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 Inaltérable éveil

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MessageSujet: Inaltérable éveil    Mar 09 Jan 2018, 22:16
Intervention MJ : NonDate : Décembre 2202 RP Tout public
Nasaya LedajinBeeythia Moraios
Inaltérable éveil




Inaltérable Éveil
Juste le temps d'une chanson. Les lieux vibraient, le vénérable métal robuste qui en délimitait les frontières, si austère et froid d'ordinaire, s'était mis à danser. De multiples néons lumineux, publicitaires ou festifs, faisaient apparaître avec une fierté non dissimulée toutes leur nuances de couleurs le long des parois, savant mélange entre perspectives colorées et œuvres d'arts improvisées. Le son était puissant, artificiel, amplifié, mais suffisamment poignant pour donner un sens et un rythme à ce chaos lumineux. L'espace d'un instant, les lieux venaient de prendre vie, exprimant leurs maigres notions artistiques de la seule et unique manière qu'ils connaissaient. Puis, presque aussi rapidement que lors de leur ascension, ils retrouvèrent leur calme légendaire, retournant dans leur sommeil éternel suite à ce bref éclat de vie.

Une ombre passa, une robe noire comme la nuit, saupoudrée de ci de là de quelques scintillement argentées. Un léger mouvement fit apparaître une longue jambe bleue de l'une des fentes du tissu, contrastant comme d’autant de planètes gorgées de vie sur les ténèbres du néant. Une asari, la noirceur de la robe camouflant à la quasi perfection l’intégralité de son corps, un visage composé de traits fins, presque délicats, seule la puissance de son regard ambré trahissait la force qui siégeait sous la beauté.

La fille de Thessia observait la scène depuis un moment, spectatrice silencieuse et furtive parmi une foule qui représentait tout l'inverse. La source de toute cette hystérie ? Une quarienne à la combinaison verte et noire, une chanteuse, une star, une personne qui rassemblait des cohortes de fans et qui déchaînait les passions. Voilà bien un concept qui paraissait très étrange aux yeux de celle qui avait grandi sur Tuchanka. Mais elle n'était pas ici pour se mêler à cette masse grouillante de parasites, elle ne faisait qu'attendre patiemment, les bras croisés, un fin sourire venant étirer son visage.

Ce ne fut que lorsque le concert se termina que Nasaya put enfin réellement accomplir ce pourquoi elle était venue jusqu'ici. Juste en dessous d'une gigantesque affiche faisant la promotion de la quarienne la plus connue du groupe dextro vibes. Elle y rencontra l’intéressée, dénuée désormais de tout résidu de foule parasitaires gravitant alentour, uniquement accompagnée de ses gardes du corps. Les deux femmes échangèrent quelques mots, puis firent quelques pas ensemble avant de disparaître dans un salon VIP. La jeune chanteuse n'était pas aussi innocente que ce que son image aurait pu le laisser croire, elle possédait en effet une place de choix au sein du réseau du plus puissant Courtier d'informations de la galaxie.

C'est donc désormais en possession d'un minuscule bloc de données camouflé sous sa robe que Nasaya ressortit plusieurs dizaines de minutes plus tard, ayant pris congé de la jeune quarienne. Une personne que l'asari connaissait déjà assez bien, mais avec laquelle il était évidemment impossible d'afficher une quelconque complicité en public, comme avec la grande majorité des agents que Nasaya devait fédérer dans l'ombre.

Ne perdant pas de temps supplémentaire, l'asari tout de noir vêtue reprit sa progression, marchant d'un pas souple le long d'une rambarde qui constituait la seule protection entre l'esplanade et le vide qui se trouvait en contrebas. Des skycars vrombissaient dans le ciel à chaque seconde, filant à toute allure et marquant l'air de ce bruit si particulier dont ils avaient le secret, disparaissant en quelques secondes seulement derrière toute les énormes infrastructures métalliques qui composaient l'endroit. L'asari marqua une pause, l'ambre de son regard se posant un instant sur la vue qui s'offrait à elle.

La citadelle. Merveille technologique et cœur des systèmes conciliens, joyau galactique, foyer des peuples, dame de fer éternelle... Les qualifications ne manquaient pas et ne tarissaient pas d'éloges pour la plus grande station spatiale de la Voie Lactée. Chaque secteur, chaque aile de cette gigantesque infrastructure fourmillait d'une activité qui auraient pu faire pâlir bon nombre de colonies mineures. Un émerveillement constant, une source quasi infinie de possibilités, de rencontres, de découvertes, une cataracte de causalité qui emportait doutes, stress et frayeurs dans un torrent de fascination presque intarissable... Du moins, en apparence.

