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 Là bas, dans ce monde où tout devient blanc

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MessageSujet: Là bas, dans ce monde où tout devient blanc   Sam 09 Juin 2018, 13:07
► █ Date : Juin 2203 RP Tout public
Ravax Vertax ♦️ Lumya V'Noora
Là bas, dans ce monde où tout devient blanc


Une image apparaissait dans le vide, photographie d'un ancien temps, ressortant de ses couleurs vives sur un fond empli de ténèbres. Un groupe de combattantes asaris y figurait, le sourire aux lèvres alors qu'elles fêtaient sur Thessia la fin de la lutte contre l'Aube écarlate. Lumya était présente, levant un cocktail en direction de l'objectif et accompagnée d'une collègue au teint d'un bleu intense, quasiment soulevée dans les airs par ses sœurs d'armes.

Il s'agissait de Sheyx, la pilote d'exception qui avait menée le groupe dans tous les recoins de l'espace asari et de la Travée  Lumya et elle représentaient les deux seules survivantes de l'unité suite aux funestes événements qui eurent lieu, bien après la prise de cette photo.

L'image disparut alors et les sourires s'effacèrent laissant place à une scène à l'ambiance foncièrement différente. Une probatrice à l'accoutrement particulier était agenouillée, entourée d'une légère aura bleue, son masque orienté vers le bas. Une matriarche au teint aussi profond que celui de Sheyx se tenait face à elle, vêtue d'une simple robe et maintenant une posture droite.

Parfait.

La matriarche en question détourna alors le regard de la probatrice, s'approchant en quelques pas de la baie vitrée qui offrait une vue imprenable sur la colonie de Cyone et sur les tâches sombres qui apparaissaient à sa surface.

Comme au bon vieux temps, n'est ce pas ?

Un sourire se dessina sous le masque de la probatrice et elle releva la tête.

Comme au bon vieux temps, vieille carne.

***

La rapidité d'intervention des flottes des Républiques et la population majoritairement militaire à sa surface furent sans aucun doute les deux éléments les plus salvateurs pour la survie de Cyone. Les places fortes infectées se retrouvaient rapidement bombardées depuis l'orbite permettant aux forteresses encore sous contrôle asari de maintenir une solide ligne de défense.

La surprise passée, la machine de guerre asari s'était enclenchée, transformant se qui aurait pu être un massacre en une purge pure et simple de toute forme de contamination à la surface de la colonie. Mais la Corruption était pleine de ressources, et son intervention sur ce monde n'était pas un hasard. Car s'il y avait bien une chose que les forces militaires n'étaient pas en mesure d'endiguer, c'était bien la progression de l'infection au sein de l’écosystème.

Les végétaux et les animaux devinrent ainsi les agents ennemis les plus redoutables, créant de nouveaux foyers de Corruption au cœur de territoires qui étaient pourtant jusqu'alors encore vierges de tout conflit. Il devenait donc difficile d'annihiler l'adversaire sans avoir à vitrifier l'intégralité de la surface de la planète. Mais les bombardements localisés, les interventions précises et les évacuations rapides permettaient de nettement améliorer la situation. Globalement, la Corruption reculait.

Globalement.

L'une des forteresses infectées se situait au beau milieu d'un relief proéminent, surplombant une vallée à la végétation qui s'assombrissait de jour en jour. La Corruption demeurait sur place grâce à une batterie de DCA et de canons sol-orbite à flanc de montagne qui empêchait tout soutien aérien ou spatial pour les troupes asaris. Le ciel était constellé du combat permanent opposant les aéronefs des républiques aux véhicules de la Corruption.

La dernière garnison militaire de la zone s'était regroupée dans un bunker de l'autre côté de la vallée. Depuis le début de la semaine, les offensives des infectés s'écrasaient lamentablement contre sa défense, mais cette dernière commençait à montrer des signes de faiblesse. Le ravitaillement devait se faire par petits groupes, en pénétrant furtivement dans le spatioport de l'autre côté de la montagne. S'il venait à être découvert, la garnison serait purement et simplement exterminée. Peu de vivres et de munitions pouvaient donc transiter depuis l'extérieur, sans parler des renforts. Les réserves s'amenuisaient donc à vue d’œil.

Lumya n'était sur place que depuis quatre jours, alternant entre des cycles de sommeil courts de deux heures, des phases de combat intense et des temps de repos. L'énergie demandée pour encaisser un tel traitement était donc phénoménale, mais le bunker n'était pas en mesure de lui fournir les ressources nécessaires.

Ce n'était cependant pas un problème pour le corps de la probatrice qui était entraîné à devoir supporter une telle intensité, sans compter que Lumya n'en était pas à son coup d'essai en ce qui concernait les épreuves d'endurance. Les longs mois passés à arpenter les ruines de Thessia pendant la Grande Guerre étaient encore récents.

Elle se trouvait donc au niveau d'une brèche sur le flanc gauche du bunker, assise sur une caisse et reprenant son souffle après une utilisation répétée de ses pouvoirs. Une jeune asari en armure se tenait un peu plus loin, assise dans la boue et tentant de grignoter une barre vitaminée. Une autre combattante était montée sur une pile de débris et y avait installé une mitrailleuse lourde, canardant tout ce qui osait s'approcher de l'enceinte. Les ombres s'étaient volontairement sacrifiées sur les tourelles automatiques, laissant leur sang vicié détruire les systèmes des IV de combat, les seules défenses provenaient donc désormais exclusivement des combattantes asaris.

Une dizaine d'entre elles se déplaçaient au sein de la zone détruite, transportant armes, caisses de munitions et se relayant sur les remparts de fortune. Saphea elle même se trouvait ici, hurlant des ordres à ses troupes. L'officier en charge de la garnison portait une armure qui conservait la trace d'une attaque de furie en plein torse, une marque à laquelle la vieille asari semblait ardemment tenir.

Une balle fusa soudainement, traversant le crâne de la militaire postée à la mitrailleuse lourde et laissant son cadavre glisser dans la boue. La situation dérapa aussi rapidement qu'elle était passée sous contrôle.

Sniper, à couvert !

Des bulles biotiques s'élevèrent immédiatement dans les airs alors que les francs tireurs asaris commençaient à traquer leur adversaire. Un immortel s'approcha des barricades et utilisa sa biotique pour soulever une ombre dans les airs au dessus des troupes asaris, tordant son corps dans des angles improbables pour faire gicler son sang sur les militaires plus bas.

La plupart des guerrières eurent le temps de quitter la zone où se déversa le sang noir à l'exception d'une jeune asari qui resta tellement concentrée sur sa bulle qu'elle n'entendit pas les cris d'alerte. Le liquide recouvrit son armure et elle s'effondra au sol en hurlant de douleur. D'autres ombres connurent le même traitement, mais le sang fut à chaque fois repoussé à coup de biotique.

