qui partit en trombe, renversant les quelques chaises qui osaient encore se tenir sur son passage, ignorant les protestations, quoique faibles face au Krogan, des clients.
D'un signe, Kori encouragea sa jumelle à traîner le Turien cabossé avec eux, se hâtant de quitter les lieux avant que le SSC ne s'invite à leur petite réunion
Une fois dehors, le caractère protecteur de la Quarienne reprit naturellement le dessus.

- Kori, ordonna sa jumelle, il faut l'emmener voir quelqu'un.

Evidemment qu'ils devaient aller voir quelqu'un ! Le Turien était plié en quatre, plusieurs hématomes lui ornaient le visage et Kori voyait une rayure lui prendre une bonne partie de son casque. Heureusement pour lui, les visière étaient équipées d'une film fin pouvant maintenir les éclat entre eux en cas de brisure, ce qui permettait au Quarien de ne pas chopper la moindre infection qui passerait par là. Il lui faudrait néanmoins réparer ça au plus vite, même si son état paraissait moins préoccupant que leur camarade Turien...
Ensemble, il se dirigèrent donc vers un lieu plus propice pour soigner les blessures, ou plutôt, le plus loin possible du bar.
Varik ne cessait de lancer des regards soupçonneux derrière lui, vérifiant constamment que ce foutu Turien ne tente pas de prendre la fuite, le mastodonte aurait été trop heureux d'avoir une nouvelle excuse pour lui casser la gueule.

- Varik ? Demanda Kori encore un peu méfiant, de peur de se recevoir un nouveau coup dans la caboche. C'est quoi l'histoire au juste ?

Le Krogan lui adressa un regard noir et froid dont le Quarien sentit la puissance comme si l'on venait un peu plus appuyer sur la fissure de son casque. L'espace d'un instant, il crut que le mastodonte allait de nouveau se mettre à taper tout ce qui bougeait.
Après tout, il ne le connaissait pas vraiment ce Krogan, qui leur disait qu'il n'était pas légèrement siphonné et prêt à attaquer tout et n'importe quoi.

- Naïla me répond plus, annonça-t-il de sa voix graveleuse. Elle était emmerdée par un Turien en ce moment.

Varik accompagna ses paroles d'un coup d'oeil haineux envers le Turien au baluchon.

- En ce moment ? Donc vous l'avez vue y a pas longtemps ?
- Non. Ca fait un bout de temps qu'elle traîne plus sur la citadelle, j'ai pas plus d'info. J'ai chopé quelques noms à l'antre de Choras, mais rien d'utile.
- Vous l'avez déjà vu ce Turien ?
- Bien sûr que non ! Sinon je me ferais pas chier à tabasser tous les Turiens que je croise en espérant tomber sur le bon.
- Pas très efficace comme méthode. Enfin...Se ravisa-t-il face aux yeux noirs du Krogan. Si je peux me permettre.
- T'as une meilleure idée peut-être ? Vous étiez où au juste ? Je croyais que vous étiez ses amis, qu'est-ce que vous foutiez quand elle avait des emmerdes hein ?

Kori ne sut que répondre, laissant ses pieds le traîner dans le dédale de couloirs qui caractérisait les secteurs de la Citadelle.

- Euh...Kori ? Interrogea sa sœur en jetant des regards autour. Où est-ce qu'on va là ? Je connais pas la Citadelle comme ma poche mais je suis sûre qu'il y a pas de clinique ici !

Varik pianota un code rapide sur une interface murale. Un bip sonore lui accorda l'entrée et un petit appartement, petit au vu des dimensions de l'occupant, s'ouvrit à eux.

- On va chez moi, rugit le Krogan. Il a rien de cassé votre gars, y a de quoi s'occuper de lui ici.

Non sans une pointe d'inquiétude, Kori se demanda ce que leur hôte entendait pas "S'occuper". Naki avait entièrement raison, il valait mieux pour tout le monde que le Turien soit emmener en lieu sûr, et surtout loin du Krogan ! Si Varik avait décidé de s'en prendre à lui dans son appartement, les Quariens se retrouveraient complice d'un acte que ni l'un ni l'autre ne souhaitait.

