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 Un week-end et ça repart

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MessageSujet: Un week-end et ça repart   Lun 29 Oct 2018, 12:50
► █ Date :  Fin Septembre 2203RP Tout public
Abbadon Bynare ♦️ Tori Jorunn ♦️ Ravi Vertax
Un week-end et ça repart



Un week-end et ça repart
Fin Septembre 2203

Nébuleuse Siléenne, Nevos



Comme la vie était étrange. Deux semaines avant, l’environnement n’était que feu, sang et morts, dans l’enfer qu’était devenu Oméga. La guerre des gangs, les destructions des quartiers, puis l’apparition des envahisseurs corrompus…

Le galarien frissonna et interrompit son flot de pensées, se concentrant sur l’environnement paradisiaque. Nevos était une planète unique : magnifique en tous points, aux écosystèmes si diversifiés que toutes les espèces connues pouvaient y prendre des vacances – même les volus, les asari ayant créé pour eux un dôme spécifique dans une région correspondant à leurs besoins – dans l’un des rares endroits sécurisés de la galaxie, et en même temps non surpeuplées par les touristes. Un endroit hors du temps, où l’on vivait à son rythme, où l’on ignorait le reste de l’univers, où l’on se perdait dans les paysages, les services proposés, les libertés offertes par la législation réduite au strict minimum, fonctionnant bien plus par l’implicite que par l’officiel. En d’autres termes, l’une de ces planètes que les asari utilisaient pour prouver leur puissance et leur efficacité, plus subtilement que par l’expansionnisme humain, le militarisme turien, ou le secret galarien.

Abbadon soupira en étendant son corps, ses pieds plongeant dans le sable chaud. Il avait choisi une plage proche d’une mer intérieure. Proche de l’équateur, donc à l’atmosphère plutôt chaude et sèche, mais pas désertique pour que lui-même puisse bénéficier d’humidité quand le besoin s’en faisait sentir. La mer était riche en sel, avec une très forte portance, donc aisé d’y nager ou d’y flotter.  Enfin, le spatioport à proximité était petit et discret, facilement atteignable et avec un accès direct à l’espace. En somme, tout était le plus équilibré possible pour accueillir un trio de vacanciers galarien, drell et turien.

Tori l’avait contacté quelques jours auparavant, alors qu’il finissait de se remettre des affrontements sur la station. Lui rappelant les vacances promises en souriant, et demandant plus sérieusement à avoir un topo sur toute la Corruption, au-delà de ce qu’en savait le public. Sans hésiter, le Spectre avait accepté. Une rapide recherche sur les endroits où se reposer était possible et agréable en cette période de chaos – l’avantage des Spectres étant qu’ils n’avaient de compte à rendre à personne – lui avait désigné Nevos, et le voyage s’était organisé. C’est pendant cette organisation que Ravi s’était greffée, ajoutant qu’elle avait à faire sur la planète et qu’avoir de la compagnie en plus ne serait pas de refus. Abbadon n’avait pas tiqué, mais s’interrogeait sur les raisons motivant sa collègue. Même en repos, toujours garder l’œil ouvert…

Un bref sourire. Impossible de réellement se reposer, en somme. Même avec une plage paradisiaque, une paix royale accordée par la distance le séparant des autres groupes de vacanciers, et une bonne compagnie qui ne tarderait pas à arriver. Tori serait la première, Ravi n’ayant pas dit quand elle serait sur la planète exactement. Le batracien se demanda brièvement quel genre de tenue portaient les drells et turiens en vacances. Sans doute légère, vu le goût de ces peuples pour la chaleur. Quoique, vu l’agressivité du soleil turien… Pour sa part, Abbadon s’exhibait simplement tant qu’il ne dérangeait personne – la notion d’exhibition n’ayant pas grand-chose d’érotique dans la culture galarienne –, pour permettre au bronzage de camoufler peu à peu les cicatrices accumulées ces dernières années. Un pagne plié attendait à côté, prêt à se rendre utile, posé sur une glacière moderne particulièrement imposante.

C’est que sous la nourriture et les boissons, se trouvaient aussi une arme et un bouclier portatif. Même en repos, toujours, garder, l’œil ouvert.



____________INFOS HRP____________


Couleur Abbadon : #ffcc00

Et voilà !
Tori, je t'attends la première du coup, comme ça on échange tous les deux les informations. Ravi vient ensuite, avec une idée en plus derrière la tête : c'est que Nevos est une planète avec peu de législation et très défendue par les lobbyistes, donc idéale pour faire un négoce illégal, également concernant l'énergie noire.