Nasaya s'arracha à cette vue et reprit sa marche. Bien que la citadelle n'était pas l'endroit qu'elle avait le plus foulé dans sa jeunesse, elle s'y connaissait suffisamment pour pouvoir s'y sentir à son aise. Sa présence ici n'était donc motivée que par le repos, une volonté d'apaiser son corps et son esprit dans ce que la station avait de plus beau à offrir à ses yeux. Rien ne lui empêchait bien évidemment d'en profiter pour inspecter l'état du réseau dans ce secteur galactique, mais ce n'était que secondaire. Une autre tâche en revanche, bien plus importante, allait cette fois ci bouleverser la quiétude de la routine de l'asari.

La fille de Thessia pénétra dans un bar aux nuances azures, n'accordant même pas un regard aux videurs, elle ne venait ici que pour combler une avance malheureuse sur un rendez vous, une erreur de calcul qui devait être colmatée et comblée aussi vite que possible. D'une démarche majestueuse, la fille de la matriarche Ledajin s'installa sur l'un des sofas, laissant l'ambre juger tout ce qui l'entourait. Comme bon nombre de bars, l'ambiance y était forte, la musique et les jets de lumières psychédéliques invitant à la consommation et à l'oubli du monde qui se trouvait à l'extérieur. L'ambre croisa quelques regards, curieux ou fascinés, qui s'étaient posés sur la demoiselle asari, ayant succombé à l'aura de mystère que cette dernière dégageait.

Nasaya ne s'en formalisa pas le moins du monde, au contraire, elle s'en nourrissait parfois. Mais pas ici, pas maintenant, elle ne pouvait même pas ravir son palais des délices liquides qui trônaient fièrement sur le comptoir. Non, l'asari avait besoin de garder l'esprit clair et acéré, pour l'instant tout du moins. Car ces minutes qu'elle comblait en observant cet endroit ne la rapprochaient que de plus en plus d'un rendez vous qu'elle avait elle même fixé et qu'elle ne pouvait se permettre de gâcher. L'ambre termina sa course sur les courbes de l'unique danseuse asari du bar, un spectacle qui acheva la découverte visuelle des lieux et qui marqua la fin de son séjour en son sein. De sa démarche féline, Nasaya quitta donc le bar, sa longue robe ténébreuse suivant chacun de ses pas.

***

Un environnement totalement différent s'ouvrait devant l'agente désormais, les quais. Lieux de transition sujets à de grands regroupements, et aussi en conséquence à de fortes mesures de sécurité. Une formalité dont il fallait pourtant bien être capable de s’accommoder pour avoir la chance de goûter aux doux délices de la Citadelle. Et c'était à cet endroit que Nasaya devait retrouver son invitée.

Beeythia Moraios, une asari possédant une grande influence malgré ce que laissait suggérer son jeune âge. Encore simple employée de la Lumiéna quelques années auparavant, l'agente l'avait rencontrée au cours de son enquête sur la disparition de ses camarades sur Illium, et elles avaient eu l'occasion de se côtoyer pendant une courte période. Nasaya avait alors été touchée par l'innocence et la gentillesse de la toute jeune demoiselle, un contraste des plus impressionnants au vu de l'univers dans lequel elle évoluait. Tout portait à croire qu'elle allait elle aussi disparaître, dévorée par la concurrence et les dangereux prédateurs avides d'ambitions, et pourtant... Ce fut avec une grande surprise que Nasaya avait appris par la suite, son ascension fulgurante et inattendue au sommet de la Lumiéna.

Et désormais, plusieurs années plus tard, elle avait enfin l'occasion de la revoir. Une curiosité presque malsaine dévorait l'agente, elle avait hâte de constater les changements chez Beeythia, de voir si cette perle rare s'était elle aussi transformée en prédateur, son environnement effaçant toute trace de sa candeur d'autrefois. Une navette s'approcha pour arrimage et Nasaya fit comprendre d'un délicat mouvement de la main au poste de sécurité situé derrière elle qu'ils devaient agir comme convenu.