- Entrez je vous dis ! Gronda à nouveau le Krogan en se rapprochant aussi près que possible de Kori.

Puis, sans ménagement, Varik attrapa l'épaule du Quarien d'une main ferme et l'entraîna dans son antre, suivi de près par Naki et son blessé qui n'avait vraisemblablement pas le choix.

L'intérieur du local se montrait étrangement propre et bien rangé. Kori s'étant plutôt attendu à une garçonnière équipé d'appareil de torture en tout genre. Pourtant, Varik semblait quelqu'un de particulièrement soigné lorsqu'il s'agissait de son intérieur.

- Assois-le sur le lit, ordonna-t-il à Naki qui demeurait prostrée dans un coin de la pièce. Y a une trousse de médigel sous l'évier, prend ce qu'il te faut.

Aménageant son espace dans le but d'accueillir trois invités supplémentaires, le Krogan s'installa à table, invitant Kori à le suivre.

- J'ai rien de dextro à vous proposer. Vous voulez boire quelque chose ?

Kori demeura perplexe quelques temps. Cette question, somme toute courtoise, sonnait étrangement avec le grain grave et en tout point agressif de Varik. D'un signe de tête, le Quarien acquiesça et vit trois verres d'eau atterrir sur la table en face de lui.

- Bon. Lança Varik en se tournant à nouveau vers Naki et le Turien. Il va mieux ? Est-ce qu'il peut nous dire ce qu'il voulait à Naïla maintenant ?

Ni commentaires, ni excuses sur ce qu'il venait de se passer. Pourtant, le Krogan semblait être redescendu en pression à en juger par sa posture presque nonchalante sur son siège et son verre jaune, d'où pétillait quelques bulles, presque entièrement emmitouflé dans sa grosse main.
Visiblement, les Krogans trouvaient ça normal de s'arracher la tête à longueur de journée, et Varik ne semblait pas plus gêné que s'il avait donné une claque dans le dos à un vieil ami.
L'avis du Turien risquait toutefois de ne pas être le même !



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MessageSujet: Re: L'absente   Lun 25 Déc 2017, 23:20


Scipio avait joué de malchance, mais comme il était très difficile de faire pire que d’être agressé par un Krogan au beau milieu de la journée, les heures qui allaient suivre se passeraient forcément mieux. Les Quariens se jetaient quelques mots, que le Turien saisissait avec de plus en plus de précision.

- Kori ! Il faut l’emmener voir quelqu’un.

Charmante idée ! Scipio hocha et tituba à leur suite. Lorsqu’il les rattrapa, Naki passa un bras sous son aisselle, et balança celui du Turien au dessus de sa propre épaule. Le rythme de marche du caporal laissait un peu à désirer, mais il allait au moins un peu plus vite. Dans sa vie de militaire, Scipio avait souvent porté des gens de cette manière. A plusieurs reprises, le corps des pompiers avait demandé de l’aide à son propre régiment, et il n’hésitait jamais une seule seconde à porter les blessés hors des décombres. Aujourd’hui, il était le blessé… Mais ne faisons pas comme si c’était la première fois.

- C’est bon, ça ira. J’arriverais à vous suivre.

Le silence de Naki parlait pour elle. Leur marche fut plus longue que prévue, et Scipio jura d’avoir vu plusieurs pharmacies sur la route. Où est ce que le Krogan les emmenait ? Les Quariens étaient-il dans le coup ? Le petit vert ne semblait pas vraiment en total contrôle de la situation, il suivait juste le Krogan en le harcelant de question. Dans le doute, Scipio tapota un peu sur son omni-tech. Une lumière verte se mit à clignoter sur la surface de Midas.

- Si on tourne par là, on peut rejoindre St Ange. C’est une clinique humaine, mais ils devraient savoir me rabibocher.
- On ne va pas par là, apparemment. Varik doit avoir une idée derrière la tête.
- Varik ? Le charmant perturbateur, je suppose ?