Rien de précis de prévu, mais c'est ce que j'envisage comme ligne directrice, dites moi si ça vous convient ! Smile

PS : voilà, vous connaissez la tenue de plage de Abbadon ! ;p



Dernière édition par Abbadon Bynare le Mar 30 Oct 2018, 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un week-end et ça repart   Lun 29 Oct 2018, 19:51
Tori était satisfaite qu’Abbadon lui donne une réponse favorable. Elle n’avait pas de raison de douter de la bienveillance de son ami à son égard, mais se méfiait de son emploi du temps surchargé. Elle regrettait que sa nouvelle fonction de spectre l’occupe autant. Un raisonnement plutôt ironique venant de la part de quelqu’un qui vouait l’intégralité de son existence à sa communauté.  Elle avait d’ailleurs dû faire une demande de fond pour cette excursion. L'esprit communautaire a ses désavantages en ce qui concerne l'autonomie financière. C’est que lorsqu’on ne possède pas de vaisseau, le prix des voyages est nettement plus élevé. Chaque voyage devait être justifié. A y réfléchir, même avec une navette il aurait fallu payer le carburant. Brim’na avait approuvé l’intention de renseignement tout comme l’entier du conseil très inquiet par cette nouvelle menace. Leur isolement ne leur permettant pas d’accéder aux informations de première main, ils avaient d’ores et déjà envoyé leur espion tendre l’oreille dans les lieux courus. L’engagement d’expédition d’exploration ayant été gelé tant que la menace n’était pas clarifiée. Il ne fallait pas mettre inutilement les leurs en danger. Tori faisait donc partie de cette vague de petites oreilles, plus ou moins officielles, qui officiaient à ce sujet.

Nevos, donc, et la plage, avait dit le batracien. Elle ne connaissait pas cette planète et fut contente de pouvoir la découvrir. Elle loua les services d’un de ces bagagistes qui mettaient à disposition des coffres pour les bagages des vacanciers. Pas besoin d’hôtel ou de commodité, mais elle préférait mettre ses armes à l’abri des chapardeurs.  Elle se changea devant ce même bagagiste-truc un peu interloqué. Son maillot enfilé, elle jeta sa serviette sur ses épaules et s’éloigna. Elle ne tarderait pas à revoir cette face de rat et ça lui faisait plaisir. Elle releva le nez en direction du soleil de plomb. Génial, c’était vraiment un excellent endroit pour profiter d’un peu de repos. Elle adorait cette sensation sur sa peau, la chaleur était réellement un élément vital à sa vie.

« Ah, j’ai hésité à prendre la même tenue que toi. » Les drells et leur foutue discrétion, n’est-ce pas ? Elle cligna de ses doubles paupières, surplombant la tête du galarien duquel elle s'était approché à petits pas discrets. L'expression dit bien à pas de drell, ce n'est pas pour rien ! « Bon, après j’ai réfléchi et je me suis dit qu’étant drelle on allait forcément me reluquer et que pour certains prudes comme ces humains, on risquait l’émeute si je ne couvrais pas un minimum ce corps de déesse. »

Elle jeta sa serviette à côté de lui et s’assit dessus. Elle portait, en effet, un maillot de bain humain. Parce que ce genre de chose n’existait pas chez les drells et n’en arborait que la moitié inférieure. Il lui manquait quelques mamelles de mammifère pour que le haut soit utile. Précisons également que le maillot en question n’avait de sobre que le noir. Le bikini aguicheur était plus confectionné de bouts de ficelles que de tissu. D’ailleurs, son fessier était laissé à l’air libre. Un string à la brésilienne lui avait-on dit et lorsqu’elle avait voulu se renseigner, on lui avait dit que c’était une expression désuète qui venait de la terre pour nommer le genre.

Son regard se porta sur la mer. « En introduction, j’ai une proposition très simple. Avant qu’on se mette à parler sérieusement… » Elle agita une main quadrifide. « Le dernier à l’eau est un volus mouillé ! »

Sans plus attendre, la drelle s’élança et n’attendit pas pour voir si son comparse suivait l’invitation. Elle força sur ses jambes puissantes pour contrebalancer l’instabilité du sable. Elle ignora les protestations d’un couple qu’elle aspergea de grains poussiéreux au passage et plus encore celui de la mamie humaine qu’elle éclaboussa royalement en se projetant dans l’eau avec la délicatesse d’un boulet de canon.