Les dockers s'attelèrent à la tâche une fois la navette arrimée, ils devaient déplacer les biens de la dirigeante de la Lumiéna à un hôtel dont elle avait précédemment spécifié l'adresse. Les mesures de sécurité étaient sans aucun doute bien plus rigoureuses et appliquées qu'à l'ordinaire, il n'était pas commun de recevoir quelqu'un de cette importance sur la citadelle.

Nasaya se tenait devant le sas lorsque ce dernier s'ouvrit. Elle s'inclina alors avec un grand respect, en l'état des choses, elle était d'un rang bien inférieur à celui de son invitée. L'agente du Courtier de l'Ombre écarta alors ses bras de part et d'autre de son corps, sa longue robe noire tombant en cascade autour d'elle, et prit la parole d'une voix mélodieuse.

Bienvenue sur la Citadelle.

Feat. Bee

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MessageSujet: Re: Inaltérable éveil    Jeu 11 Jan 2018, 22:28
La voix féminine que j’avais au téléphone me semblait particulièrement monotone. Un peu comme si prendre des réservations n’avait jamais été le métier de ses rêves, ce que je pouvais aisément comprendre. La lassitude et l’ennui suintait dans ses répliques qui coulaient par l’habitude des années.

« Combien y aura-t-il de passagers ? » continuait-elle.

« Je serais seule. » lui répondis-je d’une voix qui trahissait sans peine l’excitation. Enfin ! La compagnie ne me dérangeait jamais mais… récemment, un urgent besoin de solitude s’était fait ressentir. Et ce long voyage serait parfait ! Il ne serait pas pour autant question de rester seule, non. Le voyage uniquement.

« Quelles options de notre catalogue souhaitez-vous ? » Celles-ci défilaient maintenant sur mon OmniTech. Beaucoup étaient superflues. Je pouvais y lire “boissons” ou voire même “danseuses”. Je discernais beaucoup mieux leur crédo accrocheur : « Vous serez mieux servi que par vous-même ». Très peu pour moi.

« Rien du tout, de quoi me restaurer et un lit, s’il vous plait. » Réponse qui ne parut pas satisfaire la correspondante qui ne prit même pas la peine d’étouffer le profond soupir. Ses pensées n’avaient pas besoin d’être traduites, « Qu’est-ce que je fous là avec cette radine ? » clignotait dans mon esprit.

« Bien, tout est bon. Votre transport est réservé pour la semaine prochaine. Les détails de votre paiement et de votre voyage vous ont été envoyés sur votre OmniTech. Pensez à nous prévenir si vous deviez changer vos plans. » Je lâchai un « Oui, merci beaucoup. Bonne journée » rédempteur et trépignait de joie. Pendant ce temps, la phrase générique revenait à la bouche de la demoiselle : « Nous espérons que passerez un agréable moment sur notre réseau de transport. » puis un “bip” mit fin à la conversation abruptement.

Enfin, enfin, enfin ! Je pris le temps de faire trois fois le tour de mon appartement, en pantoufles, pour me calmer. Un invité aurait rapidement conclu que j’étais folle ou stupide ou les deux. Légèrement essoufflée, je ne pouvais m’empêcher de penser que dans une semaine, je découvrirais la Citadelle pour la première fois ! N’ayant pas de vaisseau personnel ni les compétences de pilotages inhérentes et ne souhaitant pas utiliser un vaisseau professionnel pour cette affaire personnelle, j’avais fait appel à cette compagnie. Malgré le découragement de leur standardiste, leur service avait jusqu’ici été parfait.

Un chocolat chaud dans les mains, je savourais d’un œil distrait le message récapitulant le voyage sur mon terminal. Enfin…

***

Les yeux fermés, allongée sur le lit, je me retournais une énième fois. Tantôt sur le ventre, tantôt sur le dos, tantôt une jambe relevée, après avoir même testé la position dite de « l’étoile de mer », je finis par me résoudre à garder les yeux grands ouverts sur le plafond bleuté, dans cette pièce noire. Le monteur vrombissait doucement, il berçait presque. Mon datapad personnel venait de sortir de veille, projetant cette lumière diffuse. Un message, sans doute. J’attendis patiemment qu’il s’éteigne m’économisant l’effort d’un mouvement. Dès que je fermais les yeux, ne serait-ce que quelques secondes, l’excitation me gagnait lors d’une bataille que je ne menais même pas. Deux mots revenaient.