La douleur rendait Scipio sarcastique, mais Naki ne relevait pas. A la place, elle demanda à son frère :

- Euh… Kori ? Où est ce qu’on va là ? Je connais pas la Citadelle comme mas poche mais je suis sûre qu’il y a pas de clinique ici !
- On va chez moi. Il a rien de cassé votre gars, y’a d’quoi s’occuper de lui ici.

Ni Kori ni Naki n’avaient l’air rassuré. Autant dire que Scipio commençait à craindre pour sa vie, "rien de cassé" n'étant pas la manière dont il se serait décrit… Mais ce Krogan cherchait Naïla. Il avait besoin de savoir si c’était avec de bonnes ou de mauvaises intentions, et comptait jouer sa seule carte : Varik avait besoin de lui en vie. Scipio se surprenait à penser avec grand calcul à sa possibilité de mourir sur quelque chose d’aussi stupide. Il allait bien entendu sortir de là vivant ! C’était forcé. Il avait un stand de nouilles à monter, il avait déjà remarqué une roulotte d’occas qui lui plaisait bien… Et surtout, il fallait retrouver Naïla.

- Entrez je vous dis !

Varik n’était pas du genre poli, et il jeta Kori à l’intérieur. Naki lâcha Scipio et ferma la marche, les deux partageant une certaine appréhension vis à vis de l’endroit. L’endroit n’était pas des plus laids ; dans la mesure où un Krogan l’avait aménagé. Et l’hôte cherchait même à être hospitalier ! Scipio n’aurait pas dit non à un verre, s’il n’avait pas craint qu’on lui serve du verre pillée. Ayant enfin l’opportunité de s’asseoir depuis l’incident, Scipio en profita. Quand Varik lui posa la question fatidique, le Turien se tourna vers Naki, cherchant un peu de support. La vitre opaque ne lui répondit rien, alors il se résigna.

- Non. Je n’aurais aucun problème à le dire, si j’étais certain que Naïla voulait que tu le saches.

Ça y est, le poing du Krogan se crispait déjà autour de son verre. Scipio plissa les yeux, prêt à éviter une charge, mais Varik avait compris que le Turien ne comptai pas s’arrêter là, et avait encore des choses à dire.

- Écoute, repris Scipio. Je ne sais pas exactement où Naïla est partie, mais je peux aider à réduire les recherches. Et crois moi, ça sera d’un coup vachement moins long que de juste taper sur tous les Turiens que tu croises ! Et ça t’attirera moins d’ennuis.

Kori eut un mouvement de recul (tout à fait naturel), s’attendant à une réaction violente de Varik. Mais lorsqu’il voulut parler, le Turien toussa bruyamment et reprit ce qu’il avait à dire :

- Mais je n’donnerais aucune info qui mettrait en danger Naïla. Alors pourquoi tu la recherches ? Je veux bien croire que les deux autres la connaissent, mais toi ? C’est quoi ton histoire ? T’as voulu faire le bonhomme, elle t’as un peu trop serré ton verre et tu t’es ridiculiser à vomir devant tes potes, depuis tu veux te venger ? Ou bien t’es juste un lourdingue qui pense avoir une touche ? J’ai été barman avant, j’les connais les gars comme toi. Et c’est pas franchement les clients qu’je préfère.

Scipio prenait étonnament bien sa récente aggression, alors que Kori lui appliquait maladroitement le médi-gel. Peut être le caporal profitait-il justement de la barrière qu'il représentait, espérant que le Krogan éviterait les dégâts collatéraux, ou bien peut être pensait qu'il qu'on ne pouvait répondre à la brutalité que par ce mélange de méchanceté et de précaution. Midas voletait dans un coin de la pièce, lui et Naki agissant comme témoins silencieux de cette espèce de scénette ; un vaudeville prêt à tourner en tragédie.
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MessageSujet: Re: L'absente   Lun 08 Jan 2018, 23:45