Elle n’aimait pas spécialement l’eau, mais les siens n’était pas hydrophobe-fuge ou tout autre suffixe. L’humidité à long terme nuisait à leurs poumons fragiles, mais l’eau était un élément avec ils composaient tout de même un peu plus que pour s’hydrater. Elle rouvrit une de ses paupières sous l’eau. Cette particularité était utile, protégeant ses yeux tout en lui conférant une certaine visibilité. Sa peau écailleuse était également d’une grande utilité pour améliorer sa faible résistance dans l’eau. Sans oublier ses mains aux doigts joints. Elle se demandait parfois si ses ancêtres n’avaient pas été des reptiles nageurs. Une histoire de biologiste qu’elle n’avait pas suivi très attentivement à l’école.  

Elle refit surface, crachant et soufflant.

« Ah. Mais elle est super salée. » Elle tira la langue, exprimant son dégoût par une grimace très compréhensible. « beurk »

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MessageSujet: Re: Un week-end et ça repart   Mar 30 Oct 2018, 13:43

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Comme toujours, Tori approcha Abbadon sans qu’il s’en rendit compte. Il rendit son sourire à la drell, pas gêné le moins du monde : entre la discrétion naturelle de ce peuple, l’entraînement de la femme et l’ouïe médiocre des galariens, la situation n’avait rien d’étonnant.

« Je ne suis pas sûr que ton bikini empêche qui que ce soit d’admirer le spectacle ! »

Un simple bout de ficelle plus qu’un vêtement, qui mettait plus en valeur le fessier de son amie qu’il ne cachait son intimité. Avec son corps souple et musculeux, et les pulsions sexuelles de la plupart des espèces, il n’était pas étonnant qu’elle soit regardée. Même sans les pulsions, se corrigea Abbadon. Il se redressa et s’assit en s’emparant du pagne, pour le principe, tandis que son amie introduisait le premier défi du jour.
Le corps musculeux de Tori la fit partir au quart de tour vers la mer, suivit de près du galarien qui abandonna l’idée d’enfiler le pagne. Ceci ne l’empêcha pas d’être distancé, mais une fois sous l’eau, ses mouvements quasiment instinctifs lui permirent de vite rattraper sa partenaire. Synchronisant souplement ses mouvements, il surgit devant la drell en lui projetant une gerbe d’eau supplémentaire au visage. Il leva une main avant l’inévitable riposte.

« Etant un volus mouillé, je ne participe à aucun conflit ! »

Evidemment, ceci n’empêcha ni l’eau de jaillir, ni les participants de se plonger l’un l’autre sous l’eau, ni les bravades et moqueries caractéristiques des experts.

*****


Passé quelques jeux, le duo retournât sur ses serviettes, où le galarien enfila son vêtement. Il s’assit en tailleur face à la mer, laissant son regard se perdre, une boisson sortie de la glacière en main, une autre posée à côté de la drell. L’humidité perlait encore sur sa peau, mais il ne l’essuya pas, profitant de cette sensation.

« Un topo sur la Corruption donc… ». Curieux sujet sur cette plage paradisiaque. « Très bien.
La Corruption est un ensemble de mutations liées à l’exposition à l’énergie noire, elle-même émise par l’ézo noir. Un type d’ézo pouvant se trouver à l’état naturel, mais dans ce cas précis, il est créé artificiellement.
Les mutations sont sévères, souvent mortelles. Les mutants les plus dangereux sont les plantes : infectées, elles génèrent à leur tour de l’ézo, entamant une réaction en chaîne pouvant condamner une planète. Chez les animaux, la plupart du temps, les survivants infectés deviennent des créatures pitoyables, sans aucun esprit, dirigées par des instincts primitifs, agressives et douées d’une capacité de régénération. Mais plus rarement, l’infecté s’adapte, et on obtient des Immortels et des Elus. Des êtres dotés de capacités biotiques exceptionnelles et d’une régénération plus forte encore. Des êtres comme Machiavel et ses biotiques noirs. »

Abbadon sirota sn cocktail, ses doigts passant distraitement sur les traces de brûlures, son regard allant brièvement sur le corps de sa partenaire. Avait-elle, elle aussi, gardé les marques de cet affrontement ?

