AccueilCalendrierFAQRechercherConnexionGroupesMembresS'enregistrer

Partagez | .
 

 [Intrigue] La Fin du Cercle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar

Personnage RP
Faction : Aucune
Rang : Entité divine
Voir le profil de l'utilisateur


Compte staff
Messages : 4149

MessageSujet: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 04 Mai 2018, 10:09
Intervention MJ : OuiDate : 4 Mai 2203 RP Tout public
Shura Fender ♦ Ravi Vertax ♦ Au'n Talgar ♦ Alec Sykes
La Fin du Cercle




La Fin du Cercle

Mai 2203

Ker Ys, orbite



Savez-vous ce que sont l’Ordre et le Cercle ? Au-delà de ce qu’en ont dit ceux qui l’ont abattu ?
L’Ordre est un idéal, celui d’une science sans limite au service du Plus Grand Bien.
Le Cercle est le ver pourri au sein de cet idéal : la politique.


*****


L’Amirale Sira T’Derah, membre du Triumvirat de l’UCIP, jaugeait du regard le quatuor lui faisant face. La mission était périlleuse, l’erreur n’était pas permise.

« Nous avons percé les défenses du Bellethium. »

Derrière elle, un immense écran, se faisant passer pour une baie d’observation, permettait de surveiller la bataille spatiale en tous ses points. Elle avait démarré déjà plusieurs heures auparavant, d’abord entre l’Ordre et le Courtier, puis s’était amplifiée avec l’arrivée des mercenaires, et enfin de l’UCIP.
L’image fit un zoom sur le dénommé Bellethium, l’immense cuirassé et vaisseau-mère de l’Ordre. Il avait déjà été aperçu dans la galaxie, et son fait d’arme le plus connu était le bombardement d’Oméga. Si ses dimensions rappelaient celles des cuirassés geths construits en orbite à l’époque de leur indépendance, sa forme ne correspondait à aucune espèce connue.
Le Bellethium était unique, et incroyablement puissant. Mais face à la multitude et aux assauts du Conseil, le vaisseau perdait peu à peu.

« Nos flottes bloquent actuellement les voies de sorties. Le Bellethium ne peut pas nous échapper. Mais il reste dangereux et les pertes s’accumulent. De plus, des observations visuelles nous ont montré des vaisseaux de transports plus petits, dotés de systèmes furtifs, qui commencent à s’en échapper. Aucun n’y est encore parvenu, mais si cela s’amplifie, nos cibles risquent de disparaître. Pour l’éviter, nous avons commencé l’abordage du vaisseau ennemi.

Il y a trois objectifs. Neutraliser l’organisation avant tout. Si possible, capturer ses dirigeants. Et enfin, accumuler connaissances et matériel si l’occasion se présente. Et si je vous ai fait venir ici, c’est parce que l’urgence est de mise.

Les troupes régulières prennent difficilement pied, mais occupent les forces présentes. Je veux que vous interveniez par une autre brèche et que vous attaquiez au plus vite le centre de commandement du vaisseau, en profitant de la diversion offerte par les autres troupes. Vos formations diverses et vos compétences reconnues vous permettront d’affronter les dangers, quel qu’ils soient. La Commandante Fender est également initiée à la direction d’éléments d’espèces et de compétences différentes, je vous demande donc de lui obéir en cas de doute sur la marche à suivre. Mais ne vous y trompez pas : vous avez tous toute latitude pour agir comme vous le souhaitez afin de remplir vos objectifs.

Maintenant, partez. Vos pilotes vous attendent. Nous restons en contact. »


L’Amirale libéra les quatre combattants d’élite. Puis elle se prépara à faire face à un nouveau groupe, à qui elle assignerait la même mission. Au vu des enjeux, il n’était pas bon de mettre tous les œufs dans le même panier.


____________INFOS MJ____________


C’EST PARTIIIIIII !

Pour ce tour ci, je veux que vous posiez pied sur le Bellethium. Pour rappel, on est en situation de bataille orbitale, donc assez dangereuse même si votre camp prend l’avantage.
L’Amirale compte sur un petit groupe discret, mais rien ne vous empêche de vous séparer pour prendre chacun votre équipe, de partir ensemble avec plus de monde, ou bien de suivre son plan et d’y aller à quatre. Bref, vous avez vos objectifs, vous faites votre plan. Rappelez-vous juste que le temps presse.

Si vous avez des questions à poser IRP, envoyez-les-moi en MP et j’y répondrai.

Comme toujours, une semaine complète pour répondre, pas d’ordre. Si quelqu’un veut répondre avant les autres, vous voyez entre vous, tant que les réponses sont faites.
Au vu du rythme, j’accepte que vous ne répondiez pas à tous les tours, sans pénalité. Mais ça ne doit pas être systématique, et je veux toujours au moins trois réponses.
S’il y a une urgence extrême, je peux retarder d’une semaine, mais ce sera une semaine pour tout le groupe et pas plus !

Voilà. Bonne chance. Dahl



Revenir en haut Aller en bas
Messages : 18

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 04 Mai 2018, 11:23
« Les choses sont extrêmement simples, quelque chose est capable de mettre à terre le réseau du courtier de l’ombre, de l’acculer et de le forcer à supplier l’aider du Conseil et de toute nation capable d’intervenir. Il est du devoir de l’Hégémonie que de comprendre la situation et d’éliminer cette menace inconnue avant que tout ceci n’évolue dans un sens indésirable. Votre ordre de mission est extrêmement simple, vous allez vous rendre au lieu indiqué, soutenir les forces conciliennes qui seront vraisemblablement déjà sur place et tout mettre en œuvre pour réaliser deux objectifs simples.

Comme la zone est trop sensible pour débarquer en force, nous allons nous concentrer sur les assaillants. Les objectifs sont simples, dérober toute information, toute technologie, et si possible récupérez un prisonnier d’importance. Si la situation n’est pas adéquate, ne laissez personne mettre la main sur ce que vous pourriez récupérer. Conservez toutes données sur vous, ne transmettez rien tant que vous n’aurez pas quitté le système. L’Hégémonie attend beaucoup de vous, membres glorieux de l’OKS. Ô, dernière chose, durant l’opération, vous êtes officiellement sous le commandement de l’UCIP, respectez donc un minimum les ordres. »


La communication se coupa là, sans attendre de réponses ni même laisser le temps à un blanc de bon ton à la fin d’une discussion. Non une violente et abrupte coupure pour indiquer que tout avait été dit. Au’n ne s’en offusqua nullement, mais laissa tout de même le temps à son cerveau de concevoir que la tirade était belle et bien terminée avant de prendre lui-même la parole.

Tout autour du colonel, l’ensemble de l’unité de l’OKS était réunie, en tout dix individus représentant le fleuron martial de l’Hégémonie, dont Au’n Talgar, membre émérite et vétéran d’innombrables champs de batailles, enfin en vérité tout à fait calculables, 618, très précisément, opérations pouvant être classifiées comme hautement dangereuses, mais cela sonne simplement mieux pour la présentation. Dans tous les cas, le butarien scrutait pour l’heure ses neufs compères s’apprêtant à partir avec lui dans la mission la moins bien organisée de leur existence, et peut être la plus dangereuse depuis la Grande Guerre Patriotique.

« Vous avez entendu les ordres. Nous ignorons pour l’heure les forces adverses, les effectifs des représentants du Conseil, ou ceux de l’Alliance, ou l’état des forces du courtier de l’ombre. Alors on va faire simple, on entre intelligemment dans la mêlée. D’abord on contacte les forces de l’UCIP afin de nous proposer en alliés providentiels, durant le temps de réponse, on étudie et évalue la situation. Le plan de mission sera édicté à la suite de cela. Maintenant je vous veux tous prêt à partir au casse pire. »


Ce que les différents membres de la force spéciale de l’Hégémonie firent sans se faire attendre. De son côté, Au’n se dirigea rapidement vers le centre de pilotage de la frégate, ou il trouva le pilote concentré à prévoir la sortie par le relais cosmodésique. Un simple signe de tête en guise de salut prévint d’emblée le colonel que le pilote avait l’esprit entièrement à sa tâche, et le reste perdu dans le petit stress d’avant bataille. Après tout, le risque que toute cette histoire ne soit qu’une énorme embuscade n’était clairement pas ridicule, pas plus que l’Alliance Interstellaire n’appréciant guère la présence d’une frégate butarienne dans le système de Shanxi.

***

Frégate EXV-Vengeance
Classe Au’Taal, vaisseau furtif dernière génération
Cabine de pilotage
Entrée du système Atlantis


« De nombreux systèmes de ciblages sont sur nous, colonel. Communication entrante. Elle contient le code d’identification de l’UCIP. »

Le pilote avait totalement perdu sa nervosité, mais clairement pas sa concentration. Pour sa part, Au’n admirait la situation avec un plaisir sincère. Une sublime bataille spatiale se déroulait sous leurs yeux en orbite du monde mystérieux de Ker Ys. Un cuirassé absolument impressionnant, titan de métal, luttait en égal avec toute une armada du Conseil, cela donnait un mélange amusant de plaisir coupable et d’exaltation martiale. Ils allaient participer à la mise à mort d’un colosse furieux capable de tous les balayer en duel. Cela rappelait au butarien ce vieil holo qu’il regardait lorsqu’il était encore à l’orphelinat militaire.

Une chasse éprouvante contre un Névianar titanesque qui terrifiait les navires d’une ville portuaire, une longue et cruelle bataille qui avait couté la vie à d’innombrables personnes y compris au butarien qui s’était mis en tête de devenir un héros. Bien évidemment, dans la réalité historique, il s’était s’agit surtout d’esclaves, le maître étant resté en retrait tout au long de la traque et de la chasse. Ne portant que l’ultime coup, sauf que dans sa mort, le Névianar avait heurté puissamment le navire et l’idiot était tombé par-dessus bord et était mort lorsqu’un prédateur marin l’avait confondu avec un morceau du gigantesque cadavre.

« Ouvre le canal. »

Enfin tout Névianar qu’il était, ce navire était désormais la proie des plus dangereux chasseurs de la galaxie, et il était plis qu’évident que l’élite de toute la galaxie devait se trouver sur place pour participer à la mise à mort. Tout n’était qu’une question d’heure, et dans la situation actuelle, Au’n se sentait plus proche du charognard venu se repaitre que du glorieux chasseur.

« EXV Vengeance, ici l’amirale Sira T’Derah. Votre présence a été acceptée par le haut commandement suite à la demande de votre hiérarchie. Nous nous préparions à un briefing de mission, votre présence est souhaitée pour le bon fonctionnement de cette opération. »

Un léger soupir quitta les lèvres du colonel Talgar qui n’imaginait pas que le besoin de contrôle du Conseil ne se révèle aussi rapidement.

« Ici le Colonel Au’n Talgar, nous sommes équipé d’une salle de communication permettant la représentation holographique. Ouvrez nous simplement un canal et nous serons présents dès à présent. Le temps est trop précieux pour en perdre d’avantage. »

***

Le briefing de l’amirale asari était concis, honnête mais aussi hautement instructif. Ainsi le vaisseau était le cuirassé qui avait bombardé Oméga par deux fois déjà et qui était reconnu pour appartenir à une organisation aux ambitions troubles et aux stratégies agressives. L’Hégémonie allait vraiment être satisfaite de cette nouvelle, mais cela rendait la récupération de données encore plus importantes.

Pour le reste, rien de neuf sous le soleil, si ce n’était la présence de deux individus que le butarien connaissait déjà. Ravi Vertax, Spectre turienne aux propos virulents, à la colère difficilement canalisée mais aux compétences et au courage à ne surtout pas sous-estimer. Et Alec Sykes, humain à l’humour médiocre, l’égo mal placé mais un talent indéniable pour porter la mort chez autrui. Deux excellents combattants, et sûrement ceux qu’Au’n aurait demandé s’il avait eu le choix. Au moins leur valeur était connue, restait donc le cas de cette humaine aux choix capillaires plus que douteux.

Mais si ses compétences sont à minimum équivalentes ou légèrement inférieures aux deux autres alors l’opération ne pouvait avoir plus de probabilités de réussites qu’ici et maintenant. Et fichtre ce que Talgar pouvait désormais avoir envie de partir à l’assaut. Heureusement, l’amirale asari sonna enfin l’heure du départ, et le colonel s’apprêta alors la communication afin de se préparer à rejoindre le hangar ou les deux modules d’abordage étaient méthodiquement vérifiés pour s’assurer de leur parfait état. Après tout, il s’agissait de nouveaux modèles hautement performants destinés à assurer que l’OKS conservait ses capacités à porter l’offensive de la manière la plus agressive possible.

Toutefois, avant qu’il ne le fasse, l’humaine officiellement présentée comme la commandante Fender, celle au crâne partiellement rasé dans un style butaro-malade pouvant être classifié de déstabilisant, voire de partiellement plaisant d’une manière incompréhensible. La pauvre devait souffrir de séquelles de ses précédentes missions. Aussi Au’n s’arrêta net et se présenta modestement devant l’humaine, lui faisant même un signe discret de la tête, s’inclinant sur la gauche, captant au passage le regard d’Alec. Un petit sourire déforma les traits de Talgar tandis qu’il espérait sincèrement que l’humain se rappelle que lui avait eu droit à une inclinaison sur la droite.

« Officier. » Répondit sobrement Au'n au petit discours de son homologue humaine, ne sachant exactement sur quel pied danser, partagé entre sa rancune personnelle, son professionnalisme et le fait qu'il eu sérieusement envie de lui rentrer dedans pour le simple plaisir de montrer à quel point il n'en avait rien à faire du ravissement de citoyens de nations feignantes et ridiculement cosmopolites. L'Hégémonie aussi était une nation plurielle mais jamais elle n'avait daigné se compromettre en tolérant le communautarisme et l'indépendance d'esprit. Enfin Au'n n'était pas là pour déblatérer des heures durant sur sa conception de l'état nation et de la société parfaite. « J'ai personnellement hâte de combattre à nouveau aux côtés de l'élite concilienne. Sachez que nous n'hésiterons pas à vous porter assistance dans cette opération, quel qu’en soit le passif inhérent à nos deux espèces. Nous admirerons par la suite le fruit du résultat de nos efforts. »

C'était finalement le professionnalisme et l'appréciation globale à l'encontre de cet individu particulier qui prit le dessus, laissant le colonel parfaitement poli. Après tout, il n'était pas complètement idiot que d'espérer qu'une telle politesse ne puisse servir pour la suite des évènements. Le reste de la discussion n'intéressant pas vraiment le butarien, il décida de couper le flux holographique afin revenir à des choses plus urgentes. Tant pis pour le discours sûrement très inspirant de l'humaine Fender.

La communication éteinte, Au’n leva une arcade sourcilière en repensant à la discussion qu’il avait eu avec l’humaine puis se lança vers la suite des évènements, en l’occurrence la soute de sa frégate de guerre. Sur place, il trouva son commando parfaitement prêt, certains plus excités que stressés, d’autres plus rieurs que stressés et le dernier, le petit nouveau de l’équipe, plus stressé que tout le reste.

« Bien, nous avons nos ordres et notre organisation. Le plan est extrêmement simple, pas de prisonniers lors de l’abordage. Même si vous voyez un butarien prenant son bain avec un petit canard, vous l’abattez froidement. » Petit sourire alors que le colonel se rappelait de cette anecdote croustillante. « Lorsque la situation est calme, nous prenons contact avec le reste de l’opération afin de définir une route pour la suite. Officiellement nous bossons avec et pour l’UCIP, alors je ne veux pas de tirs fratricides ou autres conneries du même acabit. Si la Spectre Vertax vous donne un ordre qui ne contrevient pas à ceux du D’Yanoi, alors vous obéissez sans réfléchir, dans le cas des deux autres, vous ne le faites que si je ne suis pas dans les environs. Dans tous les cas, soyez intelligents, coopérez comme s’il s’agissait de butariens. »

Certains membres du commando étaient aussi nés sur Aratoht, ce qui rendait la coopération plutôt mal vécue dans certains cas, mais dans tous les cas, Au’n avait personnellement choisi ses partenaires et avait toute confiance en eux pour agir avec professionnalisme.

« Dès que vous trouvez un terminal, copiez tout ce que vous trouverez dedans. Pour la durée de l’opération, nous serons équipés de deux omnitech, l’un est totalement déconnecté du réseau de l’Hégémonie donc pas la peine de redouter la présence de virus ou autre. Si possible ne vous servez pas de votre omnitech personnels.

Pour ce qui concerne les prisonniers, cet objectif est tertiaire, alors personne ne met sa vie en jeu pour ça. Si vous avez un doute sur la valeur d’un individu, une fiole de poison se trouve dans votre équipement. »
Talgar attrapa une fiole d’une sacoche de sa ceinture et la présenta au reste du groupe. « Il s’agit d’un poison qui paralyse l’ensemble du corps pour une durée moyenne de quarante-huit heures, il est toutefois mortel pour les individus dextro aminés. Alors tant pis, pas de prisonniers turiens ou quariens. »

Le colonel butarien fit signe à l’ingénieur du Vengeance de s’approcher.

« Voliandis a préparé un mécha pour nous accompagner pour l’opération. Ce mécha est équipé de multiples drones caméras qui nous serviront à cartographier les couloirs et prévoir les embuscades adverses. Mieux encore, ce mécha sert en vérité de générateur de bouclier sur pattes. Il chargera continuellement nos boucliers afin de les conserver à plein régime. Bien évidemment ce n’est pas de la magie et sa puissance a des limites.

Pour l’opération, l’ingénieur a été généreux, alors je compte sur vous pour lui payer une tournée. Nous avons aussi deux boucliers de combat qui serviront à couvrir notre avancée. Nous ne pourrons pas en emmener plus à cause de la taille des modules d’abordage, aussi il est évident que vous allez prendre grand soin de ces petits bijoux.

Niveau grenades, nous oublierons les incendiaires, nous serons aujourd’hui équipés de grenades à gaz. Alors personne ne fait la connerie de retirer son casque, c’est une saloperie qui attaque le système nerveux et moteur et vous transforme en légume en quelques secondes. Deux par personne. Voilà, c’est tout ce que nous avons pour cette mission alors ne gâchez rien. »


Au’n Talgar lâcha une courte accolade à l’ingénieur en chef Voliandis qui eut un grand sourire en appréciant l’idée que ses travaux récents allaient servir en opération. Puis l’équipe se dirigea vers les deux modules d’abordage et y grimpèrent. La suite de l’opération allait être extrêmement simple, afin de maximiser les chances la frégate Vengeance allait s’approcher au plus près de l’énorme cuirassé afin de lâcher subitement les deux modules qui se chargeront ensuite elles-mêmes d’atteindre le bon endroit pour l’impact.

Pour se faire, l’EX Vengeance accéléra subitement et se dirigea vers le Bellethium, en prenant le vaisseau, chose idiote pour l’espace, par le haut puis entrepris de descendre en suivant une courbe pour parvenir perpendiculairement au cuirassé, à une distance rendant ses canons principaux inutilisables et les défenses gardias pas assez dangereuses pour détruire en un seul assaut la frégate butarienne. Lorsque les deux navires furent à la distance la plus courte de toute cette manœuvre, la soute s’ouvrit, propulsant avec force l’oxygène et les deux modules dans le vide spatial, secouant largement leurs occupants.

Puis les modules activèrent leurs propres moteurs et se dirigèrent à vive allure, utilisant une approche non rectiligne, vers une baie servant à propulser quelques modules de survies du Bellethium. Le choc, aussi soudain que violent fut heureusement compensé par les modules, et le contact perfora complètement la zone cible, libérant la baie de son oxygène, de ses éventuels occupants tandis que les modules s’accrochaient fixement en sortant ses grappins métalliques. La situation stabilisée, les modules s’ouvrirent comme les pétales d’une fleur, libérant leurs occupants.

Alors que les boucliers du Bellethium mettait un terme à l’ouverture béante dans sa coque, Au’n attrapa son fusil AT-12 pirate et prit la tête de son équipe, et le commando effectua la sécurisation des lieux, ne découvrant rien d’autre qu’une alarme agressive hurlant à leurs oreilles. Pas le moindre corps bloqués contre un quelconque élément du paysage, pas le moindre assaut musclé d’une résistance qui aurait tout prévu. Presque déçu, Au’n fit signe à son unité de se placer, les deux porteurs de boucliers s’élançant jusqu’au sas le plus proche tandis que Solkan, le pirate du groupe, tentait d’ouvrir la porte en s’infiltrant dans le panneau local.

Ainsi donc commençait la guerre du Bellethium. En tout cas pour l’Hégémonie.
Revenir en haut Aller en bas
Messages : 20

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 04 Mai 2018, 11:56
Il n'existait pas plus magnifique vue.

Un adversaire acculé, agonisant d'autant plus que ses derniers efforts pour prolonger sa survie pathétique ne faisaient que le précipiter plus rapidement encore au cœur de l’abîme. L'espoir s'écrasant face au jugement, une volonté autrefois fière, sûre d'elle et de ses choix, comprenant en cet instant plus que jamais le lourd tribut à payer pour avoir emprunté cette voie des plus condamnables.

Non, il n'y avait réellement rien de plus beau.

Et Shura s'assurait de pouvoir profiter pleinement de ce spectacle. Elle se tenait droite face à l'amirale asari et à l’impressionnant panorama dans son dos. Une supérieure qu'elle ne connaissait d'ailleurs que trop bien, les cicatrices sur son visage bleu lui étaient presque devenues familières avec le temps. La N7 portait déjà son armure rouge et noir, son casque tenu dans une main, son omnitech clignotant faiblement sur son autre bras tandis qu'elle écoutait attentivement le briefing.

Pour le coup, l'équipe dans laquelle elle se retrouvait avait au moins le mérite d'être originale, un butarien et deux spectres. Elle n'était pas particulièrement ravie d'apprendre qu'il allait lui falloir coopérer avec ces deux agents qui avaient décidé de placer leur égo bien au dessus de toute notion de travail d'équipe, mais il ne s'agissait là que d'une difficulté mineure. Car en réalité, Shura jubilait. Ce jour représentait la fin d'un cycle, la fin d'un chemin qui avait démarré son existence il y a bien longtemps.

Le SSV Carthage avait accompagné la FEN au lendemain de la guerre. Des rêveurs ou des idéalistes, chaque personne à bord se sentait alors particulièrement investi dans sa mission, repoussant toujours plus loin les limites du connu, explorant de nouveaux systèmes, de nouvelles planètes, des lunes microscopiques dont personne ne connaissait le nom, tout cela dans les recoins les plus reculés de la galaxie.

La fascination avait étroitement côtoyé la peur de l'inconnu, passant de paysages grandioses à des formes de vie exceptionnelles, parfois terrifiantes, voir même à certaines organisations dont l'isolement n'avait eu d'égal que la folie. Et l'inexpérience de la jeune officier que Shura était à cette époque avait fini par provoquer la suite d'événements menant à la mort de la quasi totalité de son équipage.

Bien évidemment, ce jour ne verrait pas la chute de l’œil. Mais il représentait un symbole métaphoriquement fort, le poing du jugement s’abattant sur ceux qui n'avaient eu depuis trop longtemps de cesse de joueur avec les cordes sensibles du destin. Il s'agissait, en termes plus directs, d'une vengeance. Car Shura ne combattait plus sous les couleurs de l'alliance, elle représentait l'union des races conciliennes, une union qui avait triomphé de bien des menaces et qui avait l'occasion de briller en ce jour.

Lorsque l'amirale eut terminé, Shura jugea bon d'effectuer une dernière petite chose avant de partir. L'humaine se plaça alors en quelque pas face à la projection holographique de l'officier butarien.

Colonel ? Je tenais à ce que vous sachiez que tout le monde ne déprécie pas fatalement votre présence. Certains sont ravis de voir en cette opération une parfaite occasion de pouvoir coopérer avec l'Hégémonie et d'en admirer les éventuels résultats.

Le butarien eut une réaction des plus professionnelles, pas la moindre émotion ne transpirant de son visage ou de ses paroles. Il était en l'état parfaitement impossible de savoir ce qu'il pensait réellement. Mais ce n'était au final pas vraiment un soucis dans ces circonstances, l'Hégémonie ne pouvait en effet représenter le moindre danger. Se mettre à dos le Conseil au cours de cette opération reviendrait à réduire à néant tous leurs efforts de ces dernières années.

Mais la méfiance ne devait cependant pas s'endormir totalement pour autant.

Shura enfila son casque de furie, rabattant sa capuche par dessus, et s'adressant cette fois ci à l'intégralité du groupe alors que la projection azur du butarien disparaissait.

Je pense qu'il est préférable d'opérer des déploiements indépendants. Nous reprendrons contact une fois sur place après avoir évalué la situation afin de définir avec plus de précisions nos objectifs.

***

La troupe de l'UCIP se préparait pour le combat, une petite dizaine de combattants qui allaient accompagner Shura au cours de l'abordage. La plupart s'assuraient du bon fonctionnement de leur équipement, certaines asaris s'entourant d'une brume bleue et les deux turiens les plus massifs du groupe, portant chacun une armure lourde et un bouclier, vérifiaient l'activation de leur technoblindage.

La N7 pénétra dans la salle se déplaçant au milieu de ses hommes qui la saluaient.

Messieurs, l'heure est venue. Nous allons aborder l'objectif en deux groupes, Victis, vous prendrez la tête de Void Two. Préparez les cartouches incapacitantes et fumigènes pour les M-100 et soyez prêts à basculer en vision thermique dès que leur utilisation s'avérera nécessaire. Nous ignorons quelle sera la nature de la résistance, mais vous devez vous préparer à toute éventualité.

Elle s'arrêta devant la porte du hangar.

Passez sur les munitions incendiaires en cas de présence d'infectés, évitez tout contact avec eux et limitez les effusions de sang. Si vous identifiez un individu manipulant de la biotique noire, il deviendra une cible prioritaire. Ceux d'entre vous qui étaient présents sur Corinaya savent de quoi ils sont capables. S'ils sont nombreux, repliez vous pour amorcer une meilleure approche. Ils sont trop puissants pour être battus frontalement, pas de manière classique en tout cas. Et surtout, restez en permanence sur vos réserves d'oxygènes, vous ne serez jamais véritablement à l'abri d'une dépressurisation soudaine.

Il y avait en réalité peu de chance de faire de telles rencontres, mais avec ce genres d'organisations, Shura avait appris depuis longtemps à se préparer au pire.

***

Les deux navettes quittèrent le hangar et filèrent droit vers leur objectif. Elles étaient différentes du modèle classique de transport de troupes, possédant un blindage et un armement très réduit, mais profitant en contrepartie d'une excellente maniabilité et de puissants amortisseurs. Un modèle de navette spécialement conçu pour aborder un vaisseau dans des conditions précaires. La destination ? Une brèche béante sur la partie arrière du Bellethium. L'impact qui l'avait engendré avait été suffisamment puissant pour rogner la coque sur plusieurs ponts, une blessure bénigne pour le mastodonte mais une voie d'entrée suffisamment grande pour les navettes et qui avait également l'avantage de ne pas nécessiter le tir de soutien d'une frégate qui pourrait se mettre en danger avec une telle manœuvre.

Shura était accompagnée d'un des turiens en armure lourde, d'une chasseresse asari et d'un ingénieur humain. Elle se déplaça jusqu'au cockpit et se plaça près du pilote, observant avec admiration la gigantesque bataille spatiale qui avait lieu sous ses yeux. Le gigantesque canon antimatière d'un croiseur ouvrit le feu à quelques kilomètres d'eux, un chasseur suivi d'une série de drones passa tout prêt, et la coque de la navette percuta même quelques débris et ce qui devait être un corps flottant dans le vide.

Le récepteur du cockpit captait toutes les communications de la zone.

Attention PSF Calmoren, on a repéré des torpilles se dirigeant droit sur vous. A toutes les unités, évacuez le secteur bravo.

Ici le SSV Verdun, le flanc droit du Kilimandjaro est exposé, nous avons besoin de soutien !

Vague de drones en approche à bâbord depuis le champ de débris, mettez vous en formation.

Le Tokyo a atteint sa destination Monsieur, section écho, prête à faire feu.

DISRUPTION EN APPROCHE, ÉVACUEZ LA ZONE !

Une lueur soudaine et aveuglante illumina alors un instant l'intérieur du cockpit. Lorsque Shura fut de nouveau capable d'observer l'extérieur, elle aperçut un croiseur turien victime d'une énorme déflagration qui le déchira tout simplement en deux.

Mais la bataille était de plus en plus masquée par cette immense masse sombre qui ne faisait que se rapprocher.

Arrivée dans 50 secondes.

Les deux navettes avaient fini par atteindre la zone de mort qui entourait le cuirassé ennemi. Et pour cause, un projectile percuta soudainement la poupe de l'autre navette, emportant avec lui une partie de ses réacteurs. La voix légèrement modifiée de la pilote paniquée résonna dans le cockpit.

Le système de propulsion est touché, nous sommes en train de dériver !

Commandant, ils ne peuvent plus changer de direction ni décélérer, au vu de leur trajectoire ils vont se crasher sur la coque du Bellethium.

Est ce que vous pouvez réajuster leur trajectoire avec notre navette ?

Court silence.

Hum... Oui mais ça pourrait nous endommager également et je ne sais pas si...

Faites le soldat.

Bien commandant.

Shura fit volte face et retourna auprès de ses hommes, s'accrochant à l'une des sécurités métalliques qui recouvraient l'intérieur du vaisseau.

Accrochez vous, ça risque de secouer.

Leur vaisseau vint alors se placer près de la navette endommagée, déviant suffisamment sur sa trajectoire pour initier le contact et la replacer en direction de la brèche. Les deux navettes désormais collées n'étaient plus qu'à une vingtaine de secondes de leur objectif, les pilotes effectuant de petits ajustements afin de palier à cette soudaine pression sur leurs flancs.

Et puis soudain, le silence.

Un second tir les avait percuté, les séparant définitivement alors que le flanc droit de la navette de Shura s'arracha, l'engin se mettant à tourner sur lui même à grande vitesse.

La N7 agrippa furieusement son support alors que l'intérieur de l'habitacle était désormais exposé au vide, l'une des parois s'étant arrachée. La dépressurisation soudaine laissa rapidement place à la puissante force centrifuge, tentant d'attirer de force les militaires à travers la brèche. L'ingénieur lâcha d'ailleurs son support et glissa un court instant avant que le turien n'attrape in extremis l'une des épaulières de son armure.

Les stabilisateurs sont morts, on va s'écraser !

Shura ferma les yeux et se prépara à l'inévitable.

Le choc lui fit violemment percuter le mur dans son dos avant de la propulser jusqu'à l'arrière le la navette. Fort heureusement pour les occupants, le vaisseau avait été conçu pour encaisser de la meilleure façon possible, même pour ce genre d'impact. Il ne fallut donc que quelques secondes à l'humaine pour qu'elle reprenne ses esprits, contemplant l'intérieur détruit de la navette. L'ouverture béante dans son flanc lui fit comprendre qu'ils se trouvaient dans une ancienne salle du Bellethium, salle qui était désormais exposée face au néant. Le combat faisait toujours rage au loin là bas, noyé dans un parfait silence.

Le tir n'avait donc heureusement pas été suffisant pour les envoyer valser dans une direction inconnue, ils avaient bel et bien atteint la brèche, d'une manière cela dit beaucoup moins douce que prévu. La jeune femme jeta alors un coup d’œil à ses hommes, les voyant se relever à leur tour.

Il y a des blessés ?

Négatif.

Le turien tenait cependant à bout de bras son M-100 qui avait été broyé.

Pas de membres disloqués ou d'armures enfoncées, la chance leur souriait ironiquement dans leur malheur. Enfin pas pour tous. Le regard de Shura se déposa en effet sur le pilote, transpercé à deux reprises par le métal encore brûlant du Bellethium. Mort sur le coup, le cockpit avait encaissé le plus gros du choc.

Mais il n'y avait pas de temps à perdre, la situation était déjà suffisamment chaotique. Chacun revérifia rapidement son équipement et scanna son armure à la recherche de la moindre faiblesse avant de se reconcentrer sur la mission. Shura posa finalement le pied sur le Bellethium.

Allez il faut avancer.

La colonne de militaire quitta l'épave pour emprunter une passerelle au bord du vide, rejoignant rapidement la partie du vaisseau qui n'avait pas été impactée par la brèche. Shura avait choisi cette zone du cuirassé car la plupart des architectures spatiales contenaient leurs systèmes d'importance à l'arrière, une variable qui restait un point de départ même si elle s'avérait fausse dans ces conditions. La troupe s'engagea dans un couloir vide de toute présence. La N7 en profita pour s’enquérir de l'état de la deuxième navette pendant que ses hommes sécurisaient les lieux.

Void Two avait réussi à atterrir parallèlement à la coque après avoir plus ou moins amorti leur descente. Ils se situaient cependant à une centaine de mètres de la position de Void One et avaient besoin de trouver une brèche ou un sas pour pénétrer à l'intérieur. Opération fastidieuse sans la moindre connaissance des lieux, d'autant plus que le groupe avait également perdu des éléments lors de son atterrissage. Il fallait tenter de mettre la main sur ce genre de données primordiales le plus rapidement possible. Le réseau interne du Bellethium devait être étroitement sécurisé, peut être même que leur système se trouvait déjà en quarantaine au vu de la situation. Mais elle avait confiance envers les capacités de ses hommes.

Shura passa alors sur le canal du groupe assigné par l'amirale asari.

Ici Fender, nous avons pris pied sur le Bellethium malgré un atterrissage difficile et plusieurs pertes. Nous avançons dans le vaisseau et attendons rapport sur votre situation.

Même si l'idée de rester près de la coque ne lui plaisait guère, il s'agissait là de l'unique moyen de reprendre contact rapidement avec l'autre unité. Le petit groupe de militaires se plaça près d'une porte qui était toujours alimentée. Positionnés sur deux lignes, le turien portant son bouclier d'une main et son arme de l'autre ainsi que la N7 à l'avant, la chasseresse asari et l'ingénieur humain à l'arrière, prêts à fournir un soutien biotique et technologique à tout instant.

Shura se tourna alors vers ses hommes, son casque de furie se penchant légèrement sur le côté.

J'ignore sur quoi nous allons tomber, mais vous allez me les faire hurler si fort que leurs cris de douleur résonneront dans l'espace jusqu'au Présidium.


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Personnage RP
Faction : Conseil
Rang : Spectre
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t4287-fiche-de-presentation-de-r
http://www.masseffect-reborn.fr/t4291-journal-personnel-de-ravi-vertax


En ligne
Hé Hé !
Messages : 248
Crédits : Chillchell / Keral / moi

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Lun 07 Mai 2018, 01:10
La Fin du Cercle
- Ici le Courtier, nous demandons de l'aide. Nous ne pouvons pas laisser les connaissances que nous avons être détruites, il en va de la survie de l'univers contre l'énergie noire. Nous ne pouvons pas laisser ces informations tomber dans de mauvaises mains. Nous sommes sur la station Promethéus. J'en appelle au conseil. Venez.

La fin de l'enregistrement provoqua un silence aussi lourd que long. Un silence que la Conseillère Tevos n'était pas pressée de rompre. Elle embrassa du regard les Spectres qui se présentaient devant elle. Tout de moins, c'est ce que son hologramme fit. Nul membre du Conseil n'avait jamais été présent sur l'Ira, et il était fort probable qu'aucun n'y mettrait jamais les pieds.

- La situation est épineuse.

L'Asari choisissait ses mots avec une délicatesse bien plus propre à elle qu'à celles de son peuple, usant d'un ton posé. Elle ne trompait personne. Ce n'était pas une situation épineuse qui se profilait à l'horizon mais les prémices d'une révolution galactique qui avait tout intérêt à pencher en leur faveur.
Personne ne lui en fit la remarque. Notamment parce que Ravi avait les mâchoires trop serrées pour que le moindre son ne puisse qu'espérer s'échapper. Les bras croisés sur sa poitrine, elle fixait l'hologramme comme s'il était la seul chose existant au monde. Alec, présent à ses côtés, aurait pu faire n'importe quoi qu'elle ne l'aurait pas remarqué.
A vrai dire, on pouvait aussi se demander si elle regardait réellement la Conseillère. Ses yeux verts semblaient voir bien plus loin.

- L'UCIP a été dépêchée, continua l”Asari de sa voix suave, et de nombreuses forces alliées sont désormais averties. L'énergie noire est une puissance qui ne doit pas se répandre sur la Galaxie. Chasca est déjà perdue, mais elle doit rester le seul malheureux exemple.
Ces données ne doivent pas être utilisées à des fins néfastes.


Les poings de la Turienne se serrèrent. Dans son esprit se rejouèrent les images de la fin de Machiavel, enivré à cette sorte de biotique dégénérée. Ces informations... Mèneraient-elles à leur créateur, leur source d”approvisionnement, à un moyen de lutter contre la folie ?
Tant de questions qui ne furent jamais exprimées autrement que par un grognement.

La Conseillère n'en prit pas ombrage.

- Les Conciliens doivent se montrer plus que jamais unis. L'UCIP est chargé de coordonner les opérations. C”est auprès d'eux que vous obtiendrez les informations sur votre mission.

Empêchez ces informations d”être perdues. Et faites honneur au Conseil.


L'hologramme se dissipa. Dans la salle de commandement ne restait que le Maître et son apprenti.

- Je te laisse le commandement du vaisseau.

La voix était rauque et sèche, et ne laissait place à aucun commentaire.

- Dirige nous vers les coordonnées.
Et qu”on me laisse seule jusqu'à notre arrivée.


La Spectre quitta la pièce sans un regard envers Sykes. Elle avait fait de son mieux pour ne pas trembler de rage durant toute la réunion.

Mais peut-être avait-elle raté misérablement.

--------------------------------------------------

Quelque part, à mi chemin entre réalité et folie, entre monde terrestre et monde spirituel, la Bête ouvrit un oeil et gronda.

L'heure approchait.

---------------------------------------------------

Depuis quelques temps, la solitude lui faisait du bien. Elle n'avait pas à supporter la présence d'imbéciles, à se faire ou à dicter des règles ou devoir veiller sur quoique ce soit. Pour toute ses raisons, la Spectre aimait travailler seule. La présence, depuis très peu de temps, d'un apprenti allait encore. A deux, c'était jouable. Les trios, si c'était exceptionnel, soit. Pour avoir une escouade, il fallait vraiment qu'il s'agisse d”une merde noire et, dans ce cas là, on ne crachait jamais sur un peu d'aide supplémentaire.
Quand bien même la situation était «épineuse», le quatuor était une composition que la Turienne haïssait rigoureusement en ce moment. Surtout que chacun avait ramené son équipe au complet.

Évidemment, aller à l'assaut du Bellethium en solitaire était du suicide. Mais y aller à trente ne promettait pas de meilleures chance de réussites. Au moins, en petit nombre, on pouvait se mouvoir plus discrètement.

La Spectre avait revêtu son armure noire. Elle était marquée par quelques endroits d”impacts, rayée à d”autres et elle s'était débarrassé depuis longtemps de l'idée de la polir ou de l'entretenir à la façon militaire. Malgré tout, l'armure avait toujours de l'allure. Une allure couplée par la démarche féline de sa propriétaire. Celle-ci vint s'appuyer contre un mur, un peu à l'écart des autres personnes présentes. Elle adressa tout de même un signe de la tête en guise de salut.

Elle n'avait pas envie de parler. Encore moins de faire ami-ami ou faire semblant de s'intéresser aux autres personnes présentes.

A'Un, lui, eut le droit à une autre marque de respect : un salut de deux doigts sur la tempe. Malgré ses tendances à prendre les gens pour des cons et à les prendre de plus haut qu'il n'était, il avait prouvé qu'il savait se démerder. Une qualité que la biotique respectait beaucoup en l'état; c'était la promesse d'emmerdes en moins.

Le briefing de l”Amiral eu l'avantage d”être concis, quoique pauvre en informations. Ils se retrouvaient à devoir capturer des dirigeants dont les identités étaient inconnues et à devoir glaner informations et matériel au petit bonheur la chance. La destruction de l'organisation était au moins un objectif clair. Et surtout terriblement jouissif.

Depuis quand la Turienne aspirait-elle autant au sang ? Depuis quand avait-elle renoncé à la finesse pour lui préféré la brutalité ? Depuis quand se laissait-elle noyer sous cette rage au goût d'infini ?

Sous le casque, un sourire fin vint éclairer les lèvres de la femme. Elle se perdait peut-être. Mais la destruction au nom de la vengeance avait un goût exquis.

On lui avait pris Latis.

On lui avait retiré Caelus, déshonoré les Cabales.

On avait tenté de semer la destruction et d'user le nom d'un ami dans le processus.

La vengeance avait toute sa place dans l'histoire. La raison, bien moins.

Elle en aurait rit si elle ne savait pas se retenir. Elle sentait la biotique courir sous ses veines, priant pour être libérée en ondes magnifiques et en tempête de furie. Elle avait hâte de voir une pitié qui ne viendrait jamais être implorée.

C'était peut-être un avant-goût de la folie, ou bien la folie pure.

- Alec... Tu partiras avec le Commandant Fender. Non négociable.

Elle n'avait pas besoin de lui dans ses pattes. Il la gênerait.

Et pire que tout.

Il risquait de l'apaiser.

Ses ordres n'étaient pas discutables. Elle l'avait prévenu, il y a de cela tout juste deux mois qui lui donnait l'impression de remonter à des années. Elle lui avait interdit de la remettre en question ou de jouer au plus fort.
Et pourtant, il la défiait aujourd’hui. Il refusait de partir et, comble de l'audace, exigeait de l'accompagner.

- Pardon ?

Il répéta sa requête, l'imposant sans lui laisser le choix.

Peut-être qu'elle n'était pas tellement au bord du gouffre que cela. Peut-être qu'une part d”elle-même continuait de lutter contre la colère qui l”habitait.

Sans ça, elle n'aurait jamais fini par céder dans un soupire, en exigeant faussement qu'il ne la gêne pas.

-----------------------------------------------------------------

La Bête grogna, loin au dessus des consciences.

Ce n'était pas terminé. La rage l'emporterait et la libérerait.

-----------------------------------------------------------

Dans la soute qui faisait aussi armurerie, la Turienne vérifia son arme et s'assura que les programmes de munitions étaient sur son Omnitech. Phasique et Cryo répondirent. Sur son Mattock, une icône s'alluma tour à tour pour témoigner de leur mise en place. Elle reprit les munitions normales.
Son Omnilame était prête aussi.
Le casque de son armure était bien pourvue de capteurs et de différents modes de vision, mais ce n'était, en somme, qu'un casque bien ordinaire.
Son omnitech était en lien avec l'ingénieur de son vaisseau, ce qui réglait déjà le problème d”un éventuel piratage un tant soit peu ardu.

Et sinon... Et bien c'était tout.

Les Spectres, disaient-on, étaient habitués à se rendre sur les missions avec «leur bite et leur couteau» comme disait l'expression.

Dans le cas de Ravi, on pouvait plutôt parler de mandibules et d”omnilame.

----------------------------------------------------------------

L'Ira volait sur le champ de bataille avec ce qui s'apparentait à de la grâce pour les Turiens. Un principe qui, s'il requérait de la souplesse, exigeait encore plus d'efficacité.
Là où certains vaisseau allié subissait des tirs, provoquant leur incapacité voir leur destruction, la frégate Turienne réussissait à se frayer un chemin jusqu'à l”imposant croisé aux dimensions gargantuesques. Elle profitait de la confusion pour avancer, laissant les tirs les moins importants impacter légèrement leurs boucliers. Les pilotes avaient reçus pour ordre de ne pas tirer, sauf nécessité absolue. Le but n'était pas de se joindre à la bataille qui déchirait le néant, mais d'amener les Spectres à bord.

Autour d'eux régnait le cataclysme des combats. Des débris de vaisseaux détruits se retrouvaient à se balader quand les lois de la physique ne les faisait tout simplement pas s'écraser contre un autre navire, provoquant au mieux un impact léger, au pire la destruction complète. C'était rare, mais une manœuvre ratée pouvait avoir de lourdes conséquences.

Le Bellethium était percé en plusieurs endroits. Certains trous étaient couvert d'une bulle bleuté, preuve que le système de gravité marchait encore, mais d'autres ne laissaient voir qu'un vide horrifique dans la coque. Une grande partie du vaisseau restait malgré tout viable. Ils n'auraient jamais eu de réserves d'air assez grande pour visiter un tel croisé si plus de la moitié avait été détruite, surtout sans en connaître la structure.

Alors que les Butariens préféraient s'enfoncer dans le croisé et que l”UCIP s'écrasait de force, les Spectres réussirent à manœuvrer jusqu'à l'un des abîme de vide, situé au milieu du vaisseau. Le Sas s'ouvrit du côté extérieur, laissant à Alec et Ravi la possibilité de sauter jusqu'en face. Sous l'absence de gravité, il leur suffit de simplement pousser sur leur talon pour flotter jusque de l'autre côté.
Puis, une fois au-dessus du sol qui ne s”était pas éparpillé sous le choc de la destruction, ils mirent en route leur bottes magnétiques.

Si le bruit pouvait avoir lieu dans l'espace, on aurait entendu un «Chtong» métallique puissant alors qu'ils atterrissaient.

Dans le couloir, sombre et dépourvu de la moindre âme qui vive, l'atmosphère était pesante. Mais dans l”esprit de la Turienne ne subsistait que la déception. Le massacre devrait attendre encore un peu.

Alors qu'ils progressaient de la marche lente dues aux bottes, la voix de la Commandante Fender fut retransmise dans leur oreillette.

- Ici Fender, nous avons pris pied sur le Bellethium malgré un atterrissage difficile et plusieurs pertes. Nous avançons dans le vaisseau et attendons rapport sur votre situation.

- Occupes t'en, Alec.

De son côté, la Spectre avait ses propres objectifs. S'isolant sur un canal privé, elle tenta de joindre celle qui, normalement, était injoignable. Le Courtier. Le canal d'où elle avait émis était une piste qu'il aurait été stupide de refuser.
La biotique se connecta sur un second omnitech, dit «blanc». Destiné uniquement à recevoir, coupé de tout réseau externe, il était une voie de garage pour d”éventuels virus et tentative de piratage. Le Courtier n'aurait jamais sa confiance.

- Ici le Spectre Vertax. Vous avez appelé à l'aide, nous sommes là. J'ai besoin d'informations. Et je demande un paiement.

Sa demande ne donna suite qu'à un long silence.

L'injoignable avait bien décidée de le rester.


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Personnage RP
Faction : Alliance / Conseil
Rang : Commandant (N7)
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t4123-alec-sykes
http://www.masseffect-reborn.fr/t4129-journal-de-bord-d-alec-sykes


En ligne
Messages : 199
Crédits : Kathleen (retouche)

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Mar 08 Mai 2018, 21:58

Deux ans. Deux années complètes qu’il se posait ces foutues questions entre ses différents déploiements. Enfin, pas deux années au sens strict, mais à quelques jours près il était en mesure de fêter ce drôle d’anniversaire. Celui de la première fois où il fut confronté en personne aux manigances de l’Ordre de l’Accompli. Le 13 mai 2201 pour être exact. La date où une banale mission d’escorte et de protection d’un notable de l’Alliance avait dérapée en situation de crise à tendance terroriste. Le tout s’était révélé être un habile stratagème à vrai dire, et même si l’ennemi fut abattu ce jour-là, tous n’eurent réellement le fin mot de l’affaire que bien plus tard. La technologie supérieure de l’intrus, le sujet de ses recherches… Tout ceci restait toutefois un mystère, même aujourd’hui.

La création de l’UCIP aidant, le fruit des efforts conjugués des services de renseignement conciliens avec elle, il en était ressortie l’apparition d’une nouvelle menace : l’Ordre de l’Accompli. Mais pouvait-on seulement considérer cette mystérieuse faction comme une menace depuis si peu de temps ? L’apparition du Bellethium en orbite d’Oméga voilà de ça des années, la récente attaque de Chasca avec une arme jusqu’ici identifiée comme une création de Machiavel… L’hypothèse que l’Ordre fut depuis toujours le véritable commanditaire du terroriste ne paraissait aujourd’hui pas la plus absurde.

Mais l’historique de l’OdA passait au second plan devant la bataille spatiale qui se déroulait sous les yeux des forces déployées sur le vaisseau et en surface.

Pour Alec, le seul fait de chercher réparation pour la Mer Pourpre constituait une motivation plus que suffisante. S’il n’était pas avide de destruction et massacre comme pouvait l’être Vertax, le N7 se savait prêt depuis bien longtemps pour une journée comme celle-ci. Une journée présageant un copieux festin : celui de vautours s’affairant autour d’une carcasse des plus alléchantes. Là, à quelques milliers de kilomètres en orbite et sur le sol de Ker Ys, on s’affrontait pour défendre ou se saisir des ressources du Courtier de l’Ombre. Ici, dans le vide spatial, on cherchait à neutraliser une menace tout aussi - si ce n’est plus – grandiose, dérobant au passage technologies, informations et captifs si c’était seulement envisageable. Car pour être familier de certaines méthodes de l’Ordre, Alec savait d’expérience que les chances de capturer un élément en vie étaient bien minces. Conditionnés pour obéir, les membres de ce groupe préféraient le plus souvent mettre fin à leur jour que concéder leur capture. Sans compter la propension de leur équipement à s’autodétruire en présence de l’ennemi…

Il devait probablement en être de même pour leurs ressources numériques, tout aussi bien protégées et plus précieuses encore que tout le reste.

Cette mission, qui promettait déjà d’être un bourbier sans nom à bien des égards, s’annonçait néanmoins comme la meilleure occasion à ce jour d’obtenir des réponses sur la nature de l’Ordre. Quant à savoir s’ils étaient capables de mettre un terme à son existence dès aujourd’hui… Là encore le sujet restait ouvert au débat… des armes. Car imaginer leur ennemi si nébuleux mettre toutes ses forces en mouvement – en conjecturant seulement que c’était le cas – sans avoir un coup d’avance ou en réserve relevait encore une fois du possible…

***


Vous l’aurez compris, c’est un N7 tout sauf prêt à jubiler de la vision que s’offrait à ses yeux depuis la baie d’observation d’une frégate du Conseil qui assistait au briefing pré-déploiement. Là où certains se réjouissaient du carnage à venir, lui préférait garder en tête ce pourquoi il était là. Aussi préféra-t-il rester en retrait pendant la totalité de l’échange par hologramme interposés. C’est à peine s’il nota la petite provocation du leader du contingent Butarien, qui semblait se délecter de ce subtil irrespect. Le concerné avait beau ne pas entretenir de haine envers les natifs du Nid du Milan, contrairement à beaucoup de spécimens de sa race, il finissait par comprendre les aprioris de certains... Et si faire équipe avec un contingent de l’Hégémonie ne l’enchantait guère, rapport aux éventuels conflits d’intérêts quant à ce qu’ils pourraient trouver sur le Bellethium, il fallait au moins leur reconnaitre une certaine efficacité.

S’ils avaient pu coopérer une fois par le passé… Il s’en accommoderait aisément, pour peu que les circonstances s’y prêtent.

Le reste du briefing n’ayant rien de bien surprenant dans son contenu, le N7 se contenta d’en écouter le contenu d’une oreille, son attention étant pleinement captée par la bataille spatiale se déroulant sous ses yeux. Le géant de métal qu’ils s’apprêtaient à aborder était tout bonnement impressionnant, même pour un soldat comme lui ayant servi pendant deux décennies dans la Marine de l’Alliance. Ce titan, bien que très amoché, était encore en mesure de tenir tête aux appareils conciliens, ce qui laissait présager un dénouement des plus coûteux en vies. Cependant, si le spectacle avait de quoi fasciner, les mots qu’on lui décocha eurent tôt fait de l’en détourner de façon brutale.

- « Alec… Tu partiras avec le Commandant Fender. Non négociable. »

- « Compte là-dessus… » répondit-il d’un ton des plus froid.

Sa réponse était sortie de façon cinglante, tranchant à vif l’atmosphère pesante du vaisseau. Nul doute que l’évènement aurait détourné quelques têtes dans leur direction si la situation au dehors ne nécessitait pas une attention pleine et entière.

- « Pardon ? »

- « Fender a bien assez d’hommes pour gérer la situation. Et je sais mieux que quiconque contre qui on se bat... Tu pourras tout aussi bien m’envoyer chier auprès du Conseil si l’on sort de ce vaisseau, mais ma route et toute tracée... » poursuivit-il sur le même ton.

Pas de fierté mal placée dans ses paroles, mais plutôt une vérité à laquelle Sykes n'aurait supporér de véritable contestation. Dans un contexte hiérarchique tout autre, elle aurait été en mesure de le faire coller dans une cellule. Mais ici… Mieux valait qu’elle lui concède ce point. Ce qu’elle fit avec une lassitude qui tranchait durement avec la joie de vivre et le côté excentrique qu’il lui connaissait si bien. Un aspect qui, ces derniers mois, laissait peu à peu la place à une femme impatiente, plus emportée ? Réservée ? Pas besoin d’être psy pour comprendre que quelque chose clochait chez la Turienne. Cela dit, à condition que le sujet n’interfère pas avec le déroulement de leur mission… Vertax pouvait bien garder ses secrets si ça lui chantait.

Dans le cas contraire… Les couloirs d’un cuirassé exposé au vide glacial de l’espace feraient certainement un cadre bien moins plaisant que le bureau de la Spectre au sein du Présidium pour se livrer à une psychanalyse…

***

Sans être doué de talents biotiques, l'officier de l'Alliance ne pourrait compter que sur ses capacités martiales et la polyvalence du matériel qu’il jugerait bon d’emporter à bord. L'armement constituait certes le nerf de la guerre, fusil d'assaut et à pompe s'imposant dans ces circonstances. Mais pas seulement... Raison pour laquelle le Commandant, sans pouvoir compter sur le renfort d’un commando, jugea bon de contrevenir à la réputation que l’on attribuait aux Spectres concernant leur façon de mener une mission. Si les plus importants agents du Conseil avaient pour crédo d’opérer de la façon la plus efficace par tous les moyens possibles… Prévoir quelques jouets en plus ne pourrait pas faire de mal… Si ?

En plus de l’armure anthracite dépouillée du sigle de l’élite de l’Alliance, et vérifiée de façon quasi maladive avant chaque opération, Alec adjoignit ainsi à sa panoplie un module de transport contenant quelques bricoles. Fixé fermement au dos de son plastron, le contenant était suffisamment léger pour ne pas entraver de façon significative ses mouvements et son endurance. Il pourrait de toute façon aisément s’en débarrasser en cas de difficulté, ce qui ne put que le motiver à se permettre ce petit extra. A l’intérieur se trouvait un kit de soins simplifié à quelques doses de médigel supplémentaires (dextro et lévo-aminés) et deux doses de stimulants injectables. Des produits conçus pour donner un coup de fouet conséquent en cas de blessure ou de fatigue extrême. Venait également une unique charge explosive et son détonateur, dans l’éventualité où un sabotage des systèmes du cuirassé imposait une destruction conséquente, et deux paires d'omni-menottes.

Les deux omnitechs de circonstance complétaient le tableau, donnant au N7 l’impression d’être davantage un mercenaire parti pour une mission de longue durée qu’un agent du Conseil envoyé neutraliser une menace d’importance. Ces ultimes petits jouets, en plus d’avoir chacun leur fonction, seraient d’un grand secours pour télécharger le maximum de données en temps réels dans les serveurs du croiseur Asari dépêché sur place avec le reste de la flotte pour mettre un maximum d’informations en lieu sûr. Ainsi, même si l’un d’eux y passait à bord du Bellethium, les éléments qu’ils auraient réunis pourraient au moins être sauvegardés quelque part.

Car, en plus d’être une traque, ne s’agissait-il pas avant tout d’une course à l’information et aux ressources que cette mission ?

***

L’approche n’eut rien d’inattendu dans son déroulement. L’EVA, qui devenait un exercice récurrent après Chasca, ne présenta aucune difficulté aux Spectres. Cela constituait d’ailleurs le deuxième abordage de l’année pour Sykes, qui ne manqua pas d’espérer que celui-ci se termine sur un bilan bien plus positif que le précédent… Aucune force d’opposition n’ayant pour le moment été envoyée à leur rencontre, il était probable que leur approche soit passée inaperçue. Le fait d’avoir choisi pour point d’entrée une section exposé au vide spatial et verrouillée en conséquence par les systèmes du vaisseau y aidant pour beaucoup.

L’effet de surprise ne jouerait cependant par éternellement en leur faveur, et il y avait fort à parier que l’Ordre soit à même de leur offrir une résistance équivalente à leur détermination d’aller jusqu’au bout. Jusqu’ici, le renfort et l’usage à outrance de camouflage optique paraissait l’option la plus simple à mettre en œuvre pour prolonger leur avantage. Si la soif de meurtre de la Turienne ne précipitait évidemment pas les affrontements. Tous Spectres qu’ils pouvaient être, ils n’en restaient pas moins deux contre un contingent à l’effectif et à la puissance de feu inconnue au sein de leur section de vaisseau.

Une réalité qu’Alec gardait en tête alors qu’il prenait contact avec le reste des éléments conciliens éparpillés à bord.

- « Sykes pour Fender. Nous avons pris pied sur le centre tribord du cuirassé. Nous transmettrons les plans de l’appareil si nous en découvrons. La zone supposée accueillir le poste de contrôle et le QG de l’Ordre constitue notre destination. Terminé. »

Rien de plus… Le genre de message signifiant bien que sans avancée majeure d’un côté ou de l’autre, il était inutile de s’encombrer d’échanges supplémentaires.

Jusque-là, le N7 comptait bien s’emparer de toute ressource stratégique d’importance. Qu’ils tombent sur des labos serait bien entendu le jackpot, encore que les monstruosités s’y trouvant pouvaient tout aussi bien devenir un problème. Mais les têtes pensantes, si elles se trouvaient toujours à bord, constituaient leur priorité.

En parallèle, si le recours de Ravi à un mystérieux contact avait de quoi interloquer, la question ne fit pas partie des préoccupations de l’Humain dans l’immédiat. Bien trop occupé qu’il était à orchestrer leur sortie de la sinistre coursive sans oxygène, ce dernier s’intéressa à la porte donnant dans la direction s’enfonçant dans les entrailles du Bellethium. Là où les effectifs de l’UCIP longeaient dans un premier temps la coque pour se retrouver, eux se devaient d’avancer au plus vite dans le ventre de la Bête. Raison pour laquelle son omnitech dédié au piratage joua le rôle d’interface entre la console plus ou moins en état et le pirate à bord de l’Ira. M-11 en main et à l’affût, Alec n’attendait qu’une chose : que le sas leur soit ouvert pour dire bonjour à l’Ordre. Et si on les attendait déjà de l’autre côté ?

Et bien les cartouches thermiques emportées en quantité sauraient très certainement fournir un accueil de qualité à leurs nouveaux amis…

...

Sans compter une Turienne de sa connaissance qui avait hâte d'exploser quelques crânes à coup de biotique...


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Personnage RP
Faction : Aucune
Rang : Entité divine
Voir le profil de l'utilisateur


Compte staff
Messages : 4149

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 11 Mai 2018, 12:27

La Fin du Cercle

Mai 2203

Ker Ys, orbite



« Armure, une nouvelle vague d’assaillants a abordé le vaisseau. »

L’IA arborait aujourd’hui une apparence féminine, proche d’une krogan robotisée. Dahl n’avait jamais compris pourquoi Manfred s’amusait à changer régulièrement sa physionomie ainsi, et s’en moquait éperdument. Tout ce qui l’intéressait était Varto, entièrement vêtu de son armure de combat, l’air d’une statut gigantesque dressée devant les hologrammes représentant le Bellethium, la surface de la planète, ou encore l’espace de la bataille.

Mais derrière cette stature impressionnante, l’humain se sentait dépassé. Il avait une solide expérience en gestion d’un groupe mercenaire de la taille d’une petite armée, d’accord. Mais une guerre spatiale dépassait largement ses compétences.

« Que peux-tu me dire sur les derniers assaillants ? »

Plusieurs nouvelles images apparurent, des caméras situées de part et d’autre dans le vaisseau.

« Une troupe de butariens, l’OKS vu l’équipement. Ils tentent actuellement de pirater une porte. ». L’IA arbora un sourire goguenard, puis désigna un autre groupe. « Une escouade de l’UCIP. A l’heure actuelle, ils avancent en suivant la coque. Le secteur ayant déjà subi plusieurs tirs, les troupes en ont été évacuées, nous ne pouvons compter que sur les défenses automatisées. ». Une troisième image apparue. « Un simple duo, donc je soupçonne des Spectres. Comme l’UCIP, ils ont choisi une zone sinistrée. »

Le silence se fit un moment, interrompu par la quarienne présente. La Noire, que Dahl refusait d’appeler autrement. Selon lui, une cinglée de scientifique, le genre à cause de qui l’Ordre se retrouvait dans ce genre de situations.

« Nous n’avons pas le choix, l’Armure. Mes essais sont concluants. Je vais libérer les immortels. »

La quarienne partit sans rien ajouter. Le dernier membre dirigeant, un humain, parcourut du regard les individus silencieux et s’en fût à sa suite. Rapidement, on entendit sa voix, qui tentait d’apaiser la scientifique.

« Elle a malheureusement raison. Voici ce que nous allons faire.

Laisse l’OKS ouvrir la porte et prépare les tourelles. Je t’envoie des troupes en renforts leur tendre une embuscade. Vise en priorité le mécha.

L’UCIP est trop éloignée pour que je puisse intervenir, mais vue leur position dans un secteur dévasté… Prenons le risque d’exposer leur zone aux tirs. Que le vaisseau expose cette partie de la coque.

Les Spectres, c’est une autre affaire, ils sont trop proches de nous. Les troupes vont préparer la défense du 3C. Ils ne sont que deux. »

« Entendu, Armure. »

L’hologramme ne disparût pas, Varto ne resta pas silencieux, et tous deux mirent en place le plan de l’humain. Dahl resta à sa place, témoin du désastre, incapable de changer le cours des événements.

*****



Les différentes forces spéciales avançaient dans le vaisseau. Rapidement, elles eurent la surprise de pouvoir s’y repérer facilement : si la coque extérieure arborait une apparence inconnue, l’intérieur était fait pour que des individus d’espèces différentes puissent facilement se retrouver dans l’immensité. Les intersections indiquaient clairement les directions des différents secteurs, et les portes indiquant les entrées et sorties des secteurs étaient clairement signalées. Des tapis automatisés permettaient de traverser de longs couloirs plus rapidement, des échelles et ascenseur autorisaient à changer de niveau, et tout serait une promenade de santé si le vaisseau était intégralement fonctionnel et que des embuscades n’attendaient pas les assaillants.

La première frappa l’escouade de l’UCIP : celle-ci avait intégré les entrepôts du vaisseau, une zone que le Cercle était prêt à sacrifier, et les soldats eurent la désagréable surprise de voir la coque se déchirer autour d’eux. Ils pouvaient encore choisir d’aller de l’avant vers le Centre de Commandement et de Communication, espérant réussir à traverser avant que le couloir ne s’ouvre sur le vide et s’éloigner avant qu’une nouvelle salve de tir ne les désintègre ; ou ils pouvaient s’enfoncer dans les couches intérieures plus protectrices, contournant ainsi la zone exposée par les laboratoires.

La seconde encercla les membres de l’OKS. Ceux-ci savaient que le coup venait, les drones de leur mécha se faisant systématiquement abattre dès qu’il passait un angle, mais ils n‘avaient pas encore trouvé les tireurs. Les tireurs prirent finalement la forme de tourelles privilégiant la vitesse de déploiement à la résistance, tourelles qui frappèrent l’OKS dans le dos quand celle-ci se retrouva face à une barricade tenue par l’Ordre, éliminant le mécha par surprise. Les butariens devaient maintenant faire leur choix : pousser vers la barricade, dans la direction du 3C, ou rebrousser chemin en abattant les tourelles, se dirigeant ainsi vers les laboratoires.

Enfin, les Spectres ne tombèrent pas dans une embuscade, mais sur une porte verrouillée et indiquant l’entrée dans le secteur 3C. Derrière, observable derrière une vitre blindée, une défense se dressait, encerclant toute la zone de commandement, rejoignant plus loin une barricade faisant feu sur une troupe de butariens. Les Spectres pouvaient choisir de passer en force, ou pouvaient contourner par la zone voisine des laboratoires.


____________INFOS MJ____________


Nouveau tour !

Vous voici dans le Bellethium. Vous l’avez deviné, choisissez entre la force vers le commandement, ou contourner par les labos. Evidemment, ceux qui feront le même choix se retrouveront. Enfin, je précise que le passage de force se fera avec des pertes supplémentaires. :3

Nouvel élément de ‘gameplay’ ! Shura, Au’n, au vu de l’exceptionnelle vitesse d’écriture dont vous faites preuve, et de l’embuscade nécessitant de la réactivité, j’attends vos réponses dans la journée, sous peine d’extermination des PNJs vous accompagnant. Dahl

Si vous avez des questions à poser IRP, envoyez-les-moi en MP et j’y répondrai.

Comme toujours, une semaine complète pour répondre, pas d’ordre. Si quelqu’un veut répondre avant les autres, vous voyez entre vous, tant que les réponses sont faites.
Au vu du rythme, j’accepte que vous ne répondiez pas à tous les tours, sans pénalité grave. Mais ça ne doit pas être systématique, et je veux toujours au moins trois réponses.
S’il y a une urgence extrême, je peux retarder d’une semaine, mais ce sera une semaine pour tout le groupe et pas plus !

Voilà. Bonne chance. Dahl




Revenir en haut Aller en bas
Messages : 18

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 11 Mai 2018, 14:41
Lorsque la porte s’ouvrit finalement, ne laissant paraitre qu’un long et morne couloir, Au’n ne put s’empêcher de lâcher un court soupir de soulagement, les adversaires n’étaient pas capables de s’organiser avec ce degré de vitesse et de précision qui rendait la mission complètement suicidaire. C’était déjà ça. Mais bien entendu, il était tout à fait probable qu’une armée complète attendait le commando dès le prochain croisement.

Dans tous les cas, les possibilités étaient plus que restreintes, s’avancer brutalement en espérant prendre les défenses de vitesse, ou avancer prudemment au risque de laisser les ennemis s’installer bien tranquillement. Toutefois, en vérité les choses étaient extrêmement simples, ils n’avaient pas les effectifs suffisants pour exterminer méthodiquement chaque point défensif sur le chemin, à force ils allaient être submergé ou complètement bloqués. Deux cas hautement déplorables pour l’élite des forces de l’Hégémonie.

Aussi l’approche rapide et brutale l’emporta dans l’esprit pragmatique et professionnel du colonel Talgar qui ne lança pas un regard à ses soldats, la plupart allant sûrement payer chèrement cette décision.

« Ici l’OKS, nous avons également pris pied sur le cuirassé. »

Le briefing pour Fender était plus que famélique, mais le butarien coupa malgré tout la communication et fit signe à ses combattants de débuter l’avancée. En répétant le geste il leur fit aisément comprendre qu’ils allaient devoir faire vite, très vite. Aussitôt, les deux gardiens aux boucliers s’élancèrent dans le couloir, Au’n et Solkan juste derrière, le reste du commando formant la queue de peloton. Tentant malgré tout de conserver deux soldats entre le mécha de soutien et la toute fin de formation.

L’avancée fut étonnement aisée, nulle embuscade ne troublant au préalable le commando, jusqu’au moment précis où le premier drone fut abattu au détour d’un couloir. Aussitôt, A’un fit signe à sa troupe de se figer tandis que divers drones terminaient eux aussi leurs carrières dans toutes les directions possibles. L’information était claire, ils venaient d’être encerclées, et cela fit sourire le colonel de l’Hégémonie, les choses sérieuses allaient débuter. Mais le pire était encore à venir, et le fut très rapidement signalé au commando tandis qu’un déluge de feu pouvait être capté depuis l’arrières des rangs, et qu’une petite explosion significative vint bercer le désir de violence qui couvait en chacun d’eux.

En l’espace de quelques minutes, ils avaient perdu la quasi-totalité de leurs drones, à l’exception d’un seul en vérité, ainsi que leur mécha de soutien. Une véritable catastrophe qui créa une puissante rage dans l’esprit du colonel Talgar qui se dirigea vers une pièce qu’ils avaient cartographié peu de temps auparavant. Une fois barricadés à l’intérieur, ils se placèrent de telles manières à couvrir les trois portes s’y trouvant.

« Ici l’OKS, lourdes pertes, les ennemis sont en nette supériorité numérique, mais nous tiendrons le coup. La résistance est équipée de tourelles mobiles ainsi qu’une garnison plus que conséquente. Nous allons attirer le feu sur nous, profitez-en pour contourner. »

Bien évidemment il s’agissait d’informations proches du mensonge, l’OKS n’ayant pour l’heure perdu aucun membre mais la désinformation est parfois la meilleure arme du survivant. Se tournant maintenant vers ses propres combattants pour la suite de l’opération.

« Nous n’avons pas les moyens de nous éterniser ici, alors on va faire ça façon Hégémonie. On va leur rentrer si fort dedans que leurs propres mères vont se mettre à saigner. N’oubliez pas qui nous sommes. N’oubliez pas ce qui nous faisons. Soldats de l’OKS,

Qu'est ce qui nous effraie dans la mort? »
Se mit à crier Au’n.

« Mourir en laissant notre devoir inachevé » Répondirent en cœur les combattants du commando

« Quelle est la joie de la vie? » hurla à nouveau le colonel

« Mourir en sachant notre devoir accompli. » Répondirent plus fort encore les soldats de l’OKS tandis qu’ils agrippaient tous leurs AT-12 pirates équipés de munitions cryo.

Puis ils activèrent une autre porte que celle par laquelle ils étaient entrés, les deux porteurs de bouclier en tête de formation, ils se ruèrent en avant, essuyant quelques tirs qui égratignèrent un peu les lourdes protections sans toutefois freiner l’avancée du commando. Ils parvinrent alors jusqu’à un croisement ou se trouvait un trio de résistants à l’armure brillante de haute qualité et des armes toutes neuves. Alors qu’ils parvenaient au contact, tandis que les résistants tentaient de se replier tout en faisant feu, les deux gardiens de l’OKS se jetèrent subitement sur le côté pour laisser Talgar et un autre combattant et leurs fusils à pompe remercier leurs adversaires pour cette magnifique embuscade.

Le premier tir percuta violemment le bouclier des trois membres de l’ODA tandis que l’azote liquide entamait son œuvre de glaciation en traversant sans soucis les boucliers, gelant leurs mouvements. La seconde salve perça enfin les défenses ainsi que les armures faisant jaillir un beau paquet de sang jetant au tapis les trois ennemis. Prenant le contrôle de de la zone, les gardiens s’assurent de la mort des adversaires en leur collant une balle dans la tempe à tour de rôle, puis Au’n jeta le dernier drone au coin qui parvint miraculeusement jusqu’à la sortie du couloir. Ils découvrirent alors le comité d’accueil qui leur avait été prévu, en l’occurrence une salle plutôt grande qui se transformait peu à peu en forteresse inexpugnable.

S’ils n’agissaient pas rapidement et avec une brutalité la plus dénuée d’hésitation, ils allaient rapidement devoir faire demi-tour, et donc aller se coltiner les tourelles mobiles leur collant aux basques. La technique de l’assiégé attendant les renforts en s’imaginant totalement protégé. Toutefois, avant d’être détruit, le drone avait réussi à capter une ultime information, dans la barricade leur faisant face se trouvait un turien tenant ce qui ressemblait fortement à une arme lourde. Ils allaient devoir frapper très lourdement.

D’abord, un couloir pouvant largement faire dans les vingt mètres de long, ensuite une barricade en construction tenue par une dizaine de combattants donc une arme lourde inconnue, et derrière une véritable garnison, fort heureusement grandement occupée par la fortification de leur emplacement et par la protection d’une large baie vitrée et les deux portes situées de part et d’autres. Et pourtant l’idée de rebrousser chemin ne traversa jamais l’esprit de l’officier de l’Hégémonie. Ils allaient briser cette défense, broyer les corps de ces petits enfoirés et continuer leur route vers ce qui devait être le centre de commandement, enfin d’après les maigres plans dérobés dans les serveurs encore accessibles du vaisseau.

Le temps n’était clairement plus à la subtilité.

Au’n se tourna donc vers deux de ses combattants, décrocha ses deux grenades à gaz et fit adjoindre les quatre de ceux qu’il avait désigné du regard. Cette ceinture dans une main, la deuxième parfaitement libre, il tapa dans le dos des deux gardiens qui comprirent aussitôt ce qu’on attendait d’eux et s’élancèrent au pas de course dans la direction des barricades. Malheureusement, l’arme inconnue de l’ODA se révéla être capable de se moquer allègrement des défenses offertes par ces lourds boucliers de combat et lorsque le tir fusa, semblable à un laser de forage haute performance, il découpa les deux boucliers avec une facilité déconcertante.

Le premier gardien n’eut pas le temps de comprendre ce qu’il se passait tandis que le laser transperçait le bouclier, ses boucliers et son armure, sectionnant sa tête et une portion supérieur de la lourde protection, le reste de la troupe, possédant des réflexes forgés par des dizaines de missions eurent l’idée de baisser la tête, voire de se jeter genoux à terre, ce qui fut aussi le cas du second gardien bien qu’il perdit un bon tiers de son propre bouclier dans l’opération. Tandis que le laser terminait sa course dans les parois métallique du cuirassé et s’éteignait enfin.

Il restait encore presque huit mètres à parcourir et rien ne permettait de définir le temps de recharge d’une telle arme aussi Au’n se décida-t-il à intervenir en utilisant sa propre biotique, comptant sur ses alliés pour lui sauver la vie. Le colonel se jeta donc au sol dans une roulade parfaitement maitrisée, attrapant au passage de sa main libre la portion supérieure qui avait été découpé au gardien mort. Cela en main, le butarien se redressa et courut quelques pas, encaissant les quelques tirs des résistants, brisant presque complètement son bouclier, mais cela n’était en vérité qu’un détail de toute manière il allait le perdre complètement dans quelques secondes à peine.

Alors que ses défenses allaient céder, Au’n se jeta en l’air, les pieds en premier, comme s’il tentait de frapper physiquement un des défenseurs, au moment où sa posture fut optimale, il activa son pouvoir le plus puissant, et son préféré, en sa possession, la charge biotique, le tout en ciblant le porteur de l’arme lourde qui tentait de se remettre en position de tir. La puissance biotique entoura complètement le butarien qui senti soudain une force d’attraction toute puissante le saisir avec une brutalité emplie d’une incroyable sensation de pouvoir et l’emportait à toute vitesse en direction du casque de ce tireur.

Le contact fut particulièrement violent, lorsque les deux pieds du colonel de l’Hégémonie percutèrent le casque de sa cible un craquement sourd se fit entendre tandis qu’il continuait sur son chemin, passant par-dessus la barricade, emportant le corps sans vie du turien dans son sillage. Atterrissant lourdement au sol, l’officier de l’OKS relâcha tout l’air qu’il avait accumulé dans ses poumons et sut qu’il aurait une bonne douleur au coccyx s’il survivait à cette sombre affaire. Mais pas le temps de se perdre en supputations, Au’n activa ses six bombes et les projeta en direction des nombreux combattants dans la pièce. Equipés de casques, les résistants de l’ordre n’allaient malheureusement pas souffrir des gaz neurotoxiques mais ils avaient pour l’heure un tout autre but.

En s’activant, elles lâchèrent un épais nuage jaune, tirant sur le vert, qui se dispersa rapidement dans toute la pièce, gênant lourdement la visibilité des nombreux combattants qui ne pouvaient dès lors que se fier à leur vision thermique. Et dans cette situation précise, l’OKS possédait un avantage immense, étant nettement moins nombreux, et tous équipés d’une balise indiquant en temps réel la position de chacun, les risques de tirs amis étaient plus que restreints. Ce qui n’était pas le cas des membres de l’ordre.

Dans le couloir, sachant leur officier supérieur en grand danger, le gardien encore en vie plaça son bouclier de manière horizontale comblant une bonne partie du couloir, tandis que deux vétérans se plaçaient de chaque côté, lâchant des salves de fusils d’assaut avec une minutie extrême. Chaque tir faisait mouche, ou forçait un défenseur à se cacher derrière la barricade ou contre le mur, ainsi ils parvinrent directement à sortir du piège qu’était le couloir. Equipés des fusils à pompe au moment de prendre d’assaut la salle encore largement enfumée, les vétérans de l’OKS libérèrent un véritable déluge de tirs qui brisèrent aisément les derniers défenseurs, non sans quelques blessures plus ou moins graves.

De son côté, Au’n plaça son morceau de bouclier de manière à protéger sa tête et le haut de son torse tout en attrapant son AT-12 de l’autre main et s’enfonça en courant dans la lourde fumée toxique, en esquivant in extremis quelques tirs qui visaient ses jambes. Une fois dans la protection toute relative, le butarien se rua vers le membre de l’ODA le plus proche, un galarien, semblant donner des ordres à quelques combattants se ruaient vers les barricades. Atteignant sa cible, Talgar se contenta de lui frapper le casque d’un violent coup de crosse de son arme, brisant la visière fragile, permettant au gaz d’atteindre l’être qui commença à hurler de douleur et chuta lourdement au sol avec de nombreux spasmes en prime.

Toutefois, un krogan avait perçu la scène et se ruait déjà vers le meurtrier de son supérieur, sa charge, complétée d’un magnifique cri de rage. La charge faillit cueillir le butarien, ce qui l’aurait vraisemblablement brisé en deux vu la carrure immense du colosse, toutefois le biotique parvint à prévenir le problème en activant un autre de ses pouvoirs. Envoyant un fouet biotique qui attrapa un soldat au hasard, Au’n projeta sa victime dans la direction de son adversaire qui, dans sa rage aveugle, ne comprit pas le problème et percuta violemment le pauvre résistant, concluant sa colère en agrippant l’humain de ses deux bras massifs, entreprenant l’action très saine de lui briser l’échine tout en lui collant un monumental coup de tête dévastateur.

Le reste du commando entra alors dans la danse, déclenchant un violent carnage tandis que les tirs transperçaient le brouillard dans un ballet absolument sublime. Puis peu à peu les combats s’estompèrent tandis que la fumée dispersait peu à peu avec l’aide du système de ventilation de cet étrange cuirassé. Révélant ainsi la nouvelle situation, de nombreux cadavres gisant à même le sol, et quelques rares blessés gémissant tandis qu’ils devaient être extrêmement heureux que le gaz ne les ait pas atteint. Parmi les victimes il y avait l’intégralité des membres de l’ODA hormis le krogan qui jetait nonchalamment la carcasse de sa victime, ainsi qu’un deuxième membre de l’OKS, qui gisait presque paisible contre la barricade, dans sa posture il semblait simplement se reposer.

Pour les blessés, il y avait deux membres de l’OKS et deux de l’ODA, mais ces derniers semblaient en vérité plus proches de la mort que de toute autre chose alors qu’ils ne lâchaient plus que des gargouillements. Pour le reste, personne n’était sorti indemne, Au’n souffrait d’un début de migraine dû à l’usage de ses pouvoirs et d’une sérieuse douleur au coccyx, tandis que plusieurs membres de l’OKS s’appliquaient du médi-gel en prévention. Le krogan, en voyant qu’il était le seul survivant de sa troupe, et qu’il venait de profaner le corps d’un de ses potes, leva les bras en l’air en remarquant que dans sa rage il s’était débarrassé de son arme.

Peu probable qu’il s’agisse d’un haut gradé de l’ordre, Au’n attrapa l’arme lourde utilisée pour mettre à mort le gardien et fit feu en direction du colosse, qui fut violemment découpé en deux. La puissance de l’arme, couplée à la légèreté, surprit à nouveau l’officier de l’Hégémonie qui comprit aussitôt qu’ils devaient s’attendre sûrement à pire dans cette opération s’ils voulaient parvenir au bout du chemin. Aussi le butarien rangea-t-il l’arme dans ses équipements et se dirigea vers les deux blessés les plus graves.

« Nos organes sont touchés, il nous reste une petite heure dans le meilleur des cas, le médi-gel est clairement insuffisant pour nous sauver. » Lâcha le premier des deux alors que son supérieur s’agenouillait à ses côtés, dévoilant une information peu difficile à comprendre lorsqu’on observait ses yeux changer de couleur et se gorger de sang. « Prenez nos grenades, nous allons rester ici pour couvrir votre avancée le temps que l’on pourra. »

Il était hautement surprenant qu’ils parviennent à détruire les tourelles mobiles, mais ils pouvaient tout à fait les immobiliser quelques temps. Aussi Au’n leur signifia son assentiment, attrapa les grenades et les salua selon les rites de l’OKS, deux doigts sur le cœur, deux sur la tempe et fit signe au reste de la troupe de reprendre la route, ils allaient faire lourdement payer à ces petits enfoirés de l’ODA la perte de quatre membres des forces spéciales de l’Hégémonie. La formation changea néanmoins légèrement, le dernier gardien gardant la tête, mais ayant un vétéran sur ses deux flancs, Solkan et un autre couvrant les arrières tandis que le colonel reste pour l’heure au centre afin de reprendre des forces pour conserver une utilisation efficace de ses pouvoirs.

Direction le centre de commandement.
Revenir en haut Aller en bas
Messages : 20

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 11 Mai 2018, 18:44
Les deux unités de l'UCIP progressaient en parallèle, établissant un point de jonction éventuel qu'il était difficile de réellement confirmer dans cet environnement inconnu. Rester si proche de la coque représentait un réel risque, mais progresser vers les objectifs en se séparant de la moitié de l'escouade en était un plus gros encore. Les destinations se désignaient d'ailleurs d'elle même, l'intérieur du cuirassé bien que grandement dégradé dans le secteur dans lequel progressait l'UCIP présentait en effet des indications que l'on aurait plus attribué à un lieu de vie qu'à un bâtiment militaire.

Ce qui au final, s'avérait plus inquiétant qu'autre chose.

Mais il y avait plus urgent. En effet, les secousses qui envahissaient le secteur étaient de plus en plus violentes, l'impact d'un projectile Antimatière proche fit même perdre l'équilibre à la colonne de soldats. Le Conseil avait décidé de canarder la zone seulement quelques minutes après le largage de leurs troupes, avaient-ils oublié que cette position devait être épargnée le temps que le déploiement s'effectue correctement ?

Void One, ça craint de plus en plus ici, il faut qu'on se rejoigne au plus vite !

Et bien évidemment, la moitié de l'escouade se trouvait encore sur la coque, ô joie.

Void two, contactez le Moryxa, dites leur de cesser temporairement leurs tirs bordel de merde !

Shura accéléra alors le rythme, négligeant la possible présence d'ennemis pour progresser au plus vite vers le point de rendez vous. Ils pénétrèrent dans un entrepôt, prêts à devoir s'écraser violemment sur toute défense éventuelle. Mais la zone était vide.

Moryxa, ici Void, qu'est ce que vous branl...

Le turien n'eut plus jamais l'occasion de terminer sa phrase, désintégré avec l'un de ses soldats en une fraction de seconde lorsqu'une torpille du Conseil percuta la coque au niveau de leur position. Le secteur entier se mit alors à trembler, le métal du Bellethium s'arrachant par endroit et laissant présager que tout ce pan du cuirassé allait sombrer dans l'espace.

Shura et son groupe constatèrent rapidement l'urgence de la situation lorsque l'air commençait déjà à s'échapper par les fissures qui parcouraient les parois de l’entrepôt. La N7 hurla alors à ses hommes de continuer la progression aussi vite que possible, il était inutile de revenir sur sa décision et de rebrousser chemin alors qu'il était impossible de réellement évaluer l'étendue des dégâts dans le secteur.

Mais une seconde torpille percuta le Bellethium et Shura comprit à cet instant que le séjour dans le vide leur était inévitable. Comment était-ce possible ? La situation était-elle si désespérée pour le Conseil qu'elle nécessitait le sacrifice de ses propres troupes ? Dans la précipitation, elle ordonna de former deux groupes, la chasseresse s'agrippant à l'ingénieur et elle même s'accrochant au turien alors que l'intégralité de la zone autour d'eux était en train de se déchirer. Les duos furent alors subitement aspirés dans le vide, de nouveau noyés dans un parfait silence qui n'était que rarement interrompu par un grognement ou un hurlement de douleur tandis qu'ils percutaient les débris les entourant.

Chaque duo de militaires s'agrippait fermement l'un à l'autre, laissant l'inertie les propulser hors de la zone sombrant dans le vide et toujours en proie aux tirs du Conseil. La N7 et la chasseresse commencèrent alors à utiliser leur biotique pour faire avancer leur partenaire dans le vide, se rapprochant de la brèche qui avait été initialement désignée pour rejoindre Void Two. Il n'y avait rien d'autre à faire que prier en cet instant, la moindre balle perdue d'un chasseur, le moindre débris trop volumineux ou trop tranchant serait suffisant pour perforer leur armure et leur offrir une lente et douloureuse mort dans le vide.

Fort heureusement, aucun de ces réjouissants scénarios ne se produisit et Void one parvint à atteindre de nouveau la coque, rejoignant les rescapés de l'autre groupe. Une turienne et une pilote qui avait dû abandonner son appareil devenu inutilisable après le crash. La maigre troupe ainsi reformée s'engagea alors dans la petite brèche et se posa un instant dans un sas, laissant le temps à tout le monde et aux deux biotiques du groupe de reprendre leur souffle.

Le frisson d'épuisement froid qui parcourut Shura après l'effort ne l'empêcha cependant pas d’abattre d'un mouvement rageur son poing sur la paroi du sas. La moitié de ses hommes avait été tuée alors qu'ils n'avaient pas encore rencontré le moindre ennemi. Et ce n'était pas simplement le déploiement hasardeux mais également l'incompétence qui en étaient la cause. Des années d’entraînements réduites à néant par un tir allié, orchestré par des officiers qui chiaient tellement dans leur froc de voir un ennemi leur résister qu'ils en oubliaient la présence de leurs troupes de l'autre côté du canon.

Mais bien qu'ils étaient désormais de l'autre côté de la zone dangereuse, ils n'en restaient pas moins exposés avec une telle proximité à la coque. Shura ordonna donc rapidement à la troupe de reprendre sa progression vers ce qui était si gentiment désigné par les indications de l'OdA comme étant le Centre de Commandement, l'absence totale d'adversaires lui faisant également comprendre qu'ils se trouvaient bien loin de tout centre névralgique du vaisseau.

Leur route fut cependant une nouvelle fois interrompue par un obstacle, en l’occurrence une défense automatisée. La tourelle se déploya de l'un des orifice du plafond et se tourna vers la troupe de l'UCIP en mouvement.

A couvert !

Les militaires se jetèrent alors dans les salles avoisinantes ou derrière l'angle des murs, échappant ainsi de justesse à la salve qui allait certainement suivre. Ou du moins, c'est ce qu'ils croyaient, Shura comprit en effet qu'il s'agissait d'une erreur en entendant la tourelle ouvrir le feu. Les projectiles fendaient l'air dans un sifflement grave, perforants sans aucune difficulté l'épaisseur du mur pour trouver leur proie, la pilote, qui fut réduite en un instant en un amalgame de morceaux de chair et d'armure lorsqu'elle fut touchée.

Tous comprirent rapidement que seule l'offensive était valable face à des munitions de ce style. L'ordre de Shura fut presque inutile alors que ses hommes se déployaient déjà en formation offensive. Le turien lança son bouclier à l'horizontal et la chasseresse l'entoura de biotique avant de l'envoyer violemment percuter la tourelle. Ce qui ne fut bien évidemment pas suffisant pour la détruire mais l'empêcha en revanche de rentrer à nouveau dans la paroi.

Les tirs de l'UCIP vinrent rapidement à bout de l'engin qui ne présentait pas de blindage particulier comparé à sa puissance offensive. La tourelle fut donc détruite, le bouclier toujours enfoncé dans son métal comme le symbole inéluctable de sa condamnation à mort. Le turien le récupéra par ailleurs avant que la troupe ne se remette rapidement en route, toujours dans l'objectif de s'enfoncer dans le vaisseau.

Le turien cuirassé et Shura marchaient en tête, suivis de la chasseresse tandis que la turienne et l'ingénieur fermaient la marche. Les militaires progressaient en silence, observant avec attention leur environnement dans le cas où d'autres mécanismes de défense se mettraient en route. La progression rapide était peu prudente mais nécessaire, l'équipe avait au moins l'avantage de disposer d'une bonne puissance offensive si elle devait s'écraser de force contre une défense ennemie.

La N7 ne jugea pas nécessaire de communiquer davantage sa position ou l'état de ses hommes à ses autres alliés au vu du grand enthousiasme avec lequel ils avaient détaillé leur situation. Peu étonnant cela dit, de la part de spectres et de combattants de l'Hégémonie. Combiné avec le récent tir allié qu'elle venait de subir, Shura ne pouvait faire confiance en cet instant qu'à ses propres hommes et à personne d'autre. Cette mission ne changeait au final pas tant de ses habitudes, sans alliés dans un territoire inconnu et avec un effectif réduit. Il ne manquait plus qu'une horde d'infectés déboule d'un couloir pour que le cocktail soit parfait.


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Personnage RP
Faction : Conseil
Rang : Spectre
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t4287-fiche-de-presentation-de-r
http://www.masseffect-reborn.fr/t4291-journal-personnel-de-ravi-vertax


En ligne
Hé Hé !
Messages : 248
Crédits : Chillchell / Keral / moi

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Dim 13 Mai 2018, 00:00
La Fin du Cercle

Une fois les communications coupées, il ne restait que le bruit de sa respiration, lourde dans le casque. C'était un son appaisant, régulier, qui finissait d'effacer le monde qui l'entourait pour la laisser seule avec elle même. La vue qu'ils avaient sur l'espace, bien qu'entrâchée par les explosions et les tirs en arrière-plan, finissait de construire cette impression de solitude parfaite.
La Turienne prit une grande inspiration. Dans un autre lieu, dans d'autres conditions et sans Alec, elle aurait pu rester un long moment comme ça, à juste contempler l'immensité.

Plus tard, quand tout serait fini... Peut-être qu'elle le ferait. Ou peut-être qu'elle oublierait et s'en rappelerait une prochaine fois, dans un autre moment très mal choisi.

Les Spectres reprirent leur avancée, détruisant totalement le peu de calme qu'ils avaient pu s'octroyer. Les couloirs déchirés par les tirs offraient une scène d'apocalypse que venait éclairer leurs lampes. Un reste d'énergie tentait vainement d'alimenter des lumières, ne provoquant qu'un clignotement blafard comme s'il s'agissait d'un mauvais film d'horreur. Les parties métalliques qui avaient fini par se détacher à cause des secousses flottaient mollement ci et là. Une simple poussée les envoyaient ailleurs dans une course infinie ou jusqu'au premier obstacle venu. Pas un corps, pas une caisse ou un meuble détaché ne se trouvait là. La dépressurisation qui avait suivi la destruction de la coque s'était chargée de vider les lieux pour eux.
Il était difficile de dire de quelle pièce il avait dû s'agir. On pouvait penser à un réfectoire ou un dortoire, mais aucun meuble vissé au sol n'était présent. Une salle de stockage sinon. Quoiqu'il en soit, ce n'était pas une pièce prévue pour être défendue et une seule porte donnait sur le couloir. Cette porte, par ailleurs, était en partie entre-ouverte à cause d'un panneau droit partiellement enfoncé vers l'extérieur. L'entrebaillement laissait voir une partie du couloir - vide mais normalement éclairé- et le maillage bleu électrique d'une atmosphère artificielle contenue. Il devait s'agir d'un système de sécurité pour réduire les dégâts à une seule pièce au lieu de toute une aile.

La Turienne se placa du côté droit de la porte. D'un signe de tête, elle indiqua à l'Humain de l'imiter sur le côté gauche. Une indication plutôt inutile puisque l'Humain ne l'avait pas attendu pour cela. Il n'y avait pas l'air d'avoir âme qui vive dans le couloir, et un rapide scanner thermique confirma l'absence d'ennemi. A moins qu'on ne leur ait envoyé des méchas, leur avancée s'annonçait relativement calme.

- Prêt ?

Pas de réponse. Ah oui, c'était vrai. Vertax se rebrancha sur le canal commun.

- Prêt ?

Cette fois-ci la question réitérée reçut une réponse favorable. Les efforts combinés du duo permirent d'écarter assez les panneaux pour les laisser passer l'un après l'autre. Comme les scanners l'avaient indiqués, le couloir était vide d'occupants, mais pas d'indications. Sur les murs et le plafond on trouvait parfois des panonceaux qui indiquaient le chemin à suivre pour trouver les ascenseurs, l'infirmerie, le réfectoire... Ils prirent le chemin qui s'étendait sur leur gauche, remontant en direction du secteur 3C.
Fusil à l'épaule, les combattants remontèrent le boyau métallique avec prudence et discrétion. Chaque angle qu'ils devaient passer, chaque porte rencontrée était inspecté par une vérification au scanner, puis une visuelle avant que l'un d'eux ne s'engage puis que l'autre le suive. Ils inversaient les rôles à chaque croisement rencontrés. Mais ces précautions semblaient être futiles. Ils n'avaient pas attérit dans une zone totalement sinistrée puisque l'aile était encore vivable et malgré ça, il n'y avait... rien. Pas une garnison, pas une tourelle de défense, pas une barricade. Rien qu'un chemin bien trop libre pour être honnête.

Ravi gronda dans son casque. Loin dans un monde éthéré, n'existant qu'aux yeux des croyants et dans la tête des fous, la Bête gronda de concert. Elle gratta le sol, faisant bouillir le sang dans les veines.

Le combat viendrait bien assez tôt, les blessures et les pertes aussi. Mais la soif de sang continuait de s'épandre et finirait par vouloir désespéremment s'épancher.

Leur progression les mena jusqu'à une porte lourdement fermée, menant vers ce qu'un immense «3C» peint en rouge sur la paroi semblait indiquer comme le secteur ci-dessus nommé. Une immense baie vitrée bien trop épaisse pour être faite en simple verre la contournait de part en part, donnant une vue sur la salle. A quelques mètres d'eux, une formation d'individus armurés s'était mis en place et canardait avec minutie une troupe de Butariens. LEURS Butariens.

Un sourire acéré éclaira la figure de la Turienne.

Enfin ! ENFIN ! Elle se laissa aller à un gloussement alors que la biotique commençait à l'entourer.

Enfin le feu et le sang, enfin la rage et le tonnerre.

Enfin les chaînes brisées !

- Ici l’OKS, lourdes pertes, les ennemis sont en nette supériorité numérique, mais nous tiendrons le coup. La résistance est équipée de tourelles mobiles ainsi qu’une garnison plus que conséquente. Nous allons attirer le feu sur nous, profitez-en pour contourner.


Son sourire se figea sur ses lèvres. De son côté, Sykes avait déjà commencé à pirater la porte dans l'idée de la déverouiller, se fichant éperduement de la communication reçue.

Comment ce foutu Butarien osait-il ?! Il voulait les priver du combat ?

Il n'avait aucun droit sur elle ! AUCUN !

L'ezo disparu doucement, s'estompant dans l'air. La femme activa la communication.

- Ici la Spectre Vertax.

Sa voix était bien trop calme. Bien trop froide.

- Allez vous faire foutre, Colonel.
Alec, pousses toi.


La projection heurta les battants de fer avec force, les faisant plier sur eux même. Les gonds ne résistèrent pas longtemps et un battant s'affaissa pitoyablement sur le sol.
Un couloir s'étendait sur leur gauche, amenant avec lui un flot d'ennemi, les empêchant de progresser vers l'OKS.

Oui ! Le feu se ralluma et la folie remplaça la raison.

Une onde biotique retentit avec force pour venir s'écraser sur les boucliers cinétiques des soldats. Un anneau bleuté se répendait autour de ceux qui avaient été touchés, mais aucun ne se retrouva ne serait-ce que destabilisés. La dizaine d'individus continuaient leur avancée, inébranlable.

Que l'inventeur des foutus boucliers cinétiques résistant à la biotique aille crever au fin fond des enfers les plus sombres !

Des tirs de balles ricochèrent non loin de sa direction, la forçant à se replier derrière le panneau restant. Ses doigts vinrent serrer la crosse de son Paladin.
Le N7 tira une salve de son abri. Les premières balles percutèrent elles aussi les boucliers sans les traverser, mais elles l'affaiblissaient et finir par le détruire, en forçant deux à tenter de se replier.

Oui ! Alec pouvait être utile, finalement ! Il était une seconde force de frappe et une aide non négligeable.

L'un des tireurs, un Turien, eut un geste de recul alors que le générateur de son bouclier rendait l'arme. Il chercha à reculer, mais n'en eut pas le temps. Un fouet composé d'ézo s'enroula autour de son bras, l'attirant vers l'ancienne Cabale. Il essaya de retirer l'étreinte, mais sa main ne pouvait saisir l'énergie. De l'autre côté, Ravi l'attendait, omnilame sortie.

- ALEC, BAISSES TOI !

La lame s'enfonça dans le ventre du Turien, perçant aisément l'armure chargée de le protéger. Une gerbe de sang bleu éclaboussa le sol, les murs et partiellement les deux Spectres. Un rictus sauvage éclairait son visage. Ce frisson dû à la mort d'autrui ... ce plaisir dans la destruction... La puissance ressentie à écraser ceux que l'on haïssait !
Comme ça lui avait manqué ! Elle n'avait plus connu une telle joie à partir du moment où elle avait quitté l'armée.

- NE TE RELEVES PAS ENCORE !


Le corps lévita puis fut projeté vers ses camarades, en renversant un alors que les autres étaient obligés de casser leur formation. A l'avant, deux boucliers antiémeute furent dressés et la troupe s'étendait derrière, tentant de dépasser l'embouchure du couloir. Ils avaient du mal, malgré l'angle mort que la porte leur offrait. Lorsque ce n'était pas les pouvoirs biotiques, c'était les grenades ou les tirs crachés par le Paladin ou les fusils de l'Humain. Ils ne devaient leur réussite qu'à leur position leur permettant de maintenir l'ennemi acculé et l'empêchait de trop s'avancer.
Cependant, aucun des deux camps ne pourrait durer ainsi éternellement. La rage de Ravi pouvait lutter contre la fatigue, mais elle ne la supprimait pas et ses pouvoirs commençaient doucement à faiblir. Quant à l'Humain, ses réserves commençaient doucement à diminuer.


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Personnage RP
Faction : Alliance / Conseil
Rang : Commandant (N7)
Voir le profil de l'utilisateur
http://www.masseffect-reborn.fr/t4123-alec-sykes
http://www.masseffect-reborn.fr/t4129-journal-de-bord-d-alec-sykes


En ligne
Messages : 199
Crédits : Kathleen (retouche)

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Jeu 17 Mai 2018, 23:59

Progresser, toujours plus vite, toujours plus loin. Ils n’avaient qu’une seule alternative compte tenu de la situation actuelle. Aussi bien pour réussir leur mission qu’assurer leur propre survie. Le Bellethium n’était pas véritablement la destination de rêve pour une petite virée apaisante. Pas plus que pour voyager à travers le vide spatial à vrai dire. A mesure que les combats se poursuivaient, et même s’il donnait du fil à retordre aux appareils conciliens envoyés à sa rencontre, le monstre de métal ressemblait de plus en plus à une carcasse vide de toute vie par endroits. Si cela avait au moins l’avantage d’offrir des panoramas époustouflants sur Ker Ys et les combats déchirant son orbite, la contemplation d’un spectacle aussi macabre que superbe n’était pas non plus à l’ordre du jour.

Faisant virevolter son drone de coursives obscures en salles désertes, Alec trouva dans le petit être holographique un allié de choix pour reconnaitre leur avancée. La sphère éclairait çà et là les sections où l’obscurité avait pris ses quartiers. Victimes de surtensions, le cuirassé et son équipage devaient probablement rediriger l’énergie vers les systèmes les plus critiques du vaisseau. Une preuve de plus que le mastodonte était encore loin d’être privé de toute vie. Ce qui ne pouvait qu’aller dans le sens où une résistance de choix leur serait bientôt opposée. Usant des différents mode de vision offerts par leurs casques, les deux agent du Conseil n’eurent réellement à s’inquiéter d’une quelconque difficulté qu’à partir du moment où des bruits de combat se firent entendre non loin de leur position…

Une nouvelle accueillie par la désormais légendaire diplomatie de Ravi, qui ne manqua pas de décrocher un sourire en coin à l’Humain alors qu’il s’affairait sur la porte leur bloquant le passage. Oh bien sûr il était impossible d’en constater la présence à travers son casque… Mais le souvenir de la mission commune qu’ils avaient mené sur Oméga, et plus particulièrement le « briefing » qui l’avait précédée, ne pouvait que participer à son amusement. Décidemment, la Turienne et le leader des Butariens envoyés à bord s’appréciaient au plus haut point, c’était certain. L’idée saugrenue de les voir un jour attablés au même comptoir, à partager un verre en se racontant leurs exploits respectifs comme de vieux amis se révéla tout aussi cocasse.

Mais avant de picoler, seul ou à plusieurs, encore fallait-il en finir avec cette abordage. Et si traverser les laboratoires de l’ODA pouvait représenter une opportunité non négligeable de quérir à la fois informations et sécurité toute relative, c’est le chemin le plus direct vers le poste de commandement que le duo avait choisi de prendre. Entre le temps que leur demanderait le détour, assorti de l’éventualité de se retrouver nez-à-nez avec toutes les saloperies expérimentales de l’Ordre, les Spectres préférèrent se raccrocher à leur objectif premier : couper la tête de l’organisation en s’attaquant, s’ils étaient suffisamment rapides (et chanceux ?) à son staff.

Le pari était risqué, les privant probablement de ressources inestimables, sur la biotique noire ou tout autre projet de recherche de l’ODA, seulement le choix était déjà fait…

Derrière les attendait un comité d’accueil au complet, encore que les effectifs déployés étaient loin d’être insurmontables pour l’élite concilienne. Mais encore leur fallait-il garder l’initiative pour espérer se débarrasser de l’obstacle sans trop de casse. Ce que la furie de Vertax fit très bien… Dans un premier temps. Puisant dans une rage probablement murie depuis un moment, la biotique prit de cours leurs adversaires, faisant s’abattre sur eux un feu d’artifice de biotique qui résulta par le trépas soudain et sanglant d’un congénère de son espèce. Ayant choisi le mauvais camp, il était important de la signaler.

- « Joli… » concéda le N7 à la biotique entre deux tirs décochés en direction de l’ennemi.

S’il n’avait pu pour sa part faire une entrée aussi fracassante, le Commandant ne manqua pas d’user de sa précision maintes fois mise à l’épreuve au tir pour mettre à mal l’escouade envoyée pour les abattre. En cela, son M-99 Sabre était un allié de poids. Dans les deux sens du terme. Imposant, le fusil d’assaut n’en restait pas moins une arme d’exception si maniée par des mains expertes. Ajoutez à cela le coût exorbitant du petit joujou, qui s’explique principalement par sa fabrication sur-mesure selon les besoins et la morphologie du client, et vous aurez une idée de l’engin de mort que pouvait représenter l’outil si bien employé.

Les troupes de l’OdA en firent ainsi les frais, Sykes se trouvant en mesure d’abaisser voire neutraliser de façon évidente les boucliers de plusieurs contacts ennemis. Malheureusement, jamais il n’eut véritablement l’occasion d’aligner de façon létale l’un d’eux dans sa ligne de mire, ses cibles se repliant sans cesse derrière les boucliers de leur formation pour y trouver un couvert et un répit des plus handicapants pour les conciliens. Car s’ils ne pouvaient les avoir par la force brute, c’est par l’attrition que les mercenaires finiraient par casser leur tentative de percée, et de résistance par la même occasion. Aussi puissante pouvait-elle être dans sa maitrise biotique, Ravi ne pourrait tenir indéfiniment dans l’usage de ses pouvoirs. Pas plus qu’Alec serait en mesure de faire d’avantage de grabuge sans des cartouches thermiques pour évacuer la chaleur de son arsenal…

Dans une telle situation, lorsqu’un statut quo risque de virer à votre désavantage, il n’existe qu’une seule solution pour assurer votre survie : saisir la moindre ouverture, la moindre faiblesse ou erreur concédée par l’ennemi. Cette vérité, tout soldat se doit de la connaitre, il est vrai. Mais la mettre en œuvre ? Etre en mesure d’analyser une situation à vitesse grand V et réagir dans le feu de l’action ? C’était tout de suite plus compliqué.

Aussi, lorsque le colosse de l’escouade ennemie sortit momentanément du couvert des boucliers balistiques pour les mettre en joue, déversant sur eux un rayon d’énergie meurtrier comme Alec en avait affronté en orbite de Chasca, il sut qu’il tenait là sa meilleure chance. Après avoir balayé la coursive, laissant sur les murs des traces fumantes et noires de carbone, le faisceau prit pour cible Vertax, ce dont profita son équipier du jour pour aligner le mastodonte dans son viseur.

La force de pénétration de la munition transperça de part en part la jambe droite de l’assaillant, le jetant au sol en même temps qu’un juron et une complainte de douleur étouffés par son casque. La contraction musculaire qui animait toujours ses bras l’amena néanmoins à commettre l’irréparable : dans sa chute, le rayon de la mort de son arme entra en contact avec son coéquipier le plus proche, ses doigts toujours crispés autour de l’arme. Instantanément, ce qui devait être jadis un Turien entier, à en juger son armure et la couleur de son sang, se retrouva éparpillé en quatre ou cinq morceaux à travers la coursive. Tripes et saloperies en tous genres atteignirent ses équipiers, ce qui ne brisa pas pour autant leur volonté de combattre. Probablement bénéficiaires de quelques méthodes de « suggestion » dispensées par l’Ordre, ses combattants n’étaient pas du genre à tourner les talons pour si peu.

Au contraire…

Enragés par cette perte soudaine, leurs opposants restants redoublèrent d’efforts dans leur résistance, trouvant dans ce revers la force de faire parler les cartouches thermiques avec plus d’intensité et de précision qu’auparavant. Les tirs effleurèrent ainsi d’un peu trop près le soldat, qui tentait de se mettre à couvert lorsqu’une rafale entama suffisamment son bouclier pour causer une brulure sur son avant-bras gauche, son armure quelque peu entamée sur un faible rayon. Etouffant une complainte de douleur, ses mots eux traduisaient bien ses sensations et son état d’esprit…

- « .. Chier ! Ras le cul de ces conneries… Je vais leur faire bouffer leurs boucliers à ces sales cons…» pesta un N7 passablement remonté par le temps et les ressources qu’ils perdaient dans cet affrontement.

Pas le temps de saigner. Pas le temps de se reposer. Pas le temps de se plaindre plus que ça… L’occasion viendrait une fois mort ou triomphant.

Appliquant rapidement une dose de médigel sur sa blessure somme toute bénigne pour le moment, le soldat délaissa rapidement son omnitech pour se consacrer de nouveau sur l’affrontement. Si ce revers ne pouvait l’handicaper dans le maniement des armes, peut-être en serait-il autrement dans un corps à corps intense et prolongé…

Enclenchant une énième cartouche thermique dans son arme, le soldat pouvait désormais les compter sur les doigts d’une main alors qu’il maugréait derrière son couvert, haranguant au passage Ravi entre deux pluies de projectiles.

- « Tiens ! » souffla-t-il en jetant dans sa direction un objet cylindrique arraché au plastron de son armure.

L’objet traversa sans mal l’espace les séparant, à savoir la largeur du couloir, dans un vol plané qui se termina dans les mains de la Turienne. En les ouvrants, elle trouva ce qui s’apparentait à une grenade assourdissante destinée à l’ennemi. Pas vraiment besoin de capter le regard de l’officier de l’Alliance pour piger ce qui allait suivre…

- « Je les mets à terre, à toi de les éblouir pour leur rentrer dans le tas…» expliqua l’Humain d’un ton qui invitait à l’action, changeant lui-même d’arme pour prendre en main son fusil à pompe.

D’un signe de tête, il fit signe à la jeune femme de se tenir prête, lui-même chargeant un tir de son fusil Venin. Autre petit bijou technologique, cette fois de facture Galarienne, l’arme avait l’avantage de permettre de tir chargés capables de briser un encerclement, voire une formation. Décidé à employer cette fonction des plus pratiques, le N7 ne pointa en revanche pas le canon de son arme sur l’ennemi en lui-même, mais plutôt à moins d’un mètre sur son flanc gauche. Les micro-projectiles détonèrent en série dans un chaos innommables, renversant à la fois hommes, armes et boucliers. La formation se retrouva ainsi brisée pour un temps, certains se retrouvant au sol, sans équipement ou bouclier, cherchant à reprendre leurs esprits.

C’est ce moment que Ravi choisit pour lancer sa GSS, donnant le coup de grâce à la désorientation de l’ennemi. Ce qui s’était révélé un Strike grâce au concours de la technologie d’armement Galarienne se transforma en véritable déroute pour l’OdA, dont les effectifs furent des cibles faciles pour les Spectres sitôt à terre. Quelques-uns purent peut-être s’enfuir, impossible à dire tant le chaos du combat prenant du temps à retomber, mais c’est une escouade amputée de facilement les deux tiers de ses membres qui reposaient là, à leurs pieds, pendant qu’ils faisaient un état des lieux avant de partir.

***

- « T’en auras besoin je crois… »
conclut-il finalement en poignardant – les cartouches thermiques devenant maintenant trop précieuses - la dernière des râclures agonisant à leurs pieds.

La turienne pourrait cette fois trouver en cadeau la dose de stimulant dextro-aminé qu’il emportait avec lui depuis leur départ. Qu’elle décide ou non de l’utiliser la regardait, mais sans doute ce renfort pourrait lui être utile en cas d’utilisation prolongée de son potentiel biotique. Pour sa part, et même si son bras le lançait quelque peu, Alec ne s’en sortait pas trop mal non plus.

Après tout… Pas question de laisser à la seule Hégémonie le privilège de prendre d’assaut le QG du vaisseau amiral de l’Ordre de l’Accompli… Ils étaient peut-être invités sur cette opération, mais l’hospitalité concilienne avait ses limites. En particulier lorsqu’il était question de solder de vieux comptes avec la si puissante, avancée et encore bien mystérieuse faction…

Peut-être l'UCIP, si elle était toujours dans la course, pourrait-elle les y aider?


Revenir en haut Aller en bas
avatar

Personnage RP
Faction : Aucune
Rang : Entité divine
Voir le profil de l'utilisateur


Compte staff
Messages : 4149

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Ven 18 Mai 2018, 11:08

La Fin du Cercle

Mai 2203

Ker Ys, orbite





« Les ennemis ont percé la ligne de défense du 3C. Ils arrivent, Armure. »

Varto serra les poings un moment, puis se détendit à nouveau. L’affrontement était désespéré, mais les assaillants n’étaient pas passés sans mal. Ils étaient affaiblis et épuisés, avaient perdu des hommes et de l’équipement. Il était encore possible de mettre fin à leur attaque. Mais il fallait prévoir toutes les éventualités.

« Le Nerf, rejoignez la Noire et la Voix puis évacuez. L’Histoire, tu tiens le vaisseau. Je vais accueillir nos invités. »

Sans un mot de plus, l’humain en armure lourde quitta la salle, aussitôt entouré de la garde d’élite du Cercle. Les derniers d’entre eux en fait, les seuls à être restés fidèles. Mais le temps de la vengeance devait attendre.

*****


Les assaillants, toujours surveillés, étaient attendus dans la grande salle du 3C – grande par comparaison à la salle du Cercle, dont Varto venait de sortir. Il s’agissait d’une zone blindée et bardée d’holoécrans, le véritable point de commandement du vaisseau, même si les ordres provenaient souvent du Cercle qui restait isolé. La pièce était ronde, permettant à de multiples gradins d’être installés, tous occupés par le personnel grouillant d’activité, qui prirent tout de même le temps de saluer leur chef lorsqu’il rejoignit l’estrade centrale, un pylône dressé au cœur de la pièce.

Varto parcourût du regard tous ces techniciens. Tous mourraient pour l’Ordre, mais ils n’étaient pas formés à combattre. Face à leurs ennemis, ils ne serviraient que de chair à canon. Mais ce ferait toujours une diversion efficace l’espace de quelques instants. Suffisante pour les tireurs d’élite et les gardes classiques du 3C.

« Nos assaillants arrivent. Tenez vos positions et sortez vos armes, ne faites pas de quartier. L’Histoire se charge du commandement du vaisseau. »

L’humain prit son Revenant amélioré en main, ses soldats d’élites prirent position dans différents angles dissimulés, les gardes de la salle surveillaient chaque porte. Le feu et la mort étaient prêt à être déversés.



____________INFOS MJ____________


Troisième tour !

Le 3C vous fait face. La porte est verrouillée, mais vous pouvez la forcer à coup de chalumeau, explosifs, ou je ne sais quoi. Pas le hacking en revanche, la faute à une IA cheatée.

Vous avez perdu une partie de vos effectifs, votre précédent affrontement vous a aussi épuisé, vous avez dû sacrifier une partie de votre équipement – à l’exception de Shura qui pète la forme – et vous êtes attendus. Il ne s’agit donc pas d’un affrontement facile. Varto peut sembler exposé, mais un bouclier interne déployé par le vaisseau le protège, en venir à bout prendra un peu de temps.

Les techniciens sont uniquement armés de pistolets, pas d’armures ni de boucliers. Les gardes sont les mêmes soldats que vous affrontez depuis le début. L’élite en revanche – cinq combattants – a votre niveau, un armement supérieur au votre, et privilégie le combat à distance. Deux d’entre eux sont biotiques.

Je vous laisse vous arranger pour savoir qui zigouille Varto – il ne se laissera pas prendre en vie – et vous rappelle que vous pouvez poster plusieurs fois !

Le discours habituel : comme toujours, une semaine complète pour répondre, pas d’ordre. Si quelqu’un veut répondre avant les autres, vous voyez entre vous, tant que les réponses sont faites.
Au vu du rythme, j’accepte que vous ne répondiez pas à tous les tours, sans pénalité grave. Mais ça ne doit pas être systématique, et je veux toujours au moins trois réponses.
S’il y a une urgence extrême, je peux retarder d’une semaine, mais ce sera une semaine pour tout le groupe et pas plus !

Voilà. Bonne chance. Dahl




Revenir en haut Aller en bas
Messages : 20

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Sam 19 Mai 2018, 01:46
Le flot était inébranlable, déversant sa puissance destructrice là où il le pouvait et emportant avec lui tout ce qui était incapable de lui résister. Perpétuel, sa force ne semblait pas connaître la moindre limite, offrant sans sourciller ni faiblir la même et éternelle virulence. Nombreux avaient été ceux à y succomber, et les rares qui tentaient de se dresser face à lui menaient bien souvent une guerre perdue d'avance.

Car il était si tentant d'y plonger, de s'enfoncer dans ses profondeurs sans offrir la moindre résistance. Des individus qui se complaisaient dans leur auto suffisance sans chercher à remettre en question le fondement même de leur ignorance. Ainsi était le père de Shura, une personne qu'elle détestait profondément. Quelles que puissent être les raisons ayant provoqué cet enfermement de dégénéré qui le caractérisait désormais, elle ne pouvait lui pardonner.

Mais ces raisons elle les connaissait, peut être même trop bien.

Et c'est pourquoi en cet instant, elle se sentit emportée par le même flot qui avait englouti son père, venant murmurer langoureusement à son oreille, lui promettant de somptueux délice si elle laissait sa colère et sa frustration l'emporter sur son jugement. Elle y avait même déjà partiellement sombré, une jambe ou deux, juste le nécessaire pour provoquer un isolement certain autour de la troupe de l'UCIP.

Humiliée, menant les survivants d'un tir allié au travers de couloirs qui la rendaient presque paranoïaque, s'attendant à voir surgir une horreur déformée à chaque coin de mur ou une tourelle destructrice de l'une des plaques du plafond. L'excitation provoquée par l'immensité du combat qui se déroulait actuellement tout autour d'eux parvenait jusqu'ici à maintenir la peur sous la surface. Elle ne foulait pas les couloirs étroits de l’œil, elle ne combattait pas une horreur surgie du néant et aucune terreur ne venait lui mordre régulièrement la peau. La peur ne méritait donc même plus le titre d’adversaire en ces circonstances.

Mais Shura était frustrée et humiliée, resserrant une bulle autour d'elle qui allait même finir par ne plus prendre en compte ses propres hommes. Une situation qui allait rapidement nécessiter une intervention, quelle que soit sa nature.

C'est donc au sein d'un long couloir que la N7 y remédia, un genou posé sur le tapis roulant tandis que toute l'équipe adoptait la même position observant les alentours, à l'affût. Il lui fallait faire appel au contrôle qui lui avait été tant de fois salvateur, rendant son environnement presque irréel mais apportant des bienfaits qu'elle ne pouvait refuser.

Plus que n'importe qui dans ce premier groupe d'élites qui avait été envoyé sur le Bellethium, elle représentait un symbole d'union et de coopération. Elle ne pouvait se laisser aller à l'isolement, elle ne pouvait ignorer ces valeurs qu'elle avait souhaité défendre en quittant l'alliance, elle ne devait pas devenir comme son père. Shura opéra alors cette méticuleuse opération qui consistait à se hisser hors du flot, à l'abandonner complètement pour pouvoir dresser ses propres couleurs.

Ainsi, lorsque le tapis s'arrêta finalement et que la troupe se redressa en reprenant la marche, la N7 rouvrit les yeux sous son masque en contemplant son équipe. L'ingénieur éclairait l'entrée d'une salle vers laquelle la turienne se dirigeait, surveillant le niveau de ses boucliers, la chasseresse restait quand à elle recroquevillée derrière le mastodonte turien qui avançait précautionneusement, prête à décharger les étincelles bleues qui crépitaient autour d'elles à tout moment. Des hommes et des femmes suivant les mêmes valeurs qui représentaient une source de fierté, pas de désespoir.

Elle était sur la bonne voie.

C'est donc ainsi que la troupe de l'UCIP parvint finalement à atteindre la passerelle du Bellethium, y rejoignant avec surprise la troupe de l'Hégémonie ainsi que les spectres. Un butarien posait d'ailleurs une charge creuse sur la porte, ses confrères derrière lui. A cet instant, il n'y avait en réalité que deux possibilités, soit la passerelle avait été abandonnée et il allait falloir faire vite pour espérer intercepter quelqu'un, soit elle était lourdement gardée.

Et c'est cette deuxième possibilité qui motiva Shura à trouver le colonel butarien. Incapable cependant de le reconnaître au milieu de ses frères d'armes, elle utilisa le canal du groupe pour lui parler.

Colonel, s'il s'avère que la passerelle est occupée, je pense qu'il serait judicieux que nous nous déployons simultanément. Votre avant garde et la mienne suivies du reste des troupes, l'UCIP prendra l'aile gauche, l'Hégémonie l'aile droite. Les spectres sont plus fragiles, il serait préférable de les laisser entrer en dernier.

Shura réfléchissait rapidement, se questionnant sur la réelle pertinence d'une telle action, et sur les dangers qui pouvaient éventuellement les guetter. Elle n'avait sur l'instant, que faire des éventuelles plaintes que pouvaient lui adresser les autres membres du groupe. Si leur fierté mal placée leur dictait de l'envoyer chier, grand bien leur fasse, du moment qu'ils ne venaient pas foutre en l'air l'opération. Mais Shura avait grand espoir que l'officier butarien ne s'abaisse pas à de si pathétiques manœuvres.

La charge fut donc abandonnée à son sort, le turien de l'UCIP et un butarien de chaque côté de la porte, leur équipe respective derrière eux. Shura et la turienne se tenaient quand à elles légèrement en retrait, accroupies face à la future brèche. Le M-100 de la native de Palaven se reposait sur l'une des épaules de la N7 pour se stabiliser, cette dernière tenant une grenade incapacitante dans les mains.

Lorsque la porte implosa, deux cartouches fumigènes furent immédiatement tirées suivies de la grenade. L'Hégémonie et l'UCIP prirent alors pied sur la passerelle, subissant dès leur entrée un puissant feu nourri. La chasseresse asari tenait une bulle biotique autour de la petite équipe de l'UCIP, peinant déjà à la maintenir correctement.

L'échange de tirs était violent, chacun encaissant pourtant les attaques du mieux qu'ils le pouvaient, avec les pouvoirs pour les uns et la perfection de l'équipement chez les autres. Mais il n'y avait pas que des combattants, du personnel se trouvait également sur place et ne parvenait quant à lui pas vraiment à encaisser la violence de l'assaut. Un détail important confirmant qu'ils étaient proches du cœur de l'OdA, la N7 n'étant pas vraiment en mesure d'admirer la myriade d'écrans qui tapissaient les parois à cet instant.

L'asari faiblissait à vue d’œil, aussi Shura décida de changer d'approche.

Rompez la formation, on rentre dans le tas ! Heoll, Septis, au centre !

La bulle s'estompa, chaque membre de l'UCIP activant son camouflage optique. La turienne et l'ingénieur foncèrent dans les gradins tandis qu'il ne fallut que quelques secondes à l'asari pour lancer une charge vers le pilier central de la passerelle. Car c'est en effet là que se trouvait un grand homme en armure tenant un fusil des plus impressionnants. S'il n'occupait pas une position de choix dans la hiérarchie de l'ennemi, le bruit que produisait son arme était un facteur suffisant pour justifier de l'éliminer rapidement.

Hélas, la charge et les attaques biotiques de la chasseresse ne furent pas suffisantes, toutes stoppées par son bouclier. Le mastodonte tourna sa tête dans sa direction et perfora le corps de l'asari de deux énormes trous. Son cadavre s'effondra à ses pieds tandis que Shura et le turien se déployaient pour l'éliminer.

Ignorant la réelle ténacité de ses boucliers, l'humaine préféra opter pour le corps à corps. Alors que la redoutable arme se pointait sur une nouvelle victime, Shura réapparut à côté du colosse sectionnant l'arme en deux d'un coup d'omnilame et s'apprêtant à faire de même avec le torse de son propriétaire. Mais c'était sans compter sur ses réflexes, en un mouvement de recul le mastodonte activa sa lame également, parant immédiatement l'attaque.

Les deux omnilames s'entrechoquèrent alors à plusieurs reprises dans une pluie d'étincelles, aucun des deux adversaires ne parvenant à déjouer la défense de l'autre. Il ne fallut que quelques instants pour que leur omnitech se mettent à clignoter, signe qu'ils étaient déchargés, leur lame disparaissant alors subitement. Chacun dégaina immédiatement une arme blanche, prêt à en découdre.

Le turien ne put porter assistance à Shura pendant ce temps, ses boucliers subissant les attaques de tireurs embusqués qu'il ne parvenait pas à déloger. Leur position fut cependant rapidement révélée et prise d'assaut, le combat s'élargissant à l'intégralité de la passerelle. L'ingénieur et la turienne s'en sortaient d'ailleurs correctement pour le moment, cette dernière venait même de transpercer de ses griffes l'un des combattants ennemis.

Le turien venant soutenir Shura, le combat reprit au centre de la salle. L'arme blanche du mastodonte se planta dans le bouclier du natif de Palaven et ce dernier le repoussa d'un coup violent avant de s'accroupir, tenant fermement le bouclier à l'horizontal au dessus de sa tête. La N7 s’élança, posant un pied sur le bouclier pour s'en servir d'appui et sauta sur son adversaire. Elle ratterrit ainsi sur les épaules du mastodonte, enroulant fermement ses cuisses autour de son casque et se préparant à transpercer son crâne à l'aide de son poignard.

Mais le mouvement de la lame fut stoppé net par l'armure, rebondissant presque dessus. Shura écarquilla les yeux sous son casque et tenta rapidement de contrebalancer cette mauvaise surprise en immobilisant davantage les mouvements de l'homme cuirassé. Elle fut cependant rapidement délogée de sa monture par des tirs, son bouclier cinétique cédant et les impacts sur son armure la faisant s'écraser au sol, aux pieds de son adversaire.

Le mastodonte l'attrapa alors par la gorge, soulevant la biotique dans les airs un instant. Shura tenta de se débattre, grimaçant de rage sous son casque, mais ne fut pas en mesure de déployer la force nécessaire pour retirer sa poigne. Le combattant fracassa alors le corps de la N7 contre un mur. Le choc la fit hurler de douleur mais éleva son instinct de survie à ses sommets.

Shura lâcha alors la poigne de son adversaire et riposta. L'impact lourd et puissant de son poing en armure se fracassant contre son casque termina d'éveiller le feu brûlant qui dévorait son corps. Cette douleur, si délectable qu'elle ne la ressentait même pas, n'était plus qu'un carburant pour cette folie d'animal enragé qui la secouait. Son partenaire turien fit soudainement interruption à grand coups de pompe, bien évidemment pas suffisant pour détruire le bouclier qui semblait illimité, mais assez pour lui faire lâcher prise et le faire reculer.

La danse reprit alors, le colosse en armure affrontant les deux combattants de l'UCIP, devant s'adapter à l'agilité de l'une et à la robustesse de l'autre. Shura se laissait quasiment entièrement guider par ses flammes, la fluidité et la rapidité d'exécution trahissant le professionnalisme et l'expérience, la puissance démesurée et inutile de ses coups provenant quant à elle de l'âme déchaînée de la survivante. La violence faisait appel à la violence et seul demeurait cet adversaire, il n'y avait plus rien hormis cet homme et son armure inébranlable.

Chaque coup, chaque attaque, chaque mouvement venait saturer l'intérieur de son casque d'un hurlement provenant de ses propres lèvres. Tout son corps participait à l'effort, ses muscles tendus en permanence la laissant virevolter au milieu du combat, se servant de sa souplesse comme d'une arme. L'animal enragé avait trouvé adversaire coriace et il quémandait son sang. La N7 laissait place à la furie.

Le colosse était cependant un adversaire d'une robustesse suffisante pour ne pas avoir à s’inquiéter de la rage de ses adversaires. Son bouclier s'affaiblissait, mais il ne céda jamais, pas plus que son armure. Un tir percussif percuta Shura de plein fouet et l'envoya de nouveau au sol tandis que le mastodonte transféra une partie de l'énergie de son bouclier vers son omnitech pour le recharger plus rapidement.

C'est ainsi que le vrombissement caractéristique d'une omnilame se fit à nouveau entendre. Le bras du turien vola un instant dans les airs avant d'aller se reposer tout près du cadavre de la chasseresse asari. Il n'y eut aucun hurlement. Le partenaire de Shura posa simplement un genou au sol.

Un deuxième coup d'omnilame le perfora cette fois ci à la poitrine, passant au travers de son technoblindage et de son armure sans le moindre problème. Shura, simple spectatrice de la scène, griffa le sol métallique alors qu'elle tentait de se relever. Une aura bleue commença à l'entourer tandis que l'humaine chargeait l'intégralité de sa puissance biotique dans chacun de ses membres. Elle serrait les dents de rage, prête à devoir décharger toute sa violence et son énergie dans l'attaque qui allait suivre.

La furie poussa alors un hurlement, un cri déformé par son masque et qui semblait presque inhumain. Le colosse tourna la tête dans sa direction.

Emportée par sa biotique, Shura démarra une charge et se retrouva au niveau de son adversaire en un clin d’œil. Elle encastra son poing en armure dans le casque de sa cible, la puissance de l'impact fut telle qu'elle le fissura. Mais le choc était valable dans les deux sens. Le bras de Shura se fractura instantanément.

Emportée par son inertie, l'humaine retomba au sol un peu plus loin. Le mastodonte tomba lui aussi à la renverse et s'effondra. La douleur était cette fois ci trop importante pour être avalée par l'adrénaline, d'autant plus que l'effort biotique et physique venait de lui saper l'intégralité de son énergie. Elle parvint à bouger difficilement mais elle n'était plus du tout en mesure de se redresser.

Les vertiges ne furent cependant pas suffisant pour l'empêcher de voir son adversaire se relever. Sonné quelques instants sans doute, il ne montrait que peu de signes de fatigue, cherchant une arme avec un grognement.

Tout ceci n'avait fait que l'énerver.

Shura tenta de lever son canon lourd avec son bras gauche, tirant des balles inutiles se perdant dans les murs ou sur le bouclier du colosse qui déployait déjà une nouvelle arme, tournant son casque fissuré dans sa direction. Le canon lourd de Shura surchauffa alors et elle était incapable de remplacer la cartouche thermique vu l'état de son bras droit qu'elle n'avait d'ailleurs pas encore regardé.

Sa respiration rapide et essoufflée se faisait saccadée, un frisson froid signe de grand épuisement mais aussi de peur, s'empara de son corps lorsque le canon de l'arme se tourna dans sa direction.


Revenir en haut Aller en bas
Messages : 18

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   Sam 19 Mai 2018, 10:28
« Aujourd’hui, sera un jour unique dans votre vie. » La tête de la professeur scrutait avec sévérité chaque visage lui faisant face. « Nous parlerons en ce jour d’un concept extrêmement particulier, déviance idéologique prônée par certains gouvernements étrangers et par certaines personnes. » Il était plus que clair que la professeur exécrait réellement les mots prononcés et par son aura certaine, elle parvint à faire adhérer tous les étudiants présents à cette idée même qu’ils allaient parler d’une chose abjecte, quand bien même ils ne connaissaient pas encore ce que ça pouvait être.

« Le concept de moralité supérieure. » Les mots sonnaient réellement comme un terme d’une grossièreté abusive. « Idéologie qui consiste à promouvoir l’idée qu’il existe une moralité absolue qui transcende les notions de devoir et de nécessité. D’après ce courant de pensée, la valeur d’un individu est dissociable de son utilité au sein du tout et que nul n’est sacrifiable. Un exemple simple, il est inenvisageable d’abandonner un soldat à l’ennemi même si ses connaissances stratégiques et tactiques sont nulles, et ce au risque de perdre un grand nombre de combattants pour son sauvetage. »

L’idée en soi n’était pas complètement dénuée d’attrait, mais la logique était totalement incompréhensible et la logique stratégique complètement inexistante. Un soldat donne sa vie à la nation, et sa mort n’est que la conséquence logique d’un tel choix de vie. L’on ne peut désirer l’honneur et ignorer le devoir.

« Pire encore, c’est ce concept qui a poussé les flottes humaines à sauver le Conseil lors de l’attaque de la Citadelle en sacrifiant de nombreux vaisseaux de guerre qui ont cruellement fait défauts lors de la Grande Guerre Patriotique. » Le ton était franchement méprisant. « Les preuves flagrantes qui montrent qu’il s’agit d’un absolu non-sens sont par ailleurs légions, et les gains quasi nuls. La vérité est simple, la vie ne vaut que pour ce qu’elle apporte à la société dans son ensemble, le reste n’est qu’égoïsme et cette culture de la moralité supérieure mène toute société qui s’y risque à une faillite idéologique et sociétale, et pire, au laxisme judiciaire qui pousse les criminels et délinquants à la prolifération. »

Petit arrêt le temps de scruter avec avidité le regard de ses étudiants puis, le visage emplit de satisfaction, la reprise. « Si vous tenez à survivre à vos missions, soyez pragmatiques, soyez idéologiquement irréprochables. Il n’existe nulle galaxie ou la guerre se fait sans morts, nulle vie qui se traverse sans pertes, alors mettez à profit ce que l’univers vous offre. Plutôt que de risquer des vies pour en sauver une seule, utiliser la rage pour porter le coup avec plus de vigueur encore. Si l’on se sacrifie pour vous, honorez ce geste plutôt que de le pleurer. Vous serez le marteau que l’Hégémonie va fracasser avec force contre l’enclume de l’adversité, alors ne mollissez jamais ou c’est le peuple dans son entièreté qui en paiera le prix. » Le regard à moitié fou, la professeur terminait son harangue avec hargne. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le discours allait marquer les futurs soldats.

***

L’avancée pour rejoindre le fameux 3C, indiqué sobrement un peu partout, et dans un affichage se modifiant dans tous les alphabets existants en plus, fut étonnamment aisée alors que le commando observait une démarche rapide mais pas excessive. Pas d’embuscades, ni de renforts pleins de hargnes pour les ralentir, et en plus il semblait que la chose était la même pour les deux autres commandos de l’union-plus-tout-à-fait-exceptionnelle. Finalement, le commando de l’Hégémonie atteignit en premier la porte massive qui séparait les pas-si-dociles-proies de leurs prédateurs naturels, et pendant quelques secondes, Au’n hésita réellement sur la marche à suivre. L’idée de pénétrer seuls dans le centre de commandement d’une organisation à la technologie supérieure à celle du Conseil n’était pas franchement pour le faire rêver.

Heureusement, les deux Spectres surgirent au détour d’un couloir et arrivèrent à leur niveau avant que la moindre décision n’eut été à prendre. Le colonel Talgar scruta les deux pour s’apercevoir qu’ils semblaient avoir traversé des combats largement aussi violents qu’eux-mêmes, et que cela se ressentait sur les nombreuses égratignures visibles sur leurs armures de combat, ainsi qu’à une blessure, visiblement guérie, au bras du commandant Sykes.

« Commandant Sykes, Spectre Vertax. » Salua modestement le butarien, ignorant totalement son désir de continuer la discussion sur le sujet amusant du « allez-vous faire foutre. ». Puis le colonel fit signe à un de ses combattants de débuter le plasticage de la zone afin de se libérer une belle petite entrée. C’est ce moment que choisirent les survivants de l’UCIP pour débarquer la fleur au fusil, l’air parfaitement reposée et pas la moindre trace de poussière sur les armures. Ce qui étonnant d’ailleurs avec le taux de pertes affiché.

C’est finalement la gradée humaine de l’UCIP qui prit en premier la parole, s’amusant visiblement à donner ses ordres. Sur le coup, Au’n hésita à l’inviter cordialement à s’inspirer des propos de la Spectre, puis il préféra donner une réponse plus utile à la situation. Après tout, le plan n’était pas dénué de sens.

« L’Hégémonie se chargera de l’aile droite. Sinon, je pense qu’il serait préférable de laisser les Spectres faire ce qu’ils maîtrisent le mieux, faire ce qu’ils veulent. » Ajouta non sans un petit sourire, caché par le casque intégral, le colonel de l’Hégémonie en se tournant vers la Spectre. « Mais l’Hégémonie serait honorée d’être soutenue par deux soldats d’élites du Conseil. » Le trait était à moitié sarcastique à moitié sincère, car il n’y avait pas de raisons d’ignorer le fait qu’ils étaient tous deux d’excellents combattants.

Toutefois, Au’n n’avait pas vraiment l’intention de forcer une quelconque réponse aux deux Spectres aussi il s’éloigna pour gagner le reste de ses forces qui se préparaient pour l’heure à entrer. En tête, il y avait Solkan, l’ingénieur du groupe, qui avait activé son technoblindage, en second se tenait le dernier gardien en vie, qui tenait désormais le lourd bouclier horizontalement afin de couvrir les flancs de trois soldats à la fois. Le plan était extrêmement simple, une entrée en puissance et vitesse pour atteindre au plus vite la première protection venue. L’idée était encore plus simple, laisser à l’UCIP une fraction de seconde d’avance pour qu’elle réceptionne un maximum de tirs de la première salve afin de minimiser les dégâts.

Lorsque la porte explosa, les butariens attendirent donc deux secondes avant de s’élancer, laissant l’UCIP pénétrer bien en avance, la bulle biotique réceptionnant ainsi le très gros des tirs, puis enfin le commando de l’Hégémonie s’élança, le colonel en troisième position. L’entrée dans la salle principale du 3C était explosive, littéralement, les détonations étaient si nombreuses, et pour la plupart incontrôlées, que l’impression première qui traversa l’esprit de tous les natifs de la nation butarienne eurent l’impression de vivre un holo de guerre extrêmement célèbre, et plus particulièrement une scène de siège ou les mortiers semblaient tirer avec une cadence et en nombre bien trop abusifs pour être crédibles.

Heureusement, le blindage et bouclier supérieur de Solkan, ainsi que le véritable bouclier du gardien sauvèrent la mise de la troupe, mais ce qui était réellement heureux dans cette affaire, c’était la décision moralement condamnable de laisser l’UCIP prendre le gros de la défense dans le coin du visage. Enfin en vérité, cela ne faisait ni chaud ni froid aux membres de l’OKS qui se contentaient d’être très heureux de n’avoir subi aucune pertes dans une situation aussi précaire. La seule pensée à ce sujet fut Au’n qui se dit soudain qu’il aimerait demander un renfort biotique à son unité opérationnelle, et un qui puisse utiliser une bulle biotique.

Puis le commando gagna enfin le véritable flanc droit, se retrouvant sous les gradins, empêchant les nombreux, très nombreux, tireurs des espaces supérieurs de faire feu sur eux, c’était déjà un bon point. Et mieux encore, le flanc gauche subissant déjà l’assaut de membres de l’UCIP, ils étaient pour l’heure presque à l’abri, en tout assez pour observer la mort de la biotique asari, et l’assaut furieux et sûrement suicidaire de la part de la commandant Fender, puis l’Hégémonie décida à se lancer dans ce qu’elle sait faire de mieux, la guerre. Le bouclier désormais en tête, la troupe s’élança vers les marches menant aux « étages » supérieurs, des gradins infestés d’écrans et autres joyeusetés destinées à se faire détruire dans le plus grand bruit.

Tous équipés de leurs AT-12 Pirate, les soldats de l’OKS pratiquèrent une technique extrêmement simple, trois en avant, le bouclier utilisé comme couverture mobile, tandis que les tireurs se placent de chaque côté du porteur. Deux détonations, puis les tireurs laissent place à deux autres soldats, la situation se répétant continuellement, permettant aux tireurs de recharger armes et boucliers sereinement. Le carnage fut de plus extrêmement facilité par deux faits simples, la plupart des combattants de l’ordre situés sur le flanc droit étaient de parfaits incompétents, ne possédant même pas de bouclier de combat, certains étant mêmes dénués d’armures, et les seuls véritables soldats se trouvaient équipés de snipers.

Le carnage était total, en l’espace de quelques minutes, les gradins droits de la salle étaient totalement vidés laissant ainsi au commando de l’Hégémonie le loisir d’observer plus sereinement la situation globale. Sur le flanc gauche, les deux Spectres causaient un massacre proprement impressionnant, les deux rivalisant pour donner l’impression d’être la meilleure machine à tuer, avec un avantage pour la turienne et sa fureur biotique qui aurait donné des sueurs froides à Talgar s’il s’était aventuré à regarder la scène plus longtemps. Heureusement une autre situation bien différente attira son attention, la commandante Fender semblait en mauvaise, très mauvais position tandis que le colosse armuré semblait prendre un malin plaisir à vouloir lui faire rencontrer les munitions de son revenant.

Pire, les restes du seul allié local de l’humaine trainaient à quelques pas de là seulement révélant toute la catastrophe de la situation. Heureusement, dans sa folie suicidaire, l’officier de l’UCIP semblait avoir réussi un véritable exploit en étant parvenue à briser le bouclier de ce gros molosse. Alors deux solutions s’offrait maintenant au colonel de l’Hégémonie, et son cerveau les traita toutes deux rapidement tandis que Shura Fender semblait prête à recevoir son pruneau de l’amour. Finalement, tout en lâchant un juron, Au’n prit la seule décision qu’il pouvait prendre en cette occasion, activa toute la puissance biotique dont il était capable et propulsa en direction du géant deux fouet biotiques qui agrippèrent violemment les deux bras de cette pourriture en armure.

De base, un tel coup aurait eu la force nécessaire pour briser net les bras d’un type moins lourdement équipé, mais ici cela suffit tout juste à détourner le fusil au moment où le tir partait manquant de très peu la tête de Fender, et l’arme chuta ensuite au sol. Toutefois, là n’était pas tout le plan du butarien qui condensa l’ensemble de ses forces dans sa biotique tandis qu’une migraine fulgurante venait lui asséner un coup vicieux à l’arrière du crâne et que des gouttes de sueur venaient déjà lui perler sur le front et dans le dos. Puis le colonel Au’n Talgar, officier émérite de l’Hégémonie lâcha un cri de rage très inhabituel et lâcha toute sa puissance dans son action, les deux fouets qui s’étaient enroulés autour des bras du colosse revinrent alors avec force vers leur propriétaire … emportant au passage le titan en armure, qui se retrouva soudainement projeté au deuxième niveau des gradins du flanc droit.

Au’n eut tout juste le temps de se laisser tomber mollement sur le côté que son projectile improvisé terminait sa course en s’encastrant contre le mur du fond, malheureusement debout. Le reste du commando décida donc de laisser libre court à leur fureur en libérant un déluge de feu sur leur ennemi volant. L’armure lourde encaissa toutefois la première salve, à la plus grande surprise des soldats qui avaient commis l’erreur de tous tirer simultanément. Devant donc tous recharger, ils se répartirent néanmoins intelligemment la tâche, certains agrippant leurs pistolets ou mitrailleurs tandis que les deux derniers rechargeaient.

Mais l’adversaire n’était ni sonné ni idiot et il profita de ce moment de flottement pour contre attaquer. Le premier coup, une attaque à l’omnilame, frappa le crâne d’un membre de l’OKS qui se fit proprement décapiter, le second, un plat de la main, propulsa un second par-dessus la rambarde des gradins, le faisant s’écraser quelques mètres en contrebas. Puis le titan agrippa son propre pistolet, d’une facture inconnue et lâcha un unique tir en direction du gardien, qui vit son bouclier, son armure et son torse se faire traverser en toute facilité. Déjà deux morts et un blessé en l’espace de quelques secondes. Et le colosse semblait presque craquer psychologiquement tandis qu’un rare instable se faisait entendre à travers les nombreuses failles de l’armure.

Un tir chanceux d’AT-12 atteignit alors la main tenant le pistolet, et celle explosa dans une agréable gerbe de sang et d’esquilles d’os, sans sembler parvenir à atténuer le rire de son propriétaire qui se retrouva face à Au’n équipé d’une arme étrange. Le casque du colosse brisé, un tiers du visage de l’inconnu était désormais visible, révélant un humain, et le colonel pouvait donc clairement voir le haussement de sourcil de son opposant tandis qu’il comprenait parfaitement la situation, alors même que l’arme de l’officier de l’Hégémonie lâchait enfin son offrande.

Le rayon qui avait ôté la vie à un soldat de l’OKS avec une facilité déconcertante atteignit le titan par l’entrejambe et débuta sa rapide remontée, traversant l’armure, la chair et l’os, avec difficulté pour le premier, et une grande aisance pour la suite, découpant avec minutie cet enfant de varren dans les grandes hauteurs. A la moitié du chemin, les yeux de l’humain se révulsèrent et il chuta lourdement en arrière, terminant plus rapidement encore le travail, terminant de sectionner complètement ce salopard en deux parties presque égales.

«On n'emmerde pas l'Hégémonie »

Murmura Au'n tout en lâchant enfin la gâchette. Cela fait, il manqua dès lors de s’effondrer pathétiquement au sol tant la fatigue était intense, et sa migraine violente. Par chance, Solkan parvint juste à temps pour soutenir son officier.

« Récupérez son omnitech et son pistolet. » Lâcha douloureusement Talgar tout en se remettant debout, luttant désormais contre les douleurs avec de plus en plus de réussite. Puis, enfin capable de marcher seul, il se dirigea vers la rambarde, et remarqua son soldat encore en vie qui gémissait au sol. Puis il vit que la salle semblait être parfaitement nettoyée. Alors seulement il se laissa tomber sur les fesses et décida qu’il méritait bien quelques minutes de repos.
Revenir en haut Aller en bas



Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: [Intrigue] La Fin du Cercle   
Revenir en haut Aller en bas
 

[Intrigue] La Fin du Cercle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mass Effect Reborn :: Voie Lactée [RP] :: Travée de l'Attique :: Secteur Pandore-