Tandis que leur “agréable” hôte sirotait tranquillement son verre, le bras nonchalamment posé sur son imposante carcasse, Kori se demandait combien il leur restait avant que Varik ne se décide à nouveau à détruire tout ce qui se trouvait sur son passage, Quariens compris.
Dans un instant d’imagination décuplée, Kori s’interrogea par la suite sur leurs chances de maîtriser le mastodonte, deux Quariens et un Turien amoché…
Après tout, pourquoi pas ? En supposant que Varik se prenne les pieds dans son siège et s’étale de toute sa masse au sol. Et qu’il se casse un bras. Alors peut-être...Même ainsi, l’un d’eux devrait sûrement se sacrifier pour laisser aux autres une chance de quitter l’appartement. Entre une femme, un blessé et Kori, le choix aurait tôt fait de se porter sur lui. Mauvais plan, donc.
Lorsque la voix du Turien, dont ils ignoraient encore le nom, surgit dans son dos, Kori fut pour le moins surpris - Et quelque peu inquiet ! - de constater le ton presque provocateur qu’il empruntait.

- Non. Lança le Turien. Je n’aurais aucun problème à le dire, si j’étais certains que Naïla voulait que tu le saches.

D’un unique mouvement, la tête des jumeaux se tourna vers le suicide inconscient et, s’il lui avait été possible de voir au travers de leurs casques, il y aurait lu à quel points ils étaient à deux doigts de lui sauter dessus pour l’empêcher de s’exprimer davantage.
Et ils auraient dû ! Le Turien semblait intarissable en propos, à tel points que Kori ne fut plus si sûr que leur camarade ne se soit pas retrouvé avec un vilain bleu sur le crâne !
A sa dernière tirade, le poing du Krogan s’écrasa avec sur la table, faisant sursauter la petite assemblée et fissurer le malheureux verre qu’il serrait fermement.

“Désolé petit verre, mais mieux vaut toi que mon cou…”
- Tu me paraît bien protecteur ! Tempêta Varik tout en pointant son gros doigt accusateur sur le blessé. Si t’avais été important pour elle je l’aurais su, et j’ai pas à me justifier devant toi, Turien !

D’un geste brusque qui alarma les Quariens, le géant se leva mais, contrairement à ce que pensait Kori se préparant déjà à essuyer un nouvel assaut, se contenta de s'affairer en cuisine, rangeant bruyamment ce qu’il y trouvait, visiblement plus par volonté d’empêcher ses mains de venir trouver la tête du Turien.
Voyant que Varik ne se donnait pas la peine de répondre, Kori se permit d’expliquer à leur camarade d’infortune le passé que pouvait avoir en commun un Krogan impulsif et une jeune serveuse Quarienne. Tout du moins ce qu’il en connaissait.

- Quand Naïla a fait on pèlerinage, raconta-t-il à voix basse, comme s’il craignait que Varik ne puisse entendre ce qu’il n’avait pas souhaité révéler, doit y avoir cinq ans je crois, elle s’est retrouvée coincée sur Oméga. Je sais pas si tu as déjà eu l’occasion d’aller sur place, mais je pense que tu dois avoir une idée du genre de vie qu’on peut mener là bas…
- C’est grâce à Varik qu’elle a pu rejoindre la Citadelle et s’y installer, enchaîna sa jumelle. Ces deux là se connaissent depuis plus longtemps que Kori et moi la connaissons.
Crois-moi
, confia-t-elle au Turien, son regard plongé dans le sien, si tu sais quelque chose à propos de tout ça, tu peux lui dire.