« Tu connais déjà le danger que représente ces individus. Mais il y a pire. Une organisation scientifique, maintenant dissoute, a travaillé sur l’énergie noire. Elle a mis au point une méthode de contrôle des personnes infectées, sans que l’on en sache les secrets exacts. Mais les conséquences sont catastrophiques : Aria T’Loak s’est emparé de cette méthode, et dirige ses ouailles comme une impératrice conquérante. Ces êtres ne sont pas censés pouvoir s’allier, leurs tendances agressives les poussants à s’affronter les uns les autres et à s’auto-détruire ; l’asari leur donne maintenant une cible. Nous tous.
Sa stratégie est assez simple. Dans les Terminus, elle frappe des planètes peu défendues, avec un écosystème chargé en plantes, et du passage, se créant ainsi un vivier d’infectés. En dehors, elle vise des planètes clés, contenant des caches d’armes ou des usines. Elle a déjà frappé Cyone, et Séléné, qui ont pu être sauvées. Mais aussi Oméga, qui a été annihilée. »


La nouvelle était encore peu connue, mais ne tarderait pas à se répandre avec les survivants. Le Spectre rouvrit la glacière, et sorti cette fois-ci un datapad.

« Tout est dessus, y compris les informations des scientifiques, que je maitrise moins. Pour ma part, ce que j’en retiens, c’est que la plupart des mondes éden, s’ils sont infectés, devront être vitrifiés. Mais tous les scientifiques travaillent dessus, partout dans la galaxie. J’espère qu’ils mettront bientôt au point des méthodes de soins, aussi bien pour l’environnement que pour les individus.
Et pour finir sur une note positive, Cyone et Séléné montrent que nous pouvons affronter et vaincre cette menace, ou au moins la contenir. Eux ne semblent pas disposer de scientifiques, ce qui devrait à la longue nous donner la victoire. Du moins, si les espèces ne se divisent pas entre elles, à l’image de la République de Sur’Kesh. »


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MessageSujet: Re: Un week-end et ça repart   Mer 31 Oct 2018, 22:57
C’était réellement une journée exceptionnelle. Même enfant… elle avait si peu connu d’instant de joyeuses chamailleries. Il faut dire qu’à moins de dix ans elle savait déjà monter et démonter dans le noir un pistolet en une poignée de seconde. Non, ce n’était pas le mode de vie adéquat pour ce genre d’occupation récréative. L’enseignement était cependant équilibré, et les jeunes élèves avaient pu se dépenser dans des activités moins sérieuses. Était-ce de sa faute ou de celle des autres, mais son esprit compétitif l’avait rarement portée sur l’amusement lors de ces interludes sportifs.

Le volus mouillé avait un clair avantage sur la drelle. Tori savait nager, mais ce n’était de loin pas sa compétence principale et encore moins un milieu dans lequel elle évoluait avec aisance. Cela ne l’empêcha pas de défendre chèrement sa peau.

A contrario du galarien, en sortant de l’eau, elle s’ébroua comme beaucoup d’animaux le fond. Une nuée de gouttelette l’entoura l’espace d’une seconde d’un nuage mordoré grâce à la lumière du soleil de cette planète. Plus vite elle séchait, mieux c’était. Elle appréciait la chaleur et s’affala, bienheureuse sur son linge. Lézarder était une occupation parfaite, même si elle n’avait pas le sang-froid, il lui semblait que cela faisait partie de ses gênes.  

Les yeux mi-clos, elle écouta pourtant très attentivement son ami. Son corps était parsemé de cicatrices diverses, certaines dataient bien de cette période.

« C’est bien ce que je pensais. » marmonna-t-elle une fois qu’elle eut fini. Elle se redressa pour saisir le datapad tendu. « Merci. »

« Je ne pensais pas qu’elle ait survécu et soit assez folle pour se venger de la sorte. A moins qu’elle ne soit que manipulée par ces forces… » Elle repensa à Machiavel et ses impressions de l’époque. Etant elle-même biotique, elle savait que tout n’était jamais si simple que cela avec ces énergies. « C’est véritablement une catastrophe. Erha est heureusement très loin d’un mon éden et sa végétation est très pauvre. J’espère que cette situation protègera ma communauté. Par contre si on doit accueillir des réfugiés, on sera vite limité en place. » Elle soupira. « Tout cela apporte bien des soucis. »

« Les moissonneurs avaient bien leur endoctrinement, ça ne m’étonne pas que ce concept ait été repris et soit utilisé par des êtres sombres. Bon. »


Elle connecta son omnitech pour télécharger les données du datapad en lieu sûr, au cas où. La prudence excessive faisait partie de ses gênes. « Les scientifiques peuvent beaucoup, l’ennui c’est qu’il leur faut toujours un certain temps pour apporter une solution efficace. »

Elle ne savait pas si c’était l’âge qui avançait, mais elle devait avouer qu’elle voulait bien faire plus de mission comme celle-ci.