La Citadelle. Et Nasaya. La Citadelle. Nasaya. La Citadelle… Nasay…

Le sommeil gagna finalement la partie. Plus que quelques heures de voyage.  

***

« Une fois que nous serons arrivés sur la plateforme, vous devrez attendre que la navette soit arrimée. Vous ne pourrez activer les commandes de la porte qu’ensuite. C’est pour votre sécurité, Madame Moraios. » Une nouvelle fois, tant de fois depuis quelques jours, je peinais à contenir toutes les émotions qui déferlaient en moi tel un tsunami, sauf que celui-ci n’était pas dévastateur. Joie, excitation, impatience et même une légère peur s’emmêlaient pour former un détonant mélange. J’étais là. J’attendais derrière cette porte irrésistiblement fermée. Elle s’ouvrirait dans quelques minutes pour laisser place à… à… je n’arrivais même pas à y poser des mots. Je prenais une longue inspiration puis l’expirait. Ça y est.

La lumière rouge passa au vers en une fraction de seconde et j’activai d’une main chancelante le mécanisme de la porte. Et mes yeux ne surent plus où se poser.

Hébétée, immobile, je me tenais là tout au bout de la passerelle. Raide. Les sons me parvenaient de manière diffuse de même que mes yeux qui reprenaient doucement contact avec la luminosité ambiante. Epoustouflant. Tout respirait le mouvement, l’agitation… la vie ! Au-dessus de ma tête s’étendaient l’un des gigantesques bras dont j’avais lu qu’ils faisaient vingt-cinq kilomètres de long ! Des quartiers entiers et des espaces de verdure étaient visibles depuis l’extérieur où je me trouvais. Petit à petit, je discernais mieux les conversations proches ou lointaines, les moteurs et je posais un premier pied dans cette réalité. Au fur et à mesure de ma descente, mon cœur se serrait de ces découvertes, de cette grandeur et de cette beauté. La Citadelle respirait la paix, lumineuse et enrobée dans un voile bleuté. Je m’arrêtais en cours de route. Je pris le temps d’embrasser la vision entière du regard. De graver tout ceci dans ma mémoire, les lieux, les personnes, les émotions même ! Elles jouaient avec moi comme si j’étais une poupée de chiffon. Malgré tout, la chaleur d’une joie profonde me laissait apercevoir le monde qui m’entourait comme au travers d’une fine pellicule de douceur, une réalité inhibée.

Dans cette bulle, le bleu d’une Asari et le noir d’une robe réunis avec harmonie détonaient avec le lieu où nous nous trouvions. Depuis le temps… j’avais fini par l’apprécier et elle avait fini par me manquer… Nous en avions vécu des aventures ensemble. Une disparition inquiétante au sein des postes à responsabilités, un jeune homme que je considérais comme une connaissance relativement proche. Ce fut quatre longs mois d’enquêtes où le stress et l’inquiétude furent omniprésent au siège sur Illium. Les informations sensibles en sa possession auraient pu faire perdre pied à Lumiena et précipiter sa chute si données ou vendues à des concurrents. Et même moi, cela m’avait horrifié. De longues nuits, j’avais pensé à lui. De longues nuits, je m’étais essayé à comprendre le pourquoi de sa si subite disparition. Pourquoi, alors qu’il jouissait d’une position honorable, d’un salaire plus qu’acceptable et d’un respect de chacun, aurait-il quitté tout cela dans son bon sens ? C’est au cours de cette enquête que j’allais rencontrer la magnifique Asari qui se tenait devant moi. Amie proche de l’homme, elle était aussi en quête de vérité.
Nous étions ensemble lorsque nous avions appris la mort de l’homme. Je me souviens des larmes sur son visage déformé par une infinie tristesse. Je me souviens des si subtiles rides qui étaient apparu sur son front et autour de ses yeux humides. Je me souviens comment nous étions tombées finalement dans les bras l’une de l’autre. Nous pleurions toutes les deux un ami.

Par chance, je la revoyais maintenant dans cet apparat qui mettait absolument tout en valeur chez elle. Et le sourire candide qui habillait mon visage se fit plus insistant. Mes pas accélèrent involontairement et je me lançai doucement vers l’avant, mes bras enserrant tendrement son cou. 

« Nasaya ! » Je la regardais, surprise et amusée. « Tu... t'inclines maintenant ? Comme je suis heureuse de te revoir, tu ne peux même pas t’imaginer ! J’ai l’impression que… que ça fait une éternité ! Ou peut-être que ça fait bien une éternité... » ajoutais-je pensivement.

Je m’éloignais de nouveau de quelques pas, pour l’inspecter.

« Hum. Tu es toujours aussi magnifique ! J’adore ta robe ! »

Puis je me rapprochai de nouveau, mes grands yeux émeraudes brillants, fixés sur son visage.

« Alors ! Alors ! Que deviens-tu ? » dis-je d’un ton enjoué teinté d’impatience.

Tout est magnifique. Nasaya. La Citadelle. J’étais si empressée de pouvoir visiter les parcs, les places, les commerces, les… tout !


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MessageSujet: Re: Inaltérable éveil    Mar 06 Fév 2018, 20:27


Inaltérable Éveil
Les yeux de Nasaya s'écarquillèrent. Il était particulièrement rare de voir une expression de franche surprise passer sur le visage de celle qui avait appris à cacher ses réelles émotions derrière son masque d'actrice, mais la scène qui se déroulait devant ses yeux était beaucoup trop inattendue pour qu'elle soit en mesure de le cacher. La meneuse de Lumiéna, grande figure d'Illium et prodige dans le cruel monde économique asari, venait de l'enlacer avec joie, et c'était presque comme si elle s'apprêtait à sautiller autour d'elle comme une enfant à qui on aurait accepter d'acheter son jouet.

La surprise s'effaça rapidement et Nasaya se mit immédiatement à rire. Au vu de la lueur dans les yeux de Beeythia, il était quasiment impossible que cette dernière soit actuellement en plein jeu d'actrice, tout cela semblait beaucoup trop spontané, et la jeune asari n'aurait pas pu apprendre à jouer aussi bien la comédie en aussi peu de temps.

Elle n'avait pas changé, pas le moins du monde. Les dockers et les gardes alentour devaient certainement se demander si cette asari était bien la raison pour laquelle ils étaient tous déployés ici. Nasaya se retrouvait en tout cas prise au dépourvu. Elle avait préparé le terrain pour se défendre face à une redoutable adversaire et elle se retrouvait face à la Beeythia qu'elle avait laissé quelques années auparavant. Voilà qui allait rendre les choses beaucoup plus simple, mais il allait falloir improviser.

Nasaya se tourna vers les gardes qui les entouraient et les congédia.

Ce ne sera pas nécessaire.

Elle fit alors volte face, s'éloignant de la navette d'une démarche camouflée par sa longue robe, seul son visage était tourné vers son invitée.

Du calme Beeythia, nous avons tout le temps nécessaire pour les réponses, ne le gâchons pas précipitamment.

L'agente emmena la pdg de la Lumiéna à l'extérieur des docks, les passants ou les simples travailleurs du coin jetant des coups d’œils envieux ou admiratifs au duo d'asaris dont il était si facile de percevoir le prestige. Elles arrivèrent rapidement sur l'une des terrasses situées au sommet des secteurs, offrant un panorama des plus impressionnant pour les visiteurs tout juste sortis de leurs navettes.

Regarde, tu peux quasiment tout voir d'ici.

Les deux asaris s'approchèrent de la rambarde et un hologramme interactif représentant un plan approximatif de la gigantesque station s'ouvrit devant Beeythia. Une IV apparut également, s'apprêtant à lancer son long discours de présentation envers les nouveaux venus, mais l'agente l'interrompit.

Cht, cht ! On n'a pas besoin de toi.

Le texte de cette IV devenait rapidement insupportable pour quiconque passait un long séjour sur la Citadelle, les rues étaient déjà suffisamment envahies de publicités répétitives pour ne pas y rajouter de l'aide touristique. Nasaya se pencha sur la rambarde et y posa ses bras, observant les longues ailes de plusieurs kilomètres qui caractérisaient si spécialement cette station.

C'est plus impressionnant que sur un écran pas vrai ? Tu ne devrais pas être trop dépaysée de Nos Astra, mais tu verras, cet endroit est vraiment atypique.

Pendant que la jeune asari consultait l'Hologramme, Nasaya recula de quelques pas et fouilla dans l'un des replis de sa robe sombre. Elle en sortit alors un avion en papier finement plié. Avec un sourire, elle prit son élan avant de lancer l'origami dans les airs, le véhicule fragile prenant son envol pour la toute première fois, lancé à des centaines de mètres au dessus des plus hautes tours des secteurs. Nul doute qu'il allait avoir le droit à un formidable vol avant de percuter la moindre paroi métallique.

L'agente bondit alors sur la rambarde, posant ses fesses dessus et soulevant sa robe un instant pour pouvoir croiser ses jambes. Elle prit une grande inspiration en fermant les yeux, balançant légèrement ses pieds situés à quelques centimètres seulement du vide.

Je suis également heureuse de te revoir, Beeythia.

Elle pencha sa tête dans sa direction.

J'ai l'impression que ton nouveau rang ne semble pas plus te perturber que cela. Tu es pourtant bien plus puissante que je ne peux l'être, bien plus puissante que la grande majorité de ceux qui vivent sur cette station.

L'agente prit une légère impulsion et posa ses deux pieds sur la fine parcelle de métal qui séparait la barrière du vide. Nasaya se rapprocha de Beeythia ainsi, marchant aussi délicatement que sa robe le lui permettait de ce côté de la rambarde, comme si le danger d'une chute ne semblait pas la déranger. Elle se planta face à la jeune asari, l'ambre de ses yeux s'ancrant dans les siens.

Mais puisque tu sembles disposée à continuer de te comporter d'une façon aussi peu conventionnelle, tu ne verrais pas d'inconvénients à me venir en aide si je venais à enfreindre les règles, à me rejoindre si je venais à chuter... N'est ce pas ?

D'un geste délicat, Nasaya souleva Beeythia par dessus la barrière et la serra contre elle. Sans lui laisser le temps de réagir, elle sauta dans le vide.

La chute fut aussi longue qu'elle ne fut courte. Elles parcoururent dix, quinze, vingt mètres peut être ? Toujours est il que Nasaya les entoura d'une puissante aura bleutée, ralentissant grandement leur vitesse et transformant leur chute en un léger mouvement fluide. Elles atterrirent délicatement au sol sous les regards surpris des gens alentours, l'aura s'évaporant totalement autour d'elles.

Nasaya relâcha Beeythia et repositionna sa robe convenablement, clignant des yeux un instant alors qu'elle était prise de légers vertiges. Une fois de nouveau totalement en possession de ses esprits, elle se tourna vers Beeythia et posa une main sur ses épaules.

Sympa la citadelle, n'est ce pas ?

Elle  l’entraîna alors à sa suite, à l'intérieur d'un ascenseur tout proche.

On va continuer de descendre, je veux te faire voir l'un des plus grands quartiers commercial de la station.

Les portes se fermèrent et l’ascenseur entama sa descente. Nasaya jeta alors un rapide coup d’œil à Beeythia. Jusqu'ici, l'agente ne s'en sortait pas trop mal, ou du moins, l'espérait elle. Mais un doute s'insinua dans son esprit. Beeythia faisait en effet preuve du même comportement que lorsqu'elle l'avait rencontrée, elle était toujours marquée par la même innocence. Et même s'il n'y avait rien de plus excitant que de voir l'innocence disparaître petit à petit face à la corruption, l'agente rechignait à manipuler sous quelque forme que ce soit la jeune asari.

Elle n'était pourtant qu'une matière encore molle, prête à être modelée par les vices les plus redoutables, sculptée par l'extase de la chair et de l'esprit, marquée à jamais pour que Nasaya puisse s'assurer d'en faire une puissante alliée. Tout le potentiel était là, il ne restait plus qu'à le travailler. Mais l'agente refuser étonnement fortement de le faire.

Elle croisa les bras.

Nasaya était venue ici pour tenter de charmer un prédateur, pas pour manipuler une jeune asari qui semblait tout juste sortir de son éducation et propulsée au rang de dirigeante d'une organisation multi-planétaire. L'innocence et la joie presque enfantine qu'elle transportait avec elle était quelque chose qu'il fallait par dessus tout préserver tant sa rareté était grande.

Pour l'instant, Nasaya ne pouvait rien faire d'autre que de réagir comme s'il s'agissait d'une amie. Et même si la citadelle n'était pas dans le top de ses endroits préférés, la station n'en restait pas moins un spectacle grandiose pour quiconque la visitait pour la première fois. Elle avait au moins le pouvoir de faire briller un petit peu plus cette lueur rêveuse dans les yeux de Beeythia.

L’ascenseur se stoppa finalement, ses portes s'ouvrant sur un grand turien aux écailles noires qui l'avait visiblement appelé. Les deux asaris en sortirent et se retrouvèrent devant une explosion de nuances colorées. Des néons publicitaires affluaient de toute part, éclairant avec vivacité les rues et les étages menant aux différentes boutiques et qui étaient remplies d'une foule abondante. Un brouhaha général et des tas d'odeurs différentes émanaient du centre commercial, certaines skycars passant de temps à autre dans l'étroit dédale à une vitesse hallucinante.

Nasaya se tourna vers Beeythia et se pencha légèrement en avant, les mains dans son dos.

Maintenant, à toi de décider où nous devons aller.
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MessageSujet: Re: Inaltérable éveil    Mar 20 Fév 2018, 03:02
  
Mon visage resta fendu d’un sourire réjoui. La porte derrière moi se referma avec le même bruit qu’à son ouverture. Je lui emboitais le pas. Je comprenais alors que les travailleurs que j’avais vu jusqu’ici n’en étaient pas. D’un geste mystérieux de Nasaya, ils s’en allèrent sans mot dire. Sa démarche, dansante, était encore plus gracieuse que dans mes souvenirs qui s’estompaient presque, gardant uniquement les passages importants à la manière d’une critique journalistique. Elle paraissait peut-être… plus posée, plus assurée même. J’acquiesçai silencieusement, toujours entre l’émerveillement, l’excitation et la gratitude de sa présence ainsi qu’une légère fatigue due au voyage qui jouait sans doute insidieusement avec tout ça.  
La Citadelle avait la même particularité qu’Illium en ce sens où elle grouillait de monde. Une vie incessante, telle une fourmilière qui ne dormait jamais. Chacun avait son occupation et les chemins, comme les existences, s’entrecroisaient le temps de quelques pas rapides avec la plus grande ignorance.
Ma robe ondulait derrière moi alors que je marchais à côté de l’Asari bleutée. Il y avait tant à voir, tant à entendre, tant à ressentir que mes sens n’arrivaient plus à tenir la cadence. Des papillons virevoltaient dans mon ventre, dans ma poitrine. En plus, il faisait toujours beau ici. C’était magnifique, brillant de perfection. Je ne savais pas où Nasaya me menait, mais je la suivais aveuglément, la tête en l’air.
 
« Woooooooaaaaaaah », lâché dans un long souffle intense du fond du coeur, fut tout ce que je parvins à émettre. Quelques enjambées nous rapprochèrent de la rambarde, vertigineuse. Une curieuse sensation se fit ressentir dans mes pieds, comme une perte d’équilibre, alors que je contemplais l’immense vide qui s’étendait devant moi. C’était comme si… une main avait dessiné la Citadelle, même si c’était en partie le cas, pour en dresser des lignes harmonieuses. Des gratte-ciels, tout aussi impressionnant, s’élevaient avec l’apparente envie de venir toucher leurs voisins du dessus. Parfois, de longues étendues vertes ponctuaient le décor pour ne le rendre que plus grandiose. D’autres parties étaient plus sombres, cachées par l’ombre de l’un des bras. Elles étaient également moins reluisantes mais tout aussi impressionnantes, visiblement. Les superlatifs ne manquaient pas. Mes yeux brillaient. Des larmes de joies coulaient devant cette vision que je comptais bien graver dans mon esprit.
Je tournais la tête vers Nasaya, les yeux rivés sur son visage. Une image en trois dimension apparut devant mon nez, coupant le contact visuel abruptement. Elle représentait, tournoyant légèrement, la Citadelle. Quelques indications apparaissaient ça et là, des lieux importants notamment accompagnés de brèves descriptions. À côté s’illumina également une IV à l’apparence Asari quoique… je trouvais ses formes parfois exagérées. Mon amie la renvoya d’un geste avant que je ne puisse dire quoique ce soit.
 
« Hey ! Qu’est-ce que c’était ? » m’exclamai-je, la curiosité piquée au vif. Elle m’expliqua que c’était une sorte de guide qui renseignait nombre d’informations sur la Citadelle et ce qui s’y trouvait. Elle ajouta même que son discours était particulièrement long et ennuyeux. Je souris, amusée. « D’accord ! » dis-je d’une voix guillerette.
 
Je vins m’appuyer à ses côtés, un œil distrait sur l’hologramme. J’essayais de retenir tout ce que je pouvais, aussi impossible cela fut-il. « Teeeellement plus impressionnant, oui… Je ne sais pas vraiment quoi dire, en fait… » répondis-je à Nasaya. Mes yeux revinrent se poser sur l’hologramme. De nouvelles écritures apparurent puis disparurent rapidement et je fronçais les sourcils.
« Eh, Nasaya, je… ». Un avion décollait d’entre ses mains, coupant ma phrase. Il paraissait frêle et destructible mais s’envola telle une flèche lancée dans l’infini. J’applaudissais doucement en regardant celui-ci s’élancer décrivant courbes, arcs et pirouettes de haut en bas et de droite à gauche. On eut dit qu'une main invisible l’animait avec entrain. Je ramenai mon regard vers elle, admirative.
 
 « Ooooh, c’est génial ! » m’écriai-je. « Eh ! Fais attention à toi, tu vas tomber ! ». J’attrapai alors son bras de mes deux mains, comme si cela changeait quelque chose. Puis, je repris :
« Tu sais, Nasaya. Je ne cherche pas la puissance et encore moins à être plus puissante que qui que ce soit. Je veux juste rendre le monde meilleur et si cela passe par mon rang, alors ainsi soit-il. » lui expliquai-je avec douceur et sincérité. « Mais ! Je te dis de faire attention ! Nas… Qu’est-ce que tu fais ?! ».
 
Je la regardais avec inquiétude et désarroi. Pourquoi s’exposait-elle à ces risques ? Nous étions face à face maintenant. Aucune peur, aucun affolement, aucune panique ne barrait son visage parfaitement détendu. Elle ne paraissait pas désorientée. « Mais… Qu’est-ce tu dis ? Tu ne risquerais pas de chuter si tu revenais ici ! » l’implorai-je presque, rongée par l’appréhension. En un battement de cil, je fus soulevée et me retrouvai entrain de chuter. J’hurlai, prise par la panique. Pendant un instant, je pensais même que j’étais prise d’une violente hallucination. Je clignai plusieurs fois des yeux pour finalement les fermer dans l’attente du choc… qui n’arriva pas. Je compris.
 
« Nasaya, je… ! Plus jamais ! J’ai cru mourir, je te jure ! » lançai-je entre rire et pleurs. Mes mains continuaient de trembler, j’étais complètement secouée. Je ne savais pas, et ne souhaitais pas savoir, combien de mètres nous avions chuté. Beaucoup trop à mon goût. Il me fallu plusieurs dizaines de secondes pour reprendre mon souffle, saccadé. « J’ai le vertige… Je suis désolée… ». Je n’entendis même pas sa question qui, sur le coup, qui me parut lointaine. « Oui… Descendons, je préfère l’ascenseur… » déclarai-je en arrivant à décocher un sourire à l’Asari bleutée qui, elle, semblait joyeuse et satisfaite. « Et puis, je n’ai même pas eu le temps de voir le paysage ! ». J’éclatais de rire, les nerfs toujours à vif. Nous rîmes puis le silence s’installa. Inconsciemment, je remarquais que son visage s’était fermé. Je ressentais souvent certaines sensations sous-jacentes chez les personnes. C’était l’une des conséquences, pour la plupart négatives, de mon hyper-émotivité dont j’étais parfaitement consciente.
 
Je fus de nouveau happée par mes sens alors que la porte s’ouvrit. Un imposant Turien entra. Nous sortîmes. Nous étions bien loin des grands espaces que nous avions « traversés » plus tôt. La foule se pressait, les rues n’étaient pas très larges et les bâtiments s’étendaient sur la hauteur. Des lumières criardes vinrent appeler mes yeux déjà très occupés. Instinctivement, je m’accrochai au bras de mon amie, l’entourant de mes mains froides. Je ne voulais pas la perdre ! Et encore moins me perdre !
 
« Je n’en sais rien, Nasaya. Tout est tellement nouveau, je crois que, même si je voulais, je n’arriverai pas à savoir ce que je veux ! » prononçai-je d’une voix aigue, teintée par l’euphorie. « Que dirais-tu de simplement… euh… marcher ensemble… si nous le pouvons. Quelque chose nous attirera peut-être ! J’aimerai tant te faire un cadeau ! » lui confiai-je en souriant avec candeur.
 


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Inaltérable éveil

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