Un détail chiffonait quelque peu le Quarien vert, sans pour autant qu’il l’énonce à voix haute. La remarque tonitruante de Varik résonnait encore dans son esprit. Si ce Turien avait été important aux yeux de son ami, Varik l’aurait su. Pourquoi pas, Kori ne connaissait pas parfaitement les liens qu’entretenait le Krogan et Naïla. Pourtant, dans le bar, le Turien était venu à eux sans vraiment savoir à quoi ressemblait leur amie, pas même un numéro où la joindre, ni d’informations plus précise que ça de ce qu’avait pu en comprendre Kori. Et voilà qu’il se sentait soudain l’âme vaillant d’un défenseur de jeune femme en détresse. Sans aller jusqu’à dire que ce personnage avait un comportement quelque peu étrange, ce personnage avait effectivement un comportement quelque peu étrange !
Il tardait au Quarien de connaître la relation qui liait ces deux là, et surtout, quels informations le Turien pourrait leur donner pour élucider cette absence.
Du coin de l’oeil, Kori discerna une lueur qui s’accrocha à sa visière. La fissure qui l’en zébrait se rappela à lui. Cela faisait une bonne demi-heure que le Quarien se baladait avec un casque non sécurisé. Une chance qu’il ne commence pas à se sentir vaseux ! Mais les maux viendraient, dans une minute, une heure...Mais ils viendraient certainement.

- Alors ? Pressa-t-il calmement le Turien qui devait, à l’heure actuelle du moins, beaucoup plus souffrir que Kori. Tu disais savoir quelque chose sur Naïla ?



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MessageSujet: Re: L'absente   Mar 09 Jan 2018, 19:32


Varik semblait s’être… Calmé. Il avait brisé un verre entre ses mains et son fauteuil était trempé, certes, mais il n’avait même pas frappé Scipio, ce qui était déjà un énorme progrès. Du coup, ce dernier put un peu desserrer des dents, persuadé qu’il était de recevoir un coup d’une seconde à l’autre. Le krogan plaçait un écart physique entre eux, faisant le choix de s’exiler en cuisine pour éviter le cuistot, étonnamment. La baisse de pression était palpable, et même le petit quarien vert, qui avait semblé défaillir à chaque mot de Scipio, s’autorisait un soupir de soulagement.

Scipio, lui, était laissé hébété par le discours de Varik. Pourquoi il souhait protéger Naïla ? La réponse n’était-elle pourtant pas évidente ? Plus il y pensait, et plus toute cette situation faisait sens : bien sûr qu’à leurs yeux, il n’avait aucune raison d’aider Naïla ! Elle était un dénominateur commun, mais pour les trois autres, Scipio était juste une inconnue. Alors qu’il y réfléchissait, encore tendu par la pression soulevé par ses propres mots et son interlocuteur, Scipio se vit offrir quelques explications par les quariens. Des explications bienvenues. La jumelle encore enchâssée dans un coin de la salle, c’est son frère qui pris la parole ; à voix basse, presque trop basse pour que le turien l’entende. Après les premiers mots à peine, il posa des doigts sur sa tempe, comme si ça allait chasser le couple de moissonneurs qui semblait rugir à l’intérieur.

- Quand Naïla a fait son pèlerinage, doit y avoir cinq ans je crois, elle s’est retrouvée coincée sur Oméga. Je sais pas si tu as déjà eu l’occasion d’aller sur place, mais je pense que tu dois avoir une idée du genre de vie qu’on peut mener là bas.

Scipio acquiesça, plus par politesse qu’autre chose, puis se tourna vers Naki, qui prenait la parole à son tour.

-C’est grâce à Varik qu’elle a pu rejoindre la Citadelle et s’y installer. Ces deux là se connaissent depuis plus longtemps que Kori et moi le connaissons. Crois moi, lâcha-t-elle intensément, si tu sais quelque chose à propos de tout ça, tu peux lui dire.

Il ferma les yeux durant un moment, puis prit une profonde inspiration. Quel retournement de situation... Non seulement Naïla lui ressemblait plus qu’il ne le soupçonnait, mais il se trouvait que Varik également ! S’il n’était pas raciste ou krogan, ça aurait même pu être un type sympa.

-Très bien. Je vais lui parler… On trouvera un terrain d’entente. Je suis d’Oméga aussi. Enfin, je suis pas né là bas, mais c’est là que j’ai bossé ces dernières années. Il leva une main, comme pour balayer les interrogations. Rien d’illégal. Je suis cuisto. Mais j’ai connu les galères comme Naïla, et c’est peut être ce qui nous a rapproché, au final. Enfin, je n’avais pas de garde du corps krogan.