Allongée sur une plage, sirotant une boisson, parlant avec un ami.

« Tu sais… au début de cette année, j’ai perdu ma mère. Je n’étais pas réellement proche d’elle puisqu’elle a cessé de m’élever à ma septième année, mais ça m’a tout de même marquée. Ca restait tout de même ma seule famille, alors je suis plus consciente aujourd’hui de la chance d’avoir un ami cher comme toi. »

Elle joua pensivement avec le sable d’une main. Elle avait réalisé à quel point il était important d’exprimer son affection et de chérir les moments présents. Une des prises de conscience qui l’avait passablement persécutée cette année. Ce marasme émotionnel lui avait aussi permis d'ouvrir quelques portes internes. Brisée, elle s’était relevée plus forte. Malgré ses 34 ans, elle n’avait jamais été si puissante. Il faut dire qu’elle n’avait cessé de s’entraîner jusqu’à la déraison. Au moins, elle serait prête à affronter ces corrompus. Elle referma son poing sur les gains de sables qui continuèrent à filer entre ses doigts. Elle n'était pas certaine d'apprécier celle qu'elle était devenue dans son intégralité, mais elle avait encore un chemin à parcourir pour accepter le deuil et l'injustice.

Il serait temps de penser aux combats plus tard, à présent, elle n’avait qu’à profiter de la plage.

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MessageSujet: Re: Un week-end et ça repart   Dim 04 Nov 2018, 12:24

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« Personne n’a vu ou rencontré Aria depuis sa corruption, nous avons seulement des témoignages fiables. Un Elu déclarant agir pour elle, ou encore l’un des responsables de tout ce gâchis, qui a pu être arrêté et interrogé. Impossible donc de dire si l’asari est consciente de ses actes, si elle est contrôlée par la corruption, ou si elle est devenue folle de pouvoir. Dans tous les cas, la sentence sera la même. »

Les informations sur l’énergie noire transmises, l’humeur s’allégea peu à peu. Même avec ces nuages noirs à l’horizon de la galaxie, il était impossible de ne pas apprécier la douceur du climat sur cette plage. Le galarien s’allongea à nouveau, laissant le soleil faire son office, quand Tori repris la parole. Elle aussi vivait une année difficile.

« Mes condoléances. » Un silence. « Je te remercie de ton amitié. Je ressens la même chose vis-à-vis de toi. Ma famille est… assez réduite aujourd’hui, et plus que jamais hors de portée. Cela fait longtemps que je ne peux compter plus que les amis. Ils sont rares, ce qui te rend très précieuse à mes yeux. »

Un sourire sincère, une comparaison entre la compagnie présente et le passé vécu. La famille et les morts. Les souvenirs affluent à nouveau. Les vieux, depuis les débuts de son enfance, l’objet politique qu’il était, la guerre civile. Puis les souvenirs plus récents plus récents, lors de la campagne électorale, lorsque l’occasion de discuter avec son vieux cousin s’était présentée, lorsqu’il avait compris que son sang survivait toujours malgré tout, et toujours en tant qu’outil.
Mais tous les souvenirs ne concernaient pas Sur’Kesh et les Bynare, d’autres revinrent en mémoire, les premières discussions entre Tori et Abbadon. C’est déjà sur un territoire asari, mais il était bien plus sec, bien plus original dans sa beauté.

« Nos mères n’ont pas besoin d’être là toute notre vie pour nous marquer. Ma génitrice n’a été présente qu’à mon éclosion, et l’imprégnation ne m’a jamais vraiment quitté. Enfin, ce n’est pas tout à fait la même chose. »

Peut être même pas du tout, en fait. Mais au vu de la gestion émotionnelle des galariens, c’était ce qui était le plus proche. Ce sentiment d’appartenance à la famille, de filiation, inné et renforcé par l’éducation, envers la ou les Dalatraces présentes.

« Comment était ta mère ? Tu voyageais déjà enfant, je crois, ce n’est pas une vie courante. Enfin, si cette question n’est pas trop gênante ou indiscrète. »

Au vu des capacités de son amie, le Spectre s’était toujours dis qu’elle avait été sélectionnée par le Synacte pour devenir un membre des forces spéciales de Kajhé. Une formation de combattante poussée, quelques années de services… et un jour, une rencontre avec les indépendantistes d’Amonkira, et une reconversion. Pas une vie courante, pas impossible non plus. Une vie qui lui rappelait un peu la sienne, en fait. Mais il n’avait jamais enquêté pour vérifier, par respect pour sa vie privée.


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MessageSujet: Re: Un week-end et ça repart   Jeu 08 Nov 2018, 14:57
« Je pense bien. C’est mon petit côté à moi, j’aime bien cérébraliser et divaguer philosophiquement sur les chemins de vie. Tu as raison, pragmatiquement, ça ne change rien à la sentence. »

Il n’y avait pas grand-chose à dire de plus. Elle avait le dossier et le sujet était à la fois dense et … terriblement pauvre en informations. Il y avait dans ce puzzle trop d’inconnues. La menace des moissonneurs avait au moins l’honnêteté d’être évidente et sans trompe l’œil.

Elle respira profondément. Elle reprit la conversation le plus sereinement possible.

« Non, ce n’est pas tout à fait la même chose. » Beaucoup aurait qualifié cela de bizarre. « Cela dit, par rapport à d’autres races comme les humains, nous avons un lien plutôt sain avec nos parents. »

« Ma mère était une drelle… banale. »
Elle fit légèrement ondoyer sa collerette autour de son visage. « Nous avons voyagé durant ma prime enfance, car mes deux parents étaient marchands. Avec la création des Enfants d’Amonkira, ils ont très naturellement et rapidement quitté le Synacte. Je crois que la liberté qu’ils avaient en travaillant si loin de Kahjé les a portés sur des rêves qui ne s’adaptaient plus à leur condition. Moi, j’étais trop jeune pour en avoir conscience. »

Non, elle n’avait jamais vraiment réalisé les dangers, la rupture de leur liens… tout ce qu’avait traversé ses parents pour lui offrir une vie libre et autonome. Elle l’avait compris après coup. Le décès de son père avait également beaucoup aidé à rompre les liens trop serrés.

« Père est mort très tôt, du syndrome. A sept ans, durant cette même année, ma mère m’a confiée au pensionnat. Je ne l’ai plus vue que durant de rares vacances. Nous en avions toutefois parlé ensemble et cela semblait le mieux. Seule, elle avait peu de moyen et de toute manière, il fallait que j’y passe comme chaque enfant pour statuer de mon utilité à la communauté. »


« Comme j’étais vive et talentueuse, j’ai fait partie des élus, ou des maudits, qui empruntent le chemin du sang et des cendres. La plupart finissent comme réserviste de la milice et intègrent un cursus civil. C’est un système efficace. »

Elle s’étira paresseusement.

« On s’est émancipé du Synacte, partiellement tout du moins, mais je dois dire qu’on a su en garder l’efficacité du conditionnement guerrier. Enfin.. voilà, sa mort m’a causé beaucoup de chagrin, mais le pire c’est la colère. »

« Cette corruption, finalement, est une excellente distraction. Même si je déteste le Conseil, j’espère qu’on viendra à bout de cette menace sans qu’il ne faille pour nous envisager des alliances compliquées et risquées, comme celle des butariens. »


Tout cela la faisait bouillir intérieurement et si le dirigeant actuel semblait potentiellement viable à la négociation, ils n’étaient pas à l’abri du prochain coup d’état et d’un revirement soudain de position de cette race d’esclavagistes. Il fallait tout de même l’envisager, car ils n’avaient jamais eu aucun soutien des conciliens. Leurs sauveteurs tentaculeux étaient trop pris dans le marasme de leurs complots et conflits d’intérêts. Il n’y avait qu’à voir le succès fumant des négociations avec le dernier diplomate en date, tant-en-un. Misérable. Les drells n’ont jamais intéressé personne ici, si ce n’est pour les utiliser. Dommage du peu de nombre et de la désorganisation générale de son peuple, sinon la galaxie aurait certainement connu une belle lutte pour l’indépendance. Elle chassa se rêve d’un clignement de cils.

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