Lumya se redressa soudainement, plaçant toute sa puissance dans sa barrière et se propulsant jusqu'à la mitrailleuse délaissée. Elle concentra les tirs de l'arme lourde sur l'immortel le plus proche, la créature encaissant l'attaque pendant quelques secondes avant de se faire transpercer de toute part. La probatrice quitta alors son perchoir en vitesse, subissant des tirs de snipers qui fracassèrent sa barrière alors qu'elle se plaçait à couvert.

Passant devant le corps de la malheureuse qui se tordait toujours de douleur au sol, Lumya dégaina son fusil à pompe.

Je suis désolée, ma sœur.

Un tir dans son crâne fut suffisant pour abréger les souffrances de la jeune combattante. « désolée », en réalité ce n'étaient que des mots, il y avait bien longtemps que le cœur de la vieille guerrière ne s'écorchait plus à chaque fois qu'elle devait se résoudre à prendre une vie. Et il s'agissait sans doute de son plus gros regret en ayant emprunté cette voie. Elle n'était plus la jeune asari d'autrefois, gorgée d'émotions et sentant son cœur prêt à exploser dès que les balles commençaient à fuser.

Une composante essentielle pour une tueuse professionnelle et qui tranchait étroitement avec la chaleur dont elle pouvait faire preuve envers celles qu'elle devait protéger. Mais il restait bien une chose qui demeurait inchangée depuis tous ces siècles, une chose enfouie profondément et qui ne se réveillait qu'en de très rares occasions. Une chose qui était menée à mal ces derniers jours et que la vision du corps de la jeune asari venait titiller.

La probatrice serra les poings, sentant la haine monter en elle et s'approprier sa conscience, prête à altérer son jugement. Une erreur qu'elle ne devait pas commettre.

Tout le monde à l'intérieur, vite !

Les ombres grimpaient sur les débris et les piles de cadavres, passant par dessus la barricade et fondant sur les militaires en contrebas. Une poignée d'asaris qui étaient restées trop proches du mur se firent avaler par la horde enragée. Inutile de leur porter secours, il était déjà trop tard pour elles.

Le reste du groupe pénétra donc dans la partie encore intact du bunker, refermant les deux sas blindés derrières elles. Un long couloir délimité par un mur de mitrailleuses accueillait quiconque parvenait à passer les portes. Le bunker représentait tout une série de pièges et de couloirs lourdement défendus, des manœuvres défensives qui pouvait suffire lors d'une guerre conventionnelle, mais qui ne servait ici qu'à ralentir temporairement leurs adversaires.

Et ces derniers commençaient déjà à enfoncer les portes blindés à en juger par les bruits sourds provenant de l'extérieur. Les militaires minèrent donc soigneusement le passage avant de s'enfoncer plus avant dans la forteresse.

Le groupe parvint dans la salle de commandement, une vaste pièce où étaient entreposés les blessés à même le sol, leurs lamentations et leurs gémissements tranchant avec le bruit de l'artillerie se fracassant contre le bunker à l'extérieur, faisant clignoter les lumières et s'effondrer un petit peu plus de poussière du plafond à chaque obus. Saphea examinait quant à elle la situation depuis l'hologramme du bâtiment avec les autres officiers, le reste des combattantes encore valides faisant l'inventaire des ressources et vérifiant le bon fonctionnement de leur équipement.

Lumya observait tout cela, un air las derrière son masque. En quelques jours, la forteresse avait perdu la moitié de son territoire, et la Corruption venait désormais directement frapper aux portes de la partie souterraine. Ce n'était presque plus qu'une question d'heures avant que l'ennemi ne parvienne à atteindre cet endroit.

La probatrice était épuisée, et tous les efforts qu'elle avait pu fournir étaient vain, n'ayant servis qu'à retarder l'inévitable. Tout ceci ne représentait au final qu'une agonie que chacune des combattantes asaris semblait vouloir prolonger le plus possible, rien n'en émergeait si ce n'était une décadence et un désespoir plus grand encore.

La vieille guerrière se dirigea donc vers Saphea avec la ferme intention de lui faire entendre raison. Ce n'était pas la première fois qu'elles avaient cette discussion, mais cette fois ci la probatrice n'avait pas l'intention de céder, quitte à devoir utiliser la force si nécessaire.

Colonel, il faut envoyer une équipe reprendre cette batterie sur le champ.

Les yeux ambrés de l'officier se tournèrent vers la probatrice.

Nous en avons déjà discutées, il est hors de question que je retire des troupes de notre ligne de défense, vous avez bien vu ce qui s'est passé sur l'aile gauche, nous serions submergées.

Raison pour laquelle il faut frapper rapidement.

Je ne prendrais pas le risque de perdre davantage de mes sœurs, probatrice. Si nous procédons à une évacuation soignée nous pouvons encore sauver celles qui peuvent l'être.

Et si le spatioport est découvert ? Si vous êtes poursuivies ?

Je ne reviendrais pas sur ma décision.

Alors donnez moi un véhicule, j'irais seule.

Toute aussi ravie que je puisse être de vous avoir à mes côtés je ne saurais faire l'erreur de me priver de vos compétences.

Lumya s'approcha alors d'un pas supplémentaire de l'officier, la surplombant d'une tête. Le ton de sa voix n'avait pas changé, mais une lumière bleue venait désormais éclairer les fentes de son masque.

Ce n'est pas en restant derrière nos murs que nous avons vaincu les moissonneurs, Colonel.


Les deux asaris plongées dans leur discussion ne virent pas l'individu qui venait de pénétrer dans la pièce. Une turienne dans une armure intégrale, se dirigeant avec la prestance propre à son espèce vers le duo. Une spectre. Elle avait annoncé son arrivée quelques minutes auparavant et la nouvelle s'était répandue dans la forteresse. Les plus jeunes asaris de la garnison lui lançaient des regards emplis de curiosité voir d'admiration, chuchotant entre elles.


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MessageSujet: Re: Là bas, dans ce monde où tout devient blanc   Dim 10 Juin 2018, 22:50
Là bas, dans ce monde où tout devient blanc
La Corruption et les Moissonneurs avaient beaucoup en commun. Dans les deux cas il s'agissait d'attaques menées par des créatures décérébrées, d'anciens camarades dont les corps, incroyablement modifiés, étaient une insulte à la nature et ne possédant qu'une pseudo-intelligence grotesque, quoiqu'on en dise.
Partout où ces armées passaient, elles entraînaient dans leur sillage un flot de souillure. La flore et la faune pourrissaient sur pied, subissant eux aussi les mutations abberantes que l'Energie Noire provoquait. De nombreux rapports arrivaient sur la table des Spectres montrant des plantes, atteignant par moment des proportions démentielles, ayant fait croître des boules de chairs palpitantes en guise de fleur et dont les impandices dantesques croissaient sur les murs ou couraient le long du sol. Les animaux, devenant tantôt des squelettes rachétiques au ventre gonflé par la présence de nombreux organes qui n'avaient rien à faire là, tantôt d'obèses créatures dont la seule vue avait de quoi vous retourner l'estomac, erraient dans ce monde appocalyptique. Derrière eux traînait aussi la corruption; les armées se servaient d'eux pour provoquer des foyers d'épidémies aussi discrètement que possible. Disons que, lorsqu'on retrouvait les cadavres déchiquetés de ceux qui avaient rencontrés la route de telles bêtes, il était déjà trop tard.
De nombreuses planètes étaient déjà touché :

Chasca, évidemment, tombée aux mains de l'ennemis et où l'Alliance tentait d'opposer une résistance, comme elle pouvait. Des vaisseaux capturés avaient permis de grossir les rangs des corrompus, apportant un apport conséquent à leur force de frappe.
Sanctum ensuite, frappant les Terminus qui ne pourraient pas profiter de ce moment pour tourner leurs dents vers l'Espace concilien. Pour peu que tout un rassemblement de pirates, mercenaires et civils perdus au milieu de tout ce foutoir réussisse à se rassembler dans la lutte. Aria - maintenant « Reine de la Souillure » ou plutôt « Reine des Salopes » si on se référait à l'avis de Vertax - avaient accomplit ce tour de force, il y a une dizaine d'année. Peut-être qu'un nouveau leader s'élèverait à son tour ?
Shanxi ensuite, le symbole du Premier Contact entre l'Humanité et la communauté galactique. La planète n'était pas étrangère aux guerres et il semblait qu'en prendre le contrôle était une étape incontournable pour qui souhaitait déclarer la guerre à l'Alliance.
Astéria, le monde-eden, n'avait pas été épargnée non plus. La Corruption s'enfonçait de plus en plus dans les terres, grignotant chaque jour un peu plus de terrain. Le Sud avait déjà préparé ses défenses mais l'éternelle question était la même que pour les autres planètes : Pour combien de temps ?

Enfin, on retrouvait Cyone. Une planète militaire au sens Asari du terme, mais comprenant de nombreuses ressources nécessaire pour mener une guerre : Armes et carburant pour ne citer que l'essentiel. Sans compter que la planète était une ligne de défense pour Dekuna et les mondes elcors. Si elle tombait, ils ne pourraient jamais réagir à temps. C'était le problème avec eux : Cet espèce passait trop par la parole. Le temps qu'ils se décident à organiser une défense, la Corruption serait déjà bien installée, tournant son regard avide vers les autres systèmes à proximité.

C'était pour celà qu'entre toutes les zones qui tendaient leurs mains supplicantes vers les Spectres, implorant de l'aide, la Turienne à peine remise avait choisi de s'y rendre. Ce n'était même pas une question d'être envoyée par le Conseil. D'ailleurs, le « Tableau des missions », comme le groupe aimait bien le nommer, ne brillait que d'une seule demande : Défendre les systèmes contre la Corruption. Une façon polie de dire que tous les moyens étaient permis, toutes les décisions libres pour peu que leur intervention aide à la lutte.

Comme à l'époque de la Grande Guerre....

Mais cette liberté était nécessaire pour que les Spectres puissent mener à bien leur mission. Sans ça, elle n'aurait jamais pu réquisitionner un Mako sur Cyone, ni se faire déposer dans l'une des forteresse actuellement aux prises avec les Ombres et les Immortels. Son voyage depuis la Citadelle lui avait permis de se faire une idée sommaire de la situation à travers la lecture des rapports : Ce fort était face à un second étant tombé aux mains de l'ennemi quelques temps auparavant. De base, une telle perte était problématique, mais le problème avait viré à l'horreur pur lorsque les souillés avaient profité de leur position pour prendre le controle de la DCA installée à flanc de montagne. A partir de là, privé du moindre soutien aérien, les troupes alliées avaient commencé à perdre petit à petit des forces. Si la situation continuait, ils perdraient bientôt ce point.

Malgré la présence d'amortisseurs de choix, le chaos de la route pouvait être senti. Les vibrations secouaient la coque, se répercutant dans les pieds des occupants. Vertax releva la tête de son omnitech observant les étendues rocheuses par les minuscules fenêtres, puis y replongea son nez, lisant une dernière fois le rapport de perte technologique et humain. Le sang des Ombres, à première vue, avait des propriétés acides. Les armures pourraient tenir un temps mais le diable ne devrait pas être tenté. Et aucune exposition sur la peau nue. La capacité de corruption de l'Energie noire dépassait de loin les centres de transformation Moissonneurs.

- Nous sommes bientôt arrivés Madame.


La voix grave de l'Asari ne provoqua qu'un grognement approbateur. En face d'elles se trouvait une simple montagne à l'apparence banale. Enfin, banale si on partait du principe, au vu du radar du Mako, que les mines parsemant la plaine étaient une espèce commune présente dans leur élément naturel. Dans le cas contraire, elles étaient en présence d'une entrée secrète.
La pilote s'éclaircit un peu la voix avant de reprendre la parole.

- L'entrée officielle se trouve de l'autre côté, à plusieurs kilomètres de là. La Corruption est encore contenue là-bas, ce qui nous permet d'approvisionner nos troupes en nourriture et munitions. Avec le blocus que la DCA impose, c'est notre seul moyen de survie. Sans ça... Le fort serait déjà tombé. Et encore, il faut que nous restions discrètes, sans compter que le passage est trop étroit pour permettre la venue de suffisamment de Mako. L'approvisionnement est devenu problématique depuis.

La conductrice tourna la tête, guettant une éventuelle réaction de son hôte de marque. Celle-ci ne disait rien, se contentant de la fixer en retour. Elles restèrent ainsi un instant avant que la plus âgée détourne le regard.

- Enfin, je pense que vous avez lu les rapports, finit-elle par lâcher alors que devant, l'émetteur envoyait le message. Un pan du faux-mur blindé glissa vers le haut, laissant un espace assez grand pour permettre au véhicule de s'y enfoncer. Leur vitesse accélérait progressivement mais restait nettement en deçà du reste du voyage.
L'Asari avait reposé sa concentration sur sa conduite lorsque la voix, bourré d'effet Dopler, attira son attention.

- Ce qui est votre entrée peut aussi être leur sortie... Il y a des pièges prévus en cas de conquêtes du fort par l'ennemi j'imagine ?

Les tentacules suivirent le mouvement de la tête dans le hochement qu'elle fit.

- Oui Madame. Outre les mines posées à l'extérieur, nous avons aussi placé des charges explosives tout le long des couloirs. Elles peuvent être activées pour exploser au bout d'un certain nombre de minutes, immédiatement ou au premier mouvement. Nous privilégions souvent cette dernière option : Les infrastructures ne tombent pas aux mains de l'ennemis et, s'ils ne s'y intéressent pas, nous pouvons toujours les récupérer en intégralité à la fin de la guerre.
C'est du gagnant-gagnant, en quelques sortes. Nous avons aussi installé un scanner à l'entrée, pour vérifier qu'il n'y ait pas de traces de Corruption sur ceux qui entrent. Dans un tel cas, l'entrée est alors barrée. S'ils venaient à forcer le passage, les mines s'activeraient directement sur leur passage.
Nous sommes arrivées.


Le long boyaux souterrain aboutissait à une place assez large, où trois autres Makos étaient déjà garés, ainsi que d'autres véhicules, plus petits et discrets, faits pour raser silencieusement le sol. Quelques Asaris vérifiaient les engins et en assuraient la maintenance. D'ailleurs, deux femmes étaient déjà placées vers une place libre, faisant signe à leur consoeur de s'y installer. On retrouvait aussi des soldates armées, surveillant avec un brin d'appréhension ce qui allait sortir de là. Malgré les précautions dont elles faisaient preuves, elles n'étaient jamais à l'abri d'un soucis informatique, d'un contournement ou d'autre choses.
La tension palpable fut relâchée lorsque les portes dévoilèrent la Turienne saine et sa pilote, relâchement qu'indiquèrent les canons qui se baissèrent. Au moins, elles se montraient prudentes.

- Venez, je vais vous mener à la salle de commandement. C'est un peu plus dev...

- ELLES ONT REUSSI A TRAVERSER LES DEFENSES !

La nervosité revint au galop alors qu'une Asari à l'armure tâchée de sang violet venait de surgir dans le parking. La première pensée de Ravi fut de constater que ce n'était pas le sang de la messagère qui couvrait son plastron. Puis, elle constata les traits tirés de son visage et la panique que son annonce avait déjà indiqué. La situation était critique.

Les Spectres avaient vraiment le don d'arriver au bon moment il fallait croire.

- Soldats, reprenez vos activités. Attendez les ordres de votre commandant, préparez-vous à une évacuation potentielle.
Sergent Si'Kala, menez moi à cette fameuse salle. J'ai le sentiment qu'on m'attend.

La conductrice opina de la tête et reprit son chemin vers les coursives, errant dans ce qui semblait, aux yeux de la Turienne, être un véritable labyrinthe pour qui ne connaissait pas le chemin. Elles passèrent devant des militaires. Toutes semblaient jeunes, mais seules les Matriarches avaient vraiment l'air âgé chez les Asaris. Peut-être qu'elles n'étaient que Demoiselle, à moins que la majorité soit Matrice, mais dans tous les cas, elles devaient toutes être bien plus vieilles que Vertax. Et nombreuses étaient celles qui affichaient cet air impressionné et suppliant de celles qui voyaient en la nouvelle venue un miracle potentiel. Comme si un seul individu avait le pouvoir de tout changer.

Dans les temps troubles, on avait besoin d'une image forte, d'une icône incarnant la promesse d'une victoire. C'était ce que représentaient les Spectres depuis Shepard. Et qu'importe si leur fameux sauveur était avant tout une tueuse enragée à l'armure noire, se jettant à la bataille comme si plus rien n'avait d'importance.

Cet espoir fut un peu plus facile à comprendre lorsque l'ancienne Cabale pénétra dans la salle de commandement. Outre les nombreuses blessées qui reposaient au sol dans la pièce devenu hôpital de fortune, la dispute soutenue entre deux Asaris avaient de quoi jeter un froid. La remise en cause des ordres d'une Colonel avait pour effet de saper son autorité, d'instaurer le doute dans le coeur des soldats et pouvait être prompt à créer des tensions internes.
Hélas, la logique Turienne n'était pas encore très répandu dans les autres armées. Enfin, au moins cette scénette lui permettait de relier les informations et de cerner un peu plus la situation.

- Colonel. ... Madame, finit-elle par choisir après avoir vainement cherché un grade sur la tenue de la seconde femme.

Apparemment, les Républiques engageaient désormais des Maîtresses SM dans leurs rangs. Soit. Les temps troublés appelaient des mesures désespérées.

- J'ai quelques indices qui me laissent penser que le fort ne tiendra plus très longtemps. Ais-je tort ?


- En effet.


La Colonel donnait l'impression d'avoir craché ces mots à contrecoeur.

- Une troupe d'Ombres, menée par des immortels, ont réussit à passer nos défenses, notamment en utilisant leur sang corrompu pour nous forcer à reculer. Elles étaient appuyés par des snipers qui ont réussi à perturber assez notre organisation pour se créer une brèche. Nos filles viennent de se replier ici peu avant que vous n'arriviez. Actuellement, les forces ennemis essayent de pénétrer à l'intérieur en défonçant littéralement nos portes blindés.

D'un geste élégant du poignet, elle désigna les caméras de sécurité qui servaient de vue sur l'entrée du bunker. Des masses de créatures diformes étaient en train de tambouriner sur les panneaux, enfonçant doucement mais sûrement le métal. Les monstres infatigables ne se lasseraient pas de frapper jusqu'à ce, qu'enfin, les portes tombes et qu'ils puissent pénétrer dans les corridors.

- Bien, finit par dire la Turienne. Son regard ne se détachait pas encore de l'écran et du grouillement répugnant qu'il affichait. Elle sembla être un instant ailleurs avant de revenir dans ce monde.
Procédez à l'évacuation. Sans soutien aérien, ce fort est foutu.

Votre capacité à voir sur le long terme est une chose admirable chez votre espèce, Colonel. Mais nous autres Turiens avons tendance à voir les choses d'une façon plus pragmatique :
Ligne de défense ou pas, ces choses vont réussir à passer. Ils vont massacrer votre défense pendant que les blessés seront évacuées. Des blessés qui prendront du temps à guérir là où vous aurez perdu des effectifs « frais » et disponibles.


L'idée semblait choquante pour la Colonel, mais quoiqu'elle puisse dire, la Spectre n'en avait rien à foutre.

- Quoiqu'il en soit, l'évacuation est laissée sous votre commandement. Sacrifiez vos soldats pour privilégier les blessés si vous voulez, je ne suis pas venue ici pour repartir la queue entre les jambes.
Si cette DCA reste en activité, cette zone sera définitivement perdue. Les airs sont encore l'un des rares espaces de cette planète à ne pas trop subir les effets de la Corruption. Si on ne fait rien, la Corruption arrivera bien vite jusqu'au Spatioport. Voir, ils finiront par en fabriquer de nouvelles, condamnant définitivement les troupes à se battre au sol en infériorité tactique et numérique.

Je réquisitionne un de vos véhicule terrestre. Le genre petit, rapide et discret, assez pour me permettre de me rapprocher un maximum sans attirer l'attention. Je prendrais aussi quelques explosifs. Assez pour une DCA si besoin et pas assez pour vous handicaper si jamais ils venaient à tomber dans les mains de l'ennemi.
Votre collègue à raison, Colonel. L'inaction ne nous aidera pas.


La Turienne embrassa du regard l'assemblé d'Asari qui le lui rendait bien. Si elles attendaient un messie, elles seraient déçue.

- Si d'aventure l'une d'entre vous souhaitait venir ... elle ne pensait pas du tout à l'Asari masquée qui l'observait sans rien dire ... sachez une chose : Je ne prendrais qu'une seule personne. Si aucune d'entre vous me semble faire l'affaire, j'irais seule.
Enfin, soyez prévenu : Si la victoire passe par vous laisser seule au milieu des Ombres, je n'hésiterais pas à vous abandonner sans un regard en arrière.

Je partirais dans dix minutes.

Et n'oubliez pas, Mesdames :

« Mourrons pour la Cause, car ils nous survivront ».

Elle enfila son casque et reparti comme elle était venue. Sous les regards.

-------------------------

Les dix minutes étaient presque écoulées. La biotique finissait d'engranger quelques affaires nécessaires à sa survie en milieux hostile : capsules d'air, filtres, kit de réparation d'urgence, médikit - qu'elle espérait ne pas avoir à utiliser, car cela signifierait une exposition à l'Energie noire -, les fameux explosifs ainsi que divers petites choses pouvant être utiles.
Son Silencieux avait été délaissé pour son Locust alors que son fusil Saber occupait son dos. Quelque chose lui disait qu'elle aurait besoin de beaucoup de puissance de feu.

Elle ne se retourna pas alors qu'il était clair que quelqu'un se trouvait dans son dos. Ce ne fut qu'une fois sa tâche finit qu'elle daigna tourner la tête.

L'Asari au masque attendait.

- Bien. Montez. Nous partons.



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MessageSujet: Re: Là bas, dans ce monde où tout devient blanc   Mer 13 Juin 2018, 02:36
Louée soit la Déesse. L'intervention de l'envoyée du Conseil permit de mettre fin à cette scène plus que ridicule et accessoirement, épargna à la probatrice d'avoir à désobéir ouvertement à l'officier, voir de se retrouver dans l'obligation d'affronter ses filles. Une possibilité que Lumya n'avait volontairement pas écarté de sa conscience. La plupart des militaires asaris respectaient le simple titre de probatrice et pouvaient même prendre soin d'écouter leurs conseils, mais il ne s'agissait clairement pas d'une constante.

En temps normal, Lumya serait restée pour combattre aux côtés de ses sœurs jusqu'à la mort s'il le fallait, mais la situation dangereusement similaire au début de l'invasion des moissonneurs nécessitait d'appliquer un pragmatisme évident. Chose que lui permettait le troisième serment.

Il fallait frapper rapidement et de façon puissante, étouffer la menace dans l’œuf avant qu'elle ne prenne une importance trop grande pour pouvoir être contenue sans courir à la catastrophe. En ces circonstances, les vies qui pouvaient être sacrifiées en début de conflit représentaient un taux ridiculement faible comparé au nombre de vies épargnées.

Et il s'agissait d'un état d'esprit que semblait incarner la spectre turienne. Un étrange personnage d'ailleurs. Contrairement à Bynare qui planifiait soigneusement chaque situation et prévoyait toujours des portes de sorties, celle ci semblait bien plus impulsive, prête à partir pour attaquer une position sur laquelle elle ne demanda pas le moindre détail, tartinant au passage ses phrases d'un ego évident et lâchant ouvertement son dédain pour les troupes sur place.

C'était bien là un concentré de ce que Lumya pouvait reprocher aux spectres. Des êtres qui n'étaient soumis à aucun code moral, laissant bien souvent leur ego surdimensionné prendre le dessus. Ils en oubliaient les raisons premières qui les avaient poussés à emprunter cette voie, dédaignant ainsi toutes les vies qu'ils considéraient comme inférieures, et toutes celles perdues à jamais dans leur sillage pour leur simple profit personnel. L'extrême opposé d'une probatrice qui, toute perfection guerrière pouvait elle être, se devait de sacrifier sa vie pour sauver celle d'un innocent s'il le fallait.

Mais paradoxalement, cette spectre dégageait également un aspect presque suicidaire. Il ne pouvait s'agir d'une simple inconscience liée à une haute estime envers ses capacités et à un mépris évident du danger, les personnes affectées par cette tare ne pouvaient survivre assez longtemps pour devenir spectre. La turienne était donc quelqu'un qui semblait ne plus rien avoir à perdre. Une personnalité forgée dans la douleur et qui ne pouvait bénéficier de la longévité asari pour avoir la chance de prendre énormément de recul sur son passé.

Toutes ces divagations ne retinrent cependant en rien la probatrice de l'accompagner dans son expédition. Lumya retrouva ainsi la spectre dans l'unique hangar du spatioport, posant la main sur la portière du petit véhicule dans lequel la turienne s'apprêtait à monter.

Non, attendez. Il nous faut autre chose.

L'asari en fit le tour, s’enfonçant de sa démarche gracieuse dans le hangar et faisant signe à la turienne de la suivre.

Nous n'atteindrons jamais la batterie avec un véhicule terrestre, tout aussi furtif puisse t-il être. La vallée grouille d'ombres, d'immortels et de défenses antichar. Le dernier convoi a avoir quitté la base a été presque complètement anéanti. Il va nous falloir ironiquement passer par les airs avec une discrétion toute particulière.

Lumya s'arrêta devant une petite navette, contenant cependant suffisamment d'espace pour accueillir deux personnes et un minimum de matériel. Elle attrapa deux harnais à jetpack sur l'une des parois et en tendit un dans la direction de la turienne.

Vous n'avez pas le vertige j'espère ?

***

Le plan était simple. La navette furtive devait voler en atmosphère haute et lâcher les deux combattantes au dessus de l'objectif, profitants de leur vitesse et de leur masse insignifiante pour ne pas être détectées par les systèmes de surveillance jusqu'à avoir atteins leur destination. Une entrée qui aurait au moins le mérite d'avoir un certain panache.

Lumya se tenait près de la porte latérale ouverte de la navette, le masque orienté dans la direction de la turienne qui vérifiait son équipement. Le véhicule était configuré en conduite automatique par une IV, prêt à avertir les deux occupantes dès qu'il survolerait l'objectif.

Je suis en mesure d'apporter du soutien biotique, défense et contrôle, ou de passer dans une configuration plus offensive si nécessaire. Mais je reste globalement plus efficace à courte portée. Quel type de formation vous sied le mieux ?

Lumya jugeait nécessaire d'effectuer quelques précisions quant aux capacités de chacun. Elle hocha la tête en apprenant que la spectre était dotée de capacités biotiques.

C'est parfait. Je suppose que vous n'êtes pas du genre à vous encombrez de subtilité. Nous sommes donc deux.

Elle croisa les bras, son masque se penchant légèrement sur le côté.

Il est fort dommage que votre entrée ait été dénuée de tout panache.

Elle désigna d'un mouvement délicat de la main l'ouverture de la navette et le vide en contrebas.

Regardez ce que vous m'obligez à faire pour rattraper le coup.

L'IV de bord émit alors un avertissement sonore, indiquant la présence de la navette au dessus de l'objectif. La probatrice se tourna à nouveau vers la spectre, un sourire se dessinant sous son masque.

La dernière arrivée...

Fléchissant les genoux, Lumya profita d'une impulsion biotique pour sauter dans le vide, fonçant droit en direction du sol, la tête vers le bas, les bras le long du corps. La turienne avait sauté également, abandonnant la navette qui avait été programmée pour se poser dans une autre base si elle n'était pas détruite.

Les deux combattantes étaient donc en pleine chute libre, fonçant telles deux torpilles vers leur objectif. La vallée se rapprochait de plus en plus et les deux canons de défense orbital étaient tellement massifs qu'ils étaient déjà visibles. Leur canon pointés vers le ciel, prêt à cracher leurs redoutables projectiles sur tout vaisseau qui passerait dans leur angle de tir en orbite.

La chute ne dura au final pas plus d'une minute, lorsque l'asari passa le cap du sommet de la montagne, elle se repositionna correctement pour se préparer à la réception, activant son jetpack à très faible intensité dans un premier temps.

Ce n'est qu'une fois proche de l'une des nombreuses plate formes qui soutenaient l'intégralité de la batterie qu'elle l'activa à pleine puissance, usant de sa biotique pour s'assurer une parfaite stabilité. La probatrice atterrit ainsi avec élégance, posant les pieds au sol comme si elle reprenait une marche qui avait été interrompue.

La spectre avait atterrit à proximité, mais elle était hors de vue. Les ennemis quant à eux se rapprochaient déjà, grognant avec avidité face à ces morceaux de viande qui venaient de tomber du ciel. L'asari propulsa alors à coup de biotique un trio d'ombres qui s'apprêtaient à se jeter sur elle par dessus les barrières de sécurité, déclenchant une série de hurlement déformés et presque plaintifs dans le vide mortel en contrebas.

Le seul adversaire restant dans son champ de vision était une immortelle qui venait de se redresser avec vivacité en apercevant l'asari masqué. Leurs deux biotiques se percutèrent soudainement, chacune bloquant l'autre et l'empêchant de prendre l'ascendant.

Lumya lâcha une grimace sous son masque, elle n'avait pas franchement l'habitude de voir sa puissance biotique ainsi contestée. Elle courba alors son attaque pour envoyer l'onde de choc contre une paroi adjacente. Le corps de la probatrice s'entoura d'une aura azur tandis qu'elle se propulsa à l'aide d'une violente charge sur son adversaire.

L'impact de son poing brisa la barrière noire, offrant une opportunité que Lumya s'empressa de saisir, dégainant son fusil à pompe et tirant à bout portant sur l'asari infectée. Le projectile la traversa de part en part, l'impact la faisant reculer de quelque pas mais ne semblant pas la déstabiliser plus que nécessaire.

Elle rigolait même, le torse désormais agrémenté d'un magnifique trou symbolisant l'impact du tir. La probatrice chargea alors ses poing en biotique et décida de l'achever d'une autre manière. Elle esquiva deux attaques emplies de violence débordante de son adversaire avant de lui administrer un premier puissant coup, faisant voler le casque de l'immortelle et dévoilant son visage. L'asari avait la peau ambrée et ses joues portaient deux mandibules turiennes, ses crocs élargissant ses lèvres en un sourire macabre.

La vue de cette aberration ne freina pas la probatrice, bien au contraire. Elle attrapa le crâne de l'immortelle, le fracassant contre un mur proche à l'aide d'une puissante onde de choc biotique. Elle rentra alors son poing dans la blessure béante de l'abomination, y chargeant sa biotique avant de la relâcher sous la forme d'une nova, déchirant les chairs de son adversaire qui implosa dans toutes les directions. Un coup fatal, même pour une immortelle. Le lambeau de torse qui essayait de se traîner au sol commença à se dissoudre de lui même sous la vitesse incontrôlée de sa régénération.

La probatrice recentra alors son attention sur son environnement, utilisant une impulsion pour grimper à l'étage supérieur. Elle constata rapidement qu'elle se trouvait sur l'un des canons de défense orbital, précisément à proximité de l'énorme culasse qui était censé accueillir le chargement en munitions. L'intégralité de la zone n'était d'ailleurs qu'une sorte de gigantesque entrepôt à ciel ouvert, les containers de munitions côtoyant les mécanismes de DCA. La salle de contrôle se trouvait à une centaine de mètres de là, surplombant les environs.

L'asari avisa la spectre turienne qui la rejoignait au sommet de l'énorme canon avant de constater que leur arrivée avait été remarquée par la population locale. Des dizaines d'ombres convergeaient vers leurs positions, rampant, grimpant, courant ou volant même pour les oiseaux qui avaient été infectés, ressemblant désormais davantage à des créatures mythologiques cauchemardesques qu'à une faune aviaire.

Un sourire carnassier se développa sous le masque de la probatrice. Il n'était plus l'heure de défendre autrui ou de se restreindre, elle avait là une occasion en or de laisser éclater la frustration biotique qui s'était accumulée en elle ces derniers jours, de faire payer sans aucune demi mesure chacune des morts auxquelles elle avait dû assister. Elle allait pouvoir tout décharger dans un violent carnage, massacrant encore et encore jusqu'à ce que tout ce qui l'entoure devienne blanc.

Lumya éjecta une cartouche thermique de son fusil à pompe, laissant des étincelles biotiques crépiter au bout de ses doigts, l'intégralité de sa combinaison prenant une teinte bleue. Elle s'adressa une ultime fois à la turienne.

Je ne saurais que trop vous conseiller de vous hâter si vous voulez profiter des miettes.

Et elle disparut dans une charge biotique.


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MessageSujet: Re: Là bas, dans ce monde où tout devient blanc   Jeu 21 Juin 2018, 22:47
Là bas, dans ce monde où tout devient blanc
Les dirigeants de troupes connaissaient toujours leurs soldats, bien que cette vérité ne concerne que les dirigeants direct, comme pour un Lieutenant ayant la direction de son commando. Le caractériel, la tête-brûlé, le craintif, le stressé, le bleu ... Tous ces surnoms n'étaient qu'une façon de relever un trait dominant chez un individu, une caractéristique forte qui permettaient à d'autres gradés d’appréhender les membres de l'équipe, si d'aventures ils étaient amenés à reprendre le commandement. Un accord tacite répandu dans toutes les armées histoire de passer un coup de main aux collègues. C'était presque une pratique ancestral même, que peu de gens ne respectaient pas. Mais il arrivait que, parfois, il y ait des loupés.

Sans doute que la Colonelle ne connaissait pas assez l'Asari masquée pour la gratifier du petit nom de « Suicidaire ».

Le sac resta suspendu dans les airs alors que le regard vert se posait sur sa nouvelle compagne. C'était une mauvaise pioche. La tenue moulante en cuir aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Même pour une Asari, aller se battre en talon aiguille trahissait d'un manque de stabilité mental assez évident au vu du très grand risque de cheville tordue qu'une simple ligne droite sur une passerelle présentait. Alors dans la terre et les cailloux... Le masque devait sans doute être là pour brouiller les pistes et éviter qu'on ne voit ses yeux brillant d'une lueur folle.

- Je vous demande pardon. Vous voulez passer par la voie des airs, alors que nos ennemis ont une D.C.A, c'est bien ce que j'ai compris ?

La question franchit les lèvres avec beaucoup de douceur. On lui avait toujours dit qu'il ne fallait pas aller directement contre une personne à qui il manquait un grain, à moins de vraiment vouloir l'énerver. En l'occurence, la Spectre avait déjà assez à gérer pour ne pas avoir à retenir une cinglée en plus.

Le jetpack qui fut agité sous son nez fut sa réponse.

- Vous n'avez pas le vertige j'espère ?


Elle devait plaisanter.






Elle ne plaisantait pas.

Les Esprits seuls savaient comment la folie de la Probatrice avait réussi à contaminer Ravi mais toujours était-il qu'elle s'était laissé tenté. Peut-être était-ce la petite taille de la navette et ses brouilleurs qui réduisaient considérablement les risques de se faire abattre en plein vol, peut-être était-ce l'entousiamse débordant de la combattante bleue qui dégoulinait de confiance en son plan ou peut-être était-ce la maigre consolation que si elles venaient à se faire couper les ailes, au moins la Cabale aurait une anecdote marrante à raconter à ses ancêtres et à Latis. Enfin, marrante une fois le petit épisode de douleur, d'agonie et de mort passé.

Par prudence, la Turienne vérifia une nouvelle fois que le jetpack était bien attaché, ainsi que ses armes et le sac en bandoulière qu'elle avait emporté et qui contenait les maigres ressources récoltées plus tôt à la forteresse.

- Quel type de formation vous sied le mieux ?

Son interlocutrice grogna alors qu'une sangle fut resserée.

- Je suis ancienne Cabale. Formation de biotique offensive, possibilité de tenir une position et des goulots étroits. J'ai aussi une large maîtrise des armes à feu et de différentes techniques de combat rapproché, ce dernier point ne nous servant à rien au vu des capacités de nos ennemis.

- C'est parfait. Je suppose que vous n'êtes pas du genre à vous encombrez de subtilité. Nous sommes donc deux.

D'accord. C'était peut-être un compliment ou peut-être qu'elle la mettait dans le même panier qu'elle ce qui avait de quoi être vexant. La subtilité était à Ravi ce que des kumquat était à un panier de fruit : Un élément à présence aléatoire se planquant derrière l'ananas des apparences et de l'observation discrète.

- Il est fort dommage que votre entrée ait été dénuée de tout panache.  
Regardez ce que vous m'obligez à faire pour rattraper le coup.  


Non ma grande, pensa la Spectre alors que la Probatrice se jetait dans le vide avec la grâce d'une danseuse ballerine croisée avec l'instinct de survie s'un lemming. C'est toi qui t'obliges toute seule à essayer d'en mettre plein la vue à tout le monde. Moi, je ne fais rien de plus que t'observer te donner des grands airs.

Enfin, quand il fallait y aller.

Les mains croisées dans son dos, Vertax se pencha en avant jusqu'à ce que la gravité décide de lui apprendre la vie.

Et chue comme une pierre.

L'Asari avait peut-être quelques secondes d'avance, mais elle ne faisait pas vraiment le poids en terme de descente fulgurante face à une représentante d'une espèce connue pour être pourvue d'une carapace metallique et dont la masse moyenne tournait aux alentours de la centaine de kilos. Heureusement que son casque couvrait l'intégralité de son visage, évitant de dévoiler le sourire qu'elle eut lorsqu'elle la dépassa.
Il fallait reconnaître que se laisser tomber d'une navette furtive vers un sol se rapprochant à grande vitesse et dans une région peuplée de monstres déformés par une énergie quasi mystique présente dans l'univers était une ballade sympathique. Si elle ne pouvait pas sentir le vent directement, la pression était ressenti malgré l'armure et le paysage était clairement magnifique, pourvu qu'on regarde la ligne d'horizon. Les montagnes et les plaines s'étendaient à perte de vue, parfois transpercée par des forteresses qui perçaient ici et là, s'élevant fièrement vers le firmament. Finalement, les grandes tâches sombres de Corruption n'avaient pas l'air si répandues que ça, bien qu'une partie du paysage se trouvait plongé dans un brûme noiratre crachant toutes les créatures des enfers qu'elle pouvait et que des végétations déformées au-delà de l'horreur étendaient leurs racines sur terre, ne laissant que l'imagination pour estimer l'enchevêtrement de lianes qui devaient se répandre dans les souterrains.

Malgré ça, on pouvait dire que Cyone restait en partie tenue. Les natives de Théssia faisaient un bon boulot et, s'ils voulaient que ça continuait, il fallait que cette D.C.A retourne entre de bonnes mains.

Le jetpack s'activa a quelques centaines de mètres du sol à pleine puissance. La pression s'inversa et la vitesse de chute descelera jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol d'un flanc de montagne. L'inertie la fit glisser un peu, dévalant la pente jusqu' ce qu'elle puisse se rattraper à des rochers, s'arrêtant net. L'Asari masquée n'était pas à ses côtés mais attérit quelques secondes après en contrebas. Plutôt que de la rejoindre immédiatement, la Turienne dessera son jetpack désormais inutile et hésita à laisser traîner ce milliers de crédits de matériel sur le sol. Il ne manquerait plus que les Corrompus le trouve pour qu'ils se retrouvent avec des abominations volantes.

Dans le doute, elle préféra le garder sur elle. Et tant pis si son agitilité s'en trouvait ressentie.

Plus bas, la Probatrice avait entamé un combat avec trois créatures attirées par la mâne tombée du ciel. Bien. C'était une bonne occasion de voir si elle était seulement cinglée ou si elle avait aussi quelques capacités dans sa manche.
Oreille tendue et prête à bondir au moindre bruit suspect, la Spectre s'accroupit sur le sol observant ce qui se passait. L'idée de venir l'aider n'effleura pas son esprit. D'une part parce que la bleue avait l'air de pouvoir se débrouiller et d'autre part parce que la partie « Si je dois vous jeter aux Ombres pour pouvoir progresser » restait d'actualité.

Il fallait reconnaître que l'Asari avait autant de folie que de pouvoirs. L'immortelle et elle luttaient dans une danse sanglante mais la première perdit petit à petit du terrain à partir du moment où son torse fut percé par un coup de fusil à pompe puis, finalement, perdit la bataille face au déchaînement biotique.

Ce serait acceptable pour la mission.

Spectre et Probatrice finirent par se rejoindre, l'une glissant le long de la montagne jusqu'à un chemin qui lui permit de s'approcher assez près pour sauter jusqu'au canon de la DCA, l'autre utilisant sa biotique pour y grimper. Une magnifique démonstration d'athtlétisme pour chacune qui fut perturbée par l'arrivée d'un petit groupe.

Ils grouillaient.

Les formes abruties assaillaient la plaine, qui courait quand son corps déformé le permettait, qui volait par à-coups saccadé à l'aide d'ailes parchemineuses, cherchant à se rappeler comment elles faisaient avant, lorsque la Corruption n'avait pas avalé son corps. Les Ombres n'hésitaient pas à se bousculer violemment entre elles pour être la première à plonger crocs et griffes dans leurs proies. Ces choses n'avaient ni solidarité, ni un semblant de compassion. Ce n'était que les coquilles vides dont l'âme, il fallait l'espérer, avait quitté le corps. Mais, vu comme certains «Elus» étaient capable de réflexion... Ce n'était que peu probable.

Les pupilles fendues balayèrent la masse monstrueuse. Chaque parcelle de sa peau jusqu'au moindre frémissement de ses mandibules suffisait à exprimer tout le dégoût qu'elle ressentait pour ce qu'elle ne pouvait qu'appeler des choses. Ils la répugnait. Même les Moissonneurs étaient plus cohérents que ces abberations, et Esprits savaient que cette simple pensée était déplaisante.

Si la Turienne ressentait de l'écoeurement, l'Asari était quant à elle emplie d'une joie malsaine. Ce n'était plus une envie de massacrer la Corruption qu'elle ressentait mais un besoin impérieux.
La Bête qui la possédait n'était ni encagée, ni muselée. Elle fonça au coeur de la bataille sans prendre la peine de réflechir, disparaissant dans une trainée biotique bleuâtre.

La Spectre se détourna sans un regard.

Elle avait connu ce sentiment, ce besoin de se noyer dans le sang jusqu'à se perdre elle-même. Il continuait de l'assaillir à ce moment d'ailleurs, suppliant qu'elle aussi oublie la raison pour faire subir aux êtres infernaux toute l'étendue de sa puissance et de sa colère. Qu'elle les massacre, plonge ses doigts dans leur corps répugnant, qu'elle arrache ce coeur qui battait pour l'écraser entre ses mains.

Qu'elle devienne comme eux, l'apparence grottesque en moins.

A la différence de la Probatrice, l'ancienne Cabale siffla sa Bête et la fit marcher au pas à côté d'elle, là où sa collègue cherchait à se gorger dans le sang acide et corruptible. L'ennemi était en petit nombre et ils étaient les plus en bas de la chaîne. Mais si elle se faisait toucher, si le sang traversait le masque pour couler dans sa gorge, s'infiltrer à travers les pores de la peau de la Probatrice, entrer par les yeux pour aller chanter au cerveau... Les ennuis pouvaient être bien plus importants.

Putain. Maudite soit cette tarée.

Ravi fit volte-face, attrapant son Saber. La puissance du fusil d'assaut était assez importante pour en faire un fusil de précision de fortune, notamment grâce à la lunette qui surmontait le corps de l'arme.
Un genoux posé au sol, la crosse au creux de l'épaule, elle commença à abattre les ennemis les plus éloignées de la masquée, évitant un maximum qu'elle se fasse asperger. Les Ombres étaient balayées par la furie biotique mais elles encerclaient leur proie, cherchant à détourner son attention pour laisser les autres l'attaquer. Du moins, des êtres intelligents auraient fait celà. Ici, elles se disputaient la part du gâteau, ouvrant des ouvertures pour les autres sans le vouloir. Chaque fois qu'elle tournait le dos à une créature, l'Asari pouvait entendre le bruit sourd d'une détonation et le râle étouffé d'un monstre qui se roulait au sol, agonisant alors que ses capacités herretiques tentaient faiblement de compenser une blessure trop importante. Et si un coup ne suffisait pas, il suffisait d'un second tir pour les achever définitivement.

Le manège des bêtes changea. Plutôt que de harasser la Probatrice en la forçant à créer des ouvertures, elles commencèrent à s'amasser, se couvrant l'une l'autre, jetant s'il le fallait le corps d'une semblable pour éclabousser la zone du sang corrompu, forçant leur adversaire à esquiver.

Ce n'était pas le comportement de dégénérés mus uniquement par de bas instincts. On aurait dit qu'elles suivaient un tempo. Chaque attaque était rythmé et leur façon de tournoyer différait trop de la frénésie du combat. Ils n'étaient plus que cinq face à l'Asari déchaînée mais elles étaient trop coordonnées pour que ce soit normal. Comme... controlées.

La Turienne releva la tête pour guetter les alentours, sur le qui-vive. Cette situation ne voulait dire qu'une chose : Au minimum un immortel était dans le coin, agissant comme un chef d'orchestre. Assez loin pour observer discrètement, sapper leurs forces et appeler des renforts par vagues successives jusqu'à ce qu'elle puisse entrer sur scène et une vue sur la scène pour savoir quand c'était son tour. Une Diva attendant que le public soit prêt pour elle, guettant entre les ridaux le bon moment pour être saluée de tous.

Le centre de contrôle de la D.C.A. Il y avait une baie d'observation qui permettait de voir sans être vue à travers la vitre fumée. Ravi fit demi-tour et commença à courir jusqu'au centre.

Le Probatrice n'avait qu'à se démerder pour le reste. Elle ne pouvait pas se battre sur deux fronts simultanéments et la récupération des canons restait leur priorité. Et si elle n'avait pas foncé par idiotie, elles auraient déjà achevé le maître des lieux et les Ombres n'auraient été que du menu fretin.

L'Immortelle était debout au milieu de la pièce, la regardant avec un air sauvage que même un requin aurait envié. Son apparence général était celle d'une Turienne mais plusieurs choses avaient de quoi faire tiquer. L'hybride avait une chevelure tirant sur le roux et la structure de son visage rappelait celui d'un Humain. De même, ses jambes n'étaient pas digitigrades et sa peau tirait sur un bleu que parsemaient de fines écailles à la façon d'une Asari. Ses yeux étaient couleur glacier et tout aussi froid.

Et ce sourire qui dévoilait des dents bien trop effilées pour une bouche humaine...

L'Immortelle ricana.

Et le monde s'emplit du doux bruit des explosions biotiques.


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Là bas, dans ce monde où tout devient blanc

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