Scipio se leva, prêt à aller voir Varik (ce qui demandait une sacrée dose de burnes, soyons honnêtes), mais quand il baissa les yeux vers Kori, il aperçu l’impact dans la vitre de son casque. Sa propre douleur avait un peu effacé ça, mais maintenant, il se rappelait que le krogan avait frappé le quarien, dans le chaos du « combat ». Et franchement ça, c’est pas propre. Subitement il se mit à fouiller dans son sac à dos, espérant que tout son matériel n’avait pas été dispersé aux quatre coins du Parigo.

- Bon sang Kori ! J’avais complètement zappé la fêlure dans ton casque. Laisse moi t’aider avec ça. Midas !

Le quarien recula instinctivement à l’entente de ces mots, mais l’I.V se rapprocha de lui, et le mur ne lui permis pas la fuite. Sa sœur regardait la situation, prête à réagir en cas de danger, mais pas vraiment certaine que le cadavre ambulant pouvait causer un quelconque tort. Pour l’instant, ce qu’il avait fait de plus dangereux était de parler.

- T’en fais pas, lâcha le Turien. Je sais c’que je fais.
- Scan en cours.

A ces mots, l’œil central de Midas pris une légère teinte bleue, et une lumière de la même couleur se mit parcourir le masque du quarien, relevant les aspérités et les fissures avec bien plus de précision que l’aurait fait un simple observateur. La petite loupiotte verte continuait également de clignoter. Scipio enfila un gant, écarta Midas, examina le relevé sur son omnitech, puis tendis un espèce de chewing-gum gris à la jumelle, en lui demandant d’en faire de petites boules. Lui même en tenait une dans la main, et tout en commençant son œuvre, il s’expliqua au duo :

- T’inquiète pas, c’est stérilisé. C’est un truc que nos gars nous ont donné pour aider les volus et certains turiens en soins intensifs qui avaient besoin de porter des combis en permanence. On avait du évacuer un hôpital en urgence suite à un raz de marée, et beaucoup arboraient des impacts qui menaçaient de devenir des brèches. Pour les malades, ça passait encore, mais pas question de laisser le personnel volus nous exploser entre les mains. Il plissait les yeux, vraisemblablement concentré et minutieux. Par chance, l’impact est peu localisé, il s’est propagé plutôt que de percer. Les fêlures ne sont que d’un côté du verre, si tu préfères.

Scipio ressemblait à un dentiste, avec son gant blanc, ses petits outils et son patient sur le fauteuil. Il récupérait les boules grises et les glissait à l’intérieur des feintes, comme un sculpteur réparant les craquelures d’une œuvre avec de la résine. Quand il eut finit et que la patte tournait au bleu clair, le turien rangea ses affaires dans son sac, remercia Midas et le désactiva. Il en avait assez fait pour aujourd’hui. Les mains plongées dans son vieux sac percé, remettant un peu d’ordre, Scipio expliquait à voix basse, comme s’il parlait plus pour lui même que pour les quariens :

- Je sais bien que vous ne me comprenez pas. Je ne connais pas Naïla depuis tant de temps que ça, après tout… Mais c’est ce que je fais. J’aide les gens. C’est tout. Parfois, ça veut dire cuire une plâtrée de pâtes, parfois, c’est faire face à un krogan...

Il ferma le sac à dos et se tourna vers la cuisine, trainant sa jambe endolorie. Varik faisait frénétiquement la… Vaisselle ? Varik faisait frénétiquement la vaisselle, plongeant sa rage dans l’eau chaude et la graisse. Scipio sourit, mais ses mandibules se rétractèrent légèrement, en signe de stress. Il fit quelques pas en avant, prêt à tout dire, et surtout prêt à tout.

- Écoute Varik, commença-t-il, accueilli par un puissant grognement. Je vais t’aider à trouver Naïla.
- C’est pas trop tôt.
- Et non, je ne suis pas « important » pour elle. On est juste des amis, récents même. Et je ne sais pas qui a pu lui faire du mal, ou même si quelqu’un l’a fait…

Varik tourna subitement la tête. S’il ne savait rien, que faisait-il encore ici ?!

- Du calme ! Je peux réduire les recherches, comme je t’ai dit. On s’est… On s’est connu sur un site de rencontre. Y’a du avoir un bug sur le site, puisqu’elle n’aime pas les turiens. Ça nous a pas empêché de papoter et de bien s’entendre. On bosse tous les deux dans la restauration, j’étais barman, elle aussi, on avait de quoi parler. Elle ne m’avait pas dit, pour Oméga…

Scipio eut presque l’impression de voir une aura de haine émaner de Varik. Il avait oublié qu’il n’était pas censé savoir ça. Oups.

- Mais grâce à ça, je peux aider ! lança-t-il, espérant désamorcer la bombe. Afin de donner des propositions adéquates à ses membres, le site les localise. C’est pas très précis, mais on saura au moins si elle est dans la bulle locale ou ailleurs. Si on peut avoir accès aux données de localisation, on devrait pouvoir savoir où est l’omnitech de Naïla… Et Naïla avec.

Le turien déglutit. Le krogan avait l’air trop vieux pour son amie, mais on voyait de tout de nos jours. Il espérait qu’il s’agisse bel et bien juste de son « protecteur », et pas son amant. Sinon, son arrêt de mort était signé. Eh, mais, attendez… Il tenait encore debout ! Scipio n’était pas mort, décapité sur le coup d’un revers de la main ! Hourra !

- Laisse moi t’aider, Varik. Vous aussi, continua-il en se tournant vers les quariens. Tout ça, ça sent mauvais… Naïla n’est pas juste absente.








Les couleurs de nos héros, le Jaune Midas #ff9900 et le Bleu Sempronia #0099ff
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MessageSujet: Re: L'absente   Hier à 18:04



Naïla n’est pas juste absente.

Ce mots résonnèrent dans la tête de chacun des participants à la petite assemblée qui s’était formée dans l’appartement du Krogan. comme une confirmation à la ce que tous avaient supposés sans vouloir l’annoncer à voix haute.
D’une main hésitante, Kori tâta son casque. Il ne sut dire ce qui l’étonnait plus chez le Turien, la rapidité a laquelle il l’avait rafistolé, du moins pour un pseudo cuisinier, ou bien l’assurance dont il faisait preuve face au Krogan et à l’absence de Naïla.
Si ce cuisinier était bel et bien complice de la disparition de leur amie, il le camouflait plutôt bien derrière l'inquiétude qui semblait poindre sur son visage. Le Quarien doutait de plus en plus de cette option...Même si le turien lui semblait tout de même étrange.
Etrange...Ca lui allait bien d’utiliser ce mot ! Lui que tout le monde pensait avoir un pète au casque, ce qui était littéralement le cas en ce moment…
Aidez les gens, comme une espèce de mission. Une idée autant stupide qu’honorable et, l’espace d’un instant, Kori eut un élan de sympathie et d’admiration pour ce Turien peut-être aussi dérangé que lui !

En tout cas, son idée tenait la route ! Il était arrivé à Kori de s’inscrire sur un de ses site, poussé par sa soeur et un peu lassitude aussi, mais jamais rien de bien fructueux, et le compte finissait généralement aux oubliettes, convaincue qu’il n’avait pas besoin de tout ça. Jusqu’à ce qu’il craque à nouveau quelque mois plus tard, poursuivant un cycle qui se répétait environ tous les six mois depuis quelques années, comme une petite routine déprimante. L’idée de se savoir géolocalisé en temps réel par ce genre de site ne l’étonnait guère.

- C’est pas bête du tout Varik ! S’exclama Kori.
- Elle ne doit pas être connectée au site pour ça ? S’interrogea sa soeur.

Savoir qu’elle allait tracer son amie ne l’enchantait pas vraiment, tiraillée entre la peut qu’il lui soit arrivé quelque chose et l’idée de pénétrer dans son intimité, elle qui avait peut-être juste voulu s’exiler loin de sa vie.

Malgré tout, Varik restait méfiant, peut-être par nature, peut-être par racisme, ou peut-être tout simplement à raison.

- Et qu’est-ce qui te fait croire qu’elle est pas juste “absente” comme tu dis ? Grogna le Krogan.
- Varik...Supplia Kori. Vous êtes le premier à l’avoir pensé.
- Je lui fais pas confiance, c’est tout…

Inutile d’insister, quoiqu’ils puissent dire, le Krogan ne changerait sûrement pas d’avis avant d’avoir obtenu des résultats.

- Bon. Trancha Naki. Inutile de divaguer pendant des heures.On y va.

Le Turien activa son omnitech, éclairant son visage d’une lumière orangée. Après plusieurs manipulation, il fit apparaître un site de rencontre promettant énormément de chose, comme la plupart d’entre eux, dans lequel le Turien navigua pour y retrouver le profil d’une Quarienne en combinaison rose dans ce qui semblait être l’une des ruelles du praesidium, beaucoup plus vendeur que les secteurs...Le profil affichait fièrement les quelques photos déposée par leur amie, dont une sans casque prise dans un de ces environnement stérilisés qui se multipliaient depuis la nouvelle intégration des Quariens. Naïla avait sûrement dû dépenser une petite somme pour obtenir ce genre de cliché. Cette idée fit sourire Naki qui reconnut bien le style de son ami. Son inquiétude n’en augmenta que plus.
Au dessous de l’image de profil, une petite phrase indiquait la distance approximative à laquelle se trouvait l’individu et s’il se situait dans le même secteur.
Le résultat était sans appel. 5 km.

- C’est une blague ? Grogna le Krogan qui s’était rapproché du petit groupe.
- Elle est toujours à la Citadelle ? Demanda un Kori plus perplexe qu’à l’accoutumé.

Etait-ce seulement possible ? Tant d'inquiétude, des semaines d’absence Et Naïla n’aurait tout bonnement pas quitté la station ? Une simple mise à l’écart de sa part serait la cause de tout ce bordel ?

- C’est n’importe quoi ! Ragea à nouveau le Krogan. Je suis allé plusieurs fois chez elle et jamais je l’ai trouvée sur place !
- Je crois que le mieux reste d’aller voir...Suggéra Kori en demandant à leur camarade Turien s’il pouvait avoir une localisation plus précise.

Quelques manipulation supplémentaire lui permirent d’accéder à une carte représentant la Citadelle et, d’un point lumineux, leur montrait l’emplacement plus ou moins précis de la personne.

- Sacrément intrusif ce site de rencontre...Déplora Naki. Tous les tarés peuvent te trouver en moins de deux !
- C’est encore les secteur, commenta le Quarien. On y va ?

Mais déjà Varik avait tournées les talons, se dirigeant à grandes enjambés vers la porte d’entrée.

- Apparement oui. Au fait, merci pour ton aide. D’ailleurs moi c’est Kori, et elle Naki. Et lui…
- Magnez-vous ! Gronda la voix profonde du mastodonte.
- Bref…

Après une courte présentation du Turien, pressé par un Krogan en colère, le petit groupe se dirigea vers le fin fond des secteurs, celui que personne ne souhaitait fréquenter. celui où l’on se retrouvait, si ce n’était par inadvertance et malchance, que parce qu’on n’avait pas vraiment le choix.
Le groupe atterri dans ce qui ressemblait à un espèce de marché improvisé, emplit de matériel électronique à-même le sol et d’autre “marchandises” cachées sous le manteau. varik s’approcha s’aventura dans la foule, suivi par Quariens et Turien, pour finalement se retrouver face à un stand grossièrement présenté sur une table en vrac.

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda Kori en arrivant à sa hauteur.

Mais déjà le Krogan rugissait, faisant volt face à vive allure, prêt à arracher la tête du premier venu.

- Un revendeur d’omnitech.

Ses grand yeux percèrent la visière sombre du petit Quarien impuissant, réalisant les conséquences de ce qu’ils venaient de découvrir.
Leur amie n’avait plus d’omnitech. A présent, aucun doute ne pouvait être avancé.
Naïla n’était définitivement pas juste absente.



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L'